0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
231 vues40 pages

Exploitation Minière et Développement Communautaire au Congo

Transféré par

Berkas nash
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
231 vues40 pages

Exploitation Minière et Développement Communautaire au Congo

Transféré par

Berkas nash
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

1

INTRODUCTION

1. Présentation de l’objet d’étude

Le secteur minier est l'un des secteurs clés de l'économie de la République


Démocratique du Congo, pays mondialement connu pour ses potentialités en ressources
minières. Vu de cet œil, le secteur minier congolais nécessite une réglementation particulière;
c'est ce qui explique le vote, l'adoption et la promulgation de la loi n°18/001 du 09 mars 2018
modifiant et complétant la loi n° 007/2002 du 11 Juillet 2002 portant code minier.

Plusieurs lois congolaises s'intéressent à la population et cherchent à préserver


ses intérêts. C'est notamment la constitution de 2006 qui reconnait, à son article 58, les droits
de jouissance des richesses nationales à tout congolais. A son article 53, la constitution
reconnait le droit à un environnement sain et propice à toute personne (congolais) afin
d'assurer son épanouissement intégral. L'alinéa 2 de l'article 54 de la constitution est tel que:
«Toute pollution ou destruction résultant d'une activité économique donne lieu à
compensation et/ou réparation.» Il va sans dire que cette compensation et/ou réparation est un
droit reconnu aux victimes de ladite pollution.

Pour sa part, le code minier reconnait également un certain nombre de droits à


la communauté environnante le site qui sert à l'exploitation minière. C'est en l'occurrence
l'article 69g dudit code qui oblige le futur exploitant minier à présenter un plan pour le
développement du milieu environnant avant de lui octroyer le permis d'exploitation. En effet,
lorsque le demandeur du permis d'exploitation ne respecte pas cette condition, en vérité, il ne
lui sera pas donné ce permis.

Par ailleurs, dans l'exercice de leurs activités, les exploitants miniers estiment
qu'ils apportent ce qu'il faut pour contribuer au développement de la communauté
environnante. En revanche, cette dernière demeure pessimiste et demande aux exploitants de
fournir encore d'autres efforts car jusque-là leur contribution est largement moindre.

Voilà la curiosité qui nous a poussé à traiter un sujet intitulé « Exploitation


minière et droit au développement des communautés environnantes dans la commune de
Panda ».
2

2. État de la question

Il est, d'après WENU BECKER, l'inventaire des publications dans le domaine


qui permet au chercheur de situer son apport à ces travaux. Ceci l'aidera à recueillir des
informations générales et utiles pour sa recherche1.

Le secteur minier, si intéressant qu'il est, ne permet pas le monde scientifique de


se taire. Quelques mémorants se sont déjà intéressés audit secteur et y ont apporté leurs
contributions de diverses manières. C'est en l'occurrence :

1. KINDA MUNANGA-NANGA Fanfan, dans son mémoire intitulé « Le secteur


industriel et la problématique du développement économique de la province du
Katanga », estime que le développement du Katanga est garni à un grand pourcentage
par le secteur industriel du fait de la recrudescence des entreprises minières et d'autres
entreprises de transformation... L'industrie ou le secteur industriel joue un rôle crucial
dans le développement économique de la province du Katanga en particulier et de
toute la nation en général car grâce à l'industrie on a: les biens produits localement, la
création des emplois, les impôts et taxes payés, les infrastructures de base aménagées
(routes, écoles, hôpitaux), la réduction de la pauvreté2.

2. MUKEKWA MWILU Sandra, dans le but de prouver que le secteur minier est
bénéfique également à la communauté environnante, affirme que la compagnie (en
parlant d'Anvil mining) travaille avec les institutions gouvernementales locales pour
développer des infrastructures qui soutiennent un investissement et un développement
responsable des ressources. En plus, le projet de Kinsevere emploie beaucoup
d'hommes des villages environnant la mine par le biais de ses divers entrepreneurs.
Pour faire bref, l'entreprise a un apport social considérable en ce qu'elle a: construit
des infrastructures (ponts, lignes électriques publiques, servi à l'approvisionnement en

1
WENU BECKER, Recherche Scientifique: Théorie et pratique, Presse Papy Diem, Cités universitaires, UNILU
2008, P. 17.
2
KINDA MUNANGA-NANGA Fanfan, « Le secteur industriel et la problématique du développement
économique de la province du Katanga », mémoire présenté et défendu en vue de l'obtention du grade de licencié
en Sciences économiques et de Gestion sous la direction du Professeur MWALABA KASANGANA Justin,
UNILU, 2011, pp.3-4.
3

eau potable des villages environnants, fait également son intervention dans le domaine
de la santé publique3.

3. Faustin KUEDIASALA, dans son article : « problématique de l'exploitation minière


artisanale au Katanga », a contextualisé la pratique de l'exploitation minière artisanale
qui trouve son droit de cité depuis la déconfiture de la Gécamines, passant par son
institution par le code minier congolais promulgué en 2002,du reste renforcé par le
règlement minier de 2003. Il dénonce l'escroquerie dont était l'objet les creuseurs
perpétrée par la Gécamines à travers son département NOUCO qui devait coopérer
avec l'association des exploitants miniers artisanaux du Katanga(EMAK). Il fustige la
manière dont les concessions Gécamines sont envahies par des éléments incontrôlés de
l'armée qui s'adonnent également à l'exploitation artisanale et qui causent de
l'insécurité tant pour la Gécamines que pour les creuseurs forcés souvent de travailler
bénévolement au profit de nouveaux maitres des lieux. Concluant son article Faustin a
abouti à un constat pessimiste, que selon lui, « l'exploitation artisanale des mines au
Katanga est un marché self-service et anarchique, à la limite de l'informel et duquel le
pays ne tire en réalité aucun bénéfice substantiel. Tout au plus permet-il aux masses
désœuvrées de s'assurer provisoirement une certaine survie. Dans les conditions
actuelles, il est illusoire de compter sur l'exploitation artisanale des mines pour générer
les ressources liquides dans la RDC, en général et sa province du Katanga en
particulier4.

4. Jean Marie MULULU MUGINIBWA, traitant de « l'exploitation minière artisanale et


l'amélioration des conditions socio-économiques des exploitants et des habitants de
l'hinterland minier à Likasi », a voulu savoir si l'exploitation minière artisanale
contribue-t-elle à l'amélioration des conditions de vie des habitants et des exploitants
de Likasi. De ses analyses, il conclut qu'elle a diminué le nombre des sans emplois à
Likasi et qu'elle est un facteur de l'amélioration des conditions socio-économiques des
exploitants et des habitants de cette ville et qu'elle constitue également une activité de
sauvegarde à la situation de manque d'emploi liée aux difficultés conjoncturelles que

3
MUKEKWA MWILU Sandra, « L'implication socioéconomique d'un projet d'investissement dans une
entreprise minière du Katanga: cas de l'AMCK mining sprl », mémoire présenté et défendu en vue de l'obtention
du grade de licencié en sciences économiques et de Gestion, sous la direction du professeur MUTOMBO
KYAMAKOSA Modeste, UNILU, 2010, pp.57-61.
4
Faustin KUEDIASALA, « problématique de l'exploitation minière artisanale au Katanga », in le potentiel,
édition 3679, Kinshasa, 2006.
4

connaissent la plupart d'entreprises du pays en général et de la province du Katanga en


particulier5.

5. Quant à MUYUMBA NDAZWI Martin, dans «De l'exploitation minière artisanale et


le développement économique local, expérience de SAESSCAM au Sud du Katanga »,
abonde dans le même sens que MULULU en cherchant à ressortir la contribution de
l'exploitation minière artisanale à l'amélioration des conditions socio-économiques et
au développement de la province du Katanga. A son questionnement, il conclut que la
contribution de l'exploitation artisanale au développement local est loin d'être obtenu
au regard des expériences tentées sur le terrain. Il pense que la mise à la disposition
des moyens financiers au SAESSCAM facilitera le développement de ce secteur6.

Cependant, il est également important de nous rappeler une chose : bien que le
secteur minier s'avère important à l'économie nationale, à la communauté environnante et
aussi aux exploitants miniers eux-mêmes, il ne va pas sans présenter des conséquences
néfastes à l'égard de cette communauté.

Cette affirmation rencontre celle de PHILIPPE Malingrey dans son ouvrage


intitulé «Introduction au droit de l'environnement» dans lequel l'auteur affirme que
l'exploitation minière est susceptible de générer des nuisances et altérer la qualité des milieux
et notamment l'eau, le sol, l'air et le milieu marin.

Cette altération est un vecteur des diverses maladies, notamment le saturisme


qui est une «maladie qui se caractérise par une concentration trop importante de plomb dans le
sang et qui peut avoir des graves conséquences sur le développement intellectuel et
psychomoteur de l'enfant7 ».

L'originalité de ce travail procède du fait qu'il envisage l'efficacité des apports


des exploitants miniers et ce, en démontrant leurs contributions face aux attentes de la
communauté environnante. Outre cet aspect, ce travail essayera de dégager les droits reconnus
à la communauté locale et si cette dernière bénéficie de ces droits.
5
MULULU MUGINIBWA, l'exploitation minière artisanale et l'amélioration des conditions socio-économiques
des exploitants et des habitants de l'hinterland minier de Likasi (cas du site de SHAMITUMBA), mémoire de
licence en sciences sociales, ISES-L'SHI, 2014.
6
MUYUMBA NDAZWI, De l'exploitation minière artisanale et le développement économique local, expérience
de SAESSCAM au Sud du Katanga, mémoire de licence en développement communautaire, ISES-L'SHI, 2010.
7
PHILIPPE Malingrey, Introduction au Droit de l'environnement, 3è édition, Lavoisier, Paris 2007, P.291.
5

3. Problématique et hypothèses de recherche


3.1. Problématique

La problématique est une approche ou une perspective théorique que le


chercheur décide d’adopter pour traiter le problème posé dans la question de départ8.

Louis MPALA MBABULA définit la problématique comme étant « la


rubrique dans laquelle on articule un ensemble des problèmes (constat, fait) qui engendrent
des questions servant de fil conducteur du travail scientifique et ce en se référant aux concepts
clés se trouvant dans le titre du travail ou le sujet retenu »9.

Elle est la question fondamentale que le chercheur se pose et qui guide son
action10.

Dans cette partie de notre travail nous avons l'exigence au préalable que nous
prenions à appréhender ; ce que le chercheur tâche de circonscrire d'emblée l'objet de son
étude afin d'éviter un saut périlleux dans le vide. Voilà le bien-fondé de la problématique.

La contribution des exploitants miniers dont il est question dans ce travail est
considérée par l'article 69g du code minier de 2018 comme un droit de la communauté
environnante. Cependant, dans l'exercice de ce droit, force est de constater la satisfaction dans
le chef des exploitants miniers et l'insatisfaction dans celui de la communauté environnante.
Ce constat nous a poussés à réfléchir sur ce thème. Par ce motif, dans ce travail nous nous
efforcerons de répondre aux questions suivantes:

1. Existe-t-il des droits reconnus aux communautés locales ( environnantes ) et lesquels ?


Et quels sont leurs impacts ?

8
Laki MAURICE M'BAYO, l'art de confectionner un travail scientifique, éd PUL, Lubumbashi, 2004, p37
9
Louis MPALA MBABULA, directive pour rédiger un travail scientifique suivi de recherche sur internet,
Lubumbashi Ed. MPALA, 2017, p.20
10
KALUNGA TSHIKALA Victor, Rédaction des Mémoires en Droit: Guide pratique, édition du col,
Lubumbashi, 2012, p.9.
6

2. La commune de panda bénéficie t-elle des droits reconnus aux communautés


environnantes ?

Etant donné que chacune de ces questions mérite une réponse, nous oserons de
répondre pour notre part. Néanmoins, les autres peuvent renchérir ou contredire en apportant
des preuves légales dans la mesure où le monopole de la science n'est reconnu à personne, et
que, tout ce que nous pouvons dire ne sont que des opinions.

3.2. Hypothèses de recherche

Dans cette partie, nous allons proposer des réponses provisoires aux questions
que l'on s'est posées à propos de l’objet de recherche formulée en des termes tels que
l’observation, la présentation et l’analyse des quelques cas pratiques puissent fournir une
réponse.

Les hypothèses sont considérées comme des réponses provisoires anticipées et


risquées que le chercheur propose à la question principale de son travail, c'est une prise de
position qui montre l'opinion du chercheur sur le sujet à traiter dans lequel il tient compte de
la variable indépendante et dépendante susceptible d'influencer la première11.

L’hypothèse du travail est « une réponse provisoire donnée aux questions de la


problématique. Elle servira de fil conducteur car elle est une conjoncture ou une proposition
de réponses à la question posée »12.

Paul Foulquie définit ce concept comme étant : « une réponse à une question
que se pose le chercheur, et cette réponse constitue une explication des faits observés, mais
étant hasardée, son explication ne peut être retenue qu'à titre provisoire et sans bénéfice
d'inventaire »13.

En guise d’hypothèse au regard de notre problématique, nous estimons que :

 Oui, il y a des droits reconnus aux populations environnantes et ces droits sont :
- La redevance minière ;

11
Daniel k, Schneider, méthodologie des sciences sociales et approche qualitative des organisations , Montréal :
Les presses de l’Université du Québec, 2006, P48
12
Louis MPALA MBABULA, op.cit., P. 42
13
FOULQUIE P., La connaissance, éd. De l'Ecole, Paris, 2003, p.264.
7

- La réparation par tout titulaire d’un droit minier ou des carrières est
responsable des dommages causés aux personnes, aux biens et à
l’environnement du fait de ses activités minières article 285 du code minier;
- Droits aux soins médicaux si et seulement si les maladies proviennent de
l’activité minière etc…
 Bien que le nouveau code minier de 2018 présente beaucoup d’avantage pour la
population congolaise et les habitants de la commune PANDA en particulier, car les
entreprises minières doivent verser dans le trésor public une part de la redevance
minière prévue par le code minier de 2018 qui est actuellement en vigueur pour un
développement durable de communautés de base. En faisant l'état de lieu de
l’exploitation minière, on constaterait qu'elle ne respecte pas les normes
environnementales et les communautés locales tout comme les populations ne
semblent pas réellement tirer profit comme le prévoit le code minier à savoir le
développement et l'émergence d'une classe moyenne, le constat fait par nous
chercheurs est que , il y a une mauvaise affectation de fonds de la redevance minière,
il y a manque de la transparence de ce fonds la preuve est que les informations sur les
montants de fonds perçus par la commune de la redevance minière ne sont pas
accessible, au cours de nos recherches dans la commune de PANDA, les donnes et
informations nous ont été donnes verbalement aucun document pour prouver.
L’objectif du code minier de 2018 est de faire protéger l’exploitation minière à la
communauté de la base qui est atteinte ou touchée par les effets négatifs des mines,
entre autres l’impact sur l’environnement. Les industries ont des conséquences
environnementales telles que la contamination de l’eau par des produit chimiques qui
est le cas dans la commune de PANDA, les effets de l’exploitation minière s’étendent
au-delà de la mine elle-même, les opérations minières ont une incidence sur
l’agriculture et un résultat des modifications dans tout le cadre de la vie. Les impacts
environnementaux deviennent donc des enjeux économiques et sociaux. De plus, les
impacts environnementaux se poursuivent bien après l’épuisement de l’exploitation et
les communautés locales doivent supporter les fardeaux à long terme des opérations
minières. Parmi les conséquences ou l’impact de l’exploitation minière, il y a
également la détérioration des infrastructures des bases : les engins qui transportent les
minerais détruisent les routes et occasionnent des multiples accidents de route. Le
développement local constitue une préoccupation majeure d’un Etat, le secteur minier
constitue le moteur de l’économie. La redevance minière doit contribue au
8

développement communautaire à pas de géants. selon nos recherchés, nous pouvons


déduire que la redevance minière de la commune de PANDA ne contribue pas
suffisamment ou assez au développement économique et social, il y a une grande
différence ou contraste entre les textes légaux et la réalité ou la pratique, et aussi entre
les fonts de la redevance minière et leur allocation.

4. Choix et Intérêt du sujet


4.1. Choix du sujet

Nous avons porté notre choix sur ce sujet parce que nous avons constaté qu'il y
a des controverses entre les estimations des exploitants miniers et celles de la communauté
environnante. En effet, les exploitants miniers pensent avoir contribué considérablement au
développement de la communauté environnante alors que cette dernière estime que cette
contribution est encore insuffisante et qu'il faut encore fournir d'autres efforts. C'est à cette
controverse que nous voulons donner un apport via ce travail.

4.2. Intérêt du sujet

La présente étude s'avère intéressante dans la mesure où elle a trait au secteur


minier, l'un des secteurs clés dans l'économie de la République Démocratique du Congo. Vu
de cette façon, le secteur minier intéresse plus d'une personne: qu'il s'agisse des dirigeants
étatiques, de la population, des investisseurs (tant nationaux qu'étrangers) voire de la
communauté internationale.

Outre cette démonstration, dans ce travail, ce sujet présente un triple intérêt,


c'est notamment: L’intérêt scientifique, social et personnel.

4.2.1. Intérêt scientifique

Ce travail constitue, dans le domaine juridique, une contribution à l’édification


de celui-ci. une source d’information, mais aussi une référence pour les futurs chercheurs qui
voudront bien mener une étude se rapprochant à ce thème. Il ouvre donc la voie à plusieurs
thèmes de recherche juridique. Ce travail constitue également une contribution à la notion de
l’exploitation minière, il constitue au débat sur les droits reconnus aux communautés locales.

4.2.2. Intérêt social


9

Ce travail vise à mettre ou à porter à la connaissance de la société congolaise de


différents problèmes liés à l’exploitation minière et si les droits de la population sont
respectées afin de les amener à comprendre comment l’exploitation minière est un processus
qui peut apporter un changement au développement économique en RDC en général et dans la
commune de panda en particulier.

4.2.3. Intérêt personnel

Ce travail nous permet individuellement d’asseoir et maîtriser les notions de


l’exploitation minière en général et, en particulier, celles relative aux droits des populations
environnantes. En suite, en tant que chercheur, nous sommes appelés d’analyser les différents
problèmes juridiques qui se posent afin d’essayer de trouver quelques pistes de solution.
Aussi, l’intérêt poursuivi individuellement est le fait que nous voulons répondre à l’obligation
académique qui veut qu’à la fin du deuxième cycle, nous puissions rédiger un travail de fin
d’étude. Lequel nous permettra d’obtenir le grade de licenciée en droit.

5. Objectif poursuivi

Le but de la présente recherche est d’abord d’analyser l’exploitation minière


dans la commune de panda.

En outre , en tant que chercheur, nous poursuivons également quelques


objectifs à travers ce travail. L’objectif principal est celui d’amener la collectivité scientifique
à comprendre réellement les droits des populations environnantes dus à l’exploitation minière,
ses préalables, ses conditions et ses bien-fondés.

De manière spécifique, nous poursuivons comme objectif qu’à la fin de ce


travail, nous-même et l’ensemble de nos lecteurs soyons capables de :
- Comprendre l’apport de l’exploitation minière;
- Connaître les droits reconnus aux communautés environnantes en entièreté.

6. Méthode et technique de recherche


6.1. Méthode
10

Tout travail scientifique a toujours eu un point axial qui déclenche le mobile de


la recherche. Dans le domaine de la recherche, lorsqu’on veut faire l’étude sur un phénomène
quelconque, il faut savoir la démarche à suivre ou à entreprendre pour atteindre une fin
donnée. Selon Nday Wa Mande, elle est définie comme étant une puissance, une capacité
d’avoir suscité une série des questions articulées autour d’un sujet et un domaine bien
déterminé, elle implique donc un travail de formation sous forme d’une ou plusieurs questions
articulée14.

Dans le cadre de notre travail, nous avons utilisé les méthodes : exégétique ou
juridique, historique et sociologique.

6.1.1. Méthode juridique est une opération intellectuelle par laquelle une
discipline cherche à atteindre les vérités tout en parcourant les règles
15
juridiques y relatives , cette méthode nous a permis d'interpréter les
dispositions légales ayant trait à notre travail.
6.1.2. Méthode historique, dans une explication des faits juridiques, leurs
genèses, leurs antécédents, leurs successions et enfin leurs évolutions. En
l'espèce, elle nous servira à faire un retour dans le passé pour voir comment
l'on est arrivé à reconnaître les droits des populations environnantes.
6.1.3. Méthode sociologique est une méthode qui est fait à la constatation, à
l'observation de faits dont elle cherche plutôt que l’appréciation. Elle rend
compte de l’écart entre le fait et le Droit 16. Cette méthode nous a permis de
confronter les textes juridiques et les faits sociaux, c'est-à-dire faits actuels
en rapport avec l’exploitation minière et d'avoir la compréhension effective
de notre sujet de recherche.
6.2. Technique de recherche

Elles sont l'ensemble d'outils qui sont au service de la méthode. Vues de cette
façon, les techniques se présentent comme des moyens qui permettent au chercheur d'acquérir

14
NDAY Wa Mande, méthode à la recherche scientifique, UNILU, 2004-2005, inédit.
15
RONGERE P, Méthodes des sciences sociales, éd Vuibert, Paris, 1971, p278
16
Louis MPALA MBABULA, op.cit. p 50
11

et de traiter les données dont il a besoin pour comprendre ou expliquer un phénomène ou un


sujet d'étude17.

ISANGO IDI WANZILA définit la technique de recherche comme étant « un


outil qui aide le chercheur à rassembler les données utiles pour mieux élaborer un travail
scientifique »18.

Autrement dit, c’est un instrument que le chercheur utilise pour accéder aux
données scientifiques nécessaires pour son travail. Nous avons opté pour les techniques ci-
après:

6.2.1. technique d'observation directe

Cette technique se définit comme toute démarche visant la collecte des données
relatives à une analyse par un constat direct entre l’enquêteur et les phénomènes qui
concernent son analyse. Ainsi, son application a été traduite par le fait d’une observation libre
dans la manière dont la protection des droits reconnus aux populations environnantes se passe
dans la commune de panda.

6.2.2. L'analyse documentaire

C’est une technique qui porte sur la consultation des documents. Elle a toute
son importance dans cette étude ; le document tant muet qu’écrit a été consulté pour la
rédaction de ce travail : lois, revues et autres archives relatives à l’objet de cette étude ont été
consulté ou passés un peigne fin.

6.2.3. Technique d'interview libre

C’est une technique qui consiste à échanger avec certains membres de la société
ou du domaine pour lesquels les investigations sont orientées. Elle nous a aidé avec un
échange simple et important aux membres de la communauté environnante, d'ailleurs nous-
mêmes nous en faisons partie, mais aussi à certains exploitants miniers et à quelques activistes
des droits de l'Homme. Leurs réponses (données) nous ont aidés dans la rédaction de ce
travail.

17
ROGER PINTO et MADELEINE GRAWITZ, Méthodes des sciences sociales, Ed. Dalloz, Paris, 1971, p.289,
cité par MULUMBATI NGASHA Adrien, Manuel de sociologie générale, éditions Africa, Lubumbashi, 2010, p.
18
ISANGO IDI WANZILA, cours d’introduction au travail scientifique. Inédit, G1 SPA, UNILU, 2003-2004,
P.10
12

7. Délimitation du sujet

Pour qu’un travail ne soit pas vague et sujet à plusieurs interprétations, il est
toujours recommandé au chercheur de délimiter son travail dans le temps et dans l’espace
ainsi que sur le plan matériel. Comme le signale Pierre Félix KANDOLO dans Guide
KANDOLO, délimiter un sujet de recherche, revient à l’auteur de préciser à la fois le cadre
chronologique, le cadre géographique ( si cela est possible) mais aussi et surtout le cadre
conceptuel et thématique dans lequel s’inscrit le projet de la recherche 19. Ainsi, nous avons
délimité notre travail quant au temps, à l’espace et rapport à la matière.

7.1. Dans le temps

Le présent travail couvre la période allant de 2018 jusqu’à nos jours, année à
laquelle fut promulgué la loi n°18/001 du 09 mars 2018 modifiant et complétant la loi n°
007/2002 du 11 juillet 2002 portant code minier.

7.2. Dans l’espace

Nous sommes obligés de préciser le terrain où se localise les faits, ainsi les
facteurs qui ont suscité notre curiosité, selon la délimitation spatiale de notre sujet, Nos
recherches se sont effectuées dans la commune de panda dans la ville de Likasi en particulier
et la République Démocratique du Congo en général. Le choix porté sur cette commune est
justifié pour une simple raison qui est l’accès facile aux données concrètes relatives à notre
travail de recherche.

7.3. Quant à la matière

Le sujet sous examen a été tiré du droit positif congolais, cependant le droit
étant vaste, nous avons soutiré le sujet dans la branche du droit économique particulièrement
le cours du droit minier.

8. Plan sommaire

19
P.F. KANDOLO ON'UFUKU WA KANDOLO, Préc.note 5. Voir également Pierre Félix KANDOLO
ON'UFUKU WA KANDOLO, Réparation en droit de la personne et en droit international humanitaire,
Problèmes et perspectives pour les victimes en République Démocratique du Congo, Thèse présentée et soutenue
en vue de l’obtention du grade de docteur en Droit, Montréal, Université de Montréal, faculté de droit, 2017,p27
13

Mise à part l’introduction et la conclusion générale, un esprit thématique


nous a conduit à structurer notre travail en trois chapitres :

 Le premier chapitre est consacré aux considérations générales


 Le deuxième chapitre porte sur le cadre empirique
 Le troisième chapitre examine l’exploitation minière et son incidence sur les
communautés environnantes.

CHAPITRE I. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES


Section 1. Du cadre théorique
1.1. Exploitation

L'exploitation se définit comme étant l'action d'exploiter, de faire valoir une


chose, d'en tirer le profit du produit. L'exploitation minière, quant à elle, s'appréhende en
termes d'opérations par lesquelles une personne se livre, à partir d'un gisement identifié, et au
moyen des travaux de surface et/ou d'un gisement artificiel, et éventuellement à leur
traitement afin de les utiliser ou de les commercialiser20.

1.2. Minière

C’est une mine exploitée à ciel ouvert ou avec des puits peu profonds21.

1.3. Droit

Le droit est défini comme « l'ensemble des règles qui régissent la conduite de
l'Homme en société, les rapports sociaux », ou de façon plus complète « l'ensemble des règles

20
Article 1 point 20 de la loi n°18/001 du 09 mars 2018 modifiant et complétant la loi n°006/2002 du 11 juillet
2002 portant code minier.
21
Dictionnaire Le Larousse
14

imposées aux membres d'une société pour que leurs rapports sociaux échappent à l'arbitraire
et à la violence des individus et soient conformes à l'éthique dominante »22.

1.4. Communauté environnante

1.4.a. La communauté

La communauté désigne l'état, le caractère de ce qui est commun à plusieurs


personnes23. Elle peut aussi se définir comme étant un groupe social dont les membres vivent
ensemble, ou ont des biens, des intérêts communs 24. C'est dans cette occurrence que les
locutions suivantes signifient:

 Communauté urbaine: groupe des communes autour d'une grande ville,


associées pour la gestion de services d'intérêts communs.
 Communauté de communes: établissement public regroupant plusieurs
communes, exerçant à la place de celles-ci certaines compétences et
réalisant des projets de développement et d'aménagement de l'espace.
 Communauté d'agglomération: groupement de plusieurs communes
d'une même agglomération formant un ensemble de plus de 500.000
habitants pour mener un projet de développement économique ou
d'aménagement du territoire. Il en découle que l'idée apparente dans le
chef des membres d'une communauté (ou mieux de la communauté
elle-même) s'inscrit dans le cadre de lutte pour le développement ou
l'aménagement du milieu (territoire).

1.4.b. L'environnement

La loi portant principes fondamentaux relatifs à la protection de


l'environnement définit le concept « environnement » comme étant l'ensemble des éléments
naturels ou artificiels et des équilibres biologiques et géochimiques auxquels ils
appartiennent, ainsi que des facteurs économiques, sociaux et culturels qui favorisent
l'existence, la transformation et le développement du milieu, des organismes vivants et des
activités humaines25.
22
YAV KATSHUNG Joseph, cours d’introduction général à l’étude du droit, G1 UNILI, Faculté de Droit,2018-
2019, Inédit
23
http://www.larousse.fr/dictionnaires/français/communauté, date de consultation : le 24 Mai 2023
24
Dictionnaire le Petit Robert, op.cit., p.481.
25
Loi n°11/009 du 09 Juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l'environnement.
15

1.5. Commune

Au terme de l’Art 46 de la loi organique n°08/016 du 07 octobre 2008 portant


composition, organisation et fonctionnement de ETD et leurs rapports avec l’Etat et les
provinces, il faut entendre par commune ; - tout chef-lieu de territoire, - toute subdivision de
la ville. – toute agglomération ayant une population d’au moins 20 mille habitants à laquelle
un décret du premier ministre aura conféré le statut de commune.

Section 2. Généralités sur l’exploitation minière

Le secteur minier de la République Démocratique du Congo revêt une


importance indéniable dans la mesure où il intéresse tout le monde (pouvoir public,
investisseurs étrangers et nationaux ainsi que les populations).

Vu de cette façon, ce secteur mérite une étude très approfondie. Il connait, en


effet, une évolution dans le temps et dans l'espace. Actuellement, l'exercice des activités dans
ledit secteur passe par la conformité à toutes les formalités administratives. Mais avant
d'arriver aux détails de tout ceci, il sied de comprendre correctement les concepts faisant
l'ossature de ce chapitre.

2.1. Historique de l’exploitation minière de l’époque coloniale jusqu’à nos jours


2.1.1. Le régime minier colonial

En République Démocratique du Congo l'exploitation minière ne date pas


d'aujourd'hui. Le droit qui la réglemente a connu plusieurs temps forts correspondant
généralement à la situation sociopolitique.

Pendant l'époque coloniale (1885-1960) l'industrie minière congolaise avait


été régie par trois séries de dispositions: celles de l'Etat indépendant du Congo (1885-1908),
la législation minière katangaise, et enfin, la législation générale sur les mines. Notons que
cette dernière disposition était applicable sur toute l'étendue du territoire du Congo-belge et
Ruanda-Urundi26.

A. La législation minière léopoldienne

26
KALUNGA TSHIKALA Victor, Droit minier et développement durable: critique de la théorie et de la
pratique du régime minier congolais, thèse présentée et soutenue en vue de l'obtention du grade de docteur en
Droit, UNILU, Lubumbashi, 2008, p.69.
16

Comme on peut le lire dans les livres historiques, l'époque léopoldienne


correspond à la période allant de 1885 à 1908 27. Pendant ce temps, le droit minier a connu
plusieurs textes dont:

A.1. Le décret du 8 Juin 1888

Ce décret pose les principes fondamentaux qui marquent la législation minière


congolaise à travers les âges.

Il s'agit de la propriété minière de l'Etat et de son corollaire qui est le système


de concession28. A ce point, signalons que le titre foncier ne peut en aucun cas fonder son
titulaire à exploiter les ressources enfouies sous ses fonds. C'est ce qui ressortait de l'article 2
du décret précité. Cette disposition énonçait que « Nul ne peut exploiter une mine si ce n'est
en vertu d'une concession spéciale accordée par nous ou en vertu des dispositions générales
qui seront prises ultérieurement en matière d'exploitation minière».

A.2. Le décret minier du 20 Mars 1893

Ce décret fut considéré- dans l'ordre minier léopoldien- comme l'instrument


juridique le plus élaboré. Il a le mérite d'avoir séparé le régime minier du régime foncier. C'est
dans cette veine que certains auteurs le considèrent comme le premier véritable acte
commençant l'édification d'un droit minier autonome en République Démocratique du
Congo29. Par ses dispositions, il fixe le statut juridique des mines et détermine les substances
pouvant être considérées sur base des droits miniers.

Ce décret a encore les mérites d'avoir énuméré les différents droits miniers
pouvant être concédés ainsi que les titres qui les constatent ; les relations entre l'exploitant
minier et l'occupant du sol n'étaient pas en reste30.

A.3. Le décret du 22 Juillet 1904 sur le trafic des substances minérales.

Par ce décret, il n'était pas question d'apporter les modifications au régime


minier du 20 Mars 1893. Les dispositions du décret du 22 Juillet 1904 concernaient

27
KALUNGA TSHIKALA Victor, op.cit., p.72.
28
La Concession est généralement entendue comme « un droit autonome de jouissance » que l'on peut exercer
sur un bien appartenant à l'Etat ou à une autre personne publique (KIFWABALA T. Jean-Pierre, Droit civil: Les
Biens, vol 1 : Les droits réels fonciers, PUL, Lubumbashi, 2003, P.15).
29
KALUNGA TSHIKALA Victor, op.cit., p.74.
30
Articles 3 et 4 du décret de 1893.
17

principalement le commerce des substances minérales, leur exploitation, leur détention ainsi
que leur transport31.

B. La législation du Congo-belge

L'histoire de la République Démocratique du Congo nous apprend qu'en 1908 le


pays a connu une nouvelle ère politique. Il s'agit ici de la fin du dirigisme léopoldien c'est-à-
dire Etat Indépendant du Congo et le début du Congo-Belge. Cette mutation politique a
généré des impacts significatifs dans le domaine légal et ce, spécifiquement dans le domaine
minier.

B.1. Le Décret de 1937

Le décret du 24 Septembre 1937 portant sur la législation générale sur les


mines s'écarte légèrement de celui de 1919 sur la recherche et l'exploitation minière au
Katanga en ce qu'il pose au départ deux principes fondamentaux dont:

- Les concessions des mines sont accordées en vertu des conventions ou des
permis32.
- Le régime légal étant de principe pour l'exploitation des mines situées dans les
terres de la colonie autre que celles sous gestion du comité spécial du Katanga
(CSK), de la compagnie des chemins de fer du Congo supérieur aux grands
lacs africains (CFL) et du comité national du Kivu (CNKi).

Ce décret reconnait les mêmes droits (titres) miniers organisés par le décret de
1919. Il tranche le conflit entre les titulaires des droits fonciers et ceux des droits miniers en
instituant la servitude publique d'intérêt général et ce, en ce sens qu'il énonce que «lorsque les
titulaires des droits miniers sont mis en concurrence avec ceux des droits fonciers, ces
derniers doivent céder le pas33». C'est suite à l'importance socioéconomique de l'industrie
minière dont les revenus ont généralement une grande incidence sur la vie du pays tout
entier34.

2.1.2. Régime minier du Congo indépendant

31
KALUNGA TSHIKALA Victor, op.cit., p.75.
32
Article 5 du décret de 1937.
33
KALUNGA TSHIKALA Victor, ibidem, p.16.
34
L'article 83 du décret de 1937 proclame à ce propos la « prédominance du secteur minier sur les autres.»
18

Quelques années après l'accession du Congo à l'indépendance, les textes légaux


mis sur pied par le législateur colonial furent- par la suite-abrogés par des nouvelles lois qui,
depuis lors, se sont succédées. Ainsi, il s'agit du code minier de 1967, du code minier de 1981
et du code minier de 2002 (en vigueur actuellement mais dont le projet de révision est déjà à
l'Assemblée nationale et sera voté d'ici peu).

A. Le régime révolutionnaire du code de 1967

L'ordonnance-loi n° 67-231 du 11 Mai 1967 portant législation générale sur les


mines et les hydrocarbures se veut révolutionnaire dans la gestion des domaines foncier et
minier. Il avait créé une rupture totale avec la conception colonialiste des régimes foncier et
minier pour donner ainsi à l'Etat l'opportunité de gérer ses ressources naturelles et de générer
ses propres recettes. Cette ordonnance-loi, tout en marquant la rupture avec l'ordre juridique
colonial, brandit les principes de:

- La souveraineté et l'indépendance économique de l'Etat ;


- La séparation de la propriété foncière et de la propriété minière ;
- La participation des nationaux aux bénéfices des richesses minières.

Comme le décret de 1937, le code minier de 1967 affirme aussi la primauté des
droits miniers sur ceux du sol. Il en est de même de la réparation des dommages causés aux
exploitants du sol35.

B. Le code de 1981

Appelée également régime traditionnel du code minier de 1981, l'ordonnance-loi


n° 81-013 du 2 Avril 1981 portant législation générale sur les mines et les hydrocarbures ne
s'écarte pas totalement du code minier de 1967. Comme le dit MUKENDI Emery, (( le code
minier de 1981, à l'instar de celui de 1967, se caractérise encore par l'affirmation de la
souveraineté de l'Etat sur les richesses minières. Ainsi, les deux textes ne se distinguent pas
du tout dans leurs principes de base. Leurs points de démarcation se trouvent essentiellement
dans leurs régimes fiscaux respectifs36».

En plus de cela, ce code affirme également le principe de la primauté du secteur


minier à l'égard des autres. Par ce principe, il convient de noter que le sol contenu dans le

35
KALUNGA TSHIKALA Victor, op.cit., p.17.
36
MUKENDJI WA FWANA Emery, Droit minier, Juricongo, Kinshasa, 2000, p53
19

périmètre minier (ce qu'on appelle ((surface» en droit minier) est soumis au régime du droit
minier et donc les droits d'occupation sont les accessoires du droit minier duquel ils
dépendent.40

C. Le code minier de 2002 modifié et complété par le code minier de 2018

D'aucuns le considèrent comme le régime libéral dans le domaine minier


congolais. Cette loi n°007/2002 du 11 Juillet 2002 portant code minier tel que modifié et
complété à ces jours par le code minier de 2018 essaie de couvrir jusque dans les détails
toutes les facettes de l'activité minière, même celles qui jusque-là étaient ignorées du droit
minier classique et ce, à travers ses 344 articles. Outre le principe de la propriété de l'Etat sur
les mines qui existe depuis toujours dans l'histoire du Droit minier congolais, les innovations
du code minier de 2002 peuvent se résumer en ce qu'il a instauré les principes relatifs à:

- La gestion et l'administration du domaine minier ;


- La protection du droit acquis des exploitants miniers;
- La stabilité des dispositions du code minier;
- La fiscalité minière.

2.1.3. Historique de l'exploitation minière artisanale au Katanga


 L'exploitation artisanale est une pratique universelle
 Au Katanga, elle existe avant le 19e siècle pour produire du cuivre et du fer (mangeurs
de cuivre).

Durant un temps important de la colonisation, le district du Katanga est


demeuré la circonscription minière de la colonie. A ce temps-là, le reste de la colonie était
voué soit à l'agriculture, soit à l'élevage ou encore à la foresterie. La nécessité de mettre sur
pied des normes pour réguler l'industrie minière se fait donc ressentir d'abord au Katanga et
plus tard ailleurs. Ainsi donc l'histoire du Droit minier du Congo-belge évolue en deux
phases, c'est-à-dire des lois sont prises spécialement pour le Katanga avant que d'autres
s'ajoutent pour s'appliquer dans l'ensemble de la colonie37.

Le Droit minier katangais présente des particularités en rapport avec la


propriété minière. En effet, d'après le décret du 8 Juin 1888, les indigènes pouvaient conserver
leurs droits miniers en vertu des coutumes.
37
KALUNGA TSHIKALA Victor, op.cit., p.78
20

Mais avec le droit minier katangais, les décrets de 1910 et de 1919 sur les
mines ont institué un système de permis dont la portée dépendait de l'étape de l'opération
minière en cause. Ce droit connaissait donc les permis suivants : le permis général des
recherches, le permis spécial et exclusif des recherches, le permis d'exploitation et le permis
de traitement.

En outre, le droit minier du Katanga apporte une précision en ce que, dans les
terres occupées par les tiers indigènes ou par les non-indigènes, les recherches sont
subordonnées à une autorisation préalable et au paiement d'indemnités requises pour
compenser les préjudices à causer. Cette autorisation est accordée par le titulaire des droits
fonciers s'il s'agit du comité spécial du Katanga (CSK) ou des non-indigènes. Elle est
accordée par le vice-gouverneur général si les recherches sont à effectuer dans les terres
indigènes». C'est encore le vice-gouverneur qui devait fixer l'indemnité due aux indigènes et
en surveillait la réparation entre les concernés.

Les prospecteurs de la Tanganyika Concession Limited (TCL-fin du 19e


siècle) et le comité spécial du Katanga (CSK-début 20e siècle) se servaient des fouilles pour
localiser les premiers gisements.

 1970-1980 : Officialisation de l'exploitation des métaux précieux et semi-précieux :


- Or-diamant : au Nord et à l'Est du Congo et au Kasaï
- Or-malachite : au Katanga.
 1997 : Dans la recherche de solution de survie, introduction du hand-picking comme
opération minière à Luiswishi et sur d'autres sites
 1998 : Généralisation de la procédure par le ministère (officiellement sur les gisements
non concédés)
 1999 : A la suite de la rencontre du ministre des mines avec les exploitants miniers
artisanaux à Lubumbashi qui avait pour objet de voir les exploitants se constituer en
coopération afin de devenir des interlocuteurs valables dans le secteur artisanal et
créer une classe moyenne au KATANGA que la lettre N°0365/cab.
mines/FKL/HMK/MN/99 du 29 février 1999 approuvant la naissance de l'EMAK
(association des exploitants miniers artisanaux du KATANGA) dont la mission :
21

- Encadrer les artisans, les négociants ainsi que les creuseurs œuvrant dans
l'espace katangais ;
- Constituer des brigades de sécurité pour veiller à ce que l'exploitation
artisanale se réalise dans l'ordre, la discipline et surtout dans le respect des
prescriptions de l'arrêté portant réglementation de l'exploitation artisanale et
commercialisation de la malachite, de l'hétérogénite et de la cassitérite et leurs
accompagnateurs,
 2003 : le décret N°047-c/2003 portant création et statuts d'un service public dénommé
Service d'Assistance et d'Encadrement du Small Scale Mining ou production minière à
petite échelle.
 2018 : Réglementation par la nouvelle loi minière de 2018 (nouveau code minier)

2.2. Quelques notions

2.1.1. Exploitation

L'exploitation se définit comme étant l'action d'exploiter, de faire valoir une


chose, d'en tirer le profit du produit. L'exploitation minière, quant à elle, s'appréhende en
termes d'opérations par lesquelles une personne se livre, à partir d'un gisement identifié, et au
moyen des travaux de surface et/ou d'un gisement artificiel, et éventuellement à leur
traitement afin de les utiliser ou de les commercialiser38.

2.1.2. Mines

Le défaut d'une définition du concept «mines» a caractérisé pendant


longtemps la législation congolaise. Le décret du 8 Juin 1888 fut le tout premier texte dans
l'histoire du Droit minier congolais à faire usage de ce terme en alignant certains gisements
qui pouvaient être qualifiés de «mines.» C'est ainsi que ce décret considérait comme mines
«tous gisements de métaux, de combustibles minéraux et d'huiles39».

Par ailleurs, le législateur du 09 mars 2018 a essayé de moderniser le sens


qu'on donnerait au concept «mines» et ce, à l'article 1 point 29 comme étant «Tout gisement
ou gisement artificiel des substances minérales classées en mines, exploitable à ciel ouvert ou
en souterrain, et/ou toute usine de traitement ou la transformation des produits de cette
38
Article 1 point 20 du code minier tel que modifié et complété à ces jours.
39
KATAMBWE MUTOMBO Willy, cité par BAMBI KABASHI ADOLPH, Le Droit minier congolais à
l'épreuve des droits foncier et forestier, éd. L'Harmattan, Paris, 2012, p.75.
22

exploitation se trouvant dans le périmètre minier, y compris les installations et les matériels
mobiliers et immobiliers affectés à l'exploitation40.

Toujours en rapport avec les mines, le Droit comparé n'est pas resté en silence.
Des législations étrangères ont également leurs considérations en la matière. C'est en
l'occurrence le code minier malien qui, à son article 116, considère les mines comme étant
«les gîtes de substances minérales comprenant toute ouverture ou extraction faite dans le but
de découvrir ou d'obtenir une substance minérale et les voies, travaux, machines, usines,
bâtiments ou fourreaux sous ou sur la surface de terrain faisant partie d'une exploitation
minière.

2.3. Formes de l'exploitation minière

L'ONU (UNCTAD, 1997) distingue trois types d'exploitation minière,


grandes mines (exploitation à grande échelle), petites mines (exploitation à petite échelle) et
les mines artisanales (exploitation artisanale).

2.3.1. Exploitation minière à grande échelle

L'exploitation minière à grande échelle, appelée aussi « exploitation minière


industrielle ou encore grande mine », est celle qui emploie plus de 40 employés et qui,
extraient la presque totalité des ressources prélevées 41. Elle exige des gros investissements,
des installations fixes de grande taille et l'utilisation des procédés industriels qui passent par la
mise en évidence d'un gisement, l'extraction, traitement et transformation des substances
minérales. Son investissement va au-delà de 1 million d'Euro et sa durée de vie est supérieure
à 5 ans.

Elle se fait sur une grande échelle. Elle implique l'excavation d'énormes
mines à ciel ouvert qui peuvent atteindre jusqu'à 4 Km de large et 1,5 Km de profondeur. Les
déchets miniers constitués par la roche extraite non utilisée dans le processus d'exploitation
sont empilés en blocs massifs, pouvant atteindre 100 m de haut dans certains cas42.

2.3.2. Exploitation minière à petite échelle

40
Article 1 point 29 de la loi n°18/001 du 09 mars 2018 modifiant et complétant la loi n°006/2002 du 11 juillet
2002 portant code minier.
41
Les mines, in www.fr. Wikipédia. Org, le 26 Mai 2023.
42
Le défi de l'industrie minière mondiale, in www.pambazuka.org, le 26 Mai 2023
23

Le terme « exploitation minière à petite échelle » fait l'objet d'un grand débat
au niveau de plusieurs pays. D'une façon générale, les principaux critères communément
évoqués dans les tentatives pour définir le contenu précis de ce terme sont :

- La dimension physique du gisement et la continuité ou non des opérations


d'exploitation ;
- La structure organisationnelle de l'exploitation et son mode de gestion ;
- L'importance de l'investissement qu'elle requiert et le chiffre d'affaire qu'elle
génère ;
- Le nombre et le niveau de qualification des travailleurs impliqués dans l'unité
de production et enfin,
- Le type d'équipement, le degré de mécanisation et le niveau de technologie mis
en œuvre.

Cependant, au niveau du choix de ces critères, de leurs importances relatives


les unes par rapport aux autres et des associations que l'on peut faire de certains d'entre eux
dans le cadre de cette définition, l'unanimité est loin d'être faite. Il en résulte que la
signification accordée au terme « exploitation minière à petite échelle » sur la base de ces
critères est très relatives, tant il est vrai que leur importance est fonction de l'environnement
économique général, du développement minier du pays, du degré de l'évolution technique et
technologique et, enfin de la nature des minéraux exploités.

Ceci est particulièrement vrai pour les critères de dimension physique du


gisement, de l'importance du chiffre d'affaire, du nombre de travailleurs et du type de
gestion43.

C'est justement à cause de cette relativité conceptuelle que dans un grand


nombre de textes législatifs et/ou réglementaires des plusieurs pays il est assez fréquemment
fait référence aux moyens limités et à la précarité des technologies et techniques opératoires
utilisées dans la définition de la petite mine.

2.3.3. Exploitation minière artisanale

Cette forme d'exploitation connait un véritable « boom » depuis une


vingtaine d'années. Il est probable qu'aujourd'hui cette activité implique au moins 15 millions
43
SEYDOU KEITA, Etude sur les mines artisanales et les exploitations minières à petite échelle au Mali, in
Mining Minerals and Sustainable Development No 80, Aout 2001, p. 8.
24

de personnes dans le monde, soit prés de deux fois plus qu'il y a dix ans. Pour un seul
continent africain entre 4,5 et 6 millions d'actifs sont concernés dont 30% à 40 % de femmes
et entretiennent prés de 40 millions de dépendants, soit 1 africain sur 2044.

 Pour la RDC, selon les dispositions du code minier, loi N°18/001 du 09 mars 2018
modifiant et complétant la loi N°007/2002 du 11 juillet 2002 en son article 109 : « une
exploitation est réputée artisanale, lorsque les facteurs techniques et économiques qui
caractérisent certains gîtes d'or, de diamant ou toute autre substance minérale ne
permettant pas d'en assurer une exploitation industrielle, mais permettant une
exploitation artisanale ;de tels gîtes sont érigés, dans les limites d'une aire
géographique déterminée , en zone d'exploitation artisanale.

De l'avis des spécialistes, cette exploitation concerne des opérations


menées par des individus ou des petits groupes dans une démarche qui s'apparente à une
cueillette opportuniste. Largement informelle, elle exploite sans planification, avec des
méthodes et des outils souvent ancestraux et rudimentaires, une ressource mal connue. Cette
activité de subsistance saisonnière est souvent complémentaire de l'agriculture.

2.4. Mode d'exploitation minière

On peut distinguer deux modes d'exploitation :

- Exploitation à ciel ouvert


- Exploitation souterraine

On peut aussi, dans certains cas, dans une première phase près des
affleurements procéder à ciel ouvert ; et en profondeur, l'exploitation se fait en souterrain. La
limite de cette exploitation à ciel ouvert se détermine essentiellement sur des bases technico-
économiques. A priori, on choisira la technique la moins chère en coûts de revient.

2.4.1. Exploitation à ciel ouvert

On peut définir comme exploitation à ciel ouvert toute exploitation qui met
à nu le gisement à exploiter en enlevant les terrains de couverture et extrait ensuite le minerai.

44
ELENGE MOLAYI, législation minière, environnement et protection de la santé du travail des artisans
miniers en RD Congo, in Congo-Afrique XLVIIIe année, N° 425, mai 2008, p. 376.
25

Donc, dans ce type d'exploitation, appelé aussi découverte, tous les terrains
stériles qui recouvrent la substance à exploiter sont enlevés, permettant ainsi un accès facile à
celle-ci45.

On doit distinguer deux phases dans ce type d'exploitation :

- Le décapage ou découverture ;
- L'extraction du minerai.

Ces deux opérations sont, le plus souvent effectuées simultanément sur les
chantiers. Ce type d'exploitation présente du point de vue sécurité, des avantages certains sur
l'exploitation souterraine. Par contre, il peut poser de gros problèmes d'environnement. Ici,
cette exploitation se fait sur des gradins à front vertical. On met en place une mine à ciel
ouvert lorsque le minerai se trouve relativement proche de la surface.

2.4.2. Exploitation souterraine

Le mode d'exploitation souterraine est utilisée pour les gisements en


profondeur, c'est-à-dire pour les minéralisations se trouvant à plus d'une dizaine de mètres se
profondeur.

Le choix d'une méthode d'exploitation souterraine dépend de plusieurs


facteurs :

- La forme du gîte (régulière ou irrégulière)


- La dimension du gîte
- Les conditions du gisement
- Les propriétés du minerai et de gangues
- La répartition des minéraux de valeur qui conditionne le choix entre une
exploitation sélective ou une exploitation globale.

Lors de l'exploitation, le champ minier peut être partagé en étapes, par


soutènements ou non. Dans les mines souterraines, il faut veiller à l'exhaure, éclairage, aérage,
soutènement pour la sécurité et la santé des travailleurs.

Il convient de noter que l'exploitation minière artisanale peut se faire à ciel


ouvert ou en souterrain.
45
MULLER, Y., Mines tome II, éd., Dunod, Paris, 1964, p. 140.
26

2.5. Les intervenants du secteur minier

Il est question dans cette section de dégager les prérogatives des


intervenants du secteur minier congolais.

A. Président de la République

Conformément aux dispositions du code minier, le Président de la


République est compétent pour :

- Edicter le règlement minier pour l'application du code minier ;


- Classer, déclasser ou reclasser les substances minérales en mines ou en
produits des carrières et inversement ;
- Déclasser, classer ou déclasser une zone interdite à l'activité minière ou aux
travaux de carrières ;
- Déclasser, classer ou déclasser une substance minérale en « substance réservée
»;
- Confirmer la réservation d'un gisement soumis à l'appel d'offre faite par arrêté
du ministre des mines.
B. Ministre des Mines

Le ministre des mines est compétent pour :

- Octroyer ou refuser d'octroyer les droits miniers et/ou de carrières pour les
substances minérales autres que les matériaux de construction à usage courant ;
- Retirer les droits miniers et/ou de carrières, déchoir le titulaire d'un droit ou de
carrière, donner acte aux déclarations de renonciation aux droits miniers et/ou
de carrières et acter l'expiration de droit minier et de carrière ;
- Autoriser les exportations des minerais à l'état brut ;
- Instituer les zones d'exploitation artisanale ;
- Agréer et retirer l'agrément des comptoirs d'achat des produits de l'exploitation
artisanale ;
- Exercer la tutelle des institutions, organismes publics ou paraétatiques se
livrant aux activités minières et aux travaux de carrières ;
- Réserver le gisement à soumettre à l'appel d'offre ;
- Approuver la constitution des hypothèques ;
27

- Accepter ou refuser l'extension d'un titre minier ou de carrières aux substances


associées ou non associées ;
- Délivrer les autorisations de traitement ou de transformation des produits
d'exploitation artisanale ;
- Proposer au Président de la République le classement, le reclassement ou le
déclassement des substances réservées, des substances minérales classées en
mines ou en produits de carrières et inversement ainsi que des zones interdites ;
- Etablir une zone interdite ;
- Agréer les mandataires en mine et carrière.
C. Gouverneur de Province

Le gouverneur de province est compétent pour :

- Délivrer les cartes de négociant des produits d'exploitation artisanale ;


- Décider de l'ouverture des carrières pour les travaux d'utilité publique sur les
terrains domaniaux.
D. Le Chef de Division Provinciale des Mines

Il est compétent pour :

- Délivrer les cartes d'exploitant artisanal ;


- Octroyer les droits de recherche des produits de carrières et d'exploitation des
carrières permanentes ou temporaires pour les matériaux de construction à
usage courant.
E. Le Cadastre Minier

Le cadastre minier est un service public doté de la personnalité juridique et


de l'autonomie financière. Il est placé sous la tutelle des ministres ayant les mines et les
finances dans leurs attributions.

Pour couvrir ses frais de fonctionnement, le cadastre minier est autorisé à


percevoir et à gérer les frais de dépôt des dossiers et les droits superficiaires annuels par carré.

Le cadastre minier est chargé de l'inscription :

- de la recherche d'octroi des droits miniers et/ou de carrières ;


- des droits miniers et/ou de carrières octroyés ainsi que des décisions de refus,
28

- du cas de retrait, d'annulation et de déchéance de droits miniers ou de carrières,


- des mutations et amodiations des droits miniers ;
- des sûretés minières.

Il est, en outre, chargé de l'instruction cadastrale des demandes des droits


miniers et/ou de carrières, de l'extension des droits miniers ou des carrières à d'autres
substances, de la coordination de l'instruction technique et environnementale des demandes
des droits miniers ou de carrières ainsi que de la délivrance de l'attestation de prospection.

F. La Direction de Géologie

Elle est chargée de la promotion du secteur minier à travers la recherche


géologique de base, la compilation et la publication des informations sur la géologie ainsi que
de la publication et de la vulgarisation des dites informations.

La Direction de Géologie émet ses avis en cas de :

- classement, déclassement ou reclassement des substances minérales en mines


ou en produits de carrières et inversement ;.
- ouverture et fermeture d'une zone d'exploitation artisanale ;.
- classement ou déclassement d'une substance déclarée « substance réservée ».
G. La Direction des Mines

Elle est chargée de l'inspection et du contrôle des activités minières et des


travaux de carrières en matières de sécurité, d'hygiène, de conduite de travail, de production,
de transport, de commercialisation et en matière sociale.

Elle est la seule habilité à contrôler et à inspecter l'exploitation minière


industrielle, l'exploitation minière à petite échelle et l'exploitation artisanale.

H. Service chargé de la protection de l'environnement minier

Le service chargé de la protection de l'environnement minier au sein du


ministère des mines exerce, en coordination avec les autres organismes de l'Etat chargés de la
protection de l'environnement, les prérogatives qui lui sont dévolues par le code minier et par
toute autre réglementation en matière de protection de l'environnement.
29

I. Les Services Techniques

Le règlement minier consacre les services tels que :

a. La cellule technique de coordination et de planification minière « C.T.CP.M »


b. Le centre d'évaluation, d'expertise et de certification des substances minérales
précieuses « C.E.E.C »
c. Le cadastre minier
d. Le Service d'Assistance et d'Encadrement du Small Scale Mining « SAESSCAM »

J. LE SAESSCAM

Le SAESSCAM est un service public à caractère technique doté d'une


autonomie administrative et financière. Il est placé sous la tutelle du ministère des mines.

 Les objectifs du SAESSCAM

Le SAESSCAM, service public, a pour objet à travers tout le territoire


national de :

1. Promouvoir l'émergence d'une classe moyenne congolaise dans le secteur de la petite


mine en assurant la formation et en apportant l'assistance technique et financière aux
coopératives minières et aux exploitants de secteur de la petite mine, en vue de
renforcer leurs capacités managériales ;
2. Assurer le suivi des flux des matières de la petite mine et de l'artisanat minier depuis le
chantier jusqu'au point de vente, en vue de canaliser toute la production dans le circuit
officiel de commercialisation et lutter contre la fraude ;
3. Veiller, après vente, au recouvrement de l'imposition forfaitaire due à l'Etat suivant les
modalités et mécanismes fixés ;
4. Inciter le regroupement des exploitants miniers artisanaux en coopératives ;
5. Encourager les exploitants miniers artisanaux et ceux de la petite mine à s'acquitter, en
application du code minier et de son règlement, des obligations découlant de l'exercice
de leurs activités minières ;.
6. Contribuer à l'amélioration du bien être des communautés locales où se déroulent les
activités minières artisanales et/ou à petite échelle, par le développement intégré en
application des dispositions du règlement minier ;
30

7. Travailler en synergie avec l'administration publique concernée et les autres services


techniques du ministère ainsi qu'avec d'autres organismes pour la conception, la
fabrication et l'acquisition des équipements adaptés aux conditions géologiques des
gisements exploités par les opérateurs miniers à petite échelle et les exploitants
miniers artisanaux, en vue d'améliorer leur productivité qualitative et quantitative ;
8. Vulgariser les normes de sécurité sur les sites d'exploitation et veiller à leur stricte
application ;
9. Assurer l'intégration de la femme dans la chaîne de production minière à petite
échelle;
10. Inciter l'exploitant minier artisanal ou de la petite mine à s'investir dans les autres
secteurs de l'économie nationale, en vue notamment, de préparer l'après-mine ;
11. Susciter et participer à la création d'un fonds d'assistance à la petite mine et de
l'artisanat minier pour la promotion de petites et moyennes entreprises minières.

Les substances minérales visées et faisant actuellement l'objet de


l'exploitation artisanale et semi-industrielle sont : diamant, or, colombo-tantalite (coltan),
cassitérite, minerai de cuivre, hétérogénite, améthyste, et autres pierre précieuses et semi-
précieuses.

2.6. Les conditions d'exploitation dans la zone ouverte à l'exploitation artisanale

Les personnes physiques majeures de nationalité congolaise sont autorisées


à exploiter artisanalement les substances minérales à condition d'obtenir la carte d'exploitant
artisanal auprès du chef de Division Provinciale des mines.

Les groupements d'exploitants artisanaux autorisés à travailler dans la zone


ouverte à l'exploitation artisanale sont constitués des exploitants artisanaux détenteurs des
cartes d'exploitant artisanal en cours de validité.

Dans le cadre de la protection de l'environnement, les exploitants artisanaux


sont tenus de respecter le code de bonne conduite de l'exploitant artisanal et de contribuer au
fond de réhabilitation en vue de financer la réalisation des mesures d'atténuation et de
réhabilitation des zones d'exploitation artisanale.
31

CHAPITRE II : PRÉSENTATION DU CADRE D’ÉTUDE


Section 1. Création de la ville de Likasi
1.1. Aperçu sur la ville de Likasi
32

L'origine historique de Likasi ne peut se confondre avec l'histoire des


agglomérations urbaines du Congo dont elle fait partie. L'origine de la ville de Likasi remonte
à la période d'alors 1889 tandis que l'histoire dans ces institutions urbaines des distincts.

Le gouvernement général était autorisé par la loi de détacher, lorsqu'il estimait


nécessaire, de l'administration de district, le territoire d'une agglomération urbaines et en
former une circonscription administrative spéciale sur dénomination de « ville ».

La ville avait une personnalité civile, elle était dirigée par un comité du
commissaire de district qui le présidait et de trois membres et huit membres nommés par le
gouverneur de la province. La ville était une véritable collectivité décentralisée ayant son
patrimoine le pouvoir de créer des taxes, avait un budget et pouvait rester en justice.

L'histoire de l'agglomération urbaines de Likasi remonte à l'année 1917 avec le


début des travaux de prospection minéral de la colline de Shituru comme jadis, sous
l'appellation Likasi-panda, l'agglomération a pris le 21 juin 1893 la dénomination de ville en
l'honneur de monsieur Jean Jadot alors le gouverneur de la société générale de belge, pour
l'appréciation des services rendus pendant 25 ans à la compagnie du chemin de fer BCK, à
l'ex-union minière du Haut Katanga qui permet de transporter les minerais à l'étranger.

Avant l'institution urbaine de Likasi ville, les villes de Kinshasa et Lubumbashi


étaient déjà institués le 21 juin 1941 Likasi est la troisième agglomération de la république
aux institutions de la ville.

L'évolution de l'administration continua avec l'apparition des communes en


1957 auxquelles s'ajoutèrent les communes se Panda et Shituru en 196846.

1.2. Situation géographique

La ville de Likasi est située à 120 km de la ville de Lubumbashi, chef-lieu de la


province du Katanga, 200 km environs de Kolwezi, chef du district de Lualaba, devenu
aujourd'hui province de Lualaba à 1500 environ de Kalemie chef-lieu de l'actuel province de
Tanganyika. Elle est la deuxième ville du Katanga et des villes que compte la république
démocratique du Congo.

1.2.1. Climat

46
Wwww.Wikipedia.fr/création de la ville de Likasi
33

Le climat de la ville de Likasi participe au climat général du district du haut-


Katanga, elle est réputée industriellement, jouit d'un climat tropical modéré par l'altitude
comportant deux saisons bien distinctes et régulières.

La saison des pluies débute habituellement vers octobre de chaque année et il


pleut abondamment en novembre, décembre, janvier février et mars. La température de la
ville montagneuse de Likasi n'est jamais excessive et dépasse 30° en saison chaude et est
franchement froide en saison sèche. La saison sèche commence au mois d'avril et prend fin
vers la mi-octobre.

En effet, les températures extrêmes varient plus au moins entre 35° en octobre et
à 45° en juillet c'est ainsi que le maximum de température enregistré est toujours aux environs
de 37°47.

1.2.2. Hydrographie

La ville de Likasi s'est entourée de nombreux et plein de vallées ou coulent des


rivières déjà des premiers explorateurs.

a. La rivière Likasi

La rivière Likasi qui donne son nom à la ville et à la commune est une petite
rivière qui tire sa source en bordure du camp travailleur de la SNCC et verse au nord d la
colline. Elle traverse ensuite les côtés de la zone Urbano rurale de Shituru, elle forme une
large nappe d'eau résiduaire retenue par un barrage, puis cheminée sinueusement sur une
distance de 6 Km environ vingt de se jeter dans la rivière Buluo.

b. La rivière buluo

47
Wwww.Wikipedia.fr/Climat de la ville de Likasi
34

Celle-ci coule de l'ouest à l'est, au nord de la ville, descend des hauteurs au Sud de
Kapemba et reçoit en affluant, les eaux de rivières Konda et Kikula baigne Karaganda fonce
résolument vers le sud de la ville où elle se jette dans la rivière panda.

c. La rivière panda

Elle coule de l'Ouest - Est de la ville, elle tire sa source vers Gadidé, reçoit de
nombreux affluents dont les plus importants est la poissonneuse Mura aux rapides, elle reçoit
également les eaux venant de Krakow, la rivière Konji et plus loin la rivière Kapp. Cette
rivière Konji est plus loin, suit son cours pour finir à Kapolowe gare dans la rivière Lufira,
important affluent de fleuve Congo. Elle donne son nom à la commune de panda.

d. La rivière Kikula

Elle prend sa source au fond de la vallée à côté du marché de Kikula. La même


rivière arrose en grande partie de la commune qui porte son nom, traverse la route Kolwezi et
passe près des sociétés SIMETAL et BRASSERIE SIMBA continue à l'est pour se jeter dans
la rivière Buluo.

e. La rivière Kaponona

Situé au nord de la rivière Kikula, elle tire son origine de la vallée et de la rivière
Nguya de l'ouest vers le nord, arrose les quartiers Nkolomoni et Tshatshi, avant de finir dans
la rivière Buluo.

f. La rivière Nguya

Celle-ci est délimité au Sud entre la ville de Likasi et le territoire de Kambove,


coule du Nord au Sud et se jette comme la rivière panda dans la rivière Lufira.

1.2.3 Relief du sol et végétation

Le relief de la ville de Likasi est très accidenté par des monts et des montagnes
tandis que sa végétation est caractérisée par quelques arbres fruitiers et non fruitiers.
35

1.2.4 Nature du sol

Le sol est en général argilo sablonneux qui par endroit est jonché des cailloux et
des calcaires en carbonate de calcium.

1.3 Organisation administrative

1.3.1 Subdivision de la ville

La mairie est subdivisée en communes. Les communes sont subdivisées en


quartiers, les quartiers sont subdivisés en blocs et les blocs en avenues ou rues. Le rapport
périodique des activités des communes sont transmis à la mairie qui les centralise et les
transmets à la province. Les rapports de tous les services qui sont envoyés à la mairie sont
vérifiés au secrétariat.

De pièces périodique et après la vérification on fait la remarque dans chaque


servie. La mairie de la ville est retenue de faire un rapport périodique sur les statistiques de la
population ou gouverneur de la province et au département du ministère de l'intérieur. Ces
statistiques de recensent, le maire de la ville reçoit les bourgmestres des communes qui lui
transmettent régulièrement leurs rapports périodiques relatifs aux statistiques,
démographiques pour identifier les étrangers et les autochtones.

Quant aux étrangers prédominant nous citons : les zambiens, les angles, les
chinois, les indiens, les coréens, etc.

La juridiction de la ville de Likasi comprend quatre (4) communes à savoir :

- La commune de Likasi
- La commune de Kikula
- La commune de Panda
- La commune de Shituru48.

La ville de Likasi, c'est elle qui attire plusieurs entreprises privées et quelques
entreprises publiques : SNCC, SWANEPOEL, ACEC ONGO, BRASERIE SIMAB, SNEL,
REGIDESO, MINOTERIE KIFITA etc.

48
Rapport de la mairie de Likasi/ 2023
36

Le nombre de ces entreprises ont connu après l'indépendance de changements


profonds sur le plan structurel qui ont amenés des fusions et des dispositions de certaines
entre elles.

La ville a connu la réalisation des infrastructures collectives suivantes :

- Le marché de panda ;
- Le marché central de Kikula appelé autrement dit le marché de la paix
ou on trouve les prix n'est pas exorbitant par apport aux autres
marchés ;
- Le marché de Kanona
- Le marché de la ville de Likasi.

Likasi est une ville à plusieurs activités pour les transactions coloniales, utilise dans
notre pays (dollars américains).
37

ORGANIGRAMME DE LA MAIRIE49

MAIRE

CABINET DE MAIRE

MAIRE ADJOINT

Secrétariat

Contrat

Personnel et contrat

Receveur urbain

Pension inhérente

1e BUREAU

IIe BUREAU

DIVISION URBAINE

Administration générale

1° BUREAU

Protection civile régime arme à feu

Inhumation transfert et estimation

Secrétariat et élaboration périodique

Tutelle population et état civil

Protocole, intendance, presse

49
Rapport de la mairie de Likasi/ 2023
38

1.3.2 les organes de la ville

La ville de Likasi est dotée de deux organes que sont le Conseil urbain (organe
délibérant) et le Conseil exécutif urbain (organe exécutif).

1.4. Situation socio-culturelle

En ce qui concerne l'action, au centre de promotion sociale et culturelle de la


ville de Likasi.

1.4.1 Aspect sanitaire

Sur les activités sanitaires, la ville de Likasi est une ville qui a plusieurs centres
sanitaires publics et privés, nous citons quelques-uns seulement, trois grand dont l'hôpital
SNCC et l'hôpital de la Gécamines plu une clinique Gécamines il y a lieu de signaler la
clinique SNCC et l'hôpital Afridex sans oublier l'hôpital de référence DACO, et autres centres
médicaux

1.5. Situation économique

La devise de la ville de Likasi est « AERRE LAREQUE » qui signifie le cuivre


par le travail, c'est le travail qui a fait Likasi, ville des mangeurs du cuivre, même dans le
temps qui ont appartenu naguère à nos grands-parents. Cela jusqu'à ce niveau, l'activité
principales économique de la ville qui est l'exploitation minière du cuivre, ses dérivées dont la
plus importante est le cobalt par la générale de carrières et des mines (Gécamines).

Ces stratégies de production à caractère économique doivent être protégées par le


gouvernement qu'au monopole de la puissance publique pour sortir du gouffre de sinistre
économique, Likasi doit s'attaquer à la construction et aménagement des routes et pont qui
mènent vers les centres de la production. Le développement économique dépend toujours de
la bonne gouvernance.

1.5.1 Aspect commercial

Il existe plusieurs maisons importantes ou s'exerce les activités commerciales de


traitements des affaires commerciales.
39

a. Secteur pharmaceutiques

Le secteur pharmaceutique de la ville de Likasi a connu une situation particulière.


En effet, beaucoup de citoyens avaient décidé de se lancer dans le commerce des
médicaments, ce qui a entrainé une explosion des pharmacies ouvertes en dehors de normes
pharmaceutiques.

Pour y mettre de l'ordre, une opération devant aboutir à l'assainissement de ce


secteur a pu être déclenchée et plusieurs pharmacies se virent frappés de mesures de
fermetures par l'arrêté urbain N°210/33/BM/LKS/99 du 03/11/1999.

b. Secteur vestimentaire

Ce sont les établissements d'habillement Ex. Ets Tshalukambo, Yamba, Didier de


luxe ...

c. Secteur alimentaire

C'est un secteur qui s'en charge de l'alimentation. Ex. Ets JAMBO Market, Kin
marché, Top gate, Salem, liberty ma maison etc.

1.5.2 culture pratiquée

La ville de Likasi est une ville où se pratique plusieurs cultures à savoir :

- De maïs ;
- D'arachide ;
- D'haricots ;
- De soja ;
- De patates douces ;
- De choux et des plaisirs espèces de légumes. Etc
40

Vous aimerez peut-être aussi