Histoire Des Institutions Publiques Du Mali-1
Histoire Des Institutions Publiques Du Mali-1
MALI
Informations de base:
le nom du cours : Histoire des Institutions Publiques du Mali
code :
semestre : 2
le nombre de crédits :
les horaires et la localisation de la salle.
les pré-requis du cours : BAC Terminale Langue Littérature (TLL), Terminale
Arts et Littérature (TAL) terminale sciences sociales (TSS) et équivalents.
Objectifs du cours:
Ce cours d’histoire des institutions publiques du Mali vise, dans une perspective historique, à
mieux connaitre l’héritage institutionnel du Mali en vue de mieux comprendre le
fonctionnement, le but et les problèmes de l’Etat malien actuel.
Description du cours:
Ce cours s’articule autour des institutions politiques et administratives du Mali indépendant sous
les trois Républiques. De ce fait, le cours sera organisé autour de trois parties, ce qui nous
permettra d’étudier successivement dans la première partie l’héritage institutionnel de la
première république, la deuxième partie se focalisera d’analyser l’héritage institutionnel de la
seconde république et enfin, la dernière partie sera consacré a l’étude de l’héritage institutionnel
de la troisième république.
Méthode d’enseignement :
Matériel de cours :
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Manuels de base, polycopies, ressources complémentaires (articles, bibliographie, Webographie
etc.).
Mode(s) d’évaluation:
PROGRAMME D’ENSEIGNEMENT
INTRODUCTION
1. DEFINTION
2. BUTS :
3. METHODES
2ème SEMESTRE
3 ème
PARTIE : institutions et fondements institutionnels de la 3 ème République (depuis
1992) :
I) - la démocratie libérale
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BIBLIOGRAPHIE :
1 Charles Monteil, Les empires du Mali. Études d’histoire et de sociologie soudanaises, Paris,
Maisonneuve et Larose, 1929.
2 Maurice Delafosse, Haut-Sénégal-Niger. Première série : le pays, les peuples, l’histoire, les civilisations,
3 volumes, Paris, Larose, 1912.
3 Jean-Louis Triaud, « Haut-Sénégal-Niger, un modèle “positiviste” ? De la coutume à l’histoire : Maurice
Delafosse et l’invention de l’histoire africaine », dans Jean-Loup Amselle et Emmanuelle Sibeud (eds),
Maurice Delafosse. Entre orientalisme et ethnographie : l’itinéraire d’un africaniste (1870-1926), Paris,
Maisonneuve et Larose, 1998, p. 211.
4 Notes Africaines, numéro spécial : « L’Empire du Mali », n° 82, avril 1959.
5 Djibril Tamsir Niane, Soundjata ou l’épopée mandingue, Paris, Présence africaine, 1960.
6 Raymond Mauny, Tableau géographique de l’Ouest africain au Moyen Âge, Dakar, IFAN, 1961.
7 Francis Simonis, « Soundiata Keita et Sumaworo Kanté, fondateurs de l’Empire du Mali », <https
://[Link]/upload/docs/application/pdf/2011-08/div063_simonis.pdf>
(consulté le 20 juin 2015).
8 Youssouf Tata Cissé et Wa Kamissoko, La grande geste du Mali. Des origines à la fondation de l’empire,
Paris, Kathala et Arsan, 1988.
9 Pour une description détaillée de la geste de Soundiata, voir Francis Simonis, L’Afrique soudanaise au
Moyen Âge. Le temps des grands empires (Ghana, Mali, Songhaï), Marseille, SCEREN, 2010, p. 41-45.
10 Djibril Tamsir Niane, « Le Mali, et la deuxième expansion mandé », Histoire Générale de l’Afrique, IV,
Présence africaine, Edicef Unesco, 1991, p. 99-125.
11 Théodore Monod, « Préface », Notes africaines, numéro spécial : « L’Empire du Mali », n° 82,
avril 1959.
12 Secrétariat d’État à l’Information et au Tourisme, Connaissance de la République du Mali, sd (1961),
p. 4-5.
15 Marcel Guilhem et Sylvain Toé, Précis d’Histoire du Mali, 5e et 6e années du cycle fondamental,
Paris, Ligel, 1963.
17 Jean-Loup Amselle, « Les usages politiques du passé. Le N’ko et la décentralisation administrative au
Mali », dans Claude Fay, Yaouaga Koné, Catherine Quiminal (eds), Décentralisation et pouvoirs en
Afrique, Paris, IRD Éditions, 2006, p. 39.
18 Francis Simonis, « Le griot, l’historien, le chasseur et l’Unesco », Ultramarines, n° 28, 2015, p. 12-31.
À lire en ligne sur <[Link]
%E2%80%99historien-le-chasseur-et-l%E2%80%99Unesco-par-Francis-Simonis_Revue-Ultramarines-n
%C2%[Link]> (consulté le 20 juin 2015). Voir aussi :
[Link]
passe-africain/ (consulté le 20 juin 2015).
19 CELHTO, La charte de Kurukan Fuga. Aux sources d’une pensée politique en Afrique, Conakry-Paris,
SAEC-L’Harmattan, 2008.
20 L’auteur de ces lignes a participé à la rencontre de 2007. Cette analyse se fonde donc en partie sur
des observations de terrain.
21 Youssouf Tata Cissé, La Charte du Mandé et autres traditions du Mali, Paris, Albin Michel, 2003.
22 Jean Gallais, « Signification du groupe ethnique au Mali », L’Homme, 1962, tome II, n° 2, p. 106-129.
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INTRODUCTION
Nous commencerons d’abord par définir les notions d’Institutions, de Public, d’Histoire, ensuite
voir quelle est l’importance et le but de la discipline Histoire des institutions publiques du Mali.
- Institutions :
Le terme institution vient du latin instituo qui signifie instituer, établir. Elle désigne une structure
d'origine coutumière ou légale, faite d'un ensemble de règles tourné vers une fin, qui participe à
l'organisation de la société ou de l'État.
L’Institution peut être appréhendée du point de vue sociologique. Dans cette perspective, une institution
désigne une structure sociale (ou un système de relations sociales) dotée d'une certaine stabilité dans le
temps. Elle est une règle du jeu acceptée socialement. De ce point de vue, toute institution se présente
comme un ensemble de tâches, règles, conduites entre les personnes et pratiques. Pour Émile Durkheim, «
On peut (...) appeler institutions, toutes les croyances et tous les тmodes de conduite institués par la
collectivité.. ». Les institutions sont des manières collectives d'agir et de penser, elles ont leur existence
propre en dehors des individus.
Public : à la fois un adjectif et nom masculin. Vient de l’étymologie latine « publicus ». Comme Adjectif,
renvoie à ce qui concerne le peuple pris dans son ensemble (et non les simples particuliers); ce qui
appartient à la collectivité sociale ou politique, est fait ou agit en son nom, en émane; qui est relatif,
appartient à l'État ou à une personne administrative.
-Histoire : Le mot « histoire » vient du grec ancien historia, signifiant « enquête », « connaissance
acquise par l'enquête », qui lui-même vient du terme ἵστωρ, hístōr signifiant « sagesse », « témoin » ou «
juge ». Le mot est introduit en français au début du 12 ème siècle avec le sens de « relation des événements
marquants d'une vie, d'un règne » ou de « chronique d'un peuple ».
L’Histoire est à la fois l’étude des faits, des événements du passé. L'histoire est un récit, elle est la
construction d'une image du passé par des hommes et des femmes (les historiens et historiennes) qui
tentent de décrire, d'expliquer ou de faire revivre des temps révolus. C'est une science sociale dans le sens
où elle s'attache d'abord à l'étude de l'Homme dans les sociétés par un travail d’interprétation.
La Question qui se pose est de savoir quelle est l’importance de HIPM pour un économiste ?
De ce fait, l'introduction historique vise ici à retenir quelques modèles que le passé nous livre pour
éclairer le présent, non pas seulement modèles à imiter mais aussi peut être à rejeter, référents qui
permettent aux économistes d'aiguiser son jugement et lui font comprendre les enjeux de l’économie dans
sa modernité.
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LA FEDERATION DU MALI
Les divergences au sein de l’élite politique grandirent dans la Fédération du Mali. Elles
laissèrent entrevoir un problème politique de leadership, peu obscur et non négligeable entre les
Soudanais et les Sénégalais dans la définition des causes de la rupture de la Formation. Les
causes peuvent être nombreuses (politiques, économiques, juridiques…) et regroupées.
Les causes directes se sont manifestées à un double niveau : politique et juridique Nous traitons
certaines d’entre elles.
Le gouvernement de la Fédération du Mali est bicéphale avec des dirigeants d’origine
Différents : deux chefs chargés de gouverner deux pays le Sénégal et le Soudan formant
désormais un territoire uni, fédéré.
- Le Soudanais Modibo Kéita était le chef régulièrement désigné pour diriger
le Gouvernement de la Fédération du Mali
- Le Sénégalais Mamadou Dia-Vice-président.
Un seul poste de Chef d’État-major des armées de la Fédération du Mali pour les deux
entités du même territoire. Ce qui posa un problème ; tel un prélude au processus
d’éclatement de la Fédération du Mali. C’est dit-on « la goutte qui fait déborder le vase »
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SEMESTRE 2
Ce cours est consacré à l’étude des institutions politiques et administratives du Mali indépendant,
depuis 1960. En effet, de l’éclatement de la fédération à nos jours le mali a connu trois
Républiques avec trois régimes différents, du socialisme parlementaire de Modibo KEITA en
passant par le régime présidentialiste de Moussa TRAORE jusqu’à la démocratie de la troisième
république. En trois parties, à la lumière des textes constitutionnels et de leur fondement
idéologiques, nous analyserons successivement l’héritage institutionnel de la première
république, de la seconde république et de la troisième république.
D’abord, le premier régime avait opté pour un modèle de développement socialiste et s'était doté
d'une constitution marquée en fait (et non en droit) par la prééminence du parti unique (US-
RDA). La première constitution du 22 septembre 1960 permettra l'adoption d'un plan
quinquennal de développement 1961-1966 marqué par une forte volonté de centralisation a
longtemps marqué non seulement les structures économiques, mais aussi la culture politique et
sociale des maliens.
L’histoire institutionnelle du Mali met en exergue une succession de divers types de régimes
politiques. Ainsi, sous l’empire de la Constitution de la 1ère République du 22 septembre 1960,
le Mali était dans une dynamique d’un parlementarisme caractérisé par un accroissement des
pouvoirs du Parlement au détriment de l’Exécutif. Ainsi, en vertu de l’article 11 et 15 de la
constitution du 22 septembre 1960, le Président du Gouvernement et le Gouvernement tout
entier étaient responsables devant l’Assemblée nationale. En outre, c’était le Président de
l’Assemblée nationale qui désignait un candidat aux fonctions de Président du Gouvernement,
qui était investi par l’Assemblée nationale à la majorité absolue de ses membres (selon l’article
07 de la constitution de 1960).
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La constitution du 22 septembre 1960 institue un régime parlementaire qui présente trois
caractères essentiels. Elle institue un parlementarisme moniste, un parlementarisme rationalisé et
un gouvernement de législature.
La constitution de 1960 tend à instituer un gouvernement de législature qui signifie que la durée
de la législature et la durée du gouvernement sont étroitement liées l’article 7 prévoit que le
président du gouvernement est élu pour une durée qui ne peut excéder celle de la législature.
Cela vaut aussi le gouvernement qu’il constitue. L’article 37 stipule que si deux crises
ministérielles surviennent au cours d’une période continue de deux ans, l’assemblée nationale est
dissoute de plein droit. Le bureau de l’assemblée en assure la permanence jusqu’à son
renouvellement tandis que le gouvernement assure l’expédition des affaires courantes.
En réalité dans la première République le parti US-RDA était la cheville ouvrière de l’Etat. C’est
lui qui désignait la politique à suivre et contrôlait les autres institutions.
La justice était instrumentalisée par le parti et n’avait aucune indépendance. Même si, lors du
meeting du 22 septembre 1961 consacrant le premier anniversaire de la proclamation de
l’indépendance de la République du Mali, le président Modibo semblait dire le contraire : « dans
le domaine judiciaire, nous avons doté la nation d’un appareil judiciaire simple et souple pourvu
de moyens matériels adéquats, permettant de rendre aisément la justice en la faisant plus proche,
plus compréhensible aux justiciables afin que les sentences conservent leur plein effet. » voir
Modibo KEITA, discours et interventions, p 63
Quant aux missions de la justice et aux rapports entre la justice et l’Etat, KEITA poursuit : «
désormais, le magistrat n’est plus citoyen hors de l’Etat, le pouvoir judiciaire ne peut plus être
considéré en rival de la puissance publique dont il est partie intégrante. Magistrat et service
judiciaire sont au service du pays, leur mission est de sauvegarder les droits des individus et ceux
de l’Etat. La cours suprême (homologue de la cour de cassation) avec une section judiciaire et
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une section administrative, la cour d’Etat comprenant une section constitutionnelle, une section
du contentieux et une section des comptes, ont été créées. » Modibo KEITA, p 64.
Pendant la période coloniale, il était avéré que les décisions importantes étaient prises au niveau
central de façon unilatérale et appliquées de façon répressive ou coercitive. Les forces motrices
de la décentralisation territoriale que sont les populations ne jouaient qu’un rôle d’exécutant
(inexistence d’une société civile). Le Mali indépendant héritera de cette forme d’administration
coloniale.
La première république est marquée par une opposition entre des discours très décentralisateur et
une pratique centralisatrice héritée de la colonisation. La priorité est donnée à la construction
d’une unité nationale.
Richard Toé disait que : « L’Etat post-colonial n’a pas eu la capacité ou la volonté de modifier
les formes d’organisation de la société et des relations entre pouvoir et société civile. Il a ainsi
perpétué le modèle d’organisation légué par le colonisateur, en le renforçant parfois sous certains
aspects ... »1
1
R. TOÉ, La décentralisation au Mali. Ancrage historique et dynamique socioculturelle. Bamako, MDDRI, 1997, p.
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Le 1er octobre 1960, dans un appel à la nation, le président Modibo Keïta déclare que « le village
est chez nous la cellule de base et c’est la vitalité de cette cellule qui engendrera la vitalité de la
nation tout entière ».
Cette affirmation du Président Modibo Keïta donnait au village toute son importance en tant que
collectivité naturellement constituée et indispensable à la formation de collectivités territoriales
et de structures administratives compatibles avec nos valeurs socioculturelles.
La loi du 2 mars 1966, fixe le code municipal en République du Mali. Toutes les communes
constituées sous la colonisation (communes mixtes, communes de moyen exercice et communes
de plein exercice) ont désormais un statut commun. Un conseil municipal élu désigne en son sein
le maire et un ou plusieurs adjoints 3. Le conseil municipal règle par délibération les affaires de la
commune,4 donne son avis toutes les fois que cet avis est requis par les lois et règlements ou
qu’il est demandé par l’autorité supérieure et peut émettre des vœux sur tous les objets d’intérêt
local.
Il est donc établi que l’idée de la politique de la libre administration des collectivités territoriales
existait déjà sous la première République du Mali.
Cependant, il est à constater que les circonscriptions administratives mises en place par la
première République que sont les régions, les cercles, les arrondissements jouaient un rôle
militaire vis-à-vis des populations, car on était plutôt préoccupé par le renforcement de l’unité
nationale. Ainsi, comme le révèle Kassibo « étant donné la nature autocratique du régime (Parti-
Etat) qui prônait la primauté du politique sur l’administratif, "centralisme démocratique" oblige,
la décentralisation démocratique pouvait être difficilement à l’ordre du jour »5. Sous la première
République la décentralisation n’est pas allée au delà des déclarations d’intention et des
affirmations de principes.
Les assemblées régionales n’ont jamais, dans la pratique, été élues et en leur place ont fonctionné
des commissions spéciales comprenant en majorité des représentants de l’administration.
2
Article 41 de la Constitution de 1960 du Mali.
3
Article 5 de la loi de 1966 portant code municipal en République du Mali.
4
Article 34 de la même loi.
5
B. KASSIBO, Fondements historiques et politiques de la gestion décentralisée des ressources naturelles au Mali
Synthèse de deux études de cas., CUMBU-WRI, Programme de Recherche sur les décentralisations
environnementales., Bamako, Mali, Octobre 2004, p. 4
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Avant l’avènement de la deuxième République, il existait en matière de circonscriptions
administratives 6 régions, 42 cercles et 215 arrondissements. Quant aux communes, il existait 5
communes de plein exercice et 8 communes de moyen exercice. Prévues dans la constitution de
1960, la première République ne procéda pourtant pas à la mise en place des communes rurales,
se contentant d’uniformiser le statut des 13 communes toutes urbaines.
Il nous est donc loisible de constater que le développement des circonscriptions administratives à
l’image du modèle colonial, a primé sur celui des collectivités naturelles de base que sont les
villages et les fractions nomades. Par contre, les communes rurales, prévues par la constitution,
n’ont pas été créées.
Au niveau des régions, les assemblées régionales n’ont jamais été élues et ont été remplacées par
des commissions spéciales composées majoritairement de représentants de l’administration.
Le deuxième régime (1968-1991) a vu le jour à la suite d'un coup d'état militaire. Il fut marqué
par deux étapes : Un Comité militaire de libération nationale (CMLN) est formé qui met en place
un régime d’exception. Le 23 novembre 1968, un gouvernement placé sous l'autorité du CMLN
est constitué avec le capitaine Yoro Diakité comme Premier ministre. Le capitaine Charles
samba Cissokho et le chef d'escadron de gendarmerie Balla Koné sont nommés respectivement
ministre de la Défense nationale et ministre de l'Intérieur, de l'Information et de la Sécurité.
Deux personnalités modérées du régime de l’US-RDA font partie du gouvernement: Jean-Marie
Koné qui a négocié les accords franco-malien, nommé ministre des Affaires étrangères et Louis
Nègre qui conserve son poste de ministre des Finances auquel s'ajoute le Plan et les Affaires
économiques.
Le 7 décembre 1968, la constitution du 22 septembre 1960 est abolie et remplacée par la Loi
fondamentale. Le CMLN est l'organe suprême du pays, son président, Moussa Traoré, est chef
de l'État. Le CMLN promet l'adoption rapide d'une nouvelle constitution et des élections dans
l'année à venir.
Cet Etat d’exception régi par l’ordonnance n°1/CMLN du 28 Novembre 1968 va continuer
jusqu’au 30juin 1979, date à laquelle l'UDPM un parti unique constitutionnel verra le jour après
une période de règne sans partage du Comité Militaire de Libération Nationale, auteur du coup
d'état.
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Chapitre I : l’organisation politique
Moussa Traoré fait approuver le 2 juin 1974 une nouvelle constitution créant la 2 ème république
par référendum. Le Oui l’emporte par 99,71 % mais l’opposition qualifie ce référendum de «
farce ». Le 30 mars 1976, le parti unique Union démocratique du peuple malien (UDPM) est
créé. Elle constitutionnalise un parti en l’occurrence l’Union Démocratique du Peuple Malien
(UDPM) dans son article premier. A travers l’article 5, elle fait de ce parti (UDPM) le seul parti
politique au Mali. Dans la deuxième République les institutions sont : le parti, le président,
l’assemblée nationale, la cour suprême et la haute cour de justice. Le parti occupe une place
prépondérant parmi les institutions de la deuxième République, c’est de lui que les autres
institutions découlent. Toujours à travers l’article 5 de la constitution de 1974, le parti définit la
politique de l’Etat, le président applique cette politique pour ce qui est du pouvoir
gouvernemental et l’assemblée nationale pour ce qui concerne le pouvoir législatif.
Désormais, c’est la Direction Nationale du Parti (DNP) qui joue le premier rôle, l’Assemblée
nationale étant reléguée à un rang moins important. En effet, c’est la direction nationale du parti
qui propose un candidat aux fonctions de Président de la République (article 22). Le président de
la République est responsable devant la direction nationale du parti qui peut le démettre de ses
fonctions en cas de désaccord (article 28).
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Chapitre II : l’organisation administrative
La question de la décentralisation est à l’ordre du jour en 1977, mais les volontés sont moins
fortes et on parle plutôt d’une déconcentration de l’administration et non d’un transfert de
compétences et de moyens vers l’échelon local.
Après ce coup d’État, les conseils municipaux élus sont dissous et remplacés par des délégations
spéciales dont les chefs remplissaient les fonctions de maire.
Une ordonnance du 12 juillet 19776 dispose que le territoire de la République comprend : les
régions, les cercles, les arrondissements, les communes, les villages, les fractions nomades et le
district de Bamako. La région, le cercle et l’arrondissement sont des circonscriptions
administratives déconcentrées, alors que la commune est à la fois une circonscription
administrative de l’État et une collectivité décentralisée dotée de la personnalité morale et de
l’autonomie financière. Bamako devient un district, collectivité décentralisée régie par un statut
particulier et composé de six communes.
Cette ordonnance prévoit que les arrondissements peuvent devenir des communes rurales mais
aucune n’est créée jusqu’en 1991. La région de Gao est partagée en deux : la Région de Gao et la
région de Tombouctou. En 1982, la commune urbaine de Bougouni est créée3.
Cette loi dispose dans son article 43 que le mandat des conseils régionaux, de cercle et des
conseils d’arrondissement est de trois (3) ans, pouvant être prorogé par décret pris en conseil des
ministres pour un an au plus.
Quant aux conseils municipaux institués par la première République, ils ont été dissous en 1968
après le coup d’Etat et remplacés par les délégations spéciales. Les chefs de ces délégations
spéciales jouaient le rôle de maires.
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Par ailleurs, les conditions de nomination et les attributions des chefs de circonscriptions
administratives seront définies par le décret N° 203/PG-RM du 8 novembre 1977.
Ce texte détermine la nomination des gouverneurs de région par décret pris en conseil des
ministres, les commandants de cercle et les chefs d’arrondissement devant être nommés par
arrêté du ministre chargé de l’administration du territoire.
Jusqu’à la fin des années 80, le statu quo est de mise en ce qui concerne les cadres territoriaux du
Mali.
En mars 1991, des manifestations populaires et un coup d'état ont ouvert la voie à un régime de
transition dirigé par le Comité Transitoire de Salut Public suivant l’acte fondamental n°01/CTSP
du 31 mars 1991. Cette transition durera 14mois. Les textes fondamentaux de la 3ème
République furent élaborés lors d'une Conférence Nationale. La Constitution de la 3ème
République a été adoptée par référendum. Elle a été promulguée le 25 février 1992.
Le fonctionnement depuis 1992 des organes constitutionnels a montré la solidité des institutions
démocratiques, mais aussi la nécessité d'une adaptation des institutions républicaines aux
évolutions qui se sont produites. Ainsi, de vastes reformes institutionnelles ont été entamées
surtout au niveau du découpage territorial et de la gouvernance. Toutes ses reforme ont à l’esprit
la question de participation du public à la « vie de la nation ».
I) - la démocratie libérale
-multipartisme : La charte des partis politiques a été établie par l’ordonnance n°91-075/PCTSP
du 10 octobre 1991du Comité de transition pour la salut du peuple (CTSP). Elle se définit
comme « un ensemble de principes qui régit la vie des partis » et a pour objet « de codifier leurs
règles de formation, de fonctionnement et de financement ».
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Selon cette charte, les partis politiques sont des organisations de citoyens réunis par une
communauté d’idées et de sentiments, prenant la forme d’un projet de société, pour la réalisation
duquel ils participent à la vie politique par des voies démocratiques » ont « vocation à mobiliser
et éduquer leurs adhérents, à participer à la formation de l’opinion, à concourir à l’expression du
suffrage et à encadrer des élus. Les partis se forment et exercent leur activité librement.
Des modifications à cette charte sont apportées par la loi n° 00-045/du 7 juillet 2000 portant
Charte des partis politiques et par la loi n° 05-047/ du 18 août 2005 portant Charte des partis
politiques.
La constitution dans son article 28 prévoit le multipartisme en ces termes : « Les partis
concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent librement leurs activités dans les
conditions déterminées par la loi ».
Le multipartisme est l’un des fondements essentiels de la démocratie malienne, et cela apparait à
la lecture de l’article 1198 de la constitution qui stipule : « …la forme républicaine et la laïcité
de l'Etat ainsi que le multipartisme ne peuvent faire l'objet de révision ». En 2009 le Mali
comptait 120 partis politiques.
- les élections :
L’article 33 précise en outre qu’il « est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si elle
n’est pas obtenue au premier tour de scrutin, il est procédé à un second tour, le deuxième
dimanche suivant. Ce second tour est ouvert seulement aux deux candidats ayant réuni le plus
grand nombre de suffrages. Et selon l’article 61, les Députés aussi sont élus pour cinq ans au
suffrage universel direct. La reconnaissance des Droits de l’Homme fonde aussi la démocratie
libérale.
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II) - la libre administration
La libre administration ne peut s’épanouir que dans un Etat de droit avec une indépendance
réelle de la justice ; ce qui est le cas dans la constitution de février 1992. Cette constitution
permet au citoyen d’agir sans être suomis à la volonté arbitraire d’un autre.
La constitution du 25 février 1992 dispose que tous les maliens naissent égaux en droits et en
devoirs. Nul ne sera soumis à la torture ou à des sévices ou traitements dégradants ou humiliants.
Tout individu ou agent qui se rendrait coupable de tels actes sera puni conformément à la loi.
Tous les maliens ont droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion, d’association,
d’expression conformément à la loi. Le domicile et la résidence sont inviolables. La liberté de
presse est reconnue et garantie par la loi. Nul ne peut être poursuivi illégalement, tout prévenu
est innocent jusqu’à ce que sa culpabilité soit reconnue par la juridiction compétente. Le droit à
l’éducation, à l’instruction, le droit de grève, la liberté syndicale sont reconnus à tous les
citoyens. Tout citoyen a droit à un environnement sain. La protection, la défense de
l’environnement et la promotion de la qualité de la vie sont un devoir pour tous et pour l’Etat
(voir les 24 articles du Titre premier de la constitution).
Analyser sous l’angle de certains articles de la constitution de 1992, le régime apparait comme
présidentiel :
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des armées (article 44) et préside le Conseil supérieur et le comité de défense de la
défense nationale (article 44), il est le président du Conseil supérieur de la magistrature
(article 45), il décrète l’état de siège et l’état d’urgence (article 49) et surtout il dispose de
pouvoirs exceptionnels qui ne connaissent que très peu de restrictions (article 50)…
L’égalité entre l’exécutif et le législatif élus séparément (articles 30 et 61) ;
La possibilité pour le chef de l’Etat de choisir et de révoquer librement le gouvernement
(article 38).
Un exécutif bicéphale ;
La possibilité pour le président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale
(article 42) ;
La responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale par le vote notamment
d’une motion de censure (articles 78 et 79) ;
L’immixtion législative dans le pouvoir exécutif à travers la ratification des traités et
engagements internationaux (article 115) ;
L’immixtion de l’exécutif dans le pouvoir législatif à travers l’initiative des lois
reconnue au gouvernement (article 71).
A partir de ce constat, nous pouvons affirmer que le régime politique du Mali est un régime
mixte c’est-à-dire hybride à cheval entre le régime présidentiel et le régime parlementaire.
Le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci
n'est pas obtenue au premier tour de scrutin, il est procédé à un second tour, de deuxième
dimanche suivant. Ce second tour est ouvert seulement aux deux candidats ayant réuni le plus
grand nombre de suffrages. Si l'un des deux candidats se désiste, le scrutin reste ouvert au
candidat venant après dans l'ordre des suffrages exprimés.
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Entre autres attributions du président de la République il y a : nommer le premier ministre ;
nommer aux emplois civils et militaires supérieurs déterminés par la loi ; promulguer les lois ;
négocier et ratifier les traités ; signer les ordonnances et décrets pris en conseil des ministres ;
prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale (après consultation).
Quant au gouvernement, il est dirigé par un premier ministre qui en est le chef (Article 55 de la
Constitution). Ainsi, il dirige et coordonne l'action gouvernementale. Il assure l'exécution des
lois. Sous réserve des dispositions de l'article 46, il exerce le pouvoir réglementaire. Il est
responsable de l'exécution de la politique de défense nationale. Il peut déléguer certains de ses
pouvoirs aux Ministres.
Selon le Titre V de la constitution, le pouvoir législatif est confié à l’Assemblée Nationale. Cette
dernière est uniquement composée de députés. Le Parlement comprend une chambre unique
appelée Assemblée Nationale. Les Députés sont élus pour cinq ans au suffrage universel direct
selon les modalités fixées par la loi.
Ils bénéficient de l'immunité parlementaire dans l’exercice de leurs fonctions. Une loi organique
fixe le nombre des membres de l'Assemblée Nationale, leurs indemnités, les conditions
d'éligibilité, le régime des inéligibilités et des incompatibilités.
La loi organique détermine aussi quelles sont les personnes appelées à assurer en cas de vacance
de siège, le remplacement des Députés jusqu'au renouvellement de l'Assemblée Nationale.
L’Assemblée Nationale se réunit de plein droit en deux sessions ordinaires par an. Elle peut
également se réunir en session extraordinaire à la demande du Premier Ministre ou de la majorité
de ses membres sur un ordre du jour déterminé. Lorsque la session extraordinaire est tenue à la
demande des membres de l'Assemblée Nationale, le décret de clôture intervient dès que
l'Assemblée Nationale a épuisé l'ordre du jour pour lequel elle a été convoquée et au plus tard
quinze jours à compter de sa date de réunion.
Le Premier Ministre peut demander une nouvelle session avant l'expiration du mois qui suit le
décret de clôture et sur un ordre du jour déterminé.
Les séances de l'Assemblée Nationales sont publiques. Toutefois, elle peut siéger à huis clos de
sa propre initiative ou à la demande du Premier Ministre. Le règlement intérieur en fixera les
modalités. Le compte rendu intégral des débats en séance publiques est publié au Journal
Officiel. La loi est votée par l'Assemblée Nationale à la majorité simple.
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Il faut souligner que l’initiative des lois appartient concurremment au Gouvernement et aux
membres de l'Assemblée Nationale. Les projets de loi sont délibérés en Conseil des Ministres
après avis de la Cour Suprême et déposés sur le bureau de l'Assemblée Nationale. En matière de
traités, l’Assemblée Nationale en autorise la ratification.
Quant au pouvoir judiciaire, son exercice est confié aux juges. Il se subdivise en ordres
juridiques distincts : d'une part l'ordre judiciaire, chargé de trancher les litiges entre particuliers,
d'autre part, l'ordre Administratif compétent pour trancher les litiges opposant l'Administration et
les particuliers.
Le pouvoir judiciaire se caractérise principalement par son indépendance vis-à-vis des pouvoirs
exécutifs et législatifs (article 81 de la Constitution). Il s'exerce par la Cour Suprême et les autres
Cours et Tribunaux. Le pouvoir judiciaire est le gardien des libertés définies par la présente
Constitution. Il veille au respect des droits et libertés définis par la présente Constitution.
Le régime du Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP) qui va du 26 mars 1991 au 7
juin 1992, auteur de la démocratie pluraliste et multipartiste au Mali, va remettre sur les rails la
politique de décentralisation.
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Kidal nouvellement créée. Ces régions sont divisées en cercles, les cercles sont constitués
d’arrondissements ou communes.
Aussi, en 1992 furent-elles créées cinq (5) communes urbaines par des ordonnances. Il s’agit des
communes urbaines de Banamba (ordonnance N° 92-031/P-CTSP), de Niono (ordonnance
N° 92-032/P-CTSP), de Diré (ordonnance N° 92-033/P-CTSP), de Dioïla (ordonnance N° 92-
034/P-CTSP) et enfin la commune de Bandiagara (ordonnance N° 92-035/P-CTSP).
Aujourd’hui, le Mali compte 10 régions dont deux nouvellement créée Ménaka et Taoudéni, 49
cercles et 703 communes.
En 1993 la loi n° 93-008 du 11 février relative aux conditions de la libre administration des
collectivités locales est adoptée. Selon les dispositions de l’article premier de cette loi dans le
respect de l’unité nationale et de l’intégrité du territoire, les collectivités territoriales de la
République sont : les régions, le district de Bamako, les cercles, les communes urbaines et les
communes rurales. La région, le district de Bamako, le cercle et la commune urbaine ou rurale
sont dotés de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Ainsi son article 20 dispose-t-il
qu’aucune collectivité ne peut établir ou exercer de tutelle sur une autre collectivité. Il ressort
que les circonscriptions administratives mêmes déconcentrées de l’Etat n’avaient donc plus de
raison d’être des subdivisions du territoire. Alors, elles disparaissent et se font remplacer par des
groupements humains et territoriaux autonomes, dotés de la personnalité morale et de
l’autonomie financière. Par ailleurs la loi N° 95-034/AN-RM du 12 avril 1995 relative au code
des collectivités territoriales va préciser la loi du 11 février 1993 déjà mentionnée. Celle - ci sera
modifiée par la loi N° 96-006 du 16 octobre 1996. Cette loi du 12 avril 1995 détermine les
institutions des collectivités, les conditions de nomination et les attributions des représentants de
l’Etat au niveau des collectivités territoriales ainsi que les finances des collectivités.
Ce sera avec la loi N° 96-050 du 16 octobre 1996 portant principe de constitution et de gestion
du domaine des collectivités territoriales qu’on assiste à la création massive des communes sur
toute l’étendue du territoire national.
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La loi n° 95-034/AN-RM du 12 avril 1995 portant code des collectivités territoriales est abrogée
par la loi n°2014-052/ portant modification de la loi n°2012-007 du 7 février 2012 portant Code
des Collectivités territoriales qui permet au Mali de dépasser la communalisation et d’aller vers
la régionalisation.
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