Dossier 2
Dossier 2
MÉMOIRE PRÉSENTÉ
COMME EXIGENCE PARTIELLE DE LA
PAR
MOR FAYE
MAI 2023
Université du Québec à Trois-Rivières
Service de la bibliothèque
Avertissement
Étant donné le rôle essentiel qu’occupent les PME dans l’économie mondial, ces dernières
ont besoin de ressources financières pour mener à bien leurs activités. Certes, il existe plusieurs
sources de financement possible. Cependant, l’accès aux financements demeure difficile à cause
des coûts qui y sont liés.
Notre étude porte sur le financement bancaire qui est considéré comme étant l’un des plus
sollicités par les PME. Notre objectif est de proposer des solutions permettant de remédier aux
difficultés d’accès au financement et particulièrement le financement bancaire. Ainsi nous
proposons le recours à la labellisation. Il s’agit d’un système d’accompagnement des PME qui leur
permette d’améliorer leur gestion et de se conformer aux conditions exigées par les banques pour
bénéficier d’un financement à moindre coût. A ces fins, l’étude de cas a été choisi comme méthode
de recherche.
Les principaux résultats montrent que la labellisation peut contribuer à faciliter l’accès au
financement bancaire. Le diagnostic a également permis de constater, pour chaque type de PME,
les facteurs sur lesquels doivent intervenir les acteurs de la labellisation durant leur
accompagnement. En dernier lieu, mais pas des moindres, la labellisation permet aux institutions
financières d’avoir plus d’accès aux informations financières des PME. De ce fait, ces dernières
sont par la suite plus disposées à octroyer des financements. Le recours à la labellisation faciliterait
donc l’accès au financement bancaire.
ii
TABLE DES MATIÈRES
RÉSUMÉ ..............................................................................................................................................ii
TABLE DES MATIÈRES ..................................................................................................................iii
LISTE DES TABLEAUX ...................................................................................................................vi
LISTE DES FIGURES .......................................................................................................................vi
LISTE DES ABRÉVIATIONS ..........................................................................................................vi
REMERCIEMENTS ...................................................................................................................................vii
iii
CHAPITRE 4 : CADRE METHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE .......................................... 35
4.3 L'ÉCHANTILLON............................................................................................................................ 38
5.3.1 Résultats liés à la première question de recherche pour chaque PME ................................. 55
iv
5.3.2 Résultats liés à la deuxième question de recherche ........................................................... 57
BIBLIOGRAPHIE………………………………………………………………………………………………….………………………….……….63
ANNEXES……………………………………………………………………………………………………………………………………………67
Annexe 1
Annexe 2
Annexe 3
Annexe 4
Annexe 5
Annexe 6
Annexe 7
Annexe 8
v
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1
Mesure des indicateurs de performance de Pme1……………………………………………… 48
Tableau 2
Mesure des indicateurs de performance de Pme2……………………………………………….49
Tableau 3
Mesure des indicateurs de performance de Pme3……………………………………………… 51
Tableau 4
Les différents Z Score des 3 PME……………………………………………………………….53
Tableau 5
Figure 1
Processus de labellisation au Sénégal : (PME-ADEPME-Banque, 2018) ……………………..34
Figure 2
Processus de financement bancaire des PME (Analyse d’une demande de financement avant et
après labellisation)…………………………………………………………………………….. 38
Abréviations :
1) BAII/A : Bénéfice avant Intérêt et Impôt / Actif total (Solvabilité)
2) BNR/A : Bénéfices non réinvestis / Actif total (Rentabilité)
3) FR/A : Fonds de Roulement / Actif total (Liquidité)
4) VMFP/VCFP : valeur marchande des fonds propres / valeur comptable des fonds propres
(capitalisation)
5) V/A : Ventes ou CA / Actif total (Productivité).
vi
REMERCIEMENTS
J’aimerai remercier, ensuite, ma famille, mon épouse et mes enfants pour toute la patience
et le sacrifice dont ils ont fait preuve durant mes études.
Je dédie une mention particulière aux autorités sénégalaises de l’ADEPME pour leur disponibilité
ainsi que tout le personnel du département de finance de l’UQTR pour leur professionnalisme et
leur disponibilité.
vii
CHAPITRE 1 : INTRODUCTION ET MISE EN CONTEXTE
Les PME sont devenues, avec les années, le principal moteur de l’économie pour la plupart
des régions du monde. Elles constituent aujourd’hui plus de 99% des entreprises du secteur privé
(St-Pierre, 2018). Leur rôle est particulièrement important dans les économies des pays en
développement. Par ailleurs, ces dernières constituent une source majeure de création d'emplois et
de revenus. Leur contribution aux PIB de l’économie mondiale n’est plus un mystère du fait de
leur importance et de leur rôle dans le développement (St-Pierre, 2018). Contrairement à
l’apparence, la prédominance des multinationales sur l’économie mondiale n’est qu’illusoire
comparée aux PME. En effet, pour ce qui est du cas de l’Union européenne, en 2012, les chiffres
révélaient que 99,8% des entreprises dans le monde étaient des PME et qu'elles fournissaient 70%
de l’emploi et 60% de la valeur ajoutée (Commission européenne, 2013). Au Japon, 99,7% des
entreprises sont des PME et celles-ci ont contribué à 35% de l’emploi industriel (Vigie, 2010).
La concurrence récurrente entre les secteurs des PME et des GE sur le marché des produits
oblige les PME à mettre l’accent sur des innovations majeures. Cependant, les ressources pour
arriver à ses fins ne sont pas toujours disponibles à l’interne. Ainsi, afin d’être en mesure
d’exploiter toutes les possibilités qui s’offrent à elles, les PME sont le plus souvent dans
l’obligation de solliciter des financements auprès des partenaires financiers. Dans le cas du Canada,
l’Institut de Statistique du Québec, Innovation Science et Développement économique Canada et
Statistique Canada, dans leur rapport sur le financement des PME, rapportent qu’en 2014, près de
46% des entreprises québécoises de 1 à 499 employés ont fait une demande de financement externe.
St-Pierre (2014), rajoute cependant que nombreuses sont celles qui rencontrent des difficultés à
disposer des ressources financières dont elles ont besoin auprès de leurs partenaires financiers,
particulièrement auprès des banques qui sont leurs principales sources de financement externe.
La contribution des PME dans l’économie s’avère également très importante dans les pays
en émergence. Elles correspondent à 99,8% du tissu entrepreneurial sénégalais, occupent 60% de
la population active et 46% des emplois (ANSD, RGE, 2016). Elles sont les moteurs de l’économie
sénégalaise, en dépit du fait que la plupart d’entre elles éprouvent des difficultés à trouver des
sources de financement. Seuls 16% des prêts bancaires concernent les PME et 72% des demandes
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de prêts sont rejetés par les banques locales. Au Sénégal, selon les informations obtenues de la
direction de la monnaie et du crédit, la forte détermination des pouvoirs publics à faire de la PME
le véritable moteur de la croissance permettant au pays d'atteindre un taux à deux chiffres à
l'horizon 2015, s'est manifesté lors de la Concertation nationale sur le crédit de 2003. Dès lors, les
systèmes de détection, de prévention et de gestion des risques au niveau des banques sont certes
adaptés à leur clientèle « grandes entreprises » mais ont montré leurs limites lorsqu'il s'agit des
PME (Diop, P. Thiankam, j. & Ndao.S, 2013)
La plupart des PME rencontrent les mêmes difficultés d’accès au financement que celles dans les
pays développés. Selon l’ANSD ceci résulte de la faiblesse des garanties, de l’insuffisance des
capitaux propres et de l’information sur la clientèle. De plus, le système financier sénégalais est
caractérisé par l’absence d’institutions de financement spécialisé (ANSD, 2016).
Le sujet sur la difficulté d’accès au financement est un phénomène qui a toujours fait la une
de l’actualité dans le milieu des affaires. Il reste au cœur des préoccupations des principaux acteurs
de l’économie mondiale. Ce phénomène a même fait l’objet d’une étude initiée par le cabinet
d'étude NOTA-PME SAS. Il s’agit d’un travail qui vise à proposer des solutions permettant
d’harmoniser les pratiques de gestion financière des PME pour ainsi faciliter leur accès aux
financements. C’est également dans ce sens que notre étude a été menée. Le principal objectif est
de rechercher des solutions pour palier à la difficulté d’accès au financement bancaire des PME.
Les différents problèmes rencontrés pour accéder au financement bancaire y seront ainsi présenter.
Le problème d’accès au financement des PME est préoccupant. En Europe par exemple,
selon les données issues du rapport annuel de la Commission européenne de 2013-2014, la
difficulté d’obtention de financement est le deuxième problème le plus cité. Selon le rapport, dans
certains pays comme la Slovaquie, cette difficulté est évoquée par 70% des PME. En Grèce, elle
est mentionnée par 61% du lot, en Chypre, par 62%, en Italie, par 50% et enfin en Espagne par
50% également. Lefilleur (2008) nous apprend que les études d’Africapractice (2005) ; FMI (2004)
et Arête (1998), montrent qu’en Afrique subsaharienne, la situation est encore pire : le problème
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d’accès aux financements est le principal obstacle au développement des entreprises et touche entre
80 à 90% des PME de la zone, se positionnant loin devant d’autre problèmes tels que la corruption,
la déficience des infrastructures ou encore la fiscalité exagérée en termes de magnitude. Au
Cameroun, selon l’Institut National de la Statistique (INS, 2012), le secteur privé camerounais est
constitué de 90% de PME dont l’un des points communs est le déficit de financement (Ngena,
2013).
Rappelons que dans leurs recherches, St-Pierre et Fadil (2011) indiquent que pour faire face
au problème de financement, l’OCDE (l’organisation de coopération et de développement
économique) a, à plusieurs reprises, lancé un appel aux chercheurs afin de trouver des solutions à
ce problème d’accès aux ressources financières pour des entreprises en croissance et devant réaliser
certains investissements ou soutenir leur fonds de roulement.
Le phénomène est d’une grande envergure. En effet, l’absence de financement est l’un des
facteurs d’échec les plus connus des PME et les conséquences sur la société sont loin d’être
négligeables. Vu qu’elles jouent un rôle majeur au niveau de l’économie en général, offrant des
opportunités d’emploi et faisant fructifier certains secteurs qui ne sont pas nécessairement pas
exploités par les grandes compagnies, la fermeture hypothétique d’un nombre substantiel de PME
aurait des retombées économiques désastreuses. Le taux de chômage général s’en verrait accrue,
les taxes et les impôts perçus par le gouvernement seront de surcroît coupés, l’économie en générale
s’en trouvera paralysée, avec toutes les calamités qui viendront directement et indirectement avec
cela.
De ce qui précède, nous considérons que l’accès difficile au financement des PMEs est une
question qui doit être soulevée par nécessité, car il constitue c’est sans équivoque un grand point
noir pour le développement de ces dernières.
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pour remplacer celles qui ont disparu, tout en continuant à créer des emplois à travers tout cela. St-
Pierre (2018), aborde le problème dans ce sens. Elle estime que le rôle important que jouent les
PME dans la vie au quotidien justifie, en partie, le besoin impératif de les promouvoir et de les
préserver, car elles sont indispensables à l’équilibre économique des nations. En plus du souci sur
l’équilibre économique, elle souligne le souci particulier de préservation d’un outil, en la personne
des PME, de propension sociale. Les principaux acteurs d’une économie, notamment les
actionnaires, les propriétaires d’entreprises et les salariés, présentent tous un attachement plus ou
moins fort aux PME. Elles constituent pour la plupart leur principale source de revenu, et pour
d’autres l’aboutissement d’une carrière, d’un rêve ou bien d’une passion. Un lien à la fois émotif
et pécuniaire.
Finalement, si l’on considère l’ensemble des répercussions, tant économiques que sociales,
qu’entraine l’échec ou la faillite d’une PME, il devient alors primordial de contribuer, de façon
significative, à la compréhension du phénomène et de lui trouver une solution.
C’est dans ce contexte que nous réalisons notre étude afin de mieux comprendre pourquoi
les PME ont tant de difficulté à se financer. Nous essayerons d’en comprendre les causes et de
trouver des mesures et des actions qui nous permettront de réduire et de prévenir ce mal, à défaut
de l’éradiquer complètement. Notre option principale sera d’étudier particulièrement le
financement bancaire.
Le fait que le financement bancaire soit la principale source de financement externe des
PME est une évidence. D’un côté, différentes études sur le financement ont montré que l’accès au
financement bancaire est très difficile et est soumis à plusieurs contraintes. D’un autre côté
plusieurs études sur le financement bancaire ont été menées afin d’aider les entreprises à mieux
s’outiller et à faire face au problème. La plupart des études révèlent une certaine réticence des
banques à octroyer des ressources financières aux PME. Dans le cas de l'Afrique en général, ces
méthodes d'analyse des risques sont inadaptées aux PME et ce pour plusieurs raisons : l'asymétrie
d'information entre la banque et la PME, les problèmes de la bonne gouvernance et l'investissement
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immatériel, outil de production pour l'accumulation des connaissances, qui joue un rôle
déterminant dans la performance des entreprises, est rarement pris en compte dans ces méthodes
(Diop, P. Thiankam, j. & Ndao.S, 2013).
Au Cameroun par exemple, selon Nguena (2013), les institutions financières sont de plus
en plus réticentes à l’octroi de crédits au secteur privé. Le secteur bancaire sénégalais quant à lui,
bien que dynamique, ne finance pas encore suffisamment les PME. Ainsi, en décembre 2014, des
études avaient montré que la plupart des banques ne finançaient que près de 21% du produit
intérieur brut (PIB) (Sarr, 2018). Un ratio qui demeure très faible par rapport à celui des pays
émergents qui est en général de 80% et même de 100% aux États-Unis.
Le problème de financement réside principalement dans le fait que les banques n’arrivent
pas à correctement juger le risque de défaillance des PME pour les soutenir à cause de la mauvaise
qualité des informations comptables de celle-ci. Ainsi ce problème de financement résulte, entre
autres, de l’asymétrie d’information entre les banques et les entreprises.
La plupart des recherches sur le financement confirment le fait que l’accès aux ressources
externes soit un facteur indispensable à la croissance des PME en s’attardant sur la certaine
réticence des banques et les conditions d’accès de financement complexe. Nous voulons donc, à
présent, apporter notre contribution au débat en proposant la labélisation pour favoriser
l’amélioration des conditions d’accès au financement bancaire des PME. En effet, celle-ci permet
de mieux accompagner ces dernières dans leur demande de financement bancaire. Il s’agit
également d’un élément qui renforce la confiance mutuelle entre les PME et leurs différents
partenaires. Elle facilitera, entre autres, la disponibilité des informations financières ainsi que leurs
fiabilités et garantirait une meilleure santé financière à l’entreprise, gage d’une bonne relation avec
les institutions financières. Compte tenu de ce qui précède, on est en mesure de d’affirmer que la
labélisation peut être une solution aux problèmes de financement des PME.
Sénicourt (2012) nous rappelle que les PME sont de plus en plus sujettes à être notées pour
le compte des parties prenantes, particulièrement les banques dans leurs offres de financement,
chacun utilisant son propre système de notation. Ce qui justifie davantage le choix de notre sujet.
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Ainsi, elles doivent remplir les conditions de prêt exigées par les banques. Cela suppose qu’une
entreprise désireuse d’obtenir du financement devrait adopter une gestion financière saine
(Sénicourt, 2012).
Selon Naciri (2015), l’instauration d’un bon système de gestion entraine un meilleur accès
aux sources de financement. Ce qui revient à dire que la qualité du système de gouvernance a
également une influence sur le coût de financement des entreprises. St-Pierre (2018), dans le même
sens, affirme que les carences managériales étaient les principales causes des difficultés des
entreprises. Elle rajoute cependant qu’il est difficile d’harmoniser les pratiques managériales, car
paradoxalement, la majorité des PME est dirigée par leurs propriétaires qui, pour la plupart, n’ont
pas que des objectifs de performances financières.
Compte tenu de ce qui précède, nous pouvons déduire évidemment qu’une bonne gestion
financière serait la solution et c’est ce que nous tenterons de montrer à travers le thème que nous
avons choisi. Dès lors, notre problématique est de montrer comment la labélisation facilitera-t-elle
l’accès au financement bancaire ?
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1.2.1 Objectif de recherche
Nous savons que la bonne santé financière d’une PME réduit le coût de financement exigé
par les bailleurs de fonds et particulièrement les coûts liés au financement bancaire. L’objectif de
cette étude est de trouver une solution à la difficulté d’accès au financement bancaire des PME.
Dans plusieurs pays, les PME sont confrontées à un problème de gestion financière qui décourage
les partenaires financiers. Par conséquent, notre étude portera sur la labellisation, une solution que
nous proposons pour une meilleure gestion des PME.
Dans ce mémoire, nous allons montrer comment la labellisation d’une PME pourrait
améliorer sa gestion et ainsi, influencer positivement les relations avec les institutions financières.
Cette étude, qui portera principalement sur des PME sénégalaises, permettra de vérifier si la
labélisation a facilité, à ces dernières, l’accès au financement bancaire.
Selon l’ADEPME (2001), les difficultés rencontrées par les banques dans le traitement des
dossiers de demandes de crédits des PME ont trait à l’asymétrie d’information, à l’insuffisance et
des capitaux propres et des garanties proposées mais aussi à la qualité des dossiers soumis pour le
financement.
L’information est considérée comme le facteur majeur expliquant les difficultés des PME
à accéder au crédit. Elle instaure de la confiance et permet de se conformer aux attentes des banques
en matière de dossier de demande de financement. La labellisation des PME pourrait ainsi être
envisagée pour mettre les banques et les PME sur la même longueur d’onde.
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L'analyse s’effectuera sur deux périodes. La première concernera la période pendant
laquelle la PME n’était pas labélisée et la deuxième, celle après sa labélisation. Nous utiliserons
des indicateurs de performances financières pour vérifier si les PME dont l’accès au financement
bancaire était jugé difficile ont pu avoir accès à un financement bancaire après sa labélisation. La
comparaison du pré-labélisation et du post-labélisation labélisation, aidera à vérifier la facilité
d’accès au financement ou non. Ainsi, apporter des réponses aux questions suivantes sera
nécessaire :
1- La labélisation a-t-elle permis d’améliorer la santé financière des PME au point que les
indicateurs puissent satisfaire aux conditions de financement exigées par les banques ?
2- Comment la labélisation contribue-t-elle à la baisse de l’asymétrie d’information pour
garantir la confiance des banques ?
3- Les PME accèdent-elles plus facilement aux financements bancaires après leur
labélisation ?
Afin d’atteindre notre objectif, nous allons structurer le reste du travail en cinq chapitres. Dans
le prochain chapitre, nous présenterons le cadre théorique. Nous exposerons ce qui a été fait en
recherche sur les PME et leur financement. Dans la deuxième section de ce chapitre, nous allons
parler de financement bancaire et de gestion financière des PME. Puis dans la troisième partie,
nous allons définir la notion de notation des banques et identifier, dans les travaux théoriques et
empiriques, les éléments qui la caractérisent. Finalement, dans la quatrième section, nous ferons la
synthèse de la revue de littérature.
Cette partie théorique nous permettra, dans un premier temps, de mieux comprendre les
PME, leur fonctionnement et leur problème de financement et, dans un second temps, de mieux
cerner les notions de notation.
Le troisième chapitre sera dédié au cadre conceptuel qui s’étalera sur la compréhension, la
définition et la présentation principes qui sous-tendent la labellisation et particulièrement son
impact sur la qualité de la gestion financière des PME. Le chapitre IV sera consacré au cadre
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méthodologique. Elle nous permettra de montrer la stratégie à adopter pour répondre à nos
questions de recherche. Nous présenterons et analyserons les résultats obtenus avant de les
interpréter afin de trouver la réponse aux questions de recherche dans le chapitre suivant. Et enfin,
dans le dernier chapitre, nous allons conclure notre mémoire par des recommandations et par
quelques pistes de réflexion, étant conscient des limites de notre recherche.
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CHAPITRE 2 : CADRE THEORIQUE
Le problème de financement des entreprises est au cœur de tous les débats dans l’activité
économique. Plusieurs stratégies de financement, ayant le seul but de permettre aux PME de
disposer de fonds dont elles ont besoin pour mener à bien leurs activités, ont été adoptées. Des
solutions ont été avancé, cependant le problème persiste reste toujours. Cela pousse les chercheurs
ainsi que les acteurs à proposer de nouvelles stratégies visant à mettre un terme à cette situation
qui freine leur expansion.
Lorsque les entreprises n’arrivent pas à s’autofinancer, ces entreprises solliciteront des
fonds externes, entrainant une situation d'agence par la venue de nouveaux bailleurs de fonds.
Cette relation de financement externe qui engage les PME avec les bailleurs de fonds externes a
renvoie à la théorie d’agence (St Pierre, 2000). Selon la théorie de l'agence, les agents en besoin
de financement (agents) et ceux qui ont la capacité de financement (le principal), qui octroie le
financement, sont tous deux animés par le désir de gains. Les entreprises de leur côté essayent
ainsi de mieux revoir leur organisation interne et prendre les mesures nécessaires pour essayer de
s’en ligner avec la condition des banques.
Les premières à être confrontées à ce problème de financement sont les petites et moyennes
entreprises qui sont le plus souvent caractérisées par des moyens de financement limités et qui,
compte tenu de leur nature juridique, font face à la réticence des emprunteurs. Toutefois, le
financement est fondamental pour faire face à leur besoin lié à l’exploitation et à d’autres dépenses
connexes. Ainsi verrons-nous que plusieurs sources de financement contribuent à
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l’accompagnement des PME. Les plus importantes proviennent des pouvoirs publics qui ne font
que démontrer le caractère indispensable des PME dans l’économie mondiale.
Les petites et moyennes entreprises (PME) sont définies différemment d’un pays à l’autre.
Dans certains pays comme la France, une PME est une entreprise ayant moins de 250 salariés, et
qui génère un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros ou un total de bilan n'excédant pas
43 millions d’euros. Selon le ministère de l’Économie, il en existe environ 140 000 en France. Elles
sont en grand nombre dans le secteur privé. Actuellement, elles représentent 99 % des structures
installées dans le pays, et réalisent 1/3 du chiffre d’affaires pour l’ensemble des entreprises
françaises. Elles occupent ainsi une place prépondérante dans l’économie. Les petites et moyennes
entreprises, toute forme juridique confondue, emploient 49 % des salariés en France, l’équivalent
d’environ 7 millions de personnes. Au sein de celles-ci, la majorité est constituée d’entreprises qui
n'ont aucun salarié ou celles qui en ont au moins dix. Elles jouent ainsi un rôle très important dans
l’économie française.
Le Canada compte également un grand nombre de PME. Elles sont le moteur de l'économie
et leur réussite est essentielle à la prospérité du pays. Elles constituent une part importante de
l’économie canadienne. Selon Statistique Canada, en moyenne, au cours de la période 2014-2018,
les petites entreprises ont contribué pour 37,8 % au PIB, les moyennes entreprises pour 14,1 % et
les grandes pour 48,1 %. En d'autres mots, les PME ont contribué pour plus de 50,0 % à la valeur
ajoutée de la production du pays. En 2019, la quasi-totalité (99,8 %) des entreprises québécoises a
été recensée comme des PME. Ces dernières comptent moins de 500 employés, et plus de la moitié
(53,0 %), moins de 5 employés.
Les rôles des PME sont multiples, malgré le fait qu’elles restent méconnues. Elles
produisent des biens et services, elles créent et redistribuent de la richesse et offrent des emplois,
elles forment, contribuent au développement de leurs parties prenantes et des territoires. Les PME
ont donc une place importante dans la création et le maintien de l’emploi. Elles sont présentes dans
tous les secteurs de l’activité économique mondiale, dont l’industrie, l’artisanat, les commerces et
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le secteur des services qui englobent le tourisme, les communications, les transports ainsi que les
services financiers…
L’importance des petites et moyennes entreprises (PME) n’est plus à prouver dans le monde
entier : le secteur joue un rôle moteur dans l'innovation et dans la création d'emplois. Ce sont donc
les PME qui génèrent de la croissance, créent des emplois, se développent plus rapidement et sont
plus novatrices. Une PME se caractérise souvent par une structure de propriété familiale ou
restreinte où le propriétaire est le principal dirigeant.
Leurs caractéristiques et leurs hétérogénéités font que nous avons plusieurs types de
demandeurs de financement, tous différents les uns des autres, chacun gardant sa particularité.
Parmi ceux-ci, nous avons des entreprises en forte croissance ou performantes et des entreprises en
difficultés ou non performantes. Selon Ouennoughi (2011), une entreprise non performante est une
entreprise défaillante quelque part qui porte en elle le germe d’un processus menant
automatiquement vers la faillite, en fonction du temps, perçue comme étant une sanction directe et
représente par conséquent un phénomène économique redoutable.
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la décision d'initier un ambitieux programme prenant en compte les besoins des institutions
financières en informations pertinentes sur la PME. En fait, la croissance des PME constitue l’un
des principaux baromètres de la vitalité d’une économie. Celles-ci sont reconnus comme
contributeurs important à la création de richesses, compte tenu de la place qu’elles occupent sur
l’échiquier économique. Au Canada, comme dans beaucoup d’autres pays, les PME représentent
la quasi-totalité du nombre total d’entreprises. En plus, 71% des emplois créés au cours
des dix dernières années dans le secteur privé sont l’œuvre des PME (BDC, 2015).
Notre étude s’inscrit dans l’optique de trouver une solution permettant de faciliter l’accès
des PME au financement bancaire. Par conséquent, la finalité consiste à vérifier s’il existe une
possibilité d'installer la confiance entre les PME et les partenaires financiers (banques) au point de
faciliter l’accès au financement. Il s’agit de s'accorder sur une pratique visant à faire naître une
confiance mutuelle entre les PME et les banques. La confiance est, en effet, à la base de toute
relation contractuelle entre deux parties et est, de ce fait, à l’origine de tout financement potentiel.
Selon la théorie de l’agence, l’entreprise est considérée comme un ensemble de contrats qui
lient différentes parties (propriétaires, gestionnaires, créanciers, clients, employés, etc.) et qui
cherchent, chacune, à protéger ses intérêts propres. La gestion de l’entreprise est soumise au
contrôle des propriétaires-dirigeants alors que les ressources proviennent des bailleurs de fonds. Il
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existe donc une possibilité de problème d’agence (St-Pierre, 2018). Étant donné que l’on suppose
que tout agent économique est rationnel, on suppose aussi qu’il prend des décisions dans le but de
maximiser sa propre fonction d’utilité ou sa satisfaction. Cela peut, en revanche, se faire au
détriment des intérêts d’autres agents économiques.
L’asymétrie d’information renforce en effet la méfiance des banques. Elle les pousse à ne
pas investir dans les PME ou les oblige à leur octroyer des prêts à des taux beaucoup plus élevés
afin de minimiser le risque lié au prêt. Le nombre croissant d’entreprises en faillite, chaque année
dans les pays, avec leurs conséquences sociales et économiques, fait que le problème de
financement des PME est devenu une des préoccupations des dirigeants du monde. Ces derniers
ont fini par s’engager à accompagner le processus pour trouver une solution. L'accompagnement
des services de l’état ou la garantie de prêts des entreprises est devenu unanime dans presque tous
les pays du monde.
Cet accompagnement des services de l’état aux PME est une prise de conscience des
conséquences de la difficulté d’accès au financement des banques et les répercussions sur
l’économie. Il montre suffisamment combien le besoin en ressources financières est une réalité
pour la survie des entreprises. Nous pouvons en citer quelques exemples. L’enquête sur le
financement et la croissance des petites et moyennes entreprises effectuée en 2014 par Statistique
Canada a montré que les PME sont des emprunteurs à risque et qu’ainsi, des coûts d’emprunts plus
élevés sont devenus leurs réalités. Les taux d'intérêt sont par ailleurs différents d’une demande à
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l’autre. Au Canada, par exemple, plusieurs programmes d’accompagnement des entreprises ont vu
le jour. C’est le cas du programme de financement des petites entreprises du Canada connu sous le
nom de PFPEC. En 2010, aux É.-U., le président Obama, pour soutenir la relance économique,
avait promulgué une loi visant à aider les petites et moyennes entreprises (PME) en leur allégeant
la fiscalité et en leur facilitant l’accès au crédit. C’est aussi le cas d’autres pays comme la France
et les Royaumes Unis qui ont mis en place des programmes semblables pour accompagner leurs
PME (Industrie Canada, 2014). Selon l’étude sur l’effet d’accroissement du programme de
financement des petites entreprises du Canada effectué en mars 2018, 75 % des demandes de
financement par emprunt auraient été refusées en l’absence du PFPEC.
Les banques sont devenues plus prudentes et sélectives vis-à-vis des PME dans l’octroi de
financements, compte tenu des risques et de la dégradation de leurs résultats. Elles sont même
venues à supprimer les financements dans certains secteurs considérés comme sinistrés. Il faut
l’instauration de la confiance entre les banques et les PME, mais aussi le partage des risques qui
est un élément primordial pour que les entreprises disposent des financements sollicités (Jullien &
Paranque, 1995). La dépendance d’une PME aux banques est donc déterminée par son degré
d’autonomie financière par rapport à son environnement financier.
Nous comprenons, aisément, que les banques soient réticentes à certaines demandes de
prêts. Ainsi, pour se protéger, elles imposent certaines conditions jugées souvent difficiles. Pour
mieux sécuriser leurs prêts, les banques ont instauré des techniques de notation des PME pour
mesurer le degré de risque qui accompagne chaque demande de financement.
Ainsi le financement bancaire est basé sur certaines normes dont les plus décisives reposent
sur la confiance entre le prêteur et l’emprunteur. Cette confiance s’acquiert sur la base de normes
objectives. Malheureusement, dans la plupart du temps, l’information dont auraient besoin les
banques pour mieux conforter leurs positions et augmenter leur confiance reste toujours
incomplète.
Selon Psillaki (1995), la relation de prêt associe des agents ayant des intérêts distincts,
l’emprunteur qui vise la rentabilité des capitaux empruntés en prenant des risques et le prêteur qui
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veut s’assurer de sa solvabilité. Cette forme de dépendance entre deux agents caractérise la théorie
de l’agence. Les désirs de bien-être d'une part, les coûts et l’asymétrie de l’information d'autre part
décourage l’utilisation de l’endettement (St-Pierre & Beaudoin, 1995). L’asymétrie d’information,
particulièrement le manque d’informations, les coûts et l’impossibilité de surveillance des actions
empêchent le prêteur de déterminer les qualités de l’emprunteur et la finalité exacte (risque d’aléa
moral) des fonds empruntés particulièrement dans les pays en développement.
Dès lors, pour les pays africains, l’un des freins à l’émergence et au développement des
PME reste la difficulté d’accès au financement bancaire. Ceci est dû, en grande partie, au risque
que constitue leur financement en raison du manque d’informations sur leurs capacités de
remboursement et de la faiblesse des garanties, mais aussi de l’insuffisance des instruments
financiers existants (Kauffmann, 2005).
À cet effet, la banque doit mesurer d’une manière efficiente le risque de non-remboursement
ou de défaut de crédit. Pour y arriver, celles-ci utilisent le système de notation. Si une PME est
bien notée, elle peut accéder facilement au financement sollicité. Dans le cas contraire, l’accès au
financement bancaire devient difficile. Elle doit, dès lors, se prémunir contre ce risque. Ceci est
primordial pour son équilibre étant donné que la défaillance se traduit par une détresse financière
et une détérioration de la situation financière de l’entreprise caractérisée par la réduction de
l’activité, la diminution de la rentabilité, les problèmes de trésorerie et les déséquilibres financiers
(Jabeur & Fahmi, 2013). Ce qui dégrade davantage la capacité de l’entreprise, l’empêche de se
redresser et la pousse progressivement vers la faillite (Sénicourt, 2012).
Cette étude vise surtout à conscientiser sur la nécessité d’une gestion financière saine afin
d’anticiper sur les problèmes de financement des PME. Certes, créer une entreprise est un droit,
mais sans nul doute « un malade ferait mieux de confier son ventre à un chirurgien qu’à un
16
boucher ». De la même sorte, sur le principe de la confiance et de la rationalité, les banques
préfèrent plutôt confier leurs fonds à des « initiés » qu’à des « amateurs ». Par conséquent, compte
tenu de la rigueur que nécessite la gestion d’une PME, la création d’entreprise ne devrait plus
répondre à une simple capacité financière, mais doit davantage être encadrée et protégée. Selon
Amable & Guellec (1992), la valeur de certaines ressources ou de facteurs comme le capital humain
et la connaissance est déterminante pour faire face aux problèmes quotidiens de l’entreprise. On
peut donc bien comprendre que ce sont les entreprises les mieux disposées à soumettre aux banques
des informations financières fiables et explicites qui profitent de meilleures conditions de
financement bancaire (Belze. & Gauthier, 2000).
Les bénéfices d’une entreprise à bonne rentabilité sont souvent réinvestis dans les fonds
propres pour éviter la dépendance aux financements externes et faciliter les relations avec les
partenaires financiers. Ainsi, les entreprises peuvent procéder à des diagnostics de leur performance
et anticiper sur les mesures à prendre pour échapper aux défaillances ou améliorer leurs résultats
(Jabeur & Fahmi, 2013; Hua et al, 2007) dans Jabeur & Fahmi (2013). Ils affirment qu’un bon
management constitue une anticipation sur la résolution et la prévention des défaillances
financières probables et aide à prendre, à temps, des mesures stratégiques et correctives
appropriées. La politique d’anticipation par action corrective sur les difficultés financières
constitue ainsi un baromètre pour mesurer la performance des entreprises et aboutit à leur
classement parmi les entreprises défaillantes ou non défaillantes. La prévision de défaillances des
PME peut donc aider à prévenir les difficultés et à améliorer la gestion financière des PME. Une
bonne gestion financière renvoie à une bonne performance de l’entreprise. En effet, le but de toute
entreprise est d’accroître sa performance. Cette dernière dépend de la qualité de sa gestion
financière, ce qui donne aux indicateurs financiers une place privilégiée dans notre étude.
Rappelons qu’une des conséquences d’une mauvaise performance financière est la faillite.
Le recours à une anticipation basée sur l’accompagnement et l’adoption des normes de bonne
gestion serait si pertinent étant donné que l’entreprise peut ne pas détenir toutes les ressources
humaines nécessaires pour une bonne gestion financière et que les secteurs d’activité sont variés.
17
Selon St-Pierre (2018), les conclusions de différentes études sur la faillite ont montré, de
façons convaincantes, que les carences managériales étaient les principales causes des difficultés
des entreprises. Ainsi, compte tenu de leurs caractéristiques, leurs modes de fonctionnement et
surtout leur grande hétérogénéité, on serait amené, à la lumière du nombre élevé de faillites, à dire,
sans équivoque, que leur gestion financière n'est pas des meilleures. Il faudrait ainsi y apporter des
corrections. Selon cette auteure, les différentes études ont montré que les PME sont dirigées par
leurs propriétaires-dirigeants. Or, les propriétaires ne sont pas le plus souvent animés par des
objectifs de performances financières, mais souvent des objectifs de performances non financières.
Ceci n’est pas sans conséquence sur la qualité de gestion des PME. Or, ce comportement influence
la qualité des résultats financiers des PME et justifie les problèmes de financement auxquels font
face les PME.
Norton (1991) considère la gestion financière comme un domaine d’étude qui chevauche
deux disciplines : la gestion et la finance. Ainsi, compte tenu du rôle déterminant de l’entrepreneur
dans l’entreprise, les chercheurs en finance ne devraient pas ignorer l’aspect gestion dans leurs
travaux sur les décisions de structuration financière des entreprises.
Il est, par ailleurs, important de comprendre que la gestion est la pièce maîtresse dans toute
PME. Cependant, la compréhension des problèmes des PME nécessite des ressources humaines de
qualités ayant obtenu les aptitudes y afférentes. Le gestionnaire ne doit pas forcément être le
propriétaire-dirigeant, mais plutôt l’homme qu’il faut à la place qu'il faut.
« Le gestionnaire se doit d’être en mesure d’assimiler les tenants et les aboutissants d’une
problématique, l’urgence d’une situation, afin de générer une alternative et mettre en application
des solutions pragmatiques. Cette façon d’être et d’agir relève d’une plus grande rigueur
managériale et d’une utilisation plus rationnelle des ressources afin d’aspirer à l’atteinte d’une
productivité se rapprochant toujours de plus en plus de l’efficience » (Amable et Guellec, 1992).
On peut ainsi conclure que la véritable force d’une PME réside dans sa capacité d’anticipation et
de réajustement. Pour ce faire, le rôle du gestionnaire consistera à faire le diagnostic pour évaluer
les indicateurs « de notation », et déterminer, si tel est le cas, la réorientation des activités et
l’intégration des mesures correctrices.
18
Notre étude cherche à déterminer comment inverser la tendance, en instaurant un système
de gestion efficace offrant une image permettant ainsi aux PME de se faire mieux respecter par les
banques qui dictent leurs lois, en restaurant la crédibilité et la confiance entre elles. Ce qui leur
permettrait de mieux négocier leurs conditions de financement.
Nous savons que les méthodes d’évaluation des intervenants des milieux économiques et
financiers sont toutes différentes. Ainsi, quelle qu’en soit la méthode d’évaluation de la probabilité
de défaut utilisée par les banques, les PME doivent s’organiser pour que les résultats obtenus de
leurs évaluations remplissent les conditions de financement. Le jugement de l’adversaire ne saurait
nous être favorable. La banque laissera toujours une marge d'erreur ou risque pas forcément objectif
pour augmenter le coût de financement que nous cherchons à minimiser. L'entreprise ne doit donc
pas laisser son destin entre les mains de partenaires dont les objectifs sont opposés. Pour cette
raison, la première étape de cette évaluation doit être celle faite par l'entreprise qui doit en faire sa
priorité.
Si l’on peut l’appeler ainsi, le « couple banques – PME » est l’une des relations où la
séparation est strictement prohibée. C’est une relation qui, le plus souvent, est instable avec des
hauts et des bas où chacun cherche à tirer son épingle du jeu. Les PME, depuis toujours, sont
obligées de collaborer avec les banques dans le développement de leurs activités afin de satisfaire
à leurs besoins en ressources financières.
Cependant, l’accès aux ressources des banques est assujetti à certaines conditions. Parmi
celles-ci, la plus importante s’avère être une bonne qualité de portefeuille de gestion. Pour évaluer
cette performance des PME, la banque adopte des techniques qui lui sont propres notamment la
technique de notation encore appelée cotation.
De nos jours, nous notons que les PME sont de plus en plus sujettes à être notées pour le
compte des parties prenantes spécifiquement les banques. Les banques, dans leur analyse financière
pour l’octroi de crédit, se préoccupent principalement du risque de défaillance des PME. Le
banquier utilise donc l'analyse financière pour évaluer le risque et projeter la solvabilité future de
19
l'entreprise à partir de l'étude des informations comptables que celles-ci fournissent. Il s'agit
principalement d'une approche quantitative, même si des éléments qualitatifs peuvent être intégrés
(Patrick Boisselier, Dominique Dufour, 2011).
Les contraintes prudentielles pesant sur les banques n'ont cessé de se renforcer ces dernières
années. Cette obligation de prudence a fait naître des outils de mesure et de prédiction de risques
comme le système de notation pour éviter de mauvaises surprises dans leurs relations avec leurs
partenaires et particulièrement les PME (Boisselier & Dufour, 2003 ; Sénicourt, 2012, 2017).
Dans leur offre de financement, les banques utilisent, chacune, leur propre système de
notation pour mesurer le risque de défaut de l’entreprise. C’est une étape importante pour les
entreprises voulant obtenir un financement et est perçue par l’entreprise notée comme une sanction
imposée par les partenaires (Senicourt, 2012).
Pour évaluer la solvabilité future et la performance ou non d’une PME, les banques
s’appuient principalement sur des outils d’analyse statistique de grandeurs comptables et de ratios
financiers en tenant compte éventuellement de la conjoncture globale et sectorielle (Boisselier &
Dufour, 2003). La remarque fondamentale n’est autre que la différence des méthodes d’un pays à
un autre. En France, par exemple, selon l’Euler Hermès Rating Gmbh, dans sa publication sur la
méthodologie de notation des PME (France) parue le 6 décembre 2017, le système de notation des
PME repose sur trois facteurs principaux que sont le profil du secteur (12,5 %), le profil de
l’entreprise (17,7 %) et le profil financier (70 %) ; il s’agit des facteurs de risque qualitatifs et
quantitatifs.
Mais le constat est que les informations et indicateurs d’ordre financier (les ratios) priment
habituellement dans la décision de notation de crédit. Les ratios financiers sont, entre autres : le
chiffre d’affaires, la rentabilité des capitaux investis, passifs/BAIIDA, ratio de capitaux propres,
ratio de levier financier, ratio de fonds de roulement.
La notation est définie, selon Naciri (2015), comme étant une simple opinion
professionnelle qui exprime un point de vue sur l’incertitude entourant le risque, c’est-à-dire une
20
évaluation de la probabilité que l’émetteur d’une dette soit incapable d’en rembourser les intérêts
et le principal aux échéances prévues en se fondant sur des analyses qualitatives et quantitatives.
Car, au-delà du fait que le risque d’une entreprise permet de définir les conditions de financement,
la reconnaissance et la mesure de celui-ci permettent également de prévenir des difficultés pouvant
être contrôlées et d’appréhender des situations plus complexes qui pourraient nécessiter des
interventions spécifiques. En Europe, ce rôle est dédié au « Comité de Bâle ». À l’extrême, si les
situations risquées appréhendées se réalisent, on pourrait observer des effets bien au-delà de
l’entreprise et des bailleurs de fonds. Toutes les parties ayant des liens directs ou indirects avec
l’entreprise subiront les conséquences à des degrés divers et les pertes financières et économiques
se feront sentir par les différents agents, ce qui peut conduire directement à la faillite (St-Pierre,
2018). Plusieurs méthodes quantitatives permettent l’évaluation du crédit aux entreprises. Dès lors,
l’analyse des ratios est la pratique la plus répandue.
Selon Sénicourt (2012), la notation ne sera plus considérée comme une fatalité pour une
PME si elle est accompagnée par son expert dans la gestion et l’évaluation de son activité, car elle
pourra légitimement se prononcer sur la note que les partenaires financiers et plus particulièrement
les banques lui attribuent. Pour avoir une bonne notation, l’auteur, propose une anticipation sur
celle de la banque. Une mauvaise note constituera donc un signal pour les partenaires de
l’entreprise.
Cette étude vient à son heure, car, pour régler les manquements, certaines banques ont mis
en place des cellules internes d’information sur la rentabilité de leurs relations d’affaires avec les
PME, mais elles n’ont toujours pas obtenu les résultats attendus.
Théoriquement, pour une PME, bénéficier d’un financement d’une banque revient à
répondre à certains critères d’éligibilité exigés par cette dernière. Les critères sont déterminés par
la banque à travers un système de notation. Il y a donc lieu d’identifier la corrélation entre les
concepts qu’il faut déterminer. Pour rappel, une mauvaise gestion financière entraine une mauvaise
notation et en d’autres termes un accès difficile au financement bancaire. Le système de notation,
encore appelé cotation, détermine les conditions pour lesquelles une banque accepte de mettre à la
disposition des PME un certain volume d’argent à des conditions bien déterminées. Les conditions
21
correspondent aux coûts que doit supporter l’entreprise pour bénéficier de la confiance des
banques. Les coûts étant proportionnels au risque de défaut de paiement qui accompagne le prêt.
Plus l’entreprise est bien gérée, plus la confiance est de mise et moins les conditions de prêts sont
difficiles ou contraignantes.
La notation débouche sur l’établissement d’un classement des PME par niveau de risque
avec la détermination de grandeurs et de ratios comptables. Les mêmes ratios devraient servir aux
PME pour élaborer une méthode plus spécifique de suivi interne. Ainsi, une dégradation, dans le
temps, des ratios, entrainera une modification ou une réaction des gestionnaires pour ajuster ou
consolider leur pratique ou éventuellement pour remettre en question la démarche adoptée par
l’entreprise dans sa gestion financière (Boisselier et Dufour, 2011).
Les banques sont les premiers bâilleurs des PME en termes de financement à court terme.
Si l’on sait que l’activité de la banque consiste à d’abord collecter des fonds pour ensuite les
octroyer sous forme de prêts tout en supportant des charges, on comprendrait aisément que la
banque est aussi une entreprise comme toute autre. Elle a les mêmes besoins de survie que les PME.
Pour cette raison, elle est appelée à faire des profits et à éviter sa propre faillite, quels que soient
les désirs de collaboration. Elle est obligée de bien vérifier les informations sur les collaborateurs
pour connaître la destination des fonds et de garantir leurs remboursements. Cela entraine
l’exigence de certaines contraintes à leurs emprunteurs. Il devient donc évident que chaque
demandeur de prêt ne puisse en bénéficier sans remplir certaines conditions qui dépendent de la
confiance que les banques leur accordent. On assiste ainsi à des accords de financement, mais aussi
à des refus (rejet des demandes de financement des PME) ou des conditions de financement jugés
difficiles à cause des coûts de financements (taux d'intérêt ou toute autre exigence) déterminés par
la note attribuée par la banque.
L’activité bancaire est caractérisée par une multitude de risques. Analyser et gérer les
risques dans les banques nous oblige à revoir, en profondeur, les différents types de risques
bancaires et la manière dont ils sont gérés et analysés.
22
Dans ce travail, nous nous focaliserons essentiellement sur le risque de contrepartie ou de
crédit, le premier des risques auxquels est confronté un établissement financier. Il correspond à
celui relatif aux pertes consécutives par suite du défaut de remboursement d’un emprunt ou au non-
respect des obligations vis-à-vis d'un prêteur. Il correspond exactement à ce que nous cherchons à
déterminer, car il est généralement lié à la dégradation de la situation financière de l’emprunteur.
L’analyse du risque PME porte essentiellement sur les trois éléments; son environnement, son état
de santé, la pertinence du projet soumis à l’investissement de la banque. Elles sont, en général,
complétées par une couverture de la banque en garanties surtout de types hypothécaires.
Notre revue de littérature nous permet de mieux cerner les contours qui encadrent la
notation à travers les différents concepts, de mieux les cerner et de montrer comment la labellisation
facilite la relation banque-PME dans l’intérêt des différents acteurs. Le problème étant mondial,
nous nous proposons d’étudier d’abord le cas des PME sénégalaises et leurs relations avec les
banques pour ensuite en apprendre sur les résultats obtenus.
La banque procède à la notation lors d'octroi de crédit. La notation est basée, en grande
partie, sur la réalité des ratios de l’entreprise ; c'est-à-dire de l'information financière. Cette pratique
des banques étant connue d'avance, elle doit inspirer les entreprises dans leur politique de
management à anticiper cette notation en procédant à une notation permanente de leur propre
entreprise. Cela aurait, sûrement, comme conséquence, une bonne santé financière pour l'entreprise
et, par ricochet, un accès facile au financement bancaire. Pour y remédier, la solution proposée par
le gouvernement du Sénégal est la labellisation. Ainsi, à travers l’ADEPME, le gouvernement a
mis en place ce programme d’accompagnement des PME pour améliorer et renforcer le
financement des PME. Pour une meilleure gestion des risques dans le financement bancaire au
Sénégal il faut procéder à la labellisation des PME (Diop, P. Thiankam, j. & Ndao.S, 2013).
23
CHAPITRE 3 : CADRE CONCEPTUEL
La revue de littérature révèle que le financement des PME repose sur plusieurs aspects que
nous allons définir dans notre cadre conceptuel, successivement dans le cadre théorique général de
recherche portant sur le financement bancaire des PME et dans le cadre théorique spécifique de
recherche portant sur la politique de labellisation.
Le financement des PME répond à des critères spécifiques déterminés par les partenaires
financiers. Pour trouver le financement dont elles ont besoin, les PME peuvent recourir à plusieurs
sources de financement qui sont les unes plus coûteuses ou difficiles d’accès que les autres.
À ce jour, les banques restent les principaux acteurs du financement des PME. Toutefois,
les relations entre banques et PME ne semblent pas optimales. Rappelons que les institutions
bancaires ont l’obligation de s’assurer que le prêt accordé à l’entreprise sera remboursé
intégralement. Nous savons que, pour éviter toute surprise liée au défaut de paiement, les banques
ne prêtent pas sans demander des garanties. Ainsi les banques imposent-elles des contraintes aux
PME pour garantir à leurs partenaires la probabilité de remboursement avec le moins de risque
possible. Lefilleur (2008) affirme que la réticence aux demandes de financement s’explique
principalement par le problème de forte asymétrie d’information qui existe entre les PME et les
banques.
Selon Dorothée et Robert (1992), jusque-là les banques se sont le plus appuyées, entre
autres, sur leur capacité d’expertise et l’établissement de relations de familiarité et de confiance
pour procéder au financement de certaines PME en l’absence de certaines informations
24
fondamentales. Ceci entraine des coûts élevés de prêts difficiles à supporter et même insupportables
par l’activité des PME. Ils estiment que les banques sont opportunistes et saisissent toute occasion
favorable pour faire affaire.
St-Pierre (2018), pour sa part, pour conforter cette thèse, rappelle que dans les relations
d’agence, on suppose que tout agent économique est rationnel, et qu’il prend des décisions dans le
but de maximiser sa propre fonction d’utilité ou sa satisfaction. Cette maximisation de profits, par
contre, se fait au détriment d’autres agents économiques. La théorie de l’agence considère
l’entreprise comme un ensemble de contrats qui lient différentes parties (propriétaires,
gestionnaires, créanciers, clients, employés, etc.) qui cherchent, chacune, à protéger ses propres
intérêts.
Ngéma (2013) estime que la gestion de l’entreprise est soumise au contrôle des
propriétaires-dirigeants alors que les ressources proviennent des bailleurs de fonds, d’où la
possibilité de problème d’agence. Il estime que l’environnement juridique dissuade les services
financiers compte tenu du risque y afférent. Par conséquent, il implique des coûts fixes
proportionnellement importants. C’est le cas aussi au Sénégal, où selon le ministre du Commerce,
la PME souffre du faible niveau d’information et de la mauvaise gestion.
Comme le dit St-Pierre (2018), les investisseurs sont devenus de plus en plus exigeants face
aux risques liés au financement des PME, ce qui caractérise le niveau souvent très élevé des coûts
de financements. Le coût de financement élevé étant une des caractéristiques d’une mauvaise
qualité de gestion d’une entreprise, elle entraine une baisse de la rentabilité du financement et
décourage les PME.
25
Voilà autant de facteurs qui augmentent la prudence des banques devant le risque
d’insolvabilité des PME et qui font que l’accès au financement bancaire n’est pas facile et
particulièrement dans les pays en voie de développement. En résumé, nous notons que plusieurs
aspects rendent l’accès au crédit bancaire pour les PME très difficiles. Parmi eux, la faiblesse
généralisée des fonds propres des PME, l’asymétrie d’information, l’insuffisance d’organisation
des PME notamment en ce qui concerne les ressources humaines, la gestion administrative et les
fonctions de contrôle de l’entreprise. Tous ces éléments renseignent sur la qualité de gestion des
PME. Autant d’éléments qui justifient la réticence des banques et qui, par ricochet, constituent la
principale cause de la difficulté d’accès des PME au financement.
La finalité de notre étude portant sur la labellisation est de trouver une solution aux
problèmes de financement bancaire auxquels les PME sont confrontées. Le choix porté sur la
labellisation est lié au besoin de trouver de bonnes pratiques de gestion, nécessaires à l’atteinte des
objectifs de financement des PME. Ainsi, après avoir défini et expliqué les concepts de la
labellisation, nous allons justifier le choix porté sur ce processus comme solution aux problèmes
d’accès au financement bancaire.
26
Sénicourt (2013), nous conforte dans cette idée en estimant que le contexte économique et
prudentiel difficile que nous vivons a rendu l’accès au financement plus ardu au point qu’il faut
anticiper d’’éventuel impact négatif de la « note fiscale exogène “du banquier sur la demande de
financement et préparer la négociation de crédit. Il propose une pratique qu’il juge meilleure,
consistant à calculer une “note économique endogène “prenant en compte des revalorisations et
des retraitements qualitativement justifiés. Malgré cela, le problème persiste et sa proposition
prouve qu’il éprouve le besoin et la nécessité de développer de nouvelles stratégies de préventions
des difficultés, en mettant en place un nouveau modèle de gestion. Il consiste à préparer, en amont,
une note endogène contradictoire, qui serait à l’opposé de la note exogène attribuée par les banques
(Sénicourt, 2013). Il s’agira, selon lui, de construire, d’argumenter et de défendre une note
endogène, fiable, générée par l’entreprise et acceptée par ses partenaires financiers qui pourront la
comparer à leur propre note exogène. Cependant, les investisseurs exigent généralement d’être
indemnisés pour les risques qu’on leur fait prendre quand ils investissent. Par ailleurs, une
entreprise désireuse d’obtenir du financement doit gérer efficacement ses risques d’exploitation
comme financiers. La qualité du système de gouvernance, par leur incidence sur les systèmes de
contrôle interne et de gestion du risque, a une influence sur le coût de financement des entreprises.
Ce qui nécessite une bonne gestion financière pour un meilleur accès au financement (Naciri,
2015).
Les PME sont si importantes dans l’économie et malgré le rythme auquel elles voient le
jour, elles font face à des contraintes financières qui ralentissent leur croissance et les empêchent
de se développer à leurs pleines capacités (St-Pierre, 2018).
27
plus d’explications. Ceci incite la PME à solliciter un accompagnement pour améliorer son mode
de fonctionnement justifiant ainsi le recours à la labellisation.
Dès lors et compte tenu de son impact sur leur santé financière et sur l’accès au financement
bancaire, les PME devraient considérer cet exercice comme une priorité dans leur gouvernance ou
dans leur gestion tout simplement. Elles devraient, au préalable, procéder, en interne, à cet exercice
de contrôle dont elles font l’objet lors d’une demande de financement. La PME doit alors
s’approprier les mécanismes sur lesquels les banques s’appuient pour analyser les dossiers de
crédits, c’est-à-dire les facteurs et critères étudiés par les banques lors de l’analyse d’un dossier de
crédit dans le financement d’une PME.
La meilleure manière de gérer une PME est d’anticiper les difficultés auxquelles elle peut
faire face. Comme le dit l’adage, mieux vaut prévenir que guérir, et le plus tôt sera le mieux. La
santé financière des PME est au centre de notre étude, elle détermine la qualité des relations entre
les banques et les PME. Contrairement aux grandes entreprises, toutes les PME ne disposent pas
de toutes les ressources humaines nécessaires pour une bonne gestion. Ainsi, en 2001, le ministre
canadien de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, secrétaire d’État aux PME, disait, en ces
termes, une structure intermédiaire spécifique, développant une compétence spécialisée, paraît être
la meilleure manière de concilier les besoins de financement des PME d’une part, et les attentes
des banques en matière de sécurité d’autre part. Selon le ministre, la fourniture d’une information
validée par cette structure spécialisée se présente comme un moyen de contournement efficace de
la contrainte de financement observée. Ainsi, la labellisation parait être une des solutions à prévenir
les difficultés des PME.
28
La pratique de labellisation n’est pas encore encadrée et est très peu connue du grand public,
elle joue un rôle d’anticipation. C’est une technique consistant à mettre en évidence l’engagement
d’une PME à respecter certains critères. Cet outil d’aide à la décision est non seulement efficace
pour résoudre le problème lié à l’asymétrie d’information entre la PME et les différents partenaires,
mais il permet aussi de sécuriser le crédit accordé aux PME.
Selon Sénicourt (2013), la labellisation donne à l’entreprise les moyens de piloter sa note,
en travaillant ses points faibles et en renforçant ses points forts, suscitant une réflexion stratégique
pouvant l’amener à infléchir ou à transformer son modèle économique. Elle génère ainsi la
confiance auprès des partenaires financiers et elle permet également la pérennité dans leurs
relations d’affaires (client-fournisseur, partenaire…). Elle permet non seulement à la PME de
s’améliorer et d’adapter son modèle économique, mais elle joue aussi, à travers l’accompagnement
et le suivi, le rôle d’indicateur d’alerte et de prévention des difficultés.
Par le suivi, tout affaiblissement d’une année à l’autre doit être analysé soigneusement pour
en comprendre les raisons et prendre les mesures correctrices qui s’imposent (ADEPME, 2012).
Ainsi, le processus de labellisation est piloté en principe par un organisme public national ou
international, ou par délégation à des organismes accrédités, dans une procédure réglementaire
impartiale et dans un but d’intérêt général.
Pour Langley (1999), étudier un processus consiste à observer des événements et à chercher
à expliquer, à la fois, l’évolution et les raisons de leur survenance de même que les données
relatives au passé. Ainsi dit, notre travail de recherche consistera à reconstituer le processus
d’interaction en décrivant l’enchaînement des événements et l’évolution des relations. Selon
Pentland (1999), l’analyse consiste à identifier les mécanismes qui modulent les événements, à
décrire les accords inter organisationnels et leurs structures dans le temps.
29
La labellisation s’inscrit donc dans un processus de changement qui vise, en fonction du
diagnostic, à adapter les procédures de travail et à élaborer un plan d’actions pour se mettre en
conformité avec les exigences de la labellisation. Prenons l’exemple du label SA 8.000. Elle
s’inscrit totalement dans un plan d’actions, piloté par l’équipe dirigeante, avec l’aide d’analystes
et de consultants, et suit un certain nombre d’étapes prédéterminées telles que présentées en
exemple ci-dessous :
- Les actions à mener pour atteindre les résultats escomptés (ajustement des modes
d’organisation du travail et des politiques de GRH et formalisation dans des procédures,
adhésion des parties prenantes) et les moyens financiers et humains qui seront affectés à
l’atteinte de cet objectif ;
La certification confirme la conformité au regard des critères retenus par le label et valide
un plan d’actions pour les points nécessitant encore des améliorations.
Par ailleurs, le processus de labellisation, sous un angle uniquement rationaliste, tel qu’il
est présenté dans bon nombre de bonnes pratiques, est largement insuffisant pour comprendre le
processus. Le processus de labellisation et le type de changement organisationnel qu’il génère sont
largement dépendants des attributs des PME (effet de taille, un pouvoir centralisé aux mains de
l’équipe dirigeante) et de ses flux d’échanges avec ses partenaires (El Abboubi, M. & Cornet, A.
30
2007). Le contenu renvoie à l’objet même du changement. Il s’agira, ici, des relations entre les
PME et les partenaires d’affaires, particulièrement les banques.
Ainsi, la labellisation permet, à travers un diagnostic, d’identifier les facteurs sur lesquels
il faut agir pour améliorer la santé financière des PME.
Elle constitue un instrument de facilitation des ajustements à opérer en interne par la PME
pour rester conforme et profiter des avantages de la Loi. Elle est encadrée par une structure
dénommée Agence de Développement et d’encadrement des PME (ADEPME) créée en 2001 dans
le but d’accompagner, c’est-à-dire, assister et encadrer les petites et moyennes entreprises (PME)
dans la recherche de financement ainsi que les microentreprises qui en font la demande ou qui
bénéficient de prêts de l’État.
La labellisation au Sénégal est une réalité. Le programme de labellisation des PME, une des
mesures inscrites dans la concertation nationale sur le crédit, bénéficie, depuis 2012, du soutien de
la Banque africaine de Développement qui a financé la mise en place de l’unité de labellisation
(investissement matériel, le recrutement d’experts et le système d’information). Elle est encadrée
par les pouvoirs publics. L’intervention de l’ADEPME est basée, entre autres, sur l’amélioration
31
de la compétitivité des PME à travers plusieurs outils parmi telle que la labellisation (ADEPME,
2001).
La labellisation permet de mesurer le potentiel des PME et de déceler celles qui sont
éligibles au financement bancaire. Elle comprend un dispositif pour accompagner les PME dans la
prise en charge de leurs difficultés. Un plan d’encadrement et un rapport d’évaluation sont produits
et permettent de corriger les insuffisances et de renforcer la dynamique de croissance de la PME.
Elle s’appuie sur le système de notation pour analyser et évaluer des risques liés aux différentes
fonctions de la PME à travers l’assistance par un cabinet d’expertise comptable. C’est un outil de
prédiction de la défaillance des PME qui permet de distinguer les PME défaillantes et les PME non
défaillantes. Le système de notation est basé sur l’analyse financière et sur la base des critères de
classement du secteur bancaire.
32
labellisation offre une meilleure appréciation du risque lié au crédit, un coût du traitement PME
réduit et un taux de crédit plus compétitif.
L’objectif de la labellisation est d’amener les PME à assainir la gestion de leur finance de
sorte que les critères de notation bancaire soient atteints au préalable avant toute demande de crédit
auprès des banques. Ainsi, la labellisation constitue un enjeu crucial pour séduire des partenaires
financiers et permet de faciliter l’accès des PME aux financements. Elle permet d’identifier les
processus au sein de votre entreprise et fait ressortir les éléments susceptibles d’être améliorés. Elle
garantit l’amélioration de la qualité des services et produits. C’est une démarche permanente et
systématique dans la PME. Elle favorise l’adoption de pratiques exemplaires et permet d’appliquer,
dans la PME, des pratiques reconnues à l’échelle internationale. Ce travail est essentiel pour
construire une entreprise productive et efficace. Elle est, en effet, un facteur de différenciation et
un gage de confiance pour le partenaire qui a besoin de sécurité vis-à-vis d’une société qu’il ne
connaît pas.
33
Le processus de la labellisation aide les entreprises à opérer les changements nécessaires
pour améliorer leur gestion et leur compétitivité par le biais d’un plan d’encadrement articulé
autour d’assistance technique et de formation. La labellisation des PME est donc une solution de
veille qui facilite l’accès aux avantages. Il est caractérisé par la production d’un plan d’encadrement
pour corriger les insuffisances et renforcer la dynamique de croissance de la PME et d’un rapport
d’évaluation. Le processus de labellisation au Sénégal répond à un circuit défini préalablement par
les autorités administratives en commun accord avec les différentes parties prenantes. Le but est
de montrer aux acteurs, si la labellisation dont les normes sont retenues et acceptée par toutes les
parties concernées, peut entrainer la performance des PME. Les facteurs sur lesquels doivent agir
les dirigeants pour être conformes aux normes qui régissent la pratique de labellisation sont aussi
définis en commun accord. C’est un choix inclusif. Il consiste à évaluer, à restructurer ou à
réadapter au besoin et à suivre jusqu’au financement.
Il se déroule en quatre étapes : le diagnostic des PME, les conseils et les structurations, le
coaching et l’accompagnement et enfin, le financement.
Phase de
Financement de la
• ADEPME en To • ADEPME T2 PME
Phase
d'accompagnement • Banque T2
Phase d'évaluation des PME Phase transmission de
(diagnostic) de la la demande à la banque
candidature des PME
• ADEPME en T1
34
CHAPITRE 4 : CADRE METHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE
4.1 MÉTHODOLOGIE
La stratégie de recherche utilisée est l'étude de cas avec une approche basée sur le processus
de financement dans le but de découvrir ce qui motive la décision prise par la banque lors de
l'analyse d'un dossier de crédit.
Le cas est défini comme un phénomène donné qui se produit dans un contexte délimité
(Miles et Huberman, 2003). L’étude de cas, selon Dahl et al. (2014), est un devis de recherche qui
permet d’analyser et de comprendre des situations complexes, dans leur contexte respectif. Le cas
dans notre étude est le problème de financement bancaire des PME. Le problème existe déjà et est
le même partout pour l’activité des PME. Il s’agit de cas réels, des PME dont la demande de
financement a été initialement refusée et qui, par la suite, a bénéficié d’un accord de financement
après labellisation.
35
Le but, dans cette étude, est de montrer comment la labellisation facilite le financement
bancaire des PME. Elle aidera alors à trouver des réponses à certains problèmes présents au
quotidien dans les PME. Ainsi nous estimons que l’étude de cas est la méthode la plus appropriée
pour répondre, le plus justement, aux questions de recherche. Nos résultats doivent aider les
dirigeants à mieux comprendre le problème et ainsi accéder plus facilement au financement
bancaire.
Les études sur le financement des PME existent, en nombre important, mais celles sur la
labellisation sont rares. De plus, la documentation est difficile à trouver. Par conséquent, nous
allons nous appuyer, en grande partie, sur les données recueillies sur le terrain, relatives à
l’expérience vécue par les PME, pour procéder à notre analyse. Selon Royer et Zarlowski (2007),
par ailleurs, l’important lors du choix d’une stratégie n’est pas la stratégie ou la méthode elle-
même, mais ce qu’elle permet de révéler, ainsi que la manière dont elle est exécutée.
Le choix de l'étude de cas comme stratégie de recherche nous permet, dans un premier
temps, d’analyser individuellement chaque PME, à travers une description de sa situation d’avant
et d’après labellisation et dans un deuxième temps de procéder à une analyse comparative de
chaque variable entre les deux périodes.
La stratégie consistera d’abord à décrire la situation lors d’un emprunt bancaire pour une
PME non labellisée, ensuite expliquer les difficultés rencontrées et justifier le refus de la banque
d’accompagner la PME comme elle l’aurait souhaité. On considère cette période comme « une
situation où la PME ne satisfait pas aux exigences des banques ». Puis, nous allons, dans une
seconde période, décrire le résultat d’une demande de prêt après la labellisation. On rappelle que
les banques ne prêtent que quand la situation est favorable. En d’autres termes, nous allons
déterminer et comparer les indicateurs de performances des PME qui sont déterminants sur
d’éligibilité au financement et qui influencent la prise de décision lors de la notation des banques.
Lors d’une demande de financement, la banque analyse le dossier selon des facteurs et
critères d'analyse de risque choisis pour déterminer et évaluer une probabilité de défaut à travers
des ratios. L’objectif ici consiste à identifier, à partir d’un diagnostic, les indicateurs de
36
performances dans le but de les analyser afin de comprendre comment la labellisation contribue à
les faire varier pour favoriser le financement bancaire.
Le cas utilisé servira de stratégie pour structurer la recherche. Il s’agit de faire le diagnostic
d’une PME sénégalaise à travers certains ratios pour déterminer sa performance, d’abord, avant la
labellisation et après celle-ci afin de comprendre pourquoi la demande de prêt refusée au départ a
été acceptée, ensuite, après la labellisation.
Pour rappel, le choix de l'étude de cas comme stratégie de recherche permet de procéder,
dans un premier temps, à une analyse individuelle des critères de performances retenues pour
chaque PME. Ceci correspond à une analyse interne pour chaque cas pour déterminer sa santé
financière, puis comparer les indicateurs de performance indiqués pour cette étude d’avant et
d’après labellisation. Pour ce faire, nous allons utiliser un cas réel en décrivant le processus qui
accompagne la relation de financement. Nous allons, dans un deuxième temps, comparer les
indicateurs de performance retenus pour chaque PME lors des demandes de financement et
comprendre ce qui a pu influencer la décision sur le financement.
Cette étude va apporter quelque chose de plus dans les relations entre les banques et les
entreprises. Elle indiquera à celles qui en sont à la recherche, la voie à emprunter pour bénéficier
d’un financement bancaire facile.
37
Figure 2 : Processus de financement bancaire des PME (Analyse d’une demande de financement
avant et après labellisation).
IV.3. L'ÉCHANTILLON
Labellisation • PME en
•Banque en T1 T3
• PME en To
Demande de Financement
Financement •PME en T2 Demande de Accordé
Besoin de Demande rejeté Financement
financement
• PME en T1 • Banque en
T3
Cette étude fait suite aux constats sur les difficultés rencontrées par les PME pour disposer
de financement nécessaire afin de faire face à leurs besoins externes. Ainsi, il est important de
préciser que la population concernée par l’étude est constituée de PME sénégalaises. L’échantillon
a été choisi dans cette population dont la cible principale est constituée spécifiquement des PME
labellisées dans le programme de labellisation piloté par l’ADEPME et dont les demandes de
financement bancaire n’ont été accordées qu'après la labellisation. Cette précision est de taille, car
elle vise à déterminer l’influence de la labellisation sur les PME et les conséquences sur la demande
de financement.
L’avantage de notre échantillonnage est que chaque PME peut servir de référence. Chaque
PME a la même probabilité que n’importe quelle autre PME à appartenir à l’échantillon. La
méthode appropriée, dans cette étude, repose donc sur l’équiprobabilité et par conséquent nous
adoptons la méthode probabiliste aléatoire simple. Son avantage est qu’elle nous permet aussi de
généraliser les résultats issus de notre étude à toutes les autres PME. Autrement, partant du principe
38
que chaque PME a suivi, à la lettre, les principes qui régissent la labellisation, chacune d’entre elles
a la même probabilité d’être choisie pour faire partie de l’échantillon, c’est ce qu’on appelle
l’homogénéité (Rispal, 2002 Yin, 2009). Cette homogénéité dans la caractérisation permettra de
conclure à une généralisation des résultats obtenus dans cette recherche. Elle symbolise la
saturation correspondant à une des caractéristiques d’une telle étude (Yin, 2009).
Dans cette étude, trois PME sénégalaises, dans trois secteurs d’activité, ayant toutes obtenu
un financement après la labellisation pour servir d’exemple ont été choisies. Ceci nous permettra
de consolider nos conclusions en faisant varier les contextes d’observation et ainsi augmenter la
scientificité en assurant la transférabilité de nos résultats. Le défi qui se pose à nous est de trouver
la bonne documentation avec des états financiers crédibles (certifiés), mais aussi une disponibilité
et une bonne collaboration avec nos répondants. Pour cela, nous comptons nous appuyer sur les
relations de partenariat qui lient les PME à l’ADEPME (agence pour le développement et
l’encadrement de la petite et moyenne entreprise) au Sénégal, pour faciliter notre contact et notre
accès aux données à collecter. Ce travail nécessite donc la collaboration des différents partenaires
dont les plus indispensables sont les acteurs clés des PME ayant participé au processus de
labellisation et dont le rôle dans l’organigramme de l’entreprise permet de répondre aux questions
posées dans le questionnaire. Des questionnaires seront, dès lors, envoyés aux dirigeants des PME
ciblées. Nous en choisirons, au plus, trois parmi les différentes réponses pour analyser les contenus.
Dans cette partie, pour collecter les données, le questionnaire fermé a été utilisée. La
méthode utilisée est l’analyse documentaire fournie par les propriétaires ou dirigeants des PME
sénégalaises étudiées, correspondant à des PME labellisées dans leur partenariat avec l’ADEPME.
La particularité des PME est l’appartenance à une population de PME dont le financement bancaire
a été refusé et qui, par la suite, ont sollicité, à nouveau, et ont obtenu un accord de financement des
banques, après labellisation.
Nous avons, en premier lieu, collecter puis traiter les données brutes issues de trois PME
ciblées, pour en dégager un certain nombre de renseignements qualitatifs et quantitatifs pour
39
ensuite les comparer. Il s’agira d’analyser les résultats en procédant à une comparaison interne de
performances pour chacune avant et après labellisation, conformément aux réponses attendues à
nos questions de recherche. Il s’agit de procéder à une analyse individuelle de chaque critère puis
une comparaison de sa situation d’avant et d’après labellisation pour ainsi déterminer le niveau de
changement obtenu pour chaque critère de performance. On rappelle que l’analyse des résultats,
pour se conformer aux questions de recherches, est de type exploratoire.
Chaque répondant dans une PME a rempli le questionnaire qui guidera les réponses aux
questions de recherche. Les résultats provenant du questionnaire seront analysés et confrontés entre
eux, selon la période. L'objectif est d'évaluer le niveau de risque d'une PME, d’observer les écarts
dans les analyses pour comprendre ce qui motive la réponse à la demande de financement. Compte
tenu de la distance qui nous sépare du lieu de collecte des données, nous allons profiter de
l’accompagnement de l’ADPME, à travers notre point focal, pour contacter les PME ciblées qui
nous répondront par courriel afin de mieux garantir la confidentialité de leurs réponses.
Nous comprenons que les banques soient réticentes à financer les PME. Pour autant, nous
devons trouver les mécanismes permettant de diminuer ce risque pour que les banques puissent
faire confiance aux PME et leur accorder un financement à moindre coût. Pour cela, il faut
préalablement identifier les risques. Saint-Pierre (2004) indique que l’identification des indicateurs
« de notation bancaire » aide à mieux gérer le risque bancaire des PME et facilite le choix du
modèle approprié de gestion, compte tenu de leur effet sur l’organisation. Elle ajoute qu'un bon
modèle de gestion des risques facilite la surveillance constante des indicateurs de risque et en même
temps l’évaluation de leurs impacts sur la performance de l’entreprise. Compte tenu des questions
de recherche et des instruments et méthodes de collectes de données, nous pourrons utiliser la
méthode Z score d’Altman pour analyser nos données et classifier les variables constitutives à notre
étude. Nous allons donc procéder à un diagnostic de chaque PME pour identifier les variables sur
lesquelles intervient la labellisation pour améliorer la santé financière des PME.
40
4.6. L'INSTRUMENT DE MESURE
L’instrument de mesure que nous allons utiliser dans cette étude est le questionnaire. Il
permet de recueillir les informations crédibles et précises dont nous avons besoin auprès des PME.
Le questionnaire est semi-ouvert en ce sens que nos questions sont fermées ou dichotomiques (deux
réponses possibles).
41
la tâche aux répondants afin de garantir la qualité de nos données. La base de données sera
composée des documents comportant les états financiers.
Nos questions de recherche peuvent être corrélées à l’analyse d’AL-Shaikh (1998), sur les
PME jordaniennes du secteur manufacturier qui a pour but de déterminer les causes majeures de
faillite perçues par les dirigeants et sur lesquelles il faut agir pour diminuer le risque. Ainsi, cette
étude nous renvoie à l’analyse de Saint-Pierre (2002), qui est centrée essentiellement sur les
carences managériales (mauvaise planification, mauvaise gestion, inexpérience) et la sous-
capitalisation (manque de financement).
Par conséquent, pour résoudre notre problème de recherche, nous proposons un modèle de
prévision de détresse financière permettant d’évaluer le risque d’insolvabilité de l’entreprise
utilisée dans la littérature pour satisfaire aux exigences des banques.
Il ressort de cette approche que la majorité des indicateurs retenus dans les modèles de
prévision de défaillance sont des ratios financiers. En plus, il y a plusieurs techniques pour évaluer
le risque de crédit et chacune d’elles vise à augmenter l’efficacité des prises de décisions. Parmi
celles-ci, l’analyse discriminante construite sur la base des données issues des états financiers et
bilans pour une meilleure représentativité de l’image de la PME. Elle sert à déterminer
l’appartenance d’une PME à un groupe ou à un autre. Pour notre étude, nous choisissons plus
précisément le modèle d’Altman (1968) sur le financement à court terme. C’est une méthode
simple de classification des PME qui permet d’identifier les différents indicateurs nécessaires à
mesurer la santé financière d’une PME.
Altman (1968) a utilisé l’analyse discriminante linéaire pour identifier les différences entre
33 entreprises en faillite et 33 entreprises non en faillite pour la période allant de 1946 à 1965. Il
propose de calculer la fonction discriminante (appelé aussi Z-score) comme suit:
Z = 1.2 (FR/A) + 1.4 (BNR/A) + 3.3 (BAII/A) + 0.6 (VMFP/VCFP) + 0.999 (V/A).
Règle de décision
42
• Si Z >2.99 : Entreprise saine
• Si Z < 1.80 : Probabilité de faillite élevée
• Si 1.80 ≤ Z ≤ 2.99 : Zone d’incertitude.
La fonction Z-score est une combinaison de critères qui met en exergue les indicateurs de
liquidité, de rentabilité, de solvabilité, de capitalisation et de productivité dont les évaluations
permettent d’avoir une idée claire sur la santé financière de la PME.
Le type de questionnaire est basé sur une analyse documentaire, mais aussi sur une observation
non participante dans la mesure où le questionnaire sera envoyé par courriel aux répondants avec
des réponses précises basées sur la documentation issue des états financiers.
43
CHAPITRE 5 : ANALYSE ET INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS
Dans ce chapitre, nous allons présenter, analyser et interpréter les résultats obtenus de la
labellisation afin de trouver la réponse aux questions de recherche. Nous allons évoquer des cas
réels de labellisation, celle de trois PME sénégalaises, et de procéder à l’analyse intra-cas et inter-
cas de ses dernières. Il s’agit d’abord, dans l’analyse intra-cas, de décrire, pour chaque PME, les
caractéristiques avant labellisation, ensuite décrire le processus de labellisation afin d’analyser la
situation après labellisation pour enfin terminer par l’analyse inter-cas. Puis, nous allons terminer
par l’interprétation de ces résultats.
Les données brutes à l’étude sont issues de trois PME sénégalaises labellisées (PME1,
PME2 et PME3), choisies dans trois secteurs d’activités que sont les services, le commerce et
l’industrie. Ces données sont constituées de différents comptes de résultats et de bilans des années
2018 à 2020 (voir annexe).
Au Sénégal, les PME sont, en grande, partie informelle. Compte tenu de ce phénomène, le
niveau d’information financière est trop faible. Les PME sénégalaises sont réputées caractérisées
par une forte insuffisance des capitaux propres et surtout d’un taux d’endettement des personnes
physiques et morales très élevées. En plus de ces critères, les banques trouvent que les qualités des
dossiers de crédit des PME et les garanties proposées par les PME sont insuffisantes (ADEPME,
2018). Ce qui rend difficile toute relation de confiance entre les deux entités. Ainsi, la labellisation
est proposée comme solution à la résorption du gap informationnel des banques sur les PME afin
de faciliter cette relation. C’est dans ce contexte que l’ADEPME a lancé le programme de
labellisation appelé « envol » qui a pour but l’accompagnement des PME.
L’ADEPME a mis sur place ce programme tripartite dont les parties prenantes sont les PME
(clients), la banque SGBS (préteurs) et l’ADEPME elle-même (intermédiaire et encadreur). Le
programme cherche à réduire l’asymétrie d’information à travers l’accompagnement par
44
l’ADEPME et la SGBS comme instrument financier adapté aux besoins et au profil des PME.
Ainsi, en améliorant la compétitivité des PME à travers la labellisation, il facilite leur accès aux
financements et aux marchés.
L’objectif du programme est que chaque partie en tire un avantage. Selon les objectifs visés
par l’ADEPME, la labellisation permet à la PME de mieux connaître son activité, ses atouts et son
potentiel en renforçant son management et un meilleur accès au crédit et à un taux de crédit plus
compétitif.
Quant à l’ADEPME, qui a une mission de service public, elle permet, par son encadrement
à la modernisation de la gestion des PME, à l’innovation technologique et des produits, l’accès aux
marchés, Plan stratégique & financement.
Les PME étudiées dans ce mémoire sont issues de la liste de celles soumises à ce
programme. Notre cible est composée particulièrement de PME dont les demandes de financement
ont toutes été rejetées avant de participer à ce programme de labellisation. Elles appartiennent à
trois secteurs que sont l’industrie, le commerce et les services. Le programme de labellisation
(envol) suit un processus. Comme décrit par l’ADEPME, il s’articule autour de 5 axes majeurs qui
se succèdent respectivement. Après la phase d’acceptation au programme où l’éligibilité suit, le
diagnostic ensuite les conseils et la structuration, puis le coaching et l’accompagnement et enfin le
financement. Toutes les PME à l’étude ont subi et réussi la même procédure de sélection.
45
Dans cette étude, toutes les entreprises sur lesquelles nous travaillons sont de PME légales
et disposant d’états financiers certifiés, conditions nécessaires pour être éligibles au programme de
labellisation. Elles sont donc toutes éligibles au programme.
Pour y arriver, nous allons utiliser le modèle de score d’Altman Z qui sert à évaluer la santé
financière d'une entreprise afin de prévoir la probabilité qu'elle échoue au cours des 2 prochaines
années ou non. Bien que le modèle de score date de 1968 son application est toujours d’actualité.
Il suffit comme dans notre cas que la variable Z devra donc comporter des ratios dont on s’assure
de l’indépendance statistique.
L’essentiel des indicateurs qui composent le Z Score servent au calcul des résultats et
constituent nos outils d’analyse de la santé financière des PME. La combinaison Z permet donc un
de séparer les entreprises défaillantes et saines.
46
Toutes les entreprises cibles disposent d’états financiers certifiés par un expert-comptable,
une des conditions nécessaires pour être admissibles à la labellisation. Les trois PME à l’étude ont
toutes bénéficié d’un accord de financement après la labellisation. À travers cette étude, nous allons
aussi mesurer la contribution de la labellisation pour comprendre ce qui a évolué et a fait changer
aux banques leurs positions, après un premier refus avant la labellisation.
Le score Altman Z est un type de score, sous la forme d'une formule appelée score Z, utilisée
pour prédire les risques de faillite. L’application de cette méthode requiert l’utilisation de plusieurs
valeurs issues du bilan et des comptes de résultat. La formule du score Altman Z est la moyenne
pondérée de cinq ratios financiers que sont la liquidité, la rentabilité, la productivité, l'effet de levier
et l'efficacité. Mathématiquement, il est représenté par :
NB : pour une PME non cotée en bourse, le rapport (VMFP/VCFP) est égal à l’unité (1).
Après l’exploitation des données de PME sénégalaises labellisées entre 2018, 2019 et 2020,
nous avons calculé ci-dessous les différents ratios ou indicateurs qui composent le Z score de ces
trois PME sénégalaises, appartenant à trois secteurs d’activités que nous avons pris comme cibles
(voir tableaux ci-dessous).
Le rapport valeur marchande des fonds propres / valeur comptable des fonds propres
(VMFP/VCFP) désigne la solvabilité de la PME. Une entreprise est plus libre de ses choix si elle
est financée par son capital propre. Ce qui lui donne moins d'obligations envers ses partenaires
financiers. Elle est solvable si elle détient suffisamment d'actifs pour couvrir son passif. Dans le
cas contraire, on dit qu'elle est insolvable. Ici, le ratio (VMFP/VCFP) est égal à 1 pour chacune des
trois (PME1, PME2 et PME3) et ne varie pas entre 2018 et 2020, car aucune des PME ciblées n’est
cotée
47
5.2.1 Analyse intra-cas: Selon les indicateurs de performance
Dans cette partie, nous allons accentuer notre analyse sur la PME elle-même afin de
comprendre comment elle évolue dans le temps.
Question 3 (Q3)
Financement Accordé Rejeté x
Z (2020) = 1.2 (10,56%) + 1.4 (10,9%) + 3.3 (12,9%) + 0.6 (1) + 0.999 (1,521) = 2,82
Z (2018) = 1.2 (5,04%) + 1.4 (14,9 %) + 3.3 (20,93%) + 0.6 (1) + 0.999 (1,266) = 2,82
48
5.2.1.2 Analyse des résultats de PME 1
PME1 est une entreprise qui évolue dans le secteur des services. Les résultats issus de notre
étude montrent qu’à la suite de la labellisation, le fonds de roulement de PME1 est passé entre 2018
et 2020 de (21 millions) à (58 millions). Sa liquidité et sa productivité ont augmenté respectivement
de 109, 5% et de 20,14%. La liquidité est le rapport entre fonds de roulement et le total actif. Or,
le fonds de roulement est la différence entre le total actif à court terme et le total passif à court
terme. Pour PME1, le total stock est nul, donc la liquidité revient à la différence entre les créances
clients et les dettes fournisseurs. Entre 2018 et 2020, les créances clients sont passées de 22 millions
à 59 millions et les dettes fournisseurs sont restées stables et égales à 1 million. Le fonds de
roulement est passé entre 2018 et 2020 de (21 millions) à (58 millions) et ses ventes sont passées
de 521 millions à 835 millions de FCFA. Pour améliorer la liquidité de PME1, l’ADEPME l’a donc
aidé à améliorer la gestion de ses comptes clients et des ventes. Ce qui veut dire que l’entreprise a
la capacité de faire face à ses engagements et à payer ses dettes à échéance, mais aussi que les
ventes (V) générées pour chaque unité monétaire investie dans l’actif (A) ont fortement augmenté
à travers le ratio de productivité. Ce ratio évalue l’efficacité de la gestion des actifs. Les ventes
générées par chaque unité de CFA investi par PME1. Au même moment, les autres indicateurs
n’ont pas subi l’effet positif de l’accompagnement. PME1 est donc devenue plus liquide et plus
productif dans le court terme par suite de la labellisation.
49
Indicateurs de performances En Unité
4 VMFP/VCFP (Capitalisation) 1 1 0
5 V/A (Productivité) 3,13 3 4,3%
6 Z2 6,8 5,99 13,5
7 Question 2 (Q2)
8 Etats financiers disponibles OUI OUI
Question 3 (Q3)
L’entreprise PME 2 évolue dans le secteur du commerce. L’analyse des résultats issus du
calcul des indicateurs de performances montre que la labellisation a entrainé une hausse de la
liquidité 348,3% entre 2018 et 2020, la rentabilité de 14,9% et la solvabilité de 10,31%. Par contre,
pour la même période, la productivité a moins évolué et a augmenté de 4,3%. On constate que le
fonds de roulement, les bénéfices de même que les ventes se sont fortement améliorés.
Le stock est pour cette PME2 égal à zéro donc le fonds de roulement est la différence entre
le total actif à court terme et le total passif à court terme. La liquidité revient donc à la différence
entre les créances clients et les dettes fournisseurs. Entre 2018 et 2020, les créances clients sont
passées de 4 millions à 16 millions et les dettes fournisseurs ont augmenté légèrement de 2 millions
à 3 millions. Ce qui témoigne d’une bonne maîtrise des dettes fournisseurs et des créances clients.
La rentabilité a augmenté de 14,9%, ce qui témoigne de la croissance des résultats de l’activité de
PME1 de 9 millions à 15 millions et une maîtrise des coûts d’achats ayant entrainé une hausse de
la solvabilité de 10,31%. La productivité de PME2 a augmenté de 4,3% suite à la hausse des ventes
50
de 60 millions à 91 millions de FCFA. On peut donc en déduire que l’adhésion au programme
envol a eu un effet positif sur PME2.
La PME3 est une entreprise qui évolue dans le secteur de l’industrie. Une PME de nature
industrielle (PME3) est une entreprise qui achète des biens ou des matières premières et les revend
après transformation. Cette transformation nécessite un investissement souvent lourd et adapté.
51
Les résultats issus de notre étude montrent qu’à la suite de la labellisation, le fonds de
roulement de PME3 est passé entre 2018 et 2020 de (165,8 millions) à (183 millions). Sa liquidité
et sa productivité ont augmenté respectivement de 29% pour la liquidité et de 35,5% pour la
productivité. Pour cette PME3, le stock n’est pas nul et est passé de 48 millions à 14 millions en
2018 à en 2020, donc la liquidité revient à la différence entre les créances clients plus les stocks et
les dettes fournisseurs.
Les créances clients sont passées de 166,9 millions à 187,3 millions et les dettes
fournisseurs ont augmenté de 11 millions à 43 millions.
Pour améliorer la liquidité de PME3, l’ADEPME a aidé la PME à améliorer la gestion de ses
comptes clients et stocks et à rationaliser les dettes fournisseurs mais aussi une hausse des ventes
de 251 millions à 290 millions.
La liquidité et la productivité sont donc considérées comme les facteurs de risque les plus
déterminants. Elles constituent la priorité dans l’accompagnement de l’ADEPME. Ce sont des
facteurs de risque susceptibles de nuire ou d’améliorer le succès de PME3. Le fait de les améliorer
entraine une baisse globale du risque de l’entreprise, et permet d’augmenter sa santé financière et
de prévenir tout risque de contrepartie. La labellisation a donc permis d’augmenter la qualité de
l’information sur la liquidité et la productivité, de faciliter la confiance et de se conformer aux
attentes des banques lors de l’étude des dossiers de demande de financement. Ainsi, elle facilite
l’accès au financement de PME3.
L'analyse des données dans le tableau (tableau 4) nous aide à répondre aux questions de
recherche posées dans ce mémoire et à établir des relations entre elles. Ces données nécessaires à
l’étude seront issues des résultats obtenus sur la base de notre outil de travail. C’est-à-dire de la
formule z score.
52
En règle générale, une valeur de score Z inférieure à 1,8 indique un risque plus élevé de
faillite, cela signifie que l'entreprise est susceptible de déposer le bilan dans un avenir proche. En
fait, un score Z supérieur à 2,99 indique que l'entreprise est assez stable et ne devrait pas faire
faillite dans les 2 prochaines années et l'entreprise est dite dans la « zone de sécurité » et à une
probabilité négligeable de déclarer faillite, tandis qu'un score entre 1,8 et 2,99 se situent dans la
zone grise où il est difficile de prédire si oui ou non l'entreprise fera faillite et a un risque modéré
de faillite.
La PME 1 correspond à une entreprise qui évolue dans le secteur des services.
L’exploitation des résultats du tableau 4 montre qu’entre 2018 et 2020 Z1 était égal 2,82 c’est-à-
dire 1,8 < 2,82 < 2,99 ce qui signifie que PME1 se situe dans la zone grise où il est difficile de
prédire si oui ou non l'entreprise fera faillite dans 2 ans et a un risque modéré de faillite, mais ne
se dégrade plus et reste stable.
Pour la PME2 qui est une entreprise du secteur du commerce, son Z2 score qui était de 5,99
> 2,99 est passé de 6,8 en 2020 après son adhésion au programme envol. Z2 est toujours dans une
zone dite sans risque de faillite. Nous constatons donc que le problème de PME2 n’est pas lié à sa
santé financière, mais la labellisation lui a permis de bénéficier d’un financement bancaire après
un refus préalable.
53
La PME3 est une entreprise du secteur de l’industrie avec un total actif souvent très
important pouvant servir de garantie. Une PME de nature industrielle est une entreprise qui achète
des biens ou des matières premières et les revend après transformation. Cette transformation
nécessite un investissement souvent lourd et adapté. Le score Z3 est passé de 2,18 <2,99 en 2018
à 3,05 > 2,99 en 2020, soit une hausse de 38,5% en deux ans. Ce qui signifie que PME3 est passée
de zone à risque à zone stable et ne devrait pas faire faillite dans les 2 prochaines années. Elle est
dite être dans la « zone de sécurité » et à une probabilité négligeable de déclarer faillite.
Ce qui revient à dire que le secteur des services agit moins rapidement aux changements
apportés par le programme de labélisation. Les données issues de nos enquêtes montrent que les
PME du secteur des services sont peu représentées dans le programme car elles ne représentent que
2,1% du total des PME admises au programme envol et représentent 2,2% du chiffre d’affaire total
de ces PME. Pour le secteur du commerce, les chiffres donnent 52,10 % du total des PME admises
au programme et correspondent à 40,30% du chiffre d’affaire des PME. Les PME du secteur de
l’industrie occupent, quant à elles, 14% du total PME et concentrent pour 29,3% du chiffre
d’affaires.
Nous constatons que la labellisation agit sur la santé financière des PME admises au
programme envol mais elles ne réagissent pas toutes de la même manière. Les PME du secteur du
commerce sont les cibles principales car répondant le plus rapidement aux changements apportés
par le programme, suivi du secteur de l’industrie et d’une manière plus négligeable le secteur des
services.
Cette partie du travail porte sur l'interprétation de nos résultats de recherche. Nous allons
vérifier si les résultats attendus de chaque PME après la labellisation sont identiques et répondent
aux questions de recherches posées.
54
Pour chacune des trois questions de recherche, nous allons donc étudier le comportement de
chaque PME après le processus de labellisation.
Les résultats permettent de répondre à la première question de recherche dans laquelle nous
cherchons à comprendre comment la labellisation améliore la santé financière des PME au point
que les indicateurs satisfassent aux conditions de financement exigées par les banques. La variation
dans le temps des indicateurs utilisés doit nous permettre d’apprécier les conséquences de la
labellisation sur la santé financière des PME labellisées.
55
a) Pour PME 1 :
Notre diagnostic a permis d’identifier, pour PME 1, les indicateurs de référence ciblés par
la labellisation. Il s’agit de la liquidité (FR/A) et de la productivité (V/A), c’est-à-dire la rotation
de l’actif. Ils constituent les cibles sur lesquels il faut s’appuyer pour améliorer Z1 donc la santé
financière de PME1. Durant la période comprise entre 2018 et 2020, la liquidité de PME1 a connu
une hausse de 109,5% et sa productivité a connu une hausse de 20,14%. La hausse de ces
indicateurs a eu une répercussion positive sur Z1 score, donc sur la santé financière de PME1. Par
conséquent, il a connu une quasi-hausse très négligeable dans son ensemble. Ces résultats nous
révèlent que l’accompagnement de PME1 par l’ADEPME a entrainé une hausse de l’efficacité de
la gestion des actifs à court terme à travers le fonds de roulement (actif court terme – passif court
terme) et une hausse des ventes. Ainsi, la PME1 qui, en 2018, était dans la catégorie des PME
classées dans une zone d’incertitude (Z1= 2,82), est restée presque stable en 2020, mais ne se
détériore surtout pas.
On peut donc se permettre de dire qu’en augmentant les ventes et en améliorant le fonds de
roulement, l’ADEPME a contribué à l’amélioration de la santé financière de PME1. Elle a ainsi
entrainé une baisse globale de son risque de non-solvabilité et rassuré sur sa santé financière.
b) Pour PME 2 :
Dans son accompagnement aux entreprises, l’ADEPME a fait un diagnostic afin d’identifier
les indicateurs de performances cibles susceptibles d’être améliorés pour une meilleure santé
financière de PME2. Il s’agit de la liquidité (FR/A) et la solvabilité (BAII/A), la rentabilité mais
aussi la productivité.
Durant la période comprise entre 2018 et 2020, ces ratios ont fortement augmenté suite à la
labellisation. Cette hausse des ratios cibles a eu une répercussion positive sur la santé financière de
PME2. On peut dire que l’ADEPME, en agissant sur ces indicateurs précédemment cités, a
amélioré la santé financière de PME2.
56
L’accompagnement de PME 2 par l’ADEPME a entrainé une hausse de l’efficacité de la
gestion des actifs à court terme à travers le fonds de roulement (actif court terme – passif court
terme), une hausse des ventes et des résultats de PME2. Ainsi, le fait d’améliorer ces indicateurs
entraine une baisse globale du risque de contrepartie de l’entreprise, et améliore sa santé financière.
c) Pour PME 3 :
Le diagnostic nous révèle que les indicateurs de références ciblés par l’ADEPME pour
améliorer la santé financière de PME3 sont la liquidité et la productivité.
Durant la période comprise entre 2018 et 2020, la liquidité et la productivité de PME3 ont
connu une forte hausse qui a eu une répercussion positive sur la santé financière de PME3. En
2018, elle était dans la catégorie des PME classées dans une zone d’incertitude et est passée dans
la zone dite de sécurité en 2020. Ce qui correspond à un des objectifs de la labellisation. On peut
dire que la labellisation, en agissant sur les facteurs composant ces ratios, a amélioré la santé
financière de l’entreprise et a entrainé une baisse globale du risque de contrepartie de l’entreprise
et a prévenu tout risque.
Le système de labellisation est bien organisé. Il s’agit d’un programme tripartite qui lie
l’ADEPME, la SGBS et les PME. L’implication des banques prêteuses dans le processus leur
permet de participer autrement à l’accompagnement des PME et facilite l’entente entre partenaires.
57
Elle leur permet de détenir toute l’information nécessaire pour comprendre, à temps réel, la
situation des PME (PME1, PME2 et PME3) à l’étude. Les banques, dans leurs processus de
financement, ont toujours besoin de garanties. Ce partenariat a créé la confiance entre les banques
et chaque PME et a rendu disponible toute l’information, donc le programme a ainsi baissé
l’asymétrie d’information.
Les résultats de l’étude font constater que pour chacune des PME à l’étude, les indicateurs
de performances ciblés lors du processus de labellisation ont connu une forte augmentation et
répondent aux critères des banques. Ces résultats sont connus de banques partenaires, ce qui
favorise une confiance avec leur partenaire, compte non tenu de la confiance basée sur
l’intermédiation. Cette confiance est confirmée par les responsables de PME dans leurs réponses
positives à notre questionnaire sur l’accès ou non au financement bancaire après la labellisation,
car les résultats nous révèlent que chacune des PME a pu bénéficier d’un prêt bancaire suite à la
labellisation. Ainsi, partant du fait que toutes ces demandes rejetées auparavant ont toutes été
acceptées après labellisation, nous pouvons en déduire, sans nous tromper, que l’implication de la
banque dans le processus a permis d’avoir une information fiable garantissant la confiance avec les
PME. Cette confiance issue de la relation de partenariat a facilité aux PME l’accès au financement.
Cette situation est valable pour toutes les PME.
En résumé, l’analyse des résultats a permis de trouver une réponse à chaque question de
recherche. Les résultats issus de l’analyse de PME1 ont tous été confirmés par les résultats de
PME2 et de PME3. La réponse à la première question de recherche montre que la labellisation a
entrainé une augmentation de la santé financière des PME. Or, pour PME2, la santé financière a
toujours été bonne et malgré cela, elle n’a pas pu obtenir un financement avant labellisation. En
plus d’une bonne santé financière de l’entreprise, nous avons donc la disponibilité d’une
information financière et comptable fiable et les demandes de financement ont été toutes accordées.
58
La présence simultanée de ces éléments a alors donné plus de confiance à la banque. Par
conséquent, la présence d’un intermédiaire accompagnateur, l’ADEPME, entre l’agent emprunteur
(la PME) et l’agent prêteur (la banque SGBSS), impliqué tout au long du processus, a facilité la
disponibilité de toute l’information dont ont besoin les banques et a contribué à faciliter aux PME
le financement.
59
CHAPITRE 6 : DISCUSSIONS ET CONCLUSION
6.1 CONCLUSION
Le financement des activités des PME est, depuis toujours, le principal problème de
l’économie dans le monde et particulièrement au Sénégal. Les chercheurs ont exploré plusieurs
sources de financement qui, jusqu’à présent, ne satisfont pas aux attentes des différents acteurs.
Dans la littérature, nous avons constaté que malgré les politiques déjà adoptées, les ressources
financières restent toujours insuffisantes et quelque soient les sources de financement utilisées,
l’accès reste difficile. Plusieurs sources de financement ont été étudiées mais jusqu’à présent, le
problème reste entier. Face à cette situation, nous avons tenté d’explorer d’autres possibilités. Pour
résoudre ce problème lié au difficile accès aux ressources financières dont les PME ont besoin,
nous avons proposé de faire des recherches sur le financement bancaire. Dans cette étude, nous
avons cherché à comprendre comment la labellisation peut faciliter l’accès au financement des
banques.
Notre étude a porté sur trois PME sénégalaises labellisées et appartenant à trois secteurs
d’activités différents. Le diagnostic des résultats de leurs activités nous a permis de répondre aux
questions de recherche. Ainsi, avons-nous identifié les indicateurs de performance sur lesquelles
l’ADEPME dans son programme de labellisation a agi pour améliorer la santé financière des PME
afin de répondre aux critères exigés par les banques pour disposer des financements dont elles ont
besoins. Un diagnostic a permis d’étudier le comportement de ces indicateurs dans le temps et de
vérifier si leur hausse aurait un impact sur la santé financière des PME.
Les résultats obtenus de l’analyse de chacune des trois PME nous ont montré que, pour tout
secteur d’activité où les demandes de financement ont été refusées au paravent, elles ont toute
obtenu un accord de financement après la labellisation.
Pour PME 1 (activité de service) nous avons constaté que la labellisation, en agissant sur la
liquidité et la productivité, a entrainé une évolution de la santé financière. L’entreprise est restée
PME1 non performante avec une faible évolution mais elle inspire confiance. Elle a entrainé une
60
hausse de la confiance des banques et, par la suite, entrainé l’acceptation de la demande de
financement.
Pour PME 2, en agissant sur les facteurs déterminant les indicateurs de performance,
l’ADEPME a entrainé une évolution de la santé financière beaucoup plus qu’avec PME1, en
améliorant les indicateurs de risque à un niveau plus rassurant. Mais nous constatons
qu’auparavant, la santé financière de PME2 avait toujours été enviable. Malgré tout, sa demande a
été rejetée au préalable. Ce qui nous fait dire que l’implication de la banque dans le processus
d’accompagnement à travers la labellisation a augmenté la confiance des banques. Cette confiance
constitue une forte garantie pour les banques. Voilà comment la confiance s’est donc installée entre
la banque et PME2 et, par la suite, elle a entrainé l’acceptation de la demande de financement qui,
auparavant, avait été rejetée.
Compte tenu des résultats identiques observés entre les différentes PME, à la suite de la
labellisation, nous pouvons aisément conclure que le programme de labellisation, en revalorisant
les pratiques des PME dans chaque secteur d’activité, a augmenté, en même temps, la confiance
entre les banques et la PME et, par conséquent, elle contribue à faciliter l’accès au financement
bancaire des PME. L’étude nous montre donc que pour disposer facilement de ressources
nécessaires à leur bon fonctionnement, les PME quel que soit le secteur d’activité auquel elles
appartiennent, peuvent faire recours à la labellisation.
61
Au vu de ces résultats, le recours à la labellisation a entrainé une amélioration des de la
santé financière des PME. Les études ont montré que les entreprises qui avaient des difficultés à
trouver du financement en trouvé. Par conséquent nous pourrions en déduire que le recours à la
labellisation a joué un rôle important dans le processus de financement. Ce qui nous amène à
proposer la labellisation comme solution aux risques consécutifs au financement bancaire des
PME.
Les analyses des données nous montrent que les résultats sont identiques pour toutes les
PME. Mais nous constatons qu’après la labellisation, la santé financière des PME s’est améliorée
moins rapidement avec les PME du secteur des services que celles des autres secteurs.
En plus, il est évident que l’accompagnement, par la labellisation, ne peut se faire durant toute la
vie de l’entreprise. Ainsi, compte tenu de son importance, il serait judicieux d’imaginer une
solution pérenne pour ainsi accompagner la PME tout au long de son existence, c’est-à-dire mettre
à sa disposition un expert interne bien formé.
62
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66
ANNEXES
Annexe 1
Bonjour,
Le questionnaire que nous vous soumettons entre dans le cadre de nos recherches sur la
contribution de la labellisation sur l’accès au financement bancaire des PME sénégalaises.
Les trois grandes questions qui caractérisent notre recherche sont :
1- La labellisation a-t-elle permis d’améliorer la santé financière des PME au point que les
indicateurs puissent satisfaire aux conditions de financement exigées par les banques ?
2- Comment la labellisation contribue-t-elle à la baisse de l’asymétrie d’information pour
garantir la confiance entre banque et PME ?
3- Les PME accèdent-elles plus facilement aux financements bancaires à la suite de la
labellisation ?
Nous avons signé un certificat d’éthique qui nous lie à notre université pour garantir la
confidentialité de vos réponses. Votre collaboration nous permettra de répondre aux questions
posées dans cette étude et de documenter notre mémoire afin de satisfaire à cette exigence de
l’université nécessaire à l’obtention du diplôme de maitrise en économie financière appliquée de
l’Université du Québec à trois rivières.
67
Annexe 2: Grille de réponses PME1
Questionnaire 1
Question 1 (Q1)
1 FR = Fonds de Roulement
2 À = Actif Total
3 BNR = Bénéfices non réinvestis Voir états financiers Voir états financiers
Question 2 (Q2)
Question 3 (Q3)
68
Annexe 3: Grille de réponses PME2
Questionnaire 2
Question 1 (Q1)
1 FR = Fonds de Roulement
2 À = Actif Total
5 VMFP = valeur marchande des fonds Voir états financiers Voir états financiers
propres
Question 2 (Q2)
Question 3 (Q3)
69
Annexe 4 : Grille de réponsesPME3
Questionnaire 3
Question 1 (Q1)
2 À = Actif Total
3 BNR = Bénéfices non réinvestis Voir états financiers Voir états financiers
Question 2 (Q2)
Question 3 (Q3)
70
Annexe 5 : Application numérique FDR
FR= Actif court terme – Passif court terme (FR= ACT – PCT)
71
Annexe 6: États financiers Pme1
COMPTE DE RESULTAT
72
BILAN ACTIF
CONSIGNE : Veuil ez renseigner les années (remplacez N par l'année correspondante)
73
BILAN PASSIF
CONSIGNE : Veuillez renseigner les années (remplacez N par l'année correspondante)
74
Annexe 7 : Bilan et États financiers Pme2
COMPTE DE RESULTAT
75
BILAN ACTIF
CONSIGNE : Veuil ez renseigner les années (remplacez N par l'année correspondante)
76
BILAN PASSIF
CONSIGNE : Veuillez renseigner les années (remplacez N par l'année correspondante)
77
Annexe 8 : Bilan et États financiers Pme 3:
COMPTE DE RESULTAT
78
BILAN ACTIF
CONSIGNE : Veuil ez renseigner les années (remplacez N par l'année correspondante)
79
BILAN PASSIF
CONSIGNE : Veuillez renseigner les années (remplacez N par l'année correspondante)