5.2.
Redressement bi-alternance
5.2.1. Montage à deux diodes (P2)
A partir du réseau monophasé, grâce à un transformateur à point milieu, on obtient deux tensions
v1 et v2 égales mais déphasées de π, que l’on redresse moyennant deux diodes D1 et D2 considérées
comme étant idéales (Fig. 19).
Selon la nature de la charge alimentée par le montage, différents fonctionnements peuvent être
obtenus. Ainsi, pour une charge RL, la conduction est ininterrompue (continue). Par contre, dans le cas
d’une charge active (présence d’une f.e.m.), le fonctionnement peut être continu ou discontinu en
fonction des valeurs de l’inductance et de la f.e.m.
Nous considérons seulement le cas d’une charge RL (conduction continue). L’étude en conduction
discontinue est similaire à celle d’un montage PD2 que nous présenterons en 5.2.2.A.
D1
is1 iC
v1
Charge
uC
v2
is2
D2
Fig. 19 : Redresseur P2
Si
a) Analyse du fonctionnement
Pour 0 < ωt < π ; : D1 conduit, D2 bloquée
-
- 0
- 2
Pour π < ωt < 2π ; : D2 conduit, D1 bloquée
0
-
-
- 2
b) Allures des différentes grandeurs
La figure 20 montre les allures des différentes grandeurs.
La tension uC(t) est périodique de période π: son indice de pulsation est p=2, son indice de
commutation est q=2.
Les courants sont représentés en trait continu pour une charge consommant un courant parfaitement
lissé (iC = IC = const) et en trait interrompu pour une charge résistive. Dans ce cas particulier, le courant
dans la charge s’exprime par la relation :
, ce qui donne
, !" # 0 $ $%
, !" # % $ $ 2%
uC, v1, v2, vD1
uC
0 π 2π ωt
v2
v1
vD1
iC
ωt
is1=iD1
ωt
is2=iD2
ωt
ip
ωt
D1 D2
Fig. 20 : Redresseur P2 - formes d’ondes
c) Etude de la tension
1 * 1 *
Valeur moyenne de la tension :
) ,-./- ) - /- 0 cos -3*+
&'
% + % + %
2 2√2
&'
% %
1 * 1 * 1 7" 2- 1 *
Valeur efficace :
*
) ,-./- ) - /- ) /- 8- 2-9
566
% + % + % + 2 2% 2 +
566
√2
%
Facteur de forme :
: 1.11
566
&' 2√2
<= >: 1 0.48 48%
Taux d’ondulation :
5.2.2. Utilisation de quatre diodes (Montage en pont de Graëtz monophasé ou PD2)
A) Etude en conduction continue
a) Montage
Le schéma électrique est représenté sur la figure 21. La charge est par exemple un moteur à courant
B ..
continu de f.c.e.m. E et de résistance interne R. L est l’inductance de sont induit augmentée
éventuellement par une inductance de lissage rendant le courant parfaitement lissé (
iC
D1 D2
i
R
A
v uC
B L
D3 D4 C
E
Fig. 21 : Redresseur PD2
a) Analyse du fonctionnement
0$ $%: 0 ; D1 et D4 conduisent, D2 et D3 bloquées
Soit , les diodes D1 à D4 sont considérées comme idéales ;
-
- D
0, E
- F B , E 0
Trajet du courant :
Entre par A → D1 → Charge → D4 → sort par B
%$ $ 2% : $ 0 ; D2 et D3 conduisent, D1 et D4 bloquées
-
- G
0, F
- E B , F 0
Trajet du courant :
Entre par B → D2 → Charge → D3 → sort par A.
Le courant et la tension s’inversent dans la source mais gardent leur sens dans la charge.
b) Oscillogrammes et grandeurs caractéristiques
Les différentes grandeurs sont représentées sur la figure 22.
c) Etude de la tension
Pour la tension uC(t) : indice de pulsation p=2, indice de commutation q=2.
Son allure est semblable à celle du montage P2. Par conséquent, le calcul des valeurs moyennes
et efficaces se fait de la même manière et on obtient les mêmes expressions ;
2
,
&'
% 566
Relation pour la valeur moyenne :
&' H &' C I &' CJ
Or, la tension moyenne aux bornes d’une inductance parcourue par un courant périodique est nulle
(uLmoy = 0). La tension moyenne aux bornes de la charge s’écrit :
&' &' CJ
d) Contraintes sur les semi-conducteurs :
&' B
&'
2 2
566 B
566
√2 √2
HHK √2
e) Caractéristiques du courant d’entrée :
&' 0, 566 B
f) Etude des puissances
Puissance apparente :
L B B
Puissance active :
Le courant étant parfaitement lissé, la puissance active est donnée par :
2
M &' . B B
%
Facteur de puissance :
Le facteur de puissance du montage F est égal à :
M 2√2
N 0.9
L %
v, uC
uC
ωt
0 π 2π
vD1
ωt
iC
IC
ωt
iD1= iD4
ωt
iD2= iD3
ωt
ωt
D1 , D4 D2, D3
Fig. 22 : Formes d’ondes d’un redresseur PD2 en conduction continue
B) Etude de la conduction discontinue
Charge RE
a) Analyse du fonctionnement
Le fonctionnement dans ce cas présente deux situations :
Si | | J : le pont conduit ;
| | J
| |Q
Si | | $ J : le pont est bloqué ;
JQ 0
b) Chronogrammes
Les différentes allures sont représentées sur la figure 24.
v, uC
Vm uC
ωt
0 θ1 θ2 π 2π
-v v
iC
D1 , D4 D2 , D3
Fig. 24 : Redresseur PD2 sur charge RE – formes d’ondes
c) grandeurs caractéristiques
L’expression de la valeur moyenne de ic(t) est :
1 R ,-. J 1 R - J
) /- ) /-
&'
% R % R
On trouve :
1
0 ,7" - 7" - . J,- - .3
&'
%
1
02 7" - SJ3
&'
%
Avec :
J
- - W#7
- % -
S - - : l’angle de conduction d’une diode par période de v(t)
-
-
La tension moyenne uc est donnée par :
- -
CJ ,7" - 7" - . C J,1 .
&' &'
% %
Charge RLE (moteur à courant continu)
a) Fonctionnement :
Le pont conduit si | | J:
| |
Le courant est régit à tout instant par l’équation différentielle :
/
CT CJ
/
Le pont se bloque à l’instant - ou le courant s’annule. A partir de cet instant, on aura :
JQ 0
b) Chronogrammes
Les allures des différentes grandeurs sont représentées sur la figure 25.
c) Valeur moyenne de la tension :
1 R R *
U) J /- C ) -/- C ) J /-V
&'
% + R R
1
0J- C ,7" - 7" - . C J,% - .3
%
- -
Finalement :
,7" - 7" - . C J,1 .
&'
% %
Remarque :
L’inductance prolonge la conduction du courant. Si l’inductance est suffisamment grande, la
conduction devient continue.
v, uC
Vm uC
J
ωt
0 θ1 θ2 π 2π
-v v
iC
ωt
D1 , D4 D2 , D3
Fig. 25 : Redresseur PD2 sur charge RLE - formes d’ondes
5.3. Redresseur P3
a) Montage
Le schéma électrique du montage est représenté sur la figure 26.
Les diodes D1, D2 et D3 sont parfaites, la charge alimentée par le convertisseur consomme un
courant parfaitement lissé (iC = IC = const)
v1 D1
Réseau triphasé
v2 D2 iC
v3 D3
Charge
uC
Fig. 26 : Schéma électrique du redresseur P3
Le système de tensions triphasées au secondaire du transformateur est conforme aux relations :
2%
, .
3
4%
, .
E
3
b) Analyse du fonctionnement
Le montage P3 est constitué de trois diodes à cathodes communes ; la diode en conduction est celle
dont l’anode est reliée à la borne ayant le potentiel le plus élevé.
% 5%
$-$
6 6
: et E ; D1 conduit, D2 et D3 bloquées
-
- 0, , E E
5% 3%
$-$ E
6 2
: et ; D2 conduit, D1 et D3 bloquées
-
- 0, , E E
3% 13% :
$-$ E E
2 6
et ; D3 conduit, D1 et D2 bloquées
- E
- E 0, E, E
c) Formes d’ondes
La figure 27 montre les tracés des différentes grandeurs.
d) Etude de la tension
Valeur moyenne :
Y* Y*
3 Z 3 Z 3 *
) ,-./- ) - /- 0cos -3Y*
Z
&'
2% * 2% * 2% Z
Z Z
3√6
1.169
&'
2%
Valeur efficace :
Y* Y* Y*
3 Z 3 Z 3 Z 1 7" 2-
) ,-./- ) - /- ) /-
566
2% * 2% * K
2% * 2
Z Z Z
Y*
3 1 Z 3 2% √3 3√3
8- sin 2-9* U C V U1 C V
4% 2 4% 3 2 4%
Z
Finalement :
3√3
]1 C 1.1889
566
4%
1.1889
Facteur de forme :
: 1.016
566
&' 1.169
<= >: 1 >,1.016. 1 0.18 18%
Taux d’ondulation :
e) Contraintes sur les semi-conducteurs
Contraintes en courant :
Chaque diode conduit le courant pendant un tiers de la période, donc :
_` B
B
&'
3
B
566
√3
Contraintes en tension :
La tension inverse supportée par une diode bloquée (par ex. D1) est :
b"# c Q d 7" /
a
E E b"# c Q dE 7" /
Il s’ensuit que la tension inverse maximale supportée par une diode bloquée est égale au
maximum de la tension composée :
HHK e √3 √6
f) Facteur de puissance secondaire :
⎧ 3√6
M ⎪M &' . B .B
N 2%
L ⎨L B
3 Bj 3 B 3
; Avec :
⎪
⎩ √3
3
N 0.675
√2%
v1, v2 , v3 uC, vD1
uC
%
ωt
5% 3%
π
6 6 2
0 2π
v3 v1
v2
vD1
iC
IC
ωt
iD1
ωt
iD2
ωt
iD3
ωt
D3 D1 D2 D3
Fig.27 : Redresseur P3 en conduction continue – formes d’ondes
5.4. Redresseur PD3
a) Montage
Le schéma électrique du montage est représenté sur la figure 28. Il est constitué de deux groupes
de diodes ; l’un à cathodes réunies (partie haute du pont avec les diodes D1, D2 et D3) et l’autre à anodes
réunies (partie basse du pont comprenant les diodes D1’, D2’ et D3’).
iC
v1 D1 D2 D3
is1
Réseau triphasé
v2
Charge
is2 uC
v3
is3
D’1 D’2 D’3
Fig. 28 : Schéma électrique du redresseur PD3
b) Analyse du fonctionnement
A chaque instant, deux diodes sont conductrices ; l’une appartenant au groupe du haut (potentiel
d’anode le plus élevé), l’autre à celui du bas (potentiel de cathode le plus bas). Il en résulte les
intervalles de conduction suivants sur une période 2π.
%
0$-$
6
: D3 et D2’ conduisent ;
E E
% %
$ - $ : D1 et D2’ conduisent ;
6 2
% 5%
$-$
2 6
: D1 et D3’ conduisent ;
E E
5% 7%
$-$
6 6
: D2 et D3’ conduisent
E E
7% 3%
$-$
6 2
: D2 et D1’ conduisent
3% 11%
$-$
2 6
: D3 et D1’ conduisent
E E
11%
$ - $ 2% : D3 et D2’ conduisent
6
E E
c) Formes d’ondes
Les différentes grandeurs sont représentées sur la figure 29.
d) Caractéristiques de la tension
La tension uC(t) est périodique de période π/3: son indice de pulsation est p=6, son indice de
commutation est q=3.
Valeur moyenne :
*
6 Z 6√3 *
3√6
) √3 7" l/l 0 l3+Z 2.339
&'
% + % %
Valeur efficace :
* * *
6 Z 18 Z1C 7" 2- 9 1 Z
) ,√3 7" -. /- ) /- 8- C 2-9
566
% + % + 2 % 2 +
9√3
U3 C V
2%
9√3
Finalement: ]3 C 2.341
566
2%
2.341
Facteur de forme :
: 1.00089
566
&' 2.339
<= >: 1 >,1.00089. 1 0.042 4.2%
Taux d’ondulation :
e) Courant au secondaire
Le courant dans les enroulements secondaires du transformateur est alternatif de période 2π.
Sa valeur moyenne ismoy est, donc, nulle
2%
Sa valeur efficace est :
B 3 2
Bj B
j566
% 3
Donc :
2
Bj B ]
3
f) Contraintes sur les semi-conducteurs
Contraintes en courant :
B B
Chaque diode conduit le courant pendant un tiers de la période, donc :
B , ,
_` &'
3 566
√3
uC, vD1
uC
v1 u13 v2 v3
u12
ωt
0 2π
u23 u21 u31 u32 vD1
iD1
IC
ωt
0 π/6 π/2 5π/6 7π/6 3π/2 11π/6 2π
is1
IC
ωt
-IC
D3 D1 D1 D1 D1 D2 D2 D2 D2 D3 D3 D3 Diodes
D2’ D2’ D2’ D3’ D3’ D3’ D3’ D1’ D1’ D1’ D1’ D2’ passantes
u32 u12 u12 u13 u13 u23 u23 u21 u21 u31 u31 u32 uC
u13 0 0 0 0 u12 u12 u12 u12 u13 u13 u13 vD1
Fig.29 : Redresseur PD3 en conduction continue – formes d’ondes
Contraintes en tension
La tension inverse supportée par une diode bloquée (par ex. D1) est :
b"# c Q d 7" /
a
E E b"# c Q dE 7" /
Il s’ensuit que la tension inverse maximale supportée par une diode bloquée est égale au
maximum de la tension composée :
HHK e √3 √6
g) Facteur de puissance secondaire :
3√6
⎧ M &' . B .B
M
N ; Avec : ⎪ %
L
⎨ 2
⎪L 3 Bj 3 Bj 3 B ]
⎩ 3
3
N 0.955
%