Cartographie de L'érosion Hydrique Des Sols Et Priorisation Des Mesures de Conservation Dans Le Territoire D'uvira (République Démocratique Du Congo)
Cartographie de L'érosion Hydrique Des Sols Et Priorisation Des Mesures de Conservation Dans Le Territoire D'uvira (République Démocratique Du Congo)
VertigO
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Introduction
1 Le territoire d’Uvira, situé en République Démocratique du Congo (RDC), fait partie
intégrante du Rift est-africain. Cette région a subi ces dernières années une
recrudescence des risques hydro-climatiques avec des conséquences souvent
catastrophiques. Le territoire d’Uvira en particulier est en proie à des problèmes
d’érosion (Ongezo et al., 2014) qui menacent les écosystèmes du lac Tanganyika,
dégrade les sols, les ressources hydriques et les infrastructures urbaines. Ce problème
est exacerbé par le contexte topographique, climatique, géologique et démographique
particulier de ce territoire. En effet, le changement d’occupation de terre a favorisé
l’extension des zones agricoles et urbaines au détriment des zones forestières. Par
ailleurs, suite à une croissance démographique galopante dans la cité d’Uvira et suite
aux contraintes foncières, la population qui était jadis concentrée au niveau des plaines
alluviales tend à occuper aussi les zones à forte altitude qui présentent une forte
susceptibilité aux risques d’érosion et au glissement des terrains.
2 Pour maintenir la productivité dans cette zone, assurer l’habitabilité à long terme et
contribuer à la protection de la biodiversité, une gestion durable des terres s’avère
nécessaire. C’est ainsi que les recherches sur la cartographie des risques d’érosion sont
importantes pour la planification de l’aménagement du territoire et la conservation des
ressources afin d’atteindre les objectifs de développement durable dans le territoire
Matériel et méthode
Milieu d’étude
5 Le territoire d’Uvira se situe dans la branche occidentale du Rift Est-Africain qui est
caractérisé par une morphologie en escalier des failles faite d’une succession des horsts
et de graben (Ilunga, 1991). Son soubassement géologique est constitué des formations
précambriennes et des formations récentes d’ère quaternaire. Les formations
anciennes sont du burundien, plissées et métamorphisées. On y trouve les gneiss,
quartzites, micaschistes, amphibolites, schistes, granites. Quant aux formations du
Quaternaire, on peut distinguer: les alluvions anciennes sablo-graveleuses, avec de
grands blocs des roches précambriennes; les diverses formations du delta de la Ruzizi et
les dépôts de la plage actuelle (Ilunga, 1991). Son relief est caractérisé par deux grands
ensembles géomorphologiques nettement distincts: la plaine littorale et le versant
oriental de la chaîne des Monts Mitumba (Ilunga et Alexandre, 1982). Se référant aux
données disponibles dans la base des données SOTERCAF, 7 unités des sols sont
répertoriées dans le territoire d’Uvira (Figure 2). Les ferrassols humiques, les acrisols
hapliques et les phaeozems luviques sont les plus prépondérantes et représentent
respectivement 40,30; 33,09 et 16,35 % de la superficie totale tandis que les cambisols
dystriques, les mollie fluvisols, solonchaks gleyiques et les vertisols eutriques sont les
moins prépondérantes et représentent respectivement 0,01; 2,95; 3,08 et 4,22 % de la
superficie totale.
Figure 2. Pente (a), Altitude (b), Type des sols (c) et Précipitation annuelle (d) dans le territoire
d’Uvira / Slope (a), Altitude (b), Soil type (c) and Annual precipitation (d) in the territory of Uvira.
ACh (Haplic Acrisols), CMd (Dystric Cambisols), FLm (Mollie Fluvisols), FRu (Humic Ferralsols), PHI
(Luvic Phaeozems),SCg (Gleyic Solonchaks), VRe (Eutric Vertisols)
6 Le territoire d’Uvira est caractérisé par des altitudes contrastées qui augmentent de
l’est vers l’ouest avec des valeurs allant de 767 m à 3291 m. L’altitude moyenne est de
1945 m. La pente varie entre 0 et 57° avec une moyenne de 12,54°. Les pentes faibles se
trouvent à l’est du territoire au niveau de la plaine de Ruzizi et des rivages du lac
Tanganyika. Par contre, les pentes fortes sont au centre du territoire et dans le versant
oriental de la chaîne des monts Mitumba qui sont entaillés par les cours d’eau qui
prennent naissance et formant des vallées très encaissées. Ce territoire jouit d’un
climat tropical qui est contrasté par son relief qui s’élève progressivement de l’est vers
l’ouest. Ce climat est marqué par une alternance d’une saison de pluie allant du
septembre en avril et d’une saison sèche qui va de mai en août (Ngumbu, 2004). Les
précipitations annuelles varient entre 868 mm et 2041 mm avec une moyenne de
1525 mm. Au niveau de la cité d’Uvira, les précipitations sont inférieures à 1000 mm,
mais avec l’accroissement de l’altitude, les précipitations sont comprises entre 1000 et
2000 mm au niveau des hauts plateaux au centre et à l’Ouest (Figure 2).
Données et méthode
7 Les données utilisées (Tableau 1) sont de différentes sources et ont été projetées dans le
système WGS 84, UTM zone 35 Sud. Il s’agit des données climatiques issues de la base
des données Wordclim2.01, les données pédologiques issues de la base des données Soil
and Terrain database of Central Africa (SOTERCAF1.0) 2, les données SRTM (Shuttle Radar
Topography Mission) et les images Landsat 7 du 30 août 2016 et du 19 août 2006 issues du
site de l’USGS3pour voir l’évolution de la densité du couvert végétal sur une période de
10 ans. Ces données ont permis d’estimer les paramètres de l’Équation universelle des
pertes de sol (USLE - Universal Soil Loss Equation) de Wischmeier et Smith (1978). Ce
modèle permet de calculer les pertes en sol annuelles moyennes possibles à long terme
(A) par l’érosion hydrique en fonction des paramètres climatiques, topographiques,
pédologiques et le mode d’usage et de conservation des terres. Cette équation est
définie par:
• A = R * K * LS *C * P, A (en t/ha.an)
• R l’indice d’érosivité des pluies (MJ.mm/ha.h.an),
• K l’indice d’érodibilité des sols (t.ha.h/ha.MJ.mm),
• LS le facteur topographique (adimensionnel),
• C le facteur de végétation (adimensionnel),
• P le facteur de pratique de soutien ou facteur de protection (adimensionnel).
Wordclim2.0
Raster (ESRI
Climat R 1 km http://worldclim.org/
grids)
version2
http://
Landsat 7 C Raster (Shape) 30 m
earthexplorer.usgs.gov
9 Cette équation a été utilisée dans le passé en R.D. Congo par Ndolo (2015) dans le bassin
versant de la rivière Ndjili. Toutefois, cette relation n’est pas valide dans les régions
montagneuses, dans les zones côtières ainsi que dans les zones tropicales de transition
entre 1 et 2 saisons de pluie (Roose, 1977). Étant donné que le territoire d’Uvira fait
partie des paysages montagneux de la branche occidentale du Rift est africain,
l’équation de Roose (1977) n’est plus applicable dans ce secteur. C’est ainsi que, dans le
cadre de cette étude, l’équation de Hurni (1985), préalablement développée pour le
contexte de l’Éthiopie, a été utilisée. Le choix de cette équation se justifie par le fait
qu’elle est applicable dans les zones montagneuses du Rift est africain, jouissant d’un
climat sub-tropical avec une gamme des variations des précipitations qui est similaires
à celle du territoire d’Uvira. En effet, cette équation a été appliquée dans des zones
montagneuses où les précipitations moyennes annuelles varient entre 1024 mm et
2091 mm (Gashaw et al., 2017; Belayneh et al., 2019). Dans la cité d’Uvira, il existe une
seule station météorologique qui est basée au Centre de Recherche en Hydrobiologie
(CRH) et dont les précipitations moyennes sont de 1100 mm pour la période de 1975 à
2008 (Ongezo, 2014). Disposant des données de précipitation moyenne annuelle
uniquement pour une seule station sur l’ensemble du territoire, la précipitation
moyenne correspondant à la station du CRH n’a pas été utilisée pour calculer R; auquel
cas nous aurions une valeur unique de R pour tout le territoire d’Uvira. De ce fait, les
précipitations moyennes annuelles calculées sur base des données
climatiques Wordclim2.0 de 1950 à 2000 (Fick et Hijmans, 2017) ont été utilisées pour
trouver R et pour tenir compte de la variabilité spatiale des précipitations dans ce
secteur.
10 Le facteur topographique LS tient à la fois compte de la longueur de pente (L) et de la
valeur angulaire de la pente (S) qui influencent la vitesse de ruissellement de surface et
jouent un rôle important dans l’érosion et le glissement de terrain (Sarathi et Pani,
2015). Initialement, le facteur L a été défini par Wischmeir et Smith (1978) suivant la
relation L = (λ/22.13)m avec λ la longueur de la pente en mettre et m équivaut à 0,5 pour
les pentes plus raide que 5 %; 0,4 pour les pentes comprises entre 3 %-4 %; 0,3 pour les
pentes se trouvant entre 1 %-3 % et 0,2 pour les pentes inférieures à 1 % pour une
parcelle élémentaire de 22,13 m. Le facteur S de la raideur de la pente qui reflète
l’influence du gradient de pente sur l’érosion peut être estimé suivant l’équation de
McCool et al. (1978): S=10,8*sinθ+0,03 lorsque tangθ<9% et S=16,8*sinθ-0,5 si tangθ ≥9%, θ
est le gradient de la pente en degré. Cependant, pour les zones à topographie complexe
comme le territoire d’Uvira dont la complexité morphologique s’explique par le
contexte de rifting dont il fait partie, l’équation de Desmet et Govers (1996) est la plus
appropriée (Panagos et al., 2015). Cette équation est donnée par :
11 avec Li,j, le facteur de la longueur de pente pour une cellule de grille de cordonnées (i,j);
Ai,j-in étant la surface d’accumulation des flux ou l’aire de contribution à la cellule de
grille d’entrée (i,j) mesurée en m2; D la taille de cellule de grille en mettre,
Xi,j=sinai,j+cosai,j; ai,j est la direction de l’aspect de la cellule de grille de cordonnées (i,j);
m varie entre 0 et 1 et est donné par la relation
18 Où ms est le pourcentage en sable (diamètre des particules de 0,05-2,00 mm), msilt est le
pourcentage de silt contenu (0,002-0,05 mm de diamètre), mc est le pourcentage en
argile contenu (diamètre des particules <0,002 mm), et orgC est le contenu en carbone
organique (%). Ces paramètres ont été tous calculés suivant les formules proposées par
William (1995) en se basant sur les données relatives à la composition des sols de la RDC
telles que présentées dans la base des données SOTERCAF 1.0. Pour chaque unité
pédologique, les propriétés du sol nécessaire au calcul du facteur K ont été extraites en
se référant à la table attributaire des données. Le tableau 2 contient les données
extraites de la base des données SORTECAF et qui ont été utilisées dans le calcul de K
pour le territoire d’Uvira.
Tableau 2. Propriétés et classification des sols dans le territoire d’Uvira / Soils properties in Uvira
Territory.
Classification des sols Code (FAO) % Sable % Silte % Argile C organique (g.kg -1) % C organique
de classes d’occupation des sols dépend d’un pays à l’autre. À titre illustratif, une classe
forêt peut représenter une forêt tropicale dans un pays et une forêt à pin dans un autre
pays (Benavidez et al., 2018). Pour pallier à ce problème, une approche de détermination
de C en se basant sur les valeurs de NDVI (Normalized Difference Vegetation Index) a été
proposée par plusieurs auteurs (Van der Knijff et al., 2000, Durigon et al., 2014, De Jong,
1994). En R.D. Congo, les deux approches ont été appliquées dans l’estimation du
facteur C. En effet, Tshikeba et al. (2018) ont estimé les valeurs du facteur C dans la ville
de Kinshasa en assignant les classes d’occupation des sols obtenues à partir de la carte
Glob Land Cover (2008-2012) aux valeurs de C disponibles sur le site internet de European
Space Agency, Climate Change Initiative4. Par contre, Karamage et al. (2016) ont utilisé la
relation C-NDVI pour trouver les valeurs de C dans le bassin du Lac Kivu. Cette dernière
approche a été privilégiée dans le cadre de cette étude étant donné que les valeurs de C
correspondant aux différentes classes d’occupation de sol ne sont pas disponibles pour
le contexte spécifique du secteur d’étude. Dans le territoire d’Uvira, le facteur C a été
calculé grâce à l’équation C = exp (-a (NDVI / (b - NDVI))), a et b étant les paramètres de
forme de la courbe C-NDVI (Oliveira et al., 2015). Le NDVI a été calculé à partir des
images Landsat 7 du 30 août 2016 et de 19 août 2006 pour déterminer l’évolution
spatiale de la densité du couvert végétal sur une période de 10 ans. Les valeurs de a et b
ont été obtenues en se référant aux travaux similaires réalisés en R.D. Congo. Pour ce
faire, les valeurs de a=2 et b=1 adoptées par Karamage et al. (2016) dans le bassin du lac
Kivu ont été utilisées.
20 Le facteur de pratique de soutien ou de conservation (adimensionnel) a une valeur qui
varie entre 0 et 1, les valeurs qui se rapprochent de 0 indiquent de bonnes pratiques de
conservation et les valeurs qui se rapprochent de 1 indiquent des pauvres pratiques de
conservation (Ganasri et Ramesh, 2015). Ce facteur exprime l’effet des pratiques de
conservation (paillage, afforestation, culture en courbe de niveau, aménagement des
terrasses, etc.) sur la réduction de l’érosion. Selon le projet LADA (Land Degradation
Assessment in Drylands), à l’exception de l’Égypte et de l’Afrique du Sud, dans la plupart
des pays africains, la R.D. Congo y compris, il existe des pauvres pratiques de gestion de
terre (Nachtergaele et al., 2010; Karamage et al., 2016). A l’absence des données sur le
mode de protection de sol, la valeur maximale de P=0,75 proposée par le projet LADA
(Land Degradation Assessment in Drylands) pour les pays africains avec des aménagements
mineurs des terres (Nachtergaele et al., 2010; Karamage et al., 2016) a été utilisé plutôt
qu’une valeur de 1 qui indique une absence des pratiques de conservation. Dans le
territoire d’Uvira, il y a des efforts d’afforestation qui ont été entrepris sous l’impulsion
des organisations non gouvernementales pour suppléer aux besoins en bois énergie
dans ce secteur et pour la promotion des activités agroforestières. Ces efforts quoique
mitigés contribuent en une certaine mesure à la conservation des sols dans ce
territoire.
21 Pour la détermination des zones prioritaires pour la conservation des sols, il s’est avéré,
dans un premier temps de calculer la susceptibilité du terrain à l’érosion en fonction de
la topographie, du climat et de la pédologie (A=RKLS). Ceci a permis de calculer
l’érosion potentielle (de Figueiredo et Fonseca, 1997; Pradhan et al., 2012; Le Van et al.,
2014; Karamage et al., 2018). La spatialisation du risque d’érosion dans le territoire
d’Uvira a exigé l’intégration des facteurs de couverture et de protection de sol à la
démarche précédente. Les différentes cartes issues de cette approche ont ensuite été
comparées de manière visuelle pour déterminer les zones les plus affectées par
l’érosion. Dans cette optique, des classes de perte de sols ont été définies pour prioriser
les zones de conservation. Dans un premier temps, la limite de perte de sol tolérable de
11 t/ha/an pour les paysages montagneux tropicaux (Gashaw et al., 2017) a été adoptée
afin de discriminer les zones qui dépassent la limite tolérable de perte de sol et qui
nécessitent des mesures particulières de conservation. En second lieu, 5 classes
d’intensité d’érosion ont été définies en s’inspirant de la classification de Adinarayana
et al. (1999) et en tenant compte de la limite tolérable de 11 t/ha/an (Gashaw et al.,
2017). Adinarayana et al. (1999) ont distingué quatre classes d’intensité d’érosion pour
les bassins montagneux et hétérogènes en fonction de la perte annuelle de sol: (a) très
sévère (>50 t/ha/an), (b) sévère (40-50 t/ha/an), (c) modérée à sévère (20-40 t/ha/an),
(d) faible à modérée (<20 t/ha/an). Tenant compte de la limite tolérable de 11 t/ha/an,
dans le contexte du territoire d’Uvira, la classe d’intensité faible à modérée (<20 t/ha/
an) a été subdivisée en deux classes: une classe d’intensité d’érosion faible (Classe I)
dont la perte de sol annuelle est inférieure à 11 t/ha/an (0-10 t/ha/an) et une classe
d’intensité d’érosion modérée (Classe II) dont la perte de sol annuelle est comprise
entre 10 et 20 t/ha/an. De 20 à 30 t/ha/an, l’intensité d’érosion a été considérée comme
étant élevée (classe III). Dans le contexte des zones montagneuses de l’est de l’Afrique,
en Éthiopie par exemple, Belayneh et al., (2019) ont considéré qu’une perte de sol
inférieure à 5 t/ha/an correspond à une très faible intensité d’érosion tandis qu’une
perte de sol de 30 à 50 t/ha/an équivaut à l’érosion sévère (classe IV) et lorsque la perte
des sols est supérieure à 50 t/ha/an, l’érosion est très sévère (Classe V).
22 Pour déterminer l’influence des différentes méthodes de protection de sol
(terrassement, contour, bandes enherbées) sur le risque d’érosion, les valeurs du
paramètre P en fonction de la pente telles que proposées par Shin (1999) pour les
différents modes de protection de sol ont été utilisées. Cette alternative a permis
d’envisager des perspectives d’aménagement du territoire d’Uvira.
23 Les données vectorielles et matricielles étant des différentes sources et de résolution
spatiales différentes, elles ont été découpées suivant les limites du territoire d’Uvira
telles que définies sur la carte administrative de la R.D. Congo dans le Référentiel
géographique commun (RGC) et ont été reprojetées dans le système WGS 84, UTM
(Universal Transverse Mercator) zone 35 Sud. Un processus de rééchantillonnage a
permis d’harmoniser les données matricielles (raster) à une même résolution spatiale de
30 m. Pour cela, la méthode d’interpolation spatiale basée sur le plus proche voisin a été
appliquée afin de ne pas modifier les valeurs des pixels de l’image raster d’origine. Dans
cette méthode de rééchantillonnage, le pixel prend la valeur du pixel de l’ancien raster
le plus proche et présente l’avantage de ne pas créer de nouvelles valeurs. Tous les
traitements des données ont été réalisées grâce aux logiciels QGIS 2.18.18 (Quantum
GIS) et SAGA GIS 2.3.2 (System for Automated Geoscientific Analysis). De manière
particulière, le logiciel QGIS a été utilisé pour préparer et standardiser les données
d’entrées ainsi que pour faire les calculs (algèbre et statistique spatiale) au moyen des
outils de géotraitement raster calculator et zonal statistics. Par ailleurs, le logiciel SAGA
GIS a permis de calculer le facteur LS grâce à l’outil de géotraitement Terrain analysis.
Cet outil de SAGA GIS comprend le module Basic terrain analysis qui permet de calculer
le facteur LS en utilisant le MNT et ses dérivées comme données d’entrées.
Résultats et discussion
Facteurs de l’érosion hydrique
Le facteur topographique LS
L’érosivité de pluie R
25 Le territoire d’Uvira jouit d’un climat tropical qui est contrasté par le relief. L’érosivité
de la pluie tout comme la précipitation et l’altitude augmentent progressivement de
l’est vers l’ouest. Le facteur R (Figure 4) varie entre 479,69 et 1138,92 MJ.mm/ha.h.an
avec une moyenne de 849,04 MJ.mm/ha.h.an. Dans la plaine de la Ruzizi et au niveau du
littoral du lac Tanganyika où les précipitations ne dépassent pas 1000 mm, l’agressivité
de la pluie est la plus faible. L’agressivité de pluie la plus élevée se trouve au niveau des
hauts et moyens plateaux où les précipitations sont abondantes (entre 1000 et
2000 mm). Les valeurs de R trouvées dans le Secteur d’Uvira se rapprochent de celles
trouvées par Tshikeba et al. (2018) dans la ville de Kinshasa où R varie entre 616 à 723
MJ.mm/ha.h.an. Par contre, Karamage et al. (2016) ont trouvé des valeurs plus élevées
dans le bassin du lac Kivu (R moyen=4623 MJ.mm/ha.h.an) où les précipitations
moyennes annuelles sont de 1285 mm. Ces valeurs élevées de R sont liées au fait qu’il a
utilisé l’équation proposée par Lo et al. (1985) qui a été développé dans le contexte
d’Hawaï où les précipitations moyennes annuelles sont inférieures à celles qu’on
retrouve dans la région du Kivu.
26 L’érodibilité varie en fonction des types des sols dans le territoire d’Uvira (Tableau 3).
La faible érodibilité des acrisols hapliques (K=0,147) et des ferrasols humiques (K=0,143)
s’explique par leur contenu en matière organique qui est élevé. En dépit de leur faible
taux en matière organique, les cambrisols dystriques présentent l’érodibilité la plus
faible (K=0,13 t.ha.h/ha.MJ.mm) à cause de leur rapport argile-silte qui est élevé (fcl-
si=0,689) et leur taux de sable élevé (fsand=0,20). Par contre, les fluvisols ont
l’érodibilité la plus élevée (K=0,37 t.ha.h/ha.MJ.mm) suite à l’absence des sables
(fsand=0,5).
Tableau 3. Calcul du Facteur K des sols du territoire d’Uvira / Calculation of the K factor in Uvira
Territory.
Classification des sols Code (FAO) fsand fcl-si forgc fhisand Facteur K Surface (ha)
27 Les sols du territoire d’Uvira sont fortement érodables. Le facteur K varie entre 0,13 et
0,37 t.ha.h/ha.MJ.mm (Figure 5) avec une moyenne de 0,18 t.ha.h/ha.MJ.mm. Kamarage
et al. (2016) avait trouvé des valeurs de K comprises entre 0,009 et 0,11 t.ha.h/ha.MJ.mm
dans le bassin du Lac Kivu. Ceci montre que les sols du territoire d’Uvira présentent une
très grande sensibilité à l’érosion par rapport aux sols du bassin du Lac Kivu. Les sols
développés sur les sédiments lacustres et fluviatiles au niveau des plaines alluviales et
de la zone côtière du lac Tanganyika présentent l’érodabilité élevée par rapport aux
sols développés sur les roches métamorphiques et acides dans les plateaux.
Le facteur C
28 La faible couverture végétale qui caractérise la zone comprise entre le lac Tanganyika
et le haut plateau explique en partie l’état actuel de l’érosion. Le facteur C (Figure 6)
montre des valeurs comprises entre 0,0075 et 0,689 avec une moyenne de 0,31 qui est
supérieure à celle de 0,15 trouvée par Karamage et al. (2016) dans le bassin du Lac Kivu.
Cette différence en termes de valeurs de C reflète la différence de densité du couvert
végétal dans les deux secteurs. Dans le territoire d’Uvira, il existe des reliques de forêts
qui ont subsisté aux pressions anthropiques et il existe des plantations agroforestières
qui ont été implantées dans ce territoire pour suppléer aux besoins en bois-énergie.
C’est dans ces zones où l’on retrouve les faibles valeurs du facteur C. Les valeurs le plus
élevées de C se trouvent à l’Est et au centre du territoire qui est caractérisé par une
faible couverture végétale suite à une extension urbaine importante et les activités
agricoles surtout pratiquées au niveau de replat qui comprend des alluvions fertiles.
Cependant, suite à l’extension urbaine et à l’accroissement de la population,
l’agriculture de subsistance se fait également sur des zones à forte pente, accentuant
ainsi le risque d’érosion. Les valeurs de C trouvées dans le territoire d’Uvira se
rapprochent de celles trouvées dans la ville de Kinshasa où C varie entre 0 et 0,525
(Tshikeba et al., 2018).
Érosion potentielle
29 L’érosion potentielle est définie pour des conditions maximales de perte en sol, c’est-à-
dire en l’absence de tout couvert végétal (de Figueiredo et Fonseca, 1997). C’est le
processus d’érosion qui ne tient pas compte des facteurs anthropiques et des pratiques
culturales (Le Van et al., 2014). Ce potentiel est défini indépendamment des facteurs
anthropiques (pratiques culturales et du mode de protection de sol). Il est modélisé sur
base de l’équation universelle de perte de sols, en tenant en compte uniquement des
facteurs R, K et LS (de Figueiredo et Fonseca, 1997; Pradhan et al., 2012; Le Van et al.,
2014; Karamage et al., 2018). Le potentiel d’érosion est ainsi calculé suivant la relation
A=RKLS dans laquelle les facteurs C et P sont éliminés. Mathématiquement parlant,
dans l’équation du potentiel de perte de sol, ces facteurs sont considérés comme
équivalent à 1 (Khosrokhani et Pradhan, 2014). De ce fait l’érosion potentielle est
calculée en considérant l’hypothèse selon laquelle la zone d’étude est un sol nu (C=1) où
aucune méthode de protection de sol n’est mise en place (P=1).
30 La carte d’érosion potentielle indique les zones qui sont caractérisées par une
vulnérabilité élevée sur base des facteurs naturels tels que la précipitation, les
propriétés du sol et la topographie et qui ne peuvent pas être facilement contrôlées
(Karamage et al., 2016). Pour déterminer le risque maximum d’érosion hydrique dans le
territoire d’Uvira, la carte de l’érosion potentielle (Figure 7) a été établie. Cette carte
d’érosion potentielle indique les zones qui sont naturellement vulnérables à l’érosion
hydrique suite à une forte intensité de précipitation et suite aux pentes fortes (de
Figueiredo et Fonseca, 1997, Karamage et al., 2016).
Figure 7. Érosion potentielle dans le territoire d’Uvira / Potential Erosion in the Uvira Territory
Tableau 4. Perte de sol potentielle, classe de sévérité d’érosion et leur priorité de conservation dans
le territoire d’Uvira / Potential Soil Loss, Erosion Severity Class and Conservation Priority in Uvira
Territory.
Figure 8. État du risque d’érosion dans le territoire d’Uvira / Situation of erosion risk in Uvira
territory
34 Étant donné que l’érosion des sols est à la fois induite par les processus naturels et
anthropiques, le concept de perte de sol tolérable est utilisé comme un proxy pour
informer sur la (non) durabilité des pratiques d’usage des terres (Bamutaze, 2015). La
perte des sols acceptable qui peut maintenir une productivité varie entre 5 et 11 t/ha/
an (Gashaw et al., 2017; Bamutaze, 2015). Une limite générique de 5 t/ha/an pour les
sols tropicaux est souvent utilisée, mais l’application de cette limite a été contestée par
Morgan (2005) qui l’a considérée comme étant trop conservative et restrictive pour les
habitants de la zone montagneuse de la région orientale de l’Afrique. De ce fait, il a
proposé d’utiliser une valeur limite élevée allant jusqu’à 10 t/ha/an (Bamutaze, 2015).
C’est ainsi que Karamage et al. (2016) a utilisé une valeur limite de 10 t/ha/an dans le
bassin du Lac Kivu. D’autres études récentes qui ont été réalisées dans le Rift est-
africain, dont celle de Gashaw et al. (2017) ont utilisé une valeur limite de 11 t/ha/an et
considèrent les pertes des sols inférieures à 5 t/ha/an comme étant très faibles
(Belayneh et al., 2019). Une valeur limite de 11 t/ha/an a été également adoptée dans
cette étude du fait que le territoire d’Uvira se trouve dans un contexte
géomorphologique similaire (Rift est-africain). Dans ce territoire, la surface totale qui
subit un taux d’érosion qui est au-dessus de la limite de maximum tolérable de 11 t/ha/
an pour les paysages montagneux tropicaux est de 152 248,9 ha, soit 47 % de la surface
totale du territoire. On observe que le risque d’érosion est faible dans 52,79 % du
territoire avec une perte moyenne de 6,08 t/ha/an tandis que 30,58 % du territoire fait
face à l’érosion sévère avec une perte annuelle de 93,98 t/ha (Tableau 5).
Tableau 5. Situation de perte de sol, classe de sévérité d’érosion et priorité de conservation dans le
territoire d’Uvira / Current soil loss, erosion severity class and conservation priority in the Uvira
territory.
Pourcentage Érosion
Perte de sol (tonne/ Classe de Classe de Surface de Moyenne
ha/an) Sévérité priorité (ha) surface totale (tonne/ha/
(%) an)
sud du territoire d’Uvira où l’on observe une nette augmentation dans la densité du
couvert végétal (Figure 10). Cependant, le territoire d’Uvira a subi au courant de ces dix
dernières années une déforestation dans la zone comprise entre le lac Tanganyika et le
haut plateau. L’agriculture se pratique au niveau de la plaine qui comprend des
alluvions fertiles, mais suite à l’extension urbaine et à l’accroissement de la population,
l’agriculture de subsistance se fait également sur des zones à forte pente. C’est ainsi
qu’on observe une forte baisse de la densité du couvert végétal à l’est et au nord du
territoire d’Uvira entre 2006 et 2016 (Figure 10). Par ailleurs, suite à la pression
démographique, la population s’installe actuellement sur de fortes pentes, dans des lits
des rivières et sur des sols instables sans tenir compte de toutes les conséquences que
cela peut générer sur leur survie d’une part, et d’autre part, sur l’environnement. Ce
qui contribue à l’aggravation du risque d’érosion dans ce secteur.
Aménagement et protection
Tableau 6. Valeurs du facteur P suivant différentes pratiques de conservation de terre telles que
proposés par SHIN (1999) / P-factor values for different soil conservation practices as proposed by
SHIN (1999).
Valeurs du facteur P
Pente (°)
Culture en courbe de niveau Bandes enherbées Terrasse
38 Les valeurs de P varient entre 0 et 0,2 avec une moyenne de 0,086 pour l’aménagement
des terrasses, entre 0 et 0,5 avec une moyenne de 0,36 pour l’aménagement par la mise
en place des bandes enherbées et entre 0 et 1 avec une moyenne de 0,72 pour
l’aménagement par cultures en courbes de niveau (Figure 11).
Figure 11. Facteur de protection suivant les différentes méthodes de protection de sol protection
par terrasse aménagée (a), bande enherbées (b), culture en courbe de niveau (c) / Protection factor
according to different soil protection methods: terracing (a), strip cropping (b), contouring (c).
Figure 12. Risque d’érosion suivant les différentes méthodes de protection de sol: protection par
terrasse aménagée (a), bande enherbées (b), culture en courbe de niveau (c) / Risk of erosion
according to different soil protection methods: terracing (a), strip cropping (b), contouring (c).
Figure 13. Variation de surface affectée par l’érosion en fonction de la méthode de protection
adoptée / Variation of area affected by erosion according to the adopted protection method.
41 Bien que le modèle USLE ait été préalablement développé pour la quantification de
l’érosion en nappe et en rigole (Wischmeier et Smith, 1978); dans les deux dernières
décennies, plusieurs auteurs ont démontré qu’il peut exister une relation entre les
zones d’intensité d’érosion définies sur base du modèle USLE et les zones d’occurrence
des glissements de terrain (Lee, 2004 ; Pradhan et al., 2012 ; Khosrokhani et Pradhan,
2014 ; Huang et al., 2020). L’étude récente de Huang et al. (2020) dans la ville de Ganzhou
(Chine) a permis de montrer que les modèles prédictifs de la susceptibilité au
glissement de terrain qui prennent en compte la perte des sols due à l’érosion hydrique
comme facteur de prédisposition sont plus performants que les modèles qui ne
tiennent pas compte de ce processus. D’où la nécessité d’évaluer la relation entre les
glissements de terrain et les zones d’intensités d’érosion dans d’autres régions.
42 La carte de la Figure 14 montre la répartition des glissements de terrain dans le
territoire d’Uvira en se basant sur les données d’inventaire des glissements de terrain
effectué par Butara (2012).
Figure 14. Répartition des glissements de terrains par rapport aux différentes zones d’érosion /
Distribution of landslides in relation to different erosion zones.
43 La répartition spatiale des glissements des terrains est corrélée aux zones d’intensité
d’érosion sur base de rapport de fréquence (Tableau 7). Dans cette approche, le rapport
de fréquence (Frenquency ratio) des glissements de terrain est défini comme le rapport
entre la proportion des glissements de terrain qui occurrent dans chaque classe
d’intensité d’érosion et la proportion de la classe d’intensité d’érosion par rapport à la
surface totale considérée (Lee, 2004 ; Khosrokhani et Pradhan, 2014 ; Huang et al., 2020).
Ce rapport permet de décrire la distribution spatiale des glissements de terrain dans
chaque classe d’intensité d’érosion (Khosrokhani et Pradhan, 2014). Une valeur du
rapport de fréquence égale à 1 est la valeur moyenne. Une valeur du rapport de
fréquence supérieure à 1 indique une forte corrélation entre la zone d’intensité
d’érosion et l’occurrence des glissements de terrain tandis qu’une valeur inférieure à 1
indique une corrélation faible (Lee, 2004; Huang et al., 2020).
Tableau 7. Rapport de fréquence de l’occurrence des glissements des terrains Vs Zone d’intensité
d’érosion (2016) dans le territoire d’Uvira / Frequency of landslide occurrence Vs Erosion intensity
zone (2016) in the Uvira Territory.
Perte
Classe Surface Nombre Glissement Rapport de
de sol d’intensité Surface
de totale (%) glissements de (%) fréquence
(tonne/ha/ l’érosion (ha)
(b) terrain (a) (b/a)
an)
44 Le calcul des rapports des fréquences d’occurrence des glissements de terrain dans le
territoire d’Uvira montre que la zone à faible intensité d’érosion hydrique a une faible
occurrence des glissements des terrains avec un rapport de fréquence de 0,83. La zone
ayant une intensité d’érosion modérée est celle ayant la plus faible susceptibilité au
glissement de terrain avec un rapport de fréquence de 0,38. Par contre la zone ayant la
plus grande sévérité de perte de sol est celle ayant également la plus grande occurrence
des glissements de terrain. Cette zone a un rapport de fréquence > 2 indiquant une forte
probabilité au glissement de terrain (Figure 15). Ces résultats corroborent ceux des
études antérieures qui suggèrent que les rapports de fréquence des glissements
augmentent avec les classes d’intensité d’érosion et que les glissements de terrain sont
les plus récurrents dans les zones à forte intensité d’érosion (Lee, 2004 ; Khosrokhani et
Pradhan, 2014 ; Huang et al., 2020). Ceci s’explique par le fait que l’intensité d’érosion
hydrique définie sur base du modèle USLE constitue le résultat des conditions
topographiques, pédologiques, pluviométriques et d’usage des terres qui influencent
également sur l’occurrence des glissements de terrain. Notons toutefois que
l’inventaire des glissements de terrain n’est pas exhaustif dans tout le territoire
d’Uvira. C’est ainsi que cette analyse de fréquence des glissements de terrain a été faite
uniquement sur base de la portion du secteur où les données sont disponibles.
Figure 15. Analyse des rapports de fréquences entre l’occurrence des glissements de terrain et la
répartition des zones d’intensité d’érosion / Analysis of frequency ratios between the occurrence of
landslides and the distribution of erosion intensity zones.
Limite de l’étude
45 Cette étude s’est basée sur l’usage des SIG et des données géospatiales disponibles
(pédologie, topographie, climat, télédétection) pour la modélisation et la cartographie
de l’érosion hydrique dans le territoire d’Uvira en R.D. Congo. Pour cela, l’équation
universelle des pertes des sols (USLE) et les données spatialisées en accès libre ont été
utilisées. Ce qui a permis de faire une première approximation de l’intensité de
l’érosion dans ce secteur. Les données utilisées dans ce travail permettent de faire une
analyse de la variabilité de l’intensité d’érosion à l’échelle du territoire. En
conséquence, elles permettent de prioriser les zones pour la conservation des sols.
Cependant, il existe une nécessité de faire la calibration du modèle USLE en se basant
sur des données des terrains. Il est aussi essentiel d’installer des stations de suivi
permanent de l’érosion hydrique dans le territoire d’Uvira et de comparer les résultats
de la modélisation USLE avec des données issues de ces stations. Ceci permettra de
calibrer, de valider et d’évaluer l’applicabilité du modèle développé.
46 En effet, le modèle USLE a été préalablement élaboré par le département de
l’agriculture des États unis pour anticiper l’érosion hydrique dans les zones agricoles
cultivées ou pas. Actuellement, cette équation est utilisée dans des régions qui se
trouvent dans des contextes différents du contexte d’origine pour lequel le modèle a
été développé. C’est ainsi que des données expérimentales sont nécessaires pour
calibrer les résultats obtenus en appliquant le modèle USLE dans sa forme originale afin
de l’adapter au contexte local. Ces données expérimentales sont rares, voire
inexistantes dans la plupart des territoires de la R.D. Congo. Dans cette région, la
plupart des études sur les processus érosives se sont focalisées sur la description des
formes d’érosions et sur l’analyse de la vulnérabilité des sites face au ravinement. C’est
le cas des travaux d’Ilunga (2006) portant sur les sites majeurs d’érosion dans la cité
d’Uvira. Cela est lié au fait que l’approche de quantification des pertes de sol requiert
des données sur les paramètres quantitatifs avec une bonne résolution spatiale et
temporelle. Néanmoins, ces données sont rares et difficiles à acquérir en R.D. Congo du
fait que les mesures extensives de l’érosion des sols impliquent des coûts élevés en
termes de temps et d’argent. De plus, les guerres à répétition qui ont prévalu dans la
partie est de la R.D. Congo ainsi que les situations d’insécurité dans certaines zones ne
permettent pas de faire des suivis à long terme. De ce fait, l’intégration des données
secondaires à accès libre et des données issues de la télédétection dans le SIG constitue
une alternative pour évaluer les pertes des sols à l’échelle du territoire dans cette
région. Plusieurs difficultés entravent la mise en application de cette approche. C’est
notamment le cas de l’hétérogénéité des données d’entrées qui sont des sources
différentes et ont des résolutions spatiales et/ou temporelles différentes. En outre, le
choix des équations spécifiques pour les paramètres du modèle USLE pose problème. Ce
choix est délicat étant donné qu’à l’heure actuelle il n’existe pas d’équations spécifiques
et des valeurs spécifiques de ces paramètres pour la R.D. Congo.
47 En tenant compte des données disponibles, les équations originales de calcul de R, K et
LS, comme préalablement défini par Wischmeier et Smith (1978) n’ont pas été
appliquées dans le cadre de cette étude. Un choix a été fait sur des équations
développées dans des contextes morphologiques et climatiques similaires au secteur
d’étude. À titre illustratif, différentes équations ont été utilisées en R.D. Congo pour
l’estimation du facteur R. C’est le cas de l’équation de Lo et al. (1985) dans le bassin du
Lac Kivu (Karamage et al., 2016) à l’est de la R.D. Congo, de Renard et Freimund (1994) et
de Roose (1977) dans le bassin de Ndgili (Ngoy, 2015) à l’ouest de la R.D. Congo, mais
dans le cadre de cette étude c’est plutôt la régression proposée par Hurni (1985) qui a
été utilisée. Cette régression établit une relation entre l’érosivité et la précipitation
moyenne annuelle avec un coefficient de corrélation allant de 0,88 à 0,93 (Hurni, 1985).
48 Le facteur LS a été déterminé sur base d’un MNT issus d’une image SRTM de 30 m de
résolution spatiale. Cependant, il est actuellement établi que la résolution spatiale du
MNT-SRTM a une influence sur les valeurs de LS (Panagos et al., 2015, Oliveira et al.,
2013). En effet, la réduction de la résolution spatiale des images SRTM conduit à la
diminution de la valeur moyenne du facteur topographique (Oliveira et al., 2013). Par
ailleurs, les petites longueurs de pente calculées sur les MNT sont surestimées par
rapport aux mesures faites sur terrain (Datta, 2010) et la pente diminue avec
l’augmentation de la taille des cellules (pixels) (Molnar et Julien, 1998). En outre, les
pentes sont surestimées dans les zones planes tandis qu’elles sont sous-estimées dans
les zones à forte pente (Guth, 2010). De ce fait, Wu et al. (2005) ont conclu que les MNT
de 30 m de résolution sont plus adéquats pour l’estimation de l’érosion par rapport aux
MNT de 100 m de résolution qui devraient être utilisés avec précaution, car ils
occasionnent une diminution des pentes et une augmentation de la surface
d’accumulation. Bien que les MNT-SRTM de 30 m de résolution spatiale aient été
utilisés pour le calcul du facteur LS dans le territoire d’Uvira, il est à noter que dans une
même zone géographique, les valeurs de ce facteur peuvent varier en fonction de
l’équation utilisée. Néanmoins, l’équation de Desmet et Govert (1996) est
particulièrement adaptée aux terrains à topographie complexes (Panagos et al., 2015).
49 Le facteur C a été calculé sur base des images Landsat7 de 30 m de résolution spatiale.
Compte tenu de la taille des exploitations agricoles familiales qui est généralement
inférieure à 1 ha dans la région du Kivu, il serait intéressant d’utiliser des images
satellitaires de haute résolution spatiale comme les images Sentinel-2 ou SPOT afin de
prendre aussi en compte les petites parcelles d’exploitation agricole d’au moins 100 m 2
dans l’estimation du facteur C. Par ailleurs, cette étude n’a pas tenu compte de la
saisonnalité de la végétation alors qu’elle est susceptible d’influencer sur les valeurs de
C (Alexandridis et al., 2014). Une prise en compte de la saisonnalité dans l’estimation du
facteur C serait alors nécessaire pour améliorer les résultats du modèle USLE dans ce
secteur.
50 Le facteur K a été estimé grâce à l’équation de William (1995) qui requiert des données
sur le contenu en sable, argile, limon et le contenu du sol en matière organique. Ces
données ont été acquises pour les 20 premiers centimètres du sol à partir de la base des
données SOTERCAF. Cette étude n’a pas tenu compte de l’influence de la position
topographique, de l’occupation du sol et de l’état de surface du sol sur la variabilité
spatiale du facteur K. Ces paramètres peuvent être appréhendés par les facteurs C et P
dans la modélisation USLE (Payet et al., 2011). Ces deux facteurs varient en fonction du
changement d’usage de terre. Ce dernier aspect n’a pas été pris en compte pour
analyser la dynamique spatio-temporelle du risque d’érosion hydrique. Ainsi, la carte
du risque d’érosion hydrique qui est présentée dans le cadre de cette étude est
représentative de l’état d’érosion pour l’année 2016.
51 Enfin, le modèle USLE a été préalablement conçu pour la quantification de l’érosion en
nappe et en rigole (Wischmeier et Smith, 1978). Ce modèle ne tient pas compte du
ravinement. Pourtant ce phénomène est d’une grande ampleur dans le territoire
d’Uvira (Ilunga, 2006) et contribue au flux des sédiments dans les rivières. Une
cartographie de sites majeurs de ravinement dans ce secteur s’avère nécessaire afin
d’analyser s’il existe un lien entre les sites de ravinement majeurs et les zones
d’intensité d’érosion établies sur base du modèle USLE.
Conclusion
52 Cette étude est basée sur l’utilisation des données spatiales en accès libre et les SIG
pour la spatialisation des risques d’érosion dans le territoire d’Uvira en RDC. Elle a
permis de montrer que dans le territoire d’Uvira, le risque d’érosion est exacerbé par la
topographie dominée par des pentes raides à l’ouest et au centre, l’érosivité forte, une
forte érodibilité du sol et une faible protection de sol. En outre, l’expansion des zones
urbaines et agricoles dans les zones à pentes raides accentuent le risque d’érosion dans
ce secteur. Les résultats de cette étude indiquent que 47,21 % du territoire d’Uvira subit
une perte de sol qui est supérieure à la limite tolérable de 11 tonne/ha/an. Par ailleurs,
le risque d’érosion est inférieur à l’érosion potentielle en raison du couvert végétal.
53 Les méthodes de protection de sol par l’aménagement des terrasses et des bandes
enherbées sont les mieux adaptées pour faire face au risque d’érosion dans ce
territoire. La vulgarisation de ces méthodes par les autorités locales, l’afforestation des
zones à faible couverture végétale et l’encadrement des efforts déjà entrepris par la
population permettront de protéger de manière durable les sols dans ce territoire.
Ainsi, l’utilisation du modèle USLE, des techniques de SIG et des données multisources à
accès libre peut être appliquée à un coût raisonnable pour la cartographie du risque
d’érosion à l’échelle territoriale, l’analyse de la variabilité de l’intensité d’érosion et
l’identification des zones prioritaires de conservation de sol en République
Démocratique du Congo. Ces informations peuvent être utilisées par les gestionnaires
du territoire en vue de la planification des stratégies de mitigation durable et la mise en
œuvre des pratiques de conservation des sols.
Remerciements
54 Nous remercions le USGS et la NASA pour les images satellitaires et le MNT-SRTM du
secteur d’étude, l’ISRIC avec la base des données SOTERCAF 1.0 pour les données
pédologiques et l’équipe de WordClim pour les données climatiques qu’ils ont mises
gratuitement à la disposition du public et qui ont été nécessaires dans la réalisation de
ce travail. Nous remercions également les deux lecteurs anonymes pour leurs
commentaires qui ont permis d’améliorer la qualité de ce travail.
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NOTES
1. [En ligne] URL : http://worldclim.org/version2
2. Disponible [En ligne] URL : www.isric.org
3. [En ligne] URL : http://earthexplorer.usgs.gov
4. [En ligne] URL : http://cci.esa.int/
RÉSUMÉS
L’érosion des sols est un risque naturel qui est exacerbé par les activités anthropiques en
République démocratique du Congo. Cependant, il existe peu d’information sur la spatialisation
de ce phénomène à l’échelle territoriale. Cette étude est basée sur l’utilisation du modèle USLE
(Universal Soil Loss Equation) et des données en accès libre pour cartographier les zones à risque
d’érosion et faire la priorisation des zones pour la conservation des sols dans le territoire d’Uvira.
Au regard de résultats, 52,79 % du territoire est caractérisé par un risque d’érosion faible tandis
que 47,21 % font face à un risque de perte de sol supérieure à la limite tolérable de 11 t/ha/an
dans le contexte des paysages tropicaux et montagneux. Ce risque est accentué par la perte du
couvert végétal au profit de l’extension des zones urbaines et agricoles. Le faible niveau de
sensibilité à l’érosion se trouve au niveau de la plaine de la Ruzizi tandis que les zones situées
dans les plateaux présentent une forte sensibilité en raison de leur relief accidenté et une
pluviosité forte. L’analyse statistique des rapports de fréquence des glissements de terrain
montre l’existence d’une relation entre leur occurrence et les zones d’intensité d’érosion. La
modélisation de la perte de sol en fonction des différentes méthodes de protection de sol montre
que l’approche de mise en place des bandes enherbées et l’aménagement des terrasses sont les
plus appropriés pour réduire le risque d’érosion dans ce secteur. Ces méthodes peuvent être
associées aux efforts d’afforestation pour une protection efficace des sols.
Soil erosion is among the natural hazards that are exacerbated by human activities in the
Democratic Republic of Congo (DRC). However, there is little information on the spatialization of
this phenomenon at the territorial level in the DRC. This study assesses the potential use of
Geographic Information System (GIS) techniques and open access data to map areas at risk of
erosion and prioritize areas for soil conservation in Uvira’s territory. In terms of results, 52.79%
of this territory is characterized by a low risk of erosion with an average soil loss of 6.08 t ha -1
year-1 while 47.21% faces a risk of soil loss which excess the tolerable limit of 11 t ha -1 year -1 for
highlands of tropical areas. This risk is accentuated by the loss of vegetation cover in profit of
agricultural activities and urbanization. The low level of sensibility to erosion is found in the
Ruzizi plain while the areas in the plateaus are highly susceptible due to their rugged terrain and
high rainfall intensity. The statistical analysis of the frequency ratios of landslide shows the
existence of a relationship between their occurrence and erosion intensity zones defined on the
basis of the Universal Soil Loss Equation (USLE model). Soil loss modeling for different soil
protection methods shows that the grassland banding and terracing approach are most
appropriate to reduce the risk of erosion in this area. These methods can be combined with
afforestation efforts for effective soil protection in Uvira.
INDEX
Mots-clés : érosion, SIG libre, aménagement du territoire, conservation des sols, République
démocratique du Congo
Keywords : erosion, open GIS, spatial planning, soil conservation, Democratic Republic of Congo
AUTEUR
JEAN NACISHALI NTERANYA
Département de géologie, faculté des sciences, Université officielle de Bukavu (UOB), BP 570
Bukavu, R.D. Congo, courriel : [email protected]