0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
130 vues15 pages

10 Ophtalmologie

Transféré par

Nicolas Barnaud
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
130 vues15 pages

10 Ophtalmologie

Transféré par

Nicolas Barnaud
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

PHYSIOPATHOLOGIE

GÉNÉRALE
ET CLASSIFICATION
L'ophtalmologie comprend l'ensemble des
affections de l'oeil et de ses annexes.
Elle englobe donc :
- Les anomalies de la réfraction de l'oeil;
Les atteintes et modifications des membranes
et des milieux du globe oculaire;
Les atteintes du nerf optique et de la motilité
intrinsèque ou extrinsèque de l'oeil;
Les traumatismes oculaires;
- Les affections des annexes de l'oeil.
Ophtalmologie
ANOMALIES DE LA RÉFRACTION
OU AMÉTROPIES
Elles s'opposent à l'emmétropie qui qualifie
un oeil normal formant d'un objet une image
nette sur la rétine, sans intervention de
l'accommodation.
Les différentes amétropies sont :
- La myopie.
- L'hypermétropie.
- L'astigmatisme.
La presbytie.
ATTEINTES ET MODIFICATIONS
DES MEMBRANES ET DES MILIEUX
DU GLOBE OCULAIRE
Elles comprennent :
~ Les atteintes de la conjonctive : essentiellement
les atteintes inflammatoires ou conjonctivites
qui se caractérisent par une hyperhémie
conjonctivale (l'oeil est « rouge»), un larmoiement,
une photophobie, et une sécrétion muco-
Coupe du globe oculaire
(Extrait de Anatomie (3), F. LEGENT, L. PERLEMUTER et M. QUERE, Masson édit., 1976,
Paris).
Ophtalmofô'iil*
purulente agglutinant les cils le matin; la fonction
visuelle n'est pas touchée.
~ Les atteintes de la cornée :
* Elles comprennent surtout les atteintes inflammatoires
ou KERATITES:
Celles-ci entraînent photophobie et larmoiement
associés à une sensation de corps étranger
dans l'oeil, une douleur plus ou moins importante,
et une baisse de la vision variable.
Selon la localisation anatomique des lésions,
on distingue :
- Les kératites superficielles : l'instillation
d'une goutte de fluorescéine met en évidence
les lésions; une forme essentielle est
la kératite de l'herpès cornéen;
- Les kératites parenchymateuses ou interstitielles;
- Les kératites profondes.
* Elles comprennent aussi les DYSTROPHIES ET
LES DEGENERESCENCES CORNEENNES qui peuvent
être secondaires à une kératite ou primitives,
génétiques.
Le TRACHOME est une maladie endémique
dans certains pays; il comprend à la fois une
atteinte des conjonctives et de la cornée.
~ Les atteintes de la sclérotique. Les inflammations
de l'épi sel ère sont les épisclérites. Elles
sont presque toujours d'origine allergique. Les
affections de la sclère sont les sclérites; elles se
voient aussi dans les syndromes rhumatismaux
évolutifs.
~ Les atteintes du tractus uvéal (iris, corps
ciliaire, choroïde) :
* Lorsqu'il y a maladie de l'iris, on parle
d'IRITis; En fait, elle est le plus souvent associée
à une atteinte du corps ciliaire et on parle alors
d'IRIDOCYCLITE OU uvéite antérieure.
Les signes fonctionnels sont bruyants dans les
formes aiguës : douleur aiguë, photophobie et
larmoiement accompagnent la baisse d'acuité
visuelle. Au contraire, dans les formes torpides,
c'est l'examen pour baisse progressive de la
vision qui fait le diagnostic.
Les signes essentiels sont vus au biomicroscope
: trouble de l'humeur aqueuse provoquant
un phénomène de Tyndall; précipités à la face
postérieure de la cornée; adhérences entre
pupille et cristallin ou « synéchies )),
Lorsque l'uvée postérieure ou choroïde est
touchée, il s'agit d'une CHOROIDITE : l'examen
du fond d'oeil permettra de voir les lésions.
Mais uvée antérieure et postérieure forment
une même et seule membrane souvent touchée
86
en entier et leurs causes sont les mêmes.
L'enquête étiologique doit être très poussée.
* Les tumeurs du tractus uvéa! sont dominées
par Je MELANOME MALIN DE LA CHOROIDE.
~ Les atteintes de la rétine. Elles comportent
notamment:
* LES OBLITERATIONS DES VAISSEAUX RETINIENS
: occlusion de l'artère centrale de la rétine
avec cécité brutale, ou oblitération de la veine
centrale de la rétine avec perte incomplète de la
vision. L'examen ophtalmoscopique met en évidence
les lésions.
* LES RETINOPATHIES, qui relèvent de désordres
d'ordre métabolique ou dégénératif:
- Rétinopathies hypertensives, diabétiques
ou des maladies du sang;
- Dégénérescence tapéto-rétinienne comme
la rétinite pigmentaire.
* LE DECOLLEMENT DE LA RETINE : il se traduit
par l'impression d'un voile cachant une partie
du champ visuel. L'examen du fond d'oeil permettra
de voir le décollement.
On distingue :
- Les décollements primitifs ou idiopathiques
où il faut rechercher la déchirure rétinienne
à l'origine du décollement;
- Et les décollements secondaires à d'autres
lésions rétiniennes ou choroïdiennes.
* LES TUMEURS MALIGNES DE LA RETINE, rétinobJastomes
et rétinocytomes, qui touchent surtout
les très jeunes enfants.
~ Les atteintes du cristallin. Elles sont dominées
par les cataractes au cours desquelles le
cristallin s'opacifie, entraînant ainsi une baisse
de l'acuité visuelle.
Les cataractes séniles sont les plus fréquentes.
A l'opposé, existent les cataractes congénitales.
Parfois, les cataractes entrent dans le cadre de
syndromes plus généraux ou sont secondaires à
l'action de toxiques ou à des lésions oculaires
anciennes.
~ Les atteintes du vitré. Sans pathologie propre,
le vitré peut être envahi par des éléments
venant des membranes voisines : sang, exsudats.
~ Les modifications de la tension oculaire
comprennent surtout les hypertonies oculaires
responsables du glaucome qui peut aboutir à
la cécité.
On distingue les glaucomes primitifs et les
glaucomes secondaires :
* LES GLAUCOMES PRIMITIFS comprennent :
87
- Le glaucome par fermeture d'un angle irido-
cornéen étroit : l'augmentation de la
tension oculaire est provoquée par la fermeture
de l'angle irido-cornéen. Au maximum
a lieu la crise de glaucome aigu.
- Le glaucome chronique simple au cours
duquel l'angle irido-cornéen est large et
ouvert.
- Le glaucome congénital, dû à une malformation
de l'angle irido-cornéen et entraînant
un aspect de << buphtalmie )) avec cornée
agrandie et trouble.
llf LES GLAUCOMES SECONDAIRES qui surviennent
comme une complication d'une maladie
oculaire primitive.
ATTEINTES DE LA PAPILLE
ET DU NERF OPTIQUE
Comprennent :
~ Les névrites optiques, qui entraînent une
baisse de l'acuité visuelle.
* Lorsque le nerf optique est atteint dans sa
partie antérieure, il s'agit d'une PAPILLITE avec
au fond d'oeil papille hyperhémiée à bords flous.
* Lorsque le nerf optique présente une atteinte
élective du faisceau maculaire sur n'importe
quelle partie de son trajet, on parle de NEVRITE
RETROBULBAIRE et au fond d'oeil la r.apille garde
un aspect normal, au moins au debut.
~ L'oedème papillaire de stase qui doit faire
redouter une hypertension intracrânienne.
~ Les atrophies optiques : Conséquences des
affections qui ont détruit les fibres du nerf optique,
elles se traduisent par une chute de l'acuité
visuelle et par une papille décolorée au fond
d'oeil.
~ Les tumeurs du nerf optique et surtout le
gliome du nerf optique qui entraîne une atrophie
optique.
ATTEINTES
DE LA MOTILITÉ OCULAIRE
Elles peuvent toucher :
Ill> La motilité intrinsèque, c'est-à-dire :
• LES PUPILLES, qui peuvent être dilatées (mydriase)
ou contractées (myosis) avec atteinte ou
non des réflexes pupillaires. Leurs modifications
peuvent se voir dans de nombreux syndromes,
Ophtalmologie
en particulier : syndromes de Claude BernardHomer,
de Fuchs, d'Argyll Robertson, d' Adie.
* LE CORPS CILIAIRE, dont les spasmes provoquent
les spasmes de l'accommodation et dont
la paralysie entraîne la paralysie de l'accommodation.
~ La motricité extrinsèque. On peut observer
ainsi:
* Les PARALYSIES OCULO-MOTRICES DE
L'ADULTE OU DU GRAND ENFANT. Elles se révèlent
par une diplopie (vision double des objets
regardés) et une déviation de l'un des deux yeux
(aspect de strabisme); cette déviation augmente
dans certaines directions du regard.
llf Les STRABISMES DE L'ENFANT OU strabismes
concomitants. Ils ne s'accompagnent pas de
diplopie, et la déviation oculaire est la même
dans toutes les directions du regard.
~ Les paralysies de fonction ou paralysies des
mouvements associés des deux yeux :
- Paralysies de la latéralité, de la verticalité,
de la convergence.
- Elles traduisent une atteinte des centres
supra-nucléaires.
~ Les hétérophories et les insuffisances de
convergence. Elles ne se manifestent par
aucune déviation apparente des yeux mais elles
entraînent des signes fonctionnels à type de
céphalées à l'effort visuel prolongé, qui amènent
à consulter.
TRAUMATISMES OCULAIRES
Ils comprennent :
~ Les plaies des paupières et du globe, qui
nécessitent presque toujours une intervention.
~ Les contusions du globe.
~ Les corps étrangers intra-oculaires qui doivent
être recherchés et extraits pour éviter le
développement d'une imprégnation métallique
des différentes tuniques du globe.
~ Les brûlures oculaires qui peuvent être :
- chimiques : les bases étant les plus dangereuses
car très pénétrantes;
- phototraumatiques;
- ou thermiques.
Ophtalmologie
AFFECTIONS
DES ANNEXES DE L'OEIL
Elles comprennent essentiellement :
~ Les atteintes des paupières :
* Les BLEPHARITES ou inflammations du bord
libre des paupières.
* Les DEFORMATIONS des paupières:
- entropion et trichiasis : lorsque le bord palpébral
est inversé en dedans avec cils frottant
sur la cornée,
ectropion avec bord palpébral éversé en
dehors.
ptosis : lorsqu'il y a chute de la paupière
supérieure.
* Les CHALAZIONS : ou tumeurs inflammatoires
des glandes intrapalpébrales de Meibomius.
* Les ORGELETS ou petits furoncles de la base
d'un cil.
* Les TUMEURS MALIGNES des paupières :
- épithéliomas, dont la base indurée saigne
facilement,
- ou naevo-carcinomes, à développement
rapide.
~ Les atteintes de l'appareil lacrymal :
* DACRYOADENITE : OU inflammation de la
glande lacrymale principale située à l'angle
externe de la paupière supérieure.
* DACRYOCYSTITE : ou infection du sac lacrymal
situé à l'angle interne des paupières.
~ Les affections de l'orbite dont la traduction
clinique est habituellement !'exophtalmie ou
protrusion du globe :
* Elles peuvent être d'ORIGINE ENDOCRINIENNE
comme dans la maladie de Basedow;
* Ou D'ORIGINE TUMORALE : on peut en isoler :
- L'exophtalmie par anévrisme carotido-caverneux
caractérisée par sa pulsatilité et
son souffie concomitant,
- L'exophtalmie de la thrombophlébite du
sinus caverneux.
* Ou D'ORIGINE INFLAMMATOIRE: par phlegmon
de l'orbite généralement.
LISTE DES MALADIES
TRAITÉES EN OPHTALMOLOGIE
Accommodation (Trouble de !').
Amblyopie.
Amétropies.
Atrophie optique.
Blépharite.
Brûlures oculaires.
Cataracte.
Chalazion.
Choroïdites ou uvéites postérieures.
Conjonctivites.
Contusions oculaires.
Corps étrangers intra-oculaires.
Dacryoadénites.
Dacryocystite.
Décollement de la rétine.
Dégénérescences tapéto-rétiniennes.
Dyschromatopsies.
Ectropion.
Entropion et trichiasis.
Episclérite et sclérite.
Exophtalmie.
Glaucomes (aigu, chronique, congénital,
secondaire).
88
Hétérophorie et insuffisance de convergence.
Iritis et irido-cyclite.
Kératites.
Mélanomes malins de la choroïde.
Modifications des pupilles : Anisocorie,
Mydriase, Myosis.
Névrites optiques.
Occlusion des artères rétiniennes.
Occlusion des veines rétiniennes.
OEdème papillaire de stase.
Orgelet.
Paralysies oculaires.
Paralysies oculaires de fonction.
Plaies du globe.
Ptosis.
Rétinoblastome et rétinocytome.
Strabismes concomitants.
Zona ophtalmique.
EXAMEN DU MALADE
INTERROGATOIRE
Il fait préciser les antécédents personnels et
familiaux et les troubles oculaires dont se plaint
le sujet.
INSPECTION
A l'éclairage direct, en s'aidant d'une simple
lampe à main, l'inspection permet déjà de
constater:
- Une anomalie au niveau des paupières.
H'l
Une protrusion anormale des globes oculaires
: exophtalmie ou au contraire enophtalmie
que l'on pourra mesurer en mm à
l'exophtalmomètre (v. Exophtalmie).
- Une rougeur anormale du globe.
- Une asymétrie pupillaire : une épreuve des
collyres pourra être envisagée pour déterminer
la pupille pathologique (v. Modification
des pupilles). On étudiera également
les réflexes photomoteurs et consensuels et
la synergie à l'accommodation-convergence,
c'est-à-dire la motilité intrinsèque de
l'oeil.
- Un strabisme avec déviation d'un oeil en
dedans ou en dehors, ou verticalement.
- L'inspection permet aussi d'apprécier grossièrement
la transparence de la cornée et
du cristallin.
ÉTUDE DE LA MOTILITÉ
OCULAIRE EXTRINSÈQUE
Elle sera d'abord étudiée en demandant au
sujet de suivre du regard le doigt de l'examinateur
dans toutes les directions et en notant s'il
existe une limitation du mouvement d'un oeil
duns une certaine direction.
L'épreuve de l'écran consiste à cacher alternativement
chacun des deux yeux du malade en lui
demandant de fixer un point déterminé : elle
peut mettre ainsi en évidence une déviation oculuire
qui se traduit, lorsqu'on enlève l'écran, par
un mouvement que fait l'oeil pour reprendre la
tlxation (v. Paralysie oculo-motrice, Strabismes,
1/étérophories).
EXAMEN
DE LA FONCTION VISUELLE
Il comprend :
IJJoo L'étude de la réfraction du sujet. Elle se fait
11râce à la skiascopie qui détermine le degré de
réfraction d'un oeil par l'étude du déplacement
de l'ombre pupillaire.
Chez l'enfant, cet examen doit souvent être
l'nit après instillation de gouttes d'atropine dans
les deux yeux pendant plusieurs jours, pour
parai yser l'accommodation.
L'examen à l'ophtalmomètre de Java[ permet
de préciser la valeur de l'astigmatisme cornéen
du sujet et son axe.
IJJoo L'étude de l'acuité visuelle. Elle se fait sur
chaque oeil séparément, puis en vision binoculnire,
au moyen d'échelles optométriques. On
note d'abord l'acuité sans correction optique,
Ophtalmologie
puis l'acuité après correction optique : en effet,
seule une mauvaise acuité malgré la correction
optique a une valeur pathologique.
La mesure de l'acuité visuelle de près se fait
sur l'échelle de lecture à main de Parinaud.
Pour les enfants, il existe des échelles spéciales,
en particulier celle de Rossano qui représente
des dessins de tailles différentes.
Par ailleurs, les cartons d' Amsler sont de fins
quadrillages de 10 cm de côté, qui dépistent les
déformations de la vision centrale ou «métamorphopsies
)),
~ L'exploration du champ visuel. Elle est faite
d'abord de façon grossière : On demande au
malade de fixer un point situé droit devant lui;
le médecin déplace alors son propre doigt dans
les différents secteurs du champ visuel et le
malade doit préciser s'il le voit. Mais pour les
déficits limités ou relatifs, on devra utiliser
l'examen périmétrique ou campimétrique (v.
Champ visuel).
~ L'étude de la vision colorée. Elle se fait
essentiellement à l'aide de l'atlas d'Ishihara et
des tests de Farnsworth (v. Dyschromatopsies).
EXAMEN
DES MILIEUX TRANSPARENTS
DE L'OEIL
~ Il se fait à la lampe à fente ou biomicroscope
oculaire, qui réalise une véritable coupe
optique de l'oeil. Elle permet d'examiner les paupières,
la conjonctive et la sclérotique, la cornée,
qui sera encore mieux étudiée après instillation
d'une goutte de fluorescéine qui colore ses éventuelles
ulcérations; l'iris et la pupille; la chambre
antérieure de l'oeil et l'humeur aqueuse; le
cristallin et la partie antérieure du vitré, ces
deux aspects étant mieux visibles après dilatation
pupillaire avec un collyre ·mydriatique.
L'adjonction au contact de l'oeil d'un verre de
contact (verre de Goldmann) permettra, en
continuant l'examen à la lampe à fente :
- D'une part de visualiser l'angle irido-cornéen,
dont l'aspect a une grande importance
dans le glaucome (v. ce terme);
- D'autre part d'étudier l'extrême périphérie
rétinienne, non vue à l'ophtalmoscope;
- Et enfin, de mieux préciser certaines lésions
du pôle postérieur de l'oeil (papille et
macula).
~ On complétera l'examen par l'étude de la
sensibilité cornéenne :
- Soit par attouchement de la cornée avec du
Ophtalmologie
coton, ce qui entraîne un clignement des
paupières,
Soit de façon plus précise avec un esthésiomètre
(fil de nylon de diamètre constant
mais de longueur variable).
EXAMEN DU FOND D'OEIL
OU OPHTALMOSCOPIE
Il est fait essentiellement avec l'ophtalmoscope,
qui donne du fond d'oeil une image agrandie
et droite. On explore ainsi la choroïde et la
rétine; on examinera soigneusement la papille,
la région maculaire qui est située en dehors de
la papille, les secteurs rétiniens les uns après les
autres, le système vasculaire rétinien.
La pression artérielle rétinienne (PAR) sera
étudiée en plaçant un dynamomètre perpendiculairement
au globe sur la sclérotique externe et
en notant, au fur et à mesure que la pression
exercée par le dynamomètre augmente :
- La première pulsation artérielle au niveau
de la papille optique, ce qui correspond à
la PAR minima diastolique,
- Et la disparition des battements, ce qui correspond
à la PAR maxima systolique.
La PAR sera considérée comme normale si
les chiffres obtenus ne dépassent pas la moitié
du taux correspondant de la pression artérielle
humérale.
D'autre part, on vérifiera si la fixation est centrale
en utilisant le « visuscope >>, ophtalmoscope
muni d'un repère central en croix qui se projette
sur le fond d'oeil. Cette recherche est très importante
dans les amblyopies (v. ce terme).
EXAMEN
DE LA TENSION OCULAIRE
Il se fait à l'aide de tonomètres dont le plus
précis est le tonomètre à aplanation qui se place
sur la lampe à fente.
Cependant, une très forte anomalie du tonus,
comme celle du glaucome aigu, peut être décelée
à la palpation digitale à travers les paupières
supérieures.
ÉTUDE
DU SYSTÈME LACRYMAL
Elle comprend :
~ L'étude de la sécrétion lacrymale vérifiée
grâce au test de Schirmer : c'est une languette
de buvard millimétrée que l'on place dans le culde-
sac conjonctival inférieur; au bout de 5 mn,
plus de 5 mm de buvard doivent être humectés
90
par les larmes; dans le cas contraire, on est en
présence d'une hyposécrétion lacrymale (comme
dans le syndrome de Goujerot-Sjogren, par
exemple).
~ La vérification du système d'excrétion des
larmes, qui doit se faire en cas de conjonctivite,
de kératite ou de larmoiement (chez les bébés
par exemple), grâce au cathétérisme des voies
lacrymales :
On injecte du sérum dans le canal lacrymal
à l'aide d'une canule montée sur une seringue.
Si les voies lacrymales sont perméables, le
liquide passe dans l'arrière-gorge et le sujet
l'avale. En cas d'obstruction des voies lacrymales,
le liquide reflue dans l'oeil.
EXAMENS PARACLINIQUES
L'oeil n'est pas isolé dans l'organisme, mais
au contraire, il participe à de nombreuses manifestations
pathologiques. On demandera donc
souvent des examens cliniques complémentaires
: en particulier on aura souvent recours à
l'oto-rhino-laryngologiste, au cardiologue, au
phtisiologue, au neurologue, au dermatologue,
au rhumatologue.
EXAMENS DE LABORATOIRE
~ Ils pourront d'abord préciser certains points
particuliers à l'ophtalmologie, par exemple :
- examen cytobactériologique des sécrétions
conjonctivales,
ou examen des cellules de grattage de la
conjonctive;
ou inoculation du produit de grattage de la
cornée à la cornée du lapin pour diagnostiquer
un herpès cornéen;
examen cytochimique de l'humeur aqueuse
après ponction de la chambre antérieure de
l'oeil.
~ Mais, ils pourront aussi être nécessaires
pour préciser l'état humoral:
- N.F.S., azotémie, glycémie, cholestérolémie
et bilan lipidique complet, V.S.;
- Recherche de syphilis, tuberculose, rhumatisme,
virose;
- Certains séro-diagnostics peuvent être
demandés devant une uvéite, notamment
dye-test pour toxoplasmose;
De même une enquête allergologique peut
être nécessaire.
111
EXAMENS OPHTALMOLOGIQUES
Certains sont les prolongements directs de
l'examen clinique :
- En présence d'une paralysie oculo-motrice,
on demandera un examen à l'appareil de
Hess-Lancaster, qui précise le ou les muscles
paralysés et les hyperactions des muscles
antagonistes.
En présence d'un strabisme ou d'une hétérophorie,
on demandera un bilan orthoptique
complet avec examen au synoptophore,
qui chiffre en dioptries prismatiques
l'importance de la déviation oculaire, et
précise l'état de la vision binoculaire.
- La recherche d'un déficit limité ou relatif
du champ visuel nécessitera un examen
campimétrique ou périmétrique.
- Une étude plus précise d'une lésion rétinienne
ou choroïdienne peut conduire à
faire pratiquer une angiographie fluorescéinique.
Le bilan d'un glaucome nécessite, entre
autres examens, une tonographie électronique
(v. Glaucome).
EXAMENS
ÉLECTROPHYSIOLOGIQUES
Ils peuvent permettre de préciser certaines
unomalies oculaires :
- L'électrorétinographie.
- L'échographie, pour déceler une tumeur intra-
oculaire.
- L'électromyographie des muscles oculomoteurs.
- L'électroencéphalographie.
EXAMENS RADIOLOGIQUES
Ils sont souvent utiles :
Radiographies du crâne, de face et de
profil, des fentes sphénoïdales, des trous
optiques, des orbites, des sinus de la face.
Parfois, on devra avoir recours à des procédés
d'exploration radiologique plus précis :
En particulier : angiographie cérébrale,
angiographie ou phlébographie orbitaire.
LISTE DES EXAMENS PARACLINIQUES
TRAITÉS EN OPHTALMOLOGIE
Angiographie fluorescéinique.
( 'hamp visuel.
1 ~lcctrorétinogrammme.
Ponction de chambre antérieure.
Ophtalmologie
PHARMACOLOGIE
PRATIQUE
On utilise en ophtalmologie des médicaments
que l'on emploie le plus souvent par voie locale;
mais la voie générale peut être aussi utilisée,
seule ou associée à la voie locale.
Ces médicaments peuvent être utilisés :
~ Pour leur action anti-infectieuse :
* ANTIBIOTIQUES :
- Administrés localement le plus souvent :
. collyres à la néomycine, à la polymyxine, à
la kanamycine, au chloramphénicol, à la staphylomycine,
à la rifamycine, etc.;
. collyres ou pommades à l'Auréomycine, à
la Terramycine, etc.
- Mais, parfois, on administre des antibiotiques
par voie générale : dans les infections profondes
des paupières, de l'orbite ou des sacs lacrymaux,
ou dans les infections oculaires succédant à une
bactériémie.
* SuLFAMIDES :
en collyre (collyre sulfacétamide);
ou par voie générale parfois.
* ANTISEPTIQUES :
collyres au bleu de méthylène;
collyre au vert sulfo;
au borate de soude (Chibro-Boraline);
au Biocidan;
à l'hexamidine (collyre Désomédine);
au benzododécinium;
au sulfate de zinc à 1 %.
* ANTIVIRAUX:
Essentiellement collyre et gel à la :
5 -ioda- 2- désoxyuridine (collyre Iduviran).
- Mais aussi : collyre au bleu de méthylène,
collyre aux gamma-globulines (collyre
Ophtaglobuline).
Par voie générale, les sulfamides ou les
cyclines peuvent être indiqués.
* ANTIMYCOSIQUES :
- Utilisés localement en collyre ou pommade:
Spiramycine en pommade à 1 %; nystatine
en collyre; amphotéricine B en collyre dont
le support liquide doit être de l'eau distillée
coritenant 5 % de glucose.
- Parfois utilisés également par voie générale.
~ Pour leur action anti-inflammatoire :
HORMONALE:
- Collyres aux dérivés cortisonés, simples ou
associés à des anti-infectieux : on peut citer les :
collyres Maxidex (dexaméthasone), Solucort
(prednisolone), Chibro-Cadron (néomycine +
dexaméthasone), Sofradex (dexaméthasone +
framycétine + gramicidine), etc.
- Pommades associant le plus souvent corticoïdes
et antibiotiques : utilisées dans les blépharites
ou les eczémas des paupières : pommade
Cidermex, Bléphaseptyl, Stapolidex,
Betneval-Néomycine, etc.
- Dérivés cortisonés utilisés par voie générale :
Ils sont indiqués dans tous les types d'uvéite, de
choroïdite; dans les réactions inflammatoires ou
allergiques surtout si les réactions exsudatives
sont importantes; dans l'exophtalmie oedémateuse
ophtalmoplégique; et surtout au cours de
l'artérite temporale, où la dose à utiliser est
réglée sur le niveau de la vitesse de sédimentation.
* ANTI-INFLAMMATOIRES D'ORIGINE NON
HORMONALE:
- En collyres : Néoparyl-Framycétine; Stérocol;
- Par voie générale : les salicylates (surtout
l'aspirine), les dérivés phénazolés (autres : antipyrine,
phénylbutazone).
* LES IMMUNO-SUPPRESSEURS ont pu être
conseillés dans le traitement d'uvéites très sévères,
ou au cours de l'ophtalmie sympathique,
mais ce n'est encore qu'un traitement de dernier
recours.
.,.. Pour leur action au niveau des pupilles et
muscle ciliaire :
* COLLYRES MYDRIATIQUES, qui dilatent les
pupilles et qui peuvent, lorsqu'il s'agit de parasympathicolytiques
comme l'atropine, paralyser
également l'accommodation. Les dérivés de
l'atropine sont surtout l'homatropine et le
Mydriaticum.
Les mydriatiques sympathicomimétiques sont
l'adrénaline et la néosynéphrine.
* COLLYRES MYOTIQUES qui peuvent également
spasmer l'accommodation : la pilocarpine en est
le plus important, utilisée en fait essentiellement
dans le glaucome. Mais citons aussi le Diflupyl
et la Phospholine.
.,.. Pour leur action hypotonisante oculaire :
- Collyres myotiques dont la pilocarpine est
le chef de file;
- Mais aussi collyres mydriatiques comme
92
l'adrénaline (Glauposine) ou la néosynéphrine,
qui ne peuvent être utilisés que dans
le glaucome à angle ouvert.
- Sulfamides diurétiques utilisés par voie
générale : l'acétazolamide est le plus utilisé.
.,.. Pour leur action anesthésique :
- La Novésine à 0,40% en collyre est la plus
utilisée pour l'anesthésie cornéenne et
conjonctivale. Plus rarement, on utilise la
tétracaïne à 1 %, la kéracaïne à 0,5 %, etc.
- La Xylocaïne à 1 ou 2% est utilisée en chirurgie
ophtalmologique.
.,.. Pour leur action 11 cicatrisante 11 cornéenne:
- Collyres Troformone (hormone trophique
du pancréas), Vitacic, collyres vitaminés A
- C ou B 12.
- Des extraits placentaires : le Madécassol,
que l'on peut utiliser aussi en collyre.
.,.. Pour le traitement de la cataracte : Le traitement
de la cataracte est en fait chirurgical;
mais il est habituel de prescrire des traitements
locaux ou même généraux dont le but serait
d'empêcher le vieillissement du cristallin, mais
dont l'activité est en fait très difficile à apprécier
objectivement. Parmi les nombreux collyres, on
peut citer les collyres : Dulciphak, Catacol,
Sommières-pentavit-B, Vitamine C, Vitaiodurol,
etc.
Par voie orale, on peut citer : Phakan, Catarluse,
Phakormone, etc.
.,.. Pour leur action contre les troubles vasculaires
ou sanguins associés :
* Médicaments influant sur la cOAGULATION
SANGUINE:
- hémostatiques : vitamine K et dérivés de la
naphtoquinone.
- anticoagulants.
* Médicaments modifiant la RESISTANCE
CAPILLAIRE : Rutine, Difrarel, dérivés des flavones.
* VASODILATATEURS :
- On utilise surtout les vasodilatateurs
d'action lente et intéressant les capillaires :
dérivés de l'ergotamine; papavérine.
- Parfois, on a besoin d'avoir une vasodilatation
rapide, comme dans l'oblitération de
l'artère centrale de la rétine : on peut utiliser:
. Le nitrite d'amyle en amp. que l'on casse
1)\
devant le visage; son action pourra être
prolongée par l'emploi de la trinitrine ou de
ses dérivés.
. L'acétylcholine.
. La novocaïne i.v. (5 à 10 cm3)
. L'acide nicotinique, à des doses de 0,01
à 0,10 g i.v.; ou de 0,05 à 0,5 g par voie
buccale

Vous aimerez peut-être aussi