Theses
Theses
FACULTÉ DE MEDECINE
RENÉ DESCARTES PARIS 5
ANNEE 2007 N°
THÈSE
pour le
DOCTORAT EN MÉDECINE
Diplôme d’État
JURY :
Professeur Jacques LEPERCQ Président de Jury
Docteur Frédérique NOËL Directeur de thèse
Professeur René ÉCOCHARD
Docteur Philippe VAN ES
1
À mon président de jury,
2
Aux membres de mon jury,
À ma directrice de thèse,
3
À Marc BAILLY,
gynécologue spécialisé en Procréation Médicalement Assistée
à l’Hôpital de Poissy.
À Bernard GUYOT ,
Gynécologue à l’hôpital de Poissy Saint Germain.
À Madame SKAPIN,
sage-femme.
À Amélie MARIER,
statisticienne du Conseil Général des Yvelines.
4
À Leïla,
À mes parents,
Dont l’amour et la disponibilité sans borne me permettent de
réaliser mes vocations.
5
À Rémi,
6
ABREVIATIONS UTILISÉES
7
INTRODUCTION…………………………………………………………………………p.11
III. DISCUSSION…………………………………………………………………….…p.124
a) Le résultat principal…………………………………………………….…p.125
b) Forces et limites de cette étude…………………………………...……p.127
c) Résultats déjà parus sur le sujet………………………………………..p.131
d) Hypothèses pour expliquer les résultats……………………………..p.135
e) Ce qui change avec cette thèse…………………………………………p.141
CONCLUSION......................................................................................................p.147
ANNEXES……………………………………………………………………………….p.149
a) Lettre accompagnant le questionnaire envoyé aux internes…………p.150
b) Questionnaire sur la contraception envoyé aux internes pour l’enquête…..
c) Tableaux des résultats, non déjà présentés……………………………p.154
d) Remarques des internes joints aux questionnaires……………….....…p.167
e) Document de l’Organisation Mondiale de la Santé sur les Méthodes
Naturelles et leurs recommandations en fonction des moments de la vie et de
situations particulières…………………………………………………………….……p.172
f) Coordonnées des organismes enseignant la Planification Familiale
Naturelle en France et dans le monde………………………………………………..p.174
g) Le CycloShow : un jeu de rôle pas comme les autres………………….p.178
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES………………………………………………p.181
RÉSUMÉ…………………………………………………………………….…………..p.192
9
INTRODUCTION
10
Introduction
C’est dans le cabinet d’une sage-femme que j’ai entendu parler d’une
méthode d’auto-observation consistant à repérer la période de fertilité. En réponse à
ma demande de renseignement, la sage-femme m’a fourni un prospectus et m’a
conseillé de rencontrer un couple moniteur. Il m’est alors apparu important,
personnellement en tant que femme et professionnellement en tant que médecin, de
me renseigner sur le sujet.
Enthousiaste devant les découvertes faites, je me suis empressée d’en parler
autour de moi. Ma surprise fut grande devant l’accueil qui me fut réservé.
Voici quelques réflexions entendues à l’évocation des méthodes naturelles de
régulation des naissances :
- Un médecin généraliste : « Qu’est ce que c’est ? Cela ne se pratique pas en
France […] c’est vraiment un sujet qui ne m’intéresse pas ! »
- Un professeur de gynécologie : « Ce sont des méthodes aléatoires, il y a
plus moderne que ces méthodes dinosaures. »
Mais également :
- Un gynécologue : « Lorsque c’est bien utilisé, c’est une bonne méthode. »
- Une interne de médecine générale : « Ma mère m’a saoulée avec ça à
l’adolescence, mais maintenant j’aimerais me mettre au goût du jour, il doit y
avoir de nouvelles avancées, cela m’intéresse. »
- Un couple utilisateur : « Cette méthode fait tenir un couple. »
11
- Une femme en post-partum : « Moi j’ai compté les jours, mais cela n’a pas
marché. Du coup, je prends la pilule par défaut. Y a-t-il des méthodes
naturelles fiables ? »
Cette thèse, dans un premier temps, fait un état des lieux sur la régulation
naturelle des naissances en France. Elle positionne les méthodes dans l’histoire de
la contraception. Elle explique en quoi ces méthodes sont considérées comme
« naturelles ». Elle décrit les principales méthodes disponibles, qui les utilise et qui
les enseigne. Elle énumère les avantages et les inconvénients de la planification
familiale naturelle, et pèse le poids de ces méthodes dans l’IVG en France. Elle
esquisse la forme et la place de ces méthodes dans le reste du monde.
Puis dans un deuxième temps, elle détaille les résultats de l’enquête menée à
la faculté de Paris 5 évaluant ce que les internes de médecine générale savent et
veulent savoir sur les méthodes naturelles de régulation des naissances. Ce
questionnaire avait pour objectif de sensibiliser les internes au sujet et de leur donner
envie d’en savoir plus.
12
I. METHODES DE REGULATION
NATURELLE DES NAISSANCES
13
a) La Planification Familiale Naturelle
(PFN) dans l’histoire de la contraception
Depuis les époques reculées, des moyens ont existé pour limiter les
grossesses, allant des plus précaires dans l’Antiquité à des techniques poussées
aujourd’hui. Depuis l’Antiquité, infanticides, avortements et contraceptions furent
pratiqués. Cette limitation délibérée des naissances a été combattue pour des
raisons politiques, démographiques ou morales.
En Égypte, des textes anciens tels que le papyrus de Kahoun (environ 1850
av. JC) présentent des techniques de contraception comme la composition de
tampons à base de miel, de pommades à bases d’excréments de crocodiles, le
retrait, la lactation prolongée ou encore l’abstinence sexuelle rythmée.
Au temps des pharaons, des pierres étaient mises dans l’utérus des
chamelles pour qu’elles ne soient pas pleines pour la traversée du désert ; et des
stérilets ont été retrouvés dans les momies égyptiennes.
En Syrie et en Babylonie, la sodomie était pratiquée comme moyen
contraceptif.
En Grèce (150 ap. JC) étaient pratiquées des manœuvres post coïtales
(éternuer, se lever, marcher) pour expulser le sperme immédiatement après l’acte
sexuel. Des préservatifs en vessie de chèvre existaient.
La « Gynécologie » de Soranos d’Éphèse, considéré comme le plus brillant
gynécologue de l’Antiquité, recommande les sauts, les mouvements brusques, les
secousses de chariots pour évacuer la semence qui a commencé à se développer
durant le mois suivant la fécondation. Mais la principale méthode d’avortement
précoce était la saignée. Soranos proscrit l’usage d’objets pointus visant à tuer le
fœtus en perçant la barrière amniotique. Il préconise l’usage de morceaux de laine
ou de charpies imbibés de médicaments (principe qui sera à la base du diaphragme)
14
ayant pour fonction de resserrer le col de l’utérus et ainsi d’empêcher le sperme
d’entrer. Il préconise l’abstinence sexuelle rythmée, juste avant et après les règles,
pensant, après étude des cycles, que la femme est fertile à ces moments.
Notons qu’en Inde, à partir du IVe siècle, le Kama-Soutra donne également
des instructions sur les périodes d’abstinence sexuelle par rapport au soleil.
À Rome, les bases de la contraception étaient héritées en grande partie de la
médecine grecque : préservatifs en cæcum de bouc, ovules et stérilets de laine. La
douche vaginale à l’eau froide se pratiquait également après le rapport.
Dans les pays islamiques du Moyen-Orient, une forte natalité était prônée.
Mais le retrait, connu bien avant le Coran, puis décrit dans celui-ci, était largement
pratiqué.
On pourrait s’imaginer que le retrait a toujours été une méthode évidente,
disponible d’emblée en cas de besoin, mais le fait est qu’en Occident avant le XVIe
siècle il n’a pas d’existence culturelle, ni même d’appellation directe ou figurée.
17
Entre 1967 et 1987, les pourcentages de femmes, entre 15 et 49 ans, prenant
la pilule, passe de 4 % à 30 %. Les industries pharmaceutiques poursuivent leurs
recherches.
Dans les années 1970, tous les mécanismes à la base de la régulation
naturelle des naissances sont alors mis en évidence. Brown, Odeblad, Kaiser, Flynn,
Hilgers, experts de renommée internationale, se sont penchés sur le rôle de la glaire
cervicale. Après des années de recherche cliniques, en 1964, les docteurs Billings,
Australiens, formulent les premières règles de la Méthode Billings qui utilise
l'élément le plus spécifique de la fécondité, et uniquement celui-ci, la glaire cervicale.
Les règles de la méthode Billings sont définitivement mises au point en 1971. Ce
n’est qu’en février 1982 que cette méthode fut introduite en France. Un suédois, le
professeur Erik Odeblad qui menait de son côté ses propres recherches sur la glaire
cervicale, viendra plus tard encore renforcer les bases scientifiques de la nouvelle
méthode. John Billings est décédé à l’âge de 89 ans à Melbourne le 1er avril 2007.
L’association de la courbe thermique avec les autres signes de la fécondité
(en particulier la glaire cervicale) conduit à la mise au point de la MAO (méthode
d’auto-observation) ou méthode sympto-thermique. Elle fut décrite par différentes
personnes dans les années 60-70.
C’est également dans les années 80 qu’est introduite une contraception
hormonale injectable à base de progestatif : Actuellement, Depo-Provera® et
Noristérat® peuvent être administrés par injection intra-musculaire tous les trois
mois.
La stérilisation est connue depuis la haute Antiquité mais elle s’apparentait
plus à la castration (ovariectomie). La stérilisation tubaire comme moyen moderne de
régulation des naissances n’apparaît qu’à la fin du XXe siècle. Elle est d’abord
réalisée au cours de césariennes : 47 cas entre 1880 et 1897, mais Kehrer réalise la
première stérilisation tubaire par voie vaginale en 1887. En 1995, une évaluation
estimait qu’environ 150 à 200 millions de femmes avaient choisi ce mode de
« contraception ». Aux USA, la stérilisation est la méthode la plus répandue : 38 %
des hommes et des femmes y ont recours. Elle devient légale en France en 2001.
Les recherches sur la contraception masculine continuent. Dans le cadre
d’une démarche « écologique », une recherche sur le slip chauffant contraceptif est
entamée.
18
En 1991, est supprimée l’interdiction de publicité sur les préservatifs
masculins et est autorisée la publicité pour les contraceptifs.
Aux États-Unis d’Amérique, un préservatif féminin existait depuis les années
1920 ; En France, la commercialisation de Femidom® ou de ses homologues date
des années 90.
20
En résumé:
21
b) « Contraception » naturelle
Toutes les méthodes « naturelles » reposent sur le fait que la période féconde
chez la femme est limitée à la période qui entoure l’ovulation : 5 jours à une
semaine avant, durée de vie maximale des spermatozoïdes dans les voies génitales
de la femme, et un jour après, durée de vie de l’ovule lui-même. Soit une fenêtre de
fertilité biologique de maximum 8 jours. 11
La grossesse étant prévenue en évitant les rapports sexuels non protégés
pendant les jours féconds, le plus difficile est de situer avec précision l’ovulation et de
s’abstenir pendant toute la période féconde.
23
Mais être ouvert à la conception possible d’un enfant ne signifie pas choisir
une méthode peu efficace. Il s’agit d’une démarche de choix responsable qui
consiste à adapter son comportement et sa sexualité au rythme de sa fertilité.
Les méthodes naturelles permettent à la femme de connaître au mieux son
cycle menstruel, de distinguer les périodes où elle est fertile de celles où elle ne l’est
pas, et ce le plus exactement possible.
25
En résumé :
26
c) La méthode Ogino
Historique :
Bases physiologiques :
La méthode Ogino se base sur trois principales données de l’époque (corrigées par
la suite ; voir plus loin) :
• Il existe une seule ovulation par cycle. Cette ovulation a lieu en moyenne le
14ème jour précédent les menstruations suivantes. La phase lutéale, dans un
cycle ovulatoire normal, aurait toujours la même durée.
• La survie des spermatozoïdes serait de 3 jours; donc trois jours avant
l’ovulation un rapport sexuel peut être fécond.
• L’ovule mourrait dans les 48h suivant son expulsion; les 2 jours qui suivent
l’ovulation seraient donc possiblement fertiles.
Attention, les recherches ultérieures ont permis d’apporter par la suite des
modifications à ces données :
• Dans quelques rares cas, deux ovulations peuvent se produire, mais à
maximum 24 heures d’intervalle. La fécondation des deux ovules peut aboutir
à la naissance de jumeaux.
La phase post ovulatoire dure de 11 à 16 jours. L’ovulation a lieu le 14ème
jour du cycle dans 18 % des cycles seulement. Elle a lieu habituellement entre
le 12ème et le 17ème jour précédant les menstruations suivantes.
27
S’il n’y a pas de fécondation, la phase post-ovulatoire ne dure pas plus de 16
jours. Elle peut être courte, surtout en post-partum, post-pilule, ou en fin de
peri-ménopause.16, 17
• Les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu’à 7 jours, notamment au
niveau des cryptes de l’endocol. La durée du pouvoir fécondant du
spermatozoïde est de 2 à 7 jours.
• La durée de vie de l’ovule et sa fécondabilité est de 12 à 24 heures.
Principes :
Règles :
28
La méthode du calendrier utilisée plus récemment, dans les
recommandations canadiennes par exemple, utilise d’autres chiffres. La période de
fertilité est déterminée par la soustraction de 20 jours à la durée du cycle le plus
court (afin d’établir le début de la période de fertilité) et par la soustraction de 10
jours à la durée du cycle le plus long (afin d’établir la fin de la période de fertilité).
L’abstinence est également requise jusqu’à la fin du cycle en cas de maladie,
en période d’allaitement et de péri-ménopause. Après une naissance, les femmes
peuvent employer la méthode du calendrier dès qu’elles ont eu leurs règles à 3
reprises. Après un avortement, les femmes peuvent utiliser la méthode du calendrier
dès qu’elles ont eu au moins une fois leurs règles.7
Efficacité :
Les échecs sont nombreux, connus sous le nom de « bébés Ogino », surtout
chez les femmes ayant des cycles irréguliers.
L’OMS donne pour l’efficacité théorique un index de Pearl de 9. (L’indice de
Pearl est le taux de grossesses non planifiées observé pour 100 femmes qui utilisent
la méthode pendant un an ; cf. page 78)
Remarquons que les découvertes physiologiques postérieures à Ogino
expliquent en partie la faible efficacité de la méthode. D’autre part, la grande majorité
des couples qui utilisent cette méthode semblent ne pas être très méthodique.
Beaucoup de couples apprennent la méthode de leurs pairs et suivent des règles
simplifiées. 18
Acceptabilité :
Chez une femme ayant des cycles irréguliers, la période fertile calculée
devient extrêmement longue ce qui rend difficile l’application de la méthode.
29
En résumé :
30
d) La Méthode des Jours Fixes
La Méthode des Jours Fixes™ (MJF) est une nouvelle méthode naturelle de
planification familiale qui est présentée comme efficace à plus de 95 % si elle est
utilisée correctement.19
La MJF convient aux femmes qui ont des cycles menstruels de 26 à 32
jours.
Pour utiliser la méthode, les couples doivent éviter les rapports sexuels non
protégés du 8ème au 19ème jour du cycle (période fertile estimée de 12 jours).
Le Collier du Cycle™ est un outil visuel qui accompagne la méthode. Il aide
les utilisatrices de la MJF à suivre visuellement leurs cycles menstruels et à
connaître les jours où elles sont fécondes.
Une étude prospective d’efficacité a été menée dans plusieurs centres pour
tester, parmi une population hétérogène, l'efficacité contraceptive de la méthode des
jours fixes. Un nombre total de 478 femmes, âgées de 18 à 39 ans, en Bolivie, au
Pérou, et aux Philippines, avec des cycles allant de 26 à 32 jours (les femmes ont
déterminé elles-mêmes leur cycle), et ne désirant pas être enceintes avant au moins
un an, ont été admises à participer à l'étude. Une analyse des données de la table de
31
vie indique une probabilité cumulative de grossesse de 4,75 % durant 13 cycles
d'utilisation correcte de la méthode, et une probabilité de grossesse de 11,96 %
d'après une utilisation typique.
D’après cette même étude, l’efficacité de la MJF est comparable à celle du
préservatif masculin et est supérieure à celle des autres méthodes barrière
(préservatif féminin, diaphragme, cape cervicale ou spermicides). 19
Cette méthode, qui est une standardisation de la méthode Ogino, reste une méthode
aléatoire.
Attention, ce n’est pas une méthode personnalisée et elle a de nombreuses
conditions. Par exemple, une femme aux cycles de 32 jours avec une phase post
ovulatoire normale de moins de 14 jours (13,12 ou 11 jours) a une période fertile
débordant de la fenêtre de fertilité supposée : 8-19ème jour.
32
e) Les tests d’ovulation
33
Faute d’évaluation suffisante, il faut, selon la revue Prescire, mettre en garde
les femmes et plus généralement les couples vis-à-vis de Personna®. Pour un
simple espacement « naturel » des naissances, mieux vaut avoir recours aux autres
méthodes « naturelles ».21
En effet, une part d’aléatoire existe dans le déterminant du début de la
période fertile. Je n’ai d’ailleurs pas obtenu d’information concernant la base de
calcul de celle-ci.
34
f) La méthode des températures
Historique :
Bases physiologiques :
En phase de latence, la température est basale. Elle reste parfois élevée les
premiers jours pendant les règles pour des causes encore mal connues.
En phase péri-ovulatoire, les œstrogènes peuvent abaisser la température basale
d’un ou plusieurs dixièmes de degré (hypothermie relative), le point le plus bas
étant appelé le nadir.
35
À la fin de la phase péri-ovulatoire, a lieu le décalage thermique. Il a été
défini par l’OMS comme les trois jours consécutifs de température au moins
supérieur de 0,3°c à la température des six jours p récédents.23 Ce décalage peut
être abrupt, avoir lieu sur plusieurs jours par paliers successifs (en escalier), ou être
en dents de scie.
En phase post-ovulatoire, la progestérone sécrétée par le corps jaune élève
la température de plusieurs dixièmes de degré. La progestérone est thermogénique
et stabilisante.
Remarque : 3ng/ml de progestérone suffisent à produire un décalage alors que
10ng/ml sont nécessaires pour que le corps jaune soit « efficace ».
En phase post-ovulatoire, persiste un plateau thermique.24
On peut noter que chez certaines femmes, la température peut redescendre
une journée, après un à deux jours de décalage pour remonter ensuite. Ceci est à
rapporter à l’élévation du taux d’œstrogène et est appelé « creux œstrogénique ».
Principes :
36
Règles :
Observer sa température :
La température sera prise :
• au réveil avant tout lever, à jeun ;
• avec le même thermomètre médical ordinaire (s’il est cassé il faut noter le
changement de thermomètre) ;
• par voie rectale pendant 3 minutes (ou éventuellement par voie buccale
pendant 5 minutes avec un thermomètre spécial), il faut procéder toujours de
la même façon ;
• approximativement toujours à la même heure (en cas de lever la nuit savoir
qu’un repos d’une heure sans bouger est suffisant et nécessaire pour
observer la température exacte) ;
• s’il y a plus d’une heure de différence par rapport à l’habitude dans l’heure de
prise de température, le noter : par exemple +1h, -2h…
Interpréter le graphique :
La courbe thermique se lit de la façon suivante :
• reconnaître les points bas, les points qui montent et les points qui ne montent
plus ;
• choisir les 6 derniers points bas avant la montée ;
• en calculer la moyenne mathématique et la tracer. C’est le niveau moyen bas ;
• tracer un trait à 3 dixièmes de degrés au-dessus du niveau moyen bas ;
• chercher trois points de suite, hauts (au niveau du trait haut ou au-dessus) et
stables (il n’y a pas plus d’un dixième d’écart entre le premier et le troisième
point haut).
37
L’élévation de température ne permet pas de prédire l’ovulation mais présente
un grand intérêt dans le repérage de la période infertile post-ovulatoire.
Le nadir, défini comme le dernier point bas (d’hypothermie) précédant la
montée thermique, n’est pas un bon marqueur du jour de l’ovulation : celle-ci survient
dans un intervalle situé entre un peu avant ce nadir et le 2ème point haut. Ceci
explique que cette méthode est inadaptée pour les couples hypoféconds qui veulent
avoir un enfant.
Abstinence sexuelle :
Le couple doit s’abstenir de rapport sexuels non protégés du premier jour des
règles jusqu’au troisième matin de suite de température haute et stable.
38
Efficacité :
Quand elle est pratiquée de manière stricte, c'est-à-dire avec exclusion des
unions sexuelles entre le premier jour des règles et le troisième jour de température
haute confirmée, cette méthode est efficace : L’OMS donne un index de Pearl de 1
quant à l’efficacité théorique.18
Acceptabilité :
39
En résumé :
40
g) Les thermomètres électroniques
41
Méthode calculo-thermique :
Cyclotest 2 Plus®
Il coûte environ 150 euros et est fabriqué par la société allemande UEBE.
C’est un thermomètre buccal. L’indice de Pearl affiché par le constructeur est
de 3.
La notice déconseille Cyclotest 2 Plus aux femmes qui ont des horaires
irréguliers de travail et de sommeil (la durée du sommeil doit être d’au moins 5
heures), et à celles qui ont des cycles irréguliers (pendant la puberté, lors d’une
maladie, avec des cycles de plus de 45 jours).
42
Bioself®
C’est un appareil suisse mis au point en 1986 et constamment perfectionné.
Bioself coûte 180 euros.
Il permet l’enregistrement de la température par prise orale, vaginale ou
rectale. Il est possible d’obtenir l’impression des courbes de température des 12
derniers cycles.
Selon la notice d’utilisation, il peut être utilisé si la longueur des cycles
menstruels est comprise entre 18 et 39 jours ; il ne doit pas être utilisé comme seule
méthode contraceptive si la femme est en cours d’allaitement, si elle présente des
symptômes ménopausiques, si elle prend des hormones pouvant influencer la
température.
LadyComp®
C’est un appareil similaire produit par Valley Electronics Gmbh. Il coûte 477
euros et a une longévité de plus de 10 ans.
La température est prise par voie orale. L’indice de Pearl théorique affiché de
la méthode est de 0,7, l’indice de Pearl pratique est de 3,8.69
43
g) La méthode Billings
Historique :
La glaire cervicale est identifiée en 1855 par Smith et décrite en 1868 par
Sims qui signale ses variations cycliques. En 1885, sont mis en évidence les liens
qui existent chez la femme entre la production de glaire cervicale et sa fécondité.
En 1933, les expériences de Seguy, Vimeux et Simonet, en France, précisent ces
liens.
Entre 1940 et 1960, Hartman, Rubenstein, Viergilier, Pommerencke confirment la
proximité du pic de sécrétion de la glaire et de l’ovulation.
Dès 1960, le Professeur Erik Odeblad, du Département de Biophysique
Médicale, de l'Université d'Umeå en Suède, étudie les sécrétions produites par le col
de l'utérus pendant le cycle menstruel. Il met en évidence la structure fibrillaire de la
glaire ; Chrétien en a obtenu des images tridimensionnelles. Lui et Elstein ont étudié
son rôle physiologique.
Les travaux de Billings et James Brown (1973, 1978, 1989), Flynn et Lynch
(1976), Casey (1977), Hilgers, Abraham et Cavanauch (1978), ont montré une
grande corrélation entre ce que la femme observe à la vulve, ce qui se passe au
niveau du col et les taux hormonaux (sauf cas d’hypofertilité ou de pré-ménopause).
L'Émérite Professeur James Brown a été en charge d'un travail fondamental
sur la compréhension du phénomène d'œstrus, de développements majeurs en
reproduction humaine, en particulier pour le développement de méthodes pour la
mesure des métabolites des œstrogènes et de la progestérone dans l'urine. Il a
développé le Moniteur Ovarien Domestique.
44
Les travaux d’Hilgers (1976), de l’OMS (1983), de Leader (1985), de Moghissi
(1986), de Nulsen (1987), de Colombo (2000)15, d’Ecochard (2001), ont comparé la
glaire cervicale aux autres marqueurs de l’ovulation. Ils confirment que c’est un bon
indice de repérage de l’ovulation.22
Bases physiologiques :
Le col de l’utérus :
"Le col de l'utérus est un organe de précision aussi complexe que l'œil"
Professeur Erik Odeblad
Le col de l’utérus est avec le vagin et l’endomètre l’un des 3 organes cibles les
plus sensibles à l’action des hormones ovariennes. Le col de l’utérus est situé à
l’extrémité inférieure de l’utérus et constitue un canal le long duquel les
spermatozoïdes peuvent cheminer du vagin vers l’utérus. Le col de l’utérus est
constamment fermé sauf au moment de la menstruation et de la période fertile. Le
canal du col de l’utérus est formé de cryptes qui sécrètent, sous l’action des
œstrogènes, de la glaire indispensable à la fécondation.34 Cette zone de cellules
secrétant la glaire cervicale diminue avec l’âge, participant ainsi à la baisse de la
fertilité. La glaire cervicale donne, par sa sensation à la vulve et son aspect, un
reflet exact de la fertilité.
La glaire cervicale est composée de plusieurs types de glaires secrétées à
des niveaux différents du col et en proportions différentes à des moments différents
au cours du cycle, produisant ainsi le profil symptomatique de fertilité et d’infertilité à
la base de la MOB.
46
La glaire P contient plus de 95 % d’eau. La glaire P donne à la femme une
grande sensation de glissement et de lubrification lui indiquant ainsi l’imminence de
son ovulation.
47
Le vagin :
Le vagin est, comme le col de l’utérus et l’endomètre, très sensible aux
variations des hormones ovariennes.
Le vagin a une structure cellulaire très proche de celle de la peau.
À la partie inférieure du vagin se trouvent « les poches de Shaw » qui
permettent la réabsorption des sécrétions du col de l’utérus et du vagin.
La variation des œstrogènes et de la progestérone au cours du cycle
menstruel explique les différents types de Profils d’Infécondité de Base (PIB) de la
MOB pendant la phase pré-ovulatoire du cycle : sans sécrétion ou avec sécrétion.
La vulve :
À la vulve, la présence de nerfs et de micro-récepteurs semblables à ceux
situés dans la langue permet à la femme de ressentir les sensations produites par
l’absence ou la présence des différentes sécrétions fertiles et infertiles. Les femmes
aveugles peuvent aussi appliquer la méthode Billings.
Pendant la période ovulatoire, les petites et grandes lèvres gonflent,
permettant ainsi de mieux sentir la présence de glaire fertile.
48
En pratique, le praticien peut ponctuellement observer le col et l’écoulement
de glaire au cours d’un examen au spéculum. La femme peut régulièrement au
cours du cycle observer la présence et les caractéristiques de la glaire extériorisée
à la vulve et la sensation qu’elle procure.33
49
Principes :
Un dessin fait par une Guatémaltèque après avoir suivi des cours sur la prise de
conscience de la fécondité : corrélation entre le cycle menstruel et le calendrier
agricole. Les jours où la femme est susceptible de concevoir sont dépeints par un
temps pluvieux.
Un couple qui ne veut pas avoir d’enfant choisira d’avoir des unions sexuelles
en dehors des périodes fertiles.
50
Règles :
Comment s'observer ?
L’objectif pour la femme est de « sentir » et de repérer la présence d'une
sécrétion ou de percevoir un écoulement, un glissement. Elle doit se laisser alerter
par la sensation en vaquant à ses occupations habituelles.
La femme doit y penser naturellement 3 à 4 fois par jour, par exemple en
fin de matinée, début d'après-midi et fin de journée. En cas de variations dans la
journée, la femme doit privilégier l’observation la plus fertile (c’est-à-dire celle qui
aboutit à la conclusion de fertilité).
Aucun examen interne n'est nécessaire.
La femme doit guetter le premier changement dans la sensation à la vulve, ou
la première apparition de sécrétions qui peut être l’indication qu’elle rentre dans une
période féconde.
Enfin, pour noter l’observation de la journée, des symboles colorés sont
utilisés. Ils étaient destinés au départ aux femmes analphabètes du Guatemala. C’est
donc le soir au coucher que l’observation de la journée est résumée. Le liquide
séminal perturbant l’observation, les rapports sexuels ne sont possibles qu’un soir
sur deux au coucher, peu après la dernière observation du soir. Il est bon, dans la
mesure du possible, que ce soit le conjoint qui tienne le tableau, afin qu'il puisse
suivre avec intérêt les variations de sa femme. Le tableau devient alors non
seulement l'outil indispensable à la pratique rigoureuse de la méthode Billings, mais
également un moyen de communication entre les conjoints sur ce sujet fondamental.
Autrement dit, la femme s'observe au cours de la journée, et son conjoint colle le
timbre le soir. 35
51
Le couple doit prévoir un cycle d’abstinence. En effet, le liquide séminal
interfère avec l’observation des sécrétions naturelles de la femme et peut être un
obstacle à la bonne application de la méthode. Après le cycle d’observation, le
couple doit retourner montrer son tableau à une monitrice pour vérifier que
l’observation a bien été faite et les règles assimilées.
52
37
Règles de prudence
La règle de prudence N°2 (appelée règle des premiers jours) est de faire en
période pré-ovulatoire abstinence le lendemain d’un rapport sexuel, puisque le
liquide séminal empêche l’observation. La femme s’observe au cours de la journée.
S’il y a rapport sexuel, il ne peut donc avoir lieu que le soir.
Donc : Union possible un jour sur deux, le soir au coucher.
53
La règle de prudence N° 3 (appelée règle de la fécondité interrompue)
consiste à s’abstenir dès qu’il y a une interruption du profil d’infécondité de base et
trois jours après l’arrêt de cette période de sécrétions changeantes.
54
Efficacité :
56
Acceptabilité :
Les contraceptifs locaux sont incompatibles avec cette méthode. Ils affectent
l’environnement génital en provoquant des irritations et des interférences empêchant
une bonne observation (par exemple à cause de la lubrification artificielle apportée
par le préservatif).
L’apprentissage de la méthode nécessite impérativement le recours à un
couple moniteur. Ce dernier s’assurera de la bonne compréhension et application
des règles de prudence d’abstinence.
La femme doit s’observer plusieurs fois par jour, tous les jours.
Certaines femmes rencontrées en consultation sont rebutées par cette
observation intime du corps. Je n’ai pas retrouvé de chiffre correspondant à la
proportion de ces femmes.
L’observation de la glaire cervicale peut être apprise par les femmes, en
quelques cycles, quel que soit leur âge, leur milieu socio-économique et leur
culture.38 Plus de 90 % des femmes sont capables d’identifier leur période fertile dès
le premier mois d’observation.31 Pendant la formation, une attention spéciale doit être
portée aux intellectuel(le)s et aux diplômé(e)s. La méthode leur semble trop
« simple » et souvent ils ne sont pas attentifs à l’enseignement à moins d’une
supervision stricte.41
Cette observation est de coût nul.
57
En résumé :
58
Cette méthode comporte 4 règles strictes, nécessaires et suffisantes,
permettant son utilisation à tous moments de la vie féconde d’une femme. Certaines
périodes délicates (post-partum, cycles très longs, pré-ménopause…) peuvent
nécessiter un suivi par des moniteurs pour êtres soutenu, mais les règles restent les
mêmes.
L’association Billings France forme les moniteurs aptes à enseigner la
méthode.
59
i) Algorithme des deux jours
ou TwoDay method
L’algorithme des deux jours (ou méthode des deux jours) est une nouvelle
méthode de planification familiale reposant sur la connaissance de la fécondité, mise
au point par l’Institut de la Santé reproductive, Georgetown University. Elle vise à
répondre au besoin des femmes qui souhaitent disposer d’un moyen simple leur
permettant de reconnaître les jours où elles doivent éviter des rapports sexuels pour
prévenir une grossesse.
Les femmes utilisant l’algorithme des deux jours doivent noter chaque jour la
présence ou bien l’absence de sécrétions cervicales pour déterminer leur éventuelle
fécondité. La femme se pose deux questions simples : [1} « Est-ce que j’ai noté des
sécrétions aujourd’hui ? » et [2] « Est-ce que j’ai noté des sécrétions hier ? »
Elle saura qu’elle est féconde aujourd'hui si elle note des sécrétions cervicales
de tout type aujourd'hui ou si elle en a noté hier. Elle évite les rapports sexuels non
protégés ces jours-là pour prévenir une grossesse. Si elle n’a noté aucune sécrétion
cervicale aujourd'hui ou hier, sa probabilité de tomber enceinte suite à des rapports
sexuels aujourd'hui est très faible.
60
L’algorithme des deux jours est plus simple que d’autres méthodes de
connaissance de la fécondité qui dépendent de l’identification de sécrétions
cervicales, telles que la méthode d’ovulation Billings, et la méthode sympto-
thermique. Contrairement à ces méthodes, point n’est besoin de distinguer entre les
différents types de sécrétions cervicales pour utiliser l’algorithme des deux jours.
De fait, c’est la présence de sécrétions, quel que soit le type, qui est jugée
un indicateur de la fécondité. Les sécrétions sont toute substance s’écoulant du
vagin d’une femme, exception faite du saignement menstruel ou du sperme.
L’étude de 2004 réalisée sur 450 femmes âgées de 18 à 39 ans, sur 13 cycles
d’utilisation donne un indice de Pearl de 3,5 pour une utilisation correcte de la
méthode, de 6,3 avec l’utilisation d’une méthode barrière les jours fertiles et de 13,7
si on inclut tous les cycles et toutes les grossesses dans l’analyse.44
Cette méthode, malgré son imprécision, peut s’avérer utile chez les
populations où, en raison de l’absence de professeurs de planification familiale
naturelle formés ou du coût et de la non disponibilité des thermomètres de
température basale, d’autres méthodes de planification familiale naturelle sont
difficiles à mettre en œuvre. 14
61
j) La méthode sympto-thermique
Historique :
62
Bases physiologiques :
63
Autopalpation du col :
Le praticien observe la consistance du col de l’utérus, son axe, sa position
ouverte ou fermée lors du toucher vaginal.
La patiente peut elle aussi observer son col par palpation au cours du cycle.
1. Pendant la phase de latence :
Le col s’ouvre pendant les règles puis se referme. Il est ensuite bas dur,
rugueux, fermé, incliné. Chez la femme porteuse de rétroversion, le col est
basculé en avant.
2. Pendant la phase peri-ovulatoire :
D’abord : le col est un peu haut, plus mou, plus lisse, un peu ouvert
Puis : le col est très haut, spongieux, ouvert, redressé dans l’axe du vagin.
Chez la femme porteuse de rétroversion, le col est plus en arrière.
3. Pendant la phase post-ovulatoire :
Le col est bas, dur, rugueux, fermé, incliné. Chez la femme porteuse de
rétroversion, il y a retour à un col basculé en avant.46
Principes :
64
Le couple utilise l’observation de la glaire pour déterminer l’entrée en
phase fertile et celle de la température pour confirmer que l’ovulation a bien eu
lieu et donc la sortie de la phase fertile.
L’auto-palpation du col est utilisé si les deux signes principaux (température et
glaire) sont insuffisants (moins de 4 jours de glaire sentie ou extériorisée à la vulve,
abondance de la desquamation vaginale parfois difficile à différencier de la glaire,
décalage thermique difficile à lire).
Un couple qui ne veut pas avoir d’enfant choisira d’avoir des rapports
sexuels en dehors des périodes fertiles.
Règles :
(Voir également le chapitre sur la méthodes des températures et la méthode Billings.)
65
Efficacité :
Cette méthode peut être placée parmi les méthodes de grande efficacité
quant à son efficacité théorique. Mais les grossesses liées à une absence
d’abstinence en période fertile reconnue sont nombreuses. Ceci doit être expliqué au
couple lors de son apprentissage.
L’OMS donne un indice de Pearl de 2 quant à l’efficacité théorique.18
En France on a observé un taux de grossesse non planifié lié à la méthode de
1,13 % lorsque la méthode est correctement appliquée. Ce taux monte à 6,47 %
lorsque les règles de la méthode ne sont pas respectées par le couple. Aucune
grossesse non planifiée n’est observée lorsque les rapports ont lieu uniquement en
phase post-ovulatoire + 2 jours (signe de la température utilisée seul).9
Acceptabilité :
66
En résumé :
67
k) La Méthode de l’Allaitement Maternel et
de l’Aménorrhée (MAMA) ou Méthode
d’Aménorrhée de Lactation (MAL)
Historique :
Chez les Kung, une population nomade du sud de l’Afrique, la maman portait
son enfant où qu'elle aille ; il tétait environ quatre fois par heure pendant une à deux
minutes, et fréquemment la nuit, pendant le sommeil de sa mère. L'intervalle entre
les enfants était de 4,1 ans. Dès que cette population s’est sédentarisée, l’intervalle
entre les naissances s’est réduit à environ 2 ans, le mode d’allaitement s’étant
modifié.49
Bien que les avantages de l'allaitement soient connus depuis toujours et
largement favorisés, c'est tout récemment que les scientifiques de planification
familiale se sont intéressés aux effets de la lactation prolongée sur l’espacement des
naissances.
Déjà, dans les années 60 à Grenoble, les Docteurs Michèle et François Guy
du CLER enseignaient que la femme pouvait se considérer comme infertile tant
qu’elle allaitait complètement et qu’elle n’avait pas encore eu son retour de couches.
Chez une même femme, pour des allaitements semblables en intensité (fréquence
des tétées et temps passé au sein), le retour de couches survenait à des moments
similaires.
En 1988, sous l’égide de l’OMS, de l’UNICEF et de FHI (Family Health
International) des scientifiques ont confronté leurs connaissances sur l’interaction
entre allaitement et infertilité, et ont décrété unanimement le Consensus de
Bellagio. Les Docteurs Miriam Labbok, Kristin Cooney (USA) et Suzanne Parenteau
Carreau (Canada) ont largement participé à sa diffusion mondiale.
Le Consensus de Bellagio disait : « Si la mère allaite complètement ou
presque son enfant, et si elle reste en aménorrhée (sans retour de couches),
68
l’allaitement permet d’éviter plus de 98 % des grossesses pendant les six premiers
mois.
Les légers saignements qui se produisent durant les 56 premiers jours ne sont pas
pris en compte.50
Les intervalles entre les tétées ne doivent pas dépasser quatre heures le jour et six
heures la nuit.
Les suppléments (liquides ou solides) ne doivent pas remplacer une tétée. »
Donc c’est bien la période d’aménorrhée de lactation plutôt que la période
d’allaitement complet qui peut être considérée comme une période d’infertilité
naturelle.
Le Consensus de Bellagio a été confirmé en 1995 après que de nombreuses
études sur le terrain l’ont validé.51 Il a permis de dégager les bases scientifiques des
conditions à remplir pour que l’allaitement au sein puisse être utilisé de façon sûre et
efficace à des fins d’espacement des naissances.52
Bases physiologiques :
69
Les pratiques qui favorisent l’allaitement sont les mêmes que celles qui
retardent le retour de la fertilité de la mère et espacent donc les naissances.
Par exemple l'allaitement maternel complet est toujours à la demande du bébé, et
ne suit aucun horaire fixe. En effet, lorsque le bébé a faim, il tète beaucoup plus
vigoureusement que lorsque la mère décide de l’horaire. Ce genre de tétée stimule
davantage la production de lait, et dans le même temps, retarde la venue d’une
ovulation.53
La quantité de prolactine produite lors d’une tétée entre minuit et 5 h du matin est
plus élevée que lors d’une tétée de même durée le jour. C’est pourquoi,
généralement, pour maintenir une bonne lactation et pour rester infertile, les tétées
nocturnes sont très importantes.49
Principes :
Règles :
L’allaitement doit être mis en place très précisément dans les heures qui
suivent l’accouchement.
L’allaitement doit être complet. Il faut donc allaiter fréquemment, chaque
fois que l’enfant a faim, jour et nuit, «à la demande» et éviter de donner tétines ou
sucettes.55
Pour un premier enfant : Après l’accouchement, si la mère allaite
complètement son enfant, elle est infertile pendant 6 mois si elle donne 6 tétées ou
plus par 24 heures. Attention, elle peut redevenir fertile dès que son retour de
couches survient, ou dès qu’elle donne moins de 6 tétées par 24 heures, ou dès
qu’elle donne à l’enfant autre chose que le lait maternel.
Si la mère a déjà allaité un enfant : Si elle a allaité (allaitement complet ou
complété), et son enfant avait 3 mois ou plus quand elle a commencé le sevrage
70
(une tétée a été remplacée par autre chose : biberon, petit pot, jus de fruit, etc…) et
elle a noté qu’il s’est écoulé 4 semaines ou plus entre le 1er aliment de
remplacement et le retour de couches, alors pour l’allaitement suivant, la femme
sera non fertile pendant toute la durée de l’allaitement complet quelque soit le
nombre de tétées par 24 heures, malgré la présence éventuelle de glaire, sauf si le
retour de couches survient, jusqu’aux 6 mois de l’enfant.56
Plus le retour de couches survient tardivement (par exemple au neuvième
mois), plus grande est la probabilité qu’une ovulation survienne avant le retour de
couches et que celle-ci soit suivie d’un plateau haut adéquat. Donc, après 6 mois (26
semaines), il ne faut plus attendre le retour de couches pour se considérer comme
possiblement fertile ; il faut commencer à observer ses signes de fertilité (méthode
d’auto-observation) ou choisir une autre méthode de planification familiale.49
Efficacité :
71
Les femmes qui restent en aménorrhée et qui allaitent encore complètement
ou partiellement après les six premiers mois peuvent toujours se trouver en état de
faible fécondité si elles suivent les comportements optimaux recommandés en
matière d'allaitement maternel : dans ce cas, on n’observe que 4 % à 8 % de
grossesses jusqu’à la fin du douzième mois.57
Sur la base des connaissances actuelles il n'est pas possible de prévoir
quelles femmes continueront dans l'aménorrhée pendant une longue période après
la délivrance, et celles qui auront un retour de couche comparativement précoce. La
seule chose connue de manière certaine est que, pour n'importe quelle femme, la
durée de l'aménorrhée de lactation des grossesses précédentes est fortement
prédictive de la durée de l'aménorrhée de lactation de la grossesse actuelle.18
Acceptabilité :
Lors d’un allaitement complet de quatre à six mois, environ un quart des
femmes ont leur retour de couches avant 6 mois. Une majorité des femmes l’a en
moyenne vers le neuvième mois et peut ainsi suivre la MAMA.
72
En résumé:
73
l) Les utilisateurs de la PFN
En France, les méthodes naturelles sont utilisées par environ 7 % des femmes
de 20 à 49 ans.1 Selon l’INED (Institut National d’Etude Démographique) l’abstinence
périodique concernerait, en 2000, en France, moins de 3 % des femmes de 20 à 44
ans.
Il est difficile d’obtenir des chiffres fiables, récents. En effet, tout dépend de ce
qui est inclus dans les méthodes naturelles. Ce qui est sûr, c’est que beaucoup
utilisent encore l’ancienne approche, moins fiable, pour déterminer la phase fertile,
au lieu d’avoir recours aux techniques modernes.
En janvier 2004, des responsables du CLER, ont décrit trois types de couples
qui s’intéressaient à ces méthodes, et qu’ils rencontraient donc, lors des sessions
d’information et de formation.60
1. Il y a ceux qui ont une démarche de type « écologiste » : des couples qui
ne veulent plus être dépendants de substances chimiques, qui souhaitent
mieux connaître le fonctionnement de leur corps et sont sensibles à une
méthode qui se vit vraiment à deux.
2. Il y a ceux qui ont une démarche spirituelle.
3. Il y a enfin les déçus de la contraception (échecs, effets secondaires chez
certaines femmes, etc.).
74
Ces méthodes naturelles, en tant que contraception, ne s’adressent pas aux
adolescents.59 En effet, l’adolescent découvre son corps nouvellement capable de
procréer et doté d’une sexualité à explorer, de pulsions à canaliser. C’est le temps de
l’apprentissage de la maîtrise de soi, du respect de soi et de l’autre. L’adolescence
est également une période où la fertilité est excellente et parallèlement une
grossesse tomberait le plus généralement très mal.
En revanche, l’abstinence primaire (c’est à dire le fait, pour une personne qui
n’a jamais encore été active sur le plan sexuel, de s’abstenir de pratiquer certaines
activités sexuelles ou même de s’abstenir de tout comportement sexuel) n’est pas
inhabituelle chez les adolescents. De même, une fois que les adolescents ont
satisfait leur curiosité initiale au sujet de la sexualité, et qu’ils se sentent socialement
à l’aise avec leur degré de sophistication sexuelle, il est possible qu’ils décident de
faire preuve d’abstinence, de ne pas s’exposer (pour le moins, temporairement) aux
risques pour la santé qu’entraînent les relations sexuelles.14
75
m) Indications :
76
n) Contre-indications
Il n’y a pas de pathologies qui soient aggravées par l’utilisation des méthodes
naturelles. En général, ce sont des méthodes que l’on peut offrir sans s’inquiéter des
effets qu’elles peuvent avoir sur la santé de ceux qui les choisissent. Toutefois, il
existe un certain nombre d’affections qui rendent leur utilisation plus complexe.
L’existence de ces affections indique que 1) il faut différer l’emploi de ces méthodes
jusqu’à ce que le trouble soit corrigé ou la maladie guérie, ou bien 2) qu’elles
nécessiteront un conseil particulier, et un prestataire plus qualifié est en général
nécessaire pour assurer une utilisation correcte.7
Par exemple : les irrégularités du cycle (fréquentes après les premières règles
et dans la péri-ménopause) ; l’emploi de médicaments ayant une incidence sur la
régularité du cycle, les hormones et/ou les signes de fécondité ; certaines
pathologies aiguës ou chroniques entraînent une élévation de la température ; des
saignements vaginaux irréguliers ; un écoulement vaginal (cf. Annexe e).
Par ailleurs, la planification familiale naturelle peut ne pas s’avérer une option
convenable pour les couples qui ne veulent pas faire preuve de diligence quant à
l’observation et à la consignation des signes de fertilité, ainsi qu’en ce qui concerne
le respect des règles visant la prévention de la grossesse. 14
77
o) Efficacité
Il y a donc :
• les échecs dus à l’utilisateur,
• les échecs dus à la pédagogie,
• mais aussi les échecs de causes psychologiques, étant donné la grande
subjectivité en matière de désir d’enfant : 17,9 % des couples auraient des
rapports sans protection en période fertile reconnue.
80
Pour la MJF, l’efficacité en pratique courante est de 12 et l’efficacité
théorique est de 5.19
Pour l’algorithme des deux jours, l’efficacité en pratique courante est de 13,7
et l’efficacité théorique est de 3,5.44
82
p) Inconvénients
83
q) Avantages
Les techniques utilisées pour déterminer la phase fertile n’ont pas d’effet
secondaire. Ces méthodes sont réversibles immédiatement, puisqu’elles n’ont pas
d’action sur la fertilité de la femme.8
Elles sont pour les femmes l’occasion d’apprendre à mieux connaître leur
corps. Elles participent à l’éducation des couples sur la sexualité et la fécondité.
S’observant au quotidien, les femmes sont capables de déceler des anomalies
endocriniennes et gynécologiques, et de les faire soigner précocement.
Ces méthodes peuvent être enseignées par des volontaires compétents. Une
consultation médicale n’est pas nécessaire. Après une bonne période de formation,
beaucoup de femmes sont capables d’utiliser la méthode sans aide supplémentaire.
Ces méthodes permettent une autonomie des couples. Ne dépendant pas du corps
médical ni d’une prise hormonale et de ses effets secondaires, ils peuvent ressentir
une certaine liberté.
Les méthodes de PFN sont universelles. Ces méthodes sont acceptées par
des groupes religieux déconseillant l’emploi d’autres méthodes.
84
r) Autres applications
Les femmes qui souhaitent une grossesse ont plus de chance de voir leur
vœu se réaliser si elles savent identifier la phase fertile de leur cycle. Pour localiser
cette fenêtre de fertilité, les calculs de dates sont mauvais, contrairement à
l’évaluation de la glaire à la vulve.71, 72
Entre 20 et 30 ans, la fécondité moyenne par cycle est de 20 % à 30 %, puis
diminue d’en moyenne 1 % par année d’âge. Mais, à l’intérieur de la semaine de
fertilité du cycle d’une femme, la probabilité de grossesse est variable. Plus le
rapport sexuel a lieu à une date proche de l’ovulation, et donc du jour sommet, plus
la fécondation a de chances d’avoir lieu.66
Dans le cas d’un désir de grossesse, il est facile à un médecin généraliste
d’expliquer à sa patiente qu’il faut favoriser les rapports sexuels lorsqu’elle se sent
humide, mouillée, voire lubrifiée. Pour l’avoir testé en consultation, les patientes
comprennent très bien. Souvent, lorsqu’elles ont constaté cette modification de
sensation vulvaire, elles ajoutent qu’elles pensent à chaque fois que les règles sont
proches ; elles sont surprises de ne les voir arriver que deux semaines plus tard. En
effet, cette sensation d’humidité est similaire à celle ressentie lors des règles.
Il est donc très intéressant pour une femme de savoir reconnaître très
facilement la phase fertile de son cycle grâce à l’observation de la glaire cervicale
comme enseignée dans la méthode Billings.67 Ainsi, elle augmente considérablement
ses chances de concevoir un enfant quand elle le désire.
86
• Diagnostiquer un éventuel problème de couple et/ou de sexualité.
• Gérer ou adresser pour une prise en charge psychologique.
• Faire un bilan au bout d’environs 18 mois d’essais infructueux.
• Adresser en PMA lorsque le couple atteint les deux ans d’essais infructueux.
87
Chez l’adolescente, l’observation de la glaire cervicale peut être utile. Outre
la connaissance du cycle que cela apporte, cela peut aider au diagnostic des pertes :
• rassurer l’adolescente devant les premiers écoulements de glaire ;
• aider à distinguer la glaire physiologique des pertes pathologiques
infectieuses.
En résumé :
88
s) Apprentissage des méthodes de PFN
Ses membres actifs (en 2005 : 737 au total sur 3572 membres, dont 213
conseillers conjugaux et familiaux, 198 éducateurs du CLER, 55 moniteurs en
méthodes naturelles de régulation des naissances) mènent leurs activités dans un
esprit d'accueil, d'écoute et de respect des personnes.
89
En 1974, il est agréé par le Ministère en charge des affaires sociales pour les
formations d'Éducateur à la vie et de Conseiller conjugal et familial. Cet agrément est
renouvelé tous les trois ans. Depuis la même année, le CLER Amour et Famille est
membre du Conseil Supérieur de l’Information Sexuelle, comme le sont d'autres
mouvements familiaux comme par exemple Couples et Familles, l'AFCCC, le
Mouvement Français pour le Planning Familial, etc.
Le CLER Amour et Famille est un mouvement chrétien de réflexion et d'action, en
lien avec le service national des questions familiales et sociales de la Conférence
des évêques de France.
91
Quelle est la part de la Planification Familiale Naturelle (PFN) dans le lourd
poids de l’IVG en France ?
Analysons d’abord les méthodes citées comme naturelles dans les études sur
l’avortement. 67,1 % des grossesses non programmées sous méthodes naturelles
ont pour origine un retrait incomplet du partenaire. Or, nous avons vu que le coït
interrompu, méthode traditionnelle de dernier recours ou de dernière minute, ne peut
être classé parmi les méthodes naturelles. 26,2 % des grossesses non programmées
sous méthodes naturelles correspondent à une erreur de date donc en théorie à la
méthode Ogino ou méthode du calendrier. Cette méthode peu fiable a des règles
rarement suivies correctement (besoin d’au moins 6 cycles de recul avant de pouvoir
suivre cette méthode, soustractions savantes à effectuer), et surtout inadaptée si les
cycles varient, ne serait-ce que d’un jour. En pratique, j’ai pu constater en centre
d’orthogénie que lorsque les médecins ou les patientes parlent de la méthode des
dates, cela correspond en réalité à un aménagement personnel et non à la véritable
méthode.
Peut-on alors imputer l’origine de ces IVG aux méthodes naturelles ?
Qu’en est-il des méthodes d’auto-observation ? Peut-être correspondent-elles
aux 6,7 % des grossesses non programmées dues aux méthodes naturelles où la
femme n’a pas d’explication, ne connaît pas la raison de l’échec.
Les grossesses non programmées dues à l’échec d’une méthode
naturelle aboutissent moins souvent à une IVG que les grossesses non
programmées dues à l’échec d’une autre méthode contraceptive. Les
grossesses ayant pour origine une méthode classée ici parmi les méthodes
naturelles (Ogino, retrait, température) représentent 21,8 % des grossesses non
programmées, tandis que les grossesses sous pilule représentent 20,9 % et avec
utilisation de préservatif 11,8 % des grossesses non programmées. En revanche les
grossesses ayant pour origine une méthode classée parmi les méthodes naturelles
ne représentent plus que 19,1 % des grossesses non programmées qui aboutiront à
une IVG, tandis que les grossesses sous pilule représentent 23,1 % et avec
utilisation de préservatif 19,3 % des grossesses non programmées qui aboutiront à
une IVG.75
En effet, la PFN est plus souvent utilisée pour différer une grossesse que pour
l’éviter.76 Ces méthodes sont généralement utilisées par des couples dont « la
92
situation affective se prête à la parentalité » Les couples qui utilisent la PFN savent
qu’une grossesse est toujours possible. L’IVG est souvent contre leurs principes
écologiques ou moraux. Certaines personnes qui choisissent ces méthodes pour
raison spirituelle ont un respect inconditionnel de la vie de l’enfant en devenir, dès
son stade le plus embryonnaire. Néanmoins, certaines personnes qui choisissent ces
méthodes pour des raisons écologiques ne proscrivent pas systématiquement
l'avortement. Elles sont même quelquefois plus sévères avec le mode de
contraception qu'avec l'IVG.
Enfin, il a été constaté que les familles dans lesquelles la PFN était pratiquée
avaient plus d’enfants que la population générale. Cause ou conséquence du mode
de régulation des naissances ? Difficile de trancher. Les couples ayant choisi une
méthode d’auto-observation pour réguler les naissances semblent avoir, dans la
plupart des cas, un désir d’enfants important. De plus, leur philosophie est en marge
de « l’enfant dû », de « la nouvelle norme procréatrice ».74 La situation des couples
utilisant la PFN peut au même titre que les autres être difficile, angoissante : la mère
et le père doivent affronter les difficultés concernant le fait d’arriver à gérer le
matériel, l’équilibre affectif par rapport aux autres enfants, la vie de parents et
d’époux, la peur de l’avenir et des répercutions sur l’enfant des problèmes
psychologiques posés par une grossesse non désirée, etc. Toutefois ils choisissent
de faire face aux difficultées consécutives aux grossesses non programmées, plutôt
que d’avoir recours à l’IVG.
En résumé:
Dans le monde, les pays les plus développés sont également les pays où la
contraception est la plus fréquemment utilisée.
Les moyens de contraception les plus utilisés sont par ordre décroissant : la
stérilisation féminine, les dispositifs intra-utérins (DIU), puis la pilule, le retrait et la
méthode du rythme, devant le préservatif et la stérilisation masculine. Selon l’ONU,
les méthodes traditionnelles (retrait et méthode du calendrier) sont utilisées par 6 %
des femmes mariées en âge de procréer utilisant une contraception.
La fréquence d’utilisation des différents moyens de contraception est très
différente entre les pays les plus développés où la pilule et le préservatif détiennent
les premières places, et les pays les moins développés où la stérilisation féminine
puis les DIU sont les plus fréquemment utilisés. Le retrait et la méthode du rythme
détiennent la 3ème place dans les pays les plus développés et la 4ème dans les pays
les moins développés.77 Des variations importantes persistent entre des pays
voisins : Au Bangladesh, 43 % des utilisateurs de contraception utilisent la pilule,
alors qu’en Inde ils sont seulement 4 % à l’utiliser. En Egypte, 61 % des utilisateurs
de contraception ont un DIU alors qu’au Maroc ils ne sont que 8 %. L’explication de
ces nettes variations, entre les pays et à l’intérieur des pays entre les communautés,
94
réside dans le fait que le choix contraceptif est contraint par la législation (notamment
en ce qui concerne la stérilisation) ; par le choix des gouvernements de promouvoir
une contraception particulière et d’en ignorer ou d’en restreindre l’accès d’une autre ;
et par le biais des acteurs de la planification familiale.78
Même si elles sont classées parmi les méthodes les moins efficaces (comme
le retrait et le préservatif), elles apportent un plus énorme à ces populations par
rapport à l’absence de contraception où l’indice de Pearl est de 85.
96
La baisse du taux de natalité est un enjeu considérable pour ces pays. Cela peut
permettre de réduire la pauvreté et la mortalité maternelle et infantile.78
97
II. ENQUÊTE
98
Ma question :
Ce questionnaire a été établi dans un contexte plus large : la sexualité des internes.
99
a) La méthodologie
Elaboration du questionnaire
100
La deuxième partie du questionnaire cible plus spécifiquement la sexualité de
l’interne, en d’autres termes s’il a déjà eu des rapports, s’ils sont à risque d’infections
sexuellement transmissibles, la contraception utilisée, l’intérêt qu’il y porte
personnellement et professionnellement, son observance, s’il a déjà été confronté à
des situations à risque de grossesse, ou à une grossesse involontaire, l’utilisation de
la contraception d’urgence et le recours à l’interruption volontaire de grossesse.
La troisième partie, après avoir déterminé par quels moyens l’information
passe, évalue les connaissances des recommandations de l’ANAES en matière de
régulation naturelle des naissances — ou plus spécifiquement des contre-indications,
de leurs utilités, leur place dans une consultation de contraception, et chez les
adolescents.
Enfin la quatrième partie vise à savoir si l’interne a déjà été confronté
professionnellement à une situation concernant les méthodes naturelles, connaître
son regard de médecin généraliste sur ce type de consultations, sur sa formation par
la faculté et ses attentes pour l’avenir.
Ce questionnaire a été remanié à plusieurs reprises. Il a été testé sur un
groupe de 10 internes qui ont pu le critiquer autant sur le fond que sur la forme. La
dernière version a été validée par mon directeur de thèse et par le service de
statistique de la Direction de l’Action Sociale du Département des Yvelines (DASDY).
Échantillon :
101
Distribution des questionnaires :
Les questionnaires ont été envoyés aux résidents par voie postale. Chaque
enveloppe contenait une lettre explicative (annexe a), un questionnaire de 3 pages et
une enveloppe timbrée à mes nom et adresse pour le retour. Les questionnaires ont
été postés le 16 janvier 2006. Les internes devaient répondre avant le 4 février 2006.
À chaque nom d’interne était attribué un numéro reporté sur l’enveloppe. À la
réception des réponses, les enveloppes et les questionnaires ont été dissociés. Les
enveloppes numérotées ont permis d’identifier les répondants, qui ont été rayés de la
liste. Les questionnaires anonymes ont été saisis dans un second temps. La liste
restante, composée des non répondants, a permis d’effectuer des relances. Les
enseignants de la faculté ont également sollicité les internes pour qu’ils répondent au
questionnaire.
Une base de données a été créée pour la saisie de tous les questionnaires.
L’analyse a été réalisée à l’aide du logiciel Excel®.
Coût de l’étude :
Les frais de cette étude, estimés à 900 euros, comprenaient les photocopies
de 270 questionnaires de 4 feuilles avec agrafage, les enveloppes d’envoi
affranchies, les enveloppes timbrées avec l’étiquette comprenant mes coordonnées
pour le retour, et les frais divers (relances téléphoniques,…).
Une aide financière a été demandée auprès des laboratoires commercialisant les
home test Personna, le thermomètre électronique Bioself, et auprès des associations
françaises enseignant la méthode Billings et la méthode sympto-thermique : le
Centre Billings France et le CLER. Ces dernières n’ont pu apporter d’aide financière
et les laboratoires n’ont pas répondu à la missive.
102
b) Résultats
Le test du χ2 a montré que les variables sexe et année d’internat n’étaient pas
statistiquement significatives. C’est pourquoi les tableaux des résultats comprenant
les détails en fonction des sexes et des années d’internat ont été consignés en
annexe c.
103
État civil :
1. Sexe :
75 % des internes ayant répondu au questionnaire étaient des femmes, 25 %
étaient des hommes, ce qui correspond exactement à la population étudiée.
2. Date de naissance :
L'âge moyen des internes ayant répondu au questionnaire était de 27,91 ans.
45
42
40
35
33 33
30
28
25
effectifs
20
15
10 10
7
6
5
3 3
2
1 1
0
e
s
s
ns
an
an
an
an
an
an
an
an
an
an
an
po
25
26
27
28
29
30
31
32
33
34
37
ré
de
s
pa
nombre de questionnaires
104
3. Semestre d’internat de médecine générale :
60 58
50
45
40
37
effectifs
30
20
15
11
10
2 1
0
tr e
tr e
tr e
tr e
tr e
t re
e
ns
es
es
es
es
es
es
po
em
ré
se
se
se
se
se
rs
de
e
e
1e
s
2è
3è
4è
5è
6è
pa
nombre de questionnnaires
4. Situation familiale :
36 % des internes étaient célibataires, 33 % vivaient maritalement, 30 %
étaient mariés, et 1 % n’a pas répondu à cette question.
105
5. Nombre d’enfants :
75 % des internes n’avaient pas d’enfant, 15 % avaient un enfant, 8 % avaient
deux enfants, et 2 % n’ont pas répondu à cette question.
Les quatre internes qui n’avaient jamais eu de rapports sexuels étaient toutes
des femmes ; leur moyenne d’âge était de 27,5 ans.
L’âge moyen du premier rapport sexuel chez les filles n’ayant pas eu recours
à une IVG était de 18,95 ans. L’âge moyen du premier rapport sexuel chez les filles
ayant déjà été confrontées à une grossesse involontaire qu’elles ont menée à terme
était de 18,75 ans, tandis que l’âge moyen du premier rapport sexuel chez les filles
ayant eu recours à une IVG était de 17,2 ans.
L’âge du premier rapport sexuel a une influence sur la survenue d’une IVG
chez les internes filles. Pour appliquer le test d’égalité des variances ainsi que le test
d’égalité des moyennes, il a été supposé que les deux échantillons des deux
variables testées suivaient chacun une loi normale.
106
1 homme (de 26 ans) et 2 femmes (de 27ans et d’âge inconnu) ayant déjà eu
des rapports sexuels n’ont pas répondu à cette question.
40
37
35
30
25
24
effectifs
20 20
18
16
15
13
10
8
6 6 6
5 5
3
2
1
0 e
s
2 s
ré n s
ns
an
an
an
an
an
an
an
an
an
an
an
an
de 7 a
po
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
s
pa
nombre de questionnaires
107
10. Actuellement, avez-vous des rapports sexuels ?
89 % des internes ont répondu qu’ils avaient des rapports sexuels
actuellement, 10 % qu’ils n’en avaient pas, et 1 % n’a pas répondu à cette question.
effectif pourcentage
aucun moyen 13 8
1 moyen 104 64
2 moyens 45 27
3 moyens 2 1
pas de réponse 1 0
nombre total de questionnaires
(ayant déjà eu des rapports
sexuels) 165 100
Nombre de moyens de contraception utilisés
par les personnes interrogées ayant déjà eu des rapports sexuels
108
hommes femmes ensemble
effectif pourcentage effectif pourcentage effectif pourcentage
méthodes naturelles 1 3 5 4 6 4
pilule 28 73 93 81 121 80
préservatif masculin (seul) 5 13 9 8 14 9
stérilet 1 3 2 2 3 2
retrait 3 8 2 2 5 3
nuvaring 0 0 1 1 1 1
implanon 0 0 1 1 1 1
pas de réponse 0 0 1 1 1 0
nombre total de questionnaires
(ayant déjà eu des rapports
sexuels et utilisant au moins un
moyen de contraception) 38 100 114 100 152 100
Différentes méthodes contraceptives utilisées par les personnes interrogées en fonction de leur
sexe
L’homme qui a répondu qu’il utilisait une méthode naturelle, utilisait la
méthode Billings.
Chez les 6 internes qui utilisaient des méthodes naturelles, 3 utilisaient la
méthode sympto-thermique (MAO), 2 la méthode Billings et 1 le dispositif Personna.
effectif
préservatif 14
préservatif - pilule 38
préservatif - pilule - retrait 1
préservatif - retrait 2
préservatif - retrait - pilule du
lendemain 1
préservatif - nuvaring 1
préservatif - MAO 2
préservatif - Billings 1
préservatif - Personna 1
nombre total de questionnaires
(ayant déjà eu des rapports
sexuels et utilisant au moins la
contraception locale comme
moyen de contraception) 61
Effectif de personnes interrogées utilisant au moins la contraception locale
comme moyen de contraception
effectif
pilule 83
pilule - préservatif masculin 38
pilule - préservatif masculin -
retrait 1
nombre total de questionnaires
(ayant déjà eu des rapports
sexuels et utilisant au moins la
pilule comme moyen de
contraception) 122
Effectif de personnes interrogées utilisant au moins la pilule
comme moyen de contraception
109
14. Etes-vous satisfait(e), pour le moment, de ce choix ? Si non pourquoi ?
85 % des internes ayant déjà eu des rapports sexuels ont répondu qu’ils
étaient satisfaits de leur choix contraceptif, 10 % qu’ils n’étaient pas satisfaits, 4 %
qu’ils étaient sans opinion sur cette question, et 1 % n’a pas répondu à cette
question.
effectif
pilule 7
préservatif masculin 5
pilule - préservatif masculin 2
préservatif masculin - Billings 1
préservatif masculin - retrait -
pilule du lendemain 1
nombre total de questionnaires
(ayant déjà eu des rapports
sexuels et étant insatisfait du
choix de moyens de
contraception) 16
Moyens de contraception utilisés par les personnes insatisfaites
de leur contraception
18. Avez-vous, vous ou votre partenaire déjà été confronté à la situation d’une
grossesse involontaire ?
11 % des internes (4 hommes et 14 femmes) ayant déjà eu des rapports
sexuels ont été confrontés à la situation d’une grossesse involontaire, 87 % n’ont
jamais été confrontés à la situation d’une grossesse involontaire, et 2 % n’ont pas
répondu à cette question.
111
Connaissance des méthodes naturelles :
effectif
pas de réponse 2
cours 126
entourage 108
stage 47
prospectus 29
presse,TV 10
revues médicales 5
internet 4
paroisse, préparation au mariage 3
gynéco 3
collège-lycée 3
livre sur la grossesse, la sexualité 2
sage femme 1
Fréquence d'apparition des moyens par lesquels les personnes interrogées
connaissant les méthodes naturelles en ont entendu parler
82 % des internes interrogés ont répondu qu’ils avaient déjà entendu parler
des méthodes naturelles lors de leurs études médicales : en cours pour 126 internes
(soit 75 % des internes interrogés), en stage pour 47 internes (soit 28 % des internes
interrogés), dans des revues médicales pour 5 (soit 3 % des internes interrogés).
112
63 % des internes ont répondu qu’ils connaissaient la méthode de
l’aménorrhée lactationnelle, 37 % qu’ils ne la connaissaient pas.
fiable 7 21 27 14 15
aléatoire 146 136 93 51 92
fiabilité ne sait pas 16 12 49 104 62
nombre total de
questionnaires 169 169 169 169 169
Effectif des personnes interrogées selon leur connaissance ou non des différentes méthodes
naturelles et selon leur opinion sur la fiabilité de ces méthodes
113
24. Les méthodes naturelles n’ont aucune contre-indication.
39 % des internes ont répondu que cette affirmation était vraie, 31 % qu’elle
était fausse, 29 % qu’ils ne savaient pas, et 1 % n’a pas répondu à cette question.
Si Faux, lesquelles ?
Parmi les contre-indications citées par les 53 internes ayant répondu que
l’affirmation était fausse, la contre-indication à la grossesse a été cité 30 fois, la
sexualité à risque 11 fois, les cycles irréguliers 8 fois, les troubles de compréhension
6 fois, les couples non stables 3 fois, les adolescents 2 fois, les médicaments ou
maladie modifiant la température basale 2 fois ; 6 internes n’ont pas complété cette
question.
28. Les méthodes naturelles sont des méthodes adaptées aux adolescentes.
3 % des internes ont répondu que cette affirmation était vraie, 93 % qu’elle
était fausse, et 4 % qu’ils ne savaient pas.
114
Méthodes naturelles et médecine générale :
29. Avez-vous déjà été confronté à une patiente ou un couple vous demandant
des conseils à propos de méthodes naturelles de régulation des naissances ?
21 % des internes avaient déjà été confrontés à une patiente ou un couple
leur demandant des conseils à propos de méthodes naturelles de régulation des
naissances, 79 % n’avaient jamais été confrontés à cette situation.
Dans les raisons citées par les 128 internes pour qui il semblait envisageable
de répondre à l’attente des patientes ou des couples leur demandant des conseils à
propos de méthodes naturelles de régulation des naissances, le devoir d’informer a
été cité 112 fois, le respect 90 fois, le fait que ces méthodes soient non fiables 21
fois et la conviction personnelle 4 fois.
Parmi les raisons citées par les 47 internes pour qui il semblait non
envisageable de répondre à l’attente des patientes ou des couples leur demandant
des conseils à propos de méthodes naturelles de régulation des naissances, le
manque de connaissance a été cité 29 fois, le fait que ces méthodes soient non
fiables 26 fois, et le manque de temps 3 fois.
115
32. Connaissez-vous des personnes, organismes ou associations plus
compétents dans ce domaine, vers lesquels vous pourriez orienter ? Si oui les
quels ?
27 % des internes ont répondu qu’ils connaissaient des personnes,
organismes ou associations plus compétents qu’eux dans ce domaine, vers lesquels
ils pourraient orienter ; 72 % ont répondu qu’ils n’en connaissaient pas, et 1 % n’a
pas répondu à cette question.
Parmi les réponses citées par les 45 internes ayant répondu qu’ils savaient à
qui adresser, la planification familiale a été citée 15 fois, les gynécologues 13 fois, la
PMI (Protection Maternelle Infantile) 11 fois, le CLER 7 fois, le Centre Billings 6 fois,
la Paroisse 2 fois, Internet 1 fois, les AFC (Association Familles Catholiques) 1 fois,
une association Ogino 1 fois et le CRIPS (Centres Régionaux d’Information et de
Prévention du Sida) 1 fois.
1 interne n’a pas complété cette question.
5 % des internes ont cité les associations CLER et/ou Billings dans les
personnes à qui adresser.
effectif
Billings (seul) 2
Cler (seul) 3
Cler - Billings 4
nombre total de questionnaires
(connaissant les associations
Cler ou Billings) 9
Effectif de personnes interrogées ayant cité les associations CLER et/ou Billings
116
34. Estimez-vous votre formation suffisante dans ce domaine ?
19 % des internes ont répondu qu’ils estimaient leur formation suffisante dans
ce domaine, 80 % ont répondu qu’ils estimaient leur formation insuffisante dans ce
domaine, et 1 % n’a pas répondu à cette question.
117
c) Synthèse et analyse des résultats
État civil :
Presque tous les internes (98 %) ont déjà eu des rapports sexuels. La
moyenne d’âge du premier rapport sexuel était de plus de 17 ans ½ chez les
hommes et de presque 19 ans chez les femmes. L’âge médian du premier rapport
sexuel était de 18 ans.
La plupart des internes avaient des rapports hétérosexuels (96 %) et
monopartenaire (95 %).
La grande majorité des internes (89 %) avait une vie sexuelle active.
Quelques internes (10 %) dont certains ayant déjà eu des rapports sexuels ont
répondu qu’ils n’en avaient pas actuellement.
L’utilité des méthodes naturelles est mal connue par les internes.
Seulement 1/3 des internes pensent que les méthodes naturelles ont démontré leur
utilité. Les autres internes ayant répondu à cette question (67 %) sont divisés entre
ceux qui pensent le contraire (41 %) et ceux qui ne savent pas (26 %).
La grande majorité des internes (4/5) n’a jamais été confrontée à une
demande de conseils à propos de méthodes naturelles. Néanmoins, les internes
concernés ne sont pas rares puisqu’1/5 a déjà été confronté à cette situation.
La principale raison citée par les internes pour qui il semble inenvisageable
de répondre à une demande de conseil à propos de ces méthodes est le manque
de connaissance sur le sujet. Le manque de temps ne semble pas un obstacle
rédhibitoire car il a été cité par seulement 3 internes.
Le manque de fiabilité de ces méthodes est une notion très présente, citée
par 47 internes. Parmi eux, la moitié pense que c’est une raison pour ne pas parler
de ces méthodes et l’autre moitié pense que c’est une raison pour mettre en garde
contre ces méthodes.
Le devoir d’informer est de loin la raison principale (citée 112 fois) de
répondre à une demande de conseil à propos de ces méthodes. Vient ensuite le
respect des patients cités 90 fois. Les convictions personnelles sont rarement
citées (4 fois) comme raison du choix de renseigner sur les méthodes naturelles.
Même si pour 3/4 des internes cela semble envisageable de conseiller dans le
domaine des méthodes naturelles, presque autant ont répondu qu’ils ne
connaissaient pas d’organismes ou associations plus compétents dans ce domaine
vers lesquels ils pourraient orienter. L’association Billings France et le CLER sont
presque inconnus des internes. La possibilité qu’a La Leche League de
renseigner sur la MAMA ne semble pas connue du tout. En effet, parmi les 45
internes qui pensaient savoir à qui adresser, seulement 9 d’entre eux ont cité une ou
deux des associations formant en France sur ces méthodes (Association Billings
France et le CLER). La Leche League n’a jamais été citée.
Plus de la moitié de ces internes (26) adresserait volontiers à la Planification
familiale (voire au Planning familial) ou à la Protection Maternelle Infantile (PMI).
122
Des renseignements sur les différents moyens de contraception peuvent
effectivement être promulgués en ces lieux. Mais, comme en témoignent leurs sites
Internet et l’expérience, le message succinct et peu informatif concernant les
méthodes naturelles est le même que celui que les internes semblent déjà avoir en
tête : « manque de fiabilité, déconseillé ».
Les gynécologues (cités 13 fois) n’ont pas dans le domaine des méthodes
naturelles une formation différente de celle des internes de médecine générale. Une
association Ogino a été citée, mais malgré mes recherches, est toujours inconnue.
Les CRIPS également cités une fois forment un réseau national de compétences
pour le traitement de l'information et de la documentation sur le VIH/sida, les
hépatites ... En cherchant longuement sur leur site Internet, j’ai trouvé un lien avec le
site canadien [Link] relatif à la contraception. Ce dernier informe
correctement sur les méthodes mais est difficile à trouver. Rares sont les sites
Internet (cités 1 fois) donnant une information juste sur les méthodes naturelles. La
paroisse (citées 2 fois) et les Associations Familiales Catholiques (AFC) (citées 1
fois) sont des lieux pouvant renseigner indirectement sur ces méthodes car
connaissant les associations formatrices.
Presque 3/4 des internes pensent qu’il fait partie du rôle du médecin
généraliste d’accompagner ou d’orienter les couples demandeurs de cette
régulation des naissances.
Mais 4/5 des internes estiment leur formation insuffisante dans ce
domaine.
Une proportion encore plus importante (86 %) souhaiterait des
renseignements afin de mieux pouvoir en parler. Le souhait premier des internes
concerne une information écrite, puis vient les coordonnées pour adresser et enfin
une formation.
Presque 4/5 des internes ont répondu qu’ils viendraient à un cours sur le
sujet de la régulation naturelle des naissances s’il était dispensé à la fac dans le
cadre de la formation du jeudi après-midi.
Cela témoigne de l’intérêt des internes pour ce sujet tout comme le taux
élevé de réponses au questionnaire ou l’abondance des remarques jointes par
39 % des internes.
123
III. DISCUSSION
124
a) Le résultat principal
125
Dans un questionnaire, une interne commente les méthodes naturelles avec
une approche de terrain très intéressante car reflétant bien le regard que peuvent
avoir les jeunes médecins:
126
b) Forces et limites de cette thèse
129
En reconduisant à chaque cycle la question du choix d’une grossesse (est-ce
envisageable ? Est-ce souhaitable ?), les couples utilisant la PFN prennent l’habitude
de discuter sur le sujet. Ils réfléchissent aux raisons de ce choix (équilibre familial,
santé physique et psychique, contingences matérielles). C’est également anticiper
la survenue d’une grossesse non programmée.
D’autre part, la notion de parentalité responsable insiste sur la nécessité, si besoin
est, de faire le deuil d’envisager une nouvelle grossesse. Or, il est quelquefois
difficile pour une femme qui se sait fertile de devoir écouter sa raison et faire tout ce
qu’il faut pour éviter de démarrer une nouvelle grossesse.
Grâce à l’approche globale de leur patient, les médecins généralistes ont un rôle à
jouer dans l’accompagnement de ce projet parental.
130
c) Résultats déjà parus sur le sujet
État civil :
Les préjugés entourant ces méthodes rentrent dans un « discours global sur la
contraception particulièrement normatif et procédant d’une hiérarchisation des
méthodes de contraception selon leur efficacité théorique, […] les méthodes dites
naturelles ou traditionnelles sont largement stigmatisées. D’abord elles sont
considérées comme inefficaces et ringardes, ensuite elles sont toujours
présentées comme incompatibles avec la satisfaction sexuelle du couple au nom
d’une certaine conception de l’épanouissement sexuel où le plaisir est largement
associé à la pénétration vaginale et où les autres pratiques sont considérées comme
de moindre importance ».85 L’image des méthodes naturelles des internes de
médecine générale n’a donc rien de spécifique.
133
Méthodes naturelles et médecine générale
« Les professionnels de santé ont un rôle à jouer pour aider les femmes à
choisir leur moyen de contraception, et éviter la non utilisation ou l’échec de la
contraception ».62 La revue Prescrire semble confirmer l’opinion de la majorité des
internes de médecine générale.
Mais, pour jouer ce rôle, l’« avortement et [la] contraception dans les études
médicales » souffrent d’« une formation inadaptée ». C’est ce que conclu Maud
Gelly dans sa thèse de 2004. Pour cela, elle a analysé les annales de l’Internat,
réalisé une enquête auprès des PCEM2 et DCEM4 de Bichat, et mené des entretiens
auprès d’étudiants d’autres facultés de médecine.
134
d) Hypothèses pour expliquer les résultats
Comme le dit déjà en 2004 Martin Winckler, « [l]a contraception reste un sujet
peu abordé dans les médias, […], L’information sur la contraception reste quasi
inexistante. Et il en va de même dans les facultés de médecine françaises. On
n’apprend pas aux étudiants en médecine à aider les femmes (couples) à contrôler
leur fécondité – alors que cancer et sida sont des éventualités infiniment moins
fréquentes qu’une grossesse non désirée. »80
De plus, comme le dit Gabriella Bozzo (gynécologue et spécialiste de la méthode des
températures), l'enseignement des méthodes naturelles est en quelque sorte
freiné et ne reçoit aucune subvention, pour une raison claire : le fait que « les
entreprises pharmaceutiques n'ont aucun intérêt dans le développement de ces
méthodes, bien au contraire ».79 C’est également ce que pense la fondation Sympto
Therm enseignant la méthode sympto-thermique : « [l]’idée reçue que la
contraception naturelle est peu sûre hante toujours les esprits. L'approche sympto-
thermique reste inconnue, même si elle constitue la première aide au couple désirant
un enfant qui tarde à venir. La raison principale de cette méconnaissance est
financière : l'industrie hormonale et leurs protagonistes du corps médical ont tout
intérêt à dissuader les femmes de connaître leurs cycles. Notre pensée occidentale
tend fâcheusement à répondre aux problèmes de santé et de fertilité en proposant
des médicaments. Malgré les appels multiples à la responsabilité individuelle que
nous entendons de toute part, la fiabilité et la simplicité de l'approche sympto-
thermique ne sont pas promues par la santé publique. Pourtant, l'approche symto-
thermique, reconnue par l'Organisation Mondiale de la Santé, génère des effets
préventifs sur la santé et serait source d'économie de coûts pour les caisses
maladies. »45
135
Méthode Ogino plus connue que les méthodes modernes
138
La réticence des médecins
139
Le traitement ou plus exactement la prise en charge des grandes maladies comme
l’hypertension, le diabète, l’asthme…, repose en premier sur cette éducation du
patient. Elle débute par l’explication au patient de sa maladie, du mécanisme
physiologique.
La PFN détient sans doute les bases de l‘« éducation » et des « règles hygiéno-
diététiques » du « traitement » de la fertilité, de sa prise en charge. Elle apporte en
effet d’une part des connaissances fines sur la physiologie féminine et sa traduction
clinique ; et d’autre part une manière de vivre, de prendre en charge sa sexualité
dans le respect de soi et le respect de l’autre.
140
e) Ce qui change avec cette thèse
141
une interruption volontaire de grossesse et de participer à l’épanouissement de cette
adulte en construction.
142
Prévention des avortements
143
pauvres, mais qui s’en étonne… Comme si "on a droit" justifie tout ; sans doute pour
quelques-unes, mais les autres ? […] »89
L’éducation sexuelle
145
La réponse faite aux femmes
« Le gynécologue leur a ri au nez, quand elles lui en ont parlé ».26 Les
femmes que j’ai rencontrées lancent un appel. Elles souhaitent être écoutées et
conseillées par leur médecin. Marine Peigney, dans son mémoire de sage femme, a
également conclu des entretiens avec des couples utilisant des méthodes naturelles
que les femmes déplorent le dénigrement et l’ignorance de leur médecin vis-à-vis de
leur choix contraceptif. Certains médecins, étant ignorants sur le sujet, préfèrent
éluder la question. Livrées à elles-mêmes, elles se débrouillent comme elles peuvent
avec fréquemment des méthodes de leur confection. Elles sont désireuses
d’apprendre, de mettre à jour leurs connaissances souvent empiriques ou grossières.
Elles regrettent de devoir éviter le sujet avec leur médecin. En effet, « trop
souvent, des couples désirant mettre en pratique de telles méthodes sont dissuadés
par le médecin ou la sage-femme pour des motifs qui relèveraient plus du préjugé
défavorable que d’un fondement médical véritable».26 Une gynécologue à qui j’ai
demandé si elle suivait des patientes utilisant des méthodes naturelles m’a répondu
après un temps de silence que « ces femmes se débrouillent très bien toutes
seules ». À écouter ces dernières, ce n’est pas le cas. Les médecins généralistes
sont peut-être les premiers à devoir répondre à cet appel.
146
CONCLUSION
147
Conclusion
148
ANNEXES
149
Céline LAVASTE-GAUTIER
9 bis, rue Jean de La Bruyère
78000 Versailles
06 09 69 91 46
celcocotier@[Link]
Le 16 janvier 2006
Céline Lavaste-Gautier
P.S. : Si vous voulez ajouter des commentaires, vous pouvez les noter au dos du
questionnaire. Merci beaucoup pour votre participation qui est indispensable pour la
réalisation de mon enquête.
150
QUESTIONNAIRE SUR LA CONTRACEPTION
1. Sexe : F □ M□
2. Date de naissance (jj/mm/aa) : …../…../…..
3. Semestre d’internat de médecine générale :
1□ 2□ 3□ 4□ 5□ 6□
4. Situation familiale : 4-1. □ célibataire
4-2. □ vie maritale
4-3. □ marié(e)
4-4. □ divorcé(e)
5. Nombre d’enfants …..
6. Avez-vous déjà eu des rapports sexuels ?
oui □ non □
7. Age du premier rapport sexuel ? ………..
8. Avez-vous des rapports
8-0. hétérosexuels □
8-1. homosexuels □
9.
9-0. monopartenaire □
9-1. multipartenaire □
10. Actuellement, avez-vous des rapports sexuels ?
oui □ non □
La contraception est-elle un sujet qui vous intéresse ?
11. Personnellement oui □ non □
12. Professionnellement oui □ non □
13. Quel (quels) moyen(s) de contraception utilisez-vous ? (plusieurs réponses possibles)
13-0. □ aucun 13-1. □ pilule 13-2. □ préservatif masculin
13-3. □ stérilet 13-4. □ retrait 13-5. □ ne sait pas
13-6. □ autre (spermicide, cape, MAO, méthode Billings…)
précisez :………. ……………………………………………………........
14. Etes-vous satisfait(e), pour le moment, de ce choix ?
oui □ non □ sans opinion □
si non, pourquoi ?....................................................................................................
15. Si vous utilisez une contraception locale, y avez-vous recours ?
systématiquement □ la plupart du temps □
16. Si vous ou votre partenaire utilisez la pilule, y a-t-il des oublis ?
Jamais □ quelquefois □ régulièrement □ ne sait pas □
17. En cas d’absence de couverture contraceptive lors d’un rapport, utilisez vous la
contraception d’urgence :
à chaque fois□ quelquefois □ jamais □ ne sait pas □
18. Avez-vous, vous ou votre partenaire déjà été confronté à la situation d’une grossesse
involontaire ?
oui □ non □ ne sait pas □
19. Si oui, la grossesse a-t-elle été menée à terme ?
oui □ non □ ne sait pas □
151
Pour éviter une grossesse, deux attitudes sont possibles pour les couples :
1. Intervenir sur l’acte sexuel, sur le cycle féminin, sur la fertilité masculine ou féminine par des
techniques de contraception.
• Grâce à la contraception (contre la conception) proprement dite, qui empêche la rencontre des
spermatozoïdes et de l’ovule.
Ce sont :
- Méthodes locales (préservatifs masculins, féminins, cape cervicale, diaphragme, spermicide,
retrait)
- Méthodes hormonales (la plupart des pilules « contraceptives », implant, injection à effet
prolongé, patch, anneau vaginal)
- Stérilisation
2. Se connaître, pour ajuster son comportement et sa sexualité au rythme de la fertilité du couple selon son
désir ou non d’enfant, par des méthodes de connaissance de soi, ou « méthode naturelles ».
Ceci ne concerne que des couples hétérosexuels, stables, sans nécessité de prévention d’infections sexuellement
transmissibles.
[Link]
152
24. Les méthodes naturelles n’ont aucune contre-indication.
vrai □ faux □ , lesquelles ? ……………..
ne sait pas □
25. Les méthodes naturelles ont démontré leur utilité.
vrai □ faux □ ne sait pas □
Devant toute femme envisageant l’utilisation d’une méthode contraceptive, il est
recommandé au médecin, au même titre que des connaissances sur la fertilité et le cycle
physiologique de la reproduction:
26. - d’exposer les principes généraux des méthodes naturelles
vrai □ faux □ ne sait pas □
27. - de faire de même avec son partenaire
vrai □ faux □ ne sait pas □
28. Les méthodes naturelles sont des méthodes adaptées aux adolescentes.
vrai □ faux □ ne sait pas □
29. Avez-vous déjà été confronté à une patiente ou un couple vous demandant des conseils à
propos de méthodes naturelles de régulation des naissances ?
oui □ non □
Face à cette situation, vous semble-t-il envisageable de répondre à cette attente ?
30. Si oui, pourquoi ? 30-1. respect du choix du couple □
30-2. devoir d’informer □
30-3. autre : ……………………………………….
31. Si non, pourquoi ? 31-1. manque de connaissance sur le sujet □
31-2. manque de temps pour lui expliquer □
31-3. méthode non fiable □
31-4. autre: ……………………………………………
32. Connaissez-vous des personnes, organismes ou associations plus compétents dans ce
domaine, vers lesquels vous pourriez orienter ?
oui □ non □
si oui les quels ? ……….
33. Selon vous, est-ce le rôle du médecin généraliste d’accompagner ou d’orienter les couples
demandeurs de cette régulation naturelle des naissances ?
oui □ non □ ne sait pas □
34. Estimez-vous votre formation suffisante dans ce domaine ?
oui □ non □
35. Souhaiteriez-vous afin de mieux pouvoir en parler :
35-1. une information écrite □
35-2. une formation □
35-3. des coordonnées d’associations
ou d’organismes pour savoir à qui les adresser □
35-4. rien du tout □
36. Dans le cadre de la formation du jeudi après-midi, si un cours était dispensé à la fac sur ce
sujet : LA REGULATION NATURELLE DES NAISSANCES, y assisteriez-vous ?
oui □ non □
37. Souhaitez-vous faire des remarques concernant le sujet ?
……….
153
c) Résultats Statistiques
effectif pourcentage
féminin 126 75
masculin 43 25
nombre total de questionnaires 169 100
Répartition des personnes interrogées selon leur semestre d'internat de médecine générale
effectif pourcentage
1er semestre 45 27
2ème semestre 2 1
3ème semestre 37 22
4ème semestre 15 9
5ème semestre 58 33
6ème semestre 11 7
pas de réponse 1 1
nombre total de questionnaires 169 100
Àge moyen des personnes interrogées par semestre d'internat de médecine générale
effectif pourcentage
célibataire 60 36
vie maritale 56 33
marié 51 30
pas de réponse 2 1
nombre total de questionnaires 169 100
154
Répartition des personnes interrogées selon leur nombre d'enfants
effectif pourcentage
pas d'enfants 128 75
1 enfant 25 15
2 enfants 13 8
pas de réponse 3 2
nombre total de questionnaires 169 100
effectif pourcentage
femme enceinte 12 10
autre 114 90
nombre total de femmes 126 100
effectif pourcentage
oui 165 98
non 4 2
nombre total de questionnaires 169 100
Age du premier rapport sexuel chez les personnes interrogées ayant déjà eu des rapports sexuels
effectif pourcentage
13 ans 1 1
14 ans 6 4
15 ans 6 4
16 ans 18 11
17 ans 37 22
18 ans 24 14
19 ans 20 12
20 ans 16 9
21 ans 13 8
22 ans 8 5
23 ans 6 4
24 ans 5 3
27 ans 2 1
pas de réponse 3 2
nombre total de questionnaires
(ayant déjà eu des rapports
sexuels) 165 100
L’âge moyen du premier rapport sexuel chez les homosexuels était de 16, 33 ans.
155
Type de rapports sexuels (hétérosexuel ou homosexuel) chez les personnes interrogées ayant déjà
eu des rapports sexuels
effectif pourcentage
hétérosexuel 159 96
homosexuel 6 4
nombre total de questionnaires
(ayant déjà eu des rapports
sexuels) 165 100
effectif pourcentage
monopartenaire 157 95
multipartenaire 6 4
pas de réponse 2 1
nombre total de questionnaires
(ayant déjà eu des rapports
sexuels) 165 100
Répartition des personnes interrogées selon qu’ils ont ou non des rapports sexuels actuellement
effectif pourcentage
oui 151 89
non 17 10
pas de réponse 1 1
nombre total de questionnaires 169 100
Répartition par sexe des personnes interrogées portant ou non un intérêt personnel au sujet de la
contraception
Répartition par sexe des personnes interrogées portant ou non un intérêt professionnel au sujet de
la contraception
156
Utilisation ou non utilisation d’une contraception en fonction des sexes chez les personnes
interrogées ayant déjà eu des rapports sexuels
effectif
MAO 3
Billings 2
personna 1
Répartition des personnes interrogées ayant déjà eu des rapports sexuels selon la satisfaction ou
non de leur moyens de contraception, selon le sexe
Tire : Raisons évoquées de la non satisfaction par les non satisfait de leur moyen de
contraception
effectif
pas de réponse 2
contraignant (pilule, Billings) 9
pas agréable (préservatif) 5
effet secondaire (pilule) 4
pas assez fiable (préservatif, Billings) 2
157
Fréquence d’utilisation de la contraception locale chez les personnes utilisant au moins la
contraception locale comme moyen de contraception, en fonction du sexe
Fréquence d’oublis de la pilule chez les utilisatrices, en fonction du sexe de la personne répondant
au questionnaire
158
Proportion de personne ayant déjà été confrontées à une grossesse involontaire, chez les
personnes ayant déjà eu des rapports, en fonction de leur sexe
Répartition des personnes interrogées ayant ou non déjà entendu parler des méthodes naturelles
effectif pourcentage
oui 163 96
non 6 4
nombre total de questionnaires 169 100
Effectif de personnes interrogées connaissant les méthodes naturelles par leurs études
médicales selon les moyens par lesquels elles en ont entendu parler
effectif
cours 86
stage 11
revues médicales 1
cours - stage 36
cours - revues médicales 4
nombre total de questionnaires
(connaissant les méthodes
naturelles par leurs études
médicales) 138
159
Proportion de personnes interrogées connaissant les méthodes naturelles par leurs études
médicales par rapport à l'ensemble des personnes interrogées
effectif pourcentage
nombre total de questionnaires
(connaissant les méthodes
naturelles par leurs études
médicales) 138 82
nombre total de questionnaires 169 100
Effectif par sexe des personnes interrogées selon leur connaissance ou non des différentes
méthodes naturelles et selon leur opinion sur la fiabilité de ces méthodes
sexe : hommes
méthode
méthode méthode des méthode méthode de
d'ovulation
Ogino-Knaus températures MAO l'allaitement
Billings
oui 37 42 30 13 26
connaissance non 6 1 13 30 17
total 43 43 43 43 43
fiable 1 4 9 1 4
aléatoire 35 36 17 11 19
fiabilité
ne sait pas 7 3 17 31 20
total 43 43 43 43 43
sexe : femmes
méthode
méthode méthode des méthode méthode de
d'ovulation
Ogino-Knaus températures MAO l'allaitement
Billings
oui 120 123 97 41 81
non 6 3 29 85 45
connaissance
nombre total de
questionnaires 126 126 126 126 126
fiable 6 17 18 13 11
aléatoire 111 100 76 40 73
fiabilité
ne sait pas 9 9 32 73 42
total 126 126 126 126 126
160
Pourcentages des personnes interrogées selon leur connaissance ou non des différentes méthodes
naturelles et selon leur opinion sur la fiabilité de ces méthodes
méthode
méthode méthode des méthode méthode de
d'ovulation
Ogino-Knaus températures MAO l'allaitement
Billings
oui 93 98 75 32 63
non 7 2 25 68 37
connaissance
nombre total de
questionnaires 100 100 100 100 100
fiable 4 12 16 8 9
aléatoire 87 81 55 30 54
fiabilité ne sait pas 9 7 29 62 37
nombre total de
questionnaires 100 100 100 100 100
Répartition par année d'internat des personnes interrogées selon leur opinion sur le fait que les
méthodes naturelles n'ont aucune contre indication
Fréquence d'apparition des contre-indications aux méthodes naturelles citées par les personnes
interrogées
effectif
contre indication à la grossesse 30
sexualité à risque 11
cycles irréguliers 8
troubles de compréhension 6
couples non stables 3
adolescents 2
problème quotidient 2
pas de réponse 6
161
Répartition des personnes interrogées selon leur opinion sur l'utilité des méthodes naturelles, en
fonction de leur année d’internat
Répartition par année d’internat des personnes interrogées selon leur opinion sur l'importance
d'exposer les principes généraux des méthodes naturelles aux femmes
Répartition par années d’internat des personnes interrogées selon leur opinion sur l'importance
d'exposer les principes généraux des méthodes naturelles aux partenaires des femmes
Répartition par année d'internat des personnes interrogées selon leur opinion sur le fait que les
méthodes naturelles soient adaptées aux adolescentes
162
Répartition par année d'internat des personnes interrogées, selon qu’elles aient ou non déjà été
confronté à des personnes demandant des conseils sur les méthodes naturelles
T1 T2 T3 Ø réponse ensemble
♂ ♀ total ♂ ♀ total ♂ ♀ total ♂ ♀ ♂ ♀ total
nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre %
oui 1 6 7 2 4 6 4 18 22 0 0 7 28 35 21
non 12 26 38 8 25 33 16 46 62 0 1 36 98 134 79
total 13 32 45 10 29 39 20 64 84 0 1 43 126 169 100
Répartition des personnes interrogées selon qu’ils leur semble envisageable de répondre ou non aux
attentes des demandeurs de conseils sur les méthodes naturelles
effectif pourcentage
oui (seul) 117 69
non (seul) 36 21
oui et non 11 7
pas de réponse 5 3
nombre total de questionnaires 169 100
Fréquence d'apparition des raisons pour lesquelles il semble envisageable aux personnes
interrogées de répondre aux attentes des demandeurs de conseils sur les méthodes naturelles
effectif
respect 90
devoir d'informer 112
conviction personnelle 4
méthode non fiable 21
Fréquence d'apparition des raisons pour lesquelles il ne semble pas envisageable aux personnes
interrogées de répondre aux attentes des demandeurs de conseils sur les méthodes naturelles
effectif
manque de connaissance 29
manque de temps 3
méthode non fiable 26
Répartition des personnes interrogées en fonction de la réponse à la question sur leur connaissance
ou non des personnes, organismes ou associations compétents dans le domaine des méthodes
naturelles
effectif pourcentage
oui 45 27
non 123 72
pas de réponse 1 1
nombre total de questionnaires 169 100
163
Fréquence d'apparition des personnes, organismes ou associations connus des personnes
interrogées et cités comme étant compétents dans le domaine des méthodes naturelles
effectif
pas de réponse 1
plannification familiale 15
gynéco 13
PMI 11
Cler 7
Billings 6
paroisse 2
internet 1
AFC 1
association ogino 1
crips 1
T1 T2 T3 Ø réponse Ensemble
♂ ♀ total ♂ ♀ total ♂ ♀ total ♂ ♀ ♂ ♀ total
nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre %
oui 12 23 35 7 21 28 14 41 55 0 1 33 86 119 71
non 1 4 5 3 6 9 1 14 15 0 0 5 24 29 17
ne sait pas 0 5 5 0 2 2 5 9 14 0 0 5 16 21 12
total 13 32 45 10 29 39 20 64 84 0 1 43 126 169 100
Opinion des personnes interrogées sur le fait que la formation soit suffisante dans le domaine des
méthodes naturelles de régulation des naissances, en fonction de l’année d'internat des personnes
interrogées
T1 T2 T3 Ø réponse ensemble
effectif % effectif % effectif % effectif % effectif %
oui 10 22 7 18 14 17 1 100 32 19
non 34 76 32 82 70 83 0 0 136 80
pas de réponse 1 2 0 0 0 0 0 0 1 1
total 45 100 39 100 84 100 1 100 169 100
164
Souhaits vis-à-vis des méthodes naturelles, en fonction de l’année d'internat et du sexe des
personnes interrogées
T1 T2 T3 Ø réponse ensemble
♂ ♀ total ♂ ♀ total ♂ ♀ total ♂ ♀ ♂ ♀ total
nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre %
nombre de
questionnaires ayant
au moins un souhait
vis-à-vis des méthodes
naturelles (modalités
autres que "rien du
tout") 13 30 43 8 26 34 16 52 68 0 1 37 109 146 86
nombre de
questionnaires n'ayant
aucun souhait vis-à-
vis des méthodes
naturelles (modalité
"rien du tout") 0 2 2 1 3 4 3 9 12 0 0 4 14 18 11
pas de réponse 0 0 0 1 0 1 1 3 4 0 0 2 3 5 3
nombre total de questionnaires
13 32 45 10 29 39 20 64 84 0 1 43 126 169 100
Fréquence d'apparition des types de souhaits vis-à-vis des méthodes naturelles des personnes
interrogées ayant au moins un souhait vis-à-vis des méthodes naturelles, en fonction, de l’année
d'internat et du sexe de la personne interrogée
T1 T2 T3 Ø réponse ensemble
♂ ♀ total ♂ ♀ total ♂ ♀ total ♂ ♀ ♂ ♀ total
nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre
information écrite 10 20 30 3 21 24 9 35 44 0 1 22 77 99
formation 5 9 14 1 6 7 6 18 24 0 0 12 33 45
coordonnées 4 16 20 4 11 15 6 32 38 0 1 14 60 74
Intérêt ou non pour un cours supplémentaire sur le sujet de la régulation naturelle des naissances
en fonction de l’année d'internat et du sexe de la personne interrogée
T1 T2 T3 Ø réponse ensemble
♂ ♀ total ♂ ♀ total ♂ ♀ total ♂ ♀ ♂ ♀ total %
nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre nbre %
oui 9 26 35 8 20 28 16 53 69 0 0 33 99 132 78
non 4 6 10 2 9 11 4 9 13 0 1 10 25 35 21
pas de réponse 0 0 0 0 0 0 0 2 2 0 0 0 2 2 1
total 13 32 45 10 29 39 20 64 84 0 1 43 126 169 100
165
Répartition des personnes interrogées ayant ou non fait des commentaires
effectif pourcentage
oui 66 39
non 103 61
nombre total de questionnaires 169 100
Nombre de fois ou un sujet a été évoqué dans les commentaires par ordre croissant
effectif
contraception 6
médecin généraliste 7
enseignement 9
questionnaire 18
peu fiable 18
bon courage 19
méthodes naturelles 21
166
d) Remarques
Le présent paragraphe reproduit en intégralité les remarques des internes,
jointes aux questionnaires.
167
À propos des médecins généralistes :
« Plus qu’aléatoire ! Pas fiable ! » (cf. question 23) « Vive le baby boom ! (cf.
question 23-1 sur Ogino) » « Si une grossesse pose un vrai problème (risque d’IVG) :
conseiller une méthode plus fiable. » « Au XXIème siècle, comment des médecins
peuvent ils encore conseiller ce genre de méthodes ? N’y a-t-il pas assez de
grossesses non voulues et d’IVG !! » « Faire croire au patient que cela peut marcher,
ce n'est pas honnête. » « Il a été prouvé, reprouvé et rereprouvé que les méthodes
de contraception naturelle ne sont pas fiables. Orienter un couple vers ces
méthodes de contraception me paraît au mieux inutile, au pire criminel. Je
169
n’appuierais la démarche d’un couple dans ce sens que si je n’ai aucun autre choix
(par exemple en cas de refus catégorique de toute autre contraception). » « Je n’en
aurais pas envie [d’orienter vers des organismes compétents]. Je trouve cela
dangereux. Je travaille en ce moment dans un centre d'IVG, 200 000/an, la plupart à
la suite de méthodes naturelles (Ogino surtout). » « Et il faut noter que ces méthodes
sont très peu fiables et que les centres d’IVG sont remplies de femmes qui utilisent
des méthodes dites "naturelles". » «Intérêt en santé publique ? Risque de grossesse
non désirée. »
« Puisque même les méthodes non naturelles ne sont pas fiables à 100 %,
cela ne pose-t’il pas un problème éthique d'exposer des jeunes femmes/jeunes
couples à des risques de grossesses non désirées ? (Précarité sociale,
avortement) ? » « Je ne pense pas qu'il soit très éthique de proposer les méthodes
naturelles car elles ont une efficacité nettement inférieure aux méthodes
traditionnelles. » « Méthodes naturelles : peu fiables ; indiquées en cas de non accès
à d’autres méthodes plus efficaces. »
« Tout le monde connaît çà, non ? » (cf. question 21) « Je connais mais ce
n’est pas du tout une méthode de contraception ; pourquoi pas aménorrhée de
l’anorexie ??? » (cf. question 22.5 relative à la MAMA) « Le recours à ces méthodes
ne me semble pas fréquent. » « Méthodes indiquées à un très petit nombre de
couple du fait de l’attention qu’elle demande et manquant de spontanéité. (Tue
l’amour ?) » « Elles peuvent être proposées par période, en alternance avec des
moyens locaux mais pas en contraception exclusive sur le très long terme. » « Ces
méthodes peuvent venir en complément d’une contraception orale ou mécanique. »
« Elles ont l’avantage d'exister quand il existe une contre-indication médicale
ou religieuse à une contraception. » « Elles permettent aux femmes de comprendre
leur cycle, d’éviter tout angoisse en cas d'oubli de contraceptif »; « de lutter contre
l'hypofertilité. » « Elles permettent aux femmes de mieux se connaître et peuvent
aussi aider le jour où elles veulent un enfant. »
« Je me demande souvent si la MAO est fiable dans le cadre de rythme
désorganisé (garde de nuit)? » « Quel est l’indice de Pearl de ces méthodes ? »
« L’indice de Pearl est trop dépendant de la femme et du couple, de la formation
170
reçue. » « Dans une société où on n'a pas le droit à l'erreur ces méthodes sont-
elles adaptées? » « La fiabilité n’est pas un critère : la pilule est-elle fiable chez une
fille qui l’oublie régulièrement ? Les méthodes de contraception naturelle sont-elles
fiables chez une femme ayant des rapports avec un seul partenaire sans
dysovulation ? » « Un certain nombre de conditions sont nécessaires pour espérer
un efficacité.» « Elles sont fiables sous réserve d'une bonne réalisation. » « Fiable
sous réserve d’une très bonne réalisation. » (cf. question 22-3 et 22-5 relatives à
la méthode Billings et la MAO) « Fiable après une phase d’apprentissage et si très
bien utilisée. (cf. Billings) » « Fiable sous certaines conditions. (cf. MAMA) »
« Je pense que ces méthodes ne sont utilisables que dans des situations où il
n y a pas un réel besoin d’absence de grossesse ; il faut que le partenaire masculin
soit particulièrement impliqué sur ce sujet, et je pense qu’il ne s’agit pas d’un
progrès pour la libération de la femme puisque ces méthodes sont contraignantes et
peu adaptées à une activité professionnelle. » « Méthode contraignante ; nécessité
d’une sexualité stable (même partenaire) » « C’est pour des couples
stables. »« Elles ne sont pas faciles à comprendre par toute la population. » « Elles
sont contraignantes si uniquement à visée contraceptive car nécessitent une
formation, de longues périodes d'abstinence, le suivi de règles strictes, et une
véritable communication dans le couple. »
« Elles ont l’avantage de ne pas avoir de contre-indication formelle. »
Encouragements :
171
e) Document de l’Organisation Mondiale de
la Santé
Les tableaux qui suivent synthétisent les méthodes naturelles et les
recommandations de l’OMS qui les concernent en fonction des moments de la vie et
des situations particulières.
173
f) Organismes enseignant la PFN
En France :
01 48 74 87 60
[Link]
01 30 41 89 97
[Link]
01 39 58 45 84
[Link]
174
Coordonnées permettant de trouver des conseillère la méthode Billings ou
sympto-thermique dans le monde :
Amérique du nord :
Canada
[Link]
États-Unis
[Link]
[Link]
[Link]
[Link] (Cincinnati)
[Link] (Oregon)
[Link] (Virginia)
info@[Link]
Amérique Latine :
Paraguay
denacer@[Link]
Afrique :
Bénin
chabiakim@[Link]
Tchad
sjudithmaria@[Link]
Togo
[Link]
mletchiko@[Link]
Australie/Nouvelle Zélande :
Australie
[Link]
pandllane@[Link]
[Link]
Asie:
175
Chine
[Link]
Europe:
Autriche
[Link]
[Link]
Belgique
[Link]
France
[Link]
Allemagne
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]@[Link]
Italie
[Link]
[Link]
[Link]@[Link]
Hollande
[Link]
Espagne
acodiplan@[Link]
Suisse
[Link]
[Link]@[Link]
[Link]
[Link]@[Link]
Royaume Uni
[Link]
D’autres associations non encore citées œuvrent également pour l’éducation
dans le domaine de la planification familiale et de la médecine de la reproduction.
176
Elles font la promotion de l’une ou l’autre des méthodes en s’adaptant à la population
de chaque pays.
177
g) Le CycloShow
Un jeu de rôle pas comme les autres
La prise de conscience de son propre corps ainsi que le jugement que la fille
porte sur elle-même, sont deux facteurs qui influent grandement sur sa future bonne
ou mauvaise estime de soi. S'affirmer en tant que jeune fille pendant la puberté, et
vivre de manière constructive les changements corporels durant cette période, fait
partie du développement élémentaire de chaque femme. Mais le départ positif dans
la vie de femme dépend beaucoup de la manière dont elle a été informée sur ces
changements, de la manière aussi de réagir. Une bonne initiation modifie
énormément l'attitude qu'aura la femme face à son cycle menstruel et à sa sexualité.
178
En quoi consistent les ateliers d'une journée autour du CycloShow ?
Devenue célèbre en Allemagne par son best-seller « Was ist los in meinem
Körper ? » (Ed. Weltbild) – ouvrage qui sera prochainement édité en français sous le
titre « À la recherche codes secrets de mon corps » –, le Docteur Elisabeth Raith-
Paula a développé une sorte de jeu de rôle autour du cycle féminin. Les jeunes filles
entre 9 et 15 ans sont réunies autour de l’appareil reproducteur de l’abdomen de la
femme, de taille géante et modélisé en tissu de couleur. Il est disposé au sol au
centre d'une pièce formant ainsi la « scène de la vie » autour de laquelle se groupent
les participantes, assises sur des coussins. Elles participent à un jeu de rôles
interactif au cours duquel elles incarnent les actrices du déroulement de leur cycle
menstruel et apprennent à comprendre les profondes modifications qu’elles vivent
pendant l’adolescence. Les étapes de la fécondation, du développement du fœtus
jusqu’à la naissance sont également abordées avec à la fois réalisme, naturel et
poésie. Un véritable voyage à l’intérieur du corps féminin dont l’approche surprendra
et séduira petits et grands.
Les spectateurs découvrent alors la scène de la vie sur laquelle chaque partie
organique reçoit une appellation théâtrale. Dans cette pièce magistrale qu'est le
cycle, orchestré par « les metteurs en scène », le cerveau et l'hypophyse, l'utérus
devient ainsi « l'auberge tout confort », les trompes de Fallope « le lieu du grand
rendez-vous », la glaire cervicale « l'élixir de vie ».
Le but principal de l'atelier est de parler aux émotions et aux sens. Une
attitude constructive envers son corps est ainsi favorisée. Le thème est développé
non pas théoriquement, souvent par des raccourcis qui voilent l'essentiel, mais de
manière tangible et interactive, avec amour et le temps qu'il faut. Les jeunes filles
doivent sentir : « Ce qui se passe en moi, ça vaut vraiment la peine qu'on en parle ».
La jeune fille peut alors s'approprier le plus tôt possible les phénomènes
entourant la menstruation et sa fertilité. Ainsi, elle se sentira à l'aise dans son corps
féminin et elle sera plus consciente et plus responsable de sa sexualité et de sa
capacité de donner la vie.
180
RÉFÉRENCES
BIBLIOGRAPHIQUES
181
1 Serfaty D. Contraception, éd Masson, 2002 : 4-17.
11 « Six jours fertiles par cycle » Rev Prescrire 1997 ; 17 (172) : 291-292
15 Sinai I, Arevalo M. It’s all in the timing: coital frequency and fertlity awareness-
based methods of family plannings. J Biosoc Sci. 2006 Nov;38(6):763-77.
16 Colombo B, Masarotto G. Daily fecondability: First Result from a new data base.
Demogr Res. 2000 Sep 6; 3:[39] p.
183
23 McCarthy JJ, Rockette HE. A comparison of methods to interpret the body basal
temperature graph. Fertil Steril 1983; 39:640-6.
28 Hilgers TW, Bailey AJ. Natural family planning. II. Basal body temperature and
estmated time of ovulation. Obstet Gynecol 1980; 55:333-9.
29 Gross BA. Natural family planning indicators of ovulation. Clin Reprod Fertil. 1987
Jun;5(3):91-117.
184
32 Menarguez M, Pastor LM, Odeblad E. Morphological characterization of different
human cervical mucus types using light and scanning electron microscopy. Hum
Reprod. 2003 Sep;18(9):1782-9.
33 Moghissi KS. Cervical mucus changes and ovulation prediction and detection. J
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191
TITLE
Survey of general medicine interns: knowledge, interest in the topic, teaching at the
faculty and place in a medical consultation.
SUMMARY
Goals: The goal of this thesis is to assess the current state of Natural Family
Planning and to raise awareness about it among general medicine interns.
Study: An anonymous questionnaire was sent in January 2006 to 257 interns of the
faculty of Paris V.
Results: The response rate was 66%. 93% of interns say they are interested by the
topic of contraception. Organizations (CLER and/or Billings association) teaching the
methods were quoted by only 5% of the interns. 80% consider their training in this
field as insufficient.
Conclusion: Future general practitioners, on the frontline of health issues, have a
very poor knowledge of natural methods of birth control. The only message
memorized from the teachings of their peers is the lack of reliability of obsolete
methods. Curricula of the faculties of medicine should be updated to include modern
methods based on scientific discoveries, such as the Billings Ovulation Method, the
Symptothermic Method, and the Lactational Amenorrhea Method. These methods,
recognized by the WHO, should be included in the options offered to women.
Thanks to the consideration of the patient as a whole, the family practitioner is able to
offer an advanced personalization of contraception. A thorough knowledge of natural
methods can allow him/her to identify patients who use them poorly, and to advise
and direct them. Thanks to the cervical mucus, its feel and aspect, women can easily
identify the time they are fertile during their cycle. This knowledge of their
body enables them to regain control of their fertility, and of their sexuality.
Informing, educating as early as adolescence on the physiology of the female cycle
according to the basics of Natural Family Planning could support comprehension,
respect and self-control, encouraging responsible behaviors.
192
RÉSUMÉ
Objectifs : Le but de cette thèse est de faire le point sur la planification familiale
naturelle (PFN) et d’y sensibiliser les internes de médecine générale.
Etude : Un questionnaire anonyme a été envoyé en janvier 2006 aux 257 internes de
la faculté de Paris 5.
Résultats : Le taux de réponse est de 66 %. Les internes sont intéressés à 93 % par
le sujet de la contraception. Les organismes (CLER et/ou l’association Billings)
enseignant les méthodes naturelles ont été cités par seulement 5 % des internes.
Les internes sont 80 % à estimer insuffisante leur formation dans ce domaine.
Conclusion : Les futurs médecins généralistes, médecins de premier recours,
connaissent très mal les méthodes naturelles de régulation des naissances. Le seul
message retenu de l‘enseignement par leurs pairs concerne la non fiabilité de
méthodes obsolètes. L’enseignement à la faculté est à mettre à jour pour y intégrer
les méthodes modernes basées sur des découvertes scientifiques, en particulier la
méthode Billings, la méthode sympto-thermique ou MAO, et la Méthode de
l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée ou MAMA. Ces méthodes reconnues par
l’OMS doivent faire partie du choix proposé aux femmes. Grâce à une prise en
charge du patient dans sa globalité, le médecin de famille est à même de proposer
une personnalisation poussée de la contraception. Maîtriser les méthodes naturelles
peut lui permettre de repérer les patients qui les utilisent mal, les conseiller, les
orienter. Grâce à la glaire cervicale, sa sensation à la vulve et son aspect, les
femmes peuvent facilement identifier leur période fertile. Cette connaissance de leur
corps leur permet de se réapproprier la maîtrise de leur fécondité, de leur sexualité.
Informer, éduquer dès l’adolescence sur la physiologie du cycle féminin d’après les
bases de la Planification Familiale Naturelle pourrait favoriser la compréhension, le
respect et le contrôle de soi, incitant à des comportements responsables.
DISCIPLINE
Médecine Générale
MOTS CLEFS
Médecine générale, Contraception, Planification Familiale Naturelle,
Méthode Sympto-thermique, Méthode Billings, Méthode de l’Allaitement Maternel et
de l’Aménorrhée
193