Cours de
Droit International Public
Licence 3
Droit Privé
Droit International Public
Première séance : 13/10/21
INTRODUCTION
Le Droit international public est constitué par l’ensemble des normes et des
institutions destinées à régir des rapports entre les membres de la société
internationale. Il se présente comme le Droit qui gouverne la société
internationale comme tel, cette définition implique l’existence d’une société
internationale distincte de la société nationale ou société interne.
Elle délimite dans un premier temps les champs d’application respectifs du droit
international et du droit interne. Elle confirme dans un second temps, le lien
sociologique entre le droit et la société. Toute société a besoin du Droit et tout
droit est un produit social.
La maxime ubi societas ubi jus, se vérifie donc dans le temps et dans l’espace.
Nonobstant, les querelles doctrinales qui ont présidées à son apparition
l’existence du droit international n’est plus sérieusement contesté, même si un
certain flottement subsiste en ce qui concerne les rapports entre les zones
juridiques internationales et internes.
I) LA SOCIETE INTERNATIONALE ET SON DROIT
La société internationale est profondément marquée par la prééminence des
Etats. Même concurrencée les Etats souverains demeurent des sujets primaires
du droit international, ils en sont aussi les tout premiers agents d’exécution. Or
chaque Etat possède du point de vue juridique ou formel une souveraineté égale
à celle de ses paires, les autres Etats.
On ne peut donc saisir d’emblée les originalités du droit international par
rapport à celles des droits internes qu’en percevant les traits propres à la
société qu’il est destiné à régir.
A) CARACTERES GENERAUX DE LA SOCIETE INTERNATIONALE
La société internationale actuelle est à la fois marquée par deux
couples apparemment antagoniques de caractère : elle est d’une part
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close mais décentralisée et d’autre part conflictuelle quoique
délibérante.
1) Une société close et décentralisée
Toutes les terres émergées sont aujourd’hui pourvues d’un maître. Chaque
parcelle de territoire est désormais placée sous les juridictions d’un Etat
souverain. De plus tous les Etats sont désormais voisins et l’avancée des
techniques place le territoire de chacun sous la menace des usages que les
autres font du leurs. Les Etats ne peuvent plus dès lors se contenter de
coexister. Ils sont et seront de plus en plus contraint de coopérer. Notamment
pour rationaliser les échanges économiques ou favoriser la croissance.
Malheureusement les facteurs objectifs qui poussent à une solidarité accrue des
différents Etats se heurtent à la persistance du phénomène souverain. La
souveraineté par essence est individualiste. Chaque Etat cherche à l’exercer
dans sa plénitude et supporte malaisément toute contrainte extérieure. Or le
nombre des Etats existant a été pratiquement multiplié par quatre dans les 70
dernières années. Les nouveaux Etats confrontés aux difficiles exigences du
développement sont de ce fait au moins aussi attachés que les nations les plus
aguerries au respect de leurs prérogatives d’Etat souverain. Cette multiplication
des égoïsmes souverains contrebalance dans une large mesure la tendance à
l’organisation active de la coopération au sein des organisations
internationales. Elle perpétue l’attachement des Etats à certains des aspects les
plus traditionnels du droit international, fondé sur le primat de leur
souveraineté.
2) Une société conflictuelle et délibérante
La société internationale est jalonnée tout au long de son histoire par des
conflits. On ne peut observer la fréquence de l’emploi des armes justifiée
suivant les cas par l’invocation de la légitime défense ou des luttes de libération
des peuples opprimés. Lorsque les confrontations de ne dégénèrent pas en
conflits ouvert elles alimentent cependant les tensions entre les nations et
perturbe la marche des négociations.
Cependant celle-ci ne s’arrête jamais et la collectivité internationale est en
conclave incessant.
La densification du réseau des organisations internationales provoque à
longueur d’années la rencontre et la concertation de délégations nationales au
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sein des divers organes de ses institutions. Constamment les Etats définissent,
planifient, réglementent les termes de leur opération. De longue date, à
présence des forums internationaux constitués par les organes des
organisations internationales aux premiers rangs desquelles l’assemblée
nationale des UN a permis l’instauration de la démocratie de la parole puisque
chaque Etat petit ou grand y dispose d’une voix.
B) EXISTENCE ET SPECIFICITE DE L’ORDRE JURIDIQUE INTERNATIONAL
La notion d’ordre juridique désigne un ensemble coordonné de normes, doté de
forces Obligatoire à l’égard de sujets déterminés et dont la méconnaissance
entraine certaines conséquences définies Ces différents éléments se retrouvent
en droit international mais avec des caractères spécifiques qui interdisent qu’on
l’assimile au modèle donné par les ordres juridiques interne.
1) Existence de l’ordre juridique international
Bien avant la reconnaissance de son existence, par le courant positiviste, le droit
international a longtemps été récusé par le courant « négateur ». Puisant ses
origines dans les idées de Hobbs et Spinoza, le courant négateur du droit
international se fonde sur la persistance des guerres et la fréquence des
violations de ce droit pour dénier sa nature juridique. Posant le principe qu’il n’y
a « droit » que si celui-ci présente les mêmes caractères et la même structure
que le droit interne, il constate que tel n’est pas le cas du Droit international et
donc il ne constitue pas un ordre juridique de l’Etat. Dès lors la société régie par
le droit doit posséder une organisation comprenant des autorités supérieures :
un législateur qui établit la règle de droit, un juge qui tranche les différends
relatifs à son application, et un gendarme qui sanctionne au besoin de ces
violations.
S’inscrivant en faux contre les négateurs, le courant positiviste revendique la
positivité du droit international. Pour eux, la preuve la plus évidente et
probablement la plus convaincante de l’existence du droit international est
fournie par l’observation de la vie et des relations internationales : Le droit
international existe parce-que les Etats, les hommes politiques, les
organisations internationales le reconnaisse et l’invoque. Le droit international
est un droit positif parce qu’il est reconnu par les Etats ceux-là même qui y sont
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assujettis au premier chef et par les juges nationaux et internationaux, ceux-là
même qui doivent assurer son application.
Nb* La spécificité du droit international est qu’il y a une absence de
détermination objective de la légalité en ce que se sont les Etats souverains qui
légifèrent et à qui s’appliquent ces mêmes règles et le caractère aléatoire des
conséquences de sa violation.
2) Originalité des normes
Il résulte de la dispersion du pouvoir entre égale souveraineté et de l’absence
d’autorité centrale sur les Etats une série de conséquences juridiques. Deux de
ces conséquences sont en particulier de toute première importance. Il s’agit
d’une part de l’absence de détermination objective de la légalité et d’autre
part du caractère aléatoire des conséquences de sa violation.
- Absence de détermination objective de la légalité :
Dans un arrêt rendu le 7 Novembre 1927 dans l’affaire du Lotus, la cour
permanente de justice internationale rappelle que « les règles de droit liant
les Etats procèdent de la volonté de ceux-ci ». Etant les seuls maîtres des
normes dont ils sont les auteurs, ils en apprécient eux-mêmes la signification
et la portée. Ils sont ainsi les interprètes des obligations auxquelles eux-
mêmes comme leurs partenaires des autres Etats sont soumis. Ce sont eux
qui se prononcent sur la légalité de leurs propres conduites ou de celles des
tiers à leur propre égard. Ainsi l’effectivité du droit est tel altéré par
l’affrontement fréquent de prétentions concurrentes et souvent
contradictoires quant au contenu et à l’applicabilité des règles juridiques
- Le caractère Aléatoire des conséquences de sa violation :
Non seulement le constat de l’illicite est ordinairement subjectif mais encore
ses conséquences sont incertaines. Chaque Etat reste libre de décider des
conséquences qu’il entend donner à l’atteinte portée à ce qu’il estime être
ses droits dans une situation donnée. Ceci a des incidences sur la façon dont
il entend les faire respecter, en décidant par exemple d’exercer ou non lui
des contres mesures à l’égard de celui de ses paires qui lui a porté préjudice.
II) LES RAPPORTS ENTRE LE DROIT INTERNATIONAL PUBLIC ET LE DROIT
INTERNE
Si l’on envisage les rapports entre les deux systèmes juridiques sous l’angle
formel, les différences évidentes dans les procédures d’élaboration et
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d’application des normes conduisent à s’interroger sur l’existence d’une
éventuelle hiérarchie entre ces normes.
A travers les réponses données par la doctrine à cette interrogation, se dessine
le sens d’une évolution progressive vers un droit de subordination en faveur
d’une certaine hiérarchisation du droit international et des droits nationaux.
A) UNITE OU SEPARATION DES DEUX ORDRES JURIDIQUES
Pour certains, le droit international est de même nature que le droit interne.
Le monde juridique est nécessairement unitaire car le droit est un. Une
double définition du droit est alors inconcevable. Les Partisans de cette thèse
sont qualifiés de monistes. A l’inverse les partisans du dualisme fondent leurs
convictions sur des différences fondamentales qu’ils décèlent entre le droit
international et le droit interne, différence qui les rend irréductibles l’un à
l’autre. Ce sont deux ordres juridiques indifférents l’un à l’autre qui n’ont pas
de points de contact.
1) Le Monisme
La théorie moniste soutient que le droit international s’applique directement
dans l’ordre juridique des Etats car leurs rapports sont des rapports
d’interpénétration, rendus possible par leur appartenance à un système unique
fondé sur l’identité des sujets et des sources du Droit. Compte tenu de ses
postulats, rien ne s’oppose à ce que le Droit international régisse les rapports
juridiques des individus. Il est aussi inutile d’établir des procédures propres au
droit interne pour assurer l’application des normes internationales dans l’ordre
interne : les monistes récusent toute récession formelle des normes
internationales dans les ordres juridiques interne.
Nb : monisme et dualisme sont deux courants qui ont intervenus dans les
rapports entre le droit international et interne
Les monismes soutiennent que le droit est une unité donc il ne peut y avoir deux
ordres juridique à l’inverse du dualisme.
2) Le dualisme
Pour les partisans su dualisme, il ne peut exister de conflits entre les normes
internationales et les normes internes. Ces normes n’ont pas me même objet et
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elles ne réglementent pas les mêmes rapports sociaux. La norme interne
s’applique exclusivement dans le cadre de l’Etat et ne pénètrent pas dans
l’ordre juridique international. En second lieu, les communications entre les
deux ordres juridiques ne peuvent se faire qu’en vertu des procédures propres
à chaque ordre juridique et par la transformation d’une norme caractéristique
d’un ordre juridique en une autre norme caractéristique de l’autre ordre.
Enfin les sujets de droit ne peuvent être les mêmes dans un ordre juridique. ….
L’un au rapport …. L’autre au rapport …
NB : Le dualisme soutient qu’il existe deux ordres juridique distinct en ce sens
qu’il y a l’ordre juridique du droit international et celui du droit interne, aucune
norme ne doit pénétrer dans l’ordre juridique de son paire.
B) Principe de la primauté du droit International
Le problème de hiérarchie entre norme interne et norme internationale ne se
pose que lorsqu’on admet la thèse de l’unité des deux ordres juridiques.
Pour les dualistes, la question des rapports entre ces normes différentes ne se
pose pas.
Toutefois, aucune approche ne peut faire abstraction de la réalité des conflits
de normes et la quasi-totalité des acteurs s’accordent sur le principe de la
primauté des normes internationales.
1) Position du problème
Les partisans monismes divergent dans leur conclusion sur le rapport
hiérarchique entre droit international et droit interne.
Les théories qui réduisent le droit international au droit public externe de
l’Etat affirment la supériorité du droit interne sur le droit international. Une
telle solution conduit à la négation du droit international.
Elle ne trouve malheureusement aucun soutient dans la jurisprudence
internationale ni même dans la pratique inter étatique.
A l’inverse, une partie de la doctrine de l’école de « Vienne » prône le
contraire. A leur avis le point de départ est inéluctablement le principe de la
primauté du droit international car les Etats ne sont pas dotés de la
souveraineté au sens pleins du terme.
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Dans l’édifice juridique universel, le droit international se superpose aux
divers droits nationaux.
De leurs côtés, les dualistes refusent de raisonner en termes de supériorité
car les ordres juridiques sont séparés et chacun de ces ordres juridiques
organisent comme il l’entend la hiérarchie des normes.
2) Portée du Principe
Si l’opposition entre les deux thèses peuvent avoir des conséquences concrètes
au regard de l’introduction et de la place des normes internationales dans les
ordonnancements juridiques internes, elle n’en a pas au plan international où la
question est restée tranchée. En effet, il suffit de rappeler avec la CEJI le
principe fondamental en droit international de la prééminence de ce droit sur le
droit interne. La pratique diplomatique comme la jurisprudence internationale
et même de plus en plus souvent la jurisprudence nationale postule que le droit
international ne peut exister sans que soit affirmée sa primauté par rapport aux
droits nationaux.
Le droit international est donc ici appréhendé comme un ordre juridique.
On examinera dès lors classiquement les modes de formation de ces normes
(1ère partie) et ses sujets (2ème partie)
Bilblio : (Dominique carole, droit international, paris, pedome,8ème édition,
2004,688p
Jean COMBACOM, Serge SUR, Droit international publique, paris ;
montchrétien,7ème édition, 2006,813p
Pierre-Marie DUPUY YANN KERBRAT,Droit internation publique,paris,dalloz,
2018,918p
Patrick DAILLIER, MATHIAS FORTEAU, ALAIN PELLET, DROIT ITERNATIOL ? PARIS
FDGI ? 1700p
SAIDOU LOROU TAL droit des organisations internationales africaine publique,
l’harmattant, 2015,
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PREMIERE PARTIE : LA FORMATION DU DROIT INTERNATIONAL
Traditionnellement, l’étude des sources du Droit international s’organise autour
d’une typologie. L’article 38 du Statut de la Cour Internationale de Justice ;
celui-ci prévoit que la CIJ dont la mission est de régler conformément au Droit
International les différents appliquent « les conventions internationales, la
coutume, les principes généraux du Droit … » Parce qu’il faut avoir à l’esprit que
cette disposition a avant tout un caractère fonctionnel ou opératoire. Il ne faut
pas vouloir lui faire jouer un rôle qu’elle n’a pas. C’est donc en complètent cette
liste par des observations issues de l’étude de la pratique que nous abordons
l’examen du processus de formation du droit international. Le processus nous
offre de constater que les normes internationales prennent vie en générale à
travers des modes distincts. D’une part, les modes originaires ou principaux
(Titre 1) et d’autre part les modes dérivés ou subsidiaires (Titre 2).
Titre 1 : Les modes originaires de formations du Droit International
Pour rendre compte, des modes originaires de création et de validation des
normes internationales, on examinera en deux chapitres successifs le traité
International (Chapitre 1) et la coutume internationale (Chapitre 2).
Chapitre 1 : Le traité International
Sans doute parce qu’il est l’instrument qui garantit le plus pleinement la
sauvegarde de la liberté de l’engagement étatique. Le traité se place au 1 er rang
des sources du Droit International. Les traités peuvent faire l’objet de divers
classifications, fondés sur des critères matériels ou formels.
Dans le 1er cas, on distingue principalement les traités généraux des
traités spéciaux. Dans le 2nd cas, on différencie surtout les traités bilatéraux, des
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traités multilatéraux. Selon la convention de Vienne sur le droit des traités
adopté 22 Mai 1969 à Vienne « l’expression traité s’entend d’un accord
international conclu par écrit entre état et régit par le Droit international »
Le traité prend obligatoirement une forme écrite et doit absolument produire
des effets de droit. Il peut avoir différents dénomination telles que Traité,
Convention, Accord, Acte Final, Protocole, Charte, Pacte. Son étude se fera
autour de 2 axes majeurs. Premièrement sa conclusion (1ère section) et ses
conditions de validité et ses effets (2ème section).
Section 1 : La conclusion du Traité
La conclusion d’un traité se déroule en une série d’étape successives
comprenant l’élaboration du texte conventionnel et l’expression par l’Etat de
son consentement à être lié.
Paragraphe 1 : L’élaboration du texte conventionnel
L’élaboration du traité est la première étape de sa conclusion elle se caractérise
par la négociation et l’adoption.
A- La négociation
Cette phase vise à définir les obligations de chacune des parties. Elle est le fait
des représentants des Etats dûment mandaté appelés les plénipotentiaires,
sachant que c’est le Droit interne de chaque Etat qui détermine l’autorité
compétente pour négocier. L’article 119 de la constitution de Côte d’Ivoire de
2016 précise que le Président de la République négocie et ratifie les traités et les
accords internationaux. Au cours de la négociation des projets de texte sont
soumis à la discussion. Ils provoquent des amendements ou des contres
propositions, leurs rédactions est souvent l’œuvre d’expert qui accompagne les
initiateurs négociateurs. Si les négociations et les discussions progressent vers
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un accord les projets amendés ou non sont adoptés au fur et à mesure et
deviennent les dispositions du futur traité. Aussi longtemps que le texte n’est
pas arrêté, c’est-à-dire jusqu’à l’adoption du traité, toutes ces dispositions
peuvent être remises en cause.
B- L’adoption
L’adoption du texte du traité marque la fin de la phase d’élaboration. Elle se
manifeste par 2 opérations spécifiques.
D’une part l’arrêté du texte qui signifie que la négociation est terminée et
que les négociateurs considèrent d’être arrivés à un texte acceptable et d’autre
part, son authentification qui est une procédure qui consiste à déclarer que le
texte rédigé correspond à l’intention des négociateurs et qu’ils retiennent pour
définitif. En principe, un texte authentifié n’est plus susceptible de modification.
L’adoption du texte définitif pour les traités multilatéraux peut se faire par un
vote de la conférence et dans tous les cas par son authentification par le
truchement de la signature. La signature du traité par les Etats peut être soit
définitive, s’il s’agit d’accord en forme simplifié, soit elles sont données sous
réserve de ratification ou d’acceptation pour les traités solennels. Si l’Etat ne
devient pas encore parti au traité du fait de la signature, cette formalité n’est
pas sans portée juridique puisque l’article 18 de la convention de Vienne dispose
qu’un Etat signataire « ne doit pas priver un traité de son objet et de son but
avant son entrée en vigueur ». De même, il pèse sur cet Etat une obligation de
bonne foi, de poursuivre le processus de conclusion en présentant le traité à ces
autorités internes pour qu’elles se prononcent sur leur volonté de se lier
définitivement. Par ailleurs, même en absence ratification et donc d’entrer en
vigueur, la signature d’un traité par un grand nombre d’Etat peut avoir une
portée politique et juridique importante.
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Paragraphe 2 : L’expression par l’Etat de son consentement à être lié
La Convention de Vienne différencie les accords en forme solennelle pour
lesquelles l’expression par l’Etat de sa volonté de se lier doit se manifester la
ratification, les accords en forme simplifiée, pour lesquelles la signature du traité
vaut à la fois authentification et expression définitive de la volonté de se lier.
A- La Ratification
C’est l’acte par lequel, l’autorité constitutionnellement compétent pour conclure
les traités confirme la volonté de l’Etat de se lier par le traité et s’engage à
l’exécuter. La procédure de ratification est exclusivement réglée par le droit
interne de chaque Etat. Elle permet en général d’associer le législateur ou
l’opinion public interne à la discussion de conclure un traité. Si au Bénin, au B-F,
en CI ou au Sénégal le PR ratifie les traités, un certain nombre de traité ne
peuvent être ratifiés qu’en vertu d’une loi : la Loi d’Habilitation.
La ratification reste cependant un acte discrétionnaire que l’Etat n’est pas tenu
d’exécuter. Le dépôt par les Etats de leur instrument de ratification auprès du
dépositaire du traité ou l’échange des instruments dans le cas des traités
bilatéraux, conditionnent l’entrée en vigueur du traité. Pour les traités
multilatéraux le traité fixe en général le nombre de ratification nécessaire à son
entrée en vigueur.
B- L’adhésion
Cette formule permet à chaque Etat qui n’a pas signé le texte lors de son
adoption d’exprimer en une seule fois son engagement après qu’un certain
temps s’est écoulé depuis son entrée en vigueur. Elle a donc la même portée
qu’une signature suivie d’une ratification.
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Paragraphe 3 : Les Réserves
La question de la participation aux conventions connaît un regain des terrains
ces dernières années à propos des conventions multilatérales. Ce sont ainsi
notamment les problèmes posés par les réserves unilatérales à cette convention
qui ont retenues l’attention.
A- Définition
La réserve est une déclaration unilatérale faite par un Etat en vue de modifier
pour lui-même les effets juridiques dans certaines des dispositions d’un traité à
l’égard duquel il s’apprête à s’engager définitivement. En effet, un Etat peut
estimer au cours du processus de conclusion d’un traité que certaines
dispositions du texte ne lui convient pas, bien qu’il approuve la plupart du
dispositif de l’accord.
Il peut alors soit ne pas devenir parti au traité dans son ensemble, soit faire une
déclaration unilatérale en vue d’exclure de son engagement ses dispositions. On
dit alors que l’Etat parti au traité formule une réserve, ce qu’il ne peut faire que
si le traité permet.
B- L’effet des réserves
La faculté de formuler les réserves permet d’étendre la portée d’un traité
multilatéral à des Etats qui n’y avaient pas participés. Cependant elle risque aussi
de porter atteinte à l’intégrité du texte. C’est le traité lui-même qui peut
autoriser ou interdire les réserves suivantes les dispositions de la convention
Vienne en cas de silence du traité. La CIJ a fixé comme critère d’admissibilité des
réserves, leur compatibilité avec l’objet et le but du traité.
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Lorsqu’un Etat formule une réserve tout autre Etat parti peut y objecter.
L’objection n’empêche cependant pas le reste du traité d’entrer en vigueur entre
l’objectant et le réservateur à moins que le 1er n’ait nettement exprimé
l’expression contraire. Aussi entre l’Etat qui accepte tacitement la réserve et
l’Etat réservataire, le traité s’applique tel que modifié par la réserve. Alors entre
L’Etat réservataire et l’Etat objectant, soit le traité s’applique à l’exception des
dispositions sur lesquelles portent la réserve, soit le traité ne s’applique pas du
tout.
Section 2 : La validité et les effets du traité
Tout comme un contrat Droit privé, un traité produit ses effets juridiques doit
satisfaire un certain nombre de conditions (Paragraphe 1), une fois celle-ci
satisfaite le traité peut valablement produire ses pleins effets (Paragraphe 2).
Paragraphe 1 : La validité du traité
D’après les principes généraux, les conditions requise pour la validité d’un acte
juridique sont :
- Un sujet capable
- Un objet licite
- Une volonté libre
- Des formes convenables
La validité traitée est soumise à ces mêmes conditions. Nous étudierons pour
notre part la régularité du consentement des cocontractant (A) et la licéité de
l’objet du traité (B).
A- La régularité du consentement
La régularité du consentement peut s’apprécier à 1 double niveau d’un point vue
formel, il doit s’exprime dans le respect des formes et s’agissant de l’expression
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d’un consentement à être lié par un traité dans le respect des dispositions
constitutionnel.
D’un point de vue matériel, le consentement doit s’exprimer librement et
ne doit pas être vicié. Tout comme en Droit privé, le DI positif reconnaît que
certains vices peuvent affecter le consentement et entraîner la nullité du traité
- L’Erreur : Elle n’est constitutive d’un vice de consentement en matière de
traité qu’à la condition qu’elle porte sur un élément essentiel qui est la
base même sur laquelle repose ce consentement. L’article 48 paragraphe
1 de la Convention de Vienne dispose « qu’un Etat peut invoquer une
erreur dans un traité comme viciant son consentement à être lié si l’erreur
porte sur un fait ou une situation que cet Etat supposait exiger au moment
où le traité a été conclu et qui constituait une base essentielle de son
consentement ». Les 4 erreurs sont très rares.
- Le Dol : Il est formulé par l’article 49 de la convention de Vienne ; il est
constitué lorsque consentement de l’Etat est faussé. L’Etat ayant cru vrai
ce qui ne l’était pas. Il doit y avoir une volonté d’induire le cocontractant
en erreur avec conduite frauduleuse. Les exemples de dol dans la
conclusion de traité sont quasiment inexistants.
- La Corruption du représentant d’un Etat : Elle a été envisagée au rang de
vice de consentement propre à la matière d’un traité par l’article 50 de la
Convention de Vienne. Celui-ci énonce que : « Si l’expression du
consentement d’un Etat à être lié par un traité a été obtenu au moyen de
la corruption de son représentant par l’action directe ou indirecte d’un
Etat ayant participé à la négociation. L’Etat peut invoquer cette corruption
comme viciant son consentement à être lié par le traité ».
- La Contrainte : Elle peut être exercée sur l’Etat ou sur son représentant.
Dans le 1er cas, l’article 52 de la Convention de Vienne prévoit qu’elle est
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nul, tout traité dont la conclusion a été obtenue par la menace pour
l’emploi de la force. Violation des principes du DI incorporé dans la charte
des Nations Unies. Dans le même esprit, dans le second cas, l’article 51
prévoit que l’expression du consentement d’un Etat à n’être lié par un
traité qui a été obtenu par la contrainte exercé sur son représentant au
moyen de menaces dirigés contre lui, et dépourvu de tout effet juridique.
B- La licéité de l’objet du traité
Au terme de l’article 53 de la Convention de Vienne : « Est nul tout traité qu’au
moment de sa conclusion est en conflit avec une norme impérative du D.I
général… En outre l’article 64 dispose que si une nouvelle norme impérative de
DI Général suivant tout traité existant qui est en conflit avec cette norme devient
nul et prend fin. Ces normes impératives ou normes supérieures constituent le
« Jus Cogens ».
Elle précise juste qu’il s’agit d’une norme impérative. C’est-à-dire qu’il est
impossible d’y déroger. Ces normes sont destinées à protéger les intérêts qui
sont communs à tous les membres de la société internationale. La doctrine et la
CIJ retiennent notamment comme norme du Jus Cogens :
- Les principes de Droit Humanitaire posés par les conventions Genève
- L’interdiction de l’esclavage et génocide
- La prohibition de l’emploi de la force armée
- L’interdiction de la torture
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Paragraphe 2 : Les effets du traité
Une fois entré en vigueur, le traité valide doit être appliqué par les Etats partis,
conséquence de son caractère obligatoire, ils doivent l’exécuter. S’imposant aux
partis, le traité peut avoir également des effets à l’égard des tiers.
A- A l’égard des parties
Pierre angulaire du DI, la règle ‘’Pacta Sunt servanda’’ est affirmée par la
convention dans son article 26 qui dispose que « Tout traité en vigueur lie les
parties et doit être exécutés par elle de bonne foi ». C’est le principe du caractère
obligatoire des traités. Il implique que les parties respectent la lettre et l’esprit
du traité. L’exécution de bonne foi exige que les cocontractants usent de leur
prérogative de manière raisonnable en s’abstenant de toute mesure contraire
au but du traité. A défaut, l’Etat verra sa responsabilité internationale mise en
œuvre.
B- A l’égard des tiers
La jurisprudence internationale et la pratique des Etats s’accordent pour
reconnaitre que les traités ne peuvent pas produire d’effet à l’égard des Etats
tiers. C’est le principe de l’effet relatif des traités. Ce principe de la relativité des
traités découle de la maxime bien connu : « Pacta tertiis nec nocent nec
prosunt » qui signifie que les accords ne peuvent ni imposer des obligations aux
tiers ni leur conférer des droits tels sont les deux aspects du principe réaffirmé
par la jurisprudence. Cette règle qualifiée de principe fondamental du DI par la
CIJ découle directement de la souveraineté des Etats et de l’autonomie de la
volonté.
Toutefois le principe de la relativité des traités admet des
assouplissements permettant à des Etats tiers de bénéficier du droit généré par
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un traité auquel, ils ne sont pas primitivement partis. Au nombre des exceptions,
l’on enregistre la clause de la nation la plus favorisée et la stipulation pour autrui.
- La clause de la Nation la plus favorisée : C’est une clause fréquente des
traités de commerce international. Elle désigne une mesure de non-
discrimination permettant à un Etat de bénéficier des mêmes avantages
commerciaux (tarifs douaniers) que tout autre Etat, pour l’importation
d’un produit similaire par cette clause chaque Etat parti s’engage à l’autre
tout autre avantage qu’il accorderait à un tiers. Supposons deux Etats,
l’Etat A et l’Etat B concluent entre eux un traité relatif aux tarifs douaniers
applicables aux produits importés en provenance de leur territoire
respectif. Ils insèrent dans ce traité A-B, une clause par laquelle avec ou
sans condition, avec ou sans réciprocité, l’un d’eux bénéficiera de tout
tarif plus favorable que l’autre pouvait ultérieurement concéder dans un
autre traité à un troisième Etat C. En conséquence, si ce traité entre les
Etats A et C sont effectivement conclu, par lequel A (l’Etat concédant)
accorde à C des avantages supérieurs à ce qu’il a précédemment reconnu
à B dans le traité A-B ; ces nouveaux avantages bénéficieront
automatiquement à B (l’Etat bénéficiaire), bien qu’il soit tiers au rapport
du traité A-C et ce en vertu de la clause contenue dans le traité initial A-B.
- La stipulation pour Autrui (SPA) : La SPA est une technique du Droit
contractuel par laquelle les parties à une convention énonce une
promesse dont le bénéficiaire est un Etat tiers. La CIJ admet la SPA et
subordonne sa validité au consentement de l’Etat tiers. Cependant dans
la pratique, des difficultés pourraient provenir du fait que l’Etat tiers
bénéficiaire de la stipulation est protégé contre les risques de révocation
des avantages ultérieurement acquis.
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Chapitre 2 : La Coutume Internationale
La Coutume Internationale (C.I) est présentée par l’article 38 du Statut de la CIJ.
Comme une source du DI juste après le traité, la disposition 38 la définit comme
« la preuve d’une pratique générale acceptée comme étant le Droit ».
En effet, la coutume est une règle non écrite, opposable à tous les Etats qui ne
se sont pas formellement opposés à sa création. Elle n’a pas disparu malgré la
généralisation du traité. Bien au contraire, elle obéit à un processus particulier
de formation (section 1) et sa mise en œuvre (section 2) qui n’est plus
sérieusement contestée.
Section 1 : La formation de la Coutume
En tant que règle non écrite, la coutume doit réunir un certain nombre
d’éléments constitutifs afin que soit consacré son existence. Une fois formé la
coutume offre plusieurs classifications au point où son existence n’est pas
toujours aisée à rapporter.
Paragraphe 1 : Les éléments constitutifs de la coutume
Pour les uns comme pour les autres conforté par le texte précité de l’article 38,
la réunion de deux éléments est nécessaire pour que naisse la coutume en tant
que règle de droit. D’une part, un élément matériel appelé le ‘’consuetudo’’,
d’autre part un élément psychologique ‘’l’opinio juris’’.
A- L’élément matériel
Cet élément se matérialise par l’existence d’une pratique générale, c’est-à-dire
la répétions dans le temps, des actes, des faits, de déclarations ou d’agissements
positifs ou négatifs émanant de sujets du DI : ce sont les précédents qui
permettent de fonder une coutume. Les précédents doivent constituer une
pratique à la fois constante et uniforme. Ils doivent se répéter dans le temps
19
mais c’est aussi bien la durée durant laquelle il se répètent que leur fréquence
qui va importer. L’élément matériel de la coutume peut être constitué par
ailleurs dans un temps relativement bref.
Pour devenir une coutume universelle, une règle doit être reconnue par la
majorité représentatif des Etats. La pratique constante n’a donc pas à émaner
de la totalité des Etats ; la CIJ a précisé qu’aucune règle conventionnelle soit
considérée comme coutumière : « Il se peut qu’une participation très large et
représentatif à la convention suffisent à toutefois qu’elle comprenne les Etats
particulièrement intéressés » (CIJ, 1969, plateau continental de la mer du Nord).
Cette communauté des Etats particulièrement intéressé est forcément variable
en fonction de l’objet de la règle en cause et du champ d’application spatial de
la coutume à établir vu qu’il existe des coutumes purement régional (CIJ, 1950,
Haya de la Toure) voir local (CIJ, 1960, Droit de passage sur le territoire Indien).
B- L’élément psychologique
Il ne suffit pas, pour que le Droit reconnaisse une coutume, de prouver qu’il
existe une pratique constante ; encore faut-il apporter la preuve qu’en agissant
ainsi les sujets du Droit avaient « la conviction que cette pratique est rendue
obligatoire par l’existence d’une règle de Droit » Cours Permanente de Justice
CPJI, 1927, affaire du Lotus.
C’est cette conviction qui traduit la formule « Opinio Juris sive necesitatis ». Cet
élément permet de différencier la coutume de l’usage et la courtoisie. Il existe
en effet dans la vie internationale, une multitude d’usage, de pratique qui sont
suivie par la majorité des Etats mais ne constitue pas des règles coutumières car
il leur manque cet élément de reconnaissance, de leur caractère obligatoire. Il
s’agit alors de règle de courtoisie destiné le plus souvent à consacrer leur
caractère amical que leurs Etats appliquent de leur plein gré par lesquels ils ne
20
s’estiment point lié. On peut citer à titre d’exemple l’habitude des Etats de se
faire représenter aux funérailles des chefs d’Etats étrangers.
Paragraphe 2 : La preuve de la coutume
Le sujet de l’administration de la preuve de la coutume a longtemps animé les
débats dans le prétoire des juridictions internationales pour des questions liées
à l’incertitude au tour de son existence. Pour pallier cette situation, une
entreprise de codification du Droit coutumier s’avère opportune.
A- L’administration de la preuve
Dans un recours contentieux, la charge de la preuve incombe au demandeur au
moins quand il invoque une règle coutumière, régionale ou locale plus
généralement, tel est aussi le cas dans les relations diplomatiques. C’est à l’Etat
ou à l’organisation internationale qui s’appuie sur coutume, d’en établir
l’existence et la portée exacte. Il convient de distinguer 2 séries de difficultés :
- Faut-il apporter la preuve à la fois de la pratique matérielle et de l’opinio
juris ?
Pour chacun de ces éléments, quel est le degré minimal de pertinence ou de
précision à attendre. Sur le 1er point une partie de la doctrine exprime un doute
quant à la nécessité de prouver l’opinio juris. Tout en admettant qu’il est souvent
difficile dans les conditions historiques d’apparition des règles coutumières
d’isoler l’opinio juris des comportements eux-mêmes, la jurisprudence s’est
refusée à consacrer cette thèse. Il faut cependant reconnaitre que dans
l’administration de la preuve de l’opinio juris par le juge.
Il y a fréquemment un certain télescopage des démonstrations relatives
aux éléments matériels et psychologiques. Devant les difficultés et incertitudes
gravitant autour de l’existence de la coutume. Les sujets du Droit international
21
cherchent dans la codification du Droit coutumier une plus grande sécurité
juridique.
B- La codification du Droit coutumier
La codification est la formulation plus précise et systématisation des règles de
Droit international. Dans les domaines où existait déjà une pratique étatique
conséquente, des précédents et des opinions doctrinales. C’est une opération de
conversion des règles coutumières en un corps de règle écrite,
systématiquement groupé. Le devoir du Droit est donc une opération
d’affirmation ou de consécration de règles nouvelles sur la base du droit existant.
Politiquement la codification présente des attraits certains, pour les Etats
contestataires, la codification est l’occasion de faire un tri entre les normes qui
répondent à leur propre aspiration et celle qu’ils rejettent parce que né de la
pratique des Etats occidentaux. Elles répondent exclusivement aux besoins de
ces Etats. Pour les autres, la codification apparait comme la dernière chance des
règles anciennes, un rempart efficace contre une contestation durable.
Les techniques de codification varient en fonction du cadre
institutionnel où s’inscrit l’entreprise, seules sont prises en considération, celles
mises en œuvre par les sujets de Droits internationaux compétents pour établir
des normes internationales. Il n’est pas rare que l’œuvre soit menée dans un
contexte diplomatique classique ou sors les … d’une organisation internationale.
Section 2 : La mise en œuvre de la coutume
Une fois son existence prouvée et acceptée la coutume internationale est
opposable en raison de la considération qui la fonde.
22
Paragraphe 1 : Les fondamentales de la coutume
Le processus coutumier s’appuie sur 2 textes antagonistes. D’une part pour
certain la coutume serait fondée par un accord tacite et pour d’autre, elle serait
motivée par la nécessité sociale.
A- L’accord Tacite
La théorie de l’accord tacite énonce que la force obligatoire de la coutume
repose sur un accord tacite entre les Etats. En conséquence une fois qu’elle est
formée, la règle coutumière ne s’applique qu’aux Etats qui ont participés à sa
formulation ou qu’ils l’on ultérieurement reconnu ? elle n’est pas opposable aux
Etats sans leur consentement.
Cependant la théorie de l’accord tacite reste difficilement conciliable avec
la pratique internationale et avec la logique du processus coutume. D’abord elle
aboutit à reconnaitre un rôle fondamental à l’élément psychologique de la
coutume, alors que la réunion effective de cet élément avec l’élément matériel
est nécessaire à la naissance de toutes règles coutumières. En second lieu, cette
théorie ne peut rendre compte du fait que leur coutume générale s’impose à
tous même à ceux qui n’ont pas participés au processus de formation.
B- La nécessité sociale
Récusant la présomption volontaire de l’unanimité, l’approche objective
reconnait que la formation des règles coutumières est un phénomène avant tout
sociologique qui soit découle d’une nécessité logique, soit répond à une
nécessité sociale.
Dans l’arrêt de 1969 sur le plateau continental de la mer du Nord, la CIJ
s’est demandé si la règle de l’équidistance pour délimiter le plateau continental
de deux Etats contigu était logiquement nécessaire en ce qu’elle serait liée de
23
façon inévitable et à priori à la conception fondamentale du plateau
continentale. Cependant, la règle coutumière correspond à un équilibre des
forces internationales à un moment donné a une confirmation des sujets sur un
problème international.
Paragraphe 2 : L’opposabilité de la coutume
Lorsqu’une norme est consacrée en tant que règle coutumière, elle se voit
reconnaitre une portée juridique très étendu. Une coutume est en effet plus
contraignante qu’un traité dont les effets se limitent aux parties contractantes
et qui est susceptible de faire l’objet de réserve. Il convient donc de déterminer
une fois que son existence est établie, à quel sujet de droit international une
coutume est opposable.
A- La portée de la coutume
Pour être lié par une coutume, il n’est pas nécessaire que l’Etat ait directement
participé à sa formation ou l’ait accepté expressément. La règle coutumière,
quand la preuve de l’existence de ses éléments a été apportée, bénéficie d’une
présomption d’acceptation unanime. Tous les Etats, à moins qu’ils en aient
expressément manifesté la volonté contraire sont donc liée par une règle
coutumière générale.
B- Rejet d’une coutume
Un Etat peut rejeter expressément une coutume alors qu’elle n’est qu’en phase
de construction, dans ce cas il n’est pas alors lié par les règles qu’elle établit. En
effet, lorsqu’il constate qu’une règle qu’il n’approuve pas est en phase revêtir les
caractères d’une coutume, un Etat a toujours la possibilité de s’y déclarer
opposé. Il doit manifester de façon claire et constante son opposition.
24
Cette déclaration étatique revêt donc une importance considérable puisque le
silence vaut acceptation, il n’est en revanche pas possible de s’opposer à une
coutume établie.
Titre 2 : Les modes subsidiaires de formation
L’étude des modes subsidiaires de création de normes juridiques internationales
se fera à travers 2 chapitres.
Chapitre 1 : Les principes Généraux de Droit
De contenu variable selon qu’on les qualifient de principe de Droit ou de principe
de Droit international, les principes généraux constituent une source de Droit
fréquemment invoqué par le juge international. Les règles qualifiées de principes
sont relativement courantes dans la jurisprudence internationale sans que la
définition de ce terme ne soit donnée de façon claire. Lorsqu’on y fait référence,
ce principe qui semble destinées à encadrer l’ensemble du DI, à constituer
l’ossature du DI.
L’analyse montre que cette expression est en fait employée dans deux
acceptions différentes. Les principes généraux de Droit tels qu’ils sont visés à
l’article 38 du statut de la CIJ (section 1) ne correspondent pas à ceux que la
doctrine considère comme les principes généraux de Droit (section 2).
Section 1 : Les principes généraux de Droit visés à l’article 38 du Statut de la CIJ
Reprenant les termes de l’article 38 – III du statut de la CPJI l’article 38
paragraphe 1 du statut de la CIJ dispose que la cour applique : « les principes
généraux de Droit reconnu par les nations civilisées ». Cette notion de principe
généraux de Droit remonte à la période de la CPJI et renvoie à un certain
contenu.
25
Paragraphe 1 : Origine
Avant la création de la CIJ, le juge international était très souvent confronté à
des situations de vide juridique dans lesquels saisi par des Etats pour trancher
leurs différends, il devait se déclarer incapable de juger, au motif qu’il n’existait
pas de règles de DI applicable au cas d’espèce. Pour éviter à nouveau ces
situations de nom luquet ou d’impuissance à résoudre une controverse en raison
d’insuffisance de fondement juridique, les rédacteurs du statut de la CIJ ont
prévu qu’ils pourraient avoir recours aux principes généraux de Droit reconnu
par les nations civilisées.
Ces principes, le juge doit les chercher dans les règles communes au droit interne
des principaux systèmes juridiques mondiaux. Il ne doit pas forcément s’agir des
règles communes à tous les Etats, mais elles doivent se retrouver dans la plupart
d’entre eux. Ces principes sont donc dégagés à partir d’actes ayant une
signification purement interne mais qui sont transposable dans l’ordre
international.
A- Les principes communs aux ordre juridiques internationaux
Seuls les principes communs aux différents systèmes juridiques nationaux
peuvent être transposés dans l’ordre juridique du système international étant
entendu qu’il ne faut pas s’arrêter à la lettre de la formule désuète « Nation
civilisée », d’autant plus que tous les Etats sont considérés aujourd’hui comme
répondant à cette appellation. Il faut et il suffit qu’un principe interne soit
vérifier dans la plupart des systèmes juridiques, tous les autres seront donc
écartés, les principes propres à tel ou tel pays, ainsi que ceux qui ne sont
appliqués que par certains systèmes de DI concrètement la composition de la CIJ
fondé sur la représentation des grandes formes de civilisation et des principaux
systèmes juridiques du monde est en soi une garantie, on peut admettre que la
26
généralité d’un principe de Droit interne est suffisamment établi si elle est
considéré comme tel par l’ensemble des juges la composant.
B- Les principes transposables dans l’ordre juridique international
Tous les principes communs aux systèmes juridiques nationaux ne sont pas
applicables dans l’ordre juridique international, encore faut-il qu’il soit
transposable. Seul le sont, ceux qui sont compatible avec les caractères
fondamentaux de l’ordre international, ce qui oblige le juge ou l’arbitre
international à un examen au cas par cas.
La méthode de base du raisonnement est l’analogie. Mais il ne s’agit pas
d’une analogie aveugle, il faut constamment tenir compte des différences de
structure entre le Droit interne et le DI. Par exemple, le principe général de Droit
Interne selon lequel l’individu peut ester en justice n’est pas applicable dans un
ordre international fondé sur la juxtaposition de sujet souverain, exclusivement
compétent pour saisir une instance internationale sur une base consensuelle.
Paragraphe 2 : Contenu
Le juge international a eu fréquemment recours à ces principes généraux de
Droit (PGD) pour dégager des règles procédurales nécessaires à la bonne
administration de la justice internationale. On peut citer à titre d’exemple, le
principe selon lequel nul ne peut être juge et partie, celui de l’autorité de la chose
jugée, celui de l’égalité des parties ou du respect des droits de la défense.
Aujourd’hui, c’est également à partir des droits internes que se construit le Droit
des Organisations Internationales. Des notions fondamentales du Droit
International public ont aussi été dégagé à partir de ces principes comme le
principe de Bonne foi.
27
La cour de justice de l’Union Européenne a fréquemment recours à de tels
principes, cela s’explique sans doute par sa plus grande facilité à trouver des
principes communs aux ordres internes dans un cadre régional plutôt que
mondial. Une grande partie du Droit européen garantit le respect du droit des
individus y trouve aussi son origine. On peut citer notamment le principe de la
protection des Droits fondamentaux, le principe de la dignité humaine et le
principe de la protection spécifique des Droits des agents publics.
La valeur de ces principes est évolutive, ils sont en effet révélés par la
jurisprudence internationale mais ils se transforme rapidement en règle
coutumière ou même conventionnelle lorsqu’ils sont réceptionnés par le DI.
Section 2 : les principes généraux du droit International
Contrairement au PGD mentionné par le statut de la CIJ, les principes généraux
de Droit international ne sont pas issus du Droit interne mais directement DI. Les
points communs des règles ainsi qualifiés de principes est leur extrême
généralité et leur haut degré d’abstraction ; bien que le juge international y est
fréquemment recours pour trancher des différent sur la scène internationale, la
définition de ces principes est délicate. Cependant ceci jouent un important,
même s’il n’est pas toujours aisé d’en définir le contenu.
Paragraphe 1 : Le contenu de la notion
Le contenu des PGDI est difficile à préciser ; en effet les normes reconnues par
la doctrine comme étant des PGD ne sont pas forcément mentionnées en ces
termes par le juge international qui utilise parfois un vocabulaire différent, les
qualifiant par exemple de concept fondamental.
Dans leur majorité, ces principes sont des règles que le juge international extrait
de l’observation des autres sources du DI notamment les conventions et les
28
coutumes internationales. Il en est ainsi du concept juridique fondamental de la
souveraineté des Etats, des principes généraux de base du droit humanitaire du
principe « Paca Sunt Servanda » ou du principe du non recours à la force.
Certains de ces principes pourraient être qualifiés de normes du Jus cogen.
Paragraphe 2 : Fonction
Issu d’autres instruments normatifs, l’intérêt des PGDI, tient au fait que le juge
qui les invoques considère qu’ils ont une vie propre, il n’a pas besoin d’apprécier
leur validité juridique comme il le ferait pour une coutume ou pour une
convention. De même la violation répétée d’un principe ne porte pas atteinte à
son existence comme en témoigne l’invocation répétée du principe
d’interdiction du recours à la force.
La notion de principe est également employée par les Etats qui s’en
servent pour faire valoir les règles qui n’ont pas encore été incorporées dans
d’autre instruments juridiques obligatoires, ou qui sont en voie de formation.
C’était le cas pour le principe du Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ou
des principes du Droit international touchant les relations amicales et la
coopération entre Etats.
Chapitre 2 : Les Actes Unilatéraux
Bien que non mentionné à l’article 38 du statut de la CIJ, les actes unilatéraux
sont considérés par la pratique et jurisprudence internationale comme faisant
partie des modes de formation du Droit International adoptée par un seul sujet
de Droit ou parfois par plusieurs, par exemple, à ‘issue d’une conférence de chef
d’Etats et imputable à leurs seuls auteurs, ces actes qu’ils émanent des Etats
(section 1) ou des organisations internationales (section 2) créent des Droits et
des obligations au plan international, en usant de la promotion des intérêts
29
particuliers de leurs auteurs. Ces actes occupent aujourd’hui une place
importante dans la nomenclature internationale.
Section 1 : Les actes unilatéraux des Etats
Il s’agit des actes par lesquels l’Etat exprime unilatéralement sa volonté ou
manifeste son opinion sans le moindre lien avec un traité ou une coutume.
Certains peuvent avoir une portée juridique sur la scène internationale qui lie les
Etats qui les adoptent, qu’ils soient opposables aux tiers. On distingue
traditionnellement les actes que les Etats adoptent de façon autonome
(paragraphe 1), de ceux dont l’adoption est conditionnée par des engagements
conventionnel ou des normes coutumières (paragraphe 2).
Paragraphe 1 : Les actes autonomes
Les Actes Unilatéraux satisfont à la condition d’autonomie en ce que leur validité
ne dépend pas de leur compatibilité avec un autre acte juridique unilatéral,
bilatéral ou multilatéral. On retrouve sous ce vocable l’ensemble des actes
tournés vers l’extérieur que l’Etat prend de son propre chef. Il s’agit entre autre
des réactions de l’Etat à l’opposabilité d’une situation juridique (A) et des
promesses unilatérales (B).
A- Des réactions de l’Etat à l’opposabilité d’une situation
L’adoption de tels actes peut être motivé par la volonté de l’Etat de manifester
sa réaction vis-à-vis de la situation juridique que l’on prétend lui imposer. Les
plus courants sont sans doute :
- La reconnaissance ; qui est un acte ou un comportement par lequel l’Etat
constate l’existence de certains faits (apparitions d’un Etat, effectivité
d’un gouvernement) ou de certains actes juridiques (nationalité accordée
30
à un individu par un Etat, convention conclue entre les tiers) et admet
qu’ils lui sont opposables
- Protestation ; elle est le pendant négatif de la reconnaissance, il s’agit
d’un acte par lequel l’Etat réserve ses propres Droit face aux
revendications d’un autre Etat ou à la rencontre d’une règle en voie de
formation.
Ces actes sont adoptés de façon discrétionnaire selon les procédures internes et
leur validité ne dépend pas d’une quelconque compatibilité avec une norme
internationale.
B- Les promesses unilatérales
Ces promesses par lesquelles l’Etat s’engage à adopter tel ou tel comportement
sont aussi des actes unilatéraux. La CIJ a admis dans l’affaire des essais nucléaire
opposant la France à l’Australie en 1974, à propos du moratoire annoncé par la
France que de tels actes pourraient « avoir pour effet de créer des obligations
juridiques », aussi « quand l’auteur de la déclaration entend être lié conforment
ces termes, cette intention confère à sa prise de position le caractère d’un
engagement juridique. L’Etat intéressé étant désormais … ont droit de suivre une
ligne de conduite conforme à sa déclaration ».
En l’absence de toute intervention d’autre sujet, que ce soit pour accepter
ou au contraire pour contester la promesse, un Etat peut donc unilatéralement
s’engager au niveau international ; bien sûr cette promesse doit émaner d’une
personne susceptible d’engager l’Etat. En effet, la CIJ a précisé que n’importe
quel organe de l’Etat ne pouvait pas sans limite engager unilatéralement celui-
ci. Les chefs d’Etat et de gouvernement et les ministres des affaires étrangères
ont incontestablement cette qualité mais celle-ci peut être étendu à d’autres
personnes sous certaines conditions.
31
Lorsqu’ils s’imposent de telles obligations l’Etat ne peut unilatéralement revenir
sur sa promesse sans engager sa responsabilité internationale puisqu’il a créé
des obligations, la cour a également précisé toujours dans l’affaire des essais
nucléaires que « lorsque les Etats font des déclarations qui limitent leur liberté
d’action future, une interprétation restrictive s’impose ».
Paragraphe 2 : Les actes conditionnés par les normes internationales
Cette catégorie regroupe les actes internes adoptés par l’Etat dans l’existence
des compétences, ces actes dérivent des règles conventionnelles (A) ou
coutumières (B).
A- Les actes liés à un engagement conventionnel
Ces actes regroupent par exemple, l’adhésion à un traité, la dénonciation du
traité ou retrait réglementé, mais aussi tous les actes qui sont pris en vue de
mettre œuvre une règle internationale conventionnelle. De même que par
déclaration unilatérale fondée sur l’article 36 du statut de la CIJ, les Etats
peuvent-ils accepter la juridiction obligatoire de la cour. Cette acceptation leur
permettra de saisir unilatéralement la CIJ des différends les opposants à d’autres
Etats ayant donné le même accord. Certains traités peuvent également imposer
aux partis de procéder à des modifications dans certaines circonstances.
B- Les actes tenant à une norme coutumière
Les rapports entre les actes unilatéraux sont également peu nombreux. Ces actes
peuvent en effet fournir des précédents constitutifs de règles coutumières
habilitant les Etats à exercer certaines compétences. En effet, c’est en vertu
d’une coutume qui dérive elle-même du principe de la souveraineté de l’Etat que
celui-ci peut de façon unilatérale, règlementer l’octroi de la nationalité et
distinguer entre ces nationaux et les étrangers, ou de déterminer la largeur de
32
sa mer territoriale et la délimiter. A condition de respecter les limitations fixées
par les règles coutumières pertinentes, la décision de l’Etat est opposable aux
autres sujets de Droit.
Section 2 : Les actes unilatéraux des organisations internationales
Les actes émanant des organes collégiaux font l’objet d’une terminologie très
variée : on parle de résolution, de recommandation, de décision, de directive, de
règlement etc…
C’est le traité constitutif de chaque institution qui liste les organes habilités à
adopter tels ou tels actes selon les procédures et avec des effets juridiques
prédéfinis. Or il règne en ce domaine une grande confusion dans l’utilisation des
mots, un même thème pouvant désigner des actes très différents d’une
organisation à une autre. Cette imprécision est telle que la CIJ apprécie elle-
même le contenu des actes pour en évaluer la portée considérant que la
dénomination retenue par l’organe dont émane l’acte, n’est pas une indication
décisive quant à sa nature.
La doctrine qualifie de manière générale l’ensemble des actes unilatéraux, des
organisations internationales de résolution. Ce terme générique regroupant des
décisions à portée obligatoire (paragraphe 1) et des recommandations non
contraignantes (paragraphe2).
Paragraphe 1 : les décisions
On distingue les actes autonormateurs des actes hétéronormateurs. Les
premiers s’adressent à l’organisation elle-même ou aux Etats en tant qu’élément
de l’organisation et soumis à son Droit propre, les seconds sont dirigés vers des
sujets de Droit autonome vis-à-vis de l’organisation.
33
A- Les actes autonormateurs
De manière explicite ou implicite, toutes les OI reçoivent les pouvoirs de
décisions nécessaires pour atteindre les objectifs fixés par leur charte
constitutive, garantit la continuité de leur fonctionnement et permettre leur
adaptation au changement de circonstances ou de situations internationales. Le
droit d’adopter des actes obligatoires est étendu et plus ferme lorsqu’il s’agit
pour l’organisation d’assurer son bon fonctionnement interne et l’efficacité de
ces procédures. Il s’agit d’acte que l’organisation adopte unilatéralement mais
qui ne créé d’obligations que vis-à-vis d’elle-même et/ou de ces Etats membres.
Ces décisions sont liées au fonctionnement interne des institutions. Elles
peuvent avoir trait à l’adoption de son ou la création d’organes subsidiaires ; ces
décisions sont obligatoires pour l’ensemble des organes de l’organisation et elle
s’impose aux Etats membres.
B- Les actes hétéronormateurs
Certains organes peuvent adopter des décisions qui s’impose à leur membre,
qu’ils aient ou non approuvés. L’adoption de tels actes que les Etats considèrent,
comme strictement règlementé et réservé à des domaines très précis. Il s’agit :
- Des décisions adoptées par le conseil de sécurité de l’ONU, pour mettre
en œuvre les compétences que lui confère le chapitre 7 de la charte
relative au maintien de la paix. Ces décisions s’imposent aux Etats
membres de l’ONU en vertu de l’article 35 de la charte.
- Certaines organisations qui se sont vu reconnaitre un véritable pouvoir
règlementaire dans des domaines très techniques, afin d’uniformiser les
réglementations internationales, c’est le cas des institutions spécialisées
du système de Nation Unies telles que l’OMS ou l’organisation de
l’aviation civile internationale qui peut prendre des règlements
34
directement obligatoires pour leurs membres. Ce pouvoir est alors fondé
sur une acceptation tacite des Etats qui conserve cependant dans la
majorité des cas, la faculté de ne pas appliquer les standards
internationaux aussi établi dans les conditions bien définies.
- Du pouvoir règlementaire externe, largement reconnu aux OI
d’intégration au 1er rang desquels l’UE. Les directives, règlement ou
décision adoptée par ces institutions sont en effet directement
opposables aux Etats et ont une autorité supérieure aux règles internes.
Paragraphe 2 : Les recommandations
La grande majorité des actes adoptés par les OI de coopération sont des
recommandations c’est-à-dire des actes qui invite leur destinataire à suivre un
comportement mais qui ne sont pas juridiquement obligatoire. Il s’agit alors de
proposition, d’exhortation auquel les Etats sont libres de se plier ou non, les
actes ont donc une portée (A) et une valeur juridique (B).
A- La portée juridique
La recommandation est un acte dépourvu d’effet obligatoires, le sens du mot
juridique coïncide avec son sens courant. Ces destinataires ne sont pas obligées
de s’y soumettre et ne commettent pas d’infractions en ne la respectant pas. Si
ces actes n’ont pas de portée obligatoire, leur adoption ne peut pas être
cependant sans conséquence sur les Etats qui ont acceptée de faire partir de
l’organisation d’examiner la recommandation et s’il n’en approuve pas le
contenu d’en faire connaître les motifs.
De plus, la recommandation permet à l’Etat qui l’exécute, de fonder
juridiquement son comportement. Elle a donc une valeur permissive, puisque la
responsabilité internationale de l’Etat qui s’y conforme ne peut pas être mise en
cause par les autres membres de l’organisation.
35
B- La valeur normative
D’un point de vue purement formel, ces recommandations n’ont pas en
principe une valeur obligatoire. On reconnait e revanche une grande portée
politique et morale. Aussi une résolution de l’Assemblée générale de l’ONU
adoptée par une très grande majorité d’Etats, peut constituer un moyen de
pression très efficace sur un Etat, ceci d’autant plus que l’affaire en cause est
médiatisé. Ces recommandations peuvent aussi jouer un rôle dans la
formation d’une coutume.
DEUXIEME PARTIE : LES SUJETS DE DROIT INTERNATIONAL
Ainsi analyse les modes d’élaboration du DI, il convient d’étudier le milieu social
dans lequel il s’applique à la société internationale. En DI, ne peuvent être
considéré comme membre de la société internationale que les entités qui sont
les destinataires directes des normes internationales. A ce titre un membre de
la société internationale est un sujet de Droit et inversement.
Dans un système juridique, les sujets de Droit ne sont pas nécessairement
identiques quant à leur nature ou à l’étendue de leur Droit rien n’interdit en effet
la coexistence des sujets divers du DI, qui se distingue par des statuts juridiques
différents et une personnalité juridique plus ou moins affirmée. L’on peut
d’emblée en premier lieu, identifier les sujets primaires et dérivés du DI. Ceci
formant en soi une sorte de sujets. Traditionnellement admis (Titre 1) par ailleurs
d’autres acteurs intervenant sur la scène internationale ont au fil du temps et
des circonstances été reconnu par le Droit international. Constituant en soi un
groupe d’acteurs nouvellement reconnus (Titre 2).
36
Titre 1 : Les Sujets traditionnellement
Les catégories de sujets du DI demeurent en nombre extrêmement restreint.
Cette qualité a été exclusivement réservée à l’Etat souverain (Chapitre 1), sujet
ordinaire du DI jusqu’à un passé récent, appelle plus d’une soixantaine d’années
si l’on fait remonter à 1949, l’affirmation explicite de l’existence d’une
personnalité juridique internationale au bénéfice de l’ONU tout d’abord puis par
l’extension de la plupart des organisations internationales (chapitre 2) sujet
dérivé.
Chapitre 1 : l’Etat
L’Etat est le premier sujet de DI et le seul titulaire de la souveraineté. En effet,
l’Etat moderne est né au 16ème siècle et les organisations internationales au 19ème
siècle. Il est le 1er sujet dans ce sens qu’il est le seul sujet de DI, les autres Etats
des sujets dérivés qui doivent leur existence et leur compétence à l’Etat. L’Etat à
la personnalité morale interne et internationale. Dans ce cadre, il est titulaire de
Droits et d’obligations au sein de la société internationale.
L’Etat est aussi le 1er sujet DI par le nombre : la décolonisation notamment
puis l’éclatement de plusieurs Etat fédéraux ont multipliés les Etats dans le
monde. Afin d’étudier le régime juridique de la formation et de la transformation
de l’Etat (Section 3) nous analysons tour à tour ses éléments constitutifs (section
1) et sa caractéristique souveraine (section 2)
Section 1 : les éléments constitutifs de l’Etat
L’Etat est constitué d’un territoire, d’une population et d’une autorité politique
exclusive classiquement appelé gouvernement. Pour que l’Etat existe, il faut
obligatoirement que ces 3 éléments soient réunis.
37
Paragraphe 1 : Le territoire
Le territoire est un élément important de l’Etat. La question de l’intégrité
territoriale est d’ailleurs aussi bien dans la charte de l’ONU (Article 2 paragraphe
4) que dans les constitutions nationales. Le territoire n’est pas uniforme. Il est
tout d’abord composé d’espace terrestre (A) aérien et maritime (B) et ceci se
présente sous des formes variables.
A- Le territoire terrestre et les frontières
Cette l’ensemble des terres délimitées par les côtes et les frontières terrestres.
Le territoire est un élément constitutif de l’Etat quelque soit la superficie. Ce
territoire peut être continue ou discontinue cependant, la perte d’une partie de
son territoire (par cession, échange annexion) ne met pas fin à l’existence de
l’Etat tant qu’il en conserve une partie. La situation géographique du territoire
est importante non pas pour qualifier un territoire mais pour des raisons de
géopolitique. Un accès large à la mer est incontestablement un avantage, la
frontière est la ligne légale qui marque la limite du territoire et le sépare, soit du
territoire d’un autre Etat, soit d’un espace international. Elle marque elle marque
aussi la limite de la compétence territoriale de l’Etat la fixation de la frontière est
une opération en deux actes :
- D’abord, la délimitation par accord entre les Etats concernés, avec la
signature d’un traité, puis la démarcation sur le terrain.
- La frontière peut être naturelle (fleuve, montagne) ou artificielle, elle est
alors fixée selon une ligne imaginaire.
B- Le territoire aérien et maritime
Le territoire aérien a été reconnu au début du 20ème siècle. Il intègre l’espace
atmosphérique surplombant l’espace terrestre et le territoire maritime à
38
l’exception de l’espace extra atmosphérique c’est-à-dire jusqu’à l’altitude à
laquelle l’Etat peut se défendre (80km). Sur son territoire aérien, l’Etat exerce sa
pleine et entière souveraineté. Il en règlemente l’accès et peut en interdire le
survol dans les conditions fixées par la convention de Chicago du 7 décembre
1944 sur le transport aérien. Le territoire maritime est constitué de l’ensemble
des espaces maritimes sur lesquels s’exerce la compétence exclusive de l’Etat
côtier.
- Les eaux intérieures
- La mer territoriale
- La zone contiguë
- La zone économique exclusive
- Le plateau continental
Paragraphe 2 : La population et l’autorité politique
En tant que personne morale, l’Etat doit être représenté par des organes. En
outre, il est aussi composé par une population soumise à son autorité
A- La population
Elle est composée de 2 catégories de personnes : les nationaux et les étrangers
vivant sur le territoire de l’Etat. Les nationaux sont liés à l’Etat par le lien de
nationalité l’Etat exerce sur eux une compétence personnelle où qu’il se trouve,
Le Droit de la nationalité présente deux aspects :
- Un aspect interne
- Un aspect international
Du point de vue interne, l’Etat détermine librement les conditions d’acquisition
de la nationalité. Il existe deux grands système d’attribution originaire.
- La règle du jus sanguinis (filiation)
39
- La règle du jus soli (le lieu de naissance)
Les deux systèmes pouvant se combiner, la nationalité peut aussi s’acquérir par
la naturalisation, adoption, mariage. Elle peut aussi se perdre par déchéance ou
par acquisition d’une autre nationalité. La nationalité est l’origine de Droits
politiques, professionnel, sociaux etc… et d’obligations (service militaire,
obligation fiscales).
B- L’autorité politique exclusive
Le gouvernement constitue la forme juridique du pouvoir politique et dans cette
acception, le gouvernement comprend l’organe au sens strict, mais aussi les
structures administratives auxquelles s’ajoute l’ordre juridique. Au regard du DI,
deux conditions doivent être remplies :
- L’autorité politique doit être exclusive et effective c’est-à-dire que le
gouvernement doit être réellement apte à exercer ses compétences. Le DI
est en revanche indifférent à la forme politique de l’Etat : c’est le principe
de l’autonomie constitutionnelle ou au caractère démocratique ou non du
gouvernement. A partir du moment où ces éléments constitutifs sont
réunis l’Etat existe.
Section 2 : La souveraineté
L’Etat n’est pas la seule collectivité qui peut se targuer de disposer d’une
population, d’un territoire ou d’un pouvoir politique effectif. A côté de lui ou
même dans son sein toute collectivité autonome peut revendiquer les mêmes
caractéristiques.
40
Cependant, seul l’Etat peut prétendre à une effectivité complète
internationale autant qu’interne, ne mériteront la qualification d’Etat que les
collectivités présentant le caractère unique d’être souverains.
Paragraphe 1 : La notion de souveraineté
La souveraineté de l’Etat est le principe selon lequel l’Etat n’est soumis à aucune
autorité supérieure. Elle présente 2 dimensions ou facettes, l’une interne et
l’autre externe, seule cette dernière nous intéresse ici. Souveraineté et
indépendance sont donc indissociable, cette souveraineté bénéficie d’une
protection même si au demeurant elle admet des récessions.
A- Les caractères de la souveraineté
La sentence arbitrale « île de Palmas de 1928 » a défini les caractères de la
souveraineté, celle-ci comprend :
- La plénitude de compétences : l’Etats à la compétence de sa compétence.
Il décide de ses prérogatives sur son territoire et des limites qu’il va y
accepter.
- L’autonomie de la compétence : les autorités de l’Etat ne peuvent pas
être soumises à des directives ou ordres provenant d’autorités extérieurs.
Cette autonomie est liée au principe d’égalité des Etats rappelé dans la
charte de l’ONU à l’article 2 paragraphe 1. Le corollaire de ce principe
d’égalité est non intervention dans les affaires intérieures d’un autre Etat
(ou principe de non-ingérence).
- L’exclusivité de la compétence : Seules les autorités nationales peuvent
engager l’Etat pour exercer au plan international, les compétences qui lui
sont reconnues. L’Etat a sur son territoire, le monopole de la législation,
de la contrainte et de juridiction.
41
B- La protection et les limites de la souveraineté
L’Etat dispose de ce qu’on appelle classiquement son domaine réservé c’est-
à-dire le domaine des activités étatique ou la compétence de l’Etat n’est pas
lié par le Droit international et dans lequel les autres Etats ou OI ne peuvent
s’immiscer. Ce domaine est consacré par (l’article 2 paragraphe 7) de la charte
de l’ONU, il va être limité par les engagement internationale pris par l’Etat,
ainsi que par le principe du respect des droits fondamentaux de l’individu.
En effets juridiquement, seule l’Etat est compétent pour accepter des
limitations à sa souveraineté. Ces limites découlent entre autre de la
conclusion par l’Etat de traité internationaux à l’adhésion à une OI de
l’obligation de respecter la souveraineté des autres Etat et de certaines règles
de DI tel que ; l’interdiction au recours à la force armée, de l’obligation de
règle pacifiquement les règlements.
Paragraphe 2 : Les compétences de l’Etat
Le droit exerce 3 types de compétences :
- La compétence personnelle
- La compétence fonctionnelle
- La compétence territoriale
A- La compétence personnelle
Elle désigne la compétence que l’Etat exerce sur les personnes physiques et
morales ou entités (navires et aéronefs) ayant sa nationalité. Elle s’exprime
notamment pour les nationaux se trouvant à l’étranger par la protection
diplomatique mais peut aussi prendre la forme d’obligation fiscales ou autre.
42
B- La compétence fonctionnelle
Elle désigne la compétence de l’Etat d’organiser des services publics à l’étranger.
Il peut s’agir notamment des services diplomatiques et consulaires des forces
armée stationnées sur un territoire étranger ou de tout autre service public
ayant des démembrements à l’étranger. Cette compétence de l’Etat implique
celle de ces tribunaux pour connaitre des litiges relatifs au fonctionnement de
ces services.
C- La compétence territoriale
A travers sa compétence territoriale, l’Etat détient l’exclusivité et la plénitude de
ces compétences sur le territoire puisqu’il est souverain. Cette compétence
prime sur les deux autres. Un étranger sur le territoire d’un Etat est
obligatoirement soumis aux lois de cet Etats
Section 3 : La formation et la transformation de l’Etat
La naissance et la transformation de l’Etat s’analyse comme des procédés
d’acquisition et de modification de ces compétences. Pour acquérir les
compétences étatiques, il faut et il suffit qu’une collectivité soit un Etat. Par
ailleurs lorsqu’un Etat se transforme, l’opération produit aussi des conséquences
sur ses compétences.
Paragraphe 1 : La naissance de l’Etat
Depuis la disparition des terres sans maître, un Etat ne peut être crée que suivant
des modes précis (A), et cette création est constatée par une reconnaissance
internationale (B).
43
A- Les modes de formation de l’Etat
Un Etat peut être crée par sécession, démembrement d’un Etat existant ou
regroupement. La décolonisation a aussi permis la naissance de nombreux
nouveaux Etats.
- La sécession, permet à une partie de la population située sur une portion
précise du territoire d’un Etat existant de créer un nouvel Etat
indépendant. Le 9 juillet 2011, la république du sud Soudan a été créée
par sécession avec le Soudan. Cependant, cet acte se heurte au principe
de l’intégrité territoriale de Etats et n’est que rarement accepté. La
sécession de l’Azawad (Mali), du Katanga (Congo), et celle du Biafra ont
été des échecs.
- Le démembrement, désigne l’éclatement et la disparition d’un Etat
existant de nouveaux Etats indépendant sont alors constitués sur son
territoire c’est l’exemple de l’ex URSS.
- Le regroupement, consiste pour des Etats indépendants de se regrouper
pour ne former qu’un seul Etat comme la fédération des Etats Unis.
- La décolonisation, été l’origine de la naissance de nombreux Etats au
19ème et 20ème siècle. Le principe des nationalités puis celui du Droit des
peuples à disposer d’eux même, énoncer dans la Charte de l’ONU ont
permis à des peuples de créer de nouveaux Etats.
B- La reconnaissance d’Etat
C’est l’acte par lequel un Etat reconnait l’opposabilité à son égard d’une situation
ou d’un acte juridique. Il s’agit d’un acte unilatéral, discrétionnaire et
essentiellement politique. Même si, les éléments constitutifs de la formation de
l’Etat sont réunis et donc que l’Etat existe, les autres Etats sont libres de le
reconnaître ou non. Il n’y a ni obligation de reconnaissance, la reconnaissance a
44
portée purement déclarative. L’Etat existe même s’il n’est pas reconnu, la
reconnaissance n’est pas une condition de son existence. Cependant, l’Etat a
besoin d’être reconnu pour nouer des relations au sein de la société
internationale. La reconnaissance peut prendre plusieurs formes ; elle peut être
expresse, elle prend alors l’aspect d’un acte solennel qu’elle qu’en soit la forme
(acte unilatéral, traité etc…)
Elle peut être tacite : lorsque l’Etat agit comme s’il avait reconnu l’autre
Etat principalement en établissant des relations diplomatiques. Il ne faut pas
confondre, la reconnaissance d’Etat et celle de gouvernement, cette dernière
peut avoir lieu en cas de changement du régime politique (coup d’Etat,
Révolution) uniquement. Cette pratique pose peu de problèmes lorsqu’un seul
gouvernement se met en place. Les autres Etats se baseront seulement sur
l’effectivité du gouvernement.
En revanche, la situation se complique lorsque plusieurs gouvernements
prétendent exercer simultanément leur compétence. Devant cette situation, les
Etats devaient reconnaitre uniquement le gouvernement qui remplit les
conditions d’effectivité à condition bien sûr que l’un d’eux le remplissent.
Paragraphe 2 : sécession d’Etat
La sécession d’Etat résulte en principe d’une mutation territoriale se traduisant
par un transfert définitif de territoire d’un Etat à un autre quelque soit sa forme
(A) cependant elle pose incontestablement un problème juridique (B).
A- Définition
Aux termes de l’article 2 paragraphe 1 de la convention de Vienne 1978 sur la
sécession en matière de traité « l’expression sécession d’Etat s’étend de la
substitution d’un Etat à un autre dans la responsabilité des relations
45
internationales ». Il y a donc remplacement d’un Etat par un autre ce qui pose
un certain nombre de question de Droit.
B- Problème Juridique
Lorsqu’il y a changement d’Etat il y a aussi changement de souveraineté, les
Droits de l’Etat disparaissant ne sont pas opposables à l’Etat héritier. Le
problème est plus délicat pour les Droits patrimoniaux des particuliers ; les biens
meubles et immeubles de l’Etat passé à l’Etat successeur. La question de la dette
publique est quant à elle réglée de façon pragmatique et diplomatique avec le
plus souvent un accord spécifique, les traités internationaux ne sont pas
transmissibles sauf ceux créant des situation objectives comme la fixation d’une
frontière. De même que la participation a une OI, il n’y a pas non plus de transfert
de responsabilité entre les Etats.
Chapitre 2 : l’organisation internationale
Les organisations internationales sont des sujets dérivés du droit international
(section 1) et tenant leurs compétences de ces derniers. Les premières
organisations internationales sont nées au 19 siècle. Elles étaient principalement
des organisations techniques comme l’Union postale universelle crée en 1874.
La première organisation à compétence général était la SDN (sociétés des
nations) établie en 1919 dans un but de maintien de la paix, elle a été remplacée
par L’ONU en 1945. Le nombre des organisations international a
considérablement augmentée après la seconde guerre mondiale. En effet, la
mise en place de l’ONU a entrainé la création des institutions de la famille des
NU (nations unies) et la décolonisation a emmené les nouveaux ETATS à
concevoir leur propre organisation internationale. Ce terme d’organisation
international recoure aujourd’hui une catégorie très hétérogène d’institution
(section2) abhorrant Une structure particulière de fonctionnement (section 3).
46
Section 1 : Création et participation
L’organisation international est « une association d’ETAT constituent par un
traitée dotée d’une constitution et commun et possédant une personnalité
juridique distance de celle des ETATS membre » (paragraphe 2) ainsi elle doit son
existence a un acte constitutif (paragraphe 1).
Paragraphe 1 : l’acte constitutif
En tant que sujet dérive, l’organisation international n’existe que par un traitée
multilatéral (A) qui présente indubitablement des aspects constitutionnelle (B).
A- Création par un traitée multilatéralement
Véritable acte de naissance dont l’initiative est extérieure à l’organisation le
traité international et l’acte constitutif de l’organisation qui non seulement la
créée mais aussi définit ses compétences et ses moyens. Qu’il s’intitule
convention etc., le traitée multilatéral est la forme habituelle de l’acte constitutif
des organisations international. L’exigence d’un accord s’explique aisément les
ETATS veulent avoir l’occasion d’exprimer leur consentement l’apparition d’une
personne juridique dont le fonctionnement aura toujours même si c’est à des
degrés variable, des incidences sur le contenu ou l’exercice de leurs propres
compétences. Chaque ETAT est ainsi en mesurée ne pas participer à une
organisation internationale qu’après en avoir exprimée le désir par ratification,
approbation ou adhésion à l’acte
B- Aspect constitutionnel de l’acte de création
Antérieur et extérieur à l’organisation le traitée constitutif permet d’officialiser
l’accord de volonté entre les ETATS et de mettre en place « une contribution »
pour l’organisation. En effet tout comme la charte de l’ONU celui-ci présente des
caractéristiques spéciales il s’agit de traitée d’un type qui ont pour objet de crée
47
des sujets de droit nouveau dotée d’une certaine autonomie auxquels les parties
confie pour taches la réalisation de but communs les OI secrètent un ordre
juridique hiérarchisée dont le sommet est occupé par leurs chartes constitutives.
En effet leurs organes n’ont compétences qu’en vertu de l’habilitation contenue
dans les limites de cette habilitation en derniers ressort, la norme de référence
pour apprécier la régularité des actes de chaque OI doit être tournée dans sa
charte, sa constitution selon la dénomination qui est parfois officiellement
attribuée.
Paragraphe 2 : participation à l’OI
Suivant l’approche traditionnel, seul les ETATS sont représentées dans les OI,
leurs volontés ne pourras s’exprimer que par la voie de délègues désignes par
leur gouvernement respectif. Sans exception donc, les traitées constitutifs des
OI sont ouvert au ETAT (A) qui peuvent selon leurs volontés se retirer (B)
A- Admission dans une OI
L’adhésion a une OI est un acte volontaire de la part de l’ETAT de même que
l’acceptation de la candidature est un acte volontaire de la part de l’OI on peut
différencier les membres originaires qui ont négocié l’acte constitutif et crée
organisation des membres admis. Ces derniers souhaitent adhérer à l’OI après
sa création, et pour cela ils sont soumis à une procédure d’admission plus ou
moins comptée selon les organisations. Les critères d’admission sont définis en
fonction des finalités de l’organisation et pour assurer la solidarité des personnes
entre les Etats membres. C’est pourquoi ces procédures diffèrent selon les OI
avec des points communs.
- Il faut tout d’abord que l’Etat dépose sa candidature puisqu’il faut un vote
où plusieurs organes de l’OI suivant les procédures de majorité variable
voir à l’unanimité
48
B- Retrait d’une Organisation Internationale
Un Etat peut quitter l’OI pour différentes raisons de sa propre volonté, alors c’est
un retrait. C’est la procédure qu’a engagé la Grande Bretagne pour quitter l’UE.
Il peut aussi plus simplement s’abstenir de siéger à tout ou à certains organes
afin de marquer son désaccord avec la politique suivie. Le départ peut lui être
imposé :
- Une sanction disciplinaire peut alors temporairement ôter à l’Etat son
Droit de vote ou son Droit de siège, mais l’exclusion en cas de violation
grave des principes de l’Organisation sera quant à elle définitive. L’acte
constitutif va généralement prévoir ces situations. Depuis l’échec de la
SDN dont le pacte prévoyait un Droit de retrait des Etat membres ce Droit
n’est pas toujours reconnu explicitement mais les Etats membres restent
souverains, il est donc difficile de les empêcher de quitter l’Organisation.
Aussi la charte de l’ONU ne prévoit pas de Droit de retrait, mais n’a pas pu
retenir l’Indonésie qui avait préféré quitter l’organisation en 1955 pour y
revenir 1an plus tard et sans procédure de réadmission, ce départ étant
qualifié de simple cessation de coopération
Section 2 : Le Statut juridique des Organisations Internationales
Paragraphe 1 : La personnalité juridique des OI
Toute OI est dotée dans sa naissance de la personnalité juridique, celles-ci sont
en effet créées titulaires de Droits et d’obligations, par la volonté des Etats. Cette
personnalité emporte 2 dimensions l’une interne (A) et l’autre internationale (B).
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A- La personnalité juridique interne
Au terme de l’article 104 de la charte de l’ONU, l’organisation jouit sur le
territoire de chacun de ses membres, de la capacité juridique qui lui est
nécessaire pour exercer ses fonctions et étendre ses buts. Depuis 1945 cette
solution fait partie du Droit commun de l’OI elle a même été reproduit à peu près
textuellement dans les actes constitutifs des textes spécialisés. Elle leur confère
la personnalité interne qui se présente comme la capacité des OI de contracter,
d’acquérir, et de vendre des biens immobiliers et mobiliers, d’ester en justice à
l’intérieur de l’Etat n’ayant pas de territoire, les OI ne peuvent exercer leur
fonction que sur le territoire des Etats dans ces conditions elles ne peuvent pas
ne pas entretenir des rapports juridiques, ne serait-ce que les plus courant avec
des personnes physiques et morales installées dans ces Etats
B- La personnalité juridique internationale
L’appuyant sur la permanence de l’ONU et sur certains éléments de sa structure,
la CIJ a constaté dans son avis consultatif rendu en 1949 (à lire) que l’organisation
possédait bien une personnalité juridique pour démontrer que cette
personnalité était une personnalité internationale ; elle a évoqué la mission
internationale de l’ONU
- Maintenir la paix et la sécurité internationale
- Développer les relations internationales entre les nations
- Réaliser les coopérations internationales.
Pour que ces missions puissent être remplies, l’Organisation devrait disposer de
la PJ internationales qui est transposables aux autres OI car par définition, toutes
les OI ont des missions impliquant une capacité d’actions autonomes dans les
relations internationales. Donc une personnalité internationale destinée à celle
des Etats membres.
50
Paragraphe 2 : les compétences des OI
Pour l’atteinte des buts et objectifs assignés par les Etats, les OI exercent une
diversité de compétence régit par des règles de délimitation
A- Les règles de délimitation
Les compétences de l’OI sont délimitées par son traité constitutif et en
application de son principe de « spécialité », suivant ce principe, l’organisation
ne peut agir que dans les domaines désignés par le traité. Elle ne dispose donc
que de compétence d’attribution. Cependant, la tendance est à l’élargissement
de ces compétences suivant la théorie des compétences implicites. Cette théorie
est développée par la CIJ dans l’avis précité de 1949 : « selon le DI, l’organisation
doit être considérée comme étant possèdent ces pouvoirs si, ils ne sont pas
expressément énoncés dans la charte, sont par conséquent nécessairement
conféré à l’organe en tant qu’essentiel à l’exercice des fonctions de celle-ci ».
Il s’agit donc d’une extension de pouvoirs, de l’Organisation en application
des bulles et objet du traité constitutif de l’OI. L’idée est de permettre à l’OI de
mener à bien sa tâche mais sans toutefois modifier les pouvoirs qui lui ont été
expressément donnés.
B- La diversité des compétences
L’OI peut remplir diverses fonctions :
Elle peut exercer des fonctions normatives c’est-à-dire participer à la
formation de norme de DI. Toutes les OI exercent ces compétences, ce qui
comprend l’adoption de textes. Mais aussi le fait de favoriser l’adoption
de traités internationaux et d’y adhérer, les actes des OI se rapportent au
fonctionnement interne de l’institution ou bien à ces activités.
51
Elle peut exercer des missions opérationnelles c’est-à-dire sur le terrain. Il
s’agit notamment de l’assistance économique ou autres, de la médiation
lors d’un conflit, du contrôle de la régularité d’opérations électorales.
Elle peut aussi avoir des compétences de contrôles et de sanctions sur les
Etats membres. Ce pouvoir est plus ou moins importants selon les OI. Le
pouvoir de contrôle est notamment développé dans les organes
techniques. C’est le cas de l’OIT qui a une procédure de contrôle très
poussée avec si besoin l’intervention d’une commission d’enquête. Quant
aux procédures permettant de sanctionner les Etats membre certaines ont
déjà été évoquées comme par exemple l’exclusion ou les sanction
privatives du Droit de siège ou de vote.
Section 3 : Structure et fonctionnement des Organisations Internationales
Les Etats qui établissent une OI ne peuvent se dispenser de mettre en place des
organes propres à celle-ci. La création d’organes est la manifestation la plus sure
de leur intention d’établir une institution permanente distincte de ses membres,
c’est en effet par l’intermédiaire de tels organisme que l’organisation exprime sa
volonté et exerce ses compétences. La singularité de ceci mais saisit
immédiatement lorsqu’on entreprend de les classer et d’envisager leur
fonctionnement respectif.
Paragraphe 1 : classification des organes
La structure interne des OI est variable, on peut cependant classer les organes
selon des critères communs : le Statut (A), la participation (B) et la composition
(C).
52
A- Selon le Statut
Sur le fondement du statut des organes des OI l’on distingue les organes
subsidiaires, les premiers sont ceux qui sont créés directement par le traité
constitutif, il constitue la structure de base de l’organisation, il y est fixé leur
nombre, hiérarchie et composition. Au sein de l’ONU les organes sont au nombre
de 6 ; l’Assemblée Générale, le Conseil de Sécurité, le Conseil Economique et
Social, le Conseil de Tutelle et le Secrétariat permanent, la C.I.J. Les 2nd sont
ceux créés ultérieurement par les organes principaux et ne figurent donc pas au
traité constitutif. La charte de l’ONU autorise de telle création (Article 7
paragraphe 2).
B- Selon la participation
Suivant le critère de la participation, les organes pléniers se distinguent des
organes restreins. Les organes pléniers sont ceux qui accueille des délégations
de tous les Etats membres, par exemple l’AG de l’ONU. Cette composition
répond à une exigence de représentativité et d’égalité. Les organes restreints
sont ceux qui n’admettent qu’une partie des Etats membres élu en général par
les organes pléniers, souvent sur la base d’une représentation géographique
équitable, par exemple le Conseil de Sécurité de l’ONU. Leur création est justifiée
par des raisons techniques et d’efficacité car plus on est nombreux, plus il est
difficile de décider.
C- Selon la composition
Sur la base de la composition on enregistre les organes intergouvernementaux
ou interétatiques et les organes intégrés. Les organes intergouvernementaux
sont composés de représentants ou de plénipotentiaires des Etats-membres. Ils
expriment juridiquement la volonté de l’organisation mais politiquement les
53
positions collectives des membres. Les Etats sont représentés par les membres
permanents, par des parlementaires, ou tout simplement par des diplomates.
Les organes intégrés sont composés des fonctionnaires et agents de
l’organisation, ceux-ci ne dépendent dans l’exercice de leur fonction que de
l’organisation elle-même pour le compte de laquelle ils agissent. Ils doivent en
principe conserver une total indépendance vis-à-vis des Etats membres. Cette
indépendance s’explique à la lumière des règles de recrutement qui s’effectue
en fonction de leur qualification technique et non de leur appartenance
nationale, sauf si l’on tient compte d’un critère de représentation géographique
équitable.
Paragraphe 2 : Fonctionnement des organes
Dans le cadre du fonctionnement des organes de l’OI, est loisible de constater
l’existence de diverses catégories d’organes. D’une part, les organes politiques
et délibérants (A) et d’autres part, les organes administratifs et juridictionnels
(B).
A- Les organes politiques et délibérants
Les organes délibérants sont ceux qui sont chargés d’adopter les textes et de
définir les grandes orientations de l’OI dans son domaine de compétence. Ils ont
un pouvoir d’initiative et délibère. Ils peuvent par exemple, décider de
l’admission u de l’exclusion d’un membre, accepter le budget de l’organisation,
prendre des décisions ou faire de simples recommandations. Leur intervention
n’exclut pas la participation d’autres organes.
B- Les organes administratifs et juridictionnels
Ils sont généralement des organes intégrés (Secrétariat Général, Bureau
International etc…) leur mission général est de participer à la préparation des
54
décisions et leur exécution. Ils fournissent des renseignements et font des
rapports. Le chef du secrétariat ou de la commission est le plus haut
fonctionnaire de l’OI mais reste subordonné aux organes
intergouvernementaux, leur capacité est donc limitée mais leur rôle n’est pas
négligeable, ils représentent l’OI.
Les organes juridictionnels sont en général des organes de contrôle, ils
sont donc indépendants des autres organes et des Etats
membres. Contrairement aux juridictions nationales, ces organes ont une
juridiction embryonnaire car leur compétence n’est pas automatique. Quelques
organisations sont quand même doter d’une juridiction obligatoire pour les Etats
comme la cours de justice des communautés Européennes, la cour européenne
des Droits de l’Europe, le conseil de règlements de l’organisation mondiale du
commerce (OMC).
Titre 2 : Les acteurs nouvellement reconnus
Bien que n’étant pas des sujets de droit international stricto sensu, les
particuliers ou les personnes privées sont devenues au 20 ème siècle des acteurs
reconnus de la société internationale. Respectivement les ONG (Chapitre 1) et
les personnes physiques (Chapitre 2), se sont peu à peu immiscés dans l’actualité
de la vie internationale
Chapitre 1 : Les Organisations Non Gouvernementales
Les ONG ont longtemps été ignorés par le DIP, rare sont par exemple, les
procédures qui leur permettent d’intervenir directement devant une juridiction
internationale. Cependant, la multiplication des situations d’urgence dans le
monde et l’action médiatique des ONG (section 1) sur le terrain leur a permis de
devenir non pas des sujets de Droit International mais des acteurs reconnus
(section 2).
55
Section 1 : Les caractères généraux des ONG
Le terme d’ONG est apparu pour la première fois à l’article 71 de la Charte des
Nations Unies qui dispose que : « le conseil économique et social peut prendre
toutes dispositions utiles pour consulter les ONG qui s’occupent de questions
relevant de sa compétence… ».
Tel qu’énoncé par la charte, les ONG semblent revêtir une importance non
négligeable au sein de la société internationale (paragraphe 2) même si celle-ci
n’en présente toutefois pas une définition précise (paragraphe 1).
Paragraphe 1 : Définition
L’ONG peut se définir comme une association internationale créée par une
initiative privée dont les membres sont des personnes privées ou publiques à
l’exclusion des Etats et qui exercent des activités à but non lucratif. Malgré
quelque point commun notamment le caractère non gouvernemental et la
poursuite de But non lucratif et n’existe pas d’ONG type. Toutes ses
organisations sont différentes aussi bien dans les domaines d’intervention que
dans leurs modes d’actions, leur statut, leur taille, leur moyen etc…
A ce jour l’on dénombre plus de 30.000 ONG opérant dans plus d’une centaine
de domaine d’intervention. Même si les plus connus interviennent dans le
domaine humanitaire (CICR : Comité International de la Croix Rouge, MSF :
Médecin Sans Frontière), les Droits l’Homme (l’Amnesty international Human
Right Watch), de la protection de l’environnement (Green Peace).
Les ONG sont financées par des dons de particuliers mais aussi parfois par des
subventions de personnes publiques tel que les Etats et les organisations
internationales.
56
Paragraphe 2 : Importance
Parmi les ONG, plusieurs ont réussi à s’imposer au niveau international et
peuvent négocier avec les Etats et les OI. Alors que d’autres ne fonctionne qu’au
niveau national, le CICR par exemple est désormais considéré par les Etats
comme un auxiliaire qui rend un service public international et il joue un rôle
primordial dans l’application des conventions de Genève et de l’ensemble du
Droit Humanitaire. Les ONG peuvent être constitué d’institution nationale très
intégrée avec un siège qui dispose d’un véritable pouvoir sur ses organisations
nationales. Mais elles peuvent aussi être constitué d’organisation indépendante
liée simplement par un nom et des principes communs.
Enfin, elles opèrent à travers différent modes d’actions :
- L’action directe (soin médicaux)
- Le financement en sous-traitance d’organisation locale, la médiatisation
et l’éducation (les Droits de l’Homme), le lobbying auprès des Etats et des
OI.
Le rôle joué par les ONG s’est considérablement développé depuis 50 ans avec
des conséquences le plus souvent positives. Leur influence s’est renforcée, ce
qui est notamment visible lors de la tenue des forums ou grandes conférences
des Nations Unies ou des forums parallèles sont souvent mises en place par les
ONG. Leur activité de lobbying n’est pas négligeable. Le point négatif est que
certains Etats ont compris le rôle essentiel de ces ONG et ont permis, la création
de telle organisation dont l’indépendance est contestable et qui servent de relais
à la volonté étatique. Ceci constitue alors bien évidemment une déviation de la
notion même d’ONG.
57
Section 2 : Statut des ONG
Bien que la Charte de l’ONU leur emmena un statut particulier (P2), les ONG
doivent nécessairement bénéficier d’une reconnaissance internationale afin de
déployer leurs activités (P1).
Paragraphe 1 : la Reconnaissance Internationale
Juridiquement, les ONG même à portée internationale sont créées au sein des
dépend de la législation de l’Etat de création : en Suisse par exemple, elles sont
soumises à la loi du 22 Juin 2007 sur les privilèges, les immunités et les facilités,
ainsi que sur les aides financières accordées par la Suisse en tant qu’Etat hôte. Il
n’existe pas pour l’instant de statut internationale des ONG seul, le conseil de
l’Europe a été à l’origine de l’adoption en 1986 de la convention de Strasbourg
(A télécharger) sur la reconnaissance de la personnalité juridique des OING
(Organisation Internationale non gouvernementale) cette convention prévoit
une reconnaissance de la personnalité Juridique des ONG Internationales sur le
territoire de toutes les parties à la convention si ces ONG remplissent certaines
conditions.
- Un but non lucratif, avoir été créé par un acte relevant du Droit interne
d’une partie à la convention, exercer une activité effective dans au moins
2 parties et avoir leur siège sur le territoire d’une partie.
Paragraphe 2 : le Statut consultatif
La charte de l’ONU prévoit en son article 71 une consultation possible des ONG
par le conseil économique et social (CES) on retrouve la même disposition pour
certaines organisations de la famille des Nations Unies (O.I.T). Mais le mode de
coopération le plus courant est la possibilité pour les ONG d’avoir un statut
consultatif. Dans le cadre de l’ONU, environ 3500 ONG bénéficient de ce statut
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auprès des CES par des observations et elles peuvent lui soumettre des questions
écrites. Les ONG peuvent aussi être invité à participer aux travaux des grands
sommets Onusiens. Elles constituent même à cette occasion, une conférence
parallèle au sommet officiel, le sommet des ONG. Elles jouent alors un rôle de
conseil et de réflexion primordial.
Les ONG disposent d’un statut participatif auprès du conseil de l’Europe
sont réunis au sein de la conférence des OING qui se réunit 4 fois par an afin de
décider des orientations politiques, programme d’action, prise position sur les
questions de fond et de représenter la société civile au conseil de l’[Link]
conférence est à l’origine d’un code de bonne pratique sur la participation civile
au processus décisionnaire.
Chapitre 2 : Les personnes privées
Traditionnellement, les personnes privées entendu au sens de personne
physique de Droit interne occupent une place mineure dans le Droit
International classique. Incontestablement, objet de Droits, ces personnes n’en
demeurent pas pour autant des sujets actifs du DI. En effet, elles sont incapables
d’agir par elles-mêmes ou d’elles-mêmes dans l’ordre international en dehors de
la tutelle étatique. Cependant, cette conception traditionnelle d’incapacité
juridique international tend aujourd’hui à s’estomper à la faveur d’une dualité
de mouvement :
Premièrement la protection internationale des Droits de l’individu par le Droit
international des Droits de l’homme (Section 1), deuxième la responsabilité
pénale de l’individu (section 2) à travers l’institution d’une justice pénale
internationale.
59
Section 1 : La protection internationale des personnes privées
Les Droits de la personne humaine appelés le plus souvent, Droit de l’Homme
ou Droit fondamentaux, sont des Droits inhérents à la personne humaine. Ces
Droits peuvent être individuels (Droit à la vie) ou collectif (Droit des peuples à
disposer d’eux-mêmes). Les premiers Droit de l’Homme juridiquement reconnus
sont les Droits de la personne et les Droits fondamentaux puis viennent les Droits
civils et politiques. Les Droits économique sociaux et culturels (Droit de grève,
Droit à l’éducation) sont souvent plus constatés. Ces Droits font l’objet d’une
protection universelle (paragraphe 1) puis régional (paragraphe 2).
Paragraphe 1 : La Protection Universelle
La protection universelle des Droits de l’Homme et aménagée sous l’égide des
nations unies, plusieurs instruments juridiques (A) aménage ses Droits et
organise leur contrôle (B).
A- Les instruments juridiques
La Charte de l’ONU a posé les 1ers jalons de la protection internationale des Droits
de l’Homme après la 2nde guerre mondiale, en l’érigeant selon son préambule en
un des devoirs primordiaux des Etats. Si elle ne précise pas notamment les Droits
devant être protégés ; elle énonce néanmoins à l’article 55 alinéa … L’obligation
pour les Etats de favoriser le respect effectif et universel des Droits de l’Homme.
Mais il ne s’agit que d’un principe général de respect de ses Droits. C’est la
Déclaration Universelle des D.H (DUDH) qui les énoncent et les détaillent. La
DUDH a été adoptée le 10 Déc. 1949 sous la forme juridique d’une résolution de
l’AG dépourvue de toute face obligatoire ou contraignante comme l’indique son
titre.
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Ce sont d’autres textes qui créent des obligations à la charge des Etats :
les pactes (pacte relatif au Droit Civil et politique et pacte relatif aux Droits
économiques et sociaux culturels adopté le 16 Déc. 1966, mais n’entrant en
vigueur qu’en 1976). La déclaration et les pactes forment ensemble la charte
internationale des Droits de l’Homme. Elle a été complétée par de nombreuses
déclarations et conventions dans le cadre des Nations Unies, on peut citer à ce
titre : la convention pour la répression de la traite des Etres humains de 1949
(à lire), la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination
raciale de 1965, la convention contre la torture et autre peines ou traitements
cruels, inhumains ou dégradant de 1984, la convention relative au Droit de
l’enfant de 1989 complétée par 2 protocole portant sur l’implication des
enfants dans les conflits armés et sur la vente d’enfant, la prostitution des
enfants et la pornographie mettant en scène des enfants.
B- Les organes de contrôle
Plusieurs de ces conventions prévoient la mise en place d’un système
conventionnel de protection des Droits de l’Homme ; des comités sont alors
chargés de veiller au respect des obligations des traités par les Etats-membres
comme le Comité des DH pour le pacte relatif au Droit … et politique ou le Comité
des Droits de l’enfant pour la convention du même nom.
Tous ces comités sont composés d’experts indépendants et tous exerçant
une surveillance sur les Etats par le truchement de rapport que ces derniers sont
tenus d’établir. Pendant l’examen du rapport, le comité peut demander des
précisions à un Etat. Le comité émet ensuite des avis non contraignants (le
système des rapports étant basé sur le dialogue constitutif et la bonne foi des
Etats). Le comité des DH composé de 18 experts indépendants est
principalement chargés d’examiner les rapports rendus par les Etats. La Charte
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de l’ONU ne prévoyant pas d’organe spécifique chargé de contrôler ou
sanctionner le respect des Droits de l’Homme, mais son article 68 a permis au
CES de créer la commission permanente pour l’aider dans sa tâche.
C’est ainsi qu’a été créé la commission des Droits de l’Homme en 1946.
Largement discrédité elle a été remplacée en 2006 par le Conseil des Droits de
l’Homme (CDH). Le CDH est un organe subsidiaire de l’AG qui comprend 47
membres élus selon une représentation géographique équitable et selon leur
contribution à la promotion des DH. Le conseil se réunit chaque année et peut
adresser des recommandations à chaque Etat.
Paragraphe 1 : La protection régionale
La protection des DH est aussi assurée au niveau régional par un certain nombre
de conventions (A) et d’organes (B).
A- Les Textes
Parmi ces textes, l’on a la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des peuples
de 1941 avec la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des peuples établie en
2005, la déclaration Américaine des Droits et devoirs de l’Homme de 1948.
Mais c’est la convention de sauvegarde des DH et des libertés
fondamentales du 4 Janv. 1950 adoptée dans le cadre du conseil de l’Europe qui
permet le meilleur contrôle du respect des Droits Humains. Elle est complétée
par 14 protocoles. Certains complétant les dispositions de la convention,
d’autres ayant uniquement une portée procédurale. La convention protège les
Droits Civils et politiques (Droit à la vie, Interdiction de la torture, Droit au
mariage, liberté de conscience, Droit à un procès équitable etc…), sont visés
également les Droits relatifs au travail et à la liberté syndicale.
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B- Les Organes
La Cour Européenne des DH est chargée du contrôle, du respect par les Etats,
des obligations édictées par la convention Européenne des DH. Les juges sont
élus par l’assemblée parlementaire du conseil de l’Europe sur proposition des
Etats, ils sont élus pour 9ans non renouvelable et doivent exercer leur fonction
en toute indépendance.
La saisine de la cour peut être le fait d’un Etat parti, d’un particulier, d’une
ONG ou d’un groupe d’individu se prétendant victime d’une violation des Droits
protégés par la convention et ayant épuisés les voies de recours internes. Le
recours ne peut être dirigé que contre un Etat parti à la convention, et ne peut
porter que sur un Droit protégé par la convention ou ses protocoles. Les arrêts
ont l’autorité de la chose jugée, mais une autorité relative puisque l’arrêt ne
s’applique qu’aux Etats en cause ; l’arrêt est donc obligatoire pour l’Etat
condamné qui doit prendre toute mesure pour faire cesser la violation des Droits
protégés qui a justifié sa condamnation. La cour peut aussi demander à l’Etat de
verser des indemnités aux victimes.
Section 2 : La répression internationales des personnes privées
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