DECRET N° 2007‑012 du 8 janvier 2007
Fixant les formes juridiques des institutions de microfinance
et les modalités de leur immatriculation au Registre du Commerce et des sociétés
(J.O. n° 3 095 du 26/03/07, p. 1955)
Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,
Vu la Constitution,
Vu la loi n° 95‑030 du 22 février 1996 relative à l’activité et au contrôle de l’activité des établissements de crédit, telle que
modifiée,
Vu la loi n° 2005‑016 du 29 septembre 2005 relative à l’activité et au contrôle des institutions de microfinance.
Vu le décret n° 2003‑007 du 12 janvier 2003 portant nomination du Premier Ministre, Chef du Gouvernement,
Vu le décret n° 2003‑008 du 16 janvier 2003 modifié par les décrets n° 2004‑001 du 5 janvier 2004, n° 2004‑680 du 5 juillet
2004, n° 2004‑1 076 du 7 décembre 2004, n° 2005‑144 du 17 mars 2005, n° 2005‑700 du 19 octobre 2005, n° 2005‑827 du
28 novembre 2005 et n° 2006‑738 du 4 octobre 2006 portant nomination des membres du Gouvernement.
Après avis de la Commission de Supervision Bancaire et Finance (CSBF), en application des dispositions des articles 19,
21, 22, et 45 de la loi n° 95‑030 du 22 février 1996.
Sur opposition du Ministère de l’Economie, des Finances et du Budget.
En conseil de Gouvernement.
Décrète :
Article premier. - En application des dispositions des articles 18 et 20 de la loi n° 2005‑016 du 29 septembre 2005, le
présent décret a pour objet de fixer les formes juridiques des institutions de microfinance et les modalités de leur
immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés.
CHAPITRE PREMIER
LES FORMES JURIDIQUES DES INSTITUTIONS DE MICROFINANCE
SECTION I
Des Institutions de Microfinance mutualistes
Art. 2 .- Sans préjudice du respect des principes généraux du mutualisme et en application des dispositions de l’article n°
86 de la loi n° 2005‑016 du 29 septembre 2005 ayant modifié la loi n° 99‑004 du 21 avril 1999 sur les coopérative, les
Institutions de Microfinance mutualiste de base de niveau 1, 2 et 3 sont constitués sous forme juridique de société
coopérative.
Art. 3. - Les IMFs mutualistes de niveau 1 ne sont pas autorisées à se constituer en réseau tel que défini à l’article 8 de la
loi n° 2005‑016 du 29 septembre 2005.
Les unions et fédérations d’IMF mutualistes de niveau 2 et 3 sont constituées soit sous la forme de société coopérative soit
sous la forme de société anonyme à capital fixe et à plusieurs actionnaires prévue par les articles 407 et suivants de la loi
n° 2003‑036 du 10 décembre 2003 sur les société commerciales.
Au cas où des règles de représentative en fonction du nombre d’adhérents de chaque institution, membre d’union ou de
fédération seraient fixées dans les statuts conformément à l’article 40 de la loi n° 2005‑016 du 29 septembre 2005, les
unions et fédérations sont autorisées à fixer des règles de répartition de l’excédent d’exploitation en faveur des IMF
membres proportionnellement à leur participation au capital social de l’union ou de la fédération.
SECTION II
Des Institutions de Microfinance non mutualistes
Art. 4. - Sans préjudice du respect des dispositions de la loi n° 2005‑016 du 29 septembre 2005 :
- les IMF non mutualistes de niveau 1 qui ne prévoient pas de se transformer en IMF 2 ou 3 sont constituées en
Association prévue par l’ordonnance n° 60‑133 du 3 octobre 1960 ou sous la forme d’Organisation Non
Gouvernementale ‘‘ONG ’’prévue par la loi n° 96‑030 du 14 août 1997 ;
- les IMF non mutualistes de niveau 1 qui prévoient de se transformer en IMF 2 ou 3 sont constituées en société à
responsabilité limitée à plusieurs associés ou en société anonyme à capital fixe et à plusieurs actionnaires, formes
prévus par la loi n° 2003‑036 du 30 janvier 2004.
Art. 5. - En application des dispositions des articles 15 et 16 de la loi n° 2005‑016 du 29 septembre 2005, les IMF non
mutualistes de niveaux 2 et 3 qui reçoivent des dépôts du public sont constituées sous la forme de société anonyme à
capital fixe à plusieurs actionnaires.
Art. 6. - Les IMF non mutualistes de niveau 2 qui ne collectent pas des dépôts du public sont constituées soit sous forme
de société à responsabilité limité à plusieurs associés, soit sous la forme de société anonyme à capital fixe et à plusieurs
actionnaires.
Les IMF non mutualistes de niveau 3 qui ne collectent pas des dépôts du public sont constituées sous la forme de société
anonyme à capital fixe et à plusieurs actionnaires.
CHAPITRE II
DE L’IMMATRICULATION AU REGISTRE DU COMMERCE ET DES SOCIÉTÉS
Art. 7. - en application les dispositions de l’article 20 alinéa 6 de la loi n° 2005‑016 du 29 septembre 2005 et par
dérogation aux dispositions de la loi n° 99‑025 du 19 août 1999 relative à la transparence des entreprise modifiant l’article 5
du Code de Commerce, des dispositions du présent décret qui suivent seront observées concernant l’immatriculation des
Institutions de Microfinance.
Art. 8. - Une institution de microfinance est immatriculée au Registre du Commerce et des Société (RCS) sous une
nouvelle rubrique Institutions de Microfinance quelle que soit sa forme juridique définie par statuts.
La demande d’immatriculation est déposée au Greffe du Tribunal du lieu du siège social dans un délai de deux mois à
compter de l’obtention de la licence ou de l’agrément délivré par l’autorité de supervision des établissements de crédit. A la
demande doivent être joints l’exemplaire des statuts, le procès- verbal de l’assemblée constitutive et les renseignements
sur l’identité des dirigeants, le tout en double exemplaire.
Art. 9. - Pour les IMF bénéficiant d’un agrément collectif, l’institution assurant les fonctions d’organe central en application
de l’article 41 de la loi n° 2005‑016 est chargé de requérir auprès du Greffe du Tribunal de son siège social l’immatriculation
unique de l’ensemble du réseau au registre du commerce et des sociétés.
Les institutions faisant partie d’un même réseau sont inscrites sous un même numéro au Registre de Commerce et des
Société. Un dossier individuel doit être constitué et présenté à la demande d’immatriculation pour chaque institution affilée.
Les cas de modification de la composition du réseau ou de la personne morale de chaque institution affilié doivent faire
l’objet d’une mise à jour.
CHAPITRE III
DISPOSITIONS TRANSITOIRES ET FINALES
Art. 10. - En application de l’article 81 de la loi n° 2005‑016 la transformation de l’institution financière mutualiste déjà
agrée à la date de publication du présent décret n’entraîne pas création d’une personne morale nouvelle, mais simplement
une modification des statuts décidée par l’assemblée générale extraordinaire des associés ou sociétaires selon les
conditions de forme et de délai prévues par ces statuts.
Dans le cadre de cette transformation, il sera procedé à la désignation des organes d’administration ou de gestion.
En cas de fusion ou de scission, il sera fait application des règles prévues à l’article 53 de la loi n° 2005‑016. La fusion ou
la scission entraîne la dissolution sans liquidation des IMF qui disparaissent à la date de la décision d’agrément de
l’autorité de supervision des établissements de crédit délivrée à l’institution absorbante ou à l’institution nouvellement
créée.
Art. 11. - En application de l’article 79 alinéa 2 de la loi n° 2005‑016, à leur demande de la classification dans l’une des
catégories prévues aux articles 14, 15, et 16 de cette loi, les établissements de crédit déjà agrées à la date de publication
du présent décret doivent joindre un exemplaire du projet des statuts mentionnant l’une des formes juridiques prévues par
le présent décret, ainsi que tous autres documents précisés par instruction de la Commission de Supervision Bancaire et
Financière.
Art. 12. - Les institutions financière mutualistes déjà agréées à la date de la publication de la loi n° 2005‑016 du 29
septembre 2005 doivent adopter les formes prévus par le présent décret dans un délai de deux ans à compter de l’entrée
en vigueur de ladite loi.
Les établissements de crédit déjà agréés disposent d’un délai de six mois à compter de leur classification en IMF 1, 2 ou 3
pour accomplir les formalités d’immatriculation auprès du Registre du Commerce et des Sociétés.
Art. 13. - Les modalités d’application du présent décret seront précisés, en tant que de besoin, par voie réglementaire.
Art. 14. - Le Ministre de l’Economie, des Finances et du Budget et le Gouvernement de la Banque Centrale sont chargés,
chacun en ce qui concerne, de l’application du présent décret, qui sera publié au journal officiel.
Fait à Antananarivo, le 9 janvier 2007.
Jacques SYLLA.
Par le Premier Ministre, Chef de Gouvernement;
Le Ministre de l’Economie, des Finances et du budget,
Benjamin Andriamparany RADAVIDSON