Procedure Civile de La RDC
Procedure Civile de La RDC
Art. 1 er. - Toute personne qui veut en assigner une autre fournit au greffier de la
juridiction où la demande sera portée, tous les éléments nécessaires à la
rédaction de l'assignation. Si le requérant sait écrire, il remet au greffier une
déclaration signée.
Art. 2. - L'assignation est rédigée par le greffier. Elle contient les noms,
profession et domicile du demandeur et les noms et demeure du défendeur ; elle
énonce sommairement l'objet et les moyens de la demande et indique le tribunal
où la demande est portée, ainsi que le lieu, le jour et l'heure de la comparution.
Lorsque le demandeur n'agit pas en nom personnel ou que le défendeur n'est pas
assigné en nom personnel, l'assignation mentionne en outre leur qualité.
Art. 3. - L'assignation est signifiée par un huissier ; elle peut l'être aussi par le
greffier.
Elle est signifiée à la personne ou au domicile du défendeur ; une copie lui en est
laissée. Si le défendeur n'a pas de domicile connu au Congo belge, mais y a une
résidence connue, la signification est faite à cette résidence.
Art. 6. - L'assignation peut aussi être signifiée par l'envoi d'une copie de
l'exploit, sous pli fermé mais à découvert, soit recommandé à la poste avec avis
de réception, soit remis par un messager ordinaire contre récépissé, daté et signé
par le défendeur ou par une des personnes mentionnées à l'article 4, avec
indication de ses rapports de parenté, d'alliance, de sujétion ou de voisinage avec
Je défendeur.
Même dans le cas où le récépissé n'est pas signé par la personne qui a reçu le pli
ou si le récépissé ne porte pas qu'elle est une de celles auxquelles le pli pouvait
être remis, ou s'il existe des doutes quant à sa qualité pour le recevoir,
l'assignation est néanmoins valable si, des déclarations assermentées du
messager ou d'autres éléments de preuve, Je juge tire la conviction que le pli a
été remis conformément à la loi.
La date de la remise peut être établie par les mêmes moyens, lorsqu'elle n'a pas
été portée sur le récépissé ou est contestée.
L'exploit peut toujours être signifié au défendeur en personne, s'il se trouve sur
le territoire de la République du Zaïre.
Art 9. [O.-L. 79-013 du 6 juillet 1979, art. 1er.-Le délai d'assignation est de huit
jours francs entre l'assignation et la comparution, outre un jour par cent
kilomètres de distance.
Art. 11. - Lorsque l'assignation est signifiée de l'u ne des manières prévues à
l'article 6, le délai commence à courir, selon le cas, du jour de l'avis de réception
ou de celui du récépissé.
La déclaration des parties qui demandent jugement est actée par le greffier. Elle
est signée par les parties, ou mention est faite qu'elles ne peuvent signer.
Art. 13. - Les personnes demeurant hors du Congo belge et les personnes y ayant
une résidence éloignée du siège des tribunaux, peuvent s'adresser, par voie de
requête, au gouverneur de province, qui y donne telle suite que de conseil, à
l'effet d'obtenir la désignation d'u n mandataire ad litem, chargé d'introduire et
de soutenir en leur nom une action civile ou commerciale devant les tribunaux,
ou de défendre à u ne action de la même espèce.
Art. 14. - Les parties comparaissent en personne ou par un avocat porteur des
pièces.
Elles peuvent aussi, lorsque l'objet du litige n'est pas une question de statut
personnel et que sa valeur n'excède pas 50.000 francs, se faire représenter par un
fondé de pouvoir qui doit être agréé dans chaque cas par le tribuna1. Le fondé de
pouvoir établit sa qualité par la déclaration de la partie faite à l'audience et actée
au plumitif ou par une procuration spéciale, qui peut être donnée au pied de
l'original ou de la copie de l'assignation.
Art. 15. - Les parties sont entendues contradictoirement. Elles peuvent prendre
des conclusions écrites.
Toutes les significations, y compris celles des jugements, sont valablement faites
au domicile élu.
Si la partie omet ou refuse de faire élection de domicile, les significations visées
à l'alinéa 3 sont valablement faites au greffe du tribunal saisi.
Le greffier avise toutes les parties, par lettre recommandée à la poste, de la date
de la remise, en leur signalant que le jugement à intervenir ne sera pas
susceptible d'opposition.
Il est statué par un seul jugement réputé contradictoire entre toutes les parties y
compris celles qui, après avoir comparu, ne comparaitraient plus.
Art. 20. Toute partie qui succombe est condamnée aux dépens. Peuvent,
néanmoins, les dépens être compensés, en tout ou en partie, entre conjoints,
ascendants, descendants, frères et sœurs ou alliés au même degré.
Les juges peuvent aussi compenser les dépens en tout ou en partie, si les parties
succombent respectivement su r quelque chef.
Art. 21. [O.-L. 78-017 du 4 juillet 1978, art. 1er.- L'exécution provisoire, sans
caution, est ordonnée même d'office, s'il y a titre authentique, promesse
reconnue ou condamnation précédente par jugement dont il n'y ait pas appel.]
Art. 22. - Le jugement qui ordonne une opération à laquelle les parties doivent
assister, indique le lieu, le jour et l'heure où il sera procédé à cette opération,
Lorsqu'il a été rendu contradictoirement et en présence des parties, le prononcé
vaut sommation de comparaitre.
Art. 23. - Les jugements contiennent le nom des juges qui les ont rendus, celui
de l'officier du ministère public s'il a été entendu et du greffier qui a assisté au
prononcé; les noms, professions et demeures des parties et de leurs fondés de
pouvoir si elles ont été représentées; les motifs, le dispositif et la date à laquelle
ils sont rendus.
Art. 24. - Les minutes des jugements sont signées par les juges qui les ont
rendus et par le greffier ; elles sont annexées à la feuille d'audience.
Art. 25. - Les jugements par défaut sont valablement signifiés par un simple
extrait comprenant l'indication du tribunal qui les a rendus ; les noms des juges,
de l'officier du ministère public, s'il a été entendu et du greffier qui a assisté a u
prononcé; les noms, professions et demeures des parties et de leurs fondés de
pouvoir si elles ont été représentées; le dispositif et la date du jugement.
Art. 29. - Les faits dont une partie demande à faire la preuve par témoins sont
articulés de manière précise et succincte. Si les faits sont pertinents et qu'ils
soient déniés, la preuve en peut être ordonnée à condition qu'elle ne soit pas
défendue par la loi.
Le juge peut aussi ordonner d'office la preuve des faits qui lui paraissent
concluant si la loi ne le défend pas.
2° le lieu, jour et heure où les enquêtes sont tenues. Si des témoins sont trop
éloignés, il peut être ordonné qu'ils seront entendus par un juge commis par un
tribunal désigné à cet effet, aux lieu, jour et heure fixés par ce tribunal.
Art. 32. - Les témoins sont assignés dans les formes et délais ordinaires des
assignations.
Art. 33. - Les témoins sont entendus séparément, en présence des parties si elles
comparaissent.
Chaque témoin avant d'être entendu déclare ses nom, profession, âge et
demeure, s'il est parent ou allié de l’une des parties, à quel degré, s'il est au
service de l'une d'elles.
Le témoin prête serment à peine de nullité. Le serment est ainsi conçu : «Je jure
de dire toute la vérité, rien que la vérité».
Le juge peut, au cours des enquêtes, soit d'office, soit à la demande de l'une des
parties, confronter ou réentendre les témoins. Il peut aussi, dans les mêmes
conditions, décider avant le parachèvement de l'enquête contraire qu'il y a lieu à
confrontation ou à u ne nouvelle audition des témoins des deux enquêtes.
Il fixe jour et heure à ces fins, à moins qu'il n'y procède séance tenante.
Art. 34. - Le témoin dépose sans qu’ 'il lui soit permis de lire aucun projet écrit.
Sa déposition est consignée dans un procès-verbal tenu par le greffier ; elle lui
est lue et il lui est demandé s'il y persiste et s'il requiert taxe.
Art. 35. - Les témoins défaillants peuvent être condamnés à une amende qui ne
peut excéder 1.000 francs ; ils sont éventuellement réassignés à leurs frais.
Si les témoins réassignés sont encore défaillants, ils peuvent être condamnés à
une nouvelle amende qui n'excède pas 5.000 francs et le juge peut décerner
contre eux mandat d'amener.
Art. 36. - Si le témoin justifie qu'il n'a pu se présenter au jour indiqué, il est
déchargé par le juge de l'amende et des frais de réassignation.
Art. 38. - Les juges peuvent adresser des lettres rogatoires même aux juges
étrangers, mais ils ne peuvent obtempérer aux commissions rogatoires émanées
de juges étrangers qu'autant qu'ils y sont autorisés par le ministre du Congo
belge et du Ruanda-Urundi et, dans ce cas, ils sont tenus d'y donner suite.
Art. 39. - Lorsqu'il y a lieu à expertise, elle est ordonnée par un jugement qui
désigne le nom des experts et la mission précise qui leur est confiée et qui
impartit un délai pour le dépôt du rapport.
Il n'est nommé qu'un expert à moins que le juge n'estime nécessaire d'en
nommer trois.
Le juge choisit le ou les experts à moins que les parties n'en conviennent à
l'audience.
Art. 40. - Dans la quinzaine de l'information que le greffier lui aura donnée de sa
désignation, l'expert avisera, par lettre recommandée à la poste, chacune des
parties des lieux, jour et heure où il commencera ses opérations.
Les parties pourront comparaitre aux opérations d'expertise volontairement et
sans formalité.
Art 41. - Si l'expert reste en défaut de fixer lieu. jour et heure pour le
commencement de ses opérations, les parties s'accorderont pour en nommer un
autre à sa place; sinon la nomination en sera fa ite su r requête présentée a u
tribunal par la partie la plus diligente.
L'expert qui, ayant fixé lieu, jour et heure pour l'expertise, ne remplit passa
mission, pourra être condamné par le tribunal qui l'avait commis, à tous les frais
frustratoires, et même à des dommages-intérêts, s'il y échait.
Art. 42. - Les experts ne forment qu'un seul avis à la pluralité des voix et ne
dressent qu'un seul rapport.
Ils indiquent néanmoins, en cas d'avis différents, les motifs des divers avis, sans
faire connaitre l'avis personnel de chacun d'eux.
Le rapport est signé par tous les experts, sauf empêchement constaté par le
greffier au moment du dépôt de ce rapport.
S'ils ne savent pas tous écrire, le rapport est écrit et signé par le greffier.
La signature des experts est précédée du serment: '(Je jure que j'ai rempli ma
mission en honneur et conscience, avec exactitude et probité»)
Art 43. - Si les juges ne trouvent point dans le rapport les éclaircissements
suffisants, ils peuvent ordonner d'office une nouvelle expertise.
Art. 44. - Le juge peut désigner des arbitres rapporteurs qui au ont pour mission
d'entendre les parties, de les concilier si faire se peut, sinon de donner leur avis.
Art 45. - L'expert peut tenter de concilier les parties. En cas de conciliation,
celle-ci est constatée et précisée par un procès-verbal signé par les parties et par
l'expert.
Art. 46. - Le tribunal peut décider de se transporter sur les lieux ou commettre
un des juges qui a participé au jugement pour l'accomplissement de cette
mesure.
Art. 47. - Si l'objet de la visite exige des connaissances qui lui sont étrangères, le
jugé ordonne que les gens de l'art, qu'il nomme par le même jugement, feront la
visite avec lui et donneront leur avis.
Art. 48. - Le procès-verbal de la visite dressé par le greffier est signé par le juge
et le greffier. Il est également signé par l'expert, dont la signature est précédée
du serment prévu à l'article 42.
Art. 49. - Le juge peut, en tout état de cause et en toute matière, ordonner même
d'office la comparution personnelle des parties devant lui.
Art. 50. - La décision ordonnant la comparution des parties en fixe les jour et
heure et détermine s'il est procédé en audience publique ou en chambre du
Conseil.
Art. 51. - La décision ordonnant la comparution des parties n'est pas susceptible
de recours.
Art. 52. - Les parties peuvent être interrogées en l'absence l'une de l’autre ; dans
tous les cas, elles peuvent être confrontées. Elles répondent en personne aux
questions qui leur sont posées sans pouvoir s'aider d'aucun texte préparé.
Art. 53. - Les conseils des parties peuvent assister à la comparution et, après
l'interrogatoire, demander au juge de poser les questions qu'ils estiment utiles.
Art. 54. - Les déclarations des parties sont actées dans les formes prévues au
chapitre des enquêtes.
Art. 55. - Si des parties sont trop éloignées, le juge peut ordonner qu'elles seront
entendues, ensemble ou séparément, par un juge commis par un tribunal désigné
à cet effet, au lieu, jour et heure fixés p r ce tribunal.
Art. 57. - Le juge peut ordonner la comparution des personnes morales. Celles-ci
comparaissent, soit par un de leurs préposés muni d'une procuration spéciale,
soit par un membre de leur organe de gestion désigné par celui-ci ou ayant
qualité pour représenter la personne morale en vertu de la loi ou des statuts.
Art. 58. - Si l'une des parties ne comparait pas ou refuse de répondre, le juge
peut en tirer toute conséquence de droit, et nota m ment considérer que l'absence
ou le refus équivaut à un commencement de preuve par écrit.
CHAPITRE IX DU SERMENT
Art. 59. - Tout jugement qui ordonne à l'une des parties de prêter serment
énonce les faits sur lesquels celui-ci sera reçu et fixe l'audience à laquelle il sera
prêté.
Si la partie à laquelle le serment est déféré est trop éloignée, le juge peut
ordonner qu'elle prêtera serment devant une juridiction du lieu de sa résidence.
Dans tous les cas, le serment est prêté en la présence de l'autre partie, ou [Link]
dument avisée par lettre recommandée du greffier.
Art 61. - Le défendeur condamné par défaut peut faire opposition au jugement
dans les quinze jours qui suivent celui de la signification à personne, outre un
jour par cent kilomètres de distance la distance à prendre en considération est
celle qui sépare le domicile de l'opposant du lieu où la signification de
l'opposition doit être faite.
Lorsque la signification n'a pas été faite à personne, l'opposition peut être faite
dans les quinze jours, outre les délais de distance, qui suivent celui où l'intéressé
aura eu connaissance de la signification. S'il n'a pas été établi qu'il en a eu
connaissance, il peut faire opposition dans les quinze jours, outre les délais de
distance, qui suivent le premier acte d'exécution dont il a eu personnellement
connaissance, sans qu'en aucun cas, l'opposition puisse encore être reçue après
l'exécution consommée du jugement.
Art. 62. -le juge qui a des raisons sérieuses de croire que le défaillant n'a pu être
instruit de la procédure, peut, en adjugeant le défaut, fixer pour l'opposition un
délai autre que ceux prévus par l'article 61.
Elle est formée par la partie ou par un fondé de pouvoir spécial, soit par
déclaration reçue et actée par le greffier du tribu na 1 qui a rendu le jugement,
soit par lettre recommandée à la poste adressée au greffier de cette juridiction.
L'opposition peut aussi être faite par déclaration sur les commandements,
procès-verbaux de saisie et de tout autre acte d'exécution, à charge pour
l'opposant de la réitérer, dans les dix jours outre un jour par cent kilomètres de
distance, et suivant les formes prévues à l'alinéa 2, à défaut de quoi elle n'est
plus recevable et l'exécution peut être continuée sans qu'il soit besoin de la faire
ordonner.
Art. 65. - N'est pas recevable, l'opposition contre un jugement qui statue sur une
première opposition.
CHAPITRE II DE L'APPEL
Art. 67. - Le délai pour interjeter appel est de trente jours. Ce délai court, pour
les jugements contradictoires, du jour de la signification et pour les jugements
par défaut, du jour où l'opposition n'est plus recevable.
Art. 68. - L'appel est formé par la partie ou par un fondé de pouvoir spécial, soit
par une déclaration, reçue et actée par le greffier de la juridiction d'appel, soit
par lettre recommandée à la poste adressée au greffier de cette juridiction.
Toutefois dans le cas visé par l'article 1 S2 du Code civil, l'appel peut être formé
au siège de la juridiction qui a rendu le jugement.
Art. 69. - Dans le délai fixé pour interjeter appel, l'appelant doit fou rn ira u
greffier tous les éléments nécessaires pour assigner la partie intimée devant la
juridiction d'appel.
Art. 70. - Le greffier qui reçoit la déclaration d'appel fait assigner l'intimé dans
les formes et délais prévus au chapitre 1er du titre 1.
Art 71. - L'intimé peut interjeter appel incident en tout état de cause, quand
même il aurait signifié le jugement sans protestation.
Art. 72. - L'appel d'un jugement préparatoire ne peut être interjeté qu'après le
jugement définitif et conjointement avec l'appel de ce jugement et le délai de
l'appel ne court que du jour de la signification du jugement définitif ; cet appel
est recevable encore que le jugement préparatoire ait été exécuté sans réserve.
L'appel d'un jugement interlocutoire peut être interjeté avant le jugement
définitif ; il en est de même des jugements qui ont accordé une provision.
Art. 73. - Sont réputés préparatoires, les jugements rendus pour l'instruction de
la cause et qui tendent à mettre le procès en état de recevoir jugement définitif.
Art. 75. [O.L. 78-017 du 4 juillet 1978. - Si, dans les cas prévus par l'article 21,
l'exécution provisoire n'a pas été prononcée, l'intimé peut, avant le jugement de
l'appel, la faire ordonner à l'audience.
Art 76. [O.-L. 78-017 du 4 juillet 1978. - Si l'exécution provisoire a été ordonnée
par le jugement dont appel alors qu'elle ne devait pas l'être, l'appelant peut, à
l'audience, obtenir des défenses à exécution, sur assignation à bref délai.]
Art. 77. - Il ne peut être formé, en degré d'appel, aucune nouvelle demande, à
moins qu'il ne s'agisse de compensation, ou que la demande ne soit la défense à
l'action principale. Peuvent aussi les parties demander des intérêts, arrérages,
loyers et autres accessoires échus depuis le jugement et les dom mages et
intérêts pou r le préjudice souffert depuis le dit jugement.
Art. 78. - Les autres règles établies pou r les tribunaux du premier degré sont
observées devant la juridiction d'appel.
Art. 81. - La tierce opposition formée par action principale est portée au tribunal
qui a rendu le jugement attaqué.
Art. 82. - La tierce opposition incidente à une contestation dont un tribu na 1 est
saisi est formée par voie de conclusions, si ce tribunal est égal ou supérieur à
celui qui a rendu le jugement.
S'il n'est égal ou supérieur, la tierce opposition incidente est portée, par action
principale, au tribunal qui a rendu le jugement.
Art. 83. - Le tribunal devant lequel le jugement attaqué est produit peut, suivant
les circonstances, passer outre ou sursoir.
Art. 84. - La tierce opposition n'est pas suspensive à moins que, sur requête
d'une partie, le juge saisi de la demande ne suspende l'exécution de la décision.
Art. 85. - Les jugements contradictoires rendus en dernier ressort par les
tribunaux de première instance et les cours d'appel et les jugements par défaut
rendus aussi en dernier ressort et qui ne sont plus susceptibles d'opposition,
peuvent être mis à néant à la requête de ceux qui y ont été parties ou dument
appelés, pour les causes ci-après:
4° si, depuis le jugement, il a été recouvré des pièces décisives et qui avaient été
retenues par le fait de la partie.
Art. 86. - S'il n'y a ouverture que contre un chef de jugement, il est seul rétracté,
à moins que les autres n'en soient dépendants.
Art. 87. - Le délai pour former requête civile est de trois mois à dater du jour de
la découverte du fait qui donne ouverture à ce recours.
Ce délai ne court pas contre les mineurs et les interdits pendant la durée de leur
minorité ou de leur interdiction.
En cas de décès de la partie qui avait droit de former requête civile, avant
l'expiration du délai prévu par le présent article, ce délai est prorogé de six mois
en faveur de ses héritiers.
Art. 88. - La requête civile ne peut être formée qu'a près consultation de trois
avocats exerçant depuis cinq ans au moins près un des tribunaux du ressort de la
Cour d'appel dans lequel le jugement a été rendu.
La consultation contiendra déclaration qu'ils sont d'avis que la requête civile est
fondée et elle en énoncera aussi les moyens,
Art. 89. - La requête civile est formée par voie d'assignation et portée devant le
tribunal qui a rendu la décision attaquée.
Art. 90. - La requête civile n'empêche pas l'exécution du jugement attaqué; nulle
défense ne peut être accordée.
Art. 92. - Aucun moyen autre que ceux énoncés da ns la consultation ne sera
discuté à l'audience ni par écrit.
S'il est d'un rang égal ou inférieur, la demande est portée devant le tribunal qui a
rendu le jugement attaqué et le tribunal saisi de la ca use dans laquelle ce
jugement est produit peut, suivant le cas, passer outre ou sursoir.
Art. 95. - La requête civile n'est pas recevable ni contre le jugement déjà attaqué
par cette voie, ni contre le jugement qui l'a rejetée, ni contre le jugement rendu
après qu'elle a été admise,
Art. 96 à 104 : la prise à partie fait l'objet des art.58 à 67 de la loi 82-017 du 31
mars 1982 relative à la procédure devant la Cour suprême de Justice.
Art. 105. - Nul jugement ni acte ne peut être mis à exécution que sur expédition.
Les jugements rendus par les tribunaux étrangers et les actes reçus par les
greffiers étrangers n'ont de force exécutoire qu'après que leur exécution a été
ordonnée.
Art. 106. - Tout créancier peut en vertu d'un titre authentique saisir-arrêter entre
les mains d'un tiers les sommes et effets mobiliers appartenant à son débiteur ou
s'opposer à leur remise, en énonçant la somme pour laquelle la saisie-arrêt est
faite.
Art. 107. - S'il y a seulement titre privé ou s'il n'y a pas de titre, le juge du dom
ici le du débiteur et même celui du dom ici le du tiers saisi, peuvent, sur requête,
permettre la saisie-arrêt. L'ordonnance énonce la somme pour laquelle la saisie
est autorisée.
Art. 108. - La saisie-arrêt est faite par exploit d'huissier. L'exploit contient
renonciation du titre authentique ou la copie de l'ordonnance qui a permis la
saisie.
Art. 113. - Le tiers saisi pourra être sommé de déclarer ce qu'il doit lorsque la
saisie-arrêt aura été déclarée valable.
Art. 115. - Si la saisie porte sur des effets mobiliers, le tiers saisi est tenu de
joindre à sa déclaration un état détaillé des dits effets.
Les effets mobiliers sont vendus conformément aux dispositions du chapitre II.
Art. 117. - Si la déclaration est contestée, le tiers saisi est assigné devant le juge
de son domicile.
Art. 118. - La saisie-arrêt sur les sommes dues par l'État est signifiée aux agents
désignés par ordonnance du gouverneur général. Ces agents visent l'original de
l'exploit et font par écrit la déclaration prévue à l'article 114.
Art. 119. - Le tiers saisi qui fait des paiements au mépris d'une saisie régulière.
ou qui déclare une somme inférieure à ce qu'il devait, ou qui ne fait pas sa
déclaration, peut être condamné au paiement des causes de la saisie.
CHAPITRE II DE LA SAISIE-EXÉCUTION
Avis de la saisie est éventuellement donné par l'huissier à l'agent des ventes
publiques.
Art 125. - Si les portes sont fermées ou si l'ouverture en est refusée, ou s'il est
fait contre l'huissier des actes de violence ou de résistance, l'huissier prend
toutes les mesures conservatoires pour empêcher les détournements et demande
l'assistance de la force publique par l'intermédiaire du ministère public ou de
l'autorité locale.
Art 126. - L'huissier peut établir un gardien auquel il est laissé copie du procès-
verbal de la saisie. Le procès-verbal est signé par le gardien ou mention y est
faite des causes qui l'empêchent de signer.
Le gardien ne peut, il peine de dommages-intérêts, se servir ni tirer bénéfice des
objets confiés il sa garde ni les prêter.
2° les livres indispensables à la profession du saisi et s'il est artisan, les outils
nécessaires à son travail personnel;
Art 128. - L'huissier peut, en se conformant à l'article 196, vérifier chaque fois
qu'il le juge utile ou qu'il en est requis par le saisissant, l'existence des objets
saisis et leur état.
Art 129. - Le saisi et les tiers qui auront soustrait, détourné, fait usage,
endommagé ou détruit des effets qu'ils savaient saisis seront punis des peines
prévues pour le vol.
Art. 130. - La vente ne peut avoir lieu moins de quinze jours après la remise du
procès-verbal de saisie.
Si la vente n'a pas lieu au jour indiqué dans le procès-verbal. le saisi doit être
avisé de la date de la vente par un exploit qui devra précéder cette date de quinze
jours au moins.
Art. 132. - L'agent des ventes publiques qui ne fait pas payer le prix et omet de
remettre en vente l'objet adjugé, est responsable du prix.
Art. 133. - Toutes les opérations relatives à la vente, même si elles sont des
opérations préparatoires, ainsi que la présence ou l'absence du saisi sont
consignées dans un procès-verbal.
Art. 134. -Il est mis fin il la vente lorsqu'elle a produit une somme suffisante
pour payer le montant des causes de la saisie et les frais.
Art. 135. - Dans le cas où il est évident que les objets saisis seraient vendus à vi
1 prix, l'agent des ventes publiques, su r requête du saisissant ou du saisi ou
même d'office, peut surseoir à la vente. Dans ce cas, le juge fixe un autre jour en
tenant compte du délai prévu à l'article 130 et prend les mesures que commande
l'intérêt des parties. Au jour fixé, la vente a lieu à tout prix.
Art. 136. - Celui qui se prétend propriétaire des objets saisis ou d'une partie de
ceux-ci peut s'opposer il la vente, par exploit d'huissier signifié au saisissant
ainsi qu'au saisi et dénoncé à l'agent des ventes publiques et contenant
assignation du saisissant et du saisi avec renonciation précise des preuves de
propriété, à peine de nullité. Il est statué par le tribunal du lieu de la saisie.
Art. 137. - Tout créancier, même sans titre, peut, sans commandement préalable,
mais avec permission du juge, faire saisir conservatoirement les effets mobiliers
de son débiteur.
Art. 138. - La saisie conservatoire n'est autorisée par le juge que s'il y a de
sérieuses raisons de craindre l'enlèvement des effets mobiliers du débiteur et
n'est valable qu'à la condition d'être suivie d'une demande en validité dans le
délai fixé par l'ordonnance accordant l'autorisation.
Art. 140. - Dans la huitaine de la notification qui lui est faite de la saisie, qu'il y
ait ou non procédure en cours, le saisi peut demander la rétractation de
l’autorisation de saisir au magistrat qui l'a accordée.
Cette demande est formée par assignation signifiée à l'auteur de la saisie et, le
cas échéant, à celui en mains de qui la saisie a été pratiquée.
La décision n'est susceptible ni d'opposition ni d'appel.
Art. 141. - Le débiteur sur qui une saisie est faite à titre conservatoire peut, en
tout état de cause, libérer les choses su r lesquelles elle porte en versant à la
caisse du greffe, une somme suffisante pour répondre des causes de la saisie en
principal, intérêt et frais et en affectant spécialement cette somme à l'extinction
de la créance du saisissant, sous condition que les droits de ce dernier soient
ultérieurement reconnus.
Lorsque la saisie porte sur des choses disponibles, le saisi peut effectuer le
versement soit au moyen des fonds saisis, soit au moyen de ceux qui
proviennent de la vente des choses saisies.
Aux fins ci-avant, le débiteur se pourvoit, dans la forme prévue à l'article 140
devant le magistrat qui a ordon né la saisie, lequel règle le cas échéant le mode
et les conditions tant de la vente des choses que de la consignation.
Art. 142. - Le débiteur sur qui une saisie est faite à titre exécutoire peut libérer
ce qui excède les causes de la saisie dans les conditions prévues à l'article 141 :
Art. 143. - Dans les cas où une saisie, soit conservatoire soit exécutoire, porte
sur des meubles ou des espèces qui se trouvent en mains d'un tiers, le créancier
poursuivant, de même que le débiteur et le tiers saisi peuvent se pourvoir comme
il est dit à l'article 140 pour faire ordonner le versement des espèces liquides ou
à échoir à la caisse du greffe ou la remise des meubles en mains d'un séquestre
agréé ou commis.
Art. 143-1. -le règlement d'ordre intérieur des chambres des affaires du travail
est fixé par ordonnance du premier président de la Cour suprême de justice.
Art. 143-2. - La chambre des affaires du travail est saisie par une requête verbale
ou écrite du demandeur ou de son conseil ou de l'inspecteur local du travail
porteur d'un pouvoir spécial.
La requête verbale est actée par le greffier et l'acte est signé également par le
déclarant.
La requête écrite ou l'acte dressé sur requête verbale par le greffier doivent
contenir l'identité, la profession et le domicile des parties. Une ampliation du
procès-verbal de non-conciliation ou de conciliation partielle dressé par
l'inspecteur local du travail selon l'article 202 du Code du travail doit
obligatoirement être jointe.
Si la requête est présentée par l'inspecteur du travail, le pouvoir a lui donné par
le demandeur doit également y être annexé.
Art. 143.3. - Dans les huit jours ouvrables suivant la date de réception de la
requête, le président de la juridiction fixe l'audience à laquelle l'affaire sera
appelée et désigne les assesseurs qui seront appelés à siéger et qui devront être
choisis, autant que possible, parmi ceux qui appartiennent à la même branche
d'activité économique que les parties.
Art. 143-4. - Le greffier convoque les parties et les assesseurs, soit par lettre
recommandée à la poste avec avis de réception, soit par lettre remise à personne
ou à domicile par un agent de l'administration contre récépissé signé par le
destinataire ou une personne habitant avec lui. La convocation mentionne le
lieu, la date et l'heure de l'audience, l'identité, la profession et !e domicile des
parties et l'exposé sommaire de l'objet de la demande.
Art. 143-5. - Devant la chambre des affaires du travail, les parties peuvent se
faire représenter, soit par un travailleur ou employeur appartenant à la même
branche d'activité économique, soit par un représentant de l'organisation
professionnelle à laquelle elles sont affiliées, nonobstant l'article 1 er de
l'ordonnance-loi 68-248 du 10 juillet 1 [Link] mandataire doit être porteur d'un
mandat spécial.
Art. 143-6. - Si le demandeur ne comparait pas ni personne pou r lui, la cause est
rayée du rôle et ne peut être réinscrite qu'une seule fois dans les délais prévus à
l'article 152 de l'ordonnance-loi 67-310 du 9 aout t 967 portant Code du travail
Si le défendeur ne comparait pas ni personne pour lui, il est donné défaut et les
conclusions du demandeur sont adjugées si elles apparaissent justes et bien
vérifiées.
Art. 143-7. - Les assesseurs peuvent être récusés pour les mêmes causes que les
juges prévues à l'article 76 du Code de l'organisation et de la compétence
judiciaires.
Toutefois, s'il se forme plus de deux opinions, le moi ns ancien des assesseurs,
ou le moins âgé s'ils sont de même ancienneté, est tenu de se rallier à l'une des
deux autres opinions.
Art. 143-9. - Devant la chambre des affaires du travail des tribunaux de paix et
devant la chambre des affaires du travail des tribunaux de sous-région siégea nt
au degré d'appel, la procédure est gratuite tant pour l'inscription et le jugement
que pour la procédure d'exécution.
Les honoraires et débours des experts, les textes des témoins et autres dépenses
de même nature sont tarifiés et mis à charge du Trésor.
Art 143-10. - Les autres dispositions du présent Code qui ne sont pas contraires
aux dispositions du présent titre sont applicables aux procédures menées devant
les chambres des affaires du travail, à l'exception toutefois de celles du Titre V
concernant la procédure devant arbitres, qui ne peuvent trouver application que
dans le cas où une convention collective du travail conforme aux prescriptions
du chapitre IV du Titre XVI du Code du travail prévoirait expressément cette
procédure.
Art. 144. [O.-L. 87-058 du 4 octobre 1987, art 1er. - Lorsque, conformément à
l'article 1 er, le demandeur fournit les éléments nécessaires à la rédaction de
l'assignation, il consigne entre les mains du greffier la somme de Z. 200,00
(zaïres deux cents) au premier degré, et de Z. 300,00 (zaïres trois cents) au degré
d'appel.]
Art 145. - Aucun acte de procédure ne sera exécuté ava nt que la consignation
prescrite ait été opérée et la cause sera rayée du rôle en cas de non-versement de
la somme requise à titre de supplément.
Art 146. - La partie indigente est dispensée, dans les limites prévues par le juge,
de la consignation des frais. Les frais d'expertise et les taxations à témoins sont
avancés par le Trésor.
Art. 147- - Le frais sont retenus par le greffier sur les sommes consignées, sauf à
la partie qui en a fait l'avance à poursuivre le remboursement contre l'autre partie
condamnée aux frais.
Art 148. - L'état des frais est dressé par le greffier; il est vérifié et visé par le
juge du tribunal du premier degré pour les frais exposés devant sa juridiction et
par le président de la juridiction d'appel pou r les frais exposés devant celle-ci.
Art. 149. [O.L. 87-058 du 4 octobre 1987, art. 2. - Les frais sont tarifés comme
suit:
3) Procès-verbal fait par ministère d'huissier (non compris les frais de transport
et de séjour, lesquels s seront fixés par le juge):
Pou r les litiges de valeur déterminée dont le monta nt ne dépend pas d'une
évaluation des parties, les frais tel qu'il est établi ci-dessus, sont réduits, à la
moitié lorsque la somme demandée ne dépasse pas Z. 1.000,00 (zaïres mille).]
Art. 150. - Chaque rôle sera de deux pages de 25 lignes par page et de quinze
syllabes par ligne.
Tout rôle supplémentaire n'est dû que s'il comporte au moins quinze lignes.
Art. 151. - Le ta rif des frais en instance d'appel est du double de celui qui est
fixé par l'article 149.
Art. 153. - Si le montant des valeurs adjugées n'est pas déterminé dans le
jugement, il est fixé par le greffier, chargé de percevoir le droit, sous réserve
pour la partie tenue d'acquitter ou de supporter celui-ci, d'assigner le greffier en
justice aux fins d'entendre réviser l'évaluation faite par lui. L'action n'est
recevable qu'après la liquidation du droit.
Les frais de l'instance sont à charge de la partie succombante, ils sont tarifés
comme en matière civile. Le jugement est susceptible des mêmes recours, dans
les mêmes conditions et sous les mêmes formes que ceux prononcés en matière
civile.
Art. 155. -le droit établi en vertu de l'article 152 est dû sur la minute du
jugement. Il ne donne pas lieu à consignation.
Le droit est dû par la partie condamnée et payé par elle entre les mains du
greffier da ns le mois qui suit la date où la décision est passée en force de chose
jugée ou a été rendue exécutoire. À défaut par la partie condamnée de payer le
droit, celui-ci est payé par la personne au profit de laquelle la condamnation a
été prononcée, sauf le droit pou r elle d'en poursuivre le recouvrement contre
celui qui doit le supporter.
Art. 157. - Sauf da ns le cas prévu à l'article 158, le greffier ne peut délivrer, si
ce n'est au ministère public, grosse, expédition, extrait ou copie de jugement,
avant que le droit proportionnel n'ait été payé, même si au moment où le
document est demandé, la condamnation n'a pas encore acquis force de chose
jugée.
Si, sur opposition ou appel, le jugement sur lequel le droit proportionnel aurait
été perçu est réformé, celui-ci est restitué en tout ou en partie, ou le supplément
perçu, selon le cas.
La restitution ne peut avoir lieu que lorsque la nouvelle décision a acquis force
de chose jugée.
Dans le même cas, le paiement préalable du droit proportionnel n'est pas une
condition de la délivrance de la grosse, d'une expédition, d'un extrait ou d'une
copie du jugement.
TITRE V DE L'ARBITRAGE
Art. 160. - Est valable la clause compromissoire par laquelle les parties
conviennent de soumettre à arbitrage les contestations pouvant naître d'un
rapport de droit déterminé.
À défaut par les parties sommées d'avoir fait connaitre à la partie la plus
diligente, dans le délai fixé, Je nom de l'arbitre ou des arbitres qu'elles ont
choisis, cette désignation appartient a u président du tribunal compétent d'après
l'article 166.
Art. 162. - Dans les cas prévus à l'article 161, la décision du président du
tribunal compétent saisi sur requête des parties ou de l'une d'elles n'est
susceptible d'aucun recours
Elle est inapplicable, lorsque la contestation qui surgit entre ceux qui l'ont
conclue et d'autres qui ne sont point liés par elle, est indivisible. Il en est de
même lorsqu'une des parties qui l'ont conclue est appelée devant un tribunal
dans un des cas prévus aux articles 166 et 167 du code d'organisation et de
compétence judiciaires.
Art. 164. - Toute convention en matière d'arbitrage et tous les actes ayant pour
objet de compléter ou de modifier semblable convention, doivent être constatés
par écrit, à l'exclusion de tout autre mode de preuve.
Il peut y avoir un seul arbitre ; s'il y en a plusieurs, ils doivent être en nombre
impair.
Art. 166. - Les parties indiquent dans la convention d'arbitrage ou dans une
convention ultérieure le tribunal de première instance auquel elles attribuent
compétence en raison de l'arbitrage.
Art. 167. - Si le compromis n'en fixe pas la durée, la mission des arbitres cesse
six mois après la date du compromis.
Cette durée peut toutefois être prorogée suivant une des formes fixées à l'article
164.
Après la suspension prévue aux articles 173, 174,176 et 177 les arbitres
disposent de plein droit d'un délai de trois mois.
Art. 169. - les actes d'instruction et les procès-verbaux sont faits par tous les
arbitres, si le compromis ou une convention ultérieure ne les autorise à en
commettre l'un d'eux.
Les arbitres peuvent être récusés dans les cas prévus par l'article 88 du code
d'organisation et de compétence judiciaires.
Art. 174. -le décès ou l'incapacité de l'une des parties ne met pas fin au
compromis.
Art. 175. - les parties comparaissent en personne ou sont représentées soit par un
avocat, porteur des pièces, soit par un fondé de pouvoir spécial agréé par les
arbitres.
De l'accord des parties, les arbitres peuvent juger sur pièces.
Toutefois, même en ce cas, les arbitres peuvent décider que les parties ou ceux
qui les représentent doivent être entendus.
Si l'une des parties s'abstient de les leur remettre dans ce délai, les arbitres le
constatent et jugent su ries seules pièces reçues.
Art. 176. Les arbitres peuvent ordonner toutes les mesures d'instruction admises
devant les tribunaux en matière civile et commerciale. Ils peuvent entendre sous
serment les témoins qui comparaissent devant eux et recevoir le serment d'une
partie.
Sauf convention contraire, les enquêtes sont tenues suivant les règles prescrites
par le présent code.
An. 177. - S'il s'élève quelques' incidents dont les arbitres ne peuvent connaitre,
ceux-ci délaissent les parties à se pourvoir devant le tribunal compétent d'après
l'article 166 et le délai de l'arbitrage est suspendu jusqu'au jour où les arbitres
sont informés par la partie la plus diligente que le jugement de l'incident a acquis
force de chose jugée.
Art. 178. Les arbitres décident d'a près les règles du droit à moins que la
convention d'arbitrage ne leur donne pouvoir de prononcer comme amiables
compositeurs.
Art. 179. Lorsqu'il y a plusieurs arbitres. la sentence arbitrale doit être rendue à
la majorité des voix.
Art. 180. La sentence arbitrale est écrite et datée. Elle est signée par les arbitres.
Si la minorité refuse de la signer, les autres arbitres font mention de ce refus et
la sentence a le même effet que si elle avait été signée par tous les arbitres.
Art. 181. La sentence arbitrale tient lieu de loi aux parties. Elle fait foi comme
une convention entre elles et ne peut être opposée aux tiers.
Art. 183. La minute de la sentence arbitrale est déposée par l'u n des arbitres au
greffe du tribunal de première instance compétent en vertu de l'article 166 si une
des parties le requiert.
Art. 185. -l'ordonnance est susceptible d'appel; l'appel est formé par requête
adressée au président de la Cour d'appel, dans les quinze jours de la
signification.
Art. 186. - Les contestations sur l'exécution des sentences arbitrales sont portées
devant le tribunal compétent d'après l'article 166.
La requête civile contre la sentence arbitrale peut être prise pour les causes
prévues aux 1°,2° et 4° de l'art. 85, dans les délais et formes prescrits pour les
jugements des tribunaux. Elle est portée devant le tribunal qui est compétent
pour connaître de l'appel.
Art. 188. -l'appel est porté devant la cour d'appel dans le ressort de laquelle se
trouve le tribunal visé à l'article 166, à moins que les parties ne soient convenues
de déférer l'appel à d'autres arbitres.
Le délai pour interjeter appel est d'un mois, Il court du jour de la signification de
la sentence arbitrale rendue exécutoire.
Art. 189 S'il a été compromis sur l'appel d'un jugement ou d'une sentence
arbitrale, la décision des arbitres est définitive et rendue exécutoire suivant
l'article 184.
Art. 190 Lorsqu'une sentence arbitrale a été rendue en dernier ressort, la nullité
en peut être demandée dans les cas suivants:
3° si la forme prescrite par l'article 164 pour la validité du compromis n'est pas
observée;
5° si la sentence arbitra le est rendue alors que le délai d'arbitrage est, suspendu
ou expiré;
6° si la sentence arbitrale est rendue par des arbitres n'ayant pas la capacité de
contracter et de s'obliger;
7° si la sentence arbitrale n'est pas rendue par tous les arbitres ou est rendue par
des arbitres siégeant en nombre pair;
8° si une partie peut justifier, même à l'encontre des consultations des arbitres,
qu'elle n'a pas été avisée du délai fixé par ceux-ci pour le dépôt des pièces et
défenses et si cette omission nuit à ses intérêts;
Art. 191. La demande en nullité ne peut être formée avant que la sentence n'ait
été rendue exécutoire.
Elle est formée, dans tous les cas énumérés à l'article 190, 1 ° à 9°, dans le mois
de la signification de la sentence rendue exécutoire ; dans le cas de l'article
190/100 la demande doit être formée dans le mois de la découverte de la
fausseté des pièces, serments ou témoignages, ou du recouvrement des pièces
retenues.
Art. 192 La demande en nullité formée par voie d'assignation est portée devant
la Cour d'appel visée à l'article 188.
Art. 194 Le jugement rendu sur la demande en nullité n'est pas susceptible
d'appel.
1 ° le jour de l'acte qui est le point de départ d'un délai n'y est pas compris. Le
jour de l'échéance est compté dans le délai, si celui-ci n'est qualifié de franc;
2° lorsque le dernier jour prévu pour accomplir un acte de procédure est un jour
férié légal, le délai est prorogé jusqu'au plus prochain jour ouvrable;
3° lorsque le délai légal expire un jour où le greffe est fermé, l'acte y est
valablement reçu le plus prochain jour d'ouverture de ce greffe;
4° le délai qui est fixé par jour se compte de jour à jour; celui qui est fixé par
mois ou par année se compte de quantième à veille de quantième, selon le
calendrier grégorien.
Art. 196. - Aucune signification ni exécution ne peut être faite dans un lieu non
ouvert au public soit avant six heures du matin et après sept heures du soir, soit
un jour férié légal, si ce n'est en cas d'urgence et en vertu d'une permission du
juge.
Si la partie assignée n'est pas présente lors du prononcé d'un jugement de remise
ou n'est pas régulièrement représentée, elle est avertie par le greffier des jours et
heure auxquels l'affaire sera appelée.
Art. 201. - Le présent décret entrera en vigueur à la date qui sera fixée par arrêté
royal.