Introduction à l'Algèbre
Introduction à l'Algèbre
Algèbre
Géométrie
Lucile Torrent
Table des matières
I Algèbre 4
1 Ensembles, sous-ensembles et éléments 5
1.1 Ensembles et éléments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Les ensembles numériques : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Vocabulaire relatif aux ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4 Sous-ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2 Logique 1
2.1 Propositions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2.2 Connecteurs logiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2.2.1 Négation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2.2.2 Conjonction ("et") . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2.2.3 Disjonction ("ou") . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2.2.4 Implication ("⇒") . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.2.5 Réciproque et contraposée d'une implication . . . . . . . . . . . . . 3
2.2.6 Equivalence ("⇔") . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.3 Propriétés des connecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.4 Quanticateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.5 Axiomes et théorèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.5.1 Dénitions : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.5.2 Méthodes de démonstration : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
4 Relations 15
4.1 Relation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
4.2 Relation réciproque : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
4.3 Relation dans un ensemble (ou relation binaire) : . . . . . . . . . . . . . . 17
4.4 Relations d'équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
4.5 Relation d'ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
5 Fonctions et applications 21
5.1 Fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
5.2 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
Lucile Torrent
TABLE DES MATIÈRES 2
5.3 Applications injectives, surjectives et bijectives . . . . . . . . . . . . . . . . 23
7 Les polynômes 32
7.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
7.2 Opérations sur les polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
7.2.1 Addition et soustraction de polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . 34
7.2.2 Multiplication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
7.2.3 Identités remarquables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
7.2.4 Division de polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
7.3 Factorisation de polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
7.3.1 Première méthode : Mise en évidence . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
7.3.2 Deuxième méthode : Utilisation des identités remarquables . . . . . 35
7.3.3 Troisième méthode : Artices de calcul et groupements . . . . . . . 36
7.3.4 Quatrième méthode : Méthode "somme-produit" . . . . . . . . . . 36
7.4 Division euclidienne de polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
7.4.1 Parallèle avec l'arithmétique : Rappels . . . . . . . . . . . . . . . . 38
7.4.2 Divison euclidienne de polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
7.4.3 Algorithme de division . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
7.5 Factoriser en utilisant la divisibilité par x-a . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
7.5.1 Quelques théorèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
7.5.2 Schéma de Horner . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
7.5.3 Cinquième méthode de factorisation : Divisibilité par x − a . . . . . 40
8 Fonctions rationnelles 43
8.1 Rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
8.2 Fonctions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
8.3 Règles de calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
8.3.1 Simplication d'une fraction : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
8.3.2 Addition, soustraction : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
8.3.3 Multiplication : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
Lucile Torrent
TABLE DES MATIÈRES 3
8.3.4 Division : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
Lucile Torrent
Première partie
Algèbre
Lucile Torrent
Chapitre 1
Exemples 1
1. L'ensemble N des entiers naturels.
2. L'ensemble D8 des diviseurs de 8.
3. L'ensemble des élèves de cette classe.
4. L'ensemble des classes du collège.
5. L'ensemble des lettres de l'alphabet.
Remarque 1
Le critère qui dénit un ensemble doit être objectif an que la réponse à la question "cet
objet appartient-il à l'ensemble ?" puisse être donnée sans ambiguïté.
Exemple : La collection des trois meilleurs oeuvres de Picasso n'est pas un ensemble car
on ne peut pas décider objectivement quels sont les meilleurs tableaux d'un peintre.
Elément (Peano 1858-1932)
Les objets qui constituent un ensemble sont appelés les éléments de cet ensemble.
Pour exprimer le fait qu'un élément a appartient à un ensemble A, on note a ∈ A ("a est
élément de A" ou "a appartient à A").
Dans le cas contraire, on note a ∈
/ A ("a n'est pas élément de A" ou "a n'appartient pas
à A").
Exemples 2 1 1
1. 8 est un élément de N, mais 1
2
ne l'est pas. On note 8 ∈ N et ∈
/ N (mais ∈ Q).
2 2
2. ........... est un élément de l'ensemble des élèves de cette classe, mais je ne le suis pas.
Lucile Torrent
1.2 Les ensembles numériques : 6
Remarques 2
1. Nous désignerons généralement les ensembles par des lettres majuscules et les élé-
ments par des lettres minuscules.
2. Un ensemble peut être un élément d'un autre ensemble.
Par exemple, chaque classe du collège est un ensemble d'élèves mais est aussi un
élément de l'ensemble des toutes les classes du collège.
3. L'ensemble des ensembles n'existe pas (cf. paradoxe du libraire).
Deux façons de noter un ensemble
Un ensemble peut être écrit de deux manières diérentes :
1. en énumérant les éléments qui le constituent, on dit alors que l'ensemble est déni
en extension.
Notation : ouvrir l'accolade, écrire les éléments en les séparant par un point-virgule,
puis
fermer l'accolade.
Exemples : N = {0; 1; 2; 3; 4; ...} l'ensemble des nombres naturels
D8 = {1; 2; 4; 8} l'ensemble des diviseurs de 8.
Attention : L'ordre n'a pas d'importance {1; 2} = {2; 1} !
On n'écrit jamais deux fois le même élément !
2. en indiquant une propriété caractéristique commune à tous les éléments de l'en-
semble et qui n'appartient qu'à eux, on dit alors que l'ensemble est déni en com-
préhension.
Notation : on note {x ∈ ... | propriété de x}
et on lit "l'ensemble des x appartenant à .... tels que ..."
Exemples : D8 = {x ∈ N | x divise 8} qui se lit "l'ensemble des x appartenant à N
tels
que x divise 8".
{x ∈ N | x ≤ 10} qui se lit "l'ensemble des x appartenant à N tels que x
est
inférieur ou égal à 10".
Exemple 3
L'ensemble A des nombres entiers naturels inférieurs ou égaux à 3 se note :
A = {0; 1; 2; 3} = {x ∈ N | x ≤ 3}
| {z } | {z }
extension compréhension
Lucile Torrent
1.2 Les ensembles numériques : 7
On utilise encore d'autres notations :
R∗ l'ensemble des nombres réels non nuls ;
R+ l'ensemble des nombres réels positifs ou nuls ;
R∗+ l'ensemble des nombres réels positifs non nuls ;
R− l'ensemble des nombres réels négatifs ou nuls ;
R∗− l'ensemble des nombres réels négatifs non nuls.
De même pour N∗ , Z+ , Q− ,...
Lucile Torrent
1.3 Vocabulaire relatif aux ensembles 8
Diagramme de Venn
Il peut être utile de représenter graphiquement les ensembles an de mieux visualiser la
situation. On utilise pour cela les diagrammes de Venn : on représente les éléments par
des points (ou des croix) et l'ensemble par une ligne fermée entourant les éléments.
Exemple 4
E = {1; 2; 3; 4}
Remarques 3
1. Ces représentations graphiques ont pour seul but de xer les idées et de facilter la
compréhension. Les considérations que l'on peut en tirer ne doivent en aucun cas
servir d'arguments logiques dans un raisonnement !
2. John Venn (1834-1923) est un mathémticien-logicien anglais. Léonard Euler (1707-
1783) est un mathématicien suisse (on trouve son egie sur l'ancien billet de 10.-).
Exemple 5
Représenter à l'aide de diagrammes de Venn les ensembles numériques :
Exemples 6
1. L'ensemble des nombres naturels N est inni.
2. L'ensemble des diviseurs de 8 D8 est ni.
3. {1; 2} est une paire.
4. {3} est un singleton.
Lucile Torrent
1.4 Sous-ensembles 9
Ensemble vide
Il existe un ensemble qui ne contient aucun élément. On l'appelle ensemble vide et on le
note ∅ (ou { }).
Comme cet ensemble ne contient aucun élément, il n'est jamais possible d'avoir ∅ à droite
de ∈.
(Il peut paraître absurde de considérer un ensemble ne contenant aucun élément. Mais
cet ensemble a joué un rôle très important en mathématiques).
Remarque 4
Souvent, dans le cours ou les exercices, on travaille dans un ensemble E bien déterminé,
appelé référentiel.
En algèbre, le référentiel est habituellement un ensemble de nombres.
1.4 Sous-ensembles
Dénition 2
On dit qu'un ensemble A est un sous-ensemble ou une partie d'un ensemble B si tous les
éléments de A appartiennent à B .
On note A ⊂ B et on lit "A est inclus dans B".
Graphiquement :
Remarques 5
1. Pour exprimer qu'un ensemble A n'est pas un sous-ensemble d'un ensemble B , on
note A ̸⊂ B et on lit " A n'est pas inclus dans B ".
2. Il résulte immédiatement de la dénition que tout ensemble D contient deux sous-
ensembles particuliers : l'ensemble vide ∅ et l'ensemble D lui-même.
Autrement dit, quel que soit l'ensemble D, on a : ∅ ⊂ D et D ⊂ D
Remarque 6
Attention à ne pas confondre ∈ et ⊂ :
Le symbole "∈" lie un élément à un ensemble auquel il appartient.
L'élément à gauche de ∈ se retrouve tel quel dans l'ensemble de droite, entre virgules
(càd dans la liste des éléments de l'ensemble de droite).
Le symbole "⊂" lie un ensemble à un autre ensemble dont il est une partie.
Le ou les éléments de l'ensemble de gauche (càd après avoir enlevé les accolades
à gauche) se retrouvent tel quel dans l'ensemble de droite, entre virgules (càd dans la
liste des éléments de l'ensemble de droite).
Exemples 7
1. Soit A = {1; 7; 9} et B = {1; 3; 5; 7; 9}. Alors A ⊂ B car chaque élément de A est
élément de B .
Lucile Torrent
1.4 Sous-ensembles 10
2. N ⊂ Z ⊂ Q ⊂ R
3. {a} ∈ {{a}, {b}} et {{a}} ⊂ {{a}; {b}}
Lucile Torrent
Chapitre 2
Logique
2.1 Propositions
Dénitions 3
1. Un énoncé est un assemblage de symboles.
2. Une proposition est un énoncé dont on peut dire sans ambiguïté s'il est vrai ou faux.
3. Si une proposition est vraie, on dit qu'elle prend la valeur logique V , sinon on dit
qu'elle prend la valeur logique F .
Notation 1
Nous désignerons les propositions par des lettres majuscules P , Q, R,...
Exemples 8
1. "8 est un multiple de 2" est une proposition vraie (et aussi un énoncé !).
2. "5 est un nombre pair" est une proposition fausse.
3. "Il pleuvra demain" est un énoncé, mais n'est pas une proposition.
4. "La Joconde est la meilleures oeuvre de Léonard de Vinci" est un énoncé, mais n'est
pas une proposition.
Remarque 7
Lorsque cela est nécessaire, le contexte de l'énoncé doit être précisé.
Par exemple, "on peut diviser 5 par 3" est un énoncé, mais n'est pas une proposition car
il manque le contexte : il faut préciser le référentiel, par exemple N ou Q.
2.2.1 Négation
Dénition 4
En niant une proposition P , on obtient une nouvelle proposition appellée la négation de
P et notée P (ou non(P ) ou ¬P ).
La proposition P est vraie lorsque P est fausse, et fausse lorsque P est vraie.
Lucile Torrent
2.2 Connecteurs logiques 2
Table de vérité de la négation : P P
V F
F V
Exemples 9
1. "(15 est un multiple de 3) et (15 est pair)" est une proposition fausse.
2. Voici un exemple pour mieux comprendre la valeur logique de la conjonction : Si
pour un voyage, il faut un billet de train et un billet de bateau, le voyage ne peut
avoir lieu que si on a les deux billets. S'il manque ne serait-ce qu'un des deux billets,
on ne peut pas eectuer le voyage.
Ainsi par analogie, dès qu'une des deux propositions est fausse, leur conjonction est
fausse.
Exemples 10
1. "(15 est un multiple de 3) ou (15 est pair)" est une proposition vraie.
2. Si pour un voyage, il faut un billet de train ou un billet de bateau, le seul cas dans
lequel le voyage ne peut pas avoir lieu est celui où l'on n'a aucun dex deux billets.
Si on possède au moins un des deux billets, on peut eectuer le voyage.
Ainsi par analogie, dès qu'une des deux propositions est vraie, leur disjoncition est
vraie.
Lucile Torrent
2.2 Connecteurs logiques 3
2.2.4 Implication ("⇒")
Après les connecteurs "évidents", nous devons encore traiter du conncecteur "si ..., alors
...". Ce connecteur est primordial en maths, en particulier dans les raisonnements et
démonstrations, mais il est aussi très usité dans la vie de tous les jours. La proposition
"si P, alors Q" se note "P ⇒ Q" et se lit "P implique Q". C'est l'implication de P et Q.
Dénition 7
En composant deux propositions P et Q avec le connecteur "⇒", on obtient une nouvelle
proposition appelée implication de P et Q et notée P ⇒ Q (qui de lit "P implique Q").
La proposition P ⇒ Q est fausse lorsque P est vraie et Q est fausse, et dans ce cas
seulement.
Table de vérité de l'implication : P Q P ⇒Q
V V V
V F F
F V V
F F V
Exemples 11
1. Considérons la proposition, "Si je gagne au loto, j'achète une Ferrari".
Le seul cas dans lequel je serai en contradiction avec cette proposition est celui où
je gagne eectivement mais que je n'achète pas la Ferrari.
Dans le cas où je gagne et j'achète la voiture, je suis cohérente avec la propostion.
Dans le cas où je ne gagne pas, je peux faire ce que je veux, je serai toujours cohérente
avcec la proposition (que j'achète ou non la Frerrari !).
2. Dans N, soit P la proposition "x est divisible par 4" et Q la proposition "x est
divisible par 2".
Alors P ⇒ Q est vraie, car chaque fois qu'un entier vérie P il vérie nécessaire-
ment Q.
Remarques 8
1. Autrement dit, une implication est fausse si l'on part bien et que l'on arrive mal,
alors que dans tous les autres cas, l'implication est vraie.
2. On remarque que d'une proposition fausse, il peut découler toute autre proposition.
3. P ⇒ Q est une abréviation pour "si P, alors Q".
4. La propostion P ⇒ Q abrège (P ou Q)
Lucile Torrent
2.3 Propriétés des connecteurs 4
2.2.6 Equivalence ("⇔")
Dénition 9
En composant deux propositions P et Q avec le connecteur "⇔", on obtient une nouvelle
proposition appelée équivalence de P et Q et notée P ⇔ Q (qui de lit "P si et seulement
si Q" ou "P est équivalente à Q").
La proposition P ⇔ Q est vraie lorsque P et Q ont la même valeur, et dans ce cas
seulement.
Table de vérité de l'équivalence : P Q P ⇔Q
V V V
V F F
F V F
F F V
Remarques 10
1. En fait, "P ⇔ Q" et une abréviation pour "(P ⇒ Q) et (Q ⇒ P )" (nous le
démontrerons).
2. On a que : des ensembles sont égaux, et on le note "=", des nombres sont égaux et
on le note "=", mais des propositions sont équivalentes et on le note "⇔".
Exemple 12
Pour x appartenant à l'ensemble des rectangles du plan, considérons les deux propositions
P "x a 4 côtés égaux " et Q "x est un carré ".
Alors ces deux propositions sont équivalentes, autrement dit la proposition P ⇔ Q est
vraie. En eet, P ⇒ Q est vraie et Q ⇒ P est vraie.
Lucile Torrent
2.4 Quanticateurs 5
(P ou Q) ⇔ (Q ou P ) Commutativité du "ou"
(P et Q) ⇔ (Q et P ) Commutativité du "et"
P ⇔P Double négation
( )
P et Q ⇔ P ou Q Première loi de Morgan
( )
P ou Q ⇔ P et Q Deuxième loi de Morgan
(P ⇒ Q) ⇔ (P ou Q)
( )
P ⇒ Q ⇔ P et Q Négation d'une implication
( )
(P ⇒ Q) ⇔ Q ⇒ P Loi de la contraposition
((P ⇒ Q) et (Q ⇒ P )) ⇔ (P ⇔ Q) Réduction
Ces propriétés peuvent être établies à l'aide des tables de vérité (cf. annexe).
2.4 Quanticateurs
Etant donné un référentiel E et une propriété P , on peut avoir les 4 cas suivants :
1. Tous les éléments de E possèdent la propriété P .
Ceci s'écrit : ∀ x ∈ E, x possède P
et se lit : Pour tout x appartenant à E , x possède P .
2. Un ou plusieurs élément(s) de E possède(nt) la propriété P .
Ceci s'écrit : ∃ x ∈ E tq x possède P
et se lit : Il existe (au moins un) x appartenant à E tel que x possède P .
3. Un seul élément de E possède la propriété P .
Ceci s'écrit : ∃! x ∈ E tq x possède P
et se lit : Il existe un et un seul x appartenant à E tel que x possède P .
Dénitions 10
1. Le symbole ∀ s'appelle le quanticateur universel.
2. Le symbole ∃ s'apelle le quanticateur existentiel.
Exemples 13 x
1. "Tout nombre entier est pair" s'écrit : ∀ x ∈ N, ∈N
2
Lucile Torrent
2.4 Quanticateurs 6
2. "Il existe un entier naturel supérieur ou égal à 10" s'écrit : ∃ x ∈ N tq x ≥ 10
Remarque 11
Pour signier que l'on considère deux (ou plusieurs) éléments quelconques d'un ensemble
E , on note : ∀ {x, y} ⊂ E ,... (Dans certains ouvrages, on note : ∀ x, y ∈ E ,...).
De même pour l'utilisation de ∃.
Négation d'une proposition quantiée
Exemple 14
La proposition "∀ x ∈ N, x est pair" est fausse, sa négation "∃ x ∈ N tq x est impair" est
vraie.
Lucile Torrent
2.5 Axiomes et théorèmes 7
2.5 Axiomes et théorèmes
2.5.1 Dénitions :
Dénitions :
1. Un axiome est une proposition que l'on admet vraie et qui sert de base à une théorie
mathématique.
2. Un théorème est une proposition vraie, et le raisonnement qui permet d'établir sa
véracité s'appelle la démonstration du théorème.
3. On appelle corollaire d'un théorème une proposition qui en est une conséquence
immédiate.
4. Lorsqu'un théorème est écrit sous forme d'une implication P ⇒ Q, la proposition
P est l'hypothèse et la proposition Q est la conclusion (ou la thèse ) du théorème .
1. Méthode directe :
On doit démontrer P ⇒ Q. On part de l'hypothèse que P est vériée, et on utilise les
axiomes, les dénitions et les théorèmes précédemment démontrés pour établir que Q est
aussi vériée. C'est le raisonnement direct.
Exemple 15
Dans N, montrer que si un nombre n est pair, alors n3 l'est aussi.
Hypothèse : "n est pair" (proposition P )
Thèse : "n3 est pair" (proposition Q)
Démonstration : On suppose que n est pair. Alors ∃ k ∈ N tel que n = 2k .
On a alors : n3 = (2k)3 = 23 k 3 = 2 (4k 3 ) = 2l, où l ∈ N.
Donc n3 est pair.
2. La contraposition
Comme une implication et sa contraposée sont équivalentes, on peut ramener la démons-
tration du théorème P ⇒ Q à la démonstration de Q ⇒ P .
Exemple 16
Si n2 est un entier naturel pair, alors n est pair.
On démontre ceci en prouvant la contraposition de cette proposition : "si n est impair,
alors n2 est impair" de la même manière que dans l'exemple 1.
3. La loi du syllogisme
La loi du syllogisme permet de ramener la démonstration d'un théorème P ⇒ R à la
démonstration des deux théorèmes P ⇒ Q et Q ⇒ R.
Exemple 17
Dans N avec x ∈ N, on considère les trois propositions P , Q et R :
P : "x est divisible par 8",
Q : "x est divisible par 4",
Lucile Torrent
2.5 Axiomes et théorèmes 8
R : "x est divisible par 2".
On a P ⇒ Q et Q ⇒ R, donc P ⇒ R.
4. La réduction
Pour démontrer une équivalence P ⇔ Q, on démontre les deux théorèmes P ⇒ Q et
Q ⇒ P.
Exemple 18 √ √
Démontrer que 2 n'est pas un nombre rationnel, c'est-à-dire que 2 ∈ / Q.
√
Raisonnons par l'absurde : supposons que 2 ∈ Q.
Alors il existe deux nombres entiers relatifs (non nuls) m et n, premiers entre eux, tels
que
√ m
2= .
n
2
m
En élevant au carré, on obtient : 2 = 2 ,
n
donc m2 = 2n2 , ce qui veut dire que m2 est pair, et donc que m est pair (par le théorème
de l'exemple 2).
Donc ∃k ∈ Z tel que m = 2k , d'où m2 = 4k 2 .
Ainsi, comme m2 = 4k 2 et comme m2 = 2n2 , 4k 2 = 2n2 et donc n2 = 2k 2 .
Cela signie que n2 est pair, et donc que n est aussi pair (ex. 2).
Il y a alors une contradiction entre le fait que m et n sont premiers entre eux (hypothèse
de départ) et le fait qu'ils
√ sont tous les deux pairs. √
Ainsi l'hypothèse que 2 est un nombre rationnel est fausse. Donc 2 est irrationnel.
6. Méthode du contre-exemple
Pour démontrer qu'une proposition du type "∀ x ∈ E , x possède P " est fausse, il sut
de trouver un x0 de E qui ne possède pas P , autrement dit il sut de trouver un exemple
qui ne vérie pas l'énoncé : on appelle cela un contre-exemple.
Exemples 19
1. "Tout nombre réel est inférieur à son carré" est une proposition fausse car elle
possède (au moins) un contre-exemple : 12
2. Dans N, l'implication "si x est divisible par 3, alors x est pair" est fausse.
Contre-exemple : 9, car 9 est divisible par 3 mais n'est pas pair.
(Si la proposition est de la forme "si..., alors... " un contre-exemple est un exemple
qui vérie la condition et ne vérie pas la conclusion.)
Lucile Torrent
Chapitre 3
(A ⊂ B) ⇔ (∀x ∈ E, x ∈ A ⇒ x ∈ B)
(A = B) ⇔ (A ⊂ B et B ⊂ A) ⇔ (∀x ∈ E, x ∈ A ⇔ x ∈ B) .
Dénition 11
On appelle ensemble des parties d'un ensemble E l'ensemble dont les éléments sont tous
les sous-ensembles de E .
On note P (E) cet ensemble (lire "P de E").
A ∈ P (E) ⇔ A ⊂ E
Exemple 20
Soit E = {a; b; c}.
Alors P (E) = {∅; {a} ; {b} ; {c} ; {a; b} ; {a; c} ; {b; c} ; {a; b; c}} .
Remarques 12
1. L'ensemble P (E) possède toujours ∅ et l'ensemble E lui-même comme éléments.
2. Il faut prendre garde à la notation : les éléments de P (E) sont des ensembles !
Par exemple, on écrit : {a; b} ⊂ E ou {a; b} ∈ P (E).
Lucile Torrent
3.2 Opérations sur les ensembles 10
3.2 Opérations sur les ensembles
Dénitions 12
Soit A et B deux sous-ensembles d'un référentiel E .
1. On appelle intersection de A et B la partie de E formée des éléments qui appar-
tiennent à la fois à A et à B .
On note A ∩ B , et on lit "A inter B ".
A ∩ B = {x ∈ E | x ∈ A et x ∈ B}
2. On appelle réunion de A et B la partie de E formée des éléments qui appartiennent
à au moins l'un des sous-ensembles A ou B .
On note A ∪ B , et on lit "A union B ".
A ∪ B = {x ∈ E | x ∈ A ou x ∈ B}
3. On appelle diérence de A et B la partie de E formée des éléments qui appartiennent
à A, mais qui n'appartiennent pas à B .
On note A − B , et on lit "A moins B ".
A − B = {x ∈ E | x ∈ A et x ∈/ B}
4. On appelle complémentaire de A dans E la partie de E formée des éléments qui
n'appartiennent pas à A.
On note A ou {E A, et on lit "A barre " ou "complémentaire de A dans E ".
A = {E A = {x ∈ E | x ∈
/ A}
Toutes ces opérations peuvent être représentées graphiquement par des diagrammes de
Venn.
Remarques 13
1. A − B ̸= B − A
2. Si le référentiel E reste le même tout au long d'un problème et qu'aucune confusion
n'est à craindre, on peut noter A.
Par contre, si une confusion est possible, on note {E A.
3. Attention : pour pouvoir considérer le complémentaire d'un ensemble A dans un
ensemble E , il faut que A ⊂ E . (Ne pas confondre avec A − B où les ensembles
peuvent être quelconques !)
Dans le cas où A ⊂ E , alors on a A = E − A.
Exemple 21
Soit E = N, A = {0, 1, 2, 3, 4, 5} et B = {2, 4, 6, 8, 10}.
Alors on a : A ∩ B = {2, 4}
A ∪ B = {0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 8, 10}
A − B = {0, 1, 3, 5}
B − A = {6, 8, 10}
A = {x ∈ N | x > 5}
Dénition 13
Deux parties d'un ensemble E sont dites disjointes si elles ne ne possèdent aucun élément
en commun.
A et B disjoints ⇔ A ∩ B = ∅
Lucile Torrent
3.3 Propriétés des opérations sur les ensembles 11
3.3 Propriétés des opérations sur les ensembles
Théorème 1
Soient A et B des parties d'un ensemble E. Alors
1. (A ∩ B) ⊂ A et (A ∩ B) ⊂ B
2. A ⊂ (A ∪ B) et B ⊂ (A ∪ B)
Démonstration: En faire un en détails, le reste par oral.
H {A, B} ⊂ P(E)
T A∩B ⊂A
D Soit x ∈ E
x ∈ A ∩ B ⇒ (x ∈ A et x ∈ B) ⇒ x ∈ A
Théorème 2
L'intersection dans P(E) est une opération :
∀{A, B, C} ⊂ P(E), A ∩ (B ∪ C) = (A ∩ B) ∪ (A ∩ C)
A ∪ (B ∩ C) = (A ∪ B) ∩ (A ∪ C)
Démonstration: Montrons la première égalité : (le raisonnement est identique pour la
2ème)
Lucile Torrent
3.4 Partition d'un ensemble 12
H {A, B, C} ⊂ P(E)
T A ∩ (B ∪ C) = (A ∩ B) ∪ (A ∩ C)
D Soit x ∈ E
x ∈ A ∩ (B ∪ C) ⇔ x ∈ A et x ∈ (B ∪ C)
⇔ x ∈ A et (x ∈ B ou x ∈ C)
⇔ (x ∈ A et x ∈ B) ou (x ∈ A et x ∈ C)
⇔ x ∈ (A ∩ B) ou x ∈ (A ∩ C)
⇔ x ∈ (A ∩ B) ∪ (A ∩ C)
Théorème 5 (Lois de Morgan)
∀{A, B} ⊂ P(E), on a : A∩B = A∪B
A∪B = A∩B
Démonstration: Montrons la première égalité : (le raisonnement est identique pour la
2ème)
H {A, B} ⊂ P(E)
T A∩B =A∪B
D Soit x ∈ E
x∈A∩B ⇔x∈ / (A ∩ B)
⇔ x ∈ A et x ∈ B
⇔x∈ / A ou x ∈
/B
⇔ x ∈ A ou x ∈ B
⇔x∈A∪B
Théorème 6
∀ {A, B} ⊂ P(E), on a :
1. A∩A=∅ et A∪A=E
2. A−B =A∩B
Démonstration: Evident
Théorème 7
∀ {A, B} ⊂ P(E), on a :
1. A⊂B⇔B⊂A
2. A⊂B ⇔A∪B =B
3. A⊂B ⇔A∩B =A
Démonstration: Exercices 10 et 11.
Lucile Torrent
3.5 Produit cartésien de deux ensembles 13
Exemples 22
1. Soit l'ensemble E = {a, b, c, d, e, f, g} et A = {a, b, c, d}, B = {e, f } et C = {g}.
Alors l'ensemble {A, B, C} est une partition de E car :
0) {A, B, C} ⊂ P(E)
1) A ̸= ∅ (car a ∈ A) et B ̸= ∅ (car e ∈ B ) et C ̸= ∅ (car g ∈ C )
2) A ∩ B = ∅ et A ∩ C = ∅ et B ∩ C = ∅
3) A ∪ B ∪ C = E
2. L'ensemble des classes du Collège est une partition de l'ensemble des élèves du
Collège.
Remarque 14
Il existe plusieurs partitions possibles pour un même ensemble !
Théorème 8
(a, b) = (c, d) ⇔ (a = c et b = d)
Exemple 23
L'égalité (x, y) = (1, 2) n'est vériée que pour x = 1 et y = 2.
Dénition 16
Dans un couple (a, b), a est appelée première composante du couple et b deuxième com-
posante du couple.
Dénition 17
On appelle produit cartésien de l'ensemble A par l'ensemble B l'ensemble de tous les
couples dont la première composante appartient à A et la deuxième à B .
On note A × B , et on lit "A croix B " ou "A cross B ".
{ ( ) }
A × B = (x; y) ∈ P P(A ∪ B) | x ∈ A et y ∈ B
Lucile Torrent
3.5 Produit cartésien de deux ensembles 14
Exemple 24
Soit A = {1; 2; 3} et B = {3; 4}. Alors A × B = {(1; 3); (1; 4); (2; 3); (2; 4); (3; 3); (3; 4)}.
Remarques 15
1. Les deux composantes d'un couple peuvent être les mêmes (par exemple (3; 3) ∈
N × N).
2. On écrit souvent A2 au lieu de A × A.
3. De manière plus générale, on appelle n-uplet une collection de n objets placés dans
un ordre déterminé ; on écrit (a1 ; a2 ; a3 ; ...; an−1 ; an ) .
Un 3-uplet est aussi appelé un triplet.
Lucile Torrent
Chapitre 4
Relations
4.1 Relation
Par oral : Motiver à l'aide d'exemples de la vie de tous les jours ("être assis à côté de" ou
"être un élève de la classe..."), d'algèbre ("être le double de") et de géom ("être parallèle
à"). Bien expliquer... pour motiver la dénition : il faut trois choses, ordre important donc
triplet :
1. un ensemble de départ,
2. un ensemble d'arrivée,
3. un moyen de passer de l'un à l'autre.
Dénition 18
Une relation ℜ d'un ensemble A vers un ensemble B est un triplet (A, B, G) où :
1. A est un ensemble, appelé ensemble de départ de ℜ,
2. B est un ensemble, appelé ensemble d'arrivée de ℜ,
3. G est une partie de A × B , appelée graphe de ℜ.
Exemple 25
Reprendre de façon informelle les exemples précédents ("être dans la classe", "être paral-
lèle à", "être assis à côté de",...) en explicitant A= ?, B= ?, G= ?.
Dénition 19
Si ℜ = (A, B, G), on dit qu'un élément x de A est en relation (par la relation ℜ) avec un
élément y de B si le couple (x; y) appartient à G. On note alors x ℜ y .
On dit aussi que y est une image de x par ℜ ou que x est une préimage de y par ℜ.
x ℜ y ⇔ (x, y) ∈ G
G = {(x; y) ∈ A × B | x ℜ y}
Exemple 26
Soient A = {Paris ; Rome ; Madrid ; Vienne ; Londres} et
B = {Italie ; Espagne ; Suisse ; France ; Portugal ; Autriche}.
La phrase "x est la capitale de y " (où x ∈ A et y ∈ B ) établit une relation ℜ de A vers
B.
Le graphe G de ℜ est l'ensemble de tous les couples (x; y) avec x ∈ A et y ∈ B pour
lesquels la proposition est vraie :
G = {(Paris ; France) , (Rome ; Italie) , (Madrid ; Espagne), (Vienne ; Autriche)}
Lucile Torrent
4.2 Relation réciproque : 16
Dénition 21
On appelle relation réciproque d'une relation ℜ = (A; B; G) la relation ℜ−1 = (B; A; G−1 )
où G−1 = {(y, x) ∈ B × A | (x, y) ∈ G}.
B A x ℜ−1 y ⇔
B
yℜx
Autriche
Portugal Exemple 27 Paris Italie
Londres
Vienne
Madrid
Comme (x est divisible par y) ⇔ (y est un diviseur de x), alors la relation réciproque de
ℜ est la relation ℜ−1 = (B, A, G−1 ) dénie par "est divisible par".
Lucile Torrent
4.3 Relation dans un ensemble (ou relation binaire) : 17
On a donc G−1 = {(x, y) ∈ B×A | x est divisible par y} = {(5, 5), (10, 5), (15, 3), (15, 5), (20, 4), (20, 5)}
On construit le diagramme sagittal de la relation ℜ−1 à partir de celui de ℜ en inversant
le sens des èches :
Remarques 17
1. Dans la suite, nous considérerons presque toujours des relations dans un ensemble.
2. Dans le cas de relations dans un ensemble E , on peut simplier le diagramme sagittal
en ne représentant qu'une seule fois l'ensemble E
Exemple 28
Dans l'ensemble E = {2 ; 4 ; 6 ; 8}, on considère la relation ℜ : ". . . est divisible par . . . ".
Alors G = {(x; y) ∈ E 2 | x divisible par y} = {(2; 2) , (4; 2) , (4; 4) , (6; 2) , (6; 6) , (8; 2) , (8; 4) , (8; 8)}
E E
8 2
6
4 4
8
2 6
E
2 4 6 8
Figure 4.2 Diagrammes cartésien et sagittal de la relation ℜ : ". . . est divisible par
..."
Lucile Torrent
4.4 Relations d'équivalence 18
Exemple 29 (Enseignement explicite)
Reprenons l'exemple précédent : soit ℜ = (E; E; G) avec E = {2, 4, 6, 8} et
Alors ℜ est :
Réexive (tous les élts ont une boucle) : ∀ x ∈ E, x ℜ x.
En eet, tout élt de E est divisible par lui-même.
Pas symétrique (il existe une èche sans retour) : Contre-exemple : 4 ℜ 2 mais 2 ℜ 4.
Transitive (Partout des raccourcis) : ∀ {x, y, z} ⊂ E, (x ℜ y et y ℜ z) ⇒ (x ℜ z) .
En eet, si x est divisible par y et y est divisible par z , alors x est divisible par z .
Antisymétrique (aucune èche double, à part les boucles) : ∀ {x, y, z} ⊂ E, (x ℜ y et y ℜ z) ⇒
(x ℜ z) .
En eet, si, dans E , x est divisible par y et y est divisible par x, alors x = y .
Remarques 18
1. L'antisymétrie n'est pas la négation de la symétrie.
2. Dans un diagramme cartésien, la relation est réexive si son graphe contient la
diagonale.
3. Dans un diagramme cartésien, la relation est symétrique si son graphe est symétrique
par rapport à la diagonale.
Exemples 30
1. Dans l'ensemble E des droites du plan, nous dirons que deux droites a et b sont
parallèles (et nous noterons a ∥ b ) si elles n'ont aucun point commun ou si elles
sont confondues.
La relation de parallélisme dans E est une relation d'équivalence car elle est :
réexive, car ∀ a ∈ E, a ∥ a.
symétrique, car ∀ {a, b} ⊂ E, a( ∥ b ⇒ b ∥ a. )
transitive, car ∀ {a, b, c} ⊂ E, a ∥ b et b ∥ c ⇒ a ∥ c.
Lucile Torrent
4.4 Relations d'équivalence 19
2. Dans un ensemble E quelconque, la relation "est égal à" est une relation d'équiva-
lence car elle est :
réexive, car ∀ x ∈ E, x = x.
symétrique, car ∀ {x, y} ⊂ E, x( = y ⇒ y = x. )
transitive, car ∀ {x, y, z} ⊂ E, x = y et y = z ⇒ x = z .
3. "être de même sexe" dans l'ensemble des élèves de la classe
4. "être dans la même classe" dans l'ensemble des élèves du collège
Dénition 24
Soit ℜ une relation d'équivalence dénie dans un ensemble E et a un élément de E . On
appelle classe d'équivalence de a pour la relation ℜ l'ensemble des éléments de E qui sont
équivalents à a. (On dit alors que a est un représentant de la classe d'équivalence).
On note : C (a).
C (a) = {x ∈ E | x ℜ a}
Exemples 31
Par oral : pour la relation d'équivalence "avoir le même sexe" dans l'ensemble des élèves
de la classe, la classe d'équivalence de... est... De même pour "être dans la même classe".
Dénition 25
Soit ℜ une relation d'équivalence dénie dans un ensemble E . On appelle ensemble quo-
tient de E par ℜ l'ensemble des classes d'équivalence déterminées par la relation ℜ.
On le note E/ℜ.
Exemple 32
On considère l'ensemble E = {a; b; c; d; e; f } constitué des six droites du plan représentées
sur la gure 4.3, telles que : a ∥ c ∥ f et d ∥ e.
E.
Lucile Torrent
4.5 Relation d'ordre 20
4.5 Relation d'ordre
Dénition 26
Une relation dénie dans un ensemble E est appelée relation d'ordre si elle est à la fois
réexive, antisymétrique et transitive.
Exemples 33
1. Dans Z, la relation ". . . est inférieur ou égal à . . . " est une relation d'ordre. En eet,
elle est :
réexive, car pour tout x de Z, on peut écrire x 6 x.
antisymétrique, car ∀ {x, y} ⊂ Z, (x 6 y et y 6 x) ⇒ (x = y)
transitive, car ∀ {x, y, z} ⊂ Z, (x 6 y et y 6 z) ⇒ (x 6 z)
2. Dans l'ensemble P (E) des parties d'un ensemble E , la relation ". . . est inclus dans
. . . " est une relation d'ordre. En eet, elle est :
réexive, car ∀ A ∈ P (E) , A ⊂ A
antisymétrique, car
∀ {A, B} ⊂ P (E) , (A ⊂ B et B ⊂ A) ⇒ (A = B)
transitive, car
∀ {A, B, C} ⊂ P (E) , (A ⊂ B et B ⊂ C) ⇒ (A ⊂ C)
Dénitions 27
1. Une relation d'ordre ℜ dénie dans un ensemble E est appelée relation d'ordre total
si
∀ {x, y} ⊂ E, x ℜ y ou y ℜ x
Exemples 34
1. La relation ". . . est inférieur ou égal à . . . " est une relation d'ordre total dans Z, car
quels que soient les éléments x et y de Z, on a toujours x 6 y ou y 6 x.
2. L'inclusion dénie dans l'ensemble P(E) est une relation d'ordre partiel. En eet,
si A ∈ P (E) et B ∈ P (E), on n'a pas forcément A ⊂ B ou B ⊂ A.
3. La relation ". . . est divisible par . . . " dénie dans N∗ est une relation d'ordre, mais
pas une relation d'ordre total.
Contre-exemple : 5 n'est pas divisible par 7 et 7 n'est pas divisible par 5.
Donc la relation ". . . est divisible par . . . " est une relation d'ordre partiel.
Lucile Torrent
Chapitre 5
Fonctions et applications
5.1 Fonctions
Dénition 28
Une relation f d'un ensemble A vers un ensemble B est appelée une fonction si, pour
tout élément de A, il existe au plus une image dans B .
Comment reconnaître qu'une relation est une fonction :
1. Sur le diagramme sagittal : si de chaque élément de l'ensemble de départ il part au
plus une èche (càd zéro ou une).
2. Sur le diagramme cartésien : si, sur chaque verticale passant par un élément de
l'ensemble de départ, il y a au plus une croix (càd zéro ou une).
Notation 2
Lorsqu'un élément x de A admet pour image par la fonction f un élément y de B (càd
lorsque xf y ), cette image est forcément unique, par dénition. On peut donc dire sans
ambiguïté que :
Remarques 20
1. Attention : ne pas confondre f et f (x) !
|{z} |{z}
fonction (donc une relation) élt de B
Dénition 29
Soit une fonction f d'un ensemble A vers un ensemble B . On appelle domaine de dénition
de f , noté D(f ), le sous-ensemble de A constitué des éléments qui ont une image par f .
Exemple 35
Soit la relation f de l'ensemble A = {3; 10; 25; 37; 51; 67} vers l'ensemble B = {16; 30; 48; 75; 117}
dénie par ". . . se termine par le même chire que . . . ".
Le graphe de f est : G = {(10; 30) , (25; 75) , (37; 117) , (67; 117)}
Lucile Torrent
5.2 Applications 22
A
B
3 16
10 30
25 48
37 75
51
67 117
Alors f est une fonction de A vers B , car chaque élément de A possède au plus une image
dans B (3 et 51 n'ont pas d'image ; 10, 25, 37 et 67 ont exactement une image).
On peut donc écrire : f (10) = 30, f (25) = 75, f (37) = 117, f (67) = 117.
Le domaine de dénition de la fonction f est : D(f ) = {10; 25; 37; 67}.
La relation réciproque de f (qui est une relation de B vers A) n'est pas une fonction car
l'élément 117 de B a deux images dans A par f −1 .
5.2 Applications
Dénition 30
Une relation f d'un ensemble A vers un ensemble B est appelée une application si, pour
tout élément de A, il existe exactement une image dans B .
(f est une application de A vers B) ⇔ (∀x ∈ A, ∃! y ∈ B tel que xf y) .
Comment reconnaître qu'une relation est une application :
1. Sur le diagramme sagittal : si, de chaque élément de l'ensemble de départ, il part
exactement une èche.
2. Sur le diagramme cartésien : si, sur chaque verticale passant par un élément de
l'ensemble de départ, il y a exactement une croix.
Remarques 21
1. La dénition d'une application n'exige aucune condition pour l'ensemble d'arrivée,
uniquement pour l'ensemble de départ.
2. Toute application est une fonction. Mais une fonction n'est pas forcément une ap-
plication !
3. (f est une application de A vers B ) ⇔ (f est une fonction de A vers B et D(f ) = A).
Dénition 31
Soit f une application d'un ensemble A vers un ensemble B . On appelle image de l'ap-
plication f , et on note Im(f ), la partie de B constituée de toutes les images par f des
éléments de A.
Im(f ) = {f (x) ∈ B | x ∈ A}
Notation 3
Comme toute application est une fonction, on peut encore utiliser la notation f (x) pour
désigner l'image par f d'un élément x de A.
Pour exprimer qu'une relation f de A vers B est une application qui à tout élément x de
A fait correspondre son image y = f (x) dans B , on écrit :
Lucile Torrent
5.3 Applications injectives, surjectives et bijectives 23
f: A → B
x 7 → y = f (x)
Attention : → indique une correspondance entre deux ensembles,
7→ indique une correspondance entre deux éléments.
Exemple 36
Soit la relation f de A = {−2, −1, 0, 1, 2} vers B = {0, 1, 2, 3, 4} dénie par : "a pour
carré".
Diagramme sagittal :
C'est une application, car tout élément de A possède exactement une image dans B (tout
nombre possède un carré, et ce carré est unique).
Et Im(f ) = {0, 1, 4} (on peut le faire car c'est une application).
On note alors f : A → B
-2 7→ 4
-1 7→ 1
0 7→ 0
1 7→ 1
2 7→ 4
Cette application peut être dénie comme suit : f : A → B
x 7→ f (x) = x2
La relation réciproque de f (qui est une relation de B vers A) n'est pas une fonction car
l'élément 1 de B a deux images dans A par f −1 .
Dénition 32
Une application f d'un ensemble A vers un ensemble B est dite injective si tout élément
de l'ensemble d'arrivée B possède au plus une préimage dans A par f .
Exemples 37
1. L'application f de l'ensemble A = {a, b, c, d} vers l'ensemble B = {r, s, t, u, v, w}
dénie par le diagramme sagittal suivant est injective.
Lucile Torrent
5.3 Applications injectives, surjectives et bijectives 24
B
A r
a s
b t
c u
d
v
w
La relation réciproque de f (qui est une relation de B vers A) est une fonction car
chaque élément de B possède au plus une image dans A par f −1 . Par contre, f −1
n'est pas une application car t ne possède pas d'image par f −1 .
2. L'application g: Z → Z est injective car :
x 7→ g (x) = 2x − 1
∀ {x1 , x2 } ⊂ Z, g(x1 ) = g(x2 ) ⇒ 2x1 − 1 = 2x2 − 1 ⇒ 2x1 = 2x2 ⇒ x1 = x2 .
3. L'application h : Z → N n'est pas injective car :
x 7→ h (x) = x 2
Dénition 33
Une application f d'un ensemble A vers un ensemble B est dite surjective si tout élément
de l'ensemble d'arrivée B possède au moins une préimage dans A par f .
Exemple 38
L'application f de l'ensemble A = {a, b, c, d, e, g} vers l'ensemble B = {r, s, t} dénie par
le diagramme sagittal suivant est surjective.
A
a B
b r
c
s
d
t
e
g
La relation réciproque de f (qui est une relation de B vers A) n'est pas une fonction car
l'élément t de B a deux images dans A par f −1 .
Lucile Torrent
5.3 Applications injectives, surjectives et bijectives 25
Dénition 34
Une application f d'un ensemble A vers un ensemble B est appelée bijection ou appli-
cation bijective si elle est à la fois injective et surjective.
(f : A → B est une bijection ) ⇔ (∀ y ∈ B, ∃! x ∈ A tel que y = f (x))
Exemples 39
1. L'application f de l'ensemble A = {a, b, c, d} vers l'ensemble d'arrivée B = {r, s, t, u}
dénie par le diagramme sagittal de la gure suivante est bijective.
A B
a r
b s
c t
d u
La relation réciproque de f (qui est une relation de B vers A) est une application,
c'est même une application bijective.
2. L'application g : Z → Z est bijective car elle est :
x 7→ g(x) = x + 2
• injective : ∀ {x, y} ⊂ Z, g(x) = g(y) ⇒ x + 2 = y + 2 ⇒ x = y
• surjective : Im(g) = Z.
3. Par contre, l'application h : N → N n'est pas bijective car :
x 7→ h(x) = x + 2
elle n'est pas surjective : 0 ∈
/ Im(h), donc Im(h) ̸= N (les éléments 0 et 1 de
l'ensemble d'arrivée N ne sont pas image par h d'éléments de l'ensemble de départ
N).
Notons cependant que h est injective.
Théorème 10
Soit une bijection f d'un ensemble A vers un ensemble B. Alors sa relation réciproque
−1
f est une application bijective de B vers A.
*************************************************************************************
Exemple récapitulatif :
Lucile Torrent
Chapitre 6
On a : N⊂Z⊂Q⊂R
Dénition 35
L'ensemble R − Q est appelé l'ensemble des nombres irrationnels.
Théorème
√ 11 √
2 est irrationnel (c'est-à-dire 2∈
/ Q).
Lucile Torrent
6.3 Opérations internes dans l'ensemble R 27
Exemples 40
1. L'addition et la multiplication sont des opérations internes dans Z :
+ : Z×Z → Z · : Z×Z → Z
(a; b) 7→ a + b (a; b) 7→ a · b
2. La soustraction n'est pas une opération interne dans N, en eet 3 − 5 ∈ / N.
En revanche, la soustraction est une opération interne dans Z. − : Z × Z → Z
(a; b) 7→ a − b
3. L'intersection et la réunion sont des opérations internes dans l'ensemble P(E) des
parties d'un ensemble E :
∩ : P(E) × P(E) → P(E) ∪ : P(E) × P(E) → P(E)
(A; B) 7→ A ∩ B (A; B) 7→ A ∪ B
Dénition 37
Soit ∗ une opération interne dénie dans un ensemble E .
1. L'opération ∗ est dite commutative si : ∀{a, b} ⊂ E , a ∗ b = b ∗ a.
2. L'opération ∗ est dite associative si : ∀{a, b, c} ⊂ E , (a ∗ b) ∗ c = a ∗ (b ∗ c).
3. Un élément e de E est dit neutre pour l'opération ∗ si : ∀ a ∈ E , a ∗ e = e ∗ a = a.
4. Dans le cas où il existe un élément neutre e pour l'opération ∗, on dit qu'un élément
a de E admet pour symétrique un élément a′ de E si l'on a : a ∗ a′ = a′ ∗ a = e.
5. Un élément k de E est dit absorbant pour l'opération ∗ si : ∀ a ∈ E , a∗k = k∗a = k .
Dénition 38
Soit ∗ et ◦ deux opérations internes dénies dans un ensemble E . L'opération ◦ est dite
distributive par rapport à l'opération ∗ si on a :
∀{a, b, c} ⊂ E, a ◦ (b ∗ c) = (a ◦ b) ∗ (a ◦ c).
Remarques 22
1. On dit alors que (R, +) est un groupe commutatif.
2. Toutes ces propriétés sont aussi valables si l'on regarde l'addition comme opération
interne dans Z ou Q. Donc (Z, +) et (Q, +) sont aussi des groupes commutatifs.
3. Attention : Dans N, un entier a ne possède généralement pas d'opposé (−2 ∈ / N) !
En revanche, les trois premières propriétés restent valables dans N.
Lucile Torrent
6.4 Règles pratiques de calcul dans Q 28
6.3.2 La soustraction
On dénit la soustraction dans R par : ∀{a, b} ⊂ R, a − b = a + (−b) .
C'est une opération interne de R. Mais attention, cette opération n'est ni commutative,
ni associative !
6.3.3 La multiplication
La multiplication est une opération interne dans R (aussi dans N, Z et Q) :
·: R×R → R
(a, b) 7→ a · b
Propriétés de la multiplication dans R :
1. La multiplication est commutative dans R :
2. La multiplication est associative dans R :
3. La multiplication possède 1 comme élément neutre :
4. La multiplication possède 0 comme élément absorbant :
5. Chaque nombre réel non nul a possède un symétrique, appelé inverse de a et noté
1
:
a
Remarques 23
1. Ainsi (R∗ , ·) est un groupe commutatif.
2. Toutes ces propriétés sont aussi valables si l'on regarde la multiplication comme
opération interne dans Q. Donc (Q∗ , ·) est aussi un groupe commutatif.
3. Attention : Dans N ou Z, un entier a ne possède généralement pas d'inverse ( 21 ∈/
N) ! En revanche, toutes les autres propriétés restent valables dans N et Z.
6.3.4 La division
1
On dénit la division dans R par : a:b=a· , ∀ a ∈ R, ∀ b ∈ R∗ .
b
C'est une opération interne de R∗ . Mais cette opération n'est ni commutative, ni associa-
tive !
Lucile Torrent
6.5 Valeur absolue 29
b a 1 b
Propriété : Si {a, b} ⊂ Z∗ , l'élément de Q est l'inverse de l'élément , càd : a =a .
a b
b
b a ab b a
Preuve : · = = 1. Ainsi est bien l'inverse de .
a b ab a b
6.4.2 L'addition
a b a+b
Règle d'addition de deux fractions de même dénominateur : + =
c c c
a c ad + bc
Propriété : Règle de l'addition de deux fractions quelconques : + =
b d bd
a c ad bc ad + bc
Démonstration: : + = + = .
b d bd bd bd
−a a a −a a
Propriété : L'élément de Q est l'opposé de l'élément , càd : − = =
b b b b −b
−a a −a + a 0 −a a a −a
Preuve : + = = = 0. Ainsi est bien l'opposé de , donc − = .
b b b b b b b b
−a −a · (−1) a
Et = = .
b b · (−1) −b
6.4.3 La division
1 u
Comme nous l'avions déni au paragraphe précédent : u : v = u · = .
v v
a c a d ad
De façon plus générale, on a : : = · =
b d b c bc
Exemples : | − 3| = |6| =
6.6 Exponentiation
Dénition 40
Soit a ∈ R et n ∈ N∗ .
1. On appelle puissance nième de a, et l'on note an , le produit de n facteurs égaux à
a: an = |a · a ·{z. . . · a}.
n fois
Lucile Torrent
6.7 Calcul de racines 30
2. On appelle a la base de an et n l'exposant de an .
3. Par extension, et an de préserver les règles de calcul habituelles, on dénit, pour
a ̸= 0 :
1
a0 = 1 a−n = n
a
Remarque 24 (Signe d'une puissance)
1. Une puissance d'un nombre positif est toujours positive.
2. Une puissance d'un nombre négatif est toujours : • positive si l'exposant est pair,
• négative si l'exposant est impair.
Propriétés 12
On a les propriétés suivantes, ∀ {a, b} ⊂ R∗ et ∀ {m, n} ⊂ Z :
am
am · an = am+n = am−n (am )n = am·n
an
( a )n an ( a )−n bn
(a · b)n = an · bn = n =
b b b an
Exemples 41
3′ 200′ 000′ 000 =
3′ 200′ 000 =
0, 032 =
0, 00000032 =
Exemples
√ 42 √ √
16 = 25 = −9
Selon les mêmes principes, on peut généraliser ces notions aux racines n-ièmes :
Lucile Torrent
6.7 Calcul de racines 31
√
1. La racine n-ième d'un nombre réel positif a, notée n
a, est le nombre réel positif
qui, élevé à la puissance n, égale a.
2. Le nombre a est appelé le radicand et n ∈ N∗ est l'indice de la racine n-ième.
3. Si l'indice de la racine est un nombre impair, on peut extraire
√ la racine d'un nombre
négatif (toujours selon le même procédé). Exemple : −27 =
3
car ( )3 =
−27
Propriétés 13
On a les propriétés suivantes, ∀ {a, b} ⊂ R+ et ∀ {m, n} ⊂ N∗ :
√ √
√ √ √ a n
a
n
a·b= na· nb n
= √n
, si b ̸= 0
b b
√ n √
( n a) = a n
am = am:n
Remarque 26
Lorsque nous avons à faire à des fractions irrationnelles (càd avec une racine au dénomi-
nateur), nous aurons la convention de la rationnaliser : en ampliant cette fraction par
un nombre judicieusement choisi, nous allons faire en sorte de ne plus avoir de racine au
dénominateur.
1
1. √ =
2
1
2. √ =
1+ 3
√
3+ 2
3. √
3− 2
Lucile Torrent
Chapitre 7
Les polynômes
7.1 Introduction
Dénitions 42
1. Un monôme à une variable réelle x est une expression algébrique du type axn , où
a ∈ R et n ∈ N.
2. Le nombre réel a est appelé le coecient du monôme, et x en est la variable. Si a
n'est pas nul, n est appelé le degré du monôme.
3. Deux monômes sont dits semblables s'ils ont le même degré.
Exemples 43
1. 3x2 est un monôme de degré 2,
√
2. − 5 x8 est un monôme de degré 8,
3. x est un monôme de degré 1,
2
5
4. 5 (= 5x0 ) est un monôme de degré 0.
5. Les monômes −3x2 et 23 x2 sont semblables (de degré 2).
Règles de calcul pour les monômes :
1. Addition de monômes semblables : axn + bxn = (a + b)xn
a m−n
3. Division de monômes : (axm ) : (bxn ) = x si m ≥ n et b ̸= 0
b
Dénition 43
Un polynôme est une somme de monômes.
Donc un polynôme est une expression algébrique du type an xn + an−1 xn−1 + . . . + a2 x2 +
a1 x1 + a0 , où n ∈ N et {a0 , a1 , . . . , an } ⊂ R. On le note P (x) et les nombres a0 , a1 , . . . , an
sont appelés les coecients du polynôme.
Exemple 44
P1 (x) = x2 + 3x − 6 et P2 (x) = 3x3 − 1 sont deux polynômes.
Remarques 27
1. Les polynômes que nous allons considérer sont des polynômes à une variable x.
Sachez qu'il en existe à plusieurs variables.
Lucile Torrent
7.1 Introduction 33
2. Rappelons que l'on nomme termes les constituants d'une somme et facteurs ceux
d'un produit ; les monômes qui composent un polynôme sont appelés les termes du
polynôme.
Dénition 44
Réduire un polynôme revient à additionner les monômes semblables.
Exemples 45
Réduire les polynômes suivants :
1. 3x2 − 5x + 2x − 6 + 4x2 = 7x2 − 3x − 6
2. 8x3 + 4 + 6x2 − 3x + 8 = 8x3 + 6x2 − 3x + 12
Dénitions 45
1. Un binôme est un polynôme réduit composé de deux monômes.
Un trinôme est un polynôme réduit composé de trois monômes.
2. Le degré d'un polynôme est le degré du monôme de plus haut degré qui compose ce
polynôme dans sa forme réduite.
3. Un polynôme est dit ordonné si le degré des monômes qui le composent va décrois-
sant.
Exemples 46
1. 2x2 + 3 est un binôme (de degré 2),
2. 3x2 + 2x + 1 est un trinôme (de degré 2),
3. 3x2 + 2x + 4x2 n'est pas un trinôme (n'est pas réduit !),
4. 4x5 + 3x3 − 6x + 12 est un polynôme ordonné de degré 5,
5. 8x4 − 6 + 3x + 15x8 est un polynôme non ordonné de degré 8.
Remarque 28
Nous exprimerons toujours les polynômes sous leur forme réduite et ordonnée !
Dénitions 46
1. La valeur numérique d'un polynôme P (x) pour x = a est le nombre P (a) que l'on
obtient en substituant à la variable x le nombre a.
2. Un zéro d'un polynôme P (x) (ou une racine de ce polynôme) est un nombre réel a
tel que P (a) = 0.
Exemples 47
1. Soit P (x) = x2 + 2x − 1. Alors P (3) = 32 + 2 · 3 − 1 = 9 + 6 − 1 = 14
P (−2) = (−2)2 + 2 · (−2) − 1 = 4 − 4 − 1 = −1
2. Le nombre 2 est une racine du polynôme P (x) = x2 + x − 6 car P (2) = 22 + 2 − 6 =
4 + 2 − 6 = 0.
Lucile Torrent
7.2 Opérations sur les polynômes 34
7.2 Opérations sur les polynômes
7.2.1 Addition et soustraction de polynômes
Dans l'ensemble des polynômes, on dénit deux opérations internes : l'addition et la
soustraction.
Règle 1 : Pour additionnner des polynômes, on eectue la somme des monômes qui
les constituent, puis on réduit les monômes semblables de cette somme.
Exemples 48
Soit P1 (x) = 2x3 + 4x2 − 3x + 5 et P2 (x) = −x2 + 5x − 4. Alors
1. P1 (x) + P2 (x) =
2. P1 (x) − P2 (x) =
7.2.2 Multiplication
On peut dénir dans l'ensemble des polynômes une autre opération interne : la multipli-
cation.
Règle 4 : Le produit de deux polynômes est le polynôme dont les termes sont les
produits de chaque terme du premier par chaque terme du deuxième.
Ensuite, ne pas oublier de réduire les monômes semblables !
Exemple 49
(3x3 + 2) · (2x2 − x − 1) =
Lucile Torrent
7.3 Factorisation de polynômes 35
Ces identités sont vériées quelles que soient les valeurs réelles attribuées à a et b, mais
aussi si on les remplace par des monômes ou des expressions algébriques.
Exemples 50
1. (x6 + 6x)2 =
2. x3 − 8 =
Exemples 51
1. 6x3 + 4x2 =
2. 3x3 y 2 − 6xy 3 + 9x2 y 2 − 3xy 2 =
3. (x − 2)(x2 − x + 1) − (4x2 − 1)(x − 2) =
Lucile Torrent
7.3 Factorisation de polynômes 36
7.3.3 Troisième méthode : Artices de calcul et groupements
Si les deux méthodes précédentes ne permettent pas directement de factoriser le polynôme,
on peut essayer la troisième méthode qui consiste à regrouper judicieusement certains
termes, an de pouvoir mettre en évidence ou d'utiliser les identités remarquables.
Parfois même, on rajoute et on retranche une même expression pour rendre possible cette
association, ou on "coupe judicieusement en deux" un terme an de pouvoir regrouper.
Exemples 53
1. x4 − 2x3 + x − 2 =
2. 2x2 + 9x + 7 =
3. x2 + 4x − 5 =
4. x4 + 4 =
(x + m)(x + n) = x2 + (m + n) x + |{z}
mn
| {z }
somme produit
Cas général : si a ̸= 1
Dans ce cas, la méthode "somme-produit" ne nous fournit pas directement la factorisation,
mais nous dit comment couper en deux le terme du milieu an d'utiliser la méthode des
groupements.
Méthode :
1. Chercher deux nombres m et n tels que m + n = b et m · n = a · c.
2. Couper b en m+n : le polynôme de départ s'écrit ainsi ax2 +bx+c = ax2 +mx+nx+c.
3. Utiliser la méthode des groupements.
Lucile Torrent
7.3 Factorisation de polynômes 37
Exemples 55
1. 2x2 − x − 6 = 2x2 − 4x + 3x − 6 = 2x(x − 2) + 3(x − 2) = (x − 2)(2x + 3)
{
m · n = −12 = (−4) · 3
m + n = −1 = (−4) + 3
2. 12x2 +14x−6 = 2(6x2 +7x−3) = 2(6x2 +9x−2x−3) = 2 (3x(2x + 3) − (2x + 3)) =
2(3x − 1)(2x + 3)
{
m · n = −18 = 9 · (−2)
m + n = 7 = 9 + (−2)
Lucile Torrent
7.4 Division euclidienne de polynômes 38
7.4 Division euclidienne de polynômes
7.4.1 Parallèle avec l'arithmétique : Rappels
Théorème 14
Si a∈N et d ∈ N∗ , il existe exactement deux entiers naturels q et r avec r<d tels que
a r
a = dq + r ou, de façon équivalente, =q+ .
d d
Exemple 56
En divisant 17 par 5, on obtient 3 avec un reste de 2, c'est-à-dire 17 = 5 · 3 + 2 ou, de
17 2
façon équivalente, =3+ .
5 5
Dénitions 47
1. On appelle a le dividende de la division, d le diviseur, q le quotient et r le reste de
la division.
2. Si r = 0, on dit alors que a est divisible par d. Dans ce cas on a alors a = d · q.
Dénitions 48
1. Dans la situation du théorème, on dit que :
le polynôme P (x) est le dividende de la division euclidienne de P (x) par D(x),
le polynôme D(x) est le diviseur de la division euclidienne de P (x) par D(x),
le polynôme Q(x) est le quotient de la division euclidienne de P (x) par D(x),
le polynôme R(x) est le reste de la division euclidienne de P (x) par D(x).
2. Dans le cas particulier où le reste R(x) de la division euclidienne est le polynôme
nul, on dit que le polynôme P (x) est divisible par le polynôme D(x).
Dans ce cas, on a P (x) = D(x) · Q(x).
Lucile Torrent
7.5 Factoriser en utilisant la divisibilité par x-a 39
4x4 −2x3 +0x2 +5x −7 2x2 + 3
−4x4 −6x2 2x2 − x − 3
−2x3 −6x2 +5x −7
+2x3 +3x
−6x2 +8x −7
+6x2 +9
+8x +2
On obtient donc Q(x) = 2x2 − x − 3 et R(x) = 8x + 2, et ainsi
Corollaire 17
Un polynôme est divisible par x−a si et seulement si a est un zéro du polynôme (c'est-
Lucile Torrent
7.5 Factoriser en utilisant la divisibilité par x-a 40
7.5.2 Schéma de Horner
On peut eectuer la division euclidienne d'un polynôme P (x) par le binôme x − a selon
le schéma de Horner illustré à l'aide de l'exemple suivant. (Attention : cette méthode
ne marche que dans le cas où on divise par x − a !)
Soit à diviser le polynôme P (x) = 3x4 − 8x3 + 9x + 5 par le binôme x − 2. On procède de
la façon suivante :
3 −8 0 9 5
6 −4 −8 2
2 3 −2 −4 1 7
Méthode :
1. On dispose sur la ligne du haut les coecients de P (x), en ordonnant le polynôme
et en ajoutant des zéros s'il manque des termes.
2. Disposer en-bas à gauche a.
3. Premier coecient du quotient : c'est celui du dividende, càd 3.
4. Deuxième coecient du quotient : 2 · 3 = 6, puis −8 + 6 = −2.
5. 3ème et 4ème coecient du quotient : idem.
6. Reste : 2 · 1 = 2, puis 5 + 2 = 7.
Ainsi on obtient les coecients du quotient Q(x). On peut alors écrire Q(x) en utilisant
le fait que si P (x) est de degré n, alors le degré de Q(x) est n − 1.
Donc ici : Q(x) = 3x3 − 2x2 − 4x + 1
R(x) = 7 (= P (2) d'après le corollaire ci-dessus)
P (x) = (x − 2)(3x3 − 2x2 − 4x + 1) + 7
Vérication :
Selon le corollaire ci-dessus, le reste que l'on obtient doit être égal à P (a). Ainsi, pour
vérier si le schéma de Horner a été eectué correctement, il pourrait être judicieux de
calculer P (a) et de le comparer avec le reste obtenu à l'aide du schéma !
Lucile Torrent
7.5 Factoriser en utilisant la divisibilité par x-a 41
P (3) = 27 − 9 − 12 − 6 = 0 Youpie ! ⇒ a = 3
Si aucun de ces diviseurs ne "marche", inutile de tester d'autre nombres,
ça ne marchera avec aucun autre !
Lucile Torrent
7.5 Factoriser en utilisant la divisibilité par x-a 42
Exemples 58
1. Soit à factoriser : P (x) = x3 + 5x + 6
• D6 = {±1, ±2, ±3, ±6} P (1) = 12 ̸= 0 Zut !
P (−1) = 0 Youpie ! ⇒ a = −1
• Horner : 10 5 6 (ou algorithme de division)
−1 −1 −6
−1 1 −1 6 0
• Ainsi P (x) = (x + 1)(x2 − x + 6)
Lucile Torrent
Chapitre 8
Fonctions rationnelles
8.1 Rappels
Dénitions 49
1. Une relation f d'un ensemble A vers un ensemble B est appelée une fonction si,
pour tout élément x de A, il existe au plus un élément y de B tel que xf y .
L'élément y est alors appelé l'image de x par f et on note y = f (x).
2. Une relation f d'un ensemble A vers un ensemble B est appelée une application si,
pour tout élément x de A, il existe exactement une image y dans B .
Notation : f: A → B
x 7→ y = f (x)
Dénition 50
Soit une fonction f d'un ensemble A vers un ensemble B . On appelle domaine de déni-
tion de f , noté Df , le sous-ensemble de A constitué des éléments qui ont une image dans
B par f .
Df = {x ∈ A | ∃ y ∈ B tel que y = f (x)}
Remarques 30
1. Toute application est une fonction, mais une fonction n'est pas toujours une appli-
cation.
2. Si f est une fonction de A vers B , alors f : Df → B est une application.
Remarque 31
Un polynôme peut être "vu" comme une fonction de R vers R, appelée fonction polynô-
miale.
Par exemple, si P (x) = x2 + 2x + 3, on a la fonction :
P : R → R
a 7 → P (a)
1 7 → 1+2+3=6
2 7 → 4 + 4 + 3 = 11
Le domaine d'une fonction polynômiale est toujours R, car chaque élément de R possède
une image. C'est donc une application de R vers R.
Lucile Torrent
8.2 Fonctions rationnelles 44
8.2 Fonctions rationnelles
Parmi toutes les fonctions de R vers R, il y en a plusieurs "types" : les fonctions polynô-
miales que nous venons de voir, les fonctions rationnelles que nous allons étudier dans ce
chapitre, et encore beaucoup d'autres types...
Dénitions 51
1. On appelle fonction rationnelle le quotient de deux fonctions polynômiales.
N (x)
2. Si une fonction rationnelle est de la forme , les polynômes N (x) et D(x) sont
D(x)
respectivement appelés le numérateur et le dénominateur de la fonction rationnelle.
Exemple 59 x+2
La fonction de R vers R dénie par f (x) = est une fonction rationnelle.
x−1
Son domaine de dénition est : Df = R − {1},
car 1 n'a pas d'image par f (on ne peut pas diviser par 0 !) !
Exemples 60
Donner le domaine de dénition des fonctions rationnelles suivantes :
x+2 x+2
1. Soit f (x) = 2 =
x −1 (x − 1)(x + 1)
Comme le dénominateur (x − 1)(x + 1) s'annule en 1 et −1, le domaine est donc :
D = R − {1, −1}
x2 + 4x + 4
2. Soit f (x) =
x2 + x − 6
Lucile Torrent
8.3 Règles de calcul 45
8.3.1 Simplication d'une fraction :
Méthode :
1. Ecrire le domaine de la fonction (pour cela, factoriser le dénominateur, cf 8.2).
2. Factoriser le numérateur.
3. Diviser le numérateur et le dénominateur par un facteur commun non nul.
Exemples :
x2 + 2x + 1 (x + 1)(x + 1) x+1
1. f (x) = = = D = R − {1; −1}
x −1
2 (x + 1)(x − 1) x−1
x4 − 2x2 + 1
2. f (x) =
x3 − 6x2 + 11x − 6
Exemple :
2−x x+1
+ 2 =
x − x − 6 x + 6x + 8
2
8.3.3 Multiplication :
Le produit de deux fractions est une fraction dont le numérateur est le produit des nu-
mérateurs et dont le dénominateur est le produit des dénominateurs.
Méthode :
1. Ecrire le domaine de la fonction (pour cela, factoriser les dénominateurs, cf 8.2).
2. Factoriser les numérateurs et simplier, si possible, avant d'eectuer le produit.
Lucile Torrent
8.3 Règles de calcul 46
3. Eectuer : multiplier les numérateurs entre eux et les dénominateurs entre eux.
Laisser le résultat sous forme factorisée !
Exemple :
4x2 + 20x + 24 x2 − 1
· =
x2 + 4x − 5 2x + 4
8.3.4 Division :
Pour diviser deux fractions, on multiplie la première par l'inverse de la seconde. Il sut
donc de savoir multiplier !
Attention au domaine : le dénominateur de chacune des deux fractions doit être évi-
demment non nul, mais le numérateur de la seconde aussi (on ne peut pas diviser pas
0 !).
Méthode :
1. Factoriser tous les numérateurs et dénominateurs.
2. Ecrire le domaine : les deux dénominateurs doivent être diérents de 0 et le 2ème
numérateur aussi.
3. Multiplier la première fraction par l'inverse de la deuxième fraction (cf. point pré-
cédent).
Exemple :
x2 + 5x + 6 x2 + x − 6
: =
x2 − x − 2 x2 + 3x + 2
Lucile Torrent
Chapitre 9
Lucile Torrent
9.2 Equations équivalentes 48
Remarque 32
Comme nous venons de le constater dans l'exemple précédent, une équation peut admettre
une ou plusieurs solutions, voire une innité, ou, au contraire, n'admettre aucune solution.
Dénitions 53
1. Si l'équation n'admet aucune solution, c'est-à-dire si S = ∅, l'équation est dite
impossible.
2. Une équation qui admet une innité de solutions est dite indéterminée.
Exemples 62
1. Dans R, 0·x=5
2. Dans R, 0·x=0
3. Dans R, 3x = 0
4. Dans Z, x2 = −2
Exemple (x + 1)2 − x2 = 5
⇔ x + 2x + 1 − x2 = 5
2
⇔ 2x + 1 = 5
Lucile Torrent
9.3 Equations du premier degré à une inconnue 49
Troisième principe d'équivalence :
En multipliant (ou en divisant) les deux membres d'une équation par un même nombre
non nul ou par une même expression algébrique diérente de 0, on obtient une
équation équivalente.
Autrement dit :
Si h(x) ̸= 0, alors les équations f (x) = g(x) et f (x)·h(x) = g(x)·h(x) sont équivalentes.
Exemple 17x = 34
1 1
⇔ · 17x = · 34
17 17
⇔ x = 2
Exemples 63 2x 5 x 1
5x − 6 = 0 , 2x − 4 = 6x + 2 et − = +
3 12 6 2
Méthode de résolution d'une équation de premier degré à une inconnue :
1. Développer chaque membre (si nécessaire) et réduire les expressions obtenues.
2. Si l'équation contient des fractions, mettre les deux membres sur le même dénomina-
teur (le plus petit possible), puis multiplier les deux membres par ce dénominateur
commun.
3. Passer tous les termes constants dans un membre et tous les termes en x dans l'autre.
4. Réduire les termes semblables et mettre l'inconnue x en évidence.
5. Diviser les deux membres par le coecient de x.
6. Ecrire l'ensemble solution
( )
1 7 1 (x )
3. 2x − = +3
3 4 2 3
Lucile Torrent
9.4 Equations produits 50
9.4 Equations produits
Dénition 56
Nous appelons équation produit une équation dont le premier membre est un produit de
polynômes et dont le second membre est nul, c'est-à-dire une équation de la forme :
Exemples 65
Résoudre dans R les équations suivantes :
1. x(5x − 4) = 0
2. (3x − 1)2 (x − 3)3 = 0
Exemples 66
1. x2 + 5x + 6 = 0
2. x3 − 5x2 = 20 − 4x
3. (x + 3)2 = 5x(x + 3)
Lucile Torrent
9.5 Equations fractionnaires 51
9.5 Equations fractionnaires
Dénition 57
Une équation dans E est dite fractionnaire si l'inconnue gure au dénominateur d'une
fraction.
Exemple :
3x + 2 x 1 6
= 36 et + = 2 sont des équations fractionnaires.
4x − 5 x−2 x+1 x −x−2
Mise en garde :
Le dénominateur d'une fraction ne peut pas être égal à zéro ! On ne peut donc pas admettre
comme solution un nombre qui annule le dénominateur. C'est pour cela qu'il faut toujours
faire, et avant même de commencer à résoudre l'équation, le domaine de dénition de
l'équation.
Méthode de résolution des équations fractionnaires :
1. Factoriser tous les numérateurs et dénominateurs.
2. Déterminer le domaine de dénition de l'équation.
3. Si cela est possible, simplier les fractions.
4. Tout passer dans le même membre (...= 0).
5. Mettre toutes les fractions au même dénominateur.
6. Multiplier par le dénominateur commun (il n'y a alors plus aucune fraction).
7. Factoriser an d'obtenir une équation produit, puis résoudre l'équation produit ob-
tenue.
8. S = { } − { }
| {z } | {z }
solutions obtenues valeurs exclues du domaine
Exemples :
x+1 x−3 x 1 1
1. = 2. − =1+
x−2 x+4 x−1 x x−1
Marche à suivre :
1. Choisir (judicieusement !) l'inconnue x.
2. Exprimer les autres données en fonction de x.
Lucile Torrent
9.6 Equations paramétriques 52
3. Poser l'équation.
4. Résoudre l'équation.
5. (Analyser et vérier le résultat.)
6. Rédiger une phrase de réponse.
Exemple 67
Déterminer deux nombres dont la somme est 664 et la diérence 222.
Soit x le premier nombre recherché
et 664 − x le second nombre recherché
x − (664 − x) = 222
⇔ 2x − 664 = 222
⇔ 2x = 886
⇔ x = 443
Remarques 33
1. Le plus souvent, on désigne l'inconnue par x et le paramètre par m.
2. Attention, on cherche à trouver l'inconnue x !
Le paramètre n'est pas une inconnue, c'est un nombre qui nous est donné, mais
masqué !
3. Ce type d'équations est courant dans la vie de tous les jours. Par exemple, le prix
d'un litre d'essence dépend de beaucoup de facteurs (on dit d'ailleurs paramètres ),
et il sut qu'un seul de ces paramètres change pour que la solution change !
Autre exemple : au lieu de résoudre séparément chacune des équations 3x = 2,
4x = 2, 5x = 2, ... , on résout directement, en une fois, l'équation mx = 2.
Pour résoudre une équation paramétrique, nous allons chercher à isoler l'inconnue x, qui
sera donc exprimée en fonction du paramètre m. Au cours des calculs, il faudra distinguer
diérents cas par rapport aux valeurs du paramètre (par exemple lorsque l'on divisera
par une expression qui contient des m) : c'est la discussion des solutions de l'équation
paramétrique.
Exemples 69
1. mx = 2
2. (m2 − 1)x + m − 1 = 0
Lucile Torrent
9.6 Equations paramétriques 53
x+m x−m mx − 8
3. − =
m−1 m+1 1 − m2
m 1
4. =
x+2 x−1
Lucile Torrent