AVRIL 2004
CONCOURS INGÉNIEURS STATISTICIENS ÉCONOMISTES
ISE Option Économie
CORRIGÉ DE LA 1 ère COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES
Exercice n° 1
Soient les deux relations vérifiées par x, y et z, réels strictement positifs :
xyz > 1
x + y + z < (1/x) + (1/y) + (1/z)
1) Supposons que x = 1
Alors yz > 1 et 1+ y + z < 1 + (1/y) + (1/z)
D’où : y + z < (1/y) + (1/z) ⇔ y + z < (y + z) / yz ⇔ yz < 1, ce qui est impossible.
2) Supposons x, y et z tous ≤ 1 ; alors le produit xyz ≤ 1 , ce qui est impossible.
L’un au moins des réels x, y ou z est donc > 1.
3) Supposons x, y et z tous ≥ 1. Il est évident que x ≥ 1/x, y ≥ 1/y, z ≥ 1/z, et
donc que la somme x + y + z ≥ (1/x) + (1/y) + (1/z). ceci est impossible. L’un au
moins des réels x, y ou z est donc < 1.
Exercice n° 2
1) Faisons une intégration par parties :
I = [− Lnx/2(x² − 1)] + ∫ [1/2x(x² − 1)]dx I = [− Lnx/2(x² − 1)] + 1/2∫ [1/x(x² − 1)]dx
Notons par J la deuxième intégrale :
J = ∫ [1/x(x² − 1)]dx
1/x(x² − 1) = a/x + b/(x – 1) + c/(x + 1)
On en déduit : a = – 1, b = 1/2, c = 1/2
2J = – 2∫ dx/x + ∫ dx/(x + 1) + ∫ dx/(x − 1)
J = – Ln x + Ln(x² – 1)1/2 = Ln[(x² – 1)1/2/x]
D’où :
I = [− Lnx/2(x² − 1)] + Ln[(x² – 1)1/2/x]
2) I(u) = – (Ln u)/2(u² – 1) + (Ln 2)/6 + {Ln [(u² – 1)1/2/u] – Ln (31/2 / 2)}
3) Quand u → + ∞, I(u) → (Ln 2)/6– Ln (31/2 / 2) ≈ 0,26.
Problème
Partie I :
1) f(x) = Ln (1 + e x ).
Dérivées :
f’(x) = e x /(1 + e x ) > 0 ∀x
f’’(x) = e x /(1 + e x )² > 0 ∀x
Puisque f’ est positive, f est croissante.
Asymptotes :
lim f(x) = 0
x → −∞
lim f(x) = + ∞
x → +∞
f(x)/x → 1
y – x = Ln(1 + e −x ) → 0
La droite y = x est asymptote quand x → + ∞ ; on en déduit également que la
courbe est au-dessus de son asymptote.
Tangente en x=0 :
f’(0) = 1/2
Intersection avec l’axe vertical :
x = 0 ⇒ y = Ln2 = 0,693
∫
1
2) Soit l’intégrale I = f(x) dx
0
2a) d(x) = (x² + 4x + 8 Ln2)/8 – Ln (1 + e x ).
d’(x) = x/4 + 1/2 – ex /(1 + e x ) ; d’(0) = 0 ; d’(1) = 3/4 – e/(e+1)
d’’(x) = 1/4 – ex /(1 + e x )² ; d’’(0) = 0 ; d’’(1) = 1/4 – e/(e+1)²
d’’’(x) = ex (1 + e x )(ex – 1)/(1 + e x )4 > 0
d est donc croissante de d(0) = 0 à d(1) = 1/8 + 1/2 + Ln2 – Ln(1+e) = 0,005
Donc 0 ≤ d(x) ≤ M, où M = 0,005.
On en déduit : 0 ≤ g(x) – f(x) ≤ M, c’est-à-dire g(x) – M ≤ f(x) ≤ g(x).
D’où : A – M ≤ I ≤ A
où A est l’intégrale ∫[0,1] (x² + 4x + 8 Ln2)/8 dx = 0,985.
0,98 ≤ I ≤ 0,985
3) k ≠ 0.
D(k) = {x / e x + k > 0}
1er cas : k > 0
D(k) = R
2ème cas : k < 0
ex > – k ⇔ x > Ln(– k)
4) A tout réel k, on associe la fonction f k définie, pour x ∈ D(k), par fk (x) =
Ln(ex + k).
f’(x) = e x /(ex + k)
1er cas : k > 0
f’(x) > 0
Sur R, f croît de Ln k à + ∞.
Remarque : si k < 1, la courbe associée à fk coupe l’axe des abscisses en un point
x tel que e x = 1 – k, soit x = Ln(1 – k).
Par contre, si k ≥ 1, la courbe associée à fk est au-dessus de l’axe des abscisses.
Asymptote :
lim fk(x) = Ln k
x → −∞
lim fk(x) = + ∞
x → +∞
f(x)/x → 1
y – x = Ln(1 + ke−x ) → 0 quand x → + ∞
La droite y = x est asymptote.
Position de la courbe par rapport à l’asymptote :
y – x = Ln(1 + ke−x ) ≈ ke−x > 0 si k > 0, < 0 si k < 0.
Tangente :
La pente en x = 0 est y’(0) = 1/(1 + k)
2ème cas : k < 0
x > Ln (– k)
La fonction fk croît de – ∞ à + ∞, coupant l’axe des abscisses en Ln(1 – k),
avec une pente en ce point égale à (1 – k).
5) Soit à montrer que, pour k > 0, f k(x + Lnk) = f(x) + Ln k
fk(x + Lnk) = Ln(ex+Lnk + k) = Ln(kex + k) = Lnk + Ln(ex + 1) = f(x) + Ln k
Pour construire la courbe C(k) représentative de fk , on remarque que fk (u) =
f(u - Ln k) + Lnk. Donc pour passer d’un point de C au point correspondant de
C(k), on fait d’abord une translation de – Ln k parallèlement à l’axe des abscisses,
puis une translation de Ln k parallèlement à l’axe des ordonnées.
6) Soit ∆ la première bissectrice, d’équation y = x.
Soit M de coordonnées (a, b) ; M’, symétrique de M par rapport à ∆ a pour
coordonnées (b, a).
On suppose que M ∈ C(k) associée à fk, c’est-à-dire que fk (x) = Ln(ex + k).
Soient X et Y les coordonnées de M’ : X = y, Y = x.
X = Ln(eY + k) ⇔ eX = eY + k ⇔ eY = e X – k ⇔ Y = Ln(eX – k).
Partie II :
Pour tout entier naturel n, on considère la fonction fn définie sur R par :
fn(x) = e −nx /(1 + e x )
1) f0(x) =1/(1 + e x )
f’ 0(x) = – ex /(1 + e x )² < 0
f0 est décroissante de 1 (en – ∞) à 0 (en + ∞).
En x = 0, f0(x) = 1/2.
f’ 0(0) = – 1/4
Soit S le point de coordonnées (0, 1/2).
Faisons le changement d’origine pour un point courant M (x, y) en prenant pour
nouvelle origine S : X = x, Y = y – 1/2.
y = 1/(1 + e x ) ⇔ Y + 1/2 = 1/(1 + e X ) ⇔ Y = 1/(1 + e X) – 1/2 = (1 – eX)/2(1 + e X)
Le symétrique de M par rapport à S donne le point M’(– X, – Y).
(1 – e−X)/2(1 + e −X) = (eX – 1)/2(1 + e X) = – Y.
2) On se place dans le cas général : n ≥ 1.
fn’(x) = – e−nx [n + (n + 1)ex ]/(1 + e x )² < 0
La fonction fn(x) décroît donc de +∞ (pour x → − ∞) à 0 (pour x → + ∞).
En x = 0, fn(0) = 1/2 et fn’(0) = − (2n + 1)/4
On remarque que pour x = 0, y = 1/2 pour tout n ; le point S appartient à toutes les
courbes Γ(n) associées aux fonctions fn.
3) Pour tout n, on définit la suite v(n) par :
∫ e−nx dx
1
v(n) =
0
On peut faire le calcul explicite de v(n) ; en faisant le changement de variable
u = e−x , on obtient v(n) = ∫[1/e, 1] un-1du = (1- e-n)/n.
Pour montrer que v(n) est décroissante, il suffit de remarquer que
e-(n+1)x = e - nx . e -x
Comme x ∈ [0, 1], e −x ≤ 1 et donc e −(n+1)x ≤ e−nx
En intégrant, on a donc de façon évidente : v(n + 1) ≤ v(n)
A partir de la forme explicite de v(n) = - (e-n – 1)/n, on a v(n) → 0 quand n → + ∞.
De même, nv(n) = (1 - e-n) → 1 quand n → + ∞.
4) Pour tout n, on définit la suite u(n) par :
∫
1
u(n) = fn(x) dx
0
4a) Pour x ∈ [0, 1], il est évident que 2 ≤ ex + 1 ≤ 2ex
On en déduit : 1/2ex ≤ 1/(ex + 1) ≤ 1/2
Et donc fn(x) = e −nx /(1 + e x ) est entre e −nx /2ex = e−(n+1)x/2 et e −nx /2.
En intégrant fn entre 0 et 1, on obtient : v(n+1)/2 ≤ u(n) ≤ v(n)/2, c’est-à-dire la
double inégalité recherchée.
4b) Pour déterminer lim u(n), l’encadrement précédent et la question (3)
n→ +∞
permettent d’établir que lim u(n) = 0.
n→ +∞
De même, en multipliant par n, on a lim nu(n)= 1/2.
n → +∞
AVRIL 2004
CONCOURS INGÉNIEURS STATISTICIENS ÉCONOMISTES
ISE Option Économie
CORRIGÉ DE LA 2ème COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES
Problème 1
1) Déterminons les coordonnées de Qi .
Il est à l’intersection de la droite y = ax et de la droite perpendiculaire à Da et
passant par le point M i, d’équation :
(y – yi)/(x – xi) = – 1/a
ou encore : y = – (x – xi)/a + yi
Les coordonnées du point Q i sont solutions du système :
y = ax
y = – (x – xi)/a + yi
On obtient :
x(Qi) = (xi + ayi)/(a² + 1)
y(Qi) = a(xi + ayi)/(a² + 1)
(MiQ i)² = (x(Qi ) – xi)² + (y(Qi) – yi)²
En développant, on obtient (MiQ i)² = [(ayi – a²xi)² + (axi – yi)²]/(a² + 1)²
D’où Q(a) = [(a² + 1)B + a²(a² + 1)A – 2a(a² + 1)C]/(a² + 1)²
= a²A/(a² + 1) + B/(a² + 1) – 2aC/(a² + 1)
Dérivons par rapport à a.
Q’(a) = 2 [Ca² + a(A – B) – C]/(a² + 1)²
Q’(a) = 0 ⇔ Ca² + a(A – B) – C = 0
∆ = (A – B)² + 4C² > 0 ; il existe donc deux solutions a 1 et a 2 :
a1 = (B – A + [(A – B)² + 4C²]1/2)/2C
a2 = (B – A – [(A – B)² + 4C²]1/2 )/2C
Par ailleurs, on remarque dans l’équation Ca² + a(A – B) – C = 0 que le produit
des racines est égal à – 1.
Les deux droites Da1 et Da2, de pentes respectives a1 et a2, sont donc
perpendiculaires.
2) Soit à calculer H(a) = Σ i = 1 à n (M iHi)².
Le point Hi a pour coordonnées (xi , axi).
(Mi Hi)² = (axi – yi)²
H(a) = Σ i (axi – yi)²= a²A – 2aC + B
H’(a) = 2aA – 2C = 0 et a* = C/A
Problème 2
1) On montre que S(E) est un sous -espace vectoriel de R[X] car S(E) ⊂ R[X]
et S(E) est non vide car le polynôme nul vérifie E.
Il est simple d’établir que si P et Q sont solutions de E, aP + bQ appartient
à S(E).
2) Soit a n xn le terme du plus haut degré de P n, solution de E.
En égalant les termes de degré n, on a :
n(n – 1) + 4n = a
⇒ a = n(n + 3)
3) Qn’(x) = − (−1)n Pn’(−x)
Qn’’(x) = (−1)n Pn’’(−x)
On omet l’indice n pour simplifier les notations.
Donc : (x² − 1)Q’’(x) + 4xQ’(x) = (−1)n [(x² − 1)P’’(−x) − 4xP’(−x)] = a P(−x)
On en déduit : (x² − 1)Q’’(x) + 4xQ’(x) = (−1)n aP(−x) = a Q(x)
Q est donc solution de E.
Supposons que P – Q ne soit pas le polynôme nul.
Alors, le degré de P – Q est inférieur ou égal à n.
Soit anxn le terme du plus haut degré de P, (−1)n an(−x)n est le terme de plus
haut degré de Q. Donc dans P – Q il n’y a pas de terme de degré n ; notons r le
degré de P – Q, r ≤ n – 1.
Or P – Q est solution de E, puisque P et Q sont solutions de E et S(E) est un
espace vectoriel.
D’après la première question, a = r(r + 3), ce qui est impossible car, P étant
solution, on a aussi a = n(n + 3) et r < n.
Donc P – Q est le polynôme nul, P = Q.
On a alors ∀ x∈R, Pn (x) = (−1)n Pn(−x), ce qui prouve que Pn a la même parité
que n.
4) P 0 = 1
P1(x) = x
P2(x) = x² − 1/5
P3(x) = x3 + 5x²/9 +3x/7 – 1/9
Problème 3
1a) Il est évident que si f1 et f2 sont solutions de (E 1), alors pour tous λ
et µ réels, on a :
(λf1+ µf2)’’ – 3(λf1+ µf2)’ + 2(λf1+ µf2) = 0
(λf1+ µf2) vérifie aussi la relation (E 1).
1b) Ecrivons que y = e ax vérifie la relation (E 1).
(a² – 3a + 2) e ax = 0, ∀x
a² – 3a + 2 = 0
D’où deux valeurs pour a : a1 = 1 et a 2 = 2.
Les fonctions e x et e 2x sont solutions de (E 1).
1c) La forme générale des solutions de (E 1), d’après (1a), est donc (λex + µ e2x ).
2) La courbe représentant y = e3x passe par le point (0, 1) et a pour dérivée
en : y’(0) = 3.
La courbe représentant u = λex + µ e2x est telle que u(0) = λ + µ et u’(0) = λ
+ 2µ
Les valeurs particulières de λ et µ correspondant sont donc telles que :
λ+µ =1
λ + 2µ = 3
D’où : λ = – 1 et µ = 2
⇒ u(x) = – ex + 2e2x
3) k étant un réel strictement positif, montrons que les fonctions
hk (x)= - k² ex + 2k e 2x vérifient la relation (E 1).
hk’(x) = – k² e x + 4k e 2x
hk’’(x) = – k² e x + 8k e 2x
On vérifie facilement que h k’’(x) – 3 hk’(x) + 2 hk(x) = 0
4a) Soit maintenant l’équation : (E 2) y’’ – 3y’ + 2y = – x² + x + 2
Cherchons un polynôme P(x) = ax² + bx + c solution de (E 2).
P’’ – 3P’ + 2P = 2a – 3(2ax + b) + 2(ax² + bx + c) = – x² + x + 2
ou encore : 2ax² + 2x(b – 3a) + 2a – 3b + 2c = – x² + x + 2
Par identification : a = – 1/2, b = – 1, c = 0
4b) f(x) = g(x) – x²/2 – x ⇒ f’(x) = g’(x) – x – 1 et f’’(x) = g’’(x) – 1
On en déduit que :
f’’(x) – 3 f’(x) + 2f(x) = g’’(x) – 3 g’(x) + 2g(x) – x² + x + 2
Donc g solution de (E 1) ⇔ g’’(x) – 3 g’(x) + 2g(x) = 0 ⇔ f’’(x) – 3 f’(x) + 2f(x) =
– x² + x +2
⇔ f solution de (E 2)
Compte tenu des résultats de la question (1c), les fonctions f solutions de (E 2)
sont de la forme : λex + µ e2x – x²/2 – x.
AVRIL 2004
CONCOURS INGÉNIEURS STATISTICIENS ÉCONOMISTES
ISE Option Économie
CORRIGÉ DE L’ANALYSE D’UNE DOCUMENTATION STATISTIQUE
Exercice n° 1
Question 1
a) Première méthode : il y a 1040 dossiers pendant 104 semaines, cela donne
1040/104 = 10 accidents par semaine.
Deuxième méthode : il faut utiliser le tableau de distribution et la définition
de l’espérance mathématique. En prenant comme centre de classe la
valeur 3 pour la première classe, on trouve 9,99 accidents par semaine.
b) La variance du nombre hebdomadaire d’accidents en prenant le centre des
classes est égale à 10,85. L’écart-type est la racine carrée de la variance et
vaut 3,29 accidents.
c) Par interpolation linéaire, la médiane de la distribution (valeur de la variable qui
sépare la population en deux parties égales) est égale à 9,32 accidents.
11− 9
9+ (52 − 48) = 9,32
73 − 48
Question 2
a) La population est constituée des semaines. On dispose de 104 semaines
(échantillon). Ce que l’on observe, c’est le nombre x d’accidents
hebdomadaires qui surviennent aux C clients.
b) On obtient une estimation ponctuelle de la moyenne à 10 (cf. question
précédente).
Question 3
a) 10/7 = 1,43 accidents par jour.
b) 10/14 = 0,71 accidents par demi journée.
c) le nombre d’accidents qui se produisent au cours d’une demi-journée suit une
loi binomiale. L’espérance mathématique est donc égale à p. Sa variance est
p(1-p). La valeur estimée pour p est 0,71.
Question 4
a) En une semaine, il y a 7 fois 24 tranches de temps, soit 148. Le nombre
d’accidents qui se produisent en une semaine est une loi binomiale.
Donc, l’espérance mathématique est 148 p’ et la variance est 148 p’(1-p’) avec
comme valeur estimée pour p’ : 10/148.
b) E = 7np’ et V = 7np’(1-p’)
On veut que E-V soit inférieur à 0,1. On trouve alors n supérieur à 142,9.
Exercice n° 2
Il n’y a pas de corrigé type pour cet exercice. Toutefois, on pouvait observer que :
- l’expérience professionnelle et la réputation de l’école expliquent en
grande partie les disparités constatées ;
- les spécialisations sont rentables lorsqu’elles ont une orientation
appliquée ou lorsqu’elles sont effectuées à l’étranger ;
- les inégalités homme/femme persistent ;
- …