Feuille de physique numéro 24 PCSI2 2023-2024
Conversion de puissance.
Exercice 1 : fonctionnement simplifié du haut-parleur
On propose ci-contre un modèle très simplifié de
haut-parleur. Ce modèle n’est qu’une adaptation des
rails de Laplace, dans laquelle la membrane du
haut-parleur est fixée solidairement à la tige mobile.
La tige mobile, de longueur AA’=a, est de plus
reliée à un bâti fixe par un ressort de raideur k
(ressort qui modélise l’élasticité de la membrane du
haut-parleur). La position de la tige est repérée par
son abscisse x, dont l’origine correspond à la
position de repos du ressort.
Les frottements de l’air sur la membrane se traduisent par une force de frottement linéaire f v xex .
(on néglige en revanche tout frottement solide entre la tige et les rails).
Le circuit constitué des rails et de la tige est alimenté par un générateur imposant une tension variable u 0(t). La
résistance totale du circuit, supposée constante, est notée R. Le tout est plongé dans un champ magnétique
B BO .ez , stationnaire et uniforme. On néglige l’auto-induction.
1. Expliquer qualitativement (i.e. sans équation !) le fonctionnement du haut-parleur.
2. Exprimer la f.é.m. induite « e » en fonction de x(t ) .
3. Écrire les équations électrique et mécanique.
4. Découpler ces équations pour aboutir à une unique équation différentielle portant sur la position x de la
tige mobile. Quel type d’équation reconnaissez-vous ? Commentez.
5. Procéder à un bilan de puissance du système et interpréter physiquement chaque terme.
Exercice 2 : Moteur asynchrone.
Une spire plate de résistance R, d’inductance (propre) L et de
surface S, tourne à vitesse angulaire constante Ω autour de
l’axe (Ox) vertical. La normale n à la spire est contenue dans
le plan (Oyz). La spire est plongée dans un champ magnétique
B localement uniforme, contenu dans le plan (Oyz), de norme
constante, tournant à la vitesse angulaire constante ω autour de
(Ox).
Ce dispositif est utilisé en moteur électrique : le champ magnétique entraîne la bobine.
1. Comment réaliser un champ magnétique tournant à partir d’un courant triphasé ?
2. Expliquer qualitativement pourquoi la spire est mise en rotation par le champ magnétique ? Les deux
vitesses ω et Ω peuvent-elles être identiques ?
3. Etablir l’équation différentielle régissant l’évolution de l’intensité du courant dans la bobine en faisant
apparaître la pulsation de forçage du circuit.
4. Par passage aux notations complexes, obtenir l’expression de l’intensité. En déduire l’expression de
l’intensité réelle (sous la forme Acos +Bsin).
On désigne par la notation M (t ) le moment magnétique de la spire.
5. Exprimer le couple exercé par le champ magnétique sur la spire. En déduire sa valeur moyenne C(Ω).
L’allure de la courbe C(Ω) est donnée sur la figure
suivante. On suppose que la spire entraine une
charge mécanique appliquant un couple résistant
constant de valeur absolue Γ.
6. La spire étant initialement immobile, le
moteur peut-il démarrer ?
On suppose que le moteur est mis en rotation et
qu’on atteint un régime permanent.
7. Déterminer graphiquement en fonction de
la valeur de Γ la vitesse de rotation du
moteur en régime permanent. On étudiera
qualitativement la stabilité de ces régimes
en cas d’indétermination.
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Conversion de puissance.
Exercice 3 : Moteur à courant continu.
Une spire rectangulaire, de grand axe z’z, est enroulée sur un cylindre de même axe, de rayon a et de hauteur b
(voir figures 1 et 2).
Cet ensemble (appelé rotor) se déplace dans l’entrefer d’un aimant. Le champ magnétique créé par cet aimant a
une composante radiale Br au niveau de l’entrefer dont la variation en fonction de la position dans l’entrefer est
donnée par la figure 3. La composante verticale Bz du champ est nulle.
La spire de résistance R est connectée vers l’extérieur aux points A et C via un système balai-collecteur de
manière à ce que le brin de spire situé à droite soit toujours en relation électrique avec A et celui situé à gauche
soit en relation avec C quelle que soit la position de la spire dans l’entrefer (voir figure 2).
On notera J le moment d’inertie, par rapport à l’axe z’z du rotor et .e z son vecteur rotation. On négligera
les phénomènes d’auto-induction dans la spire. On notera i le courant traversant la spire orienté de A vers C.
Lors de la rotation, la spire est soumise à un couple de frottement fluide dont le moment est du type
C f où β est une constante positive.
Figure 1 Figure 2 Figure 3
a. Etude générale.
On considère la surface S s’appuyant sur la spire constituée par le demi cylindre d’axe z’z, de hauteur b et de
rayon a, telle que le vecteur normal orientant la surface latérale S L du cylindre soit er . On note S+ le demi disque
supérieur et S- le demi disque inférieur complétant alors la surface S.
1. Effectuer une représentation graphique de la surface S, donner alors le vecteur normal orientant les
surfaces S+, S- et SL.
2. Montrer alors que le flux du champ magnétique à travers la surface S s’exprime S abBO . 2 .
3. Exprimer alors la force électromotrice e du générateur induit dans la spire en fonction de a,b,B O et Ω.
On note Γ le moment de l’action de Laplace par rapport à l’axe z’z sur la spire.
4. Quelle relation lie la puissance de l’action de Laplace sur la spire et la puissance du générateur induit
dans la spire ? En déduire la relation 2iabB O .
b. Principe d’une dynamo.
Dans cette partie uniquement, on suppose qu’un moteur entraine la spire en rotation à vitesse constante ΩO. On
modélise le système électrique connecté à la dynamo par une résistance de charge R C.
5. Déterminer le circuit électrocinétique équivalent au système étudié et en déduire l’expression de
l’intensité iO dans le circuit en fonction des données énoncé. Ce courant est-il continu ou variable ?
6. Déterminer l’expression de Γm le couple exercé par le moteur mettant la dynamo en rotation.
c. Principe d’un moteur à courant continu.
Dans cette partie uniquement, on suppose qu’un générateur électrique impose entre les bornes A et C une
tension constante V A VC E 0 . On modélise le système mécanique mis en rotation par le moteur par un
couple résistant de charge -CC constant.
7. Mener l’étude mécanique du système pour établir une première équation différentielle liant β, Ω, i, J, b,
a, BO et CC.
8. Mener l’étude électrique du système pour établir une seconde équation liant E, i, R, Ω, a, b et B O.
d O
9. En déduire que Ω vérifie une équation différentielle de la forme et préciser les
dt
expressions des constantes τ et ΩO en fonction de J, a, b, R, BO, E et CC.
10. On suppose que le moteur est initialement à l’arrêt. Déterminer l’expression de Ω(t), en faire une
représentation graphique. Déterminer l’expression de l’instant t 95% à partir duquel la vitesse de rotation
atteint sa valeur limite à 5% près.
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Exercice 4 : Etude d’un alternateur.
Le dispositif étudié est un alternateur, élément d’une éolienne individuelle telle qu’elle peut être installée par un
particulier de nos jours. Lorsqu’elle fonctionne de manière optimale, elle fournit une puissance électrique P N =
6,00 kW. Le diamètre de ses pales est de 5,60 m, la vitesse de rotation moyenne est de 150 tours/min. Le vent
fait tourner les pales de l’éolienne qui entrainent le rotor de la machine, qui crée alors de l’électricité.
Le rotor est un solide de moment d’inertie J par rapport à
l’axe de rotation (Oz). Il est constitué de 100 aimants
NdFeB (Néodyme-Fer-Bore) parallélépipédiques de
dimensions (3cm x 3cm x 2cm), d’aimantation M A =
1,00.106 A.m-1, il est donc assimilable à un aimant
permanent, on note alors M M .n son moment
magnétique, où M est la norme de ce moment magnétique
et n le vecteur unitaire tournant contenu dans le plan xOy,
repéré par l’angle θ(t) qu’il fait avec l’axe (Ox). Le rotor
crée dans son environnement un champ magnétique qu’on
note B r .
Le stator de l’alternateur est constitué de deux associations
de bobines (B1, B1’) et (B2 ,B2’), toutes identiques.
L’association (B1, B1’) est orientée selon la direction et le
sens de l’axe (Ox) alors que l’association (B 2 ,B2’) est
orientée selon la direction et le sens de l’axe (Oy) (voir
figure ci-contre).
Chaque association de bobines forme un
circuit qui est fermé sur une charge de
résistance RC, chacune des bobines
présentent une résistance r = 1 Ω et une
inductance propre L = 0,2 mH (voir figure
ci-contre).
Dans ce problème, nous ne nous intéressons qu’au fonctionnement de l’alternateur en régime permanent, c’est-à-
dire lorsque la vitesse de rotation du rotor est une constante positive notée Ω. L’origine des temps est alors
choisie de telle sorte que θ(t) = Ωt.
Dans la configuration du système étudié, le champ magnétique B r crée un flux total à travers les bobines (B 1,
B1’) qu’on notera 1 (t ) O n.e x et un flux total à travers les bobines (B2 ,B2’) qu’on notera 2 (t ) O n.e y
1. Exprimer en fonction de ΦO, Ω et t les forces électromotrices induites e1(t) et e2(t) dans les bobines.
2. Représenter le schéma électrique équivalent au circuit contenant l’ensemble (B 1, B1’) et en déduire
l’équation différentielle vérifiée par l’intensité i1(t) du courant qui y circule. Ecrire également
l’équation différentielle vérifiée par l’intensité i2(t) du courant circulant dans l’autre circuit.
3. En utilisant les notations complexes, déterminer les amplitudes complexes de ces deux intensités puis
montrer que les intensités dans les deux circuits peuvent s’écrire sous la forme :
i1 (t ) I m cos t et i 2 (t ) I m cost
2
Où on exprimera Im(Ω) et φ en fonction des données de l’énoncé. (φ sera pris sur l’intervalle ]-π/2 ; π/2[ ).
Les courbes (a) et (b) présentées sur la figure suivante sont celles des intensités i 1(t) et i2(t) en fonction du temps.
4. Le courant i1(t) est-il en avance ou en retard sur i2(t) ? En déduire la correspondance entre les courbes
(a) et (b) d’une part et les intensités d’autre part.
5. Déterminer à partir des courbes la vitesse de rotation du rotor. Comparer cette valeur à la vitesse de
rotation du fonctionnement optimal.
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Conversion de puissance.
6. Exprimer la puissance électrique PG,1(t)
délivrée par le générateur induit dans le
circuit contenant l’association de bobines
(B1, B1’). Exprimer de même PG,2(t) pour le
circuit contenant l’association de bobines
(B2 ,B2’). Montrer alors que PG la puissance
totale induite dans le circuit est une
constante qu’on exprimera en fonction de
ΦO, Ω, L RC, r et φ.
On s’intéresse maintenant à l’étude mécanique du rotor :
L’action mécanique engendrée sur le rotor par le vent est modélisée par un couple moteur par rapport à
l’axe (Oz) qu’on supposera constant et qui sera noté m m .e Z .
La liaison pivot de ce rotor par rapport à l’axe (Oz) est supposée idéale.
On admet que l’association de bobines (B1, B1’) crée au niveau du rotor un champ magnétique B1 k .i1 (t ).e x et
que l’association (B2 ,B2’) crée au niveau du rotor un champ magnétique B2 k .i 2 (t ).e y .
7. En déduire que B1 2 le champ total créé par les bobines est un champ d’amplitude constante qu’on
exprimera en fonction de k, ΦO, Ω, L RC, r, tournant à la vitesse angulaire Ω et présentant un retard
angulaire α constant par rapport au rotor dont on donnera l’expression en fonction de φ.
8. Exprimer 1 2 le couple par rapport à l’axe (Oz) de l’action mécanique de Laplace exercée par ce
champ sur le rotor en fonction de k,M, ΦO, Ω, L RC, r et φ.
9. En déduire l’expression du couple moteur Γ m exercé sur le rotor (justifier le signe obtenu) puis
l’expression de la puissance mécanique motrice P m.
10. Effectuer un bilan de puissance sur le système et en déduire qu’on a forcément Φ O = k.M. Contrôler
l’homogénéité de cette relation.
Applications numériques : Les résistances de charge présentent une valeur numérique RC = 24 kΩ.
11. Exprimer puis évaluer numériquement les intensités efficaces dans chacun des circuits. On rappelle à
toute fin utile que cosarctan x
1
1 x2
12. Calculer la valeur numérique du flux ΦO correspondant au fonctionnement optimal de l’éolienne.
13. Evaluer numériquement le moment magnétique M du rotor puis le coefficient k.
14. En déduire l’intensité du champ magnétique tournant B1 2 .
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