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Secheresse: Afrique

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SECHERESSE Synthèse

Sécheresse 2004; 15(1): 121-9

Recherches sur l'érosion hydrique

en Afrique : revue et perspectives

Éric Roose Résumé


Georges De Noni Les problèmes posés par l'érosion sont connus depuis plusieurs siècles, dans le bassin
méditerranéen en particulier, mais les recherches ne se sont développées que depuis
Institut de recherche pour le développement 50 ans en Afrique. Elles concernent avant tout l'érosion en nappe et rigoles qui
(IRD), décape l'horizon humifère en une génération. Or l'Afrique a connu une croissance
BP 64501, impressionnante de la population ce dernier siècle (celle-ci a été multipliée par 5 en
34394 Montpellier cedex 5, 100 ans) et aussi des besoins en biens de consommation : d'où l'accélération de
France l'érosion et de la dégradation des terres et l'importance des recherches sur la
<roose@[Link]> protection et la restauration de la productivité des terres. L'analyse des résultats à
<denoni@[Link]> l'aide de l'équation USLE [Universal Soil Loss Equation), a permis ae constater que les
pluies tropicales sont très agressives, que les sols tropicaux sont heureusement assez
stables et assez résistants à Ta battance, que la gestion du couvert végétal (et minéral)
est très efficace, que le facteur topographique est beaucoup plus complexe que prévu
et que les techniques culturales antiérosives sont peu efficaces sur des pentes de plus
de 20 %. En montagne, le ravinement et les différentes formes de mouvements de
masse, rapides ou lents, sont beaucoup plus importants que l'érosion en nappe mais
ils sont peu étudiés. La spatialisation des mesures localisées pose encore des
problèmes que l'on tend à résoudre par l'usage d'indicateurs (états de surface,
stabilité structurale, radio-isotopes) combinés à des systèmes d'information géogra¬
phique (SIG). Les techniques de mesures évoluent vers des techniques soit très
sophistiquées (mais coûteuses) soit au contraire très simples, permettant de nombreu¬
ses estimations dans l'espace et le temps. Enfin, la lutte antiérosive (LAE), longtemps
fondée sur des grands travaux de terrassement, coûteux et peu efficaces, évolue vers
des approches participatives reposant sur l'adaptation des systèmes de culture et la
mise au point de techniques biologiques combinées avec des compléments de
fertilisation pour mieux valoriser la ferre et le travail.
Mots clés : Erosion hydrique ; Recherche ; Afrique.

Summary
The Research on wafer érosion in Africa. Review and perspectives
An all-time problem the world over, érosion and its control has been studied and
documented for centuries, especially around the Mediterranean, but as far as Africa
is concerned, research started developing but about 50 years ago, dealing mainly
with sheet and rill érosion which scoured the humiferous topsoil in the span of a
génération. Africa has had an impressive population growth rate (its population has
increased fivefold over the last nundred years) ; meanwhile, the needs for food,
medicines, consumable goods, etc. increased accordingly, thereby accelerating soil
dégradation through érosion and, in turn, the urgent need for research on soil
protection, water and nutrients management, soil productivity restoration, etc. More
than 1 ,000 data on sheet érosion from runoff plots in various ecological conditions
are now being collected yearly. The analysis of this data using the USLE (Universal
Soil Loss Equation), showed that tropical rains are very aggressive, ten fîmes more so
in fact than temperate rains. Fortunately, however, it appears that most tropical soils
are rather résistant to drop energy (though not necessarily to runoff energy) and
biomass control is quite efficient to reduce water, nutrients, and érosion losses.

Sécheresse n° 1, vol. 15, mars 2004 121


Topographical factors are much more complex than previously suspected: topogra¬
phical positions being sometimes more important than slope steepness. Slope length
becomes important when runoff is collected in rills and gulfies, but in the case of sheet
runoff rainfall energy is dispersed on the topsoil roughness. Line ploughing and
ridging is useful on smooth slopes only but not on slopes exceeding 20%. There are
numerous interactions between a number of factors that are not accounted for in
either the USLE or others models. In mountainous steep lands, gullies and landslides,
or tillage érosion are much more important than sheet érosion, but they are less
studiedand more difficult to control. The spatialisation of locally accurate measure¬
ments is difficult to extend to large watersheds and the trend is now to resort to
indicators such as surface features, aggregate stability, or radioisotopes like Césium
1 37) and combine them into a GIS. Measurements techniques are evolving towards

either more sophisticated Systems (smart but most of the time very costly) or very
simple tools allowing measurements to be repeated very often (érosion typology, land
uses, surface features). Finally, érosion control (SWC), formerly based on earthworks
and embankments, which have proved to be very expensive, time-consuming and
rather poorly efficient, is now turning over to participative approaches based on the
adaptation of farming Systems and the development of biological or cultural practices
combined with complementary fertilisation with a view to best use both soil and
labour.

Key words: Water Erosion; Research; Africa.

Les premiers explorateurs qui débar¬ Lapériode coloniale (1940-1960) : pour démontrer l'importance de l'énergie
quèrent en Afrique tropicale, en des pluies, mais aussi du couvert végétal,
voyant l'abondance de la végétation phase d'exploration des risques de la pente, des sols et du mode de ges¬
sous forêt, pensèrent que les sols devaient tion. En prouvant que si le sol est bien
y être particulièrement riches. Mais ils dé¬ Dans l'ancien Congo belge, les agrono¬ couvert on peut réduire l'érosion par cent
chantèrent rapidement, car une fois la mes de l'Institut national d'études agrono¬ et le ruissellement par dix, il a montré que
terre défrichée, les rendements des cultu¬ miques du Congo (INEAC) avaient déjà l'intensification de l'agriculture n'entraîne
res baissèrent en quelques années. Dans constaté les effets dégradants des techni¬ pas forcément l'accélération de la dégra¬
son livre Afrique, terre qui meurt, Harroy ques culturales laissant les sols dénudés : dation des sols. Parti de l'héritage de
[1] avait déjà décrit les deux causes de la ils avaient développé des plantes de cou¬ Bennef sur la lutte antiérosive mécanique
dégradation rapide de la fertilité des sols verture associées à des cultures pérennes, (terrasses), Hudson s'est finalement orienté
africains : la minéralisation rapide de l'hu¬ des rotations et des systèmes de cultures en vers une approche plus biologique de la
mus sous les climats chauds et humides et couloir entre des haies vives. De façon gestion durable de I eau et des sols [13].
l'érosion des sols dénudés soumis aux plus globale, ces problèmes donnèrent lieu
à une politique de mise en réserve de
pluies diluviennes. L'érosion a donc été
observée très tôt, mais les recherches ne
larges zones protégées et à la création de Recherche de données
parcs nationaux [1].
commencèrent vraiment que vers les
En Afrique francophone, sous l'impulsion
pour valider des modèles
années 1950.
de Fournier [2], s'est mis en place un
réseau de parcelles d'érosion dans une Après une phase de description des pro¬
Depuis lors, les travaux sur l'érosion en cessus, commence une période de quanti¬
dizaine de pays francophones pour quan¬
Afrique ont fleuri abondamment à mesure fication de l'érosion à diverses échelles,
tifier les dangers de ruissellement et d'éro¬
que la mise en valeur mécanisée de ces de la parcelle d'une centaine de m2 à des
sion sous les divers systèmes de culture
terres fragiles soumises aux orages tropi¬ régionaux [3-51. A Madagascar, Tricart micro-bassins de quelques hectares et à de
caux a développé des phénomènes specta¬ [6] a distingué l'érosion naturelle de l'éro¬ grands bassins-versants de milliers de
culaires d'érosion. Aussi est-il impossible sion accélérée par la gestion maladroite
de citer tous les chercheurs (plus de 500 des ressources en sol par une population
rien que dans le Réseau Érosion et à Ylnter- croissante ; il a souligné le caractère non Erosion en nappe
national Soil Conservation Organization, linéaire des processus d'érosion. D'autres Un réseau de parcelles de tailles et de
ISCO) qui ont exploré les divers thèmes liés géographes physiciens ont étudié l'éro¬ modes d'exploitation standardisés a été
à des processus d'érosion très variables en sion en Afrique : Rougerie en Côte mis en place en Afrique pour estimer les
fonction de la diversité des écosystèmes, d'Ivoire, Sautter au Congo, Michel au Sé¬ paramètres des modèles empiriques dis-
des climats, du relief, des cultures et de la négal [7-9]. Pour leur part, les chercheurs Conibles [1 4-241. Parmi ceux-ci, le modèle
densité des populations. Cette tentative de du Centre technique forestier tropical SLE [Universal Soil Loss Equation) de
synthèse ne peut être exhaustive : elle s'at¬ (CTFT) ont comparé les risques d'érosion Wischmeier et Smith est le plus largement
tachera dès lors à souligner l'évolution sous divers couverts naturels ou cultivés à utilisé : l'érosion est une fonction multi¬
historique des recherches effectuées par les Madagascar, au Niger et au Burkina [10]. plicative de l'érosivité des pluies que multi-
principales équipes au Maghreb, en Afri¬ En Rhodésie (Zimbabwe), Hudson [11, Îjlie la résistance du milieu (érodibilité,
que occidentale, en Afrique centrale et à 12] a développé une série impression¬ acteur topographique, couvert végétal et
Madagascar, les principaux résultats et nante de dispositifs de mesure de l'érosion pratiques culturales, pratiques antiérosi¬
quelques orientations pour l'avenir. sous pluies naturelles ou simulées, à la fois ves) [25].

122 Sécheresse n° 1, vol. 15, mars 2004


Pour accélérer l'étude des facteurs du ruis¬ Érodibilité des sols (facteur K = 0,40 pour ralentir le ruissellement et réduire la
sellement et de l'érosion dans les grands à 0,01) pente. Le défonçage profond peut amélio¬
espaces africains, une série de simulateurs rer l'infiltration sur un sol encroûté (cal¬
Contrairement à l'opinion générale, les
de pluies ont été développés. Dumas, caire ou ferrugineux), mais n'a qu'une
sols tropicaux sont souvent moins fragiles
Cormary et Masson [26, 27) ont tenté de influence passagère sur les sols instables.
3ue les sols tempérés : si on observe tant
quantifier les paramètres ae l'USLE en
'érosion en Afrique, c'est surtout à cause Couvert végétal (facteur C = 1 à 0,001 )
Tunisie. Kalman [281 a étudié le facteur
des pluies très agressives [14]. L'érodibi¬
climatique modifiant l'érosion en nappe et Par rapport à une parcelle nue, le couvert
lité des sols n'est pas homogène dans
rigoles sur les principaux sols cultives du des principales cultures d'Afrique réduit
l'espace et elle évolue dans le temps : elle l'érosion ae 20 à 60 %, en fonction de
Maroc. Ensuite, une douzaine de pédo
augmente au cours de la saison des pluies
logues et hydrologues Orstom ont consa¬ l'intensité du couvert et des techniques
et varie en fonction des caractéristiques
cré leurs travaux à l'étude du ruissellement culturales : le facteur C diminue jusqu'à
des sols, de l'âge du défrichement et des
et de l'érosion sous pluies simulées : 0,01 sous cultures pérennes avec plantes
techniques culturales [15]. La première
influence des sols et des techniques cultu¬ de couverture ou prairie et à 0,001 sous
année après défrichement, les sols sont
rales en Afrique de l'Ouest [29-33]. forêt et cultures paillées. Le couvert végétal
généralement très stables (K < 0,1), mais est donc le paramètre le plus important à
Érosivité des pluies (r = 50 à > 000) ensuite l'érodibilité varie en fonction de la
1
notre disposition pour réduire les risques
Très vite, il fut admis que l'érosion en
minéralisation des matières organiques et d'érosion : la lutte antiérosive biologique
nappe dépend de la hauteur, de l'inten¬ des remontées d'éléments provenant du
va donc proposer de planter tôt, à forte
sité, de l'énergie cinétique et de la réparti¬ sous-sol, plus riche en argile, en CaC03,
densité, des cultures associées ou se succé¬
tion des pluies : divers indices d'agressi¬ en cailloux et en hydroxydes de fer et
dant dans le temps, de façon à absorber le
vité des pluies furent proposés, plus ou d'alumine libres. plus complètement possible l'énergie ciné¬
moins adaptés localement : Bien que les classifications pédologiques tiqu des pluies et du ruissellement [14,
tique
- indice d'érosivité de Hudson : ne reposent pas sur les facteurs de érodi¬
I
25]
KE > 25 mm/h. Il ne tient compte que de bilité des sols, on remarque certaines cons¬ Hudson a montré qu'une simple toile mous-
l'énergie des pluies intenses de plus de tantes : ticaire tendue à 1 5 cm du sol est aussi
25 mm/h, seuil d'intensité au-delà duquel - les sols ferrallitiques sont généralement efficace qu'une pelouse pour réduire l'éro¬
se déclenche le ruissellement sur les assez résistants : K varie de 0,01 à 0,20, sion d'au moins 99 % et le ruissellement
Oxisols très stables de Rhodésie. Sur cette si on passe de roches à altérites argileuses sur sol nu de 90 % : le taux de couverture
base, Stocking et Elwell [19] établirent (basaltes) à des roches à altérites argilo- par la canopée basse semble donc plus
une carte d'agressivité climatique de sableuses (granités) ou à un schiste libé¬ important que le type de végétal et même
Rhodésie ; rant des limons ; que l'enracinement (efficace contre le ravi¬
- indice d'érosivité des pluies de Wisch¬ - les sols ferrugineux tropicaux sont plus nement). Hudson a encore montré qu'en
meier : R = E.l30, qui tient compte du fragiles après deux années de culture doublant la densité du maïs, on réduit par
produit de l'énergie cinétique par l'inten¬ (K = 0,20 à 0,30); trois la perte en terre par kg de maïs
sité maximale pendant 30 minutes, ce qui - les sols gravillonnages et lithosols sont produit : l'intensification des cultures peut
est en relation étroite avec le volume du très résistants à l'érosion en nappe donc réduire les risques d'érosion [11].
ruissellement ; (K = 0,01 à 0,04); Elwell et Stocking ont ensuite développé
- en calculant cet indice sur une vingtaine - les Vertisols calciques sont très résistants un indice de couvert végétal : en Rhodé¬
de postes météo sur plus de dix annnées, (K = 0,001 à 0,01), alors que les Vertisols sie, tant que la culture nelaisse pas plus de
Roose [14, 29] a constaté qu'en Afrique sodiques seraient très fragiles (K > 0,40) ; 30 % du sol dénudé, il ne se développe
occidentale, l'indice d'érosivité de Wisch¬ - les sols bruns calcaires méditerranéens pas d'érosion dangereuse, bien que le
meier annuel moyen (Ram en unités améri¬ sont d'autant plus résistants qu'ils ont une ruissellement reste important [20].
caines) est lié directement à la pluviosité charge importante en cailloux et des fortes Au Maroc, Laouina [35] a observé que
annuelle moyenne (Ham en mm) de cette teneurs en argile saturée en calcium lorsque le sol est couvert de matorral
région : Ram = Ham x a où « a » s'établit (K -0,10a 0,01); dense, d'herbes rases, de cystes ou de
à 0,50 en plaine, à 0,60 près de l'océan, - les sols rouges fersiallitiques méditerra¬ rocaille, l'érosion ne dépasse pas 0,2 à
à 0,25-0,30 en montagne tropicale (Ca¬ néens lessivés sont généralement assez 2 t/ha/an, mais que dès que le sol est
meroun et Rwanda-Burundi) et à 0,1 0 en fragiles (K = 0,20). labouré pour une culture sarclée, l'érosion
montagne algérienne. Contrairement à L'amélioration de la résistance d'un sol à peut s'élever à plus de 20 t/ha/an sur des
l'opinion générale, les pluies tropicales l'érosion pluviale est difficile car l'augmen¬ pentes de 20 % en année à fortes pluies.
sont nettement plus agressives que celles tation de % du taux de matière organi¬
1 Sur jachère, les sédiments sont souvent
qui tombent en montagne, autour du Bas¬ que (MO) du sol exige beaucoup d'ap¬ piégés dans les touffes d'herbes, mais le
sin méditerranéen et en régions tempé¬ ports organiques pour compenser la ruissellement est abondant entre les touf¬
rées. En région tropicale, l'agressivité des minéralisation rapide en milieu chaud et fes. La différence entre la forêt naturelle et
pluies varie de 100 à 200 au Sahel, de ne réduit que de 15 % les risques d'éro¬ les zones de parcours réside surtout dans
400 à 600 en savane et atteint plus de sion sur des sols sablo-argileux. L'épier- le ruissellement abondant là où les sabots
1 000 en zone de forêts équatoriennes ; rage des champs augmente leur sensibilité du bétail ont tassé la surface du sol : le
en milieu tropical humide, l'agressivité des à la battance et au ravinement ; en revan¬ pâturage excessif entraîne souvent le ravi¬
pluies est 10 à 20 fois supérieure à celle che, l'épandage des cailloux en surface nement des zones en aval [36].
des régions tempérées [25] ; permet de maintenir une bonne infiltration
- Lal, au Nigeria, a trouvé de meilleures [34]. Un compromis acceptable par les Topographie (facteur SL = 0,1 à 20)
corrélations entre l'érosion et l'indice paysans consiste à garder sur place les Dans le modèle USLE, n'interviennent que
d'érosivité des pluies en tenant compte de petites pierres pour protéger les sols de la l'inclinaison de la pente (entre 2 et 25 %)
l'intensité en 7 minutes et de l'énergie ap¬ battance et à rassemblerles grosses pier¬ et secondairement la longueur de pente
portée par le vent. Cependant, il est rare res (qui gênent le labour et le semis) sur (L0,5). Or il existe de multiples interactions
de disposer de ces informations [1 8]. des lignes de défense (cordons de pierres) entre l'influence de la pente, la forme

Sécheresse n° 1, vol. 15, mars 2004 123


concave ou convexe, l'état de la surface l'essentiel, c'est-à-dire fertiliser et aména¬ modèle étant multiplicative, certaines inter¬
du sol et la position topographique : c'est ger l'espace entre ces structures spectacu- actions entre facteurs ne peuvent être pri¬
donc un paramètre qui pose des problè¬ fcaires souvent indispensables, mais insuffi¬ ses en compte.
mes. santes pour gérer efficacement les eaux Bien qu'il ait été souvent utilisé hors de son
D'abord, il est apparu que le ruissellement des versants [25,43]. domaine, si l'on dispose d'un minimum de
sur les pentes de plus de 2 % diminue sur mesures représentatives de la région, on
Techniques antiérosives (facteur P = 1
peut caler des paramètres adaptés locale¬
des sols ferrallitiques [11, 14, 16] alors à 0,1)
qu'en général l'érosion augmente de ment pour évaluer les pertes en terre au
façon exponentielle sur des parcelles mal L'influence des techniques culturales n'est niveau des champs, mais non au niveau
couvertes. Sur sol paillé, en revanche, pas négligeable sur les longs glacis de des bassins-versants.
l'énergie des pluies et celle du ruisselle¬ pentes inférieures à 3 % : Te îabour et D'autres modèles empiriques ont été pro¬
ment sont dissipées par le frottement avec surtout le billonnage cloisonné en courbes posés, qu'il s'agisse de RUSLE [Revised
les résidus : les pertes en terre restent donc
de niveau améliorent le stock d'eau du sol Universal Soil Loss Equation) où on a tenté
très modestes, même sur fortes pentes [25]. et les rendements des cultures. Mais, en d'affiner les paramètres pour les princi¬
En Algérie, non seulement le ruissellement,
montagne, sur des pentes de 25 à plus de paux sols et couverts végétaux du Maroc,
mais aussi l'érosion, ne croissent pas systé¬ 60 %, le ruissellement diminue tandis que de MUSLE [Modified Universal Soil Loss
matiquement avec la pente [37]. Dans les les pertes en terre augmentent : on passe Equation) où l'énergie des pluies a été
collines du Rwanda et Burundi, il semble d'une érosion en nappe et rigoles à une remplacée par celle du ruissellement, ou
que le ruissellement est modéré et que les érosion linéaire, voire au creeping. La de SLEMSA (So/7 Loss Equation for
pertes en terre se stabilisent au-dessus de ijiême tendance a été observée en Southern Africa) pour l'Afrique du Sud où
25 % de pente ; au-delà, les sols sont Equateur et en Martinique [44]. les interactions sont regroupées différem¬
moins épais, plus argileux ou caillouteux Sur les sols sableux des zones soudano- ment [17, 20, 48 ]
et les processus en cause changent : de sahéliennes, Charreau et Nicou [45, 46]
l'érosion en nappe, on passe aux rigoles ont montré que le labour permet un Ravinement
et à des mouvements lents de la couche meilleur enracinement et, temporairement, Les recherches pour quantifier le ravine¬
superficielle du sol [creeping) [38-40]. une meilleure infiltration. Par ailleurs, Lal ment sont bien moins nombreuses, alors
[18], dans une zone plus humide du que les paysages méditerranéens ou tropi¬
L'effet de la longueur de pente n'est pas
Nigeria a noté qu'à la longue, le labour caux semi-arides sont souvent lacérés par
évident non plus : seules les parcelles sou¬ détruit l'agrégation de sols ferrallitiques,
mises à l'érosion linéaire (rigoles) perdent le ruissellement concentré, même sous
tandis que le semis direct sous litière per¬ savane arborée [42].
d'autant plus de terre qu'elles sont plus met une production plus durable, avec
longues et donc plus grandes. Mais, dans Signalons les études de Stocking [49] sur
moins d'érosion et des activités biologi¬ la vitesse d'avancement des ravines au
le cas du ruissellement en nappe dont
ques (vers de terre) améliorant l'infiltration Zimbabwe sur des alluvions salées très
l'énergie est dissipée par la présence et l'agrégation.
d'une litière ou par la rugosité du sol, fragiles. Il constate que, quel que soit le
Boli et al. [23] au Nord-Cameroun et type de ravine observé, l'érosion dépend
l'influence de la longueur de pente devient Diallo [24] au Sud-Mali dans une zone
négligeable [25]. Sur les glacis sablon¬ du volume des pluies (P en mm), de la
soudanienne, sur des sols ferrugineux sa¬ surface du bassin (S en km2) et de la
neux du Nord-Cameroun, l'augmentation
bleux à argilo-sableux, ont observé sur le hauteur de chute en tête de ravine (H en
de la longueur (de 20 à 60 m) et de la semis direct dédié à une rotation
surface des parcelles (100 à 1 000 m2) m). L'équation s'écrit :
coton/maïs intensive, une réduction nota¬
sur un versant de 2 % n'a augmenté ni le Érosion en ravine =
ble de l'érosion (y compris de la charge en
ruissellement, ni l'érosion [41J1
suspension) et du ruissellement. Mais au Ô^ZxlO^P'^xSxH0'52
En revanche, on a observé que la position bout de cinq ans, le faux de matière orga¬ En Algérie, le volume en creux d'un réseau
topographique est parfois plus importante nique du sol sur 10 cm était toujours aussi de ravines a été suivi pendant trois ans : le
que la pente elle-même. Un cas a été faible. En revanche, deux années de ja¬ transport solide varie de 90 à
signalé par Heusch [16] sur une colline chère arbustive [Cassia siamea mélangé à 300 t/ha/an en fonction du sol et du
marneuse du Maroc où les eaux s'infiltrent Andropogon) a permis d'augmenter l'acti¬ substrat, de la pente et de la distance au
sur les versants par les fissures des Verti¬ vité des vers de terre, de réduire le ruissel¬ réseau de drainage, des pluies et de leur
sols, se concentrent en bas de pente et lement et l'érosion et de doubler le taux de répartition en fonction de l'humidité du sol
créent des ravines remontantes. De même, carbone du sol [47]. [25, 50, 5 1 ]. En zone méditerranéenne, le
en Côte d'Ivoire, Valentin et al. [42] ont Au total, plus de mille résultats annuels de ravinement commence généralement à
montré que les sommets des collines sont parcelles d'érosion ont été obtenus en Afri¬ une certaine distance du sommet de la
couverts de sols ferrallitiques gravillon- que, mais les données sont si dispersées colline, dans les concavités du versant où
noires rouges très stables, tandis que sur qu'il est difficile de les utiliser pour tester la les rigoles réunissent suffisamment de ruis¬
les versants ferrugineux tropicaux plus validité des modèles. sellement. Cependant, beaucoup de ravi¬
fragiles naissent des ravines discontinues, On ne peut conclure cette revue des infor¬ nes commencent à mi-pente, à l'endroit où
et que dans les bas-fonds hydromorphes mations disponibles sans rappeler les limi¬ le ruissellement hypodermique débouche
se développent de grosses ravines remon¬ tes du modèle empirique USLÉ qui ne s'ap¬ à l'extérieur du sol, ou même en bas de
tantes. plique qu'à l'érosion en nappe, dont la pente du fait du recreusement du réseau
Pour lutter contre l'érosion, on connaît les source d'énergie est la pluie. Au-delà de de drainage : par effet de chute, les têtes
multiples formes de ferrasses, cordons de 20-25 % de pente, ce modèle ne s'appli- de ravine remontent ensuite la pente en
ierres, haies vives qui modifient à la fois 3ue plus, car l'énergie du ruissellement profitant des chenaux souterrains de drai¬
Fi'inclinaison et la longueur de pente. L'ex¬ evienf prépondérante. En outre, pour nage et/ou de la dissolution du gypse ou
périence montre que ces systèmes sont fonctionner, ce modèle nécessite des don¬ autres sels solubles inclus dans la roche
coûteux en travail à l'installation mais nées moyennes accumulées sur plusieurs [52].
aussi à l'entretien. De plus, une fois ces années et n'est donc pas valable à L'importance des divers processus d'éro¬
structures en place, il faut encore faire l'échelle de l'averse. Enfin, la fonction du sion varie beaucoup dans les principaux

124 Sécheresse n° 1, vol. 15, mars 2004


Tableau I. Importance de divers processus d'érosion (t/ha/an) en fonction de trois paysages en connu sous le sigle GLASOD (Global As¬
Afrique [57]. sessment of Soil Dégradation) [66]. En
1 990, la carte de l'état actuel de dégrada¬

Paysages Pente Érosion en nappe Érosion aratoire Érosion en ravine


tion dans le monde fut terminée, à l'échelle
de 1/10 000 000. Une superficie de
Basses montagnes méditerranéennes 10 à 40% 0,1 à 20 10 à 50 90 à 300 l'ordre de 1 9,6 millions de km (soit 1 6 %
Longs glacis soudano-sahéliens 1 à 3 % 0,1 à 35 2à5 20 à 100 des terres exploitables dans le monde) est
Collines convexes tropicales humides 4 à 30% 0,1 à 700 10à50 100 à 500 touchée par des phénomènes de dégrada¬
tion. L'érosion par l'eau est le phénomène
le plus répandu (55 % des terres dégra¬
paysages d'Afrique. Elle dépend de la La première période couvre l'époque dées), suivie de l'érosion par le vent
répartition de l'énergie des pluies au cours coloniale jusqu'au milieu des années (28 %), la dégradation chimique par perte
de l'année agricole, du type de pente, de 1970. A cette époque, les recherches en de nutriments (7 %), la salinisation (4 %) et
la résistance des sols à la battance et au Afrique concentrent un maximum d'efforts la dégradation physique (3 %). Rappelons
cisaillement par le ruissellement, de la co¬ sur l'étude des milieux naturels et anthropi¬ cependant, que Fournier, en pionnier,
hésion du sol et des roches. sés et se focalisent sur l'inventaire des avait ouvert cette voie vingt ans plus tôt, en
En zone méditerranéenne, l'érosion en ressources naturelles : le sol, l'eau et la 1 960, en réalisant une carte mondiale des

nappe est modeste, quelle que soit la végétation sont particulièrement étudiés. dangers d'érosion fondée sur des indices
pente, vu la stabilité des sols, le taux de La cartographie est le support de base climatiques et topographiques à l'échelle
cailloux et celui d'argile saturée en cal¬ pour les chercheurs de cette époque qui des grands bassins-versants [67].
cium [37]. Au Maroc, il a été démontré sur sont avant tout des naturalistes et qui fon¬ Pour élaborer de tels documents à l'échelle
divers petits bassins que l'érosion en dent leurs travaux sur les observations mondiale, lorsque les données de base
ravine est beaucoup plus active que l'éro¬ directes du terrain. Les pédologues, seuls n'existent pas, ce qui est très souvent le cas
sion en nappe [16, 53, 54]. En Tunisie, ou associés à des géographes [581, dres¬ en Afrique, le recours à la télédétection est
Collinet et Zante [52] ont montré l'impor¬ sent des cartes à grande échelle (de impératif pour combler les manques. Cet
tance du ruissellement hypodermique 1/50 000 à 1/200 000) : le rôle des outil a donc été très largement utilisé à
[piping] sur le ravinement des marnes chercheurs de l'Orstom fut très important cette époque et testé pour identifier les
gypseuses.
dans la connaissance de ces milieux tropi¬ manifestations de l'érosion. Néanmoins,
Dans la zone soudano-sahélienne caux africains comme en témoigne l'impor¬ malgré les avantages incontestables ap¬
[tableau I), les pentes sont douces, mais tante production bibliographique de cet portés par cette technique, cette dernière
les sols encroûtés, d'où une érosion en
institut [59-65]. n'a pu résoudre que partiellement les pro¬
nappe peu agressive. Le ravinement est en Sur ces cartes, sont figurées les unités blèmes majeurs et il subsiste toujours des
revanche très actif, même sur des pentes
morpho-pédologiques et des informations contraintes essentielles fortes pour les pays
de 1 %, car les versants des glacis sont très
complémentaires où l'on retrouve systéma¬ tropicaux : i) cette technique est coûteuse
longs et le ruissellement très abondant.
tiquement des indications sur les manifes¬ et nécessite du personnel très qualifié ; ii)
Enfin, dans les collines en demi-orange
tations principales de l'érosion. En outre, si la qualité du point de résolution, ou
des régions tropicales humides, l'érosion
lorsque ces cartes servent à leur tour de pixel, s'est considérablement améliorée,
en nappe peut atteindre 700 f/ha/an sur
support pour élaborer des cartes d'apti¬ l'échelle reste néanmoins encore insuffi¬
le bas des versants convexes, mais elle
tude des terres, apparaissent de nouvelles sante pour pouvoir apprécier l'érosion à
n'augmente plus guère avec la pente. Le
informations relatives à l'érosion. Dans ce l'échelle du bassin-versant, de sorte que
ravinement peut être très mordant après
cas, la légende indique les potentialités les observations locales des processus
denudation du sol (urbanisation, piste à
érosives ou les risques d'extension des d'érosion, et les mesures qui en dérivent,
bétail) [38, 55].
processus d'érosion qui sont fonction à la continuent de poser des problèmes
En zone tropicale semi-aride de Tanzanie,
fois de la vulnérabilité des sols à l'érosion d'échelles impossibles à identifier sur les
Rapp et al. [56] ont montré l'importance
au moment de la cartographie et des pres¬ images : entre les parcelles des sommets
des orages exceptionnels pour le dévelop¬
sions à venir, le plus souvent d'origine de pentes, les ravines des versants, le
pement des ravines, alors qu'elles progres¬
anthropique, modifiant la vulnérabilité de transport solide des fleuves, on peut imagi¬
sent peu en temps ordinaire.
départ. ner toute une série de piégeages, collu-
La deuxième période débute dans les vionnements et alluvionnements, mais
Cartographie et effets d'échelle années 975-1 980 et marque la prise de
1
aussi ravinement et érosion remontante
conscience, au plan international, de la selon la position topographique [42] ; et
Si les méthodes expérimentales et paramé¬ gravité des phénomènes de dégradation iii) la couverture végétale dense en Afrique
triques décrites antérieurement, permettent et d'érosion des sols dans les pays tropi¬ humide constitue un écran naturel qui em¬
de mesurer l'intensité des processus d'éro¬ caux, associée à une croissance démogra¬ pêche l'interprétation correcte des ima¬
phique galopante. En effet, dès 972, Tors ges.
sion, seule la cartographie fournit des indi¬ 1

cations sur l'ampleur spatiale des phéno¬ de la réunion de Stockholm, la première D'ailleurs face à ces contraintes difficiles à
mènes. L'apport de la cartographie dans conférence des Nations unies sur l'Envi¬ éliminer pour la télédétection, se dévelop¬
l'étude de l'érosion s'est concrétisé par ronnement fait état d'un constat très alar¬ pent des techniques de télédétection rap¬
l'utilisation de trois types principaux de miste, notamment en Afrique, et crée le prochée qui permettent de capter des ima¬
cartographie : i) la cartographie a grande Programme des Nations unies pour l'Envi¬ ges de haute résolution et d'échelle
échelle (de 1/50 000 à 1/200 000) ; ii) ronnement (PNUE). Cet effort, auquel s'as¬ décimétrique. L'Institut de recherche pour
la cartographie à petite échelle (de socieront ensuite la FAO, l'Unesco, l'Asso¬ e développement (IRD) a conçu un drône
1 /500 000 à 1 /l 0 000 000 ; et iii) l'uti¬ ciation internationale de sciences du sol, 68] qui sert de relais entre l'image satel-
lisation des SIG et des indicateurs, sans aboutira au lancement, en 987, du pro¬ 1 ite et le terrain.
échelles vraiment déterminées. À chaque gramme d'évaluation de l'état actuel de La troisième période est marquée par
type correspond une période bien définie. dégradation des sols dans le monde, l'introduction au concept d'indicateurs

Sécheresse n* /, vol. 15, mars 2004 125


dans les méthodes de suivi de l'érosion. À Érosion, pertes de nutriments supplémentaire pour proposer de lutter
partir des années 1 990, les Nations unies contre elle ; cependant, là où les pluies
tentent de rénover leur approche et de et séquestration du carbone sont abondantes, la réduction du ruisselle¬
remplacer la méthode d'évaluation de la ment peut augmenter le drainage ainsi
dégradation des terres, vieille d'une quin¬ L'érosion n'est pas seulement considérée que les pertes en nutriments solubles
zaine d'années. Ils proposent de recher¬ pour le décapage des profils pédo¬ comme l'azote. Ce fut le cas au Nord-
cher dorénavant les indicateurs de qualité logique, ou le transport de sédiments, mais Cameroun, dans la zone soudanienne de
des terres - Land Quality Indicators [69- aussi pour la perte d'eau et de nutriments Mbissiri, où le semis direct sous litière
71]. La notion d'indicateur sera très utili¬ qu'elle entraîne. Très rapidement, on a d'une rotation coton-maïs a réduit l'éro¬
sée jusqu'à présent. Pour les indicateurs remarqué que l'érodibilité des sols est en sion de 25 à moins de 5 t/ha/an et le
spatialisables, le succès est amplifié par le relation avec le taux de MO des horizons ruissellement de 25 à 10 %, mais a aug¬
développement, en parallèle, des systè¬ superficiels des sols : plus le sol est riche menté le lessivage de l'azote au point
mes d'information géographique (SIG). en humus et en argile, mieux il est struc¬ d'exiger un apport complémentaire de
Ces derniers constituent, en effet, des outils turé, plus ses agrégats sont résistants à la 20 unités d'azote pour redresser la
puissants et pertinents pour stocker, croiser battance des pluies, et plus le taux d'infil¬ carence des cultures [41].
et comparer les indicateurs, ainsi que pour tration est élevé et stable [78-80].
calculer leurs superficies d'application res¬ Par ailleurs, on a observé que les sédi¬ Pertes en carbone à l'échelle
pectives [721. Certains, comme Le Landais ments qui sortent des parcelles érodées de la parcelle et des versants
et Fabre [73], ont appliqué avec succès le sont plus riches en argile et limons fins, en
modèle USLE dans un SIG afin d'identifier matières organiques et en nutriments asso¬ De nombreuses données ont été présen¬
les zones les plus fragiles qui menacent ciés, en particulier en carbone, azote et tées au colloque de Montpellier, en 2002,
d'envasement le barrage du bassin du cations : l'érosion en nappe est un moteur dédié à l'érosion et à la séquestration du
Ouergha au Maroc. D'autres ont utilisé cet de l'appauvrissement en particules fines et carbone, sur l'importance des pertes de
outil afin de relier les risques de ruisselle¬ nutriments de l'horizon superficiel de nom¬ carbone par divers processus d'érosion,
ment et d'érosion avec des indicateurs tels breux sols africains sablo-argileux [25]. sélectifs ou non (érosion linéaire ou en
que les constituants du sol et les états de masse), en milieu tropical et méditerra¬
surface [74, 75]. Enfin, un petit groupe néen. Par rapport à la production de
Pertes en nutriments
s'est intéressé aux possibilités offertes par biomasse (1 à 20 t/ha/an), les pertes de
le Césium 137 qui s'est réparti au hasard Des bilans des pertes par érosion et ruissel¬ carbone particulaire par érosion sont
sur les paysages, il y a 30 ans, à la suite lement ont été calculés sur des parcelles modestes et ne représentent que 1 à
des essais nucléaires dans l'atmosphère. tout au long d'une séquence allant de la 50 kg/ha/an en milieu bien protégé (fo¬
L'étude du Césium radioactif dans les sols forêt subéquatoriale d Abidjan jusqu'aux rêts, prairies, savanes, cultures sous mulch
permet ainsi d'évaluer les pertes et les savanes arborées des environs de Ouaga¬ ou plantes de couverture), mais peuvent
gains de sédiments marqués dans les diver¬ dougou au Burkina [15, 25, 81]. Ils mon¬ atteindre 50 à 500 kg/ha/an sous cultu¬
ses zones d'un bassin-versant [76]. Cette trent que les pertes en nutriments reflètent res labourées sarclées et jusqu'à
évaluation est réalisée et validée sur place, assez fidèlement les teneurs dans les dix 2 t/ha/an sur sol dénudé en milieu très
en espérant que le Césium 137 a été premiers centimètres du sol et dépendent agressif sur fortes pentes. Les pertes en
réparti de façon homogène, quels que essentiellement de l'abondance du ruissel¬ carbone soluble par drainage et ruisselle¬
soient le couvert végétal et la topographie, lement et de l'érosion, à l'exception des ment sont peu connues : elles augmentent
ce qui pose un problème de méthode non champs où l'apport d'engrais solubles de 1 à 600 kg/ha/an avec l'importance
résolu pour l'instant. augmente fortement les exportations. du volume drainé, du Sahel à l'Equateur.
Ainsi, d'une forêt perdant 50 kg/ha/an Seule l'érosion en nappe est franchement
Pour sa part, Brabant [77] a exploité plus
de terre à un champ de maïs fertilisé (N sélective vis-à-vis du carbone (1,2 à 3 et
à fond encore les avantages offerts par les 120, P 20, K 36), dont l'érosion atteint parfois 10 fois la teneur de l'horizon
SIG et la méthode des indicateurs, jusqu'à
90 000 kg/ha/an, les pertes de nutri¬ 10 cm). Là où les rigoles se développent,
introduire le concept d'indice d'état qui ments passent de 14 à 866 kg/ha/an
1 les pertes en carbone sont dépendantes du
permet de combiner entre eux différents
de carbone, de ,5 à 1 85 kg d'azote, de
1 volume érodé et des teneurs des dix pre¬
indicateurs. Par exemple, pour évaluer 0,1 à 33 kg de phosphore, de 0,8 à miers centimètres du sol. Par rapport à la
l'état d'érosion, sont suggérés trois indica¬ 70 kg de calcium, de 0,3 à 35 kg de capacité de séquestration du carbone par
teurs principaux qui se réfèrent : i) au type
magnésium et de 0,6 à 54 kg/ha/an de les sols (0, 1 à 2,5 t/ha/an), les pertes par
d'érosion ; ii) à son extension sur le ter¬ potassium. Il ressort de ces indications que érosion et drainage sont du même ordre
rain ; et iii) à son degré de gravité. Ces l'érosion en nappe appauvrit sérieusement de grandeur. Par conséquent, le paysan a
trois indicateurs sont ensuite agrégés pour les champs labourés. tout intérêt à développer des systèmes de
former un indice synthétique permettant de Stocking [82], au Zimbabwe, considérant cultures bien couvrants pour réduire les
qualifier l'état érodé du site étudié.
seulement les pertes en carbone, en azote pertes par érosion en MO et nutriments,
Cette évolution récente étant rappelée, ne et en phosphore des parcelles d'érosion améliorer la stabilité des agrégats et aug¬
perdons pas de vue que le recours aux SIG pour les principales utilisations des terres menter progressivement le stock de car¬
et aux indicateurs nécessite la numérisa¬ du pays, a évalué les pertes en nutriments bone dans l'horizon de surface.
tion de toutes les données cartographiques pour cet État comme équivalant à Au niveau du versant, le carbone érodé
disponibles, notamment des cartes topo¬ 1,5 billion de dollars US par an. Sur les rencontre de nombreux pièges (végétation
graphiques qui servent de support au repé¬ champs cultivés, 20 à 50 dollars d'azote dense, pentes concaves, sols filtrants,
rage géographique dans cette base. Ce ef de phosphore sont perdus par érosion, talus, haies vives et autres obstacles fil¬
type d'outil ne semble pas encore bien plus que les engrais qu'on y met. trants, prairies marécageuses bordant les
adapté à tous les pays africains car le Il ressort de ces évaluations que l'érosion, rivières). Une bonne partie des terres que
travail de numérisation est long et coûteux à côté du drainage, peut jouer un rôle l'on croyait érodées par les pluies, sont en
et la couverture cartographique reste très important dans l'appauvrissement en nutri¬ fait poussées vers le bas des champs par le
incomplète. ments des sols tropicaux. C'est un motif labour et autres techniques culturales :

126 Sécheresse n° 1, vol. 15, mars 2004


cette érosion aratoire décape les sommets ciers disponibles. Ainsi, en Afrique, on est matrices de main-d' imposées partout
des versants et concentre les horizons hu- passé de l'interprétation de repères (clous, sans vérification de leur efficacité, de leur
mifères sur les talus et en bas des pentes racines dénudées, pierres) à des mesures acceptabilité et de leur rentabilité [86, 87].
concaves. Il s'agit d'un déplacement loca¬ fines du ruissellement, des sédiments gros¬ Diverses techniques biologiques de LAE
lisé plus que d une séquestration du car¬ siers qui seront vite piégés, des matières ont été testées avec succès sur parcelles
bone, à moins que cet humus enfoui ne soit en suspension (MES) et des nutriments qui (de 100 à 2 000 m2). De ces études, il
plus durable du fait de la diminution de risquent d'atteindre la rivière et l'océan, ressort une grande efficacité pour lutter
l'aération par les labours [83]. Le pâtu¬ sur des parcelles de 100 m2, bien adap¬ contre l'érosion et une moindre efficacité,
rage entraîne le tassement de la surface tées à la variabilité des caractéristiques pour lutter contre le ruissellement, qu'il
des sols, un ruissellement abondant et du des terres cultivées et à la disponibilité en s'agisse de paillage, de fumure organi¬
ravinement actif, mais aussi un transfert de S)ersonnel technique. Les chercheurs ont que, de plantes de couverture, de haies
la biomasse du parcours vers les champs ait appel ensuite à des simulations de vives [39, 40], de semi direct sous litière,
voisins du lieu de parcage. Plus l'érosion pluies sur 100 puis 1 m2, valables pour partout où la biomasse est en quantité
est vive, plus l'incision dans la couverture définir la dynamique de l'eau, tester la suffisante pour couvrir au moins 30 % du
pédologique est profonde et les sédiments stabilité des agrégats à la battance et sol, malgré la place donnée à l'élevage
Eouvres en carbone, comparer le flux de perte en MES. L'étude [23, 41]. Mais la conservation des sols
ans les petits barrages de Tunisie des ravines, de la circulation des flux d'eau pauvres ne suffit pas à améliorer substan¬
centrale, la majorité du carbone vient de et de sédiments, de leur piégeage sur les tiellement la productivité des terres [39,
la végétation et des sols [841. Dans les versants, reste à développer. Les hydrolo¬ 88]. La fumure organique est très utile,
grands fleuves, l'essentiel au carbone gues ont observé par ailleurs les flux de mais souvent carencée en azote et phos¬
provient des eaux de drainage et de l'alté¬ sédiments fins sur de nombreux bassins, phore et surtout pas assez abondante.
ration des roches carbonatées ou silica- sans qu'on puisse toujours totalement ex¬ Dorénavant, on s'oriente vers des appro¬
tées : le carbone particulaire est peu pliquer les effets d'échelle et les facteurs de ches biologiques croisées avec la gestion
abondant (piégé en amont) et l'humus risque d'érosion. La cartographie des ris¬ de l'eau, de la biomasse et des nutriments
des sols est rapidement prélevé pour le ques d'érosion tente aujourd'hui de croi¬ du sol auxquels on ajoute un complément
développement de planctons et algues ser, dans le cadre de bassins spatialisés, minéral (surtout P et N) pour faire face aux
dans la rivière. Les océans possèdent les divers indicateurs d'état de surface et de besoins en nutriments des cultures et non
plus grandes réserves de carbone de la stabilité des macro-agrégats validés à pour corriger les carences du sol (pratique
terre (39 000 GT de C organique et l'échelle des parcelles d'érosion [241. En¬ qui serait trop chère et trop risquée, car
10 000 GT de carbone inorganique), en fin, divers isotopes permettent de distin¬ nombre de sols tropicaux retiennent peu
face desquelles le flux de carbone érodé guer l'origine des sédiments, les zones les engrais). Même si les méthodes de LAE
sur les sols du continent (1,2 GT) est bien d'arrachage, de transport et de dépôt et sont techniquement efficaces, encore faut-il
modeste : ces réserves dépendent des leur transfert dans les bassins-versants qu'elles soient acceptables pour les petits
équilibres entre le carbone soluble de [85]. fermiers bénéficiaires : c'est pourquoi il
l'océan et l'oxyde de carbone de l'atmos- est important d'étudier les stratégies tradi¬
jhère. Les autres puits de carbone Les processus d'érosion tionnelles de gestion de l'eau et de la
500 GT dans les sols et 650 GT dans
1 fertilité des sols, d'appréhender leur répar¬
es arbres) se détériorent par minéralisa¬ La majorité des mesures ayant été faites tition dans l'espace écologique et de re¬
tion, laquelle est encore accélérée par les sur des parcelles plantées chaque année, chercher l'amélioration de leur efficacité
activités humaines (défrichements, brûlis on dispose aujourd'hui en Afrique de plus (fertilisation complémentaire, affinage des
des résidus de culture, labour et pâtu¬ de mille résultats annuels d'érosion en doses d'irrigation, introduction des activi¬
rage). nappe (interrill) en fonction des sols, des tés biologiques permettant la restauration
cultures, des pentes les plus courantes et des sols dégradés).
des techniques culturales.
En revanche, on dispose de trop peu de
Conclusions et perspectives
mesures d'érosion linéaire, d'importance
Réféerences
majeure en montagne où, sur les versants
La modélisation très pentus, les flux liquides et solides em¬
1 . Harroy JP. Afrique terre qui meurt. La dégradation

On dispose de plus de 000 données1


pruntent des chenaux de circulation sou¬ des sols africains sous l'influence de la colonisation.
annuelles de mesure de l'érosion en nappe vent bloqués par des pierres ou des touffes Bruxelles : Éditions Marcel Hayez, 1 944 ; 557 p.
et rigoles, couvrant une grande diversité végétales. On dispose encore moins d'étu¬
des systématiques de l'érosion aratoire 2. Fournier F. La recherche en érosion et conserva¬
de situations agroécologiques de ce vaste tion des sols sur le continent africain. Sols Africains
continent qu'est l'Afrique. Mais ces don¬ (par les techniques de travail du sol), de 1967,12:5-53.
nées sont dispersées et insuffisamment re¬ I érosion en masse, des glissements de
liées entre elles et il manque un modélisa¬ terrain et du creeping qui relaie l'érosion 3. Fauck R, Dugain F. Erosion et ruissellement en
en nappe en montagne. moyenne Guinée. Relations avec les cultures. Da-
teur africain, sorte de « Wischmeier laba, CR. Il" Conférence Interafricaine des Sols,
local », pour tester et valider les divers 1959.
modèles proposés [14, 15, 25]. Validation des méthodes de lutte :
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de l'érosion : plus complexe
Depuis un demi-siècle, les conservateurs des 5. Dabin B, Leneuf N. Etude de l'érosion et du ruissel¬
ou plus simple ?
sols proposent des techniques de lutte anti¬ lement en basse Côte d'Ivoire. Abidjan : Orstom,
11 n'existe pas de méthode de mesure par¬ érosives mécaniques dont la validation scien¬ 1958; 20 p.
faite. Il faut donc choisir un faisceau de tifique n'a jamais été faite. On connaît main¬ 6. Tricart J. Érosion naturelle et érosion anthropique
techniques adaptées aux problèmes que tenant des exemples de l'échec de ces à Madagascar. Revue Géol Dynamique Paris 1 953 ;
l'on veut résoudre et aux moyens finan techniques de terrassement grandes consom 5 : 225-30.

Sécheresse n° 1, vol. 15, mars 2004 127


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