III- Les domaines d'utilisation de l'énergie de la biomasse
La valorisation énergétique de la biomasse peut produire trois formes d'énergie utile, en
fonction du type de biomasse et des techniques mises en œuvre :
la chaleur ;
l'électricité ;
une force motrice de déplacement.
On distingue trois procédés de valorisation de la biomasse : la voie sèche, la voie humide et
la production de biocarburants.
La voie sèche
La voie sèche est principalement constituée par la filière thermochimique, qui regroupe les
technologies de la combustion, de la gazéification et de la pyrolyse :
la combustion produit de la chaleur par l'oxydation complète du combustible, en général en
présence d'un excès d'air.
L'eau chaude obtenue est utilisée dans les réseaux de chauffage urbain ou chez dans le
système de chauffage central pour les particuliers équipés de chaudière biomasse (bois,
pellets, plaquettes forestières).
La vapeur obtenue peut être envoyée dans une turbine ou un moteur à vapeur pour la
production d'énergie mécanique ou, surtout, d'électricité.
La production combinée de chaleur et d'électricité est appelée cogénération.
la gazéification de la biomasse solide est réalisée dans un réacteur spécifique, le gazogène.
Elle consiste en une réaction entre le carbone issu de la biomasse et des gaz réactants (la
vapeur d’eau et le dioxyde de carbone). Le résultat est la transformation complète de la
matière solide, hormis les cendres, en un gaz combustible composé d’hydrogène et d’oxyde
de carbone. Ce gaz, après épuration et filtration, est brûlé dans un moteur à combustion
pour la production d'énergie mécanique ou d'électricité. La cogénération est également
possible avec la technique de gazéification ;
la pyrolyse est la décomposition de la matière carbonée sous l’action de la chaleur. Elle
conduit à la production d'un solide, le charbon de bois ou le charbon végétal, d'un liquide,
l'huile pyrolytique, et d'un gaz combustible. Une variante de la pyrolyse, la thermolyse, est
développée actuellement pour le traitement des déchets organiques ménagers ou des
biomasses contaminées.
Notons que la biomasse s'utilise depuis des siècles pour chauffer les logements et la
nourriture par le bois. Les cheminées et poêles à bois sont encore la source de chauffage
principale à travers le monde
La voie humide
La principale filière de la voie humide est la méthanisation. Il s’agit d’un procédé basé sur la
dégradation par des micro-organismes de la matière organique. Elle s’opère dans un
digesteur chauffé et sans oxygène (réaction en milieu anaérobie). Ce procédé permet de
produire :
le biogazqui est le produit de la digestion anaérobie des matériaux organiques ;
le digestat qui est un résidu de la méthanisation, composé de matière organique non
biodégradable.
La production de biocarburants
Les biocarburants sont des carburants liquides ou gazeux créés à partir d’une réaction :
entre l’huile (colza, tournesol) et l’alcool dans le cas du biodiesel ;
à partir d’un mélange de sucre fermenté et d’essence dans le cas du bioéthanol .
Il existe 3 générations de biocarburants :
1re génération : biocarburants créés à partir des graines ;
2e génération : biocarburants créés à partir des résidus non alimentaires des cultures (paille,
tiges, bois) ;
3e génération : biocarburants créés à partir d’hydrogène produit par des micro-organismes
ou à partir d’huile produite par des microalgues.
Les biocarburants de 2e et 3e génération ont entre autres pour vertu de ne pas « occuper »
un territoire agricole en compétition avec la production d’aliments pour l’homme.
Ces biocarburants peuvent prendre différentes formes :
des esters d'huiles végétales produits, par exemple, à partir du colza (biodiesel) ;
de l'éthanol, produit à partir de blé et de betterave, incorporable dans le super sans plomb
sous forme d'ETBE (Ethyl Tertio Butyl Ether). Cet ETBE favorise l'incorporation d'éthanol dans
les essences (jusqu'à 15% du volume dans le SP95, jusqu'à 22% dans le cas du SP95-E10(1)).