FRANÇAIS-PHILO
Synthèse n°2 sur Victor Hugo
TD sur la colle sur texte
Orthographe 2/3 : les accords
SYNTHÈSE N°2
SUR VICTOR HUGO
La pitié
INTRODUCTION
Quand le malheur nous frappe, nous nous tournons vers ceux qui
peuvent nous comprendre, nous montrer de la compassion. En
plus des efforts que nous faisons par nous-mêmes pour surmonter
cette épreuve, cette aide extérieure est en effet précieuse.
Nous attendons cette compassion pour nous-mêmes, bien
sûr, mais elle peut aiguiser notre sensibilité et nous rendre plus
réceptifs aux malheurs des autres ; le point ultime de cette
bienveillance est atteint lorsque nous sommes capables d’en
éprouver aussi pour ceux qui nous ont fait du tort.
1. Pitié pour soi-même
2. Pitié pour les autres
3. Pitié pour ses ennemis
1. PITIÉ POUR SOI-MÊME
À propos de la mort de sa fille, Hugo proteste et prend à
témoin le lecteur de l’injustice que cela représente :
« Tout ce que j’éprouvais, l’avez-vous éprouvé ? » (IV,
4) ; « Et dire qu’elle est morte ! Hélas ! que Dieu
m’assiste ! » (IV, 5). Il estime ne pas avoir mérité ce qui
lui arrive : « Que je ne pouvais pas m’attendre à ce
salaire » (IV, 15).
L’exil, lui aussi, est subi et incompréhensible : « Où je
vais, et pourquoi je pars, / Je n’en sais rien » (V, 2) ; un
exil qui ressemble à l’antichambre de la mort : « Es-tu
mort ? — Presque. J’habite l’ombre. » (V, 3).
1. PITIÉ POUR SOI-MÊME
Cela ne donne pas beaucoup d’optimisme au poète,
qui se plaint de ne pas avoir d’avenir : « Vous
savez que je désespère, / Que ma force en vain se
défend » (IV, 3) ; « j’ai vidé les poches de la vie. / Je
n’ai trouvé dedans que deuil, misère, ennui. » (V, 3).
La mort lui paraît préférable à la vie : « heureux
ceux qui tout à coup s’éveillent / Et meurent en
sursaut ! » (IV, 8).
1. PITIÉ POUR SOI-MÊME
Les ennemis ne font pas preuve, eux, de pitié,
malgré l’exil : « L’insulte bat de loin le seuil de ma
maison » (V, 3) ;
Ils se recrutent même parmi ceux qui étaient jadis
des alliés : « Les faux amis, ces nœuds qui
deviennent couleuvres » (V, 3) ; image qui est reprise
en V, 21 : « Un nom proscrit que mord en sifflant la
couleuvre ».
2. PITIÉ
POUR LES AUTRES
Mais cet appel à la compréhension concerne aussi
d’autres membres de sa famille qui partagent ou ont
partagé sa souffrance. Le premier à être nommé est le
mari de Léopoldine, Charles Vacquerie : Charles a
replongé pour sauver Léopoldine, mais ses efforts ont
causé sa propre noyade.
Hugo immortalise cet exploit : « En présence de tant
d’amour et de vertu, / Il ne sera pas dit que je me serai
tu (…) Sois béni sous la pierre où te voilà couché ! » (IV,
17). Il le place au-dessus de lui-même : « L’ange vole
plus haut que l’aigle. » (IV, 17)
2. PITIÉ
POUR LES AUTRES
Les autres membres des familles Hugo et Vacquerie
sont associés au deuil : « Ah ! famille ! ah ! douleur !
ô sœur ! ô mère ! ô veuve ! » (V, 1) ; « Aux êtres chers
enfuis ou morts, à notre fille, / Aux vieux parents
repris par un monde meilleur, /Nos pleurs » (V, 12)
Et ceux qui ont subi une perte de même nature,
comme Louise Bertin, la poétesse et compositrice :
« Je saigne et vous saignez. Mêmes douleurs ! même
ombre ! » (V, 5)
2. PITIÉ
POUR LES AUTRES
De là, l’attention se porte sur le peuple tout
entier : cela commence en IV, 2 par un dialogue
entre Hugo et un personnage nommé Herman : alors
que le poète n’a pitié que des morts, son partenaire
de chevauchée se tourne vers les vivants : « Il dit : Je
songe à ceux que l’existence afflige » (IV, 12).
Il semble que ce récit mette en scène un débat
intérieur au poète, qui se reproche de ne penser
qu’aux morts et de négliger les vivants.
2. PITIÉ
POUR LES AUTRES
À partir de ce moment l’humanité souffrante tout
entière apparaît peu à peu : « les peuples éperdus
semblaient sous la faulx sombre / Un troupeau
frissonnant qui dans l’ombre s’enfuit » (IV, 16) ;
« Vous marchiez sur le peuple à pas légers – et
lourds. » (V, 3)
Et cette situation n’est pas seulement d’aujourd’hui,
elle est considérée dans une perspective historique :
« l’amas plaintif des siècles rugissants / Et des
hommes hagards » (V, 3).
2. PITIÉ
POUR LES AUTRES
Le poète exerce sa charité sur des inconnus : « Un pauvre
homme passait dans le givre et le vent. » ; « Je me
nomme / Le pauvre » (V, 9).
Mais à ce poème en répond un autre, dans le même livre,
V, 26. Hugo est découragé par le pauvre lui-même de lui
venir en aide ! « Vous devez être mal, vous devez avoir
froid, / Bon père, et c’est un sort bien triste que le vôtre ! »
(V, 26) l’autre lui répond : « — Fils, dit-il doucement, allez
en plaindre un autre./(…) Je n’ai point fait de
mal. » (V, 26) Et cette réplique introduit un changement
considérable dans la réflexion morale de Victor Hugo.
3. PITIÉ
POUR LES ENNEMIS
En effet, il ne suffit pas d’avoir de la compassion pour
ceux qui souffrent, il faut avoir de la compassion pour
l’humanité tout entière. Et ce qui le signifie, c’est le
fait d’être capable de pardonner à ses ennemis. En
filigrane, on devine la parole du Christ : (Matthieu 5,
44-45)
3. PITIÉ
POUR LES ENNEMIS
Victor Hugo se justifie longuement auprès d’un ami
de sa mère, le marquis de C[oriolis] d’E.[spinasse],
mais sans rancœur envers lui : « Par vous, par vos
pareils, – et je vous le pardonne, / Marquis, – j’avais
été tout de travers placé. » (V, 3) ; il exprime
également cette différence souriante d’opinions
dans une allégorie : « Le passé ne veut pas s’en aller.
(…) / Pleure, tonne, tempête, éclate, hurle, mord. /
L’avenir souriant lui dit : Passe, bonhomme. » (V,
3) ; Il propose une réconciliation : « Ô français
renégat du celte, embrassons-nous. » (V, 3)
3. PITIÉ
POUR LES ENNEMIS
Dans deux autres apologues, on voit à l’œuvre ce
pardon des offenses : la source et l’océan : « La
source dit au gouffre amer : /– Je te donne, sans
bruit ni gloire, / Ce qui te manque, ô vaste
mer ! » (V, 4) ;
Ensuite dans l’anecdote du crabe : « Comme il
disparaissait, le crabe me mordit ; / Je lui dis : Vis !
et sois béni, pauvre maudit ! (…) le bien au monstre
pour le mal » (V, 22)
3. PITIÉ
POUR LES ENNEMIS
Mais c’est surtout dans le dernier poème du livre V
(26, « Les Malheureux ») que le propos se précise. On
l’a dit, Hugo parle d’une visite qu’il fait à un
déshérité, mais celui-ci refuse son aide. Hugo reçoit
ensuite une vision mystique. Dieu lui apparaît et lui
révèle le vrai sens du mot « pitié ». « Pour qui donc,
si le sort, ô Dieu, n’est pas moqueur, /Toute cette
pitié que tu m’as mise au cœur ? / Qu’en dois-je
faire ? à qui faut-il que je la garde ? / Où sont les
malheureux ? — et Dieu m’a dit : Regarde. » (vv.
270-274)
3. PITIÉ
POUR LES ENNEMIS
Dieu lui montre que les méchants, bien que triomphants,
sont malheureux ; eux-mêmes le confessent : « Et ces êtres
n’ayant presque plus face d’homme / M’ont dit : – Nous
sommes ceux qui font le mal ; et, comme / C’est nous qui
le faisons, c’est nous qui le souffrons. » (vv. 313-315)
Hugo termine le poème (et le livre V) sur cette image très
forte, Adam, le premier homme, et Ève, la première femme,
pleurant sur le premier meurtrier autant que sur sa
victime : « Ils pleuraient tous les deux, aïeux du genre
humain, / Le père sur Abel, la mère sur Caïn. » (vv.
375-376)
CONCLUSION
Il est donc légitime de demander aux autres de se sentir ému au
récit de nos infortunes, et leur attendrissement nous rapporte du
réconfort, mais nous en devons autant à nos semblables, et
aucune charité n’est réelle, nous dit Hugo après d’autres, si elle
ne s’étend pas jusqu’à ceux qui ne l’ont pas méritée, les êtres
immoraux, ingrats, persécuteurs.
Dans le roman de Victor Hugo Les Misérables (1860), le héros Jean
Valjean se livre à plusieurs actes dictés par la haine et la vengeance :
il vole l’argenterie de l’évêque de Digne qui l’avait pourtant accueilli,
mais quand celui-ci refuse de porter plainte, et va jusqu’à lui offrir
des chandeliers en plus de son butin, cette générosité bouleverse
l’ancien forçat qui se décide à faire le bien pour le mal que la société
lui a fait. Il devient le protecteur de Cosette et le bienfaiteur de la
communauté.
TD SUR LA COLLE SUR
TEXTE AU PROGRAMME
SUJET
1 : Étude d’un texte :
V, IX : Le Mendiant
2 : Question d’ensemble :
Hugo est-il résistant face au malheur ?
ORTHOGRAPHE :
LES ACCORDS
1. LES MARQUES
DE PLURIEL
La marque la plus répandue est le s,
Certains mots prennent leur pluriel en x, (hibou, chou...
Arsenaux, soupiraux...)
Certains mots ont des pluriels invariables ou étrangers, (un
ours, des ours, des gaz, des barmen, des lieder)
Les mots composés prennent un s au deuxième élément,
sauf s’il est manifestement singulier. (des bracelet-montres,
des prie-Dieu)
1. LES MARQUES
DE PLURIEL (SUITE)
Les noms de famille ne prennent pas de marque de pluriel
(contrairement à l’anglais : the Simpsons, les Durand) SAUF
si on veut dire « quelqu'un comme Untel »…
2. LES PARTICIPES
La règle d’or : sur quoi le participe passé porte-t-il ?
S’il en est question AVANT le participe, on accorde
le participe avec lui.
Je vous ai donné des devoirs.
Faites bien les devoirs que je vous ai donnés.
1
Sans hésiter nous repartons / La main frôleuse et l'œil
luisant / Nous les donjujus, nous les ______.
(Claude Nougaro)
A. Don Juan
B. Don Juans
C. Dons Juan
D. Dons Juans
2
Les amoureux rêvent, les _______ sont réveillés.
(Alexander Pope)
A. épous
B. époux
C. épouxs
3
Les _______ sont liés à des tempêtes ou à des accidents
atmosphériques majeurs et provoquent des inondations
dont la durée est davantage de l’ordre des minutes que des
heures. (Hélène Hébert)
A. Razs-de-marée
B. Raz-de-marées
C. Raz-de-marée
4
Les conséquences de nos actions sont des _______ pour les
lâches, et des rayons de lumière pour les sages. (Aldous
Huxley)
A. épouvantail
B. épouvantails
C. épouvantaux
5
Le bonheur est une sensation, ou quelque chose qui vient du
ciel, pas une façon d’être. Ça monte et ça descend, ça
descend et ça monte, et parfois ça fait des _______.
(Diana Evans)
A. bleu
B. bleus
C. bleux
6
Une femme se réclame d'autant de pays ______ qu'elle a eu
d'amours heureuses. (Colette)
A. natal
B. natals
C. nataux
7
Il fait bon d'ouvrir la porte au rêve : on cherche la magique
extase de la poésie dans la lecture des _________ qu'elle a
produits. (Adrienne Sénécal)
A. Chefs-d’œuvre
B. Chef-d’œuvres
C. Chefs-d’œuvres
D. Chef-d’œuvre
8
Un prince sans pognon, c’est un taxi londonien sans
____________. (Frédéric Dard)
A. Essuie-glace
B. Essuie-glaces
C. Essuies-glaces
9
On peut espérer que, lorsqu'ils seront les maîtres du monde,
les insectes se souviendront avec reconnaissance que nous
les avons plutôt bien nourris lors de nos __________.
(Colette)
A. Pique-niques
B. Piques-nique
C. Piques-niques
10
L'homme est quelque chose de totalement à part. Il est
anature. À la suite de quelques mutations, donc par nature,
il se retrouve à des __________ de la nature.
(Alain Prochianz)
A. année-lumière
B. années-lumière
C. années-lumières
D. année-lumières
11
Elle croit que tout change, et seule elle a _______.
(Bernard-Joseph Saurin)
A. changé
B. changée
C. changés
D. changées
12
Pourquoi faire part de nos opinions ? Demain, nous en
aurons _______. (Paul Léautaud)
A. changé
B. changée
C. changés
D. changées
13
Citer les pensées des autres, c'est regretter de ne pas les
avoir _______ soi-même. (Sacha Guitry)
A. trouvé
B. trouvée
C. trouvés
D. trouvées
14
Les touristes ont horreur de regarder. L’appareil regarde
pour eux. Quand ils ont fait clic-clac, ils sont apaisés, ils ont
amorti leur voyage. Les piles de photos qu’ils conservent
sont autant de diplômes certifiant qu’ils se sont ________.
(Jean Dutourd)
A. déplacé
B. déplacée
C. déplacés
D. déplacées
15
Les opportunistes ont sauvé les peuples ; les héros les ont
_______. (Cioran)
A. ruiné
B. ruinée
C. ruinés
D. ruinées
16
Avant de bien connaître un homme, il faut avoir _______
une livre de sel avec lui. (Proverbe anglais)
A. mangé
B. mangée
C. mangés
D. mangées
17
C’est un mauvais signe dans le ciel conjugal quand la femme
dont le mari a toujours _______ s’aperçoit qu’il sent le
tabac. (Valtour)
A. fumé
B. fumée
C. fumés
D. fumées
18
La chasse aux femmes est un sport passionnant. Les ennuis
commencent dès qu'on en a _______ une.
(Gabriel Timmory)
A. attrapé
B. attrapée
C. attrapés
D. attrapées
19
On connaît le prix d'une fortune quand on l'a _______ et
celui d'un ami quand on l'a perdu. (Quesnoy)
A. gagné
B. gagnée
C. gagnés
D. gagnées
20
Les dégâts que j’ai _______ dans cette délicate profession
éclipsent ceux des inondations de 1910. (Bourvil)
A. causé
B. causée
C. causés
D. causées
CORRIGÉ
1: A 11 : A
2: B 12 : A
3: C 13 : D
4: B 14 : C
5: B 15 : C
6: B 16 : A
7: A ou D 17 : A
8: B 18 : A ou B
9: A 19 : B
10 : A ou B 20 : C