Cours Irrigation Lpge - Lsee VF
Cours Irrigation Lpge - Lsee VF
Présenté par :
Diabel SAMB
DECEMBRE 2021 [email protected] Année académique 2021 / 2022
PROGRAMME
Systèmes d’irrigation
L’irrigation par infiltration consiste à faire couler une mince couche d’eau
sur un sol ou dans une planche inclinée de 0,2% à 3%. Le débit à déverser
est fonction de la pente, de la longueur et de la largeur de la planche. Cette
méthode est loin d’être difficile dans sa mise en œuvre. Par contre elle
nécessite un ajustement du débit à la longueur de la planche. Une planche
peut atteindre une longueur de 800m et la largeur peut varier entre 3 et
30m. Cette méthode d’irrigation n’est pas pratique dans le cas de petites
exploitations.
Irrigation par infiltration Irrigation par submersion Irrigation par ruissellement
Le tableau suivant renseigne sur le débit par largeur en fonction de la pente, de la longueur
de la planche et du type de sol.
Pente du terrain Débit unitaire par Longueur de la Largeur de la
Type de sol
(%) largeur (l/s/m) planche (m) planche (m)
0,2 - 0,4 10 - 15 60 - 90 12 - 30
Sable K > 25
0,4 - 0,6 8 - 10 60 - 90 9 - 12
mm/h
0,6 - 1 5-8 75 6-9
0,2 - 0,4 5-7 90 - 250 12 - 30
Limon
0,4 - 0,6 4-6 90 - 250 6 - 12
10<K<25mm/h
0,6 - 1 2-4 90 6
0,2 - 0,4 3-4 180 - 300 12 - 30
Argile K<
0,4 - 0,6 2-3 90 - 180 6 - 12
10mm/h
0,6 - 1 1-2 90 6
Tableau 1 : dimensions de la planche d’irrigation en fonction de la perméabilité
Note :
Le débit est donné par mètre linéaire de largeur de la planche. Par conséquent, le débit total s'obtient en multipliant le
débit unitaire par la largeur de la planche exprimée en mètres.
Irrigation par infiltration Irrigation par submersion Irrigation par ruissellement
1: Profil idéal
L’eau est introduite dans les sillons par des prises individuelles aménagées
sur le canal drainé. Ces prises peuvent être de simples tuyaux
d’alimentation. On doit veiller toutefois à une bonne humectation billons
sans créer une saturation prolongée.
Ordre de grandeur des longueurs maximales des sillons en (m) :
Important :
Le tableau 2 ci-dessus donne des ordres de grandeur des longueurs des sillons en
fonction de la pente, la nature du sol, le débit du courant d'eau et la dose
d'arrosage. Les valeurs données dans le tableau ont un caractère indicatif et ne
constituent en aucun cas des valeurs strictes. En effet, ces ordres de grandeur sont
des valeurs empiriques qui n'ont pas la rigueur des valeurs calculées à partir des
relations scientifiques. Les longueurs maximums ci-dessus indiquées ont été
établies pour une efficience d'irrigation moyenne. Cependant, on peut adopter des
longueurs de sillons plus courtes en vue d'améliorer l'efficience d'irrigation. La
méthode la plus rationnelle pour le tracé des sillons consiste à faire un premier
essai en respectant les lignes directrices ci-dessus indiquées et à en évaluer la
performance ; ensuite, introduire les modifications qui s'avèrent nécessaires en
vue d'améliorer la performance.
Irrigation par infiltration Irrigation par submersion Irrigation par ruissellement
• Type de culture
Les cultures recommandées pour les enrouleurs sont les même que celles pour les pivots :
céréale , légumes...
• Topographie
Le périmètre à irriguer doit être de forme régulière. Le nivellement préalable du sol est
recommandé pour obtenir une pente homogène maximale de 2% à fin que la dénivellation
topographie ne perturbe pas la vitesse d’avancement programmé pour le chariot.
Irrigation par Aspersion Irrigation localisée
Les asperseurs projettent l’eau en l’air pour irriguer un cercle de sol, ils sont pour la plupart
doté de mécanisme à rotation et fonctionne avec une pression moyenne de 2 à 3,5 bars. Ils sont
munis de 2 buses de projection : une de longue portée avec un plus grand diamètre et une de
courte portée.
Irrigation par Aspersion Irrigation localisée
Avantage
• Efficience du réseau élève de 75 à 80%
• Adapté à de nombreuses espèces de culture
• Moindre cout par rapport aux autres systèmes
Inconvénient
• Pénible et déplaisant
• Le déplacement d’un asperseur ou des rampes d’une parcelle à un autre
• Conception nécessitant une expertise
Irrigation par Aspersion Irrigation localisée
L’irrigation par goutte à goutte consiste à appliquer l’eau au voisinage de chaque pied. La
distribution peut être continue ou pas au même endroit sous forme de goutte qui s’infiltre dans la
zone racinaire. L’infiltration décrit un bulbe de dimension variant en fonction de la texture du sol.
2. Domaine d’application
L’irrigation par goutte à goutte s’adapte à tous les types de sols.
De même cette méthode d’irrigation s’adapte aux cultures en ligne (légumes,
arbres fruitiers,…). Elle est surtout recommandée pour les pommes de terre, les
légumes, les arachides. Dans la conception, l’espacement entre goutteur ou
entre rampe correspond souvent à l’espacement d’une ligne de culture.
Irrigation par Aspersion Irrigation localisée
3. Avantages et Inconvénients
Avantages
• Economie d’eau
• Applicabilité sur de petite parcelle
• Faible besoin en mains d’œuvre
Inconvénients
• Coût initiale élevé
• Exigent en entretien des équipements
• Risques élevés d’obstruction des goutteurs
• Nécessité une expertise à la conception
Chapitre 2 : Eau dans le sol
Cf cours pédologie pour cette partie
Chapitre 3 :
Aménagement de
périmètre agricole
Introduction
Les plantes consomment de l’eau pour les besoins de nutrition et de protection contre les
agents atmosphérique (soleil, le vent ou globalement l’évapotranspiration). Cependant les
besoins de protection sont plus importants que ceux de nutrition et représentent selon
plusieurs études, plus de 90 % de la consommation en eau des plantes. Globalement au
laboratoire, on évalue à 1kg la quantité d’eau nécessaire pour la formation d’environs 3g de
matière sèche. Cependant sur cette quantité d’eau seulement 1% reste fixé dans la plante, le
reste soit 99% étant transpiré par la plante. Ainsi, satisfaire les besoins en eau des cultures
revient à couvrir la demande de transpiration. En pratique, dans l’évaluation des besoins
en eau des plantes cultivées seuls les besoins des produits de matières sèches ne sont pas
suffisants, il faut en effet prendre en compte les volumes d’eau évaporé par le sol.
Introduction (suite et fin)
De ce fait, l’évaluation des besoins en eau des cultures revient principalement à estimer
les quantités d’eau transpirées par la culture et celles évaporées du sol nu qui sont
regroupées à travers un seul paramètre appelé évapotranspiration. L’évapotranspiration
est le paramètre principal sur lequel repose tout le calcul des besoins en eau des cultures.
L'évapotranspiration est l'eau perdue par la transpiration des plantes et l'évaporation du sol et de la plante.
Elle intègre un ensemble de paramètre climatique (température, vitesse du vent, humidité relative, durée
d’ensoleillement, rayonnement solaire, longueur du jour…).
Sa détermination se fait par des mesures expérimentales ou par calculs approximatives à l’aide de diverses
méthodes empiriques.
L’image ci-dessous aide à expliquer ce qu’est l’évapotranspiration et comment elle se produit.
ETP
ETP est la consommation d’eau sous l’action conjuguée de l’évaporation du sol et de la
transpiration de la plante de couvert végétal en plein développement occupant le sol en totalité et
sous les conditions optima d’alimentations en eau sans l’influence d’aucun facteur limitant. ETP
correspond à une demande climatique.
ETR
Lorsque la surface n’est plus à la saturation, l’évapotranspiration n’est plus à sa valeur potentielle
mais à un taux inférieur appelé évapotranspiration réelle. Cet abaissement du taux
d’évapotranspiration qui a été à l’origine surtout interprété comme la conséquence unique de la
diminution de la disponibilité en eau du sol est provoquée par un contrôle de l’ouverture des
stomates des feuilles qui permet à la plante de limiter sa perte en eau.
ÉVAPOTRANSPIRATION (suite)
ETM
L'ETM d'une culture est la quantité d'eau maximale évapotranspirée à un stade végétatif donné, dans
des conditions climatiques données, lorsque l'eau n'est pas un facteur limitant et que les conditions
agronomiques sont optimales (sol fertile, bon état sanitaire, etc...).
Le KC est spécifique à la culture et prend des valeurs différentes selon son stade de développement. 𝐾𝐶 < 1 à
son premier stade de développement.
Elle est l’une les plus utilisées car elle ne requière que des données de température pour déterminer l’ETP.
Cette formule a été mise au point aux USA, ainsi il est déconseillé en zone tropicale et à chaque fois que
les différences de températures son faible entre le jour et la nuit et entre les saisons.
Exercice 1 :
Exercice 2 :
L’estimation des besoins en eau d’irrigation se fait à partir de l’évapotranspiration potentiel corrigé par le
coefficient cultural (kc) et un coefficient de couverture du sol (Kr).
𝐵𝐸 = 𝐸𝑇𝑃 × 𝐾𝑐 × 𝐾𝑟 ⇔ 𝐵𝐸 = 𝐸𝑇𝑀 × 𝐾𝑟
Les BE sont exprimés en lame d’eau par jour (mm/j) ou par mois (mm/mois)
En irrigation, le dimensionnement du réseau se fait avec les besoins de pointes. Ainsi, l’estimation des BE se fait avec ETM
qui est l’évapotranspiration réelle de la culture pendant la période de pleine croissance et où la demande est maximale. En
pratique, le calcul des BE des cultures se fait avec la valeur maximale annuelle de l’évapotranspiration réelle.
• Le coefficient cultural Kc
Kc est un coefficient qui dépend des besoins en eau de la plante et de son stade de croissance. Dans les aménagements
hydro agricoles, le dimensionnement du réseau se fait avec les besoins en eau de la culture la plus exigeante et pendant
la phase de croissante maximale.
Tableau 3: coefficient cultural (kc) pour des cultures saisonnières Tableau 4 : kc pour des cultures permanentes
Phase Phase mi- Phase tardive et
Culture Phase de croissance Culture Jeune Mure
initiale saison récolte
Arachide 0.45 0.75 1 0.75
Agrumes 0.3 0.65
Aubergine 0.45 0.75 1.15 0.8
Canne à sucre 0.45 0.85 1.15 0.65
Bananes 0.5 1.1
Carotte 0.45 0.75 1.05 0.9 Olives 0.55 0.55
Chou 0.45 0.75 1.05 0.9
Pommes, Cerises 0.45 0.85
Concombre 0.45 0.7 0.9 0.75
Raisin 0.7 0.7
Coton 0.45 0.75 1.15 0.75
Courge 0.45 0.7 0.9 0.75
Haricot (vert) 0.35 0.7 1 0.9
Laitue 0.45 0.6 1 0.9
Mais (doux) 0.4 0.8 1.15 0.7
Mais (grain) 0.4 0.75 1.15 0.75
Melon 0.45 0.75 1 0.75
Oignon (sec) 0.5 0.75 1.05 0.85
Oignon (vert) 0.5 0.7 1 1
Poivron 0.35 0.75 1.05 0.9
Pomme de terre 0.45 0.75 1.15 0.75
Tomate 0.45 0.75 1.15 0.8
DÉTERMINATION DES BESOINS EN EAU (BE) (fin)
• Le coefficient de Kr
C’est un coefficient de réduction des besoins en eau lorsque la culture ne couvre pas
toute la surface du sol. Il est estimé sensiblement égale au pourcentage P de la surface
couverte par la projection verticale de la culture par rapport à la surface destiné à la
culture. Selon la FAO, se coefficient est légèrement supérieure à 15% du bassin réel
(P) couvert par la culture.
Kr = P + 15% P = 1,15P
Si P = 70% donc Kr = 1,15 x 70%
DÉTERMINATION DES BESOINS GLOBAUX (Qm)
L’application des besoins en eau pour une irrigation nécessite la prise en considération de paramètres
complémentaires pouvant augmenter ou diminuer les quantités d’eau à mobiliser depuis la source. Ces
paramètres sont : les apports hors irrigation (pluie), l’efficience du réseau et le taux de salinité du sol.
Les apports d’eau hors irrigation sont principalement la pluie et surtout la pluie efficace. En agronomie on
considère qu’une pluie est efficace lorsqu’elle est supérieure à 10mm. Selon la FAO la pluie efficace est égale à
80% de la pluie mensuelle si celle-ci est supérieure à 75 mm et à 60% si la pluie mensuelle si elle est inférieure
à 75mm.
La pluie efficace représente la quantité d’eau retenue dans la zone racinaire et significative pour une absorption
Selon les méthodes de transfère et de distribution certaines quantités d’eau seront perdues avant d’être
acheminées aux cultures d’où la nécessité de considérer l’efficience du réseau d’irrigation. L’efficience est un
coefficient qui tient compte des pertes le long des réseaux d’irrigation :
Des quantités d’eau supplémentaire sont nécessaires pour drainer les sels de la zone racinaire. Ainsi pour faciliter
l’absorption de l’eau par les racines, la zone racinaire ne doit pas avoir une concentration en sel élevé.
DÉTERMINATION DES BESOINS GLOBAUX (Qm) (suite)
On définit par Lf le coefficient de lessivage des sols. Lf se détermine par la formule suivante :
Par ailleurs les quantités d’eau nécessaire pour le drainage des sols sont estimées à 10 voire 15% des
BE
Tenant compte de tous ces paramètres ci-dessus les besoins globaux en eau qu’il faut mobiliser pour
satisfaire les cultures est donnée par la formule :
𝐵𝐸 − 𝑃𝑒𝑓𝑓
𝑄𝑚 = (mm / mois)
(1 − 𝐿𝑓) × 𝐸𝑓𝑓
DÉTERMINATION DES BESOINS GLOBAUX (Qm) (fin)
Exercice 3 :
Un promoteur dispose d’un périmètre de 10 ha se trouvant à la latitude
nord à 18˚ avec une température maximale de 34˚ au mois de Mai. Il
désire cultiver de l’arachide dont le pourcentage de couverture est de
80%. la pluie efficace et le coefficient de lessivage sont nuls.
Calculer les besoins en eau globaux Qm sachant que l’irrigation se fait
par aspersion.
AMÉNAGEMENT DU PÉRIMÈTRE IRRIGUÉ
A partir des besoins globaux qu’il faut mobiliser pour satisfaire la demande en eau des
cultures, un ensemble de débit d’écoulement seront calculés pour dimensionner le réseau
d’irrigation et organiser le périmètre en secteur d’irrigation (quartier hydraulique et parcelle
élémentaire) afin de rationaliser la gestion de l’eau et de satisfaire la demande des cultures
sur tout le périmètre.
1. Le débit fictif continu (DFC)
C’est le débit unitaire que devait transporter le réseau s’il fonctionnait tous les jours et de
façon continu (24/24h) afin de satisfaire les besoins globaux Qm.
NB : Qm est souvent calculé par mois (mm/mois)
𝑄𝑚×10000
𝐷𝐹𝐶 = En : L/s/ha
𝑛𝑗×86400
AMÉNAGEMENT DU PÉRIMÈTRE IRRIGUÉ
𝟏𝟎 𝟎𝟎𝟎 𝟏𝟎 𝟎𝟎𝟎
𝑵𝒃𝒓𝒆𝒂𝒔𝒑𝒆𝒓𝒔𝒆𝒖𝒓𝒔/𝒉𝒂 = 𝑑𝑜𝑛𝑐 𝑷 = × 𝑸𝒂𝒔𝒑𝒆𝒓𝒔𝒆𝒖𝒓
𝝅× 𝑹𝟐𝒂𝒋𝒖𝒔𝒕é 𝝅× 𝑹𝟐𝒂𝒋𝒖𝒔𝒕é
NB: La pluviosité (P) ou la main d’eau (m) peuvent s’exprimer en mm/h car chaque
arroseur polarise une surface donnée (cas des goutteurs et des asperseurs) :
𝑸𝒈𝒐𝒖𝒕𝒕𝒆𝒖𝒓
𝒎 = 𝟑𝟔𝟎𝟎 × Avec m en mm/h
𝑬×𝑰
𝑸𝒂𝒔𝒑𝒆𝒓𝒔𝒆𝒖𝒓
𝑷 = 𝟑𝟔𝟎𝟎 × Avec P en mm/h
𝝅×𝑹𝟐𝒂𝒋𝒖𝒔𝒕é
AMÉNAGEMENT DU PÉRIMÈTRE IRRIGUÉ
3. La fréquence d’irrigation :
La fréquence d’irrigation (N) est le nombre d’arrosages qu’il faut par mois. Elle se calcule par
la relation suivante
𝑄𝑚
𝑁= N est l’entier strictement supérieur
𝐷𝑒
Exemple :
𝑸𝒎 𝟑𝟕𝟎
𝑵= = = 𝟗, 𝟒𝟖 Donc 𝑵𝒆𝒏𝒕𝒊𝒆𝒓 = 𝟏𝟎
𝑫𝒆 𝟑𝟗
𝑸𝒎 𝟑𝟕𝟎
D’où 𝑫𝒓 = =
𝑵𝒆𝒏𝒕𝒊𝒆𝒓 𝟏𝟎
𝑫𝒓 = 𝟑𝟕𝒎𝒎
PLANIFICATION DES CULTURES
C’est le nombre de jour qui sépare 2 irrigations sur la même parcelle élémentaire. C’est
une estimation du temps qu’il faut au sol pour passer de l’humidité à la capacité aux
champs au point de flétrissement temporaire. Elle est donnée par le rapport entre le
nombre de jour du mois et le nombre d’irrigation dans le mois (fréquence N) donc
𝐧𝐣
𝐑=
𝐍
PLANIFICATION DES CULTURES
Exercice 6 :
On donne pour un sol de texture sablo limoneux et dans les conditions du mois de Mai :
- da = 1,2 g/cm3 ;
- Z = 50 cm ;
- Qm = 162,4 mm ;
Calculer la rotation.
PLANIFICATION DES CULTURES
𝒕𝒊 = 𝑫𝒓 = 𝑫𝒓 (𝒎𝒎)
𝒎 𝑷 (𝒍/𝒔)
- Ti exprime en (s/m2 ou s/ ha ou h/ha)
- P = m = pluviosité des arroseurs ou la main d’eau
8. Temps d’irrigation par parcelle (Tirr/u)
C'est le temps nécessaire pour irriguer une parcelle élémentaire.
𝑻𝒊𝒓𝒓Τ𝒖 = 𝑻𝒊𝒓𝒓Τ𝒉𝒂 ∗ 𝒖
PLANIFICATION DES CULTURES
𝑻𝒊𝒓𝒓/𝒘 = 𝑻𝒊𝒓𝒓/𝒉𝒂 ∗ 𝒘
𝒏𝒉
𝑵𝒖/𝒋 =
𝑻𝒊𝒓𝒓/𝒖
PLANIFICATION DES CULTURES
6. Le calendrier d’irrigation :
Le calendrier d’irrigation est un outil de gestion et de planification de
l’irrigation. Il est unique et identique pour tous les quartiers hydrauliques. Il
indique la date et l’heure d’arrosage de chaque parcelle durant la rotation. C’est
un indicateur de la bonne planification des irrigations. Durant la rotation chaque
parcelle doit être irriguée et mieux, on doit disposer de temps libre où aucune
irrigation ne se fait sur le périmètre. Ce temps servira aux réparations et à
l’entretien du réseau et du matériel d’irrigation mais aussi à certaines pratiques
culturales qui ne peuvent se faire pendant les heures d’irrigation.
Il s’agit de la profondeur de sol dans laquelle la plante puise 80% de ses besoins en eau. C’est la
partie supérieure la plus dense du système racinaire.
Pour la disposition des porte-rampes sur le terrain, la contrainte majeure est la conservation de
la charge dans les limites imposées. Si besoin est, on peut disposer un régulateur de pression
ou un limiteur de débit après l’embranchement.
Lorsque les parcelles sont en pente, il sera, si possible, judicieux de poser les portes-rampes
dans le sens de la pente et les rampes suivant les courbes de niveau.
En terrain plat, le partage égal du débit des 2 côtés du porte-rampe représenterait le meilleur
tracé.
On recherchera un compromis bien étudié quant au choix des longueurs des tronçons et des
diamètres des conduites pour obtenir des charges pratiquement identiques aux extrémités des
porte-rampes.
Irrigation sous Pression Irrigation Gravitaire
Après tracé de l’architecture du réseau, les débits sont calculés au niveau de l’ensemble des
conduites à partir du DMP et en appliquant la loi des nœuds :
Q entrant = Q sortant
Les débits étant connus, on calcule le diamètre de chaque tronçon pouvant véhiculer le
débit respectif tout en respectant les vitesses limites de l’écoulement.
Irrigation sous Pression Irrigation Gravitaire
Diverses expressions sont utilisées pour déterminer le diamètre théorique dont celle
classique :
4Q 4𝑄
𝐷𝑡ℎ = Expression de calcul de la vitesse d’écoulement : V=
πV 𝜋𝐷2
Pour les tuyaux en PVC les diamètres commerciaux sont les suivants : 12mm, 16mm,
25mm, 32mm, 63mm, 75mm, 90mm, 110mm, 125mm, 160mm, 200mm, etc.
Pour les tuyaux en PEHD nous avons les diamètres commerciaux suivants : 16mm,
20mm, 25mm, 32mm, 40mm, 50mm, 65mm, 75mm, 90mm, 110mm, 125mm, 160mm,
200mm, etc.
Irrigation sous Pression Irrigation Gravitaire
La vitesse minimale de l’écoulement de l’eau dans les canalisations en charge est de l’ordre de 0,3 à
0,6 m/s
La vitesse maximale limite à respecter dépend du domaine d’emploi et du matériau constituant la
canalisation.
Pour une conduite d’aspiration on peut avoir une vitesse limite de 1, 4 m/s.
Pour une conduite de refoulement on peut avoir une vitesse maximale de 3m/s.
Pour les réseaux d’irrigation la vitesse d’écoulement doit être comprise entre 0,6 et 3 m/s.
Irrigation sous Pression Irrigation Gravitaire
✓ HAZEN WILLIAMS
10,674𝐿𝑄1,852
𝛥𝐻𝐿 = 1,852
𝐶𝐻𝑤 𝐷 4,870
K (mm) a n m
✓ CALMON LECHAPT
2 1,863.10-3 2 5,33
L’expression des pertes de charge linéaires de 1 1,601.10-3 1,975 5,25
Calmon Lechapt s’écrit : 0,5 1,400.10-3 1,96 5,19
0,25 1,160.10-3 1,93 5,11
𝛥𝐻𝐿 = 𝑎𝑄𝑚 𝐷 −𝑛 𝐿
0,1 1,100.10-3 1,89 5,01
Les valeurs de a, m et sont déterminées à l’aide du 0,05 1,049.10-3 1,86 4,93
0,025 1,010.10-3 1,84 4,88
tableau suivant selon les valeurs de la rugosité :
Tableau 5 : coefficients de Calmon LECHAPT
✓ DARCY WEISBACH
8λ𝐿𝑄²
∆𝐻 = Avec λ le coefficient des pertes de charge linéaire
𝜋²g 𝐷5
Irrigation sous Pression Irrigation Gravitaire
8 𝐾 𝑄²
∆𝐻𝑆 = Avec K le coefficient des pertes de charge singulière
𝑔 𝜋² 𝐷 4
3.3.2. CALCUL DES PERTES DE CHARGE SUR LES PORTES RAMPES ET RAMPES
D’IRRIGATION
3.3.2.1 Les pertes de charges linéaires
Le débit transporté par la rampe d’irrigation est variable de l’origine à l’extrémité du tuyau et lorsque
les débits des distributeurs sont égaux, cette variation est linéaire de l’amont du premier distributeur
jusqu’au dernier distributeur. La rampe assure ainsi un service en route par opposition à un service
d’extrémité qui correspond au cas où le débit reste constant sur toute la longueur de la rampe.
Les arroseurs sont ainsi distants d’une longueur identique et constant (l). Le débit à chaque arroseur
est noté (q).
- q : débit des arroseurs (goutteur ou asperseur) ;
- n : nombre d’arroseur sur la rampe ;
- l : distance entre deux arroseurs ;
- L : longueur de la rampe ;
- Q : débit à l’entrée de la rampe d’irrigation.
Irrigation sous Pression Irrigation Gravitaire
98
Irrigation Sous pression Irrigation gravitaire
𝑭 = 𝒂𝑻𝒃 + 𝒄
100
Irrigation Sous pression Irrigation gravitaire
1.2. Convention
La méthode américaine (MA) emploie les symboles et signes suivants :
𝑫𝒏 ≡ Dose nette d’arrosage d’irrigation (𝑚𝑚) (Dose réelle)
𝑫𝒃 ≡ Dose brute en 𝑚𝑚 (dose nette + les pertes)
𝑭 ≡ Infiltration cumulée en 𝑚𝑚 pendant un temps T (𝑚𝑖𝑛𝑢𝑡𝑒𝑠)
𝑻𝒊𝒏𝒇 ≡ Durée d’infiltration (mn)
𝑸 ≡ Débit en tête
𝑸𝑼 ≡ Débit unitaire par largeur de planche
𝑻𝒂𝒗 ≡ Temps d’avancement de l’eau (Temps de ruissèlement, mn)
𝑻𝒂 ≡ Durée de l’apport en (𝑚𝑛) (temps d’irrigation)
𝑻𝒅 ≡ Durée de disparition de l’eau dans la planche
101
Irrigation Sous pression Irrigation gravitaire
𝑻𝑳 ≡ Temps de latence (c’est le temps qui sépare l’arrêt de l’irrigation et la
disparition de l’eau en tête)
𝑬 ≡ Rendement hydraulique ou efficience de la parcelle
𝑯 ≡ Hauteur de la lame d’eau
𝑰 ≡ Pente du terrain naturel
𝒏 ≡ Coefficient de rugosité de Manning
Les valeurs suivantes ont été retenues :
Terrain nu non cultivé : 𝑛 = 0,04
Culture en ligne : 𝑛 = 0,10
Culture à la volée : 𝑛 = 0,15
Culture gazonnante : 𝑛 = 0,25
𝑻 ≡ Temps de contact eau sol
𝑪𝑹 ≡ Capacité de rétention en eau du sol en 𝑚𝑚 102
Irrigation Sous pression Irrigation gravitaire
❖ Débit unitaire: 𝑸𝑼
𝟎, 𝟎𝟎𝟏𝟔𝟕 × 𝑫𝒏 × 𝑳
𝑸𝑼 =
𝑻𝒊𝒏𝒇 − 𝑻𝑳 × 𝑬
103
Irrigation Sous pression Irrigation gravitaire
❖ Temps de latence : 𝑻𝑳
𝑸𝑼 𝟎,𝟐 ×𝒏𝟏,𝟐 0Τ
𝑻𝑳 = Si 𝐼 > 4 00
𝟏𝟐𝟎𝑰𝟏,𝟔
𝑸𝑼 𝟎,𝟐 ×𝒏𝟏,𝟐
𝑻𝑳 = 𝟏,𝟔 Si 𝐼 < 4 0Τ00
𝟎,𝟎𝟎𝟗𝟒×𝒏×𝑸𝑼 𝟎,𝟏𝟕𝟓
𝟏𝟐𝟎 𝑰+
𝑻𝒊𝒏𝒇 𝟎,𝟖𝟖 ×𝑰𝟎,𝟓
❖ Longueur de la planche : 𝑳
𝑫𝒏 𝟐 × 𝜶
𝑳=
𝟒×𝑲
𝑲 𝑒𝑛 𝑚/𝑠 𝜶=𝒏 𝑰 𝑳 𝑒𝑛 𝑚 𝑫𝒏 𝒆𝒏 𝒎
104
Irrigation Sous pression Irrigation gravitaire
CREVAT pose l’hypothèse qui consiste à dire que le temps d’irrigation est
égal au temps de ruissellement. Il en déduit que la longueur de la planche (L) est
donnée par l’expression :
𝜶 × 𝑫𝟐𝒏
𝑳=
𝟒𝑲
𝑫𝒏 𝟑
𝑻𝒂𝒗 = 𝑻𝒂 ⟹ 𝑳 = 𝟎, 𝟓𝟒𝟑𝜶
𝟒×𝑲
Avec : ൞
𝟏 𝑫𝒏 𝟑
𝑻𝒂𝒗 = 𝑻𝒂 ⟹ 𝑳 = 𝟏, 𝟏𝟗𝟑𝜶
𝟐 𝟒×𝑲
𝑻𝒂 = 𝑻𝒊𝒏𝒇 − 𝑻𝑳
106
Irrigation Sous pression Irrigation gravitaire
108
Irrigation Sous pression Irrigation gravitaire
Les relations suivantes permettent de déterminer les paramètres:
𝒙 𝜷
❖ 𝑻𝒂𝒗 = 𝒆
𝒇
109
Irrigation Sous pression Irrigation gravitaire
𝟔𝟎𝑸𝑻𝒂 Db (mm)
❖ 𝑫𝒃 = 𝒎𝒎 avec W(m) : espacement des raies
𝑾×𝑳
L( m) : longueur des raies
Ta (mn) : durée d'apport
❖ Perte par percolation Q(L/s) : débit de tête
𝑹𝒑 = 𝑭 − 𝑫𝒏
𝒃 𝑷
❖ 𝑭 = 𝒂𝑻 + 𝒄 ×
𝑾
𝑫𝒏
❖ 𝑬 = 𝟏𝟎𝟎 ×
𝑫𝒃
❖ Perte en colature
𝑹𝟎 = 𝑫𝒃 − 𝑭
110
Irrigation Sous pression Irrigation gravitaire
Exercice 1 :
Soit à irriguer un champ de 275 m de long avec une pente de
0,4%. L’espacement entre raies est de 0,75 m. La rugosité du
sol est de n=0,04. Le débit d’apport est de 0,6 l/s. On suppose
que le sol appartient au groupe d’infiltration 0,3 et que la dose
nette (Dn) est de 75 mm.
Calculer la durée de l’apport, les pertes en colature, les
pertes par percolations et le rendement.
111
Irrigation Sous pression Irrigation gravitaire
Exercice 2 :
Soit un sol dont les caractéristiques sont les suivantes : I =
1% ; n = 0,2 ; Ks=10-5 m/s.
On suppose que le sol est exempt de salinité. La RU du sol
pendant cette phase de croissance est de l’ordre de 1800
m3/ha et l’irrigation se fait à la planche.
Calculer les dimensions de la planche.
112
Projet :
Proposition d’aménagement, de planification des irrigations et de dimensionnement du réseau
Une collectivité locale voudrait aménager un périmètre agricole de superficie 12 ha, située dans la latitude 14°30
Nord et dont la température maximale se situe au mois de Mai et est de 30°C. Les besoins en eau d’irrigation seront
assurés par un forage d’une capacité 72m3/h et qui se situe à 300m du périmètre. On opte pour une irrigation par
aspersion et on donne :
- Rayon d’action d’un asperseur : R = 15 m ;
- Débit d’un asperseur : q = 2m3/h ;
- Spéculation : Oignon vert et Arachide.
En outre, Pour connaitre la texture du sol, on mesure les paramètres suivants sur un échantillon :
- Masse totale 258 g
- Volume totale 176 cm3
- Masse sèche 212 g
1. Proposer un plan d’aménagement hydro-agricole du périmètre ;
2. Proposer une planification des irrigations ;
3. Faire le dimensionnement du réseau structurant Sachant que la pression à la sortie du forage est de 3bars et que
la pression requise à l’entrée de la porte rampe est de 2 bars (avec une variation admissible de 10%).
ANNEXES
Tableau 8: Densité de semis de quelques cultures
Cultures Écartement entre linge (I) Écartement sur la ligne (E)
Aubergine 0,5 0,75
Bissap 0,6 à 0,8 0,4 à 0,5
Carotte 0,2 à 0,3 0,1 à 0,2
Choux 0,3 à 0,4 0,3 à 0,4
Concombre 1,5 à 2 0,4 à 0,5
Melon 1,5 à 2,5 0,4 à 0,5
Combo 0,9 0,4 à 0,5
Haricot 0,7 0,5
Laitue 0,25 à 0,35 0,25 à 0,35
Fraisier 0,3 et 0,7 0,3
tomate 0,5 à 1 0,4 à 0,5
Pomme de terre 0,6 0,3
Aubergine amère 0,6 0,4 à 0,5
manioc 0,85 à 1 1
Navet 0,4 0,1
oignon 0,2 0,1
pastèque 2 0,75 à 1,5
Patate douche 1 0,3
piment 0,4 à 0,8 0,4 à 0,8
poivron 0,4 à 0,5 0,4 à 0,5
ANNEXES
Photo annexe 8 : clôture grillagée Photo annexe 9 : Filtre Anticyclone (au refoulement forage)
FIN