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Comprendre les séismes et leurs causes

Séisme

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Comprendre les séismes et leurs causes

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Séisme

résultat de la libération brusque d'énergie accumulée par les


contraintes exercées sur les roches

Un séisme ou tremblement de terre est une secousse du sol


résultant de la libération brusque d'énergie accumulée par les
contraintes exercées sur les roches. Cette libération d'énergie se
fait par rupture le long d'une faille, généralement préexistante.
Plus rares sont les séismes dus à l'activité volcanique ou d'origine
artificielle (explosions par exemple). Le lieu de la rupture des
roches en profondeur se nomme le foyer ; la projection du foyer à
la surface est l'épicentre du séisme. Le mouvement des roches
près du foyer engendre des vibrations élastiques qui se
propagent, sous la forme de paquets d'ondes sismiques, autour et
au travers du globe terrestre. Il produit aussi un dégagement de
chaleur par frottement, au point de parfois fondre les roches le
long de la faille (pseudotachylites).
Carte de la répartition mondiale des séismes en 2010, montrant leur distribution essentiellement le long des frontières des grandes plaques tectoniques (dorsales dans les océans, ceinture
de feu du Pacifique et ceinture alpine sur les continents).

Il se produit de très nombreux séismes tous les jours mais la


plupart ne sont pas ressentis par les humains. Environ cent mille
séismes sont enregistrés chaque année sur la planète[1]. Les plus
puissants d'entre eux comptent parmi les catastrophes naturelles
les plus destructrices. Les séismes les plus importants modifient
la période de rotation de la Terre et donc la durée d’une journée
(de l'ordre de la microseconde).

La majorité des séismes se produisent à la limite entre les


plaques tectoniques (séismes interplaques) de la terre, mais il
peut aussi y avoir des séismes à l'intérieur des plaques (séismes
intraplaques). La tectonique des plaques rend compte
convenablement de la répartition des ceintures de sismicité à la
surface du globe : les grandes ceintures sismiques du globe,
caractérisées par la densité géographique des tremblements de
terre, sont la ceinture de feu du Pacifique (elle libère 80 % de
l'énergie sismique chaque année), la ceinture alpine (15 % de
l'énergie annuelle) et les dorsales dans les océans (5 % de
l'énergie annuelle)[2].

La science qui étudie ces phénomènes est la sismologie


(pratiquée par les sismologues) et l'instrument de mesure
principal est le sismographe (qui produit des sismogrammes).
L'acquisition et l'enregistrement du signal s'obtiennent dans une
station sismique regroupant, outre les capteurs eux-mêmes, des
enregistreurs, numériseurs et antennes GPS, pour le
positionnement géographique et le temps.

Conséquences d'un séisme à Mexico.

Vue panoramique de San Francisco après le tremblement de terre et l'incendie de 1906.

Les séismes dans le monde de 1963 à 1998.

Histoire
Modèle du rebond élastique.

Si le séisme de 1755 à Lisbonne est à l'origine de la naissance de


la sismologie, le débat qu'il suscite ne fait pas progresser la
connaissance de la genèse des séismes[3].

La simultanéité entre rupture de faille et tremblement de terre est


observée et décrite au xixe siècle par les scientifiques qui lient la
formation des principaux séismes à un brusque glissement le
long d'une faille au sein de la croûte terrestre et/ou dans la
lithosphère sous-jacente. Mais les théories ne parviennent pas
trancher quel phénomène est à l'origine de l'autre et ne peuvent
expliquer le mécanisme. En 1884, le géologue américain Grove
Karl Gilbert propose le premier modèle de « cycle sismique »
linéaire et régulier, postulant que les séismes les plus importants
ont l'intervalle de récurrence[4] le plus fort[5]. C'est en 1910, après
le séisme de 1906 à San Francisco, qu'un géodésien californien,
Harry Fielding Reid (en) , émet la théorie du rebond élastique. Selon
cette théorie, les contraintes déforment élastiquement la croûte
terrestre de part et d'autre de la faille, provoquant le déplacement
asismique des deux blocs séparés par cette zone de rupture
potentielle (la faille est alors inactive ou bloquée, et prend du
retard par rapport à celles qui l'entourent, le séisme lui permettant
de rattraper ce retard selon le rythme de son fonctionnement
conçu comme régulier). Ce glissement est bloqué durant les
périodes inter-sismiques (entre les séismes), l'énergie
s'accumulant par la déformation élastique des roches. Lorsque
leur résistance maximale est atteinte (phase cosismique),
l'énergie est brusquement libérée et la rupture se produit par le
brusque relâchement de contraintes élastiques préalablement
accumulées par une lente déformation du sous-sol, ce qui
provoque un jeu de la faille. Après un épisode sismique (phase
post-sismique caractérisée par des répliques et des
réajustements visco-élastiques), les roches broyées de la faille se
ressoudent au cours du temps et la faille acquiert une nouvelle
résistance. Le dispositif se réarme : la faille « se charge » puis se
décharge brusquement par relaxation de contrainte. Reid explique
ainsi le cycle sismique (cycle de chargement/déchargement)[6]
complété par les différentes périodes sismiques de Wayne
Thatcher[7]. Si ce modèle théorique de l'origine des tremblements
de terre est encore couramment accepté par la communauté
scientifique, il n'explique pas les récurrences sismiques
irrégulières comme le révèle les traces laissées par les séismes
(géomorphologie, paléosismologie, lichénométrie,
dendrochronologie)[8].

Cette théorie est complétée en 1966 en prenant en compte le


processus de friction. Les variations des propriétés de friction sur
les failles, dues à plusieurs facteurs (faible couplage des deux
blocs, déformation asismique, phénomènes transitoires de
glissement lent, rôle de fluides, etc.), expliquent les cycles
sismiques irréguliers[9]. Une loi de friction spécifique pour la
modélisation des transferts de contrainte, dépendant de la vitesse
et du temps de contact entre les deux surfaces, est proposée à la
fin des années 1970[10],[11].

Origine

Les trois grands types de failles.

Un tremblement de terre est une secousse plus ou moins violente


du sol qui peut avoir quatre origines : rupture d'une faille ou d'un
segment de faille (séismes tectoniques) ; intrusion et dégazage
d'un magma (séismes volcaniques) ; « craquements » des
calottes glaciaires se répercutant dans la croûte terrestre
(séismes polaires)[12] ; explosion, effondrement d'une cavité
(séismes d'origine naturelle ou dus à l'activité humaine)[13]. En
pratique on classe les séismes en quatre catégories selon les
phénomènes qui les ont engendrés :
Séismes tectoniques

Les séismes tectoniques sont de loin les plus fréquents et


dévastateurs. Une grande partie des séismes tectoniques a lieu
aux limites des plaques, où se produit un glissement entre deux
milieux rocheux. Une autre partie a lieu sur le long d'un plan de
fragilité existant ou néoformé. Ce glissement, localisé sur une ou
plusieurs failles, est bloqué durant les périodes inter-sismiques
(entre les séismes) de déplacement asismique des deux blocs
séparés par la zone de rupture potentielle (la faille est alors
inactive), et l'énergie s'accumule par la déformation élastique des
roches[14]. Cette énergie et le glissement sont brusquement
relâchés lors des séismes[15]. Dans les zones de subduction, les
séismes représentent en nombre la moitié de ceux qui sont
destructeurs sur la Terre, et dissipent 75 % de l'énergie sismique
de la planète. C'est le seul endroit où on trouve des séismes
profonds (de 300 à 645 kilomètres). Au niveau des dorsales
médio-océaniques, les séismes ont des foyers superficiels (0 à
10 kilomètres), et correspondent à 5 % de l'énergie sismique
totale. De même, au niveau des grandes failles de décrochement,
ont lieu des séismes ayant des foyers de profondeur intermédiaire
(de 0 à 20 kilomètres en moyenne) qui correspondent à 15 % de
l'énergie. Le relâchement de l'énergie accumulée ne se fait
généralement pas en une seule secousse, et il peut se produire
plusieurs réajustements avant de retrouver une configuration
stable. Ainsi, on constate des répliques à la suite de la secousse
principale d'un séisme, d'amplitude décroissante, et sur une durée
allant de quelques minutes à plus d'un an. Ces secousses
secondaires sont parfois plus dévastatrices que la secousse
principale, car elles peuvent faire s'écrouler des bâtiments qui
n'avaient été qu'endommagés, alors que les secours sont à
l'œuvre. Il peut aussi se produire une réplique plus puissante
encore que la secousse principale quelle que soit sa magnitude.
Par exemple, un séisme de 9,0 peut être suivi d'une réplique de 9,3
plusieurs mois plus tard même si cet enchaînement reste
extrêmement rare.

Séismes d'origine volcanique

Les séismes d'origine volcanique résultent de l'accumulation de


magma dans la chambre magmatique d'un volcan. Les
sismographes enregistrent alors une multitude de microséismes
(trémor) dus à des ruptures dans les roches comprimées ou au
dégazage du magma[13]. La remontée progressive des
hypocentres (liée à la remontée du magma) est un indice prouvant
que le volcan est en phase de réveil et qu'une éruption est
imminente.
Séismes d'origine polaire

Les glaciers et la couche de glace présentent une certaine


élasticité, mais les avancées différentiées et périodiques (rythme
saisonnier marqué) de coulées de glace provoquent des cassures
dont les ondes élastiques génèrent des tremblements de terre,
enregistrés par des sismographes loin du pôle à travers le
monde[12]. Ces « tremblements de terre glaciaires » du Groenland
sont caractérisés par une forte saisonnalité. Une étude publiée en
2006 a conclu que le nombre de ces séismes avait doublé de
2000 à 2005, tendance temporelle suggérant un lien avec une
modification du cycle hydrologique et une réponse glaciaire à
l'évolution des conditions climatiques[12]. Si l'on considère qu'une
part du réchauffement climatique est d'origine humaine, une part
des causes de ces séismes pourrait être considérée comme
induits par l'Homme (voir ci-dessous).

Séismes d'origine artificielle

Article détaillé : Séisme induit.

Les séismes d'origine artificielle ou « séismes induits » de faible à


moyenne magnitude sont dus à certaines activités humaines
telles que barrages, pompages profonds, extraction minière,
explosions souterraines ou nucléaires, ou même
bombardements[16]. Ils sont fréquents et bien documentés depuis
les années 1960-1970. Par exemple, rien que pour la France et
uniquement pour les années 1971-1976, plusieurs séismes ont
été clairement attribués à des remplissages de lacs-réservoirs, à
l'exploitation de gisements pétrolifères ou aux mines :

le remplissage du lac de Vouglans (Jura) (magnitude 4,3, le 21


juin 1971) qui produit des dégâts dans les villages voisins du
barrage ;
autour du lac-réservoir de l'Alesani, en Corse, le 29 septembre
1971 un séisme est ressenti sur une faible surface centrée sur
le lac (dans une zone jusqu'alors complètement asismique) . En
avril 1978, lors d'un nouveau remplissage (après vidange du
barrage durant plusieurs mois), un nouveau séisme de
magnitude 4,4 est ressenti ;
le lac-réservoir de Sainte-croix-du-Verdon (Alpes-de-Haute-
Provence) n'a pas bougé lors de son remplissage, mais de
septembre 1973 à août 1975, les stations séismiques
télémétrées ont enregistré plus de 90 petites secousses, au
voisinage même du lac, et leur fréquence maximale (36
secousses en 3 mois) correspondait au moment du pic de
remplissage (mars-mai 1975) ;
le gisement pétrolifère et gazier de Lacq (surveillé depuis 1974),
a encore produit des séismes (dont le 31 décembre 1972 de
magnitude 4,0, ainsi qu'en avril 2016 de magnitude 4[17]) ;
le gisement gazier de Valempoulières (Jura) a généré un petit
séisme le 8 janvier 1975, ressenti dans les communes
l'entourant ;
des « coups de toit » peuvent toucher les régions minières, à
l'image des anciens bassins houillers de Fuveau-Gardanne dans
les Bouches-du-Rhône et celui de Creutzwald-Merlebach en
Moselle, et peuvent être confondus avec de véritables séismes
naturels[18].

Les tremblements de terre engendrent parfois des tsunamis, dont


la puissance destructrice menace une part croissante de
l'humanité, installée en bordure de mer. Ils peuvent aussi menacer
les installations pétrolières et gazières offshore et disperser les
décharges sous-marines contenant des déchets toxiques, déchets
radioactifs et munitions immergées. On cherche à les prévoir, pour
s'en protéger, à l'aide d'un réseau mondial d'alerte, qui se met en
place, en Indonésie et Asie du Sud-Est notamment.

Dans certains cas, les séismes provoquent la liquéfaction du sol :


un sol mou et riche en eau perdra sa cohésion sous l'effet d'une
secousse.

Risques de séismes dus aux essais dans les centrales


géothermiques :

Un centre de recherche sur les centrales géothermiques, dans le


nord-est de la France, expérimente des techniques de géothermie.
L’expérience consiste à injecter de l'eau froide dans des poches de
magma (2 trous préalablement forés, l'un pour l'entrée de l'eau
froide et l'autre pour la sortie de l'eau transformée en vapeur, puis
de la récupérer sous forme de vapeur, de la mettre en pression
puis de faire tourner une turbine puis produire de l'électricité.

Conséquences de l'expérience :

L'injection d'eau froide dans les poches de magma agissait sur les
failles environnantes, l'eau agissait comme lubrifiant et produisait
des micro séismes qui pouvaient aller jusqu'à produire des
fissures sur les murs des maisons.

Séismes extraterrestres
Article détaillé : Séismes sur Mars.

Même si la Terre est le seul objet céleste où l'on ait mis en


évidence une tectonique des plaques, elle n'est pas le seul à subir
des vibrations (séismes localisés et oscillations à grande échelle).
Ces vibrations peuvent être dues à une autre forme de tectonique
(contraction ou dilatation de l'objet) ou à des impacts
cosmiques[19].

Les missions Apollo ont déposé plusieurs sismomètres à la


surface de la Lune. On a enregistré quatre types de séismes,
d'origines différentes. Certains sont dus à la libération de
contraintes engendrées par les effets de marée, d'autres à des
impacts de météorites, d'autres encore à la libération de
contraintes d'origine thermique. L'origine des séismes du
quatrième type, forts, peu profonds et d'assez longue durée, est
inconnue.

Le seul autre objet extraterrestre où l'on ait installé un sismomètre


est Mars, fin 2018 (sonde InSight). Opérationnel début février
2019, le sismomètre SEIS (développé par l'Institut de physique du
globe de Paris) a enregistré son premier séisme martien le 7 avril.
Jusqu'à présent ces séismes sont très faibles, sur Terre ils
seraient masqués par le bruit sismique des océans.

L'étude de Mercure montre la présence d'un grand nombre de


failles inverses, caractéristiques d'une contraction globale de la
planète (sans doute liée à son refroidissement progressif). La
sonde Messenger, notamment, a révélé l'existence de telles failles
traversant des cratères d'impacts petits et récents. On en déduit
que Mercure est aujourd'hui encore sujette à une tectonique
active, très certainement accompagnée de séismes.

La surface de Vénus est elle-aussi parcourue par des failles et des


plissements. Il est vraisemblable que Vénus soit encore active
tectoniquement, mais on n'en a pas la preuve. S'il y a de forts
séismes on espère, à défaut de pouvoir les enregistrer
directement (faute de sismomètre), en repérer des conséquences
atmosphériques.
On ne sait rien de l'activité sismique de Jupiter, mais il est
plausible qu'elle subisse des oscillations d'échelle planétaire à
l'instar de Saturne, dont les oscillations se répercutent sur ses
anneaux sous la forme d'ondes observables. Pour Uranus et
Neptune on ne sait pas.

Depuis le survol de Pluton par la sonde New Horizons en 2014, on


sait que cette planète naine a une activité géologique récente (et
sans doute actuelle), qui se manifeste notamment par des failles,
dont la formation ou la réactivation s'accompagne certainement
de séismes. Les contraintes tectoniques peuvent être dues à des
cycles de gel (partiel) et refonte de l'eau située en dessous de la
croûte de glace.

Le soleil lui-même est sujet à des oscillations globales, étudiées


par l'héliosismologie. Des oscillations similaires, observables
dans d'autres étoiles, sont étudiées par l'astérosismologie.

Caractéristiques principales

Épicentre, hypocentre (foyer) et faille.

L'hypocentre ou foyer sismique peut se trouver entre la surface et


jusqu'à sept cents kilomètres de profondeur (limite du manteau
supérieur) pour les événements les plus profonds.

Magnitude

Articles détaillés : Magnitude d'un séisme et Échelle de


magnitude de moment.

La puissance d'un tremblement de terre peut être quantifiée par


sa magnitude, notion introduite en 1935 par le sismologue Charles
Francis Richter[20]. La magnitude se calcule à partir des différents
types d'ondes sismiques en tenant compte de paramètres comme
la distance à l'épicentre, la profondeur de l'hypocentre, la
fréquence du signal, le type de sismographe utilisé, etc. La
magnitude est une fonction continue logarithmique[20] : lorsque
l'amplitude des ondes sismiques est multipliée par 10, la
magnitude augmente d'une unité. Ainsi, un séisme de magnitude
7 provoquera une amplitude dix fois plus importante qu'un
événement de magnitude 6, cent fois plus importante qu'un de
magnitude 5.

La magnitude, souvent appelée magnitude sur l'échelle de Richter,


mais de manière impropre, est généralement calculée à partir de
l'amplitude ou de la durée du signal enregistré par un
sismographe[20]. Plusieurs valeurs peuvent être ainsi calculées
(Magnitude locale , de durée , des ondes de surfaces
, des ondes de volumes ). Ces différentes valeurs ne sont pas
très fiables dans le cas des très grands tremblements de terre.
Les sismologues lui préfèrent donc la magnitude de moment
(notée ) qui est directement reliée à l'énergie libérée lors du
séisme[20]. Des lois d'échelle relient cette magnitude de moment à
la géométrie de la faille (surface), à la résistance des roches
(module de rigidité) et au mouvement cosismique (glissement
moyen sur la faille).

Intensité macrosismique

Article détaillé : Risque sismique.

Carte des intensités du Séisme de 2010 en Haïti.

L'intensité macrosismique, qu'il ne faut pas confondre avec la


magnitude, caractérise la sévérité de la secousse sismique au sol.
Définition de l'importance des tremblements de terre classée de
manière qualitative, à partir des dégâts occasionnés en surface,
elle se fonde sur l'observation des effets et des conséquences du
séisme sur des indicateurs communs en un lieu donné : effets sur
les personnes, les objets, les mobiliers, les constructions,
l'environnement. Le fait que ces effets soient en petit ou en grand
nombre sur la zone estimée est en soi un indicateur du niveau de
sévérité de la secousse. L'intensité est généralement estimée à
l'échelle de la commune. On prendra par exemple en compte le
fait que les fenêtres ont vibré légèrement ou fortement, qu'elles se
sont ouvertes, que les objets ont vibré, se sont déplacés ou ont
chuté en petit nombre ou en grand nombre, que des dégâts sont
observés, en tenant compte des différentes typologies
constructives (de la plus vulnérable à la plus résistante à la
secousse), les différents degrés de dégâts (du dégât mineur à
l'effondrement total de la construction) et si la proportion des
dégâts observés est importante ou non (quelques maisons, ou
l'ensemble des habitations)[21].

Les échelles d'intensité comportent des degrés généralement


notés en chiffres romains, de I à XII pour les échelles les plus
connues (Mercalli, MSK ou EMS). Parmi les différentes échelles,
on peut citer :

l'échelle de Mercalli, la première échelle établie en 1902 (notée


MM dans sa version modifiée) ;
l'échelle Medvedev-Sponheuer-Karnik (aussi notée MSK), la plus
utilisée, elle a été proposée en 1964 ;
l'échelle Rossi-Forel (aussi notée RF) ;
l'échelle de Shindo ( 震度) de l'agence météorologique
japonaise ;
l'échelle macrosismique européenne (aussi notée EMS98);

Les relations entre magnitude et intensité sont complexes.


L'intensité dépend du lieu d'observation des effets. Elle décroît
généralement lorsqu'on s'éloigne de l'épicentre en raison des
atténuations dues à la distance (atténuation géométrique) ou au
milieu géologique traversé par les ondes sismiques (atténuation
anélastique ou intrinsèque), mais d'éventuels effets de site (écho,
amplification locale, par exemple par des sédiments ou dans des
pitons rocheux) peuvent perturber les courbes moyennes de
décroissance que l'on utilise pour déterminer l'intensité et
l'accélération maximale du sol qu'ont à subir les constructions sur
les sites touchés, ou qu'ils auront à subir sur un site précis
lorsqu'on détermine un aléa sismique.

Statistiquement, à 10 kilomètres d'un séisme de magnitude 6, on


peut s'attendre à des accélérations de 2 mètres par seconde au
carré, des vitesses du sol de 1 mètre par seconde et des
déplacements d'une dizaine de centimètres; le tout, pendant une
dizaine de secondes[22].

Conséquences géophysiques

Comme certains autres phénomènes majeurs (la fonte d'une


calotte glaciaire par exemple)[23], les séismes importants peuvent
avoir une conséquence imperceptible sur la période de rotation de
la Terre et sur la durée du jour[24],[25]. Le séisme de 2004 à
Sumatra a provoqué un déplacement de l'axe de rotation du globe
de sept centimètres et le raccourcissement de la durée du jour de
6,8 microsecondes[26],[25]. Le séisme de 2010 au Chili a été assez
puissant pour décaler l'axe de rotation de la Terre de huit
centimètres, ce qui a raccourci la durée du jour de 1,26 µs[27],[28].
Le séisme de 2011 au Japon a lui aussi déplacé l'axe de rotation
de la Terre d'une dizaine de centimètres[29], et a provoqué un
raccourcissement de la durée du jour de 1,8 µs[30].

Il faut préciser ici que l'expression "axe de rotation" est en réalité


une simplification : c'est l'axe de figure qui est modifié (« l'axe de
figure est l'axe principal d'inertie ayant le plus fort moment
d'inertie, c'est en quelque sorte l'axe de symétrie de la Terre »)[31].
« Le mouvement du pôle de rotation par rapport à la croûte
terrestre, la polhodie, découlant en grande partie des transports
continuels de masse dans l'atmosphère et les océans, l'impact
des séismes y est brouillé et pratiquement impossible à
déceler. »[31]. On peut cependant isoler un décalage de l'axe de
figure induit par les méga-séismes : celui-ci, de quelques micro-
secondes, est inférieur à la variation journalière qui atteint 50 à
100 µs[31].

La modification de l'axe de rotation de la Terre survient lorsque


celui-ci ne coïncide plus avec un de ses axes principaux d'inertie.
L'oscillation qui s'ensuit provoque le déplacement du pôle de
rotation de la Terre, de quelques dizaines de mètres et avec une
période d’environ 433 jours[32]. Les séismes, les marées,
l'interaction entre le noyau et le manteau, les variations
hydrographiques et les mouvements océaniques et
atmosphériques peuvent contribuer à ce phénomène[32].

Différents types d'ondes sismiques


Article détaillé : Onde sismique.

Au moment du relâchement brutal des contraintes de la croûte


terrestre (séisme), deux grandes catégories d'ondes peuvent être
générées. Il s'agit des ondes de volume qui se propagent à
l'intérieur de la Terre et des ondes de surface qui se propagent le
long des interfaces[33].

Dans les ondes de volume, on distingue :

les ondes P ou ondes de compression. Le déplacement du sol


se fait par dilatation et compression successives, parallèlement
à la direction de propagation de l'onde. Les ondes P sont les
plus rapides (6 km/s près de la surface). Ce sont les ondes
enregistrées en premier sur un sismogramme[33] ;
les ondes S ou ondes de cisaillement. Les vibrations
s'effectuent perpendiculairement au sens de propagation de
l'onde, comme sur une corde de guitare. Plus lentes que les
ondes P, elles apparaissent en second sur les
sismogrammes[33].
Les ondes de surface (ondes de Rayleigh, ondes de Love)
résultent de l'interaction des ondes de volume. Elles sont guidées
par la surface de la Terre, se propagent moins vite que les ondes
de volume, mais ont généralement une plus forte amplitude[33].
Généralement ce sont les ondes de surface qui produisent les
effets destructeurs des séismes.

Enregistrement des séismes


Les plus anciens relevés sismiques datent du
VIIIe millénaire av. J.-C. [réf. nécessaire].

Séismes les plus puissants enregistrés depuis 1900

Tremblements de terre de magnitude au moins égale à 8.


Nombre d
Pays Ville / Zone Magnitude Date
morts

Valdivia, près
de Lumaco
dans (https://
www.coordo
nnees-gps.fr/
Chili latitude-longi 9,5 22 mai 1960 3 000
tude/-38.14
3/-73.40
7) [archive]
la région des
Fleuves

Sumatra 9,4 26 décembre 2004 227 898


Indonésie

États-
Alaska 9,2 27 mars 1964 131
Unis

Japon Sendai, côte 9,1[34],[35] 11 mars 2011 15 776 mor


Pacifique du et 4 225
Tōhoku disparus[36]
Nombre d
Pays Ville / Zone Magnitude Date
morts

Kamtchatka
Union
(RSFS de 9,0 4 novembre 1952
soviétique
Russie)

8,8 1906
Équateur

Chili Concepción 8,8 27 février 2010 497

États-
Alaska 8,7 1965
Unis

Île de Nias 8,7 28 mars 2005 905


Indonésie

Entre l'Inde,
8,7 puis
Océan l'Indonésie, le
réplique de 11 avril 2012[38]
Indien Sri Lanka et
8,3
la Thaïlande

Tibet Tibet 8,6 15 août 1950


Nombre d
Pays Ville / Zone Magnitude Date
morts

Îles
États-
Andreanof 8,6 9 mars 1957[39]
Unis
(Alaska)

Îles Kouriles
(RSFS de 8,5 1963
Union Russie)
soviétique Kamtchatka
(RSFS de 8,5 1923
Russie)

Mer de
8,5 1er février 1938
Indonésie Banda

Arequipa
dans le
Pérou département 8,4 23 juin 2001 250
du même
nom

Japon Kanto 8,3 1er septembre 1923 141 720


Nombre d
Pays Ville / Zone Magnitude Date
morts

Chillán dans
Chili la région du 8,3 24 janvier 1939 28 000
Biobío

Tonga 8,3 3 mai 2006

Russie Iles Kouriles 8,3 15 novembre 2006

Russie Iles Kouriles 8,3 13 janvier 2007

Océan
8,3 29 septembre 2009
Pacifique
Nombre d
Pays Ville / Zone Magnitude Date
morts

Mer
d'Okhotsk,
Russie proche de la 8,3 24 mai 2013[40]
péninsule du
Kamtchatka

Océan
Pacifique, à
46 kilomètres
Chili au large de la 8,3 16 septembre 2015[41]
localité
côtière
d'Illapel

États- San
8,2 18 avril 1906 3 000
Unis Francisco

Chili Valparaíso 8,2 17 août 1906 3 000

Chili Au large 8,2 1er avril 2014 à 20h46 5


d'Iquique, à locales[42],[43]
environ
89 km au
sud-ouest de
Cuya, à une
Nombre d
Pays Ville / Zone Magnitude Date
morts

profondeur
de 46,4 km
dans l'océan
Pacifique

Mexico 8,1 19 septembre 1985 10 000


Mexique

Pérou Ica, Lima 8,0 15 août 2007 387

Séismes les plus meurtriers depuis 1900

Tremblements de terre ayant fait plus de 15 000 morts d'après les


estimations des autorités locales, placés dans l'ordre
chronologique.
Nombre de
Ville / Zone Pays Date Magnitude
morts

Kangra Inde 4 avril 1905 8,6 19 000

Messine Italie 28 décembre 1908 7,5 100 000[44]

Avezzano Italie 13 janvier 1915 7,5 29 980

Bali Indonésie 21 janvier 1917 8.2 15 000

Gansu Chine 16 décembre 1920 8,6 200 000

Tokyo Japon 1er septembre 1923 8,3 143 000

Xining Chine 22 mai 1927 8,3 200 000

Gansu Chine 25 décembre 1932 7,6 70 000

Quetta Pakistan 30 mai 1935 7,5 45 000

Chillán Chili 24 janvier 1939 8,3 28 000

Erzincan Turquie 26 décembre 1939 8,0 30 000

Achgabat URSS 5 octobre 1948 7,3 110 000

Dashti Biaz
Iran 31 août 1968 7,3 16 000
Khorassan
Nombre de
Ville / Zone Pays Date Magnitude
morts

Chimbote Pérou 31 mai 1970 8,0 66 000

Yibin Chine 10 mai 1974 6,8 20 000

Guatemala 4 février 1976 7,5 23 000

Tangshan Chine 27 juillet 1976[45] 8,2 240 000

Michoacán Mexique 19 septembre 1985 8,1 20 000

Région de
Arménie 7 décembre 1988 7,0 25 000
Spitak
Nombre de
Ville / Zone Pays Date Magnitude
morts

Zangan Iran 20 juin 1990 7,7 45 000

Kocaeli Turquie 17 août 1999 7,4 17 118

Bhuj Inde 26 janvier 2001 7,7 20 085

Bam Iran 26 décembre 2003 6,6 26 271

Sumatra Indonésie 26 décembre 2004 9,4 227 898

Muzaffarabad Pakistan 8 octobre 2005 7,6 79 410

Province du
Chine 12 mai 2008 7,9 87 149
Sichuan

Port-au- Haïti 12 janvier 2010 7,2 230 000


Prince
Nombre de
Ville / Zone Pays Date Magnitude
morts

Côte 15 776 morts


Pacifique du Japon 11 mars 2011 9,3 et 4 225
Tōhoku disparus[36],[3

Méthodes de détection

Ancienne méthode chinoise

Article détaillé : Histoire de la géologie.

Réplique du sismographe de Zhang Heng.

L'ancienne méthode chinoise consistait en un vase de bronze


comportant huit dragons sur le contour, le Houfeng Didong Yi du
chinois Zhang Heng, mis au point en l'an 132 de l'ère commune.
Une bille était placée dans la gueule de chaque dragon, prête à
tomber dans la gueule d'un crapaud. Lorsqu'un séisme se
produisait, la bille d'un des dragons (dépendant de l'endroit où se
produisait le séisme) tombait dans la gueule d'un des crapauds.
Cela indiquait la direction de l'épicentre du tremblement de terre,
et vers où il fallait envoyer les secours.

Méthodes modernes

Article détaillé : Mesure en sismologie.

La localisation de l'épicentre par des moyens modernes se fait à


l'aide de plusieurs stations sismiques (3 au minimum), et un
calcul tridimensionnel. Les capteurs modernes permettent de
détecter des événements très sensibles, tels qu'une explosion
nucléaire.

Le Centre sismologique euro-méditerranéen a quant à lui


développé un processus de détection sismique basé sur l'analyse
du trafic web et des contenus sur Twitter. La collecte de
témoignages et de photos permet en outre de connaître l'intensité
des séismes ressentis, et d'apprécier et géolocaliser les dégâts
matériels.

Méthodes de prévision
Les méthodes de (en) prévision sismique reposent sur une prévision
qui spécifie, avec leur incertitude, la position, la taille, la date du
séisme, et donne une estimation de la probabilité de son propre
succès. La possibilité de la prédiction sismique repose sur
l'existence, et la reconnaissance des « précurseurs », signes
avant-coureurs d'un séisme[48]. En l'absence de précurseurs
fiables, ces méthodes sont accompagnées de non-détections qui
entraînent des procès pour les spécialistes et des fausses
alarmes qui provoquent une perte de confiance des populations
alertées, et éventuellement évacuées à tort. Enfin dans les régions
à forte sismicité comme l'Iran, les habitants ne prêtent plus
attention aux petits chocs sismiques et aux prédictions de
tremblements de terre destructeurs faites[49].

Déjà en 1977, alors qu'il recevait une médaille de la Seismological


Society of America (en) , Charles Richter l'inventeur de l'échelle qui
porte son nom commentait : « Depuis mon attachement à la
sismologie, j'ai eu une horreur des prédictions et des prédicteurs.
Les journalistes et le public bondissent sur la moindre évocation
d'un moyen infime de prévoir les séismes, comme des cochons
affamés se ruent sur leur mangeoire […] Ces éléments de
prédiction sont un terrain de jeu pour les amateurs, les névrosés
et les charlatans avides de publicité médiatique »[50].

On peut distinguer trois types de prévisions[51] : la prévision à long


terme (sur plusieurs années), à moyen terme (sur plusieurs mois)
et à court terme[52] (inférieur à quelques jours).
Long terme

Les prévisions à long terme reposent sur une analyse statistique


des failles répertoriées et sur des modèles déterministes ou
probabilistes des cycles sismiques. Elles permettent de définir
des normes pour la construction de bâtiments, en général sous la
forme d'une valeur d'accélération maximale du sol (pga, peak
ground acceleration). Certaines failles telles celles de San Andreas
en Californie ont fait l'objet d'études statistiques importantes
ayant permis de prédire le séisme de Santa Cruz en 1989. Des
séismes importants sont ainsi attendus en Californie, ou au Japon
(Tokai, magnitude 8.3). Cette capacité prévisionnelle reste
cependant du domaine de la statistique, les incertitudes sont
souvent très importantes, on est donc encore loin de pouvoir
prévoir le moment précis d'un séisme afin d'évacuer à l'avance la
population ou la mettre à l'abri.

Moyen terme

Les prévisions à moyen terme sont plus intéressantes pour la


population. Les recherches sont en cours pour valider certains
outils, comme la reconnaissance de formes (dilatance).
Court terme

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nitialiser_P%C3%A0V) .

Dans l'état actuel des connaissances, on ne peut pas prédire les


séismes à court terme, c'est-à-dire déterminer la date et l'heure
exacte d'un événement sismique, même si on peut souvent
déterminer le lieu d'un futur séisme (une faille active
principalement), et quelques autres caractéristiques. Cependant,
la recherche fondamentale en sismologie s'emploie à tenter de
découvrir des moyens de prédiction sismique.

D'autres moyens ont été cités : par exemple, certains animaux


semblent détecter les tremblements de terre : serpents, porcs,
chiens, amphibiens... Deux heures avant un séisme à Yientsin, en
1969, les autorités chinoises ont lancé un avertissement fondé
sur l’agitation des tigres, des pandas, des yacks et des cerfs du
zoo. Aucune étude scientifique n’a réussi pour le moment à
prouver ce phénomène[53].

Les prévisions à court terme se basent sur des observations fines


de l'évolution de zones à risque. On sait par exemple que les
séismes sont souvent précédés de phénomènes de migration de
gaz vers la surface[54] (migrations qui peuvent aussi contribuer à
« lubrifier » certaines failles géologiques et parfois faciliter des
effondrements susceptible d'engendrer un tsunami comme celui
du Storrega ; On cherche à mieux comprendre les liens entre
lithosphère, atmosphère et ionosphère qui pourraient aider à
mieux prévoir certains séismes[55].

Les moyens de détection peuvent avoir un coût important, pour


des résultats non garantis, du fait de la grande hétérogénéité des
signes précurseurs d'un séisme, voire leur absence dans des
séismes pourtant de grande ampleur, tels que TangShan ou
Michoacan, qui avaient été prévus à moyen terme mais non à
court terme.

Les gouvernements et autorités locales souhaitent des


informations certifiées avant d'évacuer une population des sites
suspectés mais les prédicteurs manquent de fiabilité[56]. Les
États-Unis utilisent des outils de grande sensibilité autour des
points statistiquement sensibles (tels que Parkfield en
Californie) : vibrateurs sismiques utilisés en exploration pétrolière,
extensomètres à fil d'invar, géodimètres à laser, réseau de
nivellement de haute précision, magnétomètres, analyse des
puits. Le Japon étudie les mouvements de l'écorce terrestre par
GPS[57] et par interférométrie (VLBI), méthodes dites de géodésie
spatiale. En Afrique du Sud, les enregistrements se font dans les
couloirs des mines d'or, à 2 km de profondeur. La Chine se base
sur des études pluridisciplinaires, tels que la géologie, la
prospection géophysique ou l'expérimentation en laboratoire.

La surveillance d'anomalies d'émission de radon (et de potentiel


électrique) dans les nappes sont évoqués[58], basée sur
l'hypothèse qu'avant un séisme le sous-sol pourrait libérer plus de
radon (gaz radioactif à faible durée de vie). On a constaté (par
exemple en Inde[59]) une corrélation entre taux de radon dans les
nappes souterraines et activité sismique. Un suivi en temps réel
du radon à coût raisonnable est possible[59]. On a aussi montré
dans les Alpes françaises que les variations de niveaux (de plus
de 50 mètres) de deux lacs artificiels modifiaient les émissions
périphériques de radon[60].

Des recherches récentes soutiennent une possible corrélation


entre des modifications de l'ionosphère et la préparation de
tremblements de terre, ce qui pourrait permettre des prédictions à
court terme[61],[62].

De même les séismes sont précédés de modifications locales du


champ magnétique (en ultra-basses fréquences)[63], par exemple
observée le 8 août 1993 lors d'un séisme sur l'île de Guam[64], de
même pour le Séisme de 1989 à Loma Prieta, de magnitude
7.1[64]. Selon Fraser-Smith & al. en 1994, il aurait fallu un réseau de
détecteurs de champ magnétique conventionnels espacés sur
une grille dont la taille de maille serait inférieure à 100 km pour
détecter les fluctuations du champ magnétique ULF avant les
tremblements de terre de magnitude supérieure à 7, mais des
gradiomètres de champ magnétique supraconducteur pourraient
offrir une plus grande sensibilité et une meilleure portée[65].

Des fibres optiques sont déjà couramment utilisées par les


compagnies pétrogazières. Leurs impuretés innées sont des
« capteurs virtuels » : à l'extrémité d'une fibre, un « interrogateur »
électronique envoie des impulsions-laser et analyse la lumière qui
rebondit (rétrodiffusion) ; des anomalies du temps de
rétrodiffusion signifient que la fibre s'est étirée ou contractée (ce
qui se produit en cas d'exposition à une onde sismique ou une
vibration induite à proximité)[66]. Selon B. Biondi (géophysicien de
l'Université de Stanford), un « interrogateur » unique peut gérer
40 kilomètres de fibre et contrôler un capteur virtuel tous les deux
mètres, des milliards de tels capteurs sont déjà présents dans les
lignes de télécommunication dispersées dans le monde, qui
pourraient donc être utilisés pour détecter des anomalies fines et
améliorer la prédiction sismique[67], en distinguant notamment les
ondes P (qui voyagent plus vite mais en faisant peu de dégâts)
des onde S (plus lentes et causant plus de dégâts)[66]. On a
d'abord cru qu'il fallait les coller à une surface rigide ou les noyer
dans du béton mais on a récemment montré que des faisceaux de
fibres lâches placés dans un simple tuyaux de plastique suffisent.
L'information est de qualité moyenne mais elle peut être acquise
sur de vastes territoires et à bas coût[66].

Notes et références
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Terre, Paris, Berlin, Orléans, BRGM éditions, 2005,
(ISBN 978-2-7011-4081-0), p. 74.
2. Milan Zacek, Construire parasismique : risque sismique,
conception parasismique des bâtiments, réglementation,
Editions Parenthèses, 1996, p. 5.
3. Grégory Quenet, Les tremblements de terre aux XVIIe et XVIIIe
siècles, Éditions Champ Vallon, 2005 (lire en ligne (https://boo
ks.google.com/books?id=B4BuVcMTXo4C) [archive]), p. 337.
4. Cet intervalle de récurrence pour les failles régulières est
estimé par les géologues actuels en mesurant sur le terrain le
déplacement cosismique lors du « séisme caractéristique »
(séisme dont l'amplitude peut être la plus grande) et la vitesse
moyenne de déplacement de la faille à partir de l'observation
des ruptures de surface créées lors de chaque séisme. Les
lacunes de sismicité (gaps) correspondant à de longues
absences d'activités d'une zone sismique.
5. G.K. Gilbert, « A theory of the earthquakes of the Great Basin,
with a practical application, » Am. J. Sci. 3rd ser. 27, 1884,
p. 49-53.
6. (en) H.F. Reid, The Mechanics of the Earthquake, The California
Earthquake of April 18, 1906, Report of the State Investigation
Commission, Vol.2, Carnegie Institution of Washington,
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Geophysical Research, vol. 84, 10 septembre 1979,
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6/Brace&Byerlee_Stick-Slip_Science66.pdf) (Archive.org (https://we

b.archive.org/web/*/https://websites.pmc.ucsc.edu/~rcoe/eart206/Brace&Byerlee_

Stick-Slip_Science66.pdf) • Wikiwix (https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http

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f) • Archive.is (https://archive.is/https://websites.pmc.ucsc.edu/~rcoe/eart206/Br

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ent.com/search?hl=fr&q=cache:https://websites.pmc.ucsc.edu/~rcoe/eart206/Bra

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Voir aussi

Bibliographie

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Articles connexes

Bradyséisme
Construction parasismique
Essaim de séismes
Listes de séismes (selon leur date, leur lieu, leur magnitude, leur
coût humain ou leur coût économique)
Échelle de magnitude de moment
Mécanisme au foyer
Mégaséisme
Séisme artificiel provoqué par la catastrophe industrielle du 4
mai 1988
Sismologie
Tectonique des plaques
Tremblement d'étoile
Liste des catastrophes naturelles les plus meurtrières depuis
l'Antiquité
Déclenchement de tremblements de terre par effet de marée
Tsunami

Liens externes
Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
Encyclopædia Britannica (https://www.britannica.com/science/ear
·
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·
Handbook of Texas Online (https://tshaonline.org/handbook/online/a
· Store norske leksikon (https://snl.no/jordskjelv) [archive]
Notices d'autorité :
Bibliothèque nationale de France (http://catalogue.bnf.fr/ark:/1214
·
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· Gemeinsame Normdatei (http://d-nb.info/gnd/4015134-7) ·
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Précurseurs de séismes majeurs : un état de l'art et étude
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