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Etude Transversale Rimbaud

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Cahiers de Douai, Rimbaud

"Emancipations créatrices"

• Le nom "poésie" vient du grec "poiein" qui signifie "fabriquer, créer, produire". Ecrire un
poème est un acte créatif.
• L'expression "émancipations créatrices" est au pluriel. Cette émancipations prend des
formes multiples.
• Pour être créatif il faut donc se libérérer des modèles, des influences, de la famille, de
l'autorité, des normes, des conventions pour trouver sa véritable personnalité artisitique.

Il s'agit donc d'examiner les traces de cette poétique en formation. L'élaboration d'une
poétique propre suit classiquement un processus en trois temps: l'inspiration (l'imitation),
l'hommage (l'émulation) puis l'émancipation par laquelle le poète sublime (en synthétisant,
renouvelant, refusant) la poétique dont il s'est d'abord inspiré.

La contestation politique, une émancipation libératrice


1. Une ode à la révolution: "Le Forgeron": tonalité épique. Révolution de 1792: interpellation
de Louis XVI par un boucher transformé ici en forgeron pour les besoins épiques. Louis
XVI désigne en réalité Napoléon III.
2. critique de Napoléon III
3. Critique de la société bourgeoise: "Vénus anadyomène" est une critique ironique du goût
bourgeois en art. L'art bourgeois est académique. Napoléon III achète en 1863 au Salon le
tableau de Cabanel "La naissance de Vénus". Cette même année l'"Olympia" de Manet
provoque un scandale artistique: la Vénus est devenue une prostituée qui défie de son regard
le spectateur. Face à cette remise en cause du nu idéalisé, fondement de la tradition
académique, la violence des réactions fut considérable.

La quête d'un idéal comme moyen d'émancipation du jeune poète

1. La femme
1. Emois amoureux
Exemple "Première soirée"
2. Eveil de l'érotisme: "première soirée"
3. Les figures féminines mythologiques

2. Une oeuvre de jeunesse


1. Une oeuvre fragmentée: assemblage de textes "Cahiers"
2. Recherche d'un processus créatif: "Sensation" registre didactique dans lequel le poète
explique comment les sensations physiques permettent une expérience mystique, une
élévation de l'âme.
"Je laisserai le vent baigner ma tête nue"
Comment Rimbaud exprime-t-il la liberté dans Cahier de Douai?

La nature est associée au registre lyrique:


Poèmes cités: "Le Mal", "Sensation", "Soleil et chair", "Ophélie", "Le Dormeur du val"

◦ La nature apparaît sous une forme mystique dans "Le Mal" sous la forme de Gaïa. Le
poète fait alors une invocation destinée à cette source de création: "Nature! Ô toi qui fis
ces hommes saintement..." (vers 8). Il oppose ainsi la religion humaine, celle des églises,
et du pouvoir politique corrompu et destructeur à cette souce de vie naturelle. La nature
déifiée est par ailleurs humanisée sous la forme d'une allégorie dans ce poème. Rimbaud
propose un retour au culte païen de la nature dans "Soleil et chair": "Je regrette les temps
de la grand Cybèle" déclare l'énonciateur du poème. Il oppose alors encore une fois la
nature et l'homme en rajoutant d'une façon critique que "L'Homme est Dieu!".
Dans "Ophélie", la nature accueille aussi le corps de la noyée: "Sur son grand front
rêveur s'inclinent les roseaux". La nature devient dès lors un lieu sacré pour les morts, un
retour à la matrice maternelle. Cette idée est aussi reprise dans "Le Dormeur du val" ou
encore dans "Le Mal", poèmes dans lesquels des images de soldats morts apparaissent
dans un cadre naturel accueillant.
◦ La nature est aussi source de vie. Dans "Soleil et chair" les premier vers sont
explicites: "Le Soleil, le foyer de tendresse et de vie, /Verse l'amour brûlant à la terre
ravie". "Le Soleil", allégorie du principe masculin, s'accouple avec "la terre"
personnifiée par l'adjectif "ravie". Le poète trouve sa source poétique dans les images
antiques, des mythes de la création, qui rappellent celui de Gaïa et Ouranos.
◦ La nature est un lieu de liberté dans lequel le corps peut s'exprimer et exprimer
l'amour. Dans "Soleil et chair" le poète exalté écrit en s'exclamant: "Je crois en toi! Je
crois en toi! Divine mère,/ Aphrodité marine!- Oh! La route est amère/ Depuis que
l'autre Dieu nous attelle à sa croix;/". Rimbaud invoque la Vénus anadyomène, c'est-à
dire la pulsion de vie liée à la nature, la naissance, en l'opposant au dieu humain chrétien
qui enchaîne l'humain à la mort et à ses règles morales. Ainsi dans "Sensation", le corps
et sa sensualité sont libérés: "Par les soirs bleus d'été, j'irai par les sentiers,/ Picoté par
les blés, fouler l'herbe menue:/Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds". Tous les
sens de l'énonciateur sont en éveil: la vue, le toucher. Le verbe "sentir" peut aussi être
interprété comme étant une synesthésie de l'odorat et du toucher. La liberté s'exprime
aussi dans ce poème par le verbe "aller" qui marque un mouvement libre du corps dans
un espace qui n'est plus physique mais imaginaire car ce verbe est au futur. Les
sensations permettent au poète de quitter la matérialité du corps pour devenir un esprit
pur: "Je ne parlerai pas, je ne penserai rien:/ Mais l'amour infini me montera dans l'âme".

Le poète: un marginal
L'image de l'artiste marginal se forme en 1851 avec l'oeuvre de Henry Murger, Scènes de la vie de
Bohème. Murger donne la définition de la bohème: "Ce sont des artistes vagabonds (en ce sens des
bohémiens)... Est bohème « tout homme qui entre dans les arts sans autre moyen d’existence que
l’art lui-même ». La bohème est un état social transitoire qui peut déboucher aussi bien sur la
reconnaissance (« l’Académie ») que sur la maladie (« l’Hôtel-Dieu ») ou la mort (« la
Morgue »). La bohème n’est possible, pour Murger, qu’à Paris (elle n’est pas possible en
province).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sc%C3%A8nes_de_la_vie_de_boh%C3%A8me
Rimbaud fait partie de la catégorie des Poètes maudits, c'est-à-dire qu'il ne connaîtra pas le succès
de son vivant.
Poèmes cités: "Sensation", "Au cabaret-Vert", "A la musique", "Ma bohème"
• Le processus créatif de la poésie est en partie décrit dans le poème "Sensation". Le poème
développe un registre didactique dans lequel l'errance, l'expérience de la liberté, semble être
centrale. Le poète par la voix de son énonciateur déclare avec certitude "...j'irai par les
sentiers,". Le substantif "sentiers", au pluriel, décrit un lieu qui permet un déplacement sans
but mais avant tout anticonformiste. Le poète est celui qui choisit une autre voie.
• L'image physique du poète est celle du personnage nomade comme dans le poème 'Au
Cabaret-Vert": "Depuis huit jours, j'avais déchiré mes bottines/ Aux cailloux des chemins.
J'entrai à Charleroi." L'apparence physique est celle du marginal qui fait peu attention à son
apparence. Dans le poème "Ma bohème", le poète complète son autoportrait par des "poches
crevées" et un pantalon avec "un large trou". Cette apparence semble amuser le poète lui-
même car il déclare ironiquement "Mon paletot aussi devenait idéal;". Le registre permettant
cet autoportrait est clairement réaliste car le poète évoque les conditions matérielles de sa
vie et montre cette réalité d'une façon assez crue par un vocabulaire du quotidien évoquant
ses habits en loque.
• Cette marginalité et son inconfort sont cependant valorisés par l'énonciateur dans "Ma
bohème": "Petit-Poucet rêveur, j'égrainais dans ma course/ des rimes. Mon auberge était à la
Grande-Ourse./ L'énonciateur-poète trouve donc dans la nature et la liberté la source de sa
poésie. Le poète apparaît alors comme un pur esprit détaché de la matérialité et de ses
contraintes. Dans le sonnet lyrique "Ma bohème", l'artiste se présente donc d'une façon
idéalisée comme être faisant le lien entre la nature et la société: "Mes étoiles au ciel avaient
un doux frou-frou/ Et je les écoutais, assis au bord des routes,/. Le poète est donc un
messager divin qui s'exprime en musique grâce à la lyre, instrument cité au vers 13 de ce
même poème, mais qui sublime ses difficultés matérielles grâce à l'art: "Comme des lyres, je
tirais les élastiques/ De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!". Par la
comparaison, le réalisme des lacets de ses chaussures devient une lyre dont le poète joue. Le
poète se présente aussi comme un magicien des mots.

Une poésie de la décadence: l'expression libre.

L'idée de « décadence » apparaît en France dès le Second Empire, où l'on parle de « déclin ».
L'humiliation de la défaite de 1871 et la Commune sont présentées par de nombreux écrivains et
artistes comme la fin d'un monde2.
Toutefois, c'est avec la publication des Essais de psychologie contemporaine de Paul Bourget en
1883 que le mouvement décadent commence à se définir. Face au sentiment de déliquescence qui
l'habite, une génération d'artistes se reconnaît dans son analyse de la névrose des maîtres
contemporains.
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9cadentisme
Poèmes: "A la musique", "Vénus anadyomène", "Le Mal",
• Le poète par sa distance marginale se présente comme l'obervateur satirique de la
société comme dans le poème "A la musique": "Tous les bourgeois poussifs qu'étranglent les
chaleurs/ Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses". La satire repose sur la caricature
d'une classe sociale, ici la bourgeoisie. La généralisation du propos permet d'accentuer les
traits: l'auteur utilise le pluriel ainsi que le présent de vérité générale "étranglent" pour
montrer les corps en contention et les esprits étroits grâce l'hypallage "leurs bêtises jalouses"
(leurs jalousies bêtes). La société est représentée d'une façon concentrique: " L'orchestre
militaire, au milieu du jardin" symbolise l'ordre. L'alexandrin est composé d'une façon
symétrique autour de l'hémistiche. Ensuite, l'observateur décrit un deuxième cercle: "Autour,
aux premiers rangs, parade le gandin". La société bourgeoise du second Empire est un
spectacle et le poète la dénigre par le nom "gandin". En s'éloignant davantage encore du
centre de cette représentation, la liberté et le désir amoureux semblent s'imposer par
différents noms représentant des types sociaux tels que "les voyous", "les pioupious", "Moi".
Le libertinage apparaît alors chez chacun et le poète évoque son fantasme en fin de poème:
"Je reconstruis les corps, brûlé de belles fièvres". Le poète se présente ainsi en marge de la
société et juge le conformisme de celle-ci d'une façon satirique. La place qu'il occupe dans
la société est celui de l'observateur, du narrateur silencieux, de cette vie ordinaire et banale.
Le poème réaliste, précédé de "Place de la gare, à Charleville", fait une sorte de croquis
réalisé sur le vif et saisissant un moment éphémère d'une ville prise dans une immobilité
éternelle, devant la gare, symbole de la modernité de ces années-là et du voyage.
• Le poète attaque aussi le conformisme artistique par la forme et la langue. On notera que
le recueil est composé de 11 sonnets sur 22 poèmes réunis par Demeny et Verlaine. Ces
sonnets sont pour la plupart irréguliers ou dits encore libertins. Le poète fait par exemple le
choix dans "Vénus anadyomène" d'alterner un quatrain de rimes croisées et un autre de
rimes embrassées détruisant ainsi d"une façon délibérée la beauté fomelle et régulière du
sonnet. Cette irrégularité convient cependant au sujet évoqué: la description d'une prostituée
montrueuse.
Le poète décadent offre donc une image de la société qui se morcelle: le poète cherche et
impose une identité propre face aux règles artistiques convenues. Cet éclatement de la
société "fin de siècle" est aussi exprimé par un éclatement des propositions. Dans le sonnet
irrégulier "Le Mal", les deux premiers quatrains enchainent 3 subordonnées d'opposition
"tandis que" pour enfin délivrer au premier tercet la proposition principale "Il est un dieu...".
Cette inversion permet l'expression d'un renversement de la société: le dieu chrétien est
montré comme davantage matérialiste que spirituel.
Rimbaud se veut donc moderne, et s'il semble prendre les codes formels artistiques de ses
prédécesseurs, tel que Ronsard et ses sonnets lyriques, c'est pour élaborer une esthétique du
contrepoint, exprimer une identité propre grâce à l'innutrition.
• Les thèmes abordés par Rimbaud ne sont pas non-plus conventionnels. Le poème
"Vénus anadyomène" est un sonnet qui par son titre apparaît extrêmement classique pour
une oeuvre d'art. Le lecteur s'attend à la célébration renouvelée de la naissance mythique de
Vénus sortant la mer. Le poème a une apparence parnassienne. Il n'en est cependant rien.
Rimbaud décrit, par un sonnet libertin, une scène réaliste et obscène. Une prostituée
monstrueuse, ayant pour nom de scène Vénus, est montrée nue, de dos, sortant de son bain.
L'énonciateur témoin de cette scène transforme le lecteur en voyeur, voyeur invité à regarder
de plus près l'anus de cette dernière, anus ayant par ailleurs un ulcère. Faire rimer "Vénus" et
"anus" est d'un goût douteux mais il s'agit pour le poète d'une provocation destinée au
lecteur de bonnes moeurs ainsi qu'à la bonne société. En 1863, Napoléon III avait acheté le
tableau La naissance de Vénus de Cabanel, peintre académique. A la même date, au Salon
des refusés, Manet présentait son Olympia impressionniste, Olympia dont le nom cachait
déjà l'image de la prostituée. Rimbaud parodie ses prédecesseurs par le choix d'un thème
réaliste anti-poétique, celui de la prostitution. Le lecteur, loin d'éprouver de l'admiration
pour le tableau ou de se sentir flatté par la mobilisation de ses connaissances sur l'Antiquité,
est confronté au sentiment de dégoût devant tant de vulgarité.

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