Mécanique analytique et principes fondamentaux
Mécanique analytique et principes fondamentaux
Toolbox nanophysique
J. Bruchon
École des Mines de Saint-Étienne
Centre SMS
septembre-octobre 2019
1
Table des matières
1 Les équations du mouvement 4
1.1 Coordonnées généralisées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Principe de moindre action . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Principe de relativité de Galilée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4 Lagrangien d'une particule libre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.5 Lagrangien d'un système de particules . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2
Bibliographie
Course of Theoretical Physics
, Volume 1 (Mechanics, Third Edition), L.D. Landau
Le cours de physique
et E.M. Lifshitz.
3
1 Les équations du mouvement
1.1 Coordonnées généralisées
Un des concepts fondamentaux de la mécanique est celui de particule, ou encore point
matériel. On désigne ainsi un corps dont les dimensions peuvent être négligées dans l'étude
de son mouvement. Ceci dépend bien sûr du problème étudié. Ainsi, une planète peut être
assimilée à un point matériel lorsque l'on étudie sa rotation autour de son étoile, mais ce
n'est plus vrai pour l'étude de sa rotation autour de son axe.
La position d'une particule est décrite par son vecteur position r dont les composantes
sont ses coordonnées cartésiennes x, y , z . La dérivée v = dr/dt de r par rapport au temps
2 2
est la vitesse de la particule, tandis que sa dérivée seconde d r/dt est son accélération.
On notera aussi v = ṙ .
Les relations entre accélérations, vitesses et coordonnées, sont appelées les équations
du mouvement. Ce sont des équations diérentielles du second ordre pour les fonc-
tions q(t). Leur intégration permet, en principe, de déterminer ces fonctions et donc les
trajectoires des particules du système.
4
système entre t1 et t2 est tel que l' action S dénie ci-dessous soit minimisée :
Z t2
S= L(q, q̇, t) dt (1.1)
t1
5
Or, le dernier terme est nul puisque f (t1 ) = f (t2 ) = 0. L'intégrale ci-dessus doit donc
s'annuler pour toute fonction f (t) vériant f (t1 ) = f (t2 ) = 0, ce qui implique que l'inté-
∗
grande est nulle. Ainsi la trajectoire q suivie par la particule, minimisant l'action (1.1),
vérie l'équation diérentielle suivante :
∂L ∗ ∗ d ∂L ∗ ∗
(q , q̇ ) − (q , q̇ ) = 0
∂q dt ∂ q̇
Lorsqu'un système comprend s degrés de liberté, chacune des s fonctions qi (t) doit
varier indépendamment selon le principe de moindre action. On obtient alors s équations
de la forme :
d ∂L ∂L
− = 0 i = 1, · · · , s (1.2)
dt ∂ q̇i ∂qi
Ce sont les équations diérentielles souhaitées. En mécanique, elles sont appelées équa-
tions de Lagrange. Si le lagrangien d'un système mécanique est connu, (1.2) donne la
relation entre coordonnées, vitesses et accélérations : ce sont les équations du mouvement
du système.
Mathématiquement, les équations (1.2) forment un ensemble de s équations du se-
cond ordre pour s inconnues qi (t). La solution générale contient donc 2s constantes arbi-
traires. Pour dénir de manière unique le mouvement du système, il est donc nécessaire
de connaître l'état du système à un instant donné, par exemple, les valeurs initiales des
coordonnées et des vitesses de chaque particule.
Remarques générales.
1. Soit un système mécanique composé de deux parties fermées A et B ayant des
lagrangiens LA et LB . Lorsque la distance entre A et B rend négligeables les inter-
actions entre A et B , le lagrangien du système entier tend vers
lim L = LA + LB
Cette additivité du lagrangien traduit le fait que les équations du mouvement d'une
partie A n'ayant aucune interaction avec une partie B ne peuvent faire intervenir
de quantités relatives à cette partie B.
2. De plus, la multiplication du lagrangien d'un système mécanique par une constante
quelconque ne change pas les équations du mouvement. On pourrait penser qu'il
est possible de multiplier le lagrangien de chaque partie isolée d'un système par
une constante arbitraire. Cependant, la propriété de linéarité introduite ci-dessus
implique qu'il n'en est rien, et que les lagrangiens peuvent seulement être multipliés
par la même constante arbitraire. Ceci traduit le choix arbitraire des unités de
mesure du lagrangien.
3. Enn, considérons deux fonctions L(q, q̇, t) et L0 (q, q̇, t) ne diérant que par la
dérivée totale en temps d'une fonction f (q, t) des coordonnées et du temps :
d
L0 (q, q̇, t) = L(q, q̇, t) + f (q, t)
dt
Alors
S 0 = S + f (q (2) , t2 ) − f (q (1) , t1 )
Ainsi les deux actions ne dièrent que d'une constante et prennent donc leur extre-
mum pour les mêmes points. Les équations du mouvement restent ainsi inchangées.
Ainsi, un lagrangien n'est déni qu'à la dérivée totale en temps près d'une fonction
des coordonnées et du temps.
6
1.3 Principe de relativité de Galilée
An d'exprimer les lois de la mécanique, on doit choisir un référentiel. La forme de
ces lois dépend alors de ce choix, et le problème qui se pose naturellement est le choix du
référentiel dans lequel les lois de la mécanique prennent leur forme la plus simple. Il existe
un référentiel privilégié, appelé référentiel inertiel (ou Galiléen) dans lequel l'espace est
isotrope et homogène et le temps est homogène. En particulier, dans un tel référentiel, un
corps au repos sur lequel aucune force n'agit reste au repos.
L = L(v 2 )
d ∂L
=0
dt ∂v
D'où ∂L/∂v = constante. Comme L est fonction uniquement de v2, on a le résultat :
v = constante
Ainsi, dans un référentiel inertiel, tout mouvement libre a lieu à vitesse constante en
norme et en direction. C'est le principe d'inertie.
Si l'on choisit maintenant un référentiel en translation rectiligne uniforme par rapport
à ce référentiel inertiel, on a à nouveau le résultat que le mouvement d'une particule libre
se fait à vitesse constante. L'expérience montre que non seulement les lois d'un mouve-
ment libre sont les mêmes dans les deux référentiels, mais qu'en plus les deux référentiels
sont absolument identiques du point de vue mécanique. Ainsi, il n'y a pas un seul réfé-
rentiel inertiel, mais une innité, en translation rectiligne uniforme les uns par rapport
aux autres. Dans ces référentiels, les propriétés de l'espace, du temps, et les lois de la
mécanique sont les mêmes. Ceci constitue le principe de relativité de Galilée, l'un
des plus importants principes de la mécanique.
0
Si les coordonnées d'une particules exprimées dans deux référentiels K et K sont,
0 0
respectivement, r et r , et que K est en translation rectiligne uniforme par rapport à K
à la vitesse V (voir gure 1.2), alors
r = r0 + V t (1.3)
7
Ici, le temps est le même dans les deux référentiels :
t = t0 (1.4)
Cette hypothèse d'un temps absolu est l'une des fondations de la mécanique classique
(qui n'est plus vériée en mécanique relativiste). Les formules (1.3) et (1.4) dénissent
la transformation Galiléenne. Le principe de relativité de Galilée peut alors être formulé
comme l'invariance des équations de la mécanique par n'importe quelle transformation
galiléenne.
1
L = mv 2 (1.5)
2
Si maintenant les référentiels se déplacent à la vitesse relative uniforme V l'un par
rapport à l'autre :
1 1 1 1
L0 = mv 02 = m(v + V )2 = mv 2 + mv · V + mV 2
2 2 2 2
8
0 d 1 2
L =L+ mr · V + mV t
dt 2
Le deuxième terme de droite est une dérivée totale en temps et peut donc être omis. Le
lagrangien est bien invariant par changement de référentiel inertiel.
La quantité mapparaissant dans (1.5) est appelée masse de la particule. Cette masse
R2 1 2
ne peut être négative, sans quoi l'action S = mv dt n'aurait pas de minimum.
1 2
9
Coordonnées cartésiennes,
1
dl2 = dx2 + dy 2 + dz 2 , L = m(ẋ2 + ẏ 2 + ż 2 )
2
Coordonnées cylindriques,
1
dl2 = dr2 + r2 dθ2 + dz 2 , L = m(ṙ2 + r2 θ̇2 + ż 2 )
2
Coordonnées sphériques ,
1
dl2 = dr2 + r2 dθ2 + r2 sin2 θdφ2 , L = m(ṙ2 + r2 θ̇2 + r2 sin2 θφ̇2 )
2
X1
L= ma va2 − U (r1 , r2 , · · · ) (1.6)
a
2
dva ∂U
ma =− (1.7)
dt ∂ra
Sous cette forme, les équations du mouvement sont appelées équations de Newton. Le
vecteur F = −∂U/∂ra est appelé force s'exerçant sur la particule a. On constate égale-
ment que l'énergie potentielle U n'est dénie qu'à une constante additive près. Un choix
10
naturel est de faire tendre U vers zéro lorsque la distance entre les particules tend vers
l'inni.
1X
L= aik (q)q̇i q̇k − U (q) (1.8)
2 i,k
où les aik sont fonctions seulement des coordonnées. L'énergie cinétique reste donc une
fonction quadratique de la vitesse, mais peut dépendre également des coordonnées.
Jusqu'à présent nous n'avons considéré que des systèmes fermés. Considérons main-
tenant un système A en interaction avec un système B exécutant un mouvement donné.
Comme les équations du mouvement sont déduites du principe de moindre action en fai-
sant varier indépendamment chaque coordonnées (donc en considérant les autres comme
connues), le lagrangien du système A, LA , peut s'obtenir en utilisant le lagrangien L du
système complet A + B et en remplaçant qB par une fonction du temps donnée.
Si on suppose que A + B est un système fermé, alors
où les deux premiers termes sont les énergies cinétiques de A et B, et le troisième est
leur énergie potentielle combinée. Si l'on remplace maintenant qB par qB (t), le deuxième
terme TB (qB (t), q̇B (t)) ne dépend que du temps et peut donc être omis (dérivée totale du
temps). Ainsi on obtient,
Le mouvement d'un système évoluant dans un champ de force externe est décrit par le
lagrangien habituel, la seule diérence étant que l'énergie potentielle peut dépendre ex-
plicitement du temps.
mv̇ = −∂U/∂r
Un champ tel que la force F agissant sur une particule est la même en tout point du
champ est dit uniforme. On a alors : U = −F · r .
11
Exercice 1.1 Écrire le lagrangien d'une particule soumise à un champ de force, dans
un référentiel en translation rectiligne non uniforme rapport à un référentiel d'inertie :
x = X + f (t), x étant la coordonnée dans le référentiel inertiel, et X dans le référentiel
en translation. En déduire la loi du mouvement dans le référentiel en translation et inter-
prétez le résultat.
Même chose dans un référentiel en rotation par rapport à un référentiel inertiel :
x = X cos ωt + Y sin ωt
y = −X sin ωt + Y sin ωt
12
2 Lois de conservation et symétries
Au cours du mouvement d'un système mécanique, les 2s quantités qui spécient l'état
du système, qi et q̇i , varient avec le temps. Il existe cependant des fonctions de ces quantités
dont les valeurs restent constantes au cours du mouvement, et ne dépendent donc que des
conditions initiales. De telles fonctions sont appelées intégrales du mouvement.
Il existe 2s − 1 intégrales du mouvement indépendantes pour un système mécanique
fermé às degrés de liberté. En eet, les équations du mouvement représentent un système
des équations diérentielles du second ordre. La solution générale de ce système contient
donc 2s constantes d'intégration. Comme, pour un système fermé, le temps n'intervient
pas explicitement dans les équations du mouvement, le choix de l'origine du temps est
arbitraire. Une des constantes d'intégration peut donc toujours être prise, dans la solution
des équations du mouvement, comme une constante additive en temps, t0 . En éliminant
t + t0 des 2s fonctions qi = qi (t + t0 , C1 , · · · , C2s−1 ) et q̇i = q̇i (t + t0 , C1 , · · · , C2s−1 ), on
peut exprimer les 2s − 1 constantes C1 , · · · , C2s−1 en fonctions de q et q̇ , et ces fonctions
sont les intégrales du mouvement.
Toutes ces fonctions ne sont pas d'égale importance en mécanique. Les intégrales du
mouvement ayant une signication profonde en mécanique sont celles qui sont liées à
l'homogénéité et l'isotropie de l'espace et du temps. Les quantités représentées par ces
intégrales sont dites conservées et ont la propriété fondamentale d'être additives : leurs
valeurs, pour un système composé de plusieurs parties dont l'interaction est négligeable,
sont égales à la somme de ces valeurs prises sur les parties séparément.
où le paramètre ε est juste là pour souligner que l'on opère une petite perturbation des
coordonnées : ε 1. Une telle transformation innitésimale laissant invariant le lagran-
gien est dite symétrie continue, et une symétrie peut être décomposée en une succession
de symétries continues. L'invariance du lagrangien sous une symétrie continue s'exprime
par (pour une coordonnée) :
∂L ∂L
δL = (q, q̇)δq + (q, q̇)δ q̇ = 0
∂q ∂ q̇
Le système évolue suivant une trajectoire qui satisfait les équations d'Euler - Lagrange,
∂L
donc
∂q
= dtd ∂L
∂ q̇
, et par conséquent :
d ∂L ∂L d ∂L
δL = δq + δ q̇ = δq =0
dt ∂ q̇ ∂ q̇ dt ∂ q̇
13
∂L
Ainsi, la quantité
∂ q̇
f (q) est conservée au cours de l'évolution du système. Ce résultat
se généralise à un nombre quelconque de degrés de liberté. Nous notons
∂L
pi =
∂ q̇i
la quantité appelée impulsion généralisée (ou moment associé). Nous venons d'établir
qu'à toute symétrie fi , correspond la conservation d'une quantité
X
Q= pi fi (q) (2.1)
i
d'une translation dans l'espace du système tout entier. En reprenant les notations ci-
dessus, et en coordonnées cartésiennes, nous avons
xa ← xa + ε, ya ← ya , za ← za
si nous considérons une translation suivantx seulement. Donc fi ≡ 1, lorsque iPse réfère à
x, et fi ≡ 0 autrement. Nous en déduisons alors la conservation de la quantité a ∂∂L
ẋa
. En
faisant de même avec les composantes y puis z , nous en déduisons que dans un système
mécanique fermé, le vecteur
X ∂L
P = (2.2)
a
∂ ṙa
Les trois composantes du vecteur quantité de mouvement sont toutes conservées uni-
quement en l'absence d'un champ externe. Cependant, supposons que l'énergie potentielle
d'un tel champ ne dépende pas des cordonnées cartésiennes x et y : U = U (z). Alors toute
translation du système mécanique selon x et y doit laisser les propriétés mécaniques, et
donc le lagrangien inchangés. En conséquence, si nous reprenons le raisonnement que nous
avons fait, les composantes x et y de P seront conservées.
Ici, seuls les vecteurs positions ont été translatés, tandis que les vecteurs vitesse restent
inchangés. Ainsi, δL = 0 implique directement que
X ∂L
=0 (2.4)
a
∂ra
14
∂L ∂U
Cette équation (2.4) a une signication simple. La dérivée
∂ra
= − ∂ra
est la force Fa
agissant sur la particule a. Cette équation signie donc que la somme des forces agissant
sur les particules d'un système fermé est nulle :
X
Fa = 0
a
∂L
pi = (2.5)
∂ q̇i
ṗi = Fi
En coordonnées cartésiennes les impulsions généralisées sont les composantes des vec-
teurs pa . Cependant dans le cas général, les pi sont des fonctions linéaires des vitesses
généralisées q̇i et ne se réduisent pas aux produits entre masse et vitesse.
1 X X
P0 = 0 ⇔ V = P ma va = P / ma
a ma a a
15
comme exprimant l'additivité des masses. De plus, le terme de droite ci-dessus peut être
écrit comme la dérivée totale en temps de l'expression
X X X
R= ma ra / ma et V = Ṙ = P / ma (2.6)
a a a
Ainsi, la vitesse moyenne d'un système est celle d'un point de l'espace dont le vecteur
position est R. Ce point est appelé centre de masse. La loi de conservation de la quantité
de mouvement d'un système fermé peut être formulée en disant que le centre de masse
se déplace à vitesse uniforme en ligne droite. Ceci généralise ce qui a été vu pour une
seule particule. Lorsque l'on étudie les propriétés mécaniques d'un système fermé, il est
naturel d'utiliser un référentiel dans lequel le centre de masse est au repos. Ceci élimine
un mouvement rectiligne uniforme du système qui ne présente pas d'intérêt.
x ← x cos δθ − y sin δθ
y ← x sin δθ + y cos δθ
ce qui, dans le cas d'une transformation innitésimale donne (à l'ordre 1)
Par conséquent,
fx = −y et fy = +x
Dans un système à une particule, nous en déduisons (équation (2.1)) la conservation
de la quantité xpy − ypx , où px et py sont les composantes selon x et y du vecteur quantité
de mouvement. Cette quantité est la composante suivant z du vecteur moment cinétique
r × p, où × désigne le produit vectoriel. En faisant de même dans les plans (x, z) et (y, z)
nous en déduisons la conservation du vecteur r × p. Dans le cas général à N particules,
l'équation (2.1) nous permet de conclure que la quantité
X
M= r a × pa (2.7)
a
appelée moment cinétique du système est conservée au cours du mouvement d'un sys-
tème fermé. Comme la quantité de mouvement, le moment cinétique est additif, que les
particules du système interagissent ou non.
La valeur du moment cinétique dépend du choix de l'origine. Lorsqu'on change d'ori-
0
gine, ra = ra + a, le moment cinétique devient
X X
M= r a × pa = ra0 × pa + a × P = M 0 + a × P
a a
16
Ceci n'aecte pas la conservation de M,P est également conservée pour un
puisque
système fermé. De plus, si le système est au repos (P = 0), le moment cinétique ne dépend
pas, dans ce référentiel, du choix de l'origine.
Considérons maintenant deux référentiels inertiels, K et K 0, ce dernier se déplaçant à
une vitesse V par rapport au premier, et les deux coïncidant à un instant donné : seules
les vitesses sont transformées, et
X X X
M= ma ra × va = ma ra × va0 + ma ra × V
a a a
D'où
M = M 0 + µR × V (2.8)
P P
où µ= a ma , et R = a ma ra /µ est la position du centre de masse. La formule (2.8)
donne la loi de transformation du moment cinétique d'un référentiel à un autre.
0
Si le référentiel K est le référentiel dans lequel le système est au repos, alors V =
P
a ma va /µ = P /µ, et
M = M0 + R × P (2.9)
Figure 2.1: Diérentes rotations dénies autour d'axes passant par le centre d'un champ
de force centrale.
17
Un autre exemple est celui d'un champ homogène dans la direction z , U (z). Dans un
tel champ, Mz est conservée quelle que soit l'origine choisie.
Exercice 2.1
. Quelles sont les composantes de la quantité de mouvement P et du moment
Conservation de la quantité de mouvement et du moment ci-
champ d'un plan homogène inni (par exemple dans le plan xy); b. le champ d'un cy-
lindre homogène inni (d'axe z par exemple).
2.4 Énergie
La dernière loi de conservation est diérente des deux précédentes en ce sens que la
symétrie considérée ici n'est pas spatiale mais temporelle et résulte de l' homogénéité
du temps. En vertu de cette homogénéité, le lagrangien d'un système fermé ne dépend
pas explicitement du temps. La dérivée totale en temps du lagrangien s'écrit donc :
dL X ∂L X ∂L
= q̇i + q̈i
dt i
∂q i i
∂ q̇ i
dL X d ∂L X ∂L
= q̇i + q̈i
dt i
dt ∂ q̇i i
∂ q̇i
X d ∂L
= q̇i
i
dt ∂ q̇ i
D'où : !
d X ∂L
q̇i − L =0
dt i
∂ q̇i
Ainsi, la quantité
X ∂L
E= q̇i − L (2.10)
i
∂ q̇i
est conservée tout au long du mouvement pour un système fermé. Cette quantité est donc
une intégrale du mouvement. Elle est appelée énergie du système. L'additivité de l'énergie
est immédiatement donnée par celle du lagrangien L lorsque l'interaction entre les par-
ticules peut être négligée. Notons que la conservation de l'énergie est également valable
pour un système soumis à un champ extérieur constant (ne dépendant pas du temps). Les
systèmes mécaniques vériant la conservation de l'énergie sont dits systèmes conserva-
tifs.
Rappel : une fonction f est dite homogène de degré n si pour tout réel t, f (tx1 , tx2 , · · · ) =
n
t f (x1 , x2 , · · · ). Le théorème d'Euler sur les fonctions homogènes dit que, si f est une fonc-
tion homogène de degré n, alors
X ∂f
xi = nf
i
∂x i
18
La preuve de ce théorème se fait en diérenciant par rapport à t l'égalité f (tx1 , tx2 , · · · ) =
tn f (x1 , x2 , · · · ), puis en prenant t = 1.
Nous avons vu que le lagrangien d'un système fermé (ou dans un champ externe
L = T (q, q̇) − U (q), T
i.e.
constant) est de la forme : où est une fonction quadratique des
vitesses, une fonction homogène de degré 2 des vitesses. Donc, par le théorème d'Euler,
nous avons :
X ∂T
q̇i = 2T
i
∂ q̇i
En substituant ceci dans (2.10), nous arrivons à
1X
E= ma va2 + U (r1 , r2 , · · · )
2 a
Ainsi, l'énergie est la somme de deux termes : l'énergie cinétique, qui dépend des
vitesses, et l'énergie potentielle qui dépend seulement des coordonnées des particules.
Il n'y a pas d'autre intégrale du mouvement additive. Ainsi, un système fermé a sept
intégrales du mouvement additives : l'énergie, les 3 composantes de la quantité de mou-
vement, et les 3 composantes du moment cinétique.
tion (mesuré par l'angle fait entre la vitesse et la normale au plan séparant les deux
demi-espaces) de la particule.
Figure 2.2: Particule de masse m, passant d'une région où son énergie potentielle est
une constante U1 à une région où son énergie potentielle est une constante diérente U2 .
19
L'énergie potentielle d'interaction des particules ne dépend que de la distance r =
kr1 − r2 k entre les particules, de sorte que le lagrangien du système s'écrit
1 1
L = m1 ṙ12 + m2 ṙ22 − U (r)
2 2
Le choix de l'origine au centre de masse se traduit par m1 r1 +m2 r2 = 0. Cette équation
combinée avec la dénition de la position relative r = r1 − r2 permet d'écrire
1
L = mṙ 2 − U (r)
2
où
m = m1 m2 /(m1 + m2 )
est appelée masse réduite. Le lagrangien est donc identique à celui d'une seule particule
de masse m en mouvement dans un champ externe U (r) symétrique par rapport à une
origine xe. Une fois que r = r(t), la solution de ce problème, est connue, les trajectoires
r1 (t) et r2 (t) des deux particules par rapport à leur centre de masse commun, sont obte-
nues grâce aux équations ci-dessus.
i.e.
Le problème à deux corps ci-dessus se réduit donc au problème du mouvement d'une
particule dans un champ de force centrale, un champ dont l'énergie potentielle ne
dépend que de la distance r à un point xe. La force agissant sur la particule est
1
L = m(ṙ2 + r2 φ̇2 ) − U (r)
2
L n'est pas une fonction explicite de la coordonnée φ. Cette coordonnée est dite cyclique.
L'équation du mouvement donne alors
d ∂L ∂L
= =0
dt ∂ φ̇ ∂φ
20
cinétique, composante qui est ainsi conservée. En eet, Mz est la quantité conservée par
rotation du système mécanique d'un angle δφ autour de l'axe ez , tandis que pφ est la
quantité conservée par translation dans la direction eφ . Or, la translation du système de
rδφ selon eφ équivaut à sa rotation d'angle δφ autour de ez .
En notant M = Mz (M = M ez ),
Cette loi a une interprétation physique simple pour le mouvement plan d'une particule
1
dans un champ central. L'expression r·rdφ est l'aire d'un secteur borné par deux vecteurs
2
position voisins et un élément de la trajectoire (voir Figure 3.1). En appelant df cette aire,
on peut écrire le moment cinétique de la particule comme :
M = 2mf˙
1 1 M2
E = m(ṙ2 + r2 φ̇2 ) + U (r) = mṙ2 + + U (r)
2 2 2mr2
D'où,
r
dr 2 M2
ṙ = = (E − U (r)) − 2 2 (3.2)
dt m mr
La coordonnée φ de la particule peut être vu comme une fonction de t ou de r :
dφ
φ(t) = φ(r(t)) (avec un abus de notation). Il s'en suit que
dt
= dφ dr
dr dt
. Ainsi,
dφ M 1
=
dr mr2 dr/dt
Et,
r
M dρ/ρ2
Z
φ(r) = q + constante (3.3)
M2
rmin 2m(E − U (ρ)) − ρ2
21
entre r et φ, i.e.
l'équation de la trajectoire. Notons que
2
φ est une fonction monotone du
temps puisque φ̇ = M/mr ne change jamais de signe.
L'expression de l'énergie montre que la partie radiale du mouvement peut être décrite
comme dans un champ à une dimension avec une énergie potentielle eective
La quantité M 2 /2mr2 est appelée énergie centrifuge. Les valeurs de r pour lesquelles
U (r) + M 2 /2mr2 = E
déterminent les limites du mouvement par rapport à la distance au centre. Pour ces
valeurs, ṙ = 0. Cependant, comme φ̇ est non nul, cela ne signie pas que la particule est
au repos, comme pour un mouvement 1D, mais que ṙ change de signe et donc que r se
met à croître ou à décroître.
Figure 3.2: Trajectoire bornée d'une particule dans un champ central. Source : Landau
et Lifshitz.
Si l'intervalle de valeurs dans lequel r peut varier est seulement limité par r ≥ rmin ,
alors le mouvement est inni : la particule arrive de l'inni et retourne à l'inni. Si cet
intervalle est borné par deux valeurs rmin et rmax , le mouvement est borné, et la trajectoire
est entièrement comprise dans la couronne bornée par les cercles r = rmax et r = rmin .
Cela ne signie cependant pas que la trajectoire est un chemin fermé, puisque durant le
temps où r varie de rmax à rmin puis revient, le vecteur position r a tourné d'un angle ∆φ
donné, d'après (3.3) par :
rmax
M dr/r2
Z
∆φ = 2 q
M2
rmin 2m(E − U (r)) − r2
22
innité de fois, et la particule nit par balayer toute l'aire de la couronne en un temps
inni (voir Figure 3.2).
Enn, notons que la présence de l'énergie centrifuge lorsque M 6= 0, qui tend vers
2
l'inni en 1/r lorsque r tend vers 0, rend impossible, en général, le fait qu'une particule
atteigne le centre du champ (U (r) devrait tendre susamment vite vers −∞ pour que
2 2 2
l'on ait toujours mṙ /2 = E − U (r) − M /2mr > 0).
i.e.
Une classe extrêmement importante de problèmes est constituée par les cas où l'énergie
2
potentielle est inversement proportionnelle à r , la force est en 1/r . Ceci inclut les
champs de l'attraction gravitationnelle de Newton et de l'interaction électrostatique de
Coulomb. Ce dernier peut être attractif ou répulsif.
Nous ne traiterons ici que le cas d'un champ attractif, où
U (r) = −α/r
avec α une constante positive. L'énergie potentielle eective est alors égale à
α M2
Uef f = − +
r 2mr2
et est de la forme tracée sur la Figure 3.3. Lorsque r → 0, Uef f tend vers +∞, et Uef f tend
vers zéro en valeurs négatives lorsque r → +∞. La valeur minimale de Uef f est atteinte
2
en r = M /mα et vaut
Uef f,min = −mα2 /2M 2
Nous avons déjà vu que les points pour lesquels Uef f = E déterminent les limites du
mouvement au regard de la distance par rapport au centre. Vu la gure 3.3, le mouvement
est borné si E < 0, car il y a alors deux points pour lesquels Uef f = E (et donc ṙ = 0),
tandis que le mouvement est non borné si E > 0.
La forme de la trajectoire est obtenue par l'équation (3.3) en remplaçant U par −α/r.
On trouve alors :
M/r − mα/M
φ = cos−1 p + cste
2mE + m2 α2 /M 2
En prenant l'origine de φ pour que la constante d'intégration soit nulle, et en posant
p
p = M 2 /mα et e= 1 + 2EM 2 /mα2 (3.5)
on a
p
= 1 + e cos φ (3.6)
r
C'est l'équation d'une conique en coordonnées polaires où un foyer se situe à l'origine.
23
Figure 3.3: Énergie potentielle eective dans un champ gravitationnel Newtonien et les
diérentes trajectoires possibles en fonction du signe de l'énergie E.
r = e(Km) = e(KF − mF )
p
r = e( − r cos φ),
e
24
ce qui fait
p p
r= , ou encore = 1 + e cos φ
1 + e cos φ r
M se projette perpendiculairement sur le foyer F ,
Si alors on a MH = KF , donc
M F/KF = e. On a posé KF = p/e, d'où, dans ce cas
MF = p
Revenons à l'équation (3.6). Nous voyons que φ a été choisi tel que le point correspon-
dant à φ = 0 (r = p/(1 + e)) est le point le plus proche de l'origine. Ce point est appelé
périhélie.
Dans le problème équivalent de deux particules interagissant selon la loi décrite ici, la
trajectoire de chaque particule est une section conique, avec un foyer au centre de masse
des deux particules.
√ p
a = p/(1 − e2 ) = α/2|E|, b = p/ 1 − e2 = M/ 2m|E|
La valeur minimale possible pour l'énergie est celle de Uef f,min = −mα2 /2M 2 . Pour
cette valeur, e=0 et la trajectoire est alors un cercle. Notons également que, d'après ce
que l'on a vu en rappel, rmin = p/(1 + e) = a(1 − e) et rmax = p/(1 − e) = a(1 + e) (ce
qui correspond aux racines de Uef f (r) = E ).
Enn, la période T de révolution sur une orbite elliptique peut être facilement déduite
de la 2 ième loi de Kepler (3.1) M = 2mf˙ avec f˙ l'aire balayée par unité de temps. En
25
intégrant en temps cette relation de zéro à T, on obtient 2mf = M T , et puisque toute
l'aire a été balayée, f = πab. D'où
r
3/2
p m
T = 2πa m/α = πα
2|E|3
Il s'agit de la 3ième loi de Kepler, établissant la la proportionnalité entre le carré de la
période et le cube de la dimension de l'orbite.
Si l'énergie E est positive ou nulle, le mouvement est non borné. Si E > 0, alors
e > 1. La trajectoire est donc une branche d'hyperbole avec l'origine prise comme foyer
interne.
26
Preuve : L peut s'écrire sous la forme L(υ) =
Rυ
0
p(v) dv , où l'on a choisi arbitraire-
ment p(0) = 0. De même, on pose
Z π
H(π) = v(p) dp
0
H + L = pv
et donc
H(p) = pv(p) − L(v(p))
De plus, H ainsi déni vérie
dL
δH = pδv + vδp − δv = vδp
dv
dH
Puisque δH = dp
δp, on en déduit
dH
=v
dp
H est appelée transformée de Legendre de L.
∂L
Dans le cas à plusieurs variables, v = {vi } et p = {pi }, avec ∂vi
= pi , on dénit H par
X
H(p) = pi vi (p) − L(v(p)) (4.1)
i
∂H
et on vérie que = vi .
∂pi
27
4.2 Équations de Hamilton
Le passage du formalisme lagrangien au formalisme hamiltonien, i.e. le passage d'un
ensemble de variables indépendantes à un autre, s'eectue par la transformation de Le-
∂L
gendre introduite ci-dessus. En eet, le lagrangien L(q, q̇) est telle que = pi . Sa trans-
∂ q̇i
formée de Legendre est donc dénie par :
X
H(q, p, t) = pi q̇i − L(q, q̇(p)) (4.2)
i
dH ∂H X ∂H X ∂H
= + q̇i + ṗi
dt ∂t i
∂q i i
∂p i
dH ∂H
=
dt ∂t
En particulier, si le hamiltonien ne dépend pas explicitement du temps, alors dH/dt =
0, et nous avons la loi de conservation de l'énergie.
28
4.3 Hamiltonien d'un oscillateur harmonique
Nous considérons ici de petites oscillations d'un système autour de sa position d'équi-
libre stable. Nous nous limitons à un système ayant un seul degré de liberté.
L'équilibre stable correspond à la position du système pour laquelle l'énergie potentielle
U (q) est minimum. Hors de cette position, le système subit une force −dU/dq tendant
à le faire retourner à son état d'équilibre. Soit q0 la valeur d'équilibre de la coordonnée
généralisée q. Pour de petites déviations autour de la position d'équilibre, on peut ne
retenir que le premier terme non nul dans le développement de U (q) − U (q0 ) en puissances
de q − q0 . En général ce terme est quadratique (U (q0 ) extremum ⇒ dU (q0 )/dq = 0) :
1
U (q) − U (q0 ) ≈ k(q − q0 )2
2
où k est un coecient positif (U (q0 ) est un minimum), k = U 00 (q0 ). Nous mesurerons
l'énergie potentielle depuis q0 , et donc U (q0 ) = 0. De plus nous posons x = q − q0 . Ainsi,
1
U (x) = kx2 (4.4)
2
Le lagrangien du système s'écrit
1 k
L = mẋ2 − x2
2 2
Eectuons le changement de variable suivant : q = (km)1/4 x. Le lagrangien devient
1 2 ω 2
L(q, q̇) = q̇ − q
2ω 2
p
où ω= k/m est la fréquence propre de l'oscillateur.
∂L 1
p= = q̇
∂ q̇ ω
d'où
ω 2
H(q, p) = (p + q 2 ) (4.5)
2
Les équations du mouvement correspondantes sont :
q̈ + ω 2 q = 0
Enn, l'étude de l'oscillateur harmonique 1D nous donne l'occasion d'introduire l' espace
des phases dans un cas simple. On appelle espace des phases un espace de dimension
2s, dont les axes de coordonnées sont les s coordonnées généralisées et les s impulsions
29
Figure 4.2: L'oscillateur harmonique dans l'espace des phases
du système concerné. Ainsi, chaque point dans l'espace des phases correspond à un état
déni du système. Lorsque le système évolue, les points le représentant dans l'espace des
phases forment une trajectoire dans cet espace. Ici, l'espace des phases est de dimension
2, et les équations de Hamilton (4.6) décrivent comment l'état du système (q, p) évolue
dans l'espace des phases.
Dans le cas présent, les équations de Hamilton (4.6) décrivent un mouvement circulaire
dans l'espace des phases : l'état du système (q, p) décrit un cercle avec une vitesse angulaire
ω indépendante de l'énergie du système. Le système étant fermé, son hamiltonien est
H = ω2 (q 2 + p2 ) = E (voir gure 4.2). L'oscillateur
constant, égal à l'énergie du système :
harmonique est un cas très simple. L'évolution du système dans l'espace des phases est
généralement beaucoup plus compliquée. Cependant, le fait que le point (q, p) reste sur
un contour d'énergie constante est universel (pour un système fermé).
Laissons de côté l'espace des phases, et considérons un uide réel s'écoulant à la vitesse
v(x, y) = (vx (x, y), vy (x, y)). Cherchons la condition que doit vérier cette vitesse pour
que le uide soit incompressible. Considérons le domaine innitésimal
de la gure 4.3.
L'incompressibilité implique que ce domaine doit contenir toujours le même nombre
de particules uides. Autrement dit, le nombre de particules entrantes et sortantes par les
faces du domaines doit être à somme nulle. Le nombre de particules qui traversent une
face donnée est proportionnel à v · (Sn), où n est la normale extérieure à la face, et S
30
Figure 4.3: Cube dxdydz
où ∇ ·v est la divergence de v.
Revenons à présent au uide de l'espace des phases. La vitesse de ce uide est le vecteur
vqp = (q̇1 , ṗ1 , q̇2 , ṗ2 , · · · , q̇s , ṗs ) de dimension 2s. En utilisant les équations de Hamilton,
ce vecteur se réécrit en
∂H ∂H ∂H ∂H ∂H ∂H
vqp = ,− , ,− ,··· , ,−
∂p1 ∂q1 ∂p2 ∂q2 ∂ps ∂qs
s
X ∂ ∂H ∂ ∂H
∇ ·vqp = − =0 (4.8)
i=1
∂qi ∂pi ∂pi ∂qi
Si nous considérons donc une certaine région de l'espace des phases, chaque point
qui la compose évolue au cours du temps selon les équations du mouvement du système
mécanique. La région évolue, mais, d'après ce que nous venons de voir, son volume dans
l'espace des phase reste constant :
Z
dq1 · · · dqs dp1 · · · dps = constante (4.9)
31
Ce théorème exprime la réversibilité des lois de la mécanique classique, ou encore la
conservation de l'information : un ensemble d'états ne peut pas évoluer vers un ensemble
plus petit ou plus grand. Ce théorème est très important en mécanique statistique. Il
montre par exemple la conservation de l'entropie dans une évolution hamiltonienne. En
eet, l'entropie d'un système peut être dénie comme le logarithme du nombre de con-
gurations accessibles au système. Compter ce nombre de congurations, c'est mesurer le
volume de l'espace des phases correspondant à un petit intervalle d'énergie. En mécanique
quantique, l'analogue du théorème de Liouville est que les opérateurs décrivant l'évolution
de l'état du système doivent être unitaires.
Exercice 4.3 L'état d'un système mécanique réel est, rappelons le, donné par un couple
de variable, par exemple (q, q̇) ou (q, p). Ici nous considérons un système très simple,
pouvant prendre seulement trois états, notés 1, 2, 3. Ce système est dynamique, et sa loi
d'évolution donne, étant donné l'état actuel du système, son état suivant. La gure 4.4
décrit quatre lois d'évolution diérentes, les èches symbolisant le passage d'un état à
un autre. En utilisant le théorème de Liouville, ici dans un cadre discret, indiquez, en
i.e.
des phases est circulaire : non seulement le volume d'une région de l'espace des phases est
préservé, mais les distances entre ses points sont également préservées, la région ne
subit aucune déformation. Cependant, ce mouvement de corps rigide résulte de la simpli-
cité du système mécanique. L'évolution de systèmes dynamiques se traduit très souvent
par des écoulements dans l'espace des phases tel que celui représenté sur la gure 4.5. Ce
type de comportement reète la sensibilité du problème aux conditions initiales. On parle
de comportement chaotique : quelle que soit la précision avec laquelle nous résolvons le
problème, l'évolution de la région de la gure 4.5 ne peut être correctement décrite au-
delà d'un certain temps tc . Ainsi, bien que le théorème de Liouville soit respecté, nous
mesurons une augmentation du volume de la région suivie dans l'espace des phases (eet
32
Figure 4.5: Comportement chaotique. Sources : L. Susskind (Harvard.edu)
grossissement de grains, ou coarse graining, représenté sur la gure par une augmenta-
tion du volume mesuré par les carreaux), donc une augmentation de l'entropie du système
qui mesure ainsi l'incertitude que l'on a sur l'état du système.
X ∂f ∂g ∂f ∂g
[f, g] = − (4.11)
k
∂qk ∂pk ∂pk ∂qk
33
Propriétés. Soient f, g et h trois fonctions de q et p. Le crochet de Poisson a les
propriétés suivantes.
• Anti-symétrie :
[f, g] = −[g, f ] (4.12)
En particulier, [f, f ] = 0
• Linéarité : si λ1 et λ2 sont deux réels, alors
Les relations (4.12), (4.13), (4.14) et (4.15) forment un ensemble de règles qui susent
à calculer n'importe quel crochet de Poisson. Il est donc possible d'oublier la déni-
tion (4.11) et de dénir l'opérateur crochet de Poisson de façon axiomatique par les
quatre relations ci-dessus.
[q n+1 , p] = [qq n , p]
= q[q n , p] + q n [q, p] relation (4.14)
= qnq n−1 + q n
= (n + 1)q n
ce qui démontre la propriété. Ce résultat peut également se mettre sous la forme
d(q n )
[q n , p] =
dq
Or, toute fonction f (q) susamment régulière peut être localement développée en série
polynomiale. Donc, par linéarité, [f (q), p] = df (q)/dq . Il est aisé d'étendre cette propriété
à une fonction f (q, p) pour un nombre quelconque de degrés de liberté :
∂f
[f (q, p), pi ] = (q, p) (4.16)
∂qi
De même on montre, soit directement à partir de la dénition, soit en passant par les
axiomes, que
∂f
[f (q, p), qi ] = − (q, p) (4.17)
∂pi
34
Exercice 4.4 Un système dynamique à s degrés de libertés est décrit dans l'espace des
phases par les variables dites conjuguées (q , p ). On eectue une transformation dite cano-
nique et les nouvelles variables sont notées (Q , P ). Ces nouvelles variables sont fonction
i i
Q = Q (q, p, t) et P = P (q, p, t)
i i i i
vériant X X dF
pi q̇i − H(q, p, t) = Pi Q̇i − H 0 (Q, P, t) + (q, Q, t)
i i
dt
où H est le nouveau hamiltonien, fonction de Q, P et t.
0
variables conjuguées :
dt
∂F ∂F ∂F
pi = , Pi = − , H0 = H +
∂qi ∂Qi ∂t
35
dépend pas du choix des coordonnées : ces équations sont dites invariantes par transfor-
mation des coordonnées q 1 , q2 , ..., en n'importe quelles autres quantités indépendantes
Q1 , Q2 , ... Les nouvelles quantités sont des fonctions de q, et nous supposerons qu'elles
peuvent dépendre explicitement du temps
Qi = Qi (q, t)
Les équations de Hamilton (4.3) sont également inchangées sous une telle transforma-
tion. De plus, l'indépendance des variables p et q implique que la transformation des
coordonnées généralisées ci-dessus peut être étendue aux 2s variables p et q :
Cependant, les équations du mouvement ne gardent pas leur forme canonique (4.3)
sous toute transformation de la forme (4.18). Pour qu'il en soit ainsi, nous devons avoir
!
Z t2 X dqi
S= pi −H dt (4.19)
t1 i
dt
δS = 0 et δS 0 = 0
Remarquons de plus, avant de conclure, que les équations de Hamilton peuvent être
retrouvées à partir de (4.19). En eet (en omettant les indices),
Z t2
∂H ∂H
δS = δpq̇ + pδ q̇ − δq − δp dt
t1 ∂q ∂p
Z t2 Z t2
∂H t2 ∂H
δS = δp q̇ − + [pδq]t1 − δq ṗ +
t1 ∂p t1 ∂q
δq = 0
i.e.
Le terme entre crochets s'annule car aux bornes d'intégration. Il en résulte donc
que l'on a δS = 0 si les deux intégrandes sont nulles, si q̇ = ∂H/∂q et ṗ = −∂H/∂q ,
36
ce qui correspond aux équations de Hamilton.
X X dF
pi q̇i − H = Pi Q̇i − H 0 +
i i
dt
avec
dF X ∂F ∂F ∂F
(q, Q, t) = ( q̇i + Q̇i ) +
dt i
∂qi ∂Qi ∂t
Les deux intégrales S et S0 ne dièrent alors que d'une constante, la diérence de F
entre les deux bornes d'intégration, ce qui n'aecte pas la variation. Les transformations
satisfaisant cette condition sont dites canoniques. Chaque transformation canonique est
caractérisée par une fonction F particulière, appelée fonction génératrice de la transfor-
mation.
Nous voyons qu'alors
dF X X
(q, Q, t) = pi q̇i − Pi Q̇i + (H 0 − H)
dt i i
ce qui entraîne
pi = ∂F/∂qi , Pi = −∂F/∂Qi , H 0 = H + ∂F/∂t (4.21)
Lorsque F est connue, les expressions (4.21) donnent les relations entre p, q P, Q ainsi
et
que le nouvel hamiltonien. Il est également possible d'exprimer F en fonction de (q, P ),
(q, Q) ou (p, P ). Par exemple en écrivant
d X X X
(F + Pi Q i ) = pi q̇i + Qi Ṗi + (H 0 − H)
dt i i i
où les indices désignent les variables par rapport auxquelles la diérentiation s'eectue.
La démonstration complète est assez calculatoire. Cependant, nous reprenons ici l'ar-
gumentation proposée par Landau, qui constitue également une démonstration. Sans in-
troduire de restriction, nous considérons que f et g ne dépendent pas explicitement du
temps, puisque le temps n'intervient que comme un paramètre dans les transformations
37
canoniques. Il est toujours possible de considérer que g est le Hamiltonien d'un système
ctif : g ≡ Hg . Par la relation (4.10) nous avons :
df
= [f, Hg ]q,p
dt
Puisque la transformation est canonique, le même système est décrit par (q, p) et
(Q, P ). La dérivée totale en temps de f ne dépend donc pas du système de coordonnées
choisi, et [f, g]q,p = [f, g]Q,P .
Développons ces crochets de Poisson :
X ∂f ∂g ∂f ∂g
[f, g]q,p = −
k
∂q k ∂pk ∂pk ∂qk
X ∂f X ∂g ∂Qi !
∂g ∂Pi ∂f X ∂g ∂Qi ∂g ∂Pi
= + − +
k
∂q k i ∂Q i ∂pk ∂P i ∂pk ∂p k i ∂Q i ∂qk ∂Pi ∂qk
X ∂g X ∂f ∂Qi
∂f ∂Qi X ∂g X ∂f ∂Pi ∂f ∂Pi
= − + −
i
∂Qi k ∂qk ∂pk ∂pk ∂qk i
∂Pi k ∂qk ∂pk ∂pk ∂qk
X ∂g X ∂g
= [f, Qi ]q,p + [f, Pi ]q,p
i
∂Qi i
∂Pi
X ∂f X ∂f
[Qj , f ]q,p = [Qj , Qi ]q,p + [Qj , Pi ]q,p
i
∂Q i i
∂P i
On obtient ainsi
∂f
[f, Qi ]q,p = −
∂Pi
∂f
[f, Pi ]q,p = ,
∂Qi
ce qui permet de retrouver [f, g]q,p = [f, g]Q,P .
Les conditions (4.23) sont donc les conditions, en terme de crochet de Poisson, pour
que la transformation (q, p) 7→ (Q, P ) soit canonique. Autrement dit, une transformation
canonique est une transformation qui préserve la structure de l'espace des phases.
pi = Pi ; Qi = qi ; H 0 = H,
38
autrement dit la transformation identité.
Nous nous intéressons à des transformations canoniques qui varient très peu autour
de l'identité, autrement dit à des transformations dont la génératrice peut s'écrire :
où σ= ∂Φ
| , et où l'on ne considère pas de dépendance en temps (H
∂ε ε=0
= H 0 ).
La transformation canonique associée s'écrit
∂σ ∂σ
p i = Pi + ε (q, P ) + O(ε2 ) ; Qi = qi + ε (q, P ) + O(ε2 )
∂qi ∂Pi
Les dérivées∂σ/∂qi et ∂σ/∂Pi dépendent des anciennes coordonnées qi et des nou-
velles impulsions Pi . Cependant, en ne gardant que les termes en O(ε), il est possible de
remplacer Pi par pi . Nous dénissons alors la transformation innitésimale suivante
∂σ ∂σ
δqi = Qi − qi = ε (q, p) ; δpi = Pi − pi = −ε (q, p)
∂pi ∂qi
qui peut se réécrire avec les crochets de Poisson comme
∂A
δA = ε ,
∂x
et on a déjà vu que cette dernière expression valait aussi ε[A, px ]. D'où
δA = ε[A, px ]
De même, si le système est invariant par rotation autour de l'axe z, la quantité Mz est
conservée, et le calcul montre que la variation de A par rotation innitésimale d'angle ε
s'écrit
δA = ε[A, Mz ]
Si le système est invariant par translation en temps, ceci signie que son hamiltonien est
dA
conservé. Là encore, la variation de A par une translation en temps de ε vaut δA = ε ,
dt
soit
δA = ε[A, H]
Revenons à la génératrice σ(q, p). Cette fonction génère, via les équations (4.25) une
transformation innitésimale dans l'espace des phases. La variation de A(q, p) sous cette
transformation s'écrit
∂A ∂A
δA = δq + δp
∂q ∂p
∂A ∂σ ∂A ∂σ
= ε− ε,
∂q ∂p ∂p ∂q
39
soit
δA = ε[A, σ]
La transformation générée par σ peut être ou non une symétrie du système. σ génère
une symétrie si, quel que soit le point de l'espace des phases d'où l'on part, la transforma-
tion qu'elle génère ne change pas l'énergie du système (δH = 0). Autrement dit, σ génère
une symétrie du système si :
[H, σ] = 0 (4.26)
[σ, H] = 0
qui signie exactement que σ est conservée par translation en temps, i.e. est conservée au
cours du mouvement. Ainsi, le même crochet de Poisson exprime la variation de H sous
la transformation générée par σ, mais aussi, la variation de σ en temps.
Par exemple, prenons le hamiltonien d'une particule libre évoluant dans le plan (x, y),
H = 12 (p2x +p2y ), avec m = 1, et considérons σ = Mz = xpy −ypx . On vérie que [σ, H] = 0,
traduisant ainsi la conservation du moment angulaire Mz et la symétrie du système par
rotation autour de l'axe ez .
Considérons une dernière application qui fera le lien avec le chapitre suivant. Consi-
dérons une particule en rotation rapide sur elle même. À chaque instant cette particule a
un certain axe de rotation, et son moment angulaire est aligné sur cet axe. En l'absence
de tout champ extérieur, le moment angulaire est conservé et donc l'axe de rotation reste
xe au cours du temps. Supposons maintenant que cette particule soit chargée. En raison
de sa rotation rapide, la particule se comporte comme un électro-aimant, avec apparition
de deux pôles opposés alignés sur le moment angulaire. Là encore, en l'absence de champ
externe, le moment angulaire est conservé.
H = ωMz
40
où ω est une constante rendant compte de l'eet du champ magnétique, de la charge
électrique ou de tout autre paramètre du problème.
Comment évolue le moment angulaire de la particule ? Nous savons que la dérivée en
temps de la composante Mi du moment angulaire est obtenue par le crochet de Poisson
de cette quantité avec le hamiltonien :
Ṁi = [Mi , H]
ce qui implique
Ṁi = ω[Mi , Mz ], i = x, y, z
On en déduit immédiatement que Ṁz = 0, i.e. la composante z du moment angulaire
M est conservée. D'autre part, le calcul montre que [Mx , Mz ] = −My et [My , Mz ] = Mx ,
d'où
Ṁx = −ωMy et Ṁy = ωMx
ce qui est exactement l'équation de la rotation d'un vecteur dans le plan (x, y), par
rapport à l'origine et avec une fréquence angulaire ω. En d'autres mots, M eectue
une précession autour du champ constant B comme indiqué sur la gure 4.6. Ainsi,
le formalisme hamiltonien permet résoudre le problème bien que disposant de très peu
d'information sur le système.
41
(Aide : (u × v) · w = −(u × w) · v).
On paramétrise le plan de la trajectoire par les coordonnées polaires r et φ. On
supposera que A et r sont parallèles pour φ = 0 (choix de l'origine des φ) de
sorte que φ est l'angle entre A et r. En déduire la forme géométrique de la
trajectoire. Quelle est cette trajectoire pour
A A A
< 1, = 1, > 1?
k k k
p2 k ε2 3 β4
H 0 = H + δH = − + mc2 ( − β 2 ε − )
2m r 2 2 8
où les quantités sans dimension
β2 = ( et ε = Mc G 1r
p 2
mc
) 2
conservées. Pourquoi?
(c) On dénit ∆ comme l'angle de rotation de l'orientation du périhélie de la tra-
jectoire de la planète par révolution. A(0) est le vecteur A à t = 0 ou φ = 0.
Le vecteur A après une période T (ou en φ = 2π) est décomposé en une partie
parallèle à A(0) et une partie perpendiculaire : A(T ) = A + A .
Exprimer ∆ sous forme d'une intégrale portant sur la variable temps. On se
// ⊥
faible (Aide : commencer par calculer tan ∆ dans cette situation de petites per-
⊥
turbations).
42
(d) Le calcul du crochet de Poisson [A , δH] n'est pas compliqué mais un peu long.
On admettra donc le résultat de ce calcul sous la forme suivante : pour la
⊥
dA⊥ 1 dA⊥ M G
= = 6A(0) 2 cos2 φ + C1 cos φ + C2 sin2 φ cos φ
dφ φ̇ dt cr
43
5 Particule chargée dans un champ électromagnétique
Tout champ magnétique B(x, y, z) possède la propriété d'être à divergence nulle :
B = ∇ ×A (5.1)
Ce potentiel vecteur n'est pas unique. En eet, on peut montrer que pour tout champ
scalaire s(x, y, z), le rotationnel du gradient de s est nul : ∇ × ∇ s = 0. Il s'en suit que
les potentiels vecteurs A et A0 = A + ∇ s produisent le même champ magnétique, et ne
peuvent donc pas être distingués expérimentalement. L'opération consistant à passer d'un
potentiel à un autre pour décrire le même champ magnétique, s'appelletransformation
de jauge. Le principe de moindre action ne peut être énoncé qu'en faisant intervenir le
potentiel vecteur et non le champ magnétique lui-même. Ainsi, la physique est invariante
par transformation de jauge, mais son formalisme exige le choix d'une jauge particulière !
Nous considérons une particule chargée, de charge e. Cette particule est inuencée par
les champs électrique et magnétique E et B. La force induite par le champ électrique est
de la forme de celles étudiées dans les chapitres précédents. Elle s'exprime par
Fe = eE
E = −∇V
Fe = −e ∇ V (5.2)
La force induite par le champ magnétique sur une particule chargée est d'une nature
diérente, et son expression est un peu plus complexe. En eet cette force dépend non
seulement de la position de la particule via le champ magnétique, mais aussi de la vitesse
de la particule. Son expression a été établie par le physicien néerlandais H.A. Lorentz
(1853 - 1928), d'où le nom de force de Lorentz :
e
Fb = v × B (5.3)
c
où v est la vitesse de la particule et c la vitesse de la lumière dans le vide. En unité SI l'unité
du champ magnétique est le Tesla, exprimé en unité de masse par un temps au carré et par
−1 −1
Ampère, ce qui donne kg.s .C où C est l'unité de charge, le Coulon. L'expression (5.3)
n'est pas en unité SI (on aurait c = 1). Ici, une unité de champ magnétique est égale à c
44
fois un Tesla. c étant une constante universelle, il s'agit juste d'un changement d'échelle.
Ceci entraîne que le champ électrique et le champ magnétique, les deux composantes du
champ électromagnétique, possèdent les mêmes unités.
Remarquons que Fb est perpendiculaire à la vitesse et au champ magnétique. La loi
du mouvement s'écrit
d e
(mv) = v × B
dt c
Notons enn que la théorie de la relativité restreinte d'Einstein constitue le vrai cadre
e
théorique pour l'étude de la force eE + v × B agissant sur une particule chargée.
c
t2 t2 r2
mṙ2
Z Z Z
e
S= L(r, ṙ) dt = dt + A · dr (5.4)
t1 t1 2 c r1
t2
mṙ2 e
Z
S= + A · ṙ dt (5.5)
t1 2 c
mṙ2 e
L(r, ṙ) = + A(r) · ṙ (5.6)
2 c
ds
A←A+
dr
dans l'expression de l'action (5.4), nous obtenons une nouvelle action S0 vériant
e
S 0 = S + (s(r2 ) − s(r1 ))
c
45
Ainsi, S et S0 ne diérant que d'une constante, leurs variations sont égales, δS = δS 0 ,
conduisant à la même loi du mouvement.
∂L e
pi = = mṙi + Ai
∂ ṙi c
autrement dit,
e
p = mṙ + A (5.7)
c
d ∂L ∂L
L'équation du mouvement est donnée par la relation
dt ∂ ṙi
= ∂ri
, soit
d e e ∂A
(mṙi + Ai ) = · ṙ
dt c c ∂ri
Nous nous plaçons toujours dans le cas statique, où A est indépendant du temps.
Par contre, dans l'évaluation de la dérivée temporelle ci-dessus, il faut prendre en compte
le mouvement de la particule dans le champ A : à l'instant t la particule est en r et
ressent donc le champ A(r), tandis qu'à t + ∆t la particule se trouve en r + ∆r et
ressent donc l'eet de A(r + ∆r). En ce sens, on a une variation non nulle avec le temps
de l'eet de A sur la particule, même si A ne dépend pas du temps. Ceci se traduit par
le fait que A est évalué sur la trajectoire r(t) de la particule. On doit donc calculer la
dérivée totale en temps de Ai (r(t)). Ceci donne :
3
e X ∂Ai e ∂A
mr̈i + ṙj = · ṙ
c j=1 ∂rj c ∂ri
Pour nous assurer que nous retrouvons bien l'équation du mouvement connue, prenons
i = 3. L'équation ci-dessus devient :
mṙ2 e
H = p · ṙ − L = p · ṙ − − A · ṙ
2 c
46
e
L'expression (5.7) permet d'exprimer ṙ en fonction de p : ṙ = p/m − cm
A. D'où :
p2 1 e 2 e e
H= − p− A − A· p− A
m 2m c cm c
Finalement, le hamiltonien du système s'écrit :
1 e 2
H(r, p) = p − A(r) (5.8)
2m c
Remarquons que si nous remplaçons dans cette expression p par la forme donnée
1 2
en (5.7), on trouve que H ≡ mṙ , autrement dit la valeur numérique du hamiltonien est
2
égale à celle de l'énergie cinétique de la particule. Ceci montre que l'énergie est invariante
par transformation de jauge. Ceci montre également que l'énergie cinétique est conservée,
à condition bien sûr que le champ magnétique ne dépende pas du temps. Cependant, ceci
ne signie pas que la particule est insensible au champ magnétique, puisque le hamiltonien
doit être exprimé en fonction de r et p pour formuler les équations du mouvement de
Hamilton.
Z t2 2
mṙ e
S= − eV (r) + A · ṙ dt (5.10)
t1 2 c
mṙ2 1
L(r, ṙ) = + e( A(r) · ṙ − V (r)) (5.11)
2 c
47
Le potentiel vecteur A vérie ∇ ×A = B , soit
∂Ay ∂Ax
− = Bz = −b
∂x ∂y
Deux choix triviaux, compatibles avec les deux autres conditions, sont Az = 0, et soit
Ax = 0, Ay = −bx, soit Ax = by , Ay = 0.
On sait déjà que l'énergie est conservée, donc que le mouvement se fait à vitesse constante
en norme. Considérons la seconde jauge ci-dessus. Le lagrangien vaut alors :
mṙ2 be
L(r, ṙ) = + y ẋ
2 c
Les coordonnées x et z n'apparaissent pas dans l'expression du lagrangien : elles sont
dites cycliques, et les composantes correspondantes de l'impulsion sont conservées. Ainsi,
pz = mṙz est conservée. Donc, si initialement la composante selon ez de la vitesse est
nulle, alors le mouvement se fait dans le plan (x, y).
De plus,
be
px = mẋ + y
c
est également conservée. Si à un instant donné, par exemple à t = 0, px = 0, alors
be
ẋ = − y (5.12)
mc
Choisissons maintenant la première jauge. Le lagrangien, qui décrit la même réalité phy-
sique, s'écrit maintenant
mṙ2 be
L(r, ṙ) = − xẏ
2 c
Cette fois, la coordonnée y est cyclique donc la quantité
be
py = mẏ − x
c
est conservée. Si cette quantité s'annule à un instant donné, alors
be
ẏ = x (5.13)
mc
Les équations (5.12) et (5.13) montrent que le mouvement d'une particule chargée
dans un champ magnétique uniforme est circulaire. Posons
eb
ω=
mc
Remarque : le champ magnétique étant uniforme, le mouvement doit rester inchangé
par translation dans le plan (x, y). Choisissons donc le point (x0 , y0 ) comme centre du
mouvement circulaire, au lieu de (0, 0). On a alors
x(t) = r cos ωt + x0 et y(t) = r sin ωt + y0
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Dans la première conguration que nous avons traitée, la quantité px se conservait. Il en
va de même ici, et
be be be
px = −ωmr sin ωt + r sin ωt + y0 = y0
c c c
Dans le second cas, py est conservée, et
be be be
py = mωr cos ωt − r cos ωt − x0 = − x0
c c c
Ainsi, la conservation de l'impulsion nous dit que le centre (x0 , y0 ) reste inchangé durant
le mouvement !
∂L eb
ṗx = , mẍ + ẏ = eE
∂x c
∂L eb
ṗy = , mÿ − ẋ = 0
∂y c
Essayons un mouvement à accélération nulle : ẏ = Ec/b et ẋ = 0. Le champ électrique
est orienté selon x et la vitesse selon y. C'est l'eet Hall illustré sur la gure 5.1.
1 eB 1 eB
Qx = (px + y) ; Qy = (px − y)
α 2 α 2
1 eB 1 eB
Px = (py − x) ; Py = − (py + x)
α 2 α 2
49
avec α = √eB tandis que z et p restent inchangés.
Vérier que cette transformation dénit bien une transformation canonique en cal-
z
50