Boléro
1. Présentation de l’œuvre
Le Boléro de Maurice Ravel (1927-2007) créé en 1959, c’est une musique de Maurice Ravel, un ballet de 17
minutes crée en Belgique, à Bruxelles, au théâtre royal de la Monnaie. Représentation en mai 1961 avec
Duska Sifnios.
Maurice-Jean Berger, dit Maurice Béjart (1927-2007) est un danseur et chorégraphe originaire de Marseille.
Il donne un élan nouveau à cet art qu’il estime « coupé des masses » et qu’il veut transformer, contre des
visions traditionnelles, élitistes, et rendre accessible à un large public : « J’ai sorti la danse des salles d’opéra,
écrivait-il, pour implanter au Palais de sports, aux Jeux olympiques, au Festival d’Avignon ». Ses conceptions
novatrices suscitent des critiques et il doit s’exiler en Belgique, où il fonde à Bruxelles, en 1960, la compagnie
de Ballet du XXème siècle.
Ses réalisations sont jouées à travers le monde. Il crée aussi différentes écoles-ateliers et compagnies de
danse. C’est avec lui que la danse est introduite au Festival d’Avignon, en 1966, à l’invitation de Jean Vilar. Sa
carrière se poursuit en Suisse à partir de 1987 (le Béjart Ballet Lausanne en particulier).
Le ballet Boléro est créé en 1959. La première a lieu le 10 janvier 1961, à Bruxelles, au Théâtre Royal de la
Monnaie sur la musique de Maurice Ravel (1875-1937), l’un des plus grands compositeurs français du XXème
siècle, qui date de 1928. Les décors et costumes sot conçus par Maurice Béjart.
2. Le contexte de création de l’œuvre
La musique du Boléro est composée à la demande d’une danseuse de Ballets Russes, Ida Rubinstein, directrice
d’une compagnie de ballet, qui souhaitait organiser une représentation espagnole. Ravel s’inspire d’une
danse espagnole à trois temps, le boléro. L’action est située dans une taverne en Espagne. Dans la salle, au
milieu d’une foule d’hommes présents, une femme tzigane danse sur une table. C’est l’œuvre la plus célèbre
de Ravel, fréquemment jouée à travers le monde.
Trente ans plus tard, Béjart réinterprète cette histoire en un esprit plus contemporain et en ne retenant que
l’essentiel. Une femme, sur une table, danse sous les yeux d’une assemblée d’homme captivés. La danseuse
est placée au centre de quarante hommes torses nus, disposés en cercle autour d’elle. La danseuse incarne
la mélodie qui revient en un rythme incessant sur elle-même. Les danseurs expriment le rythme qui,
demeurant à l’identique, augmente peu à peu. Le ballet est en effet créé comme un très long crescendo qui
implique de plus en plus de musiciens et de danseurs aussi dans son déroulement. Des sources
traditionnelles inspirées de la culture grecque (danses) sont mobilisées.
Ce ballet prend place dans la volonté de Béjart de permettre l’accès du plus grand nombre à la danse, sur
l’exemple du théâtre populaire de Jean Vilar, dans des lieux de la culture populaire, les stades, les palais des
sports par exemple, mais aussi le cinéma, la télévision. La danse est désormais conçue à grande échelle.
C’est son intégration dans le film de Claude Lelouch, Les Uns et les Autres (1981), qui a également contribué
à populariser très largement le ballet. Dans le film, le ballet est dansé par Jorge Donn, danseur fétiche de
Béjart.
3. Description et caractéristiques
La description de l’œuvre
Une œuvre musicale au départ. C’est une écriture simple, sur un motif musical emprunté à la danse
espagnole, andalouse, ici ralenti, sans modulation, ni développement, mais construit sur un principe de
répétition des mêmes notes et de gradation. Une longue phrase musicale, clairement structurée, se répète,
avec des variantes fonction de l’orchestration, en crescendo, pendant seize minutes. Fait remarquable, la
musique à été écrite pour la danse.
Une œuvre chorégraphique dans un second temps. Le ballet suit fidèlement la trame de la partition de Ravel.
On note que la danse occupe une place très importante dans la production de Ravel. Il travaille en 1912 avec
Diaghilev et les Ballets Russes.
La danse épurée et puissante. Un groupe de danseurs interprète le rythme, un ou une soliste la mélodie. Les
dix-sept minutes que dure le Boléro constitue une épreuve physique difficile et éprouvante par les
mouvements répétitifs à accomplir en appui sur un mollet et une cuisse.
La mise en scène. Le procédé scénique est relativement simple et efficace, novateur pour l’époque : il s’agit
simplement d’une grande table rouge, posée sur la scène, et sur laquelle danse le soliste.
Cette interprétation sur scène de la partition de Ravel est une œuvre majeure dans l’histoire mondiale de la
danse.
Les caractéristiques de l’œuvre
La mélodie est une grande simplicité, très connue. D’inspiration grecque et orientale pour Maurice Béjart,
plus qu’espagnole, elle donne l’impression de s’enrouler sur elle-même, en un éternel recommencement,
tout en augmentant en volume et en intensité.
La danse suit un mouvement assez lent et uniforme, suivant la mélodie et le rythme, marqué par le tambour.
Inlassablement, le danseur soliste répète les mêmes mouvements, simples, selon des séquences qui
s’enchaînent. Peu à peu les autres danseurs le rejoignent. L’unique élément de diversité est introduit par le
crescendo.
Le court ballet fait l’économie de tout élément pittoresque ou folklorique pour privilégier le dépouillement et
la sobriété et concentrer l’attention sur l’essentiel : un/une soliste sur le grand plateau rond et rouge vif et
des danseurs hommes, une scénographie épurée.
C’est l’un des rares ballets dont le rôle central de soliste – la mélodie – peut être tenu indifféremment par un
homme ou par une femme, un danseur ou une danseuse. L’auteur parle d’un « ballet réversible ». C’est une
caractéristique unique, qui fait partie d’un exercice obligé aujourd’hui dans la carrière de tout danseur
international, sur toutes les grandes scènes du monde.
4. Pistes d’exploitations et de transpositions didactiques
Dans la perspective d’un travail mené en histoire des arts en prenant pour œuvre de départ le Boléro, on
peut envisager les pistes d’exploitations suivantes, qui associent plusieurs disciplines.
L’enseignant doit choisir les documents (sources iconographiques et audiovisuelles) qui vont permettre aux
élèves de s’approprier l’œuvre qui leur est proposée :
La vidéo du Boléro interprété par le Théâtre de la Monnaie, tournée en direct en 1961 pour la
télévision belge
Des photographies d’archives montrant des arrêts sur image saisissant les danseurs dans un moment
donné
Le morceau de musique de Ravel seul
L’étude du vocabulaire Mots clefs
On peut proposer aux élèves : Ballet
Boléro
L’apprentissage d’un lexique nouveau, accessible à des élèves de cours moyen
Plateau
Des activités en français pour réemployer le vocabulaire et décrire le Boléro
Soliste
L’étude des caractéristiques de ce ballet
Les élèves peuvent repérer :
Les traits caractéristiques de la musique : la répétition du motif, l’aspect monotone voire
lancinant
Les caractères de ce ballet qui en font une œuvre moderne, distincte des ballets traditionnels
Les interprètes et me travail sur les corps (décomposition des mouvements des poignets, des bras
dans différentes positions, croisés, des mains et des doigts, des paumes, des dos aussi, des
jambes, du torse et du ventre animé de mouvements) ; les costumes (maillots rayés, foulards
autour du cou, pieds nus, cheveux lâchés)
Le décor stylisé et le rôle de l’éclairage et de la lumière projetée sur les corps
Les rythmes et les lignes et formes géométriques (cercles concentriques, lignes de danseurs)
La mise en relation et la comparaison du Boléro
En proposant une sélection d’autres œuvres de même nature, mais d’époque ou de tradition différentes, les
élèves peuvent comparer le Boléro avec un extrait d’un autre ballet, considéré comme classique, en costume
et avec décor :
Le Lac des cygnes sur la musique de Tchaikovsky
Casse-noisette sur une partition du même auteur
Giselle, ballet romantique par excellence (chorégraphie de Jean Coralli et Jules Perrot, musique
d’Adolphe Adam)
On peut proposer une sélection d’autres œuvres empruntées à des domaines artistiques de nature différente :
Un extrait de film de Claude Lelouch Les Uns et les Autres pour voir le ballet filmé
Une peinture comme La Danse de Matisse, au musée d’Art Moderne de Paris ou en reproduction
pour voir comment les corps représentés dialoguent avec le cadre pour lequel l’œuvre a été créée ;
regarder comment le mouvement des corps s’inscrit dans l’espace et comment il est donné à voir et
à ressentir dans une chorégraphie et dans une œuvre en deux dimensions.
Une activité de production
Autour d’une musique répétitive, on peut proposer aux élèves par groupes, la réalisation d’une chorégraphie
imaginée, photographies par un groupe d’élèves, filmée par un troisième, racontée dans un court texte par
un dernier groupe.