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Introduction à la Santé Publique

C'est l'unigom

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COURS DE SANTE PUBLIQUE G1 BIOMEDICAL

I. CONTENU DU COURS

CHAPITRE I : CONSIDERATIONS GENERALES SUR LES CONCEPTS DE BASE


EN SANTE PUBLIQUE
1.1. Santé
1.2. Public (que)
1.3. Santé publique
1.4. Santé communautaire
1.5. Communauté
1.6. Participation communautaire
1.7. Problème de santé
1.8. Besoin
1.9. Quelques activités de la santé publique
CHAPITRE II : LES FACTEURS POUVANT INFLUENCER LA SANTE D’UN
INDIVIDU
2.1. Facteurs biologiques et sanitaires
2.2. Facteurs socio-économiques
2.3. Facteurs géographiques
2.4. Facteurs culturels
2.5. Facteurs politiques
2.6. Facteurs démographiques
CHAPITRE III : SYSTEMES DE SANTE DANS LE MONDE
3.1. Introduction
3.2. Définition
3.3. Ses objectifs
3.4. Caractéristiques d’un système de santé
3.5. Modèles des systèmes de santé
3.6. Principaux types des systèmes de santé
CHAPITRE IV : LES DETERMINANTS SOCIAUX DE LA SANTE
4.0. Introduction
4.1. Principaux concepts relatifs aux déterminants sociaux de la santé
4.2. Qu’est-ce qui détermine notre état de santé
4.3. Quelques déterminants de la santé
CHAPITRE V : LES NIVEAUX D’INTERVENTION EN SANTE PUBLIQUE
5.1. Restauration de la santé
5.2. Protection de la santé
5.3. Promotion de la santé
CHAPITRE VI : LES NIVEAUX DE PREVENTION D’UNE MALADIE
2

6.1. Portée de la prévention


6.2. Potentiel de prévention
6.3. Définition de la prévention
6.4. Les différents niveaux de prévention
6.5. Classification de la prévention selon RS. GORDON
6.6. La prévention globale
6.7. Prévention selon le glossaire de la banque des données
en santé publique(BDSP)
CHAPITRE VII. : LES INDICATEURS DES PHENOMENES DE SANTE
7.1. Définition de l’indicateur
7.2. Formes d’indicateurs
CHAPITRE VIII : ORGANISATION DU SYSTEME SANITAIRE EN RDC
8.0. Introduction
8.1. Organisation générale des soins de santé primaires
8.2. Les composantes des soins de santé primaires
8.3. Objectif général de la santé pour tous
8.4. Organisation d’une Zone de santé
8.5. Les organes de gestion d’une ZS
8.6. Structure de leadership dans une zone de santé
8.7. Critères de fonctionnalité et d’opérationnalité d’une ZS
8.8. Critères ou normes de fonctionnalité du BCZ
8.9. Critères ou normes de fonctionnalité d’un HGR
8.10. Critères ou normes de fonctionnalité du CS
8.11. Les activités des soins de santé primaires

II : BIBLIOGRAPHIE :
1. Abraham, S. Benenson, Prophylaxie des maladies transmissibles l’homme,
14è éd., Québec 1985.
2. Gilles Brucker et Didier Fassin, La santé publique, éd. Marketing, Paris, 1989.
3. Jenicek, M. et Cléroux R., Epidémiologie (principes, techniques et
applications), Edisem Inc. Québec, canada, 1982.
4. Gentilini Marc et Bernard Duflo, Médecine tropicale, 2è éd. Flammarion,
Médecine – Sciences, Paris, 1977.
5. Desgrippes Florence et All, Améliorer l’hygiène hospitalière, guide en
organisation hospitalière dans les pays en développement, Paris 2001.
6. Antoine Darbon et Henri – Michel Antoine, Maladies infectieuses,
Épidémiologiques et prophylaxie, éd. Foucher, Paris 1998.
7. Moulinot D. et Rougeaux D., Sciences sanitaires et sociales, éd. Foucher,
3

Paris, 1997.
8. Alain Rochons, L’éducation pour la santé, les éditions Agence d’ARC Inc.
Ottawa, canada 1988.
9. Module de formation en surveillance épidémiologique et gestion des épidémies
pour les infirmiers des centres de santé, année 2000.
10. Module des maladies transmissibles, épidémies et gestion des catastrophes de
formation en management des SSP, Mai 1998.
11. Guide technique pour la surveillance intégrée de la maladie et la riposte en RDC,
année 2000.
III : OBJECTIFS DU COURS :
1. Objectif général : A la fin de ce cours, l’étudiant doit être capable d’expliquer les notions
fondamentales de la santé publique, d’identifier et mesurer l’ampleur d’un problème sanitaire.
2. Objectifs spécifiques :
A la fin de ce cours, l’étudiant doit être capable de :
- Connaître et expliquer les concepts utilisés couramment en santé Publique.
- identifier dans la communauté les différents facteurs qui peuvent influencer la santé d’un
individu, d’une famille et d’une communauté.
- Mesurer l’ampleur d’une maladie par le calcul des indicateurs sanitaires.
- connaître toutes les activités de soins de santé primaires selon le stade d’exécution dans une
Zone de santé en RDC
- évaluer l’application ou la mise en œuvre de soins de santé primaires dans les structures
sanitaires etc.
- Maitriser les niveaux d’intervention en santé publique
- Connaître les objectifs du système de santé
- Connaître les caractéristiques du système de santé
- Savoir différentier les différents types de système de santé.
- Maitriser les niveaux de prévention d’une maladie.
0. INTRODUCTION :
La santé publique prend en compte les dimensions d’organisation administrative, politique et économique. La
santé publique aborde l’organisation de la santé pour une collectivité, une population à un niveau individuel
et à un niveau collectif.
La santé publique est l’approche collective et administrative des problèmes de santé d’une population sous
ses aspects politiques, économiques, réglementaires, institutionnels
Elle est définie et mise en œuvre par les administrations compétentes au service d’une population au travers
de politiques de santé.
La priorité de la santé publique est la protection de la santé de la collectivité.
Elle est la discipline officielle de protection de la santé de la collectivité.
4

La santé publique est aujourd’hui une discipline autonome qui s’occupe de l’état sanitaire d’une collectivité,
de la santé globale des populations sous tous ces aspects : curatif, préventif, éducatif et social. La
santé publique peut être aussi considérée comme une institution sociale, une discipline et une pratique. Son
champ d’action est vaste et couvre tous les efforts sociaux, politiques, organisationnels qui sont destinés à
améliorer la santé de groupes ou de populations entières. Ceci inclut toutes les approches organisées, tous
les systèmes de promotion de la santé, de prévention des maladies, de lutte contre la maladie, de
réadaptation ou de soins orientés en ce sens.
 Qu’est ce qu’une démarche de santé publique : La santé publique fait appel à un ensemble de
disciplines variés et complémentaires : la médecine épidémiologique, sociale et économique et
intègre diverses notions telles que l’environnement, l’histoire, la culture. Elle concerne toutes les
dimensions de soins : préventive, curative, éducative, et de réhabilitation.
Une politique de santé publique est l’ensemble des choix stratégiques des pouvoirs publics pour choisir
les champs d’intervention, les objectifs généraux à atteindre et les moyens qui seront engagés. Il s’agit de
maintenir ou d’améliorer l’état de santé d’une population.
Un plan de santé publique est un ensemble de dispositions arrêtées en vue de l’exécution d’un projet et
comporte une série de programmes d’actions. Il opère des choix stratégiques en retenant certains types
d’intervention plutôt que d’autres et fixe les priorités de son action en les hiérarchisant.
 Importance de la Santé Publique : L’étude de la santé Publique constitue la tache
quotidienne de tous les établissements de la santé publique et de tous les services
sanitaires. Tout cadre de la santé, dans son travail, doit s'occuper de l'analyse de la
santé de la population. Les donnés concernant: le nombre, la composition selon l'âge,
le sexe et la profession , la densité de la population, la morbidité de la population
servent de base pour l'organisation de la santé publique à l'échelle du pays, des
provinces et des zones afin de pouvoir planifier le réseau de services de santé.
Exemple : Conditions de création d'une Zone de Santé Rurale et des Centre de Santé sur base
du nombre de la population.
Pour élaborer les plans de lutte contre les différentes maladies, il faut connaître les indices de
la santé de la population. Les données concernant la santé de la population, l'abaissement du
taux de mortalité, l'amélioration de développement physique de la population servent d'indices
essentiels d'efficacité de travail des services sanitaires, sur lesquels on peut se baser pour
apprécier les activités des établissements sanitaires.
Donc, les données sur la santé de la population ont une grande importance pour la
planification, l'organisation et l'appréciation correcte du fonctionnement des services de santé
publique. Aucun service ne peut travailler avec succès s'il ne tient compte de ces données.
C'est en connaissant bien l'état de la santé de la population et en suivant l'évolution de cet
état qu'on peut bien organiser l'aide sanitaire à la population et diriger les plus grands efforts
sur les secteurs qui posent des problèmes.
5

 Planification d'une intervention en santé publique : Les principaux groupes


d'indices caractérisant la santé d'une population :
Quatre indices principaux caractérisent la santé d'une population. Il s'agit:
- Des données démographiques (nombre et composition de la population, natalité,
morbidité, accroissement naturel)
- De la morbidité de la population
- Du développement physique des groupes particuliers de la population, comme les
enfants à la naissance(le poids des enfants de moins de cinq ans).
- Des données concernant l'invalidité.
CHAPITRE I : CONSIDERATIONS GENERALES SUR LES CONCEPTS
DE BASE EN SANTE PUBLIQUE

1. 1. La santé :

Les professionnels de la santé ont le plus souvent tendance à considérer qu’un être en bonne
santé se résume à ne pas être malade.
La maladie étant envisagée comme une allitération de la santé : « Etre malade » peut être
considéré comme l’expression ou la manifestation par un individu d’une souffrance physique ou
mentale et la reconnaissance de cette maladie par l’entourage (environnement social et
familial) au sein duquel sont inclus bien entendu les professionnels de santé.
La définition de la santé qu’on donne ou qu’on accepte est très importante. Les stratégies que l’on prendra
pour promouvoir la santé de la population dépendront de ce qu’on entend par santé.
Plusieurs définitions peuvent être trouvées dans la littérature. Chaque définition présente des aspects
positifs et négatifs.
De nombreuses définitions de la santé existent :
- Modèle biomédical : la santé peut être définie par l’absence de maladie et d’infirmités. « La santé, c’est
la vie dans le silence des organes. » (Leriche) ;
- modèle biopsychosocial : la santé est définie comme un état de complet bien-être physique, mental et
social (OMS)
- Modèle dynamique, avec capacité d’adaptation permanente à son environnement
– « La santé est l’équilibre et l’harmonie de toutes les possibilités de la personne humaine (biologiques,
psychologiques et sociales). Ce qui exige, d’une part, la satisfaction des besoins fondamentaux de l’homme,
qui sont qualitativement les mêmes pour tous les êtres humains, d’autre part, une adaptation sans cesse
remise en question de l’homme à un environnement en perpétuelle mutation. » (Charte d’Ottawa.)
– « État physique et mental relativement exempt de gênes et de souffrances qui permet à l’individu de
fonctionner aussi longtemps que possible dans le milieu où le hasard ou le choix l’ont placé. » (René Dubos.)
a) La santé a souvent été définie d’une manière négative comme l’absence de maladie ou d’atteinte à
l’intégrité physique. Si on est en mauvaise santé, c’est qu’on a une maladie. Donc, le remède est
d’avoir recours à des soins pour éliminer cette maladie. La réponse sera ici une politique de distribution
de soins, ou un système de prise en charge de maladie.
6

b) En 1947, l’OMS rejette cette définition négative et définit la santé comme un état de bien être complet
physique, mental et social et pas seulement l’absence de maladie. Cette notion de bien être est le
concept important, le bien être est influencé par la santé, mais pas seulement. Cette définition reflète
bien l’optimiste, mais comment atteindre cet état de santé idéal ? il est tout de suite plus difficile
d’identifier quelles stratégies à envisager pour favoriser la santé car cette définition concerne toute
l’activité humaine.
c) Evans et Stoddart (1991) proposent une autre définition. S’ils pensent que la définition de l’OMS est
trop large et irréaliste au niveau opérationnel, la définition comme absence de malade leur semble trop
étroite. Ils distinguent donc « la maladie pathologie », maladie diagnostiquée, définie et traitée par
les professionnels et « la maladie malaise » qui est la perception du patient.
Pour les deux auteurs, la définition de la santé se situe quelque part entre l’absence d’états biologiques
négatifs (maladies, douleurs, infirmités, mort) et le bien être comme définit par l’OMS.
Bref, la santé a plusieurs significations.
………………………………………………………………………………………… …...
Absence de maladie absence de maladie bien être selon l’OMS
pathologique malaise
Il n’y a pas de définitions justes ou fausses, elles ont simplement des buts et des champs d’application
différents.
1.2. Le mot Public.
Public (que) Selon Larousse: vient du latin publicus, ce qui veut dire "Qui concerne la
collectivité dans son ensemble"(Larousse, 1993).
Par opposition à privé ou on dirait donc que la santé publique est la santé de la
collectivité dans son ensemble ou tout simplement la santé de la population.
1. 3. LA SANTE PUBLIQUE :
- L’OMS, en 1952, en donne la définition suivante : La santé publique est la science et l’art de prévenir les
maladies, de prolonger la vie et d’améliorer la santé et la vitalité mentale et physique des individus, par le
moyen d’une action collective concertée visant à
 assainir le milieu ;
 lutter contre les maladies ;
 enseigner les règles d’hygiène personnelle ;
 organiser des services médicaux et infirmiers en vue d’un diagnostic précoce et du traitement
préventif des maladies ;
 mettre en œuvre des mesures sociales propres à assure à chaque membre de la collectivité un
niveau de vie compatible avec le maintien de la santé.
- Pour G. Brücker et Didier Fassin, on la définira comme étant une de démarche pratique
ayant les politiques de santé pour objet.
Cette démarche est collective au service d'intérêts individuels. Elle privilégie nécessairement
une approche communautaire.
7

Son intervention porte en effet, non seulement sur la santé, mais aussi sur les
facteurs qui concourent à la modifier: éléments de l'environnement physique et social,
conditions de logement et de travail, processus de formation scolaire ou professionnelle.
- En 1923, Winslow (figure importante du mouvement Américain de santé publique) a proposé la définition
suivante : la santé publique est la science et art de :
- Prévenir la maladie
- Prolonger la vie et
- Promouvoir la santé physique et mentale
- Et l’efficience dans l’utilisation rationnelle des ressources et ceci par les efforts conjugués ou organisés
de la communauté pour :
 L’assainissement du milieu
 La lutte contre les maladies transmissibles
 L’éducation des individus à l’hygiène personnelle.
 L’organisation des services des soins médicaux et infirmiers pour le diagnostic précoce et le
traitement opportun des maladies.
 Et le développement d’un mécanisme social qui assure à chaque individu de la communauté un
standard de vie adéquat au maintien de sa santé. Même aujourd’hui, cette définition apparaît
d’actualité. Elle est large et inclut le diagnostic, le traitement et les déterminants sous – jacents de la
santé.
- La loi cadre de la RDC définit la Santé publique comme étant l’ensemble de prestations qui
permettent à chaque citoyen de bénéficier du droit à la Santé et à la longévité que lui confère
sa naissance. Elle est donc un art de prévenir les maladies, de prolonger la vie et de
promouvoir la Santé et le dynamisme par un effort collectif organisé.
C’est aussi un ensemble de prestations qui portent sur la gestion de l’environnement, la lutte
contre les infections transmissibles, la formation en sciences de la Santé, l’organisation des
services de soins médicaux et infirmiers en vue de permettre le diagnostic précoce, le
traitement préventif de maladies et le développement de structures sociales de façon à donner
à chacun un niveau de vie propre à maintenir un bon état de Santé .
 Les approches de la santé publique
a) Approche - verticale - Approche horizontale
Dans ce cours, qui s’adresse à des professionnels de santé, on a choisi d’aborder les activités de santé
publique à partir des services de santé pour lesquels les professionnels de santé ont une responsabilité
d’offre et/ou de gestion des soins. Dans ce cadre, l’approche de santé publique peut se faire à partir :
- De problèmes de santé (approche verticale) : un problème de santé étant définie, organiser les services
pour l’utilisation des méthodes à mettre en action pour résoudre ce problème.
- De méthodes ou services (approche horizontale) : étant donné un service, organiser ce service pour
répondre aux divers problèmes de santé pour lesquels il est requis.
b) L’approche classique et Approche santé publique
8

L’approche de santé publique se différencie de l’approche médicale traditionnelle du clinicien par sa


responsabilité vis-à-vis de la communauté.
En effet, dans l’approche traditionnelle, la responsabilité se limite au malade. La responsabilité vis-à-vis de la
communauté implique des éléments qui n’existent pas dans l’approche traditionnelle à savoir : la promotion
de la santé, la prévention primaire, le diagnostic précoce, la continuité des soins, la prévention tertiaire…

 Tableau de comparaison entre l’approche classique et l’approche santé publique.


Eléments Approche classique du Approche santé publique
clinicien
Population concernée Malades Malades et non malades
Attitudes vis-à-vis de la Qui consultent spontanément Même s’ils ne consultent pas
population
Prise en charge Au moment où ils consultent Jusqu’à la réinsertion sociale et au
contrôle du problème.
Gestion des ressources Le coût ne compte pas Tient compte des ressources disponibles
et mobilisables
Responsabilités des gens. Exécuter les prescriptions. Décision participative.

1.4. LA SANTE COMMUNAUTAIRE :


La santé communautaire nécessite la participation des membres de la communauté à la gestion de leur
santé individuelle et collective. Il y a une notion d’engagement de chaque individu. La participation de la
communauté est recherchée à tous les niveaux de l’action, c’est à dire :
 analyser la situation sanitaire de la communauté,
 identifier le problème, choisir les priorités,
 définir les objectifs et activités, mobiliser les ressources pour améliorer la situation,
 organiser et conduire l’action,
 évaluer l’action.
Les usagers, les acteurs, les politiques, les différents partenaires etc. doivent être associés dans une action
de santé communautaire. Les phases de concertation et de diagnostic partagé sont essentielles car elles
impliquent des rencontres d’où découlent l’analyse et la mise en évidence des priorités.
La démarche participative est importante en santé communautaire. Les savoirs des destinataires de l’action
sont primordiaux. L’action communautaire se construit dans l’échange et implique un transfert de
compétences du professionnel vers le profane (le destinataire de l’action) mais aussi du profane vers le
professionnel de santé. Les professionnels sont des personnes ressources et mettent leurs compétences au
service de la communauté.
La santé communautaire renvoie à la participation effective des membres d'une population donnée aux
questions de santé.
9

En pratique, elle se distingue de la santé publique par une attitude différente des professionnels de la santé
face à la planification
Si la santé publique s'occupe de l'administration de la situation sanitaire d'une collectivité passive, la santé
communautaire met l'accent sur l'implication et la participation de la communauté pour sa propre santé.
L'élaboration d'un programme de santé communautaire nécessite d'une communauté identifiable
géographiquement, la dite communauté soit structurée par un projet et qu'elle décide de participer à ce
programme.
Les professionnels de santé doivent accepter de partager leurs connaissances avec les membres de la dite
communauté.
La Santé Communautaire, une pratique et une méthode de travail en santé publique, est une
science et un art de promouvoir et de maintenir la santé de la communauté avec la
participation de celle-ci.
Elle repose sur les principes de décloisonnement (suppression des barrières), de l'implication
de la population dans l'identification de ce qui lui fait problème, de la mobilisation des
capacités de la population à s'adapter ou à évoluer, de la participation des membres de cette
population à l'ensemble du processus
On parle de la santé communautaire lorsque les membres d’une communauté géographique et
social conscient de leur appartenance à un même groupe réfléchissent en commun sur les
problèmes de leur santé, expriment leurs besoins prioritaires et participent activement à
l’évaluation des activités les plus aptes à répondre à ses priorités.
La santé communautaire est une approche locale des problèmes de santé d’une communauté
impliquant sa participation active à toutes les étapes.
Elle est théoriquement mise en œuvre par un groupe associant les professionnels et la
population. Sa priorité est la promotion de santé.
1. 5. LA COMMUNAUTE

Une communauté est une collectivité, un groupe d’individus qui vivent ensemble dans des
conditions spécifiques d’organisation et de cohésion sociale. Les membres du groupe ont des
intérêts communs et partagent des principes, ce qui suppose des liens étroits ; ces principes
sont acceptés par chacun et reconnus comme tels par tous. La communauté se définit par
rapport à un lien social, de travail ou de lieu.
C’est un groupe d’individus vivant dans le même périmètre, lié par des intérêts, les aspirations
et les systèmes de valeurs communs.
Cette communauté peut être géographique (village, Quartier) et temporaire (Ex : Jours
ouvrables pour les ouvriers d’un atelier qui se sont organisés).
1.6. LA PARTICIPATION COMMUNAUTAIRE
La participation communautaire est essentiellement un processus par lequel les personnes, individuellement
ou en groupe, exercent leur droit de jouer un rôle actif et direct dans le développement des services de
santé appropriés, en garantissant les conditions d’une amélioration durable de la vie et en soutenant l’octroi
aux communautés du pouvoir dans le développement global.
10

C’est un processus social dans lequel des groupes particuliers ayant des besoins communs et
vivants dans un périmètre déterminé s’emploient activement à définir leur besoin tout en
prenant des décisions et en se dotant des mécanismes destinés à satisfaire le même besoin.
Il s’agit d’un processus dans lequel la communauté s’engage activement et volontairement par
ses propres initiatives à mener les actions visant l’amélioration de son niveau de vie. Cela
étant, la participation communautaire n’est possible que si la population est complètement
impliquée dans ce processus dès sa conception jusqu'à son évaluation.

1.7. LE PROBLEME DE SANTE


a) Définition :
Certains auteurs le définissent comme un état actuel non satisfaisant de la santé d’une
communauté et les difficultés qu’il y a pour l’améliorer.
Autrement dit, le problème de santé correspond a un état de santé jugé déficient par
l’individu, le personnel de santé ou par la communauté.
Bref un problème est un écart perçu entre ce qui est et ce qui pouvait être.
- Un problème est une difficulté ou un écart perçu entre ce qui est et qui pouvait être.
- Un problème est une difficulté ou un obstacle existant entre une situation actuelle et objectif
futur souhaité (situation souhaitée)
Le concept de problème de santé prend en compte les souffrances individuelles et les
conséquences sociales.
De ce qui précède, on peut conclure que le problème de santé est un état de manque de santé
qui peut être perçu ou non.
Lorsque ce manque de santé es t réel ou potentiel et perçu par l’individu ou la communauté
concernée, elle entraîne une souffrance ou un risque de souffrance qui est toujours perçu.
b) Classification des problèmes.
Les problèmes de santé peuvent être classifiés en 3 groupes
1. le problème inhérents à la santé ; maladie (paludisme, diarrhée)
2. les problèmes inhérents au service de santé : manque d’un personnel qualifié, des
médicaments
3. problème de la communauté : Eloignement de soins (soins inaccessibles, mauvais
approvisionnement en eau…)
c) Comment procéder pour identifier les problèmes de santé au sein d’une
communauté.
Pour identifier les problèmes de santé au sein d’une communauté, nous allons procéder de la
manière suivante :
- Analyse des indicateurs du système de santé (rapport des institutions sanitaires) ;
- L’organisation d’une enquête avec l’utilisation d’un questionnaire
- Approche par un informateur clé (personne qui connaît et maitrise la situation).
- Technique de Brainstorming : on pose des questions sans rejeter une seule puis on va
retenir l’essentiel au cours d’une réunion.
- Technique du groupe nominal (Système de nommer ou constituer)
- Forum (place publique ou les gens se réunissent) communautaire
d) Techniques de l’analyse du problème
Les techniques se divisent en 5 étapes :
11

1. Définition du problème : Une définition précise du problème est un préalable


indispensable à tout traitement. Il se définit par l’énoncé du problème et c’est à partir de cet
énoncé de base que le travail de description, d’analyse et d’explication pourra aboutir à la
solution du problème ainsi énoncé.
2. Description du problème à partir de 4 critères : Cette étape deuxième consiste à
décrire le problème de manière détaillée c'est-à-dire à l’appréhender en fonction de 4
critères :
a) L’identité du problème : C’est le contenu spécifique
b) Le lieu (endroit) : c’est l’environnement dans lequel il se produit
c) Le temps : A quel moment il se produit
d) L’ampleur : Son importance et son étendue.
3. la recherche de l’information pertinente pour chaque critère enfin de déterminer
les causes possibles : Dans la mesure du possible, nous devons relever les causes possibles
en vue de sélectionner la cause réelle ou principale.
4. la recherche par test de la cause la plus probable : Pour être objectif, il est nécessaire
de retenir toutes les causes possibles. L’étape du test permet de mesurer la vraisemblance de
chaque cause possible en le comparant aux effets décrits à la deuxième étape d’analyse.
Il s’agit de tenter d’expliquer tous les faits observés au moyen de chacune d’elles, comme si
elle était la cause réelle. Car cette cause réelle doit rendre compte de tous les aspects de
problème sans exception, puisque c’est elle qui est à l’origine de l’effet constaté.
5. Vérification de la cause retenue : Vérifier une cause probable consiste à prouver qu’elle
a bien produit l’effet observé.
e) La prévention des problèmes de santé : Elle se situe à 3 niveaux distincts et inter
reliés.
- Premier niveau : La prévention primaire qui agit sur les causes de problème de santé. Il
faut diminuer les facteurs de risque et augmenter les facteurs de protection.
Exemple : Dormir sous MII, se laver les mains avant de manger.
- Deuxième niveau : La prévention secondaire qui est axé sur le dépistage précoce de
problème de santé.
- Troisième niveau : La prévention tertiaire qui correspond à la prévention des rechutes
d’un problème de santé.
1. 8. LE BESOIN
La notion de besoin est ambiguë et qu’on ne retrouve pas de définition du concept qui soit
universellement acceptée, nous retenons comme définition de besoin celle qui le considère
comme étant "un écart entre une situation souhaitée, désirée, idéale et une situation
actuelle, observée".
- Plusieurs auteurs ont contribué à l’acceptation de cette définition, Tyler en particulier. Le
terme de "besoin" pris dans un sens très large signifie donc une carence, une absence
d’un bien jugé nécessaire ou désirable.
- Il est intéressant de rappeler que l’analyse des besoins est une démarche couramment
utilisée en santé publique, plus particulièrement dans le domaine de la planification et/ou de la
programmation des actions de santé (analyse de l’offre et de la demande, problématique des
besoins et diagnostic communautaire).
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- Le besoin de santé correspond à une déficience ou à une absence de bonne santé


déterminée à partir de critères biologiques épidémiologiques. C’est un état de maladie
perçu par l’individu et défini par un professionnel de santé. Le besoin représente ce qui est
requis pour remédier à un problème identifié.
En d’autres termes le besoin exprime l’écart ou la différence entre un état optimal appelé le
bien être et l’état actuel ou réel appelé un mal être.
Le besoin peut aussi se concevoir dans une situation où il n’a y a pas de problème mais
seulement un risque. Dans ce cas, le besoin est ce qui est requis pour maintenir la santé
dans sont état actuel. Cet état correspond déjà à la situation souhaitable. Ex. la vaccination.
L’identification et la définition de besoin est une démarche opérationnelle qui revient le plus
souvent au personnel de santé dans le cadre de réponse à donner à la demande de l’individu.
Le besoin de santé se mesure en estimant l’écart par rapport à la norme ; plus l’écart à la
norme est grand, plus le besoin de santé est important.
Remarque :
Le problème et besoin sont des notions connexes qui sont étroitement liés. Le besoin étant en
quelque sorte la traduction du problème en terme plus opérationnel.
Le besoin est ce qu’il faut faire pour que la situation problématique (l’état de santé actuel) en
vienne correspondre à la situation désirée (l’état de santé cible).
Malgré tout, le besoin demeure un concept relatif ; sa définition dépend de celui qui
l’interprète. A ce titre, la taxinomie (hiérarchisation) des besoins selon BRADSHOW illustre
assez bien les différentes perspectives selon lesquelles le besoin peut être défini. Cette
taxinomie classe le besoin selon 4 types :
- Besoin normatif :
C’est celui qui est défini par un expert, un professionnel, l’administrateur par rapport à une
certaine norme de désirabilité ou d’optimalité. Ils reflètent l'état actuel des connaissances et
des valeurs de ceux par qui ils sont déterminés.
- Besoin ressenti :
Cette catégorie réfère aux perceptions des gens sur leurs Problèmes de santé ou à ce qu’ils
désirent comme service de santé (Besoins de services).
- Besoin exprimé : équivalent à la demande de soins ou de services au besoin ressenti qui
abouti à une démarche de recours à des services ; et ne correspondent pas nécessairement à
l'ensemble des besoins de santé.
- Besoin comparatif : C’est celui qu’un individu ou un groupe devrait avoir puisqu’il
présente les mêmes caractéristiques qu’un autre individu ou un groupe pour lequel on a
identifié un besoin.
- Autres besoins : Besoins de ressources (humaines, matérielles et financières). Les
services proposées à la population seront accueillis aux besoins ressentes et exprimés par
celle-ci.
1.9. Quelques activités de santé publique
- Hygiène de l’environnement (assainissement, approvisionnement en eau potable, lutte
contre la pollution…)
13

- Surveillance de l’état de santé de la population. Cette donnée à une importance


politique extrême car elle peut pointer les inégalités des citoyens devant la maladie et l’accès
aux soins.
- Organisation de la prise en charge : Un des principes de la protection sociale est l’accès
aux droits sociaux afin que les ressources économiques ne soient pas un obstacle pour l’égalité
d’accès aux soins de tout membre de la société.
- Prévention des grandes épidémies : Dès qu’un nouveau phénomène épidémique émerge,
la santé publique est mise à contribution, d’une part pour décrire le phénomène, d’autre part,
pour proposer des modalités d’intervention adaptées.
- Prise en charge des collectivités (écoles, armées, prisons,…).
La santé publique intervient dans la prise en charge des collectivités
- La lutte contre les grandes épidémies est une des entreprises majeures de la santé
publique.
 Exemple: la peste, la variole, le sida
Les actions de santé publique ont réussi à vaincre la peste grâce à l’assainissement du milieu,
l’isolement des malades déclarés, limitant la contagion
 La variole a été déclarée éradiquée de la planète en 1981, à la suite de la plus grande
campagne de vaccination mondiale.
CHAPITRE II : LES FACTEURS QUI PEUVENT INFLUENCER LA SANTE

2.0. Introduction :
Tous les problèmes que posent la promotion et la protection de l’homme sont
complémentaires et interdépendants. Ils peuvent être associés et doivent faire l’objet
d’une approche globale qui n’est possible que par le regroupement et la coordination des
efforts poursuivis dans tous les secteurs de l’activité humaine (santé, éducation,
agriculture, économie, information, travaux publiques…)
L’idéal que la santé de l’homme dépend exclusivement de l’acte médical est déjà dépassé.
Les maladies qui perturbent la vie des individus, des familles et des communautés sont
exceptionnellement attribuables à des causes isolées.
Voilà pourquoi la santé doit viser à l’épanouissement complet des hommes dans leur milieu
entant qu’individu, mais aussi comme membre d’une famille et d’une communauté.
Cela implique une complète prise de conscience de diverses influences que le milieu peut avoir
sur la santé.
2.1. Les facteurs pouvant influencer la santé :
Six facteurs qui combinent et interagissent influencent souvent favorablement l’état de santé
de l’individu, de la famille et de la communauté.
1° facteurs biologiques et sanitaires
a). Biologiques :
* Hérédité :
14

- maladies héréditaires : Anémies SS, hémophilie


- maladies congénitales : Malformations congénitales
- maladies acquises : paludisme, sida
 Environnement : Il doit contenir le moins de risques possibles de contamination
b). Sanitaire : l’aspect sanitaire dépend de l’existence des infrastructures sanitaires et leur
implantation rationnelle, ainsi que de la compétence et dynamisme du personnel de la santé.
2° facteurs socio-économiques
Le niveau socio-économique a un impact capital sur la santé de la population. La progression
du niveau de santé d’une communauté est attribuée à l’action sanitaire. Alors qu’elle est dite
avant tout à une amélioration de conditions de vie de famille et leur niveau d’instruction.
3° les facteurs géographiques
Il s’agit entre autres :
- Du climat (climat tropical avec beaucoup des maladies : verminose, paludisme, tuberculose,
- De l’impossibilité d’approvisionnement en eau potable.
- De l’enclavement du milieu : absence des routes, des moyens de communications… Ces
éléments intéressent plus la population rurale, c’est pourquoi les actions de la santé doivent
être surtout orientées vers les régions rurales habitées par la majorité de la population. Les
réalisations ne doivent pas se limiter seulement dans le milieu urbain.
4° facteurs culturels
Par culture, on sous entend les tabous, les interdits, coutumes et les croyances. L’agent de
santé devra fournir un effort considérable dans la communauté pour découvrir ces choses et
les éduquer progressivement à leur montrant l’origine de certaines maladies, l’importance des
services de santé et d’abandonner les mauvaises habitudes.
5° facteurs politiques
En principe, c’est le gouvernement qui doit supporter la santé de sa population.
Il doit affecter de fonds c- à- d. voter un budget pour la santé de la population
Ce budget qui varie selon les possibilités de chaque pays doit être rationnelle afin d’améliorer
la santé de population.
6° facteurs démographiques
La connaissance de population dans un milieu donné est un élément capital pour la
planification sanitaire. Plus le nombre est grand, plus il exige des moyens pour une prise en
charge efficace.
La santé, l’évolution démographique et développement économique sont en relation étroite.
15

2.3. Schématiquement ces facteurs peuvent être présentés comme suit :

Facteurs géographiques
Facteurs sanitaires
- conditions climatiques
- communications
-Etat des connaissances médicales et
- richesses naturelles
nutritionnelles
- Possibilités d’application selon le personnel
et l’équipement

Facteurs politiques
- planification sociale et économique
Promotion, restauration - législation sanitaire
- aide internationale
et protection de la santé - programmes sanitaires

Facteurs démographiques
- répartitions de la population par âge
- politique gouvernementale de Facteurs psychoculturelles Facteurs socio-économiques
planification familiale - situation de l’emploi
- migrations - scolarisation - mode de vie
- Concentration urbaine et dissémination - mentalité devant les problèmes - habitat
rurale. sanitaires - urbanisation et
-coutumes croyance et tradition aménagement rural
16

CHAPITRE III : LES SYSTEMES DE SANTE DANS LE MONDE


3.1. Introduction
Dans tous les pays, les populations aspirent à une meilleure santé. Chaque pays dispose d’un certain
mode d’organisation afin de répondre, au mieux, à la demande de santé. Cette organisation coordonne
l’activité des professionnels de santé avec celle des différents partenaires contribuant au financement
du système de soins. Cet agencement complexe est le système de santé.
3.2. Définition
Le système de santé peut être défini comme l’ensemble des moyens (organisationnels, structurels,
humains, financiers,) destiné à réaliser les objectifs d’une politique de santé.
L’OMS définit le système de santé comme toutes les activités officielles ou non qui portent sur les
services de santé mis à la disposition de population et sur l’utilisation de ces services. Ainsi le système
de santé contribue à la prévention
et aux soins donnés au malade
3.3. Composition d’un système de santé

Etat de santé Services de santé,


production et distribution

Mode de financement

Il constitue un sous-système du système économique général.


On pourrait considérer que l’organisation d’un système de santé peut s’apparenter à un jeu de
construction qui comporterait quatre boites de pièces :
ère
1 boite : offres de soins (composée de : médecins généralistes, médecins spécialistes,
pharmaciens, hôpitaux, secteur public et secteur privé
ème
2 boite : financement : état, régions, caisse d’assurance maladie publique, mutuelles, syndicats,
assurances privées, associations de médecines.
ème
3 boite : demande de soins (population, entreprise, salariées, travailleurs indépendants,
personnes âgées, populations à bas revenus).
ème
4 boire : pièces de liaison : flux de monnaies, flux de personnes et flux d’informations.

3.4. Ses objectifs


Le système de santé doit pouvoir identifier les besoins de santé de la population (rôle de
l’épidémiologie), déduire les priorités sanitaires et mettre en place des actions nécessaires pour réaliser
des objectifs prédéfinis.
Les moyens du système de santé: au nombre de quatre, ils reposent sur une organisation, des
structures, des matériels et des hommes.
17

La décision en santé publique doit concilier ; équité, efficacité et rationalité économique et cela pour
atteindre les objectifs de :
- La restauration de la santé, c’est-à-dire la distribution des soins à l’individu malade.
- La prévention, qui est l’ensemble de mesures qui visent à éviter ou à réduire le nombre et la gravité
des maladies et des accidents.
- La promotion de la santé, qui correspond à l’ensemble des moyens destinés à augmenter la
capitale santé de la population.
- L’éducation pour la santé a pour objectif de mettre à portée de tous l’information nécessaire à des
choix adaptés à la santé présente et future. A chacun de ces niveaux, elle occupe une place de
choix
3.5. Caractéristiques d’un système de santé
Le système de santé doit pouvoir identifier les besoins de la population, en déduire les priorités et
mettre en œuvre une politique et des actions capables de réaliser ses objectifs.
C’est à dire ne privilégier aucun secteur en particulier, ne pas négliger la prévention et la promotion de
la santé et ne pas se cantonner dans une médecine de soins.
Le système de santé doit être :
1) efficace: Cette efficacité est de deux (02) ordres :
• Technique : par l’intermédiaire, sinon l’obligation des résultats.
• Economique : nécessitant des choix compatibles avec des efforts des pays pour assurer le
financement des besoins de santé, tout en respectant les progrès de la science. Le médecin doit
concilier la plus stricte économie possible avec la meilleure efficacité é du traitement.
 Informationnelle
2) accessible : On distingue deux (02) aspects:
• Géographique: Le système de santé doit être proche de la population : la distance entre la
communauté et les structures constitue un critère d’appréciation du système de santé.
• Economique : Le droit à la santé constitue un des principes fondamentaux des droits de l’homme, le
coût ne devant pas lui faire obstacle.
4) acceptable: Le système de santé doit avoir l’assentiment (accord, consentement volontaire) de la
population; cette notion d’acceptabilité explique parfois les différences observées entre pays de niveau
socio - économique identique en fonction de leur culture.
5) planifiable et évaluable: Ces deux qualités sont essentielles: le rôle de la planification est de
déterminer les ressources disponibles pour satisfaire les besoins et choisir les solutions aptes à modifier
la situation. Il convient ensuite d’évaluer les techniques, les structures et les matériels utilisés pour
atteindre les objectifs fixés préalablement.
6) souple et modifiable: Le système de santé doit pouvoir s’adapter à toute situation nouvelle
imposée par le type de morbidité, le progrès technologique et les conditions sociaux - économiques.
Les soins de santé très différents existent actuellement dans le monde et cette diversité s’explique par des
différences de conception que l’état souhaité et son rôle dans les domaines sanitaire et sociaux.
18

3.6. Modèles de système de santé


Les soins de santé très différents existent actuellement dans le monde et cette diversité s’explique
par des différences de conception que l’état souhaité et son rôle dans les domaines sanitaire et sociaux.
a) modèle libéral : La conservation et la restauration de la santé sont sous la responsabilité de la
personne consciente, contacte une assurance au près d’une compagnie privée pour sa famille.
Ce système souple et efficace a pour principal défaut de ne pas être accessible à tous ou acceptable
par tous.
La population la plus favorisée sur le plan socio économique et culturel est la moins protégée. Le
chômeur marginal celui dont les ressources sont insuffisantes à une assurance personnelle médicale.
b) modèle planifié : Dans ce système l’état estime que la protection de la santé est une de ses
responsabilités essentielles. Au même titre par exemple de l’enseignement, les personnels de la santé
devient véritable fonctionnaire à l’instar de l’enseignement :
- Résultat :
 maître global de dépense des soins
 égalité d’accès aux soins
 bonne performance
 réitération de l’enseignement (rançonnement)
 pas de marcher privé
 bureaucratie, centralisation
 évaluation facile
- Point négatif
 contradiction entre la planification et budget annuel
c) modèle mixte : Ce système emprunte au modèle libéral la privatisation partiel de l’offre,
socialisation de marcher, modèle de décret.
 Organisation de ce système.
 Financement par cotisation, assurance, tarification à l’acte, existence du modérateur.
Résultat :
 égalité d’accès aux soins
 bonne performance sanitaire
 Rançonnement
 Financement : Les sources possibles de financement de système de santé sont :
a) financement supérieur extérieur : dons, subvention (prise en charge de l’Etat), prêts, etc.
b) financement sur sources propres : impôts, recette d’activités, mutuelle de santé
L’assurance maladie obligatoire reste la meilleure à long terme.
Le grand handicap dans les pays en voie développement est la faiblesse du niveau de vie et qu’une
partie de population travaille dans le secteur non structuré où il est difficile de prélever un impôt.
3.7. PRINCIPAUX TYPES DE SYSTEMES DE SANTE
19

Les systèmes de santé sont caractérisés par leur extrême diversité selon l’histoire et les
caractéristiques - culturelles. Il est cependant classique, pour être schématique, d’opposer deux (02)
types de systèmes : Centralisé et Décentralisé.
SYSTEME CENTRALISE Etat plan Barème Injonction
SYSTEME DECENTRALISE Individu marché Prix Incitation
Les principales différences qui les distinguent tiennent :
- Au statut des producteurs de soins
- Au type de protection sociale de la population
- Au mode de financement du système.
I. Les systèmes centralisés : Le « National Health Service » (N.H.S.) crée en 1948 par
Beveridge en est un autre modèle. Ce système a été repris par plusieurs pays industrialisés.
 Exemple de ce système :
a) Statut des producteurs de soins: la production de soins est assurée dans le cadre d’un monopole
public. L’offre de soins a deux (02) composantes:
• Les établissements hospitaliers : ils sont tous nationalisés et leurs praticiens sont des salariés du
N.H.S.
• Les praticiens généralistes : ils sont rémunérés selon le principe de la capitation (ancien impôt,
taxe par tête). C’est-à-dire qu’ils perçoivent un montant forfaitaire par malade inscrit pour une
année. Ils sont sous contrat avec le N.H.S. mais conservent le statut de praticiens indépendants.
1. L’accès aux soins est réglementé : chaque individu est inscrit sur la liste d’un praticien
généraliste auquel il doit être obligatoirement adressé pour être soigné ou être envoyé à l’hôpital ou à
un spécialiste. Les spécialistes travaillent comme des consultants dans les hôpitaux et reçoivent un
salaire.
2. Le type de protection sociale de la population est simple : Le N.H.S assure la gamme
complète de soins qui sont gratuits ou quasi - gratuits pour l’usager; il existe un ticket modérateur
pour les médicaments.
3. Le financement du N.H.S. Il repose essentiellement sur le budget de l’état (86 %), c’est-à-
dire l’impôt, selon le principe de redistribution des revenus préconisés par Beveridge; La part restante
est repartie entre les cotisations perçues par les salaires (10%) et le ticket modérateur (quote-part du
coût de soins à la charge de l’assuré social) laissé à la charge du patient (4%).
4. Evaluation: Le N.H.S. a un intérêt essentiel : les dépenses de la santé sont stables, fixées à 6% du
produit intérieur brut (P.I.B.).Il a par contre des inconvénients:
• Le patient ne peut pas choisir son médecin
• Absence de concurrence
• Liste d’attente dans les hôpitaux
• Lourdeur administrative.
II. Les systèmes décentralisés
20

Le schéma de référence serait un système purement libéral soumis à la loi du marché où le régulateur
serait le prix.
 Exemple de ce système (Système pluraliste)
1. Les producteurs de soins : Ils sont caractérisés par leur pluralisme et se repartissent entre le
privé (2/3) et le public (1/3).
La médecine ambulatoire est entièrement privée. En ce qui concerne les honoraires, les médecins sont
libres d’en fixer les tarifs; le paiement à l’acte est le plus courant pour les soins ambulatoires et pour
l’hospitalisation sur la base d’une facturation de chaque service.
2. Le type de protection sociale : Il n’existe pas de système obligatoire d’assurance sociale. La
population recourt à l’assurance privée à titre individuel ou par l’intermédiaire des employeurs. Les lois
du marché déterminent le montant des primes.
3. Le financement : Le système américain est cher (10,8% du produit intérieur brut) mais il traduit
un choix en matière de consommation. Son défaut principal est le risque de voir se développer une
double médecine: une pour les personnes aisées pouvant s’assurer elles mêmes et une pour les
défavorises dépendant des programmes publics.
III. Les systèmes mixtes : Dans le cadre des systèmes de santé, ce système occupe une position
mixte, associant décentralisation et centralisation.
3.1. Décentralisation : Système décentralisé au niveau des usagers et des producteurs de soins. Les
usagers bénéficient d’une quadruple liberté:
- Liberté de choix du producteur de soins
- Liberté de s’adresser parmi eux à des producteurs de soins de diverses catégories
- liberté de s’adresser à plusieurs producteurs de soins
- liberté du choix de l’établissement de soins.
Quant aux producteurs de soins, ils ont entière liberté d’installation et de prescription.
3.2. Centralisation : Ce système revêt par ailleurs un aspect centralisé lié au rôle des organismes
d’assurance - maladies qui assurent l’essentiel du financement et au rôle de l’état.
CHAPITRE IV : LES DETERMINANTS SOCIAUX DE LA SANTE

4.0. Introduction :

- Un déterminant de santé est un facteur qui influence l’état de santé d’un individu ou d’une
population soit isolement, soit en association avec d’autres facteurs
Ces facteurs sont :
21

FACTEURS FACTEURS
CONSTITUTIONNELS ENVIRONNEMENTAUX

SANTE

SYSTEMEN DE SOINS
FACTEURS
FACTEURS
COMPORTEMENTAUX
PSYCHOLOGIQUESS
A) Déterminants comportementaux : Tabac, drogue, alcool, alimentation, sédentarité…
- Même si la consommation d’alcool a tendance à baisser, il y a toujours une surconsommation qui
entraine la morbidité et mortalité prématurée importante par les pathologies associées comme
cirrhose, cancer du foie, maladie cardiovasculaire.
- Consommation de tabac en baisse, mais toujours responsable d’une grande part de la morbidité et
d’une mortalité prématurée avec des pathologies associées comme cancers ; maladies cardio-
vasculaire.
 L’alcool, la drogue et le tabac ont des effets néfastes, mais la consommation de ces
produits dépend du contexte social au sens large.
L’alcoolisme, la consommation de drogue et le tabagisme sont étroitement associés aux indicateurs de
précarité économique et sociale. Le nombre des décès liés à la consommation d’alcool dus à des
accidents, à des actes de violence, à des intoxications alcooliques, à des traumatismes et à des suicides
a très nettement augmenté. L’association entre alcoolisme et mort violente est présente dans d’autres
pays également.
Le tabagisme prélève un tribut important sur les revenus des plus démunis, nuit gravement à la santé
et provoque un grand nombre de décès prématurés.
 L’action à mener
Pour résoudre le problème de la toxicomanie, il faut non seulement offrir soutien et soins aux
personnes en état de dépendance, mais aussi s’attaquer au processus fondamental de
désocialisation. Les politiques menées doivent réglementer l’accessibilité par les prix et la limitation
des licences de vente, par exemple. Mais il faut aussi informer le public au sujet de modes de
consommation moins néfastes, recourir à l’éducation sanitaire afin de dissuader les jeunes
de se mettre à consommer des substances nocives, et mettre en œuvre des traitements
efficaces pour les toxicomanes.
 L’alimentation : Une alimentation déséquilibrée et/ou trop abondante ainsi que la sédentarité
sont responsable d’une morbidité importante : Obésité …
Un régime alimentaire équilibré et un approvisionnement suffisant en denrées alimentaires sont
essentiels pour la santé et le bien-être.
22

- Les pénuries alimentaires et le manque de variété des aliments engendrent la malnutrition et des
maladies carentielles.
- L’excès de nourriture (également une forme de malnutrition) contribue à l’apparition de maladies
(cardiovasculaires, du diabète, du cancer, de maladies dégénératives de l’œil, de l’obésité et de caries
dentaires).
Le véritable problème de santé publique réside dans la disponibilité et le coût d’aliments sains et
nourrissants. La possibilité de se procurer des aliments sains et bon marché a des effets plus
importants sur les habitudes alimentaires que les efforts d’éducation pour la santé.
Les conditions économiques et sociales créent des disparités dans la qualité de l’alimentation, qui
contribuent à accentuer les inégalités de santé. La principale différence entre classes sociales réside
dans les sources de nutriments.
Les pauvres remplacent les aliments frais par les produits transformés bon marché. Néanmoins, on
retrouve des régimes riches en graisse dans tous les groupes sociaux.
Les personnes disposant de revenus peu élevés (jeunes ménages, personnes âgées, chômeurs, etc.)
sont les moins à même de bien s’alimenter.
Pour la prévention des maladies chroniques, il faut consommer plus de fruits et légumes frais et de
féculents peu transformés, mais moins de graisses animales, de sucres raffinés et de sel. Plus de 100
comités d’experts se sont accordés sur ces objectifs diététiques.
 La petite enfance
Ce qui se passe pendant les premières phases de développement de l’individu le marque pour la vie ;
un bon départ dans la vie passe par une aide à la mère et au jeune enfant.
Les fondements de la santé de l’adulte s’établissent dans la période prénatale et la petite enfance. Une
croissance insuffisante ou une carence affective pendant cette période augmente pour le
reste de la vie le risque d’une santé physique déficiente et réduit les capacités physiques,
intellectuelles et affectives de la vie adulte.
Des conditions sociales et économiques défavorables font peser une menace considérable sur le
développement d’un enfant, le positionnant sur une trajectoire sociale et éducative de faible niveau.
Une alimentation déséquilibrée de la mère, ainsi que le tabagisme et la pauvreté de la famille peuvent
être à l’origine d’un développement insuffisant pendant la période prénatale ou la petite enfance.
 L’action à mener
Il faut prendre des initiatives nouvelles pour améliorer la santé et le développement au cours du
premier âge, particulièrement chez les plus démunis économiquement et socialement. Les politiques
devraient viser à :
1) réduire le tabagisme des parents ;
2) améliorer les connaissances des parents sur la santé et les besoins affectifs des enfants ;
3) mettre en place des programmes préscolaires non seulement pour améliorer l’apprentissage de la
lecture et stimuler le développement intellectuel mais aussi pour réduire les troubles du comportement
23

pendant l’enfance et faciliter les acquisitions scolaires, les chances de trouver un emploi satisfaisant et
l’adoption d’un comportement favorable à la santé à l’âge adulte ;
4) faire participer les parents aux programmes préscolaires pour renforcer leurs effets éducatifs et
réduire la maltraitance ;
5) assurer aux mères des ressources sociales et économiques suffisantes ;
6) augmenter les occasions d’acquisitions scolaires à tout âge, car l’instruction va de pair avec une
meilleure prise de conscience des questions de santé et une meilleure prise en charge personnelle.
L’investissement dans de telles politiques serait très profitable à la santé et aux capacités
professionnelles de la future population adulte.
B) Déterminants environnementaux : Air, eau, pollution, plombs, amiante, lieux de travail,
nuisance sonore Influencent sur l’état de santé : asthme, surdité, saturnisme.
C) Déterminants sociaux économiques : Pauvreté, chômage, logement, problème familiaux,
sécurité sociale, densité médicale – hôpitaux. Les personnes en situation de précarité vont retarder la
prise en charge de leur pathologie, ce qui va entraîner une aggravation.
La sécurité de l’emploi améliore la santé, le bien-être et la satisfaction professionnelle.
 Le chômage : Le chômage met la santé en danger et le danger est d’autant plus élevé que le
taux de chômage d’une région est élevé. Des recherches menées dans plusieurs pays ont
montré que les personnes au chômage et leur famille ont un risque sensiblement plus élevé de
décès prématuré. Les effets du chômage sur la santé sont liés à ses conséquences tant
psychologiques que financières, en particulier l’endettement. La qualité d’un emploi est
importante.
 L’action à mener
Il faut mettre en œuvre des politiques pour atteindre les trois buts suivants :
- prévenir le chômage et la précarité du travail ;
- atténuer les difficultés liées à la condition de chômeur ;
- rétablir la sécurité de l’emploi.
 Le soutien social : L’amitié, de bonnes relations sociales et de solides réseaux d’entraide
améliorent la santé à la maison, au travail et dans le quartier.
Un environnement social favorable et de bonnes relations interpersonnelles ont des effets positifs sur la
santé. Ils sont une source de soutien affectif et matériel dont chacun a besoin. L’appartenance à un
réseau de relations et de soutien mutuel donne la sensation d’être reconnu, aimé, estimé et
valorisé.
Cela a un effet protecteur sur la santé.
L’environnement social agit à la fois au niveau individuel et à celui de la société. Qui plus est, la
mauvaise qualité des relations avec les proches peut affecter la santé mentale et physique.
La possibilité de trouver un soutien affectif et pratique varie selon le niveau social et économique. La
pauvreté peut contribuer à l’exclusion et à la solitude. La cohésion sociale, l’existence d’une
24

confiance et d’un respect mutuels au sein d’une communauté et dans la société en général
tend à protéger les individus et leur santé.
Dans les sociétés où les inégalités de revenus sont importantes, la cohésion sociale a tendance à être
plus faible, la criminalité violente plus répandue et la mortalité plus élevée.
 L’exclusion sociale
L’exclusion sociale crée de la misère et coûte parfois des vies.
L’exclusion sociale et l’ampleur de la pauvreté relative ont un impact majeur sur la santé et sur la mort
précoce. Les atteintes à la santé ne viennent pas seulement des privations matérielles mais aussi des
problèmes sociaux et psychologiques de la vie en état de pauvreté.
La pauvreté, le chômage et l’absence de domicile fixe ont augmenté dans de nombreux pays dont
quelques uns figurent parmi les plus riches. Dans certains pays, pas moins d’un quart de la population
totale, proportion qui est encore plus élevée en ce qui concerne les enfants vit dans un état de
pauvreté relative.
La pauvreté relative aussi bien que la pauvreté absolue, sont la cause d’un mauvais état de santé et de
risques élevés de mort précoce. Les personnes qui ont vécu la plus grande partie de leur vie
dans la pauvreté souffrent d’un état de santé particulièrement mauvais.
 Les mesures à prendre : Pour s’attaquer aux méfaits de l’exclusion sur la santé, il faut
prendre diverses mesures se situant à différents niveaux, et notamment :
1) la législation peut contribuer à protéger les droits des immigrés et des minorités, et à empêcher la
discrimination ;
2) des interventions de santé publique devraient lever les obstacles à l’accès aux soins de santé, aux
services sociaux et aux logements à prix modérés ;
3) l’attribution d’aides financières, un revenu national minimum correct, et des politiques en matière
d’emploi et d’enseignement sont nécessaires pour lutter contre l’exclusion sociale ;
4) pour réduire les inégalités matérielles et l’ampleur de la pauvreté relative, le revenu et la richesse
devraient être redistribués ; les sociétés plus égalitaires ont généralement une situation sanitaire plus
favorable.
 Les transports : Une politique de transports soucieuse de la santé décourage le recours à
l’automobile, favorise la marche à pied et le vélo, et renforce les transports en commun.
La bicyclette, la marche et l’utilisation des transports en commun améliorent la santé de quatre
façons : Elles favorisent l’exercice, font baisser le nombre d’accidents mortels, augmentent
les contacts sociaux et réduisent la pollution atmosphérique.
Comme la mécanisation a réduit les travaux manuels et domestiques, il faut trouver de nouvelles
façons de pratiquer l’exercice physique (sédentarité).
La pratique régulière d’une activité physique protège des maladies cardiaques et, en limitant l’obésité,
prévient le diabète. Elle procure une sensation de bien-être et protège les personnes âgées de la
dépression.
D) Les déterminants psychologiques
25

 Le stress : Le stress nuit à la santé.


Les conditions sociales et psychologiques peuvent provoquer un stress continu.
Une situation prolongée d’anxiété, d’insécurité, de mauvaise opinion de soi-même, de solitude ou
d’absence de maîtrise de sa vie professionnelle ou familiale peut retentir considérablement sur la santé.
Ces facteurs psychosociaux ont des effets cumulatifs avec le temps et augmentent le risque
de dégradation de la santé mentale et celui de décès prématuré. Quelles que soient les
circonstances de la vie, de longues périodes d’anxiété ou d’insécurité, ou encore l’absence d’un
environnement social chaleureux sont préjudiciables.
 L’action à mener
Il est bien sûr possible de répondre médicalement aux modifications biologiques induites par le stress
en tentant de les maîtriser à l’aide de médicaments.
Mais l’attention doit surtout se porter en amont, afin de remédier aux causes des problèmes de santé.
À l’école, au travail et dans d’autres circonstances, la qualité de l’environnement social et la
sécurité matérielle sont souvent aussi importantes pour la santé que l’environnement
physique. Les lieux qui sont en mesure d’apporter un sentiment d’appartenance et de valorisation de
soi sont plus génératrices de santé que ceux où l’on se sent exclu, déprécié et exploité.
Il faut que les pouvoirs publics acceptent que les programmes sociaux doivent prendre en compte
les besoins psychosociaux autant que les besoins matériels, les deux étant sources d’anxiété
et d’insécurité. Ils doivent plus spécifiquement épauler les familles avec de jeunes enfants, soutenir
les activités associatives, combattre l’isolement, réduire la précarité matérielle et financière et, par
l’éducation et la réinsertion, promouvoir les capacités à affronter les problèmes de l’existence.
 Le travail : Le stress au travail augmente le risque de maladie.
Il a été démontré que le stress au travail est une composante importante des grandes différences
d’état de santé, d’arrêt de maladie et de mortalité prématurée observée entre les différentes couches
sociales.
Plusieurs études menées (européennes) en milieu de travail montrent que l’impossibilité d’utiliser la
plupart de ses compétences et d’influer sur les décisions a un effet négatif sur la santé des individus.
Un faible niveau d’autonomie dans son travail est fortement associé à un risque élevé de douleur
lombaire, d’arrêt maladie et de maladie cardiovasculaire. Ces risques pour la santé sont indépendants
des caractéristiques psychologiques des personnes étudiées. En bref, ils semblent liés à
l’environnement professionnel.
Des études ont également porté sur l’effet de la charge de travail. Certaines ont montré une relation
entre charge de travail et autonomie. Le risque est en effet élevé pour les postes où la charge de
travail est élevée et le niveau d’autonomie faible. Certains résultats suggèrent que la qualité des
relations sociales en milieu de travail pourrait réduire ce risque.
 L’action à mener
1. Santé et productivité au travail ne sont pas opposées. Il est possible d’établir un cercle vertueux :
l’amélioration des conditions de travail peut contribuer à améliorer la santé des travailleurs. Ceci aura
26

pour conséquence d’améliorer la productivité et de créer ainsi un environnement de travail propice, à la


fois à la santé et à la productivité.
2. Une participation au processus de prise de décision a de grandes chances d’être bénéfique aux
salariés à tous les niveaux de l’entreprise.
3. Une modification des méthodes de travail dans les bureaux et d’autres cadres professionnels pour
permettre aux salariés d’être plus autonomes, d’accomplir des tâches plus diverses et de s’épanouir
dans leur travail est bénéfique pour la santé.
4. Tout travail insuffisamment valorisé sur les plans de la rémunération, de la considération ou de
satisfactions d’amour-propre nuit à la santé.
5. Afin de réduire la charge représentée par les troubles de l’appareil locomoteur, il faut aménager les
lieux de travail et organiser le travail de façon ergonomique.
E) Le système de soin (densité médicale, répartition des hôpitaux …)
Pas répartie de manière équitable sur le territoire, les délais d’attente sont longs et la distance
importante pour ce faire soigner peut être dissuasif (détourner).
Les déterminants sociaux de la santé sont les circonstances dans lesquelles les individus naissent,
grandissent, vivent, travaillent et vieillissent ainsi que les systèmes mis en place pour faire face à la
maladie. Ces circonstances étant déterminées par plusieurs forces: l’économie, les politiques
sociales et la politique.
Ces circonstances qui reflètent des choix politiques, dépendent de la répartition du pouvoir, de l'argent
et des ressources à tous les niveaux, mondial, national et local.
Les déterminants sociaux de la santé sont l'une des principales causes des inégalités en santé,
c'est à dire des écarts injustes et importants que l'on enregistre au sein d'un même pays ou entre les
différents pays du monde.
Afin de répondre aux inquiétudes grandissantes concernant la persistance et l'aggravation des
inégalités, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a établi en 2005 la Commission des déterminants
sociaux de la santé pour les réduire. Le rapport final de la Commission, rendu public en août 2008,
formule trois recommandations fondamentales:
1. Améliorer les conditions de vie quotidiennes
2. Lutter contre les inégalités dans la répartition du pouvoir, de l’argent et des ressources
3. Mesurer et analyser le problème et évaluer l’efficacité de l’action menée
4.1. Principaux concepts relatifs aux déterminants sociaux de la santé
1. Inégalités en santé?
Les inégalités en santé sont d'évitables injustices en matière de santé relevées au sein d'un même pays
ou entre différents pays. Elles sont le reflet des inégalités que l’on peut constater en général au sein
d'une société et entre différentes sociétés.
Les conditions socio-économiques dans lesquelles se trouvent les individus déterminent le risque
de tomber malade et les mesures à prendre pour prévenir ou traiter la maladie lorsqu’elle survient.
27

Pour qu’il y ait équité en santé, il faut avant tout que les individus soient en mesure de combattre les
injustices et les fortes disparités dans la répartition des ressources sociales auxquelles chacun a
légitimement droit. Les inégalités de pouvoir se manifestent dans quatre grands domaines :
politique, économique, social et culturel qui forment un ensemble dans lequel les individus sont, à
des degrés divers, admis ou non
2. Le gradient social?
Partout dans le monde, plus on est pauvre, moins on est en bonne santé. À l’intérieur des pays,
les données montrent qu’en général, plus un individu occupe une position socio-économique
défavorable, plus il est en mauvaise santé: ce gradient social concerne toute l’échelle socio-
économique, de haut en bas. Il s’agit d’un phénomène mondial, que l’on constate dans les pays à
revenu faible ou intermédiaire comme dans les pays à revenu élevé. Le gradient social signifie que
les inégalités en santé touchent tout un chacun.
Ainsi, si l’on examine les taux de mortalité des moins de cinq ans selon la richesse des ménages, on
constate qu’il existe un lien entre la situation socio-économique et la santé. Plus le ménage est
pauvre, plus la mortalité avant cinq ans est élevée.
4.2. Qu’est-ce qui détermine notre état de santé ?
À chaque étape de la vie, l'état de santé se caractérise par des interactions complexes entre plusieurs
facteurs d'ordre socio-économique, en interdépendance avec l'environnement physique et le
comportement individuel. Ces facteurs sont désignés comme les « déterminants de la santé ». Ils
n'agissent pas isolément : c'est la combinaison de leurs effets qui influe sur l'état de santé.
L'état de santé d’une personne se caractérise donc par des interactions complexes entre plusieurs
facteurs individuels, socio-environnementaux et économiques. Il existe divers modèles explicatifs de
ces déterminants de la santé : Certains privilégient le rôle des conditions de naissance et de vie dans la
petite enfance qui, lorsqu'elles sont défavorables, poseraient les fondements créateurs des inégalités.
D'autres se fondent sur l'effet cumulatif de déterminants sociaux et économiques défavorables se
combinant et interagissant au cours de la vie. Ces courants ne sont pas exclusifs les uns des autres et
peuvent être complémentaires.
- Le premier niveau « Facteurs liés au style de vie personnel » concerne les comportements
et styles de vie personnels, influencés par les modèles qui régissent les relations entre amis et dans
l’ensemble de la collectivité. Ces rapports peuvent être favorables ou défavorables à la santé.
Les personnes désavantagées ont tendance à montrer une prévalence plus élevée des facteurs
comportementaux comme le tabagisme et une alimentation médiocre et feront également face à des
contraintes financières plus importantes pour choisir un style de vie plus sain.
- Le second niveau « Réseaux sociaux et communautaires » comprend les influences sociales
et collectives : la présence ou l’absence d’un soutien mutuel dans le cas de situations défavorables a
des effets positifs ou négatifs. Ces interactions sociales et ces pressions des pairs influencent les
comportements individuels de façon favorable ou défavorable.
28

- Le troisième niveau « Facteurs liés aux conditions de vie et de travail » se rapporte à


l’accès au travail, l’accès aux services et aux équipements essentiels : eau, habitat, services
de santé, nourriture, l’éducation mais aussi les conditions de travail.
Dans cette strate, les conditions d’habitat plus précaires, l’exposition aux conditions de travaux plus
dangereux et stressants et un accès médiocre aux services créent des risques différentiels pour les
personnes socialement désavantagées.
- Le quatrième niveau « Conditions socio-économiques, culturelles et environnementales »
englobe les facteurs qui influencent la société dans son ensemble. Ces conditions, comme la situation
économique du pays et les conditions du marché du travail ont une incidence sur toutes les autres
strates.
Le niveau de vie atteint dans une société, peut par exemple influer sur les possibilités d’un logement,
d’un emploi et d’interactions sociales, ainsi que sur des habitudes en matière d’alimentation et de
consommation des boissons.
De même, les croyances culturelles sur la place des femmes dans la société ou les attitudes profondes
par rapport aux communautés ethniques minoritaires peuvent influer sur leur niveau de vie et position
socioéconomique.
CHAPITRE V : LES NIVEAUX D’INTERVENTION EN SANTE
PUBLIQUE
La santé est une richesse et cette richesse doit se restaurer si elle se perd. Il faut se protéger tant qu’il
est encore temps et s’agrandir ou se disséminer c'est-à-dire se promouvoir.
Il existe 3 niveaux dans lesquels se déploie la problématique de la santé et donc de l’intervention. Il
s’agit de :
- La restauration de la santé (Médecine curative)
- La protection de la santé (médecine préventive)
- La promotion de la santé (médecine promotionnelle)
5.1. La restauration de la santé
La personne présentant un problème de santé défini peut avoir besoin d’une aide externe pour rétablir
son équilibre et un mode de fonctionnement autonome et satisfaisant.
L’intervention dite curative, sera désignée de préférence sous le terme de la restauration de la santé et
elle s’adressera à la personne en tant que tout. La médecine curative se voit contrainte aujourd’hui
pour plus d’efficacité d’intégrer toujours plus.
L’évidence est que la simple prescription ne suffit pas. L’intervention devient complexe dans ce sens où
elle essaie de manier si possible en même temps, trois types d’actions notamment :
- L’action médicale classique qui implique le diagnostic, l’évaluation des lésions et le traitement :
- L’action éducative : elle vise à modifier les attitudes et les comportements.
Elle est aussi nécessaire en ce sens que la personne participe à la prise en charge de son problème de
santé .cette action est la plus importante car tout ce que nous faisons est déterminé par nos attitudes
et comportements.
- L’action sur le système des soins.
Cette action peut aller du plus simple (formation du personnel de santé) au plus complexe
(participation communautaire à l’aménagement des structures regroupant sous le même toit tous les
services nécessaires aux SSP)).
29

5.2. La protection de la Santé


Le concept de la protection de la santé recouvre la notion classique de prévention.
Des outils techniques comme la vaccination, le dépistage, la chimio prophylaxie et l’assainissement du
milieu sont mis en place à l’intention des populations.
L’un des outils majeurs de cette approche qui tend à modifier les attitudes et le comportement est la
communication pour le changement de comportement(CCC), appelé aussi l’éducation sanitaire ou
encore l’information, l’éducation et la communication(IEC).
5.3. La promotion de la santé
Selon la conférence d'OTTAWA La promotion de la santé est le processus qui confère aux
populations les moyens d'assurer un plus grand contrôle sur leur propre santé et d'améliorer celle-ci.
La Promotion de la santé cherche à susciter la participation effective et concrète du public: Elle engage
l'ensemble de la population dans le contexte de sa vie quotidienne, plutôt que de se concentrer sur des
personnes "à risque" de maladies spécifiques.
La promotion de la santé est une stratégie établissant le lien entre les gens et leurs environnements
physique, social, économique, culturel et qui prend en compte aussi bien les choix individuels que les
responsabilités de la société. Un point fondamental de cette perspective globale est de s'attacher aux
causes et aux déterminants de la santé, le plus possible "en amont" des facteurs de risques.
Pour Halter, " Il n'y a pas d'activité humaine qui ne présente pas des risques". Des méthodes et des
approches différentes mais complémentaires devront s'associer notamment la communication,
l'éducation, la législation, les mesures fiscales, les changements organisationnels, le développement
communautaire, le renforcement du système d'appui social.
 Stratégie de la promotion de la santé de la population
- Rendre l'environnement physique, social et économique propice à un mode de vie sain.
- Renforcer la capacité fondamentale de l'individu à opérer des choix et à affronter les situations
éprouvantes sans recourir à des types de comportements dommageables pour la santé.
- Améliorer la connaissance personnelle sur la mode de vie et les questions de santé.
- Renforcer le système d'appui social (famille, groupes, d'auto assistance collective, etc. qui aide les
individus et les groupes vulnérables à affronter les problèmes de l'existence
- créer des programmes spécialement conçus pour maîtriser certains aspects du comportement qui
affectent la santé.
La promotion de la santé vise l'égalité en matière de la santé. Ses interventions ont pour but de réduire
les écarts actuels caractérisant l'état de santé, et d'offrir à tous les individus les mêmes ressources et
possibilités pour réaliser pleinement leur potentielle santé. Cela comprend une solide fondation dans un
milieu qui apporte son soutien, l'information, les aptitudes et les possibilités permettant de faire des
choix sains. Les gens ne peuvent réaliser leur potentiel de santé optimal s'ils ne prennent pas en
charge les éléments qui déterminent leur état de santé. En outre cela peut s'appliquer aux hommes et
aux femmes.
 Servir de médiateur
30

La promotion de la santé exige l'action concertée de tous les intervenants: les


gouvernements, le secteur de la santé et les domaines sociaux et économiques connexes, les
organismes bénévoles, les autorités provinciales et locales, l'industrie et les média. Les gens
de tous les milieux interviennent en tant qu'individus, familles et communautés. Les groupements
professionnels et sociaux, tout comme les personnels de santé, sont particulièrement responsable de la
médiation entre les intérêts divergents, en faveur de la santé.
Les programmes et stratégies de promotion de la santé doivent être adaptés aux besoins et possibilités
locaux des pays et des provinces et prendre en compte les divers systèmes sociaux, culturels et
économiques.
 L'intervention en promotion de la santé signifie que l'on doit
1. Élaborer une politique publique saine.
La promotion de la santé va bien au de là des soins. Elle inscrit la santé à l'ordre du jour des
responsables politiques des divers secteurs en les éclairant sur les conséquences que leurs décisions
peuvent avoir sur la santé, et en leur faisant admettre leur responsabilité à cet égard.
Une politique de promotion de la santé suppose l'identification des obstacles gênant l'adoption des
politiques publiques saines dans les secteurs non sanitaires, ainsi que la détermination des solutions.
Le but doit être de rendre les choix sains les plus faciles pour les auteurs des politiques également.

2. Créer des milieux favorables


L'évaluation systématique des effets du milieu sur la santé et plus particulièrement dans les domaines
de la technologie, de l'énergie et de l'urbanisation, qui évoluent rapidement est indispensable: de plus,
elle doit être suivie d'une intervention garantissant le caractère positif de ces effets. La protection des
milieux naturels et artificiels et la conservation des ressources naturelles doivent recevoir une attention
majeure dans toute stratégie de promotion de la santé.
3. Renforcer l'action communautaire
La promotion de la santé procède de la participation effective et concrète de la communauté à la
fixation des priorités, à la prise des décisions et à l'élaboration des stratégies de planification, pour
atteindre un meilleur niveau de santé.
La promotion de la santé puise dans les ressources humaines et physiques de la communauté pour
stimuler l'indépendance de l'individu et le soutien social, et pour instaurer des systèmes souples
susceptibles de renforcer la participation et le contrôle du public dans les questions sanitaires. Cela
exige l'accès illimité et permanent aux informations sur la santé, aux possibilités de santé et à l'aide
financière.
4. Acquérir des aptitudes individuelles
La promotion de la santé soutient le développement individuel et social en offrant des informations, en
assurant l'éducation pour la santé et en perfectionnant les aptitudes indispensables à la vie. Elle
permet aux gens d'exercer un plus grand contrôle sur leur propre santé, et de faire des choix
favorables à celle-ci.
31

Il est crucial de permettre aux gens d'apprendre pendant toute leur vie et de se préparer à affronter les
diverses étapes de cette dernière. Cette démarche doit être accomplie à l'école, dans les foyers, au
travail, et dans le cadre communautaire, par les organismes professionnels, commerciaux et
bénévoles, et dans les institutions elles mêmes.
5. Réorienter les services de santé
Dans le cadre des services de santé, la tâche de promotion est partagée entre les particuliers, les
groupes communautaires, les professionnels de la santé, les institutions offrant les services, et les
gouvernements. Tous doivent œuvrer ensemble à la création d'un système de soins servant les intérêts
de la santé. Le rôle du secteur de la santé doit abonder de plus en plus dans le sens de la promotion de
la santé au delà du mandat exigeant la prestation des soins médicaux. Ce secteur doit se doter d'un
nouveau mandat comprenant le plaidoyer pour une politique sanitaire multisectorielle, ainsi que le
soutien des individus et des groupes dans l'expression de leurs besoins de santé et dans l'adoption de
modes de vie sains.
La réorientation des services de santé exige également une attention accrue à l'égard de la recherche
sanitaire, ainsi que des changements au niveau de l'éducation et de la formation professionnelle de la
formation professionnelle. Ceci doit mener à un changement d'attitude et d'organisation au sein des
services de santé, recentrer sur l'ensemble des besoins de l'individu perçu globalement
CHAPITRE VI : LES NIVEAUX DE PREVENTION D’UNE MALADIE
6.1. Portée de la prévention
La diminution des taux de mortalité observée au XIXe siècle dans les pays à revenu élevé s’explique surtout par le
moindre tribut (contribution) payé aux maladies infectieuses.
La baisse de la mortalité s’est surtout produite avant ces interventions et s’explique par les progrès de
l’alimentation, des conditions de logement, de l’assainissement et d’autres mesures d’hygiène du milieu.
6.2. Potentiel de prévention
L’évolution de la mortalité et de la morbidité montre bien que les principales causes de maladie peuvent être
évitées. Cependant, même la personne dont la santé est la meilleure succombera à un âge ou à un autre et quelle
que soit la population, il est évident que le risque de mortalité est à terme de 100 %. Mais la plupart des
populations sont touchées par des maladies spécifiques qu’il est possible de prévenir. La variation
géographique observée dans la survenue des maladies au sein d’un pays et d’un pays à l’autre fournit également des
indices importants concernant des possibilités de prévention.
6.3. Définition :
La notion de "Prévention" est complexe dans le domaine de la santé et elle peut se définir sous
différents aspects. Il convient de présenter plusieurs définitions de ce concept afin de
percevoir une définition la plus complète et pertinente que possible.
a. Selon le "Traité de Santé Publique" La notion de prévention décrit l'ensemble des actions, des
attitudes et comportements qui tendent à éviter la survenue de maladies ou de traumatismes ou à
maintenir et à améliorer la santé.
Il convient de distinguer :
32

- La prévention dite de "protection" qui est avant tout une prévention "de", ou "contre",
laquelle se rapporte à la défense contre des agents ou des risques identifiés.
- La prévention dite "positive" voire universelle, du sujet ou de la population, sans référence à un
risque précis, qui renvoie à l'idée de "promotion de la santé".
b. La prévention selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 1948 : "la prévention est
l'ensemble des mesures visant à éviter ou réduire le nombre et la gravité des maladies, des accidents
et des handicaps"
6.5. Les différents niveaux de prévention
Les quatre niveaux de prévention, qui correspondent aux différentes phases de l’évolution d’une maladie, sont les
suivants : primordial, primaire, secondaire et tertiaire. Chacun d’entre eux cible des facteurs ou des conditions
dont le rôle est attesté dans les causes de maladie. Dans les cas où les preuves d’un tel rôle sont incomplètes mais ou
le risque qu’il y a à ne pas prévenir une menace pour la santé publique est considéré comme trop élevé, des actions
préventives peuvent quand même être engagées, que l'on qualifiera alors de ≪ prévention de précaution≫. Il
s'agit là d'une démarche courante dans le domaine de l’environnement ou le ≪ principe de précaution ≫ est applique
afin d’éviter des risques pour la sante publique imputables à des procédés ou à des produits.
Les stratégies de prévention se recouvrent ou fusionnent, mais tous leurs niveaux sont importants et
complémentaires. Les préventions primordiale et primaire sont celles qui contribuent le plus à la santé de
l’ensemble de la population, tandis que les préventions secondaire et tertiaire sont généralement axées
sur les gens qui présentent déjà des signes de maladie .
1. Prévention primordiale
L’objectif de la prévention primordiale est d’éviter l’apparition et le maintien de modes de vie sociaux,
économiques et culturels dont on sait qu’ils contribuent à l’augmentation du risque de maladie .
On réalise souvent trop tard l’importance de la prévention primordiale. Tous les pays doivent éviter la propagation de
modes de vie et de modes de consommation nuisibles pour la santé.
2. Prévention primaire : C’est l’ensemble des actes destinés à diminuer l’incidence d’une maladie, donc à
réduire l’apparition des nouveaux cas.
En agissant en amont, cette prévention empêche l’apparition de la maladie. Sont par conséquent pris
en compte à ce stade de la prévention les conduites individuelles à risque, comme les risques en terme
environnementaux ou sociétaux.
Elle utilise l’éducation et l’information auprès de la population.
La prévention primaire a pour objectif de limiter l’incidence des maladies par une action au niveau des
causes et des facteurs de risque spécifiques.
Les efforts de prévention primaires peuvent être axes sur :
 L’ensemble de la population dans le but de réduire le risque moyen (stratégie axée sur la population ou ≪ de
masse ≫) ; où
 Les personnes à haut risque par suite d’expositions particulières (stratégie axée sur "les sujets à haut risque").
3. Prévention secondaire : C’est l’ensemble des actes destinés à diminuer la prévalence d’une maladie,
donc à réduire sa durée d’évolution. Intervient dans le dépistage de toutes les maladies et comprend le
33

début des traitements de la maladie. Ce stade recouvre les actes destinés à agir au tout début de
l'apparition du trouble ou de la pathologie afin de s'opposer à son évolution ou encore pour faire
disparaître les facteurs de risque
La prévention secondaire vise à réduire les conséquences plus graves de la maladie grâce à un
diagnostic et à un traitement précoce. Elle englobe les mesures disponibles au niveau individuel et
collectif pour un dépistage précoce suivi d’une intervention efficace. La prévention secondaire concerne la
période qui se situe entre le moment ou la maladie se déclare et celui où elle est normalement diagnostiquée et vise à
réduire la prévalence de la maladie.
La prévention secondaire concerne uniquement les maladies dont l’histoire naturelle comporte un stade initial au cours
duquel l’affection peut facilement être identifiée et soignée, de façon à bloquer toute évolution vers un stade plus
grave.
Pour être utile, un programme de prévention secondaire doit remplir deux conditions principales :
- disposer d’une méthode de dépistage de la maladie exacte et sans danger de préférence à un stade préclinique
– et de méthodes d’intervention efficaces.
4. Prévention tertiaire : C’est l’ensemble des actes destinés à diminuer la prévalence des incapacités
chroniques ou des récidives dans la population, donc à réduire les complications, les invalidités
fonctionnelles, ou rechutes dues à la maladie. Agit en aval de la maladie afin de limiter ou de diminuer
les conséquences de la maladie et d’éviter les rechutes. Dans ce stade de prévention, les professionnels
s’occupent de la rééducation de la personne et de sa réinsertion professionnelle et sociale.
La prévention tertiaire vise à freiner l’évolution ou à atténuer les complications d’une maladie installée
et constitue un aspect important de la médecine thérapeutique et de réadaptation. Elle consiste en
mesures visant à réduire les déficits et les incapacités, à atténuer la souffrance causée par une santé fragile et à aider
les malades à procéder aux ajustements nécessaires en cas de maladie incurable. Il est souvent délicat de distinguer
prévention tertiaire et traitement, puisque l’un des objectifs essentiels du traitement des maladies chroniques consiste
à prévenir les récidives.
La réadaptation des patients ayant présenté une poliomyélite, un accident vasculaire cérébral, un traumatisme, ou
souffrant de cécité ou d’autres affections chroniques, est essentielle pour leur permettre de prendre de nouveau part
à la vie sociale quotidienne. La prévention tertiaire peut beaucoup améliorer le bien-être des individus et des familles,
ainsi que leur revenu. Un de ses aspects importants – en particulier chez les personnes jeunes présentant une maladie
ou un traumatisme – consiste à restaurer leur capacité à travailler et à gagner leur vie. Si les systèmes d’aide sociale
ne fonctionnent pas bien, même une période temporaire de maladie peut engendrer des difficultés économiques
graves pour le malade et sa famille. Les études épidémiologiques doivent considérer la situation économique des gens
en mauvaise santé comme l’un des déterminants sociaux essentiels des évènements de santé.
A part les 3 niveaux de prévention (primaire, secondaire et tertiaire), l’OMS en a ajouté un
quatrième : En santé publique, la prévention quaternaire désigne initialement l’ensemble
des soins auprès de malades qui ont dépassé le stade des soins curatifs et qui se trouvent
parfois aussi en phase terminale. La prévention quaternaire inclut donc l’accompagnement
34

des personnes en fin de vie. Le terme soins palliatifs est cependant préférable et plus
répandue.
- Une autre définition, plus récente, de la prévention quaternaire la considère comme l’ensemble
des actions menées pour identifier un patient ou une population à risque de
surmédicalisation, le protéger d’interventions médicales invasives, et lui proposer des
procédures de soins éthiquement et médicalement acceptables.
La prévention quaternaire devient alors l’ensemble des activités de santé pour atténuer ou éviter les
conséquences de l’intervention inutile ou excessive du système de santé.
6.5. RS.GORDON en 1982, présente une classification de la prévention en trois parties :
1. La prévention universelle est destinée à l'ensemble de la population, quel que soit son état de
santé. Fais donc partie intégrante de cette acceptation de la prévention les champs dits de l'éducation
pour la santé qui insiste notamment sur les grandes règles d'hygiène.
2. La prévention sélective s'exerce en direction de sous groupe de population spécifique :
automobilistes, travailleurs en bâtiment, jeunes femmes etc. La promotion de l'activité physique ou la
contraception constituent des exemples d'actions de prévention sélective.
3. La prévention ciblée est non seulement fonction de sous groupes de la population mais aussi et
surtout fonction de l'existence de facteurs de risque spécifiques à cette partie bien identifiée de la
population (glycosurie chez les femmes enceintes)...
6.6. La prévention globale
Une définition de la "prévention globale" entendue comme la gestion de son capital santé : Gestion
active et responsabilisée par la personne de son capital santé dans tous les aspects de la vie. L’action
de promotion de la santé, de prévention des maladies ou d'éducation thérapeutique est déclenchée par
ou des professionnels. Une participation active de la personne ou du groupe ciblé est
systématiquement recherchée.
Quatre actions types sont retenues pour une "prévention globale"
- Par les risques, qui est celle mise en œuvre actuellement et concerne le champ sanitaire,
- Par les populations, dans une logique d'éducation à la santé entendue globalement,
- Par les milieux de vie, qu’il s'agit de rendre sains et favorables,
- Par les territoires, pour bénéficier de la connaissance et de la proximité du terrain et des
populations.
6.7. Prévention selon le glossaire de la Banque de Données en Santé Publique (BDSP) :
La prévention : Actions visant à réduire l'impact des déterminants des maladies ou des problèmes de
santé, à éviter la survenue des maladies ou des problèmes de santé, à arrêter leur progression ou à
imiter leurs conséquences.
Les mesures préventives peuvent consister en une intervention médicale, un contrôle de
l'environnement, des mesures législatives, financières ou comportementales, des pressions politiques
ou de l'éducation pour la santé.
35

1. Prévention primaire : Actions visant à réduire la fréquence d'une maladie ou d'un problème de
santé dans une population saine, par la diminution des causes et des facteurs de risque. L'incidence
correspond à l'apparition de nouveaux cas.
2. Prévention secondaire : Actions visant à la détection et au traitement précoce d'une maladie ou
d'un problème de santé. La prévention secondaire consiste à identifier la maladie ou le problème de
santé à son stade le plus précoce et à appliquer un traitement rapide et efficace pour en circonscrire les
conséquences néfastes.
3. Prévention tertiaire : Actions visant à réduire la progression et les complications de la maladie
avérée ou d'un problème de santé. Elle consiste en mesures destinées à réduire les incapacités, les
invalidités et les inconvénients et à améliorer la qualité de vie. La prévention tertiaire constitue un
aspect important des soins médicaux et de réhabilitation.
CHAPITRE VII : LES INDICATEURS DES PHENOMENES DE SANTE

7.1. DEFINITION
Un indicateur est une variable qui permet de mesurer ou de décrire du point de vue quantitative un
événement, une situation, ainsi que le changement intervenu à cet événement ou à cette situation.
L’indicateur est donc une aide dans une démarche qui répond à un objectif et se situant dans un
contexte donné. L’indicateur utilise les normes et les critères.
7.2. LES FORMES DES INDICATEURS.
La mesure de fréquence des maladies dans une population et dans différents sous groupes de celle-ci
est la toute 1ère donnée que l’on récolte généralement lorsqu’on étudie la santé d’une population.
Cette donnée apparaît en effet nécessaire à la fois au chercheur qui étudie l’origine, la cause d’une ou
de plusieurs maladies.
La fréquence de la maladie peut être exprimée en :
1. fréquence simple ou chiffre absolu
La plus simple des indicateurs est la fréquence simple d’un phénomène observé pour une période
donnée.
On dénombre un certain nombre des maladies sans s’intéresser à la population d’ou sont extrait ces
malades. On s’intéresse au numérateur et non au dénominateur.
Exemple : 200 cas de choléra, 100 accouchements, 10 cas de décès maternels.
Ces données sont peu utiles si et seulement si elles ne s’accompagnent pas de deux autres données, à
savoir :
- la population dont ces cas sont issus.
- et le moment ou cette observation a été effectuée.
On pourrait alors dire ceci: Au 05 novembre 2006, il y avait parmi la population cible : 200 cas de
rougeole.
La fréquence simple permet :
- Le classement par ordre de fréquence
- La mesure de la charge du travail
36

- L’évaluation des besoins


- La détection des phénomènes exceptionnels.
Son inconvénient est qu’elle ne permet pas de connaître l’importance d’un phénomène dans une
population, ni de comparer des situations sanitaires concernant des populations différentes.
Si l’on désire au contraire faire une comparaison sur les variations des fréquences des maladies, il faut
alors exprimer le nombre des cas par rapport à une unité de population, on parle alors du taux.
2. Le taux : C’est un rapport entre le nombre d’individus présentant un caractère spécifique pendant
une période et l’ensemble de la population susceptible de présenter ce caractère pendant cette période.
En d’autre terme, le taux mesure la probabilité de survenu d’un événement donné au cours temps. On
l’obtient en divisant le nombre de cas par la population dont sont extraits ces cas et en le multipliant
par un coefficient (facteur) qui représente l’unité de taille utilisée pour la population.

x
.K
Sa forme est : x+ y x= Numérateur
Y ou x + y = Dénominateur
K= Cœfficient
 Le numérateur est un nombre d’événements (malades, décès, handicape, …) survenus au cours
d’une certaines période.
 Le dénominateur représente la population exposée au risque de survenu de cet événement pendant
cette période.
 La consistance K est une puissance (nombre de fois qu’un nombre est multiplié par lui- même) de
10 qui dépend de la taille relative de quantité x et y.
Exemple : 2000 cas de paludisme enregistrés durant l’année 2005 pour une
population de 100.000 habitants. Calculez le taux.
2000
. x 100 = 2 %
Taux : 100000
N.B. Ainsi trois informations sont donc nécessaires pour le calcul du taux :
- Le numérateur : nombre de cas des maladies
- Le dénominateur : population dont sont extraits les cas
- Le temps auquel la mesure a été exprimée (journalière, hebdomadaire, mensuel et annuel).
Le numérateur et le dénominateur doivent s’exprimer dans les mêmes unités et s’adresser au même
groupe de population. Le taux permet de comparer deux situations, de comparer à des objectifs ou à
des standards.
3. Le ratio ou sex-ratio
N
C’est un rapport D où N n’est pas compris dans D, mais N et D appartiennent à 2 classes
mutuellement exclusives d’une même variable.
37

C’est une relation entre ceux qui ont subi l’événement dans différents groupes ou une expression de la

x
relation existante entre deux quantités ; sa forme est : y
Exemple : -1 médecin / 1000 habitants
- 1 infirmier/ 2500 habitants
- Nombre des lits/ habitant
- 1 médecin pour 50 lits…
Le ratio permet la comparaison avec le standard.
Exemple : parmi 20 étudiants de G2 EASI, il y a 15 mariés et 5 célibataires. Calculez le ratio des
mariés / célibataires et célibataires / mariés.
Solution : mariés / célibataires : 15 = 3
5 1
Célibataires mariés : 5= 1
15 3
Interprétation : 3 mariés contre 1 célibataire ou 1 célibataire contre 3 mariés
Ex. On a trouvé dans un échantillon constitué des personnes, qu’il y avait 4000 hommes et 2000
femmes qui ont subi l’événement. Calculer le ratio pour les hommes et pour les femmes.
Solution : - pour les hommes/femmes=4000 = 2
2000 1
C’est- à – dire qu’il y a deux hommes contre 1femme
2000 1
=
- Pour les femmes / hommes = 4000 2
C’est-à-dire 1 femme contre 2 hommes.
4. La proportion
C’est un rapport entre deux quantités comparant une partie(le numérateur) à un tout (dénominateur).
Le numérateur est donc inclus dans le dénominateur, on l’exprime souvent en pourcentage. Les
proportions sont souvent utilisées pour présenter les répartitions.
Exemple : Dans une fête de mariage ou 700 personnes ont pris part, 150 personnes ont développé la
diarrhée dont 100 hommes et 50 femmes. Calculer la proportion des hommes et des femmes.
Solution : Hommes : 100 x 100 = 66,7%
150
Femmes : 50 x 100 = 33,3%
150
La proportion permet de montrer les importances relatives (informations fort proches de fréquence
simple ou absolu), mais ne permet pas de connaître l’importance d’un phénomène dans une
population, ni de comparer des situations sanitaires concernant les populations différentes.
5. La moyenne :
38

C’est la somme d’une série des mesures divisé par nombre des mesures. Elle permet d’effectuer des
comparaisons et d’élaborer des prévisions.
Exemple : Consommation moyenne mensuel d’un produit.
Exemple dirigé :
Dans un banquet fréquenté par 500 personnes, 50 souffres de la gastro-entérite dont 32 hommes et 18
femmes. Calculez :
- Fréquence absolue ;
- Ratio ;
- Proportion ;
- Taux.
Solution :
- Fréquence : 50 cas de gastro-entérite ;

H 32 1, 7 2
= = ≈
- Sex-ratio : F 18 1 1
F/H = 18 = 1 = 2
32 1,7 1
32
H =64 %
Proportion : 50
18
F =36 %
50
32
. 100=10 %
- Taux : 50
6. Indice
C’est une mesure qui permet d’estimer un taux dans le cas où le dénominateur ne peut être
correctement mesuré et il est remplacé par un autre dénominateur de nature différente du numérateur.
Ainsi ce que l’on appelle communément le taux de mortalité maternelle n’est en fait qu’un indice. Le
taux de mortalité maternel normal doit être inferieur à 1décès/ 100000 naissances vivantes.

Nombre des décès femmeence int e → 42è jour après accouchement


TMM : x1000
Naissances vivantes
2. Mesures de fréquences particulières
Parmi les fréquences particulières, nous avons :
- Les mesures des fréquences de la maladie qu’on peut aussi appelé les indicateurs qui se rapportent
à la maladie.
- Les mesures des fréquences en rapport avec les décès ou indicateurs qui se rapportent aux décès.
a) mesures de la fréquence de la maladie :
La maladie dans une communauté peut apparaître sous 4 formes
39

1) cas sporadique : cas isolés Exemple : la rage


2) cas d’épidémie : l’épidémie est l’apparition dans un lieu donné d’une série de cas d’une maladie à un nombre au-
delà des attentes habituelles. il s’agit d’un phénomène limité dans le temps et dans l’espace. Ici il faut connaître un
chiffre habituel de la maladie, en se basant à ce chiffre, on saura quand le nombre va au dé là).
3) endémie : il s’agit d’une maladie qui sévit (règne) de manière habituelle (permanente) dans un milieu affectant
plusieurs générations successives.
C’est un phénomène limité dans l’espace mais illimité dans le temps. EX : choléra au Kivu, Kalemie depuis 1978
4) Pandémie : lorsque la maladie se propage à un moment donné sur les continents affectant leurs populations
respectives. Il s’agit d’un phénomène limité dans le temps mais illimité dans l’espace. Ex. Sida.
Pour déterminer les différentes modalités d’apparut ion d’une maladie et évaluer son influence sur la santé, on fait
recours à certaines mesures de fréquence et de distribution de la maladie
L’épidémiologie a commencé à exister lorsqu’on mesurait les décès soit les malades. Les 1 e statistiques ont été
publiées par John GRAUNT. De façon générale, des mesures de fréquence sont des mesures qui permettent de
caractériser sur un plan quantitatif l’occurrence de la maladie, du décès ou d’autre événement relatifs à la santé de
la population. Ces mesures sont appelées aussi indicateurs de l’état de santé
I. L’incidence de la maladie
C’est le nombre des nouveaux cas d’une maladie qui apparaît au cours d’une période de temps donnée
ou déterminée. Selon la durée de cette période, on peut parlera d’une incidence journalière,
hebdomadaire, mensuelle et le plus souvent annuelle.
II. La prévalence d’une maladie
Elle représente le nombre total des cas dans une population déterminée sans distinction entre les
nouveaux et les anciens cas. En d’autre terme, c’est le nombre total des nouveaux et anciens cas d’une
maladie à un moment donné. La prévalence et l’incidence sont généralement présentées sous forme
de taux.
A. Le taux d’incidence
C’est le rapport de l’incidence sur l’effectif de la population au milieu de la période de l’évaluation. Il
mesure la rapidité de survenu d’une maladie dans une population. Il s’agit d’un taux car seuls les
nouveaux cas apparaissent au cours de l’intervalle du temps et figurent au numérateur.

nombre de NC apparus pendant une période précise


Taux d ' incidence = x100
population au milieu de cette période
Exemple : Dans l’aire de santé Ndosho qui couvre une population de 18.000 habitants, on a enregistré
la fin du mois d’octobre 2006, 500 NC de paludisme. Calculez le taux d’incidence.

500 x 100 x 12
=33 ,3 %
18 . 000
Pour exprimer le taux d’incidence, on a besoin de spécifier 3 éléments :
- L’unité de temps dans lequel est exprimé le taux d’incidence ;
- La zone géographique (milieu ou endroit) ;
- La population pour laquelle il est calculé.
B. Le taux de prévalence
40

C’est le rapport de la prévalence sur l’effectif de la population. Elle représente le nombre total des cas
dans une population sans distinction entre les nouveaux et anciens cas. En d’autres termes, c’est le
nombre total des nouveaux et anciens cas d’une maladie à un moment donné. Le numérateur
comprend toutes les personnes qui ont la maladie à cet instant et cela quelque soit la longueur du
temps d’après lequel ces personnes sont atteintes.

Fréquence de cas ( NC+ AC )


: x100 , 1000 .10 . 000 etc .
Taux de prévalence : Population étudiée
La prévalence est un taux important en épidémiologie et largement utilisée pour déterminer les besoins
médicaux et sociaux et surtout en cas de maladies chroniques et endémiques.
b. Les mesures de fréquences en rapport avec les décès ou indicateurs qui se rapportent au décès.
1. Le taux de mortalité général(TMG) : c’est le rapport entre le nombre des décès enregistrés au
bout d’une année et le nombre moyen de la population pour la même année.
On l’appelle aussi taux brute de mortalité(TBM). Habituellement, on l’exprime en nombre annuel des
décès pour 1000 personnes.
Formule : TBM = Nombre des décès x 1000
Population totale
Exemple : La zone de santé de Karisimbi qui couvre une population de 265. 000 habitants a enregistrée au cours de
l’année 2005 1500 décès. Calculer le taux brut de mortalité pour cette période.
Solution : TBM = 1500 x 1000 = 5, 66 = 5.7 %o
265. 000
Interprétation : sur 1000 personnes, il y a 6 décès dans la zone de santé de
Karisimbi durant l’année 2005.
Le taux brut de mortalité peut être calculé pour une certaine population et pour un certain intervalle de temps
en comptabilisant tous les décès survenus au cours de la période. On peut donc également calculer :
a. le taux de mortalité pour toute cause confondue, mais spécifique par sexe ou par tranche d’âge.
Formule : TMS= Nombre des personnes d’âge particulier décédées au cours
de l’année X 1000
population totale de cet âge
Exemple : Sur la population de 265000 habitants, on a enregistré 1000 décès pour les enfants de 0-5 ans.
Solution : Enfants de 0- 5 ans = 18,9%
Nombre d’enfants = 265000 x 18,9 = 50085
100

TMS = 1000 x 1000 = 19,966 = 20 %o


50085
b) Le taux de mortalité spécifique par cause qui peut être également estimé pour l’ensemble d’une population
spécifiquement dans certains sous groupes.
Taux de mortalité spécifique/ cause = nombre des décès par cause x 1000
Population totale
41

Sur ces 1000 enfants décédés, 500 sont morts du paludisme.


500 x 1000 = 9,98 % = 10 %o
50085
c) Certains taux de mortalité infantile (périnatale, néonatale et infantile) ont des définitions précises : Dans les
études sur la mortalité, on réserve une attention particulière à la mortalité des enfants en bas âges et plus
spécialement sur les décès qui surviennent au cours de la première année de la vie.
Ainsi, on calcule le taux de mortalité infantile(TMI) qui est le rapport entre le nombre d’enfants de moins d’un an
décédés au cours de l’année et le nombre des naissances vivantes au cours de la même année.
La valeur de ce taux est un indice très important pour prévoir le renouvellement de la population.
Par ailleurs, l’intensité de la mortalité infantile est un bon indicateur de la situation économique et sociale d’un pays et
aussi de l’efficacité des infrastructures sanitaires en place.

Les composantes de ce taux spécifique de mortalité infantile sont :


- De 6 mois de la grossesse à la naissance = Mortinatalité
- De la naissance à 7 jours = mortalité néonatale précoce
- De 7jours à 28 jours = mortalité néonatale tardive
- De 28 jours à 1 an = Mortalité post néonatale
- De 1 an à 4 an = Mortalité juvénile.
6 mois naissance 7 jours 2 8 jours 1an - 4ans
6 mois de la Naissance 7 jours à 28 jours 28 jours à un an 1 an à 4 ans
Grossesse
Mortinatalité Mortalité Mortalité Mortalité post Mortalité juvénile
néonatale néonatale tardive natale
précoce
Mortalité infantile
TMI = Décès d’enfants < 1an x 1000
Total des naissances vivantes
Mortalité périnatale = Décès avant la naissance + décès avant le 7è j x 1000
Total naissances vivantes
Mortalité néonatale = Décès de 0- 2 8jours x1000
Total naissances vivantes
Mortalité néonatale précoce = Décès de 0 – 7 jours x 1000
Total naissances vivantes
Mortalité néonatale tardive = Décès de 7 –28 jours x 1000
Total naissances vivantes
NB. Le taux de mortalité hospitalière est le nombre des décès survenus à l’hôpital sur le nombre des personnes
admises durant une période multipliée par 100. Ce taux doit être inférieur à 2%.
2. Le taux de létalité :

La létalité décrit la survenue des décès chez les personnes atteintes d’une maladie donnée.
42

Elle se calcule comme le rapport du nombre des décès pour une certaine cause sur le nombre des nouveaux cas de
cette maladie survenue au cours d’une certaine période.
Autrement dit, c’est le nombre des personnes mortes de la maladie sur le nombre total des personnes qui ont
développé cette maladie multipliée par K (100). Elle permet d’apprécier la gravité ou la sévérité d’une
affection déterminée.
La létalité est en fait un rapport et une proportion.

Taux de létalité (TL) = Nombre des décès dus à une maladie x 100
Nombre total des malades durant la même période.

Taux de létalité = Nombre de décès dus à une maladie au cours d’une période donnée X 100
Nombre de cas diagnostiqués au cours de la même période
C’est la proportion des personnes ayant contracté la maladie et qui en sont mortes.
Le taux de létalité permet de mesurer le degré de propagation d’une maladie au sein de la communauté.
Exemple : La zone de santé de Rwanguba qui couvre une population de 150000 habitants a connu une épidémie de
méningite en 2004. 500 personnes ont attrapé cette maladie dont 50 décès. Calculer le taux de morbidité, de
mortalité et de létalité.
Solution :

Taux de morbidité = 500 X 1000 = 3,33 = 3,3%o


150000

Taux de mortalité = 50 X 1000 = 0, 3 %o


150000

Taux de létalité = 50 X 100 = 10%


500
CHAPITRE VIII : SYSTEME SANITAIRE EN RDC OU STRUCTURE
SANITAIRE EN RDC
8.0. Introduction :
Le système sanitaire de la RDC comprend actuellement 3 niveaux ayant chacun son rôle
spécifique :
 Niveau opérationnel ;
 Niveau intermédiaire ;
 Niveau central.
I. Niveau central (structure centrale)
C’est un échelon d’appui stratégique. Il comprend les structures de la conception, de la
coordination et l’encadrement de la politique sanitaire ainsi que des actions d’envergure (de grande
ampleur) nationale. C’est le ministère de la santé. Il comprend par ordre hiérarchique :
Le ministre ayant dans ses attributions la santé conduit la politique nationale de la santé. Il est au
sommet de la hiérarchie de la santé. Il est le centre le plus élevé des décisions de la politique sanitaire
du pays.
La réorganisation du cadre et structures organiques de l’Administration centrale du Ministère de la
Santé Publique se présente de la manière suivante :
43

A. Administration du secrétariat général : 14 Unités. Elle comprend :


1. Services rattachés auprès du secrétaire générale qui comprend :
- Cellule technique d’appui : 11 unités
- Cellule de gestion des projets et des marchés publics : 9 unités
- Cellule de suivi et évaluation : 13 unités
2. Les directions standards : qui comprennent :
- Direction des ressources humaines : 63 unités
- Direction administrative et financière : 68 unités
- Direction étude et planification : 30 unités
- Direction archives et nouvelles technologies de l’information et communication : 26 unités
3. Les directions spécifiques qui comprennent :
- Direction générale, organisation et gestion des services et des soins de santé qui
comprend :
 Administration de la direction générale, organisation et gestion des services et des soins de
santé : 15 unités
 Direction des soins de santé primaires : 79 unités
 Direction des établissements des soins et partenariat : 71 unités
- Direction générale de lutte contre la maladie qui comprend :
 Administration du Directeur général : 15 unités
 Direction de surveillance épidémiologique : 77 unités
 Direction laboratoire de santé : 64 unités
- Direction Hygiène et Salubrité publique : 81 unités. Cette direction comprend la division de
l’hygiène publique, la division de lutte- anti vectorielle et la division de la promotion de l’hygiène.
- Direction Pharmacie et Médicaments : 80 unités. Cette direction comprend la division des
médicaments, la division des plantes médicinales, la division contrôle de la qualité des médicaments et
la division des stupéfiants et psychotropes.
- Direction Santé de la famille et groupes spécifiques : 72 unités. Cette direction comprend la
division santé de la famille, la division santé des groupes spécifiques et la division médecine physique
et de réadaptation
- Direction Enseignement des Sciences de santé : 53 unités. Cette direction comprend la division
gestion des programmes de formation de base et évaluations pédagogiques, la division manuels
scolaires et matériels didactiques et la division des titres scolaires, statistiques et annuaire
NB : Le total de l’effectif de l’Administration Central : 841 unités.
B. Administration de l’inspecteur général
Elle comprend :
- L’inspecteur général
- Secrétariat Administratif de l’Inspection générale de la santé qui comprend :
 Section Ressources Humaines
44

 Section Ressources financières


 Section Logistique et Intendance
- Services Nationaux : L’architecture de l’inspection générale de la santé se présente de la manière
suivante :
 Service Inspection des ressources humaines et financières qui comprend :
 Pool inspection ressources humaines
 Pool Inspection Ressources financières
 Service Inspection medico-technique qui comprend :
 Pool Inspection des services Médico-techniques externe aux Etablissements des soins
 Pool Inspection des Etablissements classés (eau, hygiène et assainissement)
 Pool Inspection des Structures de Santé
 Pool Inspection des Etablissements des soins
 Service Inspection Pharmacie, Médicaments et Plantes médicinales qui comprend :
 Pool inspection Pharmacie
 Pool Inspection Médicaments
 Pool Inspection Plantes Médicinales
 Service Inspection des Etablissements d’enseignement des sciences de santé qui
comprend :
 Pool Administration et Infrastructures
 Pool Programmes d’Enseignement et Evaluation.
NB : Total de l’effectif de l’inspection générale de la santé : 101 unités
2. NIVEAU INTERMEDIAIRE
- C’est la division provinciale de la santé dirigé par le chef de division (CD) assisté par 6 chefs
des bureaux des métiers(gestion des Ressources Humaines, Appui technique, Information et
communication sanitaire, Hygiène et Salubrité publique, Enseignement des sciences de santé et
Inspection et Contrôle) qui ont pour rôle l’appui technique aux zones de santé avec les fonctions de
coordination, de formation, suivi, supervision, monitoring ou surveillance, évaluation, inspection et
contrôle.
En dehors des chefs des bureaux métiers, le chef de division est aussi assisté par des médecins
coordonnateurs des programmes (PNLS, PRONANUT, PNSR, PNLO, FONDATION DAMIEN
(programme national de lutte contre la tuberculose : PNT), programme de lutte contre le paludisme
(PNLP), PEV, CPTS, coordination provinciale de communication pour la promotion de la santé
(PNCPS), la coordination provinciale pour la santé mentale(PNSM), la coordination provinciale pour la
réhabilitation de base communautaire(PNRBC).
Ce niveau joue le rôle d’appui technique et l’encadrement des zones de santé.
- Et l’Inspection provinciale de la santé dirigée par l’inspecteur provincial de la santé assisté
par 4 chefs de bureaux et des inspecteurs chargés (des structures administratives, des services
45

medico-techniques, de l’enseignement des sciences de santé et ceux des structures pharmaceutiques


et médicaments) ayant pour rôle d’inspection et de contrôle.
3. NIVEAU PERIPHERIQUE OU OPERATIONNEL : C’est la zone de santé, unité de base de planification
sanitaire.
8.1. Organisation Générale de SSP
Jusqu’à 1978, la RDC avait un système sanitaire hérité de la colonisation. Le système d’organisation
rencontré était celui d’une organisation des services de santé et de soins de santé centré sur l’hôpital.
Ce modèle était calqué sur celui en vigueur de la métropole coloniale.
8.2. Les composantes des soins de santé primaires :
Parmi les composantes des SSP, la conférence internationale d’Alma Ata cite 8 éléments qui
constituent le minimum :
1. L’éducation concernant les problèmes de santé qui se posent ainsi que les méthodes de prévention
et de lutte qui leur sont applicables (Education pour la santé ou communication pour le changement de
comportement) ;
2. La promotion de bonnes conditions alimentaire et nutritionnelle ;
3. L’approvisionnement suffisant en eau saine et les mesures d’assainissement de base ;
4. La protection maternelle et infantile y compris la planification familiale
5. La vaccination contre les grandes maladies infectieuses ;
6. La prévention et le contrôle des endémies locales ;
7. Le traitement des maladies et lésions courantes ;
8. La fourniture des médicaments essentiels,
En RDC, en plus de 8 définies à Alma-Ata, trois autres composantes ont été ajoutées. Il
s’agit de :
9. Le management des SSP ;
10. La formation continue du personnel de santé;
11. La prise en charge des problèmes de santé mentale (délinquance juvénile, alcoolisme,…).
8.3. L’objectif général des soins de santé primaires
L’objectif est de rendre les soins de santé géographiquement, économiquement et culturellement
accessibles à l’ensemble de la population congolaise.
Pour y parvenir, la stratégie nationale de la santé pour tous préconise :
 D’une part, la mise en place et l’organisation des infrastructures sanitaires.
 et d’autre part, la participation communautaire au système de santé.
1. la mise en place et de l’organisation des services de santé : L’implantation des services de
santé vise à rapprocher le plus possible des communautés aux quelles ils apportent des solutions aux
multiples problèmes de santé. Ce rapprochement sous entend une triple accessibilité de services.
a. l’accessibilité géographique :
Elle influence directement l’utilisation des services parce qu’il s’agit de la possibilité physique des
individus à accéder à l’institution des soins. Elle est fonction de la distance à parcourir (5km), du
46

temps à mettre (1 heure de marche) et de l’effort à faire pour se rendre d’un endroit à un
autre en fin de recevoir les soins dont on a besoin. Si la distance qui sépare le village (rue) d’un
établissement des soins est à moins de cinq kilomètres (une heure de marche) et/ou dans un rayon de
2 km d’un site fixe en stratégie avancée (poste de santé), nous pouvons dire que la structure sanitaire
est accessible géographiquement. La réalisation de l’accessibilité géographique suppose une
distribution physique des services de sorte qu’elle épargne à la communauté desservie de grande
distance.
b) l’accessibilité économique
C’est la possibilité pour un individu ou une communauté de faire face au coût de soins. Ce
concept correspond à la relation entre le prix de service et la capacité de le payer ; Le coût de service
doit être abordable aux plus démunis. Si le service existe, mais l’individu ou la communauté se trouve
incapable de payer les soins, ce service n’est pas du tout accessible économiquement.
c) l’accessibilité culturelle
Elle implique l’acceptation des services fournis par ceux aux quels ils sont destinés. La
réalisation de l’accessibilité culturelle passe également par la mise en place de services adaptés
aux besoins prioritaires de la communauté et par la dispensation des soins satisfaisant dans
leurs réalités quotidiennes. Les soins doivent tenir compte de la valeur culturelle de la
communauté.
Les soins dispensés doivent revêtir un caractère multidimensionnel afin de répondre de façon adéquate
à la demande.
2. De la participation communautaire
Elle est indispensable dans la bonne marche de service de santé. Elle se traduit par la mise en place
des structures permettant un dialogue permanent entre le service de santé et la population prise en
charge et aboutit à ce que la collectivité soit capable d’initiative conduisant à une autodétermination
sur le plan de sa santé et de façon plus générale son développement.
La participation communautaire s’exprime à travers la réalisation de 3 principaux éléments qui
sont :
1. l’autofinancement :
L’autofinancement de service de santé se fait essentiellement grâce au payement des soins de
santé dispensés. L’aménagement, mais aussi la construction éventuelle d’un centre de santé sont
laissés à l’initiative de la communauté.
A partir du moment où cette dernière met à la disposition des services de santé des ressources
financières et de matérielles, elle a plus qu’un droit de regard sur la gestion de ce service.
2. l’auto gestion :
C’est un principe basé sur un dialogue entre le personnel de santé et le représentant de la collectivité
qui est associé à la gestion de service de santé.
3. l’auto responsabilité :
47

C’est la capacité d’une communauté à identifier ses problèmes de santé, à définir ses besoins à la
matière et à prendre des mesures nécessaires pour la résolution des problèmes et la satisfaction des
besoins. Le mécanisme prévu pour promouvoir la participation communautaire fonctionne à l’intérieur
des structures de dialogue mis en place au fonctionnement de la zone de santé, mais surtout au niveau
de l’aire de santé (comité de santé).
8.4. L’organisation d’une zone de santé
1. Définition : la zone de santé est une entité administrative décentralisée ayant pour objectif de
réaliser la santé pour tous par le canal de SSP
Elle est l’unité opérationnelle de planification destinée à procurer à une population bien définie des
soins curatifs, préventifs et promotionnels.
2. Procédure de la délimitation de la zone de santé
La délimitation d’une zone de santé se fait avec les concernés :
Les autorités sanitaires et politico- administratives ainsi que les partenaires et les populations
impliquées dans la gestion des infrastructures sanitaires et le développement de la zone de santé.
3. Critères de délimitation
La délimitation d’une zone de santé doit tenir compte d’un certain nombre des critères :
 critères géographiques : La zone de santé doit être contenue dans les limités d’une commune
ou d’un territoire. Autrement dit, chaque commune ou territoire pourra contenir une ou
plusieurs zones de santé dont les limites ne doivent pas chevaucher sur la commune ou
territoire voisin.
 critères démographiques et opérationnels : Dans une même commune ou un même
territoire, le nombre des zones de santé dépend de l’importance de population et des
infrastructures sanitaires existantes.
Le découpage des zones de santé à l’intérieur d’une commune ou territoire doit tenir compte des
critères ci-après :
- de l’importance démographique de la population variant selon la densité dans la fourchette de
50.000 à 200.000 hab. à milieu rural(en moyenne 100.000 hab. ) et de 100.000 à 250.000
hab. en milieu urbain (à moyenne 200.000 hab.)
- de l’accessibilité des infrastructures de soins de santé pour la population.
- De l’existence d’un HGR ou toute autre structure susceptible d’être transformée en HGR
- dans la mesure du possible, tenir compte de l’homogénéité socioculturelle de la population
Le calcul de la population pour une zone de santé découle des estimations à la fois du nombre de 20
centres de santé gérables par zone de santé et de la masse critique de population nécessaire par
centre de santé (5.000 à 10.000 hab.)en milieu rurale et de 10.000 à 15.000 hab. à milieu
urbain) vue les impératifs de la viabilité financière, de la charge du travail et du maintien d’un niveau
adéquat de technicité du personnel logiquement polyvalent.
48

- L’étendue d’une zone de santé ne doit pas dépasser une distance maximale de 150km entre le BCS
et le CS le plus éloigné (entraîne le coût/le temps de supervision) ou entre le CS le plus éloigné
et l’HGR, soit un rayon d’action de 75km.
NB. Un seul critère ne suffit pas pour justifier le découpage ; il faut toujours une combinaison des
critères ;
Les Zone de santé dérogeant (qui ne répond pas aux critères) aux critères (obstacles naturels,
problèmes socio-économiques, les hôpitaux excentriques (qui sont hors du centre etc.…) pourraient
faire l’objet des mesures particulières.
4. Délimitation des aires de santé
Une aire de santé est une espace géographiquement définie à l’intérieur d’une zone de santé et ou
habite une population desservie par un centre de santé.
La délimitation des aires de santé à l’intérieur d’une zone santé est sous la responsabilité de l’équipe
cadre de la zone santé qui le fait en concertation avec tous les partenaires impliqués dans le
développement de la zone de santé, y compris les autorités politico- administratives locales et les
privés.
A l’intérieur d’une zone de santé, le nombre des centres de santé dépend de la population et des
infrastructures sanitaires existantes. La délimitation d’une aire de santé autour d’un centre de santé
doit tenir compte d’ensemble des critères démographiques et opérationnels :
- une aire de santé doit couvrir une population de 5000 à 7500 habitants dans le milieu
rural(moyenne 5000 habitants) et de 10000 à 15000 habitants en milieu urbain(moyenne 10000
habitants), ou dans une grande agglomération, on peut aller même jusqu’ ’ à 30000hab.
- l’accessibilité géographique : le rayon d’action d’un centre de santé ne doit pas dépasser 5 km
- Respecter dans la mesure du possible l’homogénéité socio- culturelle de la population.
- Assurer une couverture totale de la zone de santé : ceci implique de choisir des limites des aires
de santé en partant de la périphérique vers le centre enfin d’éviter une enclave non couverte.
NB. Le chiffre de 5.000 à 15000 habitants est un compris fixé sur une base empirique. Une population
très faible ne permet pas au personnel de santé trop peu sollicité de maintenir un niveau adéquat de
technicité et de rentabiliser les ressources. De plus, la capacité de recouvrement de coût des soins se
trouve compromise.
Une population très nombreuse entraîne une surcharge de travail, une diminution de la qualité des
soins et de problèmes d’intégration des soins du fait de la tendance à la multiplication et à la
spécialisation du personnel.
On part de l’hypothèse que le SSP ne serait géographiquement accessible que si chaque membre de la
communauté a accès à un centre de santé à une distance maximale d’une heure de marche pour
une moyenne de 5 km.
L’accessibilité géographique peut donc être mesurée par le pourcentage de la population N habitant
dans un rayon d’action de 5km autour d’un centre de santé et la masse critique de la population
susceptible d’assurer la viabilité financière du centre de santé.
49

En milieu rural avec le problème de distance, le nombre des centres de santé à créer sera un
compromis entre l’accessibilité géographique (proportion de la population habitant dans un rayon
d’action de 5 km) et la masse critique de la population susceptible d’assurer la viabilité financière du
centre de santé.
Le nombre théorique d’aires de santé s’obtient en divisant la population totale de la zone de santé par
la population moyenne desservie par le centre de santé.
Ainsi, en partant des normes nationales, on peut calculer le nombre théorique d’aires de santé pour
couvrir une zone de santé en milieu urbain et rural.
Ex 100.000 =20 CS
5.000
5. Normes nationales, en RDC
Milieu Pop. total/ZS Population moyenne/CS Nombre d’aires théoriques.
Rural 100.000 5.000 20
Urbain 200.000 10.000 20

En pratique, pour découper l’aire de santé, il faut tenir compte des facteurs
suivants :
 Densité de la population
 Distance maximale acceptable entre le centre de santé et la population à desservir
 Masse critique (les opposants)
 L’homogénéité socioculturelle
 Disponibilité des ressources
8.4.1. Organisation structurelle d’une zone de santé
Dans le but d’uniformiser les nombreuses appellations sanitaires et pour éviter toute confusion, la
nomenclature ci-dessous est obligatoirement utilisée dans toutes les zones de santé.
Par ordre de spécialisation croissante, nous avons :
 Le PAS (poste d’animation sanitaire)
 Le PS/CS
 Le CSR
 L’HGR
Ces différentes institutions sanitaires sont représentées selon leur échelon dans le triangle suivant
appelé pyramide sanitaire.

HGR HGR
PS/ CS CSR

PAS PS/CS
50

PAS

a. Sur le plan organigramme, ces institutions sanitaires se présentent de la manière


suivante.

BCZ

PS/ CS HGR PS/ CS

POSTE D’ANIMATION SANITAIRE

b. L’organigramme fonctionnel

HGR

CSR CSR

PS/ CS PS/ CS
CS

POSTE D’ANIMATION SANITAIRE

Dans l’organisation des services de santé, une zone santé comprend 2 échelons obligatoires et 2
facultatifs ;
 Echelons obligatoires :
- structure de 1er échelon : centre de santé
- échelon de référence ou structure de 2ème échelon : HGR
 Echelons facultatifs : centre de santé de référence et le poste de santé.
I. Structure de 1er échelon de centre de santé
Le centre de santé est une structure publique de soins de santé périphérique ayant la mission de
réaliser les soins de santé intégrés d’une bonne qualité à une population d’une aire
géographiquement délimitée. L’aire de santé est une entité géographique délimitée, composée d’un
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ensemble des villages et/ou des rues en milieu urbain, avec une population moyenne de 10000
habitants couverte par un centre de santé.
Il est implanté dans le cadre de la mise en œuvre du plan de la couverture de la zone de santé
Le centre de santé est la porte d’entrée de la population au système de santé.
Il doit avoir une capacité à délivrer les soins dont la qualité se définit par les caractéristiques
suivantes :
8.4.2. Caractéristiques des SSP
1° la globalisation des soins : Elle vise à globaliser, à organiser des soins complets qui tiennent
compte de toutes les dimensions humaines. Physiques, économiques, culturelles et sociale.
Pour qu’il y ait globalité des soins, il faut connaître la population et l’écouter. Cela suppose aussi que le
personnel de santé sort de ces murs pour des visites à domicile, des réunions communautaires dans les
quartiers ou au village, qu’il y ait de contact avec la communauté. Cela suppose aussi qu’il faut
organiser des unités de soins suffisamment petites et proches de la population.
2 ° l’intégration des soins : Tous les types des soins (curatif, préventif promotionnel e rédactionnel)
doivent se faire dans le centre de santé par une même équipe. Cela suppose un travail d’équipe avec
un personnel polyvalent, compétent et responsable au niveau de centre de santé. Ceci permet non
seulement un gain du temps ou de moyen pour les malades, mais aussi une intégration du personnel et
donc son développement.
3° la continuité des soins
Les soins doivent être continus, c'est-à-dire qu’ils ne doivent pas seulement se limiter au seul moment
de la consultation. Ils doivent continuer sans interruption jusqu’à l’épuisement du problème de santé
qui a occasionné la consultation. Il faut éviter les barrières à la continuité des soins (barrières
financières).
La continuité implique également la mise en place d’un système référence et contre référence. Les
visites à domicile constituent une composante de la continuité et de la globalité de soins. Développer
la continuité, c’est aussi comprendre les obstacles que l’environnement du malade peut poser à la
poursuite des soins. Cela nécessite de l’empathie.
4° la pérennisation de services
Les interventions essentielles doivent viser la viabilité par le renforcement de capacités des
communautés dans la mobilisation des ressources locales pour poursuivre les activités à la fin de
projets d’appui extérieur. On peut aussi faire la pérennisation des services par le monitorage
(suivi), la micro planification dans le centre de santé, la redynamisation du partenariat pour
la santé y compris la participation communautaire, l’implication de la communauté à la prise des
décisions et au choix des stratégies correctives.
5° la rationalisation des services
Elle consiste à faire de sorte que les services de santé de base soient déployés équitablement là
ou les besoins se font sentir. Les ressources y afférentes devront être judicieusement reparties y
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compris l’implantation et l’utilisation rationnelle des services de santé. De façon spécifique, il s’agira
de :
- La limitation du nombre des médicaments à une liste minimale pour un centre de santé et pour un
HGR répondant aux problèmes de santés essentiels
- L’utilisation de guide standardisé ou arbre des décisions (organigramme) pour améliorer la qualité de
la prise en charge permettant d’éviter les prescriptions abusives et des coûts inutiles pour les malades
et les services de la santé.
6° la décentralisation des services
La décentralisation de la gestion des services se fera par l’attribution de l’autonomie et de pouvoir
de gestion des ressources disponibles au niveau de la zone de santé et la mobilisation des
ressources locales pour la santé.
7° la déconcentration des services : Les services de santé doivent être plus proches de la
population qu’ils sont appelés à prendre en charge (distance inférieur ou égale à 5 km par les
services curatifs de 1er échelon).
Tout en tenant compte de concentration de la population et l’utilisation des services, la répartition
géographique judicieuse et rationnelle devra être observée lors de l’élaboration du plan de couverture
et de la mise en place des unités des soins et des services de santé. Un système d’orientation devra
être opérationnel pour desservir la population de chaque zone de santé.
8° La participation communautaire.
C’est la participation de la population à la planification et à la gestion des interventions sanitaires dans
l’aire de santé et sa participation effective au niveau des organes de gestion de la zone de santé.
9° population définie
La population desservie doit être déterminée au moyen d’un recensement ou d’un dénombrement.
L’enregistrement et le dénombrement de la population fait partie des 1ères activités à réaliser par
l’équipe désignée pour le démarrage d’un centre de santé.
8.4.3. Caractéristiques des services
1° la décentralisation des services :
Elle veut dire que le service est situé le plus prêt possible de la population a fin de lui garantir
un maximum d’accessibilité géographique. Pour remplir cette condition, on a parfois proposé
d’utiliser les critères de la distance maximale à parcourir.
Cependant, dans des zones peu habitées, ces critères peuvent amener à établir un centre de santé
pour un si petit nombre des gens qui ne permet pas la rentabilité d’un centre de santé, ni maintenir
les compétences du personnel.
C’est pour quoi le critère de la taille de la population à couvrir semble plus pertinent. Si l’utilisation de
ce dernier ne permet pas d’assurer une accessibilité géographique suffisante à la population, il faut
recourir aux extensions du centre de santé (création des postes de santé).
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Il faut cependant avoir toujours à l’esprit que plus on décentralise, plus on court le risque de ne plus
fournir les soins de qualité par l’appauvrissement du plateau technique et la diminution du niveau de
qualification du personnel.
2° Polyvalence dans les services :
Le centre de santé doit fonctionner avec une équipe intégrée, c'est-à-dire une équipe d’agents de santé
agissante comme un ensemble polyvalent.
Une équipe intégrée se compose idéalement d’agents de santé polyvalente qui partagent une
responsabilité commune pour tous les problèmes de santé de la communauté. Si le niveau technique
d’un travail nécessite des agents avec une compétence particulière pour certains problèmes de santé
spécifiques, il faudra créer un système de communication interne ou de référence à l’intérieur de
l’équipe ou alors d’une référence à un 2ème niveau.
3° intégration de l’équipe dans la communauté
Le centre de santé doit être animé par les agents de santé qui vivent dans la communauté partageant
avec elle le même environnement physique, social et connaissant donc la population dans son
contexte.
Il faut éviter les obstacles culturels et sociaux qui pourraient par la suite empêcher les relations
empathiques entre le personnel et la communauté.
4° la permanence
Le service doit être permanent. Le centre de santé doit fonctionner avec une équipe disponible en
permanence de manière à permettre l’accessibilité dans le temps. Le service doit être disponible à tout
moment que les individus en ont besoin (24h sur 24h).
5° Le centre de santé ne doit pas être petit
En terme de la population couverte et en terme de staff pour que la communauté et le personnel
puissent s’établir facilement.
II. LA STRUCTURE DE 2ème ECHELON = L’HGR
L’HGR constitue un échelon de référence pour les PS, CS et CSR. Dans une zone de santé on ne peut
avoir qu’un seul HGR qui n’a pas d’aire de santé ou une population propre.
Il dessert toute la population de la zone de santé. Ceci signifie que la population autour de l‘HGR doit
être desservie par un centre de santé qui lui fournira les 1 ers soins essentiels
Tous les cas à l’HGR doivent être au mieux être secondaire, c'est-à-dire issus d’une référence d’une
structure de 1er échelon. Les activités de l’HGR sont spécialisées et essentiellement curatives dans la
majorité de cas, mais les soins administrés doivent répondre aux critères de qualité se SSP. Ces
activités sont complexes et s’exercent au travers des services suivants : Médecine interne, chirurgie,
pédiatrie, gynéco- obstétrique et le service de diagnostic (laboratoire et imagerie médicale).
8.5. LES ORGANES DE GESTION D’UNE ZONE DE SANTE
Sur le plan de son fonctionnement administratif, la zone de santé comporte des organes quoi sont aussi
hiérarchisées, il s’agit de ;
- Le conseil d’administration de zone de santé (CA)
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- Le comité de gestion de la zone de santé


- Le BCZ
- Le comité de gestion de l’HGR
- Le comté de santé dans le centre de santé

C. A

COGE ZS

BCZS

COGE/ HGR COSA/ CS


8.5. 1. Le conseil d’administration de la zone de santé
C’est l’organe suprême de la zone santé, il est chargé d’administrer l’ensemble des ressources
humaines, matérielles et financières mises à la disposition de la zone de santé, en vue de l’exécution
du programme.
a. Sa composition
Le C A de la zone de santé se compose :
- Le Chef de division de la santé ou son délégué (président)
- Le médecin chef de zone
- Le médecin directeur de l’HGR (MDH)
- L’administrateur gestionnaire de la zone santé (AG)
- Les superviseurs de la zone de santé
- L’administrateur, bourgmestre du territoire ou de la commune où s’étend la zone de santé
- Le représentant (délégué) de chaque intervenant permanent apportant des ressources à la zone de
santé
- Les présidents des COSA des CS (tous)
- Les infirmiers titulaires des CS (tous)
b) ses attributions
La mission principale du CA de la zone de santé est l’orientation de la politique sanitaire, Pour ce
faire :
- il approuve le plan d’action de zone santé y compris le budget et contrôle son exécution
- il contrôle le comité de gestion de la zone santé
- il contact lui-même ou donne son accord pour la prise des contacts avec les organismes extérieurs qui
peuvent aider la zone de santé à fonctionner.
- il contrôle le programme de santé de la zone e santé
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- il administre l’ensemble des ressources humaines, financières et matérielles de la zone de santé


- il harmonise la collaboration des partenaires publiques et privés intervenant dans le fonctionnement
de la zone de santé.
- Il est informé des visites faites dans la zone de santé et des contacts pris avec les organismes
extérieures.
c. son fonctionnement : Il est prévu que le CA se réunisse au moins une fois par trimestre. Mais
faute des moyens financiers, il se réunit une fois par an sur convocation de son président et aussi
souvent que des questions urgentes le recommandent (réunion extraordinaire).
8.5.2. Le comité de gestion de la zone de santé :
Il est aussi situé au niveau de la zone de santé.
a. Composition :
- Médecin chef de zone (président)
- AG de la zone de santé (secrétaire)
- Trois délégués de l’ HGR (MDH, DN, AG)
- Un représentant des PRECOSA
- Un représentant des IT
- Autorité locale ou son délégué
- Autres représentants dans le cadre de la collaboration intersectorielle.
b. Ses attributions :
- Assure la gestion technique des services de santé, ainsi que la gestion des ressources humaines,
matérielles et financières de la zone de santé.
- Elaborer les prévisions budgétaires et en assurer l’exécution après leur approbation par le CA.
- Planifier, exécuter et évaluer les activités au sein de la zone de santé.
- Mettre en application toutes les orientations arrêtées par le comité de gestion de la zone de santé.
c. Son fonctionnement :
Il se réunit une fois par mois, mais le MCZ peut convoquer une réunion extraordinaire.
8. 5. 3. Au niveau de l’HGR :
A ce niveau, il existe deux organes :
a) Le comité de gestion de l’HGR :
1. Composition :
- Le médecin directeur (président)
- L’administrateur gestionnaire (secrétaire)
- Le Directeur de Nursing (DN)
- Le médecin chef de staff
- Le pharmacien en chef
- Le délégué ou représentant du personnel
- Le MCZ
- L’autorité locale
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2. Attributions :
- Il est responsable de la gestion technique des services et ressources de l’HGR
- Il élabore son plan d’action et le soumet par le biais de son médecin directeur à l’approbation du
comité de gestion de la zone de santé.
Bref, il joue le même rôle que celui du comité de gestion de la zone de santé, mais réduit à l’hôpital.
3. Son fonctionnement :
Il se réunit une fois par mois.
b) Le conseil de direction de l’HGR
1. Composition :
- Le médecin directeur
- L’AG
- Le DN
- Le médecin chef de staff
- Le pharmacien
- les responsables des différents services de l’HGR.
2. Attributions : Il assure la gestion des affaires courantes dans les limites bien définies de l’HGR
3. Fonctionnement : Il, se réunit une fois par semaine sous la présidence du médecin directeur.
8.5 .4. Le comité de santé dans les centres de santé.
Sa création :
Le comité de santé est constitué par des membres élus par la communauté pour représenter les
différents villages de l’aire de santé.
- Pour le créer, le MCZ, avec l’aide de l’équipe de santé et des personnes influentes et expérimentées
de la communauté suscitera la constitution d’une organisation communautaire qui puisse représenter la
population et assurer le dialogue entre elle et le service de santé. Pratiquement, il faut partir des
groupes existants pour détecter au sein d’eux les personnes dynamiques et construire l’organisation à
partir d’elles, en veillant à ce qu’elle soit représentative de la population.
- La constitution du comité de santé est un processus dynamique et à long terme qui demande un
minimum de contact avec la population concernée (3 à 6 mois environs).
- Le premier comité de santé élu peut être provisoire.
- L’effectif du comité de santé varie entre 10 à 20 membres pour que le groupe reste suffisamment
représentatif malgré les absents.
Le type du membre à choisir et la crédibilité du comité de santé vis-à-vis de la population dépendront
à plus forte raison de la manière dont les membres ont été sélectionnés.
Les membres devraient toujours être choisis par la communauté qu’ils sont appelés à représenter.
La sélection des membres du comité de santé devrait être sous la responsabilité du BCZ en
collaboration avec l’équipe du centre de santé ; mais ces derniers doivent jouer le rôle de faciliter la
sélection.
b) Composition :
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- L’infirmier titulaire
- Les représentants de la population choisis par la communauté dont :
 Un président
 Un vice président
 Un secrétaire
 Un secrétaire adjoint
 Un trésorier
 Un vice trésorier
 4 conseillers dont 2 femmes.
NB : -Les chefs coutumiers ne sont pas des membres effectifs, mais plutôt des membres d’honneurs.
- L’appartenance au COSA ne procurera à ses membres, ni la gratuité des soins, ni autres
avantages financiers. Des solutions locales sont à rechercher pour stimuler la motivation du COSA.
c) Critères de sélection :
1. La sobriété(ne pas être ivrogne, être modéré, tempérant)
2. Appartenir à l’aire de santé concernée
3. Etre crédible ou mieux bénéficié de la confiance de la population
4. Faire montre de stabilité sociale et de responsabilité (respectueux et responsable)
5. Etre volontaire (voué à défendre les intérêts des autres et surtout des pauvres) et accepter le
bénévolat
6. Etre disponible à participer aux différentes réunions du COSA.
7. Etre ouvert au progrès.
8. Tenir compte de la représentativité des femmes et des jeunes.
NB. Il faut éviter des critères discriminatoires. Ex : Niveau d’instruction, appartenance confessionnelle…
d) Attributions :
- Gérer avec l’équipe du centre de santé et les propriétaires les ressources et les activités du centre de
santé.
- Assurer le dialogue entre l’équipe du centre de santé et la population dans le domaine de la gestion
des services de santé et des ressources du centre de santé.
- Participer à l’animation de la population pour la santé
- Favoriser la promotion de la santé par l’identification des problèmes prioritaires, la recherche des
solutions réalistes, le suivi de l’application des actions entreprises.
e) Fonctionnement :
- Le mandat des membres du COSA est de 2 ans suivant le règlement d’ordre intérieur du CA.
- Le comité de santé fonctionnera suivant un règlement d’ordre intérieur à établir.
- Les membres de comité de santé choisissent leur président
- Le comité de santé se réunit une fois par mois sous la direction de son président après concertation
après l’infirmier titulaire. La date, l’heure et l’ordre du jour doivent être connus à l’avance.
8. 5. 5. Le Bureau central de la zone de santé :
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Il n’est pas donc un organe.


- Il abrite le service administratif de la zone de santé
- L’activité principale de l’équipe du BCZS est de veiller à l’amélioration de la qualité des services
rendus dans toutes les structures intégrés aux SSP. Cela se fait à travers les activités de supervision.
Néanmoins, on retrouve au niveau du BCZ, une réunion de staff qui planifie hebdomadairement les
activités à réaliser au sein de la zone de santé.
L’équipe cadre de la zone de santé(ECZ) est constitué des agents suivants :
- 1 MCZ
- 1 administrateur gestionnaire
- 1 ou 2 superviseurs
- 1 pharmacien ou préposé à la pharmacie (Infirmier A1 ou A2).
- 1 technicien du développement rural(TDR)
- 1 nutritionniste
- 1 mobilisateur ou animateur communautaire(MOSO)
- 1 secrétaire comptable et caissier
- 1 chauffeur
- 1 sentinelle.
8.6. Structure de leadership intégré dans la zone de sante :
8.6.1. EQUIPE CADRE DE LA ZONE DE SANTE(ECZ) :
Le leadership intégré de la Zone de santé est assuré par l’Equipe cadre de la Zone de santé (ECZ).
Cette structure se réfère à la stratégie de renforcement du système de santé(SRSS).
a) Mission : L’ECZ a pour mission d’assurer le pilotage du développement de la zone de santé en tant que
système intégré qui offre des soins de santé de qualité, globaux, continus et intégrés.
1. Normes d’organisation
b) Fonctions : Les fonctions de responsabilité de l’Equipe Cadre de la ZS sont : la planification aussi bien
du développement des services que des activités et des ressources, la prestation des soins, le
développement des instructions ou stratégies spécifiques, la formation du personnel, la supervision et
l’audit médical, la gestion des ressources, la recherche opérationnelle, l’assurance qualité, la revue des
dossiers hospitaliers et la coordination.
 Planification
Chaque zone de santé doit disposer de :
- Un plan de couverture qui indique le nombre d’aires de santé à couvrir et l’ordre chronologique pour
l’implantation des CS.
- Un plan d’action qui articule des modifications à réaliser dans l’organisation et le fonctionnement des
services pour une période de temps limitée à une année.
- Un budget prévisionnel qui traduit de façon explicite la manière dont les actions à réaliser pourraient
être financée et des stratégies de financement du budget prévisionnel.
 Prestation des soins
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Les membres de l’ECZ doivent tous avoir une charge horaire de prestation de soins à l’hôpital général de
Référence.
 Elaboration des instructions ou stratégies spécifiques pour le développement des services et
des activités ainsi que des actes de prestation des soins. Normalement, il ne devrait pas y avoir
d’activité réalisée au niveau de la zone de santé qui ne soit couverte par une instruction écrite par
l’ECZ.
 Formation du personnel
La responsabilité de la formation du personnel de la zone de santé revient à la structure de leadership
intégré (ECZ),
Les stages dans des services pilotes constituent la modalité la plus recommandée pour la formation du
personnel
 Supervision et audit médical
La supervision, considérée comme un processus de formation continue, requiert une relation de confiance
entre le supervisé et le superviseur, basée sur la reconnaissance des compétences mutuelles et sur la
reconnaissance du fait qu'il s'agit d'une délégation de l'équipe cadre.
Les conseils et les orientations données ne dépendent pas de l'arbitraire du superviseur mais bien du
rationnel des instructions écrites. Les exigences en matière de supervision sont les suivantes :
- Instructions écrites,
- Responsabilisation des cadres pour la supervision pour une période relativement longue pour créer la
relation de confiance,
- Exigence de supervision de toutes les activités déléguées.
L’audit médical (bed sensus, études des cas) s'effectue le plus souvent entre médecins, il constitue mieux
une étape de supervision entre pairs qu'une évaluation. Il ne fait donc pas nécessairement partie des
activités de la structure de leadership intégré qui doit, au moins, veiller à ce qu'il se fasse.
 Gestion, spécialement la prise de décisions importantes
Les décisions d'une certaine importance se prennent en équipe. S'il n'y a pas consensus, il faut recourir
aux mécanismes d’arbitrage en vigueur (textes règlementaires, règlements intérieurs). Dans d’autres
circonstances, il peut être intéressant de laisser un membre prendre la responsabilité d’une décision qu'il
propose et de lui demander une évaluation précise après un délai défini.
Si un membre de l'équipe est amené à prendre une décision urgente, il est important qu'il en informe
l'équipe le plus rapidement possible (de préférence avant ou au cours de la prochaine réunion).
 Recherche opérationnelle
Il s'agit aussi bien d’une étape d'évaluation naturelle à tout processus de gestion que d'une volonté
particulière de fournir une rétro information aux stratégies nationales dans un processus de planification
par la base.
 Suivi et évaluation
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L’ECZ a aussi la fonction de faire le suivi et d’évaluation des activités menées au sein de la zone de santé
afin de mesurer le progrès. Ce dans ce cadre que s’inscrivent les activités de monitorage, de revue des
dossiers, de développement du SNIS…
Toutes ces fonctions contribuent aux sous axes de la revitalisation de la zone de santé tels que définis
dans la SRSS. Pour exercer ces fonctions, l’ECZ recourt à l’expertise au sein de la zone de santé et voire
même de dehors de la Zone de santé.
2. Normes de fonctionnement :
a. Principes
Le fonctionnement de l’ECZ obéit aux principes suivants :
- Responsabilité
Les membres de l’ECZ ont la responsabilité sur l’ensemble des structures de la ZS (Il s’agit ici des
responsabilités aussi bien au niveau de l’HGR que des CS).
- Redevabilité
De même que l’ECZ a des responsabilités, elle est aussi redevable. Elle doit rendre compte de la
gestion des activités auprès des organes de gestion de la ZS et des autorités hiérarchiques.
- Coordination
Un certain nombre de fonctions de gestion (gestion des problèmes de santé des patients et de la
communauté, gestion des différents services de la zone de santé) sont remplies par des cadres de
compétence et de champs d'action différents. Leurs fonctions sont de ce fait interdépendantes et peuvent
se renforcer mutuellement lorsqu'elles sont coordonnées. Une équipe rassemblant les différents cadres
est ainsi le lieu naturel de cette coordination.
- Intégration
Constituer une équipe est une solution pratique pour amener les différents cadres d'une zone de santé
à comprendre et accepter le concept d'intégration (intégration des soins et intégration des échelons)
dans la zone de santé. L’autorité d’une seule structure de leadership sur l’HGR et les CS permet
d’envisager le redéploiement du personnel de l’hôpital vers les CS dans le cadre de l’extension de la
couverture en CS.
Dans un but évident d'intégration, il y a intérêt de confier à chaque membre de l’équipe la responsabilité
de services de santé. Il est souhaitable que chaque membre de l’équipe ait des responsabilités à la fois au
premier et au deuxième échelon.
- Séparation des fonctions
Tout membre amené à intervenir dans un champ d’action dont il n'a pas la responsabilité ne le fait que par
l'intermédiaire ou par délégation du responsable désigné. En particulier, seul le superviseur désigné pour
une structure y fait une véritable supervision. Le responsable d’une quelconque expertise de la ZS n'y
effectue que des évaluations sans intervention directe sur le changement des instructions par exemple. Il
y a là une question importante d'autodiscipline et de communication, mais la reconnaissance de la
cohérence de l'équipe au niveau de la zone de santé est à ce prix.
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Il faut dans la mesure du possible veiller à ce que les fonctions de coordonnateur de la structure de
leadership intégré (MCZ) et celle de direction de l’HGR soient assurées par des personnes différentes.
- Communication au sein de l'équipe
La communication au sein de l’équipe cadre est ce qu’est l’huile dans un moteur. En effet, la
communication aide l’ECZ à fonctionner sans heurts et à harmoniser l’effort collectif ;
Outre les contacts informels, les communications peuvent se faire par l'intermédiaire de documents et par
la tenue des réunions. C'est à l'équipe de déterminer quel est le genre de documents à faire circuler. Si
l'équipe produit elle-même des documents, il y a intérêt à mettre au point un système de classement pour
faciliter l'accès à tous les membres.
Les réunions doivent être régulières afin d'éviter qu'elles ne soient programmées qu'en cas de problème
ou de conflit.
- Cadre de travail
Les activités de prestation des soins de l’ECZ se font au niveau de l’HGR et auprès des communautés.
Tandis que pour les autres activités, le Bureau Central de la Zone de santé (BCZ) est le lieu de travail
de l’ECZ. Il s’agit d’un bâtiment ou à défaut une salle logé(e) au sein de l’HGR.
3. Normes d’activités.
Le Paquet d’Activités de l’Equipe Cadre de la Zone de Santé est un ensemble d’activités qui
doivent être effectuées de façon concertée et programmée par ses membres. Ce Paquet comprend
des activités administratives/managériales, techniques et cliniques. Il s’agit de :
- Activités cliniques de prestation des soins,
- Planification/Programmation/Budgétisation,
- Activités organisationnelles et administratives,
- Gestion de l’information
- Formation continue,
- Supervision,
- Gestion du personnel,
- Gestion des ressources matérielles,
- Gestion des médicaments,
- Gestion des ressources financières,
- Activités de concertation et de coordination.
4. Normes de composition de l'équipe cadre
La composition de l’équipe peut être variable, mais doit tenir compte des critères suivants :
- Le profil de membres doit être déterminé par la nature des tâches à accomplir et la capacité à les
réaliser.
- Il doit s'agir de personnes capables de travailler en équipe et intéressées à la structuration
dynamique d'une zone de santé fonctionnant comme un système de santé intégré.
- Il faut veiller à ce qu'il y ait un gradient de compétence (acquise par la qualification ou l'expérience)
avec le personnel non membre de l’ECZ. Sinon, la supervision n'est plus acceptable.
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- Les membres doivent posséder des compétences plus larges pour traduire en termes gestionnaires
les observations relevées dans la prise en charge des malades. Les médecins et les infirmiers répondent
mieux à ce profil.
- Chaque membre devra avoir aussi bien une responsabilité au niveau des services des soins que des
activités de développement de la Zone.
- La prestation des soins fait appel à quatre fonctions qui doivent être intégrées pour éviter que la
population de responsabilité de la zone de santé ne fasse de frais de leurs logiques antagonistes. Il s’agit
des fonctions : médicale, de nursing, administrative et d’appui logistique.
Tenant compte de ces critères et dans le souci d’une bonne coordination, il est vivement souhaitable
qu’une ECZ ne soit pléthorique Une ECZ composée de 5 personnes (Médecin Chef de Zone de Santé,
Médecin Directeur de l’HGR, Directeur de Nursing, Administrateur Gestionnaire et l’infirmier
Superviseur de la Zone de santé) est à même de travailler avec ’harmonie.
8.6.2. Normes de fonctionnalité d’un HGR
A. Normes d’organisation.
Un HGR est une structure de 2ème échelon et obligatoire au sein d’une ZS. Il est situé dans une des aires de santé de
la Zone de Santé. Dans cette aire, il doit y avoir un CS.
a. Fonctions de l’hôpital Général de référence
L’Hôpital Général de Référence a pour fonction :
- La dispensation des soins de santé de référence sous forme de Paquet Complémentaire d’Activités,
- L’enseignement et le recyclage des professionnels de santé,
- La recherche opérationnelle,
- Le contrôle de qualité et l’encadrement des structures de santé de premier échelon (CS).
b. Services
Un hôpital Général de référence offre les services de base suivants :
- Les services médicaux de base : Pédiatrie, Gynécologie obstétrique, médecine interne et la chirurgie.
- Un service de diagnostic : laboratoire et l’imagerie médicale (radiologie, échographie.)
- Un service de réanimation et des soins intensifs,
- Une pharmacie interne.
La capacité d’accueil d’un hôpital Général de Référence est de 1 lit pour 1000 habitants, soit 100 lits pour une
population de 100 000 habitants,
c. Relations entre l’HGR avec les autres éléments de la ZS.
 Relations internes entre différents services de l’HGR
Sont des relations d’interaction, collaboration, de complémentarité et de travail en équipe où le rôle de chacun est
clairement défini, dans le but de produire des soins de qualité. Le travail se fait dans l’ajustement mutuel et la
supervision directe.
 Relations avec les autres structures de santé de la zone de santé.
En général, les relations de l’HGR avec les autres structures de santé de la ZS sont d’ordre opérationnel :
- L’hôpital est le lieu de formation et d’encadrement technique des équipes de CS . En effet, le CS est la structure de
déconcentration des services de prestation des soins de l’hôpital au sein de la communauté. La responsabilité de
développement des soins au niveau des CS revient donc à l’Equipe cadre de la zone de santé (ECZ), qui de ce fait
assure l’accompagnement technique à l’équipe des centres de santé à travers la formation, les stages et la
supervision.
- L’hôpital Général de référence assure la promotion et le contrôle de qualité des techniques des soins au sein de la
ZS ; En effet, c’est au niveau de l’hôpital que se font les examens de contrôle de qualité de l’ensemble de techniques
de prestation des soins des CS.
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- La continuité des soins entre le CS (lieu de premier contact de la population avec le système de santé) et l’hôpital
implique la référence et la contre référence.
La référence est un mécanisme (outils de gestion et transport) qui consiste à orienter les malades ou les
personnes à risque du centre de santé vers l’Hôpital Général de Référence pour une prise en charge appropriée.
La contre – référence est un mécanisme qui consiste à retourner les malades ou les personnes à risque de l’Hôpital
Général de référence (HGR, hôpital provincial ou centre hospitalo-universitaire) où ils ont reçu des soins appropriés
vers les structures qui les ont référés en vue de la poursuite des soins.
Ces relations sont formalisées par l’ECZ à travers des directives, des instructions, des circulaires administratives et des
outils du système d’information sanitaire.
 Relation avec la communauté.
La participation de la communauté à l’action sanitaire de l’hôpital peut prendre plusieurs formes telles que l’utilisation
des services offerts par l’hôpital, la contribution et participation volontaire aux travaux d’entretien ou de construction
de l’infrastructure. Des communautés organisées (confessions religieuses, les privés) peuvent être propriétaire d’un
hôpital (hôpital privé) ou peuvent contractualiser avec l’Etat pour la gestion d’un HGR dont les règles de jeu sont
réglementées dans le document d’approche contractuelle.
 Relations avec les Partenaires.
Les partenaires sont soit propriétaire ou Gestionnaire de l’hôpital. Ils sont aussi ceux qui apportent un appui
technique, matériel et financier à l’HGR.
Les relations entre l’HGR et partenaires sont formalisées à travers des textes contractuels.
 Les’ organes de gestion de l’HGR
a. L’ECZ
Elle traite de tous les problèmes de la zone de santé (HGR et CS). Cependant, elle confère par délégation, la gestion
des affaires courantes - dans des limites bien définies- de l’HGR à un Comité de Direction.
b. Comité de direction
Il est présidé par le Médecin Directeur de l’Hôpital Général de Référence et a pour membres : le Médecin Directeur, le
Médecin Chef de Staff médical, les responsables des différents services de l’Hôpital, l’Administrateur Gestionnaire et le
Directeur de Nursing. Il a pour attribution d’assurer la gestion quotidienne de l’HGR dans des limites de ses
attributions, de garantir la qualité des services et de veiller aux relations interservices.
B. Normes des activités
L’hôpital Général offre les soins sous forme d’un paquet complémentaire d’activités.
Le Paquet Complémentaire d’Activités (PCA) désigne l’ensemble d’activités complémentaires au Paquet Minimum
d’Activités (PMA) qui doivent être effectuées de manière continue au niveau de la structure de référence de la Zone de
santé (Hôpital Général de Référence).
Le rôle du niveau de référence est d’assurer la continuité des soins aux malades qui requièrent un plateau technique
non disponible au niveau du CS pour des raisons économiques, techniques et organisationnelles.
Le Paquet Complémentaire d’Activités comprend des activités préventives, curatives et promotionnelles qui sont
organisées dans le cadre des services de médecine interne, de chirurgie, de gynécologie et obstétrique et de pédiatrie.
A ces activités, on ajoute celles relatives à la gestion (Gestion de l’information sanitaire hospitalière, des ressources
humaines, matérielles, financière, la recherche action et l’encadrement du personnel de la zone de santé).
Le Paquet Complémentaire d’activités se réalise avec un support varié parmi lequel on retient :
 Les différents d’examens d’un laboratoire de référence sont (détails en annexe):
- Les examens de parasitologie
- Les examens hématologiques
- Les examens bactériologiques
- Les examens biochimiques
 L’imagerie médicale comprend :
- Radiographie (radioscopie)
- Echographie
 La stérilisation du matériel
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- Lavage suivi de la désinfection, stérilisation à la vapeur (autoclave) ou stérilisation à la chaleur sèche


(poupinelle)
 Les activités de réadaptation
- Kinésithérapie,
- Physiothérapie
C. Normes des ressources
a. Ressources humaines
Pour un HGR de 100 lits desservant 100.000 habitants, les postes à pourvoir sont repris dans les tableaux suivants :

Personnel technique
Catégories Nombre Qualification Fonction
1 Médecins 3 Docteur en Médecin (Chef de zone, Directeur de l’HGR, Chef
médecine de Staff)
2 Pharmacien 1 pharmacien Pharmacien de l’HGR
3 Anesthésiste 1 Niveau A1 Responsable de réanimation
4 Administrateur 1 L2 ou G3 Responsable de la gestion administrative et
gestionnaire financière
5 Directeur de nursing 1 Niveau A1 Chef du nursing
6 Infirmier 16 Infirmier Administration des soins
A1/A2/A3
7 Techniciens de laboratoire 2 Technicien Chef de service
A1/A2/A3
8 Technicien de radiologie 1 technicien A1/A2 Responsable du service
9 Kinésithérapeute 1 Technicien Responsable du service
A1/A2
10 Nutritionniste 1 G3 Nutritionniste
Personnel d’appoint
Catégories Nombre Qualification Fonction
1 Administratifs 3 Diplôme d’Etat Secrétaire, Comptable, caissier et statisticien
des Humanités
2 Chauffeur 1 D6-PP4 Conduite véhicule
3 Technicien de 1 A1ou A2 Maintenance des équipements et électricité
maintenance
4 Nettoyeurs et chargés de 7 Sans Propreté des locaux et bâtiments + buanderie +
l’entretien qualification entretien de la cour
exigée
5 Huissier 1 PP4 Transmission courrier, accueil à l’entrée
6 Sentinelle 2 Sans Veilleur et chargé de sécurité des infrastructures et
qualification équipements
Total 43

Une utilisation rationnelle des ressources humaines réparties de telle manière, est susceptible de garantir un travail de
qualité. Le ratio de 1 agent par 2 lits d’hospitalisation occupé- dont 70% de professionnels de santé est une base
recommandée pour la planification des effectifs dans un hôpital.
En plus des services de base (médecine, chirurgie, gynéco obstétrique, la pédiatrie et le laboratoire), l’hôpital général
de référence peut développer en fonction de ressources disponibles, un certain nombre de services spécialisés
65

(ophtalmologie, ondoto-stomatologie, kinésithérapie, santé mentale etc.…) qui peuvent exiger des effectifs spécialisés
supplémentaires.
Pour gérer les ressources humaines, l’hôpital doit avoir les outils suivants :
- Organigramme fonctionnel,
- Liste nominative du personnel,
- Description des postes
- Horaire de travail/des activités
- Registre de présence
- Calendrier de congés/vacances
- Fiche de congés,
- Liste de paie
- Besoin en personnel.
- Fiches de cotation annuelle
En plus de ces outils, l’hôpital constitue pour chaque agents un dossier complet comprenant, son CV, ses diplômes ou
autres titres de qualification, les attestations requises (nationalité, bonne conduite vie et mœurs…) etc…
b. Ressources financières
Le développement de l’HGR requiert de moyens financiers importants, car au sein d’une ZS, l’HGR est la structure la
plus importante et la plus coûteuse. Les sources de financement de l’HGR sont de quatre ordres :
- Dotation budgétaire de l’Etat,
- Financement extérieur (de bailleurs de fonds),
- Contributions de la communauté
- Ressources du secteur privé.
Le recouvrement des coûts des soins est un principe consacré par la politique nationale. La gratuité des soins est
exceptionnelle. Le mode de tarification préférentiel à l’hôpital est le tarif forfaitaire.
La gestion des ressources financières à l’HGR, requiert les outils suivants :
- Livre de caisse
- Carnet de reçu
- Facturier
- Carnet de bons de retrait
- Cahier de dépenses
- Registre de trésorerie
- Carnet de chèque le cas échéant
- Tarif
- Registre de créances.
- Logiciel de comptabilité
- Grand livre
c. Ressources matérielles et équipements
Les équipements constituent un volet essentiel dans le fonctionnement d’un HGR. Non seulement qu’il faut les rendre
disponibles mais, il est un devoir à ce niveau, d’en assurer un bon usage pour une nette efficacité / efficience. Au sein
d’un Hôpital, les équipements sont des biens communs pour lesquels les usagers sont tenus à respecter et à faire
respecter.
a. Classification :
 Les fournitures : sont des biens rapidement consommables, ex : les papiers, stylos, médicaments, réactifs,

 Les matériels et les équipements : sont des biens qui durent plusieurs années sous la même forme et
qu’il faut entretenir et renouveler.
Généralement, les équipements sont classés sous les différentes rubriques suivantes :
 Immobilier (bâtiments du CS, bureau…)
 Matériel et outillage :
- Matériel de laboratoire et de diagnostic : microscope, centrifugeuse, potence à VS, tensiomètre, stéthoscope…
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- Outillage : de menuiserie, de mécanique, de maçonnerie, brouettes, raclettes, machettes, pelles, seaux, brosses...
 Matériel de transport : vélos, moto, véhicule.
 Mobilier (chaises, tables, lits, brancards, étagères…)
 Matériel de bureau (calculatrice, machine à écrire, ordinateurs, photocopieuse…)
 Agencements, aménagements et installations (téléphone ou phonie, frigo, boîte isotherme, installations
électriques et sanitaires, installation d’énergie solaire, citernes d’eau…)
Les outils requis pour la gestion des matériels et équipements à l’HGR sont :
- Fiche des stocks
- Fiche de réquisition /facturation
- Fiche de mouvement
- Registre d’entrée
- Bordereau de livraison
- Bon de commande
Pour les immobiliers :
- Les titres de propriétés
- Les documents cadastraux
Le contrôle de la gestion des fournitures et matériels se fait :
- Par comparaison
- Par inventaire (fiche d’inventaire),
- Par consommation mensuelle moyenne.
d. Equipements standard d’un Hôpital Général de Référence
La Liste révisée en 2005 des équipements standards de l’HGR, a été publiée par le Ministère de la santé dans la
brochure de liste nationale des médicaments essentiels.
e. Médicaments et autres consommables médicaux
Les médicaments demeurent une des composantes clés dans la production des soins de qualité. Par leur complexité et
diversité, ils sont aussi considérés comme un couteau à double tranchant et des règles qui les régissent doivent être
appliquées avec fermeté.
Le Ministère de la santé a mis au point la liste des médicaments essentiels pour la RD Congo. La classification de ces
médicaments essentiels au niveau de l’Hôpital Général de Référence vise en grande partie, leur utilisation rationnelle
et judicieuse pour une meilleure efficacité.
Les outils requis pour la gestion des médicaments à la pharmacie de l’HGR sont :
- Le bon de commande de médicaments
- Le procès-verbal de réception des produits
- Le registre de consommation journalière de médicaments essentiels
- La fiche d’inventaire
- Le tableau de bord de l’HGR
- Le rapport synthèse mensuel de gestion des médicaments
- La fiche de stock
- La fiche de contrôle de température
- Fiche de facturation
Liste des médicaments essentiels de la RDC (révision 2005) a été publiée par le Ministère de la santé 1.
D. Normes structurales de l’hôpital général de référence
a. Normes de l’environnement
1. Environnement interne de l’HGR
Le milieu hospitalier est généralement caractérisé – surtout dans le milieu rural –par la pléthore d’accompagnants.
Cette promiscuité avec ses corollaires - de même que les déchets hospitaliers - doit être maîtrisée afin de garantir à
l’hôpital, un environnement sain dans lequel doit évoluer les patients admis.
On accordera une attention particulière à l’assainissement du milieu (désherbage, curage des égouts, …). Il faut
prévoir un incinérateur, des installations sanitaires hygiéniques, un système de drainage des eaux usées et de
1
67

ruissellement et un système d’alimentation en eau potable, pavillons pour accompagnants, érection insuffisante de
barrières aux endroits dangereux et aux nuisances sonores. Le site d’implantation de l’hôpital doit être sain (milieu
non pollué), le terrain doit être assez spacieux pour permettre une extension éventuelle et relié au réseau routier
existant,
 Protection contre les insectes nuisibles (mouches et moustiques)
- Toile anti moustique aux fenêtres et autres ouvertures du bâtiment de l’HGR
- MII sur les lits d’hospitalisation des malades et de la maternité ;
- Les portes munies d’un dispositif à fermeture automatique
- Piège attrape-mouche dans les salles.
 L’eau courante
Pour ses besoins de nettoyage, d’entretien et d’usage médical, l’HGR doit avoir de l’eau courante en permanence. Il
est soit branché au réseau public de distribution d’eau (milieu urbain), ou soit il dispose d’un puits ou d’une citerne
alimentée par captage des eaux (eaux de pluie ou d’un forage avec puits avec pompe immergée)
 L’éclairage et l’énergie à l’HGR
Pour la lumière et l’alimentation électrique de ses appareils, l’HGR doit avoir une source d’énergie stable. Il s’agit
soit d’un branchement au réseau public ou privé de fourniture d’électricité, soit d’un groupe électrogène et ou d’un
dispositif solaire adapté.
 Traitement des déchets solides
L’HGR doit disposer de :
- Un incinérateur
- Un trou à ordures (couvert)
- Un trou à placenta (couvert)
- Des poubelles avec couvercles dans toutes les salles et dans la cour.
 Traitement des déchets liquides
Les eaux usées produites à l’HGR doivent être collectées dans des canaux aménagés conduisant vers un puits perdu.
L’eau de ruissellement est canalisée vers des collecteurs du réseau public.
Le terrain de l’hôpital ne doit pas être trop accidenté et la déclivité doit dépasser 10% pour faciliter un bon drainage
des eaux usées et de ruissellement
 Latrines et douches à l’HGR
L’HGR doit disposer des douches et latrines propres réservées à chaque service (voir tableau ci-dessous)
 Protection contre les bruits sonores
L’HGR doit être implanté dans une zone d’accalmie, à l’abri de la circulation intense et loin des sources de vibration.
 Prévention des Incendies et alimentation électrique
En milieu rural, il faut prévoir un périmètre d’au moins 25 m autour des bâtiments afin de prévenir l’incendie. En
milieu urbain, placer des extincteurs aux endroits stratégiques, placer des issues de secours, prévoir les menuiseries
résistant au feu, les circuits électriques doivent être protégés avec les fusibles adaptés. Les fils électriques doivent être
bien isolés et les câbles électriques doivent être des sections conformes aux charges.
2. Environnement externe
- Désherbage de la cour de l’HGR
- Séchage des flasques d’eau
- Enclos/Clôture : pour empêcher la divagation des bêtes, des enfants dans la cours des installations.

Le tableau suivant reprend quelques moyens d’hygiène et assainissement de l’HGR.


N° Moyens Quantité Dimensions
1 Trou à placenta 1 Profondeur : 2,5m ; rayon : 1m
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2 Trou à ordures 1 2mx2mx1, 5m


3 Latrines 3/ service
4 Incinérateur 1 1,5mx1m
5 Douches 3/ services 1,2 mx1, 5m
6 Trou à aiguilles 1 / services des soins
7 Réceptacles pour aiguilles
/lames usagées
8 Poubelles internes -1 / salle 20 litres
Poubelles extérieures -2/ services 60 litres
9 Points d’eau -1/ salle
10 Château d’eau de réserve 10 m³³
11 Source d’énergie - Courant électrique,
- Panneau solaire,
- Groupe électrogène-
12 Matériels d’entretien -1 Kit/ service
8.6.3. Normes de fonctionnalité d’un centre de santé
A. Normes d’organisation.
Le Centre de santé est un établissement des soins de 1 er échelon, responsable des activités de prestation des soins au
niveau d’une aire de santé donnée.
a. Fonctions du Centre de santé ;
Les fonctions du centre de santé sont :
- Servir de lieu de déconcentration des services des soins de l’hôpital pour rapprocher les soins auprès des
communautés
- Servir de structure de 1er contact de la population avec le système de santé,
- Assurer la prise en charge de la population de l’aire en lui offrant un paquet minimum d’activités des soins selon les
normes nationales ;
Ceci étant, chaque AS doit avoir un centre de santé qui la dessert. Même l’aire où se trouve implantée l’HGR, doit
avoir un CS. Ceci est d’autant important qu’il est nécessaire, de séparer les fonctions du premier et du deuxième
échelon et de clarifier pour la population du rôle de chaque structure.
b. Services au Centre de Santé
Un centre de santé comprend les services suivants :
- La réception
- La consultation
- Les soins
- La maternité (total 5 lits, dont 2 lits de travail, 2 lits d’observation, 1 table d’accouchement)
- L’observation (total 2 lits
- Le laboratoire
- La logistique et maintenance
Le centre de santé dessert une population de 10 000 habitants dans un rayon d’action maximum de 8 kms. Le Centre
de santé doit couvrir une population suffisamment importante pour permettre : (i) la rentabilité minimale nécessaire à
la poursuite des activités de base prévues, (ii) le développement de l’infrastructure et (iii) la périodicité nécessaire
pour les supervisions.
c. Relations du CS avec les éléments du système de santé de l’Aire de santé.
a. Relations internes
Les activités au Centre de santé sont réalisées par un personnel polyvalent et intégré dont la caractéristique principale
est le travail en équipe. Le travail en équipe implique la connaissance et la poursuite des objectifs communs, la
circulation de l’information, la responsabilisation et la redevabilité. L’équipe du CS se réunit au moins une fois par
semaine.
b. Relation avec la communauté.
69

La communauté participe à l’action du Centre de santé en utilisant les services offerts et en participant à la gestion du
CS à travers les organes de participation dont le comité de santé.
- L’utilisation des services
Le taux d’utilisation de 0,5 est le taux actuel auquel il faut tendre et qui devrait augmenter pour développer des soins
de qualité et assurer la viabilité de la structure et un bon niveau de compétence du personnel.
- Participation communautaire
La participation communautaire a plusieurs formes telles que : la participation à la planification dans l’aire de santé
(délimitation de l’aire de santé, choix du lieu d’implantation du centre de santé, etc.), la prise de responsabilité dans la
recherche des solutions des propres problèmes de santé, la construction d’un centre de santé, la construction de la
maison de l’infirmier, la gestion du CS, le paiement des services de santé.
L’organe de participation communautaire au centre de santé est le comité de santé.
- Comité de santé (C0SA)
Il est composé d’une dizaine des membres dont l’IT et les élus parmi les leaders communautaires.
Ses attributions sont :
- Participer à la planification, au suivi et évaluation des activités du centre de santé,
- Participer à l’identification des besoins sanitaires de la population,
- Cogérer les ressources du centre de santé,
- Participer aux réunions avec l’équipe de santé
- Organiser des travaux d’intérêt communautaire.
Le comité de santé est présidé par un membre élu pour un mandant de deux ans, renouvelable une fois. Le Comité
de santé fonctionne suivant un règlement d’ordre intérieur établi. Il est représenté au comité de développement de
l’Aire par son président.
c. Les organes de gestion du centre de santé
Les organes de gestion du centre de santé sont constitués par l’équipe du centre de santé et le comité de santé.

d. Du Centre de santé
Elle est composée d’une petite équipe aux compétences polyvalentes, dont la composition est décrite ci-dessous. Elle
travaille sous la coordination de l’Infirmier titulaire (IT). Elle est chargée par délégation de l’ECZ de la gestion
quotidienne des activités et des services du centre de santé.
 Relations du centre de santé avec les autres structures de santé de l’aire.
Les relations entre le centre de santé et les autres structures de l’aire sont définies et réglementées par l’ECZ dans le
cadre des objectifs du plan de la Zone de santé.
Relations avec les Partenaires.
Les partenaires peuvent :
- Etre propriétaire d’un centre de santé
- Etre Gestionnaire d’un centre de santé
- Apporter un appui technique, matériel et financier au CS.
La gestion des relations du centre de santé avec partenaires est de la compétence de l’ECZ. Ces relations sont
formalisées dans un cadre contractuel portant sur le développement du système dans sa globalité et non sur quelques
indicateurs.
 Relation entre le Centre de santé et les autres structures de santé de la ZS
- Relations avec l’HGR
Les relations entre le CS et ‘l’HGR sont d’ordre opérationnel. Il s’agit de la référence, de la contre référence, de la
formation, de la supervision et du contrôle de qualité.
La référence est un mécanisme qui consiste à orienter les malades ou les personnes à risque du centre de santé
vers l’Hôpital Général de Référence pour une prise en charge appropriée.
La contre – référence est un mécanisme qui consiste à retourner les malades ou les personnes à risque de l’Hôpital
Général de référence (HGR), où ils ont reçu des soins appropriés vers le centre de santé qui les y a référés.
- Relations avec l’ECZ
Il s’agit de relations administratives et fonctionnelles.
70

Les directives, les instructions techniques ainsi que la retro-information sont transmises par l’Equipe Cadre de la Zone
de Santé vers les Centres de Santé. La mise en œuvre de ces directives nécessite la formation et la supervision.
Le centre de santé remonte l’information sanitaire du centre de santé vers l’ECZ.
B. Normes des activités
Le Paquet Minimum d’Activités du Centre de Santé se compose des activités communes à tous les CS du pays. Il s’agit
d’un ensemble d’activités qui une fois implantées dans un centre de Santé permettent d’absorber de nouvelles
interventions sans violer les contraintes liées à l’organisation du travail, au financement et à la charge de travail du
personnel du Centre de Santé.
Le Paquet Minimum d’Activités (PMA) s’exécute au centre de Santé qui est une structure de premier échelon. Il est
conçu pour faciliter la planification sanitaire, la gestion rationnelle et l’équité dans l’allocation des ressources ainsi que
l’évaluation des plans d’actions de la ZS
 Contenu du PMA
Le PMA comprend des activités curatives, préventives, promotionnelles et d’appui et autres, dont les tâches sont
déléguées à une équipe polyvalente d’infirmiers du centre de santé par l’équipe cadre de la ZS et se font sous la
supervision de celle-ci. Ces tâches sont standardisées sous forme d’instructions ou d’ordinogrammes.
a. Activités préventives
- Surveillance de la croissance et du développement des moins de 5 ans
- Consultations prénatales
- Consultations des naissances désirables (Planification familiale)
-Consultations Postnatales
- PEV
b. Activités curatives
- Soins curatifs
- Dépistage et traitement des maladies chroniques (Tuberculose, lèpre, HTA, diabète, SIDA, etc.)
- Réhabilitation nutritionnelle
- Petites interventions médicochirurgicales (petite chirurgie)
- Accouchements eutociques
c. Activités promotionnelles
Il s’agit d’activités pour la promotion des comportements favorables à la santé :
- La promotion des préservatifs
- La promotion de l’assainissement du milieu
- La promotion de l’allaitement maternel exclusif
- La promotion de bonnes habitudes alimentaires, nutritionnelles et culinaires
- La promotion de l’utilisation du sel iodé
- La promotion du marketing social et distribution des MII
- La promotion des latrines hygiéniques,
- L’allaitement exclusif au sein
- La thérapie par hydratation orale, etc.
d. Activités de gestion et autres
- Gestion des ressources (humaines, matérielles et financières)
- Formation continue du personnel
- Encadrement des animateurs de santé (réunion, visites sur le terrain)
- Gestion de l’information sanitaire :
Certaines activités du centre de santé telles que l’administration d’ivermectine, la TRO, le traitement de la fièvre,
l’administration de la Vit A, …peuvent être prolongées dans la communauté mais demeurent de la responsabilité de
l’équipe de santé. Ces activités ne sont pas à confondre avec les activités communautaires.
e. Activités communautaires :
On regroupe dans cette catégorie, l’ensemble d’activités menées par la communauté, bénéfiques à sa santé qui ne
nécessitent pas forcément l’intervention de l’équipe du CS pour en assurer la qualité. Il ne s’agit pas d’un échelon des
soins à proprement parler, mais il s’agit plutôt d’un ensemble des « connaissances et des pratiques » modernes et
71

traditionnelles utilisée soit par une mère, soit par un membre de la communauté pour prévenir ou pour soulager les
souffrances liées à une maladie.

Le paquet d’activités du niveau communautaire comprend :


 Mesures d'hygiène alimentaire,
 Captage et aménagement des sources, des puits, adduction d'eau potable, traitement communautaire de
l’eau,
 Lutte anti vectorielle : utilisation de la MII, piégeage des tsé-tsé
 L’allaitement maternel exclusif
 Prise en charge des Orphelins
 Le jardinage, la pisciculture, l’élevage, …
C. Normes des ressources
a. Ressources humaines
Les postes à pourvoir au sein du CS découlent des services normes en ressources humaines d’un centre de santé qui
dessert 10 000 habitants, sont reprises dans le tableau suivant :

N° Postes/Services Qualification Nombre

1 Consultations Infirmier diplômé A1 ou A2 1


2 Soins Infirmier diplômé A1 ou A2 1
3 Laboratoire Technicien A2 1
4 Réception D6 1
5 Logistique/maintenance Sans qualification exigée 1
Total 5

Ces normes constituent une base autour de laquelle devrait se justifier toute unité supplémentaire et cela en fonction
de l’augmentation de la charge du travail. On retient donc la fourchette d’un infirmier pour 5 000 habitants (hypothèse
de travail)
Pour la continuité des activités et des services, le personnel du CS est appelé à travailler avec un esprit d’équipe
dans un système de rotation de postes afin de minimiser la routine, la spécialisation et le blocage du travail en cas
d’absence d’un membre de l’équipe.
En ce qui concerne le personnel d’appoint, tout dépend de la situation dans laquelle on se trouve. La participation
communautaire et des fois, la proximité des logis des membres de l’équipe du centre de santé peut restreindre la
pléthore en personnel qui comme on le sait, est une des causes de déficit au niveau du centre de santé. Ceci dit,
l’analyse de la dotation en personnel doit se faire au cas par cas et doit prendre en compte un certain nombre de
paramètres.
Les outils pour la gestion des ressources humaines au centre de santé sont :
- Organigramme fonctionnel,
- Liste nominative du personnel,
- Description des postes
- Horaire de travail/des activités
- Registre de présence
- Calendrier de congés/vacances
- Fiche de congés,
- Liste de paie
b. Ressources financières
Le développement d’un centre de Santé requiert de moyens financiers pour : le renouvellement des stocks des
médicaments, des fournitures et consommables, l’entretien et le renouvellement du matériel et équipements, et pour
les salaires du personnel. Les sources de financement pour un centre de santé sont de quatre ordres : (i) dotation
72

budgétaire de l’Etat, (ii) apports de l’extérieur (de bailleurs de fonds…), (iii) contributions de la communauté et (iv)
des ressources du secteur privé.
La gestion des ressources financières se fait selon une comptabilité simple, à double entrée, avec production d’un compte
d’exploitation à la fin de chaque mois.
Le recouvrement des coûts est un principe consacré par la politique nationale tandis que la gratuité des soins n’est
qu’exceptionnelle. Le mode de tarification recommandé au centre de santé est la tarification forfaitaire par épisode
maladie. Le tarif des soins est fixé avec la participation de la population en tenant compte de sa capacité
contributive. Le tarif est toujours affiché.
La gestion des ressources financières au centre de santé requiert les outils suivants :
- Livre de caisse
- Carnet de reçu
- Facturier
- Carnet de bons de retrait
- Rapport de trésorerie
- Cahier de dépenses
- Carnet de chèque le cas échéant
- Tarif
- Cahier de créances (dettes)
c. Ressources matérielles et équipements.
Les matériels et équipements constituent un volet essentiel dans le fonctionnement d’un centre de santé. Non
seulement qu’il faut les rendre disponibles mais il est un devoir à ce niveau, d’en assurer un bon usage à travers une
gestion rationnelle avec les soucis d’efficience et d’efficacité.
Les matériels et équipements du centre de santé émargent de la liste de matériels et équipements de la Zone de
santé. On distingue les fournitures et les matériels et équipements. Les fournitures sont des biens rapidement
consommables, (ex : les papiers, stylos, médicaments, réactifs). Tandis que les matériels et d’équipements sont
des biens qui durent plusieurs années sous la même forme et qu’il faut entretenir et renouveler.
Généralement, les équipements sont classés sous les différentes rubriques suivantes :
- Immobilier (bâtiment du CS, bureau…)
- Matériel et outillage :
 Matériel de laboratoire et de diagnostic : microscope, centrifugeuse, tensiomètre, stéthoscope…
 Outillage : de menuiserie, de mécanique, de maçonnerie, brouettes, raclettes, machettes, pelles, seaux,
brosses...
- Matériel de transport : vélos, moto, véhicule.
- Mobilier (chaises, tables, lits, brancards, étagères…)
- Matériel de bureau (calculatrice, machine à écrire, …
- Agencements, aménagements et installations (téléphone, frigo, boîte isotherme, installations électriques et
sanitaires, installation d’énergie solaire, citerne d’eau…)
Les outils requis pour la gestion des matériels et équipements au Centre de santé sont :
- Fiche technique,
- Fiche de maintenance préventive,
- Cahier d’inventaire
- Fiche de réquisition /facturation
- Bordereau de livraison
- Bon de commande
Le contrôle de la gestion des fournitures et matériels se fait :
- Par comparaison : entre le stock physique et de la fiche de stock
- Par inventaire (sur fiche d’inventaire),
- Par consommation mensuelle moyenne.
73

d. Les médicaments
Les médicaments utilisés aux CS émargent de la liste des médicaments essentiels de la ZS. Les médicaments
essentiels sont les médicaments de base, de première nécessité qui couvrent les besoins de la majorité de la
population en matière de soins de santé. Ils sont de qualité acceptable, de coûts aussi bas que possible et
culturellement accessibles.
Par gestion des médicaments au CS, on entend l’ensemble de processus de sélection, acquisition, distribution et
utilisation des médicaments qui constitue les étapes du cycle d’approvisionnement.
Par la sélection, on détermine quels médicaments doivent être disponible et en quelle quantité,
Par l’acquisition, il faut planifier le financement, décider et faire l’achat des médicaments voulus en bonne quantité et
qualité requise.
Par la distribution, il faut recevoir, stocker, gérer en stock et transporter les médicaments ;
Par l’utilisation, il faut considérer des aspects tels que le conditionnement, l’étiquetage des produits, la prescription,
l’administration et la consommation des médicaments.
 Sélection des médicaments,
On évalue les besoins par l’une de trois méthodes suivantes :
- Évaluation basée sur la population,
- Évaluation basée sur les services
- Évaluation basée sur la consommation
 Acquisition des médicaments
L’acquisition des médicaments au CS procède par l’achat et ou par donation. L’acquisition par achat se fait
exclusivement par achat direct généralement au niveau de la CDR, à travers des mécanismes fixés par l’ECZ. De
même, les dons sont réceptionnés par l’ECZ et redistribués au Centre de santé selon les besoins identifiés par l’ECZ.
 Distribution des médicaments
La distribution des médicaments au CS comprend : la gestion de stock, le stockage et le transport des médicaments.
Une bonne gestion de stock des médicaments permet d’éviter de rupture de stock, de gaspillage ou de surplus de
stock, des avaries et de péremption des médicaments. Les outils utilisés pour la gestion des stocks des médicaments
au CS sont :
- Feuille/cahier de réquisition
- Cahier de stock
- Facturier
- RUMMER
- Tarif
- Bordereau de livraison
Pour le stockage des médicaments, généralement le CS dispose d’un grand stock entreposé dans un magasin et d’un
petit stock exposé dans la pharmacie du CS. Le magasin doit être un lieu sec, convenablement ventilé, à l’ombre et
frais. Les médicaments y sont stockés par ordre alphabétique et y sortent en suivant les deux principes de gestion
de :
- ‘’First expired, first out’’ : les médicaments à date de péremption plus proche sont les premiers à délivrer ;
- ‘’First in, First out’’ : premier entré, premier sorti.
Quelques médicaments tels que l’ergométrine (injection), l’insuline… sont conservés obligatoirement au frigo. De
même, la conservation des vaccins exige un maintien rigoureux de la température intérieure du frigo entre 4 et 8°C.
Le VPO et le VAR acceptent de température de congélation. Ces températures doivent être respectées aussi bien
pendant la conservation, le transport qu’au cours de l’utilisation des vaccins.
Il existe deux méthodes possibles par lesquelles les médicaments arrivent au Centre de santé. Il s’agit soit du
ramassage ou soit de livraison. Si la ZS ou la CDR achemine les médicaments vers les CS, il s’agit de livraison. Si le CS
ramasse directement du dépôt auprès de la ZS ou de la CDR, il s’agit du ramassage. Dans l’un ou l’autre cas deux
types de transport sont possibles : le transport public ou le transport spécial (vélos du CS, moto, …ou à pied)
 Utilisation correcte des médicaments
L’utilisation correcte des médicaments au CS, implique agir sur les cinq éléments clés suivant :
- Un diagnostic exact de la maladie
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- Une prescription correcte et rationnelle sur base des ordinogrammes


- Une dispensation correcte
- Un conditionnement convenable
- Une utilisation correcte par le malade
e. Ressources immobilières.
Par ressources immobilières, on entend l’ensemble des bâtiments qui abrite les services du CS.
a. Dimensions et configuration
Surface totale : 140 m² comprenant :
 1 bureau de l’infirmier titulaire : 12 m²
 1 bureau de réception : 10 m²
 1 salle de consultation : 15 m²
 1 salle de traitement (pansements, injections, per os) : 12 m²
 1 salle d’attente/véranda : 40 m²
 1 salle d’observation : 10 m²
 1 pharmacie + réserve : 10 m²
 1 laboratoire : 10 m²
 1 maternité : 22 m²
La hauteur sous plafond recommandée du bâtiment du CS est de 3 m dans les bureaux, les locaux de services. Elle
est de 3,30 m dans la pharmacie.
Le patrimoine immobilier du CS doit avoir de titres de propriété avec l’ensemble de documents cadastraux établis
conformément aux lois du pays. Il faut aussi rappeler un des principes de base des SSP : la population participe au
choix du site d’implantation et contribue à la construction du CS.
b. Dépendances
Il faut en plus du bâtiment du CS, au moins une maison d’habitation pour le personnel. Une maison construite en
matériaux locaux, de 60-80 m² avec latrines et douches.
D. Normes de l’environnement
L’hygiène et l’assainissement du centre de santé sont un facteur capital de la qualité des soins dispensés au Centre de
santé. Le centre de santé doit refléter et prêcher par l’exemple les aspects d’hygiène et d’assainissement enseignés au
cours des séances d’éducation sanitaire.
On doit veiller à ce que les déchets médicaux et autres puissent être correctement collectés et traités selon des
procédés simples et efficaces.
On distingue des normes en rapport avec l’environnement interne et celles en rapport avec l’environnement externe
au CS.
I. Environnement interne du CS
a. L’eau courante : Pour ses besoins de nettoyage, d’entretien et d’usage médical, le centre de santé doit avoir de
l’eau courante en permanence. Il est soit branché au réseau public de distribution d’eau (milieu urbain), ou soit il
dispose d’un puits ou d’une citerne munie d’un dispositif de captage d’eau de pluie.
b. L’éclairage et l’énergie au centre de santé
Pour la lumière et l’alimentation électrique de ses appareils, le centre de santé doit avoir une source d’énergie sûre. Il
s’agit soit d’un branchement au réseau public ou privé de fourniture d’électricité, soit d’un groupe électrogène et ou
d’énergie solaire. En alternative à ces différentes sources d’énergie, le CS doit disposer des lampes à kérosène ou
autres (lampes tempêtes, lampes torches…).
c. Traiter les déchets solides : Le CS doit disposer de :
- Un incinérateur
- Un trou à ordures (couvert)
- Un trou à placenta (couvert)
- Des poubelles avec couvercles dans toutes les salles et dans la cours
1. Traiter les déchets liquides
Les eaux usées produites au CS sont collectées dans des canaux aménagés conduisant vers un puits perdu. L’eau de
ruissellement est canalisée vers des collecteurs du réseau public.
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2. Latrines et douches au centre de santé : Le centre de santé doit avoir :


- au moins deux latrines tenues propres et couvertes (une pour les malades et une pour le personnel). Ces latrines
sont soit sèches (VIP, turc) ou soit humides (avec chasse d’eau) branchées à une fosse septique.
- au moins deux douches propres branchées ou pas à une source d’alimentation d’eau courante
c. Protection contre la contamination : Le CS fait recourt aux mesures de précautions universelles suivantes :
- Le port de blouse blanche propre et autre tenues appropriées,
- Le port de gants à usage unique,
- Le port de masque et de bonnet,
- L’usage des seringues et aiguilles disposables à usage unique ;
- La stérilisation des matériels selon techniques recommandées.
- L’utilisation des crachoirs avec couvercles.
Le recours aux mesures médicales tel que le traitement prophylactique post exposition peuvent être envisagées en cas
d’exposition avérée au sang contaminé au VIH/SIDA.
d. Protection contre les insectes nuisibles (mouches et moustiques)
- Toile anti moustique aux fenêtres et autres ouvertures du bâtiment du CS
- MII sur les lits d’observation des malades et de la maternité ;
- Les portes munies d’un dispositif à fermeture automatique
- Piège attrape-mouche.
e. Protection contre les bruits sonores : Le CS doit être construit dans un environnement calme sans bruit ni
vibration.
II. Environnement externe
- Désherbage de la cour du CS
- Séchage des flasques d’eau
- Enclos/Clôture : pour empêcher la divagation des bêtes, des enfants dans la cours des installations
Le tableau suivant reprend quelques moyens d’hygiène et assainissement du CS :

N° Moyens Quantité Dimensions Types


1 Trou à placenta 1 Profondeur : 2,5m ;
rayon : 1 m
2 Trou à ordures 1 2m x 2m x 1,5m
3 Latrines 2 fosse septique ou
toilette VIP
4 Incinérateur 1 1,5 m x1 m Four incinérateur
5 Douches 2 1,2 mx1, 5 m
7 Réceptacles pour aiguilles
8 Poubelles internes 1/unité d’activités 20 litres Poubelles lavables et
fermantes
Poubelles externes 2 50-60 litres Poubelles lavables et
fermantes
9 Points d’eau -1 robinet /unité
d’activités si eau
courante
-fontaine/puits /
citerne
9 Source d’énergie - Panneau solaire
- Courant électrique,
- Groupe électrogène
10 Matériels d’entretien Kit d’entretien 1
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8.7. Critères de fonctionnalité et d’opérationnalité d’une zone de santé


a) la fonctionnalité d’une zone de santé
Elle se définie par la présence des structures de soins de santé primaires.
Une zone de santé est fonctionnelle lorsqu’elle remplit les conditions suivantes :
1. Avoir un BCZ dirigé par une équipe cadre de la zone de santé et ayant un Médecin chef de zone
formé ou recyclé en SSP
2. Etre doté d’organes de gestion et de concertation où participent la population, les autorités politico
administratives et les partenaires qui apportent un appui global à la zone de santé.
Ces organes sont : Le CA, le COGE de la Zone de Santé, le COGE de l’ HGR, le COSA avec PV des
réunions.
3. Un HGR offrant un PCA (paquet complémentaire d’activités) de soins de référence c'est-à-dire ayant
cinq services de base à savoir : Pédiatrie, Gynéco-obstétrique, chirurgie, Médecine interne et un
service de diagnostic (labo et imagerie + échographie)
4. Existence d’un système de référence et contre référence
5. Au minimum 30% de la population couverte par le CS intégrant le PMA (paquet minimum d’activités)
des services de base et supervisés.
6. Existence de support de système national d’information sanitaire(SNIS)
7. Présence des médicaments essentiels dans la zone de Santé
En cotant chaque critère à 14,3%, on obtient 100%.
b) L’opérationnalité d’une Zone de Santé
C’est le degré de réalisation des activités. Les critères d’opérationnalité sont :
1. Supervision réalisée régulièrement : au moins 6 fois par an par centre de santé.
2. Le CA tenu avec un PV disponible
3. Réunions du COSA tenue avec PV disponible
4. CS et HGR avec activités minimales (rapport d’activités disponibles)
5. Fond du fonctionnement disponible (rapports de caisse et rapports comptables disponibles).
En cotant chacun des critères à 20%, on obtient 100%.
8.8. Critères ou normes de fonctionnalité du BCZ
Un BCZ est fonctionnel lorsqu’il remplit les conditions suivantes :
1. Existence d’un plan d’action
2. Existence des ressources humaines, matérielles et financières
3. Les PV des réunions des organes de gestion disponibles.
4. Existence des rapports SINS
5. Existence des outils de gestion à jour et des instructions
6. Dépôt pharmaceutique
En cotant chaque critère à 16, 6%, On obtient 100 %.
8.9. Normes de fonctionnalité d’un HGR
1) Présence des ressources humaines, matérielles et financières
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2) Un HGR offrant le paquet complémentaire d’activités.


3) Cinq services de base
4) Réalisation du PCA
5) Performance sur le plan des activités
6) Existence d’un système de référence et contre référence.
8.10. Critères ou normes de fonctionnalité d’un Centre de Santé
Pour qu’un centre de santé soit considéré comme fonctionnel, il doit répondre aux critères ci-après :
1. L’aire de santé géographiquement délimitée
1. population bien définie
2. Intégration de plus de 4 composantes des SSP
3. Présence d’au moins 1 infirmier recyclé en SSP
4. Supervisé au 1x/trimestre par le BCZ
5. Existence d’un COSA dynamique
6. Production des rapports périodiques d’activités
7. Auto gestion du C.S
En cotant chacun de ces critères à 12,5%, on obtient 100%.
8.11. Les activités des SSP
Elles se déroulent respectivement au PAS, PS, CS, CSR et à l’HGR, mais la coordination de toutes ses activités
s’effectue au sein du BCZ.
1. Catégories des activités de SSP
L’organisation des SSP en RDC est dirigée par le principe d’intégration au centre de santé de 4 catégories des soins à
savoir:
- Soins préventifs
- Soins curatifs
- Soins promotionnels
- Soins de réadaptation ou de réhabilitation.
2. Activités à chaque niveau d’exécution
1. Au niveau du PAS : A ce niveau on trouve les relais communautaires
a) Activités
- Le PAS constitue le soubassement de l’action sanitaire. Son rôle fondamental est d’assurer dans le cadre de
développement social et général l’animation pour la santé au niveau de la communauté de base.
- Il a également la responsabilité de la sensibilisation de la population à ses différents problèmes de santé.
- Parfois l’animateur de santé peut gérer une boite de secours pour les premiers soins.
L’animateur de santé travaille bénévolement à temps plein dont la compensation de travail effectué se décide selon
les modalités fixées par la communauté elle-même. Au niveau du PAS, on retrouve les relais communautaires dont la
norme est de 1 relais pour 15 ménages.
Bref, le PAS est une entité fonctionnelle chargée des activités promotionnelles dans la communauté.
2) Au niveau du poste de Santé :
Le PS est une institution de même échelon que le CS, mais avec moins des services.
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En principe, il doit se développer en CS qui est la base de l’action sanitaire.


Il est facultatif car il est créé pour résoudre les problèmes spécifiques d’accessibilité aux soins.
a) Activités :
- Soins curatifs (activités curatives)
- Vaccination sous surveillance du centre de santé
- Visites à domicile
3) Au niveau du CS
Le CS constitue la base de l’action médico-sanitaire. Il a comme fonction, la prestation des soins intégrés (PMA)
comprenant essentiellement les prestations des soins curatifs, la prévention des maladies, la promotion de la santé et
les soins de réadaptation.
Il s’atèle à plusieurs activités qui peuvent être résumées comme suit :
*1) Soins aux enfants (CPS)
a. Surveillance de la croissance (courbe de poids ou par le rapport poids/ taille)
b. Vaccination
c. Référence des cas graves
d. L’éducation des mères sur la santé des enfants, l’accent mis sur l’allaitement, la nutrition et les maladies
diarrhéiques.
2) Soins aux mères (CPN)
a. Eduquer les mères pour la santé maternelle
b. Activités de la CPN
- Diagnostiquer la grossesse
- Surveiller les femmes enceintes
- Dépister les grossesses à haut risque et organiser leur transfert
- Vaccination antitétanique et chimio prophylaxie
- PTME (prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant)
- Accouchement et soins aux nouveaux- nés
- Consultation des naissances désirables.
- CPON (consultation post-natale)
3) Soins à la population générale
 Eduquer la population avec un accent particulier sur la nutrition, l’alimentation et les maladies locales.
 Vaccination selon les indications
 Dépister les maladies endémiques, épidémiques chroniques
 Traiter les affections courantes (état pathologique quelconque sans que l’on envisage les causes)
 Référence des cas selon les stratégies des soins
 Administration des médicaments selon les stratégies
 Exécuter la petite chirurgie selon les instructions
 Faire les examens de labo
4) Activités d’assainissement de base et l’approvisionnement en eau potable.
Le centre de santé doit veiller à :
a. L’entretien des parcelles, désherbage des alentours des maisons et l’évacuation des immondices
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b. L’aménagement et la protection des sources d’eau ou de puits dans les localités et quartiers et la protection
de l’eau de boisson à domicile.
c. La construction et l’utilisation des latrines hygiéniques
d. L’incinération des déchets biomédicaux et aménagement d’une fosse à placenta
e. La lutte antivictorienne.
5) Activités Administratives
 Collecter les données sanitaires (informations sanitaires)
 Suivi et supervision des activités des agents de santé communautaire (COSA et relais)
 Evaluer les animateurs sanitaires
6) Activités du développement communautaire
 Promouvoir la participation communautaire aux SSP
 Collaborer aux activités des autres secteurs de développement communautaire.
N.B : un service vétérinaire peut aussi fonctionner dans un centre de santé, pour des
raisons suivantes:
- Le centre de santé peut organiser l’élevage dans le cadre de l’autofinancement
- Certaines maladies telles que la Zoonose peuvent être transmises à l’homme.
Il en découle que la santé de bêtes domestiques vivant avec l’homme et qui constitue pour ce dernier une ressource
pour la famille doit être l’objet d’une activité sanitaire dans un centre de santé.
Certains aliments peuvent être toxiques à l’homme et sont à partir de ce moment du ressort des vétérinaires.
Le rôle d’un service vétérinaire dans un centre de santé sera le contrôle des aliments avariés qui souvent sont la
source des maladies.
Contrôler les animaux car certains sont à l’origine de certaines maladies transmissibles à l’homme. Prévention –
vaccination des animaux.
4) Au niveau de CSR
Le CSR constitue le niveau intermédiaire entre la base (CS) et le sommet (HGR) de l’action médico-sanitaire d’une
zone de santé.
C’est un échelon facultatif destiné à prodiguer des soins de références aux patients transférés par les centres de
santé éloignés de l’HGR.
Dans ses activités, le CSR remplit les fonctions traditionnelles d’un CS de son rayon d’action et réalise certaines
activités relevant normalement de l’HGR et soigne en plus des malades référés par le centre de santé des environs.
Il est tenu par un Médecin ou tout au moins par un Infirmier ayant une formation en chirurgie.
Ses activités sont :
a. Soins aux enfants : cfr CS
b. Soins aux mères : autre que les activités du CS, le CSR s’occupe :
- Accouchements par ventouse (non autorisé pour le moment)
- Curetage utérin
- Transfusion et perfusion
- Transfert des cas graves
- Césarienne et chirurgie d’urgence
c. Soins à la population : cfr Centre de Santé
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d. Activités d’assainissement de base d’approvisionnement en eau potable : cfr C.S


e. Activités Administratives :
- Activités du centre de santé
- Centralisation des données des centres de santé des environs
- Faire la rétro information au sujet des malades référés
f. Activités de développement communautaire : Idem que le C.S
5) Au niveau de l’HGR : Il est situé au sommet de l’action médico-sanitaire d’une zone de santé. Il a comme fonction
essentielle la dispensation des soins de santé et la prise en charge des cas référés. Ces soins sont beaucoup plus
complets car il dispose des ressources tant matérielles qu’humaine lui permettant d’assumer son rôle.
Ces activités sont complexes et s’exercent au travers des services suivants : M.I, chirurgie, pédiatrie, gynéco-
obstétrique, service de diagnostic constitué de labo et de l’imagerie (radiologie et échographie).
6. Au niveau du BCZ
Contrairement aux institutions citées ci-haut, le BCZ n’est pas une institution dispensatrice des soins de santé.
C’est un organe, de coordination planification, de supervision et l’évaluation de toutes les activités de la zone de santé
Pour bien assumer son rôle, il besoin des informations provenant de toutes les institutions composant la zone de
santé.
Le BCZ est composé de : : Médecin chef de zone, Un ou deux infirmiers superviseurs, un administrateur
gestionnaire, un TDR, un animateur communautaire, nutritionniste, un secrétaire- dactylographe, un comptable , un
chauffeur, un pharmacien ou préposé à la pharmacie, un huissier et une sentinelle.
7) Formations médicales hors programme
Il s’agit des cabinets de consultation médicale, des infirmeries, des dispensaires ou des formations hospitalières
appartenant à des personnes morales ou privées. Ces formations médicales sont gérés à leur profit et ne sont pas
régis par le texte législatif en vigueur, mais elles doivent se conformer aux normes fixées par le ministère de la santé.

FIN

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