Analyse2 Chap 4
Analyse2 Chap 4
: Limites et continuités
Université Moulay Ismail, ENSAM, Meknes
05 Décembre 2023
Module : ANALYSE 2 05 Décembre 2023 1 / 55
1 Limites d’une fonction
Définitions de la limite d’une fonction
Limite d’une fonction à gauche / à droite en un point
Opérations sur les limites
Caractérisation séquentielle
Limites et relations d’ordre
Dans tout ce chapitre, I désigne un intervalle non trivial de R (c’est à dire non vide et non
réduit à un point).
Soit a ∈ I. Rappelons les résultats suivants
V est un voisinage de a s’il existe ε > 0 tel que ]a − ε, a + ε[⊂ V .
V est un voisinage de +∞ s’il existe A ∈ R tel que ]A, +∞[⊂ V .
V est un voisinage de −∞ s’il existe B ∈ R tel que ] − ∞, B[⊂ V .
On désigne par R l’ensemble R ∪ {−∞, +∞} et I¯ l’adhérence de I.
Propriété vraie au voisinage d’un point
Définition
Soient f une fonction définie sur une partie I de R et a ∈ I.
On dit que la fonction f est définie au voisinage du point a si et seulement s’il existe un
voisinage V de a telle que V ⊂ I.
On dit que f vérifie la propriété P au voisinage du point a si et seulement s’il existe un
voisinage V ⊂ I de a tel que la restriction de f à V vérifie la propriété P.
Définition
Proposition
¯ Si f possède une limite en a alors celle ci est unique
Soient une fonction f : I → R et a ∈ I.
et sera notée lima f ou limx→a f .
Si limx→a f = l on dit aussi que f (x) tend vers l lorsque x tend vers a.
Démonstration.
Raisonons par l’absurde. Supposons que f possède deux limites l et l0 distinctes. Comme
l 6= l0 , il existe un voisinage Vl de l et un un voisinage Vl0 de l0 tel que Vl ∩ Vl0 = ∅. Par
hypothèse sur f :
Pour Vl , il existe un voisinage Va de a tel que : ∀x ∈ Va ∩ I, x 6= a ⇒ f (x) ∈ Vl , Pour Vl0 , il
existe un voisinage Va0 de a tel que : ∀x ∈ Va0 ∩ I, x 6= a ⇒ f (x) ∈ Vl0
Alors ∀x ∈ Va0 ∩ Va ∩ I\{a}; f (x) ∈ Vl ∩ Vl0 = ∅. C’est absurde, car Va0 ∩ Va est aussi un
voisinage de a et donc l’ensemble Va0 ∩ Va ∩ I\{a} est non vide.
Remarque
|x − a| < δ ⇐⇒ x ∈]a − δ, a + δ[
|f (x) − l| < ε ⇐⇒ f (x) ∈]l − ε, l + ε[
2 Supposons que a et l sont des réels dans Définition [?] de limx→a f = l on peut
remplacer :
"pour tout voisinage Vl de l" par "pour tout intervalle de la forme ]l − ε, l + ε[ où ε > 0 "
ou tout simplement par " ∀ε > 0 ".
" ∃Va voisinage de a" par "il existe un intervalle de la forme ]a − δ, a + δ[ où δ > 0 " ou
simplement " ∃δ > 0” ".
" x ∈ Va " par " x ∈] a − δ, a + δ [ ou |x − a| < δ " et " f (x) ∈ Vl " par "
f (x) ∈] l − ε, l + ε[ ou |f (x) − l| < ε00 .
Ainsi nous allons reformuler la définition de neuf façons différentes dans neuf contextes.
Définition
Soient une fonction f : I → R, a ∈ I¯ ∩ R et l ∈ R.
Trois limites finies : cas où l ∈ R.
1 limx→a f (x) = l ⇔ ∀ε > 0, ∃δ > 0 tel que, ∀x ∈ I : 0 < |x − a| < δ ⇒ |f (x) − l| < ε.
2 limx→+∞ f (x) = l ⇔ ∀ε > 0, ∃A > 0 tel que, ∀x ∈ I : x > A ⇒ |f (x) − l| < ε.
3 limx→−∞ f (x) = l ⇔ ∀ε > 0, ∃B < 0 tel que, ∀x ∈ I : x < B ⇒ |f (x) − l| < ε.
Six limites infinies : cas où l = ±∞.
4 limx→a f (x) = +∞ ⇔ ∀A > 0, ∃δ > 0 tel que, ∀x ∈ I : 0 < |x − a| < δ ⇒ f (x) > A.
5 limx→a f (x) = −∞ ⇔ ∀B < 0, ∃δ > 0 tel que, ∀x ∈ I : 0 < |x − a| < δ ⇒ f (x) < B.
6 limx→+∞ f (x) = +∞ ⇔ ∀A > 0, ∃B > 0 tel que, ∀x ∈ I : x > B ⇒ f (x) > A.
7 limx→+∞ f (x) = −∞ ⇔ ∀A < 0, ∃B > 0 tel que, ∀x ∈ I : x > B ⇒ f (x) < A.
8 limx→−∞ f (x) = +∞ ⇔ ∀A > 0, ∃B < 0 tel que, ∀x ∈ I : x < B ⇒ f (x) > A.
9 limx→−∞ f (x) = −∞ ⇔ ∀A < 0, ∃B < 0 tel que, ∀x ∈ I : x < B ⇒ f (x) < A.
Remarque
1 On pourra montrer que dans ces définitions, toutes les inégalités strictes peuvent être
remplacée par des inégalités larges.
2 Le δ dépend en général de ε. Pour marquer cette dépendance on peut écrire :
∀ε > 0, ∃δε > 0 . . ..
Exemple
1
limx→2 f (x) = limx→2 √
4 = +∞.
|x−2|
En effet soit A > 0. Pour tout x ∈ R\{2} :
4
1 1
f (x) > A ⇔ p > A ⇔ |x − 2| <
4
|x − 2| A
1 4 1 4
Alors pour δ = A
on a bien ∀x ∈ R\{2} : |x − 2| < A
⇒ f (x) > A. D’où le résultat
désiré.
Définition
Soient une fonction f : I → R, a ∈ I¯ (ici a est un réel) et l ∈ R.
1 Si f est définie au voisinage de a à droite. On dit que f admet l comme limite en a à
droite si pour tout voisinage Vl de l il existe δ > 0 tel que :
∀x ∈ I : a < x < a + δ ⇒ f (x) ∈ Vl .
On note limx→a+ f (x) = l.
2 Si f est définie au voisinage de a à gauche. On dit que f admet l comme limite en a à
gauche si pour tout voisinage Vl de l il existe δ > 0 tel que :
∀x ∈ I : a − δ < x < a ⇒ f (x) ∈ Vl .
On note limx→a− f (x) = l.
En particulier :
limx→a+ f (x) = l ∈ R ⇔ ∀ε > 0, ∃δ > 0 tel que,
∀x ∈ I : a < x < a + δ ⇒ |f (x) − l| < ε.
limx→a− f (x) = l ∈ R ⇔ ∀ε > 0, ∃δ > 0 tel que,
∀x ∈ I : a − δ < x < a ⇒ |f (x) − l| < ε.
limx→a+ f (x) = +∞ ⇔ ∀A > 0, ∃δ > 0 tel que, ∀x ∈ I : a < x < a + δ ⇒ f (x) > A.
limx→a− f (x) = −∞ ⇔ ∀B < 0, ∃δ > 0 tel que, ∀x ∈ I : a − δ < x < a ⇒ f (x) < B.
Application
Proposition
Soient a ∈ R, α > 0, l ∈ R, et une fonction f :]a − α, a[∪]a, a + α[→ R. Alors
Lemme
¯ Si f possède une limite finie en a alors f est bornée
Soient une fonction f : I → R et a ∈ I.
dans un voisinage de a.
Démonstration.
Par hypothèse sur f on a limx→a f (x) = l ∈ R donc
pour ε = 1, il existe un voisinage Va de a tel que ∀x ∈ I ∩ Va , x 6= a ⇒ |f (x) − l| < 1
Alors f (I ∩ Va ) ⊂] l − 1, l + 1[∪{f (a)} i.e. f est bornée dans un voisinage de a.
Proposition
Soient une fonction f : I → R, a ∈ I¯ et l1 , l2 ∈ R. On suppose que
Alors
Démonstration
Démonstration (Suite)
-Pour le produit :
limx→a f (x) = l1 donc d’après le lemme f est bornée au voisinage de a i.e. il existe une
constante M > 0 et α1 > 0 tel que
ε
Pour ε00 = M +|l2 |
, ∃α2 > 0 tel que, ∀x ∈ I : 0 < |x − a| < α2 ⇒ |f (x) − l1 | < ε00 ,
∃α3 > 0 tel que, ∀x ∈ I : 0 < |x − a| < α3 ⇒ |g(x) − l2 | < ε00 .
Démonstration (Suite)
l2 l2
Pour ε1 = , ∃γ1 > 0 tel que, ∀x ∈ I : 0 < |x − a| < γ1 ⇒ |g(x) − l2 | <
2 2
l2 l2 2 1 2 1 2
⇒ l2 − < g(x) < l2 + ⇒0< < < ⇒ < ,
2 2 3l2 g(x) l2 g(x) l2
et
l2
Pour ε2 = 22 · ε, ∃γ2 > 0 tel que, ∀x ∈ I : 0 < |x − a| < γ2 ⇒ |g(x) − l2 | < ε2 .
On prend γ = min (γ1 , γ2 ) et on obtient
1 1 g(x) − l2 1
∀x ∈ I : 0 < |x − a| < γ ⇒ − = = · |g(x) − l2 |
g(x) l2 g(x)l2 l2 g(x)
2
≤ 2 · ε2 = ε.
l2
1 1
Alors limx→a g(x)
= l2
.
Proposition
¯ Les assertions suivantes sont équivalentes
Soient une fonction f : I → R, a ∈ I.
1 limx→a f (x) = l
2 Pour toute suite (un )n à valeurs dans I\{a} qui converge vers a, la suite f (un )
converge vers l. On a donc :
pour toute suite (un )n à valeurs dans I\{a} :
lim f (x) = l si et seulement si
x→a lim un = a =⇒ lim f (un ) = l.
Démonstration.
Commençons par l’implication (1) ⇒ (2) ;
On suppose que limx→a f (x) = l alors pour tout voisinage Vl de l il existe un voisinage Va de
a tel que : x ∈ Va ∩ l\{a} ⇒ f (x) ∈ Vl .
Soit (un )n une suite à valeurs dans I\{a} telle que lim un = a, alors
∃ε0 > 0, ∀α > 0, ∃x0 ∈ I tel que 0 < |x0 − a| < α et |f (x0 ) − l| ≥ ε0 .
1 1
Pour α = , ∃un ∈ I\{a} tel que |un − a| < et |f (un ) − l| ≥ ε0 .
n n
Ainsi on a construit une suite (un )n à valeurs dans I\{a} tel que lim un = a et f (un )
n’admet pas l pour limite.
Exemple
1
(a) Montrer que limx→0 cos x
n’existe pas
1 1
On considère les deux suites à valeurs dans R\{0} définies par : un = 2nπ
et vn = π +2nπ .
2
On a
Proposition
Soient une fonction f : I → R, a ∈ I¯ (éventuellement infini) et K ∈ R telles que pour tout
x ∈ I : f (x) ≥ K ( resp. f (x) > K). Alors
lim f (x) = l =⇒ l ≥ K.
x→a
Démonstration.
Résonons par l’absurde dans le cas où a et l sont finis.
Supposons que l < K. Comme limx→a f (x) = l,
Voici une proposition très importante qui signifie qu’on peut passer à la limite dans une
inégalité.
Corollaire
Soient f, g, h : I → R, a ∈ I¯ (éventuellement infini)
(i) Si ∀x ∈ I : f (x) ≥ g(x) et si limx→a f (x) = l1 et limx→a g(x) = l2 alors l1 ≥ l2 .
(ii) Si ∀x ∈ I : f (x) ≤ g(x) ≤ h(x) et si limx→a f (x) = limx→a h(x) = l alors g a une limite
en a et limx→a g(x) = l (Théorème des gendarmes/de l’encadrement)
Démonstration.
(i) Définissons la fonction k = f − g. Alors pour tout x ∈ I : k(x) ≥ 0 et limx→a k(x) =
l1 − l2 . D’après la proposition précédente l1 − l2 ≥ 0, d’où l1 ≥ l2 .
(ii) Provient imédiatemment de (i).
Théorème
Soient a, b ∈ R et f :]a, b[→ R une fonction croissante. Alors il y a deux possibilités
1 Si f est majorée, alors f admet une limite finie lorsque x tend vers b− et on a alors
Remarque
Le théorème de la limite monotone permet de justifier l’existence d’une limite sans la
connaître explicitement. C’est un théorème d’existence abstrait très important en analyse.
Preuve
Posons E = {f (x); x ∈]a, b[}. La partie E ⊂ R est non vide. Étudions les deux cas.
1. Si la fonction f est majorée, alors la partie E est majorée et d’après l’axiome de la borne
supérieurs, elle possède une borne supérieure l ∈ R. Montrons qu’alors f (x) l. Soit ε > 0.
x→b
D’après le théorème de caractérisation de la borne supérieure (9.9), il existe y ∈ E tel que
l − ε ← y 6 l. Puisque y ∈ E, il existe x0 ∈] a, b [ tel que y = f (x0 ). Posons η = b − x0 > 0.
Soit x ∈ I tel que |x − b| 6 η, on a x0 6 x 6 b. Puisque la fonction f est croissante,
f (x0 ) 6 f (x) et comme l est un majorant de E, on a également f (x) 6 l. Finalement,
l − ε 6 f (x0 ) 6 f (x) 6 l d’où |f (x) − l| 6 ε.
2. Si la fonction f n’est pas majorée, montrons que f (x) + ∞. Soit M > 0. Puisque f
x→b
n’est pas majorée, il existe x0 ∈] a, b [ tel que M 6 f (x0 ). Posons η = b − x0 > 0. Soit x ∈ I
tel que |x − b| 6 η. Puisque x0 6 x et que f est croissante, on a M ← f (x0 ) 6 f (x).
Théorème
−
→
Soient (a, b) ∈ R 2 et I =] a, b[. Si une fonction f :]a, b[→ R est décroissante, alors il y a
deux possibilités.
1. Si f est majorée, alors f admet une limite finie l lorsque x tend vers a et on a alors
l = supI f .
2. Si f n’est pas majorée, alors f (x) −→ +∞.
x→a
De même,
1. Si f est minorée, alors f admet une limite finie l lorsque x tend vers b et l = inf I f .
2. Si f n’est pas minorée, alors f (x) −→ −∞.
x→b
Définition
Soient f : I → R une fonction et a ∈ I.
1 On dit que f est continue en a si limx→a f (x) = f (a).
2 On dit que f est continue d droite en a si limx→a+ f (x) = f (a).
3 On dit que f est continue à gauche en a si limx→a− f (x) = f (a).
4 On dit que f est continue sur I si f est continue en tout point de I. On note C(I, R) ou
C 0 (I, R), l’ensemble des fonctions continues sur I.
En utilisant les définitions des limites, nous allons reformuler, dans la proposition suivante, la
définition ci-dessus.
Proposition
Soient f : I → R une fonction, a ∈ I.
1 On dit que f est continue en a ssi
3 Si f est définie au voisinage de a à gauche. On dit que f est continue à gauche en a ssi
Intuitivement, une fonction est continue sur un intervalle, si on peut tracer son graphe « sans
lever le crayon », c’est-à-dire si sa courbe représentative n’admet pas de saut.
Exemple
1 La fonction valeur absolue |.| est continue sur R. (Pour la preuve il suffit d’utiliser
l’inégalité ||x| − |y|| ≤ |x − y|).
2 La fonction partie entière E est continue à droite, mais pas à gauche, en tout point de Z.
En effet, soit n ∈ Z :
n
n si x ∈ [n, n + 1[ limx→n+ E(x) = n = E(n)
Comme E(x) = donc
n−1 si x ∈ [n − 1, n[ limx→n− E(x) = n − 1 6= E(n)
La continuité assure par exemple que si une fonction n’est pas nulle en un point alors elle
n’est pas nulle autour de ce point. Voici l’énoncé :
Lemme
Soient a ∈ I et f : I → R une fonction. Si f est continue en a alors il existe δ > 0 tel que
Démonstration.
Supposons par exemple que f (a) > 0, le cas f (a) < 0 se montrerait de la même manière. Par
définition de la continuité de f en a :
∀ε > 0, ∃δ > 0 tel que, ∀x ∈ I : |x − a| < δ ⇒ |f (x) − f (a)| < ε, c’est à dire :
∀ε > 0, ∃δ > 0 tel que, ∀x ∈ I : x ∈]a − δ, a + δ[⇒ f (x) ∈]f (a) − ε, f (a) + ε[
f (a)
Si on prend ε = 2
. Il existe alors δ > 0 tel que :
f (a) 3f (a)
∀x ∈ I : x ∈]a − δ, a + δ[⇒ f (x) ∈] , [⇒ f (x) 6= 0 (car f (x) > 0)
2 2
Pour plus de pécision on a démontré dans la preuve ci-dessus le résultat : si f est continue en
a et f (a) 6= 0 alors f garde un signe constant dans un voisinage de a.
Application
f (x) = sin(x) cos x1 si x 6= 0
; g(x) = xE(x) où E est la fonction partie entière.
f (0) = 0
Indication. On pourra montrer que f est continue sur R tandis que g est continue en 0 et
discontinue sur R∗ .
Définition
Soient a un point de I et f : I\{a} → R une application.
On dit que f est prolongeable par continuité en a si limx→a f (x) existe et finie. Notons alors
l = limx→a f (x). La fonction f˜ definie sur I par
f˜(x) = f (x) si x 6= a
f˜(a) = l
Remarque
f est définie sur I\{a} tandis que f˜ est définie sur I et f˜ et f coincident sur I\{a}.
Exemple
La fonction g : x 7→ sinx x est définie sur R\{0}. Puisque limx→0 sinx x = 1 (existe et finie)
donc g est prolongeable par continuité en 0 . Son prolongement par continuité est la fonction
g̃(x) = sinx x
n
g̃(0) = 1
La continuité se comporte bien avec les opérations élémentaires. Les propositions suivantes
sont des conséquences immédiates des propositions analogues sur les limites.
Proposition
Soient λ ∈ R et f, g : I → R deux fonctions continue en a ∈ I. Alors
1 Les fonctions λf, f + g et f · g sont continues en a.
1
2 Si g(a) 6= 0 alors g
est continue en a.
3 sup(f, g) et inf(f, g) sont continues en a.
Soient f : I → R et g : J → R deux fonctions telles que f (I) ⊂ J. Si f est continue en un
point a ∈ I et si g est continue en f (a) alors g ◦ f est continue en a.
Démonstration.
Rappelons que pour tout x ∈ I : sup(f, g)(x) = sup(f (x), g(x)) et inf(f, g)(x) =
inf(f (x), g(x)).
Le point 3 résulte des égalités suivantes :
f + g + |f − g| f + g − |f − g|
sup(f, g) = et inf(f, g) = .
2 2
Les autres points sont des conséquences immédiates des propositions analogues sur les
limites.
Proposition
Soient f : I → R une fonction et a ∈ I. Les assertions suivantes sont équivalentes
f est continue en a.
Pour toute suite (un )n à valeurs dans I :
Démonstration.
Utiliser la caractérisation séquentielle de la limite.
Applications
f x2 = f (x).
f (x) = g(x)
alors f = g sur R.
4 Montrer que la fonction f : R → R définie par
f (x) = 1 si x ∈ Q
f (x) = 0 si x ∈
/Q
Réponses
x x x
f (x) = f =f =f = ··· ,
2 4 8
donc par récurrence on pourra montrer que pour tout n ∈ N :
x
f (x) = f
2n
On pose un = 2xn alors un −→ 0. Puisque f est continue en 0 , par la caractérisation
séquentielle de la continuite, f (un ) −→ f (0). D’autre part par (∗ ) on sait que f (un ) est une
suite constante égale à f (x) donc f (un ) −→ f (x). L’unicité de la limite d’une suite assure que
f (x) = f (0),
ceci est vrai pour tout x ∈ R. Donc f est constante. Réciproquement toute fonction constante
est continue en 0 et vérifie l’égalité ().
∀ε > 0, ∃a ∈ Q : |x − a| 6 ε
1 1
Soit n ∈ N? .
Pour ε = n
,on trouve an ∈ Q tel que |x − an | 6 n . On construit ainsi une suite
1
(an ) de rationnels vérifiant : ∀n > 1, |x − an | 6 n . La suite (an ) converge vers x. De la même
façon, puisque R\Q est dense dans R, on construit une suite (bn ) de nombres irrationnels qui
converge vers x. Mais alors si l’on suppose que f est continue au point x, ∀n > 1, f (an ) = 1
−→
et donc f (an ) 1, mais puisque f est continue au point x, f (an ) −−−−−→ f (x), ce qui
n→+∞ n→+∞
montre que f (x) = 1. D’autre part, ∀n > 1, f (bn ) = 0 et f (bn ) −−−−−→ f (x) ce qui montre
n→+∞
que f (x) = 0, une absurdité. Par conséquent, la fonction f n’est pas continue au point x.
Théorème ()
Soit f une fonction continue sur [a, b] telle que f (a) · f (b) < 0, alors il existe c ∈]a, b[ tel que
f (c) = 0.
Si de plus f est strictement monotone sur [a, b] alors c est unique.
Démonstration.
Notons N = {x ∈ [a, b] | f (x) 6 0}. C’est une partie de R. Puisque a ∈ N , cette partie est non
vide. De plus elle est majorée par b donc elle admet une borne supérieure c = sup N .
Montrons que f (c) = 0.
- D’après la caractérisation de la borne supérieure,
∀ε > 0, ∃x ∈ N, c − ε 6 x 6 c
En prenant pour tout entier n non nul ε = 1/n, il existe donc un réel xn ∈ [c − 1/n, c]
vérifiant f (xn ) 6 0. On construit ainsi une suite de points de [a, b] vérifiant xn −→ c et
n→+∞
f (xn ) 6 0. Puisque la fonction f est continue au point c, f (xn ) −→ f (c) et par passage à
n→+∞
la limite dans les inégalités, on a f (c) 6 0.
- Puisque c est un majorant de N , ∀x ∈]c, b], f (x) > 0 et puisque f est continue à droite au
point c, f (x) −→ f (c). Par passage à la limite dans les inégalités, on en déduit que f (c) > 0.
x→c+
En conclusion, f (c) = 0.
Remarque
Le résultat est faux si la fonction est définie sur un ensemble A qui n’est pas un
intervalle. Par exemple, la fonction f définie sur [−2, −1] ∪ [1, 2] par f (x) = −1 si
x ∈ [−2, −1] et f (x) = 1 lorsque x ∈ [1, 2] est continue en tout point de A, vérifie la
deuxième hypothèse, puisque f (−2) < 0 et f (2) > 0 mais ne s’annule pas sur A.
Le théorème des valeurs intermédiaires est (comme le théorème de la limite monotone)
un théorème qui permet de montrer l’existence d’objets de façon abstraite sans préciser
leur valeur. On utilise pour cela une fonction auxiliaire bien choisie et on applique le
TVI à cette fonction.
Exemple
Tout polynôme de degré impair possède au moins une racine réelle. En effet, un tel
polynôme s’écrit
P (x) = an xn + · · · + a1 x + a0
avec n un entier impair et an 6= 0. On peut supposer que le coefficient an est strictement
positif. Alors on a lim−∞ P = −∞ et lim+∞ P = +∞. En particulier, il existe deux réels
a et b tels que f (a) < 0 et f (b) > 0 et on conclut grâce au Theorème des Valeurs
Intermédiaires .
Montrer qu’il existe un unique réel x > 0 tel que 2x + 3x = x
x7 . En effet, il suffit de
x
remarquer que cette equation est equivalente ȧ 27 + 37 − 1 = 0.
Corollaire
Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue. Alors pour toute valeur λ comprise entre f (a) et
f (b), il existe c ∈ [a, b] tel que f (c) = λ.
Une illustration du théorème des valeurs intermédiaires (figure de gauche), le réel c n’est pas
nécessairement unique. De plus si la fonction n’est pas continue, le théorème n’est plus vrai
(figure de droite).
Démonstration.
On pose g(x) = f (x) − λ. La fonction g est continue sur [a, b], g(a) = f (a) − λ et
g(b) = f (b) − λ. Comme λ est compris entre f (a) et f (b) donc g(a) · g(b) < 0, par Theorème
[16] il existe c ∈]a, b[ tel que g(c) = 0 i.e f (c) = λ.
Applications
3f (0) + 4f (1)
f (c) =
7
3 On suppose que f (1) = f (0). Montrer qu’il existe c ∈ [0, 1] tel que
1
f c+ = f (c)
2
Corollaire ()
L’image d’un intervalle I par une fonction continue sur I est un intervalle.
Démonstration.
Soitent I un intervalle de R et f : I −→ R une fonction continue. D’après la caractérisation
suivante d’un intervalle :
parsuite z est compris entre f (x) et f (x0 ). Alors par Théorème des valeurs intermédiaires, il
existe c entre x et x0 tel que f (c) = z. Comme c ∈ I donc f (c) = z ∈ f (I), ainsi
[y, y 0 ] ⊂ f (I).
Proposition
L’image d’un segment par une fonction continue est un segment.
Toute fonction continue f : [a, b] −→ R continue (sur le segment [a, b] ) est bornée et
atteint ses bornes supérieure et inferieure, c-à-dire il existe x1 , x2 ∈ [a, b] tels que :
Démonstration.
Soitent I = [a, b] un intervalle de R et f : I −→ R une fonction continue. On sait d’après
Corollaire [??] que f (I) est un intervalle. Posons
Puisque M = sup{f (x) | x ∈ [a, b]}, il existe une suite (xn )n∈N de valeurs dans [a, b] telle que
la suite
f (xn ) −→ M
Comme la suite (xn )n∈N est bornée, par Théorème de Bolzano-Weirstrass, on peut extraire
une sous-suite xϕ(n) qui converge vers l ∈ [a, b]. Par la caractérisation séquentielle de
n∈N
la continuité, On a
xϕ(n) −→ l ∈ [a, b] ⇒ f xϕ(n) −→ f (l) car f est continue en l.
D’autre part on a f xϕ(n) −→ M . Par unicité de la limite d’une suite il vient M = f (l),
donc M ∈ f ([a, b]). Par le même raisonnement, on pourra montrer que m ∈ f ([a, b]). D’où
Remarque
1. Si f : I −→ R est continue et si I n’est pas pas fermé borné, alors en général f n’est pas
bornée. Par exemple f :]0, 1] −→ R la fonction définie par f (x) = x1 , alors
f (]0, 1]) = [1, +∞[, donc f n’est pas bornée.
2. Soient f : [a, b] −→ R une fonction continue, m = inf x∈[a,b] f (x) et M = supx∈[a,b] f (x).
Alors f ([a, b]) = [m, M ].
Applications
(i) Soit h : [a, b] → R une fonction continue telle que h > 0 sur [a, b]. Montrer qu’il existe
α > 0 tel que :
Solution :
Considérons la fonction définie sur [a, b] par h = g − f .La fonction h est continue et
strictement positive sur [a,b]. Elle possède donc un minimum strictement positif atteint en
un certain point K ∈ [a, b]. Posons : K = h(c) = g(c) − f (c) > 0. Il est clair que : ∀x ∈ [a, b],
f (x) < g(x) − K
Définition
On dit qu’une fonction f : I → R est lipschitzienne sur l’intervalle I s’il existe un réel K ≥ 0
tel que
Remarque
La définition précédente est équivalente à
f (x) − f (y)
∃K ≥ 0, ∀x, y ∈ I, x 6= y : ≤K
x−y
Ainsi une fonction est lipschitzienne sur l’intervalle I si et seulement si l’ensemble des
pentes de toutes ses cordes est borné.
Si f est K-lipschitzienne sur I alors pour tout L ≥ K la fonction f est L-lipschitzienne
sur I
Exemple
La fonction x 7→ |x| est 1-lipschitzienne sur R. En effet
Définition
Soit f : I → R une fonction. On dit que f est uniformément continue sur I si
Proposition
Soit f : I → R une fonction. On a les implications suivantes
f lipschitzienne sur I =⇒ f uniformément continue sur I =⇒ f continue sur I.
Démonstration.
Supposons f lispchitzienne sur I, il existe K ≥ 0 tel que
Remarque
Les implications réciproques dans la proposition prcédente sont en générale fausse comme le
montre les contres exemples suivants :
1 La fonction f (x) = x2 est continue sur R mais elle n’est pas uniformément continue sur
R. En effet,
1 δ 1 δ
on prend ε = 1, soit δ > 0, pour x = δ
+ 2
et y = δ
on a|x − y| = 2
< δ et
2 2
1 δ 1 δ2
|f (x) − f (y)| = + − =1+ >1
δ 2 δ 4
Ainsi
√
2 La fonction g(x) = x est uniformément continue sur [0, 1] mais elle n’est pas
lipschitzienne sur [0, 1]. En effet, supposons par l’absurde qu’elle est lipschitzienne sur
[0, 1] donc il existe K ≥ 0 tel que
√ √
∀x, y ∈ [0, 1] : | x − y| ≤ K · |x − y|
√
Prenons y = 0, donc ∀x ∈]0, 1] : | x| ≤ K · |x| ⇒ ∀x ∈]0, 1] : √1 ≤ K, cela signifie que la
x
fonction x 7→ √1 est bornée sur ]0, 1] ce qui est absurde.
x
Théorème
Toute fonction continue sur un segment est uniformément continue sur ce segment.
Démonstration.
Soit f une fonction continue sur [a, b]. Raisonnons par l’absurde en supposant que f n’est pas
uniformément continue sur [a, b], c’est à dire
∃ε0 > 0, ∀δ > 0, ∃u0 , v0 ∈ [a, b] tels que |u0 − v0 | < δ et |f (u0 ) − f (v0 )| ≥ ε0
1
fixons donc ce ε0 . Soit n ∈ N en prenant δ = n
1
il existe un , vn ∈ [a, b] tels que |un − vn | < et |f (un ) − f (vn )| ≥ ε0
n
Les suites (un ) et (un ) sont bornées (par a et b ), d’aprèsThéorème de Bolzano-Weierstrass,
on peut en extraire deux sous suites convergentes, uϕ(n) et vϕ(n) vers une limite
l ∈ [a, b]. Puisque
(
lim uϕ(n) =l
lim vϕ(n) =l ,
f est continue en l
donc lim f uϕ(n) = lim f vϕ(n) = f (l) ⇒ lim f uϕ(n) − f vϕ(n) = 0. c’est absurde
car
∀n ∈ N : f uϕ(n) − f vϕ(n) ≥ ε0