E3A 2002 MP 2ème 10 mai 2002 8-11h 1
(version dimanche 19 mai 2002 : 7h19)
CONCOURS E3A : ENSAM-ESTP-ECRIN-ARCHIMEDE 10 MAI 02 8h-11h : Mathématiques 2 MP
L’utilisation de la calculatrice n’est pas autorisée
Exercice 1
On rappelle qu’une fonction f définie sur un intervalle [c, d] de R est affine s’il existe des réels A, B tels que
∀x ∈ [c, d], f(x) = Ax + B. Soit [a, b] un intervalle de R.
On note C(a, b]) le R-espace vectoriel des fonctions continues sur [a, b] à valeurs réelles. Soit n un entier naturel
non nul et soient a0, a1, ..., an (n + 1) réels tels que : a = a0 < a1 < ... < an−1 < an = b.
Ils définissent une subdivision de l’intervalle [a, b] en n intervalles [ai, ai+1], (0 ≤ i < n). On considère E le sous
ensemble de C(a, b]) formé par les fonctions f : [a, b] → R dont les restrictions à chaque intervalle [a i , ai+1] sont affines
Des exemples de fonctions de E :
(1)
Soit i un entier tel que 0 ≤ i ≤ n. On note ϕi la fonction définie sur [a, b] par : ∀x ∈ [a, b], ϕi(x) = |x − ai |.
(1-a) Montrer que ϕi est un élément de E.
Soit i un entier tel que 0 ≤ i ≤ n. Montrer qu’il existe un unique élément δi de E, vérifiant : δi (ai ) = 1 et
(1-b) pour tout j 6= i, δi (aj ) = 0.
On pose B = (δ0 , δ1, ..., δn) et C = (ϕ0 ϕ1, ..., ϕn), les fonctions ϕi et δi étant celles définies au (1).
(2)
Montrer que E est un sous-espace vectoriel de C([a, b]).
(2-a)
Montrer que B est une base de E.
(2-b)
n
X
Montrer que C est une base de E. (indication : Soient α0, ..., αn des réels tels que αi ϕi = 0. On pourra
(2-c) i=0
n
X
étudier la fonction αiϕi = 0 au voisinage de αj , pour j ∈ {0, ..., n}).
i=0
Un cas particulier. Soient u, v, w ∈ R tels que u < v < w. Soit g : R → R, une fonction continue nulle
(3) en dehors de ]u, w[, affine sur [u, v] et sur [v, w] et telle que g(v) = 1. Déterminer (α, β, γ) ∈ R 3 tel que :
∀x ∈ R, g(x) = α|x − u| + β|x − v| + γ|x − w|.
Retour au cas général. Soit f ∈ E. On se propose d’exprimer formellement f sur la base C.
(4)
Déterminer la matrice de passage P de la base B à la base C.
(4-a)
Par quel calcul matriciel pourrait-on obtenir, une expression de f comme combinaison linéaire de ϕ 0 , ϕ1, ..., ϕn
(4-b) ?
Dans cette question on suppose la subdivision régulière, c’est à dire que pour tout i (0 ≤ i < n), on a :
(5) ai+1 − ai = (b−a) .
n
Expliciter alors la matrice P de la question (4-a) et calculer son déterminant.
(5-a)
Pour tout i (0 ≤ i < n), exprimer δi en fonction de ϕi−1 , ϕi et ϕi+1 .
(5-b)
On note C0 , C1, ..., Cn les (n + 1) colonnes de la matrice P −1. Expliciter C1 , ..., Cn−1.
(5-c)
Finir le calcul de P −1.
(5-d)
Exercice 2
On considère l’équation différentielle : y”(x) − 3iy 0 (x) + (eix − 2)y(x) = 0 (E), où y représente une fonction
de R à valeurs dans C de classe C 2 sur R.
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Montrer que l’ensemble des solutions de l’équation (E) définies sur R et 2π−périodiques forment un C− espace
(1-a) vectoriel que l’on notera S2p i .
Établir qu’une solution ϕ de l’équation (E) est 2π− périodique si et seulement si ϕ(0) = ϕ(2π) et ϕ 0 (0) = ϕ0 (2π)
(1-b)
Soit f une solution 2π− périodique de l’équation (E). Démontrer que la série de FOURIER de f converge vers
(2-a) f en précisant le mode de convergence (on énoncera avec précision le théorème utilisé).
+∞
X
Soit ϕ une solution 2π−périodique de l’équation (E) définie par ϕ(x) = ck eikx .
(2-b) k=−∞
Déterminer une relation de récurrence liant ck−1 et ck .
(2-b-i)
En déduire que : ∀k ≤ 1, ck = 0.
(2-b-ii)
Exprimer ck en fonction de k et de c2 , pour tout k ≥ 2.
(2-b-iii)
Démontrer que l’espace vectoriel S2π n’est pas réduit à la fonction nulle et déterminer sa dimension. Toutes les
(3) solutions de l’équation (E) sont-elles 2π−périodiques ?
On considère la solution ϕ obtenue en posant c2 = 1 et on note ϕ1 sa partie réelle et ϕ2 sa partie imaginaire
(4) (ϕ = ϕ1 + iϕ2 ).
Montrer que ϕ1 et ϕ2 sont respectivement paire et impaire.
(4-a)
Montrer que ϕ1(0) > 0.
(4-b)
Établir que ϕ1 change de signe au moins quatre fois sur [0, 2π][ en déterminant (α, β, γ) tels que : 0 < β < γ < 2π
(4-c) et ϕ1 (α) < 0, ϕ1(β) > 0, ϕ1(γ) < 0.
Exercice 3
On considère la fonction réelle f définie sur R2 par : ∀(x, y) ∈ R2, f(x, y) = xye−x−y .
On munit R2 de sa structure usuelle de plan euclidien orienté. Pour tout λi nR, on note Γλ la ligne de niveau λ
de f, c’est à dire l’esemble des points (x, y) ∈ R2 tels que f(x, y) = λ.
Soit ϕ la fonction définie sur R par : ∀x ∈ R, ϕ(x) = xe−x .
(1)
Étudier les variations de la fonction ϕ et discuter suivant les valeurs de λ ∈ R le nombre de solutions de
(1-a) l’équation ϕ(x) = λ.
Montrer que ϕ restreinte à ] − ∞, 0[ définit un C ∞ difféomorphisme de ] − ∞, 0[ sur lui même.
(1-b)
Déterminer les extrémums de la fonction f (le cas échéant, on précisera la nature de l’extrémum obtenu :
(2) maximum ou minimum, global ou local).
Montrer que par tout point (x0 , y0) ∈ R2 passe une ligne de niveau Γλ et une seule.
(3-a)
Déterminer dans le cas général un vecteur tangent à Γλ en (x0, y0 ) et préciser les exceptions.
(3-b)
Établir que toutes les courbes Γλ admettent un même axe de symétrie ∆ que l’on précisera.
(3-c)
Pour tout λ 6= 0, on note Γ+ −
λ l’intersection de la courbe Γλ avec le demi-plan d’équation x > 0 et Γλ l’intersection
de la courbe Γλ avec le demi plan d’équation x < 0.
On recommande de traiter la question (6) au fur et à mesure de l’avancement des question (4) et (5).
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Soit λ > 0.
(4)
Déterminer une condition nécéssaire et suffisante pour Γ+
λ soit non vide.
(4-a)
Montrer que dans ce cas, Γ+ 2
λ est une partie bornée de R .
(4-b)
Établir que la courbe Γ−
λ peut être caractérisée par une équation de la forme y = g λ (x) où gλ est une fonction
(4-c) C ∞ sur ] − ∞, 0[ dont on précisera les variations et les limites.
1 −1
Dans ce qui suit on remplace la base canonique de R2 par la base ( , ) et on note alors (X, Y ) les
1 1
(5)
nouvelles coordonnées du point (x, y).
Pour tout λ ∈ R, caractériser Γλ par une équation de la forme F (X, Y ) = λ.
(5-a)
On suppose λ < 0. Montrer que la branche Γ− λ de la courbe Γλ se caractérise par une équation de la forme
(5-b) Y = Gλ (X) où Gλ est une fonction C ∞ dont on précisera les variations et les branches infinies (on utilera la
fonction ϕ définie en (1)). Comment obtient-on l’autre branche Γ+
λ ?
On suppose λ > 0. Caractériser la branche Γ+ λ par une équation de la forme Y = ±Gλ (X) où Gλ est une
(5-c) fonction dont on étudiera les variations à l’aide de la fonction ϕ définie en (1).
Indiquer sur un graphique l’allure des diverses lignes de niveau de la fonction f.
(6)
FIN DU PROBLÈME
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