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Comprendre le SAHOS : Diagnostic et Traitement

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Sanou Dany
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Collège des Enseignants de Pneumologie du Burkina Faso

Année universitaire : 2022-2023


Pr Martial OUEDRAOGO
Pr Gisèle OUEDRAOGO/BADOUM
Pr Georges OUEDRAOGO
Pr Agrégé Kadiatou NIKIEMA/BONCOUNGOU
Dr Emile Birba
Dr Guy OUEDRAOGO
Dr Adama SOURABIE
Dr Abdoul Risgou OUEDRAOGO

SYNDROME D’APNEES HYPOPNEES OBSTRUCTIVES DU SOMMEIL


(SAHOS)
Pré-requis :

1- Connaissances en anatomie de l’appareil respiratoire,


2- Connaissances en physiologie respiratoire,
3- Connaissances en sémiologie médicale
4- Connaissances en sémiologie radiologique
5- Connaissances en pharmacologie générale.

OBJECTIFS
A la fin de ce cours l’étudiant doit être capable de :
1-Définir les SAHOS
2- Décrire la physiopathologie du SAHOS
3- Décrire les signes cliniques du SAHOS
4- Décrire les signes paracliniques du SAHOS
5- Énoncer les principes de traitement du SAHOS

1
1. GENERALITES
1.1 Définition
Le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) est du à une fermeture
répétée des voies aériennes supérieures (oropharynx) au cours du sommeil, complètes (apnée) ou
incomplète (hypopnée). Il constitue le principal trouble respiratoire lié au sommeil.

1.2 Intérêt
- Epidémiologique : il s’agit d’une pathologie fréquente mais sous diagnostiquée surtout en
Afrique subsaharienne. Sa prévalence dans la population adulte variant selon les études de 3 % à
28 %. Au Burkina Faso, la prévalence des symptômes du SAHOS est de 9,6%.
- Diagnostique : repose sur la polysomnographie ou la polygraphie de ventilation. Or dans de
très nombreux pays, les capacités d’enregistrement sont insuffisantes voire inexistantes.
- Thérapeutique : repose sur la PPC qui pose un problème d’accessibilité dans notre contexte.
La prise en charge est pluridisciplinaire.
- Pronostique : c’est une affection grave de par ses complications essentiellement
neurocardiovasculaires, métaboliques et socioprofessionnelles

1.3 PHYSIOPATHOLOGIE
Physiologiquement, la contraction diaphragmatique, créant une pression négative, tend à collaber
l’oropharynx. La contraction des dilatateurs du pharynx s’oppose à ce phénomène et les voies
aériennes supérieures (VAS) restent ouvertes. Le sommeil provoque physiologiquement une
atonie des dilatateurs du pharynx et du génioglosse, majorée par l’alcool et les benzodiazépines.
Ainsi l’occlusion des VAS est plus facile pendant le sommeil. Tout facteur réduisant la lumière
oro pharyngée va favoriser le collapsus des VAS pendant le sommeil au cours de l’apnée
obstructive. C’est le cas des anomalies morphologiques décelées lors de l’examen O.R.L. Des
anomalies dynamiques sont également en cause comme le retard de contraction des muscles des
VAS déjà hypotoniques. Dans l’apnée centrale, une anomalie de la commande centrale est
incriminée.
Dans tous les cas, les apnées vont s’accompagner de micro réveil, responsable d’une
fragmentation du sommeil d’où hypersomnie diurne, et d’hypoxie - hypercapnie. Les épisodes de
désaturation (cycle hypoxémie-oxygénation) vont être à l’origine d’une cascade de réaction à
l’origine d’une activation sympathique et d’une dysrégulation métabolique rendant compte des

2
complications cardiovasculaires (HTA, trouble de rythme, accident vasculaire cérébral, ischémie
cardiaque) et métabolique (diabète, dyslipidémie)

Figure: Physiopathologie et conséquence de SAOS

1.4 Facteurs de risque


- Obésité
- Age
- Sexe masculin
- Morphologie crânio-faciale
- Facteurs hormonaux (grossesse, acromégalie, hypothyroïdie, ménopause)
- Tabagisme
- Consommation d’alcool
- Benzodiazépines, opiacés
- Hérédité

2. SIGNES
2.1 TDD : SAOS du sujet obèse
2.1.1 Signes cliniques
ü Signes fonctionnels
Diurnes
- Hypersomnolence +++ (score d’Epworth> 10)
- Sommeil non réparateur
- Asthénie inexpliquée, matinale
- Céphalées matinales

3
- Asthénie matinale
- Troubles de mémoire, de l’humeur et du comportement,
- Baisse de la libido
Nocturnes
- Ronflement +++
- Pauses respiratoires notées par le conjoint
- Sommeil agité, somnambulisme, réveil nocturne avec sensation de suffocation
- Nycturie (augmentation de la sécrétion de l’hormone natriurétique)
ü Signe physiques
- Poids, taille : calcul de l’IMC
- TA élevée parfois
- Augmentation de la circonférence cervicale
- Examen ORL et stomatologique à la recherche de :
o Anomalie de la boite osseuse maxillo-faciale
o Allongement ou élargissement de la luette
o Hypertrophie des amygdales
o Macroglossie
o Score de Mallampati

2.1.2 Signes paracliniques


ü Oxymétrie nocturne : désaturations itératives
ü L'enregistrement polysomnographique (PSG) est l'examen de référence. Il s’agit d’une
surveillance et un enregistrement de données physiologiques pendant le sommeil. Il
comporte :
- l’électroencéphalogramme (EEG) ;
- l’électrooculogramme (EOG) ;
- l’électromyogramme (EMG).
- l’électrocardiogramme (ECG) qui permet de déterminer s’il y a des perturbations
importantes du rythme cardiaque associés à des troubles respiratoires ;
- l’effort respiratoire : enregistrement des mouvements thoraciques et abdominaux
- Le débit aérien nasal et buccal est apprécié par thermistance nasobuccale
- la saturation oxyhémoglobinée (SaO2)
- la position du corps par observation directe ou par utilisation de capteurs ;
- les bruits respiratoires et notamment du ronflement
ü La polygraphie ventilatoire (PGV) est une polysomnographie simplifiée
- l’effort respiratoire : enregistrement des mouvements thoraciques et abdominaux
- Le débit aérien nasal et buccal est apprécié par thermistance nasobuccale
- la saturation oxyhémoglobinée (SaO2)
- la position du corps par observation directe ou par utilisation de capteurs ;
- les bruits respiratoires et notamment du ronflement

Les enregistrements du PSG et ou PGV permettent de mettre en évidence des apnéees ou des
hypopnées.
Une apnée se définit par la cessation du flux aérien naso-buccal pendant plus de dix
secondes.

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Elle est qualifiée d’obstructive quand les mouvements thoracoabdominaux persistent (souvent
énergiquement). . L’obstruction est en règle oro-pharyngée.
Elle est centrale quand ils sont abolis. Le syndrome d’apnées centrales, de cause plutôt
neurologique, ne sera pas évoqué ici.
L’apnée mixte commence comme une apnée centrale et se termine comme une apnée obstructive.
La définition de l’hypopnée est plus imprécise. On retient généralement la diminution de plus de
50 % du flux aérien.
On définit l’index d’apnée- hypopnée (IAH) qui est le nombre d’apnée et ou hypnée par heure de
sommeil.

2.1.3 Évolution-complications
L’évolution en règle favorable lorsqu’un traitement adéquat est institué. Régression des signes
cliniques et polysomnographiques
En l’absence de traitement, des complications peuvent survenir :
- cardiovasculaires : HTA, cardiopathie ischémique, AVC, troubles du rythme
(bradycardie sinusale, ESV, fibrillation ventriculaire et de la conduction (BAV)
- Pulmonaires : hypoxémie chronique, hypercapnie, HTAP
- Complications neuropsychiques dues à la fragmentation du sommeil (asthénie,
syndrome dépressif)
- Endocriniennes / métaboliques (baisse de la testostérone, diabète, dyslipidémie)
- Socio-professionnels : accident de travail ou de la voie publique...

2.2 Formes cliniques :


ü SAOS du sujet non obèse
ü Formes associées (à l’asthme, à la BPCO, au syndrome d’obésité hypoventilation)
ü SAOS selon la sévérité
- Avec l’IAH
o IAH léger entre 5 et 15/H
o IAH modéré entre 15 et 30/H
o IAH sévère > 30/H
- Avec la somnolence
o Somnolence légère : pas de retentissement sur la vie sociale
o Somnolence modérée : répercussion sur la vie socioprofessionnelle
o Somnolence sévère : gêne lors des activités de la vie quotidienne
ü Syndrome d’apnées de sommeil d’origine centrale
ü Syndrome d’apnées de sommeil mixte
ü SAHOS de l’enfant : malformations ORL, végétations adénoïdes...Cliniquement : énurésie,
baisse de la performance scolaire, retard staturo-pondéral...

3. DIAGNOSTIC
3.1 DIAGNOSTIC POSITIF
• Suspecté devant : les signes cliniques (cf ci-dessus)
• Confirmé grâce à la polysomnographie ou la polygraphie
C’est en fait l’association des signes cliniques et les signes PSG :
Selon American Academy of Sleep medecine) le diagnostic du SAOS nécessite la présence des
critères A ou B et du critère C

5
A. Somnolence diurne excessive non expliquée par d’autres facteurs ;
B. Deux au moins des critères suivants non expliqués par d’autres facteurs :
- ronflements sévères et quotidiens, sensations d’étouffement ou de suffocation pendant le
sommeil,
- sommeil non réparateur,
- fatigue diurne,
- difficultés de concentration,
- nycturie (plus d’une miction par nuit) ;
C. Critère polysomnographique ou polygraphique : index d’apnées hypopnées [IAH] ≥ 5).

1.2 DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL


L'hypersomnie excessive diurne du SAHOS peut prêter à confusion avec :
- Une hypersomnie de type idiopathique ou une hypersomnie d'origine psychiatrique surtout
quand le SAS est compliqué d'une dépression franche ou d'un trouble cognitif.
- La narcolepsie peut aussi être évoquée devant la survenue d'éventuels endormissements sur
l'enregistrement polygraphique. Par ailleurs, il est important de rappeler l'association narcolepsie-
SAS qu'il faut traiter simultanément.
- Les mouvements périodiques des membres inférieurs constituent également un diagnostic
différentiel. Ils sont parfois associés au SAS et il faut les rechercher par un interrogatoire attentif
et un électromyogramme des membres inférieurs à inclure dans l'enregistrement polygraphique
en cas de doute
- La maladie du sommeil (trypanosomiase)
- Le syndrome de haute résistance des voies aériennes supérieures (UARS: Upper Airway
Resistance Syndrome) ne se distingue du SAOS, à qui il empreinte la présentation clinique, que
par l’absence d’apnées. Il aurait un potentiel évolutif proche du SAOS

4. TRAITEMENT
4.1 Buts :
- Eviter le collapsus au cours du sommeil
- Corriger les symptômes
- Eviter les complications
4.2 Moyens thérapeutiques
ü Mesures hygiéno-diététiques :
o Arrêt alcool et sédatifs,
o perte pondérale,
o soutien psychologique,
o mesures positionnelles
ü Traitement instrumental :
o PPC : consiste à utiliser un appareil délivrant de l’air sous pression positive
continue au moyen d’un masque nasal ou naso-buccal : minimun de 4h/nuit
o Effets secondaires : irritation cutanée (masque) ; rhinite, irritation oculaire,
sécheresse nasale et pharyngée
o Orthèse d’avancée mandibulaire (permet un élargissement de l’espace pharyngé)
o Traitement chirurgical :

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o Uvulo-palato-pharyngo-plastie
o Chirurgie d’avancée mandibulaire
o Résections des amygdales

4.3 Indications
- Dans tous les cas : mesures hygiéno-diététiques
- SAS sévère ou avec somnolence diurne : PPC
- Non acceptation de la PPC : Orthèse d’avancée mandibulaire
- Chirurgie d’avancée mandibulaire : sujet jeune non obèse
- Amydalectomie : en cas de SAS dû aux grosses amygdales

CONCLUSION :
Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil mérite certainement d'être considéré comme un
facteur de risque cardio-vasculaire à part entière. Sa prévalence est probablement sous-estimée. Il
faut savoir évoquer ce diagnostic, le traitement - en particulier la VPPC - étant le plus souvent
très efficace et en règle bien accepté bien que contraignant.

ANNEXE 1 : Echelle d’Epworth pour l’évaluation de la somnolence

Dans les 8 circonstances suivantes, avez-vous un risque de vous endormir dans la journée ?
- si ce risque est inexistant, cochez 0
- si ce risque est minime, cochez 1
- si ce risque est modéré, cochez 2
- si ce risque est important, cochez 3
exemple : si le risque de vous endormir « assis en lisant un livre ou le journal » est modéré,
cochez : 2
1. Assis en lisant un livre ou le journal 0 1 2 3
2. en regardant la télévision 0 1 2 3
3. Assis, inactif, dans un lieu public
(cinéma, théâtre, salle d’attente) 0 1 2 3
4. Si vous êtes passager d’une voiture pour un trajet d’une heure
0 1 2 3
5. En étant allongé après le repas de midi lorsque les
circonstances le permettent 0 1 2 3
6. En étant assis, en parlant avec quelqu’un 0 1 2 3
7. En étant assis, après un repas sans boisson alcoolisé 0 1 2 3
8. En étant au volant de la voiture au cours d’un arrêt de la
circulation de quelques minutes 0 1 2 3
Total

Score > 10 : somnolence considéré comme pathologique

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