CM Biosécurité Pour Production Animale - PR MOROH
CM Biosécurité Pour Production Animale - PR MOROH
Biosécurité
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Dr MOROH Jean-Luc Aboya
I INTRODUCTION 4
II NOTION DE BIOSECURITE EN MICROBIOLOGIE 6
II.1 Groupes de risque --------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 6
III.4 Plan conceptuel d'aménagement de la ferme intégrant les zones de biosécurité -------------------------- 14
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Dr MOROH Jean-Luc Aboya
III.6.2.6 Eau ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 23
III.6.2.7 Fumier ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 24
III.6.2.8 Élimination des carcasses ----------------------------------------------------------------------------------------- 25
III.6.2.9 Animaux de compagnie, ravageurs, mauvaises herbes, animaux féroces et sauvages ---------- 25
III.6.2.10 Nettoyage et désinfection ---------------------------------------------------------------------------------------- 26
III.6.2.11 Planification et formation ---------------------------------------------------------------------------------------- 27
III.6.3 Gestion de la santé des animaux --------------------------------------------------------------------------------------- 27
III.6.3.1 Bonnes pratiques de gestion ------------------------------------------------------------------------------------ 27
III.6.3.2 Observation et évaluation ---------------------------------------------------------------------------------------- 28
III.6.3.3 Animaux nouveaux ou retournant à la ferme --------------------------------------------------------------- 29
III.6.3.4 Animaux malades --------------------------------------------------------------------------------------------------- 29
III.6.3.5 Vaccination et médication ---------------------------------------------------------------------------------------- 30
III.6.3.6 Plans d'intervention en cas de maladie ----------------------------------------------------------------------- 30
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Dr MOROH Jean-Luc Aboya
I Introduction
La biosécurité est une notion polysémique, désignant au départ la sécurisation physique d'un
espace au profit de son propriétaire ou de son occupant. Par la suite, la biosécurité est, en
écologie, ce qui vise à contrôler des flux vivants, et ainsi à une protection élargie de la nature,
qui inclut l'humanité et ses générations futures.
Dans l'élevage, la biosécurité impose une standardisation très importante qui n'est permise
que pour les élevages industriels, or paradoxalement, la concentration très importante de ces
animaux dans ces élevages augmente le risque viral ou bactérien.
Au XXème siècle, les progrès des biotechnologies ont été tels que de nombreux projets civils de
recherche en médecine et biotechnologies agricoles ont un potentiel d'usage militaires ou
terroriste (« recherche à double usage »).
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Des mesures actives et passives, préventives et correctives combinent divers systèmes de
bonnes pratiques (ex : Hygiène, HACCP, barrières multiples, traçabilité, contrôle, vérification,
certification, exercices et analyse des retours d'expérience et mises à jour de normes, etc.).
Elles concernent en particulier les laboratoires de biotechnologies, la gestion des cadavres,
excréta, déchets médicaux et autres déchets à risque biologique.
Des formations et outils dédiés ont été produits pour les chercheurs, les agents des douanes,
de santé et les gestionnaires agricoles et de ressources naturelles, pour prévenir la
propagation de ces agents biologiques5.
Sous l'égide de l'OMS, l'OIE, la FAO et l'ONU, avec une approche One Health se développant
dans le cadre de la mondialisation et de la grande accélération la biosécurité nécessite de plus
en plus une coopération de scientifiques, techniciens, décideurs, ingénieurs en sécurité,
législateur et des responsables de l'application de la loi.
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II Notion de biosécurité en microbiologie
II.1 Groupes de risque
D’une façon générale, la répartition des organismes infectieux par groupe de risque sert à
classer ces derniers en fonction du risque qu’ils présentent pour la santé. Les facteurs qui
déterminent ces groupes de risque sont basés sur les caractéristiques particulières de
l’organisme :
➢ pathogénicité,
➢ dose infectieuse,
➢ mode de transmission,
➢ gamme d’hôtes,
➢ disponibilité des mesures préventives efficaces,
➢ disponibilité des traitements efficaces.
Les catégories de risque sont établies sur la base des situations courantes vécues en
laboratoire de recherche ou de la croissance des organismes utilisés en petites quantités à des
fins diagnostiques ou expérimentales. Quatre niveaux de risque sont définis comme suit.
Groupe de risque 1 (risque faible pour la personne, faible pour la collectivité). Agent
biologique peu susceptible d’infecter une personne saine ou un animal sain.
Groupe de risque 2 (risque modéré pour la personne, faible pour la collectivité) Agent
pathogène susceptible de provoquer une maladie humaine ou animale, mais qui constitue
rarement à priori un danger grave pour le personnel de laboratoire, pour la collectivité, pour
le bétail ou pour l’environnement. L’exposition en laboratoire provoque rarement une
infection grave. Toutefois, il existe en pareil cas des mesures préventives et thérapeutiques
efficaces, et le risque de propagation est limité.
Groupe de risque 3 (risque élevé pour la personne, faible pour la collectivité) Agent pathogène
provoquant généralement une maladie humaine grave ou ayant de lourdes conséquences
économiques, mais qui se transmet rarement par simple contact de personne à personne et
qui cause rarement des maladies ne pouvant être traitées par des agents antimicrobiens ou
antiparasitaires.
Groupe de risque 4 (risque élevé pour la personne, élevé pour la collectivité) Agent pathogène
entraînant généralement une maladie humaine très grave, souvent impossible à traiter,
facilement transmissible par simple contact, directement ou indirectement, de personne à
personne ou d’un animal à une personne et vice-versa. La classification des agents pathogènes
humains par groupe de risque est disponible sur le site Web du Bureau
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Dr MOROH Jean-Luc Aboya
L’objectif d’une telle classification n’est pas d’établir des règles de manipulation du risque
biologique en laboratoire, et celle-ci exclut par exemple les protocoles de manipulation
d’organismes donnés. L’objectif des niveaux de confinement est de décrire le niveau de
confinement minimum approprié à une manipulation sans danger d’un organisme en
laboratoire. En plus des caractéristiques inhérentes de chaque organisme, les niveaux de
confinement tiennent non seulement compte des besoins de conception et d’aménagement
des installations, mais aussi des exigences opérationnelles et techniques associées à la
manipulation d’un agent pathogène donné. Ils s’appliquent à toutes les installations, y compris
aux laboratoires cliniques et aux laboratoires de diagnostic, de recherche, d’enseignement ou
de production travaillant à l'échelle de laboratoire. Les quatre niveaux de confinement sont
définis comme suit.
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Niveau de confinement 4 Ce niveau de confinement extrême autorise la manipulation
d’agents transmissibles par aérosol, comportant souvent une faible dose infectieuse et
entraînant des maladies graves, souvent mortelles, pour lesquelles en général aucun
traitement ou vaccin n'est disponible. Il représente une unité fonctionnellement isolée et, si
nécessaire, structurellement indépendante des autres unités. Le périmètre du laboratoire sera
scellé afin d’isoler complètement l’agent infectieux, et la pression à l’intérieur de l’installation
sera négative. Le chercheur portera une combinaison de surpression pour être également
isolé de l'agent pathogène, ou bien l'agent sera maintenu dans une enceinte de sécurité
biologique de niveau 3. L’air et les autres effluents produits en laboratoire seront
décontaminés.
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III Biosécurité en production animale
III.1 Contexte
Le maintien du meilleur état de santé possible des animaux est essentiel à la pérennité et la
rentabilité du secteur agricole. L'accès éventuel à différents marchés dépendra de plus en plus
de notre capacité à démontrer que nos animaux sont exempts de maladies animales graves et
de ravageurs. Les standards de biosécurité joueront un rôle de plus en plus important pour
répondre aux exigences de l'industrie de la transformation et au maintien de l'accès aux
marchés et de la compétitivité, de même que dans des programmes d'assurance de la qualité.
On note une tendance croissante par rapport à l'utilisation de certificats de santé comme
indicateur d'assurance de la qualité et de la biosécurité lors de l'achat et du déplacement
d'animaux vivants. Aujourd'hui, les consommateurs sont mieux informés et plus sensibles aux
questions de bien-être et de biosécurité liées à la production animale. Ils exigent du monde
agricole des pratiques de production d'une grande qualité.
Les maladies animales exotiques (MAE) et les maladies de production – présentes dans
certaines régions peuvent se propager d'une ferme à l'autre et entraîner la maladie et la mort
chez les animaux ainsi que des pertes économiques. La meilleure défense contre la maladie
demeure la mise en place de mesures de biosécurité pratiques à la ferme.
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• Minimiser les pertes économiques et les coûts éventuels ;
• Protéger la santé humaine ;
• Maintenir l'absence de restrictions relatives aux déplacements d’animaux ;
• Protéger les industries de service (p. ex. les fournisseurs d'aliments pour animaux);
• Protéger les marchés d’exportation ; et
• Aider la commercialisation nationale.
Le présent guide met l'accent sur la biosécurité à la ferme, bien que des mesures de
biosécurité sont nécessaires à l'ensemble des systèmes de production, et ce, à l'échelle
régionale, nationale et internationale.
Ce sont les propriétaires et les gérants qui ont l'ultime responsabilité de protéger la santé des
animaux dont ils sont responsables ; ils auraient donc avantage à élaborer un plan écrit de
biosécurité pour leur exploitation. Ils peuvent le faire en étroite collaboration avec des
vétérinaires en pratique privée, des conseillers agricoles de même qu'avec des vétérinaires
provinciaux et fédéraux présents dans chaque région. Des mesures simples et rapides
intégrées à vos pratiques de gestion quotidiennes contribueront grandement à protéger votre
ferme et l'avenir de votre entreprise des conséquences coûteuses des maladies.
La biosécurité peut être perçue comme une approche globale de la gestion de la santé des
animaux. La collaboration des visiteurs et des employés des services agricoles est une
importante composante du plan bien que le propriétaire ou le gérant doit être disposé à faire
le nécessaire pour s'assurer que les membres de la famille, les employés et les visiteurs
respectent les protocoles établis.
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III.1.4 Pourquoi la planification et la mise en place de mesures de
biosécurité animale à la ferme sont-elles importantes ?
Par le passé, les producteurs et le monde agricole se sont surtout fiés à l'utilisation de vaccins
et d'agents antimicrobiens pour gérer la production et la santé des animaux. En raison de
l'évolution de la résistance aux antimicrobiens, des maladies émergentes et ré-émergentes,
des souches résistantes de maladies et de ravageurs, on reconnaît maintenant que cette
démarche n'est plus efficace. Une approche globale intégrant la biosécurité, la médication et
la vaccination est la protection la plus rentable contre les maladies animales.
Les mesures de biosécurité visant le maintien de la santé des animaux, sont appliquées avec
succès sur plusieurs fermes. Il existe tout de même une tendance vers une application plus
systématique des mesures de biosécurité à tous les secteurs agricoles, depuis la ferme jusqu'à
l'échelle nationale.
La complexité des exploitations agricoles gérées de façon intensive (fortes populations, cycles
de production étalés, milieux d'élevage, autres exigences et logistique) accroît le risque
potentiel d'introduction et de propagation des maladies. Ces exploitations peuvent exiger des
protocoles de biosécurité plus rigoureux. Plusieurs exploitations agricoles spécialisées,
comme les élevages intégrés de volaille et de porcs, ont des plans de biosécurité bien conçus
pour protéger la santé de leurs troupeaux. Néanmoins, les systèmes d'élevage extensif, ayant
recours à l'utilisation de pâturage ou de pâturage collectif, peuvent bénéficier de l'application
des éléments de biosécurité mentionnés dans le présent document.
Pour protéger votre ferme, il est important de connaître les risques liés à votre entreprise,
comprendre la façon dont vos animaux peuvent être exposés aux maladies, et prendre les
mesures nécessaires pour réduire ces risques. La mise en place des mesures de biosécurité
n'exige pas toujours des coûts d'investissement importants ; souvent, cela peut se faire en
modifiant la planification et la gestion.
Les maladies peuvent être causées par un certain nombre de facteurs, notamment les
organismes infectieux ; les toxines ; des traumas ou la détérioration d'un tissu ou d'un organe
; et les conditions dégénératives, métaboliques et nutritionnelles. Cependant, une cause
principale est la contamination par des agents pathogènes, à savoir les virus, les bactéries, les
champignons et les parasites. Parmi les sources ou les vecteurs d'agents infectieux, notons :
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• Les vêtements ;
• L’équipement ;
• Les véhicules et le transport ;
• Les aliments et l’eau ;
• Les fèces et l’urine ;
• Les oiseaux, les animaux sauvages et autres animaux ;
• Les ravageurs ; et
• L’air (aérosols ou particules).
La capacité d'un secteur de production animale à résister à une éclosion ne repose pas
uniquement sur les efforts collectifs du secteur, mais aussi sur les plans de biosécurité
individuels et sur l'efficacité de leur mise en place.
Le présent guide vise à déterminer les principaux éléments, facteurs et points critiques en
matière de biosécurité à la ferme qui s'appliquent à différentes espèces animales. Il est conçu
pour aider le gouvernement, les associations nationales et les producteurs à élaborer et à
implanter des programmes de biosécurité. Ces recommandations préventives ne sont pas
exhaustives, mais elles sont reconnues comme des pratiques de gestion bénéfiques pour la
plupart des espèces animales. L'adoption de ces pratiques n'est pas une garantie de protection
contre toutes les maladies, mais un plan efficace contribuera à protéger votre exploitation
agricole.
Le présent guide vise à encourager les producteurs à mettre en place, dans l'ensemble de
l'industrie, des mesures préventives et de contrôle des maladies. Il existe différents objectifs
et types de production. Les besoins d'un secteur varient en fonction du lieu géographique et
selon les considérations en matière de biosécurité pouvant être réglementées à l'échelle
fédérale, provinciale, régionale et municipale. Il n'existe pas de plan de biosécurité qui comble
les besoins de toutes les exploitations agricoles ; c'est pourquoi les plans de biosécurité
doivent être conçus pour répondre aux besoins particuliers de chaque exploitation. Chaque
exploitation aurait avantage à intégrer dans ses activités quotidiennes des pratiques
appropriées pour les risques spécifiques de maladies. Les producteurs devraient revoir
régulièrement leurs pratiques de production par rapport à la prévention des maladies et
s'assurer que leurs stratégies sont appliquées. Un plan de biosécurité efficace doit être flexible
et ouvert aux nouvelles connaissances et technologies.
Voici les étapes à suivre pour la conception d'un plan de biosécurité à la ferme :
Un plan de biosécurité doit minimalement être axé sur les interventions en matière de
biosécurité qui réduisent :
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III.4 Plan conceptuel d'aménagement de la ferme intégrant les zones de
biosécurité
III.5 Définition
Aire de transition :
Emplacement désigné pour l'application des procédures de biosécurité pour les personnes et
l'équipement avant leur entrée dans une zone de biosécurité (ZAC ou ZAR). L'aire de transition
peut être un point d'accès contrôlé, un point d'entrée contrôlé ou une antichambre.
Antichambre :
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Zone ou pièce qui précède immédiatement la zone d'accès restreint (ZAR) et assure une
transition depuis la zone d'accès contrôlé (ZAC).
Cheptel (animal) :
Tout animal (y compris les oiseaux, les insectes et les poissons) intentionnellement élevé dans
un contexte agricole aux fins de profit ou de subsistance, que ce soit pour la viande, la
fourrure, les fibres, le lait, la laine, la reproduction, le sport ou les loisirs, ou pour tout autre
travail ou produit.
Ferme :
Étendue de terre servant à la culture ou à l'élevage de certains animaux (pour la viande, les
fibres ou à usage récréatif), également appelée « propriété » ou « exploitation ». Elle inclut
les terres, les bâtiments, les zones et les aires allouées ou désignées.
Isolation :
Endroit où les nouveaux animaux, ceux qui sont ramenés à la ferme et ceux qui sont malades,
ainsi que leurs excrétions et leurs sécrétions, sont physiquement séparés afin qu'ils n'aient
aucun contact avec les animaux de la ferme.
Point d'entrée visuellement délimité par lequel les travailleurs, l'équipement, les camions de
livraison des aliments pour animaux, etc. entrent dans la zone d'accès contrôlé (ZAC) ou la
zone d'accès restreint (ZAR).
Point d'entrée visuellement délimité par lequel les travailleurs, les visiteurs, l'équipement, les
véhicules, etc. entrent dans la ZAC ou la ZAR.
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Producteur :
Personne qui possède ou loue des terres, ou qui élève des animaux.
Troupeau fermé :
Aucun achat d'animaux de remplacement, quel que soit leur âge : les animaux de
remplacement sont obtenus par reproduction et élevés à la ferme (si des animaux sont
ramenés dans l'exploitation après avoir participé à une exposition, le troupeau n'est plus
considéré comme fermé).
Visiteurs :
il s'agit notamment des vendeurs, des livreurs, des vétérinaires, des transporteurs de bétail,
des voisins possédant du bétail, des spécialistes en bétail, des membres de la famille, des
visiteurs internationaux, des représentants gouvernementaux, des entrepreneurs, des
techniciens en surveillance des maladies, des techniciens pour le transfert d'embryons ou
l'insémination artificielle, des employés de l'industrie des aliments pour animaux, des
représentants en fournitures agricoles, des mécaniciens d'équipement agricole et quiconque
ayant été en contact avec des animaux.
Zone située à l'intérieur de la ZAC utilisée ou prévue pour loger les animaux, y compris la
production en plein air et en semi-plein air, et dont l'accès par le personnel et l'équipement
est davantage restreint que dans la ZAC. La ZAR, la zone intérieure de biosécurité, est parfois
appelée zone de production ou zone restreinte (ZR).
Zone de production :
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Comprend les bâtiments, les pâturages, les aires servant à l'entreposage et à la manipulation
d'aliments, les aires de collecte et les environs immédiats des bâtiments.
Lors de l'élaboration d'un plan de biosécurité à la ferme, prenez en considération les trois
éléments suivants :
On encourage le producteur à concevoir des mesures qui sont pratiques, flexibles et axées sur
les résultats. Pour un exemple, consultez la Norme nationale de biosécurité pour les fermes
avicoles.
Cette partie s'intéresse aux caractéristiques physiques générales d'une exploitation. Étant
donné l'intensification de la production et les terres agricoles limitées, l'emplacement d'une
exploitation et la façon dont elle est conçue deviennent des facteurs de plus en plus
importants. La localisation et l'aménagement s'intègrent facilement dans la construction
d'une nouvelle exploitation. Quant aux fermes existantes, les méthodes d'exploitation et les
pratiques de gestion de santé animale sont les plus faciles et les moins coûteuses à changer,
et elles ont un effet immédiat sur l'exploitation agricole.
L'environnement naturel de votre ferme est un élément important qui permet de comprendre
les risques de maladie dans votre région. Lors d'éclosion d'une maladie, les caractéristiques
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physiques de votre exploitation et celles des fermes environnantes contribuent grandement
à réduire le risque d'introduction et de propagation des maladies.
III.6.1.2 Plan
• Orientez les étables, les bâtiments et les unités de façon à réduire l'introduction et la
propagation des maladies.
• Positionnez les installations de façon à réduire l'introduction et la propagation des
maladies.
• Assurez-vous que les aires et les installations de nettoyage et de désinfection soient
bien situées.
• Assignez des aires de chargement et de déchargement dans un emplacement qui
réduit l'introduction et la propagation des maladies.
• Aménagez les aires de contention, de traitement, d'isolement ou de quarantaine dans
des emplacements qui réduisent le risque d'introduction et de propagation des
maladies.
• Réservez des aires de ségrégation pour l'introduction de nouveaux animaux et pour
ceux qui sont jeunes ou malades.
• Entourez la propriété d'une clôture ou autre limite.
• Établissez une ligne de délimitation visible autour de la zone de production.
• Si possible, situez la résidence à l'extérieur de la zone de production.
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• Mettez à la disposition des personnes concernées un plan d'aménagement de la
propriété, y compris la zone de production.
III.6.1.3 Circulation
Les véhicules et les surfaces sur lesquelles ils circulent peuvent être des vecteurs
d'introduction et de propagation d'agents pathogènes. Il importe donc de contrôler et, au
besoin, de restreindre le va-et-vient des véhicules sur votre propriété.
• Assurez-vous que les itinéraires sont bien définis et indiquez la voie à suivre pour les
employés et les visiteurs.
• Utilisez une signalisation adéquate pour diriger les visiteurs vers les aires de
stationnement, les bureaux et les zones de transition ainsi que vers les points de
débarquement et de livraison.
• Prévoyez des aires de stationnement pour les véhicules qui n'entrent pas dans la zone
de production.
• Assurez-vous que l'entrée principale donnant accès à la propriété et à la zone de
production est adéquatement identifiée et qu'elle peut se verrouiller.
III.6.1.4 Paysage
• Situez les zones de production et les aires d'élevage sur un sol plus élevé ou utilisez
l'aménagement paysager pour favoriser le drainage et réduire l'eau stagnante dans la
zone de production.
• Réduisez le nombre d'arbres et d'arbustes à proximité et à l'intérieur de la zone de
production.
• Utilisez des barrières naturelles le long des voies d'accès ou des limites de la ferme
voisine pour bien marquer la séparation.
• Contrôlez la végétation autour et à l'intérieur de la zone de production.
• Utilisez l'aménagement paysager pour faciliter le drainage et réduire l'eau stagnante
dans la zone de production.
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III.6.2 Méthodes d'exploitation
La présente section porte sur les activités quotidiennes à la ferme. L'arrivée et les
déplacements des propriétaires, des employés, des visiteurs et des fournisseurs de services
font partie de la réalité quotidienne d'une exploitation agricole et augmentent le risque
d'introduction et de propagation des maladies et des ravageurs. Les mesures qui visent à
réduire les risques peuvent facilement s'intégrer aux méthodes d'exploitation et sont souvent
peu coûteuses. La réussite des méthodes d'exploitation en tant que pratiques de réduction
des risques repose sur la responsabilité, la coopération, l'assiduité, la flexibilité et la
planification.
Les zones de biosécurité sont des aires où des mesures de biosécurité sont appliquées pour
contrôler l'accès, la sortie et la circulation. Plus précisément, la zone d'accès contrôlé (ZAC) et
la zone d'accès restreint (ZAR) sont des zones dont le risque est plus élevé. Pour être efficaces,
elles doivent être visibles et contrôlées, et leur importance doit être comprise.
• Aménagez une ZAC (zone de biosécurité externe) et une ou plusieurs ZAR (zone de
biosécurité interne) dans la zone de production.
• Prévoyez une signalisation visible et adéquate pour la ZAC et la ZAR.
• Définissez les limites des zones de biosécurité.
• Surveillez les points d'entrée et de sortie des zones de biosécurité.
Les gens, les vêtements et les chaussures constituent des facteurs de risque pour le plan de
biosécurité. Cependant, on peut élaborer et mettre en pratique des mesures pour réduire ces
risques par le biais de protocoles et en contrôlant rigoureusement l'accès aux zones de
biosécurité.
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• Exigez qu'on enfile des vêtements et des chaussures de protection (jetables ou dédiés
à la ferme) pour entrer dans la zone de production (ZAC).
• Dédiez des vêtements de protection à un bâtiment ou à la ferme pour entrer dans la
zone de production animale, soit la ZAR.
• Aménagez des installations pour le lavage des mains à l'entrée et à la sortie d'une zone
ou d'une unité de production.
• Pour entrer dans une ZAC ou une ZAR, ou en sortir, passez par un point d'entrée
contrôlé (aire de transition ou antichambre) où un nettoyage, une désinfection, un
lavage de mains et un changement de vêtements ont lieu.
• Exigez que les passages aux unités de production, entre celles-ci et à l'extérieur des
zones s'effectuent des aires propres aux aires contaminées, des animaux en santé aux
animaux malades et des jeunes animaux aux animaux âgés.
• Limitez l'accès à la ZAC et à la ZAR aux visiteurs essentiels (fournisseurs de service de
l'industrie, vétérinaires, employés des services spécialisés et des services publics et
entrepreneurs) et accompagnez-les.
• Exigez que les visiteurs ayant eu contact avec d'autres animaux se douchent avant de
changer de vêtements et de chaussures de protection.
• Exigez que les pédiluves soient utilisés lorsque disponibles.
• Retirez, confinez et disposez des vêtements et des chaussures de protection jetables
contaminés avant de partir.
• Nettoyez et désinfectez les bottes contaminées.
• Lavez-vous les mains et les avant-bras avant de quitter l'exploitation.
• Tous les visiteurs doivent :
o obtenir une autorisation avant leur visite à l'exploitation;
o suivre les protocoles de biosécurité établis;
o remplir le registre des visiteurs;
o être accompagnés;
o limiter leur accès à la zone de production; et
o limiter leur accès direct aux animaux et à leurs produits, leurs aliments et leur
eau.
• Exigez que les employés et les membres de la famille, qui reviennent de pays étrangers
et qui y ont eu des contacts avec des animaux ou qui ont visité des bâtiments d'élevage,
évitent les contacts directs ou indirects avec les animaux de la ferme jusqu'à ce que les
mesures de biosécurité aient été appliquées. Les considérations en matière de
biosécurité et le délai exigés relèvent de la situation zoosanitaire du pays visité et du
risque potentiel de transmission de la maladie.
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Il n'y a pas que les personnes et les vêtements qui constituent des risques pour la biosécurité
; les véhicules et l'équipement présentent aussi des niveaux de risque élevés. Ce risque
s'accroît s'ils circulent à l'intérieur et à l'extérieur de l'exploitation ou s'ils sont en contact
direct ou indirect avec les animaux ou les produits animaux.
• Assurez-vous que les véhicules qui entrent à la ferme se conforment aux protocoles de
biosécurité établis.
• Garez les véhicules des employés et de la famille dans une aire prévue à cette fin, à
l'extérieur de la zone de production et des voies de circulation liées aux activités
agricoles.
• Nettoyez les véhicules jusqu'à ce que les pneus, le passage des roues et le dessous du
véhicule soient exempts de matières organiques visibles.
• Nettoyez et désinfectez les véhicules et l'équipement entrant dans une zone de
biosécurité dans une aire désignée contrôlée.
• Assurez-vous que les aires de service et de livraison soient situées à une distance
maximale des installations pour le bétail.
• Prévoyez un équipement spécifique pour chaque ferme. Évitez de partager
l'équipement agricole entre les fermes.
• Nettoyez et désinfectez l'équipement qui a été en contact avec des animaux morts, du
fumier ou des aliments, conformément aux protocoles de biosécurité ou à un
programme de gestion du risque.
• Les véhicules servant au transport des animaux doivent être nettoyés et désinfectés
avant d'arriver à la ferme.
• Au besoin, nettoyez et désinfectez les véhicules et l'équipement qui sortent d'une zone
de biosécurité.
• Désinfectez avec soin les instruments et l'équipement servant au bétail (instruments
pour l'écornage, etc.), avant de les utiliser et entre les utilisations.
• Limitez l'utilisation des véhicules récréatifs sur la ferme.
• Tenez un registre d'arrivée des véhicules et de l'équipement.
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Dr MOROH Jean-Luc Aboya
• Veillez à l'entretien des bâtiments et de l'équipement mécanique.
• Veillez à l'entretien de la signalisation, des clôtures et autres limites.
• Exigez que les zones de production soient exemptes d'eau (flaques) et de drainage
d'effluents.
• Assurez-vous que les bâtiments soient faciles à nettoyer et à désinfecter.
• Concevez les bâtiments de façon à empêcher l'entrée des oiseaux et des animaux
sauvages et à limiter la présence de vermine.
• Assurez-vous que les barrières et les bâtiments puissent être verrouillés.
• Veillez à l'entretien des chemins et des allées, et assurez-vous qu'ils sont construits à
l'aide de matériaux résistants aux intempéries (béton ou asphalte) qui favorisent un
bon drainage.
III.6.2.6 Eau
Les sources d'eau et les systèmes de distribution peuvent exposer quotidiennement les
animaux aux agents pathogènes. Les milieux aquatiques (étangs, lacs, etc.) ne peuvent pas
être contrôlés et constituent des réservoirs potentiels d'agents pathogènes importants.
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• L'eau utilisée pour la production doit satisfaire les normes provinciales et municipales
relatives à l'eau potable.
• Analysez l'eau régulièrement pour vous assurer que sa consommation est sécuritaire
pour les animaux.
• Utilisez les sources d'eau municipales, dans la mesure du possible.
• Filtrez et traitez l'eau des puits, des ruisseaux, des étangs et des lacs.
• Réduisez ou éliminez l'accès des animaux aux ruisseaux, aux rivières, aux lacs ou aux
étangs.
• Utilisez les systèmes de distribution d'eau « fermés », dans la mesure du possible.
• Inspectez et entretenez les systèmes et les unités de traitement.
• Installez un dispositif d'alarme ou tout autre dispositif pouvant aviser le producteur
lorsque les systèmes de traitement d'eau ne fonctionnent pas.
III.6.2.7 Fumier
Les animaux et les employés sont quotidiennement exposés (de façon directe ou indirecte) au
fumier. Le fumier est un produit animal et peut facilement attirer les insectes et les ravageurs.
Considérant que les animaux et les employés circulent autour des installations, cela peut
entraîner des situations à risque élevé. Il faut considérer que les employés et l'équipement
entrant dans la ZAR aient été en contact direct ou indirect avec le fumier.
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III.6.2.8 Élimination des carcasses
Les carcasses créent des situations à risque de plusieurs façons. Elles constituent un réservoir
d'agents pathogènes (décès attribuables aux maladies), attirent les ravageurs ou propagent
les maladies hors de la ferme (service de collecte des carcasses). Les considérations liées à la
ferme incluent les mouvements autour des installations, les zones d'entreposage et de
confinement, le compost et la disposition finale.
• Élaborez et mettez en place un plan écrit pour les aires d'attente et d'élimination des
animaux morts.
• Assurez-vous que l'élimination des animaux morts s'effectue conformément aux
directives municipales et provinciales.
• Situez les aires d'élimination et de chargement (collecte des carcasses) à l'extérieur de
la zone de production afin d'éviter la contamination du site.
• Concevez et situez les sites de confinement et de disposition provisoires afin de
prévenir l'accès aux personnes, aux animaux domestiques, aux animaux sauvages et
aux ravageurs.
• Procédez à des tests diagnostiques et post-mortem afin d'éviter la propagation de la
contamination.
• Éliminez de façon appropriée la litière, les produits animaux, le fumier et les aliments
contaminés.
• Aménagez le site de collecte des animaux morts dans un emplacement peu propice à
la propagation de la contamination.
Les animaux, les insectes et les oiseaux créent des situations particulièrement à risque.
L'élevage des animaux crée un milieu favorable aux ravageurs, notamment les abris, la
nourriture et l'eau. Les ravageurs peuvent être des vecteurs directs d'agents pathogènes et
peuvent propager des maladies lors des déplacements, en plus de créer une chaîne
alimentaire qui attire davantage de ravageurs, potentiellement plus à risque.
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• Surveillez les dépotoirs et les tas de débris qui attirent la vermine et les animaux
sauvages.
• Inspectez les bâtiments pour évaluer la présence de ravageurs et empêcher les points
d'accès.
• Gérez les débordements d'aliments et les sources de nourriture.
• Protégez les points d'entrée des bâtiments d'élevage, des box et des granges afin
d'empêcher l'accès aux ravageurs et aux animaux sauvages.
• Prenez des mesures pour empêcher la nidification des oiseaux dans les bâtiments
d'élevage.
• Restreindre la présence des animaux de compagnie dans la zone de production.
• Intégrez les chiens de travail dans votre plan de biosécurité.
• Maîtrisez et réduisez les risques associés aux employés qui possèdent des animaux
d'élevage, de compagnie et des animaux exotiques.
Le nettoyage et la désinfection sont les principaux piliers d'un plan de biosécurité rigoureux.
Ces activités sont complémentaires au zonage et aux autres mesures. Le nettoyage et la
désinfection réduisent les populations d'agents pathogènes transportées sur les personnes,
l'équipement et les véhicules, atténuant ainsi le risque de propagation à l'intérieur et entre
les zones de production.
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Choisissez les désinfectants en fonction des besoins et des organismes ciblés.
Les connaissances permettent la surveillance efficace des activités d'une exploitation agricole.
Elle permet aussi une planification future en fonction des changements de situation ou de
procédés de production. L'élaboration et la mise en place d'un programme de formation
donnent aux employés un sentiment de fierté et de responsabilité, et aident à maintenir la
vigilance.
• Évaluez les risques de maladie, et déterminez puis exécutez les interventions requises
en matière de biosécurité, en collaboration avec votre vétérinaire, votre conseiller
agricole et vos employés.
• Définissez les buts et les standards de biosécurité que vous souhaitez maintenir.
• Élaborez et mettez en place un plan de biosécurité utile écrit.
• Assurez-vous que chaque installation de production dispose d'un exemplaire du plan
de biosécurité.
• Surveillez, analysez et modifiez le plan à mesure que les situations évoluent et que de
nouvelles connaissances deviennent disponibles.
• Élaborez des procédures opérationnelles normalisées (PON) pour les pratiques de
biosécurité quotidiennes.
• Veillez à ce que les employés et les membres de la famille reçoivent une formation
théorique et pratique établie en fonction du plan.
• Offrez périodiquement des séances de formation et de discussion aux employés et aux
membres de la famille.
• Faites connaître le plan de biosécurité aux voisins, aux visiteurs, aux associations de
l'industrie et aux fournisseurs de service.
• Travaillez et communiquez régulièrement avec votre vétérinaire.
• Restez à l'affût des nouveautés en matière de santé animale (à l'échelle locale,
régionale, nationale et internationale).
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Considérations en matière de biosécurité :
La détection précoce des maladies contribue grandement à réduire leur impact et à les
confiner dans une exploitation ou à une unité de production particulière.
Interventions :
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III.6.3.3 Animaux nouveaux ou retournant à la ferme
Les animaux malades peuvent facilement transmettre une maladie par contact direct ou
indirect. Au début, la maladie peut être peu sévère ; toutefois, les animaux dont l'état de santé
est faible ou fragilisé sont plus sensibles aux agents pathogènes très contagieux et virulents.
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• Cherchez la cause de la maladie des animaux atteints.
• Contactez un vétérinaire pour les examens et les traitements appropriés.
• Envisagez une approche d'examen et de réforme en fonction de la maladie.
• Contactez immédiatement un vétérinaire ou un responsable gouvernemental dans les
cas de maladies inhabituelles ou de mortalités inexpliquées.
• Faites enquête et examinez les mortalités et les avortements inexpliqués.
• Utilisez des procédures d'abattage sans cruauté pour les animaux malades, blessés ou
débilités.
• Tenez à l'écart des animaux isolés ou en quarantaine les déchets d'animaux sains, ainsi
que les aliments pour animaux et la source d'eau.
La mise en place de mesures proactives aide à réduire le risque qu'une maladie s'établisse à
la ferme. Une utilisation judicieuse de la médication, par exemple, peut améliorer l'efficacité
du traitement et contribuer à réduire le risque.
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• Élaborez et mettez en place un plan écrit d'intervention en cas de maladie avec votre
vétérinaire, conçu pour contrôler les déplacements des personnes, des animaux, des
véhicules et de l'équipement lors d'une éclosion de maladie.
• Incluez dans votre plan d'intervention les seuils de production déclenchant le plan ainsi
que les coordonnées complètes du personnel d'intervention.
• Assurez-vous que les employés sont bien informés et expérimentés quant à
l'observation des animaux et aux paramètres de production indiquant des signes de
maladie.
• Assurez-vous que les membres de la famille et les employés connaissent bien les
procédures d'intervention en cas de maladie.
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