0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
381 vues3 pages

Poesie 4

Transféré par

mbowmiss73
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
381 vues3 pages

Poesie 4

Transféré par

mbowmiss73
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

FONDATION POUR L’EDUCATION / RESEAU LIBRE SAVOIR

PREPARATION BACCALAUREAT / SESSION 2024


COURS DE RENFORCEMENT DES CAPACITES METHODOLOGIQUES
PRESENTIELS ET EN LIGNE
COORDONNATEUR NATIONAL / MONSIEUR NDOUR
TEL : 77-621-80-97 / 77-993-41-41 / 76-949-63-63

DISSERTATION LITTERAIRE CORRIGEE PORTANT SUR LA POESIE N° 04

SUJET
« Selon Jeanne Bourin « un livre de poème n’est rien d’autre qu’un cœur ouvert »
Dans un développement organisé, vous discuterez : en montrant d’abord que la poésie est liée à
l’expression des sentiments personnels ; ensuite en expliquant que la finalité de la poésie se traduit
alors dans sa capacité à analyser des problèmes sociaux ; enfin en prouvant que la véritable fonction
de la poésie est de valoriser la recherche de la perfection personnelle.

INTRODUCTION
La poésie fut à l’origine un genre lié à l’oralité. Elle a été utilisée par les peuples pour expliquer les
réalités du monde, les histoires des peuples et des civilisations. Cette tradition est déjà perceptible chez les
poètes de l’Antiquité grecque et du Moyen âge), qui chantaient, par l’usage des ressources du langage, leurs
sentiments personnels. Cet élan de la poésie lyrique trouve son siège dans les méandres d’un cœur en
mouvement. C’est probablement dans cette dernière perspective que nous devons ranger ces propos de Jeanne
Bourin qui déclare qu’« un livre de poème est un cœur n’est rien d’autre qu’un cœur ouvert ». En termes plus
clairs, la création poétique est par essence l’expression des sentiments personnels. N’a -t-elle pas d’autres
finalités ? Ainsi, pour une meilleure analyse de ce sujet, il conviendrait d’abord de montrer que la vocation
réelle de la poésie est de traduire les sentiments personnels ; ensuite d’analyser que l’essentiel de la finalité
poétique est de prendre en compte les maux de la société quels qu’en soient la nature ; enfin nous démontrerons
que le véritable rôle de la poésie est de rechercher la perfection formelle.
DEVELOPPEMENT
On a remarqué que certains considèrent la poésie comme non seulement une expression des sentiments
personnels grâce au moi du poète, mais aussi comme une sorte de communion avec les éléments de la nature.
D’abord, retenons que la création poétique est profondément liée au lyrisme personnel, c’est-à-dire l’expression
du moi. En effet, pour les défenseurs de cette thèse, c’est de cette dernière perspective qui permet à la poésie
d’avoir une dimension hautement personnelle, voire même subjective. Ainsi, pour refléter les méandres et les
mélancolies qui rongent son cœur, pour manifester ses angoisses personnelles ou ses joies profondes, le poète
utilise et mobilise toutes les ressources nécessaires pour mieux représenter le miroir de son for intérieur. Une
telle attitude fait de ce dernier une personne égoïste, égocentrique d’autant plus qu’il ne fait que s’occuper de
ses seules préoccupations au regard des autres. Il exclue alors dans son œuvre poétique cet acte altruiste qui
aurait dû l’attribuer cette dimension d’altérité ou d’humanité. Alors, le poème, sous toutes ses formes, devient
l’instrument privilégié d’expression et d’exploration de cette complexité des rapports inédits du moi et du
monde. C’est la raison pour laquelle le poète romantique se reconnaît d’abord à ce qu’il dit « je » et qu’il
revendique l’usage de cette première personne comme le signe de sa spécificité littéraire. Ainsi, le moi, sujet et
objet du poème, tel est désormais le signe de reconnaissance premier. C’est dans cette mouvance que, à propos
des Méditations Poétiques, Lamartine écrit :

FONDATION POUR L’EDUCATION RESEAU LIBRE SAVOIR / BACCALAUREAT SESSION 2024


DOCUMENT CONFECTIONNE PAR MONSIEUR NDOUR / TEL. 77-621-80-97 / 77-993-41-41/ 76-949-63-63
« Je n’imitais plus personne je m’exprimais moi-même pour moi-même. Ce n’était pas un art, c’était un
soulagement de mon propre cœur qui se berçait de ses propres sanglots. ». On voit clairement, dans cette
approche de Lamartine, la primauté du moi souffrant qui s’exprime pour soi-même. S’inscrivant dans la même
dynamique, Alfred de Musset écrit en 1831 : « Ce qu’il faut à l’artiste et au poète, c’est l’émotion. Quand
j’éprouve, en faisant un vers, un certain battement du cœur que je connais, je suis sûr que mon vers est de la
meilleure qualité que je puisse pondre… ».
Ainsi, la poésie est le miroir du cœur ouvert à toutes les sensibilités humaines.
En outre, une telle perspective est élargie par d’autres préoccupations personnelles comme la communion avec
la nature, source de consolation, de médiation et d’évasion. Comme tout artiste, le poète a besoin de
promouvoir sa poésie en tenant compte des éléments de la nature qui l’entoure. De par ses caractères paisible et
sauvage où les chants des oiseaux, les vagues de d’eau remplissent les cœurs des poètes, la forêt devient un lieu
de refuge pour un certain nombre des écrivains romantiques. Ces moments solennels des rencontres témoignent
de la prolifération des livres de poèmes évoquant la nature, berceuse des âmes angoissées. Ainsi, un tel mariage
entre poète et nature trouve son expression en général à travers ce grand courant de la sensibilité dénommé le
romantisme. A cette époque, le lyrisme personnel était à la mode et les poètes n’avaient pas manqué de
témoigner leur gratitude envers cet univers qui leur offre des joies communes ou des sentiments mélancoliques.
D’ailleurs, ce que l’on retrouve dans les Méditations Poétiques de Lamartine ; une œuvre dans laquelle on peut
lire un texte poétique très intéressant évoquant le désarroi du poète qui s’est fait poser un lapin par une de ses
amantes Julie Charles dénommé Elvire à qui le destin impitoyable à arracher de son affection amoureuse. Pour
se consoler, il prend en témoin le « Lac » qu’il rappelle en ses mots : « Un soir, t’en souvient-il ? nous
voguions en silence ; On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux, Que le bruit des rameurs qui
frappaient en cadence Tes flots harmonieux ». En prenant le « Lac » » comme compagnon de dernier recourt,
le poète le confie, ses souvenirs afin de pouvoir immortaliser ces heureux moments passés avec sa bien-aimée.
Un autre poète du nom de Verlaine ne s’est pas démarqué dans cette logique, car, envahi par un sentiment de
tristesse, le poète nous livre son poème en rapport avec la saison d’automne, symbole de la langueur et de la
tristesse. Ainsi, cette monotonie du cœur de la vie de Verlaine est à l’image de la saison d’automne ; une saison
qui rend non seulement triste aux poèmes, mais devient un thème récurrent qui traduit leur mélancolie. Donc,
l’évocation des éléments de la nature demeure un motif pour mieux exprimer ses sentiments personnels.
En résumé, nous avons vu, à travers cette analyse précitée les manifestations du lyrisme personnel. Pour mieux
traduire ses sentiments, le poète s’ouvre à lui-même de manière subjective avant de pouvoir trouver ses forces à
travers les éléments de la nature, lieu de prédilection des romantiques. Cependant, force est de constater que
cette attitude égoïste est blâmable, car pour certains, la poésie ne doit nullement être assujettie à des égos
personnels, mais plutôt elle devrait être un instrument de dénonciation et de stabilisation.
La création poétique a toujours été une option choisie par les poètes pour traduire les préoccupations des
sociétés en leur offrant une possibilité de prendre conscience sur leur sort, mais aussi en leur apportant des
solutions favorables à leur épanouissement. Etant l’expression de la société qui l’a vue naître, la poésie n’a
nullement manqué de hausser le ton quand ce dernier est opprimé. Ainsi, face à un monde désordonné, un
monde où les valeurs cardinales sont aux antipodes de la morale sociale, les poètes se font toujours les échos
sonores de leur peuple. Par de là, la poésie cesse d’être une fin en soi pour devenir un instrument de
dénonciation et de protection. Elle se mue selon les impératifs du moment. C’est probablement ce qu’a compris
le poète romantique répondant du nom de Lamartine ; pour qui le poète a le devoir et l’obligation d’oublier
son art quand la partie est menacée dans réponse au Jeune Barthélemy, dans l’hebdomadaire « La Némésis »,
qui l’accuse d’avilir sa poésie par ses ambitions politiques. Ainsi, déclare-t-il « Frère, le temps n’est plus où
j’écoutais mon âme se plaindre et soupirer comme une faible femme ». Donc devant l’urgence brulante, le
poète oublie son égo pour devenir un soldat défenseur de son peuple comme l’a si bien compris aussi le
mythique poète Victor Hugo qui, dans Les Châtiments (1853), plus précisément dans son poème « O Soldats
de l’an deux !», déclare que : « J’aurais été soldat si je n’étais poète. ». Ce militantisme est salutaire, car il
permet aux poètes d’avertir le peuple sur les dangers qui menacent la cité. Ainsi, c’est la raison pour laquelle
qu’on a ces illustrations susmentionnées qui témoignent une fois de plus la mission salvatrice du poète vis-à-vis
de sa société. D’ailleurs, c’est ce qu’a compris très tôt le poète surréaliste Paul Eluard qui disait à l’époque que
« Le temps est venu où tous les poètes ont le droit et le devoir de soutenir qu’ils sont profondément enfoncés
dans la vie des autres hommes, dans la vie commune ». Par conséquent, c’est de par leur courage que les
poètes arrivent à relever le défi quels qu’en soient les risques encourus. Par ailleurs, certains poètes se donnent
comme objectif premier de guider leur peuple en leur offrant des joies de vivre. Considéré comme un démiurge,
un mage, le poète se donne toujours toutes les ressources et les moyens que dispose la poésie pour satisfaire sa
FONDATION POUR L’EDUCATION RESEAU LIBRE SAVOIR / BACCALAUREAT SESSION 2024
DOCUMENT CONFECTIONNE PAR MONSIEUR NDOUR / TEL. 77-621-80-97 / 77-993-41-41/ 76-949-63-63
communauté. Un rôle qu’il considère comme nécessaire ; car l’ignorance négative dévie le peuple du droit
chemin. C’est de cette manière que beaucoup de poèmes ont vu le jour, rien que dans l’optique d’être aux
aguets pour guérir les maux de cette communauté vivant dans les ténèbres. Une telle position est saluée par le
père de la littérature engagée, Jean Paul Sartre quand il nous dit que « la fonction de l’écrivain est de faire en
sorte que nul ne puisse ignorer le monde et que nul ne s’en puisse dire innocent ». Il veut signifier qu’il est
du devoir et de la responsabilité de l’écrivain d’informer sur les péripéties de la société. Ainsi, dans son œuvre
Cahier d’un retour au pays natal (1939), Aimé Césaire qui, se portant garant comme étant le porte-parole de
son peuple, déclare que « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche ; ma voix la
liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir ». Ici, le poète martiniquais, conscient des souffrances
et des oppressions que subit son peuple, compte apporter dans l’urgence pressante des solutions en se mue non
seulement comme un héraut qui alerte, mais aussi en se portant garant pour apporter de la lumière à son peuple
frappé de cécité acquise. Les poètes sont donc des éducateurs, des précepteurs en donnant toujours des leçons
de morale au leur société. C’est dans cette dernière perspective que s’inscrit la poésie de Jean de La Fontaine
avec ses Fables (1668-1693) comme cette fable des « Animaux malades de la peste » ; une fable dans laquelle,
le poète nous enseigne la loi générale du monde : la raison du plus fort. Ainsi, on peut dire que la poésie apporte
des enseignements à la communauté pour mieux éclairer et satisfaire ses besoins.
En somme, nous avons pu constater que le poète qui se met au service de sa société peut avoir un double
sentiment à savoir dénoncer les injustices sociales que subit sa communauté pour mieux l’instruire sur sa
condition. Cependant, il est important de souligner que le rôle véritable de la poésie n’est-il pas d’user toutes les
ressources du langage pour être au service d’elle-même ?
En se référant de son approche primaire, nous constatons que la poésie est profondément liée à la forme, à la
perfection grâce aux travaux des poètes. Tous les poètes ne peuvent, malgré leurs diverses positions,
outrepasser cette dimension élogieuse de la poésie qui, aux yeux de tous, demeure le domaine de prédilection
de celle-ci. Ainsi, la beauté d’un texte poétique se mesure à travers la forme, c’est-à-dire la manière dont les
poètes utilisent les ressources du langage notamment les rimes, les sonorités, les rythmes, l’harmonie et les
images pour assurer les splendeurs de leurs poèmes. Le travail du poète est donc à l’image de celui de l’artisan.
D’ailleurs, les poètes du mouvement Parnassien se comparent à ces derniers. On les appelle, alors, les artisans
du langage. Ainsi, récusant toute forme politique, sociale ou religieuse de l’œuvre d’art, les poètes de l’art pour
l’art adoptent, alors, un goût esthétique commun ; c’est-à-dire préserver l’œuvre poétique contre tout acte
d’engagement en vers la société. C’est la raison pour laquelle Charles Marie René Leconte de Lisle,
considéré comme le chef du file du mouvement, écrit que « L’art est un luxe intellectuel, indépendant de la
vérité, la politique et la morale, et n’ayant qu’un seul objet : le Beau.». Il veut témoigner ici et avec gratitude
la valeur essentielle de l’œuvre poétique à savoir la recherche de la perfection formelle. Ici, le poète refuse donc
d’ouvrir son cœur pour ne se verser dans les méandres de la mélancolie ; caractéristique de la poésie
romantique. Donc, les défenseurs de l’art pour l’art disqualifient l’art poétique contre toute forme politique, car
« L’œuvre d’art ne doit servir à aucune doctrine sous peine de déchoir.» nous disait déjà Gustave Flaubert.
Par ailleurs, défendant la même idée, les poètes formalistes récusent ainsi, la personnalité trop fréquente dans
l’œuvre poétique. C’est d’ailleurs ce que souligne Chateaubriand dans son texte du « Vague des passions »,
en montrant que les anciens, références des poètes parnassiens, n’étaient pas enclins à cette prédominance des
passions comme on le voit aujourd’hui dans les sociétés modernes. Donc l’ouverture du cœur en détresse peut
être bloqué par des activités anti stresses. Ainsi, la position de José-Maria Heredia est très illustrative quand il
dit que « Le poète est d’autant plus vraiment et largement humain qu’il est plus impersonnel ».
La poésie esthétique nous a donné la possibilité de comprendre la valeur intrinsèque de l’œuvre poétique qui se
caractérise de par sa recherche de la perfection formelle et sa recherche d’un art objectif.
CONCLUSION
En définitive, cette analyse de la poésie de manière générale nous a permis de comprendre que la création
poétique obéit à des exigences qui régissent son fonctionnement dans la société et dans la littérature. Ainsi, si
les adeptes de la poésie lyrique prônent l’expression des sentiments personnels ; par contre les chantres de la
poésie sociale apportent des solutions à la communauté en détresse. Cependant, ces conceptions sont battues en
brèche par les poètes de l’art pour l’art qui pensent que l’œuvre poétique ne doit nullement être assujettie à des
convictions politiques ou encline à des passions extravagantes. Pour eux l’art doit traduire ses propres valeurs
en promouvant la recherche de la perfection formelle. Nous pensons que cette dernière perspective devrait être
le crédo de la poésie en l’absence de tout engagement social ou politique. Cependant, avec l’avènement de
l’internet quel avenir pourrons-nous attendre de la poésie ?

FONDATION POUR L’EDUCATION RESEAU LIBRE SAVOIR / BACCALAUREAT SESSION 2024


DOCUMENT CONFECTIONNE PAR MONSIEUR NDOUR / TEL. 77-621-80-97 / 77-993-41-41/ 76-949-63-63

Vous aimerez peut-être aussi