Définition : le montage c’est l’organisation des plans
d’un film dans certaines conditions d’ordre et de durée
(Marcel Martin, Le langage cinématographique,
EFR,1977)
Les Anglo-Saxons distinguent deux aspects du montage :
la conception de l'enchaînement des plans, activité intellectuelle
et créative appelée editing ;
la concrétisation matérielle par manipulation de la pellicule
désignée par le terme cutting.
NB : Ne pas confondre l’apprentissage d’un logiciel de
postproduction permettant le montage (cutting) avec le savoir
faire d’un monteur ou d’une monteuse (editing).
2
⚫ 1 Fonction syntaxique : création de relations conjonctives qui
concernent le temps ( succession des actions), l’espace (un endroit puis un
autre) ou la causalité. Les raccords de plans et les ponctuations qui
marquent le passage d’une séquence à une autre sont les éléments
essentiels de cette première fonction
⚫ 2 Fonction sémantique : tout effet de montage est producteur de
sens dénoté ou connoté
⚫ 3 Fonction rythmique et plastique : variations de la longueur
des plans, recherches esthétiques sur la composition des plans, des
oppositions de couleur ou de sons par exemple
3
D’après Vincent AMIEL, Esthétique du montage, Nathan, 2001
Type de Articula- Relation Principes Principes Repré- Procédé
montage tion des entre les de de trans- sentation esthétique
plans plans montage mission du monde dominant
Montage continu articulation raccords transpa- un monde découpage
narratif nécessaires rence évident
Montage discontinu confronta- choix intel- démonstra- un monde à greffe
discursif tion ligibles tion construire
Montage de discontinu échos connexions suggestion un monde à collage
corres- aléatoires percevoir
pondances
Le montage narratif : le plus courant en fiction ou en documentaire
Le montage discursif : film militant, de propagande, publicitaire, documentaire d’archives (emploi
de figures de rhétorique comme les métaphores, les synecdoques etc.)
Le montage de correspondances : film de recherche, d’expression non conventionnelle
4
plans pour former une séquence d’images et de sons.
⚫ C’est un art que le sens commun dit « invisible » : le
spectateur ne doit pas se rendre compte du travail du
monteur (sauf si c’est voulu, cinéma de « montage » qui
accentue la structure du film)
⚫ C’est un art de l’illusion qui joue sur l’émotion et la
signification
⚫ Le montage est « le seul art qui appartient en propre au cinéma »
Henri COLPI , réalisateur d’une Aussi longue absence palme d’or Cannes 1961
5
visible
⚫ [Link] mouvement de l’histoire
le flux des informations convient-il aux intentions du film?
⚫ 2. Le mouvement de l’émotion
l’agencement du film provoque-t-il des réponses émotionnelles?
⚫ 3. Le mouvement des images
comment l’agencement des images entraîne-t-il une expérience captivante?
⚫ 4. Le style
le montage est-il approprié à la nature de la production, aux thèmes et aux idées
présentées?
⚫ 5. Combinaison du rythme et de la structure
les quatre éléments précédents se combinent-ils bien ensemble avec un bon tempo
pour donner au film une force d’expression qui en impose?
⚫ Chaque critère est noté de 1 à 10. Le score le plus élevé est de 50
Signalé dans Cutting Rhythms,shaping the film edit de Karen Pearlman, Focal press, 2009
6
Qu’il s’agisse d’une fiction de court ou de
long métrage, d’un reportage, d’un film
publicitaire, d’un film de mariage, d’un
documentaire, d’un clip musical, chaque
type de projet nécessite un style de
montage particulier
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Le cinéma enregistre mécaniquement la nature et peut donc revendiquer une
objectivité indépassable selon le critique André Bazin. (Qu’est-ce que le
cinéma? Tome 1, Paris Cerf, 1958, 1999). Pour être un art, le cinéma doit donc
s'astreindre à un certain nombre de règles et s'interdire certaines facilités.
Pour Bazin le plan séquence et la profondeur de champ doivent être
privilégiés par rapport au montage. Le mot d'ordre de Bazin : " montage
interdit " indique que celui-ci doit être réduit au minimum. Il en est de même
pour les mouvements de caméra : elle ne doit bouger que pour suivre un
personnage. André Bazin distingue deux types de cinéastes : ceux qui croient
à l'image et ceux qui croient à la réalité. Autrement dit ceux qui font de la
représentation une fin (artistique, expressive) en soi et ceux qui la
subordonnent à la représentation la plus fidèle possible d'une supposée
vérité, d'une essence, du réel. Il met ainsi en opposition la lignée de Méliès
avec celle de Lumière. (extrait Ciné Club de Caen)
Exemple de montage interdit signalé par Bazin quand un crocodile attaque un héron et le dévore
(plan séquence en panoramique) dans le film Louisiana Story (1948) de Robert [Link].
8
⚫ - La coupe franche : la dernière image (choisie) d’un
plan est immédiatement suivie par la première image (choisie) du
plan suivant
⚫ - Le fondu enchaîné (dissolve) : surimpression
entre l’image d’un plan qui s’efface graduellement et l’apparition
progressive d’une autre image
⚫ - Le volet : effet (les logiciels de montage en offrent à foison)
qui permet au plan suivant de balayer le premier
⚫ - Le fondu : apparition ou disparition graduelle d’une image à
l’ouverture ou à la fermeture d’un plan. Fondu au noir ou fondu au
blanc
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⚫ Coupe franche dans 99 % des cas
⚫ Fondu au noir ou au blanc à l’ouverture d’une séquence
⚫ Fondu au noir ou au blanc à la fermeture d’une séquence
(fermeture à l’iris à l’époque du cinéma muet)
⚫ Fondu enchaîné (long ou bref)
⚫ Les autres transitions : à ne pas utiliser dans 99,99 % des cas (ne
pas confondre plateau télé et cinéma numérique).
L’argument publicitaire des éditeurs de logiciels de montage
qui proposent une multitude de transitions est un attrape-
nigaud.
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⚫ Acquisition images et sons
⚫ Organisation : regroupement des matériaux en
différentes catégories
⚫ Visionnage et sélection des meilleurs plans
⚫ Assemblage : le squelette de l’ensemble de l’histoire
⚫ Réalisation de l’ours (rough cut) : élimination de la graisse
⚫ Montage image finalisé : retouches finales
⚫ Finalisation du montage son et du mixage
⚫ Réalisation du master PAD
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Le montage en pratique
Principales fonctions du montage
⚫ 1 Dérushage : préparation de chutiers (bins) de séquences (clips)
en fonction des thèmes du montage avec des subclips, puis choix de
meilleurs plans (les autres à la corbeille!)
⚫ 2 Sur le papier : Organisation virtuelle du récit, établissement de la
carte des idées ou topogramme ( mind map)
⚫ 3 Mise en place des plans dans l’ordre le plus favorable (on peut
s’aider de Post-it)
⚫ 4 Détermination des points de coupe en amont et en aval de
chaque plan (étape de la finalisation de l’ours). On peut encore
remanier , couper : ours 2, ours 3, ours 4
⚫ 5 Mise au point des raccords avec le choix du mode de transition
⚫ 6 Recherche du rythme à l’intérieur de chaque scène, puis de la
séquence, puis du film tout entier
⚫ 7 Après le montage image, il y a le montage son et le mixage final
⚫ 8 L’export pour la diffusion
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de coupe (astuce : décrire le plan à haute voix donne la durée
nécessaire)
⚫ Raccord dans le mouvement (la porte,
passage du miroir)
⚫ L’ellipse et l’expansion temporelle
⚫ Inventer la chronologie du film
⚫ Flash-back (cut back) et Flash forward
⚫ Le ralenti et l’accéléré
⚫ Création d’un espace et d’un temps filmique
(la diégèse)
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Les paramètres de sélection
des plans
⚫ La mise au point
⚫ La qualité du son
⚫ L’exposition et la température de couleur
⚫ Le cadrage et la composition
⚫ Continuité de direction du mouvement
⚫ La règle des 180°
⚫ La règle des 30°
⚫ Des angles de prise de vues assortis
⚫ Continuité de la ligne de regard
⚫ Continuité de l’action
⚫ Continuité du dialogue
⚫ Est-ce que le tout fonctionne bien?
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⚫ Mauvais angle
⚫ Mauvaise continuité
⚫ Absence de nouvelle information
⚫ Absence de motivation
⚫ Mauvaise composition
⚫ Combinaison de tout ce qui précède
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Un peu d’histoire
Au début, du cinéma, un film n’était pas une succession de plans mais une
série de tableaux avec des personnages en pied comme des scènes de
théâtre. Les tableaux se succédaient sans raccord.
Puis le 4e mur du théâtre tombe : la caméra quitte le point de vue du
« monsieur de l’orchestre » (Georges Sadoul) et de nouveaux points de
vue s’organisent dans l’espace qui se fragmente pour donner l’illusion de
la continuité d’une action (principe de réalisme). La caméra devient
mobile (panoramique, grue) ou est mue sur un support roulant
(travelling). La caméra se positionne dans les endroits les plus divers.
L’ubiquité de la caméra conditionne le langage du cinéma qui s’exprime
grâce au montage.
Le montage se développe de façon empirique et le spectateur commence
à l’accepter. Le montage s’imposera peu à peu comme allant de soi. Il
connaîtra son âge d’or classique : Hollywood entre1920 et 1960.
Si les règles esthétiques de cette époque sont toujours à la base de tout
montage, elles évoluent et s’affinent. Le montage devient aujourd’hui
virtuel et offre des nouvelles possibilités techniques et artistiques.
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Il se passe quelque chose entre
deux plans (1)
A + B =
L’ordre des plans peut entraîner une modification du sens
de la narration
B + A =
La juxtaposition de deux plans fait naître l’idée ou exprime quelque chose
qui n’est contenu dans aucun des plans pris séparément.
L’ensemble est supérieur à la somme des parties. Sergueï [Link]
17
Il se passe quelque chose entre
deux plans ( 2)
A + B =
A + C =
A + D =
C’est ce qu’on appelle l’effet Koulechov
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L’effet
Kuleshov
(circa 1920)
L’appétit
La tristesse
Le désir
se lisent sur le visage
de l’acteur filmé
hors de la présence
des sujets
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⚫ Intolérance (1916)
Structuration du récit : montage alterné,
montage parallèle
Structuration de l’espace et du temps
Raccords : entrées et sorties de champ,
raccords de regard
Échelle des plans : gros plan, etc.
20
Un « chef d’œuvre » de 3 h très sulfureux en raison de la glorification du
Ku Klux Klan
21
La chute de Babylone prise par Cyrus
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(analogue à la mesure musicale)
⚫ Rythmique : recherche de complexité de sens par la
composition visuelle des plans et le mouvement dans le
cadre
⚫ Tonal : recherche d’une résonance émotionnelle du plan
⚫ Harmonique : cumul des trois précédents pour un effet
plus physiologique sur le public au niveau de la totalité
du film
⚫ Intellectuel : utilisation de plans dont la combinaison
donne du sens (résonance intellectuelle+dominante
affective au niveau de la conscience réfléchie).
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Exemple de montage métrique
Extrait d’Octobre d’Enseinstein
24
Montage rythmique : extrait du
Cuirassé Potemkine d’Eisenstein
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Quand le
montage est
l’objet même du
film
L’homme à la caméra, (1929) film
muet de Dziga Vertov sans
intertitres, est un travail de
montage, de mouvement et de
rythme, où différents effets
(ralentis, accélérés, surimpression,
découpage de l'écran...)
apparaissent. Le film reprend le
principe, en l'intégrant à un
propos plus large (le ciné-œil
contre le ciné-drame), de filmer
une grande ville d'un matin au soir.
26
⚫ Abel Gance explore le montage hardi et rapide
à la recherche de correspondances musicales :
La Xe Symphonie, La roue, Napoléon (1927). Puis
Jean Epstein théorisa et imposa le découpage
et le montage de façon radicale qui changea la
morne écriture du cinéma français.
« La valeur du montage repose beaucoup moins sur
chacune de ses images que sur les rapports des ces
images entre elles ». Jean Epstein
Ce n'est pas un plan en soi qui a un sens, mais la relation des
plans entre eux. (Henri Agel)
27
28
Un Russe définit la vulgate
d’Hollywood :
La technique du film (1926)
de Vsevolod Poudovkine
⚫ Découpage d’une scène en plans
⚫ Reconstitution d’une scène par collages créant ainsi
temporalité et rythme (montage)
⚫ Observateur actif (variation des cadres et des distances)
⚫ Dirigé par le réalisateur, le spectateur reconstruit la scène
⚫ Amélioration de la lisibilité des plans : économie des plans
⚫ Mise en place d’une univers filmique : la diégèse
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selon Poudovkine
⚫ Contraste : Oliver Twist crevant de faim découvrant la table richement garnie
des maîtres de l’orphelinat (Oliver Twist de Roman Polanski)
⚫ Parallélisme : Pendant le baptême de son neveu, Michael Corleone fait abattre
les ennemis du clan par ses hommes de main (Le parrain de Francis Ford Coppola)
⚫ Symbolisme : Une main caressant des épis de blés. L’espérance du retour au
foyer du général Maximus (Gladiator de Ridley Scott)
⚫ Simultanéité : Les pionniers sont encerclés par les Indiens. La cavalerie vient à
la rescousse à bride abattue. Arrivera-t-elle à temps? Nombreux westerns!
⚫ Leitmotiv (répétition de l’idée) : Le monolithe noir qu’on retrouve à
différentes époques dans différents endroits tout au long du film 2001 L ’odyssée de
l’espace de Stanley Kubrick
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⚫ Émotion : la coupe correspond-elle à l’attente du spectateur
à ce moment précis?
⚫ Histoire : la coupe fait-elle avancer l’histoire?
⚫ Rythme : la coupe est-elle intéressante et juste du point de
vue du rythme ?
⚫ Trace visuelle : est-ce qu’elle correspond au centre d’intérêt
du cadre et du mouvement?
⚫ Espace bidimensionnel : la règle des 180° est-elle respectée?
⚫ Espace d’action tridimensionnel : la coupe correspond-elle
aux relations spatiales au sein de la « diégèse » (le temps du
film) ?
31
⚫ Il vaut mieux raccourcir un plan plutôt que de l’allonger
⚫ Il vaut mieux faire des raccords dans le mouvement plutôt que d’attendre
qu’une action soit terminée pour changer de plan
⚫ Lorsqu’on ne sait pas si un plan est utile ou non, il suffit de le retirer du
montage et de visionner à nouveau la scène sans le plan. Si cela ne
choque personne, c’est que le plan est inutile et que l’on a bien fait de
l’enlever!
⚫ Si l’on sent qu’il y a un problème dans l’enchaînement des plans d’une
séquence, une bonne solution consiste à couper le son et de visionner à
nouveau la séquence : on sera lors plus attentif aux images!
⚫ Lire le film à l’envers, en retour rapide, ou en retour image par image
permet de déceler plus facilement une faute de raccord
32
Edward Dmytryk
⚫ Ne jamais faire de coupe sans raison valable
⚫ Quand on ne sait pas trop où couper, il vaut mieux couper plus
large que trop court
⚫ Autant que possible couper dans le mouvement
⚫ Un nouveau plan est préférable à une action qui traîne en longueur
⚫ Les scènes doivent commencer et se terminer par une action
continue
⚫ L’exigence dramatique doit primer sur l’esthétique de la coupe
⚫ La substance d’abord, ensuite la forme. Le monteur doit veiller à
renforcer la charge émotionnelle d’une prise.
Source: On Film Editing. Edward Dmytryk. Focal Press, 1984.
33
Ce que dit Jean Luc GODARD
LA SEULE QUESTION
FONDAMENTALE
DANS LE CINÉMA,
C’EST OÙ, ET QUAND
COMMENCER UN PLAN,
ET OÙ FINIR UN PLAN
34
⚫ Le plan de coupe entre deux plans a, en
général, un rapport avec l’action
principale. Il peut aussi montrer une
action parallèle : « cut away »
⚫ Le plan de coupe est souvent un pis-aller
pour tenter de masquer un mauvais
raccord: ex. un edelweiss entre deux marmottes
⚫ L’insert est un gros plan alors que le plan
de coupe peut revêtir différentes tailles
35
le raccord
Le raccord est effectué dans un mouvement qui se
poursuit au plan suivant
Principe d’équilibre : jamais moitié moitié, mais 1/4-3/4,
ou 3/4 1/4, 2/3 1/3 ou 1/3 2/3
Principe de contraction : à la collure entre le plan 1 et
2 , il y a un saut. On ne reprend pas le mouvement là
où il s’était arrêté à la coupe du plan 1 mais un peu plus
loin pour fluidifier le raccord
Le nombre d’images amputées est plus grand :
- si la différence de taille entre les plans est plus grande
- si le mouvement est plus rapide
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⚫ Raccord cut ou coupe franche
⚫ Raccord de direction : entrées et sorties
de champ, raccord de regard
⚫ Raccord dans l’axe / « Jump cut » et 180°
⚫ Raccord 30° (raccord de valeur de plan)
⚫ Raccord champ contre-champ
⚫ Raccord panoramique
⚫ Raccord par analogie (ou de mouvement)
⚫ Faux raccord (discontinuité narrative)
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⚫ Si la caméra reste ⚫ Si la caméra se fixe
fixée sur celui qui sur l’autre acteur
vient de parler avant que le premier
pendant que l’autre ait terminé de parler,
acteur prend la on observe une
parole, on observe la anticipation sur le
réaction sur le visage du second
visage du premier
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⚫ La fonction du ralenti est de renforcer la charge
émotionnelle d’un moment dramatique pour le rendre
plus poétique, romantique, héroïque, horrible
Exemple : Michel Piccoli dans l’accident de voiture dans Les choses de la vie de Claude
Sautet
⚫ L’accéléré, dans la plupart des cas a rôle comique
(expérience kinesthésique qui allège le corps et la
douleur)
Exemples : poursuites dans Benny Hill, coups de massue accélérés sur le crâne
⚫ L’arrêt sur image donne l’impression que le temps s’est
arrêté (pour terminer sur une note sensible ou
énigmatique)
Exemple : La jetée de Chris Marker (pratiquement tout le film est en images arrêtées)
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Le graphique donne une idée de la
structure d’un film
en Y : TAILLE DES PLANS
TGP
GP Les couleurs se rapportent à
différents lieux ou positions de caméra
PRP
PA
PM
PE
en X : DURÉE DES PLANS
Attention si le graphique présente une majorité de plans de même
grosseur et de même durée, le montage peut se révéler très monotone
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⚫ Les raccords de plans ne donnent pas le rythme, ils
organisent seulement la structure
⚫ Le rythme est fonction du temps qui passe à l’intérieur
d’un plan
⚫ Ce n’est pas la longueur du plan qui est en cause mais
le degré d’intensité du temps qui s’écoule dans le plan
⚫ Le montage est un assemblage de petits morceaux fait
en fonction de la pression du temps que chacun
renferme
41
Séquence par épisodes avec ellipses en coupe franche et fondus
enchaînés rapides : extrait de Citizen Kane d’Orson Welles (à analyser
et revoir en détails)
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Séquence par épisodes sans dialogues avec fond musical et
surimpression de plans : extrait d’ Apocalypse now de Francis Ford
Coppola (à analyser et revoir en détails)
43
Séquence par assemblage : extrait de Psychose d’ Alfred Hitchcock
(à analyser et revoir en détails)
44
Plan séquence : ouverture de La soif du mal d’Orson Welles (à
analyser et revoir en détails)
45
Montage alterné : des actions dans des endroits différents se
succèdent dans une séquence ; extrait de Thelma et Louise de Ridley
Scott (à analyser et revoir en détails)
46
Montage multi-images (split screen) : extrait de Sœurs de sang de
Brian de Palma (à analyser et revoir en détails)
47
Le fondu enchaîné: ouverture de Citizen Kane d’Orson Welles (à
analyser et revoir en détails)
48
Le smash cut (changement inattendu d’image et de son): extrait de
Psychose d’ Alfred Hitchcock (à analyser et revoir en détails)
49
Le montage d’hier (1)
⚫ Dérushage
⚫ Chutier
⚫ La table de montage (visionneuse)
⚫ La copie de travail (le pro) , travail sur
l’original (l’amateur); la mise bout à bout des
plans conservés permet une première
visualisation (l’ours) avant d’aborder le vrai
montage
⚫ Les ciseaux et la colle
⚫ Les bandes son
⚫ Les indications pour le laboratoire
50
⚫ Une école de la rigueur à la prise de vues
⚫ Une école de patience
⚫ Une école pour trouver le point juste où
l’où pourra couper….
⚫ MAIS des risques : couper trop court,
abîmer le support,
⚫ MAIS des contraintes très lourdes
notamment pour le son, le mixage et la
synchronisation
51
⚫ À peu près les mêmes contraintes qu’avec le film
argentique et même moins de souplesse pour
l’insertion d’un plan dans un vidéo déjà montée
⚫ Perte de qualité d’image par suite de reports
⚫ Fatigue mécanique du magnétoscope
⚫ Possibilité de montage et de mixage son mais de
médiocre qualité (report sur une piste mono) à moins
d’une copie image supplémentaire avec son stéréo mais
au prix d’une dégradation de l’image
⚫ Possibilité d’enregistrer plusieurs sources vidéo via un
mélangeur
⚫ Facilités de titrage et d’effets ( fondus enchaînés,
transitions diverses)
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⚫ Tout se fait sur l’ordinateur après les prises de
vues, c’est l’étape de la postproduction :
⚫ Dérushage et archivage
⚫ Montage image et montage son
⚫ Corrections colorimétriques et traitement
multicouche(incrustations dites « chromakeys »,
effets spéciaux, recadrage, ralentis, titrage etc..
⚫ Ajouts sonores : ambiances, effets sonores,
musique
⚫ Mixage son final
⚫ Possibilité de reprendre le montage à tout
moment.
⚫ Versions longues et versions courtes
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⚫ Sélectionner et corriger le cas échéant les
meilleures prises en son direct
⚫ Ajouter des ambiances et des sons seuls
(bruitages) pour renforcer le climat affectif
du film, les sensations.
⚫ Ajouter éventuellement des musiques
⚫ Mixer l’ensemble des bandes-sons
⚫ Le montage son est une étape artistique
importante et délicate qui contribue
beaucoup à la réception d’un film par le
spectateur
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⚫ Un combinatoire infinie entre images et sons qui se succèdent
⚫ Une combinatoire infinie à l’intérieur même de l’image (calques,
masques, compositing [mélange de sources dans un même plan],
effets spéciaux avec des opportunités esthétiques nouvelles
⚫ Des champs nouveaux s’ouvrent dans le rapport à la durée, les
modes perceptifs et émotionnels : différents montages possibles
selon les publics destinataires, modifications des structures
narratives (montage non linéaire par exemple)
⚫ Les jeux vidéo de plus en plus sophistiqués ont beaucoup
emprunté au cinéma et ce dernier semble s’en inspirer pour faire
du spectateur d’une histoire aux multiples rebondissements un
acteur qui explore le champ des possibles (interactivité)
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tous les genres de films? OUI
⚫ Si vous aimez votre famille, un film de famille bien
monté donnera la mesure de vos sentiments à un
public non familial qui pourra s’identifier à votre
univers
⚫ Ne gâchez pas vos merveilleux souvenirs de
vacances, magnifiez les par un bon montage
pouvant intéresser ceux qui ne sont pas partis
avec vous
⚫ Film de voyage: sortir des sentiers battus du
voyage de groupe. Il y a encore beaucoup de
montages subtils à faire sur Venise avec ou sans
gondoles, avec ou sans pigeons….de touristes!
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