Mmoire Ngalle Mpackobon
Mmoire Ngalle Mpackobon
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Sous l’encadrement
Académique de : Professionnel de :
Dr. MALONG Yannick M. Westly MANIOR
Ingénieur en Télécommunications Ingénieur en Télécommunications
Enseignant à la FGI MTN Cameroun
Ce mémoire intitulé :
« ANALYSE ET REDUCTION DE LA LATENCE DES PAQUETS DE DONNEES DES
RESEAUX MOBILES DE 3e ET DE 4e GENERATION : CONTRIBUTION A
L’OPTIMISATION DU RESEAU DE MTN CAMEROUN »
A ma famille
i
Remerciements
Ce mémoire est le fruit d'un stage effectué en entreprise et des connaissances que nous
avons acquises durant nos études. En ce sens que son élaboration n'est pas un effort
strictement personnel. Nous tenons, très sincèrement, à remercier des personnes sans
lesquelles ce travail n’aurait sans doute pas eu le même aboutissement. Nous remercions
particulièrement :
ii
Avant-Propos
Le besoin criard en ingénieurs auquel le Cameroun fait face a poussé les intellectuels à
penser à un moyen palliatif de résolution de ce problème. Ainsi ces derniers, tenant compte
de l'optique de l'émergence du Cameroun dans les horizons proches, ont pensé à la formation
des ressources humaines qualifiées à cet effet. De cette idée de formation, est née par ricochet
la Faculté de Génie Industriel (FGI) de l'Université de Douala.
iii
enseignements dans la faculté. En effet, l’étudiant admis au concours de la faculté de génie
industrielle suit le parcours suivant :
- Le cycle Licence : dans ce cycle d’une durée de trois ans, l’étudiant doit rassembler
180 crédits. Ce cycle est sanctionné par l’obtention d’une Licence en Génie
Industriel.
- Le cycle Master : d’une durée de deux ans (120 crédits), ce cycle est sanctionné par
l’obtention d’un Master en Génie Industriel.
- Le cycle Doctorat : d’une durée de trois ans (180 crédits), il est sanctionné par un
Doctorat en Génie Industriel.
iv
Résumé
Ce mémoire présente un travail effectué à MTN Cameroun, où il nous a été demandé de
travailler sur la latence afin de la réduire, car sa valeur ne reflétait pas les objectifs de
l’entreprise. C’est à cet effet que notre thème est intitulé « Analyse et réduction de la
latence des paquets de données des réseaux mobiles de 3 è et de 4è génération :
Contribution à l’optimisation du réseau de MTN Cameroun ». Pour mieux aborder notre
sujet, nous sommes partis des généralités sur les réseaux mobiles, dont nous avons présenté
l’évolution et parler en profondeur de l’UMTS et de la LTE ; nous avons ensuite fait une
étude de l’existant ce qui nous a permis de ressortir la problématique et les différents objectifs
à atteindre ; un état de l’art sur les travaux qui traitent sur la réduction de la latence nous a
donné une vision globale de l’avancement de la science à ce sujet ; l’analyse des différents
segments du réseau nous a permis d’identifier les causes de la latence en fonction de la
variation de certains facteurs. C’est ainsi qu’après avoir détecté les causes d’une
augmentation de la latence nous avons proposé une solution permettant de la réduire et
d’optimiser le réseau de manière générale.
Mots clés : Réseaux mobiles, UMTS, LTE, Optimisation, Performance, Latence, QoS,
3G, 4G.
v
Abstract
This thesis presents a work done at MTN Cameroon, where we were asked to work on
latency in order to reduce it, because its value did not reflect the objectives of the company. It
is for this purpose that our theme is entitled "Analysis and reduction of the latency of data
packets of 3rd and 4th generation mobile networks: Contribution to the optimization of
the MTN Cameroon network". To better tackle our subject, we started from generalities on
mobile networks, whose evolution we presented and talked in depth about UMTS and LTE;
we then made a study of the existing one which enabled us to highlight the problem and the
various objectives to be reached; a state of the art on works dealing with the reduction of
latency has given us a global vision of the advancement of science on this subject; the
analysis of the different network segments allowed us to identify the causes of latency based
on the variation of certain factors. This is how, after detecting the causes of an increase in
latency, we proposed a solution making it possible to reduce and optimize the network in
general.
vi
Sigles et abréviations
1G Première Génération
2G Deuxième Génération
3G Troisième Génération
3GPP 3rd Generation Paternship Project
4G Quatrième Génération
5G Cinquième Génération
A
AF Assurance Forwarding
AMC Adaptive Modulation and Coding
AMPS Advanced Mobile Phone System
B
BE Best Effort
BGP Border Gateway Protocol
BMC Broadcast/Multicast
Control BPSK Binary Phase Shift
Keying BR Bloc Ressource
BR Backward Reporting
C
CDMA Code Division Multiple Access
CN Core Network
D
DCS Digital Communication System
E
EDGE Enhanced Data rate for GSM Evolution
EF Enhanced Forwarding
EGP Exterior Gateway Protocol
EPC Evolved Packet Core
EPS Evolved Packet System
EUTRAN Evolved Universal Terestrial Radio Access Network
F
FDD Frequency Division Duplex
FDMA Frequency Division Multiple Access
vii
FM Forward Monitoring
G
GGSN Gateway GPRS Support Node
GMSC Gateway MSC
GMSK Gaussian Minimum Shift Keying
GPRS General Packet Radio Service
GSM Global System for Mobile Telecommunication
H
HLR Home Location Register
HSDPA High Speed Downlink Packet Access
HSPA High Speed Packet Access
HSPA+ High Speed Packet
Access+ HSS Home Subscriber Server
HSUPA High Speed Uplink Packet Access
I
ICMP
IGMP
IGP Interior Gateway Protocol
IGRP
IMT International Mobile Telecommunications
IntSerV Integrated Sevices
IP Internet Protocol
IPPM Internet Protocol Performance
Measurement ISIS Intermediate System to Interediate
System ITU International Telecommunication Union
J
K
KHz Kilo Hertz
L
LTE Long Term Evolution
M
MAC Medium Access Control
ME Mobile Equipment
MHz Mega Hertz
MIMO Multiple Iput Multiple Output
viii
MME Mobility Management Entity
MOS Mean Opinion Score
MPLS Multiple Protocol Label Switching
MSC Mobile Switching Centre
MTN Mobible Telecommunication Network
N
NMT Nordic Mobile Telephone
O
OFDM Orthogonal Frequency Division Multiplexing
OFDMA Orthogonal Frequency Division Multiple
Access OSI Open System Interconnection
OSPF Open Short Path First
OVSF Orthogonal Variable Spreading Factor
P
PCRF Policy and Control Rules Fonction
PDCP Packet Data Convergence Protocol
PGW Packet Data Network Gateway
PSTN Public Switching Transport
Network
Q
QAM Quadrature Amplitude Modulation
QDS Qualite de Service
QoE Quality of Experience
QoS Quality of Service
QPSK Quadrature Phase Shift Keying
R
RAB Radio Access Bearer
RAN Radio Access Network
RB Radio Bearer
RIP Routing Interior Protocol
RLC Radio Link Control
RNC Radio Network Controller
RRC Radio Ressource Control
RSVP Resource reSerVation
Protocol RTT Round Trip Time
ix
SC-
FDMA Single Carrier-Frequency Division Multiple Access
SGSN Serving GPRS Suppoert Node
SGW Serving Gateway
SISO Single-input Single-output
T
TACS Total Access Communication
System TCP Transmission Control Protocol
TDD Time Division Duplex
TDMA Time-Division Multiple Access
TTL Time To Live
U
UDP User Data Protocol
UE User Equipment
UIT Union Internationale des
Télécommunications UMTS Universal Mobile
Telecommunication System USIM UMTS Subscriber
Identity Module
UTRA Universal Terrestral Radio Access
V
VLR Visitor Location Register
W
WCDMA Wide band Code Division Multiple Access
WIMAX Worldwide Interoperability for Microwave Access
x
Liste des tableaux
Tableau 1-1 : Comparaison des modes d'accès GSM et UTRA FDD et TDD [2]............9
Tableau 1-2 : Tableau comparatif du WiMAX et de la norme HSDPA [6]...................11
Tableau 1-3: Tableau récapitulatif des technologies des différentes générations [2].....12
Tableau 1-4: Principaux paramètres WCDMA [9].........................................................19
Tableau 1-5 : Objectifs en termes de latence fixes par MTN Cameroun [17]................29
Tableau 2-1: Débit et Latence des différentes générations.............................................41
Tableau 2-2: Comparaison des modèles IntServ et DiffServ..........................................47
Tableau 3-1: Evaluation de la latence du réseau 3G.......................................................61
Tableau 3-2: Evaluation de la latence du réseau 4G.......................................................61
Tableau 3-3 : Comparatif des protocoles de routage.......................................................69
xi
Listes des figures
Figure 1-1 : Evolution des réseaux mobiles [1]................................................................4
Figure 1-2: Exemple de téléphone 1G [3].........................................................................6
Figure 1-3 : Spécification de la 5G [8]............................................................................14
Figure 1-4: Architecture globale du système UMTS......................................................15
Figure 1-5 : Architecture globale du système LTE.........................................................21
Figure 1-6: Un signal OFDM [11]..................................................................................24
Figure 1-7: Structure de la trame LTE [12].....................................................................25
Figure 1-8: Constellation pour une modulation 16 QAM et 64 QAM [13]....................26
Figure 1-9 : Logo de MTN [14]......................................................................................27
Figure 1-10: Architecture générale de MTN Cameroun [15]..........................................28
Figure 2-1 : Comparaison des modèles OSI et TCP/IP [24]...........................................33
Figure 2-2: Format d'un paquet IP [24]...........................................................................34
Figure 2-3: Algorithme de Dijkstra [11].........................................................................36
Figure 2-4: Algorithme de Bellman-Ford [11]................................................................36
Figure 2-5: Plage de fréquences des ondes électromagnétiques et leur utilisation [26]. 37
Figure 2-6: Les différentes classes de services en UMTS [14].......................................42
Figure 2-7: La QoS en LTE [35].....................................................................................44
Figure 2-8: Différents QCI [35]......................................................................................45
Figure 2-9: Illustration du modèle IntServ [29]..............................................................46
Figure 2-10: Illustration du modèle DiffServ [29]..........................................................47
Figure 2-11:Analyse de l'impact de la distance du mobile à l'eNodeB sur la latence
d’Ashish [12]............................................................................................................49
Figure 2-12: Différents composants pouvant influencer la latence selon Xiaoling [18] 50
Figure 3-1: Modélisation de la démarche........................................................................53
Figure 3-2: Logo U2000 [31]..........................................................................................54
Figure 3-3: Logo eNSP [32]............................................................................................54
Figure 3-4: Logo UNET [33]..........................................................................................55
Figure 3-5: Mesure de la latence, segmentation en fonction des domaines du réseau [30]
.................................................................................................................................56
Figure 3-6: Interface d’U2000.........................................................................................57
Figure 3-7: Mode de fonctionnement du protocole IPPM..............................................58
Figure 3-8 : Configuration de la session IPPM...............................................................59
Figure 3-9: Session IPPM non activée............................................................................59
Figure 3-10 : Session IPPM activée................................................................................60
Figure 3-11: Apport des différentes parties du réseau sur la latence 3G........................62
Figure 3-12: Apport des différentes parties du réseau sur la latence 4G........................62
Figure 3-13: Proportion de la latence dans la partie accès 3G........................................63
Figure 3-14 : Proportion de la latence dans la partie accès 4G.......................................64
Figure 3-15: Présence d'interférence dans une cellule 3G..............................................66
Figure 3-16: Analyse du temps de transmission des paquets par un routeur..................67
Figure 3-17 : illustration du protocole BFD [34]............................................................70
Figure 4-1: Méthode d'optimisation.................................................................................73
Figure 4-2 : Ajustement du Tilt et de l'Azimut [36]........................................................75
Figure 4-3 : Présence d'interférence dans la ligne Pingo Pk10-Ndoghem PK12............75
Figure 4-4: Ajustement du tilt d’une cellule 3G de 2 à 6................................................76
Figure 4-5 : Elimination d'interférence dans la ligne Pingo Pk10-Ngoghem Pk12........76
Figure 4-6 : Interface du logiciel UNET.........................................................................77
xii
Figure 4-7 : Architecture d’un réseau pour simulation du routage..................................78
Figure 4-8 : Configuration du protocole IS-IS................................................................79
Figure 4-9 : Configuration du routeur de PK17..............................................................79
Figure 4-10: Comparaison des différents protocoles en termes de latence.....................80
Figure 4-11: Modification de la modulation pour l'augmentation de la capacité du canal
.................................................................................................................................81
Figure 4-12 : Mise à niveau des ports pour pallier à la congestion.................................82
Figure 4-13: Vérification des performances....................................................................82
Figure 4-14: Augmentation du gain................................................................................83
Figure 4-15: Evolution de la latence dans la partie RAN................................................84
Figure 4-16: Evolution de la latence du réseau avant et après optimisation...................85
Figure 4-17 : Proposition d’une nouvelle architecture....................................................86
xiii
Table des matières
Dédicace..........................................................................................................................................................i
Remerciements................................................................................................................................................ii
Avant-Propos..................................................................................................................................................iii
Résumé............................................................................................................................................................v
Abstract..........................................................................................................................................................vi
Sigles et abréviations....................................................................................................................................vii
Liste des tableaux...........................................................................................................................................xi
Listes des figures...........................................................................................................................................xii
Table des matières........................................................................................................................................xiv
INTRODUCTION GENERALE.....................................................................................................................1
CHAPITRE I : GENERALITES SUR LES RESEAUX MOBILES ET ETUDE DE L’EXISTANT............3
1.1. Evolution des réseaux mobiles................................................................................................4
1.1.1. La 1ère Génération (1G)..................................................................................................4
1.1.2. La 2e Génération (2G)...................................................................................................6
1.1.3. La 3e Génération (3G)...................................................................................................8
1.1.4. La 4e Génération (4G).................................................................................................10
1.1.5. La 5e Génération (5G).................................................................................................13
1.2. L’UMTS...............................................................................................................................14
1.2.1. Architecture de l’UMTS [2]........................................................................................14
1.2.2. L’interface radio de l’UMTS.......................................................................................17
1.3. La LTE..................................................................................................................................20
1.3.1. Architecture du système LTE [10]..............................................................................21
1.3.2. L’interface radio du LTE.............................................................................................23
1.4. Etude de l’existant.................................................................................................................26
1.4.1. Contexte......................................................................................................................27
1.4.2. Architecture.................................................................................................................27
1.4.3. Problématique..............................................................................................................28
1.4.4. But et objectifs.............................................................................................................29
1.4.5. Besoins fonctionnels et non-fonctionnels....................................................................29
CHAPITRE II : ETAT DE L’ART...............................................................................................................31
2.1. Généralités sur les réseaux IP...............................................................................................32
2.1.1. Généralités sur l’IP......................................................................................................32
2.1.2. Les protocoles de routage............................................................................................34
2.1.3. Les supports de transmissions......................................................................................36
2.2. Généralistes sur la QoS et la latence.....................................................................................38
2.2.1. QoS : Types et définitions...........................................................................................38
2.2.3. Les paramètres indicateurs de la QoS..........................................................................39
2.2.4. La latence....................................................................................................................40
2.2.5. La QoS dans l’interface radio de la 3G et 4G..............................................................41
2.3. Modèles de gestion de la QoS...............................................................................................45
2.4.1. Le modèle IntSerV (Integrated Services)....................................................................45
2.4.2. Le modèle DiffSerV (Differenciated Services)...........................................................46
2.4. Méthodes d’optimisation de la latence..................................................................................48
2.4.1. Ashish Kurian, « Latency analysis and Reduction in a 4G Network »........................48
2.4.2. Xiaolin Jiang et une équipe de l’IEEE, « Low-latency Networking: Where Latency
Lurks and How to Tame It »......................................................................................................49
CHAPITRE III : ANALYSE DE LA LATENCE........................................................................................51
xiv
3.1. Modélisation..........................................................................................................................52
3.1.1. Outils...........................................................................................................................53
3.1.2. Evaluation de la latence...............................................................................................55
3.2. Configuration au niveau des sites..........................................................................................56
3.2.1. Généralistes sur le IPPM.............................................................................................57
3.2.2. Le compteur RTT de IPPM.........................................................................................58
3.2.3. Configuration du protocole IPPM...............................................................................58
3.3. Analyse de la latence............................................................................................................60
3.3.1. Impact des différentes parties sur la latence totale......................................................60
3.3.2. Les causes d’une latence élevée..................................................................................64
CHAPITRE IV : OPTIMISATION, RESULTATS ET RECOMMANDATIONS.......................................72
Introduction..........................................................................................................................................73
4.1. Optimisation..........................................................................................................................73
4.1.1. Optimisation de l’interface radio.................................................................................74
4.1.2. Amélioration du routage..............................................................................................78
4.1.3. Optimisation des supports de transmission..................................................................80
4.2. Résultats................................................................................................................................83
4.2.1. Réduction de la latence au niveau RAN......................................................................83
4.2.2. Réduction de la latence de bout en bout......................................................................84
4.3. Proposition d’architecture et recommandations....................................................................85
4.3.1. Architecture de la solution...........................................................................................86
4.3.2. Recommandations........................................................................................................87
4.4. Enjeux financier de la réduction de la latence.......................................................................87
CONCLUSION GENERALE.......................................................................................................................89
BIBLIOGRAPHIE...........................................................................................................................................i
Annexe A........................................................................................................................................................v
Annexe B......................................................................................................................................................viii
xv
INTRODUCTION GENERALE
1
D
epuis leur avènement dans le début des années 1990 jusqu’à nos jours, les
réseaux mobiles ont connu une évolution considérable. Les constructeurs ou
les organismes en charge de leur normalisation ne cessent d’améliorer les
technologies au fil des différentes générations ceci avec pour objectif d’améliorer
l’expérience de l’utilisateur. Conçues à l’origine pour offrir uniquement un service de
téléphonie mobile (à savoir la voix), les technologies de communications radio mobiles ont
considérablement évolué et permettent désormais une connexion à haut-débit en toute
mobilité. Les équipementiers ainsi que les opérateurs mobiles ont su accompagner cette
évolution en introduisant de nouveaux types de modulations et de technologies d’accès de
réseau.
L’histoire des réseaux mobiles est jalonnée par quatre générations essentielles qui sont en
l’occurrence la 1G, 2G, 3G, 4G et bientôt la 5G dont le lancement est prévu dès l’année
prochaine c’est-à-dire en 2020. Ces générations diffèrent entre autre par les moyens mis en
œuvre pour l’accès à la ressource radio, les technologies d’accès radio utilisées, les bandes de
fréquences, l’architecture du réseau. L’évolution de ces techniques a été guidée par la volonté
d’accroître la capacité ainsi que les débits offerts par le système. Nous reviendrons en détail
sur les caractéristiques de ces différentes générations. La 3 e et la 4e génération grâce, aux
performances qu’ils offrent ont permis l’entrée dans le monde des réseaux mobiles de
nouvelles applications à savoir la vidéoconférence, le streaming vidéo et audio, le
téléchargement et l’ouverture des pages web a une vitesse considérable, un gain de temps
considérable aux utilisateurs par rapport aux différentes tâches qu’ils pourraient exécuter sur
internet.
De nos jours, le marché des télécommunications est très porteur et générateur de revenu
et les entreprises de ce secteur se battent avec acharnement pour dans un premier temps
maintenir leur clientèle et d’une autre part conquérir de nouveaux clients. Pour se faire, ils
s’attèlent à ce que leur réseau ait la meilleure qualité de service et les meilleures
performances possibles. Pour évaluer cette qualité de service offert à leur utilisateur ils
s’appuient sur certains indicateurs de performances comme le débit ou la latence. La latence
est un indicateur très puissant qui nous permet d’avoir une vue globale sur l’état d’un réseau
mobile et d’en détecter d’éventuelles problèmes. En ce sens qu’une augmentation de la
latence par rapport aux normes définis peut nous indiquer l’état de santé d’un réseau mobile.
C’est dans cette optique que notre travail porte sur l’analyse et la réduction de la latence
des réseaux 3G et 4G. Comment calculer la latence ? Quels sont les causes d’une
augmentation de la latence ? Comment optimiser la latence ? Pour ce faire, notre travail est
1
divisé en quatre
1
chapitres comme suit : dans le chapitre 1 nous ferons une synthèse de l’évolution des réseaux
mobiles (1G, 2G, 3G, 4G et 5G) ensuite nous détaillerons les réseaux 3G et 4G ; dans le
chapitre 2 il sera question de la latence, des réseaux IP et des modèles de la QoS ; le chapitre
3 présentera la mise de la solution ; le chapitre 4 portera sur l’analyse et l’interprétation des
résultats ainsi que quelques recommandations.
2
CHAPITRE I : GENERALITES
SUR LES RESEAUX MOBILES ET
ETUDE DE L’EXISTANT
3
Introduction
Dans ce chapitre, nous parlerons de l’évolution des réseaux mobiles en général, depuis
la 1ère génération jusqu’à la 5e. De manière particulière nous nous intéresserons à l’UMTS et
la LTE, nous détaillerons leur architecture et leurs différentes technologies. Et enfin, nous
présenterons l’existant, le contexte de notre travail et la problématique.
Au début des années 1970, apparu la 1ere génération des réseaux mobiles. Cette
génération reposait sur un système de communication mobile analogique, et était
essentiellement dédiée à la voix. Plusieurs standards de téléphonies de 1ere génération ont vu
le jour, parmi lesquels nous pourront citer AMPS, NMT, et TACS.
4
[Link]. AMPS
AMPS (Advanced Mobile Phone System), apparu en 1976 aux Etats-Unis, constitue le
premier standard de réseau cellulaire et est principalement utilise en Outre-Atlantique, en
Russie et en Asie. Comme méthode d’accès elle a d’abord utilise le FDMA (Frequency
Division Multiple Access - Accès Multiple par Division en Fréquence) puis, par la suite, pour
un souci d’amélioration de la capacité du système, le TDMA (Time-Division Multiple
Access) fut introduit. La bande de fréquence de l’AMPS se situe aux alentours de 800 MHz.
Plus précisément, sont disponibles : La bande de fréquence 824-849 MHz pour les canaux
ascendants (du terminal vers la station de base) ; La bande de fréquence 869-894 MHz pour
les canaux descendants (de la station de base vers les terminaux). En tout, 832 canaux sont
disponibles, répartis entre deux opérateurs. Ce qui fait donc 416 canaux par opérateurs.
Chaque canal AMPS a une largeur de 30 KHz [2].
[Link]. NMT
[Link]. TACS
5
duplex dans la bande des 900 MHz. Une version modifiée de TACS appelée est utilisée au
Japon [2].
La 2e génération des réseaux mobiles a vu le jour au début des années 1990, avec
l’arrivée du GSM, puis au début des années 2000 a connu l’arrivée du GPRS et quelques
années plus tard la norme EDGE. Le GSM était à commutation de circuit et n’admettait que
le transfert de la voix. Le transfert des données a été possible avec l’entrée du GPRS et la
commutation de paquet.
Le GSM (Global System for Mobile communication) est apparu en 1992 en Europe,
connaissant un énorme succès et fut déployé dans un grand nombre de pays, permettant
l'itinérance entre ces derniers. Le GSM est fondé sur le concept cellulaire. Et permet un débit
de 9.6 Kbps [2].
Il occupe deux bandes de fréquences aux alentours des 900 [MHz] : La bande de
fréquence 890 - 915 [MHz] pour les communications montantes ; et La bande de fréquence
935 - 960 [MHz] pour les communications descendantes. Comme chaque canal fréquentiel
utilisé pour une communication a une largeur de bande de 200 [kHz], cela laisse la place pour
125 canaux fréquentiels à répartir entre les différents opérateurs. Mais, le nombre
d'utilisateurs augmentant, il s'est avéré nécessaire d'attribuer une bande supplémentaire aux
alentours des 1800 [MHz]. On a donc porté la technologie GSM 900 [MHz] vers une bande
ouverte à plus haute fréquence. C'est le système DCS-1800 (Digital Communication
System) dont les caractéristiques sont
6
quasi identiques au GSM en termes de protocoles et de service. Ici nous avons 374 canaux
fréquentiels. La technique d’accès utilisée est le FDMA et le TDMA et Il introduit la
modulation GMSK (Gaussian Minimum Shift Keying) [4].
Le General Packet Radio Service (GPRS) définit par le 3GPP dans la Release 97 fut
lancer en France au début de l'année 2002. Il ne constitue pas à lui seul un réseau mobile à
part entière, mais il représente la première évolution du GSM adaptée au transfert de données.
Il repose sur la transmission en mode paquet ce qui permet une gestion optimale des
ressources. En effet, l’architecture GSM fournit les services voix, tandis que l’architecture
GPRS fournit les services de données par paquets avec un débit élevé [4].
EDGE (Enhanced Data rate for GSM Evolution), définit par le 3GPP dans la Release 98,
développé au cours de l'année 2005, représente une seconde forme d’évolution du GSM et du
GPRS. Il s'applique aussi bien au mode circuit du GSM qu'au mode paquet du GPRS. La
technologie EDGE peut théoriquement atteindre un débit maximum de 473 kbit/s. En
pratique, le débit (maximum) a été fixé au niveau du standard de la norme EDGE à 384 kbit/s
par l’ITU (International Telecommunication Union) dans le but de respecter la norme
IMT-2000
7
(International Mobile Telecommunications-2000). Le standard EDGE constitue également le
point de convergence entre la famille GSM et AMPS aux Etats Unis [2].
La 3e génération déployée au début des années 2000 est venu rompre avec le mode de
multiplexage utilise dans la 2G. En effet, dans le souci d’augmenter le débit et de diminuer
les effets des interférences, la technologie WCDMA vu le jour.
8
Tableau 1-1 : Comparaison des modes d'accès GSM et UTRA FDD et TDD [2]
BPSK
Type de modulation GMSK QPSK
QPSK
Périodicité du contrôle de puissance (Hz) 2 1500 100 - 750
Durée d'une trame 4.615 10 10
Durée d'un slot 0.577 0.667 0.667
Asynchrone
Synchronisation entre station Asynchrone Synchrone
Synchrone
Le HSPA (High Speed Packet Access) a été introduit par le 3GPP dans les Releases 5 en
2002 et 6 en 2005 et évalué à 3.5G (nommé aussi 3G+), regroupe : HSDPA pour la voie
descendante et le HSUPA pour la voie montante. Ce standard utilise la bande de fréquence
900/2100 MHz et permet d'atteindre des dé- bits de 5,8 Mbit/s en voie montante utilisant les
modulations QPSK et BPSK, et 14,4 Mbit/s en voie descendante utilisant les modulations
QPSK et 16QAM. [4]
Le HSDPA encore appelé la 3.5G offre des débits pouvant atteindre 8 à 10 Mb/s sur le
lien descendant. Le HSDPA peut être installé et déployé sans changer radicalement
9
l’architecture de l’UMTS. Il permet du coup aux opérateurs de réaliser cette évolution à
moindre coût.
L’HSUPA (High Speed Uplink Packet Access) est défini dans la release 6 du 3GPP. Il
s’agit d’une optimisation de l'HSDPA sur le lien montant (du mobile vers le réseau). Cette
évolution permet le haut débit en voie montante (jusqu’à 5,8 Mb/s maximum théorique, 1,2
Mb/s en pratique avec les mobiles actuels), ainsi qu’une amélioration du débit descendant
puisqu’on double le débit prévu par le HSDPA (7,2 Mb/s).
L’HSPA+ (High Speed Packet Access+), parfois nommée H+, 3G++, HSPA ou 3G
Dual Carrier, est une norme de téléphonie mobile 3G de la famille UMTS ; c'est une
évolution de la norme HSPA permettant d'atteindre des débits théoriques crêtes de 21 Mbit/s
par cellule radio en téléchargement, soit 42 Mbit/s en « Dual Carrier » et
théoriquement jusqu'à 84 Mbit/s en mode DC + MIMO 2×2. Elle permet en liaison montante
un débit maximal de 11,5 Mbit/s avec des terminaux compatibles (catégorie 7). Elle fait
partie de la 3G transitionnelle issue de la famille 3GPP ; elle est définie dans les versions 7 et
8 (release 8) des normes 3GPP publiées en 2008 [5].
Dans la quête des performances réseaux sans cesse grandissante, la 4 e Génération des
réseaux mobiles vu le jour avec des débits pouvant aller jusqu’à 100 Mbits/s. Parmi cette
génération nous pouvons classer la LTE, et aussi le WiMAX mobile.
WIMAX ou Worldwide Interoperability for Microwave Access, est une technologie dans
le domaine de communication basée sur le standard IEEE 802.16. Il est applique au réseau
métropolitain (MAN ≤ 1 km) et permet des tailles de cellules comprises entre 6 à 10 km. [6]
La première norme de WiMAX a été élaborée en 2001 (802.16). Elle définissait des
réseaux métropolitains sans fils dans les bandes de fréquences 10 à 66 Ghz. Deux années plus
tard, la norme 802.16a, complétait la norme 802.16 pour les fréquences inférieures à 10 Ghz.
Ces deux normes ont été ensuite regroupées sous le standard 802.16d. Cette norme constitue
10
notamment ce qu’on appelle le WiMAX fixe. Ses fréquences vont de 2 à 11 Ghz, et permet
un débit maximum de 75 Mbps avec une bande passante de 20 Mhz. Il existe également
d’autres variantes de 802.16 notamment le 802.16f qui concerne les réseaux maillés. [6]
11
[Link]. La LTE
L’idée et le projet pour développer la technologie LTE (Long Term Evolution) sont
menés par l'organisme de standardisation 3GPP visant à rédiger les normes techniques de la
future quatrième génération en téléphonie mobile. Cette technologie a comme but de
permettre le transfert de données à très haut débit. En théorie, elle permet d'atteindre des
débits de l'ordre de 50 Mb/s en lien montant et de 100 Mb/s en lien descendant avec une
portée plus importante, un nombre d'appels par cellule supérieur et un temps de latence plus
faible. LTE implique de modifier le cœur du réseau et les émetteurs radio. La norme LTE
définie par le consortium 3GPP1, a d'abord été considérée comme une norme de troisième
génération « 3.9G » (car proche de la 4G), spécifiée dans le cadre des technologies 2000, car
dans les « versions 8 et 9
» de la norme, elle ne satisfaisait pas toutes les spécifications techniques imposées pour les
normes 4G par l'Union internationale des télécommunications (UIT).
[Link]. La LTE-A
La LTE-A (Long Term Evolution - Advanced) est considéré comme étant la 4.5G ou
bien la passerelle entre la LTE (4G) et la 5G. La LTE-A a été introduit par la 3GPP dans la
Release 10 qui a vu le jour dans les années 2012. LTE Advanced est donc une évolution de la
norme LTE avec des compléments fonctionnels qui permettent une introduction progressive
des nouvelles fonctions dans les réseaux LTE préexistants. Cette technologie a été créée afin
de booster la LTE en termes de débit, temps de latence, capacité, couverture et diminuer
l’interférence surtout dans le sens ascendant. La LTE-A est considéré par les connaisseurs du
domaine de la télécommunication comme la vrai 4eme génération ; car c’est avec les facteurs
introduit dans cette 3GPP RL10 qu’on a pu obtenir de meilleures performances [4].
Tableau 1-3: Tableau récapitulatif des technologies des différentes générations [2]
12
Largeur Technique Modulation Modulation Bande de
de canal d'accès DL UL fréquences
FDMA
GS/GPRS/EDGE 200 KHz GMSK 8PSK 900/1800
TDMA
UMTS 5 MHz CDMA QPSK BPSK 1900/2200
CDMA QPSK BPSK
HSPA 5 MHz 900/2100
TDMA 16 QAM QPSK
CDMA QPSK BPSK
5 MHz/10
HSPA+ TDMA 16 QAM QPSK 900/2100
MHz
64 QAM 16 QAM
LTE 1.4, 3, 5, OFDMA QPSK QPSK
10, 15, 20 SC-FDMA 16 QAM 16 QAM 1900/2200
MHz 64 QAM
OFDMA QPSK QPSK
1.4 MHz à
LTE-A SC-FDMA 16 QAM 16 QAM 2600
100 MHz
64 QAM
1.25, 3, 5,
WiMAX 7, 10, 20 OFDMA 64 QAM 16 QAM 2 à 6 GHz
MHz
La 4G a à peine fini de se déployer que la future génération de réseau mobile pointe son
nez. Ce sera la 5ème génération de réseau mobile. La clé technologique de la 5G se situe dans
l’utilisation de fréquences plus élevées du spectre, par rapport à celles affectées actuellement.
La 4G et ses prédécesseurs ont eu recours, en gros, à des bandes de fréquences en dessous de
6 GHz. La 5G promet l’utilisation notamment d’un spectre élargi de 30 à 300 GHz, les ondes
que l’on appelle millimétriques [7].
La norme 5G apporte, en théorie, des améliorations substantielles sur trois axes : les
débits, la latence et la densité. La 5G promet des vitesses autour d’au moins 100 Mbit/s en
moyenne perçus par l’utilisateur, pouvant grimper beaucoup plus haut dans le meilleur des
cas. On parle d’un maximum de 20 Gbit/s. Plus que le débit, en augmentation constante, c’est
sans doute sur la réduction de la latence que la 5G pourrait vraiment faire la différence. Elle
passerait de 10 à 1 ms idéalement. Le débit a évidemment une importance pour la
transmission descendante de données. La latence, elle, ouvre des perspectives sur
l’interactivité qui peut complètement bouleverser les usages, notamment professionnels [8].
13
Figure 1-3 : Spécification de la 5G [8]
1.2. L’UMTS
Dans cette partie nous présenterons en détails l’UMTS, son architecture, son interface
radio et les temps de latence qu’elle admet.
L'architecture d'un réseau d'UMTS est répartie en deux groupes. Le premier groupe
correspond au réseau d’accès radio (RAN, Radio Access Network ou UTRAN, UMTS
Terrestrial RAN) qui supporte toutes les fonctionnalités radio. Le deuxième groupe
correspond au réseau cœur (CN, Core Network) qui est responsable de la commutation et du
routage des communications (voix et données) vers les réseaux externes. Pour compléter le
système, on définit également le terminal utilisateur (UE, User Equipment) qui se trouve
entre l’utilisateur proprement dit et le réseau d’accès radio.
14
Figure 1-4: Architecture globale du système UMTS
15
- La gestion des ressources radio : Le réseau d’accès est chargé d’allouer et de
maintenir des ressources radio nécessaires à la communication.
- La synchronisation : Il est aussi en charge du maintien de la base temps de
référence des mobiles pour transmettre et recevoir des informations.
Le réseau d’accès UTRAN est composé de plusieurs éléments : une ou plusieurs stations
de base appelées NodeB, des contrôleurs radio RNC (Radio Network Controller) et des
interfaces de communication entre les différents éléments du réseau UMTS [4].
Le réseau cœur a pour rôle la commutation des appels et le routage des paquets à
l’intérieur du réseau et l’interconnexion avec les autres réseaux en vue de gérer les services
souscrits par un abonné. Ses principaux éléments sont [8] :
- Le HLR (Home Location Register) est la base de données de référence qui gère
l’ensemble des abonnés et leurs profils. Le profil d’un abonné regroupe de
nombreuses informations telles que son numéro de téléphone, les services qu’il a le
droit d’utiliser, les informations relatives aux services supplémentaires tels que les
renvois d’appel, les restrictions d’appels, etc.
16
des connexions circuit alors que le VLR contient une copie de profil de l’abonné et
certaines informations plus précises relatives à la localisation de l’abonné.
- Le GGSN (Gateway GPRS Support Node) les fonctionnalités du GGSN sont très
proches de celles du GMSC, mais le GGSN fait partie du domaine paquet et non
circuit. Il ne traite donc que des connexions en mode paquet.
- Les réseaux circuit tels que le Réseaux Téléphonique Commuté Public en anglais
PSTN (Public Switching Transport Network) ou le Réseau Numérique à Intégration
de services.
- Les réseaux paquet tels que le réseau Internet et d’autres réseaux publics ou privés
de transmission de données.
Dans cette partie nous parlerons tour à tour des méthodes d’accès utilisées en UMTS, de
la technologie WCDMA, du spectre de fréquence et des protocoles radio.
La norme UMTS présente deux techniques de multiplexage sur l’interface radio : le TDD
(Time Division Duplex) et le FDD (Frequency Division Duplex).
Le mode TDD : Dans le mode TDD le transfert de données depuis le mobile vers la
station de base (Uplink) s’effectue à la même fréquence qu’en sens inverse (Downlink) avec
une largeur de canal de 5 MHz. Les séquences Uplink et Downlink sont séparées dans le
temps. Ce mode est conseillé dans les micros et pico cellules utilisant la modulation
QPSK
17
(Quadrature Phase Shift Keying) à 3.84 Mchips ou la modulation 8PSK (Eight level Phase
Shift Keying) à 1.28 Mchips où le facteur d’étalement varie de 1 à 16 [7].
Le mode FDD : Dans le mode FDD : les liaisons montantes UL (uplink) et descendantes
DL (downlink) s’effectuent en même temps, mais sur des fréquences différentes. Il est utilisé
dans les micros et les macros cellules. La séparation entre porteuses est également de 5 MHz
utilisant la modulation QPSK à 3.84 Mchips et un facteur d’étalement qui varie de 4 à 256 en
UL et de 4 à 512 en DL [3].
La technique d’accès multiple adoptée par l’UMTS est appelée le WCDMA (Wide band
Code Division Multiple Access) c’est une technique a étalement de spectre. L’étalement de
spectre peut être défini comme « une technique qui permet de transmettre un signal
d’information sur une largeur de bande plusieurs fois supérieure à la largeur de bande
minimale que le signal ne le demande ».
Avec :
On voit que le rapport signal à bruit est inversement proportionnel à la largeur de bande
donc si la largeur de bande augmente et la capacité du canal reste identique le rapport signal à
bruit nécessaire diminue
18
- Des codes d’embrouillage couramment Scrambling codes ou PN (Pseudo Noise
codes).
Deux plages ont été réservées au TDD, soit 35 MHz chacune. Le FDD occupe quant à
lui 120 MHz de spectre apparié, soit 60 MHz pour la voie montante (FDD-UL) et 60 MHz
pour la voie descendante (FDD-DL) :
Les Protocoles
Couche 1 : Cette couche représente la couche physique de l’interface radio qui réalise
les fonctions de codage, décodage, modulation et d’entrelacement.
19
Couche 2 : Cette couche est divisée en plusieurs sous couches :
Trois types de canaux radio ont été définis dans l’UMTS, répartit en trois grandes classes
: les canaux physiques, les canaux logiques, les canaux de transport. Les canaux physiques
véhiculent l’information sur l’interface radio, les canaux logiques sont définis par la nature
de l’information transportée et les canaux de transport sont définis par les caractéristiques de
la transmission sur l’interface radio (voir Annexe).
1.3. La LTE
Dans le début des années 2000, plusieurs opérateurs mobiles et équipementiers télécoms
et organisations se sont réunies dans le but de développer un réseau de mobile, dit nouvelle
génération, basée sur la 3G et appelée LTE (Long Term Evolution). Le principal avantage de
ce nouveau standard, est de permettre des débits pouvant aller jusqu'à 1 Gigabit/s en vitesses
fixes (stable), et 100 Mbit/s pour les utilisateurs mobiles. Dans ce chapitre, nous allons
présenter un aperçu général sur le réseau 4G (LTE), son architecture, ses spécifications
techniques, plus précisément, la couche physique et principalement l’interface air et les
innovations apportées par rapport aux autres réseaux mobiles.
20
1.3.1. Architecture du système LTE [10]
D'un point de vue physique, l’architecture LTE/EPC est composée de crois domaines :
l'UE ; le réseau d'accès, appelé LTE ou E-UTRAN (Evolved-UTRAN) ; le réseau cœur,
appelé EPC.
L'architecture générale LTE/EPC est présentée sur la figure suivante :
21
[Link]. Le réseau d’accès E-UTRAN
L’eNodeB : L’eNodeB joue le rôle du NodeB et du RNC (Radio Network Control) dans
les réseaux UMTS. Cela permet de réduire le délai d’accès et de simplifier la fonction
d’opération et de maintenance du réseau. L’eNodeB est responsable de la transmission et de
la réception radio avec l’UE.
L’interface X2 : c’est une interface logique. Elle est introduite dans le but de permettre
aux eNodeBs d’échanger des informations de signalisation durant le Handover ou la
signalisation, sans faire intervenir le réseau cœur.
S-GW (Serving Gateway) : tous les paquets IP à destination d'utilisateurs sont transférés à
travers la S-GW, qui sert de point d'ancrage pour les bearers de données lorsque l'UE est en
mobilité entre plusieurs eNodeB. La S-GW sert également de point d'ancrage pour
l'interfonctionnement avec d'autres technologies d'accès 3GPP comme I' UMTS ou le GPRS.
MME (Mobility Management Entity) : le MME est le nœud de contrôle qui gère la
signalisation entre l'UE et le réseau cœur. Le MME est responsable de la gestion des bearers
et
22
notamment des phases d'établissement, de reconfiguration et de relâche des bearers. Le MME
a en charge la gestion de la connexion de signalisation et de la sécurité entre le réseau et l'UE.
P-GW (Packet Data Network Gateway) : la P-GW a pour premier rôle d'allouer une
adresse IP à l'UE. Elle permet également de mettre en application la qualité de service. Elle
supporte la fonction appelée Deep Packet Inspection (en français, inspection approfondie des
paquets), qui analyse les paquets du plan usager, identifie la nature des flux, applique les
règles prédéfinies pour tous les clients ou par client en fonction de l’offre souscrite.
PCRF (Policy and Control Rules Fonction) : le PCRF est un nœud optionnel au sein de
l'architecture EPC. Toutefois, il permet d'appliquer des règles de gestion évoluées sur le trafic
et la facturation de l'utilisateur en fonction de son offre. Pour mettre en œuvre ces règles, il
communique avec le PCEF (Policy Control Enforcement Function), fonction intégrée à la P-
GW. Le PCRF peut également indiquer lors de l'établissement d'une session ou en cours de
session les caractéristiques de qualité de service (QoS Class ldentifîer et débits) à appliquer
par le PCEF sur les flux de données.
23
orthogonales entre-elles, ce qui leur permet d’être très proches les unes des autres
(Espacement entre sous-porteuses de 15 KHz). Un intervalle de garde est ajoute après chaque
symbole pour contrer les effets du multi trajets. Et aussi pour contrer les éventuelles
entrelacements, un préfixe cyclique (CP) qui représente la copie de la fin d’un symbole, est
recopie au début de celui-ci.
Le LTE utilise des bandes de fréquences hertziennes d’une largeur de : 1,4 MHz ; 3MHZ
; 5 MHZ ; 10 MHZ ; 15 MHZ et 20 MHz dans une plage de fréquences allant de 450 MHz à
3,8 GHz selon les pays. Les bandes utilisées en LTE FDD sont : 700 MHz, 800 MHz, 900
MHz, 1800 MHz, 2100 MHz, 2600 MHz. Le support pour les deux sens de transmission
utilise deux bandes passantes appariées dans le mode FDD (Frequency Division Duplex) ou
une seule
24
bande passante dans le mode TDD (Time Division Duplex). Pour le mode FDD, chaque sens
de transmission fonctionne simultanément dans la bande passante attribuée. Pour le mode
TDD, les deux sens de transmission fonctionnent dans la bande passante, chaque sens se
voyant attribuer une portion du temps.
La modulation utilisée dans le LTE est une modulation adaptative (AMC), qui varie en
fonction de la distance qui sépare l’abonné de l’eNodeB. L'Adaptive Modulation and Coding
(AMC) est une technique de modulation/codage adaptative de l'information, utilisée
notamment dans les transmissions radio, sur les réseaux de téléphonie mobile WiMAX,
UMTS (HSDPA), LTE et depuis 2012 sur les faisceaux hertziens. Elle consiste à adapter les
codes correcteurs et les modulations utilisés en fonction de la qualité du signal. Chaque sous-
porteuse est modulée à l'aide de différents niveaux de modulation : QPSK (4-QAM), 16-
QAM, 64- QAM. Chacune de ces modulations est utilisée pour un lien précis tel que :
25
- Modulations Downlink : QPSK, 16QAM et 64QAM
- Modulations Uplink : QPSK et 16QAM Uplink-downlink
La technologie d’antenne MIMO est l’une des technologies clés utilisé par LTE. Il s’agit
d’une technologie dans laquelle plusieurs antennes sont utilisées à la fois à l’émetteur et au
récepteur pour améliorer la communication (permettant des transferts de données à plus
longue portée et avec un débit plus élevé qu’avec des antennes utilisant la technique SISO
(Single- input Single-output)).
26
1.4.1. Contexte
Fournir une bonne qualité de service à son client est l’une des préoccupations majeures
de MTN Cameroun. C’est dans ce sens qu’elle est portée sans cesse dans l’optimisation de
ses performances afin que ses abonnés aient la plus haute satisfaction possible. En nous
inscrivant dans la même lancée, lors de notre passage à Huawei Cameroun, qui est une
entreprise partenaire de MTN, et qui a la charge d’assurer la maintenance de son réseau, il
nous a été proposés de travailler sur un paramètre clé, indicateur de la bonne qualité de
service : la latence. C’est un paramètre qui, bien optimisé, permet aux utilisateurs de pouvoir
jouir comme il se doit des caractéristiques et performances, des réseaux 3G et 4 G.
1.4.2. Architecture
L’architecture du réseau mobile de MTN Cameroun est calquée sur les normes en
vigueurs définies par le 3GPP (3rd Generation Paternship Project). On y retrouve les réseaux
de 2e, 3e et de 4e génération. Il est composé de plus de 1000 sites répandus sur toute l’étendue
du territoire camerounais.
27
Figure 1-10: Architecture générale de MTN Cameroun [15]
Le réseau d’accès ou RAN (Radio Access Network) de MTN Cameroun est basé sur le
protocole IP. Les sites communiquent entre eux, et avec le réseau cœur, grâce à des adresses
IP sources et destinations. Dans ce réseau nous retrouvons des sites qui agrègent d’autres
sites appelés communément « cluster », et d’autres non appelé « end site ». Le routage
appliqué dans la partie accès de même que dans la partie cœur est adossé sur le protocole
MPLS.
1.4.3. Problématique
28
Tableau 1-5 : Objectifs en termes de latence fixes par MTN Cameroun [17]
Technologie Objectifs
Très bon < 150 ms
3G Bon 150-200 ms
mauvais >200 ms
Très bon < 70 ms
4G Bon 70-100 ms
Mauvais >100 ms
Cette problématique peut se diviser en différents sous problèmes dont nous nous
attellerons à résoudre :
- Comment calculer la latence du réseau ?
- Quels sont les différents compteurs qui nous permettraient d’avoir la latence en
temps réel ?
- Identifier quel segment du réseau favorise l’augmentation de la latence
- Quels sont les différents facteurs susceptibles d’influencer la latence ?
- Quelles sont les différentes actions à mener afin de remédier aux problèmes de
latence ?
Le but recherché étant la réduction du temps de latence des paquets du réseau afin
d’améliorer la qualité de l’expérience de l’utilisateur final, nous nous sommes définit
plusieurs objectifs à atteindre de manière séquentielle qui sont les suivants :
- Trouver un compteur qui nous permettra de mesurer la latence ;
- Configurer ce paramètre dans les stations de base afin de pouvoir capturer
effectivement sa valeur en temps réel ;
- Identifier les problèmes qui pourraient causer une augmentation de la latence ;
- Apporter des solutions et recommandations à ces problèmes.
29
- Pouvoir contribuer à la détection des délais de transfert de paquets élevés et des
sites concernes ;
- Proposer une configuration optimale du réseau afin de réduire au plus le temps de
latence ;
- Diminuer le temps de latence globale dans le réseau.
Comme besoin non fonctionnel nous devons proposer une solution qui pourrait nous
permettre de prédire une éventuelle hausse du temps de latence dans le réseau afin d’y
remédier de manière préventive.
Conclusion
Dans ce premier chapitre, nous avons présenté l’évolution des réseaux mobiles en
général, leur technologie et leurs différentes caractéristiques. Nous avons mis un accent
particulier sur les réseaux de 3e et 4e génération car faisant partie de l’objet de notre travail.
Une étude de l’existant nous a permis de ressortir la problématique et de déterminer les
différents objectifs à atteindre.
30
CHAPITRE II : ETAT DE L’ART
31
Introduction
Pour mieux aborder le sujet, il est important de connaitre les différents travaux relatifs
à notre étude déjà effectue, et de s’assurer de la maitrise de certains concepts préalables.
C’est dans cette optique que cette partie est consacrée à la revue de la littérature sur la
latence, à la connaissance approfondie de certains concepts en UMTS et en LTE ainsi qu’à la
qualité de service.
Le réseau d’accès de l’’entreprise MTN Cameroun étant basé sur le protocole IP, un
rappel sur ce dernier nous semble important. C’est dans cette optique que cette partie est
dédiée aux généralités sur le protocole internet.
32
Figure 2-1 : Comparaison des modèles OSI et TCP/IP [24]
33
- Protocole (8 bits) : En notation décimale, il permet de savoir de quel protocole est
issu le datagramme : ICMP : 1 ; IGMP : 2 ; TCP : 6 ; UDP : 17
- Somme de contrôle de l'en-tête, ou en anglais header checksum (16 bits) : ce
champ contient une valeur codée sur 16 bits qui permet de vérifier l'intégrité de l'en-
tête afin de déterminer si celui-ci n'a pas été altéré pendant la transmission.
- Adresse IP source (32 bits) : Ce champ représente l'adresse IP de la machine
émettrice, il permet au destinataire de répondre.
- Adresse IP destination (32 bits) : adresse IP du destinataire du message
- Données : d’une taille maximum de (65536 octets) – (les octets d’entête et
d’options). Elle véhicule la PDU de couche supérieure (généralement un segment
TCP ou UDP)
34
Routage dynamique : Dans ce type de routage, les informations relatives à la route sont
mises à jour automatiquement entre les routeurs. Les protocoles de routage dynamiques sont
classés en deux familles, les IGP et les EGP.
- Les IGP (Interior Gateway Protocol) : Les IGP assurent le routage interne à un
système autonome. Ces protocoles sont clases en deux catégories : les protocoles à
vecteur de distance et les protocoles à état de liens.
Les protocoles de routage à vecteur de distance (RIP, IGRP) déterminent
la direction (vecteur) et la distance vers un point du réseau. La distance peut
être représentée par le nombre de sauts vers cette liaison. Ces protocoles
utilisent les algorithmes du cout minimum de Bellman-Ford.
Les protocoles à état de liens (OSPF, ISIS) ont été conçus pour pallier les
limitations des protocoles de routage à vecteur de distance. Chaque routeur
calcule de manière fréquente tous les plus courts chemins de tous les nœuds
vers lui-même et met à jour sa table de routage. Les protocoles à états de liens
utilisent les algorithmes du plus court chemin Dijkstra (Short Path First).
- Les EGP (Exterior Gateway Protocol) : Ils assurent le routage entre des systèmes
autonomes différents. Exemple le BGP (Border Gateway Protocol).
35
Figure 2-3: Algorithme de Dijkstra [11]
36
celles des ondes électromagnétiques (faisceaux hertziens, guides d’onde, satellites) ou encore
celles du spectre visible de la lumière (fibre optique).
Le câble coaxial : Une paire coaxiale ou câble coaxial est constituée de deux
conducteurs concentriques maintenus à distance constante par un diélectrique. Le câble
coaxial possède des caractéristiques électriques supérieures à celles de la paire torsadée. Il
autorise des débits plus élevés et est peu sensible aux perturbations électromagnétiques
extérieures. Le taux d’erreur sur un tel câble est d’environ 10–9. En transmission numérique,
notamment dans les réseaux locaux, on utilise des câbles d’impédance 50Ω à des débits pouvant
atteindre 10 Mbit/s sur des distances de l’ordre du kilomètre. [25]
Figure 2-5: Plage de fréquences des ondes électromagnétiques et leur utilisation [26]
37
La fibre optique : Une fibre optique est un fil de verre ou en plastique très fin qui a la
propriété de conduire de la lumière. Elle offre un débit d’information nettement supérieur à
celui des câbles coaxiaux et peut servir de support à un réseau large bande. Elle est compose
d’un cœur, d’une gaine et d’une couche de protection. Il existe deux types de fibre : la fibre
monomode et la fibre multimode. Ses principaux avantages sont une faible atténuation, une
grande bande passante (>10 GHz), insensibilité aux perturbations électromagnétiques, liaison
non détectable, Isolation électrique. [27]
38
est liée aux performances du réseau, mais elle est mesurée par une moyenne attribuée par les
utilisateurs selon leurs opinions sur le service offert.
Généralement, la méthode la plus utilisée est le Mean Opinion Score (MOS) qui
représente une technique où les utilisateurs accordent une note, valeur entre 1 (qualité très
mauvaise) et 5 (qualité excellente) à une application selon leurs perceptions de la qualité.
Ensuite, une moyenne est calculée des notes de ces derniers. Ainsi, la note attribuée par les
utilisateurs peut concerner la disponibilité du service, le temps de la réponse de l’application.
Par ailleurs, il n’existe pas fortement une correspondance entre la QoS intrinsèque et la
qualité perçue vu que cette dernière est très subjective (Hardy, 2001). [19]
Au sein d’un réseau donné, la qualité de service est évaluée en fonction des différents
équipements qui composent ce réseau, ainsi que du trafic qui y circule, etc. Des applications
multimédia telles que la voix-IP ou la vidéo à la demande, en plus des applications
classiques, seront de plus en plus utilisées dans ce type de réseaux. Ces applications
multimédia nécessitent un niveau minimal de qualité de service en termes de débit, de délai,
de gigue ou de taux de pertes de paquets. [20]
La perte de paquets : Elle correspond aux octets perdus lors de la transmission des
paquets. Elle s’exprime en taux de perte. Plutôt rare, Elle correspond au nombre de paquet de
donnés qui n’ont pas étaient reçu par la destination lors d’une communication. Cela peut être
causé par plusieurs facteurs, la plupart du temps due à un encombrement du réseau.
Le délai de transit (La latence) : C’est le délai de traversée du réseau, d’un bout à
l’autre, par un paquet. Les différentes applications présentes dans un réseau n’auront pas le
même degré
39
d’exigence en fonction de leur nature : faible, s’il s’agit d’une messagerie électronique ou de
fichiers échangés, ce degré d’exigence sera fort s’il s’agit de donnés "voix". La latence
dépend du temps de propagation (fonction du type de média de transmission), du temps de
traitement (fonction du nombre d’équipements traversés) et de la taille des paquets (temps de
sérialisation).
La gigue : Désigne les variations de latence des paquets. La présence de gigue dans les
flux peut provenir des changements d’intensité de trafic sur les liens de sorties des
commutateurs. Plus globalement, elle dépend du volume de trafic et du nombre
d’équipements sur le réseau. [20]
2.2.4. La latence
La latence peut être définie comme le temps de transmission d’un paquet sur tout son
chemin réseau. Le chemin que parcours un paquet est généralement le suivant : Le paquet est
créé par une application, confié au système d’exploitation, transmis à une carte d’interface
réseau (NIC), codé, acheminé sur un support physique (cuivre, fibre, air), reçu par un
dispositif intermédiaire (commutateur, routeur), analysé, retransmis sur un autre support, etc.
Les mesures les plus courantes sont effectuées avec un ‘’Ping’’ qui mesure le temps de
transmission total des paquets (RTT, round-trip-time) complet.
La latence du plan de contrôle représente le temps nécessaire pour établir une connexion
et accéder au service. La latence du plan usager représente le délai de transmission d’un
paquet au sein du réseau une fois la connexion établie. De manière générale, la latence traduit
donc la capacité du système à traiter rapidement des demandes d’utilisateurs ou de services.
Une latence forte limite l’interactivité d’un système et s’avère pénalisante pour l’usage de
certains services de données. L’UMTS et ses évolutions HSPA offrent une latence du plan
usager supérieure à 70 ms, valeur trop importante pour offrir des services tels que les jeux
vidéo en ligne. Le LTE vise une latence du plan usager inférieure à 5 ms dans des conditions
de faible charge du réseau et pour des paquets IP de petite taille.
40
Tableau 2-1: Débit et Latence des différentes générations
Dans les réseaux mobiles 3G et 4G, la QoS peut également être implémentée. Dans
cette partie nous présenterons la QoS dans l’interface radio de la 3G et de la 4G.
- Services streaming : Cette classe est utilisée pour les flux unidirectionnels comme les
applications de diffusion vidéo ou audio. Il n’existe pas de contraintes strictes sur le délai
de transfert pour les applications « streaming ». Par contre, la variation du délai est un
paramètre important parce qu’il est perceptible par l’utilisateur.
- Services interactifs : Cette classe est utilisée pour les applications qui nécessitent une
interaction entre les deux extrémités de la communication. Un exemple d’application de
cette classe est la navigation web. Cette classe est de type transactionnel. Elle nécessite
une certaine contrainte sur le délai de transfert des paquets parce que l’utilisateur attend
une réponse dans une fenêtre de temps. Cette contrainte n’est pas stricte puisque ce sont
des applications non temps réel. En revanche, cette classe doit assurer un taux de perte
des
41
paquets assez faible parce que les applications transportées par cette classe sont très
sensibles aux pertes.
42
- Le Default bearer, le premier bearer établi lorsque le terminal se connecte à un
PDN, il reste actif durant toute la connexion.
- Le Dedicated bearer, établi lorsqu'il est nécessaire de fournir la QoS à un service
spécifique (comme la VoIP, la vidéo, etc.). [22]
Le bearer par défaut : Un bearer par défaut ou default bearer est établi pour chaque UE,
lors de la procedure d'enregistrement au réseau. Une adresse IP est allouée à l'UE par la P-
GW. Ce bearer reste établi pendant la durée de la connectivité PDN et fournit à l'UE une
connectivité IP permanente. Les valeurs de ses paramètres sont définies par le MME, en
fonction des données de souscription de l'utilisateur fournies par le HSS. Le bearer par défaut
est systématiquement sans débit garanti (N-GBR) car il est établi de manière permanente et
une garantie de service impliquerait la réservation permanente de ressources.
Le bearer dédié : Les bearers dédiés sont établis à n’importe quel moment après la
procédure d’enregistrement pour que l’utilisateur puisse profiter de services nécessitant une
QoS spécifique. Les supports dédiés sont les supports secondaires créés au-dessus du support
par défaut existant. Ils partagent l'adresse IP précédemment établie par le porteur par défaut,
donc le support dédié ne nécessite pas d'occuper adresse IP supplémentaire. Par ailleurs, un
même utilisateur peut gérer des bearers dédiés établis avec un ou plusieurs PDN et donc
potentiellement avec un ou plusieurs P-GW. Les supports dédiés sont principalement utilisés
en tant que services GBR (débit garanti) bien qu'ils puissent également être un service non-
GBR. Un bearer avec débit garanti (GBR) est alloué principalement aux services dits temps
réel tels que la voix ou le streaming vidéo. Toutefois, on peut aussi imaginer l'allocation d'un
bearer GBR à un service de téléchargement pour des utilisateurs ayant souscrit à des
abonnements dits premium. Au sein du réseau, une ressource est dédiée pendant toute la
durée de vie du bearer EPS avec débit garanti. Quant aux bearers sans debit garanti (non-
GBR), ils sont principalement alloués aux services non temps-réel tels que le téléchargement
de données. Ces bearers n'ont pas de ressource dédiée au sein du réseau.
43
Figure 2-7: La QoS en LTE [35]
Le QCI (QoS Class ldentifier) : Le QCI est un paramètre défini au sein du système
LTE/EPC pour différencier les Qualités de service entre les flux de services différents. L'UE
et les nœuds du réseau tels que l'eNodeB, la SGW, la P-GW déterminent le traitement à
appliquer aux paquets de données d'un bearer EPS en fonction de la valeur de QCI définie
pour ce bearer. 9 QCI sont identifiés, chacun avec ses caractéristiques: type de ressource
(GBR/non- GBR), priorité, délai de transmission et taux d’erreur. L'objectif de ces QCI
normalisés est d'assurer que les services reçoivent le même niveau de QoS de bout-en-bout
dans un environnement impliquant plusieurs constructeurs d'infrastructure. Ces
caractéristiques ne sont pas transmises explicitement dans la signalisation entre les
équipements seules les valeurs de QCI le sont.
GBR et N-GBR : Pour un support EPS, avoir un type de ressource GBR signifie que la
bande passante du support est garantie. Evidemment, un support EPS de type GBR a un
"débit binaire garanti" associé comme l'un de ses paramètres de QoS. Seul un support EPS
dédié peut être un support de type GBR et aucun support EPS par défaut ne peut être de type
GBR. Le QCI d'un support EPS de type GBR peut aller de 1 à 4. Pour un support EPS, avoir
un type de ressource non-GBR signifie que le support est un support de type best-effort et que
sa bande passante n'est pas garantie. Un support EPS par défaut est toujours un support non-
GBR, alors qu'un support EPS dédié peut être GBR ou non- GBR. Le QCI d'un support EPS
non-GBR peut aller de 5 à 9.
44
Figure 2-8: Différents QCI [35]
Ce modèle a été défini par l’IETF dans le but de proposer une architecture de service
intégré. L’objectif principal de ce modèle est d’éviter la congestion en utilisant une technique
de réservation de ressources avant de commencer le transfert de données. Ce modèle prend en
charge la qualité de service sans changer le protocole IP et son implémentation se fait dans
les entités du réseau (routeurs). Le modèle IntServ utilise le protocole RSVP (Resource
reSerVation Protocol) pour signalisation de bout en bout. Le principe de fonctionnement de
ce protocole est la réservation de ressource de bout en bout avant tout transfert de données.
Une fois la réservation des ressources est effectuée, le flux qui traverse une entité et qui fait
l’objet d’une réservation sera identifié en fonction de l’adresse et le port source et destination,
ainsi que le protocole de transmission utilisé. Par ailleurs, les routeurs doivent introduire
quatre nouvelles fonctionnalités :
45
- Le contrôle d’admission : permets de vérifier l’admissibilité d’un nouveau flot et
d’autoriser son arrivée munie d’une certaine QoS sans affecter les flots existants ;
- Le protocole de réservation de ressource RSVP : ce protocole permet la
signalisation hors bande et établir des réservations de bande passante sur chaque
routeur traversé dans le réseau.
46
- Transfert assuré (AF, Assurance Forwarding) : Cette classe de service assure la
transmission quand il ne dépasse pas la largeur de bande maximale autorisée. Si le
trafic généré dépasse la bande passante autorisée, ce dernier sera divisé en quatre
classes AF ;
- Best Effort (BE) : Cette classe de service est applicable aux services insensibles à
délai, gigue, et perte de paquets.
Apres une présentation de ses deux modèles de gestion de la QoS, une étude comparative
entre les deux a été faite et le résumé est présenté dans le tableau ci-dessous.
IntServ DiffSev
S'adapte aux réseaux peu
Réseau supporte S'adapte aux réseaux denses
denses
Exigences d’une
Le nœud concerne n'a besoin
connaissance du reseau connaissance point à
de connaitre que ses voisins
point des nœuds
Nécessité un SLA entre
Nécessité du SLA Ne nécessite pas de SLA
différents nœuds du réseau
Sa lourdeur le rend Facile à mettre à mettre en
Mise e place
difficile à mettre en place place
47
2.4. Méthodes d’optimisation de la latence
Dans cette partie nous présentons différents travaux qui traitent de la latence dans les
réseaux 3G et 4G. Notamment deux articles, paru en 2018, l’un d’Ashish Kurian et l’autre de
Xiaolin accompagné par un groupe tous de l’IEEE.
Ce travail a porté sur l’identification des facteurs qui affectent la latence des paquets
dans les réseaux 4G afin de prévoir ou d’anticiper ce qui pourrait également causer une forte
latence dans les réseaux 5G à venir et d’y remédier. Il voulait aussi étudier si l’architecture
actuelle de la 4G pourrait permettre d’atteindre les objectifs, en termes de latence, fixés par le
réseau 5G. De son étude il a identifié 6 facteurs pouvant affecter la latence du réseau et aussi
il a calculé l’impact de chaque facteur sur la latence du réseau. Ces facteurs sont : La charge
du réseau ; La position de l’utilisateur par rapport à l’eNodeB ; La taille du paquet ; Le débit
du paquet ; La planification du réseau d’accès ; Si l’Edge computing permet le routage au
niveau du cœur du réseau.
48
Figure 2-11:Analyse de l'impact de la distance du mobile à l'eNodeB sur la latence
d’Ashish [12]
Cette figure illustre l’un des tests effectué au cours de ce travail qui consiste à mesurer la
variation de la latence en fonction de la position du mobile par rapport à l’eNodeB.
Au bout de son étude, il arriva à la conclusion selon laquelle l’on ne peut pas, avec
l’architecture actuelle des réseaux 4G, atteindre les exigences en termes de latence des
réseaux 5G, et qu’un nouveau design architectural est nécessaire.
Dans cet article, il est montré que pour réaliser des réseaux à faible temps de latence, il
est important de déterminer où et comment la latence se produit et quelles méthodes peuvent
aider à la réduire. Ce groupe a examiné comment le retard accumule dans la couche physique
et à la couche de transport influence la latence, et montré comment caractériser le retard de
bout en bout en fonctions de plusieurs composants. Et ils ont discuté de la façon dont
différentes techniques peuvent influencer un ou plusieurs composants de retard. Puis, ils ont
soutenu que ces techniques doivent être optimisées ensemble pour réduire la latence tout en
satisfaisant d'autres exigences telles que la fiabilité et le débit.
49
Figure 2-12: Différents composants pouvant influencer la latence selon Xiaoling [18]
Conclusion
Dans cette partie, nous avons fait un état de l’art sur la réduction de la latence, qui
nous a conduits vers deux articles de thèses qui nous proposent des méthodes ou alors
des pistes de résolution de ce problème. La latence étant un indicateur de performance de
la QoS d’un réseau, nous avons également fait une présentation générale de la QoS et des
différents types, ainsi que des modèles de gestion de la QoS ont été présentés.
50
CHAPITRE III : ANALYSE DE
LA LATENCE
51
Introduction
Les généralités sur les réseaux mobiles, la présentation des indicateurs de performances
en général et la latence en particulier, le rappel sur le protocole IP étant fait nous sommes
suffisamment outillés pour attaquer ce problème de latence. Pour atteindre notre objectif,
nous aurons besoin dans un premier temps de calculer la latence, puis l’analyser afin de
ressortir les différents impacts et enfin de la réduire. C’est dans cette optique que cette partie
est consacrée à l’analyse et la réduction de la latence.
3.1. Modélisation
Pour la résolution du problème posé qui est celui de la réduction de la latence, nous
avons suivi une démarche propre à nous que nous avons appelé « MDR » Mesurer-Détecter-
Résoudre. En effet, dans un premier temps il a été question de pouvoir mesurer la latence,
dans le second déterminer quel segment du réseau a une latence anormalement élevé et enfin
résoudre le problème. Mais il faut le dire que cette démarche est contenue dans une
méthodologie de résolution de problème générale divisée en 4 phases :
52
Figure 3-1: Modélisation de la démarche
Pour mieux appréhender le sujet, il est important pour nous de pouvoir traduire ce
problème de latence de façon mathématique. Cette partie y sera donc dédiée. Et par la suite
nous présenterons quelques outils logiciels dont nous nous sommes servis tout au long de
notre travail.
3.1.1. Outils
Dans le cadre de notre travail, nous avons eu à utiliser divers outils dont les
descriptions sont les suivantes.
[Link]. U2000
IManager U2000 gère de manière centralisée les éléments de réseau mobile (NE)
Huawei, y compris les NE LTE / EPC. Le U2000 fournit des fonctions de base, telles que la
gestion de la configuration, la gestion des performances, la gestion des pannes, la gestion de
la sécurité,
53
la gestion des journaux, la gestion de la topologie, la gestion des logiciels et la gestion du
système. Il fournit également diverses fonctions optionnelles.
[Link]. eNSP
eNSP est une plate-forme de simulation de réseau graphique. Grâce à la simulation
d'équipements de réseau réels, cette plate-forme aide les professionnels des TIC et les clients
à se familiariser rapidement avec les produits Huawei Datacom, à comprendre et à maîtriser
le fonctionnement et la configuration des produits associés et à améliorer le réseau TIC des
entreprises. Des capacités de planification, de construction, d’exploitation et de maintenance
pour aider les entreprises à mettre en place des réseaux TIC plus efficaces et plus
performants.
[Link]. UNET
GENEX U-Net est un outil professionnel qui prend totalement en charge la planification
de réseaux sans fil. Il prend en charge la planification d'un réseau mono-système et la
planification d'un réseau multi-système. Par exemple, U-Net peut être utilisé pour planifier le
réseau en utilisant à la fois la technologie GSM et la technologie UMTS ou le réseau en
utilisant
54
la technologie GSM, la technologie UMTS et la technologie LTE-FDD. Pendant tout le cycle
de vie du réseau, U-Net aide les opérateurs à mener à bien la conception initiale du réseau, la
simulation du réseau, la prévision de la couverture et l'optimisation du réseau.
La latence de bout en bout ou End to End (E2E) en anglais, est la résultante des
différentes latences accumulées par le paquet lors de sa traversée du réseau. En effet, comme
illustrée dans la figure ci-dessous, le temps de latence E2E de traversée d’un paquet de
donnée peut être donné par la formule suivante :
Or :
Donc :
Avec :
55
TCORE: Latence entre l’Ue et le premier nœud du cœur du réseau (SGSN, SGW)
Notre travail étant principalement axé sur la partie accès le temps de la latence qui nous
intéresse est celui donne par l’équation (3.2)
Figure 3-5: Mesure de la latence, segmentation en fonction des domaines du réseau [30]
56
Figure 3-6: Interface d’U2000
IPPM (IP Performance Measurement) est un protocole qui, par ses compteurs, nous
permet d’obtenir la qualité de service d’un lien de transmission. Il mesure la qualité du trafic
acheminé sur les liens de transmission. La figure 1 montre la position de l'IP PM dans le
modèle TCP / IP. La figure 2 illustre les principes de la propriété intellectuelle.
L'IP PM vérifie les conditions de perte de paquet, de délai et de gigue de paquets d'une
liaison par l'extrémité locale qui émet des trames de surveillance avant FM (Forward
Monitoring) et par l'extrémité homologue répondant par des trames de rapport en arrière BR
(Backward Reporting). Le nombre de trames FM est utilisé pour représenter le nombre de
trames transmises par l'extrémité locale, alors que celui des trames BR est utilisé pour
représenter le nombre de trames reçues par l'extrémité homologue. L'extrémité locale calcule
le retard, la gigue et le taux de perte de paquets dans la direction local à homologue en
fonction des trames BR reçues.
57
Figure 3-7: Mode de fonctionnement du protocole IPPM
Parmi ses compteurs nous avons des compteurs qui nous permettent d’avoir la, les pertes
de paquets, et la latence. Le compteur qui nous permet d’avoir la latence est le RTT (Round
Trip Time).
Le protocole IPPM se configure au niveau des sites par des sessions IPPM à ajouter. Ces
sessions prennent en compte l’adresse source, l’adresse de destination, et le DSCP
58
correspondant au paquet qui transite sur le réseau. Un exemple de configuration est donné
dans la figure suivante :
Apres l’activation de la session, celle si doit être dans l’état ‘’IP PM UP’’ si ce n’est pas
les cas deux cas de figure sont possibles : soit le chemin est mal configur2 soit la valeur du
DSCP est changée par le routeur.
Dans le premier cas on doit s’assurer que les adresses sources et de destinations
appartiennent à des nœuds qui communiquent ensemble. Et dans le second, la valeur du
DSCP doit être configurée dans le routeur de manière à correspondre à celle configurée dans
le site.
59
Figure 3-10 : Session IPPM activée
Les configurations faites au niveau des sites par exemple nous ont permis de recueillir
certaines données qui doivent être soumises à l’analyse. C’est ainsi que cette partie est
consacrée à l’analyse et l’interprétation de la latence et ainsi que des propositions et
recommandations.
Apres analyse du réseau sur une période de près de 30 semaines nous avons observé que
l’impact de la latence dans les différents segments du réseau sur la latence globale n’est pas
proportionnellement égale. En effet, une latence rencontrée dans la partie RAN n’affecte pas
de la même façon la latence E2E qu’une latence rencontrée dans la partie AIR par exemple.
60
Tableau 3-1: Evaluation de la latence du réseau 3G
Ces données ci-dessus présentent la latence des réseaux 3G et 4G de MTN Cameroun par
région et par secteur. Nous pouvons observer qu’il y a des régions qui présentent des
latences plus élevées que d’autres. Et que l’impact des différents secteurs du réseau sur la
latence de bout en bout n’est pas le même.
Ce qu’on peut ajouter c’est que le choix de l’optimisation au niveau de la partie accès
n’a pas été fait au hasard mais suivant différentes raisons.
- Premièrement nous pouvons observer que la latence dans la partie Cœur est soit nulle
soit invariable. C’est-à-dire qu’une optimisation dans cette partie est presque impossible
car les équipements dans cette partie sont interconnectes et il n’y a également dans cette
partie pas de variation majeure.
- Deuxièmement la partie Server qui comprends le réseau backbone conçu avec un support
de transmission fibre, et les différents servers d’application
Toutefois en ce qui concerne la latence dans la partie accès, elle est constituée de la
latence dans la partie
61
Latence 3G
3%6%
24% T - RAN (ms)
T - CORE (ms)
SERVER SIDE
T – AIR (ms)
67%
Latence 4G
15% 9%
0% T - RAN (ms)
T - CORE (ms)
SERVER SIDE
T – AIR (ms)
76%
De cette analyse nous ressortons qu’en 3G, TNTWK vaut environ 33% de la latence totale.
Et en 4G, TNTWK vaut environ 24% de la latence totale.
62
Une réduction de la latence sur la partie accès a donc un impact considérable sur la
latence globale.
En ce qui concerne la latence au niveau de l’accès à proprement parlé elle est constituée
de la latence au niveau de l’interface Radio, de la partie RAN et de la partie Core. En ce qui
concerne la partie Core nous observons une latence nulle c’est le cas en 4G ou constante c’est
le cas en 3G tout simplement parce qu’à ce niveau les équipements sont interconnectés et
qu’il n’y a aucun changement ou phénomène majeure pouvant impacter la latence.
Latence acces 3G
19%
T - RAN (ms)
8%
T - CORE (ms)
T – AIR (ms)
73%
63
Latence acces 4G
L’enjeu donc, d’après ces données présentées ci-dessus se trouve au niveau de la partie
RAN et Radio qui représente plus de 90% de la latence d’accès.
Apres analyse de ces données collectées, et investigation des secteurs du réseau ou cette
latence a été avéré, nous avons identifié plusieurs causes d’une latence élevée.
Délais liés à la mise en tampon : Temps écoulé entre la mise en file d’attente d’un
paquet et sa transmission. Le nombre de paquets en attente dans la file d’attente est fonction
de l’intensité et de la nature du trafic. Les algorithmes de file d’attente des routeurs
s’efforcent
64
d’adapter les délais en fonction des préférences spécifiées ou imposent des délais équivalents
sur l’ensemble du trafic.
Délais de transmission : Temps requis pour faire passer tous les bits d’un paquet sur le
support de transmission utilisé.
D = T/N (3.6)
Avec :
N=nombre de bits par seconde
T=taille du paquet,
D=délai
Délais de propagation : Une fois un bit “poussé” sur le support de transmission, temps
requis pour qu’il se propage jusqu’à la fin de sa trajectoire physique. La vitesse de
propagation du circuit dépend principalement de la longueur du circuit physique. Dans la
majorité des cas, cette vitesse est proche de celle de la lumière.
DP = d/v (3.7)
Avec :
d = distance
v = vitesse de propagation :
Les interférences sont dues aux signaux émis par les autres stations. On peut distinguer :
Les interférences co-canaux qui sont dues aux signaux émis par les autres stations de base
utilisant la même fréquence. Les interférences de canaux adjacents dues aux signaux émis par
65
les stations de base utilisant des fréquences voisines. La mauvaise couverture est due à un
défaut de dimensionnement qu’il faut corriger.
Cette figure illustre une cellule 3G qui subit des interférences de canaux adjacents des
cellules voisines. Du à cela, la qualité du signal dans cette zone est mauvaise et les
utilisateurs ont du mal à ouvrir des pages web.
D = T/N (3.6)
Ainsi, pour transmettre 1024 bits avec une connexion Ethernet rapide (100 Mbps) :
D = 1024/1x10e8 = 10,24 microsecondes.
Dans le cas du réseau de MTN nous avons analysé le temps de transmission d’un paquet
a l’heure charge et nous avons les données suivantes : le débit de connexion est d’environ 70
Mbps avec une taille de données à transmettre égale à une MTU de 9100 octets on a :
66
T = 9100 x 8 = 72 800 bits
D= 72 800/70x10e6 = 1,04 ms
DP = d/v (3.7)
DP = 200/3x10e8 = 66,66 us
En additionnant ces deux résultats obtenus nous obtenons la latence sur le plan du
transport qui est égale au temps de transmission additionné au temps de propagation :
Avec :
67
Ttr : Temps de transmission
Tpro : Temps de propagation
Nous aurons donc pour le réseau de MTN un temps de transport moyen égal à :
[Link]. La congestion
Au niveau du support de transmission, en l’occurrence du faisceau hertzien, le principal
enjeu se trouve au niveau de la congestion. En effet, plus le lien est congestionné plus le
paquet est susceptible d’être ralenti durant son trajet, et plus la latence est élevée.
- Un trafic utilisé supérieur au trafic configuré : Ce cas intervient quand les données de
dimensionnement deviennent obsolètes, en d’autres termes, quand la population d’une
zone augmente et que le trafic utilisé par celle-ci devient supérieur à la bande passante
initialement prévue.
- Une restriction du port utilisé : Le port peut être configuré à une mesure inferieure au
trafic qui devrait y transiter. Un port configuré en 100 Mbps n’acceptera que du trafic de
cette mesure, même si le trafic qui lui parvient est supérieur à 100 Mbps, on dira donc
dans ce cas que le port congestionné.
- Le type de câble utilisé : Un câble de capacité 100 Mbps ne peut pas transporter plus
que cette capacité, même si le trafic qui lui parvient est supérieur à cette valeur, on dira
donc dans ce cas que le câble congestionné.
68
une diminution de la latence. Pour réduire la latence le choix est porté sur les protocoles de
routage à état de liens qui font converger plus rapidement leur table de routage et qui utilisent
l’algorithme du plus court chemin pour router les paquets.
Dans le souci de diminuer le temps de traitement des routeurs, après analyses, nous
avons opté pour différentes solutions de protocoles qui nous permettraient de minimiser la
latence. Ces solutions sont le protocole IGP IS-IS, le protocole de routage EGP iBGP, la
technologie MPLS, le protocole RSVP pour la QoS, et le BFD pour le contrôle de l’état des
liens.
MPLS Dans les réseaux IP, les tables de routage sont de plus en plus grande, et donc
longue à parcourir. Chaque nouveau nœud apparait comme une source de latence et il faut
avoir des routeurs de plus en plus robustes pour pouvoir parcourir très rapidement ces
tables. Le
69
MPLS offre une meilleure rapidité de commutation des paquets, car la décision de routage se
fait en analysant un label. Chaque routeur possède une table associant un port/label d'entrée à
un port/label de sortie. Cette table est rapide à parcourir, ce qui a pour but d'accroître la
rapidité de routage par rapport à un réseau IP.
70
Conclusion
Dans cette partie il était question pour nous d’analyser le réseau afin de pouvoir détecter
quel segment contribue à la hausse de la latence. Apres avoir configuré le protocole IPPM au
niveau des sites, ce qui nous a permis d’avoir les performances en temps réel, nous avons pu
identifier les segments concernés et mettre en exergue les causes de cette latence. Comme une
maladie dont nous connaissons déjà l’origine, les causes de la latence étant déjà identifiées il
ne reste plus qu’à y remédier premièrement et deuxièmement proposer une solution
d’architecture globale du réseau pouvant réduire au maximum la latence.
71
CHAPITRE IV :
OPTIMISATION,
RESULTATS ET
RECOMMANDATIONS
72
Introduction
Dans notre travail, pour simuler et vérifier nos hypothèses, nous avons travaillé sur la
liaison reliant les sites de PK17 Université MTN_Switch. Nous y avons mené plusieurs
actions qui ont contribué à l’optimisation du réseau et à la réduction de la latence. Ces
différentes opérations nous ont conduites à la proposition d’une architecture nouvelle et d’un
nouveau dimensionnement du réseau de MTN en vue d’une optimisation générale.
4.1. Optimisation
L'optimisation est une branche des mathématiques cherchant à modéliser, à analyser et à
résoudre analytiquement ou numériquement les problèmes qui consistent à minimiser ou
maximiser une fonction sur un ensemble. Elle cherche à donner à une entité les meilleures
conditions d’utilisation, de fonctionnement, de rendement. C’est un processus qui consiste, à
l’aide d’outils informatiques ou non, d’améliorer les performances de l’existant.
Début
Aucune
Latence
action
Redimensionnement des
Optimisation de la Amélioration du
liens de transmission
qualité du signal routage
Optimisation
de la latence
Fin
73
La méthode d’optimisation que nous avons utilisée est une fusion des méthodes
présentées à la section 2.4. Nous allons procéder en 3 dimensions, la première étant
l’optimisation de l’interface radio notamment en améliorant la qualité du signal ; la deuxième
étant l’optimisation des supports de transmission notamment en réduisant la congestion, et la
troisième l’optimisation du routage.
S’agissant de l’interface radio, la qualité du signal reçu, ainsi que les ressources
disponibles ont un impact considérable sur la latence des paquets. Dans cette partie nous
présentons les actions menées pour réduire les problèmes d’interférences et de congestion au
niveau de l’interface radio.
Le TILT
Le tilt d’une antenne est son angle d’inclinaison dans le plan vertical c’est-à-dire du haut vers
le bas. Il est donc utilisé pour diriger le faisceau de l’antenne. Lorsqu’il est dirigé vers le bas
on l’appel (Down Tilt ou Tilt Négatif) et lorsqu’il est dirigé vers le haut on le nomme (Up
Tilt ou Tilt Positif). L’inclinaison peut se faire de deux façons souvent complémentaires : tilt
mécanique réalisé par une inclinaison de l’antenne (vers le haut ou vers le bas), et tilt
électrique, réalisé par légère modification des caractéristiques électriques de l’antenne. La
valeur du tilt est comprise entre 0 et 10°.
L’AZIMUT
L’azimut est la direction principale d’émission d’une antenne ; exprimé en degrés l’azimut est
compté positivement dans le sens horaire, en partant du nord (l’azimut 0°). L’azimut est donc
l’orientation de l’antenne par rapport au nord et sa valeur est comprise entre (0 et 36°)
nécessaire pour vérifier qu’une communication se déroule normalement. La figure si dessous
illustre l’ajustement du tilt et de l’azimut.
74
Figure 4-2 : Ajustement du Tilt et de l'Azimut [36]
Dans notre exemple de simulation, la liaison Pingo PK10-Ndoghem PK12 présentait des
interférences de canaux adjacents qu’il fallait corriger.
Pour résoudre le problème, grâce au logiciel U2000 et à la fonction RET (Remote Electric
Tilt) nous opérons un ajustement à distance du tilt pour le ramener sa valeur a 6.
75
Figure 4-4: Ajustement du tilt d’une cellule 3G de 2 à 6
Apres avoir ajuste le Tilt de l’antenne, les interférences ont été effectivement éliminées
comme nous le pouvons le voir dans la figure ci-dessous.
76
Figure 4-6 : Interface du logiciel UNET
Le LTE permet d'exploiter des largeurs de bande de 1,4 MHz, 3 MHz, 5 MHz, 10 MHz,
15 MHz et 20 MHz. Une ressource bloc correspond à une bande de 180 kHz, si la
communication utilise : Une bande de 1,4 MHz, alors 6 RB peuvent être exploitées ; Une
bande de 3 MHz, alors 15 RB peuvent être exploitées ; Une bande de 5 MHz, alors 25 RB
peuvent être exploitées ; une bande de 10 MHz, alors 50 RB peuvent être exploitées ; une
bande de 15 MHz, alors 75 RB peuvent être exploitées ; une bande de 20 MHz, alors 100 RB
peuvent être exploitées.
- 15 MHz : Il possède 75 RB, il peut donc transmettre 75*84 symboles * 6 bits en 0,5 ms.
Autrement dit, 37800 bits sont transmis en 0,5 ms. Le débit s'exprime en bit par seconde
dont 37800/0.0005 = 75,6 Mbits/s
- 20 MHz : Il possède 100 RB, il peut donc transmettre 100*84 symboles * 6 bits transmis
en 0,5 ms. Autrement dit, 50400 bits sont transmis en 0,5 ms. Le débit s'exprime en bit
par seconde dont 50400/0.0005 = 100,8 Mbits/s
77
4.1.2. Amélioration du routage
Parmi les causes d’une latence élevée nous avons un mauvais routage. Dans cette partie,
Il est question d’analyser et de définir les protocoles de routage qui favorisent une
diminution de la latence.
[Link]. Simulation
Notre simulation a pour but de mesurer l’impact des différents protocoles sur la latence.
En effet, nous cherchions à connaitre quel est le protocole de routage qui favorise le plus une
diminution de la latence. Pour cela, à l’aide du logiciel eNSP, nous avons conçu une
architecture qui s’apparente à celle mise en pour relier le site de PK17 et MTN_SWITCH.
L’architecture st présente dans la figure ci-dessous avec le plan d’adressage.
La démarche entreprise a été faite en 3 étapes. La première étape nous avons après
avoir déployé le réseau, nous avons implémenté dans chaque routeur le protocole à état de
lien IS- IS. Puis nous avons effectué un test PING pour mesurer la latence.
78
Figure 4-8 : Configuration du protocole IS-IS
Dans la deuxième étape nous avons configuré le protocole iBGP, et à la troisième étape
nous avons implémenté le MPLS. A chaque étape nous avons effectué un PING afin de
mesurer la latence.
79
Les résultats des tests de PING fait précédemment nous montrent que l’application du
MPLS en plus d’ IS-IS et du BGP contribue fortement à la diminution de la latence des
paquets au niveau du routage. La figure ci-dessous présente une comparaison en termes de
latence des différents protocoles.
Ping ms
31
30
29
28
27
26
25
24
23
22
IS-IS MPLS-TE iBGP
80
- La modulation par déplacement de phase (Phase Shift Keying PSK)
- La modulation par déplacement de fréquence (Frequency Shift Keying PSK)
- La modulation par déplacement deux porteuses en quadrature (Quadrature Shift
Keying QAM)
Aussi, il est possible que la congestion soit causée par la configuration physique du port,
ceci suppose que si un port est configure à 100 Mbps, il congestionnera si le trafic qui lui
parvient, ou qui en sort est supérieur à 100 Mbps. Il suffit dans ces cas d’augmenter la
capacité du port.
81
Figure 4-12 : Mise à niveau des ports pour pallier à la congestion
L’augmentation d’un canal supplémentaire est une option pour pallier au problème de
congestion. En effet, telle une file d’attente dans laquelle on augmente le nombre de serveurs,
l’augmentation d’un canal augmente la rapidité du service et donc diminue la latence.
- Fluctuations du terrain : les éboulements, les travaux de génie civil ou d’autres crises
naturelles impliquant le tremblement du sol, sont capables de faire vibrer la fibre de verre
véhiculant le signal lumineux, et provoquer par conséquent des pertes de la qualité du
signal transmis.
- Une fibre de mauvaise qualité : chaque fois qu’il y’a coupure de fibre, on procède a sa
soudure. Le point d’impact (lieu de soudure), devient donc un point d’atténuation. Et s’il
faut s’imaginer plusieurs points d’impact, on comprend aisément que la fibre subisse de
graves atténuations.
La première étape est de vérifier les dites performances en question, la précision à faire ici est
que lorsque la puissance d’entrée (Input Power) est inférieure ou égale à -60 dBm.
Dans le cas de la figure ci-dessus, on a la puissance d’émission qui est de -60 dBm. On a
donc à ce moment deux alternatives : Augmenter le gain en émission ou Réduire l’atténuation
en réception
82
[Link]. Procédure d’augmentation du gain
Pour augmenter le gain, on agit sur la puissance d’entrée et le gain en entrée
- Qui représente le gain d’entrée (Input Power), on le modifie en fonction du gain d’entrée
(Reference Input Power).
4.2. Résultats
A l’issu de toutes les opérations menées afin d’optimiser le réseau nous avons obtenu des
résultats satisfaisant du point de vue de la latence dans le réseau. Car en effet, ne l’oublions
pas le but de cette optimisation ou de ses actions visait principalement à réduire la latence.
Au niveau du RAN (Radio Access Network) qui est la partie d’accès entre le NodeB et la
RNC en ce qui concerne la 3G ; et l’eNodeB et la SGW pour la 4G, nous avons mené en
générale dans tous les sites du réseau, des actions en droite ligne avec ce qui a été fait et
présenté précédemment. Ces actions nous ont conduites à une amélioration des performances
du réseau et aussi à une diminution de la latence.
83
% sites avec une latence <10 ms
120,00%
100,00%
80,00%
60,00%
40,00%
20,00%
0,00%
Y4 H2 Y5 H1 Wk31 Wk32 Wk33 Wk34 Wk35 Wk36 Wk37 Wk38 Wk39 Wk40 Wk41 Wk42 Wk43
Nous pouvons observer qu’à la deuxième moitié de l’année 2018 (Y4 H2) le pourcentage
des sites avec une latence de moins de 10 ms est faible et est de l’ordre de 68%. A la première
moitié de l’année 2019 (Y5 H1) le pourcentage reste pratiquement le même et est autour de
75%. A partir de la semaine 31 (Wk31), semaine du début de l’optimisation, nous observons
une hausse considérable de ce pourcentage qui va monter et se stabilisé autour de 98%.
En d’autres termes, grâce au travail effectué, le pourcentage des sites avec une latence
inferieur à 10ms est passé de 68% à la fin de l’année 2018 à 98% à la fin de l’année 2019. Ce
qui témoigne une amélioration de l’ordre de 44.17%.
84
Latence de bout en bout
98,4
4G
138,70
110,10
3G
151,60
85
4.3.1. Architecture de la solution
86
La nouvelle architecture que nous proposons est définir pour la partie accès du réseau et
a pour but d’optimiser les performances du réseau et de réduire au maximum la latence. C’est
une architecture en cluster qui vise à définir des sous réseaux virtuels afin de diminuer le
nombre de nœuds à traverser pour atteindre la destination. L’ensemble des spécifications de
cette architecture est définie dans les recommandations ci-dessous.
4.3.2. Recommandations
Pour une meilleure optimisation de son réseau, nous avons certaines recommandations à
faire à l’entreprise d’accueil, qui implémentée, grâce à nos prévisions, pourront ramener la
latence 3G et 4G a 100.90ms et 89.20 ms respectivement :
- Implémenter un nouveau protocole TWAMP qui permettrait d’avoir les indicateurs
de performances des sites 4G de manière automatique et en temps réel
- Opter pour une architecture en cluster avec le nombre de saut entre la station de base et
le contrôleur ou le SGW inferieur a 5.
- Redimensionner les liaisons hertziennes et passer à un débit de 5Gbps
- Diminuer la distance entre les sites et passer de 200m à 150m
- Faire un redimensionnement de la couverture radio et diminuer la taille des cellules
- Diminuer le nombre d’utilisateurs dans une cellule
- Définir une bande passante de 20Mhz pour la 4G
- Favoriser les hautes fréquences, 2100 MHz pour la 3G et 1800 MHz pour la 4G
- Augmenter le débit au niveau des routeurs et configurer les ports avec un débit de 1Gbps
- Stabiliser les liaisons fibre optiques
87
Londres de 5 millisecondes. En ce qui concerne les algorithmes des transactions sur le
marché de la bourse, réduire la latence de quelques millisecondes peut équivaloir à des
milliards de dollars. [35]
Dans le domaine du commerce électronique, cette étude de cas réalisée par un détaillant
de lunettes démontre qu’un délai d’une seconde dans le chargement d’une page cause une
perte de 7 % en conversions. Une étude effectuée par Amazon en 2008 indique, quant à elle,
qu’une augmentation de la latence de 100 millisecondes lui fait perdre 1 % de ses ventes.
Selon une recherche menée par Akamai, un délai d’une seconde dans le chargement d’une
page cause en moyenne une perte de 7 % en conversion, et une réduction de 11 % de la
consultation des pages et de 16 % de la satisfaction de la clientèle. [35]
L’entreprise MTN Cameroun compte 8.7 millions d’abonnés au 31 mars 2019 contre
7.684 millions au 31 décembre 2018, soit une augmentation de 11.68% en 3 mois. Et le
revenu moyen par utilisateur est d’environ 2 000 FCFA minimum. Soit un revenu mensuel
pour MTN de 17.400 milliards de FCFA. Ceci est possible entre autre par les stratégies
commerciales développées par celle-ci mais surtout la qualité de son réseau.
Si nous reprenons l’étude d’Akamai notamment sur la latence. Une hausse de la latence
d’une seconde pourrait faire perdre 16% de sa clientèle soit environ 1.392 millions abonnées
ce qui représenterait environ 2.784 milliards de perte mensuel. Or une diminution de la
latence qui contribue à une amélioration de la qualité de l’expérience de l’utilisateur, pourrait,
dans la même dynamique que l’année précédente contribuer à faire gagner environ 2 millions
d’abonnés au bout de 12 mois soit un gain de 4 milliards mensuel.
Conclusion
Dans cette partie, nous avons premièrement présenté les résultats de nos actions
menées, puis proposer une architecture générale qui permettrait d’optimiser le réseau de et
par ricochet réduire la latence, et en fin nous nous avons présenté les enjeux financiers de la
réduction de la latence.
88
CONCLUSION GENERALE
89
L
es indicateurs de performances sont des outils puissants permettant d’évaluer la
qualité d’un réseau. Il en existe plusieurs dont la latence qui est le temps de
traversé d’un paquet de bout en bout du réseau. De la même manière qu’une
latence basse, informe plus ou moins de la bonne santé du réseau, de même une latence
élevée peut indiquer certains défauts dans le réseau qu’il faudrait corriger. L’entreprise MTN
Cameroun, structure d’accueil, présentait une latence des paquets de données élevées ne
correspondant pas aux exigences et objectifs fixés. C’est dans cette optique qu’il nous a été
demandé de travailler sur l’analyse et la réduction de la latence des paquets de données des
réseaux mobiles 3G et 4G qui nous a conduit à une contribution à l’optimisation du réseau.
Pour atteindre notre objectif, nous avons subdivisé notre travail en quatre chapitres. Dans
le premier chapitre, dans un premier temps nous avons présenté les généralités sur les réseaux
mobiles et ensuite mis un accent particulier sur les réseaux 3G en l’occurrence l’UMTS et les
réseaux 4G en l’occurrence la LTE. Dans le deuxième chapitre nous avons présenté l’état de
l’art ou nous avons évoqué deux articles de thèses qui nous ont brillamment guidés dans notre
travail. Dans ce chapitre nous avons également parlé de QoS, de ses indicateurs, des modèles
de gestion de la QoS et puis précisément de la latence. Le troisième chapitre quant à lui a été
dédié à l’analyse et à la réduction à proprement parlé. Nous y avons présenté la méthode de
mesure de la latence, analysé ses différentes causes et son impact en fonction des parties du
réseau. Et enfin, le quatrième chapitre nous présente dans un premier temps les différents
résultats de nos actions menées, puis une proposition architecturale globale en vue de
l’optimisation du réseau.
Ce travail bien qu’il a été mené dans un environnement bien précis qui est celui de MTN
Cameroun, présente une approche qui peut être réutilisée dans tous les réseaux similaires
basés sur le protocole IP. La méthode de réduction de la latence ainsi présentée est simple,
efficace et applicable à d’autres environnements.
L’objectif de notre travail étant atteint nous pouvons dire que la réduction de la latence a
une certaine limite du fait de l’architecture même des réseaux 3G et 4G et de ce fait pour
atteindre des temps de latence très bas voire en dessous de 10 ms les entreprises seront
appelées à migrer vers d’autres architecture comme l’implémentation de la SDN (Software
Defined Network) ou l’évolution vers une autre technologie à savoir la 5 e génération des
réseaux mobiles.
90
BIBLIOGRAPHIE
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[35] [Link], Gestion des ressources des réseaux mobiles de nouvelle génération par
rapport à la mobilité des utilisateurs, THÈSE présentée pour obtenir le grade de Docteur en
Sciences de l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse France & Université
Mohammed V-Agdal Rabat – Maroc, 2009
IV
Annexe A
Les canaux physiques
C'est un canal de la couche physique qui fournit le moyen de transmettre par radio les
données issues de la couche transport. Un canal physique va donc correspondre à un sous
ensemble constitué d'éléments de la ressource radio disponible. Généralement, on lui associe
certaines caractéristiques radios particulières. Les canaux physiques downlink :
PBCH (Physical Broadcast Channel) : sert à la transmission des canaux de transport BCH.
V
Les canaux logiques
Un canal logique est caractérisé par le type d'information qu'il transporte, et non pas par
comment ces données vont être véhiculées. Il existe 2 types de canaux logiques qui
permettent de scinder véhiculé les informations de 2 grands types distincts, les informations
dit du plan de contrôle et les informations dit du plan usage. Les informations du plan de
contrôle sont toutes les informations échangées par réseau d'accès (interne, vers le mobile ou
vers le cœur de réseau) permettant son fonctionnement propre (authentifier un mobile, établir
un appel, etc.). Les informations du plan usager sont toutes les informations échangées par
l'usager via le réseau d'accès.
BCCH (Broadcast Control CHannel) : c'est un canal logique de contrôle qui permet de
diffuser les informations de base d'une cellule permettant l'accès, comme son identifiant, la
largeur de bande à utiliser, la liste des cellules voisines LTE 3G ou GSM etc...
PCCH (Paging Control CHannel) : c'est un canal logique de contrôle qui permet de diffuser
des notications d'appel. Lorsque que quelqu'un cherche à joindre un mobile, un message de
paging par le coeur de réseau vers le réseau d'accès. Toutes les cellules de la zone à laquelle
le mobile est supposé appartenir vont alors diffuser l'information qu'on cherche à le joindre.
Ce type d'information transite donc par ce canal logique.
DCCH (Dedicated Control CHannel) : c'est un canal logique de contrôle qui permet de
véhiculer toute la signalisation d'appel quand un canal dédié au mobile existe. Par exemple, la
reconfiguration d'une connexion ou un handover se font en utilisant ce canal
DTCH (Dedicated Traffc CHannel) : c'est un canal logique du plan usager qui permet de
véhiculer toutes les informations usager. Par exemple, si vous être en train de regarder une
vidéo, c'est par ce canal que les informations vont transiter.
Un canal de transport se distingue d'un autre par la manière dont les données vont être
transportées sur la couche physique. On retrouve principalement les canaux suivants :
VI
BCH (Broadcast CHannel) : le BCH porte exclusivement le BCCH et sert donc à la
diffusion du Master Information Block (MIB). Ce message broadcasté contient toutes les
informations nécessaires pour que le mobile puisse reconnaitre le réseau d'accès et s'attacher
sur la cellule.
PCH (Paging CHannel) : pour diffuser les informations de paging sur la cellule et donc
porte le canal logique PCCH. RACH (Random Access CHannel) : ce canal sert uniquement à
gérer l'accès initial du mobile ou lors d'un handover sur une cellule.
VII
Annexe B
Tableau : Code DSCP et correspondance :
VIII
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