6.
LES ÉLÉMENTS DE RÉFÉRENCE
2022/2023
6.1 Définitions
Une surface de référence est un élément réel appartenant à la pièce et utilisé pour construire une référence spécifiée.
Un élément de référence est un élément idéal (élément géométriquement parfait), de même nature que l’élément nominal,
associé à une surface de référence réelle de façon unique.
La « référence spécifiée » est :
• soit un élément idéal identique à l’élément de référence
• soit un élément idéal plus simple qui en est dérivé (cas de l’axe d’un cylindre).
qui sert de référence de position et (ou) d’orientation à l’élément support de la zone de tolérance.
Convention : dans ce document les références spécifiées et leurs surfaces réelles correspondantes seront en bleu.
6.2 Construction des références spécifiées
RÉFÉRENCES SPÉCIFIÉES DES TOLÉRANCES GÉOMÉTRIQUES
Exemples de cotation Éléments réels Références spécifiées Commentaires
Le plan associé
Surface plane
à la surface réelle
Référence spécifiée
La référence spécifiée est le
plan associé à la surface réelle.
A C’est un plan géométriquement
parfait, tangent du côté libre de
matière et, si nécessaire,
occupant une position moyenne.
surface de référence
L’axe du cylindre associé
Surface cylindrique La référence spécifiée est
à la surface réelle
Référence spécifiée l’axe du cylindre associé à la
A
Cylindre associé surface réelle.
- Pour un arbre le cylindre
associé est le plus petit cylindre
parfait circonscrit au cylindre
réel.
- Pour un alésage le cylindre
associé est le plus grand cylindre
surface de référence parfait inscrit au cylindre réel.
Couple de 2 surfaces Le plan médian aux deux
planes plans associés
La référence spécifiée est le
Plans associés
plan médian aux 2 plans
A associés à chaque surface plane
réelles.
C’est un plan géométriquement
Référence parfait bissecteur des 2 plans
spécifiée tangents et, si nécessaire en
position moyenne aux deux
surfaces réelles.
surfaces de référence
REMARQUE :
• les tolérances linéaires et les tolérances géométriques de forme ne nécessitent pas de référence spécifiée puisqu’il
s’agit d’un tolérancement intrinsèque (elles se suffisent à elles-mêmes).
Spécification géométrique des produits (GPS) 1
6.3 Langage graphique le plus courant désignant la référence spécifiée 2022/2023
Type d’élément Représentation graphique Commentaires
Le triangle indicateur de la référence
Pour désigner une A A spécifiée est :
référence spécifiée ou bien : - sur la référence spécifiée
associée à une surface
plane réelle : ou bien
- séparé de la ligne de cote.
A
Pour désigner
Le triangle indicateur de la référence
l’axe d’un cylindre
spécifiée est dans le prolongement de la
associé à une surface
ligne de cote.
cylindrique réelle :
A
Pour désigner A
un plan médian aux Le triangle indicateur de la référence
deux plans associés à un spécifiée est dans le prolongement de la
couple de 2 surfaces ligne de cote.
planes réelles :
6.4 Différents types de références spécifiées
Langage graphique
Définitions
désignant l’élément tolérancé
Élément géométrique simple établi à partir :
Référence spécifiée - d’une surface plane ou cylindrique considérée seule
simple A ou
- d’une entité dimensionnelle : couple de deux surfaces planes
Élément géométrique établi à partir :
- de plusieurs surfaces planes ou cylindriques considérées
Référence spécifiée simultanément
commune A-B et/ou
- d'une ou plusieurs entités dimensionnelles considérées
simultanément.
Système de Élément géométrique constitué à partir d’une liste ordonnée de
références spécifiées A B C références qui peuvent être simples ou communes
A1 A2 A3
Partie d’un élément réel (surface réelle) utilisée pour bâtir une
référence spécifiée.
Référence partielle
A A1,2,3 Une référence partielle peut être un point, une ligne ou une zone
Ou bien : de la surface réelle.
Spécification géométrique des produits (GPS) 2
7. LE PRINCIPE DE L’INDÉPENDANCE
2022/2023
« Chaque exigence dimensionnelle ou géométrique spécifiée sur un dessin doit être respectée en elle-même
(indépendamment) sauf si une relation particulière est spécifiée. »
Exemple de représentation graphique Signification des symboles
Tolérances géométriques
0,05 A • Tolérance de position : localisation
0,03 A
0,01
• Tolérance d’orientation : parallélisme
• Tolérance de forme : planéité
Cote encadrée théorique spécifiant la localisation
20,25
20±0,5
Tolérance dimensionnelle : cote linéaire + tolérancement
A Désignation de la surface de référence pour les tolérances
géométriques de position et d’orientation
Commentaires :
La tolérance dimensionnelle limite uniquement les dimensions locales réelles mais pas les écarts de forme, d’orientation
ou de position.
Les différentes tolérances doivent être considérées indépendamment.
Spécification géométrique des produits (GPS)
3
8. ETUDE DES TOLÉRANCES DIMENSIONNELLES
2022/2023
8.1 Cote linéaire tolérancée : diamètre d’un cylindre
Représentation graphique Modélisation Surface cylindrique réelle tolérancée
∅ 40±0,1
d5
d4
d2
d3
d1
Dimensions locales réelles mesurées
Intervalle de tolérance : IT = cote Maxi – cote mini
Condition de conformité : chaque dimension locale réelle ou taille mesurée entre deux points (bipoint) diamétralement
opposés et appartenant à la surface réelle tolérancée doit être comprise dans les limites de la tolérance.
.
39,9 ≤ di ≤ 40,1
Commentaires
Il s’agit ici de la cotation d’un élément géométrique unique de forme cylindrique caractérisée par un paramètre
intrinsèque appelé diamètre.
La cote linéaire tolérancée ne limite pas le défaut de forme (cylindricité) de l’élément (pas d’exigence d’enveloppe).
8.2 Cote linéaire tolérancée : distance entre deux surfaces planes et parallèles
Représentation graphique Modélisation
d4
d2
Surfaces planes d6
24±0,1
d3
d5
réelles tolérancées
d1
Dimensions locales réelles mesurées
Intervalle de tolérance : IT = cote Maxi – cote mini
Condition de conformité : chaque dimension locale réelle ou taille mesurée entre deux points (bipoint) en regard et
appartenant aux surfaces réelles tolérancées doit être comprise dans les limites de la tolérance .
23,9 ≤ di ≤ 24,1
Commentaires
Il s’agit ici de la cotation d’un élément géométrique unique constitué d’un couple de deux surfaces planes et parallèles
caractérisé par un paramètre intrinsèque appelé taille.
La cote linéaire tolérancée ne limite ni le défaut d’orientation (parallélisme) ni les défauts de forme (planéité) des
éléments (pas d’exigence d’enveloppe).
Spécification géométrique des produits (GPS) 4
9. L’EXIGENCE D’ENVELOPPE 2022/2023
9.1 Notions d’enveloppe
-0,1
Si aucune relation particulière entre la dimension et la géométrie n’existe, un arbre coté ∅30 -0,2 ne pourra pas
+0,2
obligatoirement coulisser dans un alésage coté ∅30 +0 .
Interférence de matière
∅ 30,1
∅ 29,85
Si l’on veut que la condition fonctionnelle « arbre coulissant dans l’alésage » soit satisfaite, il est préférable d’ajouter
au tolérancement dimensionnel une condition supplémentaire qui est « l’exigence d’enveloppe ».
L’exigence d’enveloppe implique que :
« …l’enveloppe de forme géométrique parfaite à la dimension au maximum de matière de l’élément
considéré ne soit pas dépassée. »
Cela signifie que :
• pour un arbre, la dimension au « maximum de matière » correspond à la dimension maximale (ici c’est ∅29,9)
• pour un alésage, la dimension au « maximum de matière » correspond à la dimension minimale (ici c’est ∅30)
• le jeu minimal est donc de 0,1 en tout point de l’assemblage
L’exigence d’enveloppe est indiquée par :
• le symbole E placé à la suite de la tolérance .
Remarque :
La cote linéaire tolérancée et l’exigence d’enveloppe ne peuvent s’appliquer qu’à un élément cylindrique ou à deux
éléments plans parallèles et en vis à vis. Il faut donc que le bipoint existe physiquement.
40±0,2
Exemples : 15±0,1 40±0,2
15±0,3
30±0,2
Zone valide
Cote valide sur une zone Cotes non valides Cotes non valides
∅20±0,2
∅12h10
15±0,3
Zone de validité de la cote 30±0,1 10±0,2 15±0,2
30±0,1
Cotes valides Cotes non valides
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ENST GMP
2022/2023
9.2 Cote linéaire tolérancée avec exigence d’enveloppe : diamètre d’un arbre
Représentation graphique Modélisation
Enveloppe de forme parfaite à la
dimension au « maximum de matière »
Exigence d’enveloppe
∅ 40±0,1 E
∅ 40,1
d3
d2
d1
∅ 40
Diamètres locaux réels
Surface cylindrique réelle tolérancée
Conditions de conformité
La surface cylindrique réelle tolérancée doit respecter les deux exigences suivantes :
• l’arbre entier doit rester dans la limite de l’enveloppe cylindrique de forme parfaite et de ∅ 40,1.
Il s’agit de la dimension au « maximum de matière » qui correspond, pour une arbre, à la dimension maximale.
• chaque diamètre local doit vérifier la condition de conformité : ∅39,9 ≤ di ≤ ∅40,1
9.3 Cote linéaire tolérancée avec exigence d’enveloppe : diamètre d’un alésage
Représentation graphique Modélisation Enveloppe de forme parfaite à la
dimension au « maximum de matière »
Exigence d’enveloppe
∅ 16±0,1 E
∅15,9
d4
d2
d3
d1
Diamètres locaux réels Surface cylindrique réelle tolérancée
Conditions de conformité
La surface cylindrique réelle tolérancée doit respecter les deux exigences suivantes :
• l’alésage entier doit rester dans la limite de l’enveloppe cylindrique de forme parfaite et de ∅ 15,9
Il s’agit de la dimension au « maximum de matière » qui correspond, pour un alésage, à la dimension minimale.
• chaque diamètre local doit vérifier la condition de conformité : ∅15,9 ≤ di ≤ ∅16,1
Spécification géométrique des produits (GPS) 6
2022/2023
10. TOLÉRANCES ET D’AJUSTEMENTS
10.1 Exemple de cotation
Examinons en détail la spécification du dessin de définition : ∅14H8 (page 4)
∅ 14 H 8
Il s’agit du diamètre d’une
surface cylindrique Symbole du degré de la tolérance
Dimension nominale commune Symbole de la position de la zone de tolérance
Position de la zone de tolérance : la position de la zone de tolérance par rapport à la ligne zéro est symbolisée par une
lettre de l’alphabet, majuscule pour les alésages et minuscule pour les arbres.
Degré de la tolérance : le degré de la tolérance (appelé également grandeur, qualité ou précision) est symbolisé par un
nombre :
01 - 0 - 1 - 2 - 3 …………………………………… 13 - 14 - 15 - 16
plus précis moins précis
Pour un même nombre, ce degré varie en fonction de la dimension nominale : plus la dimension est grande, plus
l’intervalle de tolérance est grand.
10.2 Représentation graphique d’un ajustement
Tolérance dimensionnelle = Dimension maximale – Dimension minimale
Dimension maximale
Ou en abrégé : IT = D maxi – D mini
Tolérance dimensionnelle
Dimension minimale
Ecart inférieur
Dimension nominale
Pour l’alésage : Ecart supérieur
Ecart supérieur ES = D max – D nom
Ecart inférieur EI = D min – D nom Jeu Maxi
Alésage Jeu mini
Pour l’arbre :
Ecart supérieur es = d max – D nom
Ecart inférieur ei = d min – D nom Arbre Ligne zéro
Tolérance dimensionnelle
Ecart inférieur
Dimension minimale
Ecart supérieur
Dimension maximale
Dimension nominale
Pour connaître les valeurs numériques des écarts fondamentaux attribués aux arbres et aux alésages vous devez
consulter les tableaux des tolérances ISO pour les alésages et pour les arbres dont des extraits sont dans les
manuels de construction et de productique.
Spécification géométrique des produits (GPS) 7