Bassin Et Hanche
Bassin Et Hanche
et
HANCHE
Ce logo a pour objet d’alerter le lecteur sur la menace que représen-
te pour l’avenir de l’écrit, tout particulièrement dans le domaine uni-
versitaire, le développement massif du «Photocopillage».
Cette pratique qui s’est généralisée, notamment dans les établisse-
ments d’enseignement, provoque une baisse brutale des achats de
livres, au point que la possibilité même pour les auteurs de créer des
œuvres nouvelles et de les faire éditer correctement est aujourd’hui
menacée.
Nous rappelons donc que la reproduction et la vente sans autorisa-
tion, ainsi que le recel, sont passibles de poursuites.
Les demandes d’autorisation de photocopier doivent être adressées
à l’éditeur ou au Centre français d’exploitation du droit de copie,
3, rue Hautefeuille, 75006 Paris.
Téléphone : 01 43 26 95 35
I.S.B.N. : 978-2-84023-512-5
E.A.N. : 9782840235125
Imprimé en France
Congrès thématique de juin
Opus XXXIV
Comité Scientifique :
J.L. DRAPÉ
H. BARD
BASSIN et
H. MIGAUD
M. COHEN
V. VUILLEMIN-BODAGHI
A. COTTEN
HANCHE
Organisation :
H. BARD
M. BAICHÈRE
E. JARRY
Président d’Honneur :
Michel LEQUESNE Sous la direction de :
J.L. DRAPÉ, H. BARD, H. MIGAUD, M. COHEN,
V. VUILLEMIN-BODAGHI, A. COTTEN
TRÉSORIER : D. MONTAGNON
•
1989 - PATHOLOGIE OSTEO-ARTICULAIRE (épuisé)
•
2003 - IMAGERIE DU COUDE
LISTE DES COLLABORATEURS
ALA EDDINE T. - Clinique Chirurgicale, 104 CHATEIL J.-F. - Service d’imagerie anténata- FOLINAIS D. - RIM Maussins-Nollet – 67,
av. Parmentier - 75011 Paris le, de l’enfant et de la femme, Hôpital rue de Romainville - 75019 Paris
ANDRÉ J.M. - Institut régional de Médecine Pellegrin - 33000 Bordeaux GIRARD J. - Centre Hospitalier Universitaire
Physique et de Réadaptation, Nancy CHEVROT A. - Service Radiologie B, Hôpital de Lille, Hôpital Roger Salengro, Service
ANRACT P. - Service d’Orthopédie B, Hôpital Cochin – 75000 Paris d’Orthopédie C - 59037 Lille Cedex, France -
Cochin (Paris) CHIAVASSA-GANDOIS H. - Service Central [email protected]
BABINET A. - Service d’Orthopédie B, de Radiologie et d’Imagerie Médicale Hôpital GUERINEAU M. - Sce de Neurotraumatologie,
Hôpital Cochin (Paris) Purpan - 31000 Toulouse Hôtel Dieu - Nantes (Pr R. Robert)
BARD H. - 4, rue Léon Vaudoyer, 75007 Paris - CHIRON P. - Serv. de Chirurgie Orthopédique GUERINI H. – CHU Cochin - 75015 Paris -
Attaché à l’Hôpital Européen Georges – 31403 Toulouse Cedex 4 – France - France - [email protected]
Pompidou, Service de Chirurgie Orthopédique, [email protected] HAMADOUCHE M - Orthopédie A, CHU
– 75015 Paris - [email protected] COHEN M. - Service de Radiologie, Hôpital Cochin - 75000 Paris
BEAULÉ P.E. - Ottawa, Canada St-Joseph - 26, boulevard de Louvain, 13008 HAMEL O. - Service de Neurotraumatologie,
Marseille Hôtel Dieu - Nantes (Pr R. Robert)
BERNARD-GRAILLE A. - Service de
Radiologie - 2, rue Ambroise Paré – 75475 Paris COTTEN A. - Service de Radiologie Ostéo- HARZALLAH W. - Service de Radiologie
Cedex 10 – France - [email protected] articulaire, Hôpital Salengro - Boulevard du Ostéo-articulaire, Hôpital R. Salengro, CHRU
Pr J. Leclercq - 59037 Lille Cedex – France - – 59000 Lille
BLUM A. - Service de Radiologie - Av. Ml De
[email protected]
Lattre De Tassigny - 54035 Nancy – France - HAUGER O. - Service de Radiologie - Place
[email protected] COUDREUSE J.-M. - Service de médecine du Amélie Raba Léon - 33079 Bordeaux CX –
sport - CHU Salvator – 249, bd Ste France - [email protected]
BODEN B. - Clinique Chirurgicale, 20 rue
Marguerite - 13009 Marseille
Verger St-François - 97400 Saint-Denis HODLER J. - Chef du département de radio-
DEHAUT F.-X. - Service de Radiologie et logie - Clinique Orthopédique Universitaire
BOUSSON V. - Service de Radiologie ostéo-
articulaire, Hôpital Lariboisière, Paris Imagerie Médicale - Hôpital de la Conception - Balgrist, Forchstrasse 340, 8008 Zurich,
147, boulevard Baille - 13385 Marseille cedex 5 Suisse
BOUTRY N. - Hôpital Roger Salengro, CHRU
de Lille DELIN C. - RIM Maussins-Nollet – 67, rue de HUTEN D. - Serv. de Chirurgie Orthopédique -
Romainville - 75019 Paris 46, rue Henri-Huchard - 75018 Paris – France
BOUVARD M. - Centre de Biologie et
Médecine du Sport de Pau – 64046 Pau DEMONDION X. - CHRU Lille - Service de - [email protected]
Université Cedex Radiologie - Hôpital Roger Salengro, CHRU JASPART M. - Hôpital Roger Salengro,
de Lille - bd du Pr. Leclercq – 59037 Lille CHRU de Lille
BOYER P. - Hôpital Bichat -75000 Paris Cedex – France - [email protected]
BRASSEUR J.-L. - GH Pitié-Salpêtrière Sce KHALFALLAH M. - Service de neurotrauma-
DETREILLE R. - Service d’Imagerie Guilloz,
de Radiologie polyvalente et intervention- tologie, Hôtel Dieu - Nantes (Pr R. Robert)
CHU Nancy
nelle (Pr Grenier) - Cours des consultations KOUTAISSOFF S. - Service de radiologie,
- bd de l’Hôpital - 75013 Paris - DIARD F. - Service de Radiologie - Place
Cliniques universitaires Saint-Luc –
[email protected] Amélie Raba Léon – 33076 Bordeaux Cedex –
Université Catholique de Louvain – Bruxelles -
France - [email protected]
BROUCHET A. - Service d’Anatomopathologie Belgique
- CHU Hôpital Purpan - 31000 Toulouse DIETEMANN J.-L. - de Strasbourg -
LABAT J.-J. - Service de Neurotraumatologie,
Radiologie 2 - 1, avenue Molière – 67098
BRUNOT S. - Service de Radiologie - Place Hôtel Dieu - Nantes (Pr R. Robert)
Strasbourg Cedex – France Jean-
Amélie Raba Léon – 33076 Bordeaux Cedex – LAFFOSSE J.-M. - Institut de l’appareil loco-
[email protected]
France moteur Pierre-Paul Riquet - CHU de Toulouse
DJIAN P. - 3 rue Goethe - 75116 Paris
BUSSON J. - Cabinet d’Imagerie de LAMONTAGNE M. - Service de Physiatrie -
l’Appareil Moteur – 75000 Paris DRAPE J.-L. - Service de Radiologie B - 27,
CHUM Montréal – Canada
rue du Faubourg St-Jacques - 75679 Patis -
CAMPAGNA R. - Orthopédie A, CHU Cochin LAPIERRE C. - Service de Radiologie et
France - [email protected]
- 75000 Paris Imagerie Médicale - Hôpital de la Conception -
DUBY J. - 65 rue du Rouet - 13008 Marseille
CARLIER R. - Service d’imagerie médicale - 147, boulevard Baille - 13385 Marseille cedex 5
Hôpital Raymond Poncaré (AP-HP) - Faculté DUC S. - Chef de clinique, département de
radiologie, Hôpital Cantonal Universitaire LAREDO J.-D. - Service de Radiologie ostéo-
de médecine Paris Ile-de-France Ouest – 104,
(HUG) de Genève, Rue Micheli-du-Crest 24, articulaire, Hôpital Lariboisière, Paris
bd Raymond Poincaré - 92380 Garches
12011 Genève, Suisse - [email protected] LAROUSSERIE F. - Sce d’Anatomopathologie,
CATONNE Y. - Département de chirurgie
FANTINO O. Polyclinique Orthopédique du Hôpital Cochin (Paris)
orthopédique - Hôpital Pitié Salpétrière –
75000 Paris Parc - 86, bd des Belges - 69006 Lyon - LAZENNEC J.-Y. - Service de - 83, Boulevard
[email protected] de l’Hôpital – 75651 Paris Cedex 13 – France
CHAGNAUD C. - Service de Radiologie et
Imagerie Médicale - Hôpital de la Conception FESSY M.H. - Service de chirurgie - [email protected]
- 147, boulevard Baille - 13385 Marseille Orthopédique - Centre Hospitalier Lyon-Sud LECOUVET F. - Service de radiologie,
cedex 5 - [email protected] - Pierre-Bénite Cliniques universitaires Saint-Luc - Université
CHASTANET P. - Service de Radiologie FEYDY A. - Service de Radiologie - 24, Rue Catholique de Louvain - Bruxelles - Belgique
Ostéo-articulaire, Hôpital R. Salengro, CHRU du Faubourg St-Jacques - 75014 Paris– France LEQUESNE M. - 31-33 rue Guilleminot -
– 59000 Lille - [email protected] 75014 Paris - [email protected]
LHOSTE-TROUILLOUD A. - Service de PEETRONS P. - Département d’Imagerie SIMONI P. - Service de radiologie, Cliniques
radiologie A – CHU Montpied - 63003 Médicale, B-1410 - Waterloo - Hôpitaux IRIS universitaires Saint-Luc – Université
Clermont-Ferrand - alhoste@chu-clermont- Sud, Bruxelles – Belgique - ppee- Catholique de Louvain – Bruxelles - Belgique
ferrand.fr [email protected] THELEN P. - RIM Maussins-Nollet – 67, rue
LOUSTAU O. - Service Central de Radiologie PESSIS E. - Service Radiologie B, Hôpital de Romainville - 75019 Paris
et d’Imagerie Médicale Hôpital Purpan - Cochin (Paris)
THEUMANN N. - Service de radiodiagnos-
31000 Toulouse PEY F. - Service Central de Radiologie et tic et de radiologie interventionnelle - CHUV-
MAINARD D. - Service de chirurgie orthopé- d’Imagerie Médicale Hôpital Purpan - 31000 1011 Lausanne – Suisse - nico-
dique, traumatologique et arthroscopique, Toulouse [email protected]
CHU Nancy PHAM T. - Service de Rhumatologie - Hôpital THÉVENIN F. - Service Radiologie B, CHU -
MALDAGUE B. - Service de radiologie, de la Conception - 147, Boulevard Baille – Hôpital Cochin (Paris)
Cliniques universitaires Saint-Luc - 13000 Marseille – France - thao.pham@mail-
ap-hm.fr TOMENO B. - Service d’Orthopédie B,
Université Catholique de Louvain – Bruxelles Hôpital Cochin (Paris)
- Belgique PINOIT Y. - Service d’Orthopédie C, Hôpital
Salengro, CHRU de Lille - 59037 Lille Cedex VALLÉE C. - Service d’imagerie médicale -
MALGHEM J. - Service de Radiologie - Hôpital Raymond Poncaré (AP-HP) - Faculté
Cliniques universitaires Saint-Luc – RADIER C. - RIM Maussins-Nollet – 67, rue de médecine Paris Ile de France Ouest – 104,
Université Catholique de Louvain - Avenue de Romainville - 75019 Paris bd Raymond Poincaré - 92380 Garches -
Hippocrate, 10 - B-1200 – Bruxelles – RAILHAC J.-J. - Service Central de Radiologie [email protected]
Belgique [email protected] - Place du Dr Baylac – 31059 Toulouse -
VAN GAVER M. - Institut régional de
MARTY C. - Service de rééducation fonction- France - [email protected]
Médecine Physique et de Réadaptation,
nelle - Hôpital Raymond Poncaré (AP-HP) - RENOUX J. - GH Pitié-Salpêtrière Sce de Nancy
Faculté de médecine Paris Ile de France Radiologie polyvalente et interventionnelle
Ouest – 104, bd Raymond Poincaré - 92380 VANDE BERG B. - Service de Radiologie -
(Pr Grenier) - Cours des consultations - bd
Garches - [email protected] Cliniques universitaires Saint-Luc –
de l’Hôpital - 75013 Paris
Université Catholique de Louvain Avenue
MATHIEU P. - Cabinet de Radiologie de RIANT T. - Service de Neurotraumatologie, Hippocrate, 10 B-1200 Bruxelles – Belgique -
l’Appareil Moteur – 5, rue A. Bruneau - Hôtel Dieu - Nantes (Pr R. Robert) [email protected]
75016 Paris
RICHARDI G. - Service central d’imagerie VIAL J. - Service central d’imagerie médica-
MAY O. - Lille – France - olivier- médicale – CHU Purpan - 31059 Toulouse le – CHU Purpan - 31059 Toulouse
[email protected] RICHARME D. - Orthopédie A, CHU Cochin VIDALIN H. - Clinique des Dômes – 105 ave-
MAZIÈRES B. - Institut de l’Appareil - 75000 Paris nue de la République – 63050 Clermont-
Locomoteur - Hôpital Purpan - 31000 ROBERT R. - Sce de Neurotraumatologie, Ferrand cedex 2
Toulouse Hôtel Dieu - Nantes VUILLEMIN-BODAGHI V. - Cabinet de
MIGAUD H. - Centre Hospitalier ROCH D. - Service d’Imagerie Guilloz, CHU Radiologie de l’Appareil Moteur – 5, rue A.
Universitaire de Lille, Hôpital Roger Nancy Bruneau - 75016 Paris - Hôpital Européen
Salengro, Service d’Orthopédie C - 59037 Georges Pompidou – 20, rue Leblanc - 75015
Lille Cedex, France - [email protected] RODINEAU J. - Consultation de traumatolo-
gie du sport – Hôpital de la Salpêtrière - Paris - [email protected]
MOINARD M. - Service de Radiologie A - 75013 Paris - [email protected] WITTE Y. - Service d’Imagerie Guilloz, CHU
CHU Pellegrin - Place Amélie Raba-Léon - Nancy
33076 Bordeaux - maryse.moinard@chu- ROLLAND E. - Département de chirurgie
bordeaux.fr orthopédique - Hôpital Pitié Salpétrière - WYBIER M. Cabinet de Radiologie de
75000 Paris l’Appareil Moteur – 5, rue A. Bruneau -
MONNIN C. - Polyclinique du Bois, 44 av. 75016 Paris - [email protected]
Marx Dormoy - 59000 Lille ROUSSEAU M.A. - Département de chirur-
gie orthopédique - Hôpital Pitié Salpétrière – paris.fr
MOREL M. - Hôpital Roger Salengro, CHRU 75000 Paris WYLER A. - Service de Radiologie ostéo-arti-
de Lille culaire, Hôpital Lariboisière, Paris
SANS N. - Service central d’imagerie médi-
MORVAN G. - Cabinet de Radiologie de cale - Place du Dr Baylac – CHU Purpan - ZEITOUN-EISS D. - GH Pitié-Salpêtrière
l’Appareil Moteur – 5, rue A. Bruneau - 31059 Toulouse [email protected] Sce de Radiologie polyvalente et interven-
75016 Paris - [email protected] tionnelle (Pr Grenier) - Cours des consulta-
SARI-ALI E. - Département de chirurgie
MUTSCHLER C. - Hôpital Européen orthopédique - Hôpital Pitié Salpétrière – tions - bd de l’Hôpital - 75013 Paris
Georges Pompidou – 20, rue Leblanc - 75015 75000 Paris
Paris
SBIHI S. - Service d’Orthopédie, Hôpital
PARIER J. - Clinique Maussins-Nollet - 67, Saint-Joseph 26, bd de Louvain - 13008
rue de Romainville - 75019 Paris Marseille
S ommaire
BASSIN OSTÉO-ARTICULAIRE
BASSIN ABARTICULAIRE
Diagnostic des calcifications des parties molles du bassin (cavité pelvienne exclue)
M. WYBIER, V. BOUSSON, J.-D. LAREDO .................................................................................................................................................................129
Ostéoarthropathie du pubis
N. SANS, O. LOUSTAU, A. LHOSTE, J. VIAL, H. CHIAVASSA-GANDOIS, G. RICHARDI, J.-J. RAILHAC .....................185
HANCHE ABARTICULAIRE
HANCHE PÉDIATRIQUE
HANCHE ARTICULAIRE
Ostéonécrose de la tête fémorale non traumatique – Facteurs pronostiques et mise au point sur L’IRM
F. PEY, J.-J. RAILHAC, N. SANS, A. BROUCHET, O. LOUSTAU, H. CHIAVASSA-GANDOIS, P. CHIRON,
B. MAZIERES ..................................................................................................................................................................................................................................297
IRM et coxarthrose
O. HAUGER, M. MOINARD, S. BRUNOT, F. DIARD.............................................................................................................................................349
Le conflit PTH-iliopsoas
O. FANTINO, M.H. FESSY .....................................................................................................................................................................................................467
Réaliser un livre de cette qualité n’est pas chose aisée ! Les auteurs, toujours débordés par de multiples
sollicitations, remettent leurs textes en retard, il faut relire ces chapitres, proposer des corrections, faire
respecter les instructions aux auteurs… Peu de lecteurs se rendent compte de la quantité de travail néces-
saire pour parvenir à éditer cet ouvrage à temps et le remettre aux participants le jour du congrès. Pour
réaliser cette véritable “performance” renouvelée chaque année, il faut la conjonction de plusieurs élé-
ments favorables (et ce n’est pas de l’astrologie !). Il faut d’abord citer le professionnalisme de notre édi-
teur Sauramps Médical ; la volonté de perfection et l’exceptionnelle disponibilité de Madame Malvaut ainsi
que la qualité des relations de notre groupe avec Monsieur Torreilles font en sorte que chaque année, il
soit possible de publier un “beau” livre. Ensuite, il faut louer le travail des auteurs qui ont mis un point
d’honneur à effectuer un travail original correspondant strictement à la demande pour éviter les redites et
les contradictions souvent présentes dans ce type d’ouvrage à “auteurs multiples”. Ce fut aussi le rôle de
nos relecteurs dont le travail permet d’augmenter la qualité globale de l’ouvrage en optimisant chaque cha-
pitre par leurs corrections mais surtout par leurs remarques, leurs demandes de précisions, de références.
Quand un auteur reçoit 4 pages de commentaires d’un relecteur, il est d’abord énervé, car il voit son
“œuvre” contestée mais aussi parce qu’il pense au travail supplémentaire que cela va lui demander… Puis,
après avoir effectué les modifications demandées, il se rend souvent compte de l’importante progression
réalisée et est fort heureux d’avoir pu ainsi améliorer son travail.
Et puis, il faut dire, redire, insister et rappeler encore, le rôle capital de notre secrétaire général adjoint,
Hervé Bard, dans la parution de l’ouvrage ; c’est lui qui, aidé efficacement par Marie Baichère, autre pilier
indispensable de notre groupe, relance, corrige, modifie avec diplomatie, et transforme une succession de
chapitres en un ouvrage homogène d’une grande qualité.
Parlons un peu de notre groupe. Dans cette spécialité d’organe que constitue l’appareil locomoteur, il est
agréable de constater qu’une société de 1200 membres composée d’imageurs et de cliniciens se soit déve-
loppée leur permettant de confronter leur expérience. “L’union fait la force” est la devise de la Belgique,
c’est également capital pour l’évolution de notre pratique. A l’heure de la réglementation, du contrôle per-
manent, seule une structure “puissante” comme la nôtre est à même d’être considérée comme un interlo-
cuteur valable ; elle peut ainsi éditer ses propres règles de conduite décidées en commun par les profes-
sionnels compétents et non pas imposées par des administratifs obéissant à des vues purement comp-
tables. La SIMS, regroupant le Getroa et le Gel, est la société d’organe représentative de la Société
Française de Radiologie pour l’appareil locomoteur, elle a développé d’importants partenariats avec la
Société Française de Rhumatologie, la Sofcot, la Société Française de Traumatologie Sportive, la Musculo-
skeletal Society et la société musculo-squelettique européenne. Cette expansion doit encore être dévelop-
pée. C’est le travail de tous les membres ; ils doivent contribuer à faire connaître et à promouvoir notre
société ; elle n’est pas confinée à un petit cénacle de spécialistes parisiens mais doit intéresser tous les
médecins francophones, imageurs ou non, soucieux de mieux connaître et d’intégrer dans leur pratique les
différentes techniques d’imagerie de l’appareil locomoteur. De plus, il faudra certainement à l’avenir
s’affranchir de notre “spécificité linguistique française”, c’est actuellement un facteur de cohésion mais il
ne faut pas que cela bride notre développement et notre reconnaissance à l’étranger.
Le conseil d’administration de la SIMS m’a confié, pour 2 ans, la présidence de la société ; j’en suis très
honoré et il est difficile pour moi de succéder à Jacky Malghem, l’un de mes maîtres les plus chers.
J’essaierai, avec vous, de développer au mieux notre SIMS, qu’elle soit plus proche encore de nos besoins
d’informations, pour améliorer notre pratique médicale quotidienne, la rendre plus performante et opti-
miser ainsi le service rendu au patient.
Jean-Louis BRASSEUR
Président de la SIMS
BASSIN
OSTEO-ARTICULAIRE
Biomécanique du complexe lombo-pelvi fémoral
BIOMÉCANIQUE DU COMPLEXE
LOMBO-PELVI-FÉMORAL.
CONSÉQUENCES FONCTIONNELLES
DES RELATIONS HANCHE RACHIS
L’équilibre du tronc a été particulièrement étudié vienne”. Stagnara [2] en 1982 a montré l’étroite
par les chirurgiens du rachis, en particulier dans le corrélation entre la lordose lombaire et la pente
cadre des perturbations évolutives de l’équilibre sacrée. En 1985, During [3] fournit un paramètre
sagittal générées par les longues arthrodèses pos- angulaire évaluant l’orientation du sacrum dans
térieures. Mais pendant longtemps l’analyse est le plan sagittal : l’angle pelvi-sacré.
restée très élémentaire, s’intéressant essentielle-
ment à la lordose lombaire. Les travaux de Duval-Beaupère [4,5] et Legaye
[6] ont donné une autre dimension à ces obser-
Les travaux récents évaluent de nombreux vations radiologiques : l’ensemble rachis-pelvis
paramètres radiologiques anatomiques et fonc- s’organise pour atteindre un équilibre dit “éco-
tionnels : ils montrent que l’équilibre sagittal du nomique”.
tronc est avant tout la manifestation d’une straté-
gie posturale parfois très différente d’un sujet à
l’autre. L’inter-relation entre le rachis et le socle PRINCIPES FONDAMENTAUX
pelvien a été remarquée plus tardivement. Dès
1980, Dubousset [1] a souligné cette notion en Chaque sujet est caractérisé par un paramètre
considérant le bassin comme une “vertèbre pel- “morphologique” : “l’incidence” (fig. 1) qui repré-
17
Bassin et Hanche
sente de façon schématique “l’épaisseur du bassin”. Les rapports entre la situation du rachis dans le
L’adaptation d’autres facteurs “fonctionnels” (fig. plan sagittal et la position des acétabulums (et donc
2), comme la version pelvienne et les paramètres le fonctionnement des articulations coxo-fémo-
rachidiens (pente sacrée, lordose lombaire, cypho- rales) sont moins connus [10, 11]. Pourtant, il s’agit
se thoracique en particulier) permet de positionner d’un sujet capital à la fois pour expliquer les consé-
de façon spécifique le centre de gravité du segment quences étonnantes de certaines arthrodèses rachi-
corporel supporté par les têtes fémorales par rap- diennes sur les hanches et pour éviter certaines dif-
port au socle pelvien. Ceci permet de maintenir ficultés de réglage de prothèses au dessous d’un
l’équilibre au prix d’un effort musculaire minimal. rachis enraidi. Les positions debout, assis, allongé,
Les travaux de Legaye ont précisé ces données en ou accroupi correspondent à des “instantanés” d’un
insistant sur une chaîne d’interdépendance entre mouvement complexe faisant intervenir la souples-
les paramètres pelviens et rachidiens, notion repri- se rachidienne, les variations de lordose lombaire,
se par des études plus récentes [7, 8, 9]. En particu- la bascule du sacrum et la flexion des hanches pro-
lier l’incidence pelvienne I, la pente sacrée P.S. et la prement dite [12, 13, 14, 15].
version pelvienne V.P. sont liées par une formule
géométrique : I = P.S. + V.P. (fig. 3).
Fig. 2 :
Angle de version pelvienne :
Cet angle est formé par le plan vertical et la ligne joignant le centre du plateau sacré au centre des têtes fémorales.
Valeur moyenne : 12° – (D.S : 6°).
Angle de pente sacrée :
Cet angle est formé par la tangente au plateau supérieur de S1 et l’horizontale.
Valeur moyenne : 39° - 42° – (D.S. : 8°-9°).
18
Biomécanique du complexe lombo-pelvi fémoral
19
Bassin et Hanche
Fig. 4 :
Spécificité posturale de la position debout
Valeur élevée pour l’angle de pente sacrée
Valeur faible pour l’angle de version pelvienne
20
Biomécanique du complexe lombo-pelvi fémoral
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
Fig. 5 :
Position debout atypique :
Noter la version pelvienne postérieure identifiable par
l’aspect vertical du sacrum et le relatif flexum adaptatif des
hanches.
En position assise
21
Bassin et Hanche
Fig. 6 : Spécificité posturale de la position assise. Faible valeur de l’angle de pente sacrée. Valeur élevée pour l’angle de version
pelvienne
22
Biomécanique du complexe lombo-pelvi fémoral
iliaques antéro-supérieures (ou le milieu du tabulaire (fig. 7) [13]. Cet angle est un angle mor-
segment les joignant sur la vue de profil) et le phologique, propre à chaque sujet sur une hanche
pôle supérieur de la symphyse pubienne. Le vierge, tout comme l’angle d’incidence. Il tient
plan de Lewinnek est parfois difficile à tracer compte de “l’épaisseur du bassin” mais également
en position debout sur les clichés de profil en de l’encastrement du sacrum par rapport aux
raison du décalage entre les épines iliaques ailes iliaques. En cas d’implantation de prothèse
antéro-supérieures et des incertitudes de totale de hanche, son réglage reste aujourd’hui
repérage de la symphyse pubienne chez les aléatoire au moment de l’implantation de la cupu-
patients obèses. Dans plus de 50 % des cas, le le prothétique.
plan de Lewinnek ne peut être tracé en posi-
tion assise alors que la pente sacrée est tou- En position debout, la valeur de la pente sacrée
jours mesurable. est élevée alors que l’angle de bascule acétabulai-
❍ Le risque majoré d’erreurs inter et intra- re est faible. Inversement, en position assise, la
observateurs observé pour la localisation du pente sacrée diminue et la bascule acétabulaire
plan de Lewinnek rend cette évaluation moins augmente. Ces variations de bascule acétabulaire
fiable que celle de la pente sacrée dont la contribuent à modifier l’orientation du cône de
reproductibilité est connue pour la quantifica- mobilité fonctionnelle généré par la morphologie
tion de la bascule du bassin. et la situation du cotyle prothétique.
Fig. 7 : Variations de la pente sacrée et de la bascule acétabulaire en fonction de la position debout ou assis.
L’angle sacro-acétabulaire reste fixe car il s’agit d’un angle morphologique (comme l’angle d’incidence).
23
Bassin et Hanche
Fig. 8 :
Conflits postérieurs sur bassin en
version postérieure excessive.
24
Biomécanique du complexe lombo-pelvi fémoral
25
Bassin et Hanche
❍ La deuxième population à risque est celle des elles se heurtent cependant à des difficultés
patients présentant une incidence faible donc méthodologiques liées avant tout au centrage
une “épaisseur” théorique du bassin particu- du rayon incident pour le calcul d’une anté-
lièrement étroite. Ces sujets ont peu de version “projetée” différente de “l’antéversion
marges d’adaptation, les valeurs numériques anatomique” [18, 19]. Les calculs effectués
absolues de la version et de la pente sacrée sur des clichés debout et couché donnent, en
étant faibles. En position assise, on peut même outre, des valeurs différentes. Seki [20] préci-
observer des angles de pente sacrée négative. se seulement qu’une version postérieure du
Le morphotype lombaire comporte une faible bassin et une réduction de la lordose lombai-
lordose et le dos est globalement plat. Les re sur le sujet en position debout induisent
sujets utilisent leurs hanches plutôt dans le une plus grande antéversion projetée calculée
secteur de l’extension, ce qui est particulière- sur les radiographies simples.
ment critique dès qu’une version postérieure ❍ Les mesures par scanner sont censées évaluer
supplémentaire apparaît. Les hanches sont directement l’antéversion anatomique à partir
alors surmenées en extension ; ceci génère des de coupes transversales [21]. L’orientation de
conflits postérieurs avec des phénomènes de ces coupes par rapport au plan sagittal est lais-
subluxation antérieure en position debout et sée à l’appréciation du radiologue sans critère
en particulier au cours du pas postérieur. Le précis de standardisation alors que ceci condi-
mécanisme de compensation offert par les tionne de façon essentielle les valeurs angu-
hanches est vite dépassé car la réserve laires mesurées [22]. Les mesures au scanner
d’extension est limitée, obligeant les malades ne solutionnent pas tous les problèmes : Anda
à s’adapter en flexum de hanche et de genou. [23] insiste sur le manque de reproductibilité
des mesures d’antéversion en raison de
l’inclinaison pelvienne variable dans le plan
L’orientation transversale de sagittal. Il montre une relation presque linéai-
l’acétabulum : antéversion anatomique re entre la variation d’antéversion et la bascu-
et antéversion fonctionnelle le du plan de coupe par rapport au bassin : la
variation d’antéversion mesurée est d’environ
0,5° pour 1 degré de rotation du plan de coupe.
Données classiques
L’évaluation de la posture lombosacrée et de son
Le terme d’antéversion acétabulaire décrit des
influence sur la bascule sagittale de la cupule pro-
caractéristiques géométriques fort différentes
thétique montre bien que la mesure de
selon les auteurs. L’antéversion “de l’anatomiste”
l’antéversion ne doit pas être liée à une orienta-
est évaluée dans un plan transversal faisant réfé-
tion arbitraire des plans de coupe au scanner. La
rence à la position du sujet en décubitus dorsal.
référence anatomique à un plan standardisé a été
L’antéversion dite “chirurgicale” définie par
proposée par MacKibbin [24]. Il s’agit du plan qui
Murray [17] correspond à l’orientation sagittale
passe par les tubercules pubiens antérieurs et les
de l’acétabulum positionné dans le bassin
épines iliaques antéro-supérieures ; l’antéversion
osseux ; elle est liée à la version antérieure ou acétabulaire devrait être mesurée selon un plan
postérieure du bloc pelvien [3]. transverse perpendiculaire à ce plan de référence.
❍ Les mesures pratiquées sur les radiographies Mais ce plan ne correspond pas à des situations
standards de face restent classiques pour éva- anatomiques utiles et reproductibles pour
luer l’antéversion des pièces acétabulaires ; l’évaluation pratique des patients.
26
Biomécanique du complexe lombo-pelvi fémoral
La pratique de coupes scanner réalisées dans le d’observer des changements très importants dans
plan horizontal correspondant à la position l’orientation de l’acétabulum. En position debout,
debout, assise, allongée ou accroupie peut sem- l’antéversion transversale est moins importante
bler une utopie technique. Même en demandant qu’en position assise où l’acétabulum s’ouvre
aux patients de fléchir les hanches dans la machi- complètement en avant favorisant ainsi la flexion
ne, il est impossible de reconstituer exactement la de hanche et évitant le conflit sur le col fémoral.
position du sujet en situation assise et en particu- En position allongée, membres inférieurs en
lier sa bascule pelvienne. extension, la bascule du bassin est souvent plus
importante qu’en position debout avec une lordo-
se plus accentuée et l’antéversion est encore plus
Le concept d’antéversion fonctionnelle réduite qu’en position debout. On se rend compte
alors que les mesures classiques réalisées au
Les confusions concernant la définition de scanner ne représentent qu’un instantané des
l’antéversion, l’absence de prise en compte de la positions du sujet, ne reflétant que rarement la
position sagittale du bassin pourtant essentielle situation luxante pour une prothèse instable ou la
dans les possibles conflits prothétiques [25, 26, position de conflit pour une pathologie micro-
27], nous ont fait proposer l’analyse d’un nouveau
traumatique par subluxation.
paramètre, l’antéversion fonctionnelle, calculée
sur les coupes scanner en fonction de la pente
sacrée mesurée sur le cliché standard de profil
préalablement pratiqué [10].
27
Bassin et Hanche
28
Biomécanique du complexe lombo-pelvi fémoral
La notion d’une “normalité” de la posture pel- (fig. 13). La méconnaissance de ces problèmes
vienne définie sur un sujet en position stricte- peut faire ignorer certaines causes de douleurs
ment anatomique, les deux ailes iliaques se pro- de hanche et de la charnière lombosacrée ou cer-
jetant exactement symétriques par rapport à tains mécanismes à l’origine d’une coxarthrose.
l’axe longitudinal du tronc nous semble artificiel- Dans le domaine des arthroplasties totales de
le. La pratique de clichés debout et assis de face hanche, on peut ainsi expliquer des phénomènes
dans la “position habituelle” du sujet est particu- de luxation, de subluxation ou d’inconfort expri-
lièrement instructive. Il est fréquent de rencon- més par les malades mais difficiles à com-
trer de façon reproductible une avancée d’un prendre. Sur ces prothèses qui ne vont pas bien,
hémi-bassin et donc un recul de l’hémi-bassin le problème n’est pas le secteur d’amplitude
controlatéral ce que les posturologues qualifient absolue qui est souvent très bon mais le déséqui-
du terme “d’iliaque antérieur” ou “d’iliaque pos- libre d’orientation du cône de mobilité généré par
térieur”. Ce phénomène de “vrillage” du bassin la posture spécifique [32].
29
Bassin et Hanche
Fig. 13a : Analyse globale du tronc en position debout par le système EOS® : scoliose thoraco-lombaire qui
intègre la vertèbre pelvienne dans la déformation : noter l’aspect en iliaque antérieur droit (aile iliaque droite
moins “déroulée” que la gauche), ce qui augmente l’antéversion fonctionnelle du cotyle.
La patiente présente une forte incidence pelvienne qui projette en avant les têtes fémorales ; elle doit s’équilibrer
en hyperextension des hanches, ce qui pose problème au niveau de la hanche droite dont on observe la tendance
à la subluxation antérieure.
30
Biomécanique du complexe lombo-pelvi fémoral
Fig. 13b : Vue latérale. Face. Vue latérale. Evolution de la posture du même sujet en position assise et accroupie : Noter les
modifications d’orientation du bassin.
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
31
Bassin et Hanche
L’impact de la bascule de bassin peut être para- giques ne représentent néanmoins qu’un “ins-
sité par des antéversions fémorales atypiques, en tantané” des situations posturales de nos
particulier lors des implantations de prothèse patients.
totale de hanche. Une hyper-antéversion fémora- ❍ L’analyse du bassin découle des constatations
le tend à limiter la réserve de rotation externe réalisées sur le rachis : cette “grosse vertèbre”
debout et provoque une rotation interne “automa- [4] gère les adaptations complexes du secteur
tique” en position assise parfois très gênante. A sous pelvien, en particulier l’orientation des
l’inverse, la rétroversion fémorale provoque géné- acétabulums et donc les secteurs de mobilité
ralement une tendance à la rotation externe en des hanches.
position debout et assise. L’examen clinique du
❍ L’implantation d’une cupule prothétique ne
patient en position de relaxation en décubitus
doit pas être seulement raisonnée dans le plan
dorsal ou en position assise renseigne sur ces
frontal en terme d’abduction, ou dans le plan
situations anatomofonctionnelles. Les clichés de
transversal “en terme d’antéversion” mais
face assis et debout permettent de quantifier de
bien aussi dans le plan sagittal en terme de
façon objective ces phénomènes.
bascule. Cette bascule acétabulaire est condi-
tionnée par l’angle sacro-acétabulaire, para-
mètre morphologique propre à chaque indivi-
CONCLUSION
du avant arthroplastie et difficile à gérer pour
le chirurgien de la hanche.
❍ La connaissance de la mécanique de la char-
nière lombosacrée est essentielle aussi bien ❍ L’utilisation de nouveaux outils de mesure
pour le spécialiste en chirurgie du rachis que comme la pratique très simple de scanners en
pour le chirurgien amené à poser des pro- situation fonctionnelle restituant
thèses de hanche sur des sujets âgés présen- l’antéversion vraie de l’acétabulum doivent
tant une anomalie de posture sagittale et/ou nous faire réfléchir différemment.
une réduction importante des amplitudes ❍ Dans cette approche tridimensionnelle du
fonctionnelles. complexe spino-pelvi-fémoral, Le système
❍ La réflexion sur l’équilibre sagittal du tronc EOS® constitue une véritable révolution
ne doit donc pas s’arrêter à la simple analyse puisque cette technologie nous procure une
du cliché de profil de rachis debout. La posi- vision dans l’espace des situations fonction-
tion des hanches est essentielle. Les clichés nelles essentielles comme les positions
assis nous montrent d’importantes variations debout et assise.
d’équilibre. Tous ces documents radiolo-
32
Biomécanique du complexe lombo-pelvi fémoral
Bibliographie
[1] DUBOUSSET J. – Le bassin “os intercalaire”. Monographie [17] MURRAY D.W. – The definition and measurement of aceta-
du GES. 1984 ; Paris ; 15-22. bular orientation. J Bone Joint Surg 1992 ; 75B: 228-232.
[2] STAGNARA P., DE MAUROY J.C., DRAN G., GONON G.P., [18] HASSAN D.M., JOHNSTON G.H., DUST W.N., WATSON
COSTANZO G., DIMNET J., PASQUET A. – Reciprocal angula- L.G., CASSIDY D. – Radiographic calculation of anteversion in
tion of vertebral bodies in a sagittal plane: approach to refe- acetabular prostheses. J Arthroplasty 1995 ; 10: 369-372.
rences for the evaluation of kyphosis and lordosis. Spine 1982;
7(4): 335-42. [19] HERRLIN K., SELVIK G., PETTERSON H. – Space orienta-
tion of total hip prosthesis. A method for three-dimensional
[3] DURING J., GOUDFROOIJ H., KEESSEN W., BEEKER T.W., determination. Acta Radiol 1986; 27: 619-627.
CROWE A. – Toward standards for posture. Postural characte-
ristics of the lower back system in normal and pathologic condi- [20] SEKI M., YUASA N., OHKUNI K. – Analysis of optimal
tions. Spine 1985; 10(1): 83-7. range of socket orientations in total hip arthroplasty with use of
computer-aided design simulation. J Orthop Res 1998; 16: 513-
[4] DUVAL-BEAUPERE G., ROBAIN G. – Visualization on full 517.
spine radiographs of the anatomical connections of the centres
of the segmental body mass supported by each vertebra and [21] ACKLAND M.K., BOURNE W.B., UHTHOFF H.K. –
measured in vivo. Intern Orthop 1987; 11(3): 261-9. Anteversion of the acetabular cup. Measurement of angle after
total hip replacement. J Bone Joint Surg 1986; 68B: 409-413.
[5] DUVAL-BEAUPERE G., SCHMIDT C., COSSON P. – A
Barycentremetric study of the sagittal shape of spine and pelvis: [22] ALA EDDINE T., MIGAUD H., CHANTELOT C., COTTEN
the conditions required for an economic standing position. Ann A., FONTAINE C., DUQUENNOY A. – Variations of pelvic ante-
Biomed Engin 1992; 20(4): 451-62. version in the lying and standing positions: analysis of 24
control subjects and implications for CT measurement of posi-
[6] LEGAYE J., DUVAL-BEAUPERE G., HECQUET J., MARTY tion of a prosthetic cup. Surg Radiol Anat 2001; 23: 105-102.
C. – Pelvic incidence: a fundamental pelvic parameter for three-
dimensional regulation of spinal sagittal curves. Eur Spine J [23] ANDA S., SVENNINGSEN S., GRONTVEDT T., BENUM P.
1998; 7(2): 99-103. – Pelvic inclination and spatial orientation of the acetabulum. A
radiographic, computed tomographic and clinical investigation.
[7] JACKSON R.P., MCMANUS A.C. – Radiographic analysis of Acta Radiol 1990 ; 31: 389-394.
sagittal plane alignment and balance in standing volunteers and
patients with low back pain matched for age, sex, and size. [24] MCKIBBIN B. – Anatomical factors in the stability of the hip
Spine 1994;19: 1611-8. joint in the newborn. J Joint Bone Surg 1991; 52B: 148.
[8] MANGIONE P., SENEGAS J. – Sagittal balance of the spine. [25] CHANDLER D.R., GLOUSMAN R., HULL D. et al. –
Rev Chir Orthop 1997; 83(1): 22-32. Prosthetic hip range of motion and impingement. The effects of
head and neck geometry. Clin Orthop Relat Res 1982: 284-91.
[9] RILLARDON L., LEVASSOR N., GUIGUI P., WODECKI P.,
CARDINNE L., TEMPLIER A., SKALLI W. – Validation of a tool [26] D’LIMA D.D., URQUHART A.G., BUEHLER K.O. et al. –
to measure pelvic and spinal parameters of sagittal balance. Rev The effect of the orientation of the acetabular and femoral com-
Chir Orthop 2003; 89(3): 218-27. ponents on the range of motion of the hip at different headneck
ratios. J Bone Joint Surg Am 2000; 82: 315-21.
[10] LAZENNEC J.Y., CHARLOT N., GORIN M. et al. – Hip-
spine relationship: a radio-anatomical study for optimization in [27] TERVER S., DILLINGHAM M., PARKER B. et al. – True
acetabular cup positioning. Surg Radiol Anat 2004; 26: 136-44. orientation of the acetabulum as determined by CAT scan.
Preliminary results. J Radiol 1982; 63: 167-73.
[11] LAZENNEC J.Y., SAILLANT G. – Prothèse totale de hanche :
[28] LAZENNEC J.Y., RAMARE S., ARAFATI N. et al. – Sagittal
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
33
Etude critique des mesures de l’équilibre pelvien
35
Bassin et Hanche
Fig. 1 : Bassin de face en charge normalement équilibré. Fig. 2 : Bassin de profil en charge. Superposition correcte
Alignement des structures médianes. des têtes fémorales et des épines iliaques.
36
Etude critique des mesures de l’équilibre pelvien
Plan axial
Detector
Fig. 3 : Appareil de radiologie a basses doses EOS (société Biospace). Vue d’ensemble et principe d’acquisition simultanée des
images orthogonales en charge. Voir aussi la figure 6.
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
37
Bassin et Hanche
en effet la même signification, les mêmes consé- sportif. Par ailleurs, la nomenclature des actes rela-
quences, les mêmes implications thérapeutiques chez tifs aux chaussures orthopédiques ne prend en
un sujet mesurant 1,50 m qu’un autre de 2,10 m ? compte des chaussures de classe “A” qu’à partir
Surtout, il est essentiel d’apprécier le retentissement d’une compensation supérieure ou égale à 20 mm.
éventuel d’une bascule pelvienne sur le rachis, cer- Il est donc difficile de se faire une opinion, hormis
taines différences de hauteur aux hanches étant com- la fonder sur le bon sens et raisonner sur un plan
pensées au bassin et ne retentissent pas sur le rachis, fonctionnel. Prenons l’exemple d’une insuffisance
le plateau sacré restant parfaitement horizontal. de la couverture externe de hanche. S’il n’y a pas
de bascule du bassin, on est face à une donnée ana-
tomique : l’angle VCE de Wiberg qui peut être nor-
mal, limite ou dysplasique. S’il est limite, un
membre inférieur plus court du côté de la dysplasie
peut être favorable en majorant cette couverture ;
s’il est en revanche plus long (fig. 5) il peut être rai-
sonnable de compenser le côté controlatéral pour
l’augmenter et répartir ainsi les contraintes sur des
surfaces articulaires acétabulaires et fémorales
plus importantes. Ceci aura aussi pour avantage de
corriger une attitude vicieuse rachidienne (scolio-
tique) afin de préserver sa biomécanique pour évi-
ter des manifestations dégénératives ultérieures.
38
Etude critique des mesures de l’équilibre pelvien
Plan axial
Fig. 6 : Exemples de reconstructions 3D du bassin en charge ; il est aisé de déterminer une éventuelle rotation pelvienne dans
le plan transversal. On peut également obtenir des reconstructions sagittales et obliques et y faire des mesures.
39
Bassin et Hanche
40
Etude critique des mesures de l’équilibre pelvien
VERSION PELVIENNE
PORTE A FAUX
Anatomique
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
41
Bassin et Hanche
VERSION
PELVIENNE (*)
CYPHOSE (*)
Fig. 9 : Tableau des corrélations entre incidence pelvienne, pente sacrée, lordose lombaire, cyphose thoracique.
INCIDENCE
N = 148
Moy = 53.17
DS = 9°
-6 -5 -4 -3 -2 -1 0 1 2 3 4 5 6
-1SD +1SD
Fig. 10 : Distribution de la valeur de l’incidence pelvienne dans une population adulte.
42
Etude critique des mesures de l’équilibre pelvien
Les paramètres rachidiens posturaux sacrum (distance SVA). Mais il y a une mauvaise
visibilité et reproductibilité et de faibles corréla-
La lordose lombaire (fig. 11). Sa définition est tions de ce paramètre avec les autres. D’autres
variable selon les auteurs et il faut être vigilant utilisent la verticale menée à partir des conduits
avant de comparer les différentes études. Elle est auditifs externes.
définie par l’angle formé soit par le plateau supé-
rieur de L1 et le plateau sacré, soit par le plateau
supérieur de L1 et le plateau inférieur de L5, soit
par le plateau supérieur de la vertèbre jonction-
nelle et le plateau sacré. Nous préférons cette der-
nière définition qui nous paraît plus logique que
celles proposées par les auteurs anglo-saxons car
nous raisonnons sur la fonction et non sur la
région anatomique. Nous notons le nombre de
vertèbres dans la lordose.
43
Bassin et Hanche
Les paramètres pelviens anatomiques Les paramètres du sacrum : angle sacré, angle
sacrococcygien, S1 supérieur, S1 inférieur sont éga-
L’incidence pelvienne a été définie précédem- lement corrélés aux autres paramètres. Ainsi, plus
ment. l’incidence pelvienne est grande, plus le sacrum est
basculé, incurvé et enfoncé entre les ailes iliaques,
Le PRS1 (Pelvis Radius) défini par Jackson [24]. plus l’épaisseur est petite, et le plateau sacré et le
Il est formé par la droite qui joint le coin postéro plateau inférieur de S2 tendent à diverger vers
supérieur du sacrum au centre de l’axe bi-coxo- l’arrière et inversement (fig. 13) [26, 27, 28]. Le bas-
fémoral et par le plateau sacré (fig. 8). Mais les cor- sin est la pièce maîtresse du système articulaire
rélations avec les paramètres positionnels rachi- reliant rachis, bassin et membres inférieurs. Il fait
diens sont moins bonnes que l’incidence pelvienne. l’objet des travaux de recherche actuels et plus par-
ticulièrement l’orientation tridimensionnelle des
L’épaisseur est définie sur la radiographie de acetabulums qui est le lien entre le bassin et les axes
profil par la distance entre le plateau sacré et la mécaniques des membres inférieurs [29, 30, 31].
ligne joignant le milieu des têtes fémorales Lazennec a décrit un paramètre anatomique sagittal
(fig. 13) [25]. pour mesurer l’antéversion acétabulaire dans le plan
sagittal : l’angle sacro-acétabulaire (fig. 14) [32].
44
Etude critique des mesures de l’équilibre pelvien
Les paramètres pelviens posturaux : (fig. 8) Le porte-à-faux qui est la distance entre la pro-
jection verticale du milieu du plateau sacré et le
La pente sacrée qui est l’angle formé par le pla- centre de l’axe bi coxo-fémoral. Il représente lors
teau sacré (S1) et l’horizontale. Jackson préfère la d’une lecture rapide la situation approximative de
“Sacral Inclination” (tangente au bord postérieur la gravité.
du sacrum et horizontale) mais moins bien corré-
lée à la lordose que la pente sacrée à la lordose.
45
Bassin et Hanche
La version pelvienne est l’angle formé par la les genoux pour essayer de rétablir la ligne de
droite qui joint le milieu du plateau sacré au gravité en arrière des têtes fémorales.
centre de l’axe bi coxo-fémoral et la verticale. Si
cette droite est en arrière de la verticale, la valeur Les mesures peuvent se faire manuellement sur
de cet angle est positive et négative dans le cas les radiographies de 30 x 90 ou pour certains para-
inverse. Cet angle représente le degré d’extension mètres grâce à des logiciels de mesures sur les
des hanches. radiographies numérisées [Rachis 91 développé
par J. Hecquet Spine view (Surgiview Paris),
L’incidence pelvienne est la somme algébrique Sagittalspine (Optimage Lyon), système Biomod
de la pente sacrée et de la version pelvienne. en cours de développement)]. Certains logiciels
Ainsi, pour une même incidence pelvienne, en cas permettent la reconstruction 3D grâce à des sys-
de diminution de l’extension des hanches, la ver- tèmes stéréo-radiographiques (EOS, Biomod). Des
sion pelvienne diminue et donc la pente sacrée études ont montré pour certains paramètres (para-
augmente ainsi que la lordose lombaire à laquelle mètres sagittaux et angle de Cobb de face en cas
elle est corrélée (fig. 15a). S’il y a une diminution de scoliose) qu’il y a une bonne corrélation entre
de la lordose lombaire ou une cyphose, la pente les mesures manuelles sur radiographies clas-
sacrée diminue et ainsi la version pelvienne aug- siques ou sur radiographies numérisées avec les
mente ce qui traduit une augmentation de mesures assistées par ordinateur [32]. Les auteurs
l’extension des hanches (fig. 15b). En cas de ont montré que les mesures assistées par ordina-
cyphose importante lorsque la capacité teur permettent un gain de temps et de précision
d’extension des hanches est dépassée, le sujet plie par rapport aux méthodes manuelles [33, 34, 35].
PENTE SACRÉE
56° 42° 37°
11 mm 40 mm 51 mm
PORTE A FAUX
Fig. 15 : Variations des paramètres pelviens fonctionnels pour une même Incidence Pelvienne.
46
Etude critique des mesures de l’équilibre pelvien
La confrontation de l’examen clinique et de Une pente sacrée insuffisante traduit une rétro-
l’analyse radiologique permet dans la majorité version pelvienne. La pente sacrée diminue avec
des cas de situer l’origine du trouble de la statique le vieillissement et à un degré plus important en
du rachis (coxofémorale, sous pelvienne, lombai- cas de cyphose sus-jacente (tassements verté-
re, thoracique ou cervicale ?), d’en déterminer la braux, scoliose, cyphose lombaire dégénérati-
cause et d’en déduire une stratégie thérapeutique ve…) (fig. 17).
(rééducation, corset ou chirurgie).
Une diminution de la pente sacrée et de la lor-
Nombre de pathologies rachidiennes entraînant dose lombaire entraîne une avancée relative de la
des douleurs rachidiennes avec station debout et ligne de gravité pour devenir antérieure au rachis
marche pénibles sont dues à un déséquilibre lombaire puis en avant des têtes fémorales et
sagittal avec déplacement antérieur de la ligne de inversement une antéversion excessive du bassin
gravité. Le but des traitements est de rétablir (augmentation de la pente sacrée) entraîne une
l’équilibre sagittal. diminution du porte à faux et donc propulse la
ligne de gravité en avant et le sujet essaiera de
rétablir l’équilibre en augmentant la lordose lom-
Quelques applications cliniques baire et le nombre de vertèbres dans la lordose.
Une Pente Sacrée excessive doit faire examiner La valeur de l’incidence pelvienne est en
la force musculaire et la capacité d’extension des moyenne de 53° (min. 33.7 max. 77.5). Aux limites
hanches qui peut être limitée par une rétraction inférieure et supérieure de celle-ci, se situent des
ou par une pathologie articulaire (fig. 16). cas en situation pré-pathologique ou patholo-
Fig. 16 : A gauche hyperlordose lombaire et antéversion du bassin par rétraction des fléchisseurs de hanche : avancée de la
ligne de gravité.
À droite : après ténotomie des fléchisseurs de hanche, rétablissement d’un équilibre sagittal économique (ligne de gravité en
arrière des têtes fémorales).
47
Bassin et Hanche
Fig. 17 : Représentation 3D d’une scoliose dégénérative (logiciel J. Hecquet), cyphose lombaire, rétroversion du bassin et dépla-
cement antérieur de la ligne de gravité sur la représentation de profil à gauche.
gique. Ainsi, une grande incidence pelvienne En cas d’arthrodèse vertébrale, il est primordial
entraîne une grande pente sacrée et donc aug- de rétablir ou de préserver pour chaque individu
mente les sollicitations en cisaillement sur les une pente sacrée et des courbures sagittales cor-
étages lombaires inférieurs avec un risque de rélées à l’incidence pelvienne. La non observance
spondylolisthésis (par lyse isthmique chez de ces règles explique nombre de complications à
l’enfant et l’adolescent et dégénératif après 50 court ou long terme de ce type de chirurgie.
ans) [28, 36]. Inversement, une petite Incidence
Pelvienne entraîne une valeur faible voire négati- L’angle sacro-acétabulaire décrit par Lazennec
ve de la version pelvienne et donc un équilibre pourrait aider à comprendre et prévenir des cas
instable suscitant des efforts musculaires de d’instabilité de prothèse totale de hanche en par-
rééquilibration pouvant expliquer des lombalgies ticulier chez le sujet âgé [32]. Yoshimoto suggère
ou, chez le myopathe, une aggravation de la qu’une Incidence importante chez l’adulte jeune
marche (fig. 18). est un facteur de risque de développement d’une
48
Etude critique des mesures de l’équilibre pelvien
40°
V.P. -5°
Bibliographie
[1] LEGAYE J., HECQUET J., MARTY C., DUVAL-BEAUPERE [7] HOIKKA V., YLIKOSKI M., TALLROTH K. – Leg-length
G. – Equilibre sagittal du rachis : relations entre bassin et cour- inequality has poor correlation with lumbar scoliosis. Arch
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
bures rachidiennes sagittales en position debout. Rachis 1993; Orthop Traum Surg 1989; 108 : 173-75.
18: 61-65.
[8] DUBOUSSET J. – Acquisition de la station érigée et ses consé-
[2] VIDAL J., MARNAY T. – Déviations sagittales du rachis, essai quences. 9e congrès de la SIRER - PIACENTA 2004, pp. 10-16.
de classification en fonction de l’équilibre pelvien. Rev Chir
Orthop 1984 ; suppl II : 124-126. [9] KITAJIMA M., MAWATARI M., AITA K., SHIGEMATSU M.,
OGAWA K., HOTOKEBUCHI T. – A simple method to determine
[3] FRIBERG O. – Clinical symptoms and biomechanics of lum- the pelvic inclination angle based on anteroposterior radio-
bar spine and hip joint in leg length inequality. Spine 1983; 8 : graphs. J Orthop Sci. 2006;11 :342-6.
643-651.
[10] DUBOUSSET J., CHARPAK G., DORION I., SKALLI W.,
[4] GILES LGF – Lumbar spine structural changes associated LAVASTE F., DEGUISE J. et al. – Le Système EOS Nouvelle
with leg length. Inequality. Spine 1982 ; 7 : 159-162. Imagerie Ostéo-Articulaire basse dose en position debout. e-
mémoires de l’Académie Nationale de Chirurgie 2005 ; 4 : 22-27.
[5] KERBOULL M. – Le retentissement sur le rachis et le genou
des déformations invétérées de la hanche. Conférences [11] DUBOUSSET J., CHARPAK G., DORION I., SKALLI W.,
d’enseignement de la Sofcot. Expansion Scientifique 1990; 38 LAVASTE F., DEGUISE J. et al. – Une nouvelle imagerie ostéo-
: 129-150. articulaire basse dose en position debout: le système EOS.
Radioprotection 2005; 40: 245 à 255.
[6] YOUNG R.S., ANDREW P.D., CUMMINGS G.S. – Effect of
stimulating leg lengh inequality on pelvic torsion and trunk [12] DIMEGLIO A. – Les inégalités de longueur des membres.
mobility. Gait Posture 2000;11 : 217-23 Collection de Pathologie Locomotrice. Masson 1994.
49
Bassin et Hanche
[13] BONNEAU D. – “Inégalité de longueur des membres infé- [27] DESCAMPS H., COMMARE M.C., MARTY C., HECQUET
rieurs”. Médecins du sport 2000; 33 : 28-31. J., DUVAL-BEAUPERE G. – Modification of pelvic angles during
the human growth. Biom Hum Anthropol 1999, 17: 59-63.
[14] POMMEROL P., CHEZE L. – Etude bibliographique sur le
retentissement clinique d’une inégalité de longueur des [28] MARTY C., BOISAUBERT B., DESCAMPS H., MONTIGNY
membres inférieurs et de sa compensation. Kinésithérapie J.P., HECQUET J., LEGAYE J., DUVAL-BEAUPERE G. – The
scientifique 2003; 432: 31-37. sagittal anatomy of the sacrum among young adults, infants and
spondylolisthesis patients. Eur Spine J 2002, 11(2): 119-25.
[15] ZELLER R.D. – Les scolioses neurologiques avec bassin
oblique. Conférences d’enseignement de la Sofcot. Expansion [29] BOULAY C. – Morphométrie comparative anatomo-radiolo-
Scientifique 1998 ; 66 : 217-233. gique du bassin humain. DEA en génie biologique et médical
option biomécanique, LBM ENSAM PARIS, 1997-1998.
[16] SERINGE R., LANGLAIS J. – Le bassin asymétrique congé-
nital : étude clinique radiologique et évolution. Revue de chirur- [30] BOULAY C., TARDIEU C., BENAIM C., HECQUET J.,
gie orthopédique 1992 ; 78 : 65-73. MARTY C., PRAT-PRADAL D. et al. – Three-dimensional study
of pelvic asymetry on anatomical specimens and its clinical
[17] DUVAL-BEAUPÈRE G., SCHMIDT C., COSSON P.H. – A perspectives. J Anat 2006 ; 208 : 21-33.
barycentremetric study of the sagittal shape of spine and pelvis.
Ann Biomed Engineering, 1992, 20, 451-462. [31] BOULAY C., TARDIEU C., HECQUET J., BENAIM C.,
MOUILLESEAUX B., MARTY C. et al. – Sagittal alignment of
[18] GANGNET N. – Variabilité de la posture chez des sujets spine and pelvis regulated by pelvic incidence: standard values
asymptomatiques. Etude tridimensionnelle par stéréographie et and prediction of lordosis. Eur Spine J 2006; 15(4): 415-22.
plate-forme de force, DEA, ENSAM, 17/09/2001.
[32] LAZENNEC J.Y., CHARLOT N., GORIN M., ROGER B.,
[19] DURING J., GOUDFROOIJ H., KEESSEN W., BEEKER ARAFATI N., BISSERY A., SAILLANT G. – Hip-spine relation-
T.W., CROWE A. – Toward standards for posture. Postural cha- ship: a radio-anatomical study for optimisation in acetabular
racteristics of the lower back system in normal and pathologic cup positioning. Surg Radiol Anat 2004; 26: 136-144.
conditions. Spine 1985; 10: 83-7.
[33] GUIGUI P., LEVASSOR N., RILLARDON L., WODECKI P.,
[20] ABITBOL M.M. – Evolution of the Sacrum in Hominoïds. CARDINNE L. – Physiological value of pelvic and spinal para-
Am J Phys Anthropol 1987; 74 : 65-81. meters of sagittal balance: analysis of 250 healthy volunteers.
[21] LEGAYE J., DUVAL-BEAUPÈRE G., HECQUET J., MARTY Rev Chir Orth 2003; 89 (6): 1302-13.
C. – Pelvic Incidence: a fundamental pelvic parameter of three- [34] CHAMPAIN S., BENCHIKH K., NOGIER A., MAZEL.,
dimensional regulation of spinal sagittal curves. Eur Spine, GUISE J.D., SKALLI W. – Validation of new clinical quantitative
1998, 7, 99, 103. analysis software applicable in spine orthopaedic studies. Eur
[22] MARKS M.C., STANFORD C.F., MAHAR A.T., NEWTON Spine J 2006; 15 (6): 982-991.
P.O. – Standing lateral radiographic positioning does not repre- [35] WILLS B., AUERBACH J., ZHU X., CAIRD M., HORN B.,
sent customary standing balance. Spine. 2003 Jun 1; 28(11): FLYNN J. et al. – Comparison of Cobb angle measurement of
1176-82. scoliosis Radiographs with preselected end vertebrae: traditio-
[23] ITOI E. – Roentgenographic analysis of posture in spinal nal versus digital acquisition. Spine 2007; 32: 98-105.
osteoporotics. Spine, 1991; 16: 750-756. [36] BOISAUBERT B., MONTIGNY J.P., DUVAL-BEAUPÈRE G.,
[24] JACKSON R.P., KANEMURA T., KAWAKAMI N., HALES C. HECQUET J., MARTY C. – Incidence, Sacrum et
– Lumbopelvic lordosis and pelvic balance on repeated standing Spondylolisthésis. Rachis 1997; 9: 187-192.
lateral radiographs of adult volunteers and untreated patients [37] YOSCHIMOTO H. et col. – Spinopelvic alignment in
with constant low back pain. Spine, 2000; 25: 575-86. patients with osteoarthrosis of the hip. A radiographic compari-
[25] BOULAY C., TARDIEU C., HECQUET J., BENAIM C., son to patients with low back pain. Spine 30; 14: 1650-57.
MITULESCU A., MARTY C. et al. – Anatomical reliability of two [38] RAJNICS P., TEMPLIER A., SKALLI W., LAVASTE F., ILLES T.
fundamental radiological and clinical pelvic parameters: inciden- – The importance of spinopelvic parameters in patients with
ce and thickness. Eur J Orthop Surg Trauma 2005; 15: 197-204. lumbar disc lesions. Int orthop 2002; 26 (2): 104-8.
[26] ABITBOL M.M. – Evolution of the Lumbosacral Angle. Am
J Phys Anthropol 1987; 72 : 361-372.
50
Principes d’interprétation de l’imagerie des articulations sacro-iliaques
51
Bassin et Hanche
L’orientation principale, dans le plan transverse, des tissus mous et écarter les surprojections intes-
est oblique en avant et en dehors. Les marges arti- tinales). Un cliché global du bassin est, en outre,
culaires ont donc, sur des clichés de face, une pro- très utile pour intégrer la morphologie des articu-
jection dédoublée : les marges antérieures sont lations sacro-iliaques à celle des autres articula-
plus latérales et les postérieures plus médiales, ces tions pelviennes (pubis en particulier).
deux composantes se rejoignant dans la partie tout
à fait inférieure qui est d’orientation quasi sagitta- Les incidences complémentaires sont souvent
le (fig. 1). La forme auriculaire de l’articulation a, peu utiles : la vue axiale en oblique antérieure
comme conséquence, que sur des coupes coronales simple est sans intérêt : elle enfile l’interligne
passant dans le plan du sacrum, les plus anté- articulaire en superposant les portions articu-
rieures sont articulaires pures, les plus posté- laires antérieures, moyennes et postérieures.
rieures ligamentaires pures, et les coupes intermé- Pour analyser séparément ces composantes, on
diaires articulaires dans les parties supérieures et peut en principe recourir à une incidence crânio-
inférieures et ligamentaires au centre. caudale, comme celle de Dory et François, réali-
sée en position assise avec rayon oblique trans-
Le cliché radiologique de base est un cliché de versalement [18], ou celle de Chevrot, en posi-
face, en incidence à rayon ascendant (perpendicu- tion oblique antérieure avec rayon très descen-
laire à la face antérieure du sacrum) et sous com- dant [14], nettement plus facile à réaliser et
pression abdominale (pour diminuer l’épaisseur moins irradiante.
a
b
Fig. 1 :
a) La coupe axiale passant par la partie moyenne de
l’articulation montre son orientation oblique en avant et en
dehors : la portion antérieure (1) est plus latérale que la
portion postérieure (2). Notez que dans cette partie moyen-
ne de l’espace sacro-iliaque, seule la moitié antérieure est
articulaire, tandis que la moitié postérieure correspond à un
territoire ligamentaire, plus large et irrégulier.
b) La coupe axiale dans la partie inférieure de l’articulation montre
une orientation quasi sagittale et exclusivement articulaire.
c) La radiographie correspondante montre dans la partie
moyenne de l’articulation la projection plus latérale de la
marge articulaire antérieure (1) et plus médiale de la marge
postérieure (2) ; dans le segment inférieur (3), ces deux
c marges sont alignées.
52
Principes d’interprétation de l’imagerie des articulations sacro-iliaques
L’articulation sacro-iliaque normale peut com- Fig. 3 : Phénomène du vide (flèche) dans un interligne articu-
porter une articulation accessoire, entre le ver- laire sacro-iliaque. Notez que l’épaisseur cartilagineuse entre
cet interligne articulaire et la lame osseuse sous-chondrale
sant médial de l’épine iliaque postéro-supérieure iliaque (tête de flèche I) est deux fois plus mince qu’entre cet
et une surface articulaire rudimentaire située interligne et la lame osseuse du sacrum (tête de flèche S).
53
Bassin et Hanche
Par ailleurs, les articulations sacro-iliaques œdémateuse qui peut être objectivée par
immatures sont d’interprétation pratiquement l’IRM : plus étendue en principe dans les
impossible car, par nature, elles sont d’aspect flou atteintes inflammatoires que dans les modifi-
puisque l’os sous-chondral n’est pas encore diffé- cations mécaniques.
rencié. Or, un nombre non négligeable d’atteintes ❍ L’ankylose transarticulaire résulte le plus sou-
inflammatoires des articulations sacro-iliaques vent (mais pas exclusivement) d’une atteinte
commence en fin d’adolescence ! inflammatoire ancienne. En revanche,
l’ankylose périphérique par des ponts osseux
périarticulaires peut résulter
LÉSIONS RADIOLOGIQUES d’enthésopathies inflammatoires chroniques
ÉLÉMENTAIRES mais aussi et surtout d’ossifications ligamen-
taires “dégénératives”, entrant dans le cadre
Elles comportent les érosions, l’hyperostose d’une hyperostose squelettique idiopathique
sous-chondrale et les phénomènes d’ankylose. diffuse (“maladie de Forestier”) [36]. Dans la
Jusqu’à un certain point, ces lésions élémentaires spondylarthrite ankylosante, la synovite et le
peuvent être présentes tout autant dans les pro- remaniement de la moelle osseuse sous-chon-
cessus inflammatoires que dégénératifs. On joue drale sont davantage responsables des lésions
donc dans les nuances ! articulaires que les enthésites [22].
❍ Les érosions constituent la lésion la plus
caractéristique des atteintes inflammatoires, Les lésions élémentaires sont intriquées dans
déterminant une disparition plus ou moins les atteintes d’ordre inflammatoire. Pour Dihlman
étendue de la lame osseuse sous-chondrale, [17], l’argument principal en faveur d’une attein-
son aspect flou et l’élargissement de te d’ordre rhumatismal est que les lésions sont
l’interligne. Des érosions peuvent également “panachées” (fig. 4), “multifacettaires”, c’est-à-
être rencontrées dans des pathologies d’ordre dire qu’elles comportent simultanément des éro-
mécanique : remaniements dégénératifs sions inflammatoires floues, une hyperostose
micro-traumatiques et ostéochondrose de réactionnelle et des ponts ou tentative de ponts
croissance. En pratique, les érosions sont plus transarticulaires (surtout visibles en coupes). En
profondes et floues en cas d’atteinte inflam- revanche, dans les modifications par surcharge,
matoire et plus rares, plus superficielles et c’est l’hyperostose qui est souvent la modification
plus nettes en cas de remaniement d’ordre dominante et quasi exclusive, tandis que dans les
mécanique [36]. hyperostoses idiopathiques (Forestier), ce sont
❍ L’hyperostose sous-chondrale résultant d’un bien sûr les ossifications qui sont dominantes.
processus inflammatoire intra-osseux est Dans les atteintes infectieuses, les mêmes lésions
plutôt étendue et floue, tandis que la scléro- élémentaires peuvent exister mais, comme le sou-
se par surcharge est généralement plus foca- lignait Dihlman, elles surviennent de façon suc-
le [36] et plus compacte… nuances, cessive et non intriquée : d’abord les érosions,
nuances ! Il en est de même de l’infiltration puis l’hyperostose et l’ankylose.
54
Principes d’interprétation de l’imagerie des articulations sacro-iliaques
a b
Fig. 4 : Lésions inflammatoires rhumatismales élémentaires :
a) Aspect “panaché” avec mélange d’érosions floues, d’hyperostose de voisinage et de petits ponts osseux transarticulaires
(flèche ajourée) avec persistance de petits segments encore normaux (flèche noire). Les lésions sont distribuées de façon tout
à fait disparate dans les surfaces articulaires.
b) Atteinte moins évidente mais portant également à la fois sur la portion antérieure (1) et postérieure (2) de l’articulation.
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
55
Bassin et Hanche
a b
d
Fig. 5 : Distribution “mécanique” d’une ostéose iliaque condensante :
a) Le cliché de face montre la prédominance de la densification dans les tiers moyens des versants iliaques.
b, c) La vue axiale crânio-caudale (incidence de Chevrot) montre la prépondérance antérieure de l’hyperostose (flèches).
d) La coupe TDM confirme la prépondérance antérieure et iliaque de la densification osseuse sous-chondrale, quasi compacte.
56
Principes d’interprétation de l’imagerie des articulations sacro-iliaques
tion antérieure du tiers moyen des versants iliaques, comportant également sclérose, éro-
iliaques. L’ostéose iliaque condensante se ren- sions et ostéophytes [26]. Cette association
contre essentiellement chez la femme, dans est intéressante à reconnaître car
plus de 90 % des cas après grossesse. La pré- l’interprétation des modifications pubiennes
valence est de l’ordre de 1 à 3 % pour un âge est souvent plus facile que celles des articula-
moyen de 35 ans [30]. L’étiologie précise est tions sacro-iliaques (fig. 6). Quand un pubis
inconnue mais elle est probablement présente un remaniement typiquement de
d’origine mécanique, liée à l’augmentation type mécanique, on peut raisonnablement
des mouvements des articulations sacro- présumer que des modifications des articula-
iliaques pendant la grossesse [21, 30]. La tions sacro-iliaques puissent être de même
condensation iliaque est largement dominan- étiologie. En revanche, les modifications
te, mais une composante sacrée plus limitée, sacro-iliaques associées à un pubis stricte-
visible en TDM, est présente également dans ment normal ont plus de probabilité de ne pas
la majorité des cas [32]. La condensation dis- être d’origine mécanique, c’est-à-dire de cor-
paraît généralement après plusieurs années respondre à une atteinte inflammatoire.
[30]. De manière générale, dans les atteintes
mécaniques les modifications sont symé- ❍ Distribution des lésions d’origine inflamma-
triques (sauf en cas d’anomalie majeure de la toire : elles surviennent n’importe où, c’est-à-
charnière lombosacrée ou de lésions trauma- dire que les lésions inflammatoires peuvent
tiques locales). En outre, le pubis participe survenir dans le tiers antérieur/moyen des
également à ce remaniement mécanique glo- articulations, tout comme les lésions méca-
bal de la ceinture pelvienne. Chez les athlètes niques, mais également dans la partie la plus
par exemple, érosions et sclérose de la sym- postérieure et dans la partie tout à fait infé-
physe pubienne sont fréquemment associées rieure, qui sont pratiquement toujours respec-
à des remaniements des articulations sacro- tées par les remaniements de type mécanique
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
a b
Fig. 6 : Radiographies d’un sujet très sportif :
a) Les articulations sacro-iliaques présentent de petites irrégularités et une légère hyperostose d’aspect “douteux” (flèche).
b) La symphyse pubienne présente des remaniements de type mécanique chronique : petites géodes superficielles, évasement
des marges et petite fragmentation du territoire d’insertion des adducteurs. Ce remaniement permet de présumer une même
étiologie pour les anomalies des articulations sacro-iliaques.
57
Bassin et Hanche
58
Principes d’interprétation de l’imagerie des articulations sacro-iliaques
59
Bassin et Hanche
portion dorsale et caudale des articulations hyposignal sur toutes les séquences. Ce type
[28]. La préférence pour la séquence en T2 de tissu peut traverser l’interligne articulaire
avec saturation de la graisse ou en STIR peut en cas d’ankylose [41].
être discutée. Le contraste serait meilleur en
STIR [2, 12] et l’annulation du signal de la ❍ Aspect “hypergraisseux” : un autre type
graisse serait plus homogène. Mais la séquen- d’anomalie médullaire fréquemment observé,
ce optimale dépend en fait beaucoup des per- est caractérisé par un signal très intense en
formances de chaque machine. L’utilisation pondération T1, plus ou moins nul sur les
du Gadolinium est discutable et son apport séquences en saturation de la graisse et sans
n’est probablement pas fondamental par rap- rehaussement sous contraste [3, 12] (fig. 8
port au STIR dans les examens cliniques de côté gauche). Ce type de signal présente donc
dépistage, quoique la séquence en T1 sous l’aspect d’une accumulation de graisse péri-
contraste avec saturation du signal de la articulaire [3, 12, 41]. Ce type d’accumulation
graisse soit supérieure à celle en STIR [12]. de graisse n’a pas d’explication physiopatho-
Son utilisation associée à des séquences logique claire [12]. Elle se rencontre davanta-
dynamiques avec mesure du rehaussement du ge dans les phases tardives de la maladie [12]
signal a été largement préconisée, il y a une ce qui, pour certains, suggérerait un effet de
dizaine d’années par des équipes allemandes l’inflammation continue sur le métabolisme
[6, 10]. Le rehaussement de signal supérieur à local de la graisse [12, 41]. Pour notre part, un
70 % paraît bien corrélé à une activité inflam- mécanisme qui nous paraît séduisant pour
matoire [7]. expliquer cette moelle juxta-articulaire
d’aspect purement graisseux est qu’elle soit la
❍ Aspect de sclérose médullaire : dans les conséquence retardée d’une atteinte médul-
atteintes chroniques, le tissu fibreux et ostéo- laire inflammatoire préalablement sévère et
sclérotique apparaît sous l’aspect d’une qui aurait détruit complètement le tissu héma-
couche irrégulière dans l’os sous-chondral, en topoïétique. Dans ce cas, la régression de
Fig. 8 : IRM de sacro-iliite rhumatismale avec modifications de la moelle osseuse sur des images en pondération T1 (a) et STIR (b) :
• du côté droit, les modifications sont de type œdémateux, en hypo/hypersignal en T1/STIR (*).
• du côté gauche, le versant sacré présente un hypersignal T1 avec hyposignal en STIR (flèches) résultant d’une involution
graisseuse de la moelle rouge.
60
Principes d’interprétation de l’imagerie des articulations sacro-iliaques
61
Bassin et Hanche
Fig. 10 :
a, b, c) L’examen initial en pondération T1 (a), T1 sous
contraste avec saturation de la graisse (b) et T2 avec satu-
ration de la graisse (c) montre une nette infiltration, œdé-
mateuse et hypervascularisée de l’articulation sacro-iliaque
gauche et de la moelle osseuse avoisinante.
d, e, f) Dix mois plus tard, après traitement par un agent
anti-TNF-alpha, la sacro-iliite gauche s’est considérable-
ment aggravée, avec importante augmentation de
l’infiltration de la moelle osseuse.
g, h, i) Onze mois plus tard, après traitement par un autre
agent anti-TNF-alpha, l’atteinte s’est considérablement
améliorée et l’aspect de la moelle osseuse avoisinant
l’articulation sacro-iliaque gauche est devenu de type
“hypergraisseux”, en signal intense en T1 (g) et très faible
sur les deux autres séquences.
62
Principes d’interprétation de l’imagerie des articulations sacro-iliaques
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
63
Bassin et Hanche
Fig. 11 :
a, b) Lors de la phase de sacro-iliite intense objectivée par les figures précédentes (10 def), la mesure effectuée sur les séquences
dynamiques sous contraste dans la zone d’intérêt de l’interligne sacro-iliaque gauche (ovale en vert en a) montre un rehausse-
ment de signal intense, dépassant 70 % (courbe verte en b).
c, d) En phase ultérieure de rémission de l’atteinte inflammatoire, la mesure effectuée dans l’articulation sacro-iliaque gauche
(ovale rouge en c) montre un rehaussement nettement plus modéré du signal, pratiquement sous la barre des 70 % (courbe
rouge en d).
64
Principes d’interprétation de l’imagerie des articulations sacro-iliaques
Fig. 11
e, f) Mais sur une autre coupe réalisée lors du même examen, la mesure dans une autre portion de l’articulation (ovale rouge
en e) montre la persistance focalement d’un rehaussement de signal intense (courbe rouge en f). Cet exemple illustre le carac-
tère très disparate de l’atteinte sacro-iliaque qui présente donc une persistance très focale d’hypervascularisation intense, alors
que l’imagerie globale avait montré une amélioration considérable de l’atteinte inflammatoire (fig. 10, g, h, i).
Elles peuvent se rencontrer dans le contexte de tion des clichés chez ces patients hyperalgiques
lésions traumatiques, de prises de drogues IV, (surprojections de gaz intestinaux résultant d’un
d’infections gynécologiques [23]. La grossesse iléus d’accompagnement). Dans les formes débu-
peut également être un facteur favorisant, peut- tantes, les anomalies sont à rechercher en tout pre-
être en raison de lésions traumatiques microsco- mier lieu dans les parties molles juxta-articulaires
piques [ibid.]. Les sacro-iliites infectieuses sont (tuméfaction, œdème, micro-abcès…). Les coupes
pratiquement toujours unilatérales. Il faut tou- TDM axiales sont utiles mais l’IRM est, de loin,
jours songer a priori à cette éventualité en cas l’examen de choix. Les anomalies les plus sugges-
d’atteinte sacro-iliaque unilatérale majeure. Des tives portent sur les parties molles en avant et en
formes torpides (brucellose par exemple) peuvent arrière de l’articulation (mieux visibles sur des
être peu différenciables d’une atteinte inflamma- coupes transverses que coronales). Dans les formes
toire rhumatismale. tardives, surviennent les atteintes érosives des sur-
faces articulaires et la formation d’abcès [38].
65
Bassin et Hanche
66
Principes d’interprétation de l’imagerie des articulations sacro-iliaques
Par ailleurs, il faut surtout ne pas oublier de ❍ La comparaison avec des documents anté-
regarder ailleurs : une approche intégrée du dia- rieurs (ou la réalisation de contrôles à plus ou
gnostic en imagerie comporte : moins long terme), permettant souvent de
❍ La recherche de lésions typiques dans rendre évidentes des lésions d’interprétation
d’autres sites : examen de la charnière dorso- douteuse.
lombaire et du pubis en particulier, étude
d’éventuelles enthésopathies périphériques ;
Bibliographie
[1] AHLSTROM H., FELTELIUS N., NYMAN R., HALLGREN R. [12] BREDELLA M.A., STEINBACH L.S., MORGAN S., WARD M.,
– Magnetic resonance imaging of sacroiliac joint inflammation. DAVIS J.C. – MRI of the sacroiliac joints in patients with mode-
Arthritis Rheum 1990; 33: 1763-1769. rate to severe ankylosing spondylitis. AJR 2006; 187 : 1420-1426.
[2] BARALIAKOS X., BRAUN J. – L’imagerie par résonance [13] CARRERA G.F., FOLEY W.D., KOZIN F., RYAN L.,
magnétique dans les spondylarthropathies. Rev Rhum 2006 ; LAWSON T.L. – CT of sacroiliitis. AJR Am J Roentgenol 1981;
73 : 1-3. 136: 41-46.
[3] BATTAFARANO D.F., WEST S.G., RAK K.M., FORENBERY [14] CHEVROT A. – Incidence crânio-caudale oblique unilatéra-
E.J., CHANTELOIS A.E. – Comparison of bone scan, computed le de l’articulation sacro-iliaque. J Radiol 1979; 60: 143-145.
tomography, and magnetic resonance imaging in the diagnosis [15] CLARKE D.P., HIGGINS J.N., VALENTINE A.R., BLACK C.
of active sacroiliitis. Sem Arthritis Rheum 1993; 23: 161-176. – Magnetic resonance imaging of osteitis condensans ilii. Letters
[4] BIGOT J.L., LOEUILLE D., CHARY-VALCKENAERE I., to the editor. Br J Rheumatol 1994; 33 : 599-600.
POUREL J., CAO M.M., BLUM A. – Détermination des meilleurs [16] DALSTRA M., HUISKES R. – Load transfer across the pel-
critères diagnostiques des sacro-iliites en IRM. J Radiol 1999; vic bone. J Biomechanics 1995; 28 : 715-724.
80: 1649-1657.
[17] DIHLMANN W. – Das “bunte” sakroiliakalbild - das röntge-
[5] BLUM U., BUITRAGO-TELLEZ C., MUNDINGER A., nologische frühkriterium der ankylosierenden spondylitis.
KRAUSE TH, LAUBENBERGER J., VAITH P., PETER H.H., Fortschr Geb Röntgentstr Nukl 1974; 121: 564-570.
LANGER M. – Magnetic resonance imaging (MRI) for detection
of active sacroiliitis. A prospective study comparing conventio- [18] DORY M.A., FRANCOIS R.J. – Craniocaudal axial view of
nal radiography, scintigraphy and contrast enhanced MRI. J the sacroiliac joint. AJR Am J Roentgenol 1978; 130: 1125-1131.
Rheumatol 1996; 23 : 2107-2115. [19] EHARA S., EL-KHOURY G.Y., BERGMAN R.A. – The acces-
[6] BOLLOW M., BRAUN J., HAMM B., EGGENS U., sory sacroiliac joint: a common anatomic variant. AJR 1988; 150 :
SCHILLING A., KÖNIG H., WOLF K.J. – Early sacroiliitis in 857-859.
patients with spondyloarthropathy: evaluation with dynamic [20] FORST S.L., WHEELER M.T., FORTIN J.D., VILENSKY J.A.
Gadolinium-enhanced MR imaging. Radiology 1995; 194 : – The sacroiliac joint: anatomy, physiology and clinical signifi-
529-536. cance. Pain physician 2006; 9: 61-68.
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
[7] BOLLOW M., FISCHER T., REISSHAUER H., BACKHAUS M., [21] FRANÇOIS R.J. – Atteintes des articulations sacro-
SIEPER J., HAMM B., BRAUN J. – Quantitative analyses of iliaques. Encycl Med Chir (Paris), Appareil locomoteur 1987;
sacroiliac biopsies in spondyloarthropathies: T cells and macro- 14370, L10: 1-8.
phages predominate in early and active sacroiliitis cellularity
correlates with the degree of enhancement detected by magne- [22] FRANÇOIS R.J., GARDNER D.L., DEGRAVE E.J.,
tic resonance imaging. Ann Rheum Dis 2000; 59 : 135-140. BYWATERS EGL – Histopathologic evidence that sacroilitis in
ankylosing spondylitis is not merely enthesis. Arthritis Rheum
[9] BORLAZA G.S., SEIGEL R., KUHNS L.R., GOOD A.E., 2000; 43: 2011-2024.
RAPP R., MARTEL W. – Computed tomography in the evalua-
tion of sacroiliac arthritis. Radiology 1981; 139: 437-440. [23] HAQ I., MORRIS V. – Letters to the editor. Post-partum sep-
tic sacroiliitis. Rheumatology 2001; 40 : 1191-1192.
[10] BRAUN J., BOLLOW M., EGGENS U., KONIG H.,
[24] KAMPEN W.U., TILLMAN B. – Age-related changes in the
DISTLER A., SIEPER J. – Use of dynamic magnetic resonance
articular cartilage of human sacroiliac joint. Anat Embryol 1998;
imaging with fast imaging in the detection of early and advan-
198 : 503-513.
ced sacroiliitis in spondylarthropathy patients. Arthritis Rheum
1994; 37: 1039-1045. [25] LANDEWE R.B., HERMANN K.G., VAN DER HEIJDE
D.M., BARALIAKOS X., JURIK A.G., LAMBERT R.G.,
[11] BRAUN J., LANDEWÉ R., HERMANN KGA, HAN J., YAN S., OSTERGAARD M., RUDWALEIT M., SALONEN D.C., BRAUN
WILLIAMSON P., VAN DER HEIJDE D. – Major reduction in spi- J. – Scoring sacroiliac joints by magnetic resonance imaging. A
nal inflammation in patients with ankylosing spondylitis after multiple-reader reliability experiment. J Rheumatol 2005; 32 :
treatment with Infliximab. Arthritis Rheum 2006; 54 : 1646-1652. 2050-2055.
67
Bassin et Hanche
[26] MAJOR N.M., HELMS C.A. – Pelvis stress injuries : the [35] REMY M., BOUILLET P., BERTIN P., LEBLANCHE A.F.,
relationship between osteitis pubis (symphysis pubis stress BONNET C., PASCAUD J.L. et al. – Evaluation de l’imagerie par
injury) and sacroiliac abnormalities in athletes. Skeletal Radiol résonance magnétique (IRM), pour la détection de sacro-iliite au
1997; 26 : 711-717. cours des stades précoces des spondylarthropathies séronéga-
tives. Rev Rhum 1996; 63: 677-683.
[27] MOORE R.S., STOVER M.D., MATTA J.M. – Late posterior
instability of the pelvis after resection of the symphysis pubis for [36] RESNICK D., NIWAYAMA G., GOERGEN T.G. –
the treatment of osteitis pubis. A report of two cases. J Bone Comparison of radiographic abnormalities of the sacroiliac joint
Joint Surg Am 1998; 80 : 1043-1048. in degenerative disease and ankylosing spondylitis. AJR 1977;
128 : 189-196.
[28] MUCHE B., BOLLOW M., FRANÇOIS R.J., SIEPER J.,
HAMM B., BRAUN J. – Anatomic structures involved in early- [37] SMIDT G.L., WEI S.H., MCQUADE K., BARAKATT E., SUN T.,
and late-stage sacroiliitis in spondylarthritis. Arthritis Rheum STANFORD W. – Sacroiliac motion for extreme hip positions. A
2003; 48: 1374-1384. fresh cadaver study. Spine 1997; 22: 2073-2082.
[29] MURPHEY M.D., WETZEL L.H., BRAMBLE J.M., LEVINE E., [38] STÜRZENBECHER A., BRAUN J., PARIS S.,
SIMPSON K.M., LINDSLEY H.B. – Sacroiliitis: MR imaging fin- BIEDERMANN TH, HAMM B., BOLLOW M. – MR imaging of
dings. Radiology 1991; 180: 239-244. septic sacroiliitis. Skeletal Radiol 2000; 29: 439-446.
[30] NUMAGUCHI Y. – Osteitis condensans ilii, including its [39] SZE M.J., MULLIGAN M.E. – Reliability of vacuum pheno-
resolution. Radiology 1971; 98: 1-8. menon in the sacroiliac joint as a sign of traumatic injury. Emerg
Radiol 2002; 9 : 100-102.
[31] OLIVIERI I., GEMIGNANI G., CAMERINI E., SEMERIA R.,
CHRISTOU C., GIUSTARINI S., PASERO G. – Differential dia- [40] VAN TIGGELEN R., BREUNSBACH J. – Sacroiliitis: diffi-
gnosis between osteitis condensans ilii and sacroiliitis. J culties in the radiographic diagnosis. Advantage of CT? J Belge
Rheumatol 1990; 17 : 1504-1512. Radiol 1987; 70: 1-4.
[32] OLIVIERI I., FERRI S., BAROZZI L. – Osteitis condensans [41] Vinson E.N., Major N.M. – MR imaging of ankylosing spon-
ilii. Br J Rheumatol 1996 ; 35 : 295-301. dylitis. Semin Musculoskelet Radiol 2003; 7: 103-113.
[33] PAVY S., DERNIS E., LAVIE F., MAILLEFERT J.F., [42] VLEEMING A., STOECKART R., VOLKERS W., SNIJDERS
MARIETTE X., SCHAEVERBEKE TH, CANTAGREL A., C.J. – Relation between form and function in the sacroiliac joint.
CLAUDEPIERRE P., FLIPO R.M., GOUPILLE PH, LE LOET X., Part I: clinical anatomical aspects. Spine 1990; 15: 130-132.
SARRAUX A., TEBIB J., WENDLING D., COMBE B. – Imagerie
pour le diagnostic et le suivi d’une spondylarthrite ankylosante [43] VOGLER J.B., III, BROWN W.H., HELMS C.A., GENANT
: établissement de recommandations pour la pratique clinique à H.K. – The normal sacroiliac joint: a CT study of asymptomatic
partir de données de la littérature et de l’opinion d’experts. Rev patients. Radiology 1984; 151: 433-437.
Rhum 2006 ; 73 : S3-S12. [44] YU W., FENG F., DION E., YANG H., JIANG M., GENANT
[34] PROVENSOL T., EL HASSANI A., ROLLAND Y., DE H.K. – Comparison of radiography, computed tomography and
KORVIN B., MEADEB J., RAMBEAU M. et al. – Evaluation du magnetic resonance imaging in the detection of sacroiliitis
scanner et de la radiographie dans la pelvispondylite rhumatis- accompanying ankylosing spondylitis. Skeletal Radiol 1998; 27:
male. J Radiol 1994; 75: 169-172. 311-320.
68
Imagerie pré-opératoire des tumeurs osseuses du bassin
69
Bassin et Hanche
70
Imagerie pré-opératoire des tumeurs osseuses du bassin
canner sera préféré à l’angioIRM s’il y a nécessité Dans la démarche descriptive, il faut commen-
d’un bilan d’extension avec injection comme un cer par analyser les structures osseuses et les arti-
uro-scanner par exemple. Les rapports entre la culations pour ensuite s’intéresser aux parties
tumeur, les vaisseaux et le bassin sont d’autant molles.
mieux analysés que la tumeur est calcifiée.
L’angioscanner doit comporter des temps arté- Analyse des structures osseuses
riels et veineux sur le bassin. Il faut réaliser une et articulaires
acquisition spiralée à partir de l’aorte abdominale
sous rénale jusqu’aux artères fémorales (au 1/3 Les limites de l’envahissement osseux sont ana-
supérieur de la cuisse) en s’aidant des systèmes lysées en IRM, au mieux sur les séquences pon-
de visualisation du bolus (“bolus tracking”). La dérées en T1. La tumeur sera de bas signal dans
quantité de produit de contraste iodée (150 cc) et cette pondération remplaçant totalement la grais-
le débit d’injection (4 cc/s) sont fondamentaux. Le se médullaire normale. Sur les séquences en pon-
temps veineux est réalisé à 180 secondes après le dération T2 avec saturation de la graisse, la
début de l’injection [3, 4]. L’opacification veineuse tumeur est de signal élevé et prend de manière
est de moins bonne qualité que l’opacification plus ou moins intense le gadolinium (la prise de
artérielle mais suffit au bilan d’extension (en pra- gadolinium est variable en fonction du degré de
tique nous n’utilisons pas d’injection veineuse nécrose et donc fonction de l’éventuelle efficacité
bipédieuse pour l’angioscanner veineux). Les d’une chimiothérapie). Ces séquences T1 avant
reconstructions MPVR et volume rendering (VRT) injection sont fondamentales [6, 7] car il peut
sont bien sûr nécessaires, mais l’analyse des vais- exister un œdème médullaire ou une moelle de
seaux en coupes axiales MPR est encore une fois régénération adjacente à la lésion. Ces zones sont
fondamentale.
de bas signal en T1 et de signal élevé en T2 et peu-
vent en imposer pour une extension tumorale. En
cas d’œdème ou de moelle de régénération, la
La scintigraphie et le Pet-scan
graisse médullaire n’est pas complètement rem-
placée sur la pondération T1 (fig. 1) alors que
La scintigraphie osseuse au technétium fait éga-
cette composante graisseuse est impossible à dis-
lement partie du bilan préopératoire à la
tinguer de la tumeur en pondération T2 et en T1
recherche de localisations secondaires osseuses.
après gadolinium, en raison de l’utilisation d’une
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
71
Bassin et Hanche
Fig. 1 : Correspondance macroscopique (a) et IRM (b) d’un chondrosarcome de la région acétabulaire envahissant les parties molles :
a, b) La tumeur (*) remplace l’os normal et se traduit en pondération T1 (b) par une lésion de bas signal (iso signal par rapport
au muscle). Au contact de cette lésion, il existe également une zone de bas signal œdémateuse qui ne remplace pas complète-
ment l’hypersignal graisseux de l’os spongieux dont les travées sont respectées en macroscopie (tête de flèche). La distinction
de cette graisse explique l’importance des séquences pondérées en T1 sans saturation de la graisse avant injection de gadoli-
nium pour distinguer œdème et tumeur intra osseuse.
gadolinium et saturation de la graisse. En ce qui L’exérèse d’une tumeur du bassin peut être
concerne les parties molles, il est parfois beau- “facile” en raison de l’absence de reconstruction
coup plus difficile de distinguer un œdème d’un si elle est limitée à :
envahissement tissulaire. ➣ la région alaire sans interrompre l’anneau
osseux pelvien
Pour définir la topographie de la tumeur,
➣ au cadre obturateur sans extension à
Enneking [8] a proposé une systématisation chif-
l’acétabulum.
frée divisant le bassin en 3 zones (fig. 2) :
❍ Zone I : aile iliaque,
L’exérèse devient beaucoup plus délabrante,
❍ Zone II : acétabulum, imposant une reconstruction en cas d’extension à
❍ Zone III : cadre obturateur. la région acétabulaire ou au sacrum [9, 10].
72
Imagerie pré-opératoire des tumeurs osseuses du bassin
antérosupérieure, cotyle…).
sacrum et/ou à la région acétabulaire.
❍ En cas d’atteinte limitée à la région iliaque En cas d’atteinte du sacrum, il faudra préciser
les résections pourront se faire selon les tra- si la tumeur se situe en dehors des trous
cés a, b, c de la figure 3 sur le versant sacré et sacrés, si elle les envahit ou si elle franchit
par section osseuse sus-acétabulaire selon les l’hémisacrum. En fonction de cet envahisse-
tracés e et f. Si la continuité de l’anneau pel- ment, il sera possible de réaliser une résection
vien est interrompue ou impossible à préser- du tiers latéral du sacrum sans sacrifice neu-
ver, il sera nécessaire de réaliser une greffe rologique (fig. 3 tracé b) dans le premier cas
osseuse associée à une ostéosynthèse (fig. 4). et une hémi-sacrectomie avec sacrifice neuro-
En cas de tumeur alaire respectant l’anneau logique dans le deuxième cas (fig. 3 tracé c).
pelvien et sans atteinte de la sacro-iliaque, Quand la tumeur dépasse la ligne médiane, il
l’exérèse tumorale pourra se faire simplement faut envisager une sacrectomie totale. S’il
sans montage chirurgical (fig. 5). persiste une marge de sécurité entre la
73
Bassin et Hanche
Fig 4 : Résection d’une tumeur de l’aile iliaque interrompant l’anneau pelvien : la tumeur atteignait la grande échancrure scia-
tique imposant une résection et une reconstruction par greffons encastrés entre sacrum et toit de l’acétabulum et doublés d’une
ostéosynthèse par tige métallique fixée à ses extrémités par des vis pédiculaires ancrées dans le sacrum et le cotyle.
74
Imagerie pré-opératoire des tumeurs osseuses du bassin
tumeur et les trous de conjugaison, une exé- ➣ Si la tumeur est vraiment limitée en zone II
rèse limitée de l’aileron sacré permettra de sans envahissement articulaire, il est parfois
conserver les racines (fig. 6). possible de reconstruire l’acétabulum par
greffons autogènes (tête fémorale de l’opérée
❍ En cas d’envahissement de la région acéta- en l’absence d’envahissement articulaire),
bulaire à partir d’une tumeur alaire, le point soit par fragments d’os de banque. Ils sont
important à décrire est la proximité de la encastrés dans la perte de substance et ren-
tumeur par rapport au toit de l’acétabulum. forcés par une ostéosynthèse de type plaque
En effet, si l’atteinte acétabulaire laisse une en croix de Kerboull. Il restera ensuite à
marge convenable, l’articulation pourra être reconstruire l’articulation par une prothèse
conservée par une section sus-acétabulaire totale de hanche conventionnelle (fig. 7).
basse (fig. 3 tracé f). ➣ En l’absence d’envahissement articulaire, si
le bord horizontal de la grande échancrure
❍ En cas de tumeur à point de départ acétabu- sciatique est préservé et qu’il reste la partie
laire, il sera impératif de décrire médiane du cadre obturateur, il est possible
l’envahissement de la région alaire, de d’envisager une intervention de Puget [11]
l’articulation et du sacrum : (fig. 8). Elle consiste à prélever l’extrémité
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
75
Bassin et Hanche
76
Imagerie pré-opératoire des tumeurs osseuses du bassin
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
Fig. 10 : Sarcome à cellules fusiformes en zone II de Enneking ayant bénéficié d’une résection avec mise en place “saddle pro-
thèse”.
a) Coupe frontale pondérée en T2 avec saturation de la graisse : bombement nodulaire dans l’articulation coxofémorale (tête
de flèche).
b) Coupe frontale pondérée en T1 avec saturation de la graisse après injection de gadolinium : la lésion envahie la colonne pos-
térieure (têtes de flèches)
c) Radiographie du bassin de face préopératoire : Respect de la branche ilio-pubienne (*) et atteinte de la branche ischio-
pubienne.
d) Résection acétabulaire et ischio-pubienne respectant la branche ilio-pubienne (*). Mise en place d’une “saddle prothèse”
grâce à la possibilité de conservation de l’aile iliaque sur laquelle s’appuie la prothèse.
77
Bassin et Hanche
Fig. 11 : “Saddle prothèse” avec artifice de Fig. 12 : Arthrodèse “fémur-ischion” complétée par des greffons allant du
réinsertion des fléchisseurs de cuisse sur sacrum au sommet du trochanter :
l’épine iliaque antéro-supérieure (flèche) a, b) Ostéosarcome avec atteinte de l’aile iliaque (*) et de la région acéta-
visible sur le scanner en reformatage MIP bulaire (tête de flèche) donc en zones I et II de Enneking. Impossibilité de
sagittal. fixer une “saddle prothèse” en raison de l’atteinte alaire (*) avec envahis-
sement de l’articulation sacro-iliaque (flèche).
c) Résection large des 2/3 supérieurs du bassin et résection partielle du
sacrum. Reconstruction par fixation de la tête fémorale au cadre obturateur.
Greffon entre sacrum et tête fémorale avec ostéosynthèses complémentaires..
78
Imagerie pré-opératoire des tumeurs osseuses du bassin
Fig. 13 : Patiente âgée de 45 ans : Chondrosarcome acétabulaire et de la branche ischio-pubienne envahissant l’articulation
coxo-fémorale.
a) Pièce macroscopique de la lésion tumorale (*). La tumeur envahit par contiguïté l’articulation (flèche) jusqu’à la fosse acéta-
bulaire.
b) Coupe frontale d’IRM correspondante (pondération T2 avec saturation de la graisse) : tumeur en hypersignal T2 (*) avec
extension dans le fond acétabulaire (tête de flèche) correspondant à la macroscopie. On note un épanchement coxofémoral
(tête de flèche)
c) Coupe frontale pondérée en T1 après injection de gadolinium et saturation de la graisse : Prise contraste de la fosse acéta-
bulaire correspondant à l’envahissement articulaire (flèche) par contiguïté. Absence de prise de contraste de la partie cen-
trale de la tumeur (*) de nature cartilagineuse.
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
Fig. 14 : Patient âgé de 55 ans : sarcome avec envahissement articulaire par le ligament rond.
a) En macroscopie (coupe axiale), la lésion (*) atteint la région acétabulaire et la colonne postérieure envahissant l’articulation
par l’intermédiaire du ligament rond (têtes de flèches).
b) Coupe axiale T1 après injection de gadolinium et saturation de la graisse : On note la correspondance avec la macroscopie
montrant la lésion (*) et son extension par le ligament rond (tête de flèche).
c) Coupe sagittale T1 après injection de gadolinium et saturation de la graisse : L’extension de la tumeur (*) à travers le liga-
ment rond est parfaitement visible sous la forme d’une image tubulée (tête de flèche).
79
Bassin et Hanche
❍ En cas de tumeur du cadre obturateur, il faut rurgien vasculaire. C’est pour cette raison
préciser si l’extension se fait vers l’acétabulum que l’angioIRM ou l’angioscanner sont
afin de conserver l’articulation coxofémorale nécessaires pour prévoir un éventuel ponta-
(fig. 3 tracé k) et bien sûr si l’atteinte concer- ge. Les coupes axiales en T1 sont encore
ne la branche iliopubienne, l’ischiopubienne une fois primordiales permettant de repérer
ou les deux (fig. 3 tracés m,n,o). Il faut aussi l’artère et l’éventuelle présence d’un liseré
s’attacher à décrire les rapports en dedans de sécurité graisseux en hypersignal T1
avec la symphyse pubienne et la rare exten- assurant l’absence d’adhérence et
sion par cette dernière au côté controlatéral d’envahissement. A. Feydy a également
(fig. 3 tracés g,h,i). Une résection simple du démontré que la présence d’une sténose sur
cadre obturateur permet de conserver l’angioIRM était le plus souvent associée à
l’articulation coxofémorale (fig. 15). une adhérence pariétale avec l’artère [17].
Dans notre expérience, la présence d’une
gouttière englobant l’artère sur plus de la
moitié de sa circonférence compromet la
dissection chirurgicale entre la tumeur et
l’artère. Concernant les veines, c’est surtout
un thrombus parfois tumoral qui doit être
recherché sur le temps veineux de
l’angioIRM ou de l’angioscanner (fig. 16).
➣ L’autre atteinte vasculaire à rechercher est
celle des branches de l’artère iliaque interne
et surtout des vaisseaux glutéaux (fig. 17)
en particulier en cas de tumeur envahissant
les parties molles à proximité de la grande
échancrure sciatique. La préservation du
paquet vasculo-nerveux glutéal a une
Fig. 15 : Radiographie du bassin de face.
Résection simple du cadre obturateur pour une tumeur importance particulière car son sacrifice
limitée. L’articulation coxo-fémorale est préservée car la compromet la viabilité d’un éventuel lam-
région acétabulaire n’était pas atteinte.
beau fessier. La réussite fonctionnelle d’un
montage type Puget (nécessitant des
muscles glutéaux “les plus efficaces que
possible”) est également souvent compro-
Analyse de l’extension aux parties molles mise en cas d’atteinte de ce pédicule en rai-
et aux structures vasculo-nerveuses son d’une amyotrophie rapide des muscles
glutéaux (en particulier le grand glutéal)
❍ Une fois décrite l’atteinte osseuse, il faut (fig. 18). Il faudra également s’attacher à
s’attacher à analyser l’atteinte des parties rechercher un envahissement direct des
molles et en premier lieu l’atteinte vasculaire. muscles glutéaux qui sont la plupart du
➣ En avant, la tumeur pourra atteindre les temps refoulés plutôt qu’envahis. En effet,
vaisseaux fémoraux. L’envahissement ou en cas d’atteinte massive de ces muscles,
l’adhérence pariétale avec l’artère iliaque seule la désarticulation ou l’arthrodèse
ou fémorale impose l’intervention d’un chi- pourra s’envisager. En effet, envisager une
80
Imagerie pré-opératoire des tumeurs osseuses du bassin
81
Bassin et Hanche
Fig. 17 : Atteinte du paquet vasculo-nerveux chez un patient âgé de 59 ans présentant un sarcome de l’aile iliaque :
a) IRM en coupe axiale pondérée en T2 : volumineuse lésion de l’aile iliaque (*) avec bombement endopelvien.
b) Angioscanner avec reconstruction en volume rendering (VRT) : la lésion tissulaire n’est pas directement visible mais on note
le refoulement des vaisseaux glutéaux (flèches).
c) Angioscanner en reconstruction MPVR confirmant le contact intime entre la tumeur (*) et l’artère glutéale inférieure (flèche).
d) Correspondance en angioIRM avec un refoulement de l’artère glutéale inférieure. Le paquet vasculonerveux glutéal n’a pas
pu être conservé car trop adhérent à la tumeur.
82
Imagerie pré-opératoire des tumeurs osseuses du bassin
83
Bassin et Hanche
84
Imagerie pré-opératoire des tumeurs osseuses du bassin
Bibliographie
[1] TEO H.E., PEH W.C. – The role of imaging in the staging and [4] YANKELEVITZ D.F., GAMSU G., SHAH A. et al. –
treatment planning of primary malignant bone tumors in chil- Optimization of combined CT pulmonary angiography with lower
dren. Eur Radiol 2004; 14: 465-475. extremity CT venography. AJR Am J Roentgenol 2000; 174: 67-69.
[2] DE BAERE T., VANEL D., SHAPEERO L.G., CHARPENTIER [5] BRENNER W., BOHUSLAVIZKI K.H., EARY J.F. – PET ima-
A., TERRIER P., DI PAOLA M. – Osteosarcoma after chemothe- ging of osteosarcoma. J Nucl Med 2003; 44: 930-942.
rapy: evaluation with contrast material-enhanced subtraction
[6] MEYER M.S., SPANIER S.S., MOSER M., SCARBOROUGH
MR imaging. Radiology 1992; 185: 587-592. M.T. – Evaluating marrow margins for resection of osteosarco-
[3] CHAM M.D., YANKELEVITZ D.F., SHAHAM D. et al. – Deep ma. A modern approach. Clin Orthop Relat Res 1999: 170-175.
venous thrombosis: detection by using indirect CT venography. [7] ONIKUL E., FLETCHER B.D., PARHAM D.M., CHEN G. –
The Pulmonary Angiography-Indirect CT Venography Accuracy of MR imaging for estimating intraosseous extent of
Cooperative Group. Radiology 2000; 216: 744-751. osteosarcoma. AJR Am J Roentgenol 1996; 167: 1211-1215.
85
Bassin et Hanche
[8] ENNEKING W.F., DUNHAM W.K. – Resection and recons- [13] TOMENO B. – Procédés de reconstruction après résection
truction for primary neoplasms involving the innominate bone. totale ou partielle d’un hémibassin dans le traitement des
J Bone Joint Surg Am 1978; 60: 731-746. tumeurs malignes de l’os iliaque. Rev chir orthop 1991; 77
(Suppl II): 95-98.
[9] OZAKI T., LINDNER N., HILLMANN A., LINK T.,
WINKELMANN W. – Transarticular invasion of iliopelvic sarco- [14] TOMENO B., ANRACT P. – Résections du bassin pour
mas into the sacrum. Radiological analysis of 47 cases. Acta tumeurs. Encycl Med Chir (Elsevier) 1998; 44-505.
Orthop Scand 1997; 68: 381-383.
[15] SCHIMA W., AMANN G., STIGLBAUER R. et al. –
[10] OZAKI T., RODL R., GOSHEGER G. et al. – Sacral infiltra- Preoperative staging of osteosarcoma: efficacy of MR imaging
tion in pelvic sarcomas: joint infiltration analysis II. Clin Orthop in detecting joint involvement. AJR Am J Roentgenol 1994; 163:
Relat Res 2003: 152-158. 1171-1175.
[11] PUGET J., UTHEZA G. – Reconstruction of the iliac bone [16] ALKALAY D., KOLLENDER Y., MOZES M., MELLER I. –
using the homolateral fémur after resection for pelvic tumor. Transarticular tumor invasion via ligamentum teres. A clinical-
Rev Chir Orthop Reparatrice Appar Mot 1986; 72: 151-155. pathologic study of 12 patients. Acta Orthop Scand 1998; 69: 29-30.
[12] ABOULAFIA A.J., BUCH R., MATHEWS J., LI W., [17] FEYDY A., ANRACT P., TOMENO B., CHEVROT A.,
MALAWER M.M. – Reconstruction using the saddle prosthesis DRAPE J.L. – Assessment of vascular invasion by musculoske-
following excision of primary and metastatic periacetabular letal tumors of the limbs: use of contrast-enhanced MR angio-
tumors. Clin Orthop Relat Res 1995: 203-213. graphy. Radiology 2006; 238: 611-621.
86
Pièges diagnostiques des fractures de fatigue et par insuffisance osseuse du bassin
87
Bassin et Hanche
Signes cliniques
88
Pièges diagnostiques des fractures de fatigue et par insuffisance osseuse du bassin
adducteurs, muscles abdominaux, droit antérieur, Dans tous les cas, les signes radiographiques
psoas-iliaque), arthropathie pubienne, hernie sont retardés de plusieurs semaines par rapport
(inguinale, crurale, obturatrice), syndrome du au début des signes cliniques.
carrefour ischiatique, hanche à ressaut, avulsion
tubérositaire [20]. Dans le cas des fractures par insuffisance osseu-
se, les premières explorations d’imagerie inter-
L’expression clinique est généralement plus viennent rarement dans la période initiale où la
fruste dans le groupe des FIO, banale chez une fracture peut être réellement qualifiée d’“occulte”.
personne âgée, et rapportée à une pathologie
rachidienne ou coxo-fémorale dégénérative. Mais même tardivement, les FIO du sacrum,
Parfois, la fracture est asymptomatique. masquées par la superposition des clartés et opa-
cités digestives, des articulations sacro-iliaques et
L’examen clinique recherche une douleur exqui- des tubérosités iliaques, ne sont visibles sur les
se réveillée par la palpation et par la manœuvre radiographies standard que dans, au mieux, un
du trépied. tiers des cas, et bien souvent de manière rétros-
pective seulement (fig. 3 et 4) [2].
a
Fig. 3 : Fractures par insuffisance osseuse récentes en H du
sacrum et des branches pubiennes gauches.
a) Radiographies standards. Les fractures du cadre obtura-
teur sont visibles. Celles du sacrum sont inapparentes.
b) Scintigraphie osseuse : Aspect caractéristique
d’hyperfixation sacrée en aile de papillon. Hyperfixation
focale des branches pubiennes gauches.
b
89
Bassin et Hanche
d
Fig. 4 : Fracture par insuffisance osseuse des deux ailes sacrées
sans refend horizontal chez une patiente de 67 ans.
a) Radiographies standards : deux petites bandes radio-claires
verticales en projection des ailes (têtes de flèches) se distin-
guent mal des clartés digestives.
b) Coupe tomodensitométrique coronale antérieure : résorption
osseuse étendue des berges fracturaires non visible sur la
radiographie.
c) Coupe coronale plus postérieure : bande radio-claire de l’aile
b sacrée gauche à limites condensées (tête de flèche), corres-
pondant à l’image visible sur la radiographie standard.
d) Scintigraphie osseuse : hyperfixations asymétriques en pro-
jection des ailes sacrées. Aspect beaucoup moins caractéris-
tique, sans barre horizontale, nécessitant une confrontation à
l’imagerie morphologique.
90
Pièges diagnostiques des fractures de fatigue et par insuffisance osseuse du bassin
91
Bassin et Hanche
sent ceux décrits par Laredo et coll. [22] à propos L’aspect des fractures du pubis (para-symphy-
des fractures-tassements vertébrales ostéoporo- saires ou des branches) est des plus inquiétant.
tiques récentes. Sous l’effet des tractions musculaires et des phé-
nomènes de cisaillement, ces fractures évoluent
Les fractures supra-acétabulaires sont visibles volontiers vers des pseudarthroses mobiles se tra-
de manière retardée sous la forme d’une fine duisant sur les radiographies et le scanner par
bande de condensation horizontale ou légèrement une intense résorption osseuse (fig. 9), une frag-
convexe vers le haut au sein du spongieux (fig. 8). mentation, un cal hypertrophique, à l’extrême par
une masse partiellement calcifiée développée
dans la racine de la cuisse (fig. 10) [23-24]. La
connaissance de ces aspects évite de proposer en
première hypothèse une métastase ou un sarcome
radio-induit. La tentation de réaliser une biopsie
percutanée est grande et doit être réfrénée : la
présence, dans le foyer de pseudarthrose, de car-
tilage et d’élaboration osseuse expose au diagnos-
tic anatomopathologique erroné de chondrosar-
come ou d’ostéosarcome [25]. L’attitude la plus
raisonnable est de temporiser en préconisant le
repos, seul en mesure d’assurer la consolidation,
et d’étayer l’hypothèse fracturaire en recherchant
une fracture sacrée, unilatérale ou en H complet,
favorisant la survenue de la fracture de l’arche
antérieure de l’anneau pubien et sa non-consoli-
dation (fig. 10).
b
Fig. 8 : Fracture supra-cotyloïdienne gauche par insuffisan-
ce osseuse. Radiographies (a) et scanner (b) trois semaines
après le début des symptômes : fine bande de condensation Fig. 9 : Fracture pubienne parasymphysaire droite.
horizontale doublant le toit de l’acétabulum (tête de flèche). Importante résorption osseuse des berges de la fracture.
92
Pièges diagnostiques des fractures de fatigue et par insuffisance osseuse du bassin
a b
c d
e f
g h
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
Fig. 10 : Pseudarthrose exubérante d’une fracture par insuffisance osseuse pubienne para-symphysaire - Tomodensitométrie :
a) Ostéolyse des berges de la fracture.
b) Fragmentation.
c) Ossification des parties molles (flèche).
d) Masse au sein de l’origine des adducteurs (étoile). – IRM.
e) Pondération T2 : hypersignal liquidien occupant le foyer de pseudarthrose (flèche noire) entouré d’un cerne d’hyposignal
(têtes de flèches noires).
f) Pondération T2 : tuméfaction des muscles adducteurs en hypersignal.
g) Pondération T1 avec injection et effacement de la graisse. Rehaussement des muscles adducteurs et obturateurs tuméfiés.
h) Les coupes TDM sacrées mettent en évidence une fracture en H typique associée.
93
Bassin et Hanche
Du fait de leur mauvaise tolérance, les fractures Imagerie par résonance magnétique
de fatigue sont explorées de manière plus précoce
par rapport au début des symptômes. L’aspect IRM initial des FF et des FIO est uni-
Radiographies standard et scanner sont alors nor- voque. Fine image linéaire en hyposignal sur
maux : loin de surprendre, cette normalité va dans toutes des séquences cerné de deux bandes
le sens d’un FF. Après quelques semaines, les exa- d’œdème médullaire d’autant plus apparent que
mens mettent en évidence soit une fine solution de des séquences avec effacement du signal de la
continuité, soit uniquement du cal : cal périosté au graisse sont utilisées (STIR, T2 et T1 après injec-
niveau de la branche ischio-pubienne visible en tion de gadolinium et saturation du signal de la
radiographie standard, cal spongieux de l’aile graisse) (fig. 11). En pondération T1, l’image de
sacrée sous la forme d’une fine bande de condensa- “trait” est souvent peu apparente, noyée dans
tion osseuse seulement visible en tomodensitomé- l’hyposignal diffus de l’œdème [26, 30, 31].
trie. Contrairement aux FIO, la FF du sacrum est
généralement unilatérale, débute au bord supérieur
a
de l’aile sacrée et se dirige en bas et en dedans vers
le premier ou le deuxième foramen sacré [9, 26].
Scintigraphie osseuse
94
Pièges diagnostiques des fractures de fatigue et par insuffisance osseuse du bassin
95
Bassin et Hanche
Au total, l’IRM n’apporte pas d’élément décisif sacrum. C’est un argument de plus pour tou-
par rapport au scanner sauf si les explorations jours s’intéresser aux régions sacro-iliaques
sont réalisées très tôt, tout particulièrement dans lors de l’exploration tomodensitométrique ou
le cas des fractures de fatigue, ou pour les pseu- IRM du rachis lombaire.
darthroses exubérantes du pubis.
❍ une fragmentation du pubis avec une masse
plus ou moins calcifiée de l’origine des adduc-
CONCLUSION teurs a plus de probabilité d’être une pseudar-
throse exubérante sur fracture par insuffisan-
Symptomatologie d’allure radiculaire, antécé- ce osseuse qu’une fracture pathologique sur
dents néoplasiques, hyperfixations scintigra- sarcome radio-induit.
phiques, radiographies normales ou inopérantes,
aspects pseudo-tumoraux sont donc les éléments Enfin, si les fractures par insuffisance osseuse
confondants des fractures de contrainte du pelvis. du bassin ne sont pas un facteur de surmortalité,
elles sont responsables d’une perte d’autonomie
Trois points sont à retenir pour en déjouer les dans environ 25 % des cas [35]. Elles constituent
pièges : un événement fracturaire qui impose une prise en
❍ hyperfixation scintigraphique, ostéolyse et charge de l’ostéoporose pour éviter la survenue
hypersignal T2 du sacrum après radiothérapie de nouvelles fractures aux conséquences vitales
ne signifient pas systématiquement métastase. plus graves, comme celles de l’extrémité supé-
❍ une lombo-sciatalgie chez un coureur de fond rieure du fémur.
doit faire penser à une fracture de fatigue du
Bibliographie
[1] LOURIE H. – Spontaneous osteoporotic fracture of the [7] BURNET S., MAHADEVAN G., LEE A., RISCHMUELLER M.
sacrum. An unrecognized syndrome in the elderly. J.A.M.A. – Sacral insufficiency fracture: a case of post-coital back pain.
1982; 248: 715-7. Rheumatology 2001; 40: 1065-6.
[2] FINIELS H., FINIELS P.J., JACQUOT J.M., STRUBEL D. – [8] MCFERLAND E.G., GIANGARRA C. – Sacral stress frac-
Fracture du sacrum par insuffisance osseuse. Méta-analyse de tures in athletes. Clin Orthoped Relat Res 1996; 329: 240-3.
508 cas. Presse Med 1997; 26: 1568-73.
[9] MAJOR N.M., HELMS C.A. – Sacral stress fractures in long
[3] SARAUX A., VALLS I., GUEDES C., BARON D., LE GOFF P. distance runners. AJR 2000; 174: 727-9.
– Les fractures du sacrum par insuffisance osseuse du sujet âgé.
Rev Rhum [Ed Fr] 1995; 62: 619-23. [10] KIURU M.J., PIHLAJAMAKI H.K., AHOVUO J.A. – Fatigue
stress injuries of the pelvic bones and proximal femur: evalua-
[4] BLOMLIE V., ROFSTAD E.K., TALLE K., SUNDFØR K., tion with MR imaging. Eur Radiol 2003; 13: 605-11.
WINDEREN M., LIEN H.H. – Incidence of radiation-induced
insufficiency fractures of the female pelvis: evaluation with MR [11] WILLIAMS T.R., PUCKETT M.L., DENISON G., SHIN A.Y.,
imaging. AJR 1996; 167: 1205-10. GORMAN J.D. – Acetabular stress fractures in military endu-
rance athletes and recruits: incidence and MRI and scintigraphic
[5] MARMOR L. – Stress fracture of the pubic ramus simulating findings. Skeletal Radiol 2002; 31: 277-81.
a loose total hip replacement. Clin Orthoped Relat Res 1976;
121: 103-4. [12] THORNE D.A., DATZ F.L. – Pelvic stress fracture in female
runners. Clin Nucl Med 1986; 11: 828-9.
[6] LAUNDER W.J., HUNGERFORD D.S. – Stress fracture of the
pubis after total hip replacement. Clin Orthoped Relat Res 1981; [13] NOAKES T.D., SMITH J.A., LINDENBERG G., WILLIS C.E.
159: 183-5. – Pelvic stress fractures in long distances runners. Am J Sports
Med 1985; 13: 120-3.
96
Pièges diagnostiques des fractures de fatigue et par insuffisance osseuse du bassin
[14] GRIMAUD A., ODDO F., THIBAUD I., BROCQ O., EULLER- [25] CASEY D., MIRRA J., STAPLE T.W. – Parasymphyseal
ZIEGLER L. – Fracture du sacrum par insuffisance osseuse chez insufficiency fractures of the os pubis. AJR 1984; 142: 581-6.
une femme enceinte. J Radiol 1997; 78: 511-2.
[26] AHOVUO J.A., KIURU M.J., VISURI T. – Fatigue stress frac-
[15] ROUSIÈRE M., KAHAN A., JOB-DESLANDRE C. – tures of the sacrum: diagnosis with MR imaging. Eur Radiol
Postpartal sacral fracture without osteoporosis. Joint Bone spine 2004; 14: 500-5.
2001; 68: 80-3.
[27] LEE J., YAO L. – Stress fractures: MR imaging. Radiology
[16] LIN J.T., LUTZ G.E. – Postpartum sacral fracture presenting 1988; 169: 217-20.
as lumbar radiculopathy: a case report. Arch Phys Med Rehabil
2004; 85: 1358-61. [28] ANDERSON M., GREENSPAN A. – Stress fractures.
Radiology 1996; 199: 1-12.
[17] AYLIN A., SAIFUDDIN A., TUCKER S. – L5 radiculopathy
due to sacral stress fracture. Skeletal Radiol 2003; 32: 590-3. [29] SCHNEIDER R., YACOVONE J., GHELMAN B. –
Unsuspected sacral fractures: detection by radionuclide bone
[18] JONES J.W. – Insufficiency fracture of the sacrum with dis- scanning. AJR 1985; 144: 337-41.
placement and neurological damage: a case report and review of
the literature. J Am Geriatr Soc 1991; 39: 280-3. [30] BLOMLIE V., LIEN H.H., IVERSEN T., WINDEREN M.,
TVERA K. – Radiation-induced insufficiency fractures of the
[19] FINIELS P.J., FINIELS H., STRUBEL D., JACQUOT J.M. – sacrum : evaluation with MR imaging. Radiology 1993; 188:
Spontaneous osteoporotic fractures of the sacrum causing neu- 241-4.
rological damage. Report of three cases. J Neurosurg 2002; 97(3
Suppl): 380-5. [31] GRANGIER C., GARCIA J., HOWARTH N.R., MAY M.,
ROSSIER P. – Role of MRI in the diagnosis of insufficiency frac-
[20] DE PAULIS F., CACCHIO A., MICHELINI O., DAMIANI A., tures of the sacrum and the acetabular roof. Skeletal Radiol
SAGGINI R. – Sports injuries in the pelvis and hip: diagnostic 1997; 26: 517-25.
imaging. Eur J Radiol 1998; 27: S49-59.
[32] OTTE M.T., HELMS C.A., FRITZ R.C. – MR imaging of
[21] STABLER A., BECK R., BARTL R., SCHMIDT D., REISER supra-acetabular insufficiency fractures. Skeletal Radiol 1997;
M. – Vacuum phenomena in insufficiency fractures of the 26: 279-83.
sacrum. Skeletal Radiol 1995; 24: 31-5.
[33] HOSONO M., KOBAYASHI H., FUJIMOTO R., TSUTSUI
[22] LAREDO J.D., LAKHDARI K., BELLAÏCHE L., HAMZE B., K., KOTOURA Y., TSUBOYAMA T. et al. – MR appearance of
JANKLEWICZ P., TUBIANA M. – Acute vertebral collapse: CT parasymphyseal insufficiency fractures of the os pubis. Skeletal
findings in benign and malignant nontraumatic cases. Radiology Radiol 1997; 26: 525-8.
1995; 194: 41-8.
[34] SEO G.S., AOKI J., KARAKIDA O., SONE S., ISHII K. –
[23] ALBERTSEN A.M., EGUND N., JURIK A.G., JACOBSEN E. Ischiopubic insufficiency fractures: MRI appearances. Skeletal
– Posttraumatic osteolysis of the pubic bone simulating mali- Radiol 1997; 26: 705-10.
gnancy. Acta Radiol 1994; 35: 40-4.
[35] TAILLANDIER J., LANGUE F., ALEMANNI M.,
[24] BOTTON E., SARAUX A., MALHAIRE J.P., TAILLANDIER-HERICHE E. – Mortality and outcome after
MANSOURBAKHT T., JOUSSE S., LE GOFF P. et al. – insufficiency pelvic fractures in the elderly. Joint Bone Spine
Postfracture osteolysis of the pubic bone simulating a mali- 2003; 70: 600-3.
gnancy: report of a case. Joint Bone Spine 2004; 71: 397-401.
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
97
Pathologie neuroméningée du sacrum
Nous n’évoquerons que les lésions dysra- L’examen scanographique reconnaît les anoma-
phiques de l’adulte. Ces lésions sont rares, parfois lies osseuses, identifie souvent la moelle attachée
occultes en raison de signes cliniques relative- au niveau de la partie caudale du canal rachidien
ment frustes : amyotrophie d’un membre infé- lombaire et surtout certaines lésions tumorales
rieur avec déficit moteur modéré, pied creux, comme les lipomes intracanalaires, souvent asso-
troubles sphinctériens, anomalies du revêtement ciés à des lipomes sous-cutanés.
cutané et sous-cutané (lipome, sinus dermique).
L’IRM confirme la moelle attachée et identifie
Les dysraphies sacrées de l’adulte sont parfois une dilatation du fourreau dural, le lipome et le
découvertes fortuitement lors d’un bilan radiolo- sinus dermique associé. L’IRM est utile pour
gique par la mise en évidence d’anomalies exclure une hydromyélie/syringomyélie et/ou une
osseuses : blocs vertébraux, vertèbres en aile de malformation de Chiari associée (fig. 1).
papillon, spina bifida aperta ou cystica.
99
Bassin et Hanche
a b c
d e
Les méningocèles intra et présacrées dural dilaté, la moelle attachée et parfois le lipo-
me associé.
Les méningocèles intrasacrées entraînent un
élargissement du canal sacré ; une déhiscence de La radiculosaccographie (RSG) et le myéloscanner
la paroi postérieure du sacrum est fréquente. évaluent la communication du kyste avec l’espace
L’IRM et la tomodensitométrie (TDM) confirment sous-arachnoïdien en appréciant l’opacification
le contenu liquidien. L’IRM identifie le fourreau immédiate de la formation liquidienne.
100
Pathologie neuroméningée du sacrum
Les méningocèles sacrées antérieures se ren- Les kystes méningés sacrés bénins
contrent principalement chez la fille et la femme
jeune et se traduisent par une symptomatologie Les kystes méningés sont principalement repré-
pelvienne (ténesme rectal, troubles mictionnels), sentés par les dilatations et les diverticules des
une dysménorrhée, une algie sciatique par com- gaines radiculaires, les kystes périneuraux
pression du plexus lombosacré et, exceptionnelle- (kystes de Tarlov) et les kystes arachnoïdiens
ment, par des signes cliniques liés à une rupture extraduraux [1, 6]. Les kystes arachnoïdiens
de la méningocèle [4, 5]. De telles méningocèles intraduraux sacrés sont exceptionnels, de même
peuvent être associées à une maladie de Marfan que les pseudoméningocèles, qui résultent d’une
ou une neurofibromatose de type 1. avulsion radiculaire [7].
a b
Fig. 2 a, b : Méningocèle présacrée.
Agénésie de l’extrémité caudale du sacrum et déhiscence de la paroi antérieure du sacrum (étoile) notée lors d’une hystérogra-
phie (a), qui démontre une duplication utérine.
La scanographie (b) confirme le défect osseux sacré et la présence d’une masse liquidienne présacrée (étoile).
101
Bassin et Hanche
a b
102
Pathologie neuroméningée du sacrum
a b
L’IRM en coupes sagittales, axiales et coronales démontrant de multiples petits kystes au sein
en T1 et en T2 confirme le caractère liquidien de même du ganglion spinal des racines adjacentes.
la masse et permet aisément de distinguer le kyste
de Tarlov d’un schwannome, notamment kys- La RSG et le myéloscanner notent un remplis-
tique. Les coupes coronales et axiales du T2 3D en sage retardé de ces kystes de Tarlov (fig. 6).
haute résolution (CISS 3D, FIESTA) confirment le
kyste et évaluent son caractère compressif au sein La ponction simple d’un kyste n’améliore
du canal sacré et du foramen [7, 9] (fig. 5). Ces qu’inconstamment et transitoirement les symp-
coupes semblent également confirmer la pathogé- tômes. L’injection de colle biologique est actuelle-
nie du développement du kyste de Tarlov, en ment en évaluation.
103
Bassin et Hanche
a b
a b
104
Pathologie neuroméningée du sacrum
Les épendymomes
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
Les neurofibromes
Soixante pour cent des épendymomes du canal
Les neurofibromes sont habituellement associés rachidien se développent au niveau du cône
à une neurofibromatose de type 1. Ils sont habi- médullaire et du filum terminal. Les épendy-
tuellement plexiformes et touchent de manière momes du filum terminal sont de type myxopapil-
unilatérale ou bilatérale toutes les branches et laire [14]. Les localisations lombaires occupent
racines d’origine du plexus lombosacré. Les neu- souvent la totalité de l’extrémité caudale du sac
rofibromes se développent préférentiellement en dural. En cas de tumeur volumineuse, la tumeur
présacré, mais ils présentent souvent une exten- érode les structures osseuses et élargit le canal
sion vers les foramina sacraux pelviens anté- rachidien.
rieurs, qu’ils élargissent parfois. Les neurofi-
bromes plexiformes se traduisent par des masses Les épendymomes sont d’identification difficile
tumorales fusiformes qui touchent les branches sur un examen scanographique sans injection ;
105
Bassin et Hanche
b c d
106
Pathologie neuroméningée du sacrum
seules les érosions osseuses peuvent orienter vers T2, l’épendymome est hyperintense avec des
un processus tumoral intracanalaire ; l’injection foyers hypointenses, qui résultent d’hémorragies
de contraste rehausse la masse tumorale. intratumorales. L’injection de gadolinium entraîne
un rehaussement intense. Des structures vascu-
En IRM, l’épendymome myxopapillaire est laires dilatées (veines de drainage) sont souvent
isointense par rapport à la moelle épinière en T1 identifiées au pôle supérieur de la tumeur. Un
avec des zones spontanément hyperintenses. En développement extradural est possible au niveau
du sacrum avec destruction osseuse et extension
pelvienne [15, 16]. Vingt pour cent des épendy-
momes myxopapillaires sont multiples, d’où la
nécessité d’une exploration complète du canal
rachidien (fig. 9).
a b
a
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
b
Fig. 8 a, b : Neurofibromes plexiformes dans le cadre d’une
neurofibromatose de type 1.
Fig. 9 a, b : Épendymome myxopapillaire du filum terminal.
L’examen scanographique après injection de contraste (a,
L’IRM en coupes sagittales en T1 après injection de gado-
b) démontre un élargissement de l’ensemble des troncs ner-
linium (a, b) note une masse tumorale bifocale, occupant
veux du plexus lombosacré droit. Ces masses (étoiles) se
le sac dural sacré et lombaire. Une dissémination sous-
rehaussent moins que les muscles adjacents. Le premier
arachnoïdienne est notée au sein du canal rachidien cervi-
foramen sacré pelvien droit est élargi par l’extension intra-
co-thoracique.
canalaire du neurofibrome (flèche).
107
Bassin et Hanche
Bibliographie
[1] DIETEMANN J.L., CAILLÉ J.M., KIEN P., CLARISSE J., [9] TSUCHIYA K., KATASE S., HACHIYA J. – MR myelography
RAILHAC – Sacrum normal et pathologique. In : Manelfe C, edi- of sacral meningeal cysts. Acta Radiol. 1999 ; 40 : 95-9.
tor. Tomodensitométrie et IRM du rachis et de la moelle. Vigot,
[10] KLIMO P. JR, RAO G., SCHMIDT R.H., SCHMIDT M.H. –
édit., Paris, 1989.
Nerve sheath tumors involving the sacrum. Case report and
[2] DIETEMANN J.L. – Imagerie du rachis lombaire. Masson, classification scheme. Neurosurg Focus 2003 ; 15 : E12.
édit., Paris, 1995.
[11] ANRACT P., BABINET A., DE PINIEUX G., CARLIOZ A.,
[3] ROTY J.R., RENGACHARY S.S. – Surgical disorders of the FOREST M., TOMENO B. – Giants schwannoma of the sacrum.
sacrum. Georg Thieme Verlag, édit., Stuttgart, New York, 1994. Apropos of 3 cases and review of the literature. Rev Chir Orthop
Reparatrice Appar Mot 1998 ; 84 : 239-46.
[4] ASHLEY W.W. JR, WRIGHT N.M. – Resection of a giant ante-
[12] DOMINGUEZ J., LOBATO R.D., RAMOS A., RIVAS J.J.,
rior sacral meningocele via an anterior approach: case report
GOMEZ P.A., CASTRO S. – Giant intrasacral schwannomas:
and review of literature. Surg Neurol 2006 ; 66 : 89-93.
report of six cases. Acta Neurochir (Wien) 1997 ; 139 : 954-9.
[5] ERDOGMUS B., YAZICI B., OZDERE B.A., SAFAK A.A. –
[13] POPURI R., DAVIES A.M. – MR imaging features of giant
Anterior sacral meningocele simulating ovarian cyst. J Clin
pre-sacral schwannomas: a report of four cases. Eur Radiol 2002 ;
Ultrasound 2006 ; 34 : 244-6. 12 : 2365-9.
[6] BOUKOBZA M., SICHEZ J.P., ROLLAND E., CORNU P. – [14] GINSBERG L.E., WILLIAMS D.W., STANTON C. – Intrasacral
MRI evaluation of sacral cysts. J Neuroradiol. 1993 ; 20 : 266-71. myxopapillary ependymoma. Neuroradiology 1994 ; 36 : 56-8.
[7] FAKHOURY W., DIETEMANN J.L. – Applications de [15] BIAGINI R., DEMITRI S., ORSINI U., BIBILONI J.,
l’imagerie T2 3D haute résolution en pathologie rachidienne et BRICCOLI A., BERTONI F. – Osteolytic extra-axial sacral myxo-
médullaire. Feuillets de Radiologie 2005 ; 45 : 200-8. papillary ependymoma. Skeletal Radiol 1999 ; 28 : 584-9.
[8] ACOSTA F.L. Jr, QUINONES-HINOJOSA A., SCHMIDT [16] MOELLEKEN S.M., SEEGER L.L., ECKARDT J.J.,
M.H., WEINSTEIN P.R. – Diagnosis and management of sacral BATZDORF U. – Myxopapillary ependymoma with extensive
Tarlov cysts. Case report and review of the literature. Neurosurg sacral destruction: CT and MR findings. J Comput Assist
Focus 2003 ; 15 : E15. Tomogr 1992 ; 16 : 164-6.
108
BASSIN ABARTICULAIRE
Les syndromes canalaires de la région glutéale
111
Bassin et Hanche
112
Les syndromes canalaires de la région glutéale
cette compression survient lors du passage du souvent associés à un traumatisme ou à une infec-
nerf sciatique en dessous du muscle piriforme tion [3, 5-8], myosite ossifiante post-traumatique
dans l’espace infra-piriforme [3-8]. Les causes de du muscle piriforme [9]. De façon anecdotique,
cette compression sont diverses : hypertrophie du une localisation extrapelvienne d’endométriose
muscle piriforme [4] (fig. 8), bande fasciale enser- [10] ou des dilatations variqueuses des veines glu-
rant le nerf [4], pseudo-anévrysme de l’artère glu- téales [11] ont été rapportées dans la littérature
téale inférieure [7], exercice physique soutenu comme des étiologies exceptionnelles de syndro-
[3], inflammation et spasme du muscle piriforme me du piriforme.
a b
Fig. 4 (a, b) : Coupes axiales IRM (a) et anatomique (b) montrant le nerf sciatique (flèche) en avant du muscle piriforme (Pr)
avant son passage par l’espace infra-piriforme.
GF : muscle grand glutéal ; MF : muscle moyen glutéal ; PF : muscle petit glutéal ; GT : grand trochanter.
a b
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
Fig. 5 (a, b) : Coupes axiales IRM (a) et anatomique (b) sous-jacentes aux coupes de la figure 4 montrant le nerf sciatique
(flèche) en arrière du muscle obturateur interne (OI) après son passage au-dessous du muscle piriforme. GF : muscle grand glu-
téal GT : grand trochanter.
113
Bassin et Hanche
a b
Il s’avère, en fait, que tout processus occupant de Un certain nombre de variations anatomiques,
la région de la grande incisure ischiatique comme tant dans le mode de constitution ou dans le trajet
une tumeur, un abcès ou un hématome est suscep- du nerf sciatique, ont été rapportées. Leur fré-
tible d’entraîner un effet de masse et être ainsi à quence est de 15 à 20 %. Le nerf sciatique peut, en
l’origine d’une compression du nerf sciatique [4]. effet, traverser ou passer au-dessus du muscle
La possibilité de sciatalgies en rapport avec une piriforme. Il peut également être divisé en deux
sacro-iliite a été rapportée dès 1928 [12] étant contingents, fibulaire commun et tibial, lorsque sa
donné la proximité entre la partie basse de division ne se fait pas au-dessus du genou. L’un
l’articulation sacro-iliaque et le nerf sciatique. Ce des contingents nerveux peut traverser le corps
dernier est, en effet, situé en moyenne à 2,9 cm [13] musculaire du piriforme alors que l’autre passe
de la partie basse de l’articulation sacro-iliaque. au-dessus ou en dessous de ce muscle. Les contin-
114
Les syndromes canalaires de la région glutéale
Fig. 8 (a, b) : Coupes tomodensitométriques axiales mettant en évidence une hypertrophie du muscle piriforme gauche (flèche
courbe) par rapport au muscle piriforme droit (flèche). Tête de flèche : nerf sciatique.
115
Bassin et Hanche
stations assises prolongées ou, plus rarement, en et même considéré par certains comme un test
décubitus dorsal. Elle peut se manifester lors de diagnostique [17], surtout lorsque la douleur
l’abduction de la hanche en position assise déclenchée par cette manœuvre diminue en met-
(comme pour sortir d’une voiture ou se déplacer tant le membre en rotation externe.
latéralement sur un banc). Rappelons que le
muscle piriforme, qui appartient au groupe des Les explorations électrophysiologiques peuvent
muscles pelvitrochantériens, est abducteur de la apporter des éléments contributifs au diagnostic
hanche fléchie et rotateur externe de la hanche en de syndrome du piriforme [17]. Il convient, cepen-
extension [15]. dant, de rappeler que la mise en évidence d’un
syndrome canalaire nécessite une stimulation en
L’examen a pour but de tester la force du amont et en aval de la compression pour mettre
muscle, de réveiller une douleur lors de son étire- en évidence une diminution des vitesses de
ment et d’essayer de reproduire la compression conduction sensitive ou motrice. Cela n’est pas
du nerf sciatique dans le canal infra-piriforme. possible dans les syndromes canalaires proxi-
Préalablement, on recherche une amyotrophie du maux comme le syndrome du foramen infra-piri-
grand glutéal pouvant être présente dans les forme. L’électromyographie de détection est un
formes chroniques et une attitude en rotation moyen de contourner ce problème [18]. Une tech-
externe, liée à la contracture du muscle, avec dou- nique de stimulation par une électrode épidurale
leur provoquée lors de la tentative de correction. a été proposée récemment [19]. Le guidage élec-
La palpation de la région glutéale entre le bord tromyographique est utilisé pour les injections
latéral du sacrum et le grand trochanter peut per- intramusculaires (voir plus loin).
cevoir un muscle piriforme contracté et doulou-
reux. Les manœuvres décrites sont nombreuses
[15]. La manœuvre de Pace et Nagle [16] teste LES COMPRESSIONS DU NERF
l’abduction active résistée et prolongée en posi- CUTANÉ POSTÉRIEUR DE LA CUISSE
tion assise, l’examinateur plaçant ses mains à la
face externe des genoux du patient. Le FAIR test Le nerf cutané postérieur de la cuisse est un
(Flexion-Adduction-Internal Rotation) décrit par nerf mixte, constitué de neurofibres provenant de
Fishmann [17] se fait sur un patient en décubitus S1, S2, S3 [1].
latéral du côté asymptomatique, ce membre étant
allongé, la cuisse du côté symptomatique étant Il sort du bassin en dessous du muscle piriforme
fléchie, le genou reposant sur la table, afin par la partie inférieure de la grande incisure
d’obtenir une adduction, la cheville reposant sur ischiatique, en arrière et médialement au nerf
l’autre jambe. On lui demande de remonter la sciatique (fig. 2-3). En arrivant dans la région glu-
jambe supérieure le long du membre opposé. Le téale, ce nerf donne une branche motrice, le nerf
muscle piriforme peut être palpé par toucher pel- glutéal inférieur, destinée au muscle grand glutéal
vien. Les signes négatifs sont également impor- et une branche cutanée qui se divise elle-même en
tants, avec une mobilité normale du rachis et de un rameau cutané fessier, un rameau cutané péri-
l’articulation coxo-fémorale. Il peut exister des néal, et un rameau fémoral destiné à la région
signes déficitaires dans le territoire sciatique, postérieure de la cuisse et de la fosse poplitée.
trompeurs lorsqu’ils ne concernent que l’un des
deux territoires, tibial (S1) ou fibulaire commun Les compressions du nerf cutané postérieur de
(L5). En revanche, le signe de Lasègue n’est pas la cuisse sont très rares, mais probablement
discriminant, étant fréquent dans certaines séries méconnues. Peu de cas ont été rapportés dans la
116
Les syndromes canalaires de la région glutéale
moyen glutéaux ainsi que celle du muscle tenseur le déplacement des fragments osseux en cas de
du fascia-lata [1]. fracture du pelvis [27-29], ou enfin de rechercher
des arguments d’imagerie pour les étiologies plus
La principale pathologie du nerf glutéal supé- rares telles qu’une localisation d’endométriose ou
rieur est liée à l’abord transglutéal dans la chirur- une myosite ossifiante. Une étude du bassin en
gie prothétique de la hanche. Parmi les autres coupe axiale permet une comparaison indispen-
étiologies susceptibles d’entraîner un conflit avec sable avec le côté controlatéral en cas de sympto-
le nerf glutéal supérieur, on note l’hypertrophie matologie unilatérale. Les autres plans de coupes
du muscle piriforme responsable du rétrécisse- apparaissent cependant très utiles pour étudier le
ment du foramen supra-piriforme [22], la com- trajet et les rapports du nerf en cause. L’IRM,
pression par un anévrysme de l’artère iliaque grâce aux séquences en pondération T1 en haute
interne, les traumatismes pelviens et les fractures résolution, autorise une analyse morphologique
du bassin [23, 24]. performante des différentes structures anato-
117
Bassin et Hanche
118
Les syndromes canalaires de la région glutéale
Bibliographie
[1] KAMINA P. – Précis d’Anatomie clinique. In. Paris: Maloine, [8] BENSON E.R., SCHUTZER S.F. – Posttraumatic piriformis
2002; 513-546. syndrome: diagnosis and results of operative treatment. J Bone
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
119
Bassin et Hanche
[14] CHEN W.S. – Bipartite piriformis muscle: an unusual cause [26] LAM A.W., THOMPSON J.F., MCCARTHY W.H. – Unilateral
of sciatic nerve entrapment. Pain 1994; 58: 269-272. piriformis syndrome in a patient with previous melanoma. Aust
N Z J Surg 1993; 63: 152-153.
[15] BARD H., VUILLEMIN V., DEMONDION X. – Le syndrome
du piriforme : mythe ou réalité. In: Kahn M.F., Bardin T., Meyer O., [27] CHEN W.S., WAN Y.L. – Sciatica caused by piriformis
Orcel P., Lioté F., eds. L’Actualité Rhumatologique 2007. Issy les muscle syndrome: report of two cases. J Formos Med Assoc
Mx: Elsevier, 2007. 1992; 91: 647-650.
[16] PACE J.B., NAGLE D. – Piriform syndrome. West J Med [28] ROSSI P., CARDINALI P., SERRAO M., PARISI L., BIANCO F.,
1976; 124: 435-439. DE BAC S. – Magnetic resonance imaging findings in piriformis
syndrome: a case report. Arch Phys Med Rehabil 2001; 82:
[17] FISHMAN L.M., DOMBI G.W., MICHAELSEN C. et al. 519-521.
Piriformis syndrome: diagnosis, treatment, and outcome—a 10-
year study. Arch Phys Med Rehabil 2002; 83: 295-301. [29] JANKIEWICZ J.J., HENNRIKUS W.L., HOUKOM J.A. –
The appearance of the piriformis muscle syndrome in compu-
[18] FISHMAN L.M., ZYBERT P.A. – Electrophysiologic eviden- ted tomography and magnetic resonance imaging. A case
ce of piriformis syndrome. Arch Phys Med Rehabil 1992; 73: report and review of the literature. Clin Orthop Relat Res 1991:
359-364. 205-209.
[19] NAKAMURA H., SEKI M., KONISHI S., YAMANO Y., [30] FREUND W., BRINKMANN A., WAGNER F. et al. – MR neu-
TAKAOKA K. – Piriformis syndrome diagnosed by cauda equina rography with multiplanar reconstruction of 3D MRI datasets:
action potentials: report of two cases. Spine 2003; 28: E37-40. an anatomical study and clinical applications. Neuroradiology
2007.
[20] ARNOLDUSSEN W.J., KORTEN J.J. – Pressure neuropathy
of the posterior femoral cutaneous nerve. Clin Neurol [31] LEWIS A.M., LAYZER R., ENGSTROM J.W., BARBARO
Neurosurg 1980; 82: 57-60. N.M., CHIN C.T. – Magnetic resonance neurography in extras-
pinal sciatica. Arch Neurol 2006; 63: 1469-1472.
[21] GOMCELI Y.B., KAPUKIRAN A., KUTLU G., KURT S.,
BAYSAL A.I. – A case report of an uncommon neuropathy: pos- [32] CHAPPELL K.E., ROBSON M.D., STONEBRIDGE-FOSTER
terior femoral cutaneous neuropathy. Acta Neurol Belg 2005; A. et al. – Magic angle effects in MR neurography. AJNR Am J
105: 43-45. Neuroradiol 2004; 25: 431-440.
[22] DIOP M., PARRATTE B., TATU L., VUILLIER F., FAURE A., [33] FILLER A.G., MARAVILLA K.R., TSURUDA J.S. – MR neu-
MONNIER G. – Anatomical bases of superior gluteal nerve rography and muscle MR imaging for image diagnosis of disor-
entrapment syndrome in the suprapiriformis foramen. Surg ders affecting the peripheral nerves and musculature. Neurol
Radiol Anat 2002; 24: 155-159. Clin 2004; 22: 643-682, VI-VII.
[23] WILLICK S.E., MARGHERITA A.J., CARTER G.T. – Isolated [34] BARD H., DEMONDION X., VUILLEMIN V. – Les syn-
superior gluteal nerve injury: two case reports. Muscle Nerve dromes canalaires des régions glutéales et de la face latérale de
1998; 21: 951-953. la hanche. Rev Rhum Ed Fr 2007; 74: 393-400.
[24] RASK M.R. – Superior gluteal nerve entrapment syndrome. [35] BENNETT J.D., MILLER T.A., RICHARDS R.S. – The use of
Muscle Nerve 1980; 3: 304-307. botox(r) in interventional radiology. Tech Vasc Interv Radiol
2006; 9: 36-39.
[25] BROADHURST N.A., SIMMONS D.N., BOND M.J. –
Piriformis syndrome: Correlation of muscle morphology with [36] MONNIER G., TATU L., MICHEL F. – New indications for
symptoms and signs. Arch Phys Med Rehabil 2004; 85: 2036- botulinum toxin in rheumatology. Joint Bone Spine 2006; 73:
2039. 667-671.
120
Les névralgies pudendales
121
Bassin et Hanche
Cette douleur est minante par son caractère La survenue de douleurs fessières voire scia-
continu et si l’intensité de la douleur peut être très tiques plus ou moins tronquées est assez fréquen-
variable d’un jour à l’autre, il faut surtout retenir te. Des phénomènes d’hypersensibilisation cuta-
qu’elle n’a pas de caractère véritablement née, muqueuse, sous-cutanée, musculaire ou vis-
paroxystique. cérale sont souvent présents.
122
Les névralgies pudendales
123
Bassin et Hanche
Etude anatomique en position assise épineux. Les fils de suspension, passés au tra-
vers du ligament sacro-épineux peuvent endom-
La graisse de l’espace ischio-rectal qui résume le mager le nerf pudendal. C’est une reproduction
contenu du périnée postérieur ascensionne et vient parfaite de la symptomatologie habituelle hor-
au contact du tronc nerveux. En condition physio- mis le caractère positionnel. La libération du
logique le nerf glisse dans son canal et dans la nerf pudendal s’impose alors.
pince ligamentaire précédemment décrite. En cas
d’épaississement des structures aponévrotiques ou
ligamentaires voire des deux, le nerf est alors sou-
mis à compression [8]. La cause de ces modifica- NEUROPHYSIOLOGIE
tions est ignorée ici comme ailleurs : nous avons
tous 2 canaux carpiens mais ne développerons pas Tout syndrome canalaire doit faire l’objet d’une
tous un syndrome du dit canal dont la genèse n’est exploration neurophysiologique si la clinique
pas univoque et reste souvent mystérieuse. n’est pas suffisante pour un diagnostic de certitu-
de. Dans cet esprit et pour étayer nos présomp-
Enfin, des compressions iatrogènes du nerf tions nous avons établi un protocole neurophysio-
pudendal existent en dehors des tractions sur logique d’exploration du nerf pudendal dans le
table d’orthopédie. La chirurgie de spino-fixa- cadre d’un syndrome de compression pressenti
tion après hystérectomie par voie basse (inter- cliniquement [1, 9]. L’examen que nous avons sur-
vention de Richter), au demeurant excellente, tout retenu est l’étude de la latence distale motri-
consiste à amarrer le vagin au ligament sacro- ce du tronc nerveux. Pour cela nous introduisons
124
Les névralgies pudendales
par voie endorectale une électrode de stimulation sites présumés conflictuels et vont constituer à la
maintenue sur un doigtier. L’électrode réceptrice fois un test diagnostique et une arme thérapeu-
est une aiguille placée dans les muscles du péri- tique efficace puisque certains patients seront
née superficiel. Une latence supérieure à 5 ms est améliorés ou guéris de façon durable par ces tech-
considérée comme pathologique. niques. Deux produits sont utilisés : des anesthé-
siques locaux dont l’effet est immédiat ; des anti-
inflammatoires stéroïdiens pour une action pro-
TRAITEMENT longée dans le temps. Ces derniers ne seront sou-
vent efficaces que deux à trois semaines après
leur réalisation [10, 11, 12].
Les infiltrations
Elles constituent l’arme majeure du traitement La pince ligamentaire est infiltrée sous scanner
médical. Bien sûr, nos patients ont épuisé tous les à hauteur de l’épine sciatique. Le produit de
autres traitements au sein desquels les anticomi- contraste injecté permet d’apprécier la qualité et
tiaux et/ou les antidépresseurs tiennent une la précision topographique du geste.
bonne place.
Le canal pudendal est aussi infiltré sous scan-
Les infiltrations tiennent compte des constata- ner (fig. 2). Le trajet est prédéterminé et devra
tions anatomiques : elles seront menées aux deux ensuite être reproduit fidèlement par l’aiguille. La
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
125
Bassin et Hanche
bonne position de cette dernière qui doit se situer sablier que l’on résèque sur 2 cm et qui corres-
dans le dédoublement du fascia obturateur et être pond au niveau de l’épine sciatique. Celle-ci est
ainsi parallèle aux fibres du muscle sera vérifiée alors palpable et la dissection du nerf devient
par l’injection d’un produit radio-opaque. Ce aisée. Il rétrocroise à ce niveau la partie distale du
n’est qu’alors que les deux produits sont injectés. ligament sacro-épineux auquel il est en règle
Les conflits étant plus fréquents au niveau de la adhérent. Un écarteur malléable permet d’écarter
pince et la technique d’infiltration étant plus la graisse de l’espace ischio-rectal médialement et
aisée à ce niveau, nous commençons en règle par d’ouvrir ainsi la partie dorsale du canal pudendal
infiltrer à l’épine. dans laquelle le nerf s’engage. Le fascia obturateur
peut être sectionné et les deux faces du nerf sont
Il importe d’apprécier le résultat de ces infiltra- libérées par simple digitoclasie. Un processus fal-
tions. En effet, elles constituent à la fois un test ciforme de grande taille peut alors être réséqué.
diagnostique et un mode thérapeutique. Le On complète la libération en isolant le nerf de son
patient est évalué par score EVA avant l’injection. pédicule, nerf que l’on fait basculer en avant de
Le geste fait, le malade est placé en position assi- l’épine ischiatique après section du ligament
se pendant une demi-heure. Un second score est sacro-épineux. Dès le lendemain, le patient est
alors effectué. Nous considérons comme positif verticalisé, et autorisé à s’asseoir. Il quitte le servi-
un score amélioré de trois divisions au minimum ce au 4e jour postopératoire.
(ex : de 70 à 40). Si les douleurs persistent mal-
gré l’anesthésie, il faut alors s’orienter vers un Les indications de la chirurgie sont retenues chez
autre diagnostic. L’effet des corticoïdes ne sera des patients souffrant depuis au moins un an et
jugé qu’après trois semaines et, du reste, les ayant épuisé toutes les possibilités médicales pré-
patients allèguent bien souvent une exacerbation citées [14]. Nous attachons une grande importance
des douleurs pendant ce laps de temps. à l’aspect clinique des douleurs et notamment à
leur majoration ou leur déclenchement par la posi-
tion assise. Le test diagnostique de l’infiltration aux
La chirurgie anesthésiques locaux est également primordial.
126
Les névralgies pudendales
ce qui lui transforme la vie, nos résultats avec un intéressant le nerf pudendal. La présentation
recul de près de 20 ans s’établissent ainsi : clinique, une latence motrice augmentée, un test
❍ 2/3 des patients sont franchement améliorés aux infiltrations positif doivent nous faire évo-
ou guéris, quer l’existence de cette affection, qui allonge la
liste des syndromes canalaires trop méconnus et
❍ 1/3 reste inchangé,
encore négligés. Au prix d’une chirurgie aisée
❍ seulement 1 % des patients s’estiment pire bien qu’inhabituelle nous pouvons cependant
qu’en préopératoire alors qu’ils culminaient améliorer la condition de ces patients souvent
déjà au score EVA, laissés pour compte. Une étude prospective ran-
❍ 1 % de complications sont à déplorer : sepsis domisée a donné raison à cet acte chirurgical.
et hématomes qui ont nécessité une reprise Les résultats ne sont pas si modestes qu’il n’y
opératoire. paraît et sont quantitativement comparables à
ceux des hernies discales lombaires pour ne
citer qu’un exemple. Il nous reste à les amélio-
CONCLUSION rer en sélectionnant mieux les candidats à la
chirurgie dont les bonnes issues sont le reflet
Certaines algies périnéales trouvent une expli- d’un diagnostic précoce.
cation dans l’existence d’un syndrome canalaire
Bibliographie
[1] LABAT J.J., ROBERT R., BENSIGNOR-LE HENAFF M., [9] ROBERT R., LABAT J.J., LEHUR P.A., GLEMAIN P.,
BUZELIN J.M. – Les névralgies du nerf pudendal (honteux ARMSTRONG O., LE BORGNE J. – Constatations cliniques, neu-
interne). Considérations anatomocliniques et perspectives thé- rophysiologiques, et thérapeutiques à partir de données anato-
rapeutiques. J Urol (Paris) 1990, 96: 239-244. miques sur le nerf pudendal lors de certaines algies périnéales.
Chirurgie, 1989, 115: 515-520.
[2] LABAT J.J., ROBERT R., BENSIGNOR M., BUZELIN J.M. –
Les douleurs périnéo-scrotales essentielles. Le concours médi- [10] AMARENCO G., KERDRAON J., BOUJU P. – Efficacité des
cal 1991, 59: 29-60. traitements des névralgies périnéales par atteinte du nerf
pudendal (syndrome du canal d’Alcock). 170 cas. Rev neurol
[3] LYON T., KOVAL K.J., KUMMER F., ZUCKERMAN J.D. – (Paris), 1997, 153: 331-335.
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
127
Diagnostic des calcifications des parties molles du bassin (cavité pelvienne exclue)
Le diagnostic d’un dépôt calcique des parties précoce de leur minéralisation, avant la matura-
molles repose sur des règles élémentaires de rai- tion trabéculaire du tissu osseux pathologique,
sonnement déjà exposées pour le GETROA [11]. donc sous forme de calcifications non spécifiques.
Nous verrons successivement les images
d’ossification et les images de calcification ; ces
dernières comprennent différents types morpho- Ossifications fréquentes
logiques : calcifications amorphes, calcifications
cartilagineuses, grains calciques, phlébolithes et Les ossifications des para-ostéoarthropathies
calcifications diverses. nerveuses et des arthroplasties de hanche (fig. 2),
dont le siège est para-articulaire, sont traitées
ailleurs dans le présent ouvrage.
DIAGNOSTIC D’UNE OSSIFICATION
129
Bassin et Hanche
Les ossifications fessières siègent le plus souvent La myosite ossifiante circonscrite a fait l’objet
dans la graisse sous-cutanée (fig. 3) et résultent le d’une revue détaillée récente par Malghem et coll.
plus souvent d’injections médicamenteuses. [8]. L’affection est le plus souvent centrée dans les
larges muscles proximaux des membres, en
Il n’est pas exceptionnel de trouver des ossifica- regard d’une diaphyse, mais elle n’est pas excep-
tions para-tendineuses qui résultent de la méta- tionnelle au bassin (fig. 5). Le cycle évolutif rela-
plasie secondaire d’un vieux dépôt initialement tivement court, sur quelques semaines, de
purement calcique (fig. 4) : à la différence des l’affection, aboutissant à la résolution spontanée
calcifications originelles, de telles ossifications des symptômes cliniques, peut être le seul critère
sont dépourvues d’activité pathologique et ne distinctif par rapport à des lésions ossifiantes
méritent donc ni traitement percutané à l’aiguille, malignes très différenciées (voir figure 8).
ni exérèse chirurgicale.
Fig. 3 : Ossifications fessières secondaires à des injections médicamenteuses (flèches) : la radiographie (à gauche) et le scan-
ner (au centre, autre cas) montrent la texture cortico-spongieuse des anomalies ; à droite (autre cas), le scanner montre la loca-
lisation sous-cutanée des ossifications et les brides de tissu cicatriciel qui les relient au plan cutané.
130
Diagnostic des calcifications des parties molles du bassin (cavité pelvienne exclue)
131
Bassin et Hanche
Fig. 8 : Ostéosarcome des parties molles. A gauche, association de dépôts calciques supra-trochantériens de densité variable
avec des plages ossifiées (flèches). Au centre (autre cas), le scanner montre que des calcifications en arcs et en anneaux
(flèches), d’origine cartilagineuse, peuvent se mêler aux ossifications. A droite, tissu ostéosarcomateux très différencié (flèche).
132
Diagnostic des calcifications des parties molles du bassin (cavité pelvienne exclue)
133
Bassin et Hanche
Fig. 11 : Calcifications dystrophiques du bassin. A gauche, la forme globuleuse de la calcification (flèches longues) est carac-
téristique d’une bursopathie ischiatique ; l’érosion osseuse voisine (têtes de flèche) témoigne du débord sur l’os d’un granulo-
me de résorption initialement tourné contre la calcification des parties molles. Au centre, calcification supra-trochantérienne
compacte et anhiste. A droite, calcification linéaire d’une insertion tendineuse sur la ligne âpre du fémur.
134
Diagnostic des calcifications des parties molles du bassin (cavité pelvienne exclue)
pouvant dépasser 20 cm. La lésion est fermement La calcinose universelle idiopathique forme de
solidaire d’un fascia profond, d’un tendon ou d’un multiples plaques (fig. 14A) ou nodules (fig. 14B)
muscle, qu’elle peut infiltrer. Elle peut se fistuliser situés dans la peau et le tissu sous-cutané. Elle se
à la peau et donner issue à une boue ou à un lait voit surtout chez l’enfant. Elle s’associe dans la moi-
calciques stériles. Elle n’a, en revanche, aucune tié des cas aux manifestations d’une sclérodermie
connexion avec l’os. Deux tiers des cas ont des ou d’une dermatopolymyosite, mais peut apparaître
lésions bilatérales. Les foyers fixent en scintigra- aussi au cours du lupus érythémateux systémique.
phie osseuse [1]. Elle expose au risque de contractures et d’ankylose.
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
Fig. 14 A : Calcinose sous-cutanée d’aspect réticulé. A gauche, dermatopolymyosite (têtes de flèches). Au centre (même mala-
de), le scanner montre des dépôts calciques la disposition en plaques et le siège superficiel (flèche blanche), lequel peut aller
cependant jusqu’au fascia musculaire superficiel (flèche noire). A droite (autre malade), lupus érythémateux disséminé.
135
Bassin et Hanche
136
Diagnostic des calcifications des parties molles du bassin (cavité pelvienne exclue)
❍ Hématome ossifié
Calcifications voisines d’un os ❍ Myosite ossifiante circonscrite
❍ Ossifications para-tendineuses
Elles font discuter les masses calcifiées ou ossi-
fiées développées à la surface de l’os, qui ont en ❍ Lipome ossifiant (mésenchymome bénin)
un point une connexion à l’os voisin : exostose, ❍ Ostéosarcome extra-osseux différencié
chondrosarcome secondaire à une exostose, para- ❍ Rejeton dans les parties molles de tumeur à
ostéoarthropathie neurogène, ostéosarcome para- cellules géantes
ostéal, fibro-dysplasie ossifiante généralisée (dans
sa forme ankylosante).
137
Bassin et Hanche
138
Diagnostic des calcifications des parties molles du bassin (cavité pelvienne exclue)
❍ Injections médicamenteuses
Dépôt amorphe laiteux (fig. 21)
❍ Mélorhéostose
❍ Ostéosarcome extra-osseux ❍ Calcifications dystrophiques (tendineuses,
notamment)
❍ Calcinose de Teutschländer
Aspect nuageux d’os compact ou
trabéculaire (fig. 19) ❍ Calcifications métastatiques (cf. Tableau 1)
❍ Forme nodulaire de la calcinose universelle
❍ Ostéosarcome extra-osseux peu différencié des maladies de système
❍ Synovialosarcome
❍ Métastases ossifiantes de certains carcinomes
Dépôt réticulé (fig. 22)
(estomac, vessie, sein, bronches…)
❍ Exostose
❍ Chondromatose synoviale extra-articulaire
❍ Chondrome des parties molles (main)
❍ Chondrosarcome différencié
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
Fig. 18 : Ossification analogue à du tissu osseux physiologique en radiographie (à gauche) et au scanner (à droite).
139
Bassin et Hanche
140
Diagnostic des calcifications des parties molles du bassin (cavité pelvienne exclue)
Fig. 21 : Amas calciques globuleux amorphes d’une hyperparathyroïdie secondaire (radiographie à gauche, scanner d’un autre
cas à droite) et d’une sclérodermie (radiographie, au centre). Noter sur le scanner la différence entre la texture trabéculaire de
l’os (en bas et à gauche de l’image de droite) et la structure anhiste de la calcification métastatique (amas au centre de l’image).
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
141
Bassin et Hanche
❍ Synovialosarcome
❍ Ostéosarcome
❍ Varices
❍ Malformations vasculaires
❍ Angiomatose
❍ Syndrome de Maffucci
❍ Maladie d’Ehlers-Danlos
142
Diagnostic des calcifications des parties molles du bassin (cavité pelvienne exclue)
Bibliographie
[1] BALACHANDRAN S., ABBUD Y., PRINCE M.J., [7] KRANSDORF M.J., MURPHEY M.D. – Extraskeletal osseous
CHAUSMER A.B. – Tumoral calcinosis: scintigraphic studies of and cartilaginous tumors. In Imaging of soft tissue tumors, WB
an affected family. Br J Radiol 1980; 53: 960-4. Saunders Company, Philadelphia, 1997, pp 317-49.
[2] BISDORFF A., JOMAAH N., BOUSSON V., CHAPOT R., [8] MALGHEM J., LECOUVET F., GALANT C., MALDAGUE B.,
LAREDO J.D., ENJOLRAS O. – Imagerie des anomalies vascu- VANDE BERG B. – Myosite ossifiante circonscrite. In Opus
laires des parties molles. In Opus XXXI du GETROA, Sauramps XXXI du GETROA, Sauramps médical, Montpellier, 2004, pp.
médical, Montpellier, 2004, pp. 417-27. 327-46.
[3] BOND J.R., COOPER K.L. – Musculoskeletal case of the day: [9] MURRAY R.O., Mc CREDIE J. – Melorheostosis and the scle-
soft tissue implant of giant cell tumor. AJR 1993; 160: 1328-30. rotomes: a radiological correlation. Skeletal Radiol, 1979; 4: 57-71.
[4] DIARD F., HAUGER O., KIND M., MOINARD M., [10] SLAVIN R.E., WEN J., KUMAR D., EVANS E.B. – Familial
BONNEFOY O. – Les synovialosarcomes. In Opus XXXI du tumoral calcinosis: a clinical, histopathologic, and ultrastructu-
GETROA, Sauramps médical, Montpellier, 2004, pp. 429-42. ral study with an analysis of its calcifying process and pathoge-
nesis. Am J Surg Pathol 1993; 17: 788-802.
[5] ENZINGER F.M., WEISS S.W. – Synovial sarcoma. In Soft tis-
sue tumors, CV Mosby Company, Saint-Louis, 1995, pp. 757-86. [11] WYBIER M., LAREDO J.D. – Place et limites de la radio-
graphie et du scanner dans le diagnostic des tumeurs et pseudo-
[6] ENZINGER F.M., WEISS S.W. – Cartilaginous soft tissue tumeurs des parties molles. In Opus XXXI du GETROA,
tumors. In Soft tissue tumors, CV Mosby Company, Saint-Louis, Sauramps médical, Montpellier, 2004, pp. 285-95.
1995, pp 991-1011.
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
143
Enthésopathies ischiatiques – Confrontation écho-IRM
ENTHÉSOPATHIES ISCHIATIQUES –
CONFRONTATION ÉCHO-IRM
A. LHOSTE-TROUILLOUD, M. COHEN
145
Bassin et Hanche
146
Enthésopathies ischiatiques – Confrontation écho-IRM
b
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
a
Fig. 5 : Rugbyman professionnel de première ligne de
29 ans victime d’un traumatisme en mêlée, hanches en
hyperflexion et genoux bloqués en extension.
a) Coupe échographique transverse de l’ischion gauche :
arrachement tendineux à l’insertion. L’intensité de la dou-
leur à l’examen et le volume de l’hématome gênent
l’appréciation du caractère complet ou non de la désin-
sertion
b) Coupe IRM transverse TSE T2 FatSat : arrachement com-
plet des 2 tendons à gauche.
c) Coupe IRM coronale TSE T2 FatSat : le nerf sciatique c
147
Bassin et Hanche
A distance de l’épisode aigu peuvent se consti- Les radiographies simples sont nécessaires et
tuer des calcifications, une fibrose cicatricielle et suffisantes pour confirmer le diagnostic clinique,
une dégénérescence graisseuse progressive en montrant le croissant apophysaire plus ou
(hyperéchogène et en hypersignal T1) des moins écarté de l’ischion (fig. 7). Si le déplace-
muscles concernés (fig. 6). ment est modéré, la comparaison attentive au côté
opposé est indispensable. La radio peut néan-
moins être prise en défaut si l’arrachement sur-
vient précocement, alors que le noyau est encore
purement cartilagineux : l’échographie et/ou
l’IRM sont alors d’une aide précieuse.
Chez l’adolescent
148
Enthésopathies ischiatiques – Confrontation écho-IRM
micro-avulsions, mais sans déplacement. Elle fractures avulsions variées du bassin chez des
fait le lit de lésions aiguës avec avulsion vraie, ce jeunes âgés de 11 à 16 ans que les localisations à
qui incite à un diagnostic et une prise en charge la tubérosité ischiatique étaient les plus mal tolé-
précoce. rées à long terme.
Les radiographies montrent l’absence de dépla- Dans quelques cas, le volume de l’ossification
cement du noyau apophysaire, mais sont en l’absence d’antécédent traumatique évident
d’interprétation délicate pour ce qui concerne son peut en imposer pour une lésion tumorale notam-
éventuel remodelage ou une densification, comp- ment sarcomateuse [9]. D’où l’importance de
te tenu des variations individuelles importantes à connaître cette hypothèse diagnostique, car la
l’âge concerné (10 à 15 ans surtout). biopsie elle-même peut s’avérer troublante.
149
Bassin et Hanche
150
Enthésopathies ischiatiques – Confrontation écho-IRM
c
Fig. 11 : Patient de 47 ans ; chute sur un plan dur puis reprise de
douleurs lors d’un effort sportif une semaine plus tard.
a) Coupe échographique transverse comparative des
ischions ; l’épaississement et l’hypoéchogénicité du ten-
don conjoint font envisager une désinsertion partielle.
Sur les coupes sous jacentes, on notait une désorganisa-
tion des fibres du long biceps avec hématome.
b) La coupe IRM transverse en T2 Fat Sat correspondante
montre des tendons normalement insérés.
c) Coupe IRM coronale T2 Fat Sat : Il s’agit d’une désinser-
tion myo-tendineuse très haute du long biceps.
b
Atteintes inflammatoires, dégénératives Balint et coll. [11] rapportant en 2002 leur expé-
et autres enthésopathies rience de l’échographie des enthèses des membres
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
151
Bassin et Hanche
152
Enthésopathies ischiatiques – Confrontation écho-IRM
Bursopathie ischiatique
Diverses autres pathologies entraînent des seux entre la tubérosité ischiatique en profondeur,
enthésopathies ischiatiques de façon non spéci- et le muscle grand glutéal en surface. En position
fique, seule la confrontation au contexte clinique, assise, elle n’est plus recouverte par le grand glu-
biologique, et radiologique dans son ensemble téal et devient sous-cutanée. Ceci explique que la
permettant de préciser un diagnostic. C’est le cas bursopathie survienne surtout chez des patients
en particulier de la maladie de Forestier [12]. en station assise prolongée et régulière sur un
plan dur [13, 14].
L’atteinte dégénérative “simple” est extrême-
ment fréquente et se manifeste par des irrégulari- Kim et coll. [15] rapportent les aspects échogra-
tés en règle discrètes de la surface de l’enthèse, phiques, scanographiques et IRM de ces bursites
associée à des calcifications tendineuses (fig. 14). chez 31 patients, série la plus importante de la lit-
Enfin, la région ischiatique peut être le siège de térature à ce jour. Leur aspect est celui de toute
calcifications d’apatite avec très rarement des bursite, avec une paroi inconstamment identifiée,
formes érosives sur l’ischion. plus ou moins épaisse et irrégulière, et un conte-
153
Bassin et Hanche
154
Enthésopathies ischiatiques – Confrontation écho-IRM
Bibliographie
[1] RESNICK D., NIWAYAMA G. – Entheses and enthesopathy. [8] SUNDAR M., CARTY H. – Avulsion fractures of the pelvis in
Anatomical, pathological and radiological correlation. children. A report of 32 fractures and their outcome. Skeletal
Radiology 1983; 146: 1-9. Radiol 1994; 23: 85-90.
[2] PURANEN J., ORAVA S. – The hamstring syndrome. A new [9] BAHK W.J., BRIEN E.W., LUCK jr J.V., MIRRA J.M. –
diagnosis of gluteal sciatic pain. Am J Sports Med 1988; 16(5): Avulsion of the ischial tuberosity simulating a neoplasm. A
517-21. report of 2 cases. Acta Orthop Scand 2000; 71 (2): 206-214.
[3] CONNEL D.A., SCHNEIDER-KOLSKY M.E., HOVING J.L., [10] BREDELLA M.A., STEINBACH L.S., MORGAN S.,
MALARA F., BUCHBINDER R., KOULOURIS G. et al – WARD M., DAVIS J.C. – MRI of the sacroiliac joints in patients
Longitudinal study comparing sonographic and MRI assess- with moderate to severe ankylosing spondylitis. AJR 2006; 187:
ments of acute and healing hamstrings injuries. AJR 2004; 183: 1420-1426.
975-984.
[11] BALINT P.V., KANE D., WILSON H, McINNES I.B., STUR-
[4] ROSSI F., DRAGONI S. – Acute avulsion fracture of the pel- ROCK R.D. – Ultrasonography of entheseal insertions in the
vis in adolescent competitive athletes: prevalence, location and lower limb in spondylarthropathy. Ann Rheum Dis 2002; 61:
sports distribution of 203 cases collected. Skeletal Radiol 2001; 905-10.
30: 127-131.
[12] HALLER J., RESNICK D., MILLER C.W., SCHILS J.P.,
[5] DIARD F., HAUGER O., MOINARD M., CHATEIL J.F. – KERR R., BIELECKI D. et al. – Diffuse idiopathic skeletal hyper-
Traumatismes et microtraumatismes apophysaires des ceintures ostosis: diagnostic significance of radiographic abnormalities of
et des membres chez l’enfant. Evolution chez l’adulte. In Bard the pelvis. Radiology 1989; 172: 835-9.
H., Cotten A., Rodineau J., Saillant G., Railhac J.J., eds .Tendons
et enthèses. Montpellier ; Sauramps Médical. 2003 ; pp. 93-119. [13] FRANCON F. – Une nouvelle entité clinique: la bursite
ischiatique. Rev Rhum 1966; 33: 253-258.
[6] BORNE J., BRUNET-GUEDJ E., FAURE C., GIROD S. –
Apport de l’IRM dans le diagnostic précoce de l’apophysite [14] LERAIS J.M., CERCUEIL J.P., BERET E., BIANCHETTI D.,
ischiatique de l’adolescent, In Bard H., Cotten A., Rodineau J., JACOB D., THIBAUD J.C. et al. – Bursites de la ceinture pel-
Saillant G., Railhac J.J., eds. Tendons et enthèses. Montpellier ; vienne. Feuillets de Radiologie, 1993, 33(1) : 7-15.
Sauramps Médical. 2003 ; pp. 411-432. [15] KIM S.M., SHIN M.J., KIM K.S., AHN J.M., CHO K.H.,
[7] KUJALA U.M., ORAVA S., KARPAKKA J., LEPPAVUORI J., CHANG J.S. et al. – Imaging features of ischial bursitis with
MATTILA K. – Ischial tuberosity apophysitis and avulsion an emphasis on ultrasonography. Skeletal Radiol 2002; (31):
among athletes. Int J Sports Med 1997; 18(2): 149-55. 631-636.
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
155
Enthésopathies de la crête iliaque : Tractus ilio-tibial ou tenseur du fascia lata ?
Les douleurs de la face latérale de la hanche et du rappelons l’anatomie de la face latérale et anté-
versant antéro-supérieur de la racine de la cuisse rieure de la région glutéale, principalement du
sont une circonstance peu fréquente de demande fascia glutéal, du tractus ilio-tibial, du muscle ten-
d’investigation en imagerie en comparaison des seur du fascia lata, et du muscle moyen glutéal.
douleurs péri-pubiennes, inguinales ou péri-tro-
chantériennes. L’enthésopathie du tenseur du fascia
lata (TFL) figure au premier rang des étiologies évo- Le fascia glutéal
quées cliniquement et mentionnées dans la littératu-
re quand la douleur siège à proximité de la crête Le fascia glutéal se détache de la lèvre latérale de
iliaque. Notre expérience, à partir d’une série de 35 la crête iliaque et du bord postérieur du muscle ten-
patients explorés par échographie et pour certains seur du fascia lata. Le fascia glutéal recouvre le
par échographie et IRM, nous a conduits à reconsi- muscle moyen glutéal. Il présente, en regard de la
dérer le siège exact des lésions observées chez ces partie moyenne du muscle moyen glutéal, un épais-
patients. Les constatations échographiques situent sissement important. Ce renforcement s’insère en
les lésions postérieurement au muscle TFL et à son haut sur le tubercule glutéal (tubercule du moyen
insertion, soit 7 cm environ en arrière de l’épine fessier). Le tubercule du muscle moyen glutéal est
iliaque antéro-supérieure. Il s’agit dans tous les cas un tubercule osseux situé sur la face latérale de la
observés de lésions d’enthésopathie siégeant à partie antérieure de la crête iliaque, à environ 7 cm
l’insertion du tractus ilio-tibial et du moyen glutéal de l’épine iliaque antéro-supérieure (fig. 1). Il
sur la crête iliaque à la hauteur du tubercule du entraîne une augmentation d’environ 70 % de
moyen glutéal. Cette constatation nous a conduits à l’épaisseur de la portion antérieure de la crête
revoir l’anatomie du versant antéro-latéral de la iliaque [5]. Nous soulignons le fait que le tubercule
fosse iliaque externe. Les observations radiolo- glutéal se situe au sommet de la convexité latérale
giques et anatomiques nous incitent à “innocenter” de la partie antérieure de la crête iliaque qui, rap-
le TFL et à décrire l’enthésopathie du tractus ilio- pelons-le, présente une forme de “S italique” allon-
tibial et du moyen glutéal sur la crête iliaque, une gé (fig. 2). Cette position culminante et déjetée laté-
entité non exceptionnelle, à connaître cliniquement ralement pourrait expliquer le développement des
et pour laquelle l’échographie est l’examen para-cli- enthésopathies à ce niveau. Sur une série de 15 os
nique nécessaire et suffisant. coxaux secs nous avons noté un aspect rugueux ou
hérissé d’enthésophytes au niveau du versant infé-
rieur du tubercule sur 12 d’entre eux.
ANATOMIE
Plus distalement, l’épaississement du fascia glu-
A la lumière de la littérature [1-4], de dissec- téal recouvre la face latérale du grand trochanter
tions, coupes anatomiques et histologiques, nous et se poursuit par le tractus ilio-tibial proprement
157
Bassin et Hanche
dit. Le fascia glutéal se dédouble vers l’avant pour Le tractus ilio-tibial ou fascia lata est un épais-
engainer le muscle tenseur du fascia lata. En sissement de la partie externe du fascia lata [1, 3,
arrière, le fascia glutéal atteint le bord antérieur 4] qui se trouve, comme nous l’avons déjà signa-
du muscle grand glutéal. lé, en continuité en haut avec l’épaississement du
fascia glutéal recouvrant la partie moyenne du
muscle moyen glutéal. Le tractus ilio-tibial se ter-
mine en bas sur le condyle latéral du tibia au
niveau du tubercule de Gerdy. Nous rappellerons
que quelques fibres se détachent du bord anté-
rieur de la partie distale pour s’insérer sur le bord
latéral de la patella.
158
Enthésopathies de la crête iliaque : Tractus ilio-tibial ou tenseur du fascia lata ?
insertions iliaques se font sur les trois quarts anté- sus du muscle piriforme (arcade de Bouisson) mais
rieurs de la lèvre latérale de la crête iliaque et également et sur la face profonde d’un fascia de
notamment sur le tubercule glutéal, au-dessous recouvrement du muscle moyen glutéal. C’est pré-
de l’insertion du tractus ilio-tibial [3]. cisément ces insertions aponévrotiques que nous
avons cherché à mettre en évidence par des dissec-
Le muscle moyen glutéal s’insère également sur tions, des coupes anatomiques et histologiques. Il
toute l’étendue de la surface en croissant de la est apparu clairement au terme de cette étude ana-
fosse iliaque externe, comprise entre les lignes tomique qu’il existe une insertion charnue des
glutéales antérieure et postérieure. Cette surface fibres les plus hautes du muscle moyen glutéal sur
très effilée atteint en avant l’épine iliaque antéro- la face profonde du fascia glutéal qui le recouvre
supérieure, tandis qu’en arrière elle atteint la sur une hauteur d’environ 6 cm (fig. 3 et 4). Nous
grande incisure ischiatique. Ces insertions se font avons également constaté que le fascia glutéal
par des fibres charnues. épaissi prenait une insertion sur la partie haute du
tubercule glutéal (tubercule du moyen fessier).
Les insertions aponévrotiques se font sur une
arcade fibreuse à convexité inférieure, étendue du
bord antérieur de la grande incisure ischiatique à
l’articulation sacro-iliaque, immédiatement au-des-
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
Fig. 3 : Vue latérale d’une dissection de la face latérale de Fig. 4 : Coupe anatomique frontale passant par le tubercu-
la cuisse. Le tractus ilio-tibial (TIT) a été récliné vers le le glutéal. Noter l’insertion du muscle moyen glutéal (MG)
haut, mettant ainsi en évidence les adhérences (flèches sur la face profonde du fascia glutéal (tête de flèche) ainsi
sinueuses) entre la face profonde du fascia glutéal et le que l’insertion du moyen glutéal et du fascia glutéal (flèche
muscle moyen glutéal (MG). courbe) sur le tubercule glutéal (TG).
159
Bassin et Hanche
160
Enthésopathies de la crête iliaque : Tractus ilio-tibial ou tenseur du fascia lata ?
161
Bassin et Hanche
fosse iliaque externe est un épaississement focal gène avec aspect de clivage ou de désinsertion
du fascia glutéal de forme rectangulaire. Par un partielle (fig. 9). Les fibres superficielles du tractus
balayage antéro-postérieur on constate peuvent être respectées [9]. Outre les lésions
l’augmentation d’épaisseur du fascia glutéal en propres de l’insertion du tractus on observe dans
regard du muscle moyen glutéal. Cette augmen- un pourcentage élevé de cas des lésions associées
tation d’épaisseur est retrouvée jusqu’à son inser-
tion sur la crête iliaque. On retrouve à la face pro-
fonde du fascia glutéal épaissi l’insertion de
fibres charnues du moyen glutéal. Au contact de
l’aile iliaque on peut observer les fibres muscu-
laires les plus proximales s’insérer sur la crête
iliaque au niveau du versant inférieur du tuber-
cule du moyen glutéal.
Aspects pathologiques
162
Enthésopathies de la crête iliaque : Tractus ilio-tibial ou tenseur du fascia lata ?
des fibres musculaires fortement hypoéchogènes cifications dans l’épaisseur du tractus sont parfois
ou anéchogènes traduisant une désinsertion mus- présentes à distance de la corticale de la crête
culaire focale du moyen glutéal. Plus rarement, les iliaque (fig. 14). Les coupes coronales constatent
signes siègent de manière quasi exclusive dans les le caractère très focal de ces modifications en pas-
fibres musculaires, semblant épargner le tractus à sant alternativement de zone saine en zone lésion-
peine épaissi (fig. 10). Dans la forme typique, la nelle sur une distance de 1 à 3 cm. La palpation
lésion mesure 10 à 30 mm de hauteur. En coupe échoscopique déclenche la douleur à l’endroit pré-
coronale elle est typiquement triangulaire à som- cis où siège la lésion échographique. Chez les
met inférieur [6] (fig. 11). Le mode Doppler détec-
te un hypersignal focal dans environ 50 % des cas
à la phase aiguë (fig. 12). Un aspect irrégulier de
la crête iliaque avec ou sans enthésophyte de
direction verticale peut être observé dans les
formes subaiguës ou chroniques (fig. 13). Des cal-
163
Bassin et Hanche
164
Enthésopathies de la crête iliaque : Tractus ilio-tibial ou tenseur du fascia lata ?
Fig. 16 :
a) IRM coronale en pondération T1 du côté sain
b) IRM coronale en pondération T1 du côté pathologique : épaississement de l’insertion du fascia glutéal en hyposignal T1
(flèche blanche).
c) Echographie en coupe coronale (verticalisée).
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
Fig. 17 :
a) IRM coronale en pondération T2 avec suppression du signal de
la graisse du côté sain
b) IRM coronale en pondération T2 avec suppression du signal de Fig. 18 : IRM coronale en pondération T1 après injec-
la graisse du côté pathologique : épaississement de l’insertion du tion intraveineuse de gadolinium et suppression du
fascia glutéal. Petites zones en hypersignal non liquidien autour signal de la graisse : rehaussement du versant pro-
du fascia, dans l’épaisseur du fascia au contact du tubercule et fond et superficiel du tractus.
dans l’os sous-cortical (têtes de flèches blanches)
165
Bassin et Hanche
DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
166
Enthésopathies de la crête iliaque : Tractus ilio-tibial ou tenseur du fascia lata ?
Bibliographie
[1] TESTUT L. – Traité d’Anatomie humaine. Tome I. Doin édit [8] BIRNBAUM K., SIEBERT C.H., PANDORF T.,
Paris 1928. SCHOPPHOFF E., PRESCHER A., NIETHARD F.U. –
Anatomical and biomechanical investigations of the iliotibial
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
[2] POIRIER P., CHARPY A. – Traité d’Anatomie humaine. Tome tract. Surg Radiol Anat 2004; 26: 433-446.
deuxième. Masson edit 1901 : 199-201.
[9] FOLINAIS DTP, DELIN C. – Tendinopathie d’insertion du
[3] PATURET G. – Traité d’Anatomie humaine. Tome II. Membres muscle tenseur du fascia lata. in Actualités en échographie de
supérieur et inférieur. Masson edit, Paris 1951 : 758-759. l’appareil locomoteur; Sauramps médical, Montpellier 2006.
[4] KAMINA P. – Anatomie clinique. Tome 1. Troisième édition. [10] ASINGER D.A., EL-KHOURY G.Y. – Tensor fascia lata
Maloine édit, Paris 2006. muscle tear: evaluation by MRI. Iowa Orthop J 1998; 18: 146-149.
[5] EBRAHEIM N.A., YANG H., LU J., BIYANI A., YEASTING [11] BARD H., VUILLEMIN-BODAGHI V. – Démembrement des
R.A. – Anterior iliac crest bone graft. Anatomic considerations. douleurs trochantériennes. J Traumatol Sport 2006; 23: 157-163.
Spine 1997; 22:847-849.
[12] SCOTT D.I., WHITE H.J. – Atypical sarcoma of the iliotibial
[6] BASS C.J., CONNELL D.A. – Sonographic findings of tensor band. J Bone Joint Surg Am 1972; 54: 405-408.
fascia lata tendinopathy: another cause of anterior groin pain.
Skeletal Radiol 2002; 31:143-148. [13] ILASLAN H., WENGER D.E., SHIVES T.C., UNNI K.K. –
Unilateral hypertrophy of tensor fascia lata: a soft tissue tumor
[7] GOTTSCHALK F., KOUROSH S., LEVEAU B. – The functio- simulator. Skeletal Radiol 2003; 32: 628-632.
nal anatomy of tensor fasciae latae and gluteus medius and
minimus. J Anat 1989; 166: 179-189.
167
Diagnostic échographique des hernies inguinales
169
Bassin et Hanche
structure capitale, bien vue en échographie : ❍ directe (la hernie du jeune sportif) entre les
l’artère épigastrique caudale [1-2]. structures ligamentaires, médialement par
rapport à l’artère épigastrique caudale en
refoulant le fascia transversalis.
Ce canal présente une paroi superficielle, anté- En fait, lors de l’étude ultrasonore, les éléments
rieure, formée par l’aponévrose inférieure du bien visibles sont :
muscle oblique externe et une paroi profonde ❍ les limites latérale et médiale : vaisseaux
constituée du fascia transversalis renforcé de plu- fémoraux et muscle droit de l’abdomen ;
sieurs structures ligamentaires. La hernie inguina-
❍ l’artère épigastrique caudale au versant pro-
le s’effectue au travers de cette paroi de manière :
fond du canal pour différencier les hernies
❍ indirecte (hernie de l’enfant ou de la personne directes des hernies indirectes ;
plus âgée) en passant par l’orifice profond,
❍ le cordon spermatique ;
latéralement par rapport à l’artère épigas-
trique caudale ; ❍ le versant inférieur des muscles formant le
toit du canal.
170
Diagnostic échographique des hernies inguinales
Ce sont ces éléments qui doivent être détectés pour En médial, c’est le versant antérieur de la sym-
servir de repères lors de l’examen échographique. physe pubienne et ses deux insertions tendi-
neuses principales : en proximal l’attache infé-
rieure du droit de l’abdomen et en distal celle du
Les autres repères du creux inguinal tendon commun du long adducteur et du gracile ;
les fibres superficielles de ces deux tendons se
L’étude échographique se limitant rarement à la rejoignent et passent en pont au-devant de la sym-
recherche d’une hernie et étant indiquée le plus physe (fig. 4).
souvent dans le bilan de douleur inguinale aspéci-
fique, il est impératif de connaître les autres élé- Tous ces éléments sont parfaitement individua-
ments anatomiques du creux inguinal. lisés en échographie et leur repérage fait partie de
l’étude ultrasonore du creux inguinal.
En latéral, on repère le versant antérieur du col
fémoral, de la tête et du cotyle ainsi que les replis
capsulo-synoviaux adjacents ; ils sont recouverts
par le muscle et le tendon iliopsoas.
EXAMEN ÉCHOGRAPHIQUE
NORMAL DU CREUX INGUINAL
Principes de base
171
Bassin et Hanche
On utilise une sonde linéaire dont la fréquence logie de voisinage. Ce n’est qu’à la fin de l’étude
et la focalisation sont adaptées à la profondeur que les orifices herniaires sont analysés.
des éléments à étudier. L’utilisation de fréquences
inférieures à 7,5 MHz est parfois indispensable
chez certains patients obèses. Conduite de l’examen
Un réglage correct de la focalisation est indis- L’examen débute par l’étude des structures
pensable vu l’importance des variations morpho- situées latéralement par rapport à l’orifice pro-
logiques à ce niveau. fond, se poursuit par celle des éléments médiaux
par rapport à l’orifice superficiel pour se terminer
Les épreuves dynamiques sont systématiques, par l’étude du canal lui-même et la recherche
essentiellement l’épreuve de Valsalva qui consti- d’une hernie.
tue la clef principale du diagnostic. Le critère de
réussite de cette manœuvre peut s’apprécier par
le calibre de la veine fémorale qui doit devenir Région latérale
turgescente. Une étude en station debout est par-
fois utile, mais l’échogénicité régionale est encore La sonde parallèle au grand axe du col fémoral,
moins bonne dans cette position. le membre inférieur en extension et les pieds
joints, on mesure (et on compare) l’épaisseur des
Il faut comparer le plus souvent possible les dif- replis capsulo-synoviaux antérieurs en recher-
férents éléments au côté opposé, en particulier en chant un éventuel épanchement articulaire, une
cas d’anomalie. Ainsi, la largeur des orifices her- synovite (importance du Doppler) voire un nodu-
niaires ne peut s’apprécier que de manière com- le chondromateux ou ostéochondromateux [9-
parative (fig. 5). 10]. Dans le même axe, on remonte la sonde pour
la placer à la partie antérieure de l’interligne
coxo-fémoral en étudiant le labrum antérieur (qui
s’analyse en effectuant un balayage sagittal de
tout ce versant antérieur), puis l’insertion du ten-
don direct du droit fémoral sur l’épine iliaque
antéro-inférieure [11]. Les mêmes éléments sont
ensuite étudiés dans le plan axial, par un balaya-
ge de bas en haut, étudiant le versant antérieur de
la tête, le labrum, la branche ilio-pubienne, le sar-
torius, le droit fémoral, le psoas et en recherchant
une éventuelle bursite au versant médial ou laté-
Fig. 5 : Coupe axiale antérieure gauche en Valsalva ; mesure
de la largeur de l’orifice inguinal entre l’artère épigastrique ral de ce dernier muscle [3] (fig. 6 et 7).
caudale et le muscle droit de l’abdomen ; à comparer au côté
opposé vu les importantes variations morphologiques.
La cuisse est alors placée en légère abduction-
rotation interne pour analyser le paquet vasculo-
Comme pour tout examen de l’appareil locomo- nerveux et l’insertion du tendon du muscle iliop-
teur, si on recherche une hernie inguinale, il est soas sur le petit trochanter. Celui-ci n’est pas tou-
préférable de débuter l’examen par les structures jours facile à individualiser car le tendon est sou-
adjacentes afin de bien déterminer les différents vent entouré jusqu’à son insertion de fibres mus-
repères échographiques et d’éliminer une patho- culaires en quantité importante (fig. 8).
172
Diagnostic échographique des hernies inguinales
Région médiale
La recherche de hernie
173
Bassin et Hanche
b
ve par des coupes axiales et sagittales au repos, Fig. 11 : Présence de formations endo-canalaires décou-
en effectuant une manœuvre de Valsalva, voire vertes lors du balayage du canal effectué au repos :
a) Une formation ganglionnaire
une étude en position debout. b) Une varicocèle avec nette distension veineuse
174
Diagnostic échographique des hernies inguinales
a b
Fig. 12 : Voussure en Valsalva de part et d’autre de l’artère épigastrique caudale :
a) Latéralement par rapport à l’artère : hernie indirecte
b) Médialement par rapport à l’artère : hernie directe.
a
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
b
Fig. 13 : b
a) Coupe axiale : hernie indirecte au versant latéral de l’artère
épigastrique caudale. Fig. 14 : Hernie crurale au versant médial de la veine fémorale
b) Coupe sagittale ; le collet de la hernie est bien visualisé au a) Coupe axiale
versant superficiel du ligament inguinal. b) Coupe sagittale montrant le collet de la hernie.
175
Bassin et Hanche
176
Diagnostic échographique des hernies inguinales
hanche ! La symptomatologie clinique est souvent dans le diagnostic positif des hernies inguinales
vague et, contrairement à l’idée fréquemment notamment dans les formes cliniquement
évoquée, elles sont réductibles mais douloureuses occultes. Elle présente également un intérêt dans
dans la majorité des cas. Des hernies asymptoma- le diagnostic différentiel en objectivant certaines
tiques existant néanmoins, le diagnostic repose lésions siégeant dans le triangle inguino-fémoral.
sur deux éléments : la comparaison au côté oppo- Enfin, elle est utile pour apprécier non seulement
sé et surtout la palpation de l’orifice herniaire la topographie exacte de la hernie, mais aussi son
sous la sonde qui entraîne une recrudescence contenu et dépister la survenue de complications
pathognomonique des douleurs. (incarcération, irréductibilité).
177
Bassin et Hanche
Bibliographie
[1] LIANG R.J., WANG H.P., HUANG S.P., WU M.S., LIN J.T. – [11] SOFKA C.M., ADLER R.S., DANON M.A. – Sonography of
Color Doppler sonography for ventral herniad in patients with acetabular labrum: visualization of labral injuries during intra-
acute abdomen: preliminary findings. J Clin Ultrasound 2001; articular injections. J Ultrasound Med 2006; 25(10): 1321-6.
29: 435-40.
[12] BRADLEY M., MORGAN J., PENTLOW B., ROE A. – The
[2] ZHANG G.Q., SUGIYAMA M.S. – Groin hernias in adults: groin hernia - an ultrasound diagnosis? Ann R Coll Surg Engl
value of color Doppler sonography in their classification. J Clin 2003; 85(3): 400-1.
Ultrasound 2001; 29 : 429-34.
[13] BRADLEY M., MORGAN J., PENTLOW B., ROE A. – The
[3] BRASSEUR J.L., TARDIEU M. – Echographie de la hanche positive predictive value of diagnostic ultrasound for occult her-
de l’adulte in J.L. Brasseur et M. Tardieu “Echographie de niae. Ann R Coll Surg Engl 2006; 88(2): 165-7.
l’appareil locomoteur”. Paris, 1999, Masson ed, 147-156.
[14] CHAMBRIER E.D., CRETEUR V., BACQ C., PEETRONS P.
[4] FINLAY K., FRIEDMAN L. – Ultrasonography of lower extre- – Place de l’échographie dans l’étude de la paroi abdominale.
mity. Orthop Clin North Am 2006; 37(3) : 245-75. Feuillets Radiol 2006; 46: 130-44.
[5] MATHIEU P., WYBIER M. – Echographie ostéo-articulaire du [15] JAMADAR D.A., JACOBSON J.A., MORAG Y., GIRISH G.,
genou et de la hanche. J Radiol 2000 ; 81(3 suppl): 353-60. EBRAHIM F., GEST T., FRANZ M. – Sonography of inguinal
region hernia. AJR Am J Roentgenol 2006; 187(1):185-90.
[6] VANHOLSBEECK M., INTROCASO J. – “Sonography of the
hip, knee and ankle” in “Musculoskeletal Ultrasound” Mosby [16] RETTENBACHER T., HOLLERWEGER A., MACHEINER P.,
Year Book, 1991: 297-313. GRITZMANN N., GOTWALD T., FRASS R. et al. – Abdominal
wall hernias: cross sectional imaging signs of incarceration
[7] KÄLEBO P., KARLSSON J., SWÄRD L., PETERSON L. – determinated with sonography. AJR Am J Roentgenol 2001; 177:
Ultrasonography of chronic tendon injuries in the groin. Am J 1061-6.
Sports Med 1992; 20(6) : 634-9.
[17] ROBINSON P., HENSOR E., LANSDOWN M.J., AMBROSE
[8] LAZOVIC D., WEGNER U., PETERS G. – Ultrasound for dia- N.S., CHAPMAN A.H. – Inguino-femoral hernia: accuracy of
gnosis of apophyseal injuries. Knee Surg, Sports, Arthroscopy sonography in patients with indeterminate clinical features. AJR
1996; 3 : 234-7. Am J Roentgenol 2006; 187(5): 1168-78.
[9] PAÏ V., VAN HOLSBEECK M. – Synovial Ostéochondromatosis [18] VANDEBERG J.C. – Inguinal Hernia: MRI and Ultrasound.
of the Hip: Role of Sonography. J Clin Ultrasound 1995; 23 : Semin Ultrasound CT MRI 2002; 23(2): 156-73.
199-203.
178
Les pubalgies : approche par l’échographie
LES PUBALGIES :
APPROCHE PAR L’ÉCHOGRAPHIE
P. PEETRONS
179
Bassin et Hanche
devant la rareté de sa mise en évidence. Ceux qui L’échographie voit cette insertion avec un peu de
réalisent systématiquement la radiographie en difficulté vu sa situation. Le patient sera position-
charge monopodale le savent : on démontre très né en abduction-rotation externe de la hanche.
peu d’instabilité par rapport aux patients pubal- Des coupes dans l’axe du long adducteur, remon-
giques que nous examinons. tant très haut, en faisant soulever le sac scrotal
chez l’homme, permettent de voir l’insertion du
Hormis quelques cas très rares où tendon conjoint de ces deux muscles sur le pubis.
l’arthropathie pubienne s’accompagne de volumi- L’insertion ressemble à un triangle à contours plat
neux ostéophytes pelviens (fig. 1), ce diagnostic et relativement homogène dans les cas normaux
doit être relégué au sein des diagnostics radiolo- (fig. 2). L’examen sera toujours comparatif à la
giques sans incidence clinique véritable. recherche de calcifications, d’érosions osseuses et
de lésions intrinsèques du tendon comme des
plages anéchogènes (ruptures) (fig. 3) ou des
hypertrophies avec aspect bombant des contours
du triangle (tendinopathie) (fig. 4).
180
Les pubalgies : approche par l’échographie
HERNIE DU SPORTIF
Mais comme pour l’ostéo-arthropathie pubien- L’idée est que la combinaison de mouvements
ne, l’échographiste sera bien vite aux prises avec en hyper-extension-abduction de la hanche et une
un nombre extrêmement important d’images hyperpression abdominale liée à l’effort et à
pathologiques, même du côté asymptomatique l’effet Valsalva-like qu’il procure, entraînent pro-
(d’où l’importance de l’examen comparatif !) par gressivement une faiblesse du fascia transversalis
rapport à la pathologie clinique rencontrée. La et une tendinopathie voire une fissuration du ten-
tendinopathie d’insertion des adducteurs existe don conjoint des obliques de l’abdomen (fig. 5).
bien et elle est démontrable échographiquement
mais sa relation avec la clinique doit encore être L’échographie a été essayée dans ces cas.
prouvée. Il faut donc être très prudent dans Comme il n’y a pas de hernie inguinale vraie, on
l’établissement de ce diagnostic échographique ne s’attend donc pas à voir un sac herniaire faire
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
qui rappelons-le ne peut donc jamais être fait sur surface à travers le canal inguinal. La hernie du
une échographie unilatérale du membre doulou- sportif est en fait une sorte de “pré-hernie” ingui-
reux et doit être corroboré par un aspect normal nale directe, c’est-à-dire médiale par rapport aux
du côté sain. vaisseaux épigastriques et ne suivant pas le trajet
en baïonnette du canal inguinal à partir de
Malheureusement, les pubalgies sont parfois l’orifice inguinal profond. Le processus est donc
bilatérales ce qui rend dans un certain nombre de le même que dans les hernies inguinales directes,
cas la comparaison aléatoire. mais sans sac herniaire visible ni en position
debout, ni en Valsalva.
Il faut savoir que le traitement classique de la
tendinopathie des adducteurs, après les tentatives Il est vrai que chez bon nombre de patients
habituelles de traitement uniquement physique, souffrant de pubalgies, on a l’impression de voir
est une ténotomie des adducteurs, le chirurgien bomber de manière très importante la partie
181
Bassin et Hanche
a b
Fig. 5 : Représentation schématique de la partie médiale du canal inguinal montrant l’endroit faible (fascia transversalis) et le
tendon conjoint des obliques de l’abdomen et du transverse.
b) Représentation de la tendinopathie inguinale avec lésion du tendon conjoint.
Dessins originaux du Dr Sepulchre, Orthopédiste, Bruxelles.
182
Les pubalgies : approche par l’échographie
a b
Fig. 6 :
a) Image au repos juste avant l’épreuve de Valsalva de la partie médiale du canal inguinal gauche chez un footballeur de 24 ans
se plaignant de pubalgie.
b) Idem lors de l’épreuve de Valsalva montrant un bombement important du canal inguinal ; partie médiale, sans hernie direc-
te démontrable toutefois. Le diagnostic “possible” de hernie du sportif n’est posé qu’en cas de bombement unilatéral du côté
douloureux.
nale “vraie”, plutôt que d’orienter le chirurgien ce niveau. La tendinopathie des adducteurs, les
vers un geste sur le canal inguinal ou une ténoto- érosions pubiennes, le bombement de la partie
mie des adducteurs. Bien souvent cette décision interne du creux inguinal en Valsalva, sont des
sera de son ressort exclusif et suivra son habitu- découvertes extrêmement fréquentes chez les
de, sa conscience et son expérience. sportifs et pas toujours en rapport avec la douleur
du patient.
Malgré l’apport de l’imagerie, la pubalgie reste
un syndrome difficile à expliquer sur le plan ana- La plus grande prudence s’impose donc quand on
tomoclinique. Il faut se rappeler la proximité de nous demande une échographie pour pubalgie. Non
toutes les structures tendineuses incriminées : le seulement les adducteurs doivent être examinés,
tendon conjoint, le fascia transversalis, le tendon bilatéralement, mais aussi les creux inguinaux, de
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
du droit abdominal, les tendons du gracilis, du manière comparative, au repos, en position debout
long adducteur s’insèrent tous à quelques milli- et en Valsalva. Seules les asymétries flagrantes doi-
mètres ou au pire, centimètres de distance. Cet vent faire l’objet d’une suspicion de pathologie rele-
article plaide donc pour une autre dénomination vante en cas de pubalgie unilatérale.
anatomoclinique de la pubalgie qui serait une
“tendinopathie inguinale”. Il est assez clair que pour ce qui concerne la tendi-
nopathie inguinale définie ci-dessus, l’IRM en T2 Fat
Il faut se méfier des faux positifs dans tous les Sat ou en T1 Fat Sat avec injection de Gadolinium est
examens échographiques que nous pratiquons à un meilleur examen que l’échographie.
Bibliographie
[1] HACKNEY R.G. – The sports hernia: a cause of chronic groin [2] GILMORE J. – Groin pain in the soccer athlete: fact, fiction,
pain. Br J Sports Med 1993; 27: 58-62. and treatment. Clin Sports Med 1998; 17: 787-793, VII.
183
Ostéoarthropathie du pubis
OSTÉOARTHROPATHIE DU PUBIS
N. SANS, O. LOUSTAU, A. LHOSTE, J. VIAL, H. CHIAVASSA-GANDOIS, G. RICHARDI, J.-J. RAILHAC
185
Bassin et Hanche
❍ les formes associées à une pathologie herniai- ❍ stade 3 : prééminence de la réponse ostéo-
re ou infra-herniaire. blastique avec disparition des géodes et du
flou des contours, création d’os cicatriciel
❍ les formes “magnétiques” découverte à l’IRM
lamellaire soulignant les travées ;
mais qui restent asymptomatiques [11].
❍ stade 4 : réaction périostée et hyperostose
❍ enfin des formes plus rares correspondant à
avec “calcification” de l’interligne et synosto-
un syndrome plus ou moins bien spécifique :
se pubienne.
syndrome du muscle gracile [12, 13] ou du
muscle grand adducteur [14] ; syndrome
spondylopubien [15] ; arthrose pubienne pure Il faut noter qu’il n’existe pas de parallélisme
[1] ; syndrome d’instabilité symphysaire ; entre la symptomatologie douloureuse et
syndrome apophysaire de croissance, etc. l’évolution radiographique, la pubalgie dépendant
186
Ostéoarthropathie du pubis
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
187
Bassin et Hanche
188
Ostéoarthropathie du pubis
L’œdème intra-spongieux
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
189
Bassin et Hanche
190
Ostéoarthropathie du pubis
Fentes périphériques
191
Bassin et Hanche
DIAGNOSTICS DIFFÉRENTIELS
192
Ostéoarthropathie du pubis
contraste qui permet de préciser l’atteinte des diffé- sant à sa dégénérescence. D’autre part, la
rentes composantes de la symphyse. L’IRM permet- recherche de l’atteinte des listels marginaux et
tra également d’évaluer le stade de l’affection en des enthèses périphériques permet de com-
mettant en évidence le degré d’œdème intra-osseux prendre la survenue des fissures péri-symphy-
et la progression de l’atteinte symphysaire jusqu’à saires. Enfin, l’IRM participe à la recherche des
la forme arthrosique finale. Vidalin [9] propose formes associées (pathologies sus ou sous-
ainsi un continuum physiopathologique compor- pubiennes) et permet un suivi évolutif et l’analyse
tant 4 stades et correspondant à 4 niveaux lésion- des phénomènes de cicatrisation des différents
nels IRM différents : 1) le surmenage symphysaire tissus, os, enthèse ou cartilage.
; 2) l’ostéo-enthésopathie symphysaire ; 3) l’ostéo-
arthropathie et 4) l’arthrose. En conclusion, le polymorphisme étiologique de
la pubalgie entraîne une confusion dans la déno-
Si l’on considère que le fibrocartilage interpu- mination des différents tableaux cliniques et des
bien est une enthèse au même titre que le disque stades évolutifs. L’apport de l’imagerie médicale,
intervertébral, sa dégénérescence suit le même et au premier plan celui de l’IRM, pourrait per-
schéma évolutif. L’œdème intra-osseux inaugural mettre une classification objective de ces nom-
est le premier signe évocateur d’une dégradation breuses présentations cliniques rencontrées dans
articulaire et son aspect IRM est comparable à la pratique quotidienne. L’échographie peut,
celui du stade 1 de Modic au rachis. L’IRM permet quant à elle, permettre avant la réalisation de
également de mettre en évidence directement les l’IRM d’éliminer certains diagnostics différentiels
lésions traumatiques du fibrocartilage aboutis- comme les hernies par exemple.
Bibliographie
[1] JARLAUD T., RAILHAC J.J., SANS N., DE PAULIS F. – [8] FOURNIE B. – The enthesic region: an extended approach to
Symphyse pubienne normale et pathologique: apport de the concept of “enthesis”. Presse Med. 1993 Nov 13; 22(35):
l’imagerie. J Radiol. 2001 Mar;82(3 Pt 2): 425-36; quiz 37-8. 1767-9.
[2] COOPER R., MISOL S. – Tendon and ligament insertion. A [9] VIDALIN H. – Ostéo-arthropathie pubienne ou ostéo-enthé-
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
light and electron microscopic study. J Bone Joint Surg Am. sopathie symphysaire ? Revue de la littérature et étude clinique.
1970; 52(1): 1-20. Journal de Traumatologie du Sport. 2006; 23(4): 229-44.
[3] BRUNET B. – La pubalgie : un syndrome “fourre-tout”. [10] FRICKER P.A., TAUNTON J.E., AMMANN W. – Osteitis
Plaidoyer pour une plus grande rigueur diagnostique et théra- pubis in athletes. Infection, inflammation or injury? Sports Med.
peutique. Lyon, 1983. 1991 Oct; 12(4): 266-79.
[4] CHRISTEL P., DJIAN P., WITTVOET J. – Pubalgia. A syndro- [11] VERRALL G.M., SLAVOTINEK J.P., FON G.T. – Incidence of
me in of sport injury, corresponding to locoregional pathology. pubic bone marrow oedema in Australian rules football players:
Rev Prat. 1993 Mar 15; 43(6): 729-32. relation to groin pain. Br J Sports Med. 2001 Feb; 35(1): 28-33.
[5] AREZKI N., ZERGUINI Y., MEKHALDI A. – La maladie [12] PAVLOV H. – Roentgen examination of groin and hip pain
pubienne chez le sportif. Priorité au traitement médical. Journal in the athlete. Clin Sports Med. 1987 Oct; 6(4): 829-43.
de traumatologie du sport. 1991; 8: 91-7.
[13] WILEY J.J. – Traumatic osteitis pubis: the gracilis syndro-
[6] EKBERG O., PERSSON N.H., ABRAHAMSSON P.A., me. Am J Sports Med. 1983 Sep-Oct; 11(5): 360-63.
WESTLIN N.E., LILJA B. – Longstanding groin pain in athletes.
A multidisciplinary approach. Sports Med. 1988 Jul; 6(1): 56-61. [14] ROBINSON P., BARRON D.A., PARSONS W., GRAINGER
A.J., SCHILDERS E.M., O’CONNOR P.J. – Adductor-related
[7] WENDLING D. – Pathologie rhumatologique de la symphy- groin pain in athletes: correlation of MR imaging with clinical
se pubienne. Synoviale 1995(2) :12-8. findings. Skeletal Radiol. 2004 Aug; 33(8): 451-7.
193
Bassin et Hanche
[15] ZUINEN C., VANDERLINDEN C., GILSON M., COLLART [24] GHEBONTNI L., ROGER B., CHRISTEL P., RODINEAU J. –
E. – Le syndrome spondylo-pubien. J Traumato Sport. 1990; 7: Pubalgie du sportif : intérêt de l’IRM dans le démembrement des
18-24. lésions. Journal de traumatologie du sport 1996; 13(2): 86-93.
[16] BRIGGS R.C., KOLBJORNSEN P.H., SOUTHALL R.C. – [25] TUITE M.J., DESMET A.A. – MRI of selected sports inju-
Osteitis pubis, Tc-99m MDP and professional hockey players. ries: muscle tears, groin pain, and osteochondritis dissecans.
Clin Nucl Med. 1992 Nov; 17(11): 861-3. Semin Ultrasound CT MR. 1994 Oct; 15(5): 318-40.
[17] ONNERFALT R., BRISMAR J. – Stable pubic fractures in [26] VERRALL G.M., SLAVOTINEK J.P., BARNES P.G., FON
the elderly. The association with sacro-iliac injuries. Int Orthop. G.T. – Description of pain provocation tests used for the diagno-
1989; 13(2): 143-5. sis of sports-related chronic groin pain: relationship of tests to
defined clinical (pain and tenderness) and MRI (pubic bone
[18] BRENNAN D., O’CONNELL M.J., RYAN M., marrow oedema) criteria. Scand J Med Sci Sports. 2005 Feb;
CUNNINGHAM P., TAYLOR D., CRONIN C. et al. – Secondary 15(1): 36-42.
cleft sign as a marker of injury in athletes with groin pain: MR
image appearance and interpretation. Radiology. 2005 Apr; [27] LOVELL G., GALLOWAY H., HOPKINS W., HARVEY A. –
235(1): 162-7. Osteitis pubis and assessment of bone marrow edema at the
pubic symphysis with MRI in an elite junior male soccer squad.
[19] BRITTENDEN J., ROBINSON P. – Imaging of pelvic injuries Clin J Sport Med. 2006 Mar; 16(2): 117-22.
in athletes. Br J Radiol. 2005 May; 78(929): 457-68.
[28] LOVELL G. – The diagnosis of chronic groin pain in ath-
[20] O’CONNELL M.J., POWELL T., McCAFFREY N.M., letes: a review of 189 cases. Aust J Sci Med Sport. 1995 Sep;
O’CONNELL D., EUSTACE S.J. – Symphyseal cleft injection in 27(3): 76-9.
the diagnosis and treatment of osteitis pubis in athletes. AJR Am
J Roentgenol. 2002 Oct; 179(4): 955-9. [29] JURICIC M., VAYSSE P., VISENTIN M., GUITARD J.,
MOSCOVICI J., BECUE J. et al. – Muscle gracile chez l’homme.
[21] ALBERS S.L., SPRITZER C.E., GARRETT W.E. Jr., Bull Assoc Anat (Nancy). 1992 Mar; 76(232): 35-42.
MEYERS W.C. – MR findings in athletes with pubalgia. Skeletal
Radiol. 2001 May; 30(5): 270-7. [30] ZEITOUN F., FROT B., STERIN P., TUBIANA J.M. –
Pubalgie du sportif. Ann Radiol (Paris). 1995; 38(5): 244-54.
[22] ARENDT E.A., GRIFFITHS H.J. – The use of MR imaging in
the assessment and clinical management of stress reactions of [31] UNGER E., MOLDOFSKY P., GATENBY R., HARTZ W.,
bone in high-performance athletes. Clin Sports Med. 1997 Apr; BRODER G. – Diagnosis of osteomyelitis by MR imaging. AJR
16(2): 291-306. Am J Roentgenol. 1988 Mar; 150(3): 605-10.
[23] BARILE A., ERRIQUEZ D., CACCHIO A., DE PAULIS F., DI [32] ROSS J.J., HU L.T. – Septic arthritis of the pubic symphysis:
CESARE E., MASCIOCCHI C. – Groin pain in athletes: role of review of 100 cases. Medicine (Baltimore). 2003 Sep; 82(5): 340-5.
magnetic resonance. Radiol Med (Torino). 2000 Oct; 100(4):
216-22.
194
Etude critique du traitement de la pubalgie du sportif
En revanche, depuis la description initiale [1] Faisant suite à la publication de l’un d’entre
en 1932, on est stupéfait de constater qu’une telle nous [2], on peut définir une pubalgie comme une
symptomatologie puisse correspondre à un seule pathologie s’exprimant par un syndrome
nombre aussi impressionnant de lésions multiples douloureux fréquemment récurrent du carrefour
et variées paraissant avoir été identifiées par un pubien, lié à l’effort sportif et regroupant, de façon
examen clinique plus ou moins détaillé et précis isolée ou combinée, différentes formes cliniques :
et/ou par une imagerie aux multiples facettes ❍ l’ostéo-arthropathie pubienne qui touche
s’étendant de la radiographie standard à l’IRM en l’articulation symphysaire mais aussi les
passant par la scintigraphie, la tomodensitomé- branches osseuses adjacentes et qui en consti-
trie, la herniographie et l’échographie. tue la forme articulaire ;
195
Bassin et Hanche
❍ les douleurs du canal inguinal qui compren- pathologies du canal inguinal ne constituent pas
nent les douleurs causées par des défauts de une étiologie isolée mais qu’elles s’intègrent dans
la paroi sur la face postérieure et antérieure le tableau des pubalgies [11].
du canal inguinal mais aussi des douleurs
secondaires à des compressions de rameaux La déficience de la paroi abdominale avec amin-
nerveux, notamment du nerf ilio-inguinal. cissement des muscles obliques et élargissement
Elle en constitue la forme pariétale ; du canal inguinal est citée par de nombreux
❍ les lésions de la partie distale et de l’insertion auteurs [4, 5, 7, 8, 12, 13, 14]. Gilmore [8] a décrit
des muscles larges qui en constituent la forme une déchirure de l’aponévrose de l’oblique exter-
abdominale ; ne élargissant l’orifice externe du canal inguinal,
❍ les tendinopathies du corps et de l’insertion une déchirure du tendon conjoint et une déhis-
des adducteurs qui peuvent se compliquer cence entre le tendon conjoint et le ligament
d’un syndrome canalaire (nerf obturateur) et inguinal. Il ne retrouve pas de hernie. Pour
en constituent la forme tendineuse ; d’autres auteurs, la déficience toucherait la paroi
postérieure du canal inguinal (“sports hernia”)
❍ les formes combinées qui représentent des
[16]. Par ailleurs, il semble exister de nombreuses
aspects aussi nombreux que variés.
variations anatomiques de l’innervation du canal
inguinal pouvant expliquer une partie des dou-
leurs par un syndrome canalaire. Enfin, il est cer-
QUELQUES NOTIONS
tain que des déficiences de la paroi postérieure
INDISPENSABLES
peuvent être asymptomatiques.
196
Etude critique du traitement de la pubalgie du sportif
Bruckner décrit chez les footballeurs austra- l’apport de l’imagerie est d’un intérêt discutable.
liens une série de syndromes canalaires touchant On peut estimer raisonnable de penser que dans
le nerf obturateur, pouvant participer au tableau les formes articulaires, le repos est indispensable
douloureux [15]. lors de la phase aiguë mais peut être relatif, adap-
té à l’importance des signes fonctionnels et à
Enfin, plusieurs auteurs anglo-saxons traitent à l’évolution, dans les formes chroniques. Quant à
l’heure actuelle les pubalgies au sein des douleurs sa durée, elle ne peut être fixée qu’au cas par cas
de l’aine (“groin pain”) regroupant l’instabilité mais doit être nécessairement prolongée dans les
symphysaire ou ostéo-arthropathie pubienne, les formes avérées et surtout dans les formes initia-
pathologies musculaires et notamment les adduc- lement et parfois longuement négligées sur le
teurs, l’iliopsoas et le droit fémoral, les fractures plan thérapeutique et dont l’évolution sera
de fatigue du col fémoral ou d’une branche ischio- longue de toute façon, nécessitant de 6 à 12 mois
pubienne, les avulsions, les bursites du psoas et – et parfois davantage – pour que le sportif
du trochanter, les coxopathies, les hernies ainsi retrouve un bon niveau.
que les douleurs projetées d’origine lombaire,
sacro-iliaque ou urogénitale [8, 12, 17, 18, 19, 20]. En revanche, dans les formes pariéto-abdomi-
nales et dans les formes enthésopathiques, la
prescription d’un repos est plus discutable et le
LES TRAITEMENTS PROPOSÉS calendrier de la pathologie joue un rôle considé-
rable : dans les formes aiguës, à début relative-
ment brutal ou rapide, le repos peut être utile
Le repos mais dans les formes chroniques, il n’a que très
rarement un effet favorable.
Le traitement médical a été longtemps fondé sur
le repos dès l’apparition des premiers signes cli-
niques. Il était complet d’emblée pour une durée Les traitements médicamenteux
variant de 6 semaines à 3 mois [3, 7, 8, 21] et
constituait l’élément primordial du traitement. Plus Dans la prise en charge initiale des pubalgies,
récemment, la tendance de modifier les règles du les médicaments antalgiques et surtout les anti-
repos est apparue pour plusieurs auteurs, privilé- inflammatoires non stéroïdiens sont souvent cités
[6, 7, 22, 23], notamment dans les formes sym-
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
197
Bassin et Hanche
Lorsqu’il existe une atteinte tendineuse des Joliat a été un des premiers à élargir la concep-
muscles adducteurs et, à un degré moindre, des tion du travail musculaire aux trois plans de
muscles larges, les infiltrations sont un appoint au l’espace : pour lui, la pubalgie survient plus fré-
traitement médical fréquemment utilisé [7, 23, quemment lorsque la musculature qui stabilise
25] : Syme étudie 124 cas de pubalgies rebelles l’ensemble pelvi-rachidien est insuffisamment
dont 11 bénéficient d’une infiltration de corti- développée [27]. Il ouvrait la voie à une concep-
coïdes [25]. D’autres les déconseillent [24]. tion plus moderne de la prise en charge médicale
des pubalgies dont plusieurs travaux récents sont
Dans l’ostéo-arthropathie pubienne, les infiltra- venus confirmer le bien-fondé [6, 12, 14, 22, 23,
tions intra-symphysaires ont été utilisées depuis 25, 26, 28, 29].
plus de 30 ans. Elles restent préconisées par cer-
tains [6, 8, 21, 24] mais sont considérées comme Pour Wodecki, après le repos strict, la rééduca-
inutiles par d’autres [4, 5, 8, 26] et sont enfin for- tion est envisagée en 6 étapes [24] :
mellement rejetées par certains [3].
1) Physiothérapie, massages avec de la glace,
étirements des muscles ischio-jambiers,
Au total, dans la forme articulaire de la pubalgie
adducteurs et rotateurs externes de hanche ;
où les remaniements osseux et ostéo-articulaires
paraissent jouer un rôle déterminant, on doit 2) Renforcement musculaire des abdominaux ;
considérer que les injections ne sont pas une 3) Travail isométrique des adducteurs (bien que
bonne pratique. On ne peut donc que s’étonner les adducteurs soient à plusieurs reprises
que certains l’utilisent ou la préconisent encore qualifiés de surpuissants) ;
alors que les rares résultats rapportés sur des 4) Reprise de la course sur tapis en salle ;
séries très limitées en font une technique contro-
5) Travail en torsion sur les abdominaux ;
versée, sans retour sur son efficacité et non
6) Retour progressif et contrôlé à l’entraînement.
dénuée de risque.
198
Etude critique du traitement de la pubalgie du sportif
199
Bassin et Hanche
La nécessité d’un traitement conservateur pen- thèse alors que les chirurgiens viscéraux utilisent
dant 3 mois avant de poser l’indication chirurgica- soit des techniques locales, soit des techniques
le dans les formes touchant le canal inguinal est cœlioscopiques avec prothèse.
partagé par d’autres auteurs [7, 12, 24]. Wodecki
précise que ce traitement s’adresse aux formes Le geste chirurgical va être complété pour plu-
pariéto-abdominales pures ou prédominantes [24]. sieurs équipes par une neurolyse des nerfs ilio-
inguinal et ilio-hypogastrique [12, 24, 28] et par
Gilmore sur plus de 1000 cas préconise un trai- une ténotomie des adducteurs si l’IRM pratiquée
tement chirurgical des souffrances du canal ingui- de façon systématique en préopératoire [24, 27] a
nal après échec d’un programme de réadaptation montré qu’il existait une lésion à ce niveau.
de 4 semaines [8].
Dans les suites postopératoires, Vidalin [27]
Pour Baquie, en revanche, la chirurgie doit être propose que le renforcement musculaire débute
utilisée dans un très petit nombre de cas et seule- au 20e jour postopératoire et concerne le travail
ment à la fin de la seconde saison douloureuse [23]. isométrique des abdominaux et des adducteurs
associés à des étirements des adducteurs. Avec
A l’opposé, plusieurs auteurs posent l’indication d’autres, il introduit la rééducation progressive-
d’emblée lorsque le diagnostic de forme inguinale ment en fonction de la cicatrisation et de la dou-
de pubalgie est posé. Vidalin pose une indication leur [27]. Irschad sur les hockeyeurs profession-
chirurgicale sans réserve lorsqu’il existe clinique- nels canadiens prône un retour à la compétition
ment une pathologie de l’orifice herniaire [27]. En après un programme de réadaptation progressive
revanche, l’indication est portée avec réserve lors à l’effort comprenant notamment un renforce-
d’une arthropathie pubienne ou d’une pathologie ment musculaire complet de la hanche [13]. En
des adducteurs. revanche, Wodecki ne prescrit pas de rééducation
postopératoire [24].
Ekstrand montre dans une série prospective ran-
domisée la supériorité du traitement chirurgical
d’emblée ou en différé dans les pubalgies rebelles Les résultats de séries rétrospectives
liées à une souffrance du canal inguinal [28].
La réparation anatomique sous anesthésie loca-
le et sans prothèse semble la plus indiquée et la
Les méthodes moins risquée chez le sportif jeune.
Presque tous les auteurs utilisent une méthode Les techniques chirurgicales par voie directe
chirurgicale basée sur la réparation du canal sous anesthésie générale ou locale ou rachianes-
inguinal empruntée aux traitements des hernies thésie comprennent la technique de Bassini,
[8, 12, 13, 18, 24, 27, 28]. Pour la plupart des décrite dès 1889, la technique de Nesovic, intro-
auteurs, l’intervention est systématiquement bila- duite en France par Jaeger et Imbert ; la tech-
térale. Certains utilisent des renforts en goretex nique du Shouldice Hospital de Toronto ; la tech-
[12], d’autres les récusent [8]. nique de Gilmore.
Les chirurgiens orthopédistes sont favorables à Les procédés dits de “tension free” par voie
une réfection pariétale, certains utilisant des voies inguinale directe sont représentés par la tech-
inguinales directes avec parfois pose d’une pro- nique de Lichtenstein sous anesthésie locale avec
200
Etude critique du traitement de la pubalgie du sportif
prothèse et les techniques “mesh and plug”, avec elle permet une vision directe et tactile de toutes
prothèse ou bouchon de type Gilbert, Rutkov et les lésions : hernie directe ou indirecte, atteinte
Robbins ou Perfix Plug. tendineuse ou musculaire, atteinte nerveuse, rare
hernie fémorale ou obturatrice. Les filets nerveux
Les techniques laparoscopiques sous rachianes- sont disséqués et respectés, le cremaster squelet-
thésie ou anesthésie générale comprennent la tisé. Il n’y a pas de matériel exogène et c’est une
voie trans-abdominale-prépéritonéale, où la pro- véritable réparation pariétale et musculaire “à la
thèse, après introduction intra-abdominale, est carte” selon les constatations opératoires.
glissée par incision puis fixée en avant du péritoi-
ne, et la voie totalement extrapéritonéale où par Irschad étudie 22 cas rebelles de pubalgie chez
endoscopie, en se glissant entre le péritoine et la des hockeyeurs professionnels canadiens ayant
paroi musculaire, une prothèse est soit fixée par des signes patents de souffrance du canal inguinal :
agrafes, soit libre. les résultats sont excellents (91 %) [13]. H. Vidalin
et G. Neouze [27], sur 72 sportifs effectuent
140 Shouldice dont 67 bilatéraux. La reprise du
L’intervention de Bassini sport est possible dans 19 % des cas à 1 mois, 34 %
à 2 mois, 51 % à 3 mois et 90 % à 6. Les auteurs
L’intervention de Bassini s’effectue sous anes- notent 7 % de complications mineures, 84 % de
thésie générale. Par exemple, Ëkstrand [33] satisfaction et une absence de récidive connue.
retrouve 66 joueurs de football opérés dont 17 par
Bassini et neurotomie ilio et hypogastrique. Il
note 87 % de reprise entre 6 et 8 semaines. L’intervention de Gilmore
La technique du Shouldice Hospital est la tech- Nicholas cite une série de ténotomie des adduc-
nique de référence selon Marre [32]. Pratiquée teurs isolée avec seulement 63 % de retour à la
sous anesthésie locale avec neuroleptanalgésie, compétition au même niveau [9].
201
Bassin et Hanche
202
Etude critique du traitement de la pubalgie du sportif
té des lésions qui sont regroupées sous cette la distinction entre les cas justiciables d’un traite-
appellation pour le moins non contrôlée. ment médical et ceux qu’il convient de faire opé-
rer sans attendre plusieurs mois. La réponse ne
Il est tout autant impossible de vouloir évoquer peut provenir que d’une double approche : par
la pubalgie au singulier que de faire une étude cri- l’évaluation clinique et par l’imagerie.
tique de “son” traitement.
Dans les lésions associées, on peut estimer que
Toutes pubalgies confondues, le succès du trai- les résultats des traitements conservateur et chi-
tement conservateur avec reprise au même niveau rurgical sont voisins avec 70 à 80 % de satisfaction
est estimé de façon très variable : 30 % pour des patients. Pour Brunet [36] le traitement médi-
Vidalin [27], 41 % pour Adad [12] et 73 % pour cal autorise la reprise sportive au même niveau
Rochcongar [35]. De telles différences ne peuvent sans douleurs, se voit dans 39 % des cas avec un
s’expliquer que par des biais de recrutement : cas recul moyen de plus de 100 semaines et avec
difficiles en échec thérapeutique et, de ce fait, avec quelques douleurs dans 19 % des cas, soit un total
de résultats “corrects” de près de 60 %, mais 2 élé-
délai évolutif plus important versus cas faciles
ments semblent conditionner ces résultats : la
caractérisés par une prise en charge plus rapide et,
précocité de la consultation et la rapidité de la
de ce fait, une plus grande efficacité des soins.
mise en route d’un traitement adapté.
rendu obligatoire par la réglementation sportive mettre d’établir un plan décisionnel performant ?
de lutte antidopage) doit être initiée le plus rapi- Une expérience de 35 ans en la matière ne per-
dement possible. met pas de répondre formellement par
l’affirmative. Dans ces conditions, l’évaluation
Dans les lésions pariétales, le traitement médi- clinique permet-elle de résoudre complètement le
cal est considéré comme décevant par de nom- problème ? La réponse doit être la même : seule-
breux auteurs sans toutefois que ces derniers ne ment partiellement.
jugent utile de faire la distinction entre les formes
isolées et les formes associées. Ceci explique pro- Pourtant, la solution peut être entrevue : une
bablement la divergence des résultats : 20 % pour décision pluridisciplinaire permettant d’éviter les
Hackney [18], et 48,2 % pour Brunet [36]. Dans traitements inutiles et de rendre plus performant
ces atteintes, le problème fondamental est sans les traitements utiles… pour le plus grand bon-
doute de faire dans les meilleurs délais possibles heur des patients.
203
Bassin et Hanche
Bibliographie
[1] SPINELLI A. – Una nuova mallatia sportiva : la pubalgia [21] ANDERSON K., STRICKLAND S.M., WARREN R. – Hip and
degli schermitori, Orthop Trauma App Mot, 1932 ; 4 : 111. Groin Injuries in Athletes, Am J Sports Med., 2001; 29: 521-33.
[2] BOUVARD M., DOROCHENKO P., LANUSSE P., DURAF- [22] KREMER-DEMUTH G. – La pubalgie du footballeur, Thèse
FOUR H. – La pubalgie du sportif. Stratégie thérapeutique. Méd., 1998, Strasbourg 1.
Revue de la littérature et proposition d’un protocole de rééduca-
tion. J Traumatol Sport, 2004; 146-163. [23] BAQUIE P. – Groin Pain. Austral Family Physician, 2000, 29,
2, 139 & 158-60.
[3] DUREY A., RODINEAU J. – Les lésions pubiennes des spor-
tifs, Ann Med Phys., 1976; 9: 282-291. [24] WODECKI P., DJIAN P., CHRISTEL P., WITVOET J. – La
Pubalgie. Rev Rhum, 1998 ; 65 :109-117SP.
[4] BRUNET B. – La Pubalgie, un syndrome “fourre-tout”, Thèse
Méd, Lyon 1, 1983. [25] SYME G. et al. – Groin pain in athletes, Lancet, 1999 ; 353 :
1444.
[5] BRUNET B., BRUNET-GUEDJ E., GENETY J., COMTET J.J.
– A propos du traitement des pubalgies, J Traumatol Sport, [26] FON L.J., SPENCE RAJ – Sportman’s hernia. Br. J. Surgery,
1984; 1: 51-55. 2000 ; 87: 545-552.
[6] LYNCH S.A., RENSTRÖM P.A. – Groin Injuries in Sport- [27] VIDALIN H., NEOUZE G. – Indications et résultats de la
Treatment Strategies, Sports Med, 1999; 28: 137-144. technique de Shouldice chez 72 patients atteints de pubalgie du
sportif, J Traumatol Sport, 2000; 17: 9-15.
[7] BERGER A. – Approches diagnostiques et thérapeutiques de
la pubalgie du sportif, Thèse Méd, Genève, 2000. [28] EKSTRAND J., RINGBORG S. – Surgery versus conservati-
ve treatment in soccer players with chronic groin pain : a pros-
[8] GILMORE J. – Groin pain in the soccer athlete: fact, fiction pective study in soccer players. Eur J Sports Traumatol. 2001 ;
and treatment, Clin Sports Med, 1998; 17 : 787-93. 23 : 141-145.
[9] NICHOLAS S.J., TYLER T.F. – Adductor muscle strains in [29] ZIPRIN P., WILLIAMS P., FOSTER M.E. – External oblique
sport, Sports Med., 2002; 5: 339-344. aponeurosis nerve entrapment as a cause of groin pain in the
athlete, Br J Surg., 1999 ; 86: 566-8.
[10] CHRISTEL P., DJIAN P., MIDDLETON P. – Pubalgie. EMC,
App. Loc., 14-323-A-10, 1997, 6p. [30] VAN DER DONCKT K., STEENBRUGGE F., VAN DEN
ABBEELE K. et al. – Bassini’s hernial repair and adductor lon-
[11] FREDBERG U., KISSMEYER-NIELSEN P. – The sports- gus tenotomy in the treatment of chronic groin pain in athletes,
man’s hernia-fact or fiction? Scand J Med Sci Sports, 1996; 6: Acta Orthop. Belg., 2003; 69: 35-41.
201-204.
[31] SMEDBERG S.G., BROOME A.E., GULLMO A., ROOS H. –
[12] ADAD J. – La pubalgie par atteinte pariéto-abdominale, Herniography in athletes with groin pain. Am J Surg., 1985; 149:
Thèse Méd., Lyon 1, 1989. 378-382.
[13] IRSCHAD K., FELDMAN L.S., LAVOIE C., LACROIX V.J., [32] MARRE P. – Progrès dans le traitement de la hernie ingui-
MUDLER D.S., BROWN R.A. – Operative management of “hoc- nale. J Chir 2000; 3:151-154.
key groin syndrome”: 12 years of experience in National Hockey
League players, Surgery, 2001, 130, 759-66. [33] BRANNIGAN A.E. – Gilmore’s groin repair in athletes. J
Orthop Sports Phys Ther 2000; 30: 329-32.
[14] JAEGER J.H. – La pubalgie, Sports Med., 1982; 21: 28-32.
[34] AZURIN D.J. – Endoscopic preperitoneal herniorraphy in
[15] BRUCKNER P., BRADSHAW C., MAC CRORY P. – professional athletes with groin pain. J Laparoendosc Adv Surg
Obturator nerve entrapment. A cause of groin pain in athletes. Tech A. 1997; 7: 7-12.
Physician Sports Med, 1999; 27: 62-64, 67-68, 73.
[35] ROCHCONGAR P., LE GALL F., JAN J. – La pubalgie du
[16] ORCHARD J., READ J.W., NEOPHYTON J., GARLICK D. – sportif : mise au point à propos d’une étude rétrospective de 214
Groin pain associated with ultrasound finding of inguinal canal patients, Sciences Sports, 1996; 11: 135-39.
posterior wall deficiency in Australian Rules footballers. Br J
Sports Med, 1998; 32: 134-139. [36] BRUNET B., BRUNET-GUEDJ E., HAYER J.P. – Les traite-
ments médicaux des pubalgies. In Pathologies du rugbyman.
[17] GIBBON W.W. – Groin pain in athletes, Lancet, 1999; 353: Sauramp Médical éd. Montpellier 2004 : 147-160.
1445.
[37] VIDALIN H. – Ostéo-arthropathie pubienne ou ostéo-enthé-
[18] HACKNEY R.G. – The sports hernia: a cause of chronic sopathie symphysaire. J Traumatol Sport 2006 ; 23 : 229-244.
groin pain, Br J Sports Med, 1993 ; 27 : 58-62.
[38] VIDALIN H., NEOUZE G., PETIT I. – Prise en charge chi-
[19] MORELLI V., SMITH V. – Groin injuries in athletes, Am rurgicale des pubalgies du sportif. In Pathologies du rugbyman.
Family Physician, 2001; 64: 1405-14. Sauramps Médical éd. Montpellier 2004 : 173-184.
[20] SRINIVASAN A., SCHURICHT A. – Long-term follow-up of
laparoscopic preperitoneal hernia repair in professional ath-
letes, J. Laparoendoscopic and advanced surgical techniques,
2002, 12, 2, 101-106.
204
HANCHE ABARTICULAIRE
Les tendinopathies du moyen et du petit glutéal
H. BARD
207
Bassin et Hanche
bourse du petit glutéal est plus antérieure, sous le position d’adduction [12]. Les fonctions princi-
tendon du petit glutéal et a des rapports étroits pales du petit et du moyen glutéal sont d’être des
avec la capsule articulaire de l’articulation coxo- stabilisateurs de la hanche et des rotateurs pel-
fémorale avec laquelle elle peut exceptionnelle- viens puis secondairement d’initier et d’assister
ment communiquer [8]. La bourse trochantérien- l’abduction comme le font les muscles de la coiffe
ne superficielle (ou du grand glutéal) ne doit pas des rotateurs de l’épaule, le relais étant pris ensui-
être confondue avec la bourse sous-cutanée, sié- te par le TFL et le grand glutéal, qui agissent
geant en superficie du tractus iliotibial et est habi- comme le deltoïde à l’épaule [10-12]. Il nous
tuellement séquellaire d’un épanchement de semble donc impropre de les considérer seule-
Morel-Lavallée. ment en tant qu’abducteurs de hanche [13].
208
Les tendinopathies du moyen et du petit glutéal
sauf dans les premiers pas, à cause de la douleur résistée (test isométrique). Comme pour tout exa-
lors de la mise en charge. Une boiterie d’esquive men tendineux, il convient de terminer par la pal-
ou par perte du pas postérieur fera rechercher pation afin de ne pas parasiter les tests
une coxopathie. En revanche, la boiterie de d’étirement et isométriques. Parallèlement, on
Trendelenburg est caractéristique d’une insuffi- vérifie que la mobilité de la hanche est normale en
sance fonctionnelle de l’abduction de la hanche décubitus dorsal et ventral, même si certaines
dont les causes sont multiples. Le test que manœuvres mettant en tension le moyen et le
Trendelenburg a décrit en 1897 a été réévalué par petit glutéal sont douloureuses et freinées.
Hardcastle et Nade en 1985 [14]. Il se recherche à
la marche ou en appui monopodal. La boiterie de
Trendelenburg est caractérisée par le déport du
tronc au-dessus de la hanche pathologique lors de
l’appui monopodal de ce côté au cours de la
marche (fig. 1) : cette posture évite la contraction
du moyen glutéal ou compense son insuffisance.
En l’absence de luxation congénitale de la hanche,
cette insuffisance du moyen glutéal peut être la
conséquence d’une rupture du tendon du moyen
glutéal, d’une parésie de ce muscle ou d’une ten-
dinopathie algogène. La boiterie de Trendelenburg
évite ou diminue la traction sur le tendon du
moyen glutéal. Le signe de Trendelenburg en
appui monopodal est positif si l’appui du côté
pathologique est précaire, douloureux ou instable,
avec bascule du bassin du côté opposé en cas de
déficit important du moyen glutéal. La station
debout monopodale constitue un test isométrique
d’abduction active qui doit être tenu au moins
30 secondes avant de conclure à sa négativité et
qui serait pour M. Lequesne très sensible et spéci-
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
209
Bassin et Hanche
Les tests d’étirement de ces muscles, qui, rappe- forcée, et peut aussi être fait en décubitus ventral,
lons-le, sont principalement rotateurs internes et en demandant au patient dont on a croisé les
abducteurs, nécessitent une rotation externe ou jambes de les décroiser contre la résistance de
une adduction forcées. Les tests rotatoires ont été l’examinateur. Le test d’abduction résistée se fait
longtemps négligés et si on se contente de tester classiquement en décubitus controlatéral en posi-
ces muscles uniquement dans leur fonction tion d’abduction à 30°. Il faut veiller à obtenir une
d’abducteurs de hanche, on passe à côté de flexion de cuisse à 0°, car en cas de déficience des
nombre d’atteintes antérieures. La rotation externe muscles moyen et petit glutéaux, le patient a ten-
forcée sur une cuisse fléchie à 90° est dans notre dance à fléchir la hanche pour utiliser le tenseur
expérience le test le plus sensible [15] (fig. 2). La du fascia lata. Le petit et le moyen glutéal étant
flexion-abduction-rotation externe forcée est sou- abducteurs surtout en position d’adduction ou
vent douloureuse alors que l’adduction en flexion à d’abduction à 0°, (d’où la faiblesse de l’appui
0° l’est plus rarement. Si la douleur prédomine en monopodal), il est préférable de tester l’abduction
rotation interne forcée, on suspectera une coxopa- à 0°, voire en position d’adduction [14]. D’après
thie, a fortiori si son amplitude est réduite. une étude personnelle, la positivité des tests en
rotation interne résistée est en faveur d’une
atteinte du petit glutéal et de la lame tendineuse
antérieure du moyen glutéal [15]. La positivité des
tests d’abduction résistée serait plus évocatrice
d’une lésion associée du tendon principal posté-
rieur. En revanche, devant une symptomatologie
évocatrice et une palpation douloureuse, la néga-
tivité des tests tendineux, si elle n’élimine pas une
tendinopathie, est en faveur d’une simple bursite.
En prenant la positivité d’au moins un test tendi-
neux comme critère dans notre série sans groupe
contrôle, l’imagerie a toujours montré une attein-
te tendineuse.
Fig. 2 : Tests de rotation externe forcée, hanche fléchie à 90°
La région du grand trochanter est souvent sen-
sible sinon douloureuse à la palpation. Un exa-
men comparatif est donc indispensable et le
patient doit reconnaître sa douleur. La palpation
Les manœuvres de contraction isométrique du grand trochanter doit être méthodique, prati-
(résistée) doivent être réalisés au mieux en cour- quée en décubitus latéral opposé. On commence
se externe, c’est-à-dire dans la position où le par la manœuvre du pincer-rouler à la recherche
muscle est étiré. La rotation interne résistée est d’une cellulalgie, suivie de la palpation de la crête
un très bon test, réalisé la cuisse et le genou flé- iliaque, du tenseur du fascia lata avant de palper
chis à 90°, la position de départ étant la rotation les insertions iliaques des fessiers puis les diffé-
neutre, ou mieux en rotation externe non forcée rentes facettes du grand trochanter, sans omettre
(course externe). Ce test de dérotation externe l’insertion du vaste latéral au pôle inférieur du
résistée en décubitus dorsal est très sensible, grand trochanter et celle du grand glutéal sur la
autant sinon davantage que la rotation externe ligne âpre. Dans les TBT, la douleur maximale se
210
Les tendinopathies du moyen et du petit glutéal
situe habituellement au bord postéro-supérieur d’un biais de recrutement étant donné le grand
du grand trochanter mais parfois plus bas sur sa nombre de ruptures tendineuses, moins impor-
face latérale voire plus en avant. La bursite super- tant dans notre étude où la boiterie de
ficielle du grand glutéal peut être palpée chez les Trendelenburg n’était présente que dans 56 % des
sujets non obèses et la douleur est maximale à la cas, l’appui monopodal positif dans 69 %,
face externe du grand trochanter. Il est plus diffi- l’abduction résistée dans 74 %, alors que la rota-
cile de distinguer cliniquement les bursites du tion interne résistée était positive dans 82,6 % et
moyen glutéal des tendinopathies d’insertion, le la rotation externe forcée dans 88,4 % des cas
siège de la douleur étant identique. d’une série de 23 patients dont 22 femmes, d’âge
moyen de 68 ans, avec comme critères d’inclusion
Enfin, l’examen physique vérifie l’absence de ceux indiqués dans le tableau II [15]. Les tests les
syndrome rachidien, de signe de Lasègue ou de plus sensibles et spécifiques sont donc pour nous
Léri et de déficit sensitivomoteur. L’association la rotation externe forcée hanche fléchie à 90° et
fréquente à des lombalgies [16] ou à une coxopa- la rotation interne résistée en course externe et
thie est cependant souvent trompeuse. Dans ces flexion à 90° (dérotation externe), nettement plus
situations, le diagnostic n’est parfois confirmé que fréquents que les tests d’abduction.
par l’efficacité d’une injection locale d’un anes-
thésique et/ou d’un cortisonique au site trochan- L’examen clinique est-il prédictif du type et du
térien douloureux à la pression. degré de l’atteinte tendineuse ? Dans l’attente
d’études complémentaires, la négativité des tests
Cette sémiologie n’a été que partiellement vali- tendineux est en faveur d’une bursite isolée tandis
dée. Anderson in [17] a défini dès 1958 la sémio- qu’un déficit de la rotation interne ou de
logie de ce qu’il appelait les bursites trochanté- l’abduction est prédictif d’une rupture tendineuse,
riques malgré l’absence de preuve anatomique ou mais cela n’est pas absolu car nous avons consta-
radiographique, puis Ege Rasmussen et Pena [18] té la disparition de signes déficitaires après guéri-
en 1985 ont proposé des critères diagnostiques son des douleurs. Celles-ci n’étaient pas toujours
(Tableau I). Plus récemment Bird et coll. [19] ont corrélées à l’IRM, laquelle pouvait être peu ou pas
étudié en prospectif, sans groupe contrôle, trois modifiée malgré la régression des symptômes.
signes cliniques : le signe de Trendelenburg,
l’abduction résistée et la rotation interne résistée
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
211
Bassin et Hanche
Tableau II : Critères proposés pour le diagnostic clinique Cependant, l’étude du grand trochanter nécessite
de tendinopathie ou rupture des tendons glutéaux [15]
un cliché de chaque hanche de face, réalisé en
1 - Douleur de la face latérale de la hanche décubitus avec mise en place d’un boomerang
entre la table et la face latérale de la fesse pour
2 - Réveil nocturne en décubitus homolatéral une meilleure analyse des parties molles. Ce cli-
3 - Douleur déclenchée ou aggravée par ché doit être correctement centré afin de ne pas
a) le relever d’une station assise prolongée, cédant masquer le grand trochanter. La partie supérieure
au bout de quelques pas
de la diaphyse fémorale doit être visible car on
b) la montée des escaliers
peut deviner la présence de calcifications de la
4 - Un test tendineux positif sur douleur ou déficit ligne âpre. Des incidences tangentielles aux diffé-
a) Tests de rotation, hanche fléchie à 90°:
- Rotation externe forcée, rentes facettes du grand trochanter sont parfois
- Rotation Interne Résistée en position neutre ou demandées pour objectiver des enthésophytes,
si négatif en course externe des irrégularités corticales (densification, micro
b) Tests d’abduction
- Appui monopodal douloureux ou précaire géodes) ou des calcifications non visibles de face,
- Abduction active en adduction (décoller le pied mais leur découverte n’affirme en rien le diagnos-
posé sur la table, membre inférieur étendu
tic et elle ne change guère l’attitude thérapeutique
- Abduction résistée à 0° d’abduction
de première intention. Les enthésophytes siègent
5 - Boiterie de Trendelenburg à l’insertion du muscle moyen glutéal ou plus
Tendinopathie du petit glutéal et/ou du moyen glutéal rarement du petit glutéal. Des incidences en faux
a) certaine si 1+2+3a ou 3b+4a ou 4b profil de Lequesne sont recommandées à la
b) probable si 1+2 ou 3+4 recherche d’une coxarthrose et un profil médical
Rupture probable du moyen glutéal si 5 de Cochin sera pratiqué si la clinique oriente vers
une ostéonécrose de la tête fémorale.
Bursite trochantérienne possible si 1+2+3, probable si test
infiltratif positif
L’échographie a beaucoup progressé dans cette
pathologie et est certainement l’examen de
deuxième intention, notamment pour confirmer
un diagnostic clinique incertain ou en vue d’une
injection échoguidée si on dispose d’un échogra-
phiste connaissant bien cette pathologie. Le
INDICATIONS DE L’IMAGERIE meilleur examen est indiscutablement l’imagerie
par résonance magnétique (IRM) comportant des
L’imagerie dans les TBT fait l’objet d’un article séquences centrées sur la hanche pathologique.
distinct orienté sur l’échographie et l’IRM.
Rappelons simplement ici les indications des exa- L’IRM est indiquée pour un bilan lésionnel ten-
mens d’imagerie. dineux et musculaire en cas d’échec d’un traite-
ment médical prolongé au moins 6 mois afin de
Des radiographies du bassin et des hanches dépister une rupture partielle ou une atteinte du
sont utiles en première intention. Le cliché du tendon postérieur du moyen glutéal en vue d’une
bassin de face debout permet d’apprécier éventuelle indication à une bursectomie et à une
l’équilibre pelvien, la présence d’une coxopathie réparation tendineuse. Elle pourra être pratiquée
et de calcifications péritrochantériennes. plus précocement en cas de déficit musculaire.
212
Les tendinopathies du moyen et du petit glutéal
moyen est de 83,4 ans dans la série de Bunker et superficielle (grand glutéal) est rare et n’est jamais
al. [23]. M. Lequesne découvre 17 cas de rupture constatée en l’absence de pathologie du tendon du
en 2 ans dont 7 ont été opérées [24]. Ces ruptures moyen glutéal.
surviennent habituellement dans l’évolution d’une
tendinopathie chronique et rarement de manière Comme pour toute tendinopathie d’origine
spontanée [25]. Les ruptures partielles, trans- mécanique ou dégénérative [27], les lésions iront
fixiantes ou non, sont volontiers méconnues si une de simples déchirures fibrillaires microscopiques,
IRM centrée n’est pas réalisée et l’IRM peut aussi non décelable par l’imagerie, à une tendinopathie
être prise en défaut. La rupture de la lame latérale macroscopique (épaississement et perte de la
est bien tolérée si elle est isolée ou même associée structure fibrillaire), puis à des ruptures fascicu-
à une rupture du petit glutéal. La montée des esca- laires pouvant évoluer vers une rupture totale.
liers peut être rendue plus difficile, nécessitant
213
Bassin et Hanche
214
Les tendinopathies du moyen et du petit glutéal
coll., dans une étude prospective de cinquante matoires sont rares, mais elles ne doivent pas être
interventions pour fracture du col fémoral ont oubliées, qu’il s’agisse de bursite rhumatoïde ou
trouvé une rupture du petit et du tiers antérieur de pseudopolyarthrite rhizomélique [35]. Enfin,
du moyen glutéal dans 22 % des cas [23]. une bursite infectieuse est possible, notamment
Pfirmann et al. [34] ont étudié de façon prospec- tuberculeuse [36].
tive en IRM les tendons du moyen et du petit glu-
téal après arthroplastie totale par voie latérale
transglutéale et trouvent que les lésions tendi- DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
neuses sont rares chez les sujets asymptoma-
tiques. Une étude semblable, facilitée par les Les insertions iliaques du moyen glutéal, du
nouvelles séquences permettant d’éliminer les tractus iliotibial et du tenseur du fascia lata peu-
artefacts prothétiques, serait intéressante dans vent être rarement le siège d’enthésopathies. Elles
d’autres voies d’abord, épargnant les tendons font l’objet d’un autre chapitre. Nous avons obser-
glutéaux, ce qui est maintenant habituel. Une vé des enthésopathies et de véritables désinser-
évaluation pré et postopératoire serait également tions musculaires iliaques du moyen glutéal sur
utile pour apprécier le rôle des lésions tendi- des prises de greffons iliaques. La douleur est
neuses dans les échecs de la chirurgie, qu’elles plus haute et antérieure que dans les tendinopa-
soient préexistantes ou secondaires. Des tendino- thies trochantériennes. Les rares tendinopathies
pathies trochantériennes pourraient être favori- du sartorius donnent une symptomatologie de
sées par le rallongement du membre inférieur siège plus antérieur.
après arthroplastie ou par une modification de
l’angle cervicodiaphysaire (varisation) indépen- Les rares enthésopathies non calcifiantes du
damment des lésions induites par l’acte opératoi- vaste latéral se manifestent par une douleur au
re lui-même (voie d’abord, section des pelvitro- pôle inférieur du grand trochanter et
chantériens, lésion du nerf glutéal supérieur). Il s’accompagnent volontiers d’un enthésophyte sur
est donc essentiel que les chirurgiens orthopé- la radiographie.
distes s’intéressent à cette pathologie qui est sou-
vent résumée laconiquement dans les comptes L’épanchement de Morel-Lavallée est un volu-
rendus opératoires “trochanter chauve”. mineux hématome post-traumatique diffusant
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
215
Bassin et Hanche
Tableau III : Principales causes des douleurs nus adipeux important sur ce site et on s’aidera au
de la région trochantérienne
mieux d’un repérage échoscopique préalable si
Locales l’on en dispose ou mieux d’un échoguidage (voir
- tendinopathies et bursopathies trochantériennes chapitre sur l’imagerie). En effet, le repérage cli-
- ostéites trochantériennes (tuberculeuse, à pyogènes)
- tumeurs osseuses nique s’avère très imprécis selon une étude écho-
- complications de la chirurgie de la hanche graphique et atteindre la bourse n’est pas si facile
- ressaut externe de hanche, pathologie du fascia lata même sous repérage radiographique. Dans plus
- épanchement de Morel-Lavallée
de la moitié des cas, pour Cohen et al. [39], il faut
Régionales au moins 2 tentatives pour obtenir une bursogra-
- coxopathies : coxarthrose, ostéonécrose aseptique de phie et dans 10 % des cas plus de 3 tentatives. La
la tête fémorale
- syndrome des branches latérales des nerfs sous-costal première injection peut associer un anesthésique
et ilio-hypogastrique local à un cortisonique (acétate de prednisolone)
- fracture par insuffisance osseuse
pour bénéficier d’un test diagnostique immédiat.
- pathologie artérielle (claudication intermittente de la
hanche) L’absence d’amélioration après une ou deux injec-
tions locales, la deuxième étant espacée au moins
Rachidiennes
d’une à deux semaines, devrait faire demander
- radiculopathies L1 à L4 : hernies discales, sténoses
canalaires, kystes synoviaux articulaires postérieurs une échographie ou une IRM, pour confirmer le
- arthropathie interapophysaire postérieure diagnostic et pratiquer une injection radio ou
- syndromes vertébraux segmentaires de Maigne
échoguidée. L’infiltration est suffisante, spectacu-
Générales laire et d’efficacité durable dans les bursites
- fibromyalgie simples ou même dans nombre de bursopathies
para-tendinopathiques. Cependant, dans un cer-
tain nombre de cas, elle permet seulement au
patient de dormir en décubitus latéral, de marcher
TRAITEMENT sans douleur, mais il persiste une douleur à la mise
en charge et à la montée des escaliers, faisant
Le traitement des TBT est assez stéréotypé [1, 3, craindre une tendinopathie chronique associée.
18, 38]. Une régression spontanée en quelques Les rechutes ne sont pas rares. Elles devraient être
semaines ou mois est possible. Les anti-inflamma- évitées par la suppression des facteurs favorisants
toires non stéroïdiens sont en général peu effi- et en respectant le temps de réparation tendineuse
caces. Malgré une évaluation encore très insuffi- qui est d’environ trois mois, ce délai doublant
sante, les injections locales d’un cortisonique non après 60 ans [27]. Les complications sévères des
fluoré sont efficaces à condition d’être bien locali- injections péritrochantériennes sont exception-
sées [18, 38, 39]. Le repérage du point d’injection nelles [40]. Il ne faut pas oublier avant de prati-
doit être fait soigneusement en cherchant la zone quer des infiltrations péritrochantériennes d’en
la plus symptomatique, habituellement située au respecter les contre-indications (infection locale
bord postéro-supérieur du grand trochanter. On ou générale patente ou suspectée, hypersensibilité
peut selon l’orientation clinique cibler la bourse à l’un des constituants, traitement anticoagulant
trochantérienne superficielle et donc ne pas tra- ou trouble de l’hémostatse) et qu’une bursite tro-
verser le tendon du moyen glutéal. On s’aide du chantérienne peut être d’origine infectieuse [41].
contact osseux et on perçoit bien la traversée du
tendon pour atteindre la bourse du moyen glutéal, Le ménagement des muscles concernés nous
sauf en cas de rupture ou de tendinopathie évo- semble donc impératif (suppression ou réduction
luée. Cependant, nombre de patientes ont un pan- de la pratique des escaliers, du port de charges
216
Les tendinopathies du moyen et du petit glutéal
lourdes, de la marche en terrain accidenté, etc.). du tissu nécrotique suivie d’un peignage, d’une
La physiothérapie et la rééducation (non codifiée) suture ou d’une réinsertion selon les cas. Cette
sont parfois proposées en complément, mais leur réparation tendineuse implique six à huit
bénéfice semble modeste et n’a pas été évalué. Le semaines de privation d’appui et n’est envisa-
port d’une talonnette du côté non douloureux, geable que si l’évaluation musculaire faite au
l’utilisation temporaire d’une canne ou d’une cours de l’IRM ne montre pas d’atrophie ou de
béquille, une orthèse plantaire corrigeant un val- dégénérescence musculaire importante. Certains
gus sont des mesures qui ne doivent pas être négli- associent un geste sur le tractus iliotibial [43]. Des
gées pour faciliter la cicatrisation et prévenir les bursectomies par arthroscopie ont été proposées
rechutes. Certains cas évoluent sur un mode chro- récemment [42] et même des ostéotomies tro-
nique, pouvant durer un à deux ans, voire plus et chantériennes dans des bursites réfractaires [45].
se compliquer de ruptures tendineuses partielles
ou transfixiantes [6]. Dans notre expérience, le Les résultats de la chirurgie des tendinoburso-
petit glutéal et la lame tendineuse antérieure du pathies trochantériennes semblent bons, mais les
moyen glutéal peuvent se rompre, contrairement séries sont courtes, non contrôlées et le recul est
au tendon postérieur du moyen glutéal qui est très insuffisant. Il est probable que des études systé-
épais et solide. Le traitement chirurgical des bur- matiques de sujets témoins montreraient un cer-
sites et des tendinites chroniques reste exception- tain nombre de ruptures tendineuses asymptoma-
nel, mais pourrait tendre à l’être moins [6, 21, 23, tiques, comme à l’épaule. Nous avons pu observer
42-44]. Moins de 5 % des cas font l’objet d’un trai- la lente disparition des symptômes douloureux et
tement chirurgical dans de rares séries de la litté- même une amélioration fonctionnelle dans des
rature [43]. Dans notre expérience, ce pourcenta- cas de ruptures évidentes à l’imagerie. La décision
ge est encore inférieur, mais il va croissant. Ce d’une intervention doit donc se faire sur une
traitement consiste en une bursectomie qui peut symptomatologie douloureuse et fonctionnelle
assurer l’indolence si l’infiltration préalable a bien invalidante, rebelle à un traitement médical pro-
démontré la responsabilité de la bursite dans la longé (6 mois dans notre pratique en l’absence de
douleur récidivante. On y adjoint quand elle est signes de rupture tendineuse) et non seulement
possible une réparation tendineuse avec exérèse sur les données de l’imagerie.
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
Bibliographie
[1] SAMSON M., LEQUESNE M. – [Tendinitis of the hip region]. [6] KARPINSKI M.R., PIGGOTT H. – Greater trochanteric pain
Rev Prat 1991; 41: 1667-1671. syndrome. A report of 15 cases. J Bone Joint Surg Br 1985; 67:
762-763.
[2] DIAZ R., FRANÇON F. – Périarthrites de la hanche. Rev
Rhum Ed Fr 1968; 35: 43-49. [7] BARD H., VUILLEMIN-BODAGHI V. – Démembrement des
douleurs trochantériennes. J Traumatol Sport 2006; 23: 157-163.
[3] SWEZEY R.L. – Pseudo-radiculopathy in subacute trochan-
teric bursitis of the subgluteus maximus bursa. Arch Phys Med [8] WALTERS J., SOLOMONS M., DAVIES J. – Gluteus mini-
Rehabil 1976; 57: 387-390. mus: observations on its insertion. J Anat 2001; 198: 239-242.
[4] PFIRRMANN C.W., CHUNG C.B., THEUMANN N.H., [9] AKITA K., SAKAMOTO H., SATO T. – Arrangement and
TRUDELL D.J., RESNICK D. – Greater trochanter of the hip: innervation of the glutei medius and minimus and the pirifor-
attachment of the abductor mechanism and a complex of three bur- mis: a morphological analysis. Anat Rec 1994; 238: 125-130.
sae—MR imaging and MR bursography in cadavers and MR ima- [10] BECK M., SLEDGE J.B., GAUTIER E., DORA C.F., GANZ R.
ging in asymptomatic volunteers. Radiology 2001; 221: 469-477. – The anatomy and function of the gluteus minimus muscle. J
Bone Joint Surg Br 2000; 82: 358-363.
[5] BARD H., LEQUESNE M., VUILLEMIN-BODAGHI V. – La
périarthrite de hanche en 2003. In: Kahn M.-F., Kuntz D., Meyer [11] GOTTSCHALK F., KOUROSH S., LEVEAU B. – The func-
O., Bardin T., Orcel P., eds. L’actualité Rhumatologique 2003. tional anatomy of tensor fasciae latae and gluteus medius and
Paris: Elsevier, 2003; 169-188. minimus. J Anat 1989; 166: 179-189.
217
Bassin et Hanche
[12] KUMAGAI M., SHIBA N., HIGUCHI F., NISHIMURA H., [29] WALSH G., ARCHIBALD C.G. – MRI in greater trochanter
INOUE A. – Functional evaluation of hip abductor muscles with pain syndrome. Australas Radiol 2003; 47: 85-87.
use of magnetic resonance imaging. J Orthop Res 1997; 15: 888-
893. [30] WALKER P., KANNANGARA S., BRUCE W.J., MICHAEL
D., VAN DER WALL H. – Lateral Hip Pain: Does Imaging Predict
[13] DWEK J., PFIRRMANN C., STANLEY A., PATHRIA M., Response to Localized Injection? Clin Orthop Relat Res 2006.
CHUNG C.B. – MR imaging of the hip abductors: normal anato-
my and commonly encountered pathology at the greater tro- [31] SAYEGH F., POTOUPNIS M., KAPETANOS G. – Greater
chanter. Magn Reson Imaging Clin N Am 2005; 13: 691-704, VII. trochanter bursitis pain syndrome in females with chronic low
back pain and sciatica. Acta Orthop Belg 2004; 70: 423-428.
[14] HARDCASTLE P., NADE S. – The significance of the
Trendelenburg test. J Bone Joint Surg Br 1985; 67: 741-746. [32] BARD H., VANDENBUSSCHE E., COHEN M., AUGEREAU
B. – Physiopathologie des tendinopathies de la coiffe des rota-
[15] BARD H., VUILLEMIN-BODAGHI V., MUTSCHLER C. – teurs. In: Rodineau J., Rolland E., eds. Pathologie intra- et péri-
Tendinopathies du moyen et du petit glutéal : étude pilote de cri- tendineuse du membre supérieur des sportifs. Issy les Mx:
tères cliniques. Rev Rhum Ed Fr 2006; 73: 552. Masson, 2006; 3-18.
[16] COLLEE G., DIJKMANS B.A., VANDENBROUCKE J.P., [33] CORMIER G., BERTHELOT J.M., MAUGARS Y. – Gluteus
CATS A. – Greater trochanteric pain syndrome (trochanteric tendon rupture is underrecognized by French orthopedic sur-
bursitis) in low back pain. Scand J Rheumatol 1991; 20: 262-266. geons: results of a mail survey. Joint Bone Spine 2006; 73: 411-413.
[17] BARD H. – Bursites de la racine du membre inférieur. In: [34] PFIRRMANN C.W., NOTZLI H.P., DORA C., HODLER J.,
Herisson C., Rodineau J., Simon L., eds. Bursites et pathologie des ZANETTI M. – Abductor tendons and muscles assessed at MR
bourses séreuses. Montpellier : Sauramps Médical, 2001; 85-92. imaging after total hip arthroplasty in asymptomatic and symp-
tomatic patients. Radiology 2005; 235: 969-976.
[18] EGE-RASMUSSEN K.J., FANO N. – Trochanteric bursitis.
Treatment by corticosteroid injection. Scand J Rheumatol 1985; [35] CANTINI F., SALVARANI C., OLIVIERI I., NICCOLI L.,
14: 417-420. PADULA A., BOZZA A. – Hip bursitis in active polymyalgia rheu-
matica: report of a case. Clin Exp Rheumatol 1999; 17: 512-513.
[19] BIRD P.A., OAKLEY S.P., SHNIER R., KIRKHAM B.W. –
Prospective evaluation of magnetic resonance imaging and phy- [36] KING A.D., GRIFFITH J., RUSHTON A., METREWELI C. –
sical examination findings in patients with greater trochanteric Tuberculosis of the greater trochanter and the trochanteric
pain syndrome. Arthritis Rheum 2001; 44: 2138-2145. bursa. J Rheumatol 1998; 25: 391-393.
[20] TORTOLANI P.J., CARBONE J.J., QUARTARARO L.G. – [37] BARD H., WYBIER M., PAJUS I. – Diagnostic d’une douleur
Greater trochanteric pain syndrome in patients referred to de la région trochantérienne. In: Lequesne M., Nordin J.,
orthopedic spine specialists. Spine J 2002; 2: 251-254. Chevrot A., Bard H., Laredo J.D., eds. Imagerie de la hanche.
Montpellier: Sauramps Médical, 1999; 89-102.
[21] KAGAN A., 2nd. – Rotator cuff tears of the hip. Clin Orthop
1999: 135-140. [38] SHBEEB M.I., O’DUFFY J.D., MICHET C.J., JR.,
O’FALLON W.M., MATTESON E.L. – Evaluation of glucocorti-
[22] CONNELL D.A., BASS C., SYKES C.A., YOUNG D., costeroid injection for the treatment of trochanteric bursitis. J
EDWARDS E. – Sonographic evaluation of gluteus medius and Rheumatol 1996; 23: 2104-2106.
minimus tendinopathy. Eur Radiol 2003; 13: 1339-1347.
[39] COHEN S.P., NARVAEZ J.C., LEBOVITS A.H.,
[23] BUNKER T.D., ESLER C.N., LEACH W.J. – Rotator-cuff tear STOJANOVIC M.P. – Corticosteroid injections for trochanteric
of the hip. J Bone Joint Surg Br 1997; 79: 618-620. bursitis: is fluoroscopy necessary? A pilot study. Br J Anaesth
[24] LEQUESNE M. – From “periarthritis” to hip “rotator cuff” 2005; 94: 100-106.
tears. Trochanteric tendinobursitis. Joint Bone Spine 2006; 73: [40] HOFMEISTER E., ENGELHARDT S. – Necrotizing fasciitis
344-348. as complication of injection into greater trochanteric bursa. Am
[25] LONNER J.H., VAN KLEUNEN J.P. – Spontaneous rupture J Orthop 2001; 30: 426-427.
of the gluteus medius and minimus tendons. Am J Orthop 2002; [41] JAOVISIDHA S., CHEN C., RYU K.N. et al. – Tuberculous
31: 579-581. tenosynovitis and bursitis: imaging findings in 21 cases.
[26] VUILLEMIN-BODAGHI V., MUTSCHLER C., BARD H., Radiology 1996; 201: 507-513.
PRADEL C., SOBOTKA A., FRIJA G. – Greater trochanteric pain [42] BRADLEY D.M., DILLINGHAM M.F. – Bursoscopy of the
syndrome : MRI prospective study of 38 patients. In: RSNA. trochanteric bursa. Arthroscopy 1998; 14: 884-887.
Chicago, 2004; 556.
[43] BROOKER A.F. Jr. – The surgical approach to refractory tro-
[27] BARD H. – Physiopathologie, réparation, classification des chanteric bursitis. Johns Hopkins Med J 1979; 145: 98-100.
tendinopathies mécaniques. In: Bard H., Cotten A., Rodineau J.,
Saillant G., Railhac J.J., eds. Tendons et Enthèses. Montpellier : [44] SLAWSKI D.P., HOWARD R.F. – Surgical management of
Sauramps Medical, 2003; 165-178. refractory trochanteric bursitis. Am J Sports Med 1997; 25: 86-89.
[28] BARD H., VANDENBUSSCHE E., COHEN M., AUGEREAU [45] GOVAERT L.H., VAN DER VIS H.M., MARTI R.K., ALBERS
B. – Tendinopathies de la coiffe des rotateurs : qui est coupable ? G.H. – Trochanteric reduction osteotomy as a treatment for
In: Blum A., Tavernier T., Brasseur J., et al., eds. L’épaule : une refractory trochanteric bursitis. J Bone Joint Surg Br 2003; 85:
approche pluridisciplinaire. Montpellier : Sauramps Médical, 199-203.
2005; 135-148.
218
IRM, échographie et imagerie interventionnelle dans les tendinopathies trochantériennes
219
Bassin et Hanche
l’espace (axial, coronal et sagittal), en coupes de La facette latérale donne insertion à la lame
4 mm, sont utiles avec un petit champ (de 24 à tendineuse latérale du moyen glutéal. Celle-ci
28 cm) pour obtenir une meilleure résolution spa- est fine et issue de la superficie du muscle. Le
tiale. Certains privilégient les séquences pondé- plan coronal est le meilleur pour l’étude de la
rées en T2 avec saturation du signal de la graisse, jonction tendino-musculaire à la corticale
avec un TE long de l’ordre de 70 ms pour obtenir (fig. 4a) et pour apprécier une éventuelle rétrac-
un contraste suffisant en T2 ; d’autres utilisent tion tendineuse quand cette lame est rompue. Le
les séquences T2, 2 échos, permettant plan axial (fig. 5a) est également utile pour affir-
l’acquisition d’une séquence en densité de pro- mer sa continuité en dépistant des zones de rup-
tons utile à l’étude des masses musculaires. tures en hypersignal T2. On repérera également
L’utilisation de l’antenne “bassin” nous semble le tractus iliotibial en superficie et l’insertion du
préférable pour acquérir une séquence en T1, vaste latéral à la jonction avec la corticale exter-
avec un grand champ de vue permettant une ana- ne du fémur.
lyse bilatérale et comparative des masses muscu-
laires entre le côté sain et le côté symptomatique. La facette postéro-supérieure donne insertion
Parallèlement les séquences T2 en petit champ au tendon postérieur du moyen glutéal. Il est volu-
sont centrées sur le côté pathologique. mineux, ovalaire, issu de la portion centrale du
muscle et a une orientation verticale. Cette inser-
Sur les coupes axiales, on étudie la facette tro- tion est bien analysée sur les coupes coronales les
plus postérieures (fig. 6a) et sur les coupes sagit-
chantérienne antérieure, zone d’insertion du ten-
tales (fig. 7).
don du muscle petit glutéal (fig. 1a). Elle est limi-
tée en dedans par la ligne intertrochantérienne,
Les coupes sagittales permettent aussi de repé-
juste en arrière de l’insertion de la capsule articu-
rer les tendons des muscles piriforme, obturateur
laire. Le tendon du petit glutéal est plat en regard
interne et externe (fig. 7).
de sa zone d’insertion. Celle-ci est très étendue en
hauteur et a une forme ovalaire ou en L. Les
Les coupes pondérées en T1 sont utilisées pour
coupes sagittales sont également très informa-
apprécier la trophicité des masses musculaires
tives sur l’insertion distale du petit glutéal (fig. 2) (fig. 8a). On étudiera spécifiquement les fibres du
alors que le corps tendineux et la jonction tendi- tendon petit glutéal, les fibres destinées respecti-
no-musculaire seront mieux étudiés sur les vement au tendon postérieur et à la lame tendi-
coupes coronales (fig. 3a). La bourse du petit glu- neuse latérale. La trophicité du muscle est évaluée
téal accompagne le tendon en dedans et au-des- de façon semi-quantitative par comparaison au
sus de son insertion. côté controlatéral et l’infiltration musculaire
220
IRM, échographie et imagerie interventionnelle dans les tendinopathies trochantériennes
graisseuse est jugée selon le même principe qu’à (fig. 12a) [7, 8, 11, 12]. L’absence des fibres tendi-
l’épaule : moins de graisse que de muscle, autant neuses de la lame latérale peut alors mettre en
ou plus de graisse que de muscle. contact le tractus iliotibial et la corticale du mas-
sif trochantérien (fig. 13). La présence d’un frag-
ment osseux avulsé est aussi le signe d’une ruptu-
IRM des tendons pathologiques re complète [1, 12]. Quand une rupture complète
est diagnostiquée on s’attachera à préciser la
L’IRM est un outil fiable pour le diagnostic, la localisation de la rupture, dans le tendon du petit
localisation et la caractérisation des atteintes ten- glutéal, dans la lame tendineuse latérale (portion
dineuses de la région trochantérienne. On antérieure ou postérieure) ou dans le tendon pos-
dénombre 5 études sur les performances diagnos- térieur du moyen glutéal. La rupture peut aussi
tiques de l’IRM, plus souvent rétrospectives [1, 7, concerner toute la coiffe de hanche (petit et
8] que prospectives [9, 10] (tableau 2). moyen glutéal). Enfin, on signalera également le
degré de rétraction du tendon. Pour Kong et al.
L’étude des tendons pathologiques en IRM [12], l’atrophie musculaire, l’irrégularité de la cor-
requiert une analyse de la morphologie, de ticale ou une enthésopathie doivent également
l’intensité de signal, de la continuité du tendon et être considérées comme un signe indirect de ten-
de la corticale osseuse. dinopathie.
Une tendinopathie est caractérisée par un Cvitanic et al. [8] ont évalué les performances de
épaississement du tendon (fig. 9a) et/ou une élé- l’IRM en étudiant la pertinence diagnostique de
vation de son signal en T2, qui ne correspond 5 critères majeurs : la discontinuité du tendon,
cependant pas à un hypersignal liquidien franc [7, l’élongation du tendon, l’atrophie des muscles
11]. Le terme de péritendinite est utilisé par Kong petit et moyen glutéaux, la présence d’un hypersi-
et al. [12] lorsqu’il existe un œdème au contact du gnal T2 au-dessus du grand trochanter ou en
tendon (fig. 10a). Lorsqu’il est discret et a une dis- dehors du grand trochanter. Les tendons des petit
position linéaire, deux plans de coupe (axial et et moyen glutéaux n’ont pas été individualisés spé-
coronal) peuvent être utiles pour vérifier qu’il ne cifiquement, ni en imagerie, ni lors de la chirurgie,
s’agit pas d’un vaisseau [12]. mais considérés comme une coiffe tendineuse
unique, ce qui constitue un écueil important de
La rupture partielle est définie comme une
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
221
Tableau 2 : Performances de l’IRM pour le diagnostic des tendinopathies trochantériennes.
TP = tendon postérieur du moyen glutéal, LTL = lame tendineuse latérale du moyen glutéal, PG = tendon petit glutéal
222
Cvitanic [7] 2004 45 patients 5 critères majeurs Sensibilité diagnostique Spécificité Précision
Rétrospectif 74 hanches Hyper T2 (au-dessus GT) 11/15 (73 %) 73 % 95 % 91 %
70 ans (51-81) Elongation 8/11 (53 %) 53 % 86 % 80 %
Discontinuité 4/11 (27 %) 27 % 100 % 85 %
Hyper T2 (latéral GT) 8/11 (53 %) 53 % 80 % 74 %
Atrophie 6/11 (40 %) 40 % 86 % 77 %
comme localisé dans la bourse trochantérienne l’étude de Bird et al. [9] ayant une grande fré-
superficielle et tout hypersignal au-dessus de quence de boiterie de Trendelenburg comportait,
l’extrémité supérieure du grand trochanter dans de fait, plus de ruptures tendineuses. Il est évident
les bourses du moyen et du petit glutéal. que plus l’IRM sera pratiquée tôt dans l’évolution,
L’hypersignal au-dessus du grand trochanter est moins les ruptures seront fréquentes. Toutes les
présent dans 46 % des cas de ruptures tendi- études soulignent la prédominance de l’atteinte
neuses et il est d’autant plus un signe de rupture antérieure ou antérolatérale qui représente 27,5 %
que la surface en hypersignal est supérieure à de notre étude [10], 14 % de l’étude de Kingzett et
1 cm. C’est le critère qui a la meilleure sensibilité al. [7] et 67 % de l’étude de Cvitanic et al. [8]. Là
(73 %) et spécificité (95 %) pour le diagnostic de encore, si l’examen physique teste la rotation
rupture en IRM. Les critères d’élongation du ten- externe forcée et la rotation interne résistée en
don, de discontinuité et l’hypersignal latéral sont course externe comme dans notre étude, on
aussi associés au diagnostic de rupture mais de découvrira davantage de lésions antérieures en
façon moins significative. Le signe de discontinui- IRM que si l’on se contente de tester l’abduction
té du tendon a une spécificité de 100 % car, il n’est de la hanche (voir chapitre précédent).
jamais trouvé dans le groupe contrôle. Enfin,
aucune relation statistiquement significative n’est Le tendon petit glutéal est atteint dans plus de la
trouvée entre l’atrophie des masses musculaires moitié des cas, 53 % [8] et 58 % des cas [10]. Il
et la rupture tendineuse. Par ailleurs, cette étude peut, à lui seul, être responsable de douleurs péri-
montre que l’hypersignal T2 latéral au grand tro- trochantériennes, ce qui a été trouvé dans 10 %
chanter est présent non seulement en cas de rup- des cas de notre étude.
ture tendineuse mais aussi dans 20 % des cas du
groupe contrôle asymptomatique, ce que nous
constatons régulièrement sur des IRM de bassin L’ÉCHOGRAPHIE
réalisées pour d’autres indications. De façon glo-
bale, la précision de l’IRM pour le diagnostic de
rupture est de 91 %, avec une sensibilité de 93 % Echographie des tendons normaux
et une spécificité de 92 % [8].
A la lumière de l’IRM, l’examen échographique
Dans une étude prospective présentée au RSNA de la région trochantérienne s’est progressive-
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
en 2004, nous avons analysé séparément chaque ment amélioré. Il est devenu reproductible et
tendon [10]. La lame tendineuse latérale du ten- standardisé [13-15]. Dès 1995, Lefèbvre et coll.
don moyen glutéal est la structure la plus fré- ont étudié en échographie 30 patients asympto-
quemment atteinte avec une tendinopathie dans matiques [15], puis en 2003 Connel et al. [14] ont
74,5 % des cas et une rupture dans 28 % des cas. réalisé une série prospective sur 20 volontaires
La fréquence de la tendinopathie du tendon pos- sains, enfin en 2006 l’article descriptif de Kong et
térieur est de 37 % et la rupture de 12 %. al. [12] montre les aspects normaux. L’examen est
réalisé plus volontiers en décubitus latéral,
Dans les études considérant le tendon moyen hanche non fléchie, avec au besoin un coussin
glutéal dans son ensemble, la fréquence des ten- entre les genoux pour éviter que la cuisse ne soit
dinopathies va de 37 % [7] à 62,5 % [9], et celle en adduction, ce qui peut comprimer une éven-
des ruptures de 45,8 % [9] à 63 % [7], mais cette tuelle bursite et accentue l’anisotropie du tendon
proportion inverse entre ces deux études du moyen glutéal. Un examen en décubitus dorsal
s’explique par des critères d’inclusion différents : permet de comparer dans le même temps le côté
223
Bassin et Hanche
opposé et cette position déclive met mieux en évi- Connell [14] a mesuré l’épaisseur des tendons petit
dence un épanchement dans la bourse trochanté- et moyen glutéaux chez l’homme et chez la femme
rienne superficielle. L’étude du tendon postérieur : le moyen glutéal est de 9,8 à 9,9 mm chez
est facilitée en procubitus, position qui permet l’homme, de 9,7 mm chez la femme ; le petit glutéal
aussi d’étudier la région glutéale et le nerf scia- de 8,9 à 8,7 mm chez l’homme, de 9,7 à 8,6 mm chez
tique. Un examen dynamique est intéressant pour la femme à droite et à gauche mais ces mesures
étudier le glissement du tractus sur le grand tro- nous semblent peu pertinentes dans la pratique
chanter, en cas de suspicion de ressaut latéral. courante. L’insertion du vaste latéral est également
Selon la morphologie du patient une sonde 8 à repérée sur cette vue coronale (fig. 14a) et mérite
13 MHz pourra être utilisée. d’être systématiquement vérifiée à la recherche
d’une enthésopathie (fig. 14b). Une vue coronale
L’examen doit être conduit de façon systéma- oblique très postérieure permet de voir le tendon
tique et comporter une étude successive du relief postérieur jusqu’à sa zone d’insertion sur la facette
osseux des facettes trochantériennes, du tendon postéro-supérieure (fig. 6c).
petit glutéal, de la lame tendineuse latérale et du
tendon postérieur du moyen glutéal, des Les masses musculaires s’étudient sur une vue
3 bourses péritrochantériennes, du tractus ilioti- axiale sus-trochantérienne qui montre un gros
bial et de l’insertion du vaste latéral. Une appré- tendon postérieur ovalaire et une fine lame tendi-
ciation qualitative de l’échogénicité des masses neuse, accolée en virgule, naissant au sein des
musculaires peut également être apportée. fibres musculaires (fig. 15). La vue coronale repè-
re en profondeur le muscle petit glutéal, en super-
Un tendon normal est homogène, fibrillaire et ficie les fibres du moyen glutéal (fig. 8b). En arriè-
visualisé du muscle au grand trochanter. Il s’étudie re, il s’agit des fibres musculaires destinées au
sur des coupes axiales et des coupes longitudinales tendon postérieur, latéralement des fibres desti-
dans l’axe du tendon, coronales ou sagittales nées à la lame tendineuse latérale.
obliques selon la structure étudiée. La bourse tro-
chantérienne superficielle est virtuelle entre le plan
du tendon du moyen glutéal et le tractus iliotibial. Echographie des tendons pathologiques
La bourse du tendon du moyen glutéal en dedans
du tendon et au-dessus du plan du grand trochan- Une tendinopathie simple est définie en écho-
ter et celle du petit glutéal autour du tendon du graphie lorsque le tendon est épaissi et/ou hypo-
petit glutéal ne sont pas davantage visibles à l’état échogène mais garde son aspect fibrillaire (fig. 9b
normal. Le tendon petit glutéal est repéré sur la vue et 10b). Les zones hypoéchogènes focales intra-
axiale comme un élément ovalaire en regard de la tendineuses, les fines bandes hypoéchogènes
facette antérieure (fig. 1b), puis sur une vue sagit- dans le sens longitudinal du tendon qui pour-
tale oblique permettant d’allonger le tendon dans raient traduire un clivage, les irrégularités des
le sens longitudinal jusqu’à sa zone d’insertion qui surfaces profonde et superficielle sont considé-
est très étendue en hauteur (fig. 3b). rées comme des ruptures partielles. La plus gran-
de prudence est cependant recommandée pour le
Les vues coronales (fig. 4b) et axiales (fig. 5b) en diagnostic de ruptures partielles en échographie.
regard de la facette latérale montrent de la profon- Une rupture complète est une perte de substance
deur à la superficie le relief osseux cortical, la lame de toute l’épaisseur du tendon avec ou sans
tendineuse latérale, le plan virtuel de la bourse tro- rétraction de l’extrémité tendineuse (fig. 11b,
chantérienne superficielle et le tractus iliotibial. 12b). Le diagnostic de rupture de la lame latérale
224
IRM, échographie et imagerie interventionnelle dans les tendinopathies trochantériennes
du moyen glutéal (trochanter chauve) est posé mal dans 9,4 % (5/53). Chez 25 patients une ruptu-
lorsqu’il n’y a plus de fibres tendineuses en regard re partielle (30,2 %, 16/53) ou une rupture complè-
de la facette latérale du GT, le tractus iliotibial te (17 %, 9/53) sont mises en évidence, avec une
étant alors en contact direct avec la corticale atteinte plus fréquente de la portion antérieure ou
(fig. 13b). Toute anomalie doit être confirmée latérale du moyen glutéal. Le tendon petit glutéal
dans les deux plans [14]. Il est souvent difficile de est atteint dans 10 cas sur 53, ce qui correspond à
préciser si l’atteinte est superficielle ou profonde. une simple tendinopathie (7 cas/10), à une rupture
On pourra, par contre, localiser l’atteinte à la por- partielle (2 cas/10) ou à une rupture complète
tion antérieure ou postérieure de la lame tendi- (1 cas/10). Peuvent également être présentes : des
neuse latérale, au petit glutéal ou au tendon pos- calcifications (5 cas/53), une irrégularité de la cor-
térieur du moyen glutéal. On décrira volontiers ticale (25 cas/53) et une bursite (8 cas/53).
deux types d’association lésionnelle : l’atteinte
antérolatérale (tendon petit glutéal et portion Pour Lefèvre et coll. [15] un tendon supérieur à
antérolatérale du moyen glutéal) et l’atteinte 8 mm est toujours pathologique et une différence
postéro-latérale (lame tendineuse latérale et ten- de 2 mm entre le côté douloureux et le côté sain
don postérieur du moyen glutéal). signe la tendinopathie dans 52 % des cas. Des cal-
cifications intratrendineuses sont retrouvées chez
La présence d’une lame liquidienne entre le 50 % des sujets douloureux mais également chez
tractus iliotibial et le plan plus profond du moyen 36 % des sujets asymptomatiques.
glutéal signe une bursite trochantérienne superfi-
cielle, en dedans du moyen glutéal une bursite du
moyen glutéal, autour du petit glutéal une bursite Interventionnel radioguidé et échoguidé
du petit glutéal (fig. 16). Le Doppler couleur peut
révéler une augmentation de la vascularisation au L’imagerie participe à la prise en charge théra-
sein et en périphérie du tendon ou au sein d’une peutique des tendinopathies trochantériennes.
bursite péritrochantérienne (fig. 17) mais ceci est Les infiltrations non guidées sont couramment
peu fréquent dans notre expérience. pratiquées et souvent efficaces, malgré
l’imprécision du geste basé sur la recherche du
En échographie on appréciera aussi de façon point douloureux maximal. Cependant, en cas
subjective l’infiltration musculaire graisseuse qui d’échec ou d’efficacité temporaire, il est prudent
de ne pas les multiplier au risque de favoriser les
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
225
Bassin et Hanche
latérale en visant la facette postérieure du grand tége-sonde stérile. Du gel stérile est également
trochanter pour infiltrer la bourse trochantérien- utilisé. Le patient est placé en décubitus latéral.
ne superficielle. Pour la bourse du moyen glutéal, Le trajet de l’aiguille est suivi sur l’écran. L’axe
la voie d’abord est latérale, dans le plan coronal longitudinal de la sonde donne l’axe
en orientant l’aiguille à 30° vers le bas. Pour la d’introduction de l’aiguille. Plus l’aiguille est
bourse du petit glutéal, l’aiguille est mise en place parallèle à la sonde plus elle est visible comme
par voie antérolatérale, en visant la facette anté- une structure linéaire interrompant le faisceau
rieure, 3 mm en dessous du sommet du grand tro- ultrasonore sur tout son trajet. L’injection est sui-
chanter et en dedans de la ligne intertrochanté- vie de façon dynamique sur l’écran ce qui permet
rienne [3]. Il n’y a pas d’étude analysant de contrôler la répartition du corticoïde. Une
l’efficacité clinique des infiltrations radioguidées. étude québécoise présentée au RSNA 2006 [17] a
évalué à 1 mois l’efficacité de l’infiltration sous
Actuellement le guidage échographique des contrôle échographique de 24 patients. Une amé-
infiltrations péritrochantériennes fait partie de lioration de 60 % était notée sur une échelle dou-
notre pratique courante (fig. 19). L’échographique loureuse en mm, 27 mm vs 68 mm (p< 0,001). 74
diagnostique permet au préalable de repérer la % des patients étaient satisfaits des résultats de
structure pathologique et de choisir la zone l’infiltration mais le délai d’évaluation est court et
d’infiltration. Les conditions d’asepsie habituelles il n’y a pas de groupe contrôle pour en tirer des
sont respectées (gants stériles, bavette, chapeau) conclusions thérapeutiques définitives. Aucune
et la sonde d’échographie est protégée par un pro- complication n’a été décrite.
Fig. 1 : Tendon petit glutéal sur une coupe axiale en IRM (a) et en échographie (b). Le tendon est plat et en avant de la facette
antérieure.
226
IRM, échographie et imagerie interventionnelle dans les tendinopathies trochantériennes
Fig. 3 : Tendon du petit glutéal en IRM sur une coupe coronale T1 (a) et
en échographie (b).
Fig. 2 : Tendon du petit glutéal sur une
coupe sagittale en T2 (flèche). Insertion sur
la facette antérieure. Noter le tendon posté-
rieur en arrière (flèche courbe) et la bursite
trochantérienne superficielle (flèches fines).
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
227
Bassin et Hanche
a b
Fig. 5 : Lame tendineuse latérale (LTL) du moyen glutéal étudiée dans le plan axial en échographie (a) et en IRM (b). La lame
latérale est en regard de la facette latéral du grand trochanter.
a b c
Fig. 6 : Tendon postérieur du moyen glutéal étudié dans le plan coronal en IRM, séquence T1 (a) et séquence T2 (b) et en écho-
graphie (c). Il s’insère sur la facette postéro-supérieure du grand trochanter.
228
IRM, échographie et imagerie interventionnelle dans les tendinopathies trochantériennes
a b
Muscle Muscle
petit glutéal moyen glutéal
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
Grand trochanter
Facette latérale
229
Bassin et Hanche
a
Fig. 9 : Tendinopathie du tendon petit glutéal en IRM (a) et en échographie (b) :
le tendon est épaissi mais a gardé son aspect fibrillaire.
230
IRM, échographie et imagerie interventionnelle dans les tendinopathies trochantériennes
Fig. 11 : Rupture complète de la lame tendineuse latérale. La zone de rupture est occupée par un
hypersignal T2 liquidien en IRM (a), et correspond à une zone hypoéchogène en échographie (b).
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
Fig. 12 : Rupture de la lame tendineuse latérale (flèche) en IRM (a) et en échographie (b).
231
Bassin et Hanche
Fig. 13 : Rupture de la lame tendineuse latérale. Hypersignal T2 liquidien en IRM (a). Tractus iliotibial (—>)
directement au contact de la corticale du grand trochanter en échographie (b).
Fig. 14 : Vue coronale en échographie de la zone d’insertion du vaste externe : a) aspect normal, b) enthéso-
pathie avec corticale irrégulière et microcalcifications.
Fig. 15 : Tendon postérieur (*) et lame tendineuse latérale (—>) sur une vue anatomique (a) et sur une vue
sus-trochantérienne en échographie (b).
232
IRM, échographie et imagerie interventionnelle dans les tendinopathies trochantériennes
Fig. 17 : Bursite trochantérienne superficielle accompagnant une rupture tendineuse. Le Doppler révèle une hyperhémie au
sein de la bourse.
233
Bassin et Hanche
Fig. 18 : Involution musculaire graisseuse accompagnant une rupture tendineuse. Les muscles petit (*)
et moyen glutéaux (+) sont en hypersignal T1 (a) et hyperéchogènes en échographie (b).
234
IRM, échographie et imagerie interventionnelle dans les tendinopathies trochantériennes
Bibliographie
[1] CHUNG C.B., ROBERTSON J.E., CHO G.J., VAUGHAN sical examination findings in patients with greater trochanteric
L.M., COPP S.N., RESNICK D. – Gluteus medius tendon tears pain syndrome. Arthritis Rheum 2001; 44: 2138-2145.
and avulsive injuries in elderly women: imaging findings in six
patients. AJR Am J Roentgenol 1999; 173: 351-353. [10] VUILLEMIN-BODAGHI V., MUTSCHLER C., BARD H.,
PRADEL C., SOBOTKA A., FRIJA G. – Greater trochanteric pain
[2] BARD H., WYBIER M., PAJUS I. – Diagnostic d’une douleur syndrome: MRI prospective study of 38 patients. In: RSNA.
de la région trochantérienne. In: Lequesne M, Nordin J, Chevrot Chicago, 2004; 556.
A, Bard H, Laredo JD, eds. Imagerie de la hanche. Montpellier:
Sauramps Médical, 1999; 89-102. [11] DWEK J., PFIRRMANN C., STANLEY A., PATHRIA M.,
CHUNG C.B. – MR imaging of the hip abductors: normal anato-
[3] PFIRRMANN C.W., CHUNG C.B., THEUMANN N.H., my and commonly encountered pathology at the greater tro-
TRUDELL D.J., RESNICK D. – Greater trochanter of the hip: chanter. Magn Reson Imaging Clin N Am 2005; 13: 691-704, VII.
attachment of the abductor mechanism and a complex of three bur-
sae—MR imaging and MR bursography in cadavers and MR ima- [12] KONG A., VAN DER VLIET A., ZADOW S. – MRI and US
ging in asymptomatic volunteers. Radiology 2001; 221: 469-477. of gluteal tendinopathy in greater trochanteric pain syndrome.
Eur Radiol 2006.
[4] SCHAPIRA D., NAHIR M., SCHARF Y. – Trochanteric bursi-
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
tis: a common clinical problem. Arch Phys Med Rehabil 1986; [13] VUILLEMIN-BODAGHI V., BARD H., MATHIEU P.,
67: 815-817. MORVAN G., BUSSON J., WYBIER M. – Echo-anatomie et
pathologie des tendons glutéaux. In: Brasseur J.L., Dion E.,
[5] SAMSON M., LEQUESNE M. – [Tendinitis of the hip region]. Zeitoun-Eiss D. eds. Echographie de l’appareil locomoteur.
Rev Prat 1991; 41: 1667-1671. Montpellier: Sauramps médical, 2004; 19-30.
[6] VUILLEMIN-BODAGHI V., BARD H., MUTSCHLER C., [14] CONNELL D.A., BASS C., SYKES C.A., YOUNG D.,
MATHIEU P., LEQUESNE M. – Imagerie des tendinopathies tro- EDWARDS E. – Sonographic evaluation of gluteus medius and
chantériennes. In: I Bard H C.A., Rodineau J., Saillant G., minimus tendinopathy. Eur Radiol 2003; 13: 1339-1347.
Railhac J.J., ed. Tendons et Enthèses. Montpellier : Sauramps
médical, 2003; 239-256. [15] LEFEBVRE E., CRESTE L., CRESTE A. – Echographie de la
région trochantérienne. JEMU 1995; 16: 102-106.
[7] KINGZETT-TAYLOR A., TIRMAN P.F., FELLER J. et al. –
Tendinosis and tears of gluteus medius and minimus muscles as [16] COHEN S.P., NARVAEZ J.C., LEBOVITS A.H.,
a cause of hip pain: MR imaging findings. AJR Am J Roentgenol STOJANOVIC M.P. – Corticosteroid injections for trochanteric
1999; 173: 1123-1126. bursitis: is fluoroscopy necessary? A pilot study. Br J Anaesth
2005; 94: 100-106.
[8] CVITANIC O., HENZIE G., SKEZAS N., LYONS J., MINTER J. –
MRI diagnosis of tears of the hip abductor tendons (gluteus medius [17] LABROSSE J., CARDINAL E., BUREAU N.J., RÉMILLARD J.,
and gluteus minimus). AJR Am J Roentgenol 2004; 182: 137-143. DURANCEAU J., LEDUC B.E. – Ultrasound-guided Corticosteroid
Injection for the Treatment of Gluteus Medius Tendinopathy. In:
[9] BIRD P.A., OAKLEY S.P., SHNIER R., KIRKHAM B.W. – RSNA. Chicago, 2006; 559.
Prospective evaluation of magnetic resonance imaging and phy-
235
Tendinobursites trochantériennes rebelles et ruptures des tendons glutéaux
TENDINOBURSITES TROCHANTÉRIENNES
REBELLES ET RUPTURES DES TENDONS
GLUTÉAUX – PLACE DE LA CHIRURGIE
M. LEQUESNE, P. DJIAN, PH. MATHIEU, V. VUILLEMIN-BODAGHI
Ceux qui pratiquent depuis plusieurs lustres ont l’intervention [2]. Il faut dire que les publications
tous rencontré ces “périarthrites” de la hanche sur le sujet sont rares. A côté de quelques cas
rebelles, récidivantes après infiltrations locales isolés rapportés [3-8], la seule série a été celle de
multiples, intrigantes, désespérantes et touchant Kagan en 1999. Sur ses 7 cas opérés dans les
surtout des femmes entre 60 et 80 ans, dont la années 1990, aucun n’avait été diagnostiqué
gêne douloureuse entrave la vie quotidienne. comme une rupture [9]. La méconnaissance éval-
Aujourd’hui nous savons, comme le rappelait un uée en France [2] n’était donc pas moins grande
éditorial récent [1] que les tendino-bursopathies aux Etats-Unis et elle semble le rester : 2 cas
trochantériennes (TBT) rebelles sont majoritaire- reconnus comme ruptures en IRM sur 15 opérés
ment des ruptures du tendon du gluteus medius en 2004 [10]. Les publications récentes des radio-
(GMe) ou moyen fessier, le plus souvent partielle, logues ont amélioré le diagnostic iconographique
avec ou sans rupture associée du tendon du glu- de rupture. Les images magnétiques ou
teus minimus (Gmi) ou petit fessier. Et nous com- échographiques sont maintenant plus souvent
mençons à savoir que la réparation chirurgicale confrontées avec les lésions vues en chirurgie,
en est non seulement possible, mais encore salva- mais, dans ce type de publication outre-
trice, donnant régulièrement de très bons résul- Atlantique, les résultats thérapeutiques ne sont
tats, au prix, il est vrai, de 6 semaines de privation pas indiqués [10-13]. Ayant l’expérience person-
d’appui dans les suites opératoires. C’est le temps nelle de 17 TBT rebelles, dont 8 opérées avec suc-
de cicatrisation de la réinsertion du tendon sur le cès [1], nous voudrions livrer ici les conditions de
grand trochanter (GT). Elle paraît robuste : ce succès, et notamment les conditions d’une
jusqu’à présent, dans notre série, pas de re-rup- juste indication opératoire. Nous ne reprendrons
ture de la “coiffe de hanche” réparée, ce qui con- pas l’anatomie, la physiopathologie ni – en détail
traste avec celles, hélas encore nombreuses, de la du moins – l’imagerie des lésions, aspects traités
coiffe des rotateurs de l’épaule. Cependant, le dans les deux chapitres précédents.
progrès des connaissances est lent, partiel : une
enquête récente menée par la Société de
Rhumatologie de l’Ouest par voie postale auprès LES CONDITIONS DE L’INDICATION
de 459 chirurgiens orthopédistes français a mon- OPÉRATOIRE
tré que, sur les 84 répondeurs, 45 % ne connais-
saient pas l’entité “rupture des tendons fessiers”, Nous en avons proposé cinq [1]. La TBT doit être
que 42 % avaient eu l’occasion d’en réparer, mais persistante, assez sévère et rebelle au traitement
le plus souvent (29 %) au cours de la pose d’une médical. Des signes physiques convaincants doivent
prothèse totale de hanche (PTH), la rupture ayant être retrouvés à chaque examen. L’imagerie doit être
été découverte fortuitement. Seuls 13 % avaient évocatrice ou typique de la rupture tendineuse. La
opéré pour une rupture diagnostiquée avant trophicité musculaire doit être bonne ou acceptable.
237
Bassin et Hanche
Enfin, critère contingent, mais souvent utile pour Dans notre série, cette durée moyenne est de
convaincre, le test thérapeutique (injection corti- 12 mois (extrême : 3-36 mois) [1]. Les évolutions
coïde ciblée) doit être positif. trop longues (au-delà de 6-8 mois à notre avis)
devraient se raccourcir avec la meilleure connais-
sance du traitement chirurgical. C’est le plus sou-
TBT persistante, assez handicapante et vent une évolution par poussées avec des rémis-
rebelle sions thérapeutiques ou spontanées transitoires et
des rechutes, l’ensemble constituant après quelques
Il s’agit 9 fois sur 10 d’une femme, âgée de 60 à 80 mois un handicap douloureux assez important.
ans (extrêmes : 40-85 ans). La douleur est trochan- Cependant, avant de déclarer tel cas rebelle, il faut
térienne, irradiant souvent à la cuisse, au genou, avoir entrepris tous les traitements détaillés par
voire à la jambe et gêne électivement la montée des H. Bard dans ce même ouvrage : infiltration locale,
escaliers ou des pentes, la séquence assis-debout et AINS, antalgiques, repos relatif, masso-
le décubitus latéral la nuit, parfois même la marche kinésithérapie. Sur les 17 patients de notre série,
à plat. Le syndrome dure depuis au moins 3 mois, 9 ont été suffisamment améliorés par une reprise ou
en fait entre quelques mois et plusieurs années une initiative thérapeutique pour demeurer non
dans les séries de la littérature (tableau 1) : chirurgicaux, sans bénéficier cependant d’une
moyenne 20 mois (extrême : 2-60 mois) [9, 11-14]. indolence aussi complète que nos opérés.
Tableau 1 – Cinq séries de TBT persistante avec les contingents de ruptures et d’opérés
Sexe, âge, durée des syptômes, imagerie, résultats
Sp : symptôme ; moy : moyenne ; qq : quelques ; Gme : gluteus medius : Gmi : gluteus minimus
238
Tendinobursites trochantériennes rebelles et ruptures des tendons glutéaux
chapitre précédent.
239
Bassin et Hanche
mois), l’amyotrophie et/ou la dégénérescence du et/ou celle du GMe. On la (les) résèque. La lésion
GMe n’était que partielle, portant seulement sur le causale habituelle est une désinsertion (non une
faisceau moyen ou antérieur du muscle, sans rupture de la jonction myotendineuse) de la lame
doute parce que le tendon principal postérieur antéro-latérale du GMe sur le GT. Si elle ne se voit
n’était pas rompu (7 cas) ou seulement rompu pas, elle se palpe bien : on peut passer le doigt ou
depuis peu (1 cas). Bref, dans les ruptures de une sonde sous cette lame tendineuse, entre elle
coiffe de hanche, nous étions heureusement loin et l’os. La désinsertion associée du Gmi est
de la proportion de 20 à 30 % de patients avec fréquente. Celle du tendon principal, postérieur,
amyotrophie rédhibitoire que l’on rencontre dans du GMe est rare. La réparation tendineuse com-
les ruptures de la coiffe des rotateurs [15]. porte le passage de fils au travers de la partie
encore saine du tendon en amont de la désinser-
tion, fils reliés à une ancre métallique que l’on
Le test thérapeutique d’infiltration introduit en force d’1 ou 2 centimètres dans le GT
corticoïde écho- ou radio-guidée par son bord supérieur. Six semaines de privation
d’appui avec apprentissage de la marche en pas
Ce test est utile soit si l’on doute de l’origine de simulé sur deux cannes anglaises en centre de
la douleur (par exemple TBT associée à une cox- rééducation sont nécessaires pour une cicatrisa-
opathie, peut-être indolore par elle-même, ou à tion robuste du tendon.
une PTH), soit pour persuader un patient réticent
que la bursectomie (associée à la suture s’il y a
une rupture tendineuse) aura le même effet, mais LES RÉSULTATS
durable, que celui, transitoire, de l’infiltration
ciblée. C’était une précaution systématique au Ils sont bons dans la série de 7 cas publiés par
début de notre expérience. Actuellement, nous Kagan en 1999 : avec un recul moyen de 45 mois,
pensons que, sauf dans les 2 situations ci-dessus les 7 opérés sont indolores [9]. Dans nos 8 cas, le
évoquées, on peut s’en dispenser si les autres taux de succès est le même : avec un recul de 12
critères d’indication opératoire sont satisfaits. à 50 mois (moyenne 22 mois), on ne relève
Rappelons que cette infiltration doit être écho- ou aucune douleur, aucune gêne, aucune rechute,
radio-guidée après IRM, et intrabursale, non aucune rupture itérative. Nous commençons à
intratendineuse. En cas de PTH homolatérale, il vérifier par IRM l’image du tendon opéré avec un
faut s’assurer de l’absence de communication recul de 1 an et plus. Les premiers résultats sont
entre la bourse trochantérienne et l’articulation et très encourageants, cohérents avec la clinique :
se contenter d’un test anesthésique au moindre image de tendon reconstitué, en plus épais, sans
doute. Si la bursographie confirme une bursite bursite adjacente.
non communicante symptomatique et si le
chirurgien donne son accord, une injection de
corticoïde peut être proposée. CONCLUSION
240
Tendinobursites trochantériennes rebelles et ruptures des tendons glutéaux
❍ des signes physiques cohérents, dont deux frent que depuis moins de 4 mois et/ou qui n’ont
récemment décrits semblent très probants, pas eu toutes les tentatives valables de traitement
❍ une image magnétique ou échographique de conservateur. Nous avons observé, dans certains
rupture probable ou certaine suivant les nou- de nos cas, des rémissions spontanées ou
velles études, thérapeutiques semi-tardives (4e-6e mois) mais
durables. A la lumière de la clinique (évolution par
❍ et éventuellement une infiltration radio- ou
poussées) et de certaines séquences d’imagerie que
mieux écho-guidée d’un corticoïde dans la
nous avons eu l’occasion d’observer (lésions
bursite liquidienne ou solide qui jouxte habi-
s’aggravant sur une nouvelle imagerie à distance),
tuellement la rupture ; la rémission qui doit
on peut en proposer l’interprétation que voici : la
en résulter est parfois définitive. Si elle n’est désinsertion n’est sans doute pas complète
que transitoire, elle a deux mérites : confir- d’emblée ; d’abord quelques fibres du GMe, puis
mer la source de la douleur et attester le d’autres, puis celles du Gmi par exemple, vont se
caractère rebelle de la TBT. rompre successivement, suscitant à chaque étape
la réaction inflammatoire de la ou des bourses
La bursectomie et la réparation chirurgicale du adjacentes, qui sont la source de la douleur. Cette
(des) tendon(s) désinséré(s) suivie de six semaines séquence lésionnelle peut se limiter à un, deux ou
de réduction d’appui donnent jusqu’ici de très bons trois épisodes, ou bien se reproduire, désespérante,
résultats durables. Cependant, il ne serait pas au fil des mois. Bien connaître les ressources du
raisonnable de proposer ce traitement, dont les traitement chirurgical est alors crucial pour le
suites opératoires sont longues, à ceux qui ne souf- décideur clinicien… et pour ses patients.
Bibliographie
[1] LEQUESNE M. – De la “périarthrite à la rupture de la coiffe [10] CVITANIC O., HENZIE G., SKEZAS N., LYONS J., MINTER J.
des rotateurs” de la hanche. Les tendinobursites trochantéri- – MRI diagnosis of tear of the hip abductor tendons (gluteus medius
ennes. Rev Rhum, 2006; 73: 252-6. and gluteus minimus). Am J Roentgenol. 2004; 182: 137-43.
[2] CORMIER G., BERTHELOT J.M., MAUGARD Y. et la SRO. – [11] CHUNG C.B., ROBERTSON J.E., CHO G.J., VAUGHAM
Poor awareness of gluteal tendons tears by French orthopaedic sur- C.M., COPP S.N., RESNICK D. – Gluteus medius tendon tears
geons: result of a postal survey. Joint Bone Spine, 2006; 73: 411-3. and avulsive injuries in elderly women: imaging findings in six
patients. Am J Roentgenol. 1999; 173: 351-3.
[3] BERTHELOT J.M., POTEAUX F., ALLIAUME C., PROST A.,
MAUGARD Y. – A case of hip rotator cuff tear revealed by refrac- [12] BIRD P.A., OAKLEY S.P., SHNIER R., KIRKHAM B.W. –
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
tory gluteus medius tendinosis. Joint Bone Spine 2001; 68: 360-3. Prospective evaluation of magnetic resonance imaging and
physical examination findings in patients with greater
[4] LOONER J.H., VAN KLEUNEN J.P. – Spontaneous rupture of the trochanteric pain syndrome. Arthritis Rheum, 2001: 44: 2138-45.
gluteus medius and minimus tendons. Am J Orthop 2002; 31: 579-81.
[13] CONNEL D.A., BASS C., SYKES C.J., YOUNG D.,
[5] SCHU A., ZEILER G. – Rupture of the gluteus medius ten- EDWARDS E. – Sonographic evaluation of gluteus medius and
don. Zentralbl Chir 2003; 128: 139-42. minimus tendinopathy. Eur Radiol 2003; 13: 1339-47.
[6] OZCAKAR L., EROL O., KAYMAK B., AYDEMIR N. – An [14] KINGZETT-TAYLOR A., TIRMAN P.F., FELLER J.,
underdiagnosed hip pathology: a propos of two cases with glu- MCGANN W., PRIETO V., WISCHER T. et al. – Tendinosis and
teus medius tendon tears. Clin Rheumatol, 2004: 23: 434-6. tears of the gluteus medius and minimus muscles as a cause of
[7] LA BAN M.M., WEIR S.K., TAYLOR R.S. – “Bald trochanter”, hip pain. MR imaging findings. Am J Roentgenol. 1999; 173:
spontaneous rupture of the conjoined tendon of the gluteus 1123-6.
medius and minimus presenting as a trochanteric bursitis. Am J [15] GODEFROY D., GOUTALLIER D., AUGEREAU B.,
Phys Med Rehab, 2004; 83: 806-9. SARAZIN L., ROUSSELIN B. – Evaluation de la coiffe muscu-
[8] WALSH G., ARCHIBALD C.G. – MRI in greater trochanter laire. Coupes axiales versus coupes sagittales. TDM versus IRM.
pain syndrome. Australasian Radiol 2003; 47: 85-7. In A. Blum, T. Tavernier, J.L. Brasseur, E. Noël, G. Walch, A.
Cotten, H. Bard. Eds. L’épaule. Une approche pluridisciplinaire.
[9] KAGAN A. – Rotator cuff tears of the hip. Clin Orthop 1999; Montpellier, Sauramps Médical, 2005, pp 187-99.
368: 135-40.
241
Les lésions des muscles droit fémoral et iliopsoas chez le sportif
243
Bassin et Hanche
Physiologie, physiopathologie
Physiologie
244
Les lésions des muscles droit fémoral et iliopsoas chez le sportif
❍ La frappe : le muscle droit fémoral participe tacle ou plus rarement un mouvement de flexion
à la flexion de la hanche et à l’extension du forcée du genou.
genou. Lors de l’impact du pied contre le bal-
lon, le genou n’est pas totalement étendu. Le
choc du ballon permet de ralentir l’élan du Le début progressif
segment jambier. Le muscle produit son effort
en raccourcissement. Un ballon alourdi Plus rarement, l’accident se produit progressi-
(pluie, boue), une frappe contrée majorent les vement lors du jeu, de l’entraînement ou même à
contraintes de manière importante. la fin du match. Un déclenchement brutal pen-
dant le repos qui suit l’effort physique, avec une
❍ La fin du geste : la hanche se fléchit, le
sensation de contracture intense, a été noté dans
genou s’étend puis selon les joueurs se remet
quelques cas.
en flexion.
245
Bassin et Hanche
246
Les lésions des muscles droit fémoral et iliopsoas chez le sportif
Echographie
Fig. 3 : Cloison sagittale normale en échographie : bande
fine hyperéchogène bien limitée.
coupes axiales transverses permettant de suivre sagittale médiane au tiers moyen de la cuisse. La
les expansions tendineuses au sein du muscle sémiologie dépend du délai écoulé depuis le trau-
sans être soumis à un effet de volume partiel, en matisme et de la gravité des lésions : la zone de
particulier pour la cloison sagittale médiane désinsertion est plus volontiers hyperéchogène
(siège fréquent de désinsertion). Celle-ci apparaît dans les 24 premières heures pour devenir davan-
comme une fine bande hyperéchogène (fig. 3) tage hypoéchogène par la suite [2]. Lors d’une
curviligne localisée dans les deux tiers proximaux atteinte de la cloison sagittale médiane, les ano-
du muscle [1], rejoignant l’aponévrose superfi- malies vont de la simple désorganisation des
cielle, contrastant avec l’hypoéchogénécité des fibres musculaires péri-aponévrotiques avec
fibres musculaires. Son épaisseur moyenne est aspect hyperéchogène (fig. 4) (infiltration héma-
1,5 mm. Le tendon direct apparaît en échographie tique, œdème) [1] jusqu’à la création d’un véri-
comme une structure fibrillaire hyperéchogène de table hématome (anéchogène) (fig. 5) avec rétrac-
calibre régulier sur les vues sagittales depuis tion des fibres musculaires. Cet hématome du
247
Bassin et Hanche
IRM
muscle droit fémoral s’enkyste fréquemment. Au
stade intermédiaire, il existe une alternance de Technique
zones hypo ou anéchogènes centrales (hémato-
me) et de zones hyperéchogènes périphériques Elle permet une étude comparative des deux
(infiltration hématique). L’atteinte plus proximale cuisses avec éléments d’antenne postérieure et
de la jonction myotendineuse est responsable antenne de surface antérieure. Les séquences uti-
d’une désorganisation plus importante de lisées sont classiques : coupes sagittale et axiale
l’architecture musculaire, à l’origine parfois d’un T2 avec saturation du signal de la graisse (T2 Fat-
aspect pseudotumoral [17]. Cette atteinte proxi- Sat) et axiale T1. Ce bilan suffit dans la plupart
248
Les lésions des muscles droit fémoral et iliopsoas chez le sportif
des cas au diagnostic et sera complété au besoin rétraction du corps musculaire. Les atteintes
par des séquences T1 en saturation de graisse centrales du muscle droit fémoral concernent
avec injection de contraste (T1 Fat-Sat Gado). Les essentiellement la cloison sagittale médiane,
coupes T2 en saturation de graisse peuvent être expansion du tendon indirect [12]. Les atteintes
remplacées par une séquence STIR pour obtenir proximales tendineuses sont également plus fré-
une meilleure homogénéité de la saturation de la quentes sur le tendon réfléchi : 16 patients sur
graisse, quelquefois insuffisante en T2 Fat-Sat. 17 avaient une atteinte du tendon indirect le plus
souvent partielle (fig. 10) pour 5 atteintes par-
tielles également du tendon direct dans la série
Résultats de Ouelette [14].
Fig. 7 : Petite désinsertion myo-aponévrotique en IRM Fig. 9 : Désinsertion tendineuse du muscle droit fémoral en
(T2FS). IRM (T2FS) chez un footballeur (collection L. Bellaïche).
249
Bassin et Hanche
Le traitement médical
250
Les lésions des muscles droit fémoral et iliopsoas chez le sportif
Massage et chaleur sont trop souvent utilisés confirmée par l’échographie qui montre une cavi-
dans des lésions hautes, prises à tort pour des té anéchogène au sein du muscle (fig. 11). Le
contractures. Ces traitements intempestifs favori- kyste en IRM est en hyposignal T1 et en hypersi-
sent l’apparition de calcifications. gnal franc en T2 Fat-Sat en plein muscle ou sur la
portion haute de la jonction myotendineuse. Ces
Les tests cliniques de mise en tension et de kystes peuvent être ponctionnés sous contrôle
contraction dans les différentes courses du échographique.
muscle droit fémoral ne reflètent
qu’imparfaitement le degré de cicatrisation du
muscle. Il faut savoir allonger les délais de repri-
se et ne pas faire confiance à ces seuls tests.
L’imagerie, notamment échographique, couplée
au Doppler pulsé, est d’un apport indéniable. Une
phase de réadaptation suffisamment longue doit
être respectée avant d’autoriser accélération et
frappe.
Les complications
hypertrophique.
Elle représente 50 % des malades ayant néces-
sité une intervention chirurgicale [4]. Il existe une
La cicatrisation kystique zone qui reste douloureuse à l’effort, ou bien il
s’agit d’accidents itératifs. L’examen clinique est
Pour Caton [4], elle représente 36 % des cas sur variable. Parfois, on trouve une douleur à la mise
une série de 22 malades opérés. Elle se situe à la en tension et parfois seules les accélérations et les
partie moyenne du muscle et résulte souvent frappes sont pénibles. La palpation trouve une
d’une reprise trop précoce du sport. Soit le joueur zone indurée et douloureuse. L’échographie et
peut se ré-entraîner, mais le shoot redevient vite l’IRM permettent de bien voir cette zone relative-
pénible et impose l’arrêt du sport, soit il existe ment homogène : la lésion cicatrisée apparaît de
une “guérison” puis une récidive. L’examen cli- façon évidente en échographie comme un tissu
nique trouve à la palpation une zone rénitente fortement hyperéchogène, plus large que
251
Bassin et Hanche
Le traitement chirurgical
252
Les lésions des muscles droit fémoral et iliopsoas chez le sportif
253
Bassin et Hanche
trouve une douleur au pli de l’aine. La mise en initial. Cette ossification, en cas d’avulsion complè-
tension du muscle droit fémoral réveille les phé- te du noyau, est parfois volumineuse, réalisant un
nomènes douloureux de manière plus ou moins véritable ostéome. Quand le diagnostic est posé, le
importante. La mobilisation de la hanche est sou- traitement est uniquement médical. Il nécessite un
vent douloureuse. repos complet dont la durée est variable entre 8 et
12 semaines. Un travail rééducatif est utile asso-
La radiographie doit être comparative et de ciant étirements, renforcement musculaire en
bonne qualité pour noter un remodelage des concentrique puis excentrique.
noyaux. L’échographie peut être utile pour montrer,
de manière plus fine, le remodelage du noyau et
une hypervascularisation péricorticale en Doppler
couleur (fig. 15). Dans ce cas particulier l’IRM est LES LÉSIONS DU MUSCLE
l’examen le plus performant en montrant ILIOPSOAS
l’hypersignal du noyau épiphysaire ainsi qu’un
hypersignal T2 FS en périphérie dans les tissus
mous. Parfois, à distance d’une douleur du pli de Anatomie
l’aine, une radiographie simple du bassin révèle un
antécédent de désinsertion ou d’avulsion du muscle Le muscle ilioposas est constitué de deux
droit fémoral sous la forme d’une ossification en muscles qui donnent naissance à un tendon com-
forme de croissant, conséquence de l’hématome mun s’insérant sur le petit trochanter.
254
Les lésions des muscles droit fémoral et iliopsoas chez le sportif
Le muscle psoas naît de la face antérieure des re. Une série de 12 cas a été décrite chez des sujets
apophyses costiformes des vertèbres lombaires, d’âge moyen de 25 ans, en particulier des sportifs
des bords des corps vertébraux (T12 à L5) et des de sexe masculin. Les sports pratiqués sont essen-
disques intervertébraux correspondants et sur les tiellement le football, le rugby, le kayak et la nata-
arcades fibreuses tendues entre les corps verté- tion [5]. L’interrogatoire retrouve une douleur
braux. Il est principalement innervé par les antérieure, volontiers progressive dans la moitié
racines L2 et L3 mais également L1 et L4. des cas. Les circonstances sont variables : frappe
de balle, prise d’appui, appel violent en kayak…
Le muscle iliaque prend ses origines au niveau L’examen clinique montre une boiterie et une atti-
des 2/3 supérieurs de la fosse iliaque interne, de la tude en flexum de hanche dans 30 % des cas. Dans
lèvre interne de la crête iliaque, du ligament sacro- plus de 80 % des cas, ces symptômes bruyants font
iliaque antérieur et de l’aileron sacré. Venant se place en quelques jours à un tableau plus insidieux
confondre avec le tendon du psoas, son tendon se évoluant sur un mode chronique. Parfois
termine sur le petit trochanter. Son innervation l’évolution est rapidement favorable. La mobilité
s’effectue par le nerf crural dont les racines sont de hanche est normale et la douleur du pli de l’aine
principalement L2, L3 et à moindre degré L1 et L4. limite le pas postérieur. La mise en tension du
muscle psoas ne réveille pas systématiquement la
douleur. Par contre, 3 fois sur 4 il existe une dou-
Physiologie leur à la contraction résistée en décubitus dorsal,
genou en extension, cuisse en légère abduction. La
Lorsque son point fixe est proximal, ce muscle
douleur à la palpation est présente dans 90 % des
est fléchisseur de hanche, et accessoirement rota-
cas. Elle se recherche sur une hanche semi-fléchie,
teur externe et abducteur de la hanche. Si son
immédiatement en dehors du paquet vasculo-ner-
point fixe est distal, la contraction simultanée des
veux fémoral, en dedans du muscle sartorius.
deux muscles iliopsoas entraîne une flexion des
L’extension contre résistance du genou contrôle
hanches rapprochant le tronc des membres infé-
l’intégrité du muscle droit fémoral. On recherche
rieurs, lors du passage de la position couchée à la
par ailleurs systématiquement une rétraction du
position assise par exemple. La contraction bila-
muscle psoas et des antécédents lombalgiques.
térale entraîne une lordose lombaire. La contrac-
tion unilatérale participe à l’inclinaison latérale
du tronc, du même côté. Ce muscle est largement On peut trouver également ces lésions chez les
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
utilisé dans les gestes sportifs : course, prise joueurs de tennis de haut niveau [14]. Dans toutes
d’appui, saut, frappe de balle. Les muscles iliop- ces observations, le début a été brutal, d’intensité
soas, tenseur du fascia lata et sartorius consti- variable. L’impotence fonctionnelle est toujours
tuent le groupe des fléchisseurs de la hanche. modérée, permettant la poursuite du jeu, sauf
dans un cas. Le démarrage lors d’une course vers
l’avant a été le mouvement déclenchant principal
Pathologie du muscle iliopsoas chez le de cette pathologie ; dans un cas, il s’agit du ser-
sportif vice. L’impossibilité de pratiquer le tennis à 100 %
a poussé les joueurs à consulter alors que le reten-
tissement dans la vie courante était tout à fait
La désinsertion myotendineuse minime et la pratique d’entraînement allégé res-
tait possible. Le diagnostic positif a été fait par
La désinsertion myotendineuse est une patholo- IRM pour trois cas (fig. 16) et pour les deux autres
gie rare, en tout cas peu publiée dans la littératu- par échographie pendant le tournoi. Les trois
255
Bassin et Hanche
Fig. 16 : Désinsertion myotendineuse du psoas gauche avec En un an (2006), nous avons observé 5 cas de
localisation intrapelvienne chez une joueuse de tennis en désinsertion myotendineuse du muscle psoas. Il
IRM T2FS (Collection L. Bellaïche).
s’agit de patients de sexe masculin pratiquant le
football [4] ou la danse classique [1]. Les anoma-
lies observées sont situées à la jonction myotendi-
patients suivis dans le cadre du centre national neuse, en avant de l’articulation coxo-fémorale,
d’entraînement ont eu une évolution favorable en sans véritable hématome.
quatre semaines.
Imagerie
256
Les lésions des muscles droit fémoral et iliopsoas chez le sportif
Fig. 18 :
a) Désinsertion myo-tendineuse du psoas gauche en écho-
graphie : aspect hyperéchogène péri-tendineux de la
partie profonde du muscle contrastant avec l’aspect
hypoéchogène des fibres du côté droit.
b) Même patient que la figure a en IRM T1IV : prise de
contraste suivant le grand axe du tendon de l’iliopsoas.
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
257
Bassin et Hanche
La bursopathie iliopectinée
Clinique
258
Les lésions des muscles droit fémoral et iliopsoas chez le sportif
259
Bassin et Hanche
260
Les lésions des muscles droit fémoral et iliopsoas chez le sportif
[1] BIANCHI S., MARTINOLI C., WASER N.P., BIANCHI- [9] FERRO R.M., MERRIEN Y., LATOUCHE J.C. – Rupture par
ZAMORANI M.P., FEDERICI E., FASEL J. – Central aponeurosis élongation du droit antérieur chez le sportif. J Traumatologie
tears of the rectus femoris: sonographic findings. Skeletal Sport 1986; 3: 115-123.
Radiol 2002; 31: 581-586.
[10] HASSELMAN C.T., BEST T.M., HUGHES C4TH,
[2] BRASSEUR J.L., TARDIEU M. – Pathologie musculaire et MARTINEZ S., GARRET W.E. – An explanation for various rec-
aponévrotique. In Echographie du système locomoteur. Masson, tus femoris strain injuries using previously undescribed muscle
Paris, 1999. architecture. Am J Sports Med 1995; 23: 493-499.
[3] BORDALO-RODRIGUES M., ROSENBERG Z.S. – MR ima- [11] HSU J.C., FISCHER D.A., WRIGHT R.W. – Proximal rectus
ging of the proximal rectus femoris musculotendinous unit. femoris avulsions in national football league kickers : a report of
Magn Reson Imaging Clin N Am 2005; 13(4): 717-25. 2 cases. Am J Sports Med 2005; 33: 1085-1087.
[4] CATON J. – Les ruptures du système extenseur du genou. [12] HUGHES C4TH, HASSELMAN C.T., BEST T.M.,
Thèse Médecine, Lyon, 1977. MARTINEZ S., GARRET W.E. Jr. – Incomplete, intrasubstance
strain injuries of the rectus femoris muscle. Am J Sports Med
[5] COMTET J.J., GENETY J., BRUNET-GUEDJ E., MOYEN B., 1995; 23: 500-506.
GUILLET R. – Traitement chirurgical des ruptures du droit anté-
rieur (Rectus femoris) chez le sportif. Nouv Presse Med. 1978; 7: [13] KAPANDJI A.I. – Physiologie articulaire, fascicule II,
2387-2390. membre inférieur, Paris, Maloine 1970.
[6] COURROY J.B. – Conférence d’enseignement. Bassin In [14] OUELETTE H., THOMAS B.J., NELSON E., TORRIANI
Microtraumatismes et traumatismes du sport chez l’enfant. 17e M.R. – Imaging of rectus femoris origin injuries. Skeletal Radiol
2006; 35: 665-672.
journées de traumatologie du sport de la Pitié Salpêtrière sous
la direction de J. Rodineau. Masson Paris 1999. [15] PARIER J., COMBELLES F., LEMAIRE M., LUCAS D. –
Pathologie du droit antérieur. In : Rééducation 1989, Entretiens
[7] CROSS T.M., GIBBS N., HOUANG M.T., CAMERON M. –
de Bichat, Paris, Expansion Scientifique Française, 1989, 144-150.
Acute quadriceps muscle strains: magnetic resonance imaging
features and prognosis. Am J Sports Med. 2004; 32(3): 710-9. [16] ROUVIÈRE H. – Anatomie humaine, descriptive, topogra-
phique et fonctionnelle. Paris : Masson, 1974 : 354.
[8] De LABAREYRE H., ROGER B., THELEN Ph. – Evaluation
des lésions musculaires récentes du membre inférieur : clinique [17] TEMPLE H.T., KUKLO T.R., SWEET D.E., GIBBONS C.L.,
et imagerie In panorama en traumatologie du sport sous la MURPHEY M.D. – Rectus femoris muscle tear appearing as a
direction de Rodineau J. et Saillant G. Masson, Paris 2002. pseudotumor. Am J Sports Med 1998; 26: 544-548.
Bibliographie Iliopsoas
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
[1] ADLER R.S., BULY R., AMBROSE R., SCULCO T. – [7] GINESTY E., DROMER C. – Les bursopathies du psoas
Diagnostic and therapeutic use of sonography-guided iliopsoas iliaque. A propos de douze observations. Rev Rhum, 1998; 65:
peritendinous injections. AJR 2005; 185(4): 940-3. 197-202.
[2] BARD H., MORVAN G. – Les bursopathies de la racine du [8] GLIMET T., VALENSIN G. – Bursites et kystes synoviaux de
membre inférieur. In : Actualités sur les tendinopathies et les la hanche. In : De Sèze S., Ryckewaert A., Kahn M.F., Lemaire
bursopathies des membres inférieurs. Masson 2001. 27-36. V. L’actualité en rhumatologie. Expansion scientifique française,
Paris. 1984; 121-137.
[3] BARD H. – Bursites et bursopathies. Encyc Med Chir, Paris,
App loco. 1993; 15-160-A10. [9] JOHNSTON C., PRESTON W. – Iliopsoas bursitis and tendi-
nitis. Sports Med 1998; 25(4): 271-283.
[4] BENEZIS C. – Arrachements ostéo-périostés du bassin chez
l’adolescent sportif. Med du Sport, 1987; 184-191. [10] LEQUESNE M., DANG N., MONTAGNE P., LEMOINE A.,
WITVOET J. – Conflit entre prothèse totale de hanche et psoas.
[5] BOUVARD M., LANUSSE P., LIPPA A., OSPITAL J.L., Rev Rhum, 1991; 58: 559-564.
DURAFFOUR H. – Lésions de la jonction myo-tendineuse du
psoas-iliaque. In Rodineau J, Saillant G, Masson ed. XIXe jour- [11] LINNI K., MAYR J., HOLLWARTH M.E. – Apophyseal frac-
née traumat sport, 233-239. tures of the pelvis and trochanter minor in 20 adolescents and 2
young children. Unfallchirurg. 2000; 103(11): 961-4.
[6] DIMON J.H. – Isolated fractures of the lesser trochanter. Clin
Orthop, 1972; 82: 144-148. [12] MAFULLI N., SO W.S., AHUJA A., CHAN K.M. – Iliopsoas
haematoma in an adolescent Taekwondo player. Knee Surg
Sports Traumatol Arthrosc 1996; 3(4): 230-3.
261
Bassin et Hanche
[13] METZMAKER J.N., PAPPAS A.M. – Avulsion fractures of [17] THEOLOGIS T.N., EPP H., LATZ K., COLE W.G. – Isolated
the pelvis. Am J Sports Med, 1986; 14: 218-224. fractures of the lesser trochanter in children. Injury 1997; 28
(5-6): 363-4.
[14] PARIER J., BRASSEUR J.L., MONTALVAN B. – Le muscle
iliopsoas, anatomie et pathologies. Médecins du sport 2006; 75: [18] WISNIEVSKI M. – L’apophysiolyse du petit trochanter.
13-22. Thèse DU, appareil locomoteur. Bichat 1996.
[15] PETROPOULOS N.K. – Myosite ossifiante post-trauma- [19] WUNDERBALDINGER P., BREMER C., SCHELLENBERGER E.,
tique du muscle psoas iliaque. A propos d’un cas avec revue de CEJNA M., TURETSCHEK, KAINBERGER F. – Imaging features
la littérature. Rev Chir Ortho 1997; 83 : 747-751. of iliopsoas bursitis. Eur Radiol 2002; 12(2): 409-15.
262
HANCHE PEDIATRIQUE
L’Epiphysiolyse de la tête fémorale : une maladie à ne pas méconnaître
Nous n’avons donc pas fait beaucoup de progrès Cette maladie reste rare (2 pour 100 000 enfants)
dans le diagnostic précoce de l’épiphysiolyse qui expliquant sa mauvaise connaissance.
en conditionne pourtant le pronostic. Alors que
toutes les données sont connues, cette situation
est, à notre avis, secondaire à un défaut de forma- ANATOMIE PATHOLOGIQUE
tion, responsable d’un défaut de connaissances
générant une absence ou un retard de diagnostic La lésion initiale est une fente du cartilage
et malheureusement souvent des erreurs de prise hypertrophique près des bourgeons vasculaires
en charge responsables de graves complications. métaphysaires. Cette fente provoque une dystro-
phie du cartilage de conjugaison qui devient
L’objectif est donc de rappeler les points essen- épaissi et irrégulier. Ce cartilage ainsi fragilisé
tiels à connaître tant sur le plan du diagnostic que autorise le glissement épiphysaire sous l’effet des
sur celui des indications thérapeutiques. contraintes mécaniques.
265
Bassin et Hanche
a b
Fig. 1 : Types de déplacement : a) Glissement. ; b) Bascule (repères normaux à gauche – bascule à droite).
266
L’Epiphysiolyse de la tête fémorale : une maladie à ne pas méconnaître
a b c
Fig. 2 : Différents stades de déplacement : a) Stade 1 (glissement < 1/3 – bascule < 30°) ;
b) Stade 2 (glissement = 1/3 – bascule 30-60°) ; c) Stade 3 (glissement > 1/3 – bascule > 60°).
a b
267
Bassin et Hanche
L’évolution lointaine vers une coxarthrose ◗ Le surpoids et l’obésité, de plus en plus fré-
secondaire précoce est conditionnée par deux quents aujourd’hui, jouent un rôle mécanique cer-
processus : tain. Ils sont responsables de formes quelquefois
◗ Le remodelage progressif du col provoque : plus précoces entre 8 et 10 ans.
➣ une saillie antéro-supérieure du col qui est
◗ Les formes dites “secondaires” surviennent au
responsable d’un conflit fémoro-acétabulai-
cours des rachitismes vitamino-résistants, des
re par effet CAME [3].
insuffisances rénales chroniques avec ostéody-
➣ une varisation progressive par croissance
strophie, des retards de croissance (cranio-pha-
résiduelle du grand trochanter.
ryngiome, hypopituitarisme…) avec alors un âge
de survenue plus tardif que dans les formes habi-
◗ L’incongruence articulaire secondaire à la tuelles correspondant à l’âge osseux réel, et enfin
déformation de la tête et à la diminution de la sur- après la radiothérapie.
face portante.
Dans ces cas, il vaut mieux parler de décolle-
La nécrose de la tête n’est jamais spontanée, tou- ment épiphysaire secondaire que d’épiphysiolyse,
jours liée à une erreur de prise en charge chirurgi- dénomination qui correspond plutôt aux formes
idiopathiques.
cale. Elle aggrave toujours l’incongruence et donc
la précocité et la gravité de l’arthrose secondaire.
Toutes ces connaissances générales sont néces-
saires pour comprendre la maladie et permettre
un diagnostic précoce et une bonne prise en char-
BILATÉRALITÉ ge qui sont les seules garanties d’une évolution
sans séquelle.
◗ La maladie est bilatérale dans 30 % des cas.
◗ L’atteinte peut être synchrone ou asynchrone.
◗ Une forme bilatérale synchrone d’emblée CLINIQUE - IMAGERIE -
doit toujours faire rechercher une étiologie TRAITEMENT
dans le cadre des épiphysiolyses secon-
daires. Il y a trois formes cliniques de présentation :
progressive, aiguë et en deux temps.
ETIOLOGIE
Forme progressive
◗ L’étiologie est inconnue.
◗ Le rôle des hormones sexuelles est indiscutable : Symptomatologie
❍ la testostérone fragilise le cartilage de crois-
sance, L’enfant présente une douleur de type méca-
nique à irradiation inguinale et/ou à la face anté-
❍ l’œstradiol renforce le cartilage de croissance.
rieure de la cuisse. Cette douleur s’accompagne
◗ Les garçons sont plus touchés que les filles d’une boiterie antalgique.
(2,5/1). Certains enfants présentent un profil endo-
crinien avec soit un aspect adiposo génital soit un La douleur peut être projetée au niveau du
gigantisme pseudo-hypophysaire. Ceci pose le genou dans 30 % des cas. Bien que très classique,
problème du rôle de l’hormone de croissance. cette notion n’est pas encore bien assimilée.
268
L’Epiphysiolyse de la tête fémorale : une maladie à ne pas méconnaître
Dans le même travail de la revue Pediatrics [2], milieu de la tangente à ses deux extrémités supé-
il est montré qu’en cas de douleur de hanche clas- rieure et inférieure) est un meilleur repère mais
sique, le délai moyen de diagnostic se situe entre pas toujours évident à lire (fig. 4).
5 et 10 semaines alors qu’en cas de douleur proje-
tée au niveau du genou, le délai moyen est de
15 semaines. Il faut donc toujours vérifier l’état de
la hanche devant une gonalgie mécanique qui ne
fait pas sa preuve.
Imagerie
269
Bassin et Hanche
a b
270
L’Epiphysiolyse de la tête fémorale : une maladie à ne pas méconnaître
a b
Fig. 7 : Epiphysiolyse droite débutante. Garçon de 12 ans. Douleur mécanique de la hanche droite depuis 15 jours.
a) Bassin de face
L’aspect est normal. La ligne de Klein est respectée
b) Hanche droite de profil
Très léger glissement épiphysaire. Cartilage de conjugaison élargi et irrégulier.
Elle a cependant des avantages (fig. 9) : Le traitement est chirurgical et doit être immé-
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
❍ elle évalue mieux la bascule postérieure, diat dès le diagnostic posé. Il consiste en une fixa-
❍ elle analyse mieux la dystrophie conjugale en tion trans-cervicale par voie externe extra-articu-
montrant l’élargissement du cartilage de laire à l’aide de vis ou de broches. L’évolution est
toujours favorable avec une restitution ad inte-
conjugaison et l’aspect irrégulier du bord
grum, sans aucune complication à long terme.
métaphysaire.
271
Bassin et Hanche
a b
272
L’Epiphysiolyse de la tête fémorale : une maladie à ne pas méconnaître
a b
273
Bassin et Hanche
a b
Fig. 10 : Epiphysiolyse gauche débutante – Apport de l’IRM – Fille de 11 ans. Boiterie douloureuse gauche depuis dix jours (Prof
M. Panuel)
a) Bassin de face – Aspect normal.
b) Hanche gauche de profil – Pas de glissement visible.
c) IRM (ES T2 Spir) – Elargissement et hypersignal du cartilage de conjugaison. Hypersignal de la métaphyse (œdème) et épan-
chement intra-articulaire.
274
L’Epiphysiolyse de la tête fémorale : une maladie à ne pas méconnaître
Stade II (30-60°)
275
Bassin et Hanche
Epiphysiolyse aiguë a
semaines ou 1 à 3 mois.
276
L’Epiphysiolyse de la tête fémorale : une maladie à ne pas méconnaître
a b
Le diagnostic est facile à la phase aiguë. Il faut ❍ s’il y a une déformation du col en faveur d’un
soigneusement analyser la métaphyse et le mode- processus ancien, l’indication est celle d’une
lage du col : ostéotomie intra-articulaire complétée par
❍ une métaphyse normale est en faveur d’une une stabilisation extra-articulaire.
forme récente,
❍ un trouble du modelage du col est en faveur
d’une forme négligée plus ancienne. FORMES CLINIQUES
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
Il faut dans un premier temps réduire de façon ❍ soit sur une coxa valga congénitale (fig. 15)
progressive comme dans les épiphysiolyses ❍ soit une coxa valga acquise (pathologie neu-
aiguës. rogène).
Dans un deuxième temps, les indications stabi- Dans ces cas, le col est verticalisé et la plaque
lisatrices et correctrices dépendent de l’aspect conjugale est horizontalisée ou légèrement
du col : oblique en bas et en dehors. Lorsque
❍ s’il y a peu ou pas de déformation du col, l’épiphysiolyse survient, les contraintes méca-
l’indication est celle d’une stabilisation simple niques font, à la faveur de cette orientation anor-
par ostéosynthèse extra-articulaire, male, glisser la tête en dehors.
277
Bassin et Hanche
b
Fig. 15 : Epiphysiolyse externe bilatérale
Fille de 11 ans. Douleurs mécaniques des deux hanches
évoluant depuis un mois.
Bassin de face : glissement externe bilatéral de stade 1.
Noter la coxa valga bilatérale et l’obliquité secondaire de la
plaque conjugale en bas et en dehors.
278
L’Epiphysiolyse de la tête fémorale : une maladie à ne pas méconnaître
glissement. Celle-ci est une indication formelle de la L’enfant présente un enraidissement progressif
fixation préventive quand elle existe sur la hanche de la hanche dans le semestre ou parfois l’année
controlatérale à une épiphysiolyse (fig. 10c). qui suit la prise en charge d’une épiphysiolyse, ou
spontanément quand l’épiphysiolyse a été mécon-
nue. L’interrogatoire retrouve alors l’antécédent
Les épiphysiolyses bilatérales
douloureux correspondant à l’épiphysiolyse. Cet
chroniques
enraidissement est peu ou pas douloureux et ne
s’accompagne d’aucun signe clinique et biolo-
Ce sont des cas extrêmes d’épiphysiolyse pro-
gique de la série inflammatoire ou infectieuse.
gressive bilatérale négligée qui sont vus après
l’épiphysiodèse. Les enfants présentent une boite-
Une mobilité franche réapparaît sous anesthé-
rie douloureuse bilatérale avec une démarche
sie générale témoignant d’un élément important
dandinante. Le diagnostic est facile sur les radio-
de contracture musculaire associée.
graphies simples.
279
Bassin et Hanche
Les radiographies simples montrent un pince- Le traitement est très long. Il associe la traction
ment global de l’interligne avec un estompage des suspension prolongée (4 à 12 mois) et la rééducation.
plaques sous chondrales et une raréfaction osseu-
se. L’épiphysiodèse est souvent acquise quand la Les résultats sont très aléatoires. Ils sont consi-
coxite s’installe (fig. 17). dérés comme bons (30 à 40 %) quand le patient
est indolore, peut marcher avec une flexion mini-
La tomodensitométrie analyse mieux que les male de 50° et une absence d’attitude vicieuse.
radiographies simples la chondrolyse et les ano- Dans la majorité des cas (60-70 %) les résultats
malies de l’os sous-chondral. sont médiocres ou mauvais avec une coxarthrose
secondaire précoce dont le seul traitement est
L’apport de l’IRM n’est pas encore décrit dans la l’arthroplastie chez des sujets qui sont jeunes
littérature (rareté des cas), mais il est probable (20-30 ans).
qu’elle mettrait en évidence à la phase précoce, un
œdème médullaire et des anomalies synoviales.
La coxarthrose secondaire
L’évolution se fait vers un blocage complet avec
une attitude vicieuse en flessum, rotation externe, Les éléments qui favorisent la survenue de
adduction ou abduction avec une amyotrophie l’arthrose sont nombreux :
importante. ❍ l’importance du déplacement qui est propor-
tionnelle au retard du diagnostic,
❍ la présence du butoir antéro-supérieur du col
responsable d’un conflit fémoro-acétabulaire
antérieur (effet CAME) (fig. 18),
❍ le raccourcissement du col,
❍ l’inégalité de hauteur des têtes fémorales (1 à
2 ans) responsable d’un bassin oblique,
❍ la modification du bras de levier,
❍ la réduction de la surface portante.
280
L’Epiphysiolyse de la tête fémorale : une maladie à ne pas méconnaître
a b
Attention à ne pas confondre les troubles ❍ la projection du bord postérieur de la tête sur
secondaires du modelage de l’extrémité supé- le col et le spicule cervico-céphalique inférieur
rieure du fémur avec des signes de coxarthrose secondaire à l’hyperostose cortico-périostée
débutante (fig. 19a et 19b) : en regard du décollement initial, ne doivent
❍ la protubérance du bord antéro-supérieur du col pas être confondus avec un ostéophyte en
ne doit pas être confondue avec un ostéophyte, collerette.
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
281
Bassin et Hanche
282
L’Epiphysiolyse de la tête fémorale : une maladie à ne pas méconnaître
283
Bassin et Hanche
CONCLUSION Il faut :
❍ améliorer l’enseignement des étudiants en
Comment améliorer le diagnostic précoce et la médecine, et des étudiants de spécialité en
qualité de la prise en charge chirurgicale de pédiatrie, imagerie médicale et en orthopédie
l’épiphysiolyse, seules garanties d’une évolution traumatologie
sans séquelle ? ❍ insister sur des messages simples.
➣ Toute douleur mécanique de hanche entre 10 et 15 ans doit faire évoquer le diagnostic d’épiphysiolyse
et explorer l’enfant sans attendre.
➣ Toute douleur mécanique du genou qui ne fait pas sa preuve doit faire vérifier l’intégrité de la hanche.
➣ Il faut toujours réaliser une radiographie du bassin de face et de la hanche douloureuse de profil en
première intention.
➣ Il faut bien apprendre la séméiologie du glissement débutant sur ces deux clichés, aux radiologistes
et aux chirurgiens orthopédistes en formation.
➣ Il ne faut pas faire d’erreur de prise en charge et confier l’enfant en urgence à un chirurgien ortho-
pédiste (pédiatrique) familiarisé avec cette pathologie.
Bibliographie
[1] G. POUS, A DIMEGLIO – La hanche en croissance. [6] UMANS H., LIEBLING M., MOY L., HARAMATI N., MACY
Problèmes orthopédiques. J.B. Baillères Edit. Paris 1976, 161.74 N., PRITZKER H. – Slipped capital femoral epiphysis : a phy-
seal lesion diagnosed by MRI with radiographic and CT correla-
[2] KOCHER M.S., BISCHOP J.A., WEED W. et al. – Delay in tion. Skeletal Radiol. 1998, 27, 139.44
diagnosis of slipped capital femoral epiphysis. Pediatrics 2004,
113, 4, 322.5. [7] BRICHAUX J.C., PONTALLIER J.R., DIARD F., CHATEIL
J.F., TORTEY P., CASTEL J.C. – Epiphysiolyse externe avec
[3] PFIRRMAN C., MENGIARDI B., DORA C – KALBERER F., “caput valga”. A propos de deux observations. Chir Pediatr.
ZANETTI M., HODLER J. – Cam and pincer femoro acetabular 1988, 29, 39.42
impingement : characteristic arthrographic findings in 50
patients. Radiology 2006, 240, 778.85. [8] PUYLAERT D., DIMEGLIO A., BENTAHAR T. – Staging
puberty in slipped capital femoral epiphysis. J. Pediatr. Orthop
[4] HARLAND U., KRAPPEL F.A. – Value of ultrasound, CT, and 2004, 24, 144.7.
MRI in the diagnosis of slipped capital femoris epiphysis.
Orthopade 2002, 31. 851.6. [9] LANCE D., CARLIOZ A., SERINGE R., POSTEL M.,
LACOMBE M.J., ABELAHET R. – La chondrolyse ou coxite
[5] LALAJI A., HUMANS H., SCHEINDER R., MINTZ D., laminaire juvénile après épiphysiolyse fémorale supérieure.
LIEBLING M.S., HARAMATI M. – MRI features of confirmed Etude clinique et thérapeutique à propos de 41 observations.
“pre slip” capital femoral epiphysis: a report of two cases. Rev. Chir. Orthop. 1981, 67, 437.50.
Skeletal Radiol. 2002, 31, 362.5.
284
HANCHE ARTICULAIRE
Radio-anatomie normale du cartilage coxo-fémoral
RADIO-ANATOMIE NORMALE
DU CARTILAGE COXO-FÉMORAL
A. WYLER, J.-D. LAREDO
Tableau 1 : Epaisseurs moyennes de cartilage mesurées sur des coupes anatomiques coronales
de 12 hanches normales passant par le centre de la tête fémorale [5]
[1] Points de mesure de l’épaisseur du cartilage sur l’acétabulum (“a”) et sur la tête fémorale (“f”) sur la coupe anatomique coronale passant par le
centre de la tête fémorale : E, point supérolatéral, sur le rayon tracé à partir de C, centre de la tête fémorale et passant sur la partie la plus latérale
de la sclérose sous-chondrale du toit de l’acétabulum, V, point apical tel que C’ CV = 130° avec C’, du centre du col fémoral, T, point central sur la
tête fémorale juste au-dessus de la fovéa, if, point sur la tête fémorale situé juste au-dessus de la fovea.
[2] DS, déviation standard.
287
Bassin et Hanche
médiale de l’articulation, au-dessus de la fovéa. et le poids et la taille ; en revanche, il n’y avait pas
Inversement, le cartilage du toit de l’acétabulum est de corrélation avec l’âge [10].
fin dans la région supéro-médiale et s’épaissit jus-
qu’à la région supéro-latérale (fig. 1).
IMAGERIE EN COUPES :
IRM, ARTHRO-IRM, ARTHRO-TDM
288
Radio-anatomie normale du cartilage coxo-fémoral
a b
Fig. 2
a) Coupe coronale d’arthro-TDM passant par le centre de la tête fémorale d’une hanche normale.
b) Coupe coronale d’arthro-IRM passant par le centre de la tête fémorale d’une hanche normale.
Les gradients inverses d’épaisseur de cartilage sur la tête fémorale et sur le toit de l’acétabulum sont retrouvés comme en ana-
tomie : le cartilage fémoral est fin dans la région supéro-latérale et s’épaissit jusqu’à la région médiale de l’articulation, au-des-
sus de la fovéa. Inversement, le cartilage du toit de l’acétabulum est fin dans la région supéro-médiale et s’épaissit jusqu’à la
région supéro-latérale [5].
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
289
Bassin et Hanche
a b
Fig. 4 :
a) Coupe axiale d’arthro-TDM passant par le centre de la tête fémorale d’une hanche normale.
b) Coupe axiale d’arthro-IRM passant par le centre de la tête fémorale d’une hanche normale.
Il existe un gradient d’épaisseur de cartilage sur la tête fémorale : le cartilage fémoral est fin en périphérie et s’épaissit jusqu’à la
région péri-fovéale, le cartilage antérieur étant plus épais que la cartilage postérieur. Le cartilage des cornes acétabulaires est fin
et régulier sans gradient.
RADIOGRAPHIES
290
Radio-anatomie normale du cartilage coxo-fémoral
d’épaisseur égale partout chez 9 % des sujets nor- d’épaisseur de l’interligne retenue au point supé-
maux, et même un gradient inverse, c’est-à-dire ro-latéral était de 3 mm dans l’étude de Lequesne
un interligne plus épais aux points apical et/ou et de 2.6 mm dans celle de Reis [8, 11].
supéro-médial par rapport au point supéro-laté-
ral, chez 6 % des sujets asymptomatiques [8]. Ce L’interligne est plus épais chez l’homme que
gradient atypique était bilatéral chez un tiers des chez la femme [8, 11-14] ; mais, à poids égal, il n’y
sujets. Un pincement supéro-latéral de face n’est aurait pas de corrélation entre épaisseur de
donc pas suffisant pour affirmer une coxarthrose l’interligne et sexe [12]. Il existe en effet une cor-
et la recherche d’ostéophytes sur le cliché de face rélation positive entre l’épaisseur de l’interligne
et d’un pincement de l’interligne sur le faux-profil articulaire et le poids, la taille et le diamètre de la
de Lequesne et le contre-faux-profil prennent tête fémorale [8, 12]. En revanche, il n’y a pas de
alors toute leur importance (fig. 6a et6b). modification de l’épaisseur de l’interligne articu-
laire avec l’âge [8, 11, 12, 15].
L’épaisseur de l’interligne articulaire peut être
asymétrique ; une asymétrie de 1,5 à 2 mm (supé- Il existe une corrélation entre épaisseur de
rieure à l’intervalle de confiance de 1.45 mm dans l’interligne articulaire et degré de couverture de la
l’étude de Lequesne et coll.) est trouvée chez 6 % tête fémorale par l’acétabulum : une corrélation
des sujets asymptomatiques [8]. négative avec l’angle VCE et une corrélation posi-
tive avec l’angle HTE. L’interligne est donc plus
La variabilité inter-individuelle de l’épaisseur de épais en cas d’insuffisance de couverture externe
l’interligne est grande : la déviation standard dans (fig. 7a et 7b) et, à l’inverse, moins épais en cas de
l’étude de Lequesne et coll était d’environ 1 mm coxa profunda. Le mécanisme d’auto-régulation
pour une épaisseur moyenne de l’interligne de l’épaississement du cartilage durant la crois-
d’environ 4 mm [8]. Les valeurs minimales nor- sance explique ces différences [8, 9]. En cas de
males sont donc plus intéressantes que les valeurs dysplasie, cette sur-épaisseur initiale peut mas-
moyennes compte tenu de cette grande dispersion quer un pincement débutant que l’on ne détectera
inter-individuelle. La valeur normale minimale que sur le faux profil.
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
a b
Fig. 6 : (a) Radiographie de face d’une hanche : l’interligne est d’épaisseur égale partout, il n’y a pas de gradient ni
d’ostéophytose. L’interligne est-il normal ou pathologique ?
(b) Faux-profil de Lequesne de cette même hanche: il montre une égalisation du gradient voir un pincement anté-
ro-supérieur. Cette incidence fournit le diagnostic de certitude de coxarthrose antéro-supéro-latérale débutante.
291
Bassin et Hanche
a b
Fig. 7 : (a) Radiographie de face d’une hanche normalement couverte et (b) radiographie de face de la hanche controlatérale
avec insuffisance de couverture latérale.
L’interligne coxo-fémoral est plus épais sur la hanche avec insuffisance de couverture latérale que sur la hanche normalement
couverte[8]. Il existe également sur la hanche 7b un pincement supéro-latéral.
Le toit de l’acétabulum peut avoir des formes 8b et 8c) [8]. Lequesne et al. ont retrouvé ces aty-
différentes, par exemple être plat, excessivement pies chez 21.5 % des sujets normaux, sans pré-
arqué ou angulé de manière asymétrique (fig. 8a, pondérance selon le sexe [8]. Ces dysmorphies
peuvent être responsables d’une fausse image de
pincement supéro-latéral de l’interligne articulai-
re. La recherche d’ostéophytes ou de géodes sous-
chondrales prend alors toute son importance.
c
Fig. 8 : Exemple de de dysmorphie du toit de l’acétabulum
sur la radiographie de hanche de face [8]
a) acétabulum excessivement arqué
b b) acétabulum plat
c) acétabulum angulé de manière asymétrique
292
Radio-anatomie normale du cartilage coxo-fémoral
Le contre-faux-profil
Fig. 9 : Technique de réalisation d’une incidence de faux- Nous avons remarqué que sur l’incidence de
profil de Lequesne de hanche en charge. Cette incidence
permet d’obtenir une vraie projection de profil de la tête faux-profil, la hanche homolatérale a été bien
fémorale et un faux profil c’est-à-dire un oblique proche du décrite. Par contre, les informations tirées de
profil de l’acétabulum [16].
l’analyse de la hanche controlatérale sont mécon-
nues : c’est le contre-faux-profil [17]. Le fémur est
vu de face et l’acétabulum est vu en oblique,
293
Bassin et Hanche
proche de la face. Cette incidence permet En radiographie simple, une bonne connaissance
d’étudier de dedans en dehors la corne antérieu- des interlignes radiologiques normaux permet de
re, l’avant-toit et le toit de l’acétabulum (fig. 11). diagnostiquer précocement une coxarthrose. Trois
Le toit et l’avant-toit de l’acétabulum sont vus sur grands types de coxarthrose sont décrits corres-
une incidence différente du faux-profil, par contre pondant aux trois zones principales de
la corne postérieure n’est pas visible et c’est la l’acétabulum. La coxarthrose antéro-supéro-latéra-
corne antérieure que l’on peut étudier. L’interligne le avec un pincement supéro-latéral sur la radio-
est iso-épais sur cette incidence. Un pincement graphie de face et antéro-supérieur sur le faux-pro-
antérieur signe une coxarthrose antéro-supéro- fil, correspond à une atteinte de la partie antéro-
médiale, correspondant sur l’incidence de face à supéro-latérale du cartilage acétabulaire. La coxar-
un pincement supéro-médial (fig. 12) [17]. throse postéro-inféro-médiale avec un pincement
inféro-médial (ou souvent supéro-médial) sur la
radiographie de face et postéro-inférieur sur le
faux-profil, correspond à une atteinte du cartilage
de la corne postérieure de l’acétabulum. La coxar-
throse antéro-supéro-médiale avec un pincement
supéro-médial sur la radiographie de face et sur le
faux-profil et un pincement antérieur sur le contre-
faux-profil, correspond à une atteinte du cartilage
de la corne antérieure de l’acétabulum (fig. 12).
Dans le cas le plus fréquent de coxarthrose antéro-
supéro-latérale, gardons en tête qu’un interligne
iso-épais sur la radiographie de face ne signifie pas
forcément pincement car le gradient normal n’est
pas constant et la recherche d’ostéophyte est alors
Fig. 11 : Le contre faux-profil étudie la hanche controlaté-
très importante. En dépit d’un cliché de hanche de
rale sur le cliché en faux-profil. Le fémur est vu de face et face normal, un pincement antéro-supérieur sur le
l’acétabulum est vu en oblique, proche de la face. Cette inci- faux-profil signera une coxarthrose antéro-supéro-
dence permet d’étudier de dedans en dehors la corne anté-
rieure, l’avant-toit et le toit de l’acétabulum. L’interligne est latérale débutante et un pincement antérieur sur le
iso-épais sur cette incidence [17]. contre-faux-profil une coxarthrose antéro-supéro-
médiale débutante.
294
Radio-anatomie normale du cartilage coxo-fémoral
a b
Fig. 12a et 12b : 12a Radiographie de hanche droite de face 12b Radiographie de hanche droite en contre-faux-profil Exemple
de coxarthrose antéro-supéro-médiale avec un pincement supéro-médial sur la radiographie de face et un pincement antérieur
sur le contre-faux-profil, correspond à une atteinte du cartilage de la corne antérieure de l’acétabulum [17].
Bibliographie
[1] ADAM C., ECKSTEIN F., MILZ S., PUTZ R. – The distribu- [9] CARTER D.R., BEAUPRE G.S., WONG M., SMITH R.L.,
tion of cartilage thickness within the joints of the lower limb of ANDRIACCHI T.P., SCHURMAN D.J. – The mechanobiology of
elderly individuals. J Anat 1998; 193 (Pt 2): 203-14. articular cartilage development and degeneration. Clin Orthop
Relat Res 2004(427 Suppl): S69-77.
[2] ECKSTEIN F., VON EISENHART-ROTHE R., LANDGRAF J.,
ADAM C., LOEHE F., MULLER-GERBL M. et al. – Quantitative [10] SHEPHERD D.E., SEEDHOM B.B. – Thickness of human
articular cartilage in joints of the lower limb. Ann Rheum Dis
analysis of incongruity, contact areas and cartilage thickness in
1999; 58(1): 27-34.
the human hip joint. Acta Anat (Basel) 1997; 158(3): 192-204.
[11] REIS P., NAHAL-SAID R., RAVAUD P., DOUGADOS M.,
[3] KURRAT H.J., OBERLANDER W. – The thickness of the car- AMOR B. – Are radiological joint space widths of normal hips
tilage in the hip joint. J Anat 1978; 126(Pt 1):145-55. asymmetrical? Ann Rheum Dis 1999; 58(4): 246-9.
[4] NISHII T., SUGANO N., SATO Y., TANAKA H., MIKI H, [12] GOKER B., SANCAK A., ARAC M., SHOTT S., BLOCK J.A.
© Sauramps Médical. La photocopie non autorisée est un délit.
YOSHIKAWA H. – Three-dimensional distribution of acetabular – The radiographic joint space width in clinically normal hips:
cartilage thickness in patients with hip dysplasia: a fully auto- effects of age, gender and physical parameters. Osteoarthritis
mated computational analysis of MR imaging. Osteoarthritis Cartilage 2003; 11(5): 328-34.
Cartilage 2004; 12(8): 650-7. [13] LANYON P., MUIR K., DOHERTY S., DOHERTY M. – Age
[5] WYLER A., BOUSSON V., BERGOT C., POLIVKA M., and sex differences in hip joint space among asymptomatic sub-
jects without structural change: implications for epidemiologic
LEVEQUE E., VICAUT E. et al. – Hyaline Cartilage Thickness in
studies. Arthritis Rheum 2003; 48(4): 1041-6.
Radiographically Normal Cadaveric Hips: Comparison of Spiral
CT Arthrographic and Macroscopic Measurements. Radiology [14] FREDENSBORG N., NILSSON B.E. – The joint space in
2007; 242(2): 441-449. normal hip radiographs. Radiology 1978; 126(2): 325-6.
[6] ARMSTRONG C.G., GARDNER D.L. – Thickness and distri- [15] ARMBUSTER T.G., GUERRA J., JR., RESNICK D.,
bution of human femoral head articular cartilage. Changes with GOERGEN T.G., FEINGOLD M.L., NIWAYAMA G. et al. – The
age. Ann Rheum Dis 1977; 36(5): 407-12. adult hip: an anatomic study. Part I: the bony landmarks.
Radiology 1978; 128(1): 1-10.
[7] KAWABE K., KONISHI N. – Three-dimensional modeling of
[16] LEQUESNE M.G., LAREDO J.D. – The faux profil (oblique
cartilage thickness in hip dysplasia. Clin Orthop Relat Res view) of the hip in the standing position. Contribution to the eva-
1993(289): 180-5. luation of osteoarthritis of the adult hip. Ann Rheum Dis 1998;
57(11): 676-81.
[8] LEQUESNE M., MALGHEM J., DION E. – The normal hip
joint space: variations in width, shape, and architecture on 223 [17] LAREDO J.D. – Le contre-faux-profil de hanche, en cours
pelvic radiographs. Ann Rheum Dis 2004; 63(9): 1145-51. de publication.
295
Ostéonécrose de la tête fémorale non traumatique
F. PEY, J.-J. RAILHAC, N. SANS, A. BROUCHET, O. LOUSTAU, H. CHIAVASSA-GANDOIS, PH. CHIRON, B. MAZIERES
INTRODUCTION PHYSIOPATHOLOGIE
297
Bassin et Hanche
298
Ostéonécrose de la tête fémorale non traumatique