Diatomées des lacs de la Grande Côte du Sénégal
Diatomées des lacs de la Grande Côte du Sénégal
présenté par
ou d’une autre,
Je dédie ce mémoire.
Avant-propos
Mes remerciements vont en premier lieu aux membres du jury qui ont tous participé à ma
formation universitaire :
Mots clés : Diatomées, lithologie, coquilles, microfaune, quaternaire récent, lagune, lac, ligne
de rivage.
SOMMAIRE
PLANCHES ANNEXES………………………………………………………... 70
CHAPITRE I :
PRESENTATION GENERALE
I – MILIEU PHYSIQUE
Le Quaternaire Récent est de loin la période la mieux connue et les dépôts sont très variés
(Tableau1 : in Diaw, 1997)
transgressifs mineurs ont laissé des témoins sur les côtes sénégalaises : le Dakarien daté aux
environs de 3 000 BP et le Saint-Louisien vers 2 000 BP.
Au niveau du lac Tanma, le remplissage atteint également une cinquantaine de mètres, mais
les dépôts sont alternativement marins, lagunaires et continentaux.
Figure 2 : Les vallées quaternaires du lac Tanma (modifié d’après Martin, 1970).
3. Contexte hydrogéologique
L’alimentation de l’aquifère se fait uniquement par infiltration des eaux de pluie. La remontée
de la nappe suit l’apparition des pluies, elle est maximale en novembre.
La décrue est très régulière pendant la saison sèche, l’épuisement de la nappe se fait par
évaporation et exhaure dans les forages et puits.
L’écoulement souterrain vers la mer ou vers les lacs permet de maintenir l’équilibre avec
l’eau salée.
Les eaux de la nappe sont dans l’ensemble chlorurées sodiques et on note une évolution vers
des eaux hyperchlorurées sodiques dans les zones du lac Mbeubeuss et du lac Retba.
3-3. Evapotranspiration
Un bilan évapotranspiration-pluie sur l’année montre que l’E.T.P. moyenne est toujours
supérieure à la pluie moyenne sur l’ensemble de la région. Les plus fortes valeurs sont
observées aux mois de Mars, Avril, Mai, Juin, et Décembre qui ne correspondent pas aux
mois les plus chauds, alors que les faibles valeurs sont surtout enregistrées pendant le mois le
plus humide de l’hivernage c'est-à-dire le mois d’Août (Tableau2).
L’évapotranspiration importante pendant une bonne partie de l’année et l’infiltration des eaux
de pluie caractérisent le niveau de la nappe et par ailleurs l’alimentation des lacs.
STATIONS P et ETP (en mm)
Mois
Mois J F M A M J J A S O N D Total
DAKAR- P - 1 - - - 10 87 220 164 58 2 3 546
YOFF ETP 142 134 160 173 165 165 159 141 143 149 149 151 1
841
RUFISQUE P - 2 - - - 15 93 238 173 47 2 - 572
ETP 134 133 165 173 165 159 135 128 133 143 127 127 1
722
MBAO- P - 2 - - - 16 84 231 165 43 2 4 547
THIAROYE ETP 142 134 160 173 165 165 159 141 143 149 149 151 1
831
Les premiers travaux traitant des diatomées du Sénégal datent de la fin du 19e siècle avec
Leuduger Fortmorel (1898, in Compère, 1991) qui a étudié dans son matériel deux récoltes
pélagiques faites au large de Dakar par 75m et 40m de profondeur.
Plus d’un demi-siècle après, Guermeur (1954) dresse une liste des diatomées des eaux douces
aux environs de Dakar à partir de l’étude de 36 stations naturelles et artificielles.
En 1970, Amossé fait l’inventaire floristique des diatomées prélevées sur le littoral
marin et dans quelques stations saumâtres de la presqu’île du Cap-Vert.
Plus récemment, Compère (1991) a fait une étude détaillée de la microflore algale du Nord du
pays : embouchure du fleuve Sénégal jusqu’à Podor ; lac de Guiers et son déversoir ; mares,
rivières et autres plaines d’inondation. Ce travail a permis d’inventorier 317 taxons de
diatomées (48,8% de la flore totale) appartenant à des localités écologiquement très
différentes.
On peut également citer les travaux de Harper et Garbary (1994) qui, dans leurs études
floristiques des algues marines du Sénégal (entre Mbour et Joal) ont rencontré une diatomée
épiphytique, Podocystis adriatica (Kützing) Ralfs, hôte spécifique d’une algue rouge
Heterosiphonia crispella (C. Agardh) Wymne.
Les travaux cités ci dessus ont été consacrés exclusivement au milieu actuel. L’étude des
diatomées fossiles a démarré avec les travaux de Sow (2001, 2004), Sow et Diene (2002) et
Sow et al (2002, 2005, 2006a & 2006b).
2. Cadre et problématique
2-1. Cadre
La présente étude a pour cibles les principaux lacs de la côte nord de la presqu’île du Cap-
Vert notamment les lacs Malika, Mbeubeuss, Mbawane et Tanma. Tous ces lacs, sont
périodiquement asséchés.
2-2. Problématique
Les diatomées se révèlent être d’excellents marqueurs chronologiques du Quaternaire. En
effet, la succession des phases lacustres caractérisée chacune par une ou deux associations de
diatomées, a permis de faire des corrélations entre les bassins lacustres et de dégager une
échelle biostratigraphique dans les lacs Tchad (Servant-Vildary, 1973 et 1978) et de l’Afar,
(Gasse, 1975).
Les travaux effectués sur les diatomées du Quaternaire récent de la Grande Côte du Sénégal
(lacs Retba, Tanma et Mbawane) (Fofana, 2004 ; Sow, 2001 ; Sow et al., 2006a et b) ont
permis de mettre en évidence des fluctuations récentes du niveau marin et une influence de la
nappe d’eau douce des sables quaternaires. Une meilleure maîtrise de ces influences
nécessitait : 1) l’approfondissement des connaissances par une série de sondages plus
profonds sur certains cites déjà investis (lacs Mbawane et Tanma) ; 2) une extension des
travaux à d’autres lacs situés dans le même environnement (Mbeubeuss et Malika).
En s’intéressant aux sources d’alimentation des lacs, il était nécessaire de mener une étude
documentaire hydrogéologique dont les résultats ont été empruntés donc à des travaux
antérieurs menés dans la zone.
1. Echantillonnage :
Les carottes ont été prélevées à l’aide d’une tarière manuelle munie d’un système de
fermeture évitant les contaminations.
Au niveau du lac Mbawane, un premier prélèvement avait était effectué sur 600cm de
profondeur en Août 2003, un deuxième prélèvement qui a atteint le fond de la vase a été
effectué en Juin 2005 pour compléter des analyses faites au niveau du lac. En tout donc la
carotte a atteint une longueur de 730cm.
Au niveau du lac Malika, la carotte étudiée a été prélevée au Nord du lac avec 190cm de
profondeur en Mars 2005.
Au niveau du lac Mbeubeuss, les prelevements ont été effectués à la même date que les
prélèvements du lac Malika. Dans ce lac, deux carottes ont été prélevées : l’une dans la partie
nord du lac ( Mbeubeuss B) qui a atteint une profondeur de 740cm et l’autre au niveau du
milieu du lac ( Mbeubeuss A ) qui a atteint une profondeur de 240cm.
Au lac Tanma, le sondage a été effectué le 26 Juin 2005 à 20m au Sud du pont et a atteint une
profondeur de 950cm.
Tout ces prélèvement ont été effectués en saison sèche, période durant laquelle les lacs sont
asséchés.
Sur chaque carotte deux séries d’échantillonnage ont été effectuées, l’une pour l’étude de la
microfaune, et l’autre pour l’étude de la microflore.
Pour l’étude de la microflore (diatomées) un échantillon a été prélevé tous les 10cm sur les
carottes.
Pour l’étude de la microfaune (foraminifères et ostracodes) et pour les analyses lithologiques,
des échantillonnages sur chaque 10 cm ont été effectués sur les carottes. Les résultats des
analyses microfaunistiques ne nous sont pas encore parvenus.
lamelle
Pi 20 ml
P 1 ml
Nv = E L /X
N = nombre de valves / g = Nv / P
N = 20 E L /X.Pi
Les Diatomées centriques ont une symétrie radiée. Les valves sont en général
circulaires mais peuvent être elliptiques ou polygonales.
Les diatomées pennales ont une symétrie bilatérale. Les valves sont en général de
forme ovoïde ou allongée en filament.
Les espèces rencontrées ont été classées en deux catégories : les espèces marines à
saumâtres et les espèces d’eau douce. Dans chaque catégorie, les diatomées sont classées
selon leur mode de vie : planctonique, épiphytique et benthique au sens large du terme (voire
tableau 3 et 4). La caractérisation des paléoenvironnements des zones étudiées est fondée sur
la salinité des milieux de vie des groupes écologiques étudiés et sur leur mode de vie.
ESPECES MARINES A SAUMATRES
Planctoniques Autres que planctoniques et épiphytiques
Actinocyclus normanii (Gregory) Hustedt Amphora cingulata Cleve
Actinoptychus senarius Ehrenberg A. mexicana A. Schmidt
A. splendens (Shadbolt) Ralfs A. ostrearia Brébisson
A. undulatus (Bailey) Ralfs A. proteus Gregory
Amphora crassa Gregory Aulacodiscus rattrayii var. totara Grove &
Auliscus sculptus (W. Smith) Ralfs Sturt
Coscinodiscus centralis Ehrenberg Campylodiscus samoensis Grunow
C. divisus Grunow Cerataulus smithii Ralfs
C. excentricus (Ehrenberg) Cleve Craticula riparia (Hustedt) Lange-Bertalot
C. hustedtii Müller-Meichers Cyclotella striata (Kützing) Grunow
C. janishii A. Schmidt Dimeregramma minor (Gregory) Ralfs
C. marginatus Ehrenberg Diploneis bombus (Ehrenberg) Ehrenberg
C. oculus-iridis (Ehrenberg) D. smithii (Brébisson) Cleve
C. radiatus Ehrenberg D. weissflogii (A. Schmidt) Cleve
C. rothii (Ehrenberg) Grunow Eunotogramma marinum (W.Smith)
Hyalodiscus ambiguus (Grunow) Temp. & Peragallo.
Perag. Fragilaria famelica (Kützing) Lange-Bertalot
H. scoticus (Kützing) Grunow F. striatula Lyngbye
Melosira moniliformis var. octagona Lyrella abrupta (Gregory) D.G. Mann
(Grunow) Hustedt L. abruptoides (Hustedt) D.G. Mann
Stephanopyxis turris (Greville) Ralfs L. lyra (Ehrenberg) Karajeva
Thalassionema nitzschioides (Grunow) L. lyra var. Atlantica (Schmidt) D.G.
Grunow Mann
Terpsinoe americana (Bail.) Ralfs L. spectabilis (Gregory)D.G. Mann
Thalassiosira eccentrica (Ehr.) Cleve L. sulcifera (Hustedt) D.G. Mann
T. faurei (Gasse) Hasle Mastogloia aquilegiae Grunow
T. leptopus (Grunow) Hasle & Fryxell M. recta Hustedt
T. oestrupii (Ostenfeld) Hasle M. similis Hustedt
Triceratum favius var. favius Ehrenberg Navicula densa Hustedt
N. humerosa Brébisson
Epiphytiques Nitzschia panduriformis Gregory
Achnanthes delicatula (Kützing) Grunow N. aff. frustulum (Kützing) Gruow
A. hauckiana Grunow Opephora cf. gemmata (Grunow) Hustedt
Amphora aff. commutata Grunow O. olsenii Möller
Biddulphia tuomeyi (Bailey) Raper O. schwartzii (Grunow) Petit
Cocconeis debesii var. rufisquiana Amossé Paralia sulcata (Ehrenberg) Cleve
Diploneis graeffii ( Grunow) Cleve Petroneis granulata (Bailey) D.G. Mann
Eunotogramma aff. laeve Grunow P. monilifera Cleve
Fragilaria fasciculata (Ag.) Lange-Bertalot Pinnunavis yarrensis (Grunow) Okuno
F. investiens (W. Smith) Cleve-Euler Plagiogramma appendiculatum Giffen
Grammatophora aff. angulosa Ehrenberg P. pulchellum Greville
G. oceanica (Ehrenberg) Grunow P. tenuistriatum Cleve
Lyrella Lyra (Ehrenberg) Karajeva Surirella fastuosa (Ehrenberg) Kützing
Nitzschia punctata (W. Smith) Grunow Trachyneis aspera (Ehrenberg) Cleve
Plagiogramma rhombicum Hustedt
Tableau 3 : Liste des diatomées marines à saumâtres inventoriées et classées selon leur mode
de vie.
ESPECES D’EAUX DOUCES
Planctoniques Autres que planctoniques et
Aulacoseira agassizii (Ostenfeld) Simonsen épiphytiques
A ambigua (Grunow) Simonsen Anomoeneis sphaerophora (Kützing) Pfitzer
A granulata (Ehrenberg) Simonsen Aulacoseira distans (Ehrenberg) Simonsen
Coscinodiscus hungaricus Pantocsek Campylodiscus clypeus Ehrenberg
Cyclotella meneghiniana Kützing Capartogramma amphoroides Ross
Nitzschia aff. fonticola Grunow Craticula cuspidata (Kützing) D.G. Mann
N. subrostrata Hustedt Denticula kuetzingii Grunow
Pseudostaurosira brevistriata (Grunow) D. valida (Pedicino) Grunow
Williams & Round Diploneis marginestriata Hustedt
Staurosira construens (Ehrenberg) D. subovalis Cleve
Williams & Round D. vacillans (A. Schmidt) Cleve
Staurosirella pinnata (Ehrenberg) Williams Hantzschia subrupestris Lange-Bertalot
& Round Mastogloia elliptica (Agardh) Cleve
Surirella nyassae var. nyassae O. Müller M. smithii Thwaites ex W. Smith
Navicula. punctulata W. Smith
Epiphytiques N. tripunctata (O. Müller) Bory
Achnanthes exigua Grunow N. trivialis Lange- Bertalot
A. hungarica (Grunow) Grunow N. viridula (Kützing) Ehrenberg
Amphora ovalis Kützing Neidium iridis (Ehrenberg) Cleve
Cymbella bengalensis Grunow Nitzschia amphibia Grunow
C. caespitosa (Kützing) Grunow N. hungarica Grunow
C. minuta Hilse ex Rabenhorst N. palea (Kützing) W. Smith
C. silesiaca Bleisch ex Rabenhorst N. paleacea (Grunow) Grunow
Diatoma mesodon (Ehrenberg) Kützing N. aff. pseudohungarica Hustedt
Epithemia adnata (Kützing) Brébisson Pinnunavis elegans (W. Smith) Okuno
Eunotia flexuosa Brébisson ex Kützing Pinnularia acrosphaeria W. Smith
E. Montana Hustedt P. gibbiformis Krammer
E. nodosa Ehrenberg Pinnularia viridus (Nitzsch.) Ehrenberg
E. pectinalis (O. Müller) Rabenhorst Placoneis gastrum (Ehrenberg)
E. praerupta var. bidens (W. Smith) Mereschkowsky
Grunow Rhopalodia acuminata Krammer
Fragilaria aff. heidenii θstrup R. gibba (Ehrenberg) O. Müller
F. rumpens var. fragilarioides (Grunow) R. gibberula (Ehrenberg) O Müller
Williams & Round R. gracilis O. Müller
F. ulna (Nitzsch.) Lange-Bertalot Sellaphora pupula (Kützing) Mereschkowsky
Gomphonema affine Kützing Stauroneis smithii Grunow
G. gracile var. gracile Ehrenberg
G. lanceolatum Ehrenberg
Hyalodiscus lentiginosus John
Mastogloia baldjikiana Grunow
Nitzschia communis Rabenhorst
Rhoicosphenia aff. abbreviata (Agardh)
Lange-Bertalot
Stephanodiscus hantzschii Grunow
Tableau 4 : Liste des diatomées d’eaux douces inventoriées et classées selon leur mode de
vie.
CHAPITRE III :
Le lac Mbawane est un milieu naturel situé dans la zone Nord-Est de la presqu’île du Cap-
Vert au sud de Kayar. Le lac s’allonge dans une direction Nord-Sud (fig.6). Il appartient aux
dépressions interdunaires (« Niayes ») qui longent la grande côte sénégalaise. Il est entouré de
dunes fixées ou dunes rouges vers le Sud et de dunes semi-fixées ou dunes jaunes vers le
Nord. La vallée du lac rejoint au Nord le réseau hydrographique reliant le lac Tanma au
canyon sous marin de Kayar.
Les lacs Mbawane et Tanma, comme les autres lacs de la côte nord de la presqu’île du Cap-
Vert (Yaoui, Warouwaye, Mbeubeuss) sont salés et asséchés en saison sèche. Seul le lac
Retba renferme de l’eau toute l’année.
Le maraîchage et l’arboriculture (palmiers) sont activement menés autour du lac. Les
travailleurs viennent des villages environnants, principalement de Keur Abdou Ndoye et
Mbawane.
A l’intérieur de ce lac une carotte de 730cm de long a été prélevée. Elle a atteint le fond de la
vase.
2. Analyse lithologique :
- Discussion :
Vue sa situation géomorphologique, l’alimentation du lac en sable pourrait avoir une origine
soit littorale, soit dunaire. Par contre la fraction coquillière semble avoir une origine marine.
En effet les espèces dominantes (Tellina hyalina, Anadara senilis et Diplodonta diaphana)
sont toutes connues sur les côtes atlantiques africaines (Nicklès, 1950). Leur abondance dans
les dépôts sableux est considérée sur la grande côte du Sénégal comme un indicateur de
plages fossiles (Sow, 2001).
17"8'
Nord
t
1 km
14
55'
~
l!i!J
terrain humide
m
w Lac Tanma Emplacement du sondage
Figure 8 : Evolution du nombre de valves /g de sédiment sec des groupes écologiques le long
de la carotte de Mbawane.
- Zone A (730cm-610cm)
Dans la zone A, on note une rareté des diatomées. Elles n’apparaissent qu’à 680cm et ne
dépassent pas 50.104 valves / g de sédiment sec avec un pic noté à 680cm. Dans cette zone, la
diversité spécifique est assez significative car on ne trouve pas moins de 10 espèces pour les
plus abondantes.
- Zone B (610cm-320cm)
C’est la zone la plus riche et la plus diversifiée en diatomées. Dans l’ensemble, la richesse en
diatomées tout comme la diversité spécifique diminuent d’une façon irrégulière de la base au
sommet de la zone avec trois pics successifs bien individualisés :
- le premier pic (600cm de profondeur) dépasse 500 x 104 valves / g de sédiment sec et
c’est le pic le plus grand ;
- le deuxième pic (à 530cm de profondeur) atteint les 480 x 104 valves / g de sédiment
sec ;
- Le troisième pic (à 370cm de profondeur) atteint les 260 x 104 valves / g de sédiment
sec.
- Zone C (320cm-70cm)
Elle est marquée par une quasi absence de diatomées. Les rares intervalles diatomifères
ne renferment pas plus de 10 x 104 valves / g de sédiment sec avec un petit pic (42 x 104
valves / g de sédiment sec) noté à 280cm de profondeur.
- Zone D (70cm-00cm)
Cette zone est assez riche et diversifiée en diatomées. Le nombre de valves / g de sédiment
sec augmente à partir de 70cm et atteint à 40cm un maximum absolu de 570 x 104. Au delà de
40cm la richesse en diatomée diminue pour s’annuler dans les dix derniers centimètres.
Discussion :
La courbe de variation du nombre de valves de diatomées / g de sédiment sec est
assimilable à une courbe de paléoproductivité primaire (Sow, 2001). Cette productivité devait
être faible au lac Mbawane durant la période considérée. Les plus fortes productivités sont
rencontrées entre 600 et 500cm et au sommet de la carotte, ces deux niveaux présentant des
conditions physico-chimiques propices au développement des diatomées. Cependant le
sommet tend vers un milieu plus confiné, donc un renouvellement plus lent. Ceci s’explique
par une diversité spécifique plus faible (Reed, 1988 ; in Sow, 2001). Les fortes productivités
ne sont pas corrélables avec la granulométrie du dépôt, mais présentent une corrélation
négative avec le pourcentage de coquille.
Les niveaux à fort pourcentage de coquilles indiquent la position de la ligne de rivage,
les dépôts correspondants ont eu lieu en milieu agité, donc pauvre en diatomées. Par
conséquent les périodes riches en diatomées correspondent à des périodes à hydrodynamisme
faible (Gasse, 1975). Durant ces périodes calmes le lac recevait en quantité variable du sable
éolien d’où l’impossibilité de corréler le pourcentage de sable et la richesse en diatomée. La
diversité spécifique notée surtout dans la moitié inférieure de la carotte indique un milieu
assez ouvert sur la mer.
La préservation des frustules ou des valves est assez bonne dans l’ensemble des
échantillons. Cependant les formes très allongées ou les espèces de grande taille sont souvent
présentes à l’état fragmenté, notamment les espèces comme Nitzschia spectabilis, Nitzschia
hungarica, Fragilaria fasciculata, Nitzschia panduriformis et les Navicula.
Les formes bien conservées, souvent de petite taille et peu allongées sont constituées
principalement par les espèces Pseudostaurosira brevistriata, Cyclotella meneghiniana,
Aulacoseira ambigua et Navicula trivialis. Leur taille est plus adéquate pour résister à une
fragmentation des valves sous l’effet d’un hydrodynamisme élevé du milieu et de la chute des
espèces vers le fond du lac. La bonne préservation des valves s’accompagne aussi d’une
abondance des espèces dans le milieu lacustre. Tout ceci témoigne d’un hydrodynamisme
faible dans les zones diatomifères (zones A et D).
Dans cette évolution, les zones identifiées plus haut sont caractérisées chacune par une
association plus précise de diatomées (Fig.8-12):
- Zone A
Dans la zone, on note essentiellement des espèces marines à saumâtres dont l’abondance
absolue ne dépasse pas 50.104 valves de diatomées / g de sédiment sec. Les espèces
benthiques dominent largement avec à leur tête Diploneis bombus, Dimeregramma minor,
Plagiogramma rhombicum et Lyrella abruptoïdes. Leur abondance relative peut atteindre
70%. Les formes planctoniques (dominées par Auluscus sculptus) et épiphytiques (dominées
par Cocconeis debesii var. rufisquiana) font les 30% avec une représentation plus nette des
formes planctoniques à la base de la carotte (Fig.12).
On y note une présence de rares espèces d’eau douce dominées par Pseudostaurosira
brevistriata et Cyclotella meneghiniana.
Figure 9 : Evolution du nombre de valves / g de sédiment sec des espèces dominantes le long
de la carotte de Mbawane
- Zone B
Elle se distingue par la présence presque exclusive d’espèces marines à saumâtres (Fig.8), les
oligohalobes étant très rares. La diversité spécifique y est la plus élevée. L’espèce dominante
est Pinnunavis yarrensis accompagnée de Diploneis bombus, Dimeregramma minor,
Cyclotella striata, Plagiogramma rhombicum, Lyrellla abruptoides et Cerataulus smithii. Il
s’agit pour l’essentiel de formes benthiques.
Les espèces marines à saumâtres planctoniques bien que peu importantes (moins de 20%), ont
une présence constante dans la zone. Elles sont représentées surtout par Actinoptychus
splendens, Thalassionema nitzschioides localisées à la base et Auliscus sculpus cantonnée au
sommet de la zone.
Les espèces épiphytiques présentent leur maximum d’abondance absolue à la base, puis celle-
ci diminue de façon irrégulière vers le haut avant de marquer un petit pic au sommet de la
zone (Fig.8). Elles sont dominées par Cocconeis debesii var. rufisquiana et Fragilaria
investiens.
Dans cette zone les rares espèces d’eau douce rencontrées sont dominées par Cyclotella
meneghiana (Fig.9 ).
Par ailleurs, les foraminifères, rares et épisodiques à la base de la carotte, deviennent
abondants et diversifiés entre 510 et 400cm de profondeur avec la présence de 2 espèces
planctoniques entre 460 et 430cm.
- Zone C
Elle est caractérisée par une quasi-absence de diatomées. De rares espèces sont cependant
rencontrées en certains endroits de la carotte. Elles sont dominées par les formes d’eau douce
telles Cyclotella meneghiniana, Pseudostaurosira brevistriata, Aulacoseira ambigua (Fig.9 ).
La microfaune à foraminifères benthiques, abondante et peu diversifiée à la base , devient
monospécifique à Ammonia parkinsoniana à partir de 225cm.
Les débris de coquilles de lamellibranches sont présents dans tout l’intervalle, avec cependant
des proportions variables .
- Zone D
Elle se distingue par une nette dominance des espèces d’eau douce avec à leur tête
Pseudostaurosira brevistriata accompagnée de Aulacoseira ambigua et Cyclotella
meneghiniana. Il s’agit pour l’essentiel de formes planctoniques à tychoplanctoniques. Les
épiphytiques et les benthiques strictes sont rares.
Les espèces marines à saumâtres sont très faiblement représentées ; parmi elles, Cyclotella
striata est la plus fréquente.
Les derniers 10cm de la carotte sont totalement dépourvus de diatomées.
La zone C se caractérise également par l’absence totale de foraminifères et de coquilles.
Figure 11 : Evolution du nombre de valves / g de sédiment sec des espèces dominantes le
long de la carotte de Mbawane (suite)
Discussion :
Pendant le temps qu’a duré la mise en place des sédiments de la carotte, le lac a connu quatre
périodes successives aux conditions physico-chimiques différentes, et qui correspondent aux
quatre zones définies :
- La zone A
Les espèces fréquemment rencontrées : Diploneis bombus, Dimeregramma minor,
Plagiogramma rhombicum et Lyrella abruptoïdes sont connues en milieu marin à saumâtre.
Compte tenu de l’abondance des formes benthiques, ce milieu devait être très peu profond
avec cependant des périodes d’ouverture sur la mer attestées par l’abondance des formes
planctoniques. La rareté des épiphytiques implique une rareté des macrophytes autour du lac
durant cette période. Les rares espèces holigohalobes rencontrées sont halophiles et
fréquemment associées aux espèces de milieu saumâtre. Il s’agit de la première incursion
marine post-nouakchottienne dans ce lac qui devait correspondre à une lagune ouverte sur la
mer.
- La zone B
La flore diatomique polyhalobe à mesohalobe indique une influence assez importante de la
mer. Pinnunavis yarrensis est une espèce de milieu saumâtre à marin, benthique, cosmopolite,
rencontrée en Afrique (Foged, 1986] en Australie, aux Caraïbes, en Europe, dans les eaux
d’Amérique du Nord, au Sri Lanka et aux Philippines ([Podzorski & Hâkansson, 1987). Les
principales espèces qui l’accompagnent dans cette zone sont connues aussi en milieu marin à
saumâtre peu profond. Cette association à Pinnunavis yarrensis a été rencontrée dans les
dépôts du lac Retba (Sow, 2001) où elle est interprétée comme indicateur d’un milieu
lagunaire confiné. Le confinement est confirmé par la rareté des formes planctoniques. Il a
cependant été interrompu à la suite d’une montée du niveau marin provoquant une rupture des
cordons littoraux qui isolaient la paléo-lagune. Cette phase transgressive identifiée au lac
Retba au sommet de l’association à Pinnunavis yarrensis (Sow, 2001) est datée de 2140 ± 110
BP. Elle a occasionné l’introduction de formes planctoniques de foraminifères entre 460 et
430cm de profondeur. Durant cette période le paléo-lac Mbawane correspondait à une lagune
ouverte sur l’océan. Dans ce milieu les macrophytes moyennement abondants à la base,
devenaient de plus en plus rares vers le haut à la suite d’une augmentation probable du niveau
des eaux. Pendant ce temps, le lac recevait un apport d’eau douce à partir de la nappe
aquifère libre des sables au même titre que toutes les dépressions de la zone des Niayes
(Lézine, 1987). Ce phénomène a permis le développement de rares diatomées oligohalobes
halophiles sur les rives du lac.
- La zone C
L’extrême rareté des diatomées durant cette phase est à mettre en rapport avec l’agitation du
milieu (richesse en sable et coquilles brisées) plus marquée pendant la période du dépôt des
sédiments autour de 200cm de profondeur. Les conclusions tirées de l’analyse des mollusques
indiquent que durant cette période la ligne de rivage se situait à la hauteur du lac Mbawane.
La communication avec la mer aurait occasionné l’introduction d’une microfaune à
foraminifères benthiques abondante et peu diversifiée. Le niveau marin devait être cependant
plus bas que durant la période d’introduction des foraminifères planctoniques. Le passage
d’une association oligospécifique à une association monospécifique à Ammonia
parkinsoniana indique un confinement progressif du milieu.
Les rares espèces de diatomées oligohalobes halophiles rencontrées se seraient développées
sur les rives du lac recevant l’eau douce de la nappe aquifère libre.
- La zone D
La nette dominance des espèces d’eau douce durant cette étape indique un retrait total
de la mer sous l’effet combiné de la régression et de la dérive littorale qui érige des cordons
littoraux. L’alimentation du lac est assurée par l’eau douce provenant de la nappe libre des
sables et des précipitations. Des conditions de milieu continental aquatique s’installent.
L’abondance des diatomées planctoniques à tychoplanctoniques implique une élévation du
plan d’eau (Gasse, 1975).
La rupture de la communication avec la mer entraîne une disparition des foraminifères
et des coquilles de mollusques marins. La sédimentation fine caractéristique de ce type
d’environnement est perturbée par des apports sableux d’origine dunaire.
L’aridification du climat installée depuis le début du dernier épisode hydrologique négatif
(2000 BP) selon Lézine, 1987 entraîne une baisse progressive de la nappe phréatique. A la
longue, le lac cesse d’être alimenté par la nappe et devient un lac pluviométrique saisonnier
marqué par la disparition des diatomées.
Conclusion :
L’étude des diatomées le long de la carotte du lac Mbawane a permis d’inventorier un total de
115 espèces et variétés appartenant à 54 genres. Les genres les plus représentés sont :
Nitzschia (10 espèces), Fragilaria (7 espèces) et Lyrella (6 espèces).
La succession des assemblages de diatomées le long de la carotte, combinée avec les données
lithologiques et faunistiques (mollusques et foraminifères) a permis de recenser trois phases
dans l’évolution du lac.
Durant la première phase le milieu était lagunaire (granulométrie fine du dépôt, flore
diatomique marine à saumâtre essentiellement benthique) entrecoupé d’une incursion marine
ayant permis l’introduction de formes planctoniques de foraminifères autour de 2140 BP.
La deuxième phase, marquée par la rareté des diatomées et la richesse en sable, coquilles
brisées et foraminifères benthiques oligospécifiques indique le déplacement de la ligne de
rivage à la hauteur du lac Mbawane. Le passage à une association de foraminifères
monospécifique à Ammonia parkinsoniana implique un confinement progressif du milieu à la
fin de cette période.
Durant la troisième étape la nette dominance des diatomées d’eau douce, la disparition totales
des foraminifères et des coquilles de mollusques marins indiquent un retrait total de la mer
sous l’effet combiné de la régression et de la dérive littorale qui érige des cordons littoraux.
L’alimentation du lac est assurée par l’eau douce provenant des précipitations et de la nappe
aquifère libre des sables. Cette dernière est par ailleurs responsable du développement sur les
rives du lac de rares diatomées oligohalobes halophiles rencontrées depuis le premier stade. A
la suite d’une baisse progressive de la nappe, le stade actuel de lac pluviométrique saisonnier
dépourvu de diatomées est atteint à 10cm de la surface.
II. LE LAC TANMA
Le lac Tanma est situé sur le flanc nord du horst de Ndiass, à 45km à l’ENE de Dakar
(fig.13). Il s’allonge sur une quinzaine de kilomètres suivant un axe approximativement Nord-
Sud. Sa largeur moyenne est d’environ 2,5km sauf au 1/3 de sa longueur en partant de
l’extrémité nord où il présente un étranglement de 0,750km sur 1,5km. Cet étranglement va de
pair avec un changement de la direction d’allongement qui devient NE-SW (Trénous et al.,
1968). Il s’agit d’une vallée remblayée dans le prolongement du cayon sous-marin de Cayar
localisé sur l’emplacement d’un accident tectonique (Martin, 1970 ; Elouard et al., 1977)
(fig.2).
Figure 13 : Emplacement des lacs Tanma et Retba sur la carte géologique du Sénégal
occidental
Sur la bordure occidentale du lac Tanma affleurent, en plusieurs points, les formations de
L’Eocène (fig.4) : argiles papyracées blanches, marnes et marno-calcaires de l’Yprésien et
calcaires de la partie supérieure de l’Eocène moyen. Ces zones d’affleurement qui
correspondent au substratum des dépôts quaternaires sont limitées car elles s’ennoient sous
des revêtements de dunes rouges ogoliennes (20 000 BP). A la base de ces hauteurs et en
direction du lac, apparaît la terrasse à Anadara senilis. Cette formation récente qu’on retrouve
sur toute la bordure occidentale du bassin sénégalo-mauritanien a été mise en place lors de la
transgression nouakchottienne. Durant cette période le lac Tanma correspondait à un golfe
marin (Elouard et al., 1977).
A son extrémité nord, le lac est fermé en direction de la mer par un important cordon dunaire
appartenant au système des « dunes vives » subactuelles (Michel, 1973). Il reste asséché
pendant une bonne partie de l’année et n’offre de l’eau que pendant l’hivernage et les deux ou
trois mois qui suivent cette période. Son aspect habituel est par conséquent celui d’une longue
zone plate desséchée, un « tan » (slikke).
2. Analyse lithologique
Dans ce secteur, nous avons prélevé une carotte longue de 950cm pour mener une étude de la
flore diatomique. En effet les premières études menées dans ce site sur les 300 premiers cm
(Sow, 2001), n’avaient pas décelé une présence de diatomées.
La carotte montre d’une manière générale une vase argilo-sableuse avec quelques pics de
fraction arénitique accompagnée d’une présence de fraction coquillière qui se rapprochent des
50% (fig.14).
- La fraction arénitique :
Elle est faible dans l’ensemble. Cependant elle montre des pics assez significatifs pouvant
avoisiner les 50%. Les pics les plus importants sont localisés à 570cm, 290cm, 170cm,
130cm, 90cm et 70cm de profondeur.
- La fraction coquillière :
Elle est plus faible dans l’ensemble de la carotte par rapport à la fraction arénitique, mais elle
présente une corrélation positive avec cette dernière. En effet les pics de la fraction coquillière
suivent à peu près ceux de la fraction arénitique. Cependant la fraction coquillière reste très
faible dans les niveaux 930-610cm avec un pourcentage ne dépassant pas les 5%.
- Discussion :
La nette dominance de la fraction pélitique tout le long de la carotte indique un milieu
relativement calme. Les niveaux d’accumulation coquillière et la fraction sableuse qui les
accompagne semblent indiquer la position de la ligne de rivage pendant les cycles eustatiques.
Ces derniers semblent donc être responsables des variations notées dans la lithologie de la
carotte.
- Durant les phases transgressives le déplacement de la ligne de rivage occasionne le dépôt de
sable et de coquilles à l’emplacement du lac.
- En période régressive, le milieu retrouve son caractère laguno-lacustre avec des dépôts fins
peu coquilliers.
Figure 14 : Lithologie de la carotte de Tanma
3. Etude de la flore
Les diatomées n’apparaissent qu’à 610cm de profondeur. De 610 à 950cm elles ont une
présence constante bien que leur abondance absolue soit faible dans l’ensemble, avec le pic le
plus élevé qui atteint les 2 106 valves de diatomées / g de sédiment sec à 940cm (Fig.15). A
partir de cette profondeur l’abondance absolue diminue jusqu’à 850cm où elle ne dépasse pas
25.104 valves par g de sédiment sec. Au dessus, elle varie d’une façon très irrégulière avec des
pics à 820, 780, 720 et 660cm. Au-delà de 650cm, elle diminue et les diatomées disparaissent
totalement à 610cm.
La carotte est particulièrement dominée par des espèces marines benthiques sauf dans les
niveaux 760-690cm où un développement d’espèces planctoniques accompagnées de rares
d’espèces épiphytiques est constaté (Fig.16).
Les formes planctoniques représentent en moyenne à ce niveau près de 50% des espèces
déterminées et les formes épiphytiques moins de 10%.
La carotte se caractérise aussi par une diversité spécifique. Nous avons ainsi réalisé une
subdivision de la carotte en trois zones principales en fonctions de la répartition des espèces
planctoniques : zone A (950-760cm), zone B (760-690cm) et zone C (690-610cm).
- Zone A (950-760cm)
Vers la base de la carotte, la flore diatomique et la diversité diatomique sont plus marquées.
Le pic de l’abondance absolue le plus important a été atteint dans cette zone (2. 106 valves / g
de sédiment sec). Cependant dans les profondeurs 880 à 840cm de cette zone on note une
diminution de la flore diatomique (en moyenne 0.25 106 valves / g de sédiment sec).
La zone est caractérisée par une nette dominance des espèces benthiques. Avec en moyenne
une abondance absolue de 0.8 106 valves / g de sédiment sec, soit un pourcentage de près de
70%. Elles sont dominées par Pinnunavis yarrensis accompagnée par Diploneis bombus,
Dimeregramma minor, Cyclotella striata et Opephora schwartzii. Cependant on note une
présence significative des formes épiphytiques dont leur pourcentage avoisine 20%. Elles sont
dominées par Plagiogramma rhombicum, Fragilaria investiens et Cocconeis debesii var.
rufisquiana.
Les quelques rares espèces d’eau douce présente dans cette carotte sont surtout notées dans
cette zone avec une nette dominance d’espèces planctoniques présentant en moyenne 0.02 106
valves / g de sédiment sec (Fig.17). Il s’agit essentiellement de Pseudostaurosira brevistriata
et Cyclotella meneghiniana(fig.29). Cependant dans les niveaux 760-790cm, les formes
épiphytiques sont assez représentatives avec un pourcentage qui avoisine les 5% (Fig.17).
- Zone B : (760-690cm)
Cette zone se caractérise par une dominance des espèces marines planctoniques avec en
moyenne des pourcentages atteignant 50% (fig.18). Elles sont dominées par Thalassiosira
faurei, Coscinodiscus devius, Auliscus sculptus et Coscinodiscus excentricus (fig.19-22). Les
formes épiphytiques présentent en moyenne des pourcentages qui avoisinent les 10% avec à
leur tête Plagiogramma rhombicum(fig.20). Les formes benthiques ont des pourcentages qui
avoisinent les 40% et sont dominées par Pinnunavis yarrensis et Diploneis bombus(Fig.19).
Les quelques rares espèces d’eau douce sont essentiellement planctoniques avec en moyenne
une abondance absolue de 0.015 106 valves / g de sédiment sec soit près de 3%. Elles sont
surtout représentées par Pseudostaurosira brevistriata et Cyclotella meneghiniana.
Figure 17 : Evolution du nombre de valves / g de sédiment sec des groupes écologiques le
long de la carotte de Tanma.
- Zone C : (690-610cm)
A ce niveau on note une rareté des formes d’eau douce (Fig.18) avec les mêmes dominantes
que dans les zones précédentes.
Les formes marines à saumâtres présentes dans cette zone sont essentiellement benthiques
avec près de 80% en moyenne. Elles sont les seules présentes entre 610 et 620cm. Elles sont
dominées par Pinnunavis yarrensis, Diploneis bombus et Paralia sulcata suivies de
Dimeregramma minor et Cyclotella striata. Les formes planctoniques (avec Thalassiosira
faurei, Coscinodiscus devius, Auliscus sculptus et Coscinodiscus excentricus dominantes)
(fig.24-28) et épiphytiques (avec Plagiogramma rhombicum dominante) restent présentes
même si aucun de ces groupes écologiques ne dépasse les 10%.
Figure 18 : Evolution du pourcentage relatif des groupes écologiques le long de la carotte de
Tanma.
Figure 19 : Evolution du pourcentage relatif des espèces dominantes le long de la carotte de
Tanma.
Figure 20 : Evolution du pourcentage relatif des espèces dominantes le long de la carotte de
Tanma (suite).
Figure 21 : Evolution du pourcentage relatif des espèces dominantes le long de la carotte de
Tanma (suite).
Figure 22 : Evolution du pourcentage relatif des espèces dominantes le long de la carotte de
Tanma (suite).
Figure 23 : Evolution du pourcentage relatif des espèces dominantes le long de la carotte de
Tanma (suite).
Figure 24 : Evolution du nombre de valves / g de sédiment sec des espèces dominantes le
long de la carotte de Tanma.
Figure 25 : Evolution du nombre de valves / g de sédiment sec des espèces dominantes le
long de la carotte de Tanma (suite).
Figure 26 : Evolution du nombre de valves / g de sédiment sec des espèces dominantes le
long de la carotte de Tanma (suite).
Figure 27 : Evolution du nombre de valves / g de sédiment sec des espèces dominantes le
long de la carotte de Tanma (suite).
Figure 28 : Evolution du nombre de valves / g de sédiment sec des espèces dominantes le
long de la carotte de Tanma (suite).
Figure 29 : Evolution du pourcentage relatif (I) et du nombre de valves / g de sédiment sec
(II) des espèces d’eau douce dominantes le long de la carotte de Tanma.
- Discussion :
La productivité primaire devait être faible au niveau du lac Tanma durant la période
considérée. La présence de diatomées entre 950 et 610cm s’explique par les conditions
physico-chimiques favorables à leur développement. En effet le lac à cette époque pourrait
être un milieu à hydrodynamisme faible qui constitue des conditions favorables au
développement des diatomées. Le lac, avec ces espèces polyhalobes à mésohalobes a été
influencé pendant cette période par la mer. Il a ainsi connu une évolution en différentes
phases :
Pendant la première phase d’évolution du lac correspondant à la zone A, l’influence marine
est assez importante avec une nette dominance de l’espèce Pinnunavis yarrensis. Cette espèce
est connue en milieu marin à saumâtre, cosmopolite, benthique (Foged, 1986a et 1987).
L’espèce est accompagnée ici par d’autres espèces polyhalobes à mésohalobes comme
Diploneis bombus, Plagiogramma rhombicum, Cocconeis debesii var. rufisquiana, Cyclotella
striata, Plagiogramma tenuistriatum, Trachyneis aspera, Opephora schwartzii et
Dimeregramma minor.
La dominance des formes benthiques indique ici un milieu peu profond où la sédimentation
fine (vase argilo-sableuse) traduit un milieu à hydrodynamisme faible favorable au
développement des diatomées. Les formes épiphytiques semblent indiquer l’installation des
macrophytes, caractéristiques aussi d’un milieu peu profond (Fourtanier et al, 1990).
Cependant malgré leur rareté, les formes planctoniques témoignent ici d’une ouverture assez
importante du lac sur la mer.
Cette zone A pourrait correspondre donc à un milieu lagunaire peu profond mais ouvert sur
l’océan et entouré d’une ceinture végétale plus ou moins importante.
Le lac, toujours sous influence marine, va connaître une évolution dans sa flore diatomique.
Cette évolution va correspondre à la deuxième phase.
La deuxième phase correspond ici à la zone B où la présence de formes planctoniques est plus
nette notamment pour les espèces Thalassionema faurei, Coscinodiscus devius, Auliscus
sculpus. Le milieu pourrait être plus profond et plus ouvert sur la mer. Cet approfondissement
du milieu pourrait expliquer la rareté des macrophytes attestée par la diminution du
pourcentage des épiphytiques. Le milieu pendant cette phase, a connu un hydrodynamisme
faible, ce que semble indiquer également les fractions arénitique et coquillière qui présentent
leur plus faibles valeur dans cette zone. Durant cette phase, le lac Tanma pourrait
correspondre à un milieu lagunaire plus profond et plus ouvert sur la mer.
La troisième phase est comparable à la première, avec le développement des formes marines
benthiques et des épiphytiques par endroits. Le milieu serait donc lagunaire peu profond avec
une installation des macrophytes et une ouverture assez importante sur la mer.
L’augmentation de l’hydrodynamisme du milieu à partir de 650cm, attesté par un
enrichissement en sables et coquilles, expliquerait la diminution puis la disparition totale des
diatomées à partir de 610cm. L’abondance de la microfaune à foraminifères et ostracodes
dans cet intervalle plaide en faveur d’une lagune plus ouverte sur l’océan.
Conclusion :
De la base au sommet de la carotte, les dépôts du lac Tanma sont influencés par la mer. Ces
influences sont enregistrées par le contenu lithologique (fractions arénitique et coquillière)
et/ou la microflore diatomique.
De 950 à 610cm de profondeur régnait des conditions compatibles au développement des
diatomées. Une microflore polyhalobe à mésohalobe se développe mais la productivité
primaire reste faible dans l’ensemble. Cette faible productivité est à mettre en parallèle avec
l’hydrodynamisme du milieu enregistré par la fraction sableuse. Il s’agit d’un milieu lagunaire
plus ou moins ouvert sur la mer et plus ou moins profond ; le maximum de profondeur étant
enregistré dans la zone diatomifère B (760 à 690cm).
A partir de 610cm, la lagune devient plus ouverte sur la mer à la suite d’une augmentation du
niveau marin ou de la rupture des cordons dunaires. Une macrofaune à mollusques et une
microfaune à foraminifères et ostracodes marines à lagunaires se développent. Cette ouverture
sur la mer entraîne une augmentation de l’hydrodynamisme du milieu incompatible avec un
développement des diatomées et une conservation de leurs valves.
CHAPITRE IV :
Ces lacs qui sont localisés dans la zone de Malika se situent entre les latitudes 14°50’ et
15°50’ Ouest et les longitudes 16°35’ et 16°40’ Nord. Ils sont séparés de la mer à quelques
500m par le système dunaire orienté NE – SW (fig.3.). De forme semi-circulaire, les lacs
s’allongent dans ce même sens derrière les dunes qui sont parfois fixées par les filaos. Ils sont
actuellement caractérisés par des zones de dépression.
1. Lithologie
La carotte montre du bas vers le haut :
190-110cm : une vase sableuse très faiblement coquillière par endroits,
110-65cm : une vase argilo-sableuse, coquillière entre 90 et 70cm,
65-00cm : une vase sablo-argileuse faiblement coquillière (fig. 30).
2. Fraction arénitique
Entre les profondeurs 190 et 110cm, la fraction arénitique est très importante avec plus de
80% du sédiment. Dans la partie supérieure (65-00cm) cette fraction arénitique présente une
proportion en moyenne supérieure à 50%. Par contre dans les niveaux 110-65cm la fraction
arénitique reste inférieure à 50% avec un minimum noté à 70cm.
3. Fraction coquillière
Entre les niveaux 190 et 110cm, les coquilles sont très faiblement présentes avec un
pourcentage qui ne dépasse pas les 10%.
Dans les niveaux 90 à 70cm on note le pic le plus important des pourcentages des coquilles
atteignant 30% des sédiments.
Les coquilles sont présentes régulièrement entre les niveaux 65-00cm avec une moyenne qui
avoisine les 15%.
4. Discussion
Le long de cette carotte, aucune corrélation n’est possible entre les fractions arénitique et
coquillière ; ce qui semble indiquer qu’elles ont des origines différentes. De la base de la
carotte jusqu’à 110cm, le fort pourcentage de sable très pauvre ou dépourvu de coquilles
suggère une origine essentiellement éolienne pour les sables. Il s’agirait d’un milieu lagunaire
envahi par du sable dunaire et sur les bords duquel se seraient développés quelques
mollusques d’eau saumâtre. Au-delà de 110cm, la diminution du taux de sable dans les
sédiments au profit des pélites indique une réduction des apports en sable éolien. Cette
réduction des sables d’origine dunaire serait à l’origine d’une forte diminution de la vitesse de
sédimentation permettant aux fractions pélitiques et coquillières de s’exprimer. Cette
réduction brutale des apports éoliens pourrait être contemporaine de la fixation des dunes par
les filaos ; la confirmation de cette idée ne pouvant être apportée que par des datations
radiomètriques.
Figure 30 : Lithologie de la carotte de Malika B
1. Mbeubeuss B
1-1. Analyse lithologique
La colonne lithologique montre du bas vers le haut une vase sablo-argileuse faiblement
coquillière passant progressivement à une vase argileuse faiblement sableuse et faiblement
coquillière (fig. 31) :
- La fraction sableuse :
Dans l’ensemble, elle décroît d’une façon irrégulière du bas vers le haut avec un pic qui se
dégage clairement à 400cm. Parallèlement, la fraction pélitique, bien que croissante vers le
haut, présente deux pics nets à 680 et 370cm.
- La fraction coquillière :
D’une manière générale, elle montre des pourcentages très faibles avec cependant deux pics
importants dans les niveaux 400cm (35%) et 350cm (30%).
- Discussion :
Cette carotte montre une lithologie comparable à celle notée au niveau du lac Retba où les
niveaux d’accumulation coquillière et les pics d’arénites sont corrélables. Ces niveaux
indiquent la position de la ligne de rivage. Cette analyse lithologique vient donc renforcer ce
qui a été retenu par Sow (2001) : « L’évolution de la fraction coquillière et de la fraction
arénitique montre que la ligne de rivage a évolué au Quaternaire Récent ». Par conséquent les
cycles eustatiques semblent être responsables des variations de la lithologie et du pourcentage
de coquille. De la base de la carotte à son sommet, on assiste à un retrait de la mer du lac
Mbeubeuss qui, d’un stade de lagune ouverte sur la mer, est passé progressivement à un lac.
Le long de la carotte, de légères fluctuations positives sont cependant notées ; la plus
importante étant rencontrée à 400cm (pic de sables et de coquilles).
1-2. Etude de la flore
La carotte montre d’une manière générale des sédiments dépourvus ou pauvres en diatomées.
Le seul niveau diatomifère rencontré se situe entre 420 et 380cm où l’abondance absolue ne
dépasse pas les 0,7 106 valves /g de sédiment sec. Dans cette zone diatomifère on note
exclusivement des espèces marines à saumâtres benthiques. Les principales espèces notées
sont : Paralia sulcata (>80%), Pinnunavis yarrensis, Plagiogramma pulchelum. Ces espèces
sont des formes littorales cosmopolites (Fig.32-33). De part et d’autre de cette zone, de rares
valves de diatomées ont été rencontrées mais leur effectif ne permet pas de faire des analyses
statistiques et de caractériser valablement le milieu.
Discussion :
Le long de cette carotte, le paléoenvironnement ne peut être caractérisé par les diatomées que
dans l’intervalle 420-380cm. Les espèces rencontrées dans cette zone sont cosmopolites,
marines à saumâtres. Paralia sulcata est une forme benthique (rarement planctonique) des
eaux marines à saumâtres dans les environnements côtiers (Barde-Labayle-Bounès, 1980 ;
Stabell & Lange, 1990 ; Witkowski, 1994 ; McQuoid & Hobson, 1998). L’implication
environnementale de l’abondance de l’espèce est diversement interprétée par les auteurs :
-elle est considérée sur les côtes portugaises comme indicateur de phénomène
d’upwelling par Abrantes (1991) ;
-McQuoid & Hobson (1998) ont montré dans leurs travaux sur le bras de mer Saanich
(Colombie Britannique, Canada) que les variations de la ligne de rivage constituent le
principal facteur qui contrôle l’augmentation de l’abondance de l’espèce ;
- Zong (1997) a démontré, dans une étude portant sur huit bassins côtiers du Nord-
Ouest de Scotland (Iles britanniques) que le développement optimal de P. sulcata a lieu
durant les périodes d’isolation. L’auteur ajoute que l’espèce est abondante durant les périodes
chaudes et disparaît quand le climat devient froid.
La dominance de l’espèce dans la zone E le long des carottes du lac Retba (Sow, 2001 ; Sow
et al., 2006) est considérée comme un indicateur de milieu confiné. Au lac Mbeubeuss, son
abondance traduit une période d’isolement de la lagune. Le confinement de la lagune est
confirmé par la très faible diversité spécifique dans l’intervalle (trois espèces seulement).
Figure 33 : Evolution du pourcentage des espèces marines à saumâtres benthiques (les seules
espèces représentatives) Mbeubeuss B
2. Mbeubeuss A
Comme dans le lac Malika, le long de cette carotte, seules de rares valves de diatomées sont
rencontrées entre 140 et 40cm de profondeur. L’extrême pauvreté de la microflore en nombre
d’individus et d’espèces, ne permet pas de caractériser le paléoenvironnement de Mbeubeuss
A et les conclusions seront tirées exclusivement de l’analyse lithologique.
2-1. lithologie :
La colonne lithologique montre du bas vers le haut :
225 – 120cm : une vase sablo-argileuse coquillière.
120 – 00cm : une vase argilo-sableuse non coquillière (fig. 31).
2-2. La fraction coquillière :
Elle n’est représentative que dans la moitié inférieure de la carotte où elle atteint son
maximum entre 210 et 200cm (40,85%). Elle est quasi absente dans la moitié supérieure de la
carotte.
Conclusion :
L’analyse de la lithologie des carottes montre que le lac Mbeubeuss est passé d’un stade de
lagune ouverte sur la mer à un lac. Au stade de lagune ouverte, la fraction arénitique est
importante et la fraction coquillière représentative. Au stade lacustre, la fraction pélitique
augmente considérablement au détriment de la fraction sableuse et les coquilles sont
pratiquement absentes. Le début du confinement est marqué par de petites fluctuations
positives de la mer qui ont permis l’isolement de petites lagunes dans lesquelles a proliféré
Paralia sulcata. L’écologie de cette espèce permet d’envisager l’existence d’un climat chaud
à cette époque.
Durant la période du dépôt, le paléolac Mbeubeuss a également reçu, en quantité variable du
sable éolien en provenance des dunes littorales voisines.
CONCLUSION
CONCLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES
Les conclusions que nous pouvons tirer de cette étude peuvent être groupées en quatre
catégories : méthodologique, systématique, eustatiques et paléoclimatiques.
1. AU PLAN METHODOLOGIQUE
La méthodologie utilisée est variable et basée sur les indicateurs biologiques (diatomées
principalement, mais aussi foraminifères ostracodes et mollusques par fois) et lithologiques
(Pourcentages de sables/pélites et fraction coquillière). Ces différents indicateurs ne sont
associés qu’au lac Mbawane.
Les diatomées ne sont présentes qu’en dessous de 6m au lac Tanma, entre 420 et 380cm au
lac Mbeubeuss et sont très rares à Malika.
Compte tenu de l’environnement géomorphologique de la région, les sables peuvent avoir
deux origines différentes (marine ou éolienne) et sont difficilement utilisables pour
caractériser l’hydrodynamisme du milieu.
Les informations sur la microfaune et la macrofaune à mollusques ne sont encore disponibles
que sur Mbawane.
Cependant, les travaux réalisés au lac Mbawane (Fofana, 2004 ; Sow et al., 2006) ont montrés
que chacune des méthodes utilisées était potentiellement caractéristique du milieu de
sédimentation. D'une manière générale, elles enregistrent chacune à sa manière
l'hydrodynamisme du milieu. Ainsi, les milieux turbulents sont caractérisés par des fractions
arénitiques et coquillières importantes et un contenu micropaléontologique pauvre.
L'antagonisme constaté entre les fractions arénitiques et coquillières d'une part et le contenu
microfaunistique d'autre part est lié à la position particulière de ces milieux qui sont tantôt
maritimes, tantôt continentaux.
Par ailleurs, le contenu micropaléontologique enregistre les caractéristiques physico-
chimiques du milieu liées au climat.
2. AU PLAN SYSTEMATIQUE
L’étude des diatomées le long de trois carottes prélevées dans trois lacs de la partie
occidentale de la grande côte du Sénégal (lacs Mbawane, tanma et Mbeubeuss) a permis
d’inventorier un total de 150 espèces et variétés appartenant à 56 genres. Parmi elles, 12 sont
citées pour la première fois en Séné-Gambie. Il s’agit de : Coscinodiscus janishii, Diploneis
marginestriata Hantzschia subrupestris, Mastogloia aquilegiae, Mastogloia baldjikiana,
Mastogloia resta, Navicula humerosa, Opephora cf. gemmata, Pinnularia gibbiformis,
Pinnunavis elegans, Rhopalodia acuminata,
Rhopalodia gracilis. Les genres les plus représentés sont : Nitzschia (11 espèces),
Coscinodiscus (10 espèces), Amphora, Diploneis, Fragilaria et Lyrella (7 espèces chacune).
3. AU PLAN EUSTATIQUE
Les quatre lacs étudiés ont subit au moins au début de leur formation des influences marines
enregistrées par la microflore diatomique et/ou le contenu lithologique et faunistique. Ces
influences marines sont mieux perceptibles au lac Mbawane où les résultats sur les différents
indicateurs sont disponibles. Ainsi, le déplacement de la ligne de rivage à la hauteur du lac
Mbawane correspond à une phase transgressive suivie d’une régression qui a occasionnée
l’installation d’une lagune puis d’un lac permanent et saisonnier. De la même manière,
l’ouverture de la paléo-lagune Tanma signalée à partir de 610cm de profondeur par le contenu
lithologique est interprétée comme une tendance transgressive avec une probable rupture des
cordons dunaires. Au niveau des lacs Mbeubeuss et Malika, la forte influence des sables
dunaires d’une part et la pauvreté en diatomées d’autre part n’ont pas permis de détecter des
signaux précis sur les variations du niveau de la mer.
4. AU PLAN PALEOCLIMATIQUE
5. PERSPECTIVES
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Figure 2 : Les vallées quaternaires du lac Tanma (modifié d’après Martin, 1970).
Figure 3 : Carte de localisation des Niayes et lacs dans la Presqu’île du Cap-Vert définie dans
Arc/Info
Figure 5 : Nappe libre des sables quaternaires Thiaroye/Beer Thialane : Carte piézométrique
moyenne de 1987 à 1997
Figure 8 : Evolution du nombre de valves /g de sédiment sec des groupes écologiques le long
de la carotte. (Mbawane)
Figure 9 : Evolution du nombre de valves / g de sédiment sec des espèces dominantes le long
de la carotte (Mbawane)
Figure 13 :
Figure 15 : I : Evolution du pourcentage relatif des espèces d’eau douce et des espèces
marines à saumâtres le long de la carotte
II : Evolution du nombre de valves / g de sédiment sec des espèces d’eau douce
et des espèces marines à saumâtres le long de la carotte (Tanma)
Figure 32 : (Mbeubeuss B)
Figure 33 : (Mbeubeuss B)
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 3 : Liste des diatomées marines à saumâtres inventoriées et classées selon leur mode
de vie.
Tableau 4 : Liste des diatomées d’eaux douces inventoriées et classées selon leur mode de
vie.
PLANCHES ANNEXES
Planche I
22 23 24
Planche II
Barre d’échelle = 10 µm
Planche III
Planche IV
Barre d’échelle = 10 µm
Planche IV
Planche V
Barre d’échelle = 14 µm
Planche V
Planche VI
Barre d’échelle = 20 µm
Planche VI
Planche VII
, • •
Planche IX
• •
Planche X
Barre d’échelle = 10 µm
Planche X
Planche XI
Barre d’échelle = 10 µm
Planche XI
Thèse de doctorat de 3ème cycle de Géosciences
OPTION : Environnements Sédimentaires
présenté par Cheikh Abdoul Kader FOFANA
Date de soutenance : le 11 Août 2007
Composition du jury :
Mme I. NIANG-DIOP Maître de Conférence UCAD -Dakar Présidente
MM E. SOW Maître de Conférence UCAD -Dakar Directeur/Rapp.
MM R. SARR Maître de Conférence UCAD -Dakar Examinateur
MM M. FALL Maître de Conférence UCAD -Dakar Examinateur
MM A. DIOP Maître Assistant UCAD -Dakar Examinateur
Résumé : L’étude du Quaternaire récent (Nouakchottien à Actuel) basée sur les microfossiles
(diatomées en particulier) et la lithologie a été abordée dans quatre lacs temporaires de la
partie occidentale de la Grande Côte du Sénégal : les lacs Mbawane, Tanma, Mbeubeuss et
Malika.
Cette étude a permis d’inventorier un total de 150 espèces et variétés de diatomées
appartenant à 56 genres. Parmi elles, 12 sont citées pour la première fois en Séné-Gambie.
Les genres les plus représentés sont : Nitzschia (11 espèces), Coscinodiscus (10 espèces),
Amphora, Diploneis, Fragilaria et Lyrella (7 espèces chacune).
Les quatre lacs étudiés ont subit au moins au début de leur formation des influences marines
enregistrées par la microflore diatomique et/ou le contenu lithologique et faunistique. Ces
influences marines sont mieux perceptibles au lac Mbawane où les résultats sur les différents
indicateurs sont disponibles. Ainsi, le déplacement de la ligne de rivage à la hauteur du lac
Mbawane correspond à une phase transgressive suivie d’une régression qui a occasionnée
l’installation d’une lagune puis d’un lac permanent et saisonnier. Cette tendance transgressive
aurait entraîné l’ouverture de la paléo-lagune Tanma signalée à partir de 610cm de profondeur
par le contenu lithologique. Au niveau des lacs Mbeubeuss et Malika, la forte influence des
sables dunaires d’une part et la pauvreté en diatomées d’autre part n’ont pas permis de
détecter des signaux précis sur les variations du niveau de la mer.
Durant la période considérée le climat était chaud et sec dans l’ensemble, avec un déficit
pluviomètrique chronique durant les derniers siècles.
Mots clés : Diatomées, lithologie, coquilles, microfaune, quaternaire récent, lagune, lac, ligne
de rivage.