Diversification et performance de la BHS
Diversification et performance de la BHS
Département : Économie-Gestion
Spécialité : Finance
Th
Devant le jury
A mon père
A mes ami(e)s.
A Mr et Mme Konté
i
Remerciements
Tout d’abord, nous remercions Dieu le tout puissant de nous avoir donné la force, le
courage, la persévérance et de nous avoir permis d’exploiter les moyens disponibles afin
d’accomplir ce modeste travail.
Mes reconnaissances s’adressent à mon encadreur Professeur Mélyan MENDY, qui a
dirigé ce travail avec une grande rigueur scientifique. Je le remercie pour sa disponibilité, ses
conseils et la confiance qu’il m’a accordée.
Je remercie l’ensemble des membres du jury à l’instar du professeur Ndiouma NDOUR,
du docteur Sérigne DIOP et docteur Boubacar BASSE pour avoir accepté d’évaluer ce travail
malgré leurs nombreuses préoccupations.
A travers eux je remercie aussi tout le corps professoral de l’UASZ qui est intervenu
dans ma formation.
ii
Liste des tableaux
Tableau n°1 : La matrice d’Ansoff
Tableau n° 2 : Les principaux critères de la performance commerciale
iii
Sommaire
Introduction générale…………....…………………………………………………1
Contexte justificatif de l’intérét du sujet………………………………………………………………………………………….1
Problématique………………… .…………………………………………………………….2
Objectifs…………………………………………………………………………………….………………………………………………....2
Plan du mémoire……………………………………………………………………………..3
Conclusion générale…………………………………………………………………………………………………………….…...45-46
Bibliographie……………………………………………………………………………………………………………………..……..47-53
Annexes……………………………………………………………………………………………………………………………..….…54-59
Résumé……………………………………………………………………………………………………………………………………………
Abstract…………………………………………………………………………………………………………………………………………..
iv
Introduction générale
Le cas de la Banque de l’Habitat du Sénégal (BHS) en est une véritable illustration car
depuis sa création en 1979, elle est restée dans son cœur de métier qui est le financement de
l’immobilier en général et de l’habitat social en particulier. Et bien qu’étant leader dans son
domaine avec 70 % de part de marché, la BHS a profité de la libéralisation de l’activité bancaire
au Sénégal pour devenir une banque universelle 1. C’est ainsi qu’elle a conclu un processus de
planification stratégique avec à la clé une diversification de ses produits et services. Nous
sommes motivés par une volonté d’apporter notre contribution à partir de l’expérience de la
BHS dans la diversification d’activités pour en faire un exemple pour toutes les entreprises
sénégalaises en difficulté du fait de leur ancrage dans leur métier de base.
1
-Rapport d’analyse (Wara, 2018)
1
2. Problématique
L’évaluation et le suivi de la performance des entreprises sont des activités qui ont pris
beaucoup d’ampleur ces dernières années et sont devenues nécessaires étant donné la marge de
manœuvre significativement réduite que possèdent les dirigeants. Le nouvel ordre économique
mondial oblige de plus en plus les entreprises à faire « plus » et avec « moins » (Moderi et
Steeple, 2000 cité par St-Pierre et al. 2005).
Du point de vue théorique certains auteurs à l’instar de Berger et al. (2010) ont trouvé
un impact négatif de la diversification des actifs tandis qu’Alsas et al. (2010) confirment que
les institutions financières sont plus performantes en se diversifiant.
Cette situation nous amène à poser la question centrale suivante : dans quelle mesure la
diversification peut-elle être source de performance commerciale de l’entreprise ?
- Quel est l’effet de la stratégie de diversification adoptée par la BHS sur sa performance
commerciale ?
3. Objectifs de la recherche
4. Plan du mémoire
Ce travail est constitué de deux chapitres. Dans le premier chapitre, nous définissons les
concepts stratégie de diversification et performance commerciale avant d’analyser leurs liens à
travers la revue de la littérature pour en tirer des propositions et notre modèle de recherche. Le
deuxième chapitre est consacré à la présentation de la méthodologie de la recherche, des
résultats et de leur discussion.
3
Chapitre I : Cadre conceptuel et
théorique
4
Introduction
Vu que la plupart des grandes entreprises sont diversifiées, mais aussi que la diversification
peut quelque fois servir avant tout les intérêts des dirigeants, de nombreux travaux de
recherche ont été consacrés à l’étude de l’incidence des stratégies de diversification sur la
performance des entreprises mais aussi les facteurs qui ont conduit au succès de la
diversification.
En effet, des résultats parfois contradictoires ont été recensés par des auteurs comme
Pasquier (1993) et avec la remise en question de la pertinence de tel objet d’étude, nous
essaierons d’abord d’analyser les concepts de diversification et de performance commerciale
pour ensuite faire une revue de littérature qui établirait leur lien pour enfin en tirer les
hypothèses de notre modèle de recherche.
La plupart des Entreprises qui ont réussi aujourd'hui montre que certaines voies de
développement ont pu être suivi telles que la diversification. La diversification du portefeuille
d’activités apparaît dès lors pour certaines entreprises comme une priorité pour contrer la
concurrence de plus en plus rude et agressive sur la plupart des marchés.
Ainsi, plusieurs types de diversification sont définis sur le plan théorique pour rendre
les entreprises beaucoup plus performantes.
Nous nous proposons de présenter dans la première partie de cette section l'importance
de la diversification à travers ses nombreuses définitions et dans la seconde partie les différents
types de performances tout en s’appuyant sur celle qui fait l’objet de notre étude la performance
commerciale.
1. Stratégie de diversification
1.1. Définition
5
première d’une façon ou d’une autre mais qui requiert l’acquisition d’un nouveau savoir-faire
par tout le personnel dédié à cette nouvelle activité (Ingham, 1995 cité par Nsong, 2007).
De manière générale, la diversification consiste pour une entreprise à s’engager sur des
domaines d’activité dans lesquels elle n’est pas encore présente, tant en termes d’offre que de
marché. Selon le niveau et la nature de la diversification d’une organisation, ses dirigeants ne
doivent pas utiliser le même type de logique de groupe. Même des organisations de petite
taille, ne comprenant qu’un seul DAS, peuvent être confrontées à des situations dans
lesquelles la diversification constitue une option pertinente, voire une nécessité (Johnson et al,
2005).
Afin de limiter les risques liés à la trop grande spécialisation de l’entreprise qu’induit la
mise en œuvre d’une politique d’expansion ou de pénétration, de nombreuses entreprises
choisissent une option stratégique de diversification afin de répartir leurs activités sur plusieurs
couples produit /marché. Le choix d’une stratégie de diversification répond à plusieurs motifs.
Tout d’abord, lorsque les produits traditionnels de l’entreprise commencent à stagner, pour des
raisons de faiblesse de la demande ou d’accroissement de la concurrence, la firme peut être
tentée par une diversification dans des activités ou des marchés nouveaux. Une autre raison de
se diversifier est la recherche d’une meilleure répartition du risque ou d’un équilibre satisfaisant
dans les flux des profits et des revenus générés par des activités différentes qui se compensent
les unes les autres. Enfin, peut également désirer se diversifier lorsque les ressources dégagées
par des produits de base sont plus que suffisantes pour assurer leur croissance (Thietart et
Xuereb 1982).
6
1.2. Les différents types de diversification
La structure crée une nouvelle activité proche de l’activité d’origine, dans le secteur
qu’elle investit déjà. Possédant une forte expertise, elle s’appuie sur l’expérience de son métier
pour développer la nouvelle activité (Delga, 2014).
7
Intégration vers l‘amont
Logistique
amont
Diversification horizontale
Logistique
avale
Source : d'après Gerry Johnson et al. Stratégique, Pearson, 10e édition, 2014.
8
développement d’une nouvelle activité ne peut que se faire qu’en dehors de la vocation
première.
Diversification Diversification
liée conglomérale
Relève de la Resource
Lien de nature financière
based view
uniquement (compensation
(exploitation des
entre les activités)
ressources entre
activités)
Toute entreprise mettant en place une stratégie vise à réaliser un objectif lui permettant
de maximiser son profit tout en satisfaisant ses clients à travers ses offres. Cet objectif sera
déterminé sur plusieurs plans.
9
de création de la valeur pour sa clientèle actuelle et potentielle mais aussi de La recherche de
compétitivité par l'identification des sources de valeurs; la valeur est selon (Porter, 1982 cité
par Nsong, 2007) « ce que les clients sont prêts à payer ». Cette capacité qu’a l'entreprise à
garantir sa pérennité et son aptitude à créer de la valeur sont le résultat d'une stratégie bien
réfléchi, celle-ci étant conçue pour répondre à la concurrence.
Selon Orsini (1987 cité par Nsong, 2007 p21) « la réussite d'une entreprise, sa prospérité
passe nécessairement par une bonne organisation qui améliore sa productivité ». La
diversification est aussi l’acquisition de nouvelles compétences dans la gestion de nouveaux
domaines d'activités favorisant des synergies entre anciennes et nouvelles activités ce qui
permet une bonne circulation de l'information au sein de la structure. La flexibilité de celle-ci
dans la gestion de ses activités permet de mieux s'adapter à l'évolution de son environnement,
et reflète souvent les perspectives de croissance économique.
10
1.4. Diversification et marketing mix
La diversification c’est aussi la présence du produit de l'entreprise sur presque tous les
segments. Cette présence marque le dynamisme de l'entreprise et contribue au positionnement
de l'entreprise et lui permet en même temps de se différencier de ses concurrents.
11
d'activité stratégique. Elle désigne toute profession dont on peut tirer ses moyens d'existence,
mais aussi l'habileté que procure la pratique de cette profession.
Néanmoins, le métier met l'accent sur les savoirs faire et compétences qui sont l'apanage de
ceux qui travaillent dans l'entreprise alors que, le domaine d'activité se définit par rapport au
marché, à la technologie et au produit.
Les facteurs clés de succès sont des éléments de compétence qu'il est nécessaire de
maîtriser sur un segment de marché pour être performant (rentabilité, solvabilité) et
concurrentiel (compétitivité, part de marché) (Nsong, 2007). Il peut s'agir aussi de savoir-faire
particulier, d'une technologie unique, d'un réseau de distribution particulièrement adapté au
produit, etc.
Il s’agit ici de mettre en exergue les modèles mise en place par certains auteurs et qui
traitent du concept de la diversification.
Selon Ansoff (1957 cité par Nsong, 2007), la diversification est basée sur la notion de
vecteur de croissance. Ainsi il met en place à travers la matrice d’Ansoff les quatre stratégies
de croissance dont les managers disposent. Ces stratégies se fondent essentiellement sur un
changement de positionnement de l'entreprise. Ce dernier correspond ici au concept de « champ
d'activité » qui résulte du croisement des dimensions du produit et du marché :
12
Tableau 1 : la matrice d’Ansoff
Marchés
Avec cette stratégie, l’entreprise maintient ses produits et ses clients. De ce fait tout en
restant sur un même marché, elle aura toujours la possibilité d’accroitre sa performance mais
aussi de gagner des parts de marché. Ansoff propose alors trois approches :
Dans ce cas de figure, l'entreprise garde ses clients mais elle vend de nouveaux produits.
Ici l’entreprise peut aussi utiliser les licences ou brevets déposés par d'autres sociétés pour
vendre les produits de ces dernières mais avec sa propre marque. Et donc des alliances
stratégiques seront nécessaires.
Pour cette stratégie, l’entreprise aura à trouver de nouveaux clients ou marchés pour les
produits déjà existants. Il faudra dans ce cas des moyens pour réussir son application mais aussi
une bonne politique de vente et de marketing afin de promouvoir les produits dans de nouveaux
marchés.
13
1.6.2. La typologie de Salter et Weinhold (1979)
Salter et Weinhold (1979) consacre leur étude sur la diversification par croissance
externe. D'après eux, les acquisitions sont qualifiées de liées si elles partagent au moins l'une
des caractéristiques suivantes :
C’est le cas où l'entreprise augmente ses activités avec des couples produit/marché
demandant des compétences fonctionnelles similaires à celles déjà obtenues. Cette
représentation correspond à l'intégration verticale, représentative d'une expansion orientée vers
la même industrie.
Dans ce cas l'entreprise se tourne vers un nouveau secteur qui nécessite que l'entreprise
associe de nouvelles compétences fonctionnelles à celles déjà existantes et que ceci induise des
changements sur le produit et le marché initial. Cette forme correspond à l'intégration
horizontale.
14
la réalisation des ressources par les différentes unités se fait d’une façon indépendante sans
qu'une collaboration visant à produire de la valeur ne soit recherchée.
Cette stratégie est le contraire de la précédente. En effet, l'entreprise recherche ici des
synergies opérationnelles censées résulter de la collaboration des unités, chacune étant
représentative des activités sur lesquelles l'entreprise se positionne. L'organisation sur laquelle
s'appuie la stratégie de portefeuille est totalement différente puisqu'elle prône l'interdépendance
de l'action des unités.
2. La performance
15
2.1. Performance stratégique
16
2.4. Performance économique et financière
17
2.6.1. Définition de la performance commerciale
Encore appelée performance marketing, Elle est définie comme la capacité à atteindre les
objectifs ou les résultats escomptés.
Ainsi, la performance commerciale se définit donc par la capacité d’une entreprise à mettre
en place une organisation optimale dans le but de proposer un produit ou un service répondant
aux attentes des consommateurs et clients. Si tel paraît être la signification de ce concept
comment le mesure-t-on sur le plan commercial ? (Morin et al, 1996)
Cette performance peut être mesurée par les critères quantitatifs tels que la part de marché,
le profit, le chiffre d’affaires ou qualitatifs tels que la capacité à innover pour le
client, la satisfaction des consommateurs, leur fidélité, leur perception de la
qualité et de la réputation de l’entreprise (Furrer et Sudharshan, 2003 cités par Sogbossi Bocco,
2010).
Selon Onge et Magna (1994) cités par Nwamen (2006) « la performance est la capacité
à atteindre les objectifs ou les résultats escomptés, estiment qu’elle peut être mesurée à l’aide
des outils tels que la qualité de produit-service, le délai de livraison des commandes urgentes,
le niveau des coûts et prix dans l’entreprise, les parts de marché, le chiffre d’affaires et les
ruptures de stocks. Ici performance fait référence à l’atteinte des objectifs ou des résultats bien
que l’activité ne soit qu’un maillon d’un processus de production, de vente, d’achat etc. ».
18
commandes en souffrance (créances douteuses, irrécupérables ou litigieuses) lui confère une
performance commerciale prospère ».
Dimensions Critères
Performance Réussir à satisfaire les clients sur la qualité et la disponibilité du produit
commerciale Bénéficier de la croissance des ventes
Etre toujours sur le marché
Etre capable d’innover
Elargissement de la clientèle
Etre meilleur dans sa catégorie en termes de qualité du produit
Parvenir à une grande notoriété dans le domaine par le « bouche à oreille »
Assurer la disponibilité permanente du produit
Recevoir peu de plaintes de clients
Quelle que soit sa nature, l’entreprise a besoin d’une performance durable ce qui montre
sa capacité à renouveler sur une longue période des performances satisfaisantes en termes de
croissance et de marge.
Pour que la performance commerciale soit durable, les entreprises doivent développer la
qualité et les moyens mis en place pour assurer, la satisfaction des clients ( Cardoso, 2003 cité
par Isso,2017)), le service aux clients et les conseils qui leur sont donnés (bely et al., 2003 ;
Appiah-Adu et Singh, 1999 cité par Issor, 2010), le service associé au produit tangible en raison
du fait que ce service est source de valeur pour le consommateur, une orientation client totale
et une innovation permanente (LeeSungho et al., 2006 ; Lehu, 2005 cités par Issor,2017).
Tsapi (1999) cité par Issor (2010) évoque aussi des critères tels que la commercialisation des
produits de qualité et adaptés au contexte, l’offre de services après-vente, l’agressivité
commerciale, la stimulation de la demande, l’offre des prix compétitifs, l’impartialité dans le
référencement et l’échange d’information avec les fournisseurs. Concernant la notion de
l’innovation, elle engendre une énorme mobilisation de connaissances en tant que processus
19
créatif (Robles et al, 2005 cités par Issor, 2017). Cette mobilisation apparaît comme étant un
facteur clé de succès pour les entreprises en quête de performance (Rakoto, 2005 cité par Issor,
2017). Toutes ces actions ont pour seul objectif qui est de permettre aux entreprises d’offrir
de la valeur aux clients surtout dans un environnement à forte concurrence.
20
Section 2 : Influence de la diversification sur la performance commerciale :
Propositions et modèle de recherche
Le secteur financier d’une manière générale couvre toute la gamme des intermédiaires
financiers ; banques commerciales, banque d’investissement, compagnies d’assurance,
gestionnaires d’actifs et institutions de service d’infrastructure financière. Selon Schmid et
Walter, 2012 « La diversification des activités est désignée aussi par la diversification des
produits, la diversification industrielle et la diversification sectorielle pour les entreprises non
financières ».
Les recherches ont montré que les entreprises qui se développent au travers de
diversifications liées obtiennent une performance supérieure à celles qui restent spécialisées et
21
à celles qui choisissent les diversifications conglomérales (Johnson et al, 2011). La supériorité
de la diversification liée sur le conglomérat se fonde sur les synergies opérationnelles permises
par les « interconnexions » liant les activités entre elles, en matière de produit, de marché et de
technologie. D’où notre deuxième proposition :
D’autres travaux empiriques ont mis en évidence l’effet négatif de la diversification des
revenus sur la performance (Berger et al, 2000). Ainsi aucun bénéfice direct n’est attribuable à
la diversification des revenus sur la performance des banques (Mercieca et al, 2007).Acharya
et al (2006) ont constaté que la diversification des activités réduit la performance bancaire tout
en produisant des prêts plus risqués, ils ont trouvé que la relation n’est pas forcément linéaire.
Elle varie en fonction de la diversification des prêts sur plusieurs secteurs et du risque observé
dans chacun d’eux.
Par ailleurs Fang et al ont prouvé que la diversification de l’actif dégage un effet positif
sur la performance bancaire. Sawada (2013) a constaté aussi un effet positif de la diversification
pour différents secteurs économiques du marché boursier japonais. Ceci nous permet de
dégager notre troisième proposition
22
Chapitre 2 : Méthodologie de la recherche,
résultats et discussion
23
Introduction
Dans ce chapitre, il sera question de présenter le côté pratique de notre sujet qui nous permettra
de confirmer ou d’infirmer que la stratégie de diversification est un moyen d’amélioration de
la performance commerciale des entreprises. L’objectif est de présenter la démarche adoptée
afin de mettre en relation les concepts théoriques dégagés et les données obtenues sur le terrain.
Il s’agira donc de réfléchir sur les rapports entre les concepts théoriques de la stratégie de
diversification et la performance et la méthodologie adoptée dans le cadre du terrain pour
trouver un lien avec notre problématique. Cette partie sera scinder en deux sections la première
portera sur le positionnement épistémologique et la méthodologie de recherche et la seconde
présentera les résultats et discussions.
Cette section sera organisée comme suit : le premier point portera sur le positionnement
épistémologique et le second sera consacré à la présentation de notre terrain d’étude, la méthode
utilisée pour la collecte des informations et à la présentation des outils utilisés pour le traitement
des données collectées.
Le positionnement épistémologique adopté par un chercheur est influencé par son cadre
de référence qui reflète ses expériences, sa formation, ses lectures, son mode d’appréhension
de la littérature, son idéologie et ses valeurs (LévyTadjine, 2004 cité dans Mendy, 2010, p158).
24
suscitant ainsi un intérêt général pour les banquiers, hommes d’affaire et académiciens.
Du moment où l’entreprise repose sur une logique d’une bonne organisation englobant les
aspects comptables et financiers, la société et l’environnement.
Cette approche comporte des postulats ou axiomes qui sont à l’opposé de ceux caractérisant
le positivisme.
L’adoption du constructivisme implique nécessairement la mise en œuvre d’un
raisonnement : abduction.
La logique abductive consiste à élaborer une observation empirique qui relie une règle
générale à une conséquence, c’est-à-dire qui permet de retrouver la conséquence si la règle
générale est vraie. Koenig (1993)2 a décrit son rôle dans des recherches qualitatives en sciences
de gestion : « L’abduction est l’opération qui, n’appartenant pas à la logique, permet
d’échapper à la perception chaotique que l’on a du monde réel par un essai de conjecture sur
les relations qu’entretiennent effectivement les choses […]. L’abduction consiste à tirer de
l’observation des conjectures qu’il convient ensuite de tester et de discuter ».
L’idée ici est de partir sur le terrain et par observation des différentes théories et concepts
de base et des différents outils de recueil de données (entretien semi-directif et recherche
documentaire, observation), d’utiliser l’abduction pour générer des propositions. C’est-à-dire
nous aurons examiné le processus à partir des données, des propositions et théories.
2. Méthodologie de la recherche
La recherche en gestion repose sur un résonnement que le chercheur doit présenter pour
positionner ses propres travaux par rapports à ceux réalisés dans son champ de recherche.
Il est donc important de s’interroger sur le chemin à emprunter avant de s’engager
pleinement dans la démonstration de ses hypothèses ou propositions.
L’épistémologie peut donc être définie comme la réflexion sur la construction du savoir
dans un domaine donné et dans son rapport avec les autres domaines de la réflexion scientifique.
Dans les sciences de gestion, trois paradigmes épistémologie dominent la production de
connaissance : le paradigme positiviste, le paradigme interprétativiste et le paradigme
constructiviste (Wade, 2014).
2
Albert DAVID, « Logique, épistémologie et méthodologie en sciences de gestion, Conférence de l’AIMS mai,
1999 »
25
La démarche méthodologique adoptée permettra de trouver réponse à notre
questionnement soulevé au niveau de notre problématique de recherche, et, ainsi confirmer ou
infirmer nos hypothèses ou propositions de recherche. Pour y arriver, une démarche d’abduction
a été utilisée car nous avons trouvé un tas de recherche à partir de notre partie théorique et des
observations et nous nous sommes faites des propositions que nous allons vérifier. Pour
reprendre ces termes il s’agira du type d’investigation, du mode d’échantillonnage, de
l’instrument de collectes de données et des mesures appropriées. Cependant entre la démarche
hypothético-déductive traditionnelle qui confronte les connaissances théoriques à la réalité du
terrain en vue de vérifier leur validité et la démarche d’abduction qui part des observations
recueillies à partir du terrain pour en ressortir des propositions à tester l’on trouve plusieurs
types de démarches méthodologiques présentées dans le tableau suivant :
Démarche
Démarche
Démarche hypothético
Démarche d’induction Démarche
hypothético déductive de Démarche
hypothético non d’induction
déductive réfutation ou constructiviste
inductive démonstrative démonstrative
traditionnelle de
ou d’abduction
falsification
A partir de
Le chercheur Le chercheur En se fondant
libres
se invalide ou sur
Le chercheur observations
donne réfute Le chercheur ses
fabrique des non
l’objectif certaines peut utiliser observations,
construits pour entachées de
au travers propositions alternativement le chercheur va
rendre compte préjugés le
d’une théoriques ou la déduction et émettre des
d’un processus chercheur
expérience de prédit certains l’induction ou hypothèses
de construction essaie
vérifier la résultats à les qu’il
(Le Moigne de tirer un
validité de ses partir superposer. testera par la
1985) ensemble de
propositions d’une suite (Koenig,
lois
théoriques expérience 1993)
universelles.
Les hypothèses ou propositions Le chercheur retrouve son terrain
théoriques déterminent et . Les propositions heuristiques d’étude sans « idées a priori »,
contraignent la recherche structurent la recherche sans
hypothèses préalablement définies
Les questions soulevées par la recherche sont de nature qualitative et appellent une
démarche constructiviste. Par ailleurs, la compréhension de la problématique sur la relation
26
entre la stratégie de diversification et la performance commerciale de la BHS demande le
recueille des points de vue des personnes ressources au niveau de l’institution pour mieux
comprendre le phénomène.
La démarche qualitative est une technique d’investigation dont l’usage est très répandu.
Elle permet donc d’apercevoir le comportement et les perceptions des gens pour ainsi étudier
leurs opinions sur un sujet particulier, de façon plus approfondie que dans un sondage.
Elle génère des idées et des propositions pouvant contribuer à comprendre comment une
question est perçue par la population cible et permet par la même occasion de définir ou de
cerner les opinions liées à cette question.
C’est la recherche qui produit et analyse des données descriptives, telles que les paroles
écrites ou dites et le comportement observatoire des personnes (Taylor et Bogdan, 1984) 3.
3
Hygin KAKAI, « Contribution à la recherche qualitative, cadre méthodologie de rédaction de mémoire »,
Université de Franche-Comté, Février 2008
27
Les méthodes qualitatives ne génèrent donc pas des données statistiques et les résultats ne
peuvent être appliqués à l’ensemble de la population, étant donné que l’échantillon de la
recherche n’est pas représentatif ou n’a pas été nécessairement prélevé au hasard.
Le recours à l'entretien qu'il soit non directif ou semi-directif dans cette recherche a
pour objectif de nous rapprocher de la BHS afin d'y situer les techniques de diversification
comme moyens d'amélioration de la performance. Et comme c’est connu au Sénégal, l’accès
aux dirigeants donc leur disponibilité et la fiabilité des données constituent un obstacle au choix
d’un bon échantillon. Toutefois, les bons procédés en échantillonnage recommandent rarement
une étude exhaustive de la population ciblée pour des raisons d’efficience économique et
technique. De plus, dans les études qualitatives, on limite le nombre d’interviewés car dans ce
cadre le souci de la rigueur statistique ne se pose pas. Etant donné que nous avons fondé notre
étude sur une analyse qualitative la limite de l’échantillon n’est pas en soi un frein à la
production des résultats (Mendy, 2010). Le plus important c’est la richesse du contenu, sa
diversité et sa qualité. On travaille pour cela sur les échantillons restreints qui n'ont aucun
objectif de représentativité au sens statistique du terme, mais qui répondent à des critères de
pertinence de la structure de la population étudiée compte tenu du problème spécifique de
28
l'étude et donc il faut choisir des individus en raison de leur caractère exemplaire D. Ruquoy
(1995) cité par Mendy, 2010. De ce fait, la représentativité de l'échantillon s'apprécie par
rapport à l'objet de l'étude et non au sens statistique du terme.
Notre analyse s'est focalisée sur la BHS. Nous nous sommes donc inspirés de notre
problématique pour élaborer un guide d’entretien qui nous a permis de travailler avec les
dirigeants de la Banque de l’Habitat du Sénégal principalement avec les chefs d’agence de
Ziguinchor et de Mbour mais aussi avec la directrice Marketing et Communication de BHS
Dakar. Notre choix porté sur ces individus s’explique par le fait que les dirigeants sont les mieux
informer de la situation de l’entreprise mais par l’absence de données quantitatifs. Plusieurs
facteurs expliquent le choix de ces critères qualitatifs par lesdits dirigeants : d’une part la
réticence de dirigeants de la banque à nous livrer certaines informations jugées trop sensibles
par rapport à la concurrence et d’autre part les dirigeants n’ont pas souvent besoin d’utiliser
des données quantitatives pour évaluer la bonne marche de l’entreprise.
Nous nous sommes appuyés sur des entretiens semi-directifs pour recueillir nos
données auprès des dirigeants de la banque de l’habitat du Sénégal. L’entretien peut être défini
comme une conversation (Ghiglione et Matalon, 1998 cités par Mendy, 2010) ou un dialogue
(Nils et Rimé, 2003 cités par Mendy, 2010) dont la finalité est de collecter des informations
concernant un thème donné en vue d’une généralisation dans le cadre d’une recherche, d’une
étude ou d’un diagnostic (Mendy, 2010). L’enquête par entretien est donc une méthode dans
laquelle deux personnes conversent par un système de
question-réponse (Nils et Rimé, 2003 cité par Mendy, 2010 p187).
29
et la richesse des informations qu’elle permet de recueillir (Huberman et Miles, 1991 cités par
Mendy, 2010).
C’est donc une technique qui peut donc permettre à tout stade du processus d’évaluation,
d’établir une théorie sur le programme évalué, identifier les problèmes, besoins et améliorations
nécessaires.
Au cours de notre démarche scientifique, nous avons opté pour l’approche qualitative
par interview.
Apres avoir conçu notre guide d’entretien, nous nous sommes rendus sur le terrain afin
de débuter nos entretiens auprès des banquiers. Nous étions dans l’obligation de faire des
enregistrements lors du contact afin de bien cerner leur propos. Pour un bon déroulement des
entretiens nous avons jugé nécessaire le respect des phases suivantes :
- D’abord, une présentation de notre sujet qui porte sur l’influence de la diversification
sur la performance commerciale.
- Ensuite, l’instauration d’un climat de confiance qui permet à la personne interviewée de
s’exprimer librement sur les thèmes choisis.
- Enfin, la collecte des informations avec la possibilité de revenir sur certains d’entre
elles pour plus de clarté.
Les avis des interviewés convergent sur le fait que la relation entre la diversification et
la performance est positive. Les entretiens ont été réalisés au cours de l’année 2020 et selon les
horaires suivantes et a été orienté selon un ordre précis de questions afin d’éviter de dévier de
notre objectif de recherche.
30
2.2.2. La recherche documentaire
La recherche documentaire consiste à examiner avec soin et de façon méthodologique
l'ensemble des documents disponibles et qui peuvent nous aider à la réalisation de notre
mémoire. Il s’agit de faire une observation documentaire, la consultation de documents dans
lesquels on extrait des informations, que ce soit des statistiques, des résultats financiers ou des
déclarations. C’est une technique qui permet de collecter des données secondaires. Il s’agit ici
selon Dussaix, 1987 des données « qui ont été déjà collectées et que l’entreprise ou le chercheur
peut utiliser».
Il s'agit dans notre cas du rapport d’analyse de l’agence de notation Wara, des rapports
d’activités de la BHS et de quelques ouvrages disponibles à la bibliothèque.
Dans le cadre de cette enquête, nous nous sommes rendus au niveau de la banque plusieurs fois
car il fallait d’abord essayer d’imprégner les dirigeants de notre sujet et avoir leur aval pour
fixer les conditions de l’interview. Tout ceci par rapport à leur disponibilité et leur engagement
à nous recevoir.
31
Nous avons eu des entrevues qui ont varié en termes de durée selon la disponibilité, la maitrise
du thème et l’engouement du dirigeant interviewé.
Pour ne pas influencer les réponses de l’interviewé nous avons adopté une attitude passive
laissant notre interlocuteur le champ libre dans un débat ouvert tout en privilégiant l’écoute. Le
seul moment nous sommes intervenues c’était pour recadrer le débat en l’incitant à parler de ce
qui nous intéresse le plus ou pour relancer d’autres questions.
Lors de notre première visite à la Banque de l’Habitat, nous nous sommes très vite heurtés
au refus du DG de nous recevoir pour une question de temps selon ses dires. Il a donc fallut
revenir le samedi pour lui faire part de notre préoccupation. Par contre d’autres nous ont quand
même très bien reçu et ont répondu à nos interrogations dans la mesure du possible.
Cette sous-section porte sur les différentes techniques d’analyse de données que nous avons
utilisées dans le cadre de ce mémoire. Ainsi selon Andreani et Conchon (2001), « Le traitement
des données qualitatives peut être mené d’un point de vue sémantique ou statistique
Cependant, les traitements statistiques sont réalisés avec des logiciels de traitement de
textes.
Dans le cadre de notre mémoire, le traitement des données s’est du point de vu
- sémantique, puisqu’il consiste à étudier les idées des interviewés, les mots qu’ils
utilisent et le sens qu’il leurs donnent.
32
Il ici sera question de procéder à une analyse des entretiens que nous avons eu les
responsables de la BHS. Les informations recueillies par le biais d’un guide d’entretien feront
l'objet d'une analyse de contenu thématique.
Il s'agit de tester les significations du discours par une analyse des mots utilisés, de
leur nombre d'occurrence ou de leur association. Ainsi, l'on a tendance à recourir à des méthodes
qualitatives ou quantitatives ou encore à la combinaison des deux pour une plus grande fiabilité
des résultats. Les analyses quantitatives vont permettre le comptage ou la mesure des unités
d'analyses à travers des analyses statistiques plus poussées ce qui n’est approprié pour une étude
de cas. Selon Yin (1984 cité par Collerette, 1997) « les
études de cas, comme les expérimentations, peuvent être généralisables à des propositions
théoriques et non à des populations ou des univers. En ce sens, l’étude de cas, comme
l’expérience, ne représente pas un échantillon, et le but de l’investigateur est d’enrichir et de
généraliser des théories (généralisation analytique) et non d’énumérer des fréquences
(généralisation statistique) ».
Par contre, les analyses qualitatives ont pour principal objet d'apprécier l'importance
des thèmes du discours. Ainsi pour traiter nos données recueillies, nous avons choisi l’analyse
de contenu. Bardin (1986) a défini cette dernière comme « un ensemble de techniques d’analyse
des communications visant, par des procédures systématiques et objectives de description des
messages, à obtenir des indicateurs (quantitatifs ou non) permettant l’inférence de
connaissances relatives aux conditions de production/ réception de ces messages».
Parmi les multitudes de démarches d’analyse de données, nous avons opté dans notre
recherche pour la méthode thématique qui consiste à adopter comme unité d’analyse une
33
portion de phrase, une phrase entière ou un groupe de phrases se rapportant à un même thème
(Thiétart 2007).
Une fois les informations collectées, nous devons les retranscrire dans le but de les analyser.
Notre travail a d’abord été traduit, puis retranscrit manuellement en essayant de
reproduire au mieux les dires de chaque interviewé.
Une fois la retranscription terminée, nous avons procédé au traitement des données
de chaque thème
. Tableau n°5 : la présentation du guide d’entretiens et des thèmes exemples de réponses des
banquiers (, chefs d’agences, directrice marketing et communication)
34
les types de cartes bancaires (carte prépayée
visa électron, visa gold, Mastercard).
Thème2 : type de diversification adopté Ici tous les trois interviewés s’accordent
sur le fait que BHS a adopté une
diversification liée puisque la mise en œuvres
des nouvelles activités n’a pas nécessité le
recrutement de nouvelles compétences
techniques ou encore
35
puisque la BHS est peut leader dans
l’immobilier mais elle n’est pas la seule à
faire des crédits et financement dans ce
domaine.
Le codage est l’opération qui permet de découper le contenu d'un discours ou d'un texte
en unités d'analyse, puis de les classer dans les catégories en fonction de l'objet de l'étude. Il
consiste à traiter, à transformer par découpage et étiquette (au moyen des codes) des segments
significatifs appelés alors des unités de sens (Deslauries, 1991, Huberman & Mille, 1991, 1994,
2003, Van Der Maren, 1995)4.
Le codage explore ligne par ligne, étape par étape, les textes d’interview ou
d’observation (Berg, 2003)5. Selon Miles et Huberman (1991) « il décrit, les classes et
transforme les données qualitatives brutes en fonction de la grille d’analyse ».
Un code est une abréviation attribué à une partie d’un texte, le plus souvent une phrase
ou un paragraphe de la transcription, pour classification.
4
Travaux de Joséphine Mukamerera, France Larousse, Yves Couturier « Des avancées en analyse qualitative :
pour une transparence et une systématisation des pratiques »
5
Berg (2003)
36
Section2 : Présentation des résultats et discussion
Nous présenterons d’abord les résultats de l’analyse de contenu thématique et les discuterons
ensuite.
Les entretiens semi-directifs avec les responsables de BHS ont été réalisé avec un guide
d’entretien comportant trois thèmes qui à leur tour ont été subdivisés en sous thèmes.
L’analyse des données a été faite via un croisement entre les données recueillies et la
littérature.
Selon Yin (1994) 6 l’analyse des données consiste à : «compléter les données recueillies par
différentes sources documentaires (articles, ouvrages, communication externes et internes, sites
internet) afin d’assurer la triangulation des données ».
Nous avons procédé aux traitements des données avec sphinx V5 ce qui nous a permis de
ressortir les occurrences et les verbatim. Le traitement complémentaire a été fait de façon
manuelle.
La banque de l’habitat a été créée par l’État du Sénégal, la BHS a démarré ses activités
en 19807 sur un seul site et avec un seul produit à savoir le financement des promoteurs et
acquéreurs d’habitats sociaux et devient leader dans son cœur de métier qu’est l’immobilier
avec 70% de part de marché. En même temps avec la libéralisation financière, elle offre à ces
clients tous les produits et services de base bancaires à savoir : les cartes bancaires, le mobile
banking, e-banking, compte d’épargne, compte chèque, crédit court et moyen terme.
6
Yin, R. (1994). Case study research: design and methods (2e éd.). London: Sage.
7
-Textes de création de la BHS
37
1.2. Thème 2 : Le type de diversification adopté
La BHS est partie d’une banque mono-site, mono-produit pour élargir son réseau
d’agences dans le souci de fidéliser ses clients ses clients existants et d’en acquérir de nouveaux.
Elle compte actuellement dix-neuf agences au Sénégal, une succursale aux Etats-Unis
d’Amérique et un bureau de représentation en France8.
Elle compte aujourd’hui dans son portefeuille de clients des particuliers du secteur
parapublic, des agents du secteur public ou privé, des promoteurs et des coopératives. Elle offre
à ses clients tous les produits et services de base d’une banque commerciale.
Concernant ce point, les dirigeants interrogés ont presque le même avis là-dessus et donc
ils pensent que le rapport entre les deux est positif. En ce sens que la diversification a permis à
la BHS de renforcer sa position concurrentielle parce que désormais en plus de cœur de métier,
elle est présente dans tous les segments d’activités d’une banque et ceci lui permet non
seulement de retenir sa clientèle qui n’aura plus rien à chercher ailleurs mais d’en acquérir de
nouveaux. En plus l’élargissement de son réseau d’agences permet une proximité avec ses
clients et par la suite une augmentation des ventes.
Notre étude empirique a essentiellement porté sur les différentes interviews réalisées
auprès des chefs d’agence, directeur général et chargé de la communication et marketing.
8
-Rapport d'activité BHS 2016
38
Les principaux résultats obtenus peuvent être interprétés en fonction de nos
propositions de base définies au préalable. Ainsi :
Proposition 1
Social pour se lancer maintenant dans le processus de devenir une banque universelle offrant
ainsi tous les produits et services de base bancaire.
Cependant ses offres concernent le domaine d’activités des banques d’une manière
générale. Ce qui infirme la proposition une selon laquelle le portefeuille d’activités de la
banque va au-delà des services de base bancaires.
Proposition 2
Selon l’analyse du thème2, la banque de l’habitat bien qu’ayant adopté une stratégie de
diversification de ses activités s’est limitée aux métiers de base bancaires. C’est-à-dire que ses
nouvelles offres restent toujours dans le cadre du domaine d’activités d’une banque. Et donc sa
diversification est liée puisqu’il existe des synergies entre les anciennes et les nouvelles
activités. Ce qui lui a évité d’avoir recours à de nouvelles compétences, de nouvelles
technologies ou encore à faire de lourds investissement avec comme conséquence
l’augmentation du risque mais aussi des charges de la banque.
La diversification liée lui a permet de satisfaire au mieux ses clients qui n’ont plus
besoin de faire appel à d’autres banques pour certains services de base. Ce constat nous permet
de confirmer notre deuxième proposition selon laquelle le type de diversification adopté
influence la performance commerciale de la banque.
Proposition 3
Selon le thème 3 en ce qui concerne la banque de l’habitat les avis de nos interlocuteurs
convergent sur le fait la diversification a impacté positivement la performance commerciale de
la banque. En effet pour eux la diversification a permis de booster les ventes et augmenter les
services de conseil mais le nombre de clients de la banque a connu une hausse notable. Ceci
nous amène donc à infirmer la troisième proposition selon laquelle la diversification a des
effets controversés sur la performance commerciale de la banque.
Toutefois ces résultats ne sont pas généralisables puisque notre étude porte sur une seule
banque . Selon Yin (1984) cité dans Collerette (1997), la généralisation, à partir d’une étude de
39
cas ne dois pas être automatique : « une théorie doit être testée par la reproduction des
résultats dans un second et même un troisième voisinage (site) où la théorie est présumée
reproduire les mêmes résultats » (p, 40).
2. Discussion
Il s’agit donc de voir la manière dont les techniques de diversification sont mise en
œuvre au niveau de la banque de l’habitat en suivant ce que les dirigeants en disent. Avant de
commencer cette partie il nous semble important de rappeler la question centrale de notre
recherche qui était la suivante : dans quelle mesure la diversification peut-elle être source de
performance commerciale de l’entreprise ? De cette question centrale avaient découlé des
questions spécifiques telles que :
- Quel est l’effet de la stratégie de diversification adoptée par la BHS sur sa performance
commerciale ?
A la fin de notre recherche nous arrivons à la conclure que dans le cadre de notre recherche
les résultats obtenus sur le terrain nous ont permis de mieux comprendre la relation entre la
diversification et la performance commerciale en ce qui concerne la banque de l’habitat du
Sénégal.
L’objectif visé ici est de montrer la compréhension du sens de la diversification à partir
du discours des dirigeants de la banque. En tenant compte des résultats concernant le
portefeuille d’activités de la BHS il est ressorti que les synergies jouent un rôle important dans
la relation diversification – performance commerciale.
Il s’agit ici de la perception que les clients ont de l’offre de produits et services de la
banque de l’habitat. Elle se présente comme la place que les produits d'une entreprise occupent
dans la tête des clients et comment ces produits/services se positionnent par rapport à ceux des
concurrents.
Dans notre recherche, les entreprises diversifiées en termes de clients sont définies
comme celles qui ne sont pas exposées au risque que la perte d’un seul client aurait un effet
40
majeur sur l’entreprise. Leurs ventes sont suffisamment diversifiées, de sorte que la perte de
leur client même le plus gros n’aurait pas sur elles un effet trop dommageable .
Pour les responsables de la BHS, la plupart des clients jugent leur offre satisfaisante en
termes de taux d’intérêts bien encore qu'elle nécessite des améliorations.
La focalisation sur une seule gamme de produits est souvent la source des difficultés que
rencontrent beaucoup d’entreprises. En effet le type de risque auquel sont confrontées ces
dernières est le risque d’obsolescence qui est le risque que les produits ou services de
l’entreprise ne soient plus commercialisables en raison des modes ou de l’apparition de
nouvelles technologies. Selon M. Hitt, R. Hoskisson et H. Kim (1997) cités dans BDC (2015),
« les entreprises diversifiées en termes de produits ou services sont définies comme les
entreprises qui se sont protégées contre ce risque en offrant au moins deux grandes gammes de
produits ou services ».
Ceci a donc pousser les dirigeants de la BHS a adopté une politique d’expansion de ses
agences sur le territoire national avec 19 déjà fonctionnelles et des représentations dans la sous-
région ouest africaine mais aussi à l’étranger selon nos interlocuteurs. Selon BDC (2016), « Si
leurs clients ne sont pas nécessairement tous
situés dans la même région, ces entreprises subissent généralement la contrainte d’une
forte dépendance à un seul emplacement que ce soit pour leurs bureaux ou leur usine,
la circulation des piétons (pour les détaillants par exemple) et la main-d’œuvre qualifiée ».
41
Dans notre cas nous avons constaté que l’entreprise qui est diversifiée en termes de lieux
d’affaires est celle qui exerce ses activités dans plusieurs villes et est donc moins exposée au
risque de son emplacement. Ce qui participe à améliorer sa performance commerciale du point
satisfaction des clients et ventes.
Nos résultats concordent alors avec bon nombre de travaux scientifiques menés sur la
relation entre la diversification et la performance commerciale des entreprises tels que Elsas et
al, (2010) ; Sawada (2013) ; (Diamond, 1984 ; Stein, 2002) etc.
Recommandations
Elle doit veiller à l’expansion de son réseau puisqu’elle ne couvre pas actuellement le
territoire national.
Elle doit aussi décentraliser davantage la prise de décision au sein le groupe pour plus de
rapidité dans les réponses.
42
Les limites de la recherche
La première limite est la taille réduite de notre échantillon. Vu que notre terrain
d’investigation est connu pour sa confidentialité ainsi que pour son caractère conservateur d’une
part, et vu les contraintes de temps du fait de leurs obligations professionnelles à temps plein
d’autre part, nous nous sommes confronter à des difficultés d’accès et à ne pas rencontrer un
nombre plus important de gestionnaires de la banque.
Cependant, malgré toutes ces contraintes, nous sommes parvenus à une certaine saturation
théorique qui nous a permis de valider nos résultats, ce qui écarte certaines critiques que notre
taille d’échantillon pourrait générer.
La deuxième limite de notre recherche est une limite courante dans les recherches en
sciences sociales, puisque nous faisons appel à la mémoire des dirigeants.
En effet, notre étude est confrontée à un certain nombre de biais : un biais de mémoire
selon lequel l’individu répond aux questions en fonction des éléments qu’il a en mémoire, un
biais de désirabilité sociale qui consiste à dresser un cadre des pratiques conformes à l’image
qu’il veut donner et, un biais de rationalisation qui incite l’interrogé à traiter les phénomènes
qu’il évoque en toute cohérence.
Aux futurs chercheurs nous proposons de faire une étude quantitative en ciblant le maximum
d’entreprises engagées dans la diversification pour plus de fiabilité des résultats sur l’effet de
cette dernière sur la performance commerciale
Conclusion
Nous avons étudié toutes les formes de diversification pour améliorer la fiabilité du
résultat. Le constat est que la performance commerciale est sensible au type de diversification
adopté par l’entreprise. Ainsi la diversification concentrique ou liée a un impact positif sur la
performance commerciale. Cependant nous avons trouvé une relation négative entre la
diversification conglomérale ou non liée et la performance commerciale. Ceci peut s’expliquer
par le fait que l’entreprise qui opte pour une diversification non liée prend plus de risque en se
43
lançant dans des domaines d’activités moins connus. Tout le contraire de la diversification liée
puisqu’il existe déjà des synergies entre les anciennes et les nouvelles activités.
44
Conclusion générale
Notre question centrale était celle de savoir dans quelle mesure les techniques de diversification
peuvent améliorer la performance de la BHS. Du fait que la BHS comme toute entreprise doit
faire face à la concurrence, elle est obligée aujourd'hui de développer des politiques
managériales lui permettent d’assurer des rendements durables.
Pour répondre à la question principale surtout au regard de l'environnement dans lequel la BHS
évolue, nous avons pris soins de la notion de diversification du portefeuille d’activités ainsi que
tous les concepts liés à cette notion.
Nous nous sommes résolus sur le fait que la diversification est une arme incontournable pour
la BHS pour faire face à ses concurrents actuels et potentiels. La mise en place d'une stratégie
de diversification au sein de la BHS passe nécessairement par une étude approfondie des
différents segments de l’activité bancaire afin d’apporter une offre adaptée aux besoins de la
clientèle. Cette étude s'appuie nécessairement sur les concepts (de nouveaux domaines
d’activité (DAS), des facteurs clés de succès et des synergies que peut développer la BHS avec
d'autres secteurs d'activité) ayant été développés dans notre travail, et qui doivent être combinés
dans la conception d'une stratégie de diversification optimale.
Notre choix méthodologique pour répondre à notre question principale se justifie par la nature
du sujet traité. Ainsi, nous avons opté pour la méthode qualitative déductive par étude de cas
pour sa flexibilité. Ce choix peut aussi s'expliquer par le sens que les dirigeants accordent aux
faits.
Nous avons choisi l'étude de cas comme moyen d'enquête parce que donnant une possibilité de
circonscrire son domaine de travail en permettant la collecte de données très diverses par le
biais d'un guide d'entretien. L'avantage ici est qu’elle permet d'aller sur le terrain avec un
minimum de connaissances tiré des théories.
Concernant ainsi la diversification au sein de la BHS, nous avons constaté lors des entretiens
réalisés auprès des responsables de la banque que le concept est mal connu sur le plan théorique
malgré l’adoption de ses techniques. Il a été aussi noté les nouvelles offres de la BHS ne sont
pas connu du grand public puisque ayant déjà la réputation du financement de l’immobilier et
de l’habitat social donc une bonne communication fera l’affaire. Fort donc de ces constats, nous
45
formulons des recommandations à l'endroit de la BHS à savoir une publicité accentuée sur les
produits et non sur l'institution.
46
Bibliographie
A
B
BARETTE J. et BERARD J. «La gestion de la performance: lier la stratégie aux opérations
», Revue
Gestion, 2000, Volume 24, Numéro 4, p. 12-19.
BUM, M. L. «The failing company doctrine», Journal ofAccounting Research 1974, p. 1-25.
C
CAMERON, K. «Mesuring organizational effectiveness in institutions of higher education.»,
Administrative Science Quarterly, december 1978, Volume 23, Numéro 2, p. 125-136.
CHEN, K.H. et SHIMERDA, T.A «An empirical analysis of useful financial ratios»,
Financial Management, 1981, Volume 10, Numéro 1, p. 51-60.
47
CHOW, C.W. et al. «Applying the balanced scorecard to small companies », Management
Accounting, 1997, Volume 79, Numéro 2, p. 132-145.
E
ECCLES, R G. «Le manifeste de l'évaluation de la performance », Harvard Business
Review,' les systèmes de mesures de la performance, Edition d'Organisation, 1999, p. 131-137.
48
EDRNISTER, RO. « An empirical test of financial ratio for small business failure
prediction», Journal of Financial and Quantitative Analysis, 1972, p. 1477-1493.
ELAM, R « The effect of lease data on the predictive ability of financial ratios», The
Accounting Review 1975, p. 25-43
F
FORNELL, C.R et BOOKSTEIN, EL. «Two structural equation models: LISREL and
PLS applied to consumer exit-voice theory», Journal ofMarketing Research, 1982, volume 19,
p. 440-452.
FORNELL, c.R. et LARKER, D.E «Structural equation models with unobservable variables
and measurement errOf», Journal ofMarketing Research, 1981, volume 18, p.39-50.
G
GED, A. (1983) « Une comparaison internationale des perceptions managériales de
l'efficacité.», Revue Française de Gestion, Sept/Oct. 1983, Volume 12, p. 51-66.
49
GOMBOLA, M.J. et KETZ, J.E.. «Financial ratios patterns in retail and manufacturing
organisations», Financial Management, 1983b, Volume 12, Numéro 2, p. 45-56.
H
HENDERSON, RM. «Managing innovation in the information age », Harvard Business
Review, 1994, Volume 1, p. 100-105.
HURLEY, F.R et LAITAMAKI, M.J « Total quality research: integrating markets and the
organisation», California Management Review, 1995, Volume 38, Numéro 1, p. 14-21.
I
INSTITUT NATIONAL de PRODUCTIVITE La productivité de l'économie du Québec:
bilan et perspectives, 1982.
JULIEN, P.A (1997), Les PME: bilan et perspectives, 2 eme Ed. Economica, 1997, p364.
K
KAPLAN, RS. et ATKINSON, A.A. Advenced management accounting, 3rd ed. Prentice-
Hall Engelwood Cliffs, N.J., 1998.
L
LACOMBE-SABOLY M. (1994), Les déterminants de la qualité des produits
comptables des entreprises : Le rôle du dirigeant, Thèse de Sciences de Gestion - Université
de Poitiers.
50
LORINO LUCRON Fabien (2021), Qu’est-ce la performance commerciale, revue
primeum
LUSSIER, R.N. «A non-financial business success versus failure prediction model for young
firrn», Journal ofSmall Business Management, 1995, volume 33, Numéro 1, p. 8-20.
M
MENDY Mélyan (2010), Gouvernement des entreprises en Afrique : importation ou
hybridation des modèles occidentaux ? : Analyse des pratiques au Sénégal, P11, 182 et 183
N
NEGANDHI, AR. et REIMANN, B.e. « Task environment, decentralisation and
organizational effectiveness», Human Relations 1973, Volume 26, p. 203-214.
NWAMEN Fidèle La Revue des Sciences de Gestion 2006/2 (n°218), pages 111 à 121
P
PENNINGS, Johannes, M. « The relevance of the structure-contingency model for
organizational effectiveness», Administrative Science Quarterly, 1975, Volume 20, p. 393-410.
51
Q
QUINN, J.B. «The productivity paradox is false: information technology improves service
performance», Advances in Service Marketing and Management, 1996, Volume 5, p. 71-84
R
REICHHELD, F.F. «Loyalty-based management », Harvard Business Review, 1993, Volume
71, Numéro 2, p.64-73
SCHENDEL, D.E. et ROFTER, C.W. “Strategie management: a new view of business policy
and planning, Boston, Little, Brown and Company, 1979.Sink, S. Productivity management:
planning, measurement and evaluation, control and improvement”, John Wiley & Sons inc.,
New York, 1985.
STEVEN, M.R. Vitals signs des indicateurs: coût, qualité, délai pour optimiser la
performance del'entreprise, Paris, Editions d'Organisation, 1995.
Teas, R.K. «Expectations, performance, evaluation, and consumers. Perceptions of quality»,
Journal of Marketing, 1993, Volume 57, Numéro 4, p. 18-34
52
ST-PIERRE, J. La gestion financière des PME: théories et pratiques, Presse de l'Université
du Québec, 1999.
THOMAS, L.Z., BRIAN, B.S. et WILLIAM O.S. «A revised classification pattern of hospital
financial ratios», Journal of Accounting and Public Policy, 1996, Volume 15, p. 161-182.
V
WACHEUX, F. (1996), « Méthodes qualitatives et recherche en gestion.
WADE E.P., (2014), « Pilotage de la performance globale : étude des tableaux de bord
stratégiques des établissements publics de santé hospitaliers du Sénégal », Thèse de Doctorat
en sciences de gestion à l’école doctorale Gestion des entreprises et collectivités locales de
l’UCAD.
W
WEBB, R. J. «Organizational effectiveness and the voluntary organization.», Academy of
Management Journal, 1974, Volume 17, p. 63-677
Z
ZELLER, T. L., STANKO, B.B. et CLEVERLEY, W. O. « A revised classification pattern of
hospital financial ratios. », Journal ofAccounting and Public Policy 1996, Volume 15, p. 191-
182.
53
Annexe 1 : Organigramme de la BHS
Conseil
d’administra
tion
Administrateur
directeur général
Directeur
général
adjoint
Direction Direction du Direction de Direction Direction des Direction des Direction des
des développeme l’exploitation financière et ressources opérations et de systèmes
engageme nt et du commerciale comptable humaines la monétique informatiques
nts et réseau
risques
54
Annexe 2 : Guide d’entretien destiné aux responsables de la Banque de
L’habitat du Sénégal
Présentation :
Remerciements pour l’accueil et la disponibilité de l’enquêté
Dans le cadre de la rédaction de notre mémoire de fin de cycle de master, nous
menons une étude portant sur la diversification du portefeuille d’activités et
performance commerciale des entreprises sénégalaises : cas de la BHS. Nous
vous remercions pour le temps que vous nous aurez accordé pour répondre à
ces questions tout en vous garantissant que vos réponses seront utilisées que
pour des fins académiques.
Fin
55
Annexe 3 : Extrait des entretiens réalisés avec les responsables de la
banque de l’habitat du Sénégal
1. La banque de l’habitat a été créée par l’Etat du Sénégal vers les années pour régler le
problème de l’habitat social. Et donc le pays traversait en ce moment une crise liée au
logement social malgré la présence de sociétés en charge de l’immobilier comme la SICAP
et L’OHLM qui étaient presque en faillite. En gros je peux dire que BHS avait pour mission
le financement de l’immobilier en général et de l’habitat social en particuliers.
2. Oui actuellement nous sommes dans un processus de transition si je peux le dire ainsi
pour devenir une banque universelle. Vous savez maintenant BHS offre tous les produits et
services d’une banque classique. Nous sommes maintenant au même niveau que les autres
banques à la seule différence nous sommes leader dans le financement de l’immobilier.
3. Nous avons donc mis en place de nouvelles offres. Nouvelles par rapport au fait que nous
n’étions pas dans ça mais ce sont des produits qu’on trouve dans toutes les banques tels que
les prêts courts et longs termes, l’épargne, les cartes bancaires, les transferts d’argent etc.
4. Voilà comme je vous ai dit tantôt dans sommes toujours dans l’immobilier ; c’est notre
métier de base et c’est la d’ailleurs que nous faisons plus de gains en tout cas pour le moment
en attendant d’expérimenter les autres offres. Et donc nous avons dans notre portefeuille
d’activités le financement de l’immobilier et de l’habitat social mais aussi les crédits
ordinaires, les comptes d’épargne, de chèques, les cartes ainsi de suite.
5. Vous savez que maintenant les banques font dans presque tout le courtage, l’assurance et
ça n’existait pas avant. En plus n’oubliez pas que toutes les banques font aussi des prêts
immobiliers. Donc si on veut être au même niveau et pouvoir bien se positionner par rapport
à la concurrence, il fallait mettre en place une stratégie bien murie pour arriver à bout.
6. Je pense que tous les produits et services offerts ont une certaine corrélation. C’est
toujours dans le cadre de l’activité bancaire donc ça n’a pas nécessité de faire appel à une
nouvelle expertise ou une nouvelle technologie. C’est vrai que nous avons procédé à
56
quelques recrutements surtout pour le fonctionnement des nouvelles agences à travers le
pays.
7. Oui c’est une question un peu technique mais à coup sûr on peut donner notre avis surtout
au vu des chiffres et des résultats de la banque ces dernières années. Notre chiffres d’affaires
a nettement augmenté et je pense que le résultat est positif depuis 2016 si je ne me trompe
je n’ai pas les chiffres avec moi. En plus nous avons créé une certaine proximité avec nos
clients par la mise en place des 19 agences dans tout le pays et notre objectif est d’ouvrir
une agence dans chacune des 14 régions du Sénégal. Coté confiance avec nos clients la BHS
a toujours été un modèle. La mise en place des nouvelles offres a permis de fidéliser
davantage nos clients car ils trouvent tous ceux dont ils ont besoin en termes de services
bancaires et vraiment dieu merci nous beaucoup de retour positif. Mais reste que nous nous
sommes lancé dans cette concurrence rude mais ça va venir avec le temps j’y crois et
pourquoi pas même devenir leader sur ce marché comme c’est le cas dans l’immobilier.
Donc ce que je peux vous dire Madame est que tout va bien pour le moment et que nous
sommes en train de dérouler notre plan stratégique.
Entretien avec le chef d’agence de BHS Mbour dans son bureau le 15 septembre 2020
pendant 33mn
1. La banque de l’habitat avez pour objectif de régler les tensions au niveau du logement
social dans notre pays comme son nom l’indique d’ailleurs son activité était basé sur le
financement de l’habitat. Donc elle accordait des prêts de longues durées à des promoteurs
immobiliers mais surtout à une catégorie de clients tels que les fonctionnaires.
2. Pour vous simplifier la tâche BHS offre actuellement tous les services de base d’une
banque classique.
3. Oui depuis 2016 la BHS a élargi son portefeuille d’activités par la mise à la disposition
de sa clientèle un certain nombre de services qu’elle faisait avant c’est le cas des prêts à
court, moyen et long terme, les cartes bancaires toutes sortes, les transferts internationaux
etc.
57
5. Nous ne sommes les seuls à faire le financement de l’immobilier au Sénégal. Il y’a plein
de banques qui le font aussi donc il y’a la concurrence à nos portes même si nous sommes
encore leader. Il faut essayer de prévenir le risque lié à la spécialisation sur un seul produit.
ET puis aussi il y’a la libéralisation de l’activité bancaire au Sénégal qui est aussi un facteur
déterminant dans ce processus de banque universelle. Je pense qu’il est mieux d’anticiper
la concurrence avant qu’elle nous tombe dessus.
6. Oui on peut dire la BHS n’est pas sortie de son domaine d’activité d’origine puisqu’ il
y’a simplement un élargissement de ses produits mais aussi de la clientèle donc on ne se
limite plus aux promoteurs immobiliers ou encore aux fonctionnaires. Donc toutes les
catégories de clients de tous les secteurs d’activités sont concernées. Il y’a aussi une parfaite
connexion entre les nouvelles et anciennes offres puisque crédit c’est crédit que ça soit dans
l’immobilier ou ailleurs ça reste des prêts à longue, moyenne ou courte durée.
7. Partant d’une analyse sur la situation des revenus de la banque depuis l’adoption de cette
stratégie, je peux vous dire qu’elle marche afin au moment où je vous parle. Maintenant
comme toute entreprise il y’a toujours des hauts et des bas comme on dit, pour l’instant
évaluer l’effet de cette stratégie de diversification sur la performance serait un peu
prématuré à mon avis mais n’empêche il y’a quand même des améliorations qui tapent à
l’œil. Donc je crois que c’est une bonne chose et que nous sommes sur la bonne voie.
1. La banque de l’habitat n’était créée que pour réguler le secteur du logement au Sénégal
qui était en crise en ce moment-là. Sa mission était de procurer des financements aux
promoteurs immobiliers, de financer les logements des fonctionnaires et les travaux de
constructions des édifices publics. Elle est donc resté dans ça jusqu’à récemment lorsqu’on
a décidé de mettre en place un plan stratégique pour s’ouvrir à d’autres métiers de la banque.
2. Bien sûr nous sommes toujours dans l’immobilier et même leader dans ce domaine mais
pour mieux s’adapter à la concurrence, nous offrons tous les produits et services d’une
banque universelle.
58
bancaires et les virements interbancaires entre autres. Il faut compter aussi l’émission
d’obligations en 2019 appelée les Diasporas Bonds au taux de 6,25%. Cet appel public à
l’épargne nous a permis de financer pas mal de projet de grande envergure.
5. C’est vrai qu’on est leader dans l’immobilier mais aucune garantie que ça toujours ainsi
puisque toutes les banques font aussi des prêts immobiliers. Et puis toute entreprise qui se
veut dynamique doit mettre en place des stratégies pour son développement. Encore que
l’activité bancaire ait été libéralisée au Sénégal donc on peut faire dans « tout ». Donc
pourquoi pas essayer d’évoluer ne se serait que dans son secteur d’activités.
6. Oui nous avons adopté une diversification mais nous restons toujours dans le secteur
bancaire. C’est toujours des crédits, des comptes et autres. Contrairement à d’autres banques
qui aller plus loin en se lançant dans le courtage ou encore l’assurance ceci n’est exclus
mais pour l’instant nous nous limitons aux métiers d’origine d’une banque. Donc je peux
dire que les métiers de la BHS à ce jour sont liés.
59
Table des matières
Dédicaces……………………………………………………………………….…. i
Remerciements…………………………………………………….……………..... ii
Liste des tableaux ................................................................................................................... iii
Sommaire………………………………………………………………………………………………………………….……………………… iv
4. Plan du mémoire………………………………………………………………………3
Chapitre 1 : Cadre conceptuel et théorique…………………………………………………………………………..……………4
1. Stratégie de diversification……………………………………………………………………………………………………..5
1.1 Définition………………………………………………………………………………………………………………………………5
2 Performance………………………………………………………………………………………………………………….15
2 Méthodologie de recherche………………………………………………………………………………………..……25
2 Discussion……………………………………………………………………………………………………………………….40
Conclusion générale………………………………………………………………………………………………………………..45-46
Bibliographie…………………………………………………………………………………………………………………………..47-53
Annexes……………………………………………………………………………………………………………………………….…54-59
Résumé……………………………………………………………………………………………………………………………………………
Abstract…………………………………………………………………………………………………………………………………………..
Résumé
Abstract
The objective of this research thesis is to better understand the causal link between
diversification and business performance. Indeed, this document presents a synthesis of the
various theoretical proposals made while examining the evolution of the concept of commercial
performance and the current debates. We have observed conflicting trends of convergence and
divergence on this subject through the literature on the financial sector in general. However,
the majority of studies for example (Laeven and Livine, 2007), (Meyer and Heyder, 1989) show
that there is a rather positive correlation between diversification and commercial performance.
This study makes it possible to determine the influence of the diversification strategy on
commercial performance. And so we gathered the information through semi-direct interviews
with the leaders of the BHS. The results showed that the impact of diversification on business
performance is quite positive in terms of the type of diversification they have implemented,
which is nothing other than tied or concentric diversification.