33 Chap 27
33 Chap 27
Système nerveux
Joseph Z a y e d , M i c h e l Panisset, D o n n a M e r g l e r
Système nerveux
Joseph Z a y e d , M i c h e l Panisset, D o n n a M e r g l e r
1. Introduction
2. Principes généraux
2.1 Organisation du système nerveux
2.2 Neurotoxicité
3. Diagnostic clinique
3.1 Approche clinique
3.2 Syndromes neurotoxiques
4. Manifestations d'intoxication chronique précoce
5. Conclusion
700 ENVIRONNEMENT ET SANTÉ PUBLIQUE
Encadré 27.1 Méthytmercure dans les poissons: un défi de taille en santé publique
Les effets du mercure sur l'être humain ont été mis en évidence par un événement malheureusement célèbre,
observé au Japon, chez les pêcheurs de la baie de Minamata et les membres de leurs familles. Dès 1950, on
s'était aperçu que les oiseaux aquatiques, les chats et certains porcs présentaient un comportement inhabituel.
À partir de 1960, les habitants de la région de Minamata commencèrent à montrer des symptômes tels que pro-
blèmes sensoriels, perte de l'ouïe, ataxie et difficultés d'élocution. Environ 6 % des enfants nés près de
Minamata souffraient de paralysie cérébrale. En 1982, sur une population de 200 000 personnes, on diagnos-
tiqua 1800 cas d'intoxication au méthylmercure. Il y eut plus de 50 décès et 700 personnes demeurèrent
paralysées de façon permanente. On a estimé qu'entre 1932 et 1968 plus de 600 tonnes de mercure furent
déversées par les usines chimiques dans la baie de Minamata. Aujourd'hui, il y a 2200 cas officiellement recon-
nus, mais on estime à plus de 10 000 le nombre de personnes affectées à des degrés différents.
Le mercure inorganique converti en méthylmercure par les organismes aquatiques s'était accumulé dans le
poisson et, par la suite, chez les oiseaux. Comme le poisson était la nourriture de base des habitants, l'inges-
tion de poisson contaminé par le mercure conduisit éventuellement à la maladie de Minamata. Cet exemple
démontre bien comment les activités humaines peuvent modifier l'environnement, entraînant de graves con-
séquences tant pour l'homme que pour les organismes vivants. Deux études récentes ont examiné les effets
précoces de l'exposition au mercure chez les enfants qui consomment du poisson contaminé au méthyl-
mercure. Dans la première (Grandjean et coll., 2001) on a constaté des déficits neurocomportementaux en
lien avec cette exposition, alors que, dans l'autre (Davidson et coll., 2000), on n'observe pas ces effets.
Différentes hypothèses sont émises pour expliquer ces différences, incluant le profil d'exposition (concen-
trations ponctuelles élevées provenant de la consommation de la viande de baleine versus concentrations plus
faibles mais continues) ou la contribution d'autres nutriments dans le régime alimentaire. Ces études
apporteront des informations importantes à notre compréhension des effets de l'exposition au méthylmer-
cure dans les années à venir.
Une autre région du globe où l'on retrouve des niveaux élevés de méthylmercure dans les populations est
l'Amazonie où les activités d'orpaillage, d'agriculture sur brûlis et de déforestation augmentent les niveaux
de mercure dans les réseaux aquatiques. Les poissons constituent l'aliment de base et la principale source de
protéine animale pour les populations riveraines. Des études menées chez les adultes et les enfants de cette
région montrent des atteintes des fonctions motrices et sensorielles chez les premiers, et motrices et cogni-
tives chez les derniers, en liaison directe avec leur niveau d'exposition au mercure, tel qu'évalué par l'analyse
de la concentration du mercure dans les cheveux (Lebel et coll., 1998; Grandjean et coll., 1999; Dolbec et
coll., 2000; Cordier et coll., 2002).
La contamination des poissons par le mercure constitue donc un défi de taille en santé publique et environ-
nementale. Il faut trouver des stratégies qui permettent de maintenir la consommation de poisson en mi-
nimisant le risque toxique. Ceci peut être réalisé par une bonne compréhension du comportement du mer-
cure dans l'écosystème, couplée à l'éducation participative. En Amazonie, une telle approche a permis
d'adopter le slogan «manger plus de poissons qui ne mangent pas d'autres poissons». La population a mo-
difié ses habitudes alimentaires en mangeant davantage de poissons herbivores (peu de mercure) par rapport
aux poissons carnivores (niveaux élevés de mercure). Elle a pu maintenir un même niveau de consommation
de poissons et réduire son exposition au mercure par 35 %! Au Canada et au Québec, des études adoptant
cette approche écosystémique sur la contamination par le mercure sont en cours.
SYSTÈME NERVEUX 701
vieillissement de la population, plus vulnérable lesquelles les cellules communiquent entre elles.
aux affections neurodégénératives comme la Un déséquilibre au niveau des neurotransmet-
maladie d'Alzheimer ou la maladie de Parkinson. teurs peut jouer un rôle important dans l'ap-
Dans la plupart des cas, les symptômes d'in- parition de certaines maladies, comme la
toxication neurologique sont subtils et la dété- dépression et la maladie de Parkinson. En effet,
rioration des fonctions nerveuses est progressive. plusieurs troubles psychiatriques ou neu-
De plus, des dysfonctions mentales et émotion- rologiques découlent de modifications chimi-
nelles peuvent se développer graduellement et ques dans la neurotransmission.
passer inaperçues pendant des années. Les effets Le système nerveux est le centre de régula-
neurotoxiques sont cumulatifs, car les cellules tion et de communication de l'organisme. À
du cerveau ne peuvent se régénérer. Il n'y a pas l'aide de ses récepteurs sensoriels, il reçoit l'in-
de cellules cérébrales de la douleur pour avertir formation (communément appelée information
des risques imminents dont les causes sont très sensorielle) sur les changements se produisant
souvent inconnues. Qui plus est, le déclin men- tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'organisme.
tal et émotionnel causé par la neurotoxicité est Il intègre ensuite cette information en la traitant
fréquemment attribué au processus normal de et en déterminant l'action à entreprendre. Il
vieillissement. Bien que certaines substances fournit enfin une réponse motrice qui active des
neurotoxiques aient une affinité particulière effecteurs, muscles et glandes.
pour certains secteurs du système nerveux, les Le système nerveux partage avec le système
effets de la majorité d'entre elles sont diffus, endocrinien (par la sécrétion hormonale) la
s'attaquant aux processus cellulaires impliqués tâche de régler et de maintenir l'homéostasie.
dans le transport membranaire, aux réactions C'est à l'aide de ces systèmes que l'organisme
chimiques intracellulaires et à la libération de peut s'adapter à des environnements divers, tout
substances sécrétoires. en maintenant le milieu interne constant.
Ce chapitre vise à présenter des informations Toutefois, quand les stress toxiques perdurent,
destinées à faciliter la compréhension du sys- les altérations de ces systèmes peuvent entraîner
tème nerveux et des effets neurotoxiques asso- des dysfonctions (Marieb, 1999).
ciés à l'exposition à des contaminants environ-
nementaux; cependant, il ne traite pas des effets 2.1 Organisation du système nerveux
neurologiques des agents physiques et microbio-
logiques. Comme le montre la figure 27.1, le système
nerveux est divisé en deux grandes parties: le sys-
tème nerveux central (SNC) et le système
2. PRINCIPES GÉNÉRAUX
nerveux périphérique (SNP). Le SNC est formé
Les cellules nerveuses sont les unités fonction- du cerveau (divisé en cerveau postérieur ou
nelles du système nerveux qui en compterait rhombencéphale, cerveau médian ou mésen-
environ 10 milliards. Celles-ci sont appelées céphale et cerveau antérieur ou prosencéphale) et
neurones ou cellules gliales. Alors que les neu- de la moelle épinière. Le SNP, quant à lui, est
rones peuvent se diviser et sont essentiellement formé principalement des nerfs spinaux qui
porteurs de messages, les cellules gliales ne peu- transmettent les influx entre les régions du corps
vent se diviser et constituent le tissu de soutien et la moelle épinière, et des nerfs crâniens qui
physique des neurones auxquelles elles four- acheminent les influx à l'encéphale.
nissent, notamment, des éléments nutritifs. Au Le SNP comprend deux voies: la voie sensi-
nombre des fonctions normales du neurone fi- tive (ou afférente), composée de fibres nerveuses
gurent la synthèse des protéines, le transport à qui transportent les influx vers le SNC et la voie
l'intérieur des axones, la transmission synap- motrice (ou efférente) qui permet le transport
tique et la formation et l'entretien de la myéline, des influx du SNC vers les muscles et les glan-
une substance qui forme un manchon autour de des. Cette dernière voie comprend aussi deux
certaines fibres nerveuses. systèmes: le système nerveux somatique (appelé
Le neurotransmetteur, substance libérée des souvent système nerveux volontaire, car il per-
terminaisons des axones par l'intervention du met d'exercer une maîtrise consciente) qui
potentiel d'action, est une des façons par achemine des influx vers les muscles squelet-
702 ENVIRONNEMENT ET SANTÉ PUBLIQUE
SNC SNP
Cerveau Moelle épinière Nerfs crâniens Nerfs spinaux
tiques et le système nerveux autonome (SNA, nerveuse temporaire ou persistant ou, encore,
appelé aussi système nerveux involontaire une altération de la structure chimique ou
puisqu'il régit le milieu interne) qui règle l'ac- physique du système nerveux.
tivité des muscles lisses, du muscle cardiaque et L'exposition aiguë, ou à faible dose, à un
des glandes. Enfin, le SNA comprend deux sub- neurotoxique peut donner lieu à des symptômes
divisions fonctionnelles: les systèmes nerveux subjectifs tels les céphalées, la nausée, les étour-
sympathique et parasympathique qui exercent dissements, mais l'effet est souvent réversible.
des effets antagonistes sur l'activité d'un même Ceci n'est pas nécessairement le cas des exposi-
viscère. tions aiguës à forte dose ou des expositions
chroniques à faible dose qui sont souvent asso-
2.2 Neurotoxicité ciées à des altérations irréversibles. Parmi les
substances neurotoxiques les plus connues, on
La neurotoxicité peut être définie comme la retrouve plusieurs métaux, dont le plomb, le
capacité de provoquer des effets néfastes sur le mercure, le manganèse (encadré 27.2), ainsi que
système nerveux central, les nerfs périphériques des composés organiques de synthèse com-
ou les organes sensoriels. Elle se manifeste prenant des pesticides et des solvants industriels.
généralement par des symptômes et des effets.
Certains produits chimiques neurotoxiques se
Comme pour l'ensemble des substances toxi-
présentent aussi sous forme gazeuse. Par exem-
ques, ces effets dépendent des caractéristiques
ple, le phosgène et le cyanure d'hydrogène,
propres des substances (structure chimique et
utilisés comme gaz de combat, sont extrême-
physique, présence d'impuretés), des conditions
ment toxiques même à faible dose. Quant au
d'exposition (dose, durée, fréquence et voie
d'exposition), des facteurs inhérents à l'individu dioxyde de carbone, il requiert une exposition
(bagage génétique, âge, sexe et système immuni- prolongée à forte dose.
taire) et de facteurs environnementaux (tem- Le tableau 27.1 présente les principaux effets
pérature, humidité et lumière). Une substance neurotoxiques associés à un certain nombre de
chimique est reconnue comme neurotoxique si substances. En général, les symptômes fréquem-
elle est capable d'induire un état de dysfonction ment observés suite à l'exposition aux sub-
SYSTÈME NERVEUX 703
Le manganèse (Mn) est un élément essentiel au bon fonctionnement de l'organisme et en particulier du sys-
tème nerveux; un déficit ou un excès de Mn peuvent engendrer un déséquilibre de certaines fonctions neuro-
physiologiques et des troubles neurologiques et neuropsychiatriques. L'organisme trouve le Mn dont il a
besoin dans les aliments, en particulier certaines noix, céréales et légumes verts. Le Mn, ainsi ingéré, est assu-
jetti à un strict contrôle homéostatique lors de l'absorption via le système porte hépatique, et seulement 3 à 5
% du Mn ingéré se retrouve finalement dans la circulation systémique. Par contre, le Mn aéroporté, qui
pénètre par les voies respiratoires, n'est pas soumis à ces contrôles. Les particules respirées atteignent les
alvéoles et passent directement dans le sang, dont elles augmentent sa teneur en Mn. Dernièrement, des études
animales ont montré que le Mn inhalé peut aussi rejoindre directement le cerveau par le nerf olfactif, con-
tournant ainsi la barrière hémato-encéphalique (Henrikkson et coll., 1999; Brenneman et coll., 2000).
Les premiers cas d'intoxication au Mn ont été décrits en 1837 chez des mouleurs exposés à des niveaux très
élevés de Mn. Depuis, le manganisme, qui présente beaucoup de similarités cliniques avec la maladie de
Parkinson, a été rapporté chez des personnes exposées professionnellement aux poussières et fumées de Mn,
dont les mineurs, les travailleurs des industries de production d'alliages de Mn, les soudeurs et les agricul-
teurs exposés aux pesticides à base de Mn. Le manganisme est une maladie progressive, et les symptômes con-
tinuent à s'aggraver même après que la personne a été éloignée du milieu de travail.
Dans une perspective d'intervention préventive, des études menées chez des travailleurs actifs exposés au Mn
montrent des signes précoces d'atteinte neurologique, notamment une prévalence plus élevée de tremble-
ments, de difficultés de coordination motrice, des déficits cognitifs et des symptômes neuropsychiatriques
(Roels et coll., 1987; Iregren, 1990; Mergler et coll., 1994; Lucchini et coll., 1997). Quelques études
témoignent aussi d'atteintes neurologiques ou neuropsychologiques en fonction de la dose d'exposition.
Les préoccupations récentes quant à l'augmentation du Mn dans l'environnement proviennent, entre autres, de
l'utilisation du M M T (méthylcyclopentadiényle manganèse tricarbonyle), comme additif dans l'essence. Au
Canada, le M M T est ajouté à l'essence depuis 1977 pour remplacer l'additif à base de plomb. Des mesures envi-
ronnementales démontrent des niveaux de Mn plus élevés dans des endroits à forte circulation automobile.
Toutefois, nous ignorons, à l'heure actuelle, les niveaux d'exposition qui sont sécuritaires, surtout pour les
groupes à risque. Une étude réalisée dans le sud-ouest du Québec, a rapporté des niveaux de Mn sanguin plus
élevés chez des personnes résidant dans des régions où les concentrations de Mn dans l'air étaient plus élevées
(Mergler et coll., 1999; Baldwin et coll., 1999). Les personnes ayant des taux plus élevés de Mn sanguin présen-
taient des tremblements, un ralentissement de la coordination motrice, des problèmes d'équilibre et des déficits
de mémoire. Les symptômes étaient plus marqués chez les hommes et chez les personnes âgées. De plus, le Mn
accentue les effets de l'alcool sur les symptômes neuropsychiatriques. (Sassine et coll., 2002)
Nous en savons peu sur l'exposition environnementale à cet élément essentiel; les besoins de l'organisme
pour cet élément varient au cours de la vie et semblent différents pour les hommes et les femmes. Dans les
années à venir, il serait important de mener des recherches sur l'exposition environnementale au Mn dans les
grands centres urbains.
Benzène Pétrochimie; carburants Air A Excitation; euphorie; hilarité; délire; lassitude; fatigue
C Irritabilité; changement dans les réflexes; tremblements
des doigts; vertiges
A: Aigu C: Chronique
Adapté de Spencer et Schaumburg (2000); Klaassen (2001); IPCS (2001)
SYSTÈME NERVEUX 705
demeurent controversés. Leur définition dépend gerie sont souvent décevants. Cependant, les
d'études épidémiologiques cliniques menées sur intoxications au manganèse et au monoxyde de
des populations exposées, sans référence aux carbone s'accompagnent de changements au
seuils toxiques acceptés et déterminés à la suite niveau des ganglions de la base. Les tests d'ima-
d'expériences conduites particulièrement dans gerie nucléaire comme la tomographie à
des contextes d'exposition aiguë. positrons ont rarement été utilisés, mais ils
pourraient s'avérer utiles, du moins pour objec-
tiver les résultats de l'examen clinique. Les tests
3.1 Approche clinique
d'électrophysiologie comme l'électroencéphalo-
Un patient peut être amené à consulter pour un gramme ne sont pas spécifiques, mais peuvent
syndrome d'origine inconnue ou pour une orienter vers une anomalie ayant une base phy-
atteinte neurologique qui pourrait avoir été siologique. Les tests neuropsychologiques per-
causée par une exposition à un neurotoxique. mettent de définir un profil compatible avec
Dans un cas comme dans l'autre, la méthodolo- une atteinte neurotoxique. Dans la plupart des
gie neurologique doit être respectée. cas, on retrouve des atteintes du système atten-
La première étape vise à déceler le syndrome. tionnel, un système de mémoire immédiate qui
Les manifestations des syndromes neurotoxi- permet la manipulation des informations avant
ques ne respectent pas nécessairement le profil d'en faire des traces mnésiques plus durables.
des syndromes neurologiques connus, ce qui Par contre, l'acide domoïque a été associé à une
complique la tâche du clinicien. Ainsi, le atteinte mnésique semblable à celle rencontrée
parkinsonisme associé à une intoxication par le dans les séquelles d'intoxication alcoolique
manganèse, contrairement à la maladie de chronique (syndrome de Korsakoff). L'ex-
Parkinson, pourra principalement donner une position à un neurotoxique ayant souvent cessé
rigidité plutôt axiale, avec des pertes d'équilibre, plusieurs jours avant la visite chez le clinicien, le
une absence de tremblements de repos, mais dosage sanguin est rarement utile pour un grand
avec une composante ataxique qui pourrait évo- nombre de neurotoxiques caractérisés par une
quer une atrophie multisystémique. Par ailleurs, courte demi-vie sanguine. Les dosages urinaires
cette variation dans les manifestations des syn- pourraient, quant à eux, conserver leur utilité
dromes neurotoxiques, par rapport aux maladies plus longtemps, bien après la fin d'une exposi-
neurologiques connues, peut faire suspecter une tion.
composante de simulation, surtout dans le con- Certaines informations favorisent le che-
texte d'une demande de compensation finan- minement diagnostique. D'une part, les symp-
cière. Le clinicien doit donc pouvoir différencier tômes apparaissent, dans la plupart des cas, rapi-
les manifestations, avec ou sans bases neuro- dement après une exposition et régressent si
physiologiques. l'exposition est interrompue. Il ne faut pas
La seconde étape vise à déterminer la cause la oublier cependant la possibilité qu'une exposi-
plus probable du syndrome trouvé. Parfois, une tion faible à un neurotoxique puisse engendrer
histoire détaillée permet de mettre en évidence un syndrome longtemps après l'exposition.
une condition préalable qui a rendu un individu C'est notamment le cas du parkinsonisme lié à
plus sensible aux effets d'une substance neuro- l'utilisation de MPTP (1,2,3,6-tétrahydro-l-
toxique, un retard du développement psy- méthyl-4-phénylpyridine), sous-produit dérivé
chomoteur, par exemple. Il faut garder à l'esprit de la mépéridine, vendu illégalement comme de
les effets contributoires de la dépression, de la l'héroïne. D'autre part, il existe habituellement
consommation régulière d'alcool, de drogues et une bonne corrélation entre la dose, la durée
de médicaments. En général, on distingue les d'exposition et l'effet. Ainsi, des collègues de
maladies liées au travail qui sont partiellement travail pourraient simultanément souffrir des
causées ou exacerbées par le travail, des maladies mêmes maux. Les syndromes sont aussi associés
professionnelles qui sont totalement liées à une au niveau d'exposition: une forte dose d'exposi-
exposition toxique au travail. tion peut causer une encéphalopathie et des
Des épreuves objectives permettront parfois doses plus faibles, une neuropathic
de documenter et de confirmer le syndrome. Finalement, le clinicien est souvent confron-
Parmi les évaluations utilisées, les tests d'ima- té à une situation dans laquelle il doit statuer sur
706 ENVIRONNEMENT ET SANTÉ PUBLIQUE
On s'interroge depuis longtemps sur la possibilité d'un lien entre l'aluminium et la maladie d'Alzheimer.
Deux observations vont dans le sens de cette hypothèse. La première porte sur le fait que les cerveaux de per-
sonnes qui décèdent de la maladie d'Alzheimer renferment des quantités accrues d'aluminium. Les quantités
d'aluminium sont très variables, de l'ordre de 5 à 10 µg/g, et sont semblables à celles que l'on retrouve chez
des modèles animaux comme le rat et le singe chez qui on provoque une encéphalopathie à l'aluminium.
Cependant, des niveaux semblables d'aluminium peuvent être retrouvés chez des patients dialyses représen-
tant aucun problème de démence (Goyer, 1995).
La deuxième observation qui relie l'encéphalopathie expérimentale à l'aluminium et la maladie d'Alzheimer
tient au fait que l'on trouve dans ces deux conditions cliniques une accumulation de plaques de neurofibrilles
caractéristiques dans le corps cellulaire, les axones proximaux et les dendrites des neurones de plusieurs
régions cérébrales, en association avec la perte de synapses et l'atrophie de l'arbre dendritique. On sait cepen-
dant maintenant que cette condition n'est pas spécifique à la maladie d'Alzheimer, puisque l'on retrouve ces
plaques caractéristiques dans plusieurs problèmes neurologiques différents.
Selon certaines études, il semble que la quantité d'aluminium dans le cerveau des patients atteints de la maladie
d'Alzheimer ne serait pas tellement liée à l'exposition à l'aluminium, mais plutôt au mode de captation de l'a-
luminium par le cerveau. Ainsi, les niveaux élevés d'aluminium chez ces personnes seraient peut-être davantage
une conséquence et non pas la cause de la maladie. La barrière hémato-encéphalique est normalement per-
méable aux petites et moyennes molécules, par l'intermédiaire de mécanismes de transport actif. Il est impro-
bable que les complexes d'aluminium-protéine puissent traverser la barrière hémato-encéphalique; mais,
vraisemblablement, les récepteurs à la transferrine présents dans le cerveau pourraient offrir un mécanisme de
transfert, ce qui, non plus, n'a pas encore été bien établi (Perl et Good, 1988; DeVoto et Yokel, 1994).
Enfin, les études épidémiologiques portant sur la variation de la fréquence de la maladie d'Alzheimer en fonc-
tion des différences d'exposition environnementale à l'aluminium des populations sont à la fois limitées et con-
troversées. Ces études présentent entre autres des biais méthodologiques importants, notamment dans la tech-
nique de mesure de l'aluminium tissulaire. Par ailleurs, dans une revue récente de la littérature, on conclut que
l'on est loin de rejeter la possibilité que l'aluminium contribue à la maladie d'Alzheimer (Exley, 2001).
la compatibilité entre un syndrome et l'exposi- présenter comme étant des syndromes épilep-
tion à un neurotoxique particulier tel qu'on l'a tiques.
décrite dans la littérature scientifique. Celle-ci Le syndrome cérébelleux se caractérise par une
peut cependant présenter plusieurs lacunes. incoordination des membres qui se traduit par
Ainsi, un grand nombre d'études ne prennent une imprécision des mouvements, une
pas en compte les antécédents médicaux, la démarche ébrieuse et des troubles de l'équilibre.
durée de l'exposition, les agents auxquels les Les agents susceptibles de le provoquer incluent
populations ont été exposées et l'homogénéité des métaux (aluminium [encadré 27.3], bis-
des groupes. De plus, l'utilisation d'un groupe muth, manganèse, mercure, thallium, zinc,
contrôle est souvent négligée. étain, lithium), des pesticides (organophospho-
rés), des gaz (monoxyde de carbone, chlorure de
méthyle) et tous les solvants.
3.2 Syndromes neurotoxiques
Le syndrome encéphalopathique ou syndrome
Les syndromes neurotoxiques peuvent se diviser psycho-organique est caractérisé par des change-
en syndromes du SNC et du SNP. ments de personnalité, une perte de mémoire et
Par suite de la susceptibilité de certains de la fatigue. La dépression peut aussi y être
groupes de neurones à des substances parti- associée, mais elle constitue une entité contro-
culières, les syndromes du SNC seront eux- versée. Les agents susceptibles de produire ce
mêmes divisés selon le système neuro- syndrome sont les métaux (aluminium, anti-
anatomique atteint. On aura ici les atteintes moine, bismuth, plomb, manganèse, mercure,
cérébelleuses, les atteintes des ganglions de la étain, lithium), les pesticides (organophospho-
base et les atteintes de l'encéphale, en général. rés, organochlorés, carbamates), les gaz (sulfure
Certaines intoxications auront tendance à se d'hydrogène, monoxyde de carbone, chlorure de
SYSTÈME NERVEUX 707
Tableau 27.2 Classification des syndromes associés à une exposition aux solvants organiques
Type 2B Dysfonction intellectuelle: atteintes évidentes sur les tests neuropsychologiques, atteintes légères à l'examen
neurologique, syndrome psycho-organique et démence légère
Type 3 Démence
méthyle, oxyde d'éthylène, oxyde nitrique) et solvants (n-hexane, méthyl n-butyl cétone).
tous les solvants. Une conférence internationale Les neuropathies toxiques provoquent
a proposé une classification des syndromes asso- généralement une polynévrite ou, quelquefois,
ciés à une exposition aux solvants selon la une mononévrite qui s'accompagne de dyses-
sévérité de l'atteinte (tableau 27.2). thésies, mais rarement de déficit de la force
Le syndrome extrapyramidal se caractérise par musculaire. Les neuropathies toxiques survien-
une augmentation du tonus musculaire ou par nent de façon concomitante avec l'exposition, et
une rigidité, un ralentissement et une diminution les symptômes diminuent généralement après la
de l'amplitude des mouvements et une perte cessation de l'exposition. Les neuropathies toxi-
d'équilibre. Contrairement à la maladie de ques peuvent être différenciées par un élec-
Parkinson, les tremblements sont rares. Les agents tromyogramme. Les neuropathies axonales, plus
susceptibles de causer ce syndrome incluent des fréquentes, se caractérisent par une diminution
métaux (bismuth, plomb, manganèse, mercure, du signal électrique, tandis que les neuropathies
thallium, bromures, zinc, aluminium, lithium), démyélinisantes, plus rares, se manifestent
des pesticides (organophosphorés, organochlorés, plutôt par un ralentissement de la progression
carbamates), des gaz (sulfure d'hydrogène, de l'influx nerveux.
monoxyde de carbone, chlorure de méthyle) et Les neuropathies des paires crâniennes sont
certains solvants (méthanol, toluène, associées à des intoxications par les métaux (or,
trichloroéthane, disulfure de carbone). thallium, plomb, mercure, bromures, bismuth), à
Le syndrome épileptique est généralement ca- des pesticides (organophosphorés, organochlorés,
ractérisé par des crises épileptiques d'une durée carbamates), à des gaz (disulfure de carbone,
de trois à cinq minutes avec perte de conscience, oxyde nitrique) et à des solvants (n-hexane,
des mouvements cloniques des membres, de méthyl n-butyl cétone, méthanol, éthylène gly-
l'incontinence et de la confusion lors du retour col, trichloroéthane, benzène, toluène). Les paires
à la conscience. Ce syndrome est associé à l'ex- crâniennes comprennent les nerfs responsables de
position à des métaux (aluminium, antimoine, l'odorat, de la vision, des mouvements extra-
thallium, plomb, mercure, étain, lithium), à des oculaires, du toucher facial, de l'expression
pesticides (organophosphorés, organochlorés, faciale, de l'ouïe, de la déglutition et du goût, de
carbamates), à des gaz (sulfure d'hydrogène, l'élévation des épaules, des mouvements de la
monoxyde de carbone, chlorure de méthyle) et à langue.
certains solvants (méthanol, éthylène glycol, On attribue certains troubles neuropsychia-
benzène). triques à l'exposition à des substances neuro-
Les neuropathies périphériques peuvent se toxiques depuis de nombreuses années. Comme
traduire par des pertes de sensations, des pertes nous l'avons vu précédemment, les descriptions
de force, des troubles du système nerveux avec cliniques vont des troubles affectifs, notamment
une diminution de la tension artérielle, un l'anxiété et la dépression, aux manifestations de
oedème des membres inférieurs et une dysfonc- comportements psychotiques et aux hallucina-
tion érectile. Les neuropathies périphériques peu- tions. L'exposition aiguë à de fortes doses de
vent découler d'une exposition à des métaux (or, métaux lourds, de solvants organiques et de pes-
thallium, plomb, mercure, lithium, étain), à un ticides peut, sous certaines conditions, provo-
métalloïde, l'arsenic, à des pesticides (organo- quer le délire. La «démence manganique» a été
phosphorés, organochlorés, carbamates), à des observée sur des sujets exposés depuis
gaz (oxyde de carbone, disulfure de carbone, longtemps au manganèse, et le «syndrome du
oxyde d'éthylène, oxyde nitrique) et à des chapelier fou», bien connu, est une intoxication
708 ENVIRONNEMENT ET SANTÉ PUBLIQUE
Figure 27.2 Détérioration des fonctions nerveuses en lien avec l'exposition aux substances toxiques*
Changements cognitifs,
sensoriels, moteurs et Manifestations Maladies neurologiques
émotifs mesurables chez infra-cliniques et psychiatriques
des groupes exposés
*La taille des boîtes représente l'importance relative du nombre de personnes affectées.
Avec l'utilisation de tests sensibles de neu- plus d'enfants présentant des problèmes d'ap-
ropsychologie et de neurophysiologie, on peut prentissage et deux fois moins d'enfants sur-
observer des changements des fonctions doués (> 130 points de QI, [figure 27.31]) (Rice,
motrice, sensorielle et cognitive, sans qu'il y ait 1998).
de manifestation clinique apparente d'anomalie. Des études ont également montré des effets
En effet, au cours des 25 dernières années, des sur le neurodéveloppement. Ces effets ont été
recherches ont porté sur des changements neu- associés à l'exposition au méthylmercure
rocomportementaux associés à une exposition à (Grandjean et coll., 1999) et aux BPC (Jacobson
des substances neurotoxiques (Johnson et coll., et Jacobson, 1996; Walkowiak et coll., 2001).
1987; Mergler, 1999). Ces recherches utilisent Par ailleurs, une substance comme le manganèse
des mesures précises et validées pour comparer semble avoir davantage d'effets chez les person-
la performance à des épreuves chez des person- nes âgées (> 50 ans) (Mergler, 1999).
nes exposées et non exposées ou en lien avec La rapidité qui caractérise la progression des
l'exposition, et permettent de dresser un por- personnes le long du continuum dépend non
trait de l'atteinte dans une population exposée. seulement du degré d'exposition, mais aussi des
Le temps de réaction, la coordination entre la caractéristiques propres à la personne concernée
vue et l'ouïe, les mémoires immédiates, visuelle (constitution génétique, âge, mode de vie, autres
et auditive, l'attention et la vigilance, la dex- maladies, etc.). Par exemple, des études ont mon-
térité manuelle, le vocabulaire, la réorientation tré que la démence associée à l'alcoolisme est en-
de l'attention, la force de préhension, la vitesse viron cinq fois plus élevée chez des travailleurs
motrice, la fermeté des mains, l'humeur, la per- exposés aux solvants organiques (Cherry et coll.,
ception visuelle des couleurs, la sensibilité à des 1992). De plus, des facteurs sociaux peuvent égale-
contrastes visuels, la perception vibrotactile, ment influencer cette détérioration (pauvreté, mal-
l'ouïe et l'odorat, sont quelques-unes des nom- nutrition, discrimination, absence d'autonomie).
breuses fonctions pouvant être altérées par Souvent, ces facteurs n'agissent pas de façon
diverses substances neurotoxiques. Un orga- linéaire, mais en interaction les uns avec les autres.
nisme américain de surveillance des substances Par exemple, les personnes plus pauvres, sous-
toxiques et de leurs effets (Agency for Toxic alimentées et plus vulnérables devant la maladie
Substances and Disease Registry) propose une vivent aussi dans les zones où l'on relève le plus de
batterie de tests qui pourraient servir à évaluer pollution ou de déchets toxiques. Aux État-Unis,
les effets précoces de l'exposition aux substances l'enquête nationale sur la santé et la nutrition
neurotoxiques (ATSDR, 2000). (National Health and Nutrition Examination
Survey) a évalué le niveau sanguin de plomb chez
Même si les changements précoces ne
les enfants de ce pays; les enfants les plus exposés
présentent pas un problème de santé immédiat
étaient ceux qui vivaient dans de vieilles maisons,
pour des individus, ils peuvent néanmoins
au sein de groupes minoritaires et dans des familles
entraîner une diminution du bien-être et cons-
à faible revenu (Pirkle et coll., 1998).
tituer un important problème pour la popula-
tion comme en témoigne, par exemple, l'effet
du plomb sur le quotient intellectuel (QI) des Figure 27.3 Effet d'une baisse de cinq points du
enfants. Le niveau du plomb utilisé dans quotient intellectuel (Ql) sur la population
l'essence en Amérique du Nord avant qu'il ne
soit totalement banni (notons ici que plusieurs
pays en voie de développement l'utilisent
encore) a entraîné une exposition de l'ensemble
de la population, sans toutefois permettre l'ob-
servation de maladies spécifiques. Par ailleurs,
des études ont démontré des déficits des fonc-
tions du système nerveux se traduisant, entre
autres, par une baisse du QI, en lien avec le taux
sanguin de plomb chez les enfants (Finkelstein
et coll., 1998; Silbergeld, 1997). Une baisse de
cinq points du QI d'une population (< 70
Quotient intellectuel
points de QI) se reflète par environ deux fois Adapté de Rice (1998)
710 ENVIRONNEMENT ET SANTÉ PUBLIQUE
L'évaluation des effets précoces sur des popu- tain nombre de facteurs lorsqu'on évalue le dys-
lations exposées permet d'intervenir au niveau fonctionnement du système nerveux chez les
de l'environnement plutôt que d'attendre l'ap- personnes exposées. Plusieurs des fonctions
parition d'effets individuels. L'intervention en régressent avec l'âge et peuvent le faire de façon
amont de la maladie permet des économies non différente selon la culture des personnes, leur
seulement sur les coûts sanitaires, mais égale- niveau d'éducation et leur sexe. On peut com-
ment sur les coûts sociaux et individuels. parer les effets sur des groupes sociodémo-
graphiques semblables ou recourir aux métho-
5. CONCLUSION des statistiques d'ajustement. Il importe
cependant d'éviter certains écueils. Par exemple,
Le système nerveux est très complexe et possède des études ont démontré que, en ne tenant pas
des capacités importantes de plasticité permet- compte du facteur sexe, on peut parfois passer à
tant de compenser les atteintes pendant un cer- côté de l'exposition des femmes qui se fait sou-
tain temps. Les substances neurotoxiques peu- vent dans des conditions différentes de celles des
vent agir, entre autres, sur les neurotransmetteurs, hommes et attribuer ainsi des différences d'ef-
l'influx nerveux des neurones du cerveau ou des fets au sexe plutôt qu'aux conditions d'exposi-
nerfs périphériques, métabolisme des neurones tion (Mergler, 1995, 1999; Messing, 1998).
ou des cellules gliales. Des substances, comme Parmi les autres facteurs, soulignons l'ethnicité
certains métaux, peuvent s'accumuler dans des
(Bhopal et Donaldson, 1998) et la pauvreté
endroits spécifiques du cerveau.
(Pirkle et coll., 1998). Il convient donc de bien
À cause de cette complexité, et pour bien connaître les conditions d'exposition des popu-
comprendre le lien entre l'exposition à des sub- lations si l'on veut bien comprendre leurs effets
stances chimiques et le fonctionnement du sys- sur le système nerveux.
tème nerveux, on s'appuie sur des études ani-
males de nature mécanistique, des recherches Parmi les questions d'actualité en neurotoxi-
sur les effets précoces dans les populations cologie, soulignons les effets des substances toxi-
exposées, même à des niveaux relativement bas, ques sur les liens entre les systèmes nerveux et
et des études neuro-épidémiologiques sur les endocrinien, le rôle de la susceptibilité géné-
maladies neurodégénératives. L'ensemble de ces tique, les dimensions physique et sociale, la con-
études permettra de mieux élucider les effets tribution des substances toxiques aux problèmes
spécifiques à chacune des substances toxiques, de développement et de comportement chez les
ainsi qu'à des mélanges de substances. enfants et sur le processus de vieillissement,
Pour dresser un portrait de l'exposition aux ainsi que les effets cumulés et synergiques possi-
substances toxiques et des effets de celles-ci sur bles de l'exposition à de faibles niveaux de con-
une population, il faut tenir compte d'un cer- taminants multiples.
SYSTÈME NERVEUX 711
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