Chapitre II
Chapitre II
-1-
II.1 Equation de Schrödinger pour un hydrogénoïde:
Le but de ce chapitre consiste à résoudre l'équation de Schrödinger appliquée à un atome à un
seul constitué d'un noyau de charge + Ze et d'un électron. Tenant compte de la rotation d'un
électron autour d'un noyau, supposé fixe de l'ensemble, il faut prendre la masse réduite µ de
l'électron de masse m et du noyau de masse M.
1 1 1
µ M m
mM
µ
mM
Comme la masse de l'électron m est très inférieure à la masse M du noyau (m << M), il s'ensuit :
mM
µ m.
M
L'équation de Schrödinger dans ce cas devient:
8 2
E U 0
h2
E étant l'énergie de liaison de l'électron au noyau,
Ze 2
U l'énergie potentielle: U K
r
K = 1 (c.g.s)
1 1
K= 9. 109 = (MKSA)
4 0 4 . 1
9.10 9.4
8 2 Ze 2
E 0 (CGS)
h 2 r
-2-
II.1.1 Equation de Schrödinger en coordonnées sphériques :
e-
M(x,y,z)
θ r
O y
φ
-3-
L'équation de Schrödinger devient : (I)
1 d 2 dR 1 d d 1 d 2 8 2 Ze 2
r sin 2 E 0
Rr 2 dr dr r 2 sin d d r 2 sin 2 d 2 h r
sin 2 d 2 dR sin d d 1 d 2 8 2 Ze 2 2
r sin
E r sin 2 0
R dr dr d d d 2 2
h r
1 d 2 1 d 2
Le terme ne dépend que de φ. L'équation est vérifiée φ si = cte.
d 2 d 2
1 d 2
Posons = - m2
d 2
1 d 2 dR 1 d d 1 d 2 8 2 Ze 2 2
r sin 2 E r 0
R dr dr sin d d sin 2 d 2 h r
Le premier et le quatrième terme dépendent seulement de r donc leur somme est égale à une
constante β.
1 d 2
Le deuxième et le troisième terme dépendent de θ (car = -m2 = cte).
d 2
Il s'ensuit:
1 d 2 dR 8 2 Ze 2 2
r 2 E r
R dr dr h r
1 d d m 2
sin
sin d d sin 2
1 d d m2
sin 0 (B)
sin d d sin 2
1 d 2 dR 8 2 Ze 2 R
r 2 E R 2 0 (C)
r dr dr
2
h r r
-4-
Les solutions R(r), Θ(θ), Φ(φ) de ces équations doivent satisfaire la condition de normalisation:
2
0 0 0
d 1
(A')
0
Rr R r r
2
dr 1 (C')
0
d 2
(A) => m 2 admet comme solution générale: Ke im k = cte.
d 2
1
K
2
Les solutions de φ sont alors:
1
e im avec m = 0, ±1, ±2, ±3…
2
K' cos(mφ) et K' sin(mφ) sont aussi solutions de (A); A' =>
-5-
2
K ' 2 cos 2 m d 1
0
2
K ' 2 sin 2 m d 1
0
K '2
0
2
cos m sin m d 2
2 2
2
1
d 2 => K ' si m ≠ 0
2
K'
0
2 2 2
1
cos (m )d 1 K ' cos (0)d 1 K ' d 1 K '
2 2 2 2 2
Si m = 0 K'
0 0 0 2
2
mais K ' 2 sin 2 m d 1 serait impossible.
0
Par convention:
1
m ,cos cos m pour m 0
1
m ,sin sin m pour m 0
1
0 pour m 0
2
0 ou 0
1 1
0
2 2
1 ou 1,cos
1 1
e i cos
2
±1
1 ou 1,sin
1 1
e i sin( )
2
2 ou 2,cos
1 1
e i 2 cos( 2 )
2
±2
2 ou 2,sin
1 1
e i 2 sin( 2 )
2
1 d d m2
(B) => sin 0
sin d d sin 2
Une résolution mathématique montre que Θ(θ) admet une solution physique si:
-6-
m m 1 avec et m entiers positifs
Exemple:
2
Si l = 0 => β = 0, m = 0, Θl,m (θ) = Θ0,0 (θ) =
2
Si l = 1 => β = 1(1+1) = 2, m = 1
Si 0 m 1 m 1 1, 1
3
sin
2
Si 1 m 0 m 0 1, 0
6
cos
2
l m Orbitale Fonction d'onde de site Θl,m (θ)
2
Θ0,0 (θ) =
0 0 s 2
1, 0
6
cos
0 2
1 p
1, 1
3
sin
±1 2
2
2, 0
10
0 3 cos 2 1
4
2, 1
15
sin cos
±1 d 4
2, 2
15
sin 2
±2 4
-7-
1 d 2 dR 8 2 Z e 2 1
r E R0
r 2 dr dr h 2 r r2
8 2 E 4 2 Z e2
Posons 2 n et 2 r
h2 h2
d d d d
2
dr d dr d
On obtient R
2 d R n 1 1
R 0
1 d
( C2 )
2 d d 2 4
Une résolution mathématique de l'équation C2 montre que R(ρ) admet une solution physique si:
n 1 ' avec n entier 1,2,3... et ' entiers 0
0 ' 2
Exemple: si n = 3, 1 ' 1
2 ' 0
4 2 Z e 2 h2
2 r a 0.529 A o ( Rayon de Bohr )
4 2 e 2
0
h2 n
Z 2Z r
et
a0 n a0 n
Couche n l Orbitale Fonction d'onde Radiale Rn,l (ρ)
3
Z 2
K 1 0 1s R1,0 2e 2
a0
3
Z 2
a0
0 2s R2 , 0 2 e 2
2 2
L 2
3
Z 2
a0
1 2p R2,1 e 2
2 6
II.1.3 Conclusions :
II.1.3.1 Les trois nombres quantiques n,l,m :
-8-
n: on l'appelle nombre quantique principal qui quantifie l'énergie.
n = 1, 2, 3… (n > 0). Pour chaque valeur de n correspond une couche.
l: on l'appelle nombre quantique secondaire.
l = 0, 1, 2, … n-1 (0≤ l ≤ n-1). l peut prendre n valeurs et à chaque valeur de l
correspond une sous couche.
m: on l'appelle nombre quantique magnétique.
m = -l, -l + 1, …, 0, …, l – 1, l. (-l ≤ m≤ l). m peut prendre 2l + 1 valeurs et à chaque
valeur de m correspond une orbitale.
Donc les 3 nombres quantiques n, l, et m définissent un état du système. A un niveau donné,
correspond n valeurs de l et à chaque valeur de l correspond 2l + 1 valeurs de m.
n couche l Sous- m orbitale Etat (n, l, m)
couche
1 K 0 1s 0 1s (1,0,0)
2 L 0 2s 0 2s (2,0,0)
1 2p -1, 0, 1 2px, 2py, 2pz (2,1,-1), (2,1,0), (2,1,1)
3 M 0 3s 0 3s (3,0,0)
1 3p -1, 0, 1 3px, 3py, 3pz (3,1,-1), (3,1,0), (3,1,1)
2 3d -2, -1, 0, 1, 2 5 orbitales d (3,2,-2), (3,2,-1), (3,2,0),
(3,2,1), (3,2,2)
-9-
Connaissant Ψ pour un état donné (n, l, m) on peut connaître la distribution de probabilité de
présence de l'électron autour du noyau.
8 2 E 4 2 Z e 2
2 et n
h2 h2
2 2 Z 2 e 4 1
En éliminant α, on obtient: E 2 ( CGS )
h2 n
Exemple:
Considérons l'atome d'hydrogène à l'état fondamental
Z = 1 et n = 1
2 2 e4 mM mM
E (c.g.s) et µ m
h2 mM M
E
2 2 0.91 . 10 27 4.8 .10 10 217 .58 10 13
erg
6.62 .10
27 2
X 13 .6 eV
L'énergie de liaison d'un électron au noyau d'un hydrogénoïde est indépendante de l et m; elle ne
dépend que de n.
Pour une valeur de n, on a plusieurs valeurs de l et m c.à.d plusieurs descriptions de la situation de
l'électron vis-à-vis du noyau. Toutes ces situations possèdent la même énergie. Ce phénomène
correspond à la dégénéressence.
-10-
E
16 états
n=3 m=0 m= -1,0,1 m= -2,-1,0,1,2 dégénérés
m=0 4 états
n=1
dégénérés
M e-
mv
r
θ p
noyau O y
φ
?
-11-
Le moment cinétique orbital est, par définition, le moment de la quantité de mouvement de
l'électron par rapport au noyau.
p r mv
Le sens de p suit la règle des 3 doigts r , mv et p avec
p p x , p y , p z ; r rx , ry , rz ; mv x , y , z
Le produit vectoriel r m v donne:
x y z
r mv px , p y , pz
x y z
px y x z y
p y z x x z
p z x y y x
Selon les opérateurs,
Pˆx , Pˆy , Pˆz Px Py Pz
ˆx ,ˆ y ,ˆ z x y z
h
avec ˆ x
2 i x i x
h
ˆ y
2 i y i y
h
ˆ z
2 i z i z
h
Pˆx y z
2 i z y
h
Pˆy z x
2 i x z
h
Pˆz x y
2 i y x
En coordonnées sphériques,
x y z
r x r y r z r
x y z
x y z
x y z
x y z
-12-
Or, x = r sinθ cosφ
y = r sinθ sinφ
z = r cosθ
sin cos sin sin cos (1)
r x y z
r cos cos r cos sin r sin (2)
x y z
r sin sin r sin cos (3)
x y
cos cos
Multiplions (2) par – sinφ et (3) par et ajoutons membre à membre:
sin
cos cos
sin r cos r sin sin z y
sin y z y z
h cos cos
Pˆx sin
2i sin
cos sin
De même, multiplions (2) par cosφ et (3) par et ajoutons membre à membre:
sin
cos sin
cos r cos r sin cos z x
sin x z x z
h cos sin
Pˆy cos
2i sin
(3) => y x
x y
h
Pˆz
2 i
h2 1 1 2 ˆ2 h
2
2
P̂ 2 P̂x2 P̂y2 P̂z2 sin et P
4 2 sin sin 2 2 4 2 2
z
Or d'après l'équation de Schrödinger on a
-13-
2
( A) m2 0
2
( B) 1 2
0
m
sin
sin sin
2
On prend seulement les équations (A) et (B) car les équations précédentes Pˆx , Pˆy , Pˆz dépendent
h2
Multiplions par R et remplaçons le terme RΘΦ par Ψ et β par l (l+1)
4 2
h2 1 1 2 2 h2
2
sin 2 2
sin sin
4 2 4 2
h2
Pˆ 2 ( 1) 2
4
h2
Ψ fonction propre de l'opérateur P̂ 2 et ( 1) valeur propre de l'opérateur P̂ 2
4 2
Le module du moment cinétique orbital
h
P ( 1) ( 1)
2
d 2 h2
(A)=> m . Multiplions par
2
R :
d 2 4 2
h2 2 m2 h2
4 2 2 4 2
m2 h2
Pˆz2
4 2
m2h2 mh
Ψ fonction propre de l'opérateur Pˆz2 et valeur propre de l'opérateur Pˆz2 => Pz m
4 2
2
Pz est le module de la projection du moment cinétique orbital P sur l'axe Oz. Donc le moment
cinétique orbital (pour un hydrogénoïde) ne dépend que de l et sa projection sur l'axe Oz ne dépend
que de m.
Exemple:
l=2 m = -2, -1, 0, 1, 2
-14-
h
Le moment cinétique orbital: P ( 1) ( 1) 2(2 1) 6
2
z P
z
6
θ1
2 θ2
1 θ3
0 P
-1 θ4
-2 θ5
Les modules de projection de P sur Oz sont : Pz m 2, , 0, , 2
Pz 2 2 6
cos 1 1 35 o 15 '
P 6 6 3
Pz 6
cos 2 2 65 o 54 '
P 6 6
Pz 0
cos 3 0 3 90 o
P 6
Pz 6
cos 4 4 114 o 5 '
P 6 6
Pz 2 6
cos 1 5 144 o 44 '
P 6 3
-15-
Comme il est difficile d'étudier cette probabilité en fonction de r, θ et φ simultanément, on la divise,
en 3 probabilités:
probabilité radiale: r 2 R(r ) R (r )dr
Exemples:
La fonction 1s :
n = 1, l = 0, m = 0
Ψ(r, θ, φ) = Rn,l (r) Θl ,m(θ) Φm(φ)
= R1,0 (r) Θ0,0(θ) Φ0(φ)
3
Z 2
2 1
= 2e 2
a0 2 2
3
1 Z 2
= e 2
a0
3
Z 2
Cette fonction ne dépend que de r car 2 r et R(r ) 2e 2
. La densité de
a0
probabilité radiale est R(r ) R (r ) r 2 r 2 R 2 (r )
Z 3 2 Z
3
R2( r ) 3
4 e r 2 2
R ( r ) 4 r 3
e cte r 2 e cte r 2 e 2 r
a0 a0
Cette densité de probabilité est maximale si la dérivée est nulle
cte 2 r e 2 r 2 r 2 e 2 r 0 cte 2 r e 2 r 1 r 0 1 r 0 r
1
4 2 Z e 2
Or Pour l'atome d'hydrogène et à l'état fondamental Z = 1 et n= 1.
h2 n
4 2 e 2 1 1
r a0 (rayon de Bohr) 0.529 Ao
h2 a0
-16-
r 2 RR
dr
dv r dr r 3 or r dr r 3 3r 2 dr 3 r (dr ) 3 (dr ) 3
4 3 4 3
3 3
4 4 4
dv r 3 4 r 2 dr 4 r (dr ) 3 (dr ) 3 r 3
3 3 3
4
dv 4 r 2 dr 4 r (dr ) 3 (dr ) 3
3
Le second et le troisième terme sont négligeables pour une variation de dr très minime. Donc
dv 4 r 2 dr
La probabilité P devient:
-17-
P 2 dv 2 4 r 2 dr 4 r 2 R 2 dr
0 0 0
P 4 r 2 R 2 dr
0
r 2 r
2 4
Pour R1, 0 e a0
P 4 r 2 e a0
dr
3
a0 2 0 (a0 ) 3
16 2 2 r a0
2 dv 2 4 r 2 dr R 2 4 r 2 dr r e dr
a 03
4 r 2 R 2
a0 r
Probabilité
maximale
La probabilité maximale de présence de l'électron a lieu pour une valeur de r = a0. On constate donc
que les orbitales nettement définies des électrons de la théorie de Bohr, sont remplacées par une
répartition plus diffuse des charges électriques.
La mécanique ondulatoire ne considère pas que l'électron diffuse en nuage électronique. On doit
toujours considérer l'électron comme une charge ponctuelle mais on ne peut pas déterminer sa
quantité de mouvement (principe d'Heisenberg). La seule conséquence ayant un sens physique
prévue par la mécanique ondulatoire est la probabilité que l'électron soit dans une région
déterminée. Le déterminisme rigoureux de la théorie de Bohr a simplement été remplacé par le
langage probabiliste de la mécanique ondulatoire.
-18-
La fonction 2s:
1 1 r r 2 a0
R2 , 0 1 e
2 a0 2 2a0
3
2 2
1 1 r r a0 2 r 2 r r a0
4 r R 4 r
2 2
1
3
2
e 1 e
2 a 0 2a 0 a03 2a 0
4 r 2 R 2
0.76 a0 5.2 a0 r
Plan
nodal
La probabilité de trouver les électrons à une distance r = 5.2 a0 est plus grande que celle à r =
0.76 a0.
Introduction :
II .3.2.1 Orbitale s :
-19-
Ψ* n,0,0 = cte. Cela signifie qu'on a des chances égales de trouver l'électron dans toutes les directions
autour du noyau. On traduit cela en admettant qu'une orbitale s est sphérique. La fonction Y étant
positive, on indique un signe + sur la figure.
Le rayon de la sphère diffère suivant la valeur de n:
Z Z
+
+
O y O y
r1 r2
X X
3 3
1 Z 2 Z
2
2
L'angle φ n'intervenant pas dans cette fonction, la surface est une surface de révolution autour
+
+
- +
-20-
Ψ(npz) Ψ2(npz)
de l'axe Oz, ce qui explique la notation npz.
L'orbitale npz est constituée de 2 sphères cotangentes au point O.
Pour θ = 0 → Ψ = cte
θ = п ∕2 → Ψ = 0
θ = п → Ψ = cte
0<θ< п ∕2 → cos θ > 0 →Ψ > 0
п ∕2 <θ< п → cos θ < 0 →Ψ < 0
Pour la sphère supérieure où 0<θ< п ∕2, cos θ > 0, la fonction d'onde est alors positive, c'est
pourquoi on ajoute le signe +.
Pour la sphère inférieure où п ∕2 <θ< п, cos θ < 0, la fonction d'onde est alors négative, on ajoute le
signe – sur la figure. On constate que le plan xoy est un plan nodal.
C'est un plan d'asymétrie pour la fonction Ψnpz et un plan de symétrie pour la densité électronique
Ψ2. La probabilité de présence de l'électron dans ce plan est nulle.
n ,1,1 cte sin cos
L'orbitale npx est identique à l'orbitale npz à une rotation de п ∕2 près. L'orbitale atomique npx
possède l'axe Ox comme axe de révolution et le plan yoz comme plan nodal.
-21-
L'orbitale npy est identique à l'orbitale npx à une rotation de п ∕2 près. L'orbitale atomique npy
possède l'axe Oy comme axe de révolution et le plan xoz comme plan nodal.
+
-
n , 2, 0 cte 3 cos 2 1 orbitale ndz2
Ces orbitales peuvent être tracées à partir de la fonction mathématique mais on apprendra une
méthode graphique plus facile.
n , 2, 0 cte 3 cos 2 1 orbitale ndz2
Cette orbitale a comme axe de révolution l'axe Oz et a la forme d'un halter entouré d'une
-22-
sorte d'anneau dans le plan xoy.
Cette orbitale a la forme d'un trèfle à 4 feuilles dont les axes des lobes sont x et y.
-
+
+
-
Cette orbitale a comme axe des lobes opposés deux à deux les bissectrices de xoy.
-
+
+
-
Cette orbitale a comme axe des lobes opposés deux à deux les bissectrices de zox.
-23-
- +
+
-
Bissectrice
Bissectrice de zox’
de zox
Cette orbitale a comme axe des lobes opposés deux à deux les bissectrices de zoy.
Bissectrice
de zoy
+
-
-
+
Bissectrice
de z’oy
-24-
-25-