PARTIE 2
Les étapes de la prospection ou de
l’investigation :
• La réussite d’un forage ou d’un puits dépend pour beaucoup
de la qualité de son implantation. La prospection des eaux
souterraines consiste à utiliser différents outils qui
permettent de caractériser les ressources à un niveau local,
puis d’implanter de façon précise les ouvrages.
• Ces outils sont mis en œuvre dans le cadre d’un processus
continu : les résultats obtenus sont confrontés aux
hypothèses émises, et la stratégie d’implantation est
corrigée.
Les principales questions auxquelles doit tenter de répondre le “prospecteur ”
peuvent être classées en fonction de la géométrie du réservoir, de ses fonctions
hydrauliques et de la pérennité des ressources.
❑Géométrie du réservoir : localisation des épaisseurs et des extensions
latérales des zones productrices, estimation de la qualité du recouvrement
(argileux ou perméable), définition du niveau statique en nappe libre
❑ Stockage de l’eau : estimation de la quantité d’eau stockée accessible à
l’exploitation (porosité de drainage ou coefficient d’emmagasinement)
;estimation de la qualité de l’eau
❑ Conduite du flux : estimation du coefficient de perméabilité, estimation de
la transmissivité et d’un débit d’exploitation théorique.
❑Pérennité des ressources : estimation du potentiel
d’exploitation à différentes échelles de temps, estimation de la
vulnérabilité qualitative de la ressource.
❑Équipement des forages : localisation des zones productrices
avant la mise en place de l’équipement.
Pour tenter de répondre à ces questions, il est nécessaire de
définir un protocole qui correspond à un enchaînement de phases
pouvant être interrompu en cas d’échec, et dont la mise en place
se fait graduellement;
Notion de niveau statique et niveau dynamique
• Le niveau statique (Ns) d’un puits ou d’un forage est la distance
du sol à la surface de l’eau avant pompage.
• Niveau dynamique Le niveau dynamique (Nd) d’un puits ou d’un
forage est la distance du sol à la surface de l’eau pour un
pompage à un débit donné;
La protocole de prospection est défini en fonction du
contexte hydrogéologique. Il convient donc, avant tout,
d’identifier le système naturel d’intérêt ; il s’agira ensuite
de préciser les axes de recherche et de choisir les outils
d’investigation adaptés.
Etude préliminaire
Des outils simples peuvent être mis en œuvre rapidement pour permettre de
confirmer ou d’écarter la solution eaux souterraines, puis de préciser les solutions
techniques à utiliser. L’objectif est donc de prendre une décision et de proposer un
budget;
a. Informations disponibles
Devant la complexité et l’urgence de certaines situations, il est important de
construire l’étude sur la recherche, la synthèse et la hiérarchisation des
informations existantes.
Ces informations sont disponibles au niveau local auprès des services de l’état, des
autres ONG, des universités, mais également au niveau international (agence des
Nations Unies, universités, bureaux de recherches géologiques, etc.). Les questions
principales auxquelles cette recherche d’informations doit permettre de répondre
sont résumées dans le tableau
b- la cartographie
Même si les échelles disponibles ne permettent pas toujours une vision
détaillée de la zone étudiée, les cartes topographiques et géologiques
permettent d’appréhender les caractéristiques majeures du milieu à une
échelle régionale,
• c- images satellitaires
L’analyse visuelle des images satellite concerne généralement les critères
liés à la végétation, les traits structuraux et la géomorphologie. Les
informations apportées sont complémentaires de celles données par la
carte géologique
les contrastes dans la couverture végétale soulignent des ensembles
géologiques/pédologiques différents (alluvions et recouvrements
récents, roches volcaniques du groupe Padre Miguel), des zones
humides et d’autres plus sèches ;
– les linéaments plurikilométriques sont nettement identifiables au
travers du réseau hydrographique (ils sont également mis en évidence
sur les cartes topographiques) ;
– les réseaux de drainage (concentration du ruissellement) et les zones
de ruissellement (pentes) sont également soulignés par la
géomorphologie.
• Un linéament : est un alignement structural de dimension importante
(plusieurs dizaines ou centaines de kilomètres) correspondant à un accident de
l'écorce terrestre dont l'influence se fait sentir sur des millions d'années au
cours de phases tectoniques successives,
• Typiquement un linéament comprend une vallée, une ligne de côte droite ou
une colline formée à partir d'un alignement de failles (ensemble de failles
s'anastomosant entre elles) ou de plis, voire une combinaison de tous ces
éléments.
• Des zones de fractures, des zones de cisaillement et des intrusions ignées telles
que les dykes peuvent également donner lieu à des linéaments.
• Les linéaments sont souvent apparents sur les cartes géologiques ou
topographiques et peuvent être mis en évidence sur les photos aériennes ou
par satellite
d- Enquêtes sur le terrain
Les analyses menées au bureau doivent être validées et complétées lors des visites
de terrain.
❑ Visite préliminaire : La visite préliminaire doit commencer par une rencontre
avec les responsables (traditionnels et/ou administratifs) et les populations
locales. Il s’agit avant tout de se présenter, puis de tenter d’obtenir les
informations nécessaires à la compréhension du contexte : observation, écoute,
questionnement sans suggestion des réponses, questionnement réitéré en
changeant de formulation...
❑ Il faut appréhender un ensemble de réalités, aussi bien humaines que
techniques le contexte climatique : pluviométrie et rythme des saisons des
pluies, températures, vents, etc. ;
• le contexte géologique : affleurements, pendages, direction des fractures
identifiables, coupes observées dans les puits, etc. ;
• le contexte géomorphologique : relief, réseau hydrographique, zones
d’infiltration potentielle, zones inondables, etc. ;
• le contexte hydrogéologique : visite des ressources en eau, salubrité,
pérennité, mesure des niveaux statiques et dynamiques, estimation des
débits, localisation des ouvrages positifs mais également négatifs, qualité
de l’eau(mesure de la conductivité), observations “particulières” comme
les alignements de termitières, l’association de certains arbres avec les
points d’eau existants, la position des points d’eau les plus productifs par
rapport à la géomorphologie, au réseau hydrographique
d- Photo-interprétation
’interprétation des photos aériennes repose sur l’analyse des formes de
relief perçues soit directement en vision stéréoscopique, soit indirectement
par l’étude du réseau hydrographique et des variations de niveaux de
contrastes de la photographie.
En zone de socle, les informations recherchées portent essentiellement
sur la fracturation et sur l’altération :
• le réseau hydrographique s’inscrit souvent dans le réseau de fracture : son
étude en vision stéréoscopique peut alors apporter des renseignements
structuraux. D’une façon générale, on peut considérer qu’un chevelu
hydrographique est d’autant plus dense et ramifié que le terrain est
imperméable
En zone de socle, cela signifie généralement que l’altération est importante
et argileuse. Au contraire, un tracé hydrographique en baïonnettes traduit
une zone fracturée, parfois peu altérée ;
• les linéaments ne sont pas uniquement soulignés par le réseau
hydrographique : ils peuvent également s’inscrire dans le paysage au
travers du relief ou de la végétation ;
• les linéaments repérés doivent être étudiés à la lumière de leur direction :
on choisira bien entendu les directions reconnues comme ouvertes, ou
parfois les points d’intersection de deux linéaments (nœud
• l’étude des photos aériennes en zone de socle permet également
d’identifier les zones d’infiltration préférentielle (bas fond, oued) des zones
drainantes (réseau hydrographique)
• En zone sédimentaire non consolidée, les éléments recherchés sont
différents. On s’attachera essentiellement à identifier :
• les unités géologiques soulignées par la végétation et le relief ;
• les zones inondables, les zones drainantes ;
• le réseau hydrographique dont les anciens cheminements parfois visibles
sont favorables à l’implantation d’ouvrages (paléo-chenaux)