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MEMOIRE - Mariam Keita - UAS

LA RESPONSABILITÉ DU BANQUIER

Transféré par

Soule Gandega
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LA RESPONSABILITÉ DU BANQUIER

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THEME :

LA RESPONSABILITÉ DU BANQUIER

------------------------------------------------------------------

Présenté et Soutenu par


KEITA MARIAM

Pour l’obtention du Diplôme de Master II en Droit

Option : Droit Privé

Directeur de mémoire : MAMADOU MOUKORO

Promotion:[2018/2019] Date de Soutenance :


Sommaire

DEDICACE I ................................................................................................................................... II
REMERCIEMENTS : .................................................................................................................... III
INTRODUCTION GÉNÉRALE ........................................................................................................... 4
PREMIERE PARTIE ..................................................................................................... 6
LES CAUSES DE RESPONSABILITÉ CIVILE ......................................................................................... 6
ET PÉNALE DES PRÉPOSÉS DE BANQUE .......................................................................................... 6
CHAPITRE 1 : Les Causes De Responsabilité Civile Des Préposés De Banque .................................... 8
CHAPITRE 2 : Les Causes De Responsabilité Pénale ...................................................................... 22
DEUXIEME PARTIE ...................................................................................................................... 32
LA MISE EN ŒUVRE DE LA RESPONSABILITE DU PREPOSE DE BANQUE ......................................... 32
CHAPITRE 1 : La saisine des juridictions ....................................................................................... 34
CHAPITRE 2 : La réparation des responsabilités ........................................................................... 42
CONCLUSION .............................................................................................................................. 51
BIBLIOGRAPHIE .......................................................................................................................... 52

I
DEDICACE I
Je dédié ce mémoire à mes parents qui m’ont soutenu durant mon parcours scolaire.

II
REMERCIEMENTS :

Je transmets mes remerciements débordants à toute ma famille, particulièrement à


mes parents et à mon cher et tendre époux a, qui m'ont toujours encourage .

Je remercie également les personnes ressources qui sans lesquelles ce travail


n'aboutirait ,il s'agit de mon Directeur de Memoire M. MOUKORD et tous les
personnels de rUniversité Africaine Des Sciences ( UAS ) .

III
INTRODUCTION GÉNÉRALE

Les sources de la responsabilité sont diverses. Elles peuvent résulter de l’exécution


ou de l’inexécution d’une convention, d’un quasi-contrat, de l’omission ou encore la
commission d’une faute civile et d’une infraction pénale.
Le rattachement du fait incriminé à son auteur par rapport à une précision législative
suppose l’imputabilité dont la fixation des contours n’est pas toujours aisée.
Le régime général des obligations du Mali pose le principe de la responsabilité du fait
d’autrui, dans des termes on ne peut plus clairs en disposant à travers son article
140 : « On est responsable non seulement du dommage que l’on cause par son
propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit
répondre. »
Et à travers son article 144 : « les commettants répondent des dommages causés
par une personne soumise à leur autorité, lorsque celle-ci encourt dans l’exercice de
ses fonctions une responsabilité à l’égard d’autrui.
Les personnes agissant pour le compte d’une personne morale engagent dans les
mêmes conditions la responsabilité de celle-ci.»
Ainsi, les rapports de commettant à préposé se caractérisent par un lien de
subordination permettant au premier de donner au second des instructions et des
ordres.
Les rapports vont exister en général à la suite d’un contrat qui a été de type bancaire
engageant ainsi le préposé de « banque » face au banquier « commettant ».
Il faut dire aussi que depuis la grande crise des années 1930, la principale
préoccupation en matière de banque a été de réglementer l’activité bancaire en vue
de protéger les clients contre la gestion imprudente des banques, d’où la
responsabilité soit du banquier, soit du préposé civilement ou pénalement selon les
fautes commises.
Qu’entendons-nous par préposé ?
Telle est la première question qui nous vient à l’esprit. Le lexique des termes
juridiques nous donnes la réponse à cette question, en définissant le préposé
comme étant : « Une personne qui agit sous la direction d’une autre personne,
appelée commettant ».
"Le préposé de banque", qui constitue ici pour une grande part, l’objet de notre étude
engage d’abord sa responsabilité civile selon l’article 113 du régime général des
obligations du Mali qui dispose que : « La responsabilité emporte obligation, de
réparer le préjudice résultant soit de l’inexécution d’un contrat soit de la violation du
devoir général de ne causer aucun dommage à autrui. » aussi, le préposé dans
l’exercice de ses fonctions lorsqu’il commet une faute portant préjudice doit
civilement être responsabilisé. Cela engage également la responsabilité du banquier
commettant auquel il est subordonné. Ici s’applique la théorie de l’article 1384 du
code civil français qui dispose que : « On est responsable non seulement du
dommage que l’on cause par son propre fait mais encore de celui qui est causé par
le fait des personnes dont on doit répondre ou des choses que l’on a sous sa
garde. »

La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


4
Cela veut dire, en quelque sorte que la responsabilité civile du banquier commettant
peut être engagée aussi en cas de faute de son préposé.
Le préposé d’une part, peut engager sa responsabilité pénale de façon personnelle
en commettant un délit punissable par le code pénal.
Le code pénal malien dans son article 2 punit toute personne ayant commis un délit
dans les cas déterminés par une disposition spéciale de la loi.
Les peines applicables aux délits sont prévues à l’article 5 du code pénal malien.
La cour de cassation française affirme en effet dans un arrêt, que la responsabilité
pénale ne peut résulter que :
« d’un fait personnel, d’où le principe de la personnalité des Peines. » qui consiste en
l’incrimination des faits susceptibles de troubler l’ordre public tout en prévoyant les
peines qui sont applicables aux individus jugés responsables de ces faits délictueux
appelés "infractions" (1).
Cependant, il est quand même nécessaire de signaler que malgré la rigueur du
principe de la personnalité des peines, des banquiers ont été attraits devant des
juridictions répressives pour subir des peines en raison, d’un fait commis par leurs
préposés.
Notre étude portera dans une première partie sur l’examen des causes de
responsabilité civile et pénale.
Et dans une seconde partie, nous ferons l’analyse juridique de la responsabilité civil
et pénale, à travers les sanctions.

_______________________________________________

1. RTD, commercial 1995-170 et D 1995 JP 621

La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


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PREMIERE PARTIE

LES CAUSES DE RESPONSABILITÉ CIVILE


ET PÉNALE DES PRÉPOSÉS DE BANQUE

La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


6
L’application des règles de droit commun régissant la responsabilité civil du banquier
commettant, implique de prendre en compte la particularité de l’établissement de
crédit et de ce genre d’activité professionnelle. Sur le plan technique, la banque est
une activité ne pouvant être exercée que par les personnes morales (S.A.) (1).

Le client, dans ce cas, selon l’importance de l’affaire pourrait être amené à contracter
soit avec des préposés de niveau assez élevé, soit avec les banquiers (dirigeants
sociaux).

Le statut légal de la banque, c'est-à-dire son organigramme et sa taille joue un rôle


important dans la répartition des compétences à un préposé ou à plusieurs préposés
à la fois.

Certaines décisions, pourront relever de « l’autorisation d’un comité technique ou


relever directement du feu vert des membres du Conseil d’Administration ou des
gérants » (2).

La pluralité des organigrammes bancaires inspirés par des impératifs de souplesse,


de gestion et de vérification, appelle et engage en droit une appréciation différente
selon les cas : De la responsabilité civile et pénale des intervenants à une opération
bancaire illicite et portant préjudice aux tiers.

Ainsi, nous allons, dans un chapitre premier analyser les causes de responsabilité
civile du préposé de banque et dans un second chapitre les causes de sa
responsabilité pénale.

_________________________________________
1. Rive-langue, jean Louis << droit bancaire>> Paris, 5° Edition, Dalloz, 1990.
2. Christian Gavalda, << La responsabilité civile et pénale des préposés de banque>>, paris Edition 1978.

La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


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CHAPITRE 1 : Les Causes De Responsabilité Civile Des Préposés
De Banque

La notion de préposé suppose un lien de subordination. En effet, le banquier


commettant est responsable de ses préposés parce que celui qui commande ou
dirige, est assez naturellement responsable de ses subordonnés.
Contrairement à celle des parents et celle de l’artisan, la responsabilité du
commettant ne repose pas sur la faute présumée mais sur le risque : dès lors qu’il
tire profit de l’activité de ses salariés, il doit en supporter les risques.
Cette responsabilité basée sur le risque a pour fondement la présomption. A cet
égard, la victime n’aura pas à prouver la responsabilité du commettant et celui-ci ne
pourra pas s’en exonérer en démontrant qu’il n’a pas commis de faute, aucune faute
de sa part n’étant présumée.
Cependant, cette notion de responsabilité par rapport à la responsabilité des
commettants a connu une certaine évolution jurisprudentielle.
A une certaine époque, les présomptions de faute étaient notamment la faute
présumée commise dans le choix du préposé ; c’est pourquoi la jurisprudence fut
alors conduite à décider qu’une personne n’était pas responsable de ceux qui
travaillaient si elle ne les avait pas choisis ; mais cette condition du libre choix a été
abandonnée au profit du rapport d’autorité ou de subordination : « Quand on
commande, on n’est pas responsable ».
Ce qui remet en cause la responsabilité civile du préposé lui-même.
La responsabilité civile concerne deux éléments : d’une part le fait dommageable
imputable à ce dernier et d’autre part le lien unissant le banquier et son préposé ;
d’où :
La responsabilité civile du préposé engagée dans l’exercice de ses fonctions et la
responsabilité civile du banquier du fait du préposé fautif.

La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


8
SECTION I : La responsabilité civile du préposé engagée dans
l’exercice de ses fonctions

L’idée générale de l’article 144 du RGO et de l’article 1384 du code civil est que
chacun doit répondre des dommages causés aux tiers par les personnes qu’il
emploie à son service. Aussi, serions-nous tentés dans une première hypothèse
d’imputer au commettant les faits dommageables accomplis par son préposé.
Seulement, ces faits, pour engager la responsabilité du commettant doivent revêtir
les caractères juridiques d’une faute et ils doivent en outre avoir été accomplis dans
l’exercice des fonctions auxquelles le préposé est employé.
Pour ce qui est des caractères juridiques, la responsabilité du commettant est
accessoire et suppose donc une responsabilité principale à la charge du préposé.
C’est dire qu’il faut d’abord vérifier en la personne de celui-ci, toutes les conditions
d’application de l’article 140 du régime général des obligations et de l’article 1382 du
code civil ; si une faute de justification ou de non imputabilité (1) supprime ou
atténue-la faute du préposé, le commettant en profite.
En ce qui concerne les faits accomplis dans l’exercice de ses fonctions, il est des cas
où, incontestablement, le préposé est dans l’exercice de ses fonctions et dans
d’autres où il est en dehors de ses fonctions (faute commise par le préposé lors de
ses congés payés)
Pendant longtemps, les juridictions pénales saisies par la voie de l’action civile,
avaient semblé considérer qu’abréger de ses foncions, c’était encore en user, tandis
que les tribunaux civils avaient plutôt pour maxime que les fonctions cessent là où
l’abus commence. Peu à peu cependant, des arrêts successifs de l’assemblée
plénière en dernier lieu (2) ont mis au point une formule complexe, sauf à en tirer,
d’un cas à l’autre des conclusions opposées selon lesquelles les dispositions de
l’article 1384 alinéa 5 du code civil ne s’appliquent pas au commettant lorsque le
dommage a été causé par un préposé qui :
 Agissant sans autorisation ;
 A des fins étrangères à ses attributions ;
 S’est placé hors des fonctions auxquelles il était employé
On peut accepter chacun de ses éléments abstraits ; mais on peut aussi s’en
détacher pour essayer des critères plus concerts comme le temps et le lieu car si le
fait dommageable a été accompli au lieu du service, on peut présumer qu’il a été
accompli dans l’exercice des fonctions.
 Le but et l’intérêt : car un acte peut être considéré comme un acte de fonction
s’il a été inspiré par l’intérêt du commettant : par exemple un employé qui
dénigre calomnieusement un concurrent de son patron et à l’inverse comme
un acte étranger à la fonction s’il doit servir un intérêt purement personnel au
préposé par exemple un employé de banque qui, agissant pour son compte
fait avec des clients de l’établissement des opérations spéculatives que ses
supérieurs n’accepteraient pas de faire.
_________________________________________
1. Il s’agit, des cas de force majeure ou faute de la victime
2. Celui du 19 mai 1988, page 513

La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


9
Pour ce qui est de la victime, elle dispose de deux actions : l’une contre le préposé
en vertu de l’article 140 du régime général des obligations (1) et l’autre contre le
commettant, en vertu de l’article 144 du régime général des obligations (2).
Ces deux coresponsables sont liés par une obligation in solidium. Mais le préposé
est le responsable principal. Par exemple, tout en tenant compte du secret bancaire,
nous citerons le cas de la banque x de Bamako, où un client SP remet au guichetier
AT, un chéquier totalement signé à blanc. Le guichetier AT a fait sortir plus d’argent
que ne l’aurait souhaité le client.
Le banquier, n’a pas été responsable principalement de son préposé qui lui a été
reconnu coupable d’abus de confiance.
Le commettant n’est qu’un responsable accessoire, un garant de la responsabilité
d’autrui. C’est pourquoi à l’action de la victime contre le commettant, peut faire suite
un recours du commettant contre le préposé.
Pour nous rapprocher de notre sujet en rapport avec la banque, il est rare qu’une
opération soit conclue directement entre le chef de l’entreprise de crédit, c'est-à-dire
le Président Directeur Général de la société de banque et le client.
Aussi, l’intervention d’un ou de plusieurs préposés étant la règle s’avère nécessaire.
Sa responsabilité apparaît aussitôt comme éventuellement diluée.
Dans la perspective de la protection du client, nous insisterons dans la présente
partie sur l’éventuelle responsabilité du préposé pris à titre personnel.

Paragraphe 1 : La Responsabilité Contractuelle De La Banque Engagée Par Ses


Préposes
La personne morale, la banque, ne peut que contracter par ses représentants. Mais
d’abord, qu’entendons-nous déjà par personne morale ?
Selon la doctrine (3), les personnes morales sont des groupements ou des
établissements organisés en vue d’un intérêt spécial, généralement un intérêt
collectif. Le groupement ou établissement est en tant que tel, un sujet de droit, c'est-
à-dire une personne au sens juridique, distinct des individus qui le composent et qui
le font fonctionner. La personne morale a une individualité attestée par son nom, son
domicile ou siège social et sa nationalité. La personne morale est sujet de droit. Elle
a un patrimoine géré par l’intermédiaire de ses organes ; elle peut agir en justice, elle
a certains droits de la personnalité comme le droit au nom, le droit à l’honneur, au
secret de la correspondance… cependant, elle n’est absolument pas identique à la
personnalité des êtres humains.

1. Article 140 du GRO : « On est responsable non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait, mais encore
de celui qui est accusé par le fait des personnes dont on doit répondre. »

2. Article 144 du GRO : « Les commettants répondent des dommages causés par une personne soumise à leur autorité,
lorsque celle-ci encourt dans l’exercice de ses fonctions une responsabilité à l’égard d’autrui.
Les personnes agissant pour le compte d’une personne morale engagent dans les mêmes conditions la responsabilité de
celle-ci
3. Pierre VOIRIN, « MANUEL DE DROIT CIVIL », Paris, 24 eme éditions par Gilles Goubeaux, LGDJ
Aussi, si pour les personnes physiques la capacité est la règle et l’incapacité l’exception, il en va différemment pour les
personnes morales dont la capacité est strictement circonscrite. L’aptitude des personnes morales à être titulaire de droit est
limitée par le principe de la spécialité des personnes morales.

La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


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En outre, toutes les catégories de personnes morales n’ont pas la même capacité de
jouissance. Le principe de la spécialité des personnes morales leur interdit toutes
opérations juridiques étrangères à leur objet, tel qu’il est défini par la loi et les statuts.
Aussi, les personnes morales dépourvues d’existence corporelle ne peuvent exercer
leur droit que par l’intermédiaire de personnes physique agissant en leur nom et pour
leur compte, au sein d’organes dont les modalités de désignation et de
fonctionnement sont fixées par la loi et les statuts. Ainsi, nous comprendrons mieux
pourquoi la "personne morale, banque" est amenée à ne contracter que par le biais
de ses représentants. Les dirigeants sociaux sont considérés aujourd’hui plus
comme des organes de la société que comme ses mandataires. Ils engagent donc
contractuellement ou quasi-contractuellement leur société. Eu égard à la structure
complexe des grandes banques, circonstance de plus en plus fréquente avec la
concentration bancaire, les dirigeants sociaux donnent, selon le cas, délégation de
compétence aux directions d’agence (guichets)ou retiennent par certaines opérations
le pouvoir de traiter ou le subordonnent à certaines autorisations préalables. La
délégation de signature est une forme de cette attribution nécessaire de compétence
de certaines tâches comme par exemple : les paiements, les délivrances de caution
ou aval, etc.
L’utilisation de la signature par « griffe » permet aussi de simplifier l’exécution de
certaines de ces délégations. Il est remarquable que le législateur qui a prévu cette
faculté fulmine des sanctions pénales contre celui qui apposerait ou tenterait
d’apposer frauduleusement, une signature au moyen d’un procédé non manuscrit.
L’abus de blanc seing peut aussi être retenu contre celui qui, abusant d’un blanc
seing écrit frauduleusement, au dessus d’une obligation… ou, tout autre acte
pouvant compromettre la personne ou la fortune d’autrui…Au sein de l’entreprise,
des pouvoir plus ou moins étendus sont répartis entre divers cadres comme par
exemple les directeurs généraux, les adjoints, les directeurs d’Agence et les fondés
de pouvoir. En droit, l’opposition se fait entre dirigeants sociaux, organes légaux de
la société (1) et les salariés qui sont, quelque soit leur rang hiérarchique des
préposés. Nous n’examinerons pas ici l’hypothèse inverse de l’imprudence bancaire
consistant à traiter avec un représentant apparent sans préposé, qui aurait commis
une faute professionnelle. Une procuration peut attribuer des pouvoirs limités à une
série de cadres plus ou moins supérieur.
A son tour, un directeur d’agence investi par une telle procuration peut déléguer
certaines tâches a tel ou tel de ses collaborateurs la fonction et donc la compétence
peuvent résulter de l’usage et du poste : caissier une liste de «signatures
autorisées» est moins souvent aujourd’hui adressée aux clients importants. Ce
document ne procure pas toujours au destinateur les limites exactes du pouvoir
conféré et l’étendue du mandat au cadre bancaire (2).

_______________________________________________________

1. Les dirigeants sociaux des banques voient parfois leur responsabilité pénale recherchée. Sur le plan civil, ils sont surtout
recherchés à titre personnel en cas d’immixtion dans la gestion dans la gestion de la société cliente reconnus dirigeant, de droit
ou de fait, ils peuvent être condamnés à combler le passif social (Article 99, loi du 13 juillet 1967).Leur immixtion, dans la
gestion de la société cliente peut faire aussi considérer leur banque (société) comme dirigeante de fait ou de droit de
l’entreprise client fallie.
Leur passivité peut à cet égard être considérée à la limite comme un ‘’abandon de fait’’ de leur pouvoir aux cadres (Montpellier,
Première chambre, 16 Février 1978).
2. Escarra et Rault, principe de droit commercial IV, N°259

La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


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La variété et le caractère complexe de cette organisation et de cette répartition des
pouvoirs entre les divers agents de l’entreprise bancaire peuvent être la source de
bien des confusions.
En se posant la question de savoir si un préposé sans commettre de faute à l’égard
du client outrepasse ses pouvoirs, nous répondrons à cela que pour vérifier la validité
de l’engagement contractuel de la banque, il y aura donc lieu d’examiner si le contrat
a bien été conclu par un "représentant habilité".
S’il s’agit d’un dirigeant social, la sécurité des tiers sera considérablement renforcée.
S’il s’agit d’un salarié mandaté pour accomplir certaines opérations, la théorie de
l’apparence pourrait jouer au profit du client.
Mais avant d’aller plus loin qu’entendons-nous par mandater ou tout simplement par
la théorie du mandat ?
Pour ce qui est des opérations de caisse, le préposé en plus d’être dépositaire est
aussi mandataire suite aux mandats que lui confient ses clients.
En tant que mandataires, le préposé et son commettant sont responsables vis à vis
du client, en ce qui concerne l’exécution correcte du mandat et le compte rendu du
résultat.
Selon le code civil français, dans son article 1992, la première obligation ici est une
obligation de moyen. Mais contrairement au mandat gratuit dans lequel le mandataire
ne doit apporter aux affaires du mandant que la diligence dont il fait preuve dans ses
affaires, le banquier serait un mandataire salarié vu sous l’angle du bon père de
famille ; donc l’appréciation de sa faute d’une certaine façon, pourrait engager sa
responsabilité.
Il y a lieu de rappeler que lorsque le banquier confie une tâche qui lui est dur, à l’un
de ses préposés, nous assistons à l’application des règles du mandat substitut. Ainsi,
en premier lieu, le banquier serait considéré comme responsable des fautes du
préposé et en second lieu, le préposé mandataire sera directement responsable
devant le mandant.
Enfin, il n’est pas évident de se prononcer de manière déterminée, sur les obligations
incombant au préposé, dans l’exercice des mandats qu’on lui confie, car l’objet de tel
mandat est fort diversifié.
La difficulté ici prend de l’ampleur car souvent il agit en sa double qualité de
dépositaire et de mandataire. Ses obligations découlant et du dépôt et du mandat
aussi, il devient parfois compliqué de faire ressortir, ce qui est propre au mandat et
ce qui est propre au dépôt
Nous ajouterons à ce petit récapitulatif sur le mandat que la responsabilité quasi-
contractuelle de la banque pourrait être engagée par le comportement d’un préposé
qui se serait présenté, comme ayant les pouvoirs nécessaires (1).
Si le préposé titulaire apparent du pouvoir de traiter a par exemple autorisé un crédit
excédant sa compétence et que bénéficiaire a déjà utilisé ledit crédit, on conçoit mal
la portée d’un refus de ratification de la banque, qui sera obligée de demander le
remboursement du crédit.
La question est plus délicate en cas de promesse de crédit ou de caution accordée
par un agent excédant ses pouvoirs, mais qui n’aurait pas encore été exécutée

La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


12
Si la banque ratifie l’opération, il n’y aura aucun problème. Les raisons d’agir ainsi ne
manquent pas dans la vie des affaires. La ratification implicite peut, à vrai dire, poser
de difficiles questions de preuve.
Mais que se passera t-il en cas de refus de ratifier s’il y a eu dépassement de
pouvoir ?
L’article 1998 du code civil, trouve bien entendu application en principe. Selon cet
article « le mandant est tenu d’exécuter les engagements contractés par le
mandataire, conformément au pouvoir qui a été donné.
Il n’est tenu de ce qui a pu être fait au-delà qu’autant qu’il l’a ratifié expressément ou
tacitement ».Un très curieux arrêt, de la Cour d’Appel de Lyon du 2 Juin 1976 fournit
un exemple de cautionnement illimité délivré par un gérant de bureau de banque qui
cumulait ses fonctions, avec celle de gérant d’une société à une responsabilité limité
(SARL) ; il avait sur papier à en-tête de sa banque, donné à une autre société
étrangère un cautionnement illimité en somme et en durée.
La cour, pour invalider la caution, déclare que la croyance que pouvait avoir la
société étrangère en la validité de cette caution « n’était pas légitime et que les
circonstances de l’espèce ne la dispensaient pas de vérifié des pouvoirs de l’auteur
de cet engagement ».
La même juridiction rejette une autre branche de la demande fondée sur la qualité de
la banque de « commettant du gérant », (art 1384, aliéna 5, code civil). Pour motiver
son refus d’admettre la responsabilité de la banque de ce chef, la cour de Lyon note
que le sieur X gérant avait agi « en dehors de ses fonctions à des fins étrangères à
celles-ci et dans des circonstances de fait telles que la société (bénéficiaire) aurait dû
savoir qu’il n’avait pas pouvoir d’engager la banque » (1).Cependant l’apparence
quelqu’en soit le fondement c'est-à-dire la faute, le risque, le cautionnement légal, la
garantie, peut lier la banque. Il faut cependant que la victime puisse invoquer une
apparence de rapport de préposition de bonne foi. Cette apparence peut, selon
certains auteurs, concerner la qualité du banquier commettant. Ce dernier, ne
répondait pas d’une personne avec qui il n’avait aucun lien. L’apparence, ne peut
donc couvrir que le dépassement de fonctions et non l’absence total de fonction.
Cette situation sera sans doute très marginale.
Les clients, ne sont toutefois protégés que s’ils sont de bonne foi et que la preuve
d’une faute du préposé est établie. Cette bonne foi disparaît s’il y a eu concert
frauduleux du tiers et du préposé mandataire incompétent. La qualité d’initié du tiers
peut aussi le constituer de mauvaises fois, initiées si le client s’avère lui-même un
financier avertit. L’imprudence du client atténuerait la responsabilité du banquier ; il
en irait ainsi si le caractère exorbitant de l’opération litigieuse ne pouvait échapper
même à client profane.
Si la qualité du préposé et son domaine de compétence ne sont pas discutés, la
responsabilité de la banque, sera recherchée au fond ; les tribunaux examinent si
l’obligation souscrite par la banque, a été exécuté comme prévu; on se bornera à
relever une faute de conduite du banque. C’est à dire un mauvais fonctionnement de
l’entreprise bancaire sans identifier l’auteur matériel de la faute(2).
__________________________________________
1. Rodière et Rive-Lange, << Droit bancaire >> N°84, P 80 ; on a même tenté d’engager la responsabilité contractuelle d’une
banque du fait de la présence de ses commis à une AG de la société où les PV mentionnait un octroi de crédit. L’immixtion du
banquier dans les affaires de ses clients, notamment des sociétés, pose depuis quelques temps des problèmes de plus en plus
aigus

13 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
Paragraphe 2 : Responsabilité délictuelle de la banque engagée par ses
préposés
L’agissement délictuel ou quasi-délictuel de la banque sera moins fréquent. Les
actions en responsabilité de ce type sont, cependant depuis quelques années, on l’a
vu, moins rares. Ici encore, le préjudice, peut découler directement d’une décision ou
d’un acte préjudiciable des dirigeants sociaux eux-mêmes, mais se rattachent à un
fait illicite des préposés. L’article 144 du régime général des obligations et article
1384 aliéna 5 du code civil rendent le banquier commettant
Ponsable (1) « du dommage causé par leurs préposés dans les fonctions auxquelles
ils les ont employés ». L’application de ces textes est profondément marquée par les
caractères propres, de la profession bancaire.
Il convient pourtant en principe, de transposer à cette situation les directives
jurisprudentielles peu à peu élaborées.
La question d’imputabilité surgit pratiquement quand le fait dommageable reproché
au préposé, ne se situe pas tout à fait dans le cadre de son activité dans l’entreprise.
Par hypothèse, on se trouve dans des situations marginales mais trop souvent
réalisées. Il arrive bien entendu, que la banque ne discute pas avoir été représentée
par son préposé agissant mal dans le cadre de ses fonctions. Ainsi, une banque,
répondrait-elle de la faute de son préposé, qui n’aurait pas recueilli la signature du
bénéficiaire d’une procuration pour faire fonctionner un compte (2).
Sauf si la responsabilité directe de la banque peut être établie, il convient outre
générateur de responsabilité. La victime, pourrait, du reste s’adresser de préférence,
directement au seul préposé pris à titre personnel si elle l’estimait solvable (3).
Ce fait peut être constitutif à la fois d’une simple faute civile et d’une faute pénale il y
a donc lieu de souligner que le caractère intentionnel de la faute du salarié
n’empêche pas la garantie du commettant de jouer. La politique de réparation de
dommage est favorisée par la jurisprudence de la chambre criminelle française. On
ajoutera que, l’entreprise bancaire est la mieux placée pour s’assurer. Le lien entre le
banquier et l’auteur de la faute dommageable, c'est-à-dire le préposé coupable, est
relativement aisé à démontrer.
La constatation expresse d’un lien de subordination est cependant obligatoire. Il doit
s’agir d’un préposé lié par un contrat de travail impliquant subordination à la banque.
On pourrait donc hésiter pour certains auxiliaires de banque disposant d’une certaine
indépendance. Il est ainsi des démarcheurs et remiseurs ; hésitations auxquelles le
législateur français a mis fin en ce qui concerne les démarcheurs dont le banquier est
déclaré pleinement responsable.
Il faut, en dehors de ce cas spécial, que le banquier ait pu donner des ordres. Cela
résultera donc le plus souvent d’un contrat de travail.
_______________________________________________
1. Christian Gavalda et Jean Stoufflet << Droit bancaire : Institution- Compte- opération-service >> ; paris Litec, 3e édition,
1997
2. Gavalda et Stoufflet ; << Traité de droit bancaire >> N°326, page 416

3. L’article 11 de la loi française du 2 Janvier 1972, réglementant le démarchage, précise que les banques en tant que maîtres
et commettants sont civilement responsables de leurs démarcheurs
4. Cassation civile, 2è Chambre, 1er Octobre 1975, bulletin civil N°235 ; Revue trimestrielle, Droit commercial, 1976, page 835,
Cabrillac et Rivis Lange.
5. En pratique, la victime engagera une action contre le préposé personnellement sur la base de l’article 1382 du code civil
français et une action contre son commettant sur la base de l’article 1384, Alinéa 5, du code civil français
6. La société de service transportant le courrier bancaire en contravention avec le monopole du service public, serait passible
personnellement de la poursuite pénale, mais ne serait pas au sens de l’article 1384, Alinéa 5 du code civil français.

14 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
La dépendance doit être juridique. Un sous-traitant ne serait pas assimilable (4) ; il
n’y aurait qu’une faute éventuelle de mauvaise choix
De même, le mandataire ne répond que d’une erreur de choix du sous-mandataire.
Un stagiaire serait en revanche à considérer comme sous la dépendance du
banquier.
Mais qu’adviendrait-il dans ce cas du personnel intérimaire loué à une société de
services spécialisées (1) ?
La clef de l’interprétation des cas incertains est fournie par la notion d’apparence. La
jurisprudence y attache une importance considérable. La responsabilité bancaire
serait engagée dès lors que le public aurait pu être induit en erreur et supposer que
la personne avec laquelle il traitait se trouvait bien sous la dépendance du banquier ;
bien qu’elle fut en réalité autonome.
La circonstance, que le préposé, auteur du préjudice, a agi hors lieux de la banque,
n’est pas déterminante ; le démarcheur n’a t-ile pas vocation à agir à l’extérieur ?
C’est aborder le lien entre le fait reprochable et le service bancaire.
 Rapport entre le fait du préposé et la banque
Le fait illicite du préposé doit, en effet, aussi se rattacher suffisamment à l’exercice
de ses fonctions. Cette relation doit être étroite. C’est le cas d’un responsable y d’une
banque X de Bamako, qui a accordé plus de crédit à un client totalement en
dépassement de ses pouvoirs.
Le caissier BC, chargé de faire passer les chèques s’est simplement contenté de
vérifier la présence des visas.
Est-ce le directeur d’agence ou le caissier qui sera reconnu faut ?
Dans le présent cas, c’est le premier préposé ; c’est le directeur d’agence qui était
chargé de viser qui est tenu responsable puis qu’il était en dépassement de pouvoir.
Le banquier, ne serait pas responsable du hold-up commis un jour non ouvrable par
un de ses préposés. A supposer qu’il n’ait rien utilisé en provenance de la banque. Si
l’acte délictueux a eu lieu tout à fait en dehors des fonctions, le banquier est bien
entendu totalement à l’écart des activités extra-bancaires de son préposé. Donc
l’acte est détachable du service.
Mais que se passerait-il en cas d’abus de fonction ?
Il en est ainsi, si l’acte ne rentrait pas dans les tâches confiées au préposé, mais s’y
reliait par un élément ou une circonstance. Le chauffeur de la banque fait un détour
avec la camionnette (2), le chef du service des titres spécule avec les titres des
clients de sa banque.
Les tribunaux n’ont pas, devant cette situation équivoque, laissé le commettant faire
état de sa défense expresse d’accomplir ce type d’activité.

______________________________________________
1. Une entreprise de travail temporaire est civilement responsable de son préposé ([Link].29 Novembre
1973. Bull. crim. N°447. Comp cass. Crim. 10 Mai 1976, Dalloz, 1976, IR, P 182)
2. L’assemblée plénière depuis le 10 Juin 1977 (Dalloz, 1977, J. 465 note Larroumée) a statué sur un tel schéma
et exonéré le patron si le chauffeur avait utilisé sans autorisation et à des fins personnelles, le véhicule à lui
confié pour l’exercice de ses fonctions

15 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
Ils ont refusé en l’occurrence d’admettre le dépassement de fonction et d’exonérer la
banque de sa garantie due en vertu de l’article 144 du régime général des
obligations.
Ici, le critère dominant, est l’ignorance éventuelle du client, qui n’a pu savoir si le
préposé agissait dans le cadre de ses attributions ou s’il agissait à titre personnel ;
autrement dit la victime a-t-elle su ou ne pouvait-elle ne pas savoir qu’elle traitait
avec le préposé personnellement ?
Divers paramètres objectifs, permettent d’échapper en l’occurrence à une recherche
purement psychologique d’intention du client.
Comment saisir en effet, son intime conviction ? Aucun critère matériel n’est alors
décisif. Mais la réunion de plusieurs d’entre eux caractérisera la nature de l’action
personnelle ou professionnelle du préposé. Une fois de plus l’apparence domine
dans des relations commerciales. La bonne foi présumée du client victime résisterait
moins à la preuve contraire s’il s’agissait d’un initié averti des pratiques et usages de
la banque. Il vaut la peine de citer diverses circonstances révélatrices de la
connaissance du client du caractère personnel des agissements du préposé ou du
caractère extra-professionnel de l’activité du préposé.
Le profit retiré ou non de l’agissement du préposé par la banque, pourra servir
parfois à caractériser le rattachement de son activité à son service bancaire.
 De même, les liens d’amitié du chef d’agence et du lien circonvenus par un
préposé ou les encouragements à traiter du chef d’agence rattacheront-ils
l’activité délictuelle aux fonctions, a fortiori, si l’employé a des liens d’alliance
avec le préposé, par exemple des liens de concubinage.
 Il n’est pas indifférent, en effet, que « par son intervention directe la direction
de la banque, au courant de l’évolution financière du compte ait engagé le
notaire détenteur des fonds à en effectuer le dépôt entre ses mains ».
Les tractations, dans les locaux de la banque ne suffisent pas à elles seules à
constituer un rattachement au service (1).
Et l’utilisation de papier à en-tête de la banque, ou du titre exact du préposé ne sont
pas non plus nécessairement révélateurs.
 L’emploi de certains moyens de la banque n’est pas davantage susceptible
d’emporter à lui seul la conviction d’un acte relié au service.
 La commission d’agissement par un préposé avec l’assistance des autres
employés de l’agence pendant les heures de fonctionnement de celle-ci entre
dans le service et engage la garantie de la banque commettante.
 La crainte de faire perdre un gros client à sa banque n’atteste que l’infraction a
un lien avec les fonctions.

_________________________________________
1. A contrario le fait pour le préposé d’avoir quitté la banque au moment où il a conclu les affaires litigeuses, est un indice décisif
pour faire admettre qu’il n’était plus au service de la banque (trib. Com. Seine, 19 Mars 1962). Le lien avec la banque est
difficile à établir s’il de l’activité d’un ancien directeur ou cadre, voire un directeur « honoraire »

16 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
D’autres critères peuvent laisser supposer que le client n’est pas induit en erreur
et n’ignore pas que le préposé de la banque agit à titre personnel. L’octroi de taux
d’intérêt inhabituel ou des garanties insolites, comme des chèques non datés sur
le compte personnel du préposé, rompt le lien avec le service.
L’absence de tout reçu et d’inscription de l’opération au compte courant du client
par exemple, conclue par le client avec un agent est un indice fréquent du
caractère personnel des relations. A contrario, l’inscription dans les livres de la
banque justifie a priori l’application aux banques de l’article 1384, alinéa 5 du
code civil et l’article 144 du régime général des obligations.
Les conditions anormales de l’opération sont aussi un critère.
Diverses circonstances sont relevées : la victime a conclu les actes litigieux dans
une agence où avait été nommé le cadre compréhensif sans lien avec son
domicile et son compte habituel.
L’inobservation convenue entre le préposé et le client victime des formalités
fiscales requises normalement par l’opération litigieuse pourra être un indice de la
conscience par le client de l’irrégularité de l’activité du préposé dont-il devait
logiquement supposer qu’il opérait à l’insu de la banque et peut être même de ses
instructions formelles. En pareil cas la banque n’aurait du reste tiré aucun profit.

17 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
SECTION II : La responsabilité civile du banquier du fait du préposé
fautif

Indépendamment des obligations qu’il contracte formellement envers ses clients à


l’occasion de chacune de opérations qu’il effectue, le banquier, comme tout
professionnel, est tenu d’observer tant à l’égard de sa clientèle qu’envers les tiers
certaines normes de comportement découlant des caractéristiques particulières
de sa profession et de son statut.
La fonction monétaire des établissements de crédit étroitement liée à la mission
qu’exerce l’Etat en ce domaine par l’intermédiaire de la banque centrale, est l’une
des caractéristiques impliquant de la part du banquier, des devoirs particuliers de
discrétion et de vigilance. La confiance des clients qui lui confient leurs capitaux
est une autre donnée essentielle. Le monopole reconnu par la loi aux
établissements de crédit est aussi un paramètre important.
Ces devoirs sont imposés aux établissements de crédit dans l’intérêt de la
clientèle mais aussi, en diverses circonstances, dans l’intérêt des tiers.
Le banquier est évidemment soumis aux obligations contractuelles et
extracontractuelles découlant du droit commun des contrats des articles 140 du
régime général des obligations et 1382 et suivants du code civil… Certains
devoirs plus spécifiques mériteront seuls de retenir l’attention : Le devoir de
secret, aujourd’hui sanctionné par la loi, le devoir légal d’information et le devoir
de vigilance essentiellement dégagés par la jurisprudence.

Paragraphe 1 : Le banquier civilement responsable du fait de son préposé


Selon l’article du régime général des obligations, les maîtres et commettants sont
responsables du dommage causé par leurs domestiques et préposés dans les
fonctions auxquelles ils les ont employés.
Il est aujourd’hui bien admis que l’infraction, même intentionnelle du préposé ne
constitue pas nécessairement un abus de fonction susceptible d’exonérer le
banquier de sa responsabilité civile. Bien au contraire, à partir du moment où
l’infraction intentionnelle du préposé est commise sur les lieux au moment du
travail et avec les moyens matériels liés aux fonctions, elle engage en principe la
responsabilité délictuelle du banquier. En effet, les fonctions exercées fournissent
souvent l’occasion de la commission de l’infraction à l’égard de tiers à
l’établissement bancaire qui peuvent légitimement penser que le préposé de
banque agit dans un cadre professionnel ou qui subissent un préjudice lié à
l’exercice dévoyé de la profession.
La question qui se pose ici est de savoir dans quelles conditions la responsabilité
du banquier est réellement engagée ?
Selon la doctrine (1), le banquier ne peut être responsable du fait de son préposé
que dans certaines conditions. Il en existe deux :
1. Il faut qu’un fait générateur de responsabilité soit démontré à la charge du
préposé : sa faute, le fait d’une chose dont il a la garde ;
_________________________________________
1. Pierre VOIRIEN, « Manuel de droit civil », Tome 1, Paris, Litec, 24 e édition, 1993.

18 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
2. Il faut que le dommage ait été causé « dans les fonctions » auxquelles le
préposé a été employé.
La jurisprudence actuelle adopte une conception assez large de cette notion. Il
n’est pas exigé que le préposé se soit en tout point conformé aux ordres reçus.
Pour que le commettant s’exonère, il faut donc trois conditions cumulatives dont
la conséquence directe est de permettre plus aisément l’engagement de la
responsabilité civile du commettant :
 Un acte hors des fonctions ;
 Effectué sans autorisation ;
 A des fins étrangères aux attributions conférées.
Par la suite, ces conditions ont été appliquées par les chambres civiles en un
sens favorable au salarié (1). Elles retiennent aujourd’hui la responsabilité civile
du commettant à propos de vois ou de détournement commis par des préposés
de banque, des employés chargés de l’entretien des locaux, des bagagistes (2).
Depuis, le dernier arrêt de l’assemblée plénière du 19 Mai 1988 en consacrant
une solution plus favorable aux victimes, a permis une unification théorique des
jurisprudences civiles et criminelles : « Attendu que le commettant ne s’exonère
de sa responsabilité que si son préposé a agi hors des fonctions auxquelles il
était employé sans autorisation et à des fins étrangères à ses attributions ».
Un préposé, d’une agence de banque avait fait souscrire différents titres des
capitalisations à une cliente. Il détourna ensuite à son profit certaines des
sommes versées par la cliente en contrepartie de la remise des titres. Le tribunal
correctionnel condamna le préposé pour faux, usage de faux et pour abus de
faiblesse de la victime (3).Après une longue procédure, l’assemblée plénière
condamna civilement le banquier. Le préposé de banque avait sans nul doute agi
sans autorisation et à des fins étrangères à ses attributions, mais, il était dans
l’exercice de ses fonctions. Ainsi, l’absence de l’une des conditions de l’abus de
fonction fonda la responsabilité civile du banquier.
Il n’y a exonération du banquier que si le préposé a agi hors des fonctions
auxquelles il était employé, sans autorisation et à des fins étrangères à ses
attributions.
. La position du code du travail

L’article L.2606-1 du code du travail (4) français énonce que les chefs d’entreprise
sont civilement responsable des condamnations prononcées contre leurs
directeurs, gérants ou préposés.

________________________________________________
1. Sauf le cas où les conditions d’exécution du travail font que le bénéficiaire des prestations ne pouvaient légitimement
croire que le salarié agissait pour le compte de l’employeur, cass. 2 civ. ; 14 Janvier 1988 : D. 1988. Inf. Rap. ; P 52
2. Cass. 2e civ. ; 8 juin 1995 : Bull. civ. II, N°181 – 22 Mai 1995 : Bull. civ. II. N° 154 ; JCP 1995, I, 3893,N° 12. Obs. G.
Viney ; RTD cid 1996 , P 181, obs. Jourdan . – 22 Janvier 1997 : Bull. [Link], N°21
3. Alain Coeuret et Elisabeth Fortis, Droit pénal du travail. Paris. Edition Litec. 1998, P 90
4. Op-cil 3

19 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
Nous illustrerons cela, à partir d’un exemple d’une banque de la place, tout en
tenant compte du secret bancaire.
AC, caissier à la banque X à Bamako, par plusieurs opérations s’est confectionné
un chéquier parallèle sur le compte de MD, en imitant sa signature et en se
faisant payer.
Ici, la banque prend la responsabilité, puis qu’elle est tenue responsable de son
préposé. Le seul recours dont elle dispose est un recours contre son préposé.
Dans un arrêt en date du 03 Mars 1981 (1), la cour de cassation affirme que
« cette disposition concerne exclusivement les conséquences civiles de
l’infraction, abstraction, faite des dépenses et frais envers l’Etat ». cet arrêt met fin
donc à une controverse née de la place et de la rédaction de cet article dans le
code du travail. Contrairement à ce que certains auteurs voyaient dans cet article,
le domaine d’application de ce texte est donc limité conséquences civiles
d’infractions à la réglementation du travail.
Comme on l’a souligné, ce texte ne fait donc qu’appliquer à un domaine particulier
celui de la réglementation du travail, les règles édictées par l’article 1384 du code
civil (2).
. La position de l’article 1384, alinéa 5 du code civil
Il est très important, pour la victime d’une infraction commise par un employé et
ayant un lien plus ou moins étroit avec les fonctions exercées par celui-ci, de
savoir si l’employeur va être déclaré civilement responsable du fait de ce préposé
sur le fondement de l’article 1384, alinéa 5 du code civil. L’interprétation de ce
texte a donné lieu à une jurisprudence longtemps hésitante sur les critères à
retenir pour engager cette responsabilité : c’est la question de l’abus de fonction
du préposé.

Paragraphe 2 : Mesures dans lesquelles, le banquier est civilement tenu


responsable des actes du préposé
Une situation plus délicate est constituée surtout par l’abus de fonction nullement
exceptionnelle dans des entreprises où les relations personnelles de confiance
entre les préposés et la clientèle sont essentielles.
La réponse des mesures dans lesquelles l’employeur répond des actes accomplis
par un de ses préposés hors des fonctions qui lui ont été confiées, lorsque de tels
actes sont dommageables pour le partenaire, en laissant bien sûr de côté les cas
où exceptionnellement un mandat apparent peut être invoqué, est déduite de
l’article 1384, alinéa 5 du code civil et l’article 144 du régime général des
obligations.

______________________________________
1. JCP 1982, II 1g769, note Reinhard : en application de ce texte on avait prononcé autant d’amendes que
l’on avait trouvé de salariés indûment employé. La chambre civile de faire supporter par l’employeur (une
personne morale) les amendes prononcées contre le directeur d’entreprise.
2. JY. Lassaie, la responsabilité du fait d’autrui : Rev. [Link] 1993 P 22

20 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
La qualité de prépose, de l’auteur du préjudice n’est généralement pas discutable.
Ce qui fait difficulté, c’est le lien avec la fonction dont dépend la responsabilité du
commettant (1).
Pour que la responsabilité bancaire soit engagée, il faut que le demandeur se soit
adressé dans le cadre des fonctions de ce dernier.
Cela ne signifie pas, toutefois, qu’il ait traité dans les locaux même de la banque.
La connaissance par le client du dépassement de ses fonctions par le préposé ou
sa complicité exclut le jeu de l’article 1384, alinéa 5 du code civil.
La circonstance que le client n’ait pas eu conscience de l’abus de fonction n’a
pas, toutefois, nécessairement pour conséquence l’engagement de la
responsabilité de la banque. Il faut faire application des principes généraux
dégagés par la cour de cassation, nettement restrictifs quand à la responsabilité
du commettant en cas d’bus de fonction.
Dans deux arrêts, le 17 juin 1983 et 15 novembre 1985, l’assemblée plénière a
jugé que comme nous avons déjà eu à le mentionner plus haut << Les
dispositions de l’article 1384, alinéa 5 du code civil ne s’appliquent pas aux
commettants en cas de dommage causé par le préposé qui, agissant sans
autorisation à des fins étrangères à ses attributions, s’est placé hors des fonctions
auxquelles il était employé >>.
Ces trois conditions, impliquent une appréciation objective de l’action du préposé
et ne font pas de place à la conscience chez le client, des limites des pouvoirs de
l’argent de banque. La cour de cassation les a prises plus récemment (2), à cause
de l’affaire de détournement par l’agent d’une compagnie d’assurance de fonds
provenant de la souscription de contrats de capitalisation, mais il en a fait une
application nuancée favorable à la victime.
La prise en considération, de l’apparence et du fait que le client a cru
légitimement que le préposé agissait dans les limites de ses fonctions serait peut
être une base de solution plus rationnelle et plus équitable.

________________________________________________
1. Civil. 2e, 7 juillet 1993 : Gazette du palais – 1993, 1, pan. 31
2. Assemblée plénière, 19 mai 1998 : d.1998, 513, Larroum

21 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
CHAPITRE 2 : Les Causes De Responsabilité Pénale

Le pénalement responsable est présumé avoir participé au fait poursuivi. Cette

participation qui est dite participation ‘’morale ‘’ où ‘’ latérite’’ du pénalement

responsable, est la première cause que nous pouvons associer à cette forme de

responsabilité d’où, la responsabilité pénale du préposé (section I) et la

responsabilité pénale du banquier du fait du préposé (section II)

22 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
SECTION I : La responsabilité pénale du préposé de banque
La faute pénale constitutive d’une faute disciplinaire et d’une faute civile du
préposé engagera, on le sait, non pas la seule responsabilité du préposé, mais
aussi la responsabilité de la banque commettante. Aussi, nous envisagerons deux
situations :
 D’abord la culpabilité pénale du préposé et du commettant ;
 Ensuite, la culpabilité pénale du seul préposé de banque.

Paragraphe 1 : La culpabilité pénale du préposé et du commettant


Dans l’activité bancaire, nous avons certains délits typiques d’être éventuellement
commis.
En évoquant une liste sommaire des infractions susceptibles en pratique d’être
commises par les préposés des banques et leurs commettants, dressées par M.
le procureur général Cosson (1) en France, celle-ci visait outre les délits
d’escroquerie (2) et d’abus de confiance (3), l’abus de biens sociaux.
Les banquiers ou cadres pourraient être aussi des initiés au sens de l’ordonnance
du 18 Septembre 1967, utilisant abusivement des informations privilégiées
surprises du fait de leur fonction ; d’où le devoir du secret bancaire à moins que le
client lui-même autorise le banquier à révéler certaines informations à certaines
personnes ou qu’il s’agisse d’autorités judiciaires à qui le secret n’est pas
opposable.
La complicité de banqueroute simple ou frauduleuse est enfin aujourd’hui
encourue en soutenant au-delà de ses capacités financières une entreprise en
difficultés financières irréductibles. (4)
Par escroquerie, on entend un moyen de se faire remettre une chose en
employant un moyen frauduleux.
D’après les dispositions de l’article 207 du code pénal malien, est coupable
d’escroquerie : « Quiconque soit en faisant usage de faux noms ou de fausses
qualités, soit en employant des manœuvres frauduleuses, des mensonges
caractérisés, pour persuader de l’existence de fausses entreprises d’un pouvoir
ou d’un crédit imaginaire, ou pour faire naître l’espérance ou la crainte d’un
succès, d’un accident ou tout autre événement chimérique se sera fait ou aura
tenté de se faire remettre des fonds, des objets ou effets mobiliers et aura par un
de ses moyens, escroqué ou tenté d’escroquer la totalité ou partie de la fortune
d’autrui… »

___________________________________
1. Art. de Christian GAVALDA : « Livre de droit bancaire », Paris, Ed. Litec. 1997
2. Détournement des fonds déposés par les clients (Article 406 Code pénal. Peine maximale : 2 ans de prison)
3. L’appel public de fonds à l’épargne de la plupart des banques aggrave l’infraction sur l’abus de confiance (Art. 408, code
pénal français).
4. Cass. Crim. 18 Mai 1976, Dalloz 1976, note Gavalda : Rev trim . drt. Com. 1976, 764, observation Rives Lange et
Cabrilac

23 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
Quant à l’abus de confiance, selon l’article 210 du code pénal : « Est qualifié abus
de confiance, le détournement frauduleux, commis au préjudice du propriétaire ou
du détenteur d’une somme d’argent, d’un document ou d’un objet mobilier
quelconque, qui aurait été confié à quelque titre que ce soit par ledit propriétaire
ou détenteur à l’auteur du détournement, à charge, par celui-ci, de le rendre ou de
le représenter. »
Selon l’article 408 du code pénal français est coupable d’abus de confiance :
« Quiconque aura détourné ou dissipé au préjudice des propriétaires,
possesseurs ou détenteurs des effets… qui ne lui auraient été remis qu’à titre de
louage, de dépôt, de nantissement, de prêts à usage ou pour un travail salarié ou
non salarié à la charge de les rendre ou représenter ou d’en faire usage ou
emploi déterminé. »
L’article 408 du code pénal français incrimine le détournement de choses remises
en vertu de l’un des contrats énumérés au texte. Ce détournement est
généralement défini comme le fait de l’agent qui se comporte en maître de la
chose et s’attribue vis-à-vis d’elle, un pouvoir juridique qui ne lui appartient pas.
On peut analyser le comportement de l’argent comme impliquant une intervention
de la possession qui, de possession précaire devient possession véritable ou
demeure possession précaire mais à un titre différent.
Puis l’abus de biens sociaux qui concerne l’ensemble de l’actif mobilier et
immobilier de la société dont la destination est celle de l’intérêt social.
L’abus de biens sociaux, ou encore de crédit, s’accompagne le plus souvent
d’abus de pouvoir comme lorsqu’un gérant, AT d’une banque malienne qui avait
incité un certain nombre de clients de ladite banque à retirer les fonds qu’ils y
avaient en dépôt afin de les lui confier personnellement pour en assurer le
placement dans des conditions plus avantageuses (rapport exempt de
déclarations et de retenues fiscales), le délit ayant fait courir à la banque le risque
d’être appelé à se sanctions de la commission de contrôle des banques.
Concernant le secret bancaire, l’article 195 du code pénal malien (Loi N° 99
ANRM du 03 Août 1961) dispose : « Tous ceux étant dépositaires par état ou
profession des secrets qu’on leur confie, auront, hors le cas où la loi les oblige à
se porter dénonciateur, révéler des secrets… »
Pour mieux cerner le délit de banqueroute, il serait mieux de l’aborder par les
personnes pouvant être coupables de banqueroute et dans quel cas :
 Sont coupables de banqueroute :
 Tout commerçant ou tout artisan ou toute personne qui a directement ouo
indirectement, en droit ou en fait, dirigé ou liquidé une personne morale de droit
privé ayant une activité économique.
 Les complices, même s’ils n’ont pas la qualité de commerçant ou d’artisan, même
s’ils ne dirigent pas directement ou indirectement en droit ou en fait une personne
morale de droit privé ayant une activité économique.
Quatre cas de banqueroute sont prévus par la loi :
 Avoir détourné ou dissimulé tout ou partie de l’actif du débiteur ;
 Avoir frauduleusement augmenté le passif du débiteur (privation des créanciers
de leur gage) ;

24 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
 Avoir tenu une comptabilité fictive ou fait disparaître des documents comptables
de l’entreprise ou de la personne morale, ou encore de s’être abstenu de tenir
toute comptabilité.
 Avoir dans l’intention d’éviter ou de retarder l’ouverture de la procédure de
redressement judiciaire, soit faire des achats en vue d’une revente en dessous du
cours, soit employé des moyens ruineux pour se procurer des fonds, comme avoir
accepté de prêts à taux usuraire.
La loi distingue deux sortes de banqueroute, suivant la gravité des fautes : la
banqueroute simple de la banqueroute frauduleuse qui sont toutes deux des
délits. Seulement, la banqueroute frauduleuse est réprimée plus sévèrement que
la banqueroute simple.
Suite à cette petite parenthèse, nous ajouterons que la complicité du préposé et
du commettant peut aussi être établie avec leur client, soit en lui escomptant
sciemment des effets de complaisance, soit même en lui escomptant des
chèques et en rendant possible une circulation des traites de cavalerie.
Des schémas frauduleux plus complexes, ont enfin fait condamner pour recel en
cas de faillite certains banquiers (1).

Paragraphe 2 : Culpabilité pénale du seul préposé de banque


Il peut arriver que le préposé commette seul l’infraction sans que la banque ait
connu ou pu raisonnablement déceler ladite infraction.
En principe, les dirigeants sociaux de la banque seront à coup sûr exempts de
toute responsabilité pénale s’ils n’ont pas donné d’instruction d’agir illicitement. Ils
seront innocents s’ils ont ignoré les agissements frauduleux et même délictueux
de leurs agents, s’ils n’ont pas donné d’instructions et n’étaient pas qualifiés pour
donner ou contrôler des [Link] être circonscrite et attribuée parfois au
préposé seulement sans controverse : Le caissier détourner les fonds ou encore
le chef de service portefeuille utilise les titres en dépôt ou détourne des traites ou
des valeurs mobilières gagées.
Un type assez rare d’infraction a été récemment relevé contre un directeur
d’agence bancaire : recel de droit commun, après avoir consenti à un ami
d’enfance, client de la banque, un crédit trois supérieurs à celui accordé par la
direction centrale. Ce directeur lui avait acheté sa villa, connaissant la situation
financière désespérée de son ami. Le solde du prix après règlement d’un
créancier hypothécaire fut directement versé au compte du débiteur, ainsi que le
prix des travaux réglés par anticipation. Ces agissements constituaient le délit de
paiement privilégié d’un créancier au préjudice de la masse et de détournement
d’actif. Le client commerçant fur poursuivi pour ces infractions et le directeur

____________________________________
1. Aix ou Provence 14 Mai 1975, Paris, Dalloz 1975, J 201. Rev. Se. Crim 1976 P 436, note Bouzzat.
Sur pourvoi. la chambre criminelle a par application de la théorie de la peine justifiée appliqué aux cadres de
banque coupable de l’incrimination de complicité de banqueroute.

25 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
Également pour complicité. Mais le préposé de banque fut condamné pour avoir,
en connaissance de cause recelé des fonds détournés…pour payer la banque
(1). La chambre criminelle a cassé sans renvoi cette décision dans un arrêt du 29
Novembre 1976.
Faisons une application assez audacieuse de la théorie dite de la peine justifiée.
La cour de cassation a considéré que ce directeur d’agence s’était rendu
coupable de complicité du délit de banqueroute obligatoire (art. 128-6, L 13 Juillet
1967) commis par le client qui avait été condamné comme auteur principal de ce
chef par une autre juridiction.
La responsabilité pénale s’est localisée au niveau du directeur de l’agence, mais
la banque, établissement nationalisé a été tenue civilement responsable.
Une autre situation frauduleuse fréquente est celle du préposé de banque,
éventuellement un directeur d’agence, qui se fait consentir à son usage propre
par des personnes clientes de son établissement des prêts en délivrant en
contrepartie des bons ou billets. Ces opérations se déroulent souvent dans les
locaux de la banque et impliquent l’utilisation de papier à en-tête de la banque.
Pénalement, l’ambigüité entretenue justifie l’incrimination d’escroquerie par abus
de qualité vraie. Par exemple une remise de fonds à titre de prêt, obtenue par une
manœuvre frauduleuse constituée par l’abus de qualité vraie, réalise une
escroquerie.
La chambre criminelle française a considéré comme bien fondée l’incrimination
d’escroquerie parce que le préposé avait donné une apparence de sincérité à ses
déclarations grâce à sa qualité vraie et fait naître chez eux, l’espérance d’un
remboursement garanti par la banque alors qu’il n’était que chimérique.
Une délicate question se pose ici, celle de savoir ce qu’il adviendrait de la
responsabilité de la banque commettante si son préposé est ainsi condamné pour
escroquerie par abus de qualité vraie ?
L’abus suffirait-il à écarter le lien de préposition ou plutôt le rattachement au
service ?
La qualification pénale ainsi retenue contre l’argent de banque pèse donc parfois
sur l’ appréciation du point de vue civil du lien entre l’agissement reproché et le
service.
En revanche, il peut y avoir par exemple une faute pénale établie, détachable des
fonctions et engagement la seule responsabilité de l’argent de banque.
Pour illustrer ces dires, un attaché de direction d’une banque nationalisée affecté
à une agence de la banlieue de Paris, s’était fait remettre des fonds par un client,
avec mandat de les réemployer à certaines fins comme les découverts de
certaines sociétés ayant dépassé leurs crédits autorisés. Ce cadre avait remis au
client préteur en garantie deux chèques tirés sur son compte personnel. Faute de
remboursement, le client voulut encaisser ces chèques de garantie, qui se
révélèrent sans provision. La victime fut poursuivie au pénal pour abus de
confiance d’attaché du directeur et assigna sa banque comme civilement
responsable.

____________________________________
[Link] d’Aix. Chambre Correctionnelle. 14 Mai 1975. D 1976. J 201.

26 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
La cour de Paris, le 18 Mai 1976 relève une série de critères impliquent que la
victime avait eu la conviction de traiter avec la banque et de se livrer à des
opérations officieuses, refuse d’admettre l’obligation de garantie de la banque sur
la base de l’article 1384 alinéa 5 du code civil français. Il faut souligner que la
cour de Paris a, pour y parvenir, pris la précaution de disqualifier la prévention
initiale d’escroquerie pour abus de qualité vraie, en substituant l’abus de
confiance.
La complicité pénale du préposé et du client justifiera en outre une action civile
contre les deux individus qui pourront être condamnés solidairement à la
réparation du préjudice subi par la banque.
La coaction ou la complicité pénale du préposé de banque et du client est
classique dans les escomptes frauduleux de chèques ou d’effets de
complaisance. La fraude appelle en effet la collaboration de plusieurs personnes.
Le schéma est classique, si la fraude a été menée par le commettant et le
préposé agissant ensemble et de concert. La victime bénéficiera au plan civil de
la solidarité des coauteurs.

27 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
SECTION II : La responsabilité pénale du banquier du fait du
préposé fautif
Le banquier est celui qui est chargé de la direction et du contrôle d’un organisme
financier. Cet organisme comprend nécessairement un personnel qui le fait
fonctionner. Le personnel relève directement du banquier. Le banquier, le plus
souvent, est reconnu directement ou indirectement coupable des faits de ses
préposés car il pourrait se trouver mêlé aux activités frauduleuse de ces derniers.
Aussi, il arrive très fréquemment que certaines infractions se commettent lors du
fonctionnement de la banque, par le fait des préposés.
Le banquier s’est trouvé ainsi engagé pénalement par ces faits. C’est pourquoi la
doctrine a parlé de responsabilité ‘’fonctionnelle’’ ou ‘’patronale’’. Cette
dénomination doctrinale s’inspire de certains textes législatifs qui imposent au
banquier des obligations de surveillance. C’est sur ces dispositions législatives
diverses, que la jurisprudence s’appuie pour accélérer la répression des chefs
d’entreprises.

Paragraphe 1 : Les Dispositions Législatives Régissant La Responsabilité Des


Dirigeants Sociaux
Nous observerons en la matière la position du droit français et celle du droit
malien.
A. Position du droit français
Le texte principal dans ce domaine, est l’ordonnance n°45-1484 du 30 Juillet 1945
relative à la constatation, à la poursuite et à la répression des infractions à la
législation économique.
L’article 1er de cette ordonnance énumère les infractions qui engagent la
responsabilité du chef. Ces infractions sont :
 Les infractions qualifiées de pratique de prix illicites ;
 Les infractions aux règles de ravitaillement ;
 Les infractions ou tentatives d’infractions de marché noir ;
 Les infractions aux règles de la publicité des prix.
L’article 46 de la même ordonnance ajoute à ces infractions, celles relatives aux
‘’règles de la facturation’’.
Il va ainsi sans dire que lorsque de telles infractions sont commises au sein d’une
entreprise par une préposé, la responsabilité du chef se trouve automatiquement
engagée.
C’est pourquoi l’article 56 de l’ordonnance n° 45-1484 du 30 Juillet 1945 précise
que : « sont passibles de peines et sanctions prévues à la présente ordonnance,
tout ceux qui chargés à titre quelconque de la direction ou de l’administration de
toute entreprise, établissement, société, association ou collectivité, ont soit
contrevenu par un acte personnel, soit en tant que commettant, laissé contrevenir
par toute personne relevant de leur autorité, ou de leur contrôle, aux dispositions
de la présente ordonnance… ».

28 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
Il ressort dans ce texte que le banquier à qui est subordonné le préposé, ne doit
aucunement laisser commettre une des infractions sus-citées, sous peine de
sanctions. Il doit en tout état de cause veiller rigoureusement à toutes les actions
de ses subordonnés.
B. La position du droit malien
Au Mali, le texte qui vise la répression des infractions à la législation économique
est le décret N°224 du 6 Juin 1961.
En effet le banquier, chef de l’établissement de crédit, a sous sa tutelle plusieurs
préposés qui travaillent sous ses ordres. Aussi n’est il pas étonnant que les
infractions sont généralement commises par ces préposés qui sont chargés des
opérations sont généralement commises par ces préposés qui sont chargés des
opérations de banque. Il faut alors conclure, à cet égard, que le banquier
commettant visé expressément et directement par ce décret répond de ces
infractions, généralement commises par ses subordonnés.
Ce décret, s’il n’a pas directement fait allusion au préposé, vise tacitement leur
présence.
Par là donc, nous disons que le décret n°224 du 06 Juin 1961 admet
implicitement la responsabilité du fait d’autrui.

Paragraphe 2 : La Culpabilité Directe Et Indirecte Du Banquier

A. La culpabilité directe
Si l’on fait abstraction de la culpabilité directe des dirigeants sociaux ayant agi
délictuellement sans complicité ou coaction de préposé, on rencontre le
problème le plus délicat : celui de la responsabilité pénale du banquier, chef
d’entreprise du fait d’autrui, c'est-à-dire de ses préposés. Le ou les préposés, qui
ont commis certaines infractions, avaient-ils bien compétence pour accomplir la
catégorie d’actes reprochables ?
La délégation de pouvoirs à eux consentis, n’impliquerait-elle pas de flou des
répartitions de compétence, la variété des organigrammes bancaires, permettent
mal pour l’instant en l’absence de texte ou de jurisprudence nette, de localiser
avec certitude les diverses responsabilités pénales éventuelles au sein de
l’entreprise bancaire.
En égard à la complexité des rouages des grandes banques, on conçoit
l’inquiétude des dirigeants sociaux de voir se développer la responsabilité pénale
du chef d’entreprise du fait de ses préposés.
L’inverse, l’irritation des cadres, seuls pénalement poursuivis, se comprend. De
récentes interventions syndicales reflètent cette inquiétude légitime des cadres
salariés des banques (1).

___________________________________
1. On se bonnera , dans le présent rapport, à une reflexion prospective. Car la question n’est pas arrivée,
hélas, à maturité juridique

29 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
La localisation des responsabilités pénales dans l’entreprise de banque est
délicate car la responsabilité se dilue dans l’être collectif.
L’auteur apparent de l’infraction, le salarié, étant donné sa subordination juridique
et technique, n’est souvent pas le concepteur mais un maillon chargé d’exécuter.
La question qui se pose est de savoir comment diriger l’incrimination, s’il faut
incriminer le salarié, le chef d’entreprise bancaire ou l’entreprise de banque elle-
même ?
La doctrine a élaboré en avance sur la jurisprudence, une théorie de l’auteur dite
médiat ou indirecte.
On s’en tiendra à une première approche du régime actuel de la responsabilité
pénale pour autrui, appliquée au chef de l’entreprise bancaire, c'est-à-dire aux
dirigeants sociaux des sociétés de banque. Les tribunaux assouplissent peu à
peu les conditions de mise en œuvre d’une telle responsabilité et réduisent dans
un même temps les causes d’exonération invocables par les chefs d’entreprise.
B. La culpabilité indirecte du banquier
Il faut certes, toujours au départ qu’un fait délicieux ait été commis par le préposé
et qu’il ne s’agisse pas en principe d’une infraction intentionnelle du préposé. Les
risques sont, de ce dernier chef, fort limités. Les plus graves infractions bancaires,
ayant cette nature.
Monsieur Puech, un docteur en droit écrit : « Il est difficilement
concevable…qu’un chef d’entreprise puisse endosser du fait de sa négligence, la
responsabilité pénale de l’infraction intentionnelle, commise par un de ses
salariés ». (1)
Le chef d’entreprise aussi, pour répondre d’une infraction matérielle ou
d’imprudence, doit avoir commis une faute. Cette faute a été toutefois présumée
en cas d’infraction matérielle pire, la jurisprudence a étendu à certaines
infractions, l’action prudence à cette politique.
En droit positif, certaines solutions pourraient être trouvées dans les règles
ordinaires. Certes il n’ya pas de délit de commission par omission ; reste à savoir
ce qu’il advient du préposé de banque qui rend compte de ses intentions et se
heurte au silence de la hiérarchie ; si l’acte projeté et soumis par lui, est
délictueux, engagera-t-il seulement le préposé ?
Le chef d’entreprise ne peut alors s’exonérer qu’en prouvant que l’infraction a eu
lieu dans un service dont il avait délégué la direction.
Cette délégation doit toutefois être réelle. Cette décharge de responsabilité
pénale implique que le chef d’entreprise a régulièrement délégué la direction de
certains services à un préposé pourvu de compétence et de l’autorité nécessaire
pour veiller efficacement à l’observation de la loi. Encore, faut-il que la taille le
justice et que l’importance de l’opération ne soit pas telle quelle ait appelé la
surveillance personnelle du chef d’entreprise.

____________________________________
e
[Link] Keuwer, Defossez, Françoise : « Droit bancaire », Paris, 4 Edition, Dalloz, 1992.

30 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
En bref et en clair, la théorie actuelle de la responsabilité pénale du chef
d’entreprise reste, en dehors des infractions spéciales concernant l’hygiène ou la
sécurité par exemple, voire la réglementation économique (1), insuffisante pour
régler les points sensibles en matière bancaire.
L’adoption de textes voisins de ceux de l’avant projet du code pénal permettent
d’engager directement la responsabilité de la « personne morale »(2). Ces textes
sont loin de répondre aux questions soulevées par le droit pénal bancaire et
notamment la réparation des responsabilités de chacun : Du Président Directeur
Général au guichetier, ceci dans un établissement au fonctionnement complexe.
Après avoir abordé dans une première partie « Les causes de la responsabilité
civile et pénale » nous allons analyser à présent dans une seconde partie, « Les
sanctions des responsabilités civiles et pénales ».

____________________________________
1. Comme tout chef d’entreprise une banque supporterait les condamnations pécuniaires résultant de divers délits commis
par leurs préposés (Amende prononcée en application.)
2. L’article 2107 – 2 de cet avant projet affirme « La responsabilité pénale des groupements à objet commercial, industriel
ou financier, lorsque l’infraction a été commise par la volonté délibérée de ces organes, en son nom et dans l’intérpet de
ses membres ».

31 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
DEUXIEME PARTIE

LA MISE EN ŒUVRE DE LA RESPONSABILITE


DU PREPOSE DE BANQUE

32 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
Il a déjà été fait mention du pouvoir sanctionnateur confié par la loi à la
commission bancaire à l’égard des établissements de crédit (1).
Ce qui est à souligner, c’est que les sanctions prévues à l’article 45 de la loi
bancaire sont applicables en cas d’infraction à une disposition législative ou
réglementaire afférente à l’activité d’établissement de crédit.
Pour l’essentiel, le banquier commettant et ses préposés sont soumis aux règles
communes.
Tout au plus peut-on relever qu’il est des infractions, tout spécialement
susceptibles d’être commises dans l’activité bancaire.
Aussi en dehors de la responsabilité civile contractuelle ou délictuelle soumise au
droit commun mais marquée par l’existence de devoirs professionnels spécifiques
pesant sur les établissement de crédit et par leur organisation en tant
qu’entreprises, des sanctions pénales peuvent être encourues par les
établissements, leurs dirigeants et leurs préposés.
Il serait souhaitable d’aborder dans un premier temps les sanctions de la
responsabilité civile et dans un second temps les sanctions de la responsabilité
pénale.

___________________________________
1. Loi française de 1984, art. 45. Une procédure garantissant les droits de la défense est prévue aux articles 9 à 12, D N°
84 – 708, 24 Juillet 1984.

33 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
CHAPITRE 1 : La saisine des juridictions

Les Sanctions de la Responsabilité


La responsabilité civile, contrairement à la responsabilité pénale qui ne peut être
engagée que pour certaines fautes spécialement définies par les textes législatifs,
est encourue pour toutes sortes de fautes, aussi légères soient-elles et même
quelquefois sans qu’aucune faute ne soit établie contre le « responsable ».
L’action civile aboutit à la reconnaissance d’une dette de réparation du
responsable envers la victime, dette qui se mesure non pas à la gravité de la
faute mais à l’ampleur du dommage.
Tout ceci ne fait qu’appuyer la position du code civil en la matière, qui dispose en
son article 1382 : « tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un
dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé, à le réparer. »
Aussi, ne serions-nous pas étonnés de l’incidence des sanctions civiles sur le
préposé (Section 1) et moins encore des effets de la responsabilité des
commettants et des préposés (section 2).

34 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
SECTION I : Les modes de saisine
Les incidences des sanctions civiles sur le préposé engendrent bon nombre de
situations qui, ici, sont exposées ou définies d’une part par la cour de cassation
française à travers la position de ses chambres criminelles et civiles vu le peu
d’écrit en la matière au Mali et, d’autre part, à travers la mauvaise foi du préposé.

Paragraphe 1 : Position De La Chambre Criminelle De La Cour De Cassation


La théorie de l’abus de fonction a, on ne peut plus aisément, engagé la
responsabilité des commettants.
La chambre criminelle s’est placée en tête de cette appréciation extensive, où il
suffisait que la fonction de cadre de banque ait été l’instrument, voire l’occasion
du délit civil (1), relations encouragées par le directeur entre client et préposé.
Cette position, a pourtant été maintenue par la haute juridiction répressive. Le
fréquent cumul d’une faute pénale et civile du préposé de banque confère à cette
position un intérêt essentiel ; il suffit même, à la limite, que le préposé ait profité
de facilités que lui procure sa fonction bancaire pour que joue la garantie du
commettant.
La raison à cette conception extensive du « préposé » adoptée par la chambre
criminelle, reste la connaissance certaine, par le client soi-disant victime, du
dépassement de pouvoir commis par le préposé.
Position de la chambre civile de la Cour de cassation
La deuxième chambre civile marque un certain retrait par rapport à la position
pointilleuse de la chambre criminelle en matière d’abus de fonction.
On n’insistera pas, sur une comparaison analysée de long en large dans tous les
traités de droit civil.
Mais, nous rappellerons quand même, que les chambres civiles semblant
néanmoins admettre parfois in concreto assez largement ce rapport entre l’acte et
les fonctions, rapprochent leur jurisprudence de celle de la chambre criminelle.
Ce rapprochement parait en tout cas assez net dans les applications faites en
matière d’activité bancaire.

____________________________________
[Link]. crim, 14 Décembre 1961, bull, crim, N° 531, P 1013 ; JCP, 1962, somm. P11

35 La responsabilité civile et pénale des préposés de banque


LES CAUSES DE RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUES
Ainsi la chambre civile admet ce rapport en présence d’une ouverture de crédit
faite par un directeur d’agence qui exigea du client, en couverture, un
nantissement sur titres.
Ce préposé s’était fait signer par le client un chèque d’un montant du prêt
consenti en laissant croire à l’emprunteur que cette formalité était une écriture
bancaire obligatoire. Il avait ensuite détourné le montant du chèque.
La chambre civile a considéré que l’abus de confiance n’exclut pas un rapport
entre l’acte et le service.
Pour les différentes chambres, la chambre civile et la chambre criminelle, le fait
pour la victime d’être au courant des agissements du préposé, qui bien sûr sont
contraires à ses attributions et interdits par le commettant, empêcherait la victime
de mettre en cause la garantie du commettant (1)
A fortiori, la complicité du client et du préposé de la banque pour frauder les droits
de cette dernière empêcherait toute action civile… L’adage <<Nemo auditur
propriam turpitudinem allegans>> ou encore << personne n’est entendu par un
juge lorsqu’il allègue sa propre turpitude. >> ferait obstacle à toute action de la
victime contre la banque.
Cette connaissance du dépassement de fonction s’induit, pour la chambre civile,
de certaines circonstances comme l’absence de passation en écriture du compte
des opérations préjudiciables.
Un directeur d’agence avait ainsi durant vingt ans reçu à titre de prêt des fonds
qui ne figuraient pas au compte des prêteurs. IL utilisait ces pour combler les
découverts provisoires d’autres clients.
Aucune déclaration fiscale des prêts n’a été effectuée. Ce dédoublement
fonctionnel ne pouvait échapper au client qui ne pouvait, de bonne foi, admettre
que les opérations ne soient pas portées en écriture, alors que les opérations
avaient pourtant eu lieu dans les locaux de la banque.
Mes la connivence pourrait se révéler plus nette encore et résulter d’un véritable
arrangement entre le préposé et le client victime (2) ; bien entendu la faute
d’imprudence de la victime (3) sans qu’il y ait eu nécessairement connaissance,
est-elle de nature à diminuer la responsabilité du banquier commettant. Mais les
tribunaux sont exigeants (4)

__________________________________________
1. C’est selon Boris Starck un ‘‘point certain’’ dans la difficile définition de l’abus de fonction.

2. Voir pour un commis d’agent de change, civ., 8 mars 1972, D 1973, S.158)

3. La bonne foi du client victime est présumée et la charge de la preuve contraire incombe au banquier
commettant.

4. voir refus de partage par [Link]., 12 mai 1943 ? Gaz, pal, 17 Aout 1943 : relevés bancaires mal
vérifiés ; comp.

trip. [Link], 3 janvier 1972, affaire << banque nice>>

36
La responsabilité civile et pénale des préposés de banque
Les sanctions des RESPONSABILTE CIVILE ET PENALE DES PREPOSES DE BANQUE
Paragraphe 2 : Incidence de la mauvaise foi du préposé sur la responsabilité
du banquier

A .Incidence d’une clause de non-responsabilité


Il convient de souligner, que le banquier, civilement responsable de la faute de
son préposé, ne saurait invoquer pour dégager une clause de non responsabilité
acceptée par le client victime, si la faute du préposé est une faute lourde ou
intentionnelle.
Nous évoquerons ici le cumul des fautes des préposés de deux banques.
Nous nous contentons dans les présents cas d’une brève problématique juridique
de ces situations complexes et de plus en plus fréquentes.
Le préjudice peut avoir été parfois causé à un tiers par la combinaison
frauduleuse des deux préposés. La solidarité des deux préposés ou plutôt leur
obligation ‘‘in sodium’’ dont la coaction aura entrainé le dommage aboutira à
l’engagement de la responsabilité subséquente des commettants.
B. Incidences ne découlant pas de l’article 1384 du code civil
En dehors de toute responsabilité contractuelle assumée par les banques du fait
de leurs préposés, elles peuvent subir d’autres conséquences non négligeables,
suite aux agissements de ces derniers.
IL s’agit du droit pour la banque titulaire de chèques ou d’effets de commerce,
d’en poursuivre le recouvrement si elle a acquis des titres par l’entremise du
préposé de mauvaise foi. Une question se pose à ce niveau, celle de savoir si la
fraude ou même la simple mauvaise foi du préposé qui a acquis le titre pour le
compte de la banque remonte à la personne morale ?
A cela nous répondons que :
L’impossibilité, pour une banque porteur d’une traite, acquise de mauvaise foi au
sens de l’article 121 in fine du code de commerce, était jusqu’ici rarement
reconnue en fait par la jurisprudence. Cependant, dans un arrêt de la chambre
commerciale du 2 février 1976 ‘‘Affaire sogesta’’ a cependant refusé à un
banquier escompteur une telle action (1). Mais il importe de se demander de qui
cette mauvaise foi est exigée ?
En pratique, l’effet est pris à l’escompte par un préposé. Mais la mauvaise foi du
préposé de la banque suffit-elle et se communique-t-elle automatiquement à la
personne moral banque ?
La chambre commerciale a répondu à cette importante question le 15 juillet 1975
(2) de manière implicite mais certaine. La haute juridiction le considère comme
fondé le refus d’ordonner un sursis à statuer sur l’action d’une banque tiers
porteur contre le tiré et le tireur jusqu’au résultat d’une plainte pénale de ces
derniers contre un préposé de la banque prétendument complice de manœuvres
ayant permis l’escompte, alors que de toute façon, ni la connaissance des
agissements de l’employé, ni le fait que le préposé avait en l’espace un pouvoir
de représenté la banque n’était invoquée car la connaissance personnelle de la
banque peut dans certains cas, être exigée par la loi pour appliquer certaines
sanctions.
________________________________________________
1. [Link], N°37,P 33, adde [Link].21 juin [Link] sogesta
2. Bull. [Link], N° 206, p 169

37
La responsabilité civile et pénale des préposés de banque
Ainsi le crédit bancaire octroyé par une banque à un client en période suspecte,
peut-il, comme tout acte à titre onéreux être déclaré inopposable a la masse si ce
crédit porte préjudice aux créanciers et a été consenti par le banquier préteur en
connaissance de cause c'est-à-dire en connaissant l’état de cessation de
paiements. La cour de Montpellier a estimé que cette connaissance était
caractérisée du fait de la connaissance personnelle de divers cadre (1).
Ces attendus sont révélateurs. La personne morale banque pourrait donc être de
mauvaise foi, soit si elle connaissait les agissements délictueux de son préposé,
soit si ce dernier avait pouvoir de représentation.
A la vérité, ce dernier critère sera difficile à préciser. On reconnait là, sans doute
la délégation de compétence à une personne suffisamment qualifiée.
En matière de chèque, la mauvaise foi du porteur d’un titre sans provision,
paralyse non seulement son action en dommage et intérêts, mais même son
action en remboursement du titre.
Cette mauvaise foi doit avoir existé on le sait, lors de l’acquisition du chèque.
Mais chez qui doit exister une telle mauvaise foi ?
Le porteur est-il le préposé ou la personne morale ?
Les critères évoqués plus haut sont transposables au présent cas(2).
L’importance de cette solution n’est à souligner.

38
La responsabilité civile et pénale des préposés de banque
SECTION II : Les Effets De La Responsabilité Des Commettants Et
Des Préposes

Il s’agit ici, de la dualité de responsabilité (A), le cumul des responsabilités,


obligation in solidium et le recours du commettant (B).

Paragraphe 1 : La responsabilité des commettants


C’est la victime qui dispose de deux actions, l’une contre le préposé en vertu de
l’article 1382 du code civil, l’autre contre le banquier commettant sur le fondement
de l’article 1384 Alinéa 5 du code civil.

En terme de procédure, il faut souligner que le banquier commettant peut être


poursuivi sans que le préposé soit mis en cause (1) et que le banquier n’était pas
tenu en tant que garant du moins au sens traditionnel de ce terme. Le préposé,
dont le fait entraîne la responsabilité du banquier, ne saurait appeler ce dernier en
garantie (2), car s’il y a une garantie en la matière, c’est à l’intention de la victime.

1. En tant qu’elle agit contre le préposé, à titre personnel, la victime est tenue
d’établir que le dommage est dû au fait personnel de celui-ci, ou semble-t-il dans
la mesure où il peut être gardien d’une chose, au fait de la chose dont il est
gardien. Et le préposé, dans cette perspective, a la possibilité de se dégager
comme toute autre personne pour suivie soit de son fait personnel (3), soit du fait
des choses. Mais généralement, la victime, préfère s’adresser au banquier
commettant, plus solvable par hypothèse.

2. En tant qu’elle agit contre le commettant ; et à supposer que soit établi comme
cela a été indiqué, le fait illicite du préposé.
La victime, se trouve dans une position plus favorable, mais aussi compte tenu
d’une solvabilité probablement meilleure du commettant est automatiquement
engagée le fait illicite du préposé est établi. De sa responsabilité, le banquier
commettant ne peut à l’égard de la victime, se dégager en prouvant qu’il n’a pas
commis de faute, qu’il n’a pu empêcher le dommage ou même qu’une cause
étrangère, à son égard est à l’origine du dommage. Il n’a, pour se dégager, que
les moyens dont dispose ou disposerait le préposé lui-même : Prouver que le
dommage n’est pas dû, en réalité, à un fait illicite du préposé et mieux encore,
qu’il est dû à une cause étrangère (cas de force majeure, faute exclusive de la
victime) à l’égard du préposé.

39
La responsabilité civile et pénale des préposés de banque
Paragraphe 2 : La responsabilité des préposés
Cumul des responsabilités, obligation in solidium

Il n’est pas exclu que la victime du dommage réclame réparation à la fois au


commettant et au préposé

Si ce cumul est la conséquence, preuves à l’appui, de fautes commises tant par le


commettant que par le préposé, il y a lieu de s’en tenir aux règles applicables en
cas de pluralité de faute, l’un et l’autre, étant à l’égard de la victime, tenu in
solidium (1), le tribunal répartissant d’après les gravités respectives des fautes,
ainsi en est-il lorsque le commettant a donné à son préposé un ordre imprudent
(2).

Si la victime réclame à la fois au préposé et au commettant, réparation, en tant


que tel, c'est-à-dire en application de l’article 1384, Alinéa 5 du code civil, l’un et
l’autre sont aussi tenus d’une obligation in solidium (3).

Recours du commettant

Si la victime s’en prend au commettant seul, celui-ci peut appeler le préposé en


garantie (4) ; sinon après avoir été condamné et avoir reparé, il est subrogé dans
les droit de la victime, et peut donc exercer un recours contre le préposé non
seulement en cas de faute intentionnelle ou lourde, mais aussi en cas de faute
légère, voire très légère, de celui-ci (5) d’où :
L’article 146 du régime général des obligations : «La responsabilité du
commettant n’exclut par celle du préposé contre lequel la victime peut agir
directement avec ou sans mise en cause du commettant. »

1. Il en résulte que chacun des débiteurs doit le tout, mais que les effets secondaires de la solidarité, fondés sur. la
représentation mutuelle des codébiteurs ne se produisent pas.
2. Soc ., 10 Mai 1939, D . H 1939, 477 ; trib. Civ. .. Seine, 24 oct. 1950, Gaz. Pal. 1950, 2, 415 ; civ. 15 oct. 1954, Sem. Jur.
1955, il 8473, note P. B.
3. Cette solution, dont il faut déduire l’exclusion des effets secondaires de la solidarité fondés sur la représentation mutuelle
des codébiteurs, ne s’accorde pas parfaitement avec la présente situation car il peut être satisfaisant que les commettants
puissent éventuellement être, en tant que tels, tenus à payer plus que le préposé.
4. Paris, 20 oct. 1934, D H. 1934, 529., n’empêchant pas la condannation du commettant pour le tout, cette mise en cause
permet néanmoins d’anticiper sur le recours. Ajoutons que l’inverse n’est pas vrai.
5. Civ., 2e, 28 janv. 1955, D. 1955, 449, note R. Savatier, sem. jur.

40
La responsabilité civile et pénale des préposés de banque
Le commettant qui a réparé lui-même, possède une action récursoire contre son
préposé. »
Ces propos ont été repris par l’article 1384 Alinéa 5 du code civil :
«La responsabilité civile mise à la charge du commettant ne prive pas ce dernier
lorsqu’il a été lui-même victime d’un préjudice d’en demander en principe
réparation à son auteur fût-il préposé.
Ainsi le commettant condamné en tant que gardien est-il en droit de réclamer une
indemnité à son préposé, par la faute duquel il s’est trouvé obligé de réparer le
dommage.
Aucune disposition légale, n’interdit au commettant, d’exercer une action
récursoire contre le préposé dont il doit répondre, sans qu’il soit nécessaire
d’établir une faute lourde à la charge de ce dernier. »

Le développement de l’assurance a encore plus modifié les données du


problème, le commettant étant le plus souvent assuré. Mais l’idée de sanction de
fautes commises et par là même de prévention des dommages s’est affinée, dans
la mesure où l’assureur du banquier commettant de la banque peut se retourner
contre le préposé fautif, si celui-ci a commis une faute intentionnelle (Article 1384
Alinéa 5 du code civil).

41
La responsabilité civile et pénale des préposés de banque
CHAPITRE 2 : La réparation des responsabilités

La sanction de la responsabilité pénale traduit la volonté du juge de punir certains


individus pour des faits délictueux commis par eux ou d’autres personnes.

Nous avons découvert que la responsabilité pénale qui est une exception au
principe des peines a une portée incontestable car elle permet de punir le
préposé bancaire fautif et le banquier lui-même.

C’est ainsi que nous avons constaté au niveau du tribunal de première instance
de Bamako que de nombreux faits délictueux se commettant dans les banques,
mais les banquiers, dirigeants sociaux qui sont réputés à la base sont engagés,
non pas pénalement mais sur le plan civil pour des réparations de dommages et
intérêts.

Suite à cela, nous nous proposons d’aborder dans une première partie les
conditions relatives au pénalement responsable dans le cadre bancaire (Section I)
et dans une seconde partie les sanctions applicables aux fautes pénales du
préposé en matière bancaire (Section II).

42
La responsabilité civile et pénale des préposés de banque
SECTION I : La réparation civile

Ces conditions concernent en principe le préposé et le banquier commettant.

Paragraphe 1 : Le Banquier Commettant Civilement Responsable Des


Fautes Pénales De Son Préposé

La jurisprudence a posé le principe selon lequel l’infraction du préposé doit être


commise dans le cadre d’une entreprise au sens strict pour pouvoir engager la
responsabilité du banquier commettants.

Mais les faits délictueux que commettant le préposés de banque, engagent la


responsabilité du banquier non pas pénalement mais sur un plan civil pour de
simples réparations de dommages et intérêts.

L’action pénale, souvent exercée contre le ou les seuls préposés de banque et


l’action civile introduite sur la base de l’article 1384 Alinéa 5 du code civil,
soulèvent de curieuses difficultés. Un arrêt de la chambre criminelle du 18 mai
1976, illustre bien la question. Aussi, et après cet arrêt on pourrait noter qu’en cas
de décès du préposé reconnu coupable, l’action civile se poursuit contre le seul
civilement responsable (1).

Le défaut d’appel du préposé seul poursuivi par hypothèse et condamné,


n’empêche pas la banque civilement responsable de faire appel du chef de ses
seuls intérêts civils. La juridiction d’appel pourra en pareil ces, refuser la mise en
jeu de la garantie du banquier commettant l’absence de toute faute pénale et/ou
civile du délinquant, absent de l’instance d’appel.

Cette contradiction n’est pas interdite par le code de procédure pénale. En ce


sens, diverses méthodes judiciaires sont ouvertes.

Le préposé, puni d’une sanction pénale « symbolique » s’abstiendra de faire


appel. Si le ministère public ne fait pas appel a minima, le banquier commettant
pourra, en toute liberté démontrer l’absence de toute faute de son préposé, ce qui
évitera de remettre « tout en cause ».

Mais on pourrait faire remarquer que le banquier commettant, responsable des


faits délictueux de son préposé, ne peut se constituer partie civile au procès pénal
intenté contre le dit préposé pour vol, escroquerie ou abus de confiance (2).
1. Cass. - crim. 17 Mai 1976, IR, P. 20
2. Cass. Crim., 6 mai 1976, gaz pal, 1976, II som 219 cass crim, 24 juin 1971. Gaz. pal .,1971, II som. 97 ; Bull. crim. 1971, P.
512
Cas . crim., 16 janvier 1969, Gaz pal. TQ 1966- 1970, Ve action civile N° 33, Bull. crim. 1969, p 69

43
La responsabilité civile et pénale des préposés de banque
La solution n’est guère surprenante, car évidement, le préjudice subi par le
commettant ne découle qu’indirectement du délit commis par le préposé. Tandis
que l’action civile n’est, selon l’article 2 du code de procédure pénale, recevable
que si le dommage résulte de l’infraction et s’il a pour fondement le fait délictueux,
la faute pénale

Ce ne sera pas le cas, si l’action repose non sur une faute pénale, amis sur une
présomption de responsabilité comme celle de l’article 1384, Alinéa 1 du code
civil (1)

Paragraphe 2 : Exonération pénale du banquier pour délégation de pouvoir

Le banquier ne peut pas tout faire, tout seul. Il peut parfois déléguer ses pouvoirs
de contrôle à un préposé. Il est donc normal que lorsqu’une faute a été commise
pendant le temps que ces pouvoirs ont été transférés sur une autre "tête", que la
présomption qui pèse sur le banquier cesse de courir.
La jurisprudence a donc admis en définitive que le banquier puisse s’exonérer en
cas de délégation de pouvoir. Mais encore faut-il que cette délégation soit
effectuée dans certaines conditions pour être valable.

Les pouvoir dont il s’agit sont les pouvoirs de direction, de contrôle et de


surveillance de la banque.

Cette délégation doit émaner personnellement du banquier, lui-même.


Il faut que la personne à qui la délégation est faite soit compétente et doive
disposer des moyens nécessaires pour veiller efficacement à l’inobservation des
dispositions en vigueur.

Il faut que le transfert soit effectif et que l’objet de ces pouvoirs soit précis et
limité.

La délégation doit être antérieure à la commission de l’infraction.

La banque doit avoir une grande importance.

Dès que ces conditions sont réunies, le chef est exonéré de la présomption qui
pèse sur lui.

Seul le délégué (prépose de banque) sera puni, mais celui là a la faculté de


démontrer une absence de faute ou une contrainte ou encore une force majeure.

A cet effet, nous verrons en section II les sanctions applicables aux fautes
pénales du préposé en matière bancaire.

ème
1. Levasseur et stéfani, Procédure pénale, 9 édition. 1975, N° 187 et 188

44
La responsabilité civile et pénale des préposés de banque
SECTION II : La réparation pénale
De quelles fautes s’agit-il ? Telle est la première question que nous nous posons
ici. Question dont la réponse nous est donnée par Monsieur le procureur général
Cosson (1) à travers une liste sommaire des infractions pouvant être commises
par les préposés et leurs commettants dans l’activité bancaire que nous
aborderons en premier lieu.
Mais il faudrait rappeler que ces sanctions pour être appliquées, doivent déjà
aboutir. Aussi une erreur procédurale pourrait empêcher son bon déroulement,
aspect de la chose que nous verrons en second lieu.

Paragraphie 1 : Sanctions Des Infractions Susceptibles D’être Commises Par


Les préposées Ou Leurs Commettants Selon ‘’ Monsieur Le Procureur General
Cosson
Ces infractions se résument au délit d’escroquerie, d’abus de confiance, d’abus
de bien sociaux, le secret bancaire et la banqueroute simple et frauduleuse.
 Selon le code pénal malien, dans son article 207, l’escroquerie est punie d’un
emprisonnement de 1 à 5 ans et facultativement de 120 000 à 1 200 000 FCFA
d’amende.
Ainsi sera puni des mêmes peines, sans que l’amende puisse être supérieure au
montant du chèque émis, celui qui de mauvaise foi a, soit émis un chèque sans
provision préalable et disponible ou avec une provision inférieure au montant du
chèque, soit retiré après l’émission tout ou partie de la provision, soit fait défense
au tiré de payer.
 Selon l’article 405 Alinéa 1 du code pénal français, les peines d’escroquerie
varient selon qu’il s’agisse d’escroquerie simple ou aggravée :
- Dans le premier cas, ce sera une peine d’emprisonnement allant de 1 à 5 ans et
d’une et d’une amende de 3 600 à 2 500 00 F français.
- Dans une second cas, si le délit a été commis par une personne ayant fait appel
au public en vue de l’émission d’actions obligations, bons, part ou titre
quelconque soit d’une société, soit d’une entreprise commerciale ou industrielle,
l’emprisonnement pourra être porté à 10 ans et l’amende à 5 000 000 F français.
Le condamné pour escroquerie encourt des interdictions d’ordre professionnel, en
particulier si la condamnation est de trois mois au moins d’emprisonnement sans
sursis, l’interdiction d’exercer le commerce (2).

__________________________________________
1. Art. de Christian Gavalda, livre de droit bancaire, Paris, édition …………………
2. Loi du 30 Août 1947. articles 1 et 2

45
La responsabilité civile et pénale des préposés de banque
La tentative d’escroquerie devient punissable à partir du commencement
d’exécution qui résultera de l’emploi des moyens frauduleux prévus par la loi.

La complicité se manifeste par l’intervention d’un tiers : par exemple est considéré
comme complice le tiers qui de mauvaise foi intervient pour persuader le préposé
d’une banque afin d’obtenir des fonds d’une garantie illusoire.

L’immunité de l’article 380 du code pénal s’étend à l’escroquerie.

La victime de l’escroquerie peut exercer son action civile en réparation dans les
conditions et les formes du droit commun, à la condition que le préjudice soit
direct.

Seul peut exercer l’action civile, celui qui a remis les fonds au prévenu ; peu
importe que des relations juridiques préalables entre les parties aient présenté un
caractère illicite.

C’est au ministère public et à la partie civile qu’il appartient de faire la preuve de


l’emploi des moyens frauduleux et de la remise de la chose : La preuve peut être
faite par tous moyens, même si l’escroquerie a eu pour résultat la conclusion d’un
contrat (1).

Si le moyen frauduleux a déterminé l’inscription de sommes à un compte courant,


le délai de prescription ne court que du jour de l’arrêté du compte ou à défaut de
la clôture de compte.

Exemple d’escroquerie : En ce qui concerne les sanctions appliquées, nous


avons pu lire dans le journal ‘’Le Monde’’ : le 1er Mars 1980 la condamnation à
mort en Chine d’une femme fusillée le 28 Février 1980 pour escroquerie.

Le code pénal malien, dans on article 210 punit l’abus de confiance de trois mois
à six mois d’emprisonnement et facultativement d’une amende de 120 000 à
1 200 000 FCFA.

En s’appliquant par l’article 408 du code pénal français, se référant aux peines
prévues par les articles 405 et 406, alinéa dernier du code pénal français, les
peines de l’abus de confiance varient selon qu’il s’agisse d’abus de fonction
simple ou aggravé :

- Dans le premier cas, il s’agira d’un emprisonnement de deux mois à deux ans et
une amende de 3 600 à 2 500 00 F Français. L’amende pourra être portée au
quart des restitutions et dommages intérêts, s’il est supérieur au maximum prévu
par la loi ;
- Dans le second cas l’emprisonnement peut être porté à 10 ans et l’amende à
5 000 000.

___________________________________
1. Code civil art. 1348, al. 2,1 Pour la preuve de la remise, crim 7 Mai 1953 B 160.

46
La responsabilité civile et pénale des préposés de banque
Le condamné pour abus de confiance encourt des interdictions d’ordres
professionnel notamment si la condamnation est de trois mois d’emprisonnement
au moins sans sursis, l’interdiction d’exercer le commerce (loi du 30 Août 1947,
Article 1 et 2) .
Le complice peut être également retenu comme receleur des objets provenant du
détournement, ce qui permet d’atteindre le complice, même si le délit originaire
est prescrit.
L’immunité de l’article 380 du code pénal français prévoie « Ne pourront donner
lieu qu’à des réparations civiles » et sont exclusives de tout délit, les vois commis
par un époux au préjudice du conjoint ou par les enfants ou autres ascendants au
préjudice de leurs pères ou mères ou autres descendants au préjudices de leurs
pères ou mère ou autres ascendants et réciproquement par les alliés au même
degré.
La jurisprudence étend l’immunité prévue par le vol à l’abus de confiance.
L’action civile ne peut être exercée que par les propriétaires possesseurs et
détenteurs du bien détourné, lequel s’il n’a aucun droit acquis sur le bien ne
justifie d’aucun préjudice découlant directement de l’infraction.
L’action est exercée suivant le droit commun, contre l’auteur du délit.
La nullité du contrat servant de base à l’abus de confiance ne fait pour autant par
disparaître le délit (1) de confiance.
 En ce qui concerne l’abus de biens sociaux, les peines de l’abus lui sont
applicables.
 Puis vient ce que nous pourrons désigner par le droit de se taire ou plus
communément le secret bancaire.
Pour ce qui est de la révélation de secret, le code pénal malien dans son article 195,
le punit d’un emprisonnement de six mois à deux ans et facultativement d’une
amende de 20 000 à 150 000 F CFA.
Selon l’article 52 de la loi bancaire, sont soumis au secret bancaire professionnel les
membres du conseil d’administration ou du conseil de surveillance d’un
établissement de crédit et toute personne participant à un titre quelconque à la
direction ou à la gestion de l’établissement qui est employé par lui.
Le texte s’applique à tous les établissements de crédit régis par la loi de 1994
quelque soit leur statut.
On ajoutera que les personnes participant à la mission de supervision confiée à la
commission bancaire sont elles mêmes soumises au secret professionnel (I.1984.
art. 49). L’article 14 de la loi du 4 août 1993 sur la Banque de France, impose de son
côté le secret professionnel à tous les agents de cet établissement ; le

_____________________________
1. Crim.12 Mai 1964, B 161

47
La responsabilité civile et pénale des préposés de banque
Banquier commettant ou ses préposés ayant accès à certaines informations, doivent
a priori garder confidentiel, tous les faits non publics que leur a confiés un client ou
même un tiers qu’ils ont connus ou surpris dans l’exercice ou à l’occasion de leur
activité professionnelle. L’existence même des relations d’affaires pourrait échapper
au devoir du secret à moins que le client ait manifeste une volonté contraire :
 Sur la communication au tireur des chèques payés, il est admis que le secret
bancaire à la différence d’autres secrets professionnels (avocats, …) est
relatif, c'est-à-dire que le client peut autoriser le banquier à révéler tel fait à
telle personne ou au public.
Le nombre des cas où la loi impose au banquier de communiquer des informations à
des autorités publiques pourrait conduire à douter de la réalité du secret bancaire,
consacré et sanctionné en principe par la loi de 1984 et aussi le code pénal française
de son article 378 punissant d’un emprisonnement de 1 à 6 mois et d’une amende de
500 à 8000 F français la violation du secret professionnel.
Le domaine du secret recouvre les actes et renseignements dont les banquiers ou
même les membres de la commission bancaire ont pu avoir connaissance de par
leurs fonctions.
Le code pénal rappelle également que le secret professionnel n’est pas toujours
opposable aux autorités judiciaires.
Et enfin pour terminer notre liste sommaire, la banqueroute.
Les peines de banqueroute selon les articles 402 et 405 du code pénal français
varient selon qu’il s’agisse de banqueroute simple ou frauduleuse et délits assimilés :
- Dans le premier cas, il s’agira d’emprisonnement de 1 à 2 ans, aucune peine
d’amende n’est prévue ;
- Dans le second cas, il s’agira d’emprisonnement de 1 à 5 ans ; l’interdiction
des droits de l’article pourra être prononcé, aucune peine d’amende n’est
prévue.
Toute condamnation pour banqueroute simple ou frauduleuse prononcée contre un
commerçant ou toute condamnation aux peines de banqueroute simple ou
frauduleuse contre les dirigeants de droit et de fait d’une personne morale entraîne
de plein droit la faillite personnelle du condamné.
La complicité en matière de banqueroute est punissable dans les termes de droit
commun : les complices encourent la même peine que l’auteur même s’ils n’ont pas
la qualité de commerçant. A été retenu comme complice de la banqueroute pour
moyens ruineux de se procurer des fonds, le directeur d’une agence bancaire qui
avait consenti à une entreprise en le dissimulant à la direction générale de la
banque, des découverts hors de proportion avec le chiffre d’affaires de son client ‘’
moyennant les intérêts manifestement excessifs’’ (1).

________________________________________
1 . Crim. 18 Mai 1978, B 166. Crim 20 nov 1978. B 319 : com

48
La responsabilité civile et pénale des préposés de banque
Mais le fait pour un directeur d’agence bancaire de recevoir des commissions
provenant à sa connaissance d’un détournement d’actif constitue un recel en non la
complicité de banqueroute (1)

Paragraphe 2 : Risque De L’erreur Procédurale En Matière Pénale Pour La


Victime

Toute erreur procédurale, risque d’être fâcheuse pour la victime des agissements
d’un préposé bancaire. Son insolvabilité personnelle, incline en effet, souvent la
victime a essayé d’engager la garantie de la banque, prise en qualité de commettant.

Mais souvent la victime, pour aller vite, commence à porter une plainte pénale contre
le préposé.

Un directeur, ainsi, poursuivi pour abus de confiance par un client auquel il n’avait pu
restituer des fonds avait été relaxé (2).

La victime, se plaçant sur le terrain pénal, invoqua la présomption de l’article 1384,


alinéa 5 du code civil français contre le banquier. Mais, cette prétention est rejetée,
eu égard à la constatation du tribunal répressif sur la connaissance de la part de la
victime de l’agissement personnel de ce directeur de banque. L’autorité de la chose
jugée de cette constatation a fait débouter le client de son action contre la banque.

La victime, avant d’entamer une procédure ou même de porter plainte aurait d’abord
dû prendre conscience du caractère on ne peut plus délicat de l’abus de fonction,
nullement exceptionnel dans des entreprises où les relations personnelles de
confiance, entre les préposés et la clientèle sont essentielles.

Aussi, dans quelles mesures l’employeur répond-il des actes accomplis par un de
ses préposés hors des fonctions qui lui ont confiées lorsque de tels actes sont
dommageables pour le partenaire ?

On laissera de côté, les cas où exceptionnellement un mandat apparent peut être


invoqué.

La réponse est à déduire des articles 144 et 145 de notre régime général des
obligations et également de l’article 1384 du code civil ; où il est stipulé :
 Article 144 du régime général des obligations : « Les commettants répondent
des dommages causés par une personne soumise à leur autorité, lorsque
celle-ci encourt dans l’exercice de ses fonctions une responsabilité à l’égard
d’autrui, les personnes agissant pour le compte d’une personne morale
engagent dans les mêmes conditions la responsabilité de celle-ci. »
 L’article 145 du régime général des obligations ajoute à cela que : « le
commettant n’est responsable que si le fait dommageable est en relation avec
l’exercice des fonctions du préposé.

1. Crim. 18 jan. 1968 - B 17

2. Cass. 14 octobre 1974, Bull. civ., N° 245, P 200

49
La responsabilité civile et pénale des préposés de banque
Il cesse de l’être lorsque le préposé a accompli un acte indépendant du lien de
préposition ; cependant le commettant demeure responsable, si l’acte du préposé se
rattache d’une manière quelconque à l’exercice de ses fonctions. »

Selon l’article 1384 du code civil « On est responsable non seulement du dommage
que l’on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des
personnes dont on doit répondre ou des choses que l’on a sous sa garde. »

Mais il est précisé que ces dispositions ne s’appliquent pas au commettant en cas de
dommages causés par le préposé qui, agissant sans autorisations à des fins
étrangères à ses attributions, s’est placé hors des fonctions, auxquelles il était
employé.

La qualité de préposé de l’auteur du préjudice, n’est généralement pas discutable.


Ce qui fait difficulté, c’est le lien avec les fonctions dont dépend la responsabilité du
commettant.

Pour que la responsabilité bancaire soit engagée, il faut que le demandeur se soit
adressé au préposé dans le cadre des fonctions de ce dernier. Cela ne signifie pas,
toutefois, qu’il ait traité dans les locaux mêmes de la banque.

La connaissance par le client, du dépassement de ses fonctions par le préposé, ou


sa complicité exclut le jeu de l’article 144 du régime général des obligations ou de
l’article 1384, alinéa 5 du code civil français.

La circonstance, que le client n’ait pas eu conscience de l’abus de fonction n’a pas,
toutefois nécessairement pour conséquence l’engagement de la responsabilité de la
banque. Il faut faire application généraux dégagés par la cour de cassation française
nettement restrictif quant à la responsabilité du commettant en cas d’abus de
fonction.

50
La responsabilité civile et pénale des préposés de banque
CONCLUSION

La responsabilité civile et pénale du préposé trouve sa raison d’être par les faits dans
les différentes parties du présent mémoire.

A travers les différents chapitres, nous avons remarqué que le préposé de banque
d’une part lorsqu’il commet une faute civile engage sa responsabilité et celle du
banque commettant immédiatement sauf disposition contraire.

D’autre part lorsque le préposé est pénalement poursuivi, le banquier est auteur
« virtuel » ou auteur « potentiel » du fait délictueux qui s’est réalisé.

Tous ces fondements sont valables dans l’explication de la faute pénale et civil du
préposé.

La conception objective s’avère nécessaire à la punition du préposé fautif.


L’explication subjective est également importante car elle permet non seulement de
réprimer une autre personne soit physique soit morale que le préposé, et permet à
cette dernière de disposer de moyens exonératoires dans certains cas.

Le juge du fond, en définitif aura le choix entre ces différents fondements.

En l’occurrence, le banquier commettant qui est reconnu être par la loi responsable
du fait de son préposé doit être reconnu coupable à juste titre.

Le système qui à été mis en œuvre en France s’avère important au Mali, car le Mali
connaît une évolution économique plus ou moins importante avec un nombre
croissant d’établissement de crédit.

Par ailleurs, nous constaterons également que ce système est nécessaire au niveau
des services publics, que les chefs soient par négligence ou par connaissances de
cause, laissent les subordonnées commettre certains faits délictueux, préjudiciables
à l’Etat et à la société. Mais comme nous le constatons, tous ces faits sont loin d’être
réprimés, à part quelques-uns qui le sont à titre de complicité.

Comme solution il faut donc permettre aux préposés de veiller en amont à


l’exactitude et à la certitude des dossiers présentés par les différents clients.

Tout préposé, doit éviter de commettre des fautes lourdes ; il doit tout mettre en
œuvre pour respecter le règlement intérieur de la banque, loi et règlement en vigueur
dans le milieu bancaire.

Il convient donc de proposer comme autre solution permettant d’éviter les fautes
lourdes commises par un éventuel préposé, de chercher à faire perfectionner les
différents préposés des institutions bancaires maliennes.

51
La responsabilité civile et pénale des préposés de banque
Il faut donc que les préposés des banques maliennes soient au même niveau de
formation que les préposés des différents banques d’Afrique et du monde : sur tout
avec les phénomènes de mondialiation et de globalisation.

BIBLIOGRAPHIE

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 Jacque GHESTIN : « Traité de droit civil, Introduction à la responsabilité »,
Paris, 2è Ed., LGDJ, 1975.

 Michel DE JUGLART, Alain PIEDELIEVE : « Cours de droit civil, biens et


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 Marty RAYNAUD : « Droit civil », Tome 2, volume 1, les obligations, Paris, Ed,
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II. Ouvrage spécialisés


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 Christian GAVALDA : « Droit du crédit, chèques, effets de commerce, cartes


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 Didier MARTIN : « Elements de droit bancaire, Coll. Institut technique de


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 Rives-Lange, JeanLouis : « Droit bancaire », 5ème Ed, Paris, Dalloz, 1990.

III. Les Revues de droit


 Jean ESCARRA, Roger HOUIN, dirigée par Brigitte Berlioz-Houin, « Revue
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Sirey, 1992.

 Philipe JESTAZ, Monique BANDRAC, « Revue trimestrielle de droit civil »,


Paris, [Link] - Sirey, 1992

 Philipe JESTA, Monique BANDRAC, « Revue trimestrielle de droit civil »,


Paris, Ed. Dalloz - Serey, 1993

 Jean ESCARRA et Roger HOUIN, dirigée par Brigitte BERLIOZ - HOUIN;


« Revue trimestrielle de droit commercial et de droit économique », Sirey,
Janvier - Mars, 1994.

IV. Codes
 Régime général des obligations du Mali
 Recueil des codes et textes usuels de la République du Mali (1959 - 1992)
 Code pénal malien
 Lexique des termes juridiques, Paris, Dalloz, 10ème Ed.., 1995
 Code civil français
 Code pénal français

V. Mémoires
 Goïta Diakaridia : la responsabilité pénale du fait d’autrui, Sciences juridiques,
1989.
 Sam Hamet : la responsabilité civile du banquier à l’égard de la clientèle en
matière de crédit documentaire, Sciences juridiques, 1983.

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La responsabilité civile et pénale des préposés de banque
TABLE DES MATIERES
DEDICACE I ................................................................................................................................... II
REMERCIEMENTS :....................................................................................................................... III
INTRODUCTION GÉNÉRALE ........................................................................................................... 4
PREMIERE PARTIE ..................................................................................................... 6
LES CAUSES DE RESPONSABILITÉ CIVILE ......................................................................................... 6
ET PÉNALE DES PRÉPOSÉS DE BANQUE .......................................................................................... 6
CHAPITRE 1 : Les Causes De Responsabilité Civile Des Préposés De Banque .................................... 8
SECTION I : La responsabilité civile du préposé engagée dans l’exercice de ses fonctions................. 9
Paragraphe 1 : La Responsabilité Contractuelle De La Banque Engagée Par Ses Préposes ........... 10
Paragraphe 2 : Responsabilité délictuelle de la banque engagée par ses préposés .................... 14
SECTION II : La responsabilité civile du banquier du fait du préposé fautif .................................... 18
Paragraphe 1 : Le banquier civilement responsable du fait de son préposé ............................... 18
Paragraphe 2 : Mesures dans lesquelles, le banquier est civilement tenu responsable des actes du
préposé .................................................................................................................................. 20
CHAPITRE 2 : Les Causes De Responsabilité Pénale ...................................................................... 22
SECTION I : La responsabilité pénale du préposé de banque......................................................... 23
Paragraphe 1 : La culpabilité pénale du préposé et du commettant .......................................... 23
Paragraphe 2 : Culpabilité pénale du seul préposé de banque .................................................. 25
SECTION II : La responsabilité pénale du banquier du fait du préposé fautif.................................. 28
Paragraphe 1 : Les Dispositions Législatives Régissant La Responsabilité Des Dirigeants Sociaux 28
A. Position du droit français................................................................................................. 28
B. La position du droit malien .............................................................................................. 29
Paragraphe 2 : La Culpabilité Directe Et Indirecte Du Banquier ................................................. 29
A. La culpabilité directe ....................................................................................................... 29
DEUXIEME PARTIE ...................................................................................................................... 32
LA MISE EN ŒUVRE DE LA RESPONSABILITE DU PREPOSE DE BANQUE ......................................... 32
CHAPITRE 1 : La saisine des juridictions ....................................................................................... 34
SECTION I : Les modes de saisine................................................................................................. 35
Paragraphe 1 : Position De La Chambre Criminelle De La Cour De Cassation.............................. 35
Paragraphe 2 : Incidence de la mauvaise foi du préposé sur la responsabilité du banquier ........ 37
A .Incidence d’une clause de non-responsabilité .................................................................. 37
B. Incidences ne découlant pas de l’article 1384 du code civil ............................................... 37
SECTION II : Les Effets De La Responsabilité Des Commettants Et Des Préposes ............................ 39
Paragraphe 1 : La responsabilité des commettants ................................................................... 39
Paragraphe 2 : La responsabilité des préposés ......................................................................... 40

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La responsabilité civile et pénale des préposés de banque
CHAPITRE 2 : La réparation des responsabilités ........................................................................... 42
SECTION I : La réparation civile ................................................................................................... 43
Paragraphe 2 : Exonération pénale du banquier pour délégation de pouvoir .......................... 44
SECTION II : La réparation pénale ................................................................................................ 45
Paragraphie 1 : Sanctions Des Infractions Susceptibles D’être Commises Par Les préposées Ou
Leurs Commettants Selon ‘’ Monsieur Le Procureur General Cosson ......................................... 45
Paragraphe 2 : Risque De L’erreur Procédurale En Matière Pénale Pour La Victime .................... 49
CONCLUSION .............................................................................................................................. 51
BIBLIOGRAPHIE .......................................................................................................................... 52

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