Mathématique Et Raisonnement
Mathématique Et Raisonnement
Département STPI
1ère année
UV2 de mathématiques
2009-2010
Mathématiques et Raisonnement
Adeline Rouchon
Violaine Roussier-Michon
David Sanchez
Sandrine Scott
1 Rappels et notations 7
1.1 Lettres grecques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Ensembles connus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3 Valeur absolue et Inégalités dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4 Sommes et Produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.5 Factoriels et Puissances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2 Introduction 13
4 Raisonnement 25
4.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4.1.1 Convention . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4.1.2 Prédicats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4.1.3 Quantificateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
4.1.4 Règles d’utilisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
4.2 Méthodes de raisonnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
4.2.1 Le contre-exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
4.2.2 Raisonnement par l’absurde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
4.2.3 Raisonnement par récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
4.2.4 Raisonnement par analyse-synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
5 Ensembles 33
5.1 Inclusion, Egalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
5.2 Opération sur les parties de E . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
5.2.1 Complémentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
5.2.2 Ensemble vide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
5.2.3 Ensemble des parties de E . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
5.3 Intersection, Union . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
5.4 Produit cartésien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3
5.5 Famille d’éléments et partition d’un ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . 38
6 Relations binaires 41
6.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
6.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
6.3 Relations d’équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
6.3.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
6.3.2 Classe d’équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
6.3.3 Ensemble quotient . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
6.4 Relation d’ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
6.4.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
6.4.2 Plus petit élément - Plus grand élément . . . . . . . . . . . . . . . 45
6.4.3 Minorant - Majorant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
6.4.4 Borne inférieure - Borne supérieure . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
6.5 Propiétés de l’ensemble des réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
7 Fonctions-Applications 51
7.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
7.1.1 Restriction et prolongement d’une application . . . . . . . . . . . . 52
7.1.2 Image directe, image réciproque d’un sous-ensemble . . . . . . . . . 53
7.1.3 Composition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
7.2 Injection, surjection, bijection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
7.2.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
7.2.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
4
9.3.2 Produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
9.3.3 Formes indéterminées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
9.4 Suites monotones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
9.4.1 Définitions et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
9.4.2 Suites adjacentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
9.4.3 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
9.5 Suites récurrentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
9.5.1 Définitions, exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
9.5.2 Convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
10 Annales 95
10.1 Partiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
10.2 Examen . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
10.3 Examen . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
10.4 Devoir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
10.5 Devoir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
5
6
Chapitre 1
Rappels et notations
7
1.2 Ensembles connus
On rappelle que
– N = {0, 1, 2, 3, . . .} est l’ensemble des nombres entiers naturels (positifs ou nuls),
– Z = {. . . , −2, −1, 0, 1, 2, . . .} est l’ensemble des nombres entiers relatifs (de signe
quelconque),
– Q est l’ensemble des nombres rationnels, c’est-à-dire l’ensemble des nombres qui
peuvent s’écrire sous la forme pq où p et q sont des nombres entiers relatifs, q non
nul,
– R est l’ensemble des nombres réels,
– C est l’ensemble des nombres complexes, c’est-à-dire l’ensemble des nombres qui
peuvent s’écrire sous la forme a + ib où a et b sont des réels et i2 = −1.
Nous verrons dans ce cours la construction d’une partie de ces ensembles en admettant
la construction d’autres. Notons tout de même la liste d’inclusions :
N⊂Z⊂Q⊂R⊂C
8
Ceci peut se résumer de la façon suivante :
√
|x| = x2
L’égalité suivante se traduit par
|x| = |y| ⇔ x = y OU x = −y
L’inéquation suivante se traduit par
|x| ≤ a ⇔ −a ≤ x ≤ a ⇔ x ≥ −a ET x ≤ a
Proposition 1.2. Soient (x, y, z, t) ∈ R4 quatre nombres réels.
1. Si xy 6= 0 alors xy et xy sont de signe : positif si x et y sont de même signe, négatif
si x et y sont de signes contraires.
2. Si x ≤ t et y ≤ z alors x + y ≤ t + z. (faux pour la soustraction ! !)
3. Si 0 ≤ x ≤ t et 0 ≤ y ≤ z alors xy ≤ tz. (faux en général si les nombres ne sont
pas tous positifs)
√ √
4. Si 0 < x < y alors x1 > y1 > 0, 0 < x2 < y 2 et 0 < x < y. (faux en général si les
nombres ne sont pas tous positifs)
√
5. Si x > 1 alors 1 < x < x < x2 < x3 < . . . .
√
6. Si 0 < x < 1 alors 0 < · · · < x3 < x2 < x < x < 1.
Proposition 1.3. (Inégalité triangulaire)
Pour tout couple de réels (a, b) ∈ R2 ,
|a + b| ≤ |a| + |b|
et plus généralement
||a| − |b|| ≤ |a − b| ≤ |a| + |b|
Proposition 1.4. Pour tout couple de réels (a, b) ∈ R2 ,
a2 + b 2
ab ≤
2
Démonstration Tout carré d’un nombre réel est positif. En particulier, pour tout couple
de réels (a, b) ∈ R2 ,
(a − b)2 = a2 − 2ab + b2 ≥ 0
a2 +b2
Ainsi, ab ≤ 2
.
Remarque 1.5. Une généralisation de cette inégalité appelée inégalité de Young existe :
Pour tout couple de réels (a, b) ∈ R2 , et tous réels strictement positifs p et q tels que
1 1
+ =1
p q
ap b q
ab ≤ +
p q
Elle s’obtient en utilisant la concavité de la fonction logarithme.
9
1.4 Sommes et Produits
Définition 1.6. Soit n ∈ N un entier naturel. Soit f une application de N dans R. Alors
n
X
f (k) = f (0) + f (1) + · · · + f (n − 1) + f (n)
k=0
Exemple 1.7. L’indice k est un indice de sommation "muet". On peut lui donner le nom
que l’on veut.
n n n
X X X n(n + 1)
k= l= prof =
k=0 l=0 prof =0
2
Proposition 1.8. Si φ est une bijection de {m0 , · · · , mn } dans {0, · · · , n}, on peut ef-
fectuer un changement d’indices selon la règle suivante
n
X mn
X
f (k) = f ◦ φ(l)
k=0 l=m0
Ce résultat ne dépend ni de k ni de l.
Cette propriété est l’équivalent discret (c’est-à-dire sur des indices entiers) du change-
ment de variables que vous connaissez sur les intégrales (dit continu).
n
X n+1
X
Exemple 1.9. k2 = (l − 1)2 où φ(l) = l − 1 = k ⇔ l = k + 1.
k=0 l=1
Définition 1.10. Soit n ∈ N un entier naturel. Soit f une application de N dans R. Alors
n
Y
f (k) = f (0) × f (1) × · · · × f (n − 1) × f (n)
k=0
Pour étudier les produits, on utilise la fonction logarithme pour se ramener à l’étude
d’une somme.
1! = 1 n! = n × (n − 1)!
10
On montre facilement par récurrence que pour n ∈ N∗ ,
n! = n × (n − 1) × · · · × 2 × 1
Proposition 1.12. Soit (n, p) deux entiers naturels non nuls tels que p ≤ n
1. n! = n × (n − 1)!
n!
2. (n−p)!
= n × (n − 1) × · · · × (n − p + 1)
n!
3. p!
= n × (n − 1) × · · · × (p + 1)
Définition 1.13. Soit n un entier naturel et x un réel. Le nombre réel "x puissance n"
noté xn se définit par récurrence comme
x1 = x xn = x × x(n−1)
xn = x
| × x × ·{z
· · × x × x}
n fois
Proposition 1.14. Soit (n, p) deux entiers naturels
1. xn = x × x(n−1)
2. xn+p = xn × xp
3. xnp = (xn )p
11
12
Chapitre 2
Introduction
Exemple 2.1. 3 < 5 est une assertion vraie. 3 > 5 est une assertion fausse.
On notera souvent P, Q, R, . . . les assertions.
Exercice 2.2. Donner parmi les assertions suivantes celles qui sont vraies ou fausses :
1. "3 est un entier pair",
2. "(10 + 2)2 = 144",
3. "i2 > 0".
L’objet des mathématiques est d’énoncer des assertions vraies, utiles et élégantes.
Une théorie mathématique se définit par la donnée d’assertions que l’on décide vraies,
appelées axiomes.
Dans une théorie, on démontre que certaines assertions sont vraies en utilisant les axiomes
et des règles de logique (cf chapitre 3). Ces assertions seront appelées théorèmes, propo-
sitions, propriétés ou lemmes.
13
14
Chapitre 3
3.1 Négation
Définition 3.1. Si P est une assertion, on définit une nouvelle assertion, la négation
de P, notée "(NON P)" ou "¬P ", qui est fausse si P est vraie et vraie si P est fausse,
aussi représentée par le tableau de vérité suivant :
P N ON P
F V
V F
Exemple 3.2.
Une théorie est dite contradictoire si elle contient une assertion à la fois vraie et
fausse, car dans ce cas toutes les assertions sont à la fois vraies et fausses. On admet que
les axiomes utilisés forment une théorie non contradictoire, dite cohérente.
Principe du tiers exclus : Dans la suite, les assertions sont soit vraies, soit fausses,
excluant le cas d’assertions indécidables, c’est-à-dire simultanément ni vraies ni fausses.
3.2 Equivalence
Définition 3.3. Si P et Q sont deux assertions, on définit l’assertion P ⇔ Q, lue "P
équivalente à Q", par la table de vérité suivante :
P Q P⇔Q
V V V
V F F
F V F
F F V
15
Remarque 3.4. P ⇔ Q est vraie si et seulement si P et Q sont de même nature, c’est-
à-dire vraies simultanément ou fausses simultanément.
Exemple 3.5. "Jean est le fils de Jacques" ⇔ "Jacques est le père de Jean".
16
Démonstration
P Q P ET Q Q ET P P OU Q Q OU P
V V V V V V
V F F F V V
F V F F V V
F F F F F F
N ON (N ON (P )) ⇔ P. (3.3)
P ET N ON (P ) est toujours fausse. (3.4)
P OU N ON (P ) est toujours vraie. (3.5)
Théorème 3.12 (Lois de Morgan). Pour deux assertions P et Q, les équivalences sui-
vantes sont toujours vraies :
N ON (P ET Q) ⇔ (N ON (P ) OU N ON (Q)), (3.6)
N ON (P OU Q) ⇔ (N ON (P ) ET N ON (Q)). (3.7)
17
Théorème 3.13 (Associativité). Pour trois assertions P , Q et R, les équivalences sui-
vantes sont toujours vraies :
P OU (Q OU R) ⇔ (P OU Q) OU R, on écrit P OU Q OU R, (3.8)
P ET (Q ET R) ⇔ (P ET Q) ET R, on écrit P ET Q ET R. (3.9)
P Q R Q OU R P OU (Q OU R) P OU Q (P OU Q) OU R
V V V V V V V
V V F V V V V
V F V V V V V
V F F F V V V
F V V V V V V
F V F V V V V
F F V V V F V
F F F F F F F
P ET (Q OU R) ⇔ (P ET Q) OU (P ET R), (3.10)
P OU (Q ET R) ⇔ (P OU Q) ET (P OU R). (3.11)
P Q R Q OU R P ET (Q OU R) P ET Q P ET R (P ET Q) OU (P ET R)
V V V V V V V V
V V F V V V F V
V F V V V F V V
V F F F V F F F
F V V V F F F F
F V F V F F F F
F F V V F F F F
F F F F F F F F
Prouvons la seconde équivalence (3.11) : (NON P), (NON Q) et (NON R) sont trois
assertions auxquelles nous appliquons la première équivalence (3.10) :
(N ON P ) ET ((N ON Q) OU (N ON R))
⇔ ((N ON P ) ET (N ON Q)) OU ((N ON P ) ET (N ON R)).
18
D’après les lois de Morgan, elle se réécrit :
(N ON P ) ET (N ON (Q ET R)) ⇔ (N ON (P OU Q)) OU (N ON (P OU R)),
puis, N ON (P OU (Q ET R)) ⇔ N ON ((P OU Q) ET (P OU R)).
On prend maintenant la négation de cette équivalence et on obtient :
(P OU (Q ET R)) ⇔ ((P OU Q) ET (P OU R)).
3.4 Implication
Définition 3.16. Si P et Q sont deux assertions, on définit l’assertion P ⇒ Q, lue "P
implique Q", par ((NON P) OU Q) :
P Q NON P P ⇒Q
V V F V
V F F F
F V V V
F F V V
Remarque 3.17.
Exemple 3.19. "M. Xia peut passer le permis de conduire" ⇒ "M. Xia a plus de 18
ans".
Remarque 3.20. Pour alléger la phrase, on dira parfois "P" au lieu de "P est vraie"
dans la suite (Ceci afin d’éviter des cas comme "("P est vraie") est vraie").
Proposition 3.21. Si P et Q sont deux assertions, alors
(P ⇔ Q) ⇔ ((P ⇒ Q) ET (Q ⇒ P )).
Démonstration Ecrivons la table de vérité de la proposition suivante
P Q P ⇒Q Q⇒P ((P ⇒ Q) ET (Q ⇒ P )) P ⇔ Q
V V V V V V
V F F V F F
F V V F F F
F F V V V V
19
Remarque 3.22.
– Si P ⇒ Q, on dit que P est une condition suffisante pour que Q soit vraie, et que
Q est une condition nécessaire pour que P soit vraie.
– L’assertion P ⇒ Q peut aussi se lire "Si P (est vraie), alors Q (est vraie)".
– Si P et Q sont équivalentes, on dit que Q est une condition nécessaire et suffisante
pour P.
Théorème 3.24 (Contraposée). Pour deux assertions P et Q, on a :
(P ⇒ Q) ⇔ [N ON (Q) ⇒ N ON (P )] . (3.12)
Remarque 3.25. Pour démontrer P ⇒ Q, il est équivalent et parfois plus aisé de dé-
montrer (N ON Q) ⇒ (N ON P )
Exemple 3.26. Montrer la proposition suivante : n2 pair ⇒ n pair.
N ON (P ⇒ Q) ⇔ (P ET (N ON Q))
20
Conséquence : Si on a démontré P ⇒ Q et Q ⇒ R, on pourra en déduire P ⇒ R.
Démonstration Supposons P ⇒ Q et Q ⇒ R. Supposons maintenant P et montrons R.
On a P et P ⇒ Q, donc Q. Comme on a aussi Q ⇒ R, on a R. Donc P ⇒ R.
Démonstration
[(P OU Q) ET (P ⇒ R) ET (Q ⇒ R)]
⇔ [(P OU Q) ET ((P ⇒ R) ET (Q ⇒ R))] associativité de ET(3.13),
⇔ [P ET (P ⇒ R) ET (Q ⇒ R)] OU [Q ET (P ⇒ R) ET (Q ⇒ R)] distributivité de ET(3.15),
⇒ R OU R on utilise les implications,
⇒ R.
Exemple 3.31. Soit n ∈ N un entier naturel. Montrer que parmi les trois entiers n, n+1
et n + 2, l’un au moins est divisible par 3.
21
22
Test d’assimilation numéro 1
23
24
Chapitre 4
Raisonnement
4.1 Définitions
4.1.1 Convention
Un ensemble est une collection d’éléments, par exemple N est l’ensemble des entiers
naturels, R l’ensemble des nombres réels . . .
Si x est un élément de l’ensemble E, i.e. si x appartient à E, on note x ∈ E.
La négation de l’assertion (x ∈ E) est N ON (x ∈ E) ⇔ (x ∈ / E).
Soit n ∈ N∗ et a1 , . . . , an n objets mathématiques. On admet qu’il existe un unique
ensemble E dont les éléments sont exactement a1 , . . . , an . On note E = {a1 , . . . , an },
c’est-à-dire qu’un ensemble est noté avec des accolades quand on énumère ses éléments.
Si n = 1, E est appelé un singleton : E = {a1 }.
Si n = 2, E est appelé une paire : E = {a1 , a2 }.
4.1.2 Prédicats
Définition 4.1. Soit n ∈ N∗ , E1 , . . . , En n ensembles. On appelle prédicat à n indéter-
minées x1 , . . . , xn dans E1 , . . . , En tout énoncé mathématique qui dépend de x1 , . . . , xn qui
devient une assertion quand on remplace x1 par un élément de E1 ,. . ., xn par un élément
de En .
On admet que les prédicats, étudiés cette année, à une indéterminée sur un en-
semble E sont collectivisants, i.e. les x ∈ E vérifiant P (x) forment un ensemble F , noté
F = {x ∈ E, P (x)}.
Exemple 4.3. P (x) : "x entier ≥ 2 dont les seuls diviseurs sont 1 et x". L’ensemble
{x ∈ N, P (x)} est l’ensemble P des nombres premiers.
25
4.1.3 Quantificateurs
Soit E un ensemble et P (x) un prédicat à une indéterminée sur E.
Définition 4.4. "Quelque soit : ∀"
∀x ∈ E, P (x)
se lit "quelque soit x appartenant à E, P (x)" et signifie que tous les x éléments de E
vérifient le prédicat P (x).
Exemple 4.5. ∀x ∈ R, x2 ≥ 0.
Définition 4.6. "Il existe : ∃"
∃x0 ∈ E tel que P (x0 )
se lit "il existe x0 appartenant à E tel que P (x0 ) et signifie qu’il existe au moins un x0
élément de E qui vérifie le prédicat P (x).
Attention ! On ne sait pas a priori quel x0 convient. On sait juste qu’il existe et on
peut travailler formellement avec.
Exemple 4.7.
26
Distributivité
Attention ! Dans le cas des deux propositions suivantes, seule l’implication est
vraie.
Lorsque les deux quantificateurs sont de nature différente, seule l’implication sui-
vante est vraie :
Exemple 4.12. Si J est l’ensemble des jours de l’année et H l’ensemble des heures de
la journée, traduire en français les assertions mathématiques suivantes où P (j, h) signifie
"le soleil se couche le jour j à l’heure h".
1. ∃h ∈ H , ∀j ∈ J , P (j, h)
2. ∀j ∈ J , ∃h ∈ H , P (j, h)
Sont-elles équivalentes ?
Remarque 4.13.
– Pour démontrer (∀x ∈ E, P (x)), on écrit : soit x ∈ E, montrons que P (x) est
vraie.
– Pour démontrer (∃x ∈ E, P (x)), on écrit : on cherche x ∈ E tel que P (x) soit
vraie. On pose x = . . . (il faut le trouver). On montre ensuite qu’il convient.
27
4.2 Méthodes de raisonnement
4.2.1 Le contre-exemple
En vertu de l’assertion 4.1, pour prouver "N ON (∀x ∈ E P (x))", il suffit de trouver
un contre-exemple, c’est-à-dire de trouver un seul élément x ∈ E qui vérifie N ON (P (x)).
√
Exemple 4.15. Montrer que 2 6∈ Q.
Exemple 4.16. Pour prouver une implication P ⇒ Q, on peut raisonner par l’absurde :
on suppose N ON (P ⇒ Q), c’est-à-dire (P ET NON(Q)), et on essaie de démontrer à
partir de toutes ces hypothèses un résultat faux.
28
Remarque 4.18. Pour démontrer un résultat par un raisonnement par récurrence, il faut
tout d’abord énoncer proprement l’hypothèse de récurrence P (n), démontrer l’initialisa-
tion, c’est-à-dire que P (n0 ) est vraie, et ensuite prouver l’hérédité (P (n) ⇒ P (n + 1)).
On conclut alors en appliquant le principe de récurrence.
n
n(n + 1)
X
Exemple 4.19. Montrer que ∀n ∈ N k=
.
k=0
2
Définition de l’assertion à démontrer : pour n ∈ N, on appelle P (n) l’assertion
n
X n(n + 1)
k= .
k=0
2
0
X 0×1
Initialisation : n = 0. On a k=0= . Donc P (0) est vraie.
k=0
2
Hérédité : Soit n ∈ N. Supposons que P (n) est vraie et montrons que P (n + 1) est vraie.
n n+1
X n(n + 1) X
On a supposé P (n) vraie donc k= . Calculons k : on a
k=0
2 k=0
n+1 n
X X n(n + 1) (n + 1)(n + 2)
k= k + (n + 1) = + (n + 1) = .
k=0 k=0
2 2
Remarque 4.20. Pour démontrer certains résultats par récurrence, on peut être amené
à faire des hypothèses légèrement différentes :
– Récurrence limitée : L’hypothèse de récurrence peut n’être vraie que pour tout
entier n tel que n0 ≤ n ≤ n1 . Dans ce cas, on ne peut prouver l’hérédité que pour
n0 ≤ n < n1 et on obtient comme conclusion "∀n ∈ {n0 , . . . , n1 } P (n)".
– Récurrence descendante : Soit P (n) un prédicat sur N, n0 < n1 . Si P (n1 ) est
vraie et ∀n ∈ {n0 + 1, . . . , n1 } on a P (n) ⇒ P (n − 1) alors ∀n ∈ {n0 , . . . , n1 } P (n).
– Récurrence forte : On a parfois besoin de connaître en plus de P (n) les propriétés
P (n − 1), P (n − 2), . . . pour conclure :
Soit P (n) un prédicat sur N, n0 ∈ N. Si P (n0 ) est vraie et que pour tout n ≥ n0
on a (∀k ∈ {n0 , . . . , n} P (k)) ⇒ P (n + 1) (on suppose que le prédicat est vrai pour
toutes les valeurs inférieures à n pour réussir à prouver qu’il est vrai au rang n + 1)
alors ∀n ≥ n0 , P (n).
Exercice 4.21. Soit (un )n∈N la suite réelle de Fibonacci définie par u0 = 0, u1 = 1 et par
la relation de récurrence :
∀n ∈ N , un+2 = un+1 + un
Montrer que ∀n ∈ N∗ , un > 0.
29
4.2.4 Raisonnement par analyse-synthèse
Le raisonnement par analyse-synthèse intervient lorsqu’on veut démontrer l’existence
de quelque chose (souvent un élément vérifiant un prédicat) mais que cette démonstration
suppose de connaitre au préalable la forme de cet élément. On raisonne alors en deux
temps :
1. D’abord, on suppose connue l’existence de cet élément et on cherche sa forme.
2. Ensuite, on montre l’existence de cet élément vérifiant le prédicat.
Exemple 4.22. (cf la feuille de TD 1 de l’UV "outils de Calculs") Montrons que toute
fonction de R dans R s’écrit comme la somme d’une fonction paire et d’une fonction
impaire.
On note F l’ensemble des fonctions définies de R dans R, I l’ensemble des fonctions
impaires et P l’ensemble des fonctions paires. On doit donc montrer que
∀f ∈ F , ∃(p, i) ∈ P × I , f =p+i
Raisonnons par analyse synthèse.
1. Analyse : Soit f ∈ F. Si le couple (p, i) existe alors ∃(p, i) ∈ P × I, f = p + i. Or
p ∈ P donc ∀x ∈ R, p(−x) = p(x). De même, i ∈ I donc ∀x ∈ R, i(−x) = −i(x).
Ainsi, ∀x ∈ R,
f (x) = p(x) + i(x)
f (−x) = p(x) − i(x)
En faisant la somme et la différence des deux lignes précédentes, on résout ce système
par équivalence et on obtient
f (x) + f (−x) f (x) − f (−x)
p(x) = et i(x) = .
2 2
On a ainsi identifié à quoi ressemblent les fonctions p et i de la décomposition
recherchée.
2. Synthèse : Reprenons maintenant la démonstration au début. Soit f ∈ F. Mon-
trons que la décomposition p+i existe. D’après la remarque 4.13, on doit vérifier que
les p et i trouvés précédement conviennent. Soient donc p et i les fonctions définies
de R dans R par ∀x ∈ R,
f (x) + f (−x)
p(x) =
2
f (x) − f (−x)
i(x) =
2
30
Test d’assimilation numéro 2
31
32
Chapitre 5
Ensembles
∀x (x ∈ E ⇒ x ∈ F ).
E = F ⇔ [∀x (x ∈ E ⇔ x ∈ F )] .
Remarque 5.6. Pour montrer que deux ensembles E et F sont égaux, il faut démontrer
l’équivalence ∀x (x ∈ E ⇔ x ∈ F ). On pose donc un x quelconque. Soit on raisonne
directement par équivalence et on montre (x ∈ E ⇔ x ∈ F ). Soit on démontre deux
implications, c’est-à-dire une double inclusion : d’abord on montre E ⊂ F , c’est-à-dire
que SI x ∈ E ALORS x ∈ F puis que F ⊂ E, c’est-à-dire que SI x ∈ F ALORS x ∈ E.
33
Démonstration Supposons A ⊂ B et B ⊂ C. Montrons que A ⊂ C. Soit x ∈ A. Comme
A ⊂ B, x ∈ B. On a aussi B ⊂ C donc x ∈ C. Donc ∀x ∈ E, (x ∈ A ⇒ x ∈ C). Donc
A ⊂ C.
Démonstration i) Soit x ∈ E.
x ∈ (Ac )c ⇔ x∈/ Ac
⇔ N ON (x ∈ Ac )
⇔ N ON (x ∈
/ A)
⇔ x ∈ A.
∀y ∈ E, (y ∈
/ B) ⇒ (y ∈
/ A).
Or x ∈ / A, et x ∈ E. On en déduit x ∈ Ac .
/ B, donc x ∈
34
5.2.2 Ensemble vide
Théorème 5.12. Il existe un unique ensemble ne contenant aucun élément. Cet ensemble
s’appelle l’ensemble vide et se note ∅.
Démonstration
Existence :
Soit E un ensemble et V = {E E. Montrons que V convient. On a :
x∈V ⇔ x ∈ {E E
⇔ x ∈ E ET x ∈
/ E, ce qui est faux.
Donc ∀x, x ∈ / V.
Unicité : Soit V1 et V2 deux ensembles vérifiant l’hypothèse. Montrons que V1 = V2 .
Soit F un ensemble. Montrons que V1 ⊂ F .
x ∈ V1 est faux, donc (x ∈ V1 ) ⇒ (x ∈ F ), V1 ⊂ F . De même, on a V2 ⊂ F . En prenant
F = V2 , on a V1 ⊂ V2 et en prenant F = V1 , on obtient V2 ⊂ V1 . Donc V1 = V2
P(E) = {X, X ⊂ E} .
En particulier,
X ∈ P(E) ⇔ X ⊂ E
Exemple 5.14. Soit E = {2, 3}, alors P(E) = {∅, {2}, {3}, {2, 3}, E}.
Exemple 5.15. Soit E = {1, 2, 3}, alors P(E) = {∅, {1}, {2}, {3}, {1, 2}, {1, 3}, {2, 3}, E}.
A ∪ B = {x ∈ E, (x ∈ A) OU (x ∈ B)} .
35
Proposition 5.19. Soit E un ensemble, A et B deux parties de E
A ⊂ B ⇔ A ∩ B = A, (5.1)
A ⊂ B ⇔ A ∪ B = B. (5.2)
A ∪ ∅ = A, A∩∅=∅
A ∪ {E A = E A ∩ {E A = ∅.
A ∩ B = B ∩ A, A ∪ B = B ∪ A.
A ∩ (B ∩ C) = (A ∩ B) ∩ C on écrit A ∩ B ∩ C,
A ∪ (B ∪ C) = (A ∪ B) ∪ C on écrit A ∪ B ∪ C.
A ∩ (B ∩ C) = {x ∈ E, x ∈ A ET (x ∈ B ET x ∈ C)}
= {x ∈ E, (x ∈ A ET x ∈ B) ET x ∈ C} = (A ∩ B) ∩ C.
36
A ∪ (B ∪ C) = {x ∈ E, x ∈ A OU (x ∈ B OU x ∈ C)}
= {x ∈ E, (x ∈ A OU x ∈ B) OU x ∈ C} = (A ∪ B) ∪ C.
Exercice 5.24. Si E = {1, 2, 3, 4, 5}, A = {1, 3}, B = {4, 5} et C = {2, 3, 4}, donner les
ensembles A ∩ (B ∪ C), A ∪ (B ∩ C), (A ∩ B) ∪ (A ∩ C), (A ∪ B) ∩ (A ∪ C) et vérifier les
égalités associées à la distributivité de l’union et de l’intersection.
Proposition 5.25 (Lois de Morgan). Soit E un ensemble, A et B deux parties de E,
{E (A ∪ B) = {E A ∩ {E B,
{E (A ∩ B) = {E A ∪ {E B.
Démonstration On revient à la définition de l’ensemble et on utilise les lois de Morgan
pour en déduire le résultat.
Exercice 5.26. Si E = {1, 2, 3, 4, 5}, A = {1, 3, 4} et B = {3, 4, 5}, donner les ensembles
{E (A ∪ B), {E (A ∩ B), {E A ∩ {E B, {E A ∪ {E B et vérifier les égalités associées aux lois
de Morgan.
37
5.5 Famille d’éléments et partition d’un ensemble
Soit E un ensemble, I un ensemble non vide. On généralise ici à un ensemble quel-
conque d’indices I les définitions de l’union, de l’intersection et du produit cartésien vues
précédemment pour deux ensembles.
Définition
[ 5.32. Soit (Ai )i∈I une famille de parties de E. On pose :
– Ai = {x ∈ E, ∃i ∈ I, x ∈ Ai }.
i∈I [
x∈ Ai si et seulement si il existe un i ∈ I tel que x ∈ Ai .
\ i∈I
– Ai = {x ∈ E, ∀i ∈ I x ∈ Ai }.
i∈I \
x∈ Ai si et seulement si pour tout i ∈ I, on a x ∈ Ai .
Y i∈I
– Ai = {(xi )i∈I , ∀i ∈ I xi ∈ Ai }.
i∈I Y
x∈ Ai si et seulement si x = (xi )i∈I avec pour tout i ∈ I, xi ∈ Ai .
i∈I
[ [
Exemple 5.33. Si I = N, {2i} est l’ensemble des nombres pairs. Si I = R, {i} = R
i∈I i∈I
Remarque 5.34.
[ \
– Par convention, on notera : Ai = ∅ et Ai = E.
i∈∅ i∈∅ Y
– Si I = {1, . . . , n}, on confondra (xi )i∈I et (x1 , . . . , xn ) et donc Ai et A1 ×· · ·×An .
i∈I
– Toutes les propriétés énoncées précédemment se généralisent au cas de famille d’en-
sembles.
Exercice 5.35. Refaire les démonstrations sur les intersections et unions dans le cas
d’une famille d’ensembles indicés par i ∈ I.
Définition 5.36 (Partition d’un ensemble). Soit Π = (Ai )i∈I une famille de parties de
E. On dit que (Ai )i∈I forme une partition de l’ensemble E si et seulement si
1. ∀i ∈ I Ai 6= ∅,
2. ∀(i, j) ∈ I 2 (Ai 6= Aj ) ⇒ Ai ∩ Aj = ∅,
[
3. Ai = E.
i∈I
Exemple 5.37. Le partage d’un gâteau est une partition du gâteau en parts.
Si E = {1, 2, 3, 4, 5}, A = {1, 4, 5}, B = {2} et C = {3} alors A, B, C forment une
partition de E.
Si E = N, P = {2n, n ∈ N} l’ensemble des nombres pairs et I = {2n + 1, n ∈ N}
l’ensemble des nombres impairs alors P et I forment une partition de E.
Si E = R, ({x})x∈R est une partition de E.
38
Test d’assimilation numéro 3
2. Même question
{∅, 3} ∈ N {∅, {3}} ∈ N {∅, {3}} ∈ P(N) {∅, 3} ⊂ P(N) {∅, 3} ∈ P(N)
39
40
Chapitre 6
Relations binaires
6.1 Définitions
Soit E et F deux ensembles non vides.
GR = {(x, y) ∈ E × F, x R y}.
Exemple 6.3. Soit E = {0, 1, 2}, F = {a, b, c, d}. Alors le produit cartésien E × F est
donné par
E × F = {(0, a), (1, a), (2, a), (0, b), (1, b), (2, b), (0, c), (1, c), (2, c), (0, d), (1, d), (2, d)}
Soit le graphe G = {(0, a), (0, d), (1, b), (2, c)}. On note R la relation définie par G. Alors
0Ra mais 2 et b ne sont pas en relation. Donner d’autres exemples d’élements qui sont
en relation pour la relation R et d’autres qui ne sont pas en relation.
6.2 Propriétés
Soit E un ensemble non vide et R une relation binaire sur E.
41
Définition 6.5.
Exemple 6.6. On considère sur l’ensemble {1, 2, 3} les relations binaires R et S définies
par leur graphe
GR = {(1, 1), (1, 2), (1, 3), (2, 2), (2, 1), (2, 3), (3, 2)}
et GS = {(1, 1), (1, 2), (1, 3), (2, 2), (2, 1), (2, 3), (3, 2), (3, 1)}.
Définition 6.7. La relation binaire R est une relation d’équivalence si elle est :
1. réflexive,
2. symétrique,
3. transitive.
Exemple 6.8.
Montrer que, dans les deux exemples suivants, R est une relation d’équivalence sur E :
1. E = R et (∀ (x, y) ∈ R2 )(xRy ⇐⇒ x = y).
2. E = Z et (∀ (x, y) ∈ Z2 )(xRy ⇐⇒ x − y est divisible par 2).
On prendra soin de bien rédiger la démonstration.
42
Exemple 6.11.
Donner les classes d’équivalence des relations d’équivalence de l’exemple 6.8.
(∀ x ∈ E)(x ∈ Cx )
En particulier, Cx 6= ∅.
2. Soient (x, y) ∈ E 2 .
i. Supposons que xRy et montrons que Cx = Cy par double inclusion.
Soit z ∈ Cx . Alors xRz. Or xRy et R est symétrique et transitive. Donc zRy
et z ∈ Cy . On a donc démontré ∀z ∈ E, z ∈ Cx ⇒ z ∈ Cy . Donc Cx ⊂ Cy
par définition. Les rôles de x et de y étant parfaitement symétriques, on peut
refaire le raisonnement ci-dessus en remplaçant x par y et on obtient Cy ⊂ Cx .
Finalement, Cx = Cy .
ii. Supposons que Cx = Cy et montrons que Cx ∩ Cy 6= ∅.
Si Cx = Cy alors Cx ∩ Cy = Cx = Cy . Or d’après 1., Cx 6= ∅ donc Cx ∩ Cy 6= ∅.
iii. Supposons que Cx ∩ Cy 6= ∅ et montrons que xRy.
Comme l’intersection des deux classes d’équivalence est non vide, il existe un
élément z appartenant à l’une et à l’autre. Ainsi, zRx et zRy. La relation R
étant symétrique et transitive, on a bien xRy.
Ainsi, on a démontré trois implications successives. La notion d’implication étant
transitive (voir théorème 3.28), on a bien démontré les deux équivalences désirées.
Exemple 6.14.
Donner l’ensemble quotient associé aux relations d’équivalence de l’exemple 6.8.
Théorème 6.15. Si R est une relation d’équivalence sur E alors E/R est une partition
de E.
43
Démonstration Soit R une relation d’équivalence sur E.
Montrons que E/R = {Cx , x ∈ E} est une partition de E.
i. ∀x ∈ E, Cx 6= ∅ d’après la proposition 6.12.
ii. ∀(x, y) ∈ E 2 , Cx 6= Cy ⇒ Cx ∩ Cy = ∅ par contraposée de la proposition 6.12.
iii. Toute classe d’équivalence est incluse dans E donc leur union aussi et E/R ⊂ E.
Réciproquement, tout élément x de E est inclus dans sa classe d’équivalence Cx par
la proposition 6.12 et x ∈ Cx ⊂ E/R. Ainsi, E ⊂ E/R. On a montré deux inclusions
et ainsi l’égalité désirée E/R = E.
On a bien démontré les trois conditions pour que E/R forme une partition de E.
Réciproquement, le théorème suivant indique qu’à toute partition de E on peut associer
une relation d’équivalence sur E.
Théorème 6.16. Si Π est une partition de E alors il existe R une relation d’équiva-
lence sur E telle que Π = E/R.
Démonstration On définit la relation R par
(∀(x, y) ∈ E 2 )(xRy ⇐⇒ (∃ A ∈ Π)(x ∈ A et y ∈ A)).
On vérifie ensuite que R est réflexive, symétrique, et transitive. D’autre part, en montrant
que
(∀ x ∈ E)(∀ A ∈ Π)(x ∈ A =⇒ Cx = A),
on vérifie que Π = E/R.
Remarque 6.17. On peut interpréter la plupart des ensembles usuels comme des en-
sembles quotient. C’est le cas par exemple du corps Q ou de K(x) le corps des fonctions
rationnelles.
Exemple 6.18. Soit E = Z, p un nombre premier et R la relation binaire sur E définie
par
∀(x, y) ∈ Z2 , xRy ⇐⇒ x − y est divisible par p
Montrer que R définit bien une relation d’équivalence sur E. Alors son ensemble quotient
E/R encore noté Z/pZ est un corps. Il peut être représenté par {0̇, 1̇, . . . , p −˙ 1} où ẋ est
la classe d’équivalence de x, c’est-à-dire tous les entiers relatifs dont le reste de la division
euclidienne par p donne x. Raisonner dans Z/pZ consiste à raisonner en base p. C’est
très utilisé notament en cryptographie, l’art de coder les informations...
44
Exemple 6.20.
Montrer que, dans les deux exemples suivants, R est une relation d’ordre sur E :
1. E = R et (∀ (x, y) ∈ R2 )(xRy ⇐⇒ x ≤ y).
2. E = P(X) où X est un ensemble non vide et
(∀ (A, B) ∈ (P(X))2 )(ARB ⇐⇒ A ⊂ B).
Remarque 6.21. La notion de relation d’ordre est une généralisation formelle de la
notion d’inégalité dans R. C’est pourquoi, quand il n’y a pas de risque de confusion, il
arrive qu’elle soit notée ” ≤ ” au lieu de R.
Définition 6.22. Un ensemble non vide E est dit ordonné s’il est muni d’une relation
d’ordre R. On note alors cet ensemble ordonné (E, R).
Exemple 6.23. (R, ≤) et (P(X), ⊂) sont des ensembles ordonnés
Définition 6.24. Soit (E, R) un ensemble ordonné.
1. Deux éléments x et y de E sont dits comparables si xRy OU yRx.
2. La relation R est d’ordre total si tous les éléments de E sont comparables :
(∀(x, y) ∈ E 2 )(xRy OU yRx).
3. Elle est d’ordre partiel dans le cas contraire :
(∃(x, y) ∈ E 2 )(N ON (xRy) ET N ON (yRx)).
Exemple 6.25. Les relations d’ordre définies dans l’exemple 6.20 sur R et P(X) sont-
elles des relations d’ordre total ou partiel ?
45
6.4.3 Minorant - Majorant
Soit (E, R) un ensemble ordonné. Soit F une partie non vide de E.
Définition 6.29. On considère m ∈ E et M ∈ E.
1. m est un minorant de F dans E si (∀x ∈ F )(mRx).
2. M est un majorant de F dans E si (∀x ∈ F )(xRM ).
3. La partie F est minorée dans E si il existe au moins un minorant.
4. La partie F est majorée dans E si il existe au moins un majorant.
5. La partie F est bornée dans E si elle est minorée et majorée.
Exemple 6.30.
1. On considère dans (R, ≤) la partie F définie par F =]−3, −1]. Donner des majorants
et des minorants de F . La partie F admet-elle un plus petit (respectivement plus
grand) élément ?
2. Soit X = {1, 2, 3, 4}. On considère dans (P(X), ⊂) la partie F définie par
F = {{1}, {1, 2}, {1, 3}}. Donner des majorants et des minorants de F . La partie
F admet-elle un plus petit (respectivement plus grand) élément ?
Définition 6.31.
46
6.5 Propiétés de l’ensemble des réels
Il existe plusieurs constructions de l’ensemble R. L’une d’elle part de la constatation
suivante :
Proposition 6.35. On considère, dans Q ordonné par la relation usuelle, ≤, l’ensemble
X défini par X = {x ∈ Q, x > 0 et x2 ≤ 2}. Alors X n’a pas de borne supérieure dans Q.
Démonstration Supposons que la borne supérieure existe et notons a = sup X ∈ Q.
Nous avons déjà vu dans l’exemple 4.15 que x2 = 2 n’a pas de solutions dans Q donc
a2 6= 2. Supposons a2 > 2 et posons ε = a2 − 2 > 0. Pour tout rationnel h, nous avons
Pour remédier à ce problème, on introduit R, l’ensemble des réels qui contient l’en-
semble Q et dans lequel toute partie non vide et majorée possède une borne supérieure.
Proposition 6.36. R est un corps commutatif totalement ordonné, archimédien et véri-
fiant la propriété de la borne supérieure.
Expliquons un à un les termes de cette proposition.
R est un corps commutatif signifie que : R est muni de deux lois notées + et ×
ayant les propriétés suivantes :
1. ∀ (a, b) ∈ R2 , a + b ∈ R et a × b ∈ R (lois internes)
2. ∀ (a, b) ∈ R2 , a + b = b + a et a × b = b × a (lois commutatives)
3. ∀ (a, b, c) ∈ R3 , (a + b) + c = a + (b + c) et (a × b) × c = a × (b × c) (lois associatives)
4. ∀ a ∈ R , a + 0 = a et a × 1 = a (existence d’un neutre)
5. ∀ a ∈ R , ∃b ∈ R, a+b = 0 et ∀ a ∈ R∗ , ∃b ∈ R∗ , a×b = 1 (existence d’un symétrique
pour a)
6. ∀ (a, b, c) ∈ R3 , a × (b + c) = a × b + a × c (× est distributive par rapport à +).
47
R est totalement ordonné signifie que la relation d’ordre ” ≤ ” est une relation
d’ordre total. De plus,
∀(x, y, z) ∈ R3 , x ≤ y =⇒ x + z ≤ y + z et (x ≤ y et 0 ≤ z) =⇒ x × z ≤ y × z.
R vérifie la propriété de la borne supérieure signifie que tout ensemble non vide
et majoré admet une borne supérieure ; ce qui se caractérise par :
Si X est une partie non vide et majorée de R alors a = sup X donc
48
Test d’assimilation numéro 4
1. Construire le graphe d’une relation binaire définie sur l’ensemble E = {1, 2, 3, 4}.
2. Même question avec une relation binaire reflexive, une relation binaire symétrique
puis antisymétrique et enfin transitive. Rappelez à chaque fois la définition précise.
3. Une relation binaire peut-elle être à la fois une relation d’équivalence et d’ordre ?
4. Rappelez la définition d’une classe d’équivalence. Peut-elle être vide ? réduite à un
point ? égale à l’ensemble E tout entier ? Si oui, donner un exemple de relation
d’équivalence pour lequel cela se produit.
5. Soit R la relation binaire définie sur C par
Montrer que c’est une relation d’équivalence sur C. Donner les classes d’équivalence
et l’ensemble quotient. De quoi est-il une partition ?
6. Soit R la relation binaire définie sur Z × Z∗ par
Montrer que c’est une relation d’équivalence sur Z × Z∗ . Donner les classes d’équi-
valence et l’ensemble quotient. Avec quel ensemble connu est-il en bijection ?
7. Soit l’ensemble (R, ≤). Montrer que c’est un ensemble totalement ordonné (c’est-à-
dire un ensemble ordonné muni d’une relation d’ordre total).
Soit X = {−3, 3, 5 − n1 , n ∈ N∗ }. X admet-il un plus petit élément, un plus grand
élément, une borne supérieure, une borne inférieure ?
8. Même question avec X =] − ∞, 0[∪{ n2 , n ∈ N∗ }.
9. Même question avec X = N.
10. Soit (E, R) un ensemble ordonné. Démontrer que, s’il existe, le plus grand élément
est unique.
11. Que signifie archimédien ?
49
50
Chapitre 7
Fonctions-Applications
7.1 Généralités
Soient E et F deux ensembles.
Définition 7.1. Une fonction f de E vers F (ou de E dans F ) est une relation de
E vers F associée à un graphe Gf telle que pour tout x dans E, il existe au plus un y
dans F tel que (x, y) appartiennent à Gf . On caractérise alors les couples (x, y) ∈ Gf par
y = f (x) et on définit les fonctions de la façon suivante :
f : E −→ F
x 7−→ y = f (x).
∀x ∈ E , ∃!y ∈ F , | y = f (x)
IdE : E −→ E
x 7−→ x = IdE (x).
Définition 7.4. Deux applications sont égales si elles ont le même ensemble de départ,
le même ensemble d’arrivée et le même graphe.
51
Exemple 7.5. Les applications
f : R −→ R g : R −→ R+
x 7−→ x2 et x 7−→ x2
Définition 7.6. On appelle restriction de f à A l’application notée f|A définie pour tout
x dans A par f|A (x) = f (x) soit :
f|A : A −→ F
x 7−→ y = f (x).
f : R −→ R h : R+ −→ R
x 7−→ x2 et x 7−→ x2 .
f1 : R∗ −→ R
sin x
x 7−→ .
x
Les applications
f2 : R −→ R f3 : R −→ R
sin x sin x
si x 6= 0
si x 6= 0
x 7−→ f2 (x) = x et x 7−→ f3 (x) = x
37 si x = 0 1 si x = 0
52
7.1.2 Image directe, image réciproque d’un sous-ensemble
Soit A ⊂ E, B ⊂ F et f une application de E dans F .
Définition 7.11.
f : R −→ R
x 7−→ x2 .
1. Déterminer Im f et les ensembles f (A) lorsque A = [1, 2[, A = [−1, 3], A = [−1, 1]
et A = {−2}. Préciser lesquels de ces ensembles sont stables par f .
2. Déterminer les ensembles f −1 (B) lorsque B =]3, 9], B = [−2, 1] B = {4} et
B = {−8}.
3. Déterminer f (f −1 ([−2, 1])) et f −1 (f ({2})).
53
Démonstration Les assertions 4. 5. et 8. à 10. seront démontrées en TD. Voyons les
autres maintenant.
1. Par définition, f (∅) est l’ensemble des images f (x) pour x ∈ ∅. Ainsi, f (∅) = ∅. De
même, f −1 (∅) est l’ensemble des x ∈ E dont les images f (x) appartiennent au vide.
Donc f −1 (∅) = ∅.
2. Si A 6= ∅ alors il existe x ∈ A et f (x) ∈ f (A). Donc f (A) 6= ∅. On a bien montré l’im-
plication désirée. Par contre, si B = {−8} dans l’exemple 7.13, B 6= ∅ et pourtant
f −1 (B) = ∅. On a bien nié l’implication B 6= ∅ ⇒ f −1 (B) 6= ∅.
3. Soient A et A0 deux parties de E telles que A ⊂ A0 . Montrons que f (A) ⊂ f (A0 ).
Soit y ∈ f (A). Par définition, il existe x ∈ A tel que y = f (x). Or A ⊂ A0 donc
x ∈ A0 et y = f (x). Ainsi, y ∈ f (A0 ).
On a bien montré que ∀y ∈ F , y ∈ f (A) ⇒ y ∈ f (A0 ), donc que f (A) ⊂ f (A0 ) par
définition de l’inclusion.
De même, si B ⊂ B 0 , soit x ∈ f −1 (B). Alors f (x) ∈ B. Or B ⊂ B 0 donc f (x) ∈ B 0
et x ∈ f −1 (B 0 ). On a bien montré l’inclusion f −1 (B) ⊂ f −1 (B 0 ).
6. Montrons que f −1 (B ∩ B 0 ) = f −1 (B) ∩ f −1 (B 0 ).
Soit x ∈ f −1 (B ∩ B 0 ). On a par équivalence
7.1.3 Composition
Soient E, F et G trois ensembles. On considère f une application de E vers F et g
une application de F vers G.
Définition 7.15. On appelle composée des applications f et g l’application de E vers
G, notée g ◦ f et définie par
Calculer g ◦ f et f ◦ g.
54
Proposition 7.17. Soient des ensembles E, F, G et H. On considère les applications f, g
et h défiinies respectivement de E vers F , de F vers G et de G vers H.
1. La composition des applications est associative : h ◦ (g ◦ f ) = (h ◦ g) ◦ f .
2. Si G = E alors on peut définir g ◦ f et f ◦ g mais ces applications ne sont pas égales
en général.
3. f ◦ IdE = IdF ◦ f = f .
Démonstration
1. Les applications h ◦ (g ◦ f ) et (h ◦ g) ◦ f ont même ensemble de départ E et même
ensemble d’arrivée H. De plus, pour tout x ∈ E, on a
et
(h ◦ g) ◦ f (x) = (h ◦ g)[f (x)] = h[g[f (x)]].
Les deux applications sont donc égales et la composition des applications est bien
associative.
2. Dans le cas G = E, les deux applications g ◦ f et f ◦ g ont même ensemble de départ
et d’arrivée E, mais elles ne sont pas nécéssairement égales, l’exemple 7.16 en étant
une preuve.
3. Les trois applications f ◦ IdE , IdF ◦ f et f ont même ensemble de départ E, même
ensemble d’arrivée F et prennent la même valeur f (x) en tout point x de E. Elles
sont donc égales.
Autrement dit, une application est injective si et seulement si tout élément de l’ensemble
d’arrivée a au plus un antécédent par f .
Exemple 7.19. Déterminer, parmi les applications f , g et h des exemples 7.5 et 7.7,
lesquelles sont injectives.
55
Définition 7.20. L’application f est surjective si et seulement si
Autrement dit, une application est surjective si tout élément de l’ensemble d’arrivée a
au moins un antécédent par f .
Exemple 7.21. Déterminer, parmi les applications f , g et h des exemples 7.5 et 7.7,
lesquelles sont surjectives.
Exemple 7.23. Construire, à partir des applications f , g et h des exemples 7.5 et 7.7,
une application bijective.
Définition 7.24. Soit f est une application bijective de E vers F . On appelle application
réciproque de f , l’application de F vers E notée f −1 définie par
f −1 : F −→ E
y 7−→ x = f −1 (y) où x est l’unique antécédent de y par f .
Exemple 7.25.
7.2.2 Propriétés
Proposition 7.27. Soit E et F , deux ensembles et f une application de E vers F . On
note A et A0 deux sous-ensembles de E, B et B 0 deux sous-ensembles de F . Nous avons
les propriétés suivantes :
1. La composée de deux applications injectives est injective.
2. La composée de deux applications surjectives est surjective.
3. La composée de deux applications bijectives est bijective.
4. f est surjective si et seulement si Im f = F .
56
5. Si f est injective alors f (A ∩ A0 ) = f (A) ∩ f (A0 ).
6. Si f est injective alors A = f −1 (f (A)).
7. Si f est surjective alors f (f −1 (B)) = B.
donc que g ◦ f est injective. La composition de deux applications injectives est bien
injective.
4. On doit démontrer une équivalence. Montrons donc une double implication :
– Supposons f surjective et montrons que f (E) = F . On a toujours f (E) ⊂ F par
définition. Pour l’autre inclusion, considérons y ∈ F . Comme f est surjective, il
existe un antécédant x ∈ E à y tel que y = f (x). Ainsi, y ∈ f (E) et F ⊂ f (E).
Par double inclusion, nous avons bien montré l’égalité f (E) = F .
– Réciproquement, supposons que f (E) = F et montrons que f est surjective. Soit
y ∈ F . Comme F = f (E), y ∈ f (E). Or f (E) est l’ensemble des images par f
d’éléments de E donc il existe x ∈ E tel que y = f (x) et f est surjective.
Nous avons bien démontré l’équivalence entre l’assertion "f est surjective" et celle
"f (E) = F ". Cette assertion est primordiale pour l’étude des applications linaires
en algèbre linéaire.
Démonstration
1. Les deux applications f ◦ f −1 et IdF ont même ensemble de départ F et d’arrivée
F . De plus en tout point y ∈ F , elles ont la même image y.
En effet, f ◦ f −1 (y) = f (x) = y si x est l’unique antécédant de y par f (celui-ci
existe et est unique car f est bijective). De même, on montre que f −1 ◦ f = IdE .
57
2. Soit f une application bijection. Posons h = f −1 sa réciproque. Alors, h est une
application de F vers E. Montrons qu’elle est bijective.
Soient (y, y 0 ) ∈ F 2 tels que h(y) = h(y 0 ). Alors par composition, f ◦ h(y) = f ◦ (y 0 ).
Or par 1. ci-dessus, f ◦ h = IdF donc y = y 0 et h est injective.
Soit x ∈ E. Alors f (x) ∈ F et h(f (x)) = h ◦ f (x) = x donc f (x) est un antécédant
par h de x. On a montré que h est surjective.
Etant injective et surjective, h est bijective. De plus, on montre aisément qu’elle
−1
coïncide avec f −1 . Ainsi, l’application f −1 est bijective et (f −1 ) = f .
3. Si f et g sont deux applications bijectives de E vers F et de F vers G respectivement
alors leur composée g ◦ f est bijective de E vers G(cf proposition 7.27 point 3). De
plus, les deux applications (g ◦ f )−1 et f −1 ◦ g −1 ont même ensemble de départ G
et même ensemble d’arrivée E. Enfin, en tout point z ∈ G, si on note y l’unique
antécédant de z par g et x l’unique antécédant de y par f , on a (g ◦ f )−1 (z) = x car
g ◦ f (x) = g(y) = z et f −1 ◦ g −1 (z) = f −1 (y) = x. Ces deux applications sont donc
égales.
cos ◦Arccos = IdE , Arccos ◦ cos = IdF , sh ◦ Argsh = IdG et Argsh ◦ sh = IdH .
Démonstration
1. Supposons que g ◦ f = IdE et montrons que f est injective.
Soient (x, x0 ) ∈ E 2 tels que f (x) = f (x0 ). Par composition on a g ◦ f (x) = g ◦ f (x0 ).
Or g ◦ f = IdE donc x = x0 . On a bien montré l’injectivité de f .
Montrons maintenant que g est surjective.
Soit x ∈ E. Alors f (x) ∈ F et g(f (x)) = g ◦ f (x) = IdE (x) = x. Ainsi f (x) est un
antécédant par g de x et g est surjective.
2. Supposons maintenant que g ◦ f = IdE et f ◦ g = IdF . Alors par le raisonnement
précédent, on montre que f est injective et g surjective par la première égalité. La
deuxième conduit à la surjectivité de f et l’injectivité de g. Finalement, f et g sont
bijectives. On montre aisément que les applications g et f −1 sont égales de F dans
E puis en utilisant la proposition 7.28 point 2 que f et g −1 le sont aussi. Ainsi, f
et g sont réciproques l’une de l’autre.
58
Plus généralement, on a le résultat suivant :
59
Test d’assimilation numéro 5
60
Chapitre 8
8.1.1 Définitions
Définition 8.1. Les ensembles E et F sont équipotents ou E est équipotent à F s’il
existe une bijection de E vers F .
Lemme 8.2. Soit m et n deux entiers naturels non nuls. Si N∗n et N∗m sont équipotents
alors m = n.
Démonstration Soit h une application bijective de N∗n vers N∗m . Nous allons montrer par
récurrence sur n ∈ N∗ que m = n.
Définition de l’assertion à démontrer : Pour n ∈ N∗ , notons P (n) l’assertion m = n.
Initialisation : Pour n = 1, supposons que m > 1. Si h(1) > 1 alors 1 ∈ N∗m n’a pas
d’antécédent par h bijective ce qui est absurde donc h(1) = 1 et alors c’est 2 ∈ N∗m
qui n’a pas d’antécédent par h bijective. Finalement, on a bien m = 1 = n.
Hérédité : Soit n ∈ N. Supposons que P (n) est vraie et montrons que P (n+1) est vraie.
Supposons dans un premier temps que h(n + 1) = m. Alors l’application
ĥ : N∗n −→ N∗m−1
p 7−→ h(p)
61
Supposons maintenant que h(n + 1) = a 6= m. Alors l’application
ϕ : N∗m −→ N∗m
p si p 6= a et p 6= m
p 7−→ ϕ(p) = m si p = a
a si p = m
est bijective. Ainsi, l’application h̃ = ϕ ◦ h est une bijection de N∗n+1 vers N∗m et nous
sommes ramené au cas précédent puisque h̃(n+1) = ϕ(a) = m. Par suite n+1 = m.
Conclusion : Par le principe de récurrence, la propriété est vraie pour tout entier non
nul n.
Remarque 8.3. La réciproque de ce lemme est bien sûr vraie, si m = n alors N∗n et N∗m
sont égaux donc équipotents. L’implication évoquée dans le lemme est donc en fait une
équivalence.
Définition 8.4. L’ensemble E est fini s’il est vide ou s’il existe un entier naturel non
nul n tel que E soit équipotent à N∗n . L’entier n est unique et s’appelle le cardinal de E :
on note n = Card E. De plus, par convention Card ∅ = 0.
Remarque 8.5. Le fait que l’entier naturel non nul n evoqué ci-dessus existe et soit
unique est une conséquence directe du lemme 8.2.
Exemple 8.6. Soit un entier non nul n. Montrer que les deux assertions suivantes sont
équivalentes :
i. ∃(x1 , x2 , . . . , xn ) ∈ E tels que ∀(i, j) ∈ N∗2
n , i 6= j ⇒ xi 6= xj et E = {x1 , x2 , · · · , xn }
ii. Card E = n
On pourra notamment considérer l’application ϕ qui à i ∈ N∗n associe xi ∈ E et montrer
qu’elle est injective et surjective.
Proposition 8.7. Soient E et F deux ensembles finis et f une application de E vers F .
Si f est bijective alors Card E = Card F .
Démonstration Soit n = Card E et p = Card F avec n et p deux entiers naturels non
nuls. Il existe par définition une bijection ϕ de E dans N∗n et une autre ψ de F dans N∗p .
Ainsi, ψ ◦ f ◦ φ−1 est une application de N∗n dans N∗p , bijective car composée d’applications
bijectives (cf proposition 7.27). D’après le lemme 8.2, n = p.
Définition 8.8.
1. L’ensemble E est infini s’il existe une injection de N vers E.
2. L’ensemble E est infini dénombrable ou dénombrable s’il est équipotent à N.
3. L’ensemble E est infini non dénombrable s’il existe une injection non surjective
de N vers E.
62
Exemple 8.9.
1. Montrer que l’ensemble des entiers pairs est dénombrable.
2. Montrer que l’ensemble des entiers relatifs est dénombrable.
3. Montrer que E =]0, 1[ et F =]1, +∞[ sont équipotents. On admettra qu’ils sont
infinis non dénombrables.
Proposition 8.10. Si E est dénombrable alors E est infini. La réciproque est fausse.
f : N −→ P(N)
n 7−→ {n}
est injective. Supposons de plus qu’il existe une application g surjective de N vers P(N).
Alors pour tout entier n, g(n) est un sous-ensemble de N. Soit A ∈ P(N) défini par
A = {p ∈ N, p 6∈ g(p)}.
Comme g est surjective, il existe n0 ∈ N tel que g(n0 ) = A.
-Premier cas : n0 ∈ A = g(n0 ) donc n0 ∈ g(n0 ) et n0 6∈ g(n0 ) puisque n0 ∈ A.
-Second cas : n0 6∈ A = g(n0 ) donc n0 6∈ g(n0 ) et par suite n0 ∈ A.
Les deux cas conduisent à une contradiction, c’est donc qu’il n’existe pas d’application
surjective de N vers P(N) donc P(N) n’est pas dénombrable.
63
Démonstration
1. Montrons cette implication par récurrence sur le cardinal de E.
Définition de la propriété de récurrence : Soit n ∈ N et P (n) la proposition
suivante :"Si A ⊂ E et Card E = n alors A est un ensemble fini et Card A ≤ n".
Initialisation : Si n = 0, E = ∅ et la seule partie de E est A = E = ∅. Ainsi,
Card A = 0 ≤ Card E et la propriété de récurrence est vérifiée au rang n = 0.
Hérédité : On suppose que P (n) est vraie pour un certain n ∈ N. Montrons que
P (n + 1) est vraie. Soit donc E un ensemble fini de cardinal n + 1 et A ⊂ E. Deux
possibilités s’offrent à nous : soit A = E et Card A = n + 1 ≤ Card E et P (n + 1)
est vraie, soit A 6= E et il existe x ∈ {E A. Alors A ⊂ E \ {x}. D’après le lemme
8.11, Card E \ {x} = n + 1 − 1 = n et on peut appliqué la propriété de récurrence
à A ⊂ E \ {x}. Donc Card A ≤ n < n + 1. Ainsi P (n + 1) est encore vérifiée. On a
bien montré que dans les deux cas la propriété de récurrence est héréditaire.
Conclusion : Par le principe de récurrence, ∀n ∈ N, si E est un ensemble fini de
cardinal n et A ⊂ E alors Card A ≤ n et la proposition est démontrée.
2. Soit E un ensemble fini et A une partie de E de même cardinal que E. Raisonnons
par l’absurde : si A 6= E alors il existe x ∈ {E A et A ⊂ E \ {x}. De même que
précédemment, Card A ≤ Card E − 1 < Card E. Ceci est absurde car contredit le
fait que A et E soit de même cardinal. Donc A = E.
Démonstration
1. On sait que E est un ensemble fini, A, B et A ∪ B sont des parties de E donc ce
sont aussi des ensembles finis. Soit m = Card A et p = Card B. Il existe donc une
bijection ϕ de A dans N∗m et une autre ψ de B dans N∗p . Construisons f de A ∪ B
dans N∗m+p par f (x) = ϕ(x) si x ∈ A et f (x) = ψ(x) + m si x ∈ B. Alors on vérifie
que f est une bijection (surjective par construction et injective car A ∩ B = ∅) et
Card A ∪ B = m + p.
2. On sait que E est un ensemble fini, A, B, A ∩ B et A ∪ B sont des parties de E
donc ce sont aussi des ensembles finis. On se ramène au cas précédent en écrivant
A ∪ B = A ∪ (B ∩ {E A) car A ∩ (B ∩ {E A) = A ∩ {E A ∩ B = ∅.
64
Ainsi, Card A ∪ B = Card A + Card (B ∩ {E A). De plus, B = (B ∩ A) ∪ (B ∩ {E A)
et (B ∩ A) ∩ (B ∩ {E A) = B ∩ A ∩ {E A = ∅. Donc par le point précédent, on a
encore Card B = Card (B ∩ A) + Card (B ∩ {E A). En combinant ces deux égalités,
on obtient l’égalité désirée.
3. On sait que (A, {E A) forment une partition de E donc on peut appliquer le point
1. pour obtenir que Card A + Card {E A = Card E.
4. On généralise le cas précédent par récurrence sur le nombre de parties dans la
partition.
Définition de la propriété de récurrence : Soit p ∈ N∗ et PP (p) la proposition :
"Si (Ai )i∈N∗p est une partition de E à p parties alors Card E = pi=1 Card Ai ".
Initialisation : Si p = 1, E est la seule partition de E à un seul sous-ensemble. Or
Card E = Card E et la propriété de récurrence est vérifiée au rang p = 1.
Hérédité : On suppose que P (p) est vraie pour un certain p ∈ N∗ . Montrons
que P (p + 1) est vraie. Soit (Ai )i∈N∗p+1 une partition de E à p + 1 parties de E.
Alors (A1 , A2 , . . . Ap−1 , Ap ∪ Ap+1 ) est une partition
Pp−1 de E à p parties. L’hypothèse
de récurrence P (p) s’applique et Card E = i=1 Card Ai + Card (Ap ∪ Ap+1 ). Or
Ap ∩ Ap+1 = ∅ donc par le point 1., Card (Ap ∪ Ap+1 ) = Card Ap + Card Ap+1 . Ainsi
P (p + 1) est encore vérifiée. On a bien montré que la propriété de récurrence est
héréditaire.
Conclusion : Par le principe de récurrence, la proposition est démontrée pour tout
p ∈ N∗ .
Remarque 8.15. Les égalités précédentes peuvent se généraliser dans deux cas :
1. (Formule du crible) Si (Ai )i=1...p est une famille de sous-ensembles de E alors
p p
!
[ X X
Card Ai = (−1)k+1 Card (Ai1 ∩ Ai2 ∩ · · · ∩ Aik )
i=1 k=1 (i1 ,...,ik )∈N∗p
2. Si (Ai )i=1...p est une famille de sous-ensembles de E deux à deux distincts (c’est-à-
dire i 6= i ⇒ Ai ∩ Aj = ∅) alors
p p
!
[ X
Card Ai = Card Ai
i=1 i=1
65
Exemple 8.17. Combien un village doit-il contenir d’habitants pour que deux personnes
au moins aient les mêmes initiales ? On pourra commencer par compter combien d’initiales
à deux lettres peuvent exister.
Démonstration
1. On sait qu’une fonction f est une application si et seulement si tout élément de
l’ensemble de départ x ∈ E a exactement une image y dans l’ensemble d’arrivée.
Deux images pouvant être confondues, on a donc Card f (E) ≤ Card E.
2. Si f est injective alors l’application f˜ de E dans f (E) définie pour tout x dans E
par f˜(x) = f (x) est bijective donc Card E = Card f (E). Or f (E) ⊂ F donc par la
proposition 8.12, Card f (E) ≤ Card F et Card E ≤ Card F .
3. L’implication directe vient d’être démontrée, occupons-nous de la réciproque en dé-
montrant la contraposée ! Si f est non injective alors il existe (x, x0 ) ∈ E 2 tels que
x 6= x0 ET f (x) = f (x0 ). Ainsi, si E = {x1 , . . . xn }, f (E) = {f (x1 ), . . . , f (xn )} et
Card f (E) < Card E. Ainsi Card f (E) 6= Card E. Ceci démontre bien la contra-
posée de la réciproque.
4. Supposons que f est surjective. Alors f (E) = F et Card f (E) = Card F . Or
Card f (E) ≤ Card E d’après le premier point. Ainsi, Card E ≥ Card F .
5. L’implication directe vient d’être démontrée, occupons-nous de la réciproque. On
doit montrer que f (E) = F . On sait par définition que f (E) ⊂ F . Or Card f (E) =
Card F par hypothèse donc f (E) = F d’après la proposition 8.12. Ainsi, f est
surjective.
Théorème 8.20. Soit E et F deux ensembles finis de même cardinal et f une application
de E vers F . f injective ⇐⇒ f surjective ⇐⇒ f bijective.
66
Démonstration Supposons que f est une application de E dans F , deux ensembles finis
de même cardinal. Alors
D’autre part, comme f est bijective si et seulement si elle est injective et surjective, on a
bien les deux équivalences demandées.
Remarque 8.21. Attention de bien vérifier l’hypothèse "ensembles finis de même cardi-
nal" car l’aplication
h : N −→ N
n 7−→ 2n
8.2 Dénombrement
Le dénombrement consiste à déterminer le nombre d’éléments dans un ensemble fini.
Nous allons donner quelques exemples et définir quelques notions d’analyse combinatoire.
Card F E = np .
h : F E −→ F n
f 7−→ (f (a1 ), . . . , f (an ))
67
Corollaire 8.23. Soit E un ensemble fini. Si Card E = p alors Card P(E) = 2p .
On montre que Φ est injective : Soit (A, B) ∈ (P(E))2 tels que Φ(A) = Φ(B) c’est-à-dire
1A = 1B . Pour tout x ∈ A, 1B (x) = 1A (x) = 1 donc x ∈ B et A ⊂ B. De même on montre
que B ⊂ A et par suite on a A = B.
On montre ensuite que Φ est surjective : Soient f ∈ {0, 1}E et A = {x ∈ E, f (x) = 1}.
On a alors f = 1A . En effet, pour tout x ∈ A, f (x) = 1 = 1A (x) et pour tout x 6∈ A,
f (x) = 0 = 1A (x).
Φ est donc une application bijective donc Card P(E) = Card {0, 1}E = 2p .
On peut montrer facilement (à faire !) que l’application ϕ qui à X ∈ P(E) associe son
complémentaire {E X ∈ P(E) est une bijection. Ainsi,
X X
S= Card X = Card {E X
X∈P(E) X∈P(E)
En additionnant ces deux sommes et sachant que (X, {E X) est une partition de E, on a
X X X
2S = Card (X ∪ {E X) = Card E = n = n2n
X∈P(E) X∈P(E) X∈P(E)
8.2.2 Arrangements
Théorème 8.25. Soit E et F deux ensembles finis tels que Card E = p ≤ n = Card F .
n!
Le nombre d’applications injectives de E vers F est : .
(n − p)!
68
Démonstration Notons An,p le nombre d’applications injectives de E vers F . On raisonne
par récurrence sur p = Card E.
Définition de la propriété de récurrence : Pour p ∈ N, notons P (p) l’assertion
n!
An,p = .
(n − p)!
Théorème 8.27. Soit E et F deux ensembles finis tels que Card E = Card F = n.
Le nombre d’applications bijectives de E vers F est n!.
Dans le cas où E = F , une bijection de E dans E est aussi appelée une permutation de
E. L’ensemble des permutations de N∗n est appelé le groupe symétrique Sn et son cardinal
est
Card Sn = n! .
Démonstration Comme E et F sont des ensembles finis de même cardinal, toute appli-
n!
cation injective est bijective donc le nombre de bijections est Ann = = n!.
(n − n)!
69
Exercice 8.28. Une urne contient 8 boules rouges, 3 blanches et 9 noires. On tire succes-
sivement et sans remise 3 boules de l’urne. Combien de tirages différents peut-on obtenir
1. en général ?
2. avec trois boules rouges ?
3. avec trois boules blanches ?
4. avec dans l’ordre : une rouge, une blanche et une noire ?
5. avec dans le désordre : une rouge, une blanche et une noire ?
6. avec dans le désordre : deux rouges et une blanche ?
8.2.3 Combinaisons
Théorème 8.29. Soit E un ensemble fini de cardinal n et p un entier tels que p ≤ n. Le
n!
nombre de parties de E de cardinal p est : .
p!(n − p)!
Démonstration Cette démonstration proche de celle du nombre d’applications injectives
sera vue en TD.
Démonstration Cette belle démonstration par récurrence vous sera proposée en TD.
Exercice 8.33. On appelle "main" toute partie de 8 cartes extraites d’un jeu de 32 cartes.
Combien existe-t-il
1. de mains différentes ?
2. de mains contenant au moins un as ?
70
Test d’assimilation numéro 6
71
72
Chapitre 9
Exemple 9.2.
1
– Soit la suite (un )n∈N définie par ∀n ∈ N, un = n+1 . Calculez u0 , u1 et u100 .
– Soit la suite (un )n∈N définie par u0 = 1 et la relation de récurrence
∀n ∈ N, un+1 = un + 3.
∀n ∈ N, un+1 = 5un .
Les cas particuliers de suites définies par une relation de récurrence seront étudiées
plus précisément à la fin de ce chapitre.
Définition 9.3. On dit qu’une suite (vn )n∈N est une suite extraite de la suite (un )n∈N
si ∀n ∈ N, vn = uϕ(n) où ϕ est une application strictement croissante de N dans N.
73
Définition de l’assertion à démontrer : Soit n ∈ N. Notons P (n) la propriété
ϕ(n) ≥ n.
Initialisation : Comme ϕ est une application de N dans lui-même, la propriété est vérifiée
au rang n = 0.
Hérédité : Supposons qu’elle est vraie pour un rang n donné et montrons qu’elle reste
vraie au rang n + 1. Comme ϕ est strictement croissante, ϕ(n + 1) > ϕ(n) ≥ n car, par
hypothèse, P (n) est vraie. Sachant que ϕ(n + 1) est un entier et que ϕ(n + 1) > n, on en
déduit que P (n + 1) est vraie puis que la propriété P est héréditaire.
Conclusion : Ainsi, par le principe de récurrence, P (n) est vraie pour tout n ∈ N.
Exemple 9.5.
– La suite extraite (un+n0 )n∈N permet de ne définir une suite qu’à partir d’un certain
1
rang n0 ∈ N : Soit la suite (un )n∈N définie pour tout n ≥ 3 par un = ln n−2 . Vérifiez
que cette suite est bien définie pour n ≥ 3.
– Les suites extraites des termes pairs (u2n )n∈N et des termes impairs (u2n+1 )n∈N sont
très fréquemment utilisées : Soit la suite (un )n∈N définie pour n ∈ N par un = (−1)n .
Donnez la suite extraite des termes pairs, des termes impairs.
Définition 9.6. On dit qu’une suite (un )n∈N est une suite de Cauchy si elle vérifie
∀ε > 0 , ∃nε ∈ N | ∀(p, q) ∈ N2 , (p ≥ nε et q ≥ nε ) ⇒ |up − uq | ≤ ε
ou encore, de manière équivalente,
∀ε > 0 , ∃nε ∈ N | ∀(n, h) ∈ N2 , n ≥ nε ⇒ |un+h − un | ≤ ε
Exemple 9.7.
– Soit (un )n∈N la suite définie pour tout n ∈ N∗ par un = n1 . Montrer que cette suite
est de Cauchy.
n
∗
X 1
– Soit (un )n∈N la suite définie pour tout n ∈ N par un = . Calculez un pour n
k=1
k
allant de 1 à 5. Montrer que cette suite n’est pas de Cauchy. On pourra montrer par
exemple que pour tout entier n ∈ N∗ , |u2n − un | ≥ 12 .
9.1.2 Opérations
Définition 9.8. On munit l’ensemble RN des suites réelles de deux opérations internes :
une addition ⊕ et une multiplication ⊗ et d’une opération externe : une multiplica-
tion par un réel • de la manière suivante
(un )n∈N ⊕ (vn )n∈N = (un + vn )n∈N
(un )n∈N ⊗ (vn )n∈N = (un vn )n∈N
λ • (un )n∈N = (λun )n∈N
74
Ces opérations possèdent les mêmes propriétés que les opérations classiques entre
réels :
– Les opérations ⊕ et ⊗ sont commutatives :
((un )n∈N ⊕ (vn )n∈N ) ⊕ (wn )n∈N = (un )n∈N ⊕ ((vn )n∈N ⊕ (wn )n∈N )
((un )n∈N ⊗ (vn )n∈N ) ⊗ (wn )n∈N = (un )n∈N ⊗ ((vn )n∈N ⊗ (wn )n∈N )
– Les opérations ⊕ et ⊗ possèdent un élément neutre :
(wn )n∈N ⊗ [(un )n∈N ⊕ (vn )n∈N ] = [(wn )n∈N ⊗ (un )n∈N ] ⊕ [(wn )n∈N ⊗ (vn )n∈N ]
Certaines de ces propriétés, qui seront revues à l’UV4 d’algèbre linéaire, confèrent à l’en-
semble des suites réelles RN une structure d’espace vectoriel réel.
Exemple 9.9. Avec les suites (un )n∈N et (vn )n∈N définies par les termes généraux suivants,
calculer la somme et le produit des suites
1. un = (−1)n et vn = sin nπ
2. un = 3n et vn = 0
1
3. un = n+1
et vn = 1
Définition 9.10. On dit qu’une suite (un )n∈N est majorée si l’ensemble de ses termes
admet un majorant :
∃M ∈ R | ∀n ∈ N , un ≤ M
On dit qu’une suite (un )n∈N est minorée si l’ensemble de ses termes admet un minorant :
∃m ∈ R | ∀n ∈ N , un ≥ m
On dit qu’une suite (un )n∈N est bornée si elle est majorée et minorée :
∃(m, M ) ∈ R2 | ∀n ∈ N , m ≤ un ≤ M
ou de manière équivalente,
∃K ≥ 0 | ∀n ∈ N , |un | ≤ K
75
Remarque 9.11. Soit (un )n∈N la suite vérifiant ∀n ∈ N , m ≤ un ≤ M . Alors la dernière
phrase ci-dessus est vérifiée avec
1. K = M si 0 ≤ m < M
2. K = |m| = −m si m < M ≤ 0
3. K = max(|m|, |M |) si m < 0 < M
Exemple 9.12. Indiquer si les suites suivantes sont majorées, minorées, bornées en don-
nant à chaque fois une borne adéquate :
1
1. un = n
pour n ≥ 1
2. un = sin n pour n ∈ N
3. un = 2n pour n ∈ N
4. u2n = −n et u2n+1 = n pour n ∈ N
Proposition 9.13. Toute suite extraite d’une suite bornée est bornée.
Démonstration Soit (un )n∈N une suite bornée. Il existe donc un réel M > 0 tel que
∀n ∈ N, |un | ≤ M . Soit vn = uϕ(n) une suite extraite de (un )n∈N avec ϕ une application
strictement croissante de N dans N. Alors, ∀n ∈ N, ϕ(n) ∈ N et |uϕ(n) | ≤ M . Par consé-
quent, la suite (vn )n∈N est bornée.
Démonstration Soit (un )n∈N une suite de Cauchy. On sait par définition que
76
9.2 Convergence, divergence
Le but de ce paragraphe est de définir rigoureusement la notion de convergence d’une
suite vers une limite, que vous avez intuitivement vue dans le secondaire.
Démonstration Soit (un )n∈N une suite réelle convergente. Raisonnons par l’absurde et
supposons que (un )n∈N admet deux limites distinctes l 6= l0 . Alors, on a par définition
∀ε > 0 , ∃nε ∈ N | ∀n ∈ N , n ≥ nε ⇒ |un − l| ≤ ε
∀ε > 0 , ∃n0ε ∈ N | ∀n ∈ N , n ≥ n0ε ⇒ |un − l0 | ≤ ε
Soit ε > 0 fixé. Définissons n0 = max(nε , n0ε ). Soit n ≥ n0 . Alors par inégalité triangulaire,
|l − l0 | ≤ |l − un | + |un − l0 | ≤ 2ε
On a donc montré que ∀ε > 0, |l − l0 | ≤ 2ε. Choisissons ε = |l − l0 |/3 > 0 car l 6= l0 . Alors
1 ≤ 2/3. Ceci est absurde donc l = l0 et la limite d’une suite est unique si elle existe.
Proposition 9.18. Si une suite (un )n∈N est convergente alors elle est bornée.
Démonstration Soit (un )n∈N une suite convergeant vers l ∈ R. On sait donc que
∀ε > 0 , ∃nε ∈ N | ∀n ∈ N , n ≥ nε ⇒ |un − l| ≤ ε
Prenons ε = 1 > 0 et notons nε = n1 ∈ N. Alors, ∀n ∈ N, n ≥ n1 implique |un − l| ≤ 1.
Or, par inégalité triangulaire, |un | ≤ |un − l| + |l|. Donc en posant M1 = |l| + 1, on a
∀n ∈ N , n ≥ n1 ⇒ |un | ≤ M1
On a ainsi majoré tous les termes de la suite à partir du rang n1 . Il ne reste à considérer
que les n1 premiers termes de la suite qui sont en nombre fini.
Soient donc M2 = max(|u0 |, |u1 |, . . . , |un1 −1 |) ≥ 0 et M = max(M1 , M2 ). Alors, tous les
termes de la suite sont majorés en valeur absolue par M ≥ 0 et la suite est, par définition,
bornée.
77
Proposition 9.19. Si une suite (un )n∈N converge vers la limite l ∈ R alors toute suite
extraite de (un )n∈N converge vers la même limite l.
Démonstration Soit (un )n∈N une suite convergente vers l ∈ R. Traduisons cette hypo-
thèse :
∀ε > 0 , ∃nε ∈ N | ∀n ∈ N , n ≥ nε ⇒ |un − l| ≤ ε
Soit vn = uϕ(n) une suite extraite de (un )n∈N où ϕ est une application strictement crois-
sante de N dans N. Soit ε > 0, nε défini comme ci-dessus et n un entier tel que n ≥ nε .
Alors
|vn − l| = |uϕ(n) − l| ≤ ε
car ϕ(n) ≥ n ≥ nε . Finalement, on a démontré que
∀ε > 0 , ∃nε ∈ N | ∀n ∈ N , n ≥ nε ⇒ |vn − l| ≤ ε
donc que la suite extraite (vn )n∈N converge également vers l.
Remarque 9.20. La limite d’une suite ne dépend pas des premiers termes de la suite.
Exemple 9.21. En utilisant la contraposée de cette proposition, montrer que la suite
(un )n∈N définie par un = sin(n π2 ) ne converge pas.
Attention : La convergence d’une suite extraite n’implique pas en général la conver-
gence de la suite. Etudier la convergence de la suite (un )n∈N définie par un = (1+(−1)n )n.
Cependant, sous certaines conditions, la convergence des suites extraites peut entraîner
la convergence de la suite, comme le montre le résultat suivant.
Proposition 9.22. Si (un )n∈N est une suite telle que les deux suites extraites (u2n )n∈N et
(u2n+1 )n∈N convergent vers la même limite finie l, alors la suite (un )n∈N converge vers l.
Démonstration Si (u2n )n∈N et (u2n+1 )n∈N convergent vers une même limite finie l alors
∀ε > 0 , ∃nε,1 ∈ N | ∀n ∈ N , n ≥ nε,1 ⇒ |u2n − l| ≤ ε
et
∀ε > 0 , ∃nε,2 ∈ N | ∀n ∈ N , n ≥ nε,2 ⇒ |u2n+1 − l| ≤ ε
En posant, pour tout ε > 0, nε,0 = max{2nε,1 , 2nε,2 + 1} on a
∀n ∈ N , n ≥ nε,0 ⇒ |un − l| ≤ ε
ce qui prouve la convergence de (un )n∈N vers l.
Remarque 9.23. Ce résultat se généralise à tout recouvrement fini de la suite (un )n∈N ,
N
[
i.e. à toutes N suites extraites (uϕi (n) )n∈N avec 1 ≤ i ≤ N telles que ϕi (N) = N.
i=1
Proposition 9.24. Soit (un )n∈N une suite convergeant vers l et soit f une fonction définie
sur R et continue en l alors la suite (f (un ))n∈N converge vers f (l).
Démonstration Ce théorème sera démontré dans l’UV "Analyse".
78
Proposition 9.25. Si une suite (un )n∈N est convergente alors c’est une suite de Cauchy.
Démonstration Soit (un )n∈N une suite convergente et notons l sa limite. Traduisons
cette hypothèse :
Soit ε > 0, nε défini comme ci-dessus et (p, q) deux entiers tels que p ≥ nε et q ≥ nε .
Alors
|up − uq | ≤ |up − l| + |l − uq | ≤ 2ε
On a ainsi démontré que
Ceci traduit bien que la suite (un )n∈N est une suite de Cauchy.
n
X 1
Exemple 9.26. Montrer que la suite (un )n∈N définie par un = ne converge pas.
k=1
k
Exemple 9.28. Etudier la convergence ou la divergence des suites (un )n∈N définies par
les termes généraux un = n, un = (−1)n , un = sin n.
On distingue parmi les suites divergentes celles qui tendent vers plus l’infini (+∞) et
celles qui tendent vers moins l’infini (−∞).
Définition 9.29. Une suite (un )n∈N divergente admet +∞ comme limite et on note
lim un = +∞ si
n→+∞
Une suite (un )n∈N divergente admet −∞ comme limite et on note lim un = −∞
n→+∞
si
∀A > 0 , ∃nA ∈ N | ∀n ∈ N , n ≥ nA ⇒ un < −A
Proposition 9.30. Une suite tendant vers ±∞ est divergente. La réciproque est fausse
Exemple 9.31. Etudier la convergence, la divergence et si besoin la limite des suites
(un )n∈N définies par les termes généraux un = n, un = (−1)n , un = sin n.
Proposition 9.32. Soit (un )n∈N une suite divergeant vers +∞. Soit f une fonction définie
sur R telle que lim f (x) = l ∈ R ∪ {±∞} alors la suite (f (un ))n∈N converge vers l.
x→+∞
79
9.2.4 Théorèmes d’encadrement
En revenant directement à la définition, on peut transmettre des propriétés de la limite
aux termes de la suite, à partir d’un certain rang.
Proposition 9.33. Si la suite (un )n∈N converge vers l et si a < l < b, alors la suite est
comprise strictement entre a et b à partir d’un certain rang, c’est-à-dire
Démonstration Soit (un )n∈N une suite convergent vers l. Traduisons cette hypothèse :
On sait que l < b, montrons que un < b à partir d’un certain rang. Posons ε = (b−l)/2 > 0
et n0 = nε . Si n ≥ n0 alors −ε ≤ un − l ≤ ε et un ≤ l + (b − l)/2 = (b + l)/2 < b. Ainsi,
∀n ∈ N , n ≥ n0 ⇒ un < b
Corollaire 9.34. Si une suite (un )n∈N converge vers une limite non nulle l 6= 0 alors il
existe n0 ∈ N tel que la suite ( u1n )n≥n0 soit bien définie.
Proposition 9.35. Soit (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites réelles convergentes vers l et l0
respectivement. On suppose qu’il existe un rang n0 ∈ N tel que
n ≥ n0 ⇒ un ≤ vn
Alors, l ≤ l0 . Le résultat reste inchangée même si l’on suppose un < vn . On dit que les
inégalités sont conservées au sens large lors du passage à la limite.
Démonstration Par définition, on a
l − l0 = (l − un ) − (l0 − vn ) + (un − vn ) ≤ 2ε
Remarque 9.36. Soit (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites réelles définies par les termes gé-
néraux un = 1/n et vn = 2/n. Alors un < vn et pourtant leurs limites sont égales. Les
inégalités sont bien conservées au sens large en passant à la limite.
80
Proposition 9.37. Soit (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites réelles. On suppose qu’il existe un
rang n0 ∈ N tel que
n ≥ n0 ⇒ un ≤ vn
Alors, on a les résultats suivants :
1. Si lim un = +∞ alors lim vn = +∞
n→+∞ n→+∞
2. Si lim vn = −∞ alors lim un = −∞
n→+∞ n→+∞
Démonstration
1. Supposons que lim un = +∞. Alors,
n→+∞
Théorème 9.38. (Théorème des gendarmes) Si (un )n∈N , (vn )n∈N et (wn )n∈N sont trois
suites réelles vérifiant les trois propositions suivantes
1. ∀n ∈ N , un ≤ vn ≤ wn
2. la suite (un )n∈N converge vers l : lim un = l
n→+∞
3. la suite (wn )n∈N converge vers l : lim wn = l
n→+∞
Alors la suite (vn )n∈N converge vers l : lim vn = l
n→+∞
Démonstration Traduisons l’hypothèse 2. :
∀ε > 0 , ∃nε ∈ N | ∀n ∈ N , n ≥ nε ⇒ |un − l| ≤ ε
Soit ε > 0 quelconque. Par l’assertion énoncée ci-dessus, il existe un entier n1 tel que
∀n ∈ N , n ≥ n1 ⇒ |un − l| ≤ ε
Ainsi, −ε ≤ un − l ≤ ε et l − ε ≤ un ≤ l + ε. De même, on montre à partir de l’hypothèse
3. qu’il existe un entier n2 tel que pour tout n ≥ n2 , l − ε ≤ wn ≤ l + ε. Posons
nε = max(n1 , n2 ). Alors pour tout n ≥ nε , on a
l − ε ≤ un ≤ vn ≤ wn ≤ l + ε
Ainsi,
∀ε > 0 , ∃nε ∈ N | ∀n ∈ N , n ≥ nε ⇒ |vn − l| ≤ ε
et la suite (vn )n∈N converge vers l.
Exemple 9.39. Etudier la convergence de la suite (un )n∈N∗ définie par le terme général
un = sinn n .
81
9.3 Opérations sur les limites
Dans ce paragraphe, nous allons démontrer à l’aide de la définition, les opérations
usuelles que vous avez l’habitude de faire pour le calcul des limites.
9.3.1 Addition
Proposition 9.40. Soit (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites réelles convergeant respectivement
vers l et l0 . Alors la suite (un )n∈N ⊕ (vn )n∈N = (un + vn )n∈N converge vers l + l0 .
Démonstration Traduisons nos deux hypothèses :
D’où
∀ε > 0 , ∃n0 ∈ N | ∀n ∈ N , n ≥ n0 ⇒ |(un + vn ) − (l + l0 )| ≤ 2ε
Ceci démontre bien que la suite (un + vn )n∈N converge vers l + l0 .
1
Exemple 9.41. Etudier la limite de la suite (un )n∈N dont le terme général est un = n
+3.
9.3.2 Produit
Proposition 9.42. Soit (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites réelles convergeant respectivement
vers l et l0 . Alors la suite (un )n∈N ⊗ (vn )n∈N = (un vn )n∈N converge vers ll0 .
Démonstration Traduisons nos deux hypothèses :
Montrons que (un vn )n∈N converge vers ll0 . Soit ε > 0 quelconque. Notons n0 = max(nε , n0ε ).
Soit n ∈ N tel que n ≥ n0 . Alors
|(un vn ) − (ll0 )| = |(un − l)vn + l(vn − l0 )| ≤ |un − l||vn | + |l||vn − l0 | ≤ ε(|vn | + |l|)
Or la suite (vn )n∈N converge. Elle est donc bornée et il existe M > 0 tel que ∀n ∈ N,
|vn | ≤ M . Ainsi
Ceci démontre bien que la suite (un vn )n∈N converge vers ll0 .
82
Exemple 9.43. Etudier la convergence de la suite (un )n∈N définie par le terme général
un = (1 + e−n )2 Arctan n.
Corollaire 9.44. Soit (un )n∈N une suite réelle convergeant vers l. Soit a ∈ R un réel
donné. Alors la suite a • (un )n∈N = (aun )n∈N converge vers al.
Corollaire 9.45. Si (un )n∈N est une suite réelle bornée et (vn )n∈N une suites réelle conver-
geant vers 0 alors la suite (un )n∈N ⊗ (vn )n∈N = (un vn )n∈N converge vers 0.
Exemple 9.46. Etudier la limite de la suite (un )n∈N définie par un = e−n sin n.
Proposition 9.47. Soit (un )n∈N une suite réelle convergeant vers l 6= 0. Alors il existe
n0 ∈ N tel que la suite ( u1n )n≥n0 converge vers 1l .
Démonstration On sait par le corollaire 9.34 qu’il existe n0 ∈ N tel que la suite ( u1n )n≥n0
soit bien définie. Montrons maintenant qu’elle converge vers 1l . Traduisons tout d’abord
notre hypothèse :
De plus, |l|/2 < |l| < 3|l|/2 donc d’après la proposition 9.33, il existe n1 ∈ N tel que si
n ≥ n1 , |l|/2 < |un | < 3|l|/2. Soit maintenant ε > 0. Notons n2 = max(n , n0 , n1 ). Soit
n ≥ n2 quelconque.
1 1 |l − un | ε ε 2
| − |= ≤ ≤
un l |un l| |un l| |l| |l|
Ainsi, on a bien démontré que
1 1
∀ε > 0 , ∃nε ∈ N | ∀n ∈ N , n ≥ nε ⇒ | − | ≤ 2ε/l2
un l
Ceci termine la preuve de cette proposition.
Exemple 9.48. Etudier la limite de la suite (un )n∈N définie par le terme général suivant
1
un = .
Arctan n
83
9.3.3 Formes indéterminées
Dans le paragraphe précédent, nous n’avons considéré que des suites convergentes
admettant des limites finies. On peut également étudier les opérations entre suites diver-
gentes admettant comme limite ±∞. Nous avons alors les propositions suivantes.
Proposition 9.49. Soit (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites réelles divergentes admettant +∞
comme limite commune. Alors la suite (un + vn )n∈N diverge vers +∞.
Le résultat est identique en remplaçant +∞ par −∞.
Exemple 9.50. Etudier la limite de la suite (un )n∈N définie par le terme général suivant
un = 2n2 + 3n.
Proposition 9.51. Soit (un )n∈N une suite réelle divergente admettant +∞ comme limite.
Alors il existe n0 ∈ N tel que la suite ( u1n )n≥n0 soit bien définie. De plus, elle converge
vers 0.
Le résultat est identique en remplaçant +∞ par −∞.
Prenons A = 1 et n0 = nA . Alors pour tout n ≥ n0 , un > 1 et u1n est bien définie. Montrons
que cette suite converge vers 0. Soit ε > 0. Posons A = 1ε > 0 et nε = max(n0 , nA ). Soit
n ≥ nε quelconque. Alors
1 1 1
| − 0| = ≤ =ε
un un A
On a donc bien montré que
1
∀ε > 0 , ∃nε ∈ N | ∀n ∈ N , n ≥ nε ⇒ | − 0| ≤ ε
un
ce qui prouve bien que la suite ( u1n )n≥n0 converge vers 0. La démonstration pour −∞ est
identique, en faisant toutefois attention aux signes dans les inégalités.
Exemple 9.52. Etudier la limite de la suite (un )n∈N définie par le terme général un = n1 .
84
Proposition 9.53. Soit (un )n∈N une suite réelle strictement positive convergeant vers
0. Alors la suite ( u1n )n∈N est bien définie et diverge vers +∞.
Le résultat est identique en remplaçant une suite strictement négative convergeant
vers 0. Elle diverge alors vers −∞.
Démonstration Traduisons nos hypothèses :
1. ∀n ∈ N, un > 0
2. ∀ε > 0 , ∃nε ∈ N | ∀n ∈ N , n ≥ nε ⇒ | u1n − 0| ≤ ε
Comme un > 0, u1n est bien définie. De plus, si A > 0, posons ε = 1
A
et nε = nA . Alors
pour n ≥ nε quelconque, u1n > 1ε = A. On a donc bien montré que
1
∀A > 0 , ∃nA ∈ N | ∀n ∈ N , n ≥ nA ⇒ >A
un
et que la suite ( u1n )n∈N diverge vers +∞. La démonstration pour −∞ est identique en
prenant bien soin aux signes dans les inégalités.
Exemple 9.54. Etudier la limite de la suite (un )n∈N définie par le terme général suivant
un = n2 e1−n .
Remarque 9.55. Il existe des formes indéterminées dans les opérations lors du passage
à la limite :
0 ∞
+∞ − ∞ , 0 × ∞ , , , 1∞
0 ∞
On doit alors opérer sur les suites un changement d’écriture (factorisation, mise sous
forme exponentielle) pour lever l’indéterminsation. Vous verrez également à l’UV3 un
outil très puissant : les développements limités.
n Etudier la limite de la suite (un )n∈N définie par le terme général suivant
Exemple 9.56.
un = 1 + n1 .
85
Une suite (un )n∈N est dite décroissante à partir d’un certain rang si
∃n0 ∈ N | ∀n ∈ N , n ≥ n0 ⇒ un+1 ≤ un
Une suite (un )n∈N est dite strictement décroissante à partir d’un certain rang si
Une suite (un )n∈N est dite monotone à partir d’un certain rang si, à partir d’un
certain rang, elle est soit croissante, soit décroissante.
Une suite (un )n∈N est dite strictement monotone à partir d’un certain rang si, à
partir d’un certain rang, elle est soit strictement croissante, soit strictement décroissante.
Exemple 9.58.
n+2
– Etudier la monotonie de la suite (un )n∈N définie par un = 2n+1 .
1
– Etudier la monotonie de la suite (un )n∈N définie par les deux suites extraites : u2p = p
et u2p−1 = p12 .
Proposition 9.59. Toute suite réelle croissante majorée converge. De plus, sa limite est
la borne supérieure de l’ensemble de ses termes, c’est-à-dire
lim un = sup un
n→+∞ n∈N
Démonstration Notons l = sup un . Cette borne supérieure existe car la suite (un )n∈N
n∈N
est majorée. Traduisons nos deux hypothèses :
1. la suite (un )n∈N est croissante : ∀n ∈ N, un ≤ un+1
2. la suite (un )n∈N est majorée (par sa borne supérieure) : ∀n ∈ N, un ≤ l
Par définition de la borne supérieure, on a
Ce qui montre bien que la suite (un )n∈N converge vers l sa borne supérieure.
86
Proposition 9.60. Toute suite décroissante minorée converge. De plus, sa limite est la
borne inférieure de l’ensemble de ses termes, c’est-à-dire
lim un = inf un
n→+∞ n∈N
Proposition 9.61. Toute suite croissante non majorée est divergente. De plus, sa limite
est +∞.
Démonstration Soit (un )n∈N une suite croissante non majorée. La première hypothèse
se traduit facilement par
∀n ∈ N , un ≤ un+1
La seconde est plus délicate car c’est la négation de la phrase "la suite est majorée". Ainsi
elle s’écrit
Cette dernière phrase signifie bien que la suite (un )n∈N diverge vers +∞.
Proposition 9.62. Toute suite décroissante non minorée est divergente. De plus, sa limite
est −∞.
Théorème 9.64. Si deux suites sont adjacentes alors elles convergent et elles ont même
limite.
87
Démonstration Soit (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites adjacentes telles que (un )n∈N est
croissante et (vn )n∈N est décroissante. Ainsi
∀n ∈ N , un ≤ un+1 et vn+1 ≤ vn
d’après la monotonie des suites (un )n∈N et (vn )n∈N . La suite (wn )n∈N est donc décroissante.
On sait de plus qu’elle converge vers 0, elle est donc positive. Par suite, on a vn ≥ un pour
tout n ∈ N. Ainsi,
u0 ≤ un ≤ un+1 ≤ vn+1 ≤ vn ≤ v0
et (un )n∈N est une suite croissante majorée par v0 , (vn )n∈N est une suite décroissante mi-
norée par u0 . Elles convergent donc toutes les deux vers des limites l et l0 respectivement.
Or lim (un − vn ) = 0, donc l = l0 et elles convergent vers la même limite.
n→+∞
Exemple 9.65. Etudier la convergence des suites (un )n∈N et (vn )n∈N suivantes données
par les termes généraux
n n
X 1 1 X 1
un = et vn = +
k=0
k! nn! k=0 k!
9.4.3 Applications
Théorème 9.66. (Théorème de Bolzano-Weierstrass) De toute suite réelle bornée,
on peut extraire une sous-suite convergente.
Remarque 9.67. On peut aussi traduire ce théorème de façon plus académique par : "Si
une suite réelle est bornée, alors elle admet une sous-suite convergente."
Démonstration Soit (un )n∈N une suite bornée de réels. Il existe deux réels a et b tels que
∀n ∈ N , a ≤ un ≤ b
88
elles convergent vers la même limite par le théorème 9.64. Notons-la l ∈ R. On a donc
∩n∈N [an , bn ] = {l}.
Considérons maintenant la suite (vn )n∈N extraite de la suite (un )n∈N de la façon sui-
vante : posons v0 = u0 ∈ [a, b]. D’après le choix de [a1 , b1 ], il existe une infinité de termes
de la suite entre a1 et b1 : en particulier, il existe n1 > 0 tel que v1 = un1 ∈ [a1 , b1 ].
De même, on construit v2 de la manière suivante : d’après le choix de [a2 , b2 ], il existe
une infinité de termes de la suite entre a2 et b2 : en particulier, il existe n2 > n1 tel que
v2 = un2 ∈ [a2 , b2 ]. On continue de même et on obtient une suite (vn )n∈N telle que pour
tout entier k, vk = unk ∈ [ak , bk ] avec nk+1 > nk , c’est donc bien une suite extraite de la
suite (un )n∈N . De plus, ∀n ∈ N, an ≤ vn ≤ bn . Or lim an = lim bn = l donc par le
n→+∞ n→+∞
théorème des gendarmes, la suite (vn )n∈N converge vers l.
Théorème 9.68. Une suite réelle est convergente si et seulement si c’est une suite de
Cauchy.
et la suite (un )n∈N converge vers l. La réciproque du théorème est ainsi démontrée.
Remarque 9.69. Il est en général faux de dire qu’une suite de Cauchy converge. Cette
propriété n’est vraie que pour des suites appartenant à des espaces complets. Vous verrez
en deuxième année qu’il existe des suites de fonctions qui sont de Cauchy et pourtant ne
convergent pas. Dan le cas des suites réelles, le théorème 9.68 est toujours vrai car l’espace
(R, |.|) est complet. Ces notions seront précisées en deuxième année.
89
9.5 Suites récurrentes
9.5.1 Définitions, exemples
Définition 9.70. Soit f une fonction réelle définie sur un sous-ensemble D de R et à
valeurs dans R. On dit que la suite (un )n∈N est une suite récurrente si elle est définie
de la manière suivante :
– u0 ∈ D
– ∀n ∈ N, un+1 = f (un )
Une telle suite n’est définie que si ∀n ∈ N, un ∈ D.
Exemple 9.71. Une suite (un )n∈N est arithmétique s’il existe r ∈ R tel que ∀n ∈ N,
un+1 = un + r. Le réel r s’appelle la raison de la suite. Les suites arithmétiques sont des
suites récurrentes définies par u0 ∈ R, D = R et f (x) = x + r. Remarquons qu’une suite
arithmétique de raison r vérifie
∀n ∈ N , un = u0 + nr
Exemple 9.72. Une suite (un )n∈N est géométrique s’il existe q ∈ R tel que ∀n ∈ N,
un+1 = qun . Le réel q s’appelle la raison de la suite. Les suites géométriques sont des
suites récurrentes définies par u0 ∈ R, D = R et f (x) = qx. Remarquons qu’une suite
géométrique de raison q vérifie
∀n ∈ N , u n = q n u0
Exemple 9.73. Une suite (un )n∈N est arithmético-géométrique s’il existe (a, b) ∈ R2
tel que ∀n ∈ N, un+1 = aun + b. Les suites arithmético-géométriques sont des suites
récurrentes définies par u0 ∈ R, D = R et f (x) = ax + b. Les cas particuliers a = 1 et
b = 0 correspondent respectivement aux cas de suites arithmétiques et géométriques. Si
b
a 6= 1, la suite (vn )n∈N définie par vn = un − 1−a est une suite géométrique de raison a.
9.5.2 Convergence
Définition 9.74. Soit f une fonction définie sur un sous-ensemble D de R et à valeurs
dans R.
On dit que x0 ∈ R est un point fixe de f si et seulement si x0 ∈ D et f (x0 ) = x0 .
On dit qu’un intervalle I ⊂ R est stable par f si et seulement si f (I) ⊂ I, c’est-à-dire
∀x ∈ I, f (x) ∈ I.
Proposition 9.75. Soit f une fonction définie sur un intervalle I de R vérifiant les
hypothèses :
– f est continue sur I
– I est stable par f
– f est croissante sur I
90
Alors toute suite récurrente définie par u0 ∈ I et un+1 = f (un ) est bien définie : ∀n ∈ N,
un ∈ I. De plus, elle est monotone et si elle converge, c’est vers un point fixe de f .
Théorème 9.76. (Théorème du point fixe) Soit f une application de R dans R telle qu’il
existe une constante k ∈]0, 1[ qui vérifie
Alors la fonction f admet un unique point fixe l ∈ R tel que f (l) = l. De plus, toute suite
récurrente définie par
u0 ∈ R , un+1 = f (un ) , n ∈ N∗ ,
converge vers l.
Remarque 9.77. Une telle fonction f est dite Lipschitzienne de rapport k. En particulier,
quand k ∈]0, 1[, on dit aussi que f est contractante. On montrera à l’UV3 que ces fonctions
sont continues.
1 − kh kn
≤ |u1 − u0 |k n ≤ |u1 − u0 | car k ∈]0, 1[
1−k 1−k
Cette dernière majoration tendant vers 0 quand n tend vers l’infini indépendament de h,
on a bien montré que la suite (un )n∈N est une suite réelle de Cauchy. D’après le théorème
91
9.68, on sait qu’elle converge vers l point fixe de f car celle-ci est continue.
Unicité : Raisonnons par l’absurde et supposons que f admet deux points fixes distincts
l et l0 . Alors l = f (l), l0 = f (l0 ) et l 6= l0 . Or
92
Test d’assimilation numéro 7
1. Donner la définition d’une suite de Cauchy, d’une suite convergente. Montrer qu’une
suite convergente est de Cauchy.
2. Donner une suite arithmétique de raison π. En donner deux suites extraites diffé-
rentes.
2 +2n
3. Soit (un )n∈N la suite définie par un = e−n . Montrer que (un )n∈N est une suite
bornée.
4. Soit (un )n∈N une suite convergente. Les suites (un )n∈N et (un )n≥10 ont-elles même
limite ? Pourquoi ?
5. Soit (un )n∈N la suite définie par
1 sin n
u2n = et u2n+1 =
n n
Etudier la convergence de cette suite et le cas échéant donner sa limite.
6. Montrer qu’il existe un rang n0 ∈ N à partir duquel la suite précédente est comprise
entre − 12 et + 21 .
7. Les assertions suivantes sont-elles vraies ou fausses ? Démontrer votre résultat.
a. Une suite monotone et bornée converge.
b. Une suite positive et strictement décroissante converge vers 0.
1
c. Comme lim = 0, lim (1 + n1 )n = 1
n→+∞ n n→+∞
d. Toute suite bornée de réels converge.
e. Toute suite réelle de Cauchy converge.
8. Donner deux suites adjacentes et calculer leur limite commune.
√
9. Soit (un )n∈N la suite définie par un+1 = un et u0 > 0. Montrer que lim un = 1.
n→+∞
On pourra s’aider d’un dessin.
10. Toute fonction continue de R dans R est lipschitzienne.
93
94
Chapitre 10
Annales
10.1 Partiel
Exercice I : (4 points)
Exercice II : (8 points)
Soient E et F deux ensembles non vides. Soit f une application de E dans F . On définit
sur E une relation binaire R par
f injective ⇔ ∀x ∈ E , Cx = {x}
95
Exercice III : (8 points)
f: R2 → R2
(x1 , x2 ) 7→ (x1 + x2 , x1 − x2 )
10.2 Examen
Exercice I : (6 points)
Exercice II : (6 points)
Soit (un )n∈N une suite réelle à termes strictement positifs. On suppose qu’il existe l ∈ R
tel que lim uun+1
n
= l.
n→+∞
1. On suppose que 0 ≤ l < 1.
un+1
i. Donner la définition de lim = l.
n→+∞ un
96
ii. Montrer qu’il existe n0 ∈ N et k ∈ [0, 1[ tel que
∀n ∈ N , n ≥ n0 ⇒ un ≤ k n−n0 un0
iii. En déduire que lim un = 0.
n→+∞
2. On suppose que l > 1. Montrer que lim un = +∞. (Indication : on pourra étudier
n→+∞
la suite (vn )n∈N définie par vn = u1n ).
3. On suppose que l = 1. Montrer, avec deux exemples simples, qu’on ne peut pas
conclure quant à la limite de la suite (un )n∈N .
Exercice IV : (6 points)
97
10.3 Examen
Exercice I : (3 points)
Exercice II : (5 points)
Soit (a, b) ∈ R2 tels que 0 < a < b. On considère les suites (un )n∈N et (vn )n∈N définies par
u0 = b et v0 = a
et
un + vn 2un vn
∀n ∈ N , un+1 = et vn+1 = .
2 un + v n
1. Montrer que pour tout entier n ∈ N, un > 0 et vn > 0.
1
2. Vérifier que pour tout entier n ∈ N, 0 ≤ un+1 − vn+1 ≤ (un − vn ).
2 n
1
3. En déduire que pour tout entier n ∈ N, 0 ≤ un − vn ≤ (b − a).
2
4. Déduire des questions précédentes que les suites (un )n∈N et (vn )n∈N sont adjacentes.
5. Montrer que la suite (un vn )n∈N est constante et donner sa valeur.
6. Déduire des questions précédentes que les suites (un )n∈N et (vn )n∈N convergent et
calculer leur limite.
f: R2 → R
(x, y) 7→ f ((x, y)) = x + 2y
98
2. a. Soit D la droite de R2 d’équation y = − 12 x + 3. Donner f (D).
b. Soit le carré C = {(x, y) ∈ R2 , |x| ≤ 1 et |y| ≤ 1}. Montrer que f (C) = [−3, 3].
3. Soit R la relation définie sur R2 par
(x1 , y1 ) R (x2 , y2 ) ⇐⇒ f (x1 , y1 ) = f (x2 , y2 )
a. Montrer que R est une relation d’équivalence sur R2 .
b. Montrer que (x1 , y1 ) R (x2 , y2 ) si et seulement si (x1 − x2 , y1 − y2 ) ∈ E0 .
c. Donner la classe d’équivalence de (1, 25 ) dans R2 .
Exercice IV : (5 points)
10.4 Devoir
Exercice I :
Exercice II :
On définit une suite de polynômes par P0 (x) = 1, P1 (x) = x et par la relation de ré-
currence pour n ≥ 2 entier
Pn (x) = 2xPn−1 (x) − Pn−2 (x)
99
1. Calculer les polynômes jusqu’à P8 inclus.
2. A partir des calculs précédents, effectuer une hypothèse sur le degré de Pn et sur la
valeur du coefficient de xn dans Pn .
3. Démontrer cette conjecture par récurrence. On précisera bien à partir de quelle
valeur initiale de n elle est vraie et on soignera la rédaction.
Exercice III :
10.5 Devoir
Exercice I :
On admettra que e ∈]0, 3[. Pour tout x réel et tout entier n ∈ N, on définit le poly-
nôme suivant n
x2 xn X xk
Pn (x) = 1 + x + + ··· + =
2! n! k=0
k!
1. Démontrer que pour tout n ∈ N, on a :∀x > 0, ex ≥ Pn (x).
x n+1
2. Démontrer que pour tout n ∈ N, on a :∀x ∈ [0, 1], ex ≤ Pn (x) + 3 (n+1)! .
3. En déduire qu’il existe un entier n (le calculer) tel que
n
X 1
0<e− < 10−8
k=0
k!
Exercice II :
Soit (E, ≤) un ensemble ordonné (c’est-à-dire que ≤ est une relation d’ordre sur E).
On cherche à définir une relation d’ordre sur P(E) \ {∅}.
Soit R la relation binaire définie sur P(E) \ {∅} par
∀x ∈ X , ∀y ∈ Y , x ≤ y
XRY ⇔ ou
X=Y
100
1. Vérifier que R est une relation d’ordre sur P(E) \ {∅}.
2. Soit E = {1, 2, 3} muni de la relation d’ordre usuelle.
i) Ecrire P(E) \ {∅}.
ii) La relation R définie précédemment est-elle une relation d’ordre totale sur
P(E) \ {∅} ?
iii) P(E) \ {∅} possède-t-il un plus grand élément, un plus petit élément ? une
borne supérieure, une borne inférieure ?
Exercice III :
101