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Code Des Assurancess

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LOI N°15/005 DU 17 MARS 2015 PORTANT CODE DES ASSURANCES

PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE

Expose des motifs

La Loi portant Code des Assurances est l’un des plus importants
dispositifs parmi les réformes initiées en vue de moderniser et de libéralisée
certaines activités des secteurs économique et financier du pays.

L’assurance constitue une des activités essentielles au développement


économique et social des pays modernes.
Elle contribue, d’une part, à la sécurité des familles et à la pérennité
des entreprises en compensant les conséquences des accidents qui menacent leur
patrimoine ou la sécurité de leurs revenus ; et d’autre part, elle suscite une
épargne collective qui, étant investi au service de l’économie nationale,
contribue fortement au développement de cette dernière.

La sécurité juridique est, en effet, un des soucis majeurs des


investisseurs et donc une condition du développement économique du pays et de
l’amélioration des conditions de vie de ses citoyens.

Les particularités des opérations d’assurances amènent


universellement les Etats à légiféré en la matière pour imposer un droit
particulier relatif au contrat d’assurance, ainsi qu’au mode de fonctionnement
des entreprises d’assurance et à leur contrôle par les pouvoirs publics.

La législation congolaise en matière d’assurance est constituée de


textes disparates et obsolètes, outre qu’elle demeure encore en marge des
instruments internationaux. Conformément à l’article 202 point 36 de la
Constituions, il est donc nécessaire de mettre sur pied une législation uniforme,
moderne et complète, sous forme d’un Code des Assurances prenant en compte
tous les engagements internationaux en matière d’assurances ainsi que les
particularités du pays.

Les opérations des assurances relèvent du secteur concurrentiel de l’économie et


il n’est donc pas souhaitable que l’Etat y ait une part prépondérante. Il doit
cependant fixer les conditions dans lesquelles de nouvelles sociétés, y compris
des mutuelles d’assurance, pourraient être agréées pour pratiquer des opérations
d’assurance.

En libéralisant le marché des assurances mettant ainsi fin au monopole accordé à


la Société Nationale d’Assurances, l’Etat doit assumer ses responsabilités en ce
qui concerne la régulation et le contrôle du marché ainsi que la discipline des
opérateurs dans l’intérêt des assurés grâce à la sécurité financière offerte par les
entreprises d’assurances. C’est pourquoi, la présente loi prévoit la création d’une
Autorité de régulation et de contrôle des assurances.

La présente loi est structurée en sept livres suivants :

Telle est l’économie générale de la présente loi.

LOI

L’assemblée nationale est le Sénat ont adopté

Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

LIVRE I : DES OPÉRATIONS D’ASSURANCES

Titre I : Des dispositions générales

Article 1 : Du champ d’application

La présente loi s’applique aux opérations d’assurances directes et de


réassurances réalisées sur le territoire de la République Démocratique du Congo.

Elle ne concerne pas les opérations des assurances gérées par la sécurité sociale.

Toutefois, elle s’applique aux opérations d’assurances directes et de


réassurances souscrites par des entreprises agréées en complément et après
épuisement des garanties accordées par la sécurité sociale.

Article 2 : De la primauté des dispositions particulières à certaines catégories

Les dispositions particulières à certaines catégories d’assurances et de


réassurances l’emportent, en cas de conflit, sur les dispositions communes à
toutes les assurances.
Article 3 : Des définitions

Aux termes de la présente loi, on entend par :

Actuaire: personne qui, par sa formation, est spécialisée dans l’analyse des
aspects mathématiques, techniques et financiers de l’assurance, des risques et
des domaines connexes, particulièrement la construction d’une table de
mortalité, le calcul des primes, des provisions mathématiques et des valeurs
diverses ;

Agent général d’assurance : intermédiaire d’assurance admis à présenter » au


public des opérations d’assurance. C’est une personne physique ou morale,
mandataire d’une société d’assurance, qui dans une circonscription déterminée,
la représente et lui réserve l’exclusivité de sa production. Il est lié à l’assureur
par un contrat de nomination qui détermine l’étendue et la nature de ses
obligations de l’agent et de son entreprise mandante ;

Agrès : équipement qui sert à la manœuvre d’un navire notamment câbles,


vergues et voiles ;

Apparaux : machines implantées à bord des navires et dédiées aux opérations


de manutention ou aux manœuvres ;

Arrérages : somme d’argent échue ou à échoir et à verser périodiquement au


bénéficiaire, d’une rente ou d’une pension ;
Assurance de dommage: assurance dans laquelle la prestation d’assurance
dépend d’un évènement incertain qui cause un dommage au patrimoine d’une
personne. Les assurances de dommages comprennent à la fois les assurances de
choses et les assurances de responsabilité ;

Assurance frontière : assurance de responsabilité civile que souscrivent les


conducteurs des véhicules immatriculés dans un pays étranger non adhérent à un
système de gestion de la carte internationale d’assurance de la responsabilité
civile automobile.
Elle est généralement délivrée aux postes frontaliers pour une durée
limitée ;
Assurance de personnes : assurance garantissant les risques dont la survenance
dépend de la survie ou du décès ainsi que de l’incapacité et de l’invalidité de
l’assuré ;

Assurance faculté : assurance de la marchandise et/ou de la cargaison ;

Assurance temporaire en cas de décès : assurance garantissant le paiement


d’un capital ou d’une rente en cas de décès de l’assuré à condition que le décès
survienne avant une date déterminée au contrat. Si l’assuré survit jusqu’à cette
date, aucune prestation n’est due par l’assureur et les primes lui sont acquises ;

Assuré : personne physique ou morale sur laquelle ou sur les intérêts des
laquelle repose l’assurance ;

Attestation d’assurance : certificat délivré par l’assureur constatant l’existence


de l’assurance ;

Avance : prêt accordé par l’assureur au souscripteur garanti par le montant de la


provision mathématique du contrat d’assurance-vie ;

Bénéficiaire : personne physique ou morale désignée par le souscripteur et qui


reçoit la capital ou la rente due par l’assureur ;

Bureau national : organisme professionnel sans but lucratif auquel sont obligés
d’adhérer tous les assureurs automobiles opérant sur le territoire d’un Etat
membre signataire de la convention inter-bureaux qui intervient sur ce territoire
comme gestionnaire du système d’émission de la carte internationale
d’assurance ainsi que du règlement des sinistres qui y surviennent, résultant du
trafic transfrontalier des véhicules avec les autres pays membres du système ;

Capital assuré : valeur déclarée au contrat et constituant la limite de


l’engagement de l’assureur ;

Carte internationale d’assurance automobile : carte d’assurance couvrant la


responsabilité civile des véhicules automobiles en circulation internationale,
émise par le bureau national d’un membre et valable dans chacun des autres
pays adhérant au système ;

Commission : rémunération attribué à l’intermédiaire d’assurance, apporteur


d’affaires ou gestionnaire ;
Condition d’assurance : ensemble de clauses constituant les bases de l’accord
intervenu entre le souscripteur et l’assureur
Constructeur : architecte, entrepreneur, technicien ou autre personne liée au
maître de l’ouvrage par un contrat de louage d’ouvrage ;
personne qui vend, après achèvement, un ouvrage qu’elle a construit ou fait
construire ;
personne qui, bien s’agissant en qualité de mandataire du propriétaire de
l’ouvrage, accomplit une mission assimilable à celle d’un locataire d’ouvrage.

Contrat d’assurance-vie : convention par laquelle, en contrepartie de


versements uniques ou périodiques, l’assureur garantit des prestations dont
l’exécution dépend de la survie ou du décès de l’assuré ;

Contrat de capitalisation : convention d’assurance où la probabilité de décès


ou de survie n’intervient pas dans la détermination de la prestation en ce sens
qu’en échange de primes uniques ou périodiques, le bénéficiaire perçoit le
capital constitué par les versements effectués, augmentés d’intérêts et de
participations aux bénéfices ;

Contre assurance : garantie consistant à rembourser’ les cotisations nettes


augmentées éventuellement d’intérêts, au décès de l’assuré, avant l’échéance
d’un contrat souscrit en cas de vie ;

Cotisation d’assurance : somme, correspondant à la prime, due par l’assuré en


contrepartie d’un contrat d’assurance souscrit auprès des mutuelles d’assurance ;

Déclaration d’aliments : ordre d’assurance donné par un assuré à un assureur


qui vient alimenter une police flottante ou d’abonnement conclu d’avance ou
pour une période donnée en vue de couvrir les fréquentes expéditions des
marchandises en risques maritimes ;

Déchéance : du droit à l’indemnité au titre d’un sinistre à la suite du non-respect


par l’assuré de l’un de ses engagements, sans que cela n’entraîne la nullité du
contrat ;

Délaissement : transfert de propriété de la chose assurée, en cas de sinistre, au


profit de l’assureur contre paiement à l’assuré de la totalité de la somme
garantie ;
Demande d’assurance : formulaire émanant de l’assureur par lequel celui-ci
offre de prendre le risque en charge provisoirement, à la demande du preneur
d’assurance ;

Échéance de prime : date à laquelle est exigible le payement d’une prime ;

Engagement règlementés : provisions techniques, pour risques en cours et pour


sinistres à payer, constituées par les organismes d’assurances pour leur
permettre de tenir leurs engagements vis-à-vis de leurs assurés. Inscrites au
passif du bilan, elles correspondent aux dettes contractées et doivent être
représentées à l’actif par des placements règlementés ;

Entreprise ou compagnie d’assurance : société commercial agréée qui se


livre, à titre d’activité habituelle, à la souscription et à l’exécution de contrats
d’assurances ;

Entreprise de réassurance : entreprise dont l’activité habituelle consiste à


accepter des risques d’assurance cédés soit par une entreprise d’assurance, soit
par une autre entreprise de réassurance, soit par une mutuelle d’assurance ou de
réassurances, et qui ne pratique pas la souscription et l’exécution des contrats
d’assurances ;

Évènement : circonstance susceptible de provoquer ou ayant provoqué un


sinistre ;

Exclusion : évènement ou état d’une personne, non couvert, et exclu de la


garantie ;

Franchise : somme qui, dans le règlement d’un sinistre, reste toujours à la


charge de l’assuré ;

Forclusion : perte du droit d’exercer un recours ;

Indemnité d’assurance : somme versée par l’assureur conformément aux


dispositions du contrat en réparation du préjudice subi par l’assuré ou la
victime ;
Maître de l’ouvrage : personne physique ou moral pour compte de laquelle
l’exécution de travaux ou la fourniture d’équipement est réalisée ;

Ouvrage : résultat d’un ensemble de travaux de génie civil pouvant consister en


des opérations de construction, de reconstruction, de démolition, de réparation
ou de rénovation ;

Personne lésée : personne victime d’un dommage dont l’assuré est


responsable ;

Police d’assurance : document matérialisant le contrat d’assurance. Il indique


les conditions générales et particulières ;

Préavis de résiliation : délai à respecter par la partie qui veut résilier le contrat
d’assurance ;

Prêt à la grosse : prêt consenti à un taux très élevé par un particulier pour
financer le voyage d’un négociant au long cours ;
Prestation d’assurance : montant payable au service à fournir par l’assureur en
contrepartie de ses engagements ;

Prime : somme due par le souscripteur d’un contrat d’assurance en contrepartie


des garanties accordées par l’assureur ;

Prime pure : montant qui représente le coût du risque couvert, tel que calculé
par les méthodes actuarielle sur la base des statistiques relatifs audits risque ;

Proposition d’assurance : document remis par l’assureur ou son représentant à


un assuré éventuel et sur lequel ce dernier doit porter les informations
nécessaires à l’assureur pour l’appréciation du risque à couvrir et la fixation des
conditions de couverture ;

Provision mathématique : différence entre les valeurs actuelles des


engagements respectivement pris par l’assureur et l’assuré. Elle fait partie du
patrimoine de l’assureur. La provision mathématique doit être remboursée même
en cas de nullité ou de suicide volontaire de l’assuré ;
Provisions techniques : engagements règlementé ou sommes mises en réserve
par les assureurs pour faire face à leurs obligations ;

Rachat : versement anticipé à l’assuré d’un pourcentage de l’épargne constituée


au titre d’un contrat d’assurance-vie. Le rachat de la totalité de l’épargne met fin
au contrat ;

Réassurance : contrat par lequel un assureur obtient la prise en charge par un


réassureur de tout ou partie des risques qu’il supporte à l’égard des assurés ;
l’assureur demeurent seul responsable vis-à-vis des assurés ;

Réassurance financière limité ou réassurance finite : réassurance en vertu de


laquelle la perte maximale potentielle du réassureur, découlant d’un transfert
significatif à la fois des risques liés à la souscription et des risques liés à
l’échéance des paiements, excède, à concurrence d’un montant important mais
limité, les primes dues par la cédante sur toute la durée du contrat ;

Réduction : opération qui détermine le nouveau capital ou la nouvelle rente


garantie appelée valeur de réduction, auquel aura droit un assuré ayant versé une
partie des primes annuelles, dans le cadre d’un contrat d’assurance-vie, et qui
cesse de payer ses primes ;

Réduction en assurance à caractère indemnitaire : sanction consistant pour


l’assureur à diminuer sa prestation, eu égard au manquement, par le preneur
d’assurance ou l’assuré, à l’une des obligations découlant du contrat
d’assurance ;

Règle proportionnelle : principe en matière d’assurance de dommage en vertu


duquel, en cas de sinistre, l’indemnité est réduite dans la proportion :

Du rapport entre la somme garantie et la valeur de la chose assurée, s’il y


a sous-assurance ;
Du rapport entre la prime effectivement payée et celle due par l’assuré,
s’il y a insuffisance de prime par rapport aux caractéristiques du risque.

Résiliation : cessation anticipée d’un contrat d’assurance à la demande de l’une


ou l’autre partie ou de plein droit lorsqu’elle est prévue par la loi ;
Risque : évènement redouté par l’assuré et qui constitue l’objet du contrat ;
Sinistre : survenance de l’évènement prévu par le contrat d’assurance ;

Sociétaire : personne qui adhère à une société mutuelle d’assurances.


Synonyme d’assuré ;

Sous–assurance : cas où la somme déclarée à l’assureur est inférieur à la valeur


réelle du risque assuré ;
Souscription ou contractant : personne morale ou physique qui contracte une
assurance pour son propre compte d’autrui et qui, de ce fait s’engage envers
l’assureur pour le paiement de la prime ;

Subrogation légale : substitution de l’assureur dans les droits et actions de


l’assuré en contrepartie du paiement de l’indemnité ;

Surprime : majoration de la prime d’assurance à la suite d’une aggravation du


risque assuré ;

Tacite reconduction : renouvèlement automatique du contrat d’assurance au


terme de chaque période de garantie ;
Taux de prime ou de cotisation : proposition de la prime ou de la cotisation
d’assurance par rapport de garantie ;

Tiers payeur : organisme, en matière de responsabilité civile, servant des


prestations à la victime d’un accident corporel imputable à un évènement de
toute nature dont il peut ensuite obtenir le remboursement de la part de la
personne tenue à réparation.

TITRE II : DES REGLES COMMUNES A TOUTES LES ASSURANCES

Chapitre 1: Du contrat d’assurance

Article 4 : De la définition.

Le contrat d’assurance est une convention en vertu de laquelle,


moyennant paiement d’une rémunération appelée prime ou cotisation, une
partie, l’assureur, s’engage envers une autre, le preneur d’assurance, à fournir
une prestation stipulée dans le contrat au cas où surviendrait un évènement
incertain que, selon le cas, l’assuré ou le bénéficiaire a intérêt à ne pas voir se
réaliser.
Article 5 : De l’intérêt d’assurance.

Toute personne ayant intérêt à la conservation d’une chose peut la faire assurer.
Tout intérêt direct ou indirect à la non-réalisation d’un risque peut faire l’objet
d’une assurance.

Article 6 : De la proposition d’assurance

La proposition d’assurance est une offre écrite du souscripteur de


contracter l’assurance. Elle ne l’engage qu’à compter de l’acceptation de
l’assureur. Elle n’engage ni l’assuré, ni l’assureur; seule la police ou la note de
couverture constate leur engagement réciproque.

Est considérée comme acceptée la proposition d’assurance faite par


lettre ou tout autre moyen avec accusé de réception, si l’assureur ne réagit pas à
cette proposition dans les quinze jours après qu’elle lui est parvenue.

Les dispositions du deuxième alinéa ne sont pas applicables aux assurances de


personnes.

Article 7 : De l’information au proposant.

L’assureur fournit au proposant, avant la conclusion du contrat, un exemplaire


du projet de contrat ou une notice d’information sur le contrat qui décrit
précisément les garanties, les exclusions, les obligations de l’assuré et la
cotisation due par l’assuré.

Les clauses du contrat qui divergent des indications fournies par Le projet de
contrat ou par la notice d’information ne sont pas opposables à l’assuré.

Article 8 : De la preuve-modification du contrat.

Le contrat d’assurance est constaté par écrit. Il est signé par l’assureur, le
souscripteur ou le preneur d’assurance.
Toute addition ou modification au contrat d’assurance initial est constatée par un
avenant signé par toutes les parties au contrat.

Les présentes dispositions rie font pas obstacle à ce que, même avant la
délivrance du contrat ou de l’avenant, l’assureur et l’assuré se soient engagés,
l’un envers l’autre par la remise d’une note de couverture.

Article 9 : De la forme des contrats et mentions obligatoires

Le contrat d’assurance est écrit en termes simples et en caractères lisibles. Les


clauses ambiguës s’interprètent en faveur de l’assuré.
Sous peine d’inopposabilité, tes clauses contraignantes pour les assurés, telles
que celles édictant des nullités ou prévoyant des déchéances, celles exposant tes
règles d’indemnisation et celles relatives aux exclusions de garantie, doivent
ressortir en caractères gras ou apparents.

Le contrat d’assurance est daté du jour où il est établi.

Il indique :

Les noms et domiciles des parties contractantes;


La chose ou la personne assurée;
La nature des risques garantis;
La qualité d’experts appelés à intervenir en cas de sinistre;
Le moment à partir duquel Le risque est garanti et la durée de la garantie;
Le montant de la garantie;
La cotisation d’assurance à payer par l’assuré;
Les cas et les modalités de prorogation;
Les cas et Les modalités de résiliation;
Les obligations de L’assuré à la souscription et en cours de contrat en ce qui
concerne la déclaration de la nature du risque, la déclaration des autres
assurances souscrites sur le même risque et les sanctions applicables;
Les conditions et les modalités de la déclaration à faire en cas de sinistre et les
sanctions en cas de défaut ou de retard de déclaration;
Les délais endéans lesquels l’assureur doit faire une proposition de transaction
ainsi que ceux dans lesquels l’indemnité de sinistre doit être payée;
La procédure et les principes mis en œuvre pour déterminer l’indemnité;

La prescription de l’action en indemnisation ainsi que les cas d’interruption et de


suspension de Ladite prescription.
Les contrats des sociétés d’assurances mutuelles doivent constater la remise à
l’assuré sociétaire du texte entier des statuts de la société.

Article 10 : Du mandat-assurance pour compte.

L’assurance peut être contractée en vertu d’un mandat général ou spécial ou,
même sans mandat, pour le compte d’une personne déterminée. Dans ce dernier
cas, l’assurance profite à la personne pour le compte de laquelle elle a été
conclue, alors même que la ratification n’aurait lieu qu’après le sinistre.
Elle peut aussi être contractée pour le compte de qui il appartiendra. La clause
vaut tant comme assurance au profit du souscripteur du contrat que comme
stipulation pour autrui au profit du bénéficiaire connu ou éventuel de ladite
clause.

Le souscripteur d’une assurance contractée pour le compte de qui il appartiendra


est seul tenu au paiement de la prime envers l’assureur. Les exceptions que
l’assureur pourrait lui opposer sont également opposables au bénéficiaire du
contrat quel qu’il soit.

Article 11 : De la transmission du contrat.

Le contrat d’assurance autre que le contrat d’assurance sur la vie peut être à
personne dénommée, à ordre ou au porteur.

Les contrats à ordre se transmettent par voie d’endossement, même en blanc.

Le contrat d’assurance sur la vie peut être à ordre. L’endossement d’un contrat
sur la vie doit, à peine de nullité, être daté, indiquer le nom du bénéficiaire de
l’endossement et être signé de l’endosseur.

Article 12 : De l’opposabilité des exceptions.

L’assureur peut opposer au porteur du contrat d’assurance ou au tiers qui en


invoque le bénéfice des exceptions opposables au souscripteur originaire,

Chapitre 2: Des obligations des parties


Section 1ère : Des obligations de l’assuré

Articlé 13 : De la déclaration des risques

L’assuré doit répondre exactement aux questions posées par l’assureur, dans le
formulaire de déclaration du risque de façon à permettre à l’assureur d’apprécier
les risques qu’il prend en charge.

Article 14 : Du cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle.

Indépendamment des causes ordinaires de nullité, le contrat d’assurance est nul


en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle de la part de l’assuré,
quand cette réticence ou cette fausse déclaration change l’objet du risque ou en
diminue l’opinion pour l’assureur, alors même que le risque omis ou dénaturé
par l’assuré a été sans influence sur le sinistre.
Les primes payées demeurent alors acquises à l’assureur à titre de dommages et
intérêts.
Article 15 : Du cas d’omission ou de fausse déclaration non intentionnelle.
L’omission ou ta déclaration inexacte de la part de l’assuré dont la mauvaise foi
n’est pas établie n’entraîne pas la nullité du contrat d’assurance. Si elles sont
constatées avant tout sinistre, l’assureur a le droit, soit de maintenir le contrat
moyennant une augmentation de prime acceptée par l’assuré, soit de résilier Le
contrat dix jours après notification adressée à l’assuré par Lettre recommandée
ou tout autre moyen avec accusé de réception, en restituant à l’assuré la portion
de la cotisation payée pour Le temps où l’assurance ne court plus.
Dans le cas où la constatation n’a Lieu qu’après sinistre, l’indemnité est réduite
en proportion du taux des primes payées par rapport au taux des primes qui
auraient été dues si les risques avaient été complètement et exactement déclarés.
Article 16 : Du paiement de la prime.

La prime est payable au domicile de l’assureur ou de l’intermédiaire aux


conditions prévues à l’article 502 de la présente loi. La prise d’effet du contrat
est subordonnée au payement de la prime par le souscripteur.

II est interdit aux entreprises d’assurances, sous peine de sanctions, de souscrire


ou de renouveler un contrat d’assurance dont la prime n’est pas payée.

Par dérogation au principe énoncé aux alinéas précédents, un délai maximum de


payement de soixante jours à compter de la date de prise d’effet ou de
renouvèlement du contrat peut être accordé au souscripteur, pour des risques
dont la prime excède quatre-vingt dix fois le SMIG annuel à l’exception des
contrats de branches automobile, maladie et marchandises transportées.

Toutefois, le souscripteur devra signer un engagement express à payer la prime


du contrat avant l’expiration du délai prévu. Lorsque l’engagement express de
payer la prime est matérialisé par un effet de commerce, le terme maximum
stipulé ne peut excéder le délai de soixante jours ci-dessus.

A défaut de payement de la prime dans le délai convenu, le contrat est résilié de


plein droit. La portion de prime courue reste acquise à l’assureur, sans préjudice
des éventuels frais de poursuite et de recouvrement.

Les dispositions des alinéas 2 à 4 ne s’appliquent pas aux assurances sur la vie.

Article 17 : En cas d’aggravation et de modification du risque.

L’assuré a l’obligation de déclarer en cours de contrat les


circonstances nouvelles qui ont pour conséquence, soit d’aggraver ou d’alléger
les risques, soit d’en créer de nouveaux et rendent de ce fait inexactes les
réponses faites à l’assureur lors de la conclusion du contrat.

L’assuré doit déclarer ces circonstances, par lettre ou par tout autre
moyen avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours à partir du
moment où il en a eu connaissance.

Si les circonstances nouvelles ainsi déclarées en cours de contrat sont


telles que si elles avaient été déclarées lors de sa conclusion, l’assureur n’aurait
pas contracté ou ne l’aurait fait que moyennant une prime plus élevée.

L’assureur a la faculté soit de dénoncer le contrat en remboursant la


fraction de prime correspondant à la période de garantie non courue, soit de
proposer un nouveau montant de prime.

Les dispositions de l’alinéa précédent ne s’appliquent pas aux


assurances sur la vie ni à l’assurance maladie lorsque l’état de santé de l’assuré
se trouve modifié en cours de contrat.

Si, pour la fixation de la prime, il a été tenu compte de circonstances


spéciales mentionnées dans le contrat, aggravant les risques et si ces
circonstances viennent à disparaître au cours de la période de garantie, l’assuré a
le droit de résilier le contrat, sans indemnité et avec droit au remboursement de
la fraction de prime correspondant à la période non courue, si l’assureur ne
consent pas à la diminution de la prime correspondant à l’amélioration du
risque.

L’assureur ne peut plus se prévaloir de l’aggravation des risques


quand, après en avoir été informé de quelque manière que ce soit, il a consenti
au maintien de l’assurance.

Article 18 : De la déclaration des sinistres.


L’assuré est tenu de déclarer à l’assureur, dès qu’il en a eu connaissance et au
plus tard dans le délai fixé par le contrat, tout sinistre susceptible de mettre en
jeu la garantie de l’assureur. Ce délai contractuel ne peut être inférieur à huit
jours ouvrables, sauf en cas de vol ou de mortalité du bétail où il est réduit à
cinq jours. Ces délais peuvent être prolongés d’un commun accord entre les
parties contractantes.

L’assuré qui, de mauvaise foi, fait une déclaration inexacte de sinistre dans le
but d’en fausser l’appréciation par l’assureur et d’en tirer un avantage indu, est
déchu du bénéfice de l’assurance.

Article 19 : Des sanctions en cas de déclaration tardive et des clauses de


déchéance prohibées
Le contrat peut prévoir la déchéance de l’assuré en cas de déclaration tardive au
regard des délais prévus à l’aride 19 alinéa 1, mais la déchéance ne peut être
opposée à l’assuré que si l’assureur apporte la preuve que le retard lui a causé un
préjudice. Est réputée non écrite toute clause contraire.

Sont nulles:

Toutes clauses générales frappant de déchéance l’assuré en cas de violation des


lois ou des règlements, à moins que cette violation ne constitue une infraction;
Toutes clauses frappant de déchéance l’assuré, à raison de simple retard
apportait par lui à la déclaration du sinistre aux autorités compétentes, sans
préjudice du droit pour l’assureur de réclamer une indemnité proportionnée au
dommage que ce retard lui a causé;
Toute clause édictant des nullités, des déchéances ou des exclusions non
mentionnées en caractère très apparent.

Section 2 : Des obligations de l’assureur

Article 20 : De l’obligation d’information et de conseil

Conformément aux dispositions de l’article 8 de la présente loi, et sous peine


d’encourir la sanction prévue en cas de réticence, l’assureur est tenu de fournir
au preneur d’assurance toute information et tout conseil nécessaires en vue de la
conclusion du contrat.

L’assureur doit remettre à l’assuré un exemplaire écrit du contrat tel que prévu à
l’article 9 de la présente Loi, à La notice d’information qui lui a été remise et à
La proposition remplie et signée par l’assuré, le souscripteur ou le preneur
d’assurance.

Article 21 : Du paiement des sinistres

A la réalisation d’un risque assuré ou à l’échéance du contrat, l’assureur exécute


dans le délai convenu la prestation déterminée par le contrat et ne peut être tenu
au-delà.

A la réception de toute déclaration de sinistre, l’assureur doit informer


immédiatement l’assuré des documents qui doivent lui être fournis pour
compléter le dossier de demande d’indemnisation et diligenter les expertises
nécessaires en tenant l’assuré informé et en l’invitant à participer à ces
expertises. Si l’assureur estime que le sinistre ne doit pas être pris en charge, il
doit immédiatement en donner les raisons à l’assuré.
Si le risque est couvert par le contrat, l’assureur doit présenter à l’assuré une
offre d’indemnisation détaillée par chefs de préjudice dans un délai de trois mois
à compter de la réception de toutes les pièces exigées pour l’étude du dossier. En
cas de dépassement de ce délai par l’assureur, l’indemnisation doit être majorée
d’intérêts de retard calculés sur la base du double du taux directeur de la Banque
Centrale du Congo au dernier jour où l’offre d’indemnisation aurait dû
légalement être faite.

Lorsque le montant du sinistre n’est pas définitivement déterminé six mois après
la réception de la déclaration, l’assureur doit présenter à l’assuré ou à la victime
une offre raisonnable à titre provisionnel, à valoir sur le règlement définitif. Si
l’offre de règlement provisionnel est insuffisante, l’assureur devra payer en sus
de l’indemnité une pénalité calculée sur la base du double du taux directeur de la
Banque Centrale du Congo au jour où cette offre a été faite. Si aucune offre de
règlement provisionnel n’est faite dans Le délai de six mois de la déclaration,
l’assureur devra des intérêts de retard calculés sur la base du double du taux
directeur de la Banque Centrale du Congo à la date limite où cette offre aurait dû
être faite.

Lorsque l’assuré, rayant droit ou le bénéficiaire, a accepté une offre de


règlement ou une provision à valoir sur le règlement définitif, il a le droit de se
rétracter pendant un délai de sept jours à compter de son acceptation.

L’assureur doit procéder au paiement de la somme convenue dans les quinze


jours qui suivent la fin du délai de rétractation. Tout retard dans le paiement
expose l’assureur au paiement d’intérêts calculés au double du taux directeur de
la Banque Centrale du Congo au jour de l’expiration du délai légal de paiement.

Article 22 : De l’avis d’échéance

Pour les contrats renouvelables par tacite reconduction, à chaque échéance de


garantie, l’assureur est tenu d’aviser à la dernière adresse connue, au moins
trente jours à l’avance, l’assuré ou la personne chargée du paiement des primes,
de la date d’échéance du contrat et du montant de la prime qui doit être acquittée
pour son renouvèlement.

Article 23 : Des exclusions

Les exclusions de garantie, de même que les déchéances, sont écrites en


caractères apparents.

Les pertes et les dommages occasionnés par des cas fortuits ou causés par la
faute non intentionnelle de l’assuré sont à la charge de l’assureur, sauf exclusion
formelle et limitée contenue dans le contrat.

Toutefois, l’assureur ne répond pas des pertes et dommages provenant d’une


faute intentionnelle ou dolosive de l’assuré. La charge de la preuve du caractère
intentionnel ou dolosif de la faute appartient à l’assureur.

L’assureur ne couvre pas les sinistres survenus après expiration ou suspension


de la garantie du contrat.

Chapitre 3 : De la durée et de la résiliation du contrat

Article 24 : De la durée du contrat

La durée du contrat est mentionnée en caractères apparents.

Lorsque sa durée est supérieure à un an, le contrat mentionne qu’il est toujours
résiliable par l’assuré à la date anniversaire du début de la garantie et que la
durée de la tacite reconduction ne peut en aucun cas être supérieure à une année.

Article 25 : Du droit de résiliation à la date anniversaire du contrat

Sous réserve de ce qui est dit au quatrième alinéa du présent article, lorsque le
contrat a une durée de validité supérieure à une année, nonobstant toute clause
contraire, l’assuré peut résilier le contrat chaque année, sans indemnité, à la date
anniversaire de sa prise d’effet moyennant un préavis d’au moins un mois.

Chaque contrat comporte une clause qui rappelle le droit de l’assuré de le


résilier à chacune des dates anniversaires.

Le même droit appartient à l’assureur dans les mêmes conditions sauf pour les
contrats d’assurance Maladie, les contrats d’assurance vie et les contrats
d’assurance construction.

L’assureur et l’assuré peuvent renoncer, moyennant l’insertion d’une clause


apparente, à leur droit de résiliation annuelle du contrat lorsque l’assuré est une
entreprise qui souhaite souscrire un contrat pluriannuel.

Article 26 : De l’interdiction de la résiliation après sinistre

Le paiement des sinistres par l’assureur étant l’objet même du contrat


d’assurance, toute clause autorisant l’assureur à résilier le contrat après La
survenance d’un sinistre est réputée non écrite.
Article 27 : De la résiliation pour modification ou cessation du risque

Conformément aux dispositions de l’article 17 de la présente loi, le contrat


d’assurance peut être résilié par chacune des parties lorsqu’il a pour objet La
garantie de risques en relation directe avec la situation antérieure et qui ne se
retrouvent pas dans la situation nouvelle.

Il en est ainsi en cas de survenance d’un des évènements suivants :

Changement de domicile ;
Changement de profession ;
Retraite professionnelle ou cessation définitive d’activité professionnelle ;

Changement de situation ou de régime matrimonial.


La résiliation du contrat ne peut intervenir que dans les trois mois qui suivent la
date de l’évènement. Elle prend effet un mois après que l’autre partie en a reçu
notification.

Il ne peut être prévu d’indemnité en faveur de l’assureur dans les cas de


résiliation prévus au présent article.

La date à laquelle le délai de résiliation est ouvert en raison de la survenance


d’un des évènements prévus ci-dessus est celle à laquelle la situation nouvelle
prend naissance.

Toutefois, en cas de retraite ou de cessation définitive d’activité professionnelle,


le point de départ du délai est le lendemain de la date à laquelle la situation
antérieure prend fin.

Si l’un des évènements visés à l’alinéa 1 est constaté par une décision
juridictionnelle ou lorsqu’il ne peut en être déduit d’effets juridiques qu’après
une homologation ou un exéquatur, la date retenue est celle à laquelle cet acte
juridictionnel est passé en force de chose jugée.

En cas de résiliation, l’assureur doit rembourser à l’assuré les primes au prorata


de la période non couverte.

Les dispos Wons du présent article ne sont pas applicables aux contrats
d’assurance sur la vie.

Article 28 : De la forme de la résiliation

La partie qui souhaite résilier un contrat d’assurance adresse à l’autre partie soit
une lettre recommandée avec accusé de réception, soit une déclaration
contresignée ou contre récépissé, soit un acte extra judiciaire, soit procéder par
tout autre moyen prévu au contrat.

SI la demande de résiliation fait suite à l’un des évènements cités à l’article


précédent, le demandeur indique la nature et la date de l’évènement invoqué et
donne toute précision de nature à établir que la résiliation est en relation directe
avec cet évènement.

Article 29 : De la disparition de la chose assurée avant souscription

L’assurance est nul si, au moment de la souscription du contrat, la chose assurée


a déjà péri ou ne peut plus être exposée aux risques.

Les primes payées sont restituées à l’assuré sous déduction des frais exposés par
l’assureur, autres que ceux de commissions lorsque ces derniers ont été
récupérés contre l’agent ou le courtier.

Si la mauvaise foi d’une des parties à l’occasion de la conclusion du contrat peut


être prouvée, cette partie doit à l’autre une somme double de la prime pour une
année d’assurance.

Article 30 : De la fin du contrat en cas de perte totale de la chose assurée

En cas de perte totale de la chose assurée résultant d’un évènement non prévu
par le contrat, L’assurance prend fin de plein droit et l’assureur est tenu de
restituer à l’assuré la portion de la prime payée d’avance et afférente au temps
pour lequel le risque n’a plus couru.
Si le contrat accorde plusieurs garanties, et que l’objet assuré donne lieu à une
indemnisation en perte totale du fait d’une de ces garanties, l’assureur
rembourse à l’assuré les primes afférentes aux autres garanties au prorata de la
période non courue.

Article 31 : De la transmission ou résiliation du contrat en cas de décès de


l’assuré ou d’aliénation de la chose assurée

En cas de décès de l’assuré ou d’aliénation de la chose assurée, L’assurance


continue de plein droit au profit de l’héritier ou de l’acquéreur, à charge pour ces
derniers d’exécuter toutes les obligations dont l’assuré est tenu vis-à-vis de
l’assureur en vertu du contrat.

II est loisible, toutefois, soit à l’acheteur, soit à l’héritier, soit à l’assureur, de


résilier le contrat dans un délai de trois mois à partir du jour où l’attributaire
définitif des objets assurés a demandé le transfert du contrat à son nom.

Il ne peut être prévu d’indemnité en faveur de l’assureur dans les cas de


résiliation susmentionnés. La portion de prime correspondant à la période
pendant laquelle le risque n’aura pas été couru doit être remboursée par
l’assureur.

En cas d’aliénation de la chose assurée, celui qui aliène reste tenu vis-à-vis de
l’assureur au paiement des primes échues, mais il est libéré, même comme
garant de primes à échoir, à partir du moment où il a informé l’assureur de
l’aliénation par lettre recommandée ou tout autre moyen avec accusé de
réception.

Lorsqu’il y a plusieurs héritiers ou plusieurs acquéreurs, si l’assurance continue,


ils sont tenus solidairement au paiement des primes.

Les dispositions du présent article ne sont pas applicables en cas d’aliénation


d’un véhicule terrestre à moteur.

Article 32 : En cas d’aliénation des véhicules terrestres à moteur

L’assuré est tenu d’informer l’assureur, par lettre ou tout autre moyen avec
accusé de réception, de la date d’aliénation d’un véhicule terrestre à moteur, ou
de ses remorques ou semi-remorques.

En cas d’aliénation d’un véhicule terrestre à moteur ou de ses remorques ou


semi-remorques, et seulement en ce qui concerne le véhicule aliéné, et même en
l’absence de déclaration de la part de l’assuré, le contrat d’assurance est
suspendu de plein droit à partir du cinquième jour de l’aliénation à vingt quatre
heures. Il peut être résilié par chacune des parties moyennant préavis de dix
jours.

A défaut de remise en vigueur du contrat par accord des parties ou de résiliation


par l’une d’elles, la résiliation intervient de plein droit à l’expiration d’un délai
de six mois à compter de l’aliénation.

L’assureur est tenu au remboursement au prorata de la prime correspondant à la


période allant de la date de cette résiliation à celle d’échéance. Aucun paiement
d’une indemnité n’est dû à l’assureur dans les cas de résiliation visés à l’alinéa
précédent.

Article 33 : De la déconfiture, faillite ou liquidation judiciaire de l’assuré

L’assurance subsiste en cas de déconfiture, faillite ou de liquidation judiciaire de


l’assuré.

Le liquidateur a le droit de résilier le contrat pendant un délai de trois mois à


compter de la date de la faillite ou de la liquidation judiciaire. La portion de la
prime afférente au temps pendant lequel l’assureur ne couvre plus te risque est
remboursée par lui.

Chapitre 4: Des juridictions compétentes et délai de prescription

Article 34 : Des juridictions compétentes

Pour tout litige relatif à la fixation et au règlement des indemnités dues après
sinistre, le tribunal compétent est celui du domicile de l’assuré de quelque
espèce d’assurance qu’il s’agisse.

Toutefois:

En matière d’immeubles ou de meubles, le défendeur est assigné devant le


tribunal du lieu de situation des risques;
S’il s’agit d’assurances contre les accidents de toute nature, l’assureur peut être
assigné devant le tribunal du lieu où s’est produit le fait dommageable.
Article 35 : Du délai de prescription

Toutes actions dérivant d’un contrat d’assurance sont prescrites par deux ans à
compter de l’événement qui y donne naissance.

Le délai de prescription est porté à cinq ans dans les contrats d’assurance sur la
vie lorsque le bénéficiaire est une personne distincte du souscripteur et, dans les
contrats d’assurance contre les accidents atteignant les personnes, lorsque les
bénéficiaires sont les ayants droit de l’assuré décédé.

Toutefois, ce délai ne court:

En cas de réticence, omission, déclaration fausse ou inexacte sur le risque couru,


que du jour où l’assureur en a eu connaissance;
En cas de sinistre, que du jour où les intéressés en ont eu connaissance, s’ils
prouvent qu’ils l’ont ignoré jusque là.
Quand l’action de l’assuré contre l’assureur a pour cause le recours d’un tiers, le
délai de la prescription ne court que du jour où ce tiers a exercé une action en
justice contre l’assuré ou a été indemnisé par ce dernier.

Article 36 : De l’interruption et de la suspension de la prescription


La prescription est interrompue ou suspendue par l’une des causes prévues aux
articles 636 à 644 du Code Civil Congolais Livre III et par la désignation
d’experts à la suite d’un sinistre. L’interruption de la prescription de l’action
peut, en outre, résulter, soit de l’envoi d’une lettre recommandée ou de tout autre
moyen avec accusé de réception, adressé par l’assureur à l’assuré en ce qui
concerne l’action en paiement de la prime et par l’assuré à l’assureur en ce qui
concerne le règlement d’une indemnité de sinistre ou d’une prestation.

TITRE III: DES REGLES RELATIVES AUX ASSURANCES DE


DOMMAGES.

Chapitre 1: Des dispositions générales

Article 37 : Du principe indemnitaire

L’assurance relative aux biens est un contrat d’indemnité.

L’indemnité due par l’assureur à l’assuré ne peut dépasser Le montant de la


valeur de la chose assurée au moment du sinistre.

Le contrat peut prévoir que l’assuré reste son propre assureur pour une somme
ou une quotité déterminée, ou qu’il supporte une déduction fixée d’avance sur
l’indemnité du sinistre.

Le principe indemnitaire ne fait pas obstacle à ce que Les parties conviennent


d’une valeur déclarée non susceptible d’être remise en cause après sinistre pour
les objets assurés lors de la souscription du contrat ni qu’elles conviennent que
leur remplacement après sinistre sera réglé en valeur à neuf.

Article 38 : Des dommages causés par les personnes ou biens dont l’assuré est
civilement responsable

L’assureur est garant des pertes et dommages causés par des personnes dont
l’assuré est civilement responsable quelles que soient la nature ou la gravité des
fautes de ces personnes, ou par des choses qu’il a sous sa garde.

Article 39 : De la coassurance

Si un même risque a été couvert par plusieurs assureurs au moyen d’un seul
contrat, chacun n’est tenu, sans solidarité avec les autres, que dans la proportion
de la somme assurée par lui, laquelle constitue la limite de son engagement.

Article 40 : Des assurances cumulatives


Celui qui est assuré auprès de plusieurs assureurs par plusieurs contrats, pour un
même intérêt, contre un même risque, est tenu de donner immédiatement à
chaque assureur, connaissance des autres assureurs. L’assuré est également tenu,
Lors de cette communication, de faire connaître le nom de l’assureur avec lequel
une autre assurance a été contractée et indiquer la somme assurée.
Si plusieurs assurances contre un même risque sont contractées de manière
dolosive ou frauduleuse, les sanctions prévues à l’article 20 de la présente loi
sont applicables.

En cas d’absence de fraude) chacune d’elles produit ses effets dans les Limites
des garanties du contrat et dans le respect des dispositions de l’article 38 de la
présente loi, quelle que soit la date à laquelle L’assurance aura été souscrite.
Dans ces limites, le bénéficiaire du contrat peut obtenir L’indemnisation de ses
dommages en s’adressant à l’assureur de son choix. Dans tes rapports entre
assureurs, la contribution de chacun d’eux est déterminée en appliquant au
montant du dommage le rapport existant entre l’indemnité qu’il aurait versée s’il
avait été seul et le montant cumulé des indemnités qui auraient été à la charge de
chaque assureur s’il avait été seul.

Article 41 : De la sur-assurance

Lorsqu’un contrat d’assurance a été consenti pour une somme supérieure à la


valeur de la chose assurée, le contrat est valable, mais seulement jusqu’à
concurrence de la valeur réelle des objets assurés et l’assureur n’a pas droit aux
primes pour l’excédent. Seules les primes échues lui restent définitivement
acquises, ainsi que la prime pour l’année en cours quand elle est à terme échue.

S’il y a eu dol ou fraude de l’une des parties, l’autre partie peut en demander la
nullité et réclamer, en outre, les dommages et intérêts.

Article 42 : De la sous-assurance

Sauf convention contraire, s’il résulte des estimations que la valeur de la chose
assurée excède au jour du sinistre la somme garantie, l’assuré est considéré
comme restant son propre assureur pour l’excédent, et supporte en conséquence
une part proportionnelle du dommage.

Article 43 : Des risques de guerre

Les risques de guerre ou d’émeutes sont exclus de l’assurance.

L’assureur peut toutefois garantir les pertes et dommages occasionnés, soit par
la guerre étrangère, soit par la guerre civile, soit par les émeutes ou par des
mouvements populaires.

Lorsque ces risques ne sont pas couverts par le contrat, IL appartient à l’assureur
de prouver éventuellement que le sinistre résulte d’un des évènements exclus.

Article 44 : Du vice propre de la chose assurée

Sauf convention contraire, les déchets, diminution, pertes et freintes subis par la
chose assurée et qui proviennent de son vice propre ou de sa vétusté ne sont pas
à la charge de l’assureur.

Article 45 : De la subrogation de l’assureur

L’assureur qui a payé l’indemnité d’assurance est subrogé, jusqu’à concurrence


de cette indemnité, dans les droits et actions de l’assuré contre les tiers qui, par
leur fait, ont causé le dommage ayant donné Lieu à la prestation de l’assureur.

L’assureur peut être déchargé en tout ou partie de sa responsabilité envers


l’assuré quand la subrogation ne peut plus, par le fait de L’assuré, s’opérer en
faveur de l’assureur.

Par dérogation aux dispositions précédentes, l’assureur n’a aucun recours contre
les enfants, descendants, ascendants, alliés en ligne directe, préposés, employés,
ouvriers ou domestiques et généralement toute personne vivant habituellement
au foyer de l’assuré, sauf le cas de malveillance commise par une de ces
personnes.

Article 46 : Des droits des créanciers sur l’indemnité d’assurance

Les indemnités dues par un assureur à la suite d’un sinistre sont attribuées, sans
qu’il y ait besoin de délégation expresse, aux créanciers privilégiés ou
hypothécaires, suivant leur rang. Néanmoins, Les paiements faits de bonne foi à
l’assuré avant opposition sont valables.

Il en est de même des indemnités dues en cas de sinistre par le Locataire ou par
le voisin qui répondent de l’incendie à moins qu’ils ne prouvent que l’incendie
est arrivé par cas fortuit ou force majeure, ou par vice de construction, ou que le
feu a été communiqué par une maison voisine.

En cas d’assurance du risque locatif ou du recours du voisin, l’assureur paye au


propriétaire de l’objet loué, au voisin ou au tiers, subrogés à leurs droits, tout ou
partie de la somme due, tant que lesdits propriétaires, voisin ou tiers subrogés
n’ont pas été désintéressés des conséquences du sinistre, jusqu’à concurrence de
ladite somme.

Chapitre 2: Des assurances contre l’incendie

Article 47 : Des dommages garantis

L’assureur contre l’incendie répond de tous les dommages matériels causés par
conflagration, embrasement ou simple combustion.

Toutefois, il ne répond pas, sauf convention contraire, des dommages


occasionnés par la seule action de la chaleur ou par le contact direct et immédiat
du feu ou d’une substance incandescente s’il n’y a eu ni incendie ni
commencement d’incendie susceptible de dégénérer en incendie véritable.

Article 48 : Des obligations de l’assureur

Sauf convention contraire, les dommages matériels résultant directement de


l’incendie ou du commencement d’incendie sont seuls à la charge de l’assureur.

A défaut d’une évaluation convenue entre les parties, les dommages sont fixés
par un expert choisi par elles.

Si, dans les trois mois à compter de la remise de l’état des pertes assortis des
justificatifs pertinents, L’expertise n’est pas terminée du fait de l’assureur ou de
l’expert qu’il a désigné, l’assuré a le droit de faire courir les intérêts par
sommation. Si elle n’est pas terminée dans les six mois, il est loisible à la partie
la plus diligente de saisir le tribunal compétent.

Article 49 : Des secours et des mesures de sauvetage

Sont assimilés aux dommages matériels et directs, les dommages matériels


occasionnés aux objets garantis dans Le contrat d’assurance, par les secours et
par les mesures de sauvetage.

Article 50 : De la disparition d’objets assurés pendant l’incendie

Nonobstant toute stipulation contraire, l’assureur répond de la perte ou de la


disparition des objets assurés survenue pendant l’incendie, à moins qu9L ne
prouve que cette perte ou cette disparition est consécutive à un vol ou une
dissimulation.

Article 51 : Du vice propre de la chose assurée


Conformément aux dispositions de l’article 48 alinéa 2 de la présente Loi,
l’assureur ne répond pas des pertes et détériorations de la chose assurée
provenant du vice propre; mais il garantit Les dommages d’incendie qui en sont
la conséquence, à moins qu’il ne soit fondé à demander la nullité du contrat
d’assurance pour fausse déclaration intentionnelle.

Article 52 : Des incendies résultant de cataclysmes

L’assureur couvre les conséquences des incendies quelles qu’en soient les
causes. Il peut cependant exclure de sa garantie, sous réserve des dispositions de
l’article 52 de la présente loi, les conséquences des incendies causés par des
catastrophes naturelles notamment les séismes, les éruptions volcaniques, les
tempêtes, les ouragans ou Les cyclones et les conséquences des cataclysmes
d’origine humaine telles que:

Guerre étrangère ou civile;


Emeutes ou mouvements populaires;
Dommages d’origine nucléaire causés par des armes ou engins destinés à
exploser par modification de structure du noyau de l’atome ou par tout
combustible nucléaire, produit ou déchet radioactif ou par toute autre source de
rayonnement ionisant et qui engagent la responsabilité d’un exploitant
d’installation nucléaire.
Article 53 : Des tempêtes, ouragans, cyclone

En plus des garanties incendie et pertes d’exploitation contre l’incendie,


L’assureur peut couvrir les biens assurés contre d’autres risques, dont les
dommages causés par l’action du vent, y compris les tempêtes, la foudre, les
ouragans et les cyclones, moyennant les compléments de prime justifiés.

Chapitre 3 : Des assurances de responsabilité

Article 54 : Du fait générateur-réclamation d’un tiers lésé

Dans les assurances de responsabilité, l’assureur n’est tenu que si, à la suite du
fait dommageable prévu au contrat, une réclamation amiable ou judiciaire est
faite à l’assuré par le tiers lésé.

Article 55 : Clause des contrats

Les contrats d’assurance garantissant des risques de responsabilité civile doivent


prévoir, en ce qui concerne cette garantie, qu’aucune déchéance motivée par un
manquement de l’assuré à ses obligations commis postérieurement au sinistre
n’est opposable aux personnes lésées ou à leurs ayants droit.

Ils ne contiennent aucune clause interdisant à l’assuré de mettre en cause son


assureur ni de l’appeler en garantie à l’occasion d’un règlement de sinistre.

Article 56 : De la reconnaissance de responsabilité et transaction

L’assureur peut stipuler qu’aucune reconnaissance de responsabilité, aucune


transaction, intervenues en dehors de lui, ne lui sont opposables. L’aveu de la
matérialité d’un fait ne peut être assimilé à la reconnaissance d’une
responsabilité.

Article 57 : De l’action directe-dépens

L’assureur n’est tenu à payer qu’au tiers lésé tout ou partie de la somme due par
lui tant que ce tiers n’a pas été désintéressé, jusqu’à concurrence de ladite
somme, des conséquences pécuniaires du fait dommageable ayant entraîné la
responsabilité de l’assuré.

Le tiers lésé ou ses ayants droit peuvent poursuivre directement l’assureur du


responsable pour obtenir la réparation de leurs dommages.

Sauf convention contraire, les dépens résultant de toute poursuite en


responsabilité dirigée contre l’assuré sont à la charge de l’assureur.

Chapitre 4 : Les assurances transport maritimes, fluviales et lacustres ou de


voies de navigation intérieures

Section 1ère : Des dispositions générales.

Article 58 : Des assurances visées

Sont régis par les présentes dispositions tous les contrats d’assurance des
dommages qui ont pour objet de garantir les risques afférents aux opérations de
transport maritime, fluvial et lacustre ainsi qu’à ceux d’assurance des navires,
bateaux ou embarcations qui ne sont couverts que pour la durée de leur séjour
dans les ports, rades ou autres lieux, qu’ils soient à flots ou en cale sèche, ou en
construction.

Ces dispositions ne s’appliquent pas aux contrats d’assurance relatifs à la


navigation de plaisance qui restent soumis aux règles générales régissant les
assurances de dommages.
Article 59 : Des garanties

Les assurances maritimes, fluviales et lacustres couvrent le navire lui-même ou


embarcation, assurance sur corps et les marchandises, assurance sur facultés.

Ces biens ne peuvent faire l’objet d’une assurance lorsqu’ils sont réputés illicites
par la loi du lieu de la conclusion ou de l’exécution du contrat ou par celle des
parties contractantes.

Article 60 : Le prêt à la grosse

Le prêt à la grosse peut être assuré, mais par le prêteur seulement ou pour
compte de celui-ci.

Article 61 : De la spécification des risques

Constituent les risques de la navigation :

Les risques de la navigation ordinaire ;


Les risques de guerre ;
Les risques de troubles civils.
La police énonce les risques couverts et les risques exclus. Toute ambiguïté
s’interprète contre l’assureur.

Article 62 : De l’étendue des risques

Sont considérés comme des risques de navigation ordinaire:

La tempête, le naufrage, l’échouement, l’abordage, le heurt contre un corps fixe,


mobile ou flottant, le feu, l’explosion et généralement toute fortune de mer ou
des voies de navigation intérieures;
Le vol, le pillage, la piraterie;
Les faits, fautes et négligences du capitaine et de l’équipage;
Le défaut de nouvelles, dans les conditions et délais portés à l’article 84;
Le jet et autres sacrifices et contributions d’avarie commune provenant des
risques sus- énoncés.
Les relâches forcées, changements forcés de route, de voyage et de navire rie
préjudiciant pas à l’assurance, les risques restent couverts sauf surprime s’il en e
été ainsi convenu.

Sont considérés comme des risques de guerre :

Les molestations, captures, pirateries, prises, saisies, arrêts, détentions,


embargos, réquisitions en propriété, ainsi que les actes d’hostilité, représailles et
opérations de guerre de gouvernements étrangers quelconques, amis ou ennemis,
reconnus ou non;
Les actes de guerre civile, révolution, révolte, troubles militaires survenant hors
du territoire national;

L’action des mines, torpilles, bombes, missiles et généralement de tous engins


de guerre ou de quelque provenance qu’ils soient;

Les sacrifices et contributions d’avaries communes provenant des risques sus-


énoncés, sans distinguer s’ils surviennent avant, après ou sans déclaration de
guerre ou si la nation est impliquée dans celle-ci.

Sont considérés comme des risques de troubles civils :

Les grèves ;
Les émeutes ;
Les pillages ;
Les mouvements populaires ;
Le lock-out;

Les actes de malveillance ou de sabotage, individuels ou collectifs de personnes


prenant part à des mouvements populaires ou à des conflits sociaux ou de
travail.
Article 63 : Du temps et lieu des risques

Le temps et le lieu des risques sont déterminés différemment pour les corps et
les facultés.

Par risques maritimes, IL faut entendre ceux survenant en mer, dans les ports et
rades, dans leurs dépendances ayant communication directe avec La mer et dans
l’estuaire des fleuves jusqu’au point de l’amont déterminé par la législation
maritime.

Par risques fluviaux et lacustres ou voies de navigation intérieures, il faut


entendre ceux survenant sur les eaux intérieures, navigables ou flottables, les
eaux des fleuves étant considérées telles, depuis le point de l’aval déterminé par
la législation fluviale.

Par risques de guerre, il faut entendre les faits mentionnés à l’article 63, alinéa 2
de la présente loi survenant dans les eaux maritimes, fluviales ou lacustres telles
qu’eLles sont définies ci-dessus et non le simple état de guerre.

Article 64 : De la mise en risque


L’assurance ne produit aucun effet Lorsque les risques n’ont pas commencé
dans les deux mois de l’engagement des parties ou de la date qui a été fixée pour
leur prise en charge.

Cette disposition n’est applicable aux polices d’abonnement que pour le premier
aliment.

Si le bien assuré n’est pas mis en risque par Le fait de l’assuré, le contrat est
résilié et l’assureur est en droit de retenir à titre d’indemnité 15 pourcents du
montant de la prime.

Si l’absence de mise en risque est Imputable au fait d’un tiers ou à un cas de


force majeure, le contrat est résilié sans indemnité.

Article 65 : De la nécessité du caractère aléatoire du risque

Toute assurance faite après Le sinistre ou l’arrivée des objets assurés ou du


navire, bateau ou embarcation transporteur est nulle, si la nouvelle en était
connue avant la conclusion du contrat au lieu où il a été signé ou au Lieu où se
trouvait l’assuré ou l’assureur.

L’assurance sur bonnes et mauvaises nouvelles est nulle s’il est établi qu’avant
la conclusion du contrat l’assuré avait personnellement connaissance du sinistre
ou l’assureur de l’arrivée des objets assurés.

Article 66 : De la valeur assurée

En l’absence de fraude, le contrat est valable à concurrence de la valeur réelle


des choses assurées et, si elle a été agréée, pour toute la somme assurée.

Le profit espéré est un intérêt légitime qui peut être indus dans la valeur assurée.

Toutefois, le profit espéré et le fret à recevoir ne peuvent être assurés que pour
un montant n’excédant pas 20 pourcents de la valeur des biens dont ils sont
l’accessoire.
Article 67 : De l’estimation de la valeur assurée

La somme assurée ne peut excéder la valeur réelle de L’objet assuré.

L’estimation en est faite à l’égard:

Des facultés, soit à la valeur au temps et au lieu du chargement, majorée des


droits payés et des frais jusqu’à bord, du fret payé à l’avance, de la prime
d’assurance et autres débours inhérents au transport, soit à la valeur de
destination;
Des corps, agrès, apparaux, approvisionnements, armements et autres
accessoires, à leur valeur au jour de la mise en risque.
Les fluctuations de valeur sont actées par avenant ainsi que les adaptations de la
prime.

Article 68 : Des parties contractantes

L’assurance peut être contractée, soit pour le compte du souscripteur de la


police, soit pour le compte d’une autre personne déterminée, soit pour le compte
de qui il appartiendra.

La déclaration que l’assurance est contractée pour le compte de qui IL


appartiendra vaut tant comme assurance au profit du souscripteur de la police,
que comme stipulation pour autrui au profit du bénéficiaire de ladite clause.

Article 69 : Des évènements assurés

L’assureur répond des dommages matériels causés aux objets assurés par toute
fortune de mer, ou par un évènements de force majeure1 ainsi que des
dommages matériels accidentels subis par les objets transportés pendant le
transport maritime, fluvial ou lacustre ou pendant les trajets non maritimes, des
voies de navigation intérieure qui ont précédé ou suivi le transport maritime ou
des voies de navigation intérieure.

L’assureur répond également:

De la contribution des objets assurés à l’avarie commune sauf si celle-d provient


d’un risque exclu par L’assurance;
Des frais exposés par suite d’un risque couvert en vue de préserver l’objet assuré
d’un dommage matériel ou de limiter le dommage.
Article 70 : De la faute de l’assuré

Les risques assurés demeurent couverts, même en cas de faute de l’assuré ou de


ses préposés terrestres, à moins que l’assureur n’établisse que le dommage est
dû à un manque de soins diligents de La part de l’assuré pour mettre les objets à
l’abri des risques survenus.

Aucune perte ou dommage imputable à la faute lourde, intentionnelle ou


inexcusable de l’assuré n’est à charge de l’assureur. Celui-ci peut retenir ou
réclamer la prime s’il a commencé à couvrir le risque.
Article 71 : De la faute du capitaine

Les risques demeurent couverts dans les mêmes conditions qu’à l’article
précédent, en cas de faute du capitaine ou de l’équipage.

Toutefois, l’assureur du corps d’un navire, bateau ou embarcation ne garantit


pas les dommages causés par la faute intentionnelle du capitaine.

Article 72 : Du changement de route

Les risques assurés demeurent couverts même en cas de changement forcé de


route, de voyage, de navire ou embarcation, ou en cas de changement décidé par
le capitaine en dehors de l’armateur et de l’assuré.

Article 73 : Des risques non garantis

Sauf clause contraire, l’assureur ne couvre pas les risques:

De guerre civile ou étrangère, de mines ou tous engins de guerre;


De piraterie;
De capture, prise ou détention par un gouvernement ou une autorité quelle
qu’elle soit;
De troubles civils : grèves, émeutes, mouvements populaires, et lock-out, actes
de sabotage ou de terrorisme individuels ou collectifs.
Article 74 : De la preuve de la cause du sinistre

Lorsqu’il n’est pas possible d’établir si le sinistre a pour origine un risque de


guerre ou un risque de mer ou de voie de navigation intérieure, il est réputé
résulter d’un évènement de mer ou de voie de navigation intérieure.

Article 75 : Des dommages non garantis

L’assureur ne répond pas:

Des dommages et pertes matériels provenant du vice propre de l’objet assuré,


sauf en cas du vice caché du navire ou embarcation;
Des dommages et pertes matériels résultant des amendes, confiscations, mises
sous séquestre, réquisitions, mesures sanitaires ou de désinfection ou consécutifs
à des violations de blocus, actes de contrebande, de commerce prohibé ou
clandestin;
Des dommages et intérêts ou autres indemnités à raison de toutes saisies ou
cautions données pour libérer les objets saisis;
Des préjudices qui ne constituent pas des dommages et pertes matériels
atteignant directement l’objet assuré, tels que chômage, retard, différence de
cours, obstacles apportés au commerce de l’assuré;
Des dommages causés par l’objet assuré à d’autres biens ou personnes, sauf en
cas d’abordage et dans la limite de la valeur du navire comme il est précisé à
l’article 70 de la présente loi;
Des sinistres dus aux effets directs ou indirects d’explosion, de dégagement de
chaleur, d’irradiation provenant de la transmutation du noyau d’atomes ou de la
radioactivité ainsi que des sinistres dus aux effets de radiation provoqués par
l’accélération artificielle des particules.
Article 76 : Du défaut de paiement de la prime

Le défaut de paiement d’une prime permet à l’assureur, soit de suspendre


l’assurance, soit d’en demander la résiliation.

La suspension ou La résiliation ne prend effet que huit jours après l’envoi d’une
notification à l’assuré à son dernier domicile connu de l’assureur par lettre
recommandée avec accusé de réception, par lettre contresignée, par mise en
demeure d’avoir à payer, ou par tout autre moyen avec accusé de réception.

En l’absence de domicile de l’assuré en République Démocratique du Congo, la


notification est valablement faite si elle est adressée au courtier par l’entremise
duquel le contrat est conclu.

Article 77 : Des effets de la suspension ou de la résiliation à l’égard des tiers

La suspension ou la résiliation pour défaut de paiement d’une prime sont sans


effet à l’égard des fiers de bonne foi, bénéficiaires de l’assurance en vertu d’un
transfert antérieur à la notification de la suspension ou de la résiliation.

En cas de sinistre, L’assureur peut, par une clause expresse figurant à l’avenant
documentaire, opposer à ses bénéficiaires, à due concurrence, la compensation
de la prime afférente à l’assurance dont ils revendiquent le bénéfice.

Article 78 : De la déconfiture du redressement ou de la liquidation judiciaire

En cas de déconfiture, du redressement ou de la liquidation judiciaire de


l’assuré, l’assureur peut, si la mise en demeure n’a pas été suivie de paiement,
résilier la police en cours, mais la résiliation est sans effet à l’égard du tiers de
bonne foi, bénéficiaire de l’assurance en vertu d’un transfert antérieur à tous
sinistres et à la notification de la résiliation.

En cas de retrait d’agrément, de mise en redressement ou de liquidation


judiciaire de l’assureur, l’assuré a le même droit de résiliation du contrat.
Article 79 : De la contribution au sauvetage

L’assuré est tenu de contribuer au sauvetage des objets assurés et prendre toutes
mesures conservatoires de ses droits contre les tiers responsables.

Il est responsable envers l’assureur du dommage causé par l’inexécution de cette


obligation résultant de sa faute ou de sa négligence.

Article 80 : Du règlement de l’indemnité

Les dommages et pertes sont réglés en avarie, sauf le droit pour l’assuré d’opter
pour le délaissement dans les cas déterminés par la loi ou par le contrat.
L’indemnité est réglée en espèces ou par titres valant espèces, l’assureur ne
pouvant être contraint de réparer ou remplacer les objets assurés.

L’indemnité d’assurance est payable dans un délai d’un mois après que la
demande en a été faite à l’assureur, accompagnée de pièces justificatives.

L’assureur est mis en demeure par le seul fait de l’expiration de ce délai et doit
les intérêts moratoires tels que fixés par la convention ou à défaut, au double du
taux directeur de la Banque Centrale du Congo l’an du montant de l’indemnité.

Article 81 : De la clause Franc d’avarie

La clause Franc d’avarie a pour effet d’affranchir l’assureur de toutes avaries,


soit communes, soit particulières, excepté dans les cas qui donnent ouverture au
délaissement.

La clause Franc d’avarie particulière sauf a pour effet d’affranchir l’assureur de


toutes avaries particulières, à l’exception de celles causées par l’un des
événements énumérés à la clause et des cas qui donnent ouverture au
délaissement.

Article 82 : De la contribution à l’avarie commune

La contribution à l’avarie commune, qu’elle soit provisoire ou définitive ainsi


que les frais d’assistance et de sauvetage, sont remboursés par l’assureur,
proportionnellement à la valeur assurée par lui, diminuée, s’il y a lieu, des
avaries particulières à sa charge.

Article 83 : Du délaissement
Le délaissement des choses assurées peut être fait en cas de:

Naufrage;
échouement avec débris;
Innavigabilité par fortune de mer ou de voies de navigation intérieures;
Perte ou détérioration des choses assurées, si la détérioration ou la perte atteint
les trois- quarts de leur valeur;
Prise, capture ou confiscation, réquisition en propriété, arrêt, détention ou saisie
par une puissance ou un pouvoir étranger;
Absence de nouvelles, dans les conditions portées à l’article 87, alinéa I de la
présente loi.
Le délaissement des choses assurées ne peut être partiel ni conditionnel. Il ne
s’étend qu’aux choses qui sont l’objet de l’assurance et du risque.

Le délaissement est fait aux assureurs dans un délai de six mois, à compter du
jour de la réception de la nouvelle de la perte. Le délaissement est notifié à
l’assureur par lettre recommandée ou par tout autre moyen avec accusé de
réception ou par acte extrajudiciaire.

L’assuré est tenu, en faisant le délaissement, de déclarer toutes les assurances


qu’il a faites ou fait faire sur les choses assurées, de même que celles qui, à sa
connaissance, auraient été faites par d’autres sur les mêmes choses, faute de quoi
le délai du paiement, porté à l’article• 81, sera suspendu jusqu’au jour où il fera
notifier ladite déclaration, sans qu’il résulte aucune prorogation du délai établi
pour former l’action en délaissement.

Si le délaissement signifié est accepté ou jugé valable, les choses assurées


appartiennent à l’assureur, avec effet rétroactif au jour du délaissement.
L’assureur ne peut, sous prétexte du retour du navire ou embarcation, se
dispenser de payer la somme assurée.

Article 84 : Du délaissement en cas de perte, capture, confiscation

En cas de perte, capture, confiscation ou réquisition en propriété, comme en cas


d’arrêt, détention ou saisie, le délai pour opérer le délaissement ne prend cours
qu’à partir du jour où l’acte d’expropriation ou de dépossession a acquis un
caractère certain et définitif conformément au droit maritime international.

A défaut d’une telle confirmation, le délai utile pour opérer le délaissement


prend cours à l’expiration d’un premier délai d’attente de trois mois, si l’acte
d’expropriation ou de dépossession a eu lieu dans les eaux territoriales
congolaises ou d’un délai de six mois s’il s’est produit en un lieu plus éloigné.
S’il s’agit de marchandises périssables, les délais d’attente sont réduits de
moitié.

Pendant ces délais, les assurés sont tenus de faire toutes diligences qui peuvent
dépendre d’eux à l’effet d’obtenir la libération et la main levée des mesures
frappant les intérêts dont ils sont expropriés ou dépossédés.

Les assureurs pourront de Leur côté, ou de concert avec les assurés, ou


séparément faire toutes démarches à cette fin.

Article 85 : Du délaissement pour cause d’absence de nouvelles

A défaut d’avoir reçu de nouvelles du navire, de l’embarcation ou de la


marchandise, bien que la possibilité matérielle d’échanger des communications
existe, l’assuré peut faire le délaissement après trois mois, à compter du jour du
départ du navire ou de l’embarcation, ou du jour auquel se rapportent les
dernières nouvelles reçues pour les voyages au cabotage et après six mois pour
les voyages de long cours.

Le caractère du sinistre est prouvé à suffisance par présomptions graves,


précises et concordantes déduites de circonstances de fait régnant sur la route
normale du navire, à la date de la réception des dernières nouvelles.

Les voyages sont réputés au long cours ou au cabotage, selon qu’ils s’effectuent
au-delà ou en deçà des limites définies à l’article 178 du Code de la navigation
maritime.

L’absence de nouvelles au cours d’une navigation effectuée dans les eaux


territoriales intérieures ou dans les eaux des fleuves, lacs et rivières frontaliers
est réglée comme évoqué ci-dessus à propos de la navigation au cabotage.

Article 86 : Du délaissement pour cause d’innavigabilité

Le délaissement pour cause d’innavigabilité du navire ou de l’embarcation ne


peut être fait si le navire ou l’embarcation échouée peut être relevé ou, si
endommagé, il peut être réparé et mis en état de continuer sa route, pour le lieu
de sa destination.

Article 87 : De la prescription

Les actions nées du contrat d’assurance se prescrivent par deux ans. La


prescription courte contre les mineurs et les autres incapables.
Le délai de prescription des actions nées du contrat d’assurance court:

En ce qui concerne l’action en paiement de la prime, de la date d’exigibilité;


En ce qui concerne l’action d’avarie, de la date de l’évènement qui donne lieu à
l’action; pour la marchandise, de la date de l’arrivée du navire ou autre véhicule
de transport, ou, à défaut, de la date à laquelle il aurait dû arriver ou, si
l’évènement est postérieur, de la date de cet évènement;
Pour l’action en délaissement, de la date de l’évènement qui y donne droit ou, si
un délai est fixé pour donner ouverture à l’action, de la date d’expiration de ce
délai;
Lorsque l’action de l’assuré a pour cause la contribution d’avarie commune, la
rémunération d’assistance ou le recours d’un tiers, du jour de l’action en justice
contre l’assuré ou du jour du paiement.
Pour l’action en répétition de toute somme payée en vertu du contrat
d’assurances, le délai court de la date du paiement indu.

Section 2 : Des règles particulières aux diverses assurances transport

Paragraphe 1er : Des assurances sur corps

Article 88 : De la garantie

L’assurance sur corps garantit les pertes et dommages matériels atteignant le


navire et ses dépendances assurées et résultant de tous accidents de navigation,
éléments de force majeure ou fortune de mer, sauf exclusions formelles et
limites prévues dans le contrat d’assurance.

L’assureur du corps garantit aussi, dans la limite de la valeur du corps, Le


remboursement des dommages matériels dont l’assuré serait tenu sur le recours
des tiers en cas d’abordage par le navire assuré ou de heurt de ce navire contre
un bâtiment ou un corps fixe, mobile ou flottant.

Cette garantie de responsabilité civile ne couvre pas les dommages aux


personnes ni ceux subis par les marchandises embarquées à bord du navire corps
assuré.

Article 89 : Du vice propre

Sauf cas de vice caché, l’assureur ne garantit pas les dommages et pertes
résultant d’un vice propre du navire ou de l’embarcation.

L’assureur ne garantit pas les pertes et Les dommages lorsque Le navire ou


l’embarcation entreprend le voyage dans un état le rendant impropre à la
navigation ou insuffisamment armé ou équipé.

De même, il ne garantit pas les pertes et dommages consécutifs à l’usure


normale du navire ou à sa vétusté.

Article 90 : De la valeur agrée

Sans préjudice des dispositions faites aux articles 38 et 67 de la présente loi, les
parties s’interdisent réciproquement toute autre estimation lorsque la valeur
assurée du navire ou de l’embarcation est une valeur agréée.

Article 91 : De l’assurance sur bon d’arrivée

L’assurance sur bonne arrivée ne peut être contractée, à peine de nullité, qu’avec
l’accord des assureurs du navire. Lorsqu’une somme est assurée à ce titre, la
justification de l’intérêt assurable résulte de l’acceptation de la somme ainsi
garantie.

L’assureur n’est tenu que dans les cas de perte totale ou de délaissement du
navire à la suite d’un risque couvert par la police. Il n’a aucun droit sur les biens
délaissés.

Article 92 : Du droit de l’assureur sur la prime

Dans l’assurance au voyage ou pour plusieurs voyages consécutifs, la prime


entière est acquise à L’assureur dès que les risques ont commencé à courir.

Dans l’assurance à temps, la prime stipulée pour toute la durée de la garantie est
acquise en cas de perte totale ou de délaissement à la charge de l’assureur. Si la
perte totale ou le délaissement n’est pas à sa charge, la prime est acquise en
fonction du temps couru jusqu’à la perte totale ou à la notification du
délaissement.

Article 93 : Des règlements d’avaries

Dans le règlement d’avaries, l’assureur ne rembourse que le coût des


remplacements et réparations reconnus nécessaires pour remettre le navire ou
l’embarcation en bon état de navigabilité, à l’exclusion de toute autre indemnité
pour dépréciation ou chômage ou quelque autre cause que ce soit.

Article 94 : De la garantie par évènement

Quel que soit le nombre d’évènements survenus pendant la durée du contrat,


l’assuré est garanti pour chaque évènement jusqu’au montant du capital assuré,
sauf le droit pour l’assureur de demander, après chaque évènement, un
complément de prime.

Article 95 : Du délaissement

Le délaissement du navire peut être effectué dans les cas suivants:

Perte totale;
Réparation devant atteindre les trois quarts de la valeur agréée;
Impossibilité de réparer;
Défaut de nouvelles depuis plus de trois mois ; la perte est réputée s’être
produite à la date des dernières nouvelles.
Article 96 : De l’aliénation ou affrètement coque-nue

En cas d’aliénation ou d’affrètement coque-nue du navire ou de l’embarcation,


l’assurance continue de plein droit au profit du nouveau propriétaire ou de
l’affréteur, à charge pour lui d’en informer l’assureur dans le délai de dix jours
et d’exécuter toutes les obligations dont l’assuré était tenu envers l’assureur en
vertu du contrat.

Il sera toutefois loisible à l’assureur de résilier le contrat dans le mois du jour où


il aura reçu notification de l’aliénation ou de l’affrètement. Cette résiliation ne
prendra effet que quinze jours après sa notification.

L’aliénateur ou le fréteur reste tenu au paiement des primes échues


antérieurement à l’aliénation ou à l’affrètement. Il en est de même de
l’aliénation de la majorité des parts de navire en copropriété.

Paragraphe 2: Des assurances sur facultés

Article 97 : De la garantie

L’assurance sur facultés garantit les pertes et dommages matériels causés aux
marchandises par tous accidents de navigation ou évènements de force majeure
sauf exclusions formelles et limites prévues au contrat d’assurance.

Article 98 : Des dommages non garantis

L’assureur ne répond pas du dommage ou de la perte que l’expéditeur ou le


destinataire, en tant que tel, a causé par faute intentionnelle ou inexcusable. LI
ne répond pas non plus du dommage consécutif au vice propre de la
marchandise, résultant de sa détérioration interne, de son dépérissement, de son
coulage, ainsi que de l’absence ou du défaut d’emballage, de la freinte de route
ou du fait des rongeurs.

Article 99 : Des catégories de contrats

Les marchandises sont assurées, soit par une police n’ayant d’effet que pour un
voyage, soit par une police dite flottante ou d’abonnement, alimentée par les
déclarations des expéditions successives faites par l’assuré.

Article 100 : De l’assurance au voyage ou à temps

L’assurance des navires est contractée, soit pour un voyage, soit pour plusieurs
voyages consécutifs, soit pour une durée déterminée.

Dans l’assurance au voyage, la garantie court depuis le début du chargement


jusqu’à la fin du déchargement et au plus tard quinze jours après l’arrivée du
navire à destination. En cas de voyage sur lest, la garantie court depuis le
moment où le navire démarre jusqu’à l’amarrage du navire à son arrivée.

Dans l’assurance à temps, les risques du premier et du dernier jour sont couverts
par l’assurance. Les jours se comptent de zéro à vingt-quatre heures d’après
l’heure du pays où la police a été émise.

Article 101 : De la continuité des garanties

Les marchandises sont assurées sans interruption, en quelque endroit qu’elles se


trouvent, dans les limites du voyage défini par le contrat ou la déclaration
d’aliment.

Article 102 : Du transport combiné ou multimodal

Dès lors qu’une partie du voyage est effectuée sur mer, les règles de l’assurance
maritime s’appliquent à l’ensemble du transport, même pour les parties du
voyage effectuées par voie terrestre, fluviale ou aérienne.

Article 103 : Du délaissement

Le délaissement des facultés peut être effectué dans les cas où Les marchandises
sont:

Perdues totalement;
Perdues ou détériorées à concurrence des trois quarts de leur valeur;
Vendues en cours de route pour cause d’avaries matérielles des objets assurés
par suite d’un risque couvert.
Il peut également avoir lieu dans les cas:

D’innavigabilité du navire et si l’acheminement des marchandises par quelque


moyen de transport que ce soit n’a pu commencer dans le délai de trois mois;
De défaut de nouvelles du navire depuis plus de trois mois.
Article 104 : Des sanctions des obligations de l’assuré

Au cas où l’assuré qui a contracté une police d’abonnement ne s’est pas


conformé aux obligations contractuelles de déclaration de toutes ses expéditions,
Le contrat peut être résilié sans délai à La demande de l’assureur qui a droit, en
outre, aux prîmes correspondant aux expéditions non déclarées.

SI l’assuré est de mauvaise foi, l’assureur peut exercer Le droit de répétition sur
les versements des indemnités qu’il a effectuées pour Les sinistres relatifs aux
expéditions postérieures à la première omission intentionnelle de l’assuré.

Paragraphe 3 : De la responsabilité civile

Article 105 : De la subsidiarité

L’assurance de responsabilité qui a pour objet la réparation des dommages


causés aux tiers par Le navire et qui sont garantis dans les termes de l’article 90
de la présente loi ne produit d’effet qu’en cas d’insuffisance de La somme
assurée par la police sur corps.

Article 106 : De la garantie par évènement

Quel que soit le nombre d’évènements survenus pendant la durée de l’assurance


de responsabilité, la somme souscrite par chaque assureur constitue, par
évènement, la limite de son engagement.

Article 107 : De l’indemnisation du tiers lésé

L’assureur n’est tenu de payer qu’au tiers lésé tout ou partie de la somme due,
tant que ce tiers n’a pas été désintéressé jusqu’à concurrence de ladite somme
des conséquences pécuniaires du fait dommageable ayant entraîné la
responsabilité de l’assuré.

TITRE IV: DES ASSURANCES DES DOMMAGES OBLIGATOIRES

Chapitre 1: De l’obligation d’assurance de la responsabilité civile des


propriétaires de véhicules terrestres à moteur.
Section 1ère : De l’étendue de l’obligation d’assurance

Article 108 : Des personnes et véhicules concernés par l’obligation d’assurance

Toute personne physique ou morale dont la responsabilité civile peut être


engagée en raison de dommages subis par des tiers résultant d’atteintes aux
personnes ou aux biens dans la réalisation desquels est impliqué un véhicule
terrestre à moteur, ainsi que ses remorques et semi-remorques, doit, pour faire
circuler lesdits véhicules, être couverte par une assurance garantissant cette
responsabilité dans les conditions fixées par la présente loi.

Les contrats d’assurances couvrant cette responsabilité doivent également


couvrir la responsabilité civile de toute personne ayant la garde ou la conduite,
même non autorisée, du véhicule, à l’exception des professionnels de la
réparation, de la vente et du contrôle de l’automobile, ainsi que la responsabilité
civile des passagers du véhicule objet de l’assurance. Les contrats doivent
couvrir, en plus de la responsabilité civile des personnes mentionnées au premier
alinéa, celle du souscripteur du contrat et du propriétaire du véhicule.

L’assureur est subrogée dans les droits que possède le créancier de l’indemnité
contre la personne responsable de l’accident lorsque la garde ou la conduite du
véhicule a été obtenue à l’insu ou contre le gré du propriétaire.

L’obligation d’assurance s’applique aux véhicules appartenant au pouvoir


central, aux provinces et aux entités territoriales décentralisées, y compris les
véhicules de l’armée et de la police nationale, à l’exception de ceux destinés aux
opérations ainsi que ceux circulant sur la voie ferrée.

Article 109 : Des professionnels de la réparation et de la vente

Les professionnels de la réparation, de la vente et du contrôle technique de


l’automobile sont tenus de s’assurer pour leur propre responsabilité, celle des
personnes travaillant dans leur exploitation, et celle des personnes ayant la garde
ou la conduite du véhicule ainsi que celle des passagers.

Cette obligation s’applique à la responsabilité civile que les personnes


mentionnées au précédent alinéa peuvent encourir du fait des dommages causés
aux tiers par les véhicules qui sont confiés au souscripteur du contrat en raison
de ses fonctions et ceux qui sont utilisés dans le cadre de l’activité
professionnelle du souscripteur du contrat.

Article 110 : Des remorques


L’obligation d’assurance s’applique au véhicule terrestre à moteur et à ses
remorques et semi-remorques.

Sauf en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle, l’adjonction à


un véhicule terrestre à moteur de petites remorques ou semi-remorques constitue
au sens des articles 16 et 18 une aggravation du risque couvert par le contrat
garantissant le véhicule.

Article 111 : De l’étendue territoriale et montant minimum des garanties

L’assurance prévue à l’article 110 de la présente loi comporte une garantie de la


responsabilité civile s’étendant à L’ensemble du territoire national.

L’assurance est souscrite sans limitation de somme en ce qui concerne les


dommages corporels et pour une valeur à fixer par décret du Premier ministre,
sur proposition du ministre ayant le secteur des assurances dans ses attributions
après avis de l’autorité de régulation et de contrôle des assurances, par véhicule
et par sinistre matériel.

Article 112 : Des évènements garantis

L’assurance garantit la réparation des dommages corporels ou matériels


résultant:

Des accidents, incendies ou explosions causés par le véhicule, les remorques ou


semi-remorques, les accessoires et les produits servant à leur utilisation, Les
objets et substances qu’ils transportent;
de la chute de ces accessoires, objets, substances ou produits.
Article 113 : Des exclusions autorisées

La garantie ne s’applique pas à la réparation des dommages subis par:

Le conducteur du véhicule;
Les membres de la famille du conducteur, de l’assuré, du souscripteur et du
propriétaire du véhicule;
Les salariés ou préposés de l’assuré, en service, responsable des dommages dans
la mesure où ces dommages sont déjà pris en charge dans le cadre de la
législation sur les accidents du travail;
Le voleur du véhicule assuré ou par ses complices même transportés dans le
véhicule;
Les victimes, suite à l’aggravation des dommages causés, des armes ou engins
destinés à exploser par modification de structure du noyau de l’atome ou par
tout combustible nucléaire, produit ou déchet radioactif ou par toute autre source
de rayonnements ionisants et qui engagent la responsabilité exclusive d’un
exploitant d’installation nucléaire;
Les immeubles, choses ou animaux dont le propriétaire du véhicule ou son
conducteur sont propriétaires ou qui leur sont loués ou confiés à quelque titre
que ce soit;
Les marchandises ou objets transportés, sauf en ce qui concerne la détérioration
des vêtements des personnes transportées lorsque celle-ci est l’accessoire d’un
accident corporel;
Les victimes de chargement ou du déchargement du véhicule.
Article 114 : Du permis de conduire

Le contrat d’assurance peut, sans qu’il soit dérogé aux dispositions de l’article
110 de la présente loi, comporter des clauses prévoyant une exclusion de
garantie lorsque:

Le conducteur, au moment du sinistre, n’a pas l’âge requis ou ne possède pas le


permis de conduire en état de validité exigé par la règlementation en vigueur
pour la conduite du véhicule, sauf en cas de vol1 de violence ou d’utilisation du
véhicule à l’insu de l’assuré;
Le transport n’est pas effectué dans les conditions suffisantes de sécurité fixées
par le constructeur du véhicule ou par la règlementation édictée par les autorités
compétentes en ce qui concerne les dommages subis par les personnes
transportées.
L’exception prévue au premier alinéa ne peut être opposée au conducteur
détenteur d’un permis de conduire déclaré à l’assureur lors de la souscription ou
du renouvèlement du contrat, lorsque ce certificat est sans validité pour des
raisons tenant au lieu ou à la durée de résidence de son titulaire ou lorsque les
conditions restrictives d’utilisation autres que celles relatives aux catégories de
véhicules, portées sur celui-ci n’ont pas été respectées.

Article 115 : Des autres exclusions

Sont valables, sans que la personne assujettie à L’obligation d’assurance soit


dispensée de cette obligation dans les cas prévus ci-dessous, les clauses des
contrats ayant pour objet d’exclure de la garantie la responsabilité encourue par
L’assuré du fait des dommages :

survenus au cours d’épreuves, courses, compétitions ou leurs essais, soumis par


la règlementation en vigueur à l’autorisation préalable des pouvoirs publics.
Toute personne participant à l’une de ces épreuves, courses, compétitions ou
essais en qualité de concurrent ou d’organisateur n’est réputée avoir satisfait aux
prescriptions du présent chapitre que si sa responsabilité est garantie par une
assurance spécifique dans les conditions exigées par la règlementation
applicable en la matière;

Subis par des personnes transportées à titre onéreux, sauf en ce qui concerne les
contrats souscrits par des transporteurs de personnes pour les véhicules servant à
L’exercice de leur profession;
Causés par le véhicule Lorsqu’il transporte des matières inflammables,
explosives, corrosives ou comburantes et à l’occasion desquels lesdites matières
auraient provoqué ou aggravé le sinistre ; toutefois, la non-assurance ne saurait
être invoquée du chef de transport d’huiles, d’essences minérales ou de produits
similaires, ne dépassant pas cinq cents kilogrammes ou six cents litres, y
compris l’approvisionnement de carburant liquide ou gazeux nécessaire au
moteur;
Causés par le véhicule lorsqu’il transporte des sources de rayonnements
ionisants destinées à être utilisées dans une installation nucléaire, dès lors que
lesdites sources auraient provoqué ou aggravé le sinistre.
Article 116 : De la franchise

Il peut être stipulé au contrat d’assurance que l’assuré conserve à sa charge une
partie de l’indemnité due au tiers lésé.

Article 117 : Des exceptions inopposables aux tiers victimes d’accidents


corporels

Ne sont pas applicables aux tiers victimes d’accidents corporels ou à leurs


ayants droit:

La limitation de garantie prévue à l’article 118 de la présente loi;


Les exclusions de garantie prévues aux articles 115 et 117 de la présente loi;
Les déchéances, à l’exception de la suspension régulière de la garantie pour non
paiement de la prime;
La réduction de l’indemnité prévue en application de l’article 16 de la présente
loi.
Dans tous les cas susmentionnés, l’assureur procède au paiement de L’indemnité
pour le compte de L’assuré responsable.

Il peut exercer contre ce dernier une action en remboursement pour toutes les
sommes qu’il a ainsi payées ou mises en réserve à sa place.

Article 118 : De la conduite en état d’ivresse

Est réputée non écrite toute clause stipulant la déchéance de la garantie de la


responsabilité civile de l’assuré en cas de condamnation pour conduite en état
d’ivresse ou sous l’emprise de substances prohibées.

Toutefois, une telle clause est opposable à l’assuré pour les garanties non
obligatoires. Section

Section 2: Du contrôle de l’obligation d’assurance

Article 119 : Du certificat d’assurance

Tout conducteur d’un véhicule mentionné à l’article 110 doit, dans les
conditions prévues par la présente loi, être en mesure de présenter un document
faisant présumer que l’obligation d’assurance a été satisfaite.

Cette présomption résulte de la présentation, aux fonctionnaires ou agents


qualifiés chargés de constater les infractions à la police de la circulation, d’un
certificat d’assurance conforme aux dispositions des articles 124 et 125 de la
présente loi.

Le certificat d’assurances, remis par l’assureur à L’assuré lors de la souscription


du contrat ou de son renouvèlement, doit pouvoir être fourni par le conducteur
du véhicule lors de tout contrôle. A défaut de certificat, la justification est
fournie aux autorités judiciaires par tous moyens.

Le certificat d’assurances n’implique pas une obligation de la garantie de la part


de l’assureur qui n’est engagé que par le contrat d’assurance lui-même.

Article 120 : De la délivrance du certificat et du certificat provisoire

Le certificat d’assurance mentionné à l’article précédent est délivré dans un


délai maximum de dix jours à compter de la souscription du contrat et renouvelé
lors du paiement des primes ou portions de primes subséquentes.

Faute d’établissement immédiat de ce document, l’entreprise d’assurance


délivre, sans frais, à la souscription du contrat, un certificat provisoire qui établit
la présomption d’assurance pendant la période qu’elle détermine, dont la durée
ne peut excéder un mois.

Article 121 : Des mentions du certificat d’assurance

L’entreprise d’assurances est tenue de délivrer, sans frais, un certificat


d’assurance pour chacun des véhicules couverts par un contrat d’assurance.

Il en est de même pour chaque remorque et semi-remorque.


Pour les contrats d’assurance concernant Les personnes mentionnées à l’article
110 de La présente loi, le certificat d’assurance doit être délivré par l’entreprise
d’assurances en autant d’exemplaires qu’il est prévu par le contrat.

Le certificat d’assurance doit mentionner:

La dénomination et l’adresse de l’entreprise d’assurances;


Les noms, post noms, prénoms et adresses du souscripteur du contrat;
Le numéro du contrat d’assurance;
La période d’assurance correspondant à la prime ou portion de prime payée, en
indiquant clairement la date de L’entrée en vigueur des garanties et la date de
Leur cessation;
Les caractéristiques du véhicule, notamment sa nature, son type, sa marque, son
numéro d’immatriculation ou à défaut le numéro du moteur ou du châssis;
La profession du souscripteur;
Les noms des pays sur les territoires desquels la garantie contractuelle
s’applique, lorsque La garantie est étendue hors du territoire national.
Article 122 : De la forme du certificat d’assurance

Le document remis à L’assuré doit être clairement intitulé soit certificat


d’assurance, soit certificat provisoire d’assurance.

Les dimensions et ta couleur du certificat d’assurance seront déterminées par


l’autorité de régulation et de contrôle des assurances.

Article 123 : Des véhicules non assujettis à l’obligation d’assurance

Les véhicules non soumis à L’obligation d’assurance conformément au dernier


alinéa de l’article 110 de La présente Loi, sont tenus de disposer d’un certificat
de propriété délivré par l’administration compétente.

Article 124 : Du vol ou de la perte du certificat d’assurance

En cas de perte ou de vol du certificat d’assurance, l’assureur en délivre un


duplicata sur La simple demande de la personne au profit de qui le document
original a été établi.

Article 125 : Des véhicules en circulation internationale

En application des dispositions des conventions internationales, bilatérales ou


multilatérales, dûment ratifiées et publiées en République Démocratique du
Congo sur le régime d’assurance de responsabilité civile automobile, les
véhicules en circulation internationale sur le territoire congolais, lorsqu’ils n’y
sont pas immatriculés, sont tenus d’être couverts par une assurance
responsabilité civile automobile.

La preuve du respect de cette obligation est suffisante par la production de la


carte internationale d’assurance de la responsabilité civile.

A défaut de présentation de cette carte, Les véhicules visés à l’alinéa précédent,


doivent souscrire, aux frontières de La République Démocratique du Congo, une
assurance dont les conditions de souscription sont déterminées par arrêté du
ministre ayant le secteur des assurances dans ses attributions, sur proposition de
l’autorité de régulation et de contrôle des assurances.

Article 126 : Des mentions et de la validité de la carte internationale

La carte internationale d’assurance automobile comprend au minimum les


mentions prévues à l’article 123 de la présente loi.

La garantie procurée par La carte internationale d’assurance couvre la


responsabilité civile encourue par le titulaire de cette carte conformément aux
dispositions de la présente loi.

La carte internationale d’assurance est délivrée pour une durée déterminée à


l’avance et, au plus un an, sans tenir compte du nombre de voyages à effectuer.

Elle n’est valable que pour un seul véhicule automobile et ne peut en aucun cas
être transférée à un autre véhicule.

Section 3 : Du barème des responsabilités

Article 127 : Du barème des responsabilités

Le barème de responsabilités respectives des véhicules impliqués dans un même


accident en fonction des circonstances de cet accident est fixé par décret du
Premier ministre sur proposition du ministre ayant le secteur des assurances
dans ses attributions après avis de l’autorité de régulation et de contrôle des
assurances.

Ce barème est utilisé:

Pour le règlement des dommages matériels survenus lors d’accidents dans


lesquels plusieurs véhicules sont impliqués, soit que ces véhicules ne sont
assurés qu’en responsabilité civile, soit que, l’un au moins d’entre eux est assuré
en dommages, l’assureur veuille exercer son recours contre Le ou les tiers
responsables;
En cas d’accident corporel, pour déterminer les droits à recours respectifs des
assureurs qui ont indemnisé les victimes conformément à la présente loi.
Article 128 : De la communication du barème des responsabilités aux assurés

Le barème de responsabilité doit être fourni à chaque assuré au moment de La


remise de son contrat d’assurance automobile.

Section 4 : De l’Indemnisation des victimes d’accidents corporels

Paragraphe 1er : Du régime juridique de L’indemnisation

Article 129 : Des personnes visées

Les dispositions relatives à l’indemnisation s’appliquent à toutes les victimes de


dommages corporels survenus à l’occasion d’un accident impliquant un véhicule
terrestre à moteur ainsi que ses remorques ou semi-remorques. Elles
&appliquent également dans le cas où les victimes étaient transportées en vertu
d’un contrat de transport.

Elles ne s’appliquent pas aux dommages matériels causés par les accidents
d’automobile qui restent réglés par le droit commun de la responsabilité civile.

Article 130 : De l’inopposabilité de la force majeure ou du fait d’un tiers

Les victimes d’accidents corporels, y compris les conducteurs, ne peuvent se


voir opposer la force majeure ou le fait d’un tiers par le conducteur ou le gardien
d’un véhicule impliqué dans un tel accident.

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Article 131 : De l’inopposabilité de la faute de la victime

Les victimes d’accidents corporels impliquant un ou plusieurs véhicules


terrestres à moteur, y compris les conducteurs, sont indemnisés des dommages
résultant des atteintes à leur personne qu’elles ont subis, sans qu’il leur soit
opposé leur propre faute à l’exception du cas où elles ont volontairement
recherché les dommages subis.

La faute commise par la victime n’a pour effet que de limiter ou d’exclure
l’indemnisation des dommages aux biens qu’elle aurait subis concomitamment
avec ses dommages corporels.
Lorsque le conducteur d’un véhicule n’en est pas le propriétaire, la faute de ce
conducteur peut être opposée au propriétaire pour l’indemnisation des
dommages causés à son véhicule. Le propriétaire dispose d’un recours contre le
conducteur.

Article 132 : Des personnes lésées à la charge effective de la victime

Le préjudice subi par les personnes physiques qui établissent être en


communauté de vie avec la victime directe de l’accident peut ouvrir droit à
réparation dans les limites ci-après:

En cas de blessures graves réduisant totalement la capacité de la victime directe,


seul le conjoint est admis à obtenir réparation du préjudice moral subi, et ce dans
la limite de dix fois le montant annuel du Salaire Minimum Interprofessionnel
Garanti en vigueur lors du règlement de l’indemnité, pour l’ensemble des
bénéficiaires;

En cas de décès de la victime directe, la personne lésée par ricochet est


assimilée, selon son âge, à…

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