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UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU BURKINA FASO

-=-=-=w=- LA PATRIE OU LA MORT


Facultés des Langues, des lettres NOUS VAINCRONS !
des Arts, des Sciences Humaines
et Sociales (FLASHS)

Departement GEOGRAPHIE
de
Option URBAINE

MEMOIRE DE MAÎTRISE
Thème :

L’ENVIRONNEMENT URBAIN DE BAMAKO

Présenté et soutenu par :


SIDIKI SIDIBE

Année Universitaire Sous la direction de :


1992 - 1993 Mme Marie-Michelle OUEDRAOGO
Docteur d'Etat
.--. ._I- .-^ ._.“-_. . - ._.__.-.-- . ..- .-

Dédicace

Au commandant d’armb SIAKA SANGAFW je dedie absolument


cette modeste oeuvre.
Que cet homme exemplaire, généreux et honnête trouve ici,
l'expression de mon profond sentiment de reconnaissance pour les
sacrifices combien inédits qu'il a consentis pour diversifier et
renforcer mes chances de réussite dans la vie.
Qu'il soit, sans aucun doute, rassuré et convaincu de
l'éternité de ses illustres oeuvres d'assistance dans ma mémoire et
de ma ferme volonté de les fructifier au service de l'humanité et
notamment de la fraternité qui lui est particulierement ch&re.
-l-

SOMMAIRE

REMERCIEMENTS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
RESUME .......................... . a
AVANT-PROPOS ...................... . 9
INTRODUCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
PREMIERE PARTIE : LES ENJEUX ECOLOGIQUES DU CADRE PHYSIQUE 16
CHAPITRE 1 : LES CONTRAINTES NATURELLES DU MILIEU PHYSIQUE. 16
1 - UN SITE FTUVIAL À 1,'ESPACE LIMITE ........... 16
II - &,ES CARACTERISTIQUES GEOMORPHOLOGIOUES ........ 16

A) Une tonocranhie neu favorable ........... 16


B) $ es mations
aéolosiaues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
111 - LES EFFETS DU CLIMAT SUR L'ECOLOGIE URBAINE . . . . . 20
A - La saison sèche et ses intempéries . . . . . . . . 20
B- Une saison des pluies violentes . . . . . . . . . 21

IV - JeES COURS D'EAU URBAINS : UN FACTEUR PREPONDERANT DE


L'ÉCOLOGIE URBAINE DE BAMAKO ............... 23

A) Les mariaots ................... 23

B) Le fleuve Niuer .................. 27

CHAPITRE 2 : UNE VEGETATION TRANSFORMEE PAR L'HOMME . . . . 42

I- LA SITUATION ACTUELLE DU "GRAND DOMAINE FORESTIER


PERI-URBAIN DE BAMAKO" . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42

A) Les facteurs nrobables du nhénomene . . . . . . . . 43


B) Les réserves naturelles néri-urbaines de Bamako . . 48
-2-
11 - LES ESPACES VERTS : UN DOMAINE PREOCCUPANT . . . . . . 50

A) Situation actuelle des espaces verts . . . . . . . 51


.
W Inventaire des esDaces verts de Bamgbp . . . l . . 52
C) L'homme et l'arbre & Bamako . ..*........ 58
D) La oolitiuue actuelle des esoaces verts dans
lomération de Bamako . . . . . . . . . . . . . . . . . 59

E) gona
es c ' s es . . 61

DEUXIEME PARTIE : DES CONDITIONS SOCIO-ECONOMIQUES


INADEQUATES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65

CHAPITRE 3 : UN CONTEXTE SOCIO-DEMOGRAPHIQUE DEFAVORABLE . 65

I- UNE SITUATION SOCIALE DIFFICILE . . . . . . . . . . . . 65


A) Des DoDulations aux movens très limités . . . . . . 65
B) L'analnhabétisme : un facteur imnortant de la
crise écoloaiaue urbaine de Bamako . . . . . . . . . . . . 68
C) Le tissu social et son fonctionnement, un
facteur non néuliaeable de la crise urbaine . . . . . . . . 69

II - UNE DEMOGRAPHIE GALOPANTE . . . . . . . . . . . . . . 70

A) Les caractères démoaranhiaues . . . . . . . . . . . 70


B) Structure démographique . . . . . . . . . . . . . . 76
C) Projection démosraohiaue urbaine de Bamako . . . . 76

III - LES CARACTERISTIOUES DE L'HABITAT URBAIN À BAMAKO . . 78


A) Une forte demande de olus en olus croissante . . . 78
B) Les conditions d'obtention de l'habitat h Bamako . 79
-3-
C) Le rythme d'extension des occupations illicites . . 88
D) CQ
e ' . . . . . . . . . . 82
.
El Ljt aualité d el'habitat.............. 88

CHAPITRE 4 : LES INCIDENCES ECOLOGIQUES DES ACTIVITES


ECONOMIQUES URBAINBA BAMAKO . . . . . . . . . . . . . . . 96
I- LES INDUSTRIES : ACTIVITES ET IMPACTS . . . . . . . . 96

A) Des sites industriels mal localisés . . . . . . . . 96


B) Les autres formes de la oollution industrielu . . 99

II - LE COMMERCEET L'ARTISANAT : DES SOURCES DE POLLUTION 101

A) Les activites artisanales . . . . . . . . . . . . . 101


B) Les activités commerciales : l'insalubrité
des marchés urbains de Bamako . . . . . . . . . . . . . . . 102

III - DES ACTIVITES RURALES EN VILLE : L'AGRICULTURE ET


L'ELEVAGE......................... 106

A) Une agriculture dominée par le marafchage . . . . . 106


B) La nrésence de l'élevaae dans l'écoloaie urbaine de
Bamako.......................... 109
-4-

TROISIÈME PARTIE : ETUDE DE CAS .............. 114


PREMIER CAS : LES ORDURESMENAGÈRES A BAMAKO ....... 115
I- COLLECTE, MISE EN DEPÔTS ET ELIMINATION DES DECHETS . . 115

A) Quantité et comnosition des déchets solides . . . . 115


B) çpllecte et 41i.@natw . des ordures à Bamako . . . 116
C) L'&at des decharaes et des dénUts de transit . . . 119

II - LES DISPOSITIONS ACTUELIZS POUR LA GESTION DES ORDURES 124

A) Etude des STD IServices Technioues du District) . . 124


B) Les associations ou arounements de ieunes dinlômés 128
L'imriact des ONG sur l'environnement de la ville de
Bamakt) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
D - &es nersnectives et les recommandations dans
le cadre de la aestion des déchets . . . . . . . . . . . . 131

DEUXIÈME CAS : LES CONDITIONS D'APPROVISIONNEMENT EN


EAU ET LES CONTRAINTES ECOLOGIQUES LIEES A L'EVACUATION
DES EAUX USEES ET PLWIALES . . . . . . . . . . . . . . . . 137
1 - LES CONDITIONS D'APPROVISIONNEMENT ET LES MODES
D'USAGE SELON LES TYPES DE QUARTIERS . . . . . . . . . . . 139
A) Les sources d'aDDrOViSiOnneIKMIt en eau ...... 139
B) L'actes a l'eau Dotable .............. 140

II - PROBLEMATIQUE DE L'EVACUATION DES EAUX USEES ET


PLWIALES : LES ASPECTS DE LA POLLUTION URBAINE
D'ORIGINE HYDRIQUE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
A) Un réseau vétuste, insuffisant et déDassé . . . . . 145
B) Evacuation des eaux usées . . . . . . . . . . . . . 150
C) Svsteme de vidanse des fosses sentiaues et latrines 150
-5-
111 - LA POLLUTION DES BAUX SOUTERRAINES DB LA VILLE DB
BAMAKO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153

A) La Pollution chimique de la nappe nhreaticrue . . . 154

B) La Pollution bacteriolosioue des eaux souterraines


deBamako..+............,...,..... 158

IV -*L'EAU BT LA SANTE DES CITADINS A BAMAKO . . . . . . . 163

V - Recommandations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165

A) Mise à jour du r4seau de drainacre des eaux pluviales


etusees . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166

B) Evacuation des eaux usees . . . . . . . . . . . . . . . 166

C) Construction des Duisards et des latrines . . . . . . . 167

D - Traitement des eaux de consommation courante . . . . . 169

CONCLUSION GENERALE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172

ANNEXE 1 : TABLEAUX COMPLEMENTAIRES . . . . . . . . . . . . 175


ANNEXE II : EVOLUTION SPATIALE DB LA VILLE DB BAMAKO, QUELQUBS
FIGURES D'IILLUSTRATION . . . . . . . . . . . 181
ANNEXE III : LES FICHES D'BNQUBTBS UTILISEES . . . . . . . 185
ANNEXE IV : LES TABLES DES FIGURES BT DES PLANCHES . . . . 192
BIBLIOGRAPHIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193
-69

.
merclem

De la conception h la réalisation de ce mémoire, l'assistance


pédagogique, morale et matérielle de la part de nombreuses
personnes a ét(s considérable.
En foi de quoi nous remercions très sinc&rement :
Mme Marie-Michelle OUEDRAOGO gui a dirige ce travail avec
&&nit&, sinc&it&, sympathie et un soutien matériel fort
appréciable.
Les professeurs de l'option urbaine du département de ghographie
pour avoir conduit mes premiers pas dans la recherche.
Tous les professeurs du département de géographie pour la gualite
de la formation qu'ils m'ont dispensée et la sympathie particulière
dont certains m'ont couramment manifestee.
Mme Perpétue YAMEOGO, gui en depit des nombreuses contraintes gui
i'indisposaient, a accepte et assure avec enthousiasme, la
dactylographie de ce document relativement volumineux.
. Tout le personnel de 1'UERD pour leur solidarité multiforme.
Mme Nonguierma, Mme Zerbo Kady pour la solidarité agissante
&'elles m'ont toujours démontrée.
Les amis Lamoussa Diarra, Théodore Sogoba, Mamboné Ousmane et
Adama Sanogo pour leur haute contribution h mon SU~C&S.
. Adboulaye Deyoko pour ses conseils et apports divers.
Loin de Ouagadougou,
mes remerciements vont à l'endroit de :
Mme le Gouverneur de Bamako pour m'avoir accordé avec les moyens
nécessaires, un stage dans les services urbains du district et
m'avoir prêté sa disponibilité.
Tout le personnel des services urbains du district gui ont
largement contribué au succes du stage.
-7-

Les amis Mamadou Doumbia dit Nevada Directeur de la BUPE et Yaya


iangar6 (imprimerie Jamana) pour le travail de qualith qu'ils ont
sépar6ment accompli au service de ce memoire.

Nouman Diakité pour sa profonde conviction dans la solidarith


iraternelle et sa contribution matérielle a ce travail.
Enfin, je m'excuse auprès de g&&euses personnes, amies,
fr&res, soeurs, promotionnaires dont les noms ne figurent pas ici,
mais gui de près ou de loin, matériellement ou moralement ont
toujours rhpondu favorablement a toutes mes sollicitations pour
rhssir ce travail.
-8-

Bamako, village situé sur la rive gauche du fleuve Niger en


1883, devenu capitale du soudan français pendant la colonisation,
puis de la Hpublique du Mali depuis 1960, a connu depuis lors une
bvolution sans precédent.
La ville vit sa population croftre h une allure inattendue et
sa superficie défier toutes les previsions en s'etendant désormais
sur toutes les deux rives du fleuve.
Bamako entra des lors dans une logique de croissance
contrastant avec ses moyens modestes et la faiblesse de la
planification urbaine. Quartiers tramés non assainis, quartiers
spontanés, activités économiques polluantes non réglementees,
insuffisance voire absence de structures et d'infrastructures
fiables, conditions socio-économiques difficiles des populations,
tels sont entre autres les résultantes déplorables d'une
urbanisation non maftrisée. Ainsi, la ville de Bamako paye depuis
deux decennies le tribut écologique des faits et attitudes de ses
habitants.
Ce défi exige de tous (autorités et populations) de gros
efforts pour harmoniser et rédynamiser les instituions en cause,
eduquer, organiser et responsabiliser les communautés urbaines ,
moraliser la vie publique et enfin mobiliser toutes les ressources
disponibles indispensables. Seule condition de salut pour Bamako,
afin qu'elle puisse devenir un veritable p61e de dWeloppement
national.
plots cl&
Mali, Bamako, Environnement urbain, habitat, pollution, Gconomie
urbaine.
- 9 -

L'étude de l'environnement urbain de Bamako, s'est faite par


une analyse des probl&mes qui ont chacun une incidence directe ou
indirecte sur 1'Bvolution de la ville. C'est ainsi que nous avons
Btudi6 la dynamique des interactions entre ces phénomènes.
En effet, le travail de recherche a n&zessit& une période
d'observation assez longue rapartie en 3 grandes phases
- de janvier a decembre 1991 : pendant cette periode, nous
avons réflechf et conçu le thème. Ensuite, nous avons proc6d4
h des observations multiformes de l'ensemble des r0alitGs
urbaines. C'est ainsi qu'il a 6th s6lectionn6 des zones oil une
prGengu8te a &té effectuee. Cette opkation a consiste a des
petites questions assorties des conversations relatives aux
problèmes et objectifs qui consacrent notre travail.
Parallèlement, la recherche bibliographique était en cours et
devrait se poursuivre jusqu'h la fin de la 2ème phase.
- du 6 fevrier au 6 mai se sont déroulis le stage pratique et
l'enquete proprement dite aupri%s des groupes cibles.
Le stage s'est effectué dans les services techniques urbains
relevant de l'autorité du gouvernorat du District de Bamako. Le
calendrier du stage était établi et exécuté de la manière suivante:
15 jours h la DRUC (Direction Régionale de l'urbanisme et de la
Construction).
15 jours 2A la DRCT (Direction Régionale de la Cartographie et de
ia Topographie).
. 15 jours a la DSWA (Direction des Services Urbains de voirie et
d'Assainissement).
10 jours h la DRHPA (Direction Régionale de l'iiygiène Publique et
de l'Assainissement).
6 jours B la BUPE (Brigade Urbaine pour la Protection de
ifEnvironnement).
. 6 jours a la DREF (Direction Régionale des Eaux et Forets).
. 10 jours a la Cellule Technique.
D'autres services ont été largement mis h contribution pour la
collecte des donnees. Il s'agit de :
*la Direction Nationale de l'Environnement,
*la Direction de la météorologie.
- 10 -
*L'EN1 (1'Ecole Nationale des Ingénieurs).
*la Direction Nationale de l'urbanisme et de la Construction
*la Direction des affaires sociales.
*la Direction Nationale de l'informatique et de la Statistique
(DNSI).
l la Direction Nationale de 1'Hydraulique.
Le stage dans ces services a permis un contact direct avec les
grands acteurs de l'environnement urbain : directeurs de services
centraux, spécialistes. Dans certains services tels que la DSWA et
la DBHPA, nous avons effectue des sorties de terrain avec des
ouvriers, des chefs d'équipes (DSWA) et un contreleur sanitaire
(DRHPA).
Parallèlement, les enquetes se déroulaient sur le terrain ..
A cet effet nous avons eu recours a des enqueteurs. Les enquateurs
Otaient répartis en groupes de 4 a 5 personnes suivant leur lieu de
résidence dans les zones cibles.
Les questionnaires de l'enquate portaient sur des thèmes
variés.
1) L’enaete sur la 12Qdu
Elle a port& sur des échantillons suivants :
60 personnes dans 20 familles reparties dans 4 quartiers de
villas (Badala fleuve 2000 habitants 335 ménages, Quartier SEMA
4500 habitant et 750 ménages, quartier-Mali 10 000 hbt, et 1667
ménages et l'hippodrome avec 4500 hbt, 742 ménages) soit un
échantillon de 1/70e, des ménages. Ces quartiers présentent des
problames écologiques moindres que ceux des quartiers populaires,
ce qui explique la taille de l'échantillon choisi.

;populairesl@
180 personnestramés
dans (Hamdallaye
120 familles 27réparties
000 hb, entre
3 0003 quartiers
ménages)
Lafiabougou (54 000 hb et 6000 ménages), centre commercial 8000 hbt
et 889 ménages) soit un échantillon portant sur 1/80" des ménages
de ces quartiers.
. 118 personnes interrogées dans 89 familles sises dans 3 quartiers
tramés anciens (quartiers traditionnels) :(Bozola 10 000 avec 1 111
ménages ; Niarela-sud 5 500 habitants, 612 ménages, et Dravela 5500
habitants et 890 ménages) soit un échantillon pris au 1/30° des
ménages de ces zones.
150 personnes dans 120 familles réparties dans 4 quartiers
ipontanbs (Bakarybougou 4 000 hb et 445 ménages, Missabougou 6000
hb, 665 mgnages, Djicoroni-Para 17 000 hb et 1 889 ménages et
Magnambougou avec 13 000 hb et 1 445 ménages) soit un échantillon
portant sur 1/37' des ménages de ces quartiers.
- 11 -

2) L’en-et= sur la consomation


Elle a concerné les échantillons suivants :
710 ménages et 20 blanchisseurs dans les 3 quartiers trames
traditionnels ci-dessus cités, soit 1/37O des menages rdsidants.
60 personnes et 20 blanchisseurs dans les tramés recents suscités
Qoit un échantillon pris au 11160' des menages de ces quartiers.
50 ménages et 25 blanchisseurs dans les spontan&3 suscit&s soit
un échantillon portant sur le 1/90e des ménages.
30 ménages et 18 blanchisseurs dans les zones de villas
iusmentionn&es soit un échantillon pris au l/llOe des menages
Msidants.
D'autre part 40 artisans et 3 boulangeries (sur une
soixantaine officiellement reconnue) utilisant le bois comme
combustible, ont et6 concernés.
Le but ici, était d'apprécier l'ampleur de la consommation du
bois et son impact sur 1'écosystSme.
3) L'enouete sur le fleuve
Elle a concerné les populations riveraines et avait pour but
de comprendre comment ces populations utilisent l'eau fluviale et
quels rapports entretiennent-elles avec le fleuve en tant que
milieu Gcologique. Dans le même but, nous avons enqueté aupr&s de
32 pécheurs des conséquences de la pollution du fleuve sur la faune
aquatique.
4) L'enouete sur la densification de l'habitat tramé ancien
Elle a concerné 6 quartiers : N'Tomikorobougou, Niarela,
Dravela, Bagadadji, Darsalam et Hamdallaye "ancientg. Elle avait
pour but d'apprécier le phénomène de taudification qui marque de
plus en plus les quartiers tramés anciens et éventuellement les
probl&mes socio-sanitaires qu'il suscite.
5) L'enauête sur la consommation. l~antxovisionnement en eau et
l'évacuation des eaux usées
Cette enquête a concerné tous les échantillons des enquetes
précédentes. Elle avait pour objectif d'évaluer le nombre de
personnes traitant l'eau des puits et du fleuve avant de les
consommer d'une part, et de cerner les modes et moyens d'évacuation
des eaux usées d'autre part.
- 12 -
6) L'enauete sur la collecte des ordures ménaakeg
Cette enquete s'est essentiellement déroul0e au cours du stage
h la DSWA. Toutefois, dans le but d'apprkier 1'Bmergence des
nouveaux acteurs de la collecte des ordures dans la ville, nous
avons approche quelques ONG nationales operant sur le terrain. Le
but était de saisir tout llint&& et tous les enjeux qui sont lias
h ce nouveau ph4nom&ne de privatisation de la collecte des ordures.
En outre, plusieurs enqu8tes quasiment basdes sur la pure
observation, ont concernh tous les centres d'int&r&t de notre
etude. Entre autres, on peut retenir les activit&s de la zone
industrielle, 1'Bvolution des caniveaux et des collecteurs, la
qualit des fosses sanitaires, les marchés urbains, l'&tat de
d&pbts d'ordures, les marigots, les espaces verts, l'habitat, les
activités de marafchage et d'elevage en ville.
Cependant il convient de préciser que concernant les espaces
verts, l'habitat, le marakhage, l'élevage, les installations
sanitaires, voire certaines industries, des questionnaires écrits
ont été nécessaires pour appuyer l'observation.
. la 3e phase de mai 1992 h maintenant, a été consacrée au
dépouillement et a la redaction. Par ailleurs, notons qu'au cours
des enquetes, nous avons heurté plusieurs series de difficultds.
Outre les problèmes quotidiens d'ordre matériel et financier,
la difficulté d'acc&s h la documentation fut une entrave
considerable. Pionnier sur le terrain et mal perçu comme un
intervenant dans le domaine de l'environnement, nous avons subi la
lourdeur administrative d'une part, et la mauvaise compréhension
d'autre part. Aussi, les incendies des événements de mars 1991 ont
beaucoup entamé la documentation des services publics, d'où
l'absence de nombreux rapports qui nous seraient précieux.
Enquêtant auprès d'une population essoufflée par les
difficultés économiques, traumatisée par les probl&mes politiques
et administratifs que le pays a rencontrés ces derniers temps, nous
avons eu beaucoup de mal par endroits à faire exprimer sincèrement
les personnes interrogées et h obtenir leur confiance. Mais avec le
soutien de certaines personnes rencontrées grdce a leur patience et
à leur compréhension parfaite des réalit&, les enquetes se sont
deroulées dans des conditions acceptables de collaboration et de
solidarité.
- 13 -
DUCTIOl'l
A l'arrivee du colonisateur en 1883, Bamako n'etait qu'un
village entour d'un "tataw (muraille circulaire mesurant 5 natres
de haut et 2 m d'épaisseur avec plusieurs portes). A la suite de
l'occupation OtrangBre, un fort militaire fut cred au centre
(actuel jardin du District), autour duquel se sont progressivement
bdtis des quartiers dits indig&nes contrastant avec les quartiers
@@européensN.
Chef lieu du Soudan (actuel Mali) pendant la p&iode coloniale
Bamako est devenue le 22 septembre 1960 (date de l'indépendance du
Mali) la capitale politique, administrative et Economique du pays
et devrait dhormais contribuer au rayonnement du jeune Etat. Mais
cette mutation n'a pas manqué d'engendrer une multitude de
problemes urbains des les premieres annees de l'independance.
La concentration des principales activiths au niveau de la
capitale et l'influence exercée par celle-ci sur son environnement
immediat et lointain, ont provoque une croissance démographique
exceptionnelle (135 000 habitants en 1960, 240 000 en 1970, 419 239
en 1976, 590000 en 1980 et 658 275 en 1987). Cette population qui
croSt à une moyenne de 4,8 0, est aujourd'hui estimée h 817 209
habitants sur une superficie urbaine estimée a 340 km2. Ainsi se
sont crées et multipliés des nouveaux besoins sur les plans de
l'habitat, du logement, de l'emploi, de la consommation, bref des
problèmes d'urbanisation. La concentration des besoins de la
population urbaine imposait d'ores et déja la programmation et la
réalisation d'infrastructures urbaines dans le cadre d'une
organisation cohérente de l'espace et cela dans des délais de plus
en plus courts incompatibles avec la faiblesse des moyens de 1'Etat
et des communautés urbaines.
Des enqu&tes socio-urbaines réalisées sous l'égide de la
direction nationale de l'aménagement foncier, de l'urbanisme et de
la construction dans le cadre du projet urbain et du schéma
directeur d'amenagement urbain, ont montre que le site de Bamako
est fortement urbanisé. Certains anciens quartiers tels que Medine,
Niarela, Bozola, Bagadadji, Dravela, Bolibana... connaissent de
fortes densités de population et de Mtis. Ils occupent moins de
superficie au sol que les quartiers recents, mais enregistrent les
coefficients d'occupation les plus élevés. Dans ces sous-espaces,
il n'existe plus de disponibilité fonciere pour la réalisation
d'équipements sociaux, or les conditions sanitaires et d'hygiène y
sont des plus déplorables. Les taux de morbidité y sont très élevés
en raison de l'entassement des populations sur un espace non
assaini, démuni et très réduit.
Dans la Mme logique, s'inscrivent les questions relatives au
logement qui préoccupent de nombreuses familles.
- 14 -
Cette crise du logement résulte d'une part de l'insolvabilit6
des populations, de la faiblesse des moyens de 1'Etat et d'autre
part de l'explosion démographique urbaine et de l'absence ou du non
suivi d'une réelle politique de logement. Elle est par ailleurs
aggravee par la sp6culation fonciere et immobilière &ig&e en r8gle
d'Etat.
L'ensemble de ces pratiques parmi tant d'autres constituent
principalement les causes et effets des profonds désequilibres
écologiques qui marquent aujourd'hui l'environnement urbain de
Bamako. Conscients de la gravit6 et des conséquences a court, moyen
et long terme d'un tel ph&nom&ne, les pouvoirs publics ont 6t6
amen& a envisager une politique d'aménagement urbain integr&e au
plan national de developpement economique et social, cela b travers
schéma qu'on appelle Schéma Directeur d'Am6nagement et
d:Urbanisme (SDAU). Ce schema qui est reste malheureusement au
stade thaorique, devrait essentiellement permettre l'organisation
et la planification des tendances actuelles et futures de
l'urbanisation et surtout d'améliorer le cadre de vie des
populations en donnant a Bamako une image plus decente.
Au regard de la complexité et du nombre de tous les problèmes
urbains, notamment d'ordre ecologique de la ville de Bamako, notre
étude n'a pas l'ambition d'etre un dossier complet de 1'6cologie
urbaine de Bamako, encore moins nos propositions des solutions
standards aux problèmes Wudies. Par contre, cette étude vient en
complementarit6 d'autres recherches sur l'environnement en gen6ral
et l'ecologie de Bamako en particulier. Elle s'inscrit parfaitement
dans l'éventail des recherches et des réflexions que suscitent
actuellement la pollution et la degradation de l'environnement. A
ce titre, ce mémoire ne peut que représenter une modeste
contribution aux nombreux efforts consacrés à la réflexion sur les
brûlantes questions relatives h l'environnement urbain.
Cette étude realisée au cours d'un stage de 3 mois 15 jours
aux moyens d'observations et d'enquétes, s'articule autour de 3
grandes parties comprenant 4 chapitres et 2 cas : la première
partie intitulée "les enjeux écologiques du cadre physique"
présente et analyse les contraintes principales liées aux
determinants physiques de l'aire urbaine de Bamako.
La deuxième partie sous le titre "des conditions socio-
économiques inadéquates @*examine les corrélations entre les niveaux
de vie, les pratiques économiques d'une part et l'environnerrssnt
d'autre part.
La troisi&ne partie est une étude de cas portant sur la
collecte et l'élimination des déchets solides, et les problèmes
liés b l'eau dans l'agglomération de Bamako.
-15-
FI G, No4
SITU.1TION GEOGRAPHIOUE DE BAMAKO SUR LE TERRITOIRE MALIEN.

MAURITANIE

‘b-,- -\\ KIgAL


I

N I GFR

LIMITE AOtllN6lRATh’E

ROUTE PRINCIPALE
COURS O’EAU

0ISTRlcl DE l3AHiMO

m j l CHEF
Wff LIEU DE REGION

/ 3’1 VO J RE 0. AM
. yak

SOURCE SCHEMA DIRECTEUR D AHENAGEHENT DU TERRITOIRE. 1992 BAMAKO


PREMIERE PARTIE
- 16 -

PREMIÈRE PARTIE : LES ENJEUX ECOLOGIQUES DU


CADRE PHYSIQUE
CHAPTlXEl:LESCO-NATURELLESDUMILIEU
PHY!SIQUE.
Dans l'agglomeration urbaine de Bamako, si les modes de vie
des populations sont tenus pour facteur principal de la degradation
de l'environnement, il est egalement Evident qu'elle rasulte aussi
de la géomorphologie du site et des particularites du climat.
1 - bCB I LI-
La ville de Bamako se situe aux coordonnées suivantes :
Latitude 12* 38 N'
Longitude 08* 01 W
Altitude 331 m IGN
A cheval sur le fleuve Niger qui coule d'Ouest en Est, Bamako
est en pleine zone soudanienne. Elle comprend deux grands sous
espaces : la rive gauche du fleuve qui est le premier site de la
ville et la rive droite en pleine expansion depuis les années 1960.
.
La rive aauch
L site naturel de la rive gauche s'inscrit d'une part entre
le fleuve et les falaises des monts mandings (en moyenne 4
km) I d'autre part entre deux wverrous*@ où se rejoignent
falaises et Niger a l'Est au niveau de Moribabougou a 13 km du
centre ville. Ce resserrement permet juste le passage de la
route de Koulil@ro (RN5). Sur cette rive, 800 ha en bordure du
fleuve doivent être considérés comme inondables (voir la
figure N*2).
)a rive droite
iu sud, la limite la plus évidente est l'aéroport de Bamako-
Senou. A l'Ouest, une autre limite naturelle est dominée par
le fort massif du Tienkoulou. Son emplacement correspond a la
limite du grand bassin versant contenant l'extension sud de la
ville. Au total 1 600 ha doivent être considérés comme
inhabitables soit parce qu'ils sont inondables (300 ha) soit
parce qu'ils sont constitués de reliefs importants (1 300 ha).
II * LES CARACTERISTIQUES GEOMORPBOLOGIQUES
A) Une toDoaraDhie neu favorable
Le site de Bamako est caractérisé dans l'ensemble par une
succession de reliefs légers que sont les petites dépressions,
hauteurs rocheuses et des lits de petits marigots.
- 17 -
La présence de tels reliefs n'est pas sans contrainte. En
effet, les cordons de reliefs qui entourent la ville reprdsentent
des obstacles a son extension et bloquent ainsi l'urbanisation. En
outre, les terrains legèrement accident&, caractGris#s par endroit
de pentes plus ou moins fortes, de dépressions naturelles et
artificielles sur lesquelles et dans lesquelles existent des
constructions parfois en banco, sont en proie au ruissellement des
eaux pluviales. Ce phenomène provoque une forte 6rosion qui est a
l'origine de l'effondrement de beaucoup d'habitations faisant des
centaines de sans abri. Cette situation dramatique est
principalement due a une insuffisance notoire des r6seaux de
drainage d'eaux pluviales.
W Les contraintes des differentes formations a~ol-i~ea
La ville de Bamako est situee dans les plaines du Niger sur
les deux rives. Cependant, on peut observer differentes formations
liées a la nature du terrain ou étroitement dependantes du
phénomène de l'urbanisation.
- en rive gauche, du pied des falaises jusqu'a l'altitude 330
m, on note un niveau continu de lat6rite de pente. Ce niveau est
assez continu d'Ouest en Est. Cette laterite est fortement
entaillée par les nombreux ruisseaux gui coulent
perpendiculairement au fleuve. Son epaisseur maximale s'observe a
l'Ouest avec plus de 15 m a Hamdalaye, h l'Est de Missira et
Banconi avec environ 10 m. Elle se réduit à 2 m au centre entre les
quartiers Medina-coura et Darsalam ('). Au sud on observe les
formations argileuses qui atteignent leur épaisseur maximale a
l'Est vers la zone industrielle. Les formations argileuses sont
réduites . Le niveau de base du Niger et des affluents a évolué au
cours du temps, ce qui a provoqué h plusieurs reprises l'erosion
des glacis déja stabilisés, l'entrafnement de la partie meuble des
formations, la latérite restant alors avec les argiles sous-
jacentes les seuls témoins du glacis.
- En rive droite, les caractéristiques sont identiques h
celles de l'autre rive.
Enfin dans l'ensemble, il faut souligner la présence d'une
importante nappe phréatique dont la crue et l'étiage sont 1iOs b
l'évolution de l'eau du fleuve Niger. Cette nappe phréatique
constitue une importante source d'eau de consommation pour la
ville.

1
: CRDI : Hydrogéologie et contamination de la nappe
phréatique alimentant la ville de Bamako. Ottawa (Canada) p.17
- 18 -
En quoi ces élements physiques influent-ils sur l'ocologie
urbaine ?
Les relations qu'on observe entre les facteurs
géomorphologiques et la pollution urbaine se situent a plusieurs
niveaux. Les sols peuvent favoriser l'infiltration des eaux
polluées dans la nappe souterraine ou un ruissellement pluvial
violent qui engendre de fortes &osfons. Tous ces deux ph&nom&nes
s'observent & Bamako avec une mention speciale pour le cas de la
nappe gue viennent de démontrer des recherches recentes dont nous
donnerons l'essentiel des détails dans la 3-e partie, 2&me cas.
La deuxième relation tout comme la Premiere, est aussi
fondamentale et pr6occupante. En effet, elle se situe au niveau des
installations sanitaires individuelles et m&me collectives.
Les formations telles que les argiles, le sable et la lat&rite
dure presentent de sérieuses difficultés aux populations lorsqu'il
est question d'aménager certaines installations sanitaires a faible
cota. Il s'agit notamment des fosses primaires, des puisards et
autres infrastructures similaires. En fait, compte tenu des moyens
tr&s limités de l'écrasante majorit6 de la population, les services
techniques d'assainissement leur conseillent des installations
primaires moins coûteuses. Ainsi, pour les eaux Us&es mhnag&res,
les eaux vannes, on n'exige pas de latrine sophistiquee.
Il nous a 6té donné de constater qu'h Bamako, dans les
quartiers bâtis sur des formations argileuses ou latbritiques
dures, ces infrastructures sont difficiles à cr&er et& entretenir.
Cela s'explique par le fait que la fosse sanitaire s'av9re inapte
à toute infiltration & cause da la nature des dites formations. Par
cons&quent ces fosses et puisards imposent aux familles des
vidanges fréquentes au risque de voir s'icouler les eaux vannes
dans les ruelles. Dans ces conditions, les familles pauvres se
contentent d'évacuer les eaux usées dans la rue a la faveur de la
nuit et de grandes pluies.
Par ailleurs, la presence d'une nappe phréatique peu profonde
limite rigoureusement les profondeurs requises des fosses. Mais
dans beaucoup d'autres cas, les fosses atteignent ou meme dépassent
le niveau supérieur de la nappe et contaminent permanenment ces
eaux dont la population de Bamako a énormément besoin pour tous les
usages.
FI G. N’a BAMAKO : RELIEF ET COURS OffAU
. . I

;
.‘a
+
w ZONE INONDABLE
\
-+ -e-N*
\
v-
\

I J

50URCE : PUM. PROCRAMMATIOW DECENNALE D’INVESTI6SEMENT iSfi3. BAMAKO


- 20 -
XXI - LES EFFETS DU CLIMAT SUR L'ECOLOGIE URBAINE
Située dans la zone soudanienne, la ville connait un climat de
type tropical avec une précipitation moyenne de 1 000 à 1 200mrn
environ. Ce climat se caractérise essentiellement par une saison
sèche bien marquée allant de Novembre h Mai et une saison pluvieuse
allant de juin a octobre. Presque toutes les pluies tombent entre
juin et septembre avec une approximation de 25 a 30 % au mois
d'aollt et 70 % en aoQt et septembre.
La temperature annuelle est de l'ordre de 28,lO C. Les
températures maxima sont observées au mois d'Avri1 avec une moyenne
de 35OC et les minima en décembre avec une moyenne de 25OC. Les
vents dominants soufflent du Nord Est au Sud- Ouest a une vitesse
moyenne de 3,78m/s avec des maxima de 4,8m/s et des minima de
3,2m/s. Précisons que les maxima et minima sont en moyenne
mensuelle et non des cas isolés.
Tableau no1 : Station de Bamako-Senou

1990I&l 0
‘Fév

1.
Mur

0
Avti

17
Mai

79,s
lUiIl
I
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P(I) Ia3.3 276.4 186.6 188.2 6.4 0 0


I I I I I r

3%
1990 VO) 4.0 3.36 4.7 4.8 4.1 3.8 3.4 3.2 3.3 3.7 3.3

1991 P(l) 0 1. 10.4 48.1 22.0 126.4 319.0 250.3 118.8 100.9 0 0

3.2 3 3.6 3.69 3.5 4.3 3.7 4.3 1.6 2.7 3.3

Source : Services de météorologie de Bamako

Légende :
1 -p= Précipitation 3 -t= Trace
2 -v= Vitesse
A- La saison sèche et ses intempéries
Elle dure de novembre à mai (environ 7 mois sur 12). Elle se
caractérise par des phénomènes qui éprouvent considérablement les
populations. Entre novembre et mars surviennent concomitamment le
froid et l'harmattan. Cette période selon plusieurs sources
médicales et scientifiques serait très favorable à la morbidité et
à la mortalité. Ce serait un des moments propices de prolifération
des germes vecteurs et bactéries due à l'absence de chaleur, froid
"secgt et à la propagation des germes par le vent et la poussière.
D'autre part, des quantités importantes de poussières que soulèvent
quotidiennement l'harmattan au dessus de la l@cité", la plupart
retombe en dégradant les édifices, en polluant les aliments, les
vêtements et l'intérieur des habitations.
- 21 -
L'avènement de la chaleur entre fin mars et début avril
n'apporte aucun apaisement a la prhcédente situation sinon un
simple changement de la nature des contraintes. Outre
l'insupportable chaleur qu'elle engendre, la particularitd de cette
periode est l'etiage des cours d'eau, des nappes phreatiques,
entrafnant le tarissement des puits, une rhduction du debit des
forages et en gGn&ral un amenuisement considérable des ressources
en eau de consommation. Et paradoxalement face a cette situation,
la chaleur accroit les besoins en eau.
Sous l'effet de cette chaleur torride et de la crise d'eau
(particulièrement ressentie dans les quartiers spontanes Bloign&s
du fleuve et de bornes fontaines), les populations urbaines de
Bamako s'impatientent visiblement de l'avènement de l'hivernage
dont les premières grandes pluies sont accueillies avec une très
grande satisfaction. Cependant cette nouvelle saison n'apporte pas
gue bonheur. Elle s'accompagne évidemment d'une skie de
contraintes particuli&res qui excedent largement très souvent les
moyens de la population pauvre.
.
B - yne saison des nluies violenteg
En réduisant considérablement la chaleur, en regularisant les
conditions d'approvisionnement en eau, cette saison est perçue en
"libératrice" marquant la fin des cauchemars de la saison s&zhe.
Les caractéristiques fondamentales de cette période h Bamako
comme partout au Sahel, se traduisent par la mauvaise répartition
dans le temps et une brutalité exceptionnelle des précipitations
accompagnees de vents aussi tr&s violents. Ces facteurs sont
durement ressentis h plusieurs niveaux par les populations
urbaines. En effet 80 % des quantités d'eau tombant en aot¶t et
septembre suite a de pluies diluviennes dépassant parfois 160 mm au
pluviomètre et h des fréquences tr&s rapproch&es, la ville ne peut
Evacuer ses eaux h cause de l'insuffisance et de la vetusté du
réseau de drainage. En conséquence, les cours de concessions, les
ruelles, les voies de circulation publiques passent des heures
voire des jours submergées ou inondées.
Par exemple, en 1990, il est tombé 77 mm à Bougouni et 149 mm
à Bamako le 22 juillet, le 26 juillet Bamako recevait encore 177 mm
entre 7 h 10 et 11 h 55 mm. Sous une telle précipitation, meme les
constructions en dur ne sont pas & l'abri des éventualités.
D'autre part, la brutalité des vents orageux provoque
l'bcroulement de tout édifice fragile ou précaire. Cependant la
crise &ologique urbaine ne saurait se résumer aux contraintes
naturelles l en revanche l'action des populations sur le milieu
physique a éngendre aujourd'hui des mutations remarquables sur le
réseau hydrographique et la végétation.
-22-

F7G.N’3 DIAGRAMME OMBROTHERMIQUE,BAMAKO

PE~TS MOYENS HENSUEL?I DU FLEUVE NIGER (‘1%0-19Y1)

P en mn

300

/
/
/

Debit
Q m m3/s

-3 000 100

i
4 000
4

1
3 Do0 0
/
1
I
/
2 000

T 30’

10’
PPml
10’.

I J F H Ad J JA S 0 ND
1
SOURCES : Dl AECTIO NS NATIONALES DE L HV DRAULIQUE ET DELA METEOROLOGIE

(EUMAKO )
- 23 -
xv - LES COURS D'EAU URBAINS : UN FACTEUR PRÉPONDhANT DE
&'kOLOGIE URBAINE DE BAMAKO

Outre le fleuve Niger qui arrose LA VILLE de bout en bout, de


nombreux quartiers de Bamako sont traversés par plusieurs marigots
qui prennent sources des reliefs périphériques de l'agglomeration
et se jettent tous dans le Niger. Cet immense réseau d'eau
naturelle qui devrait etre pour Bamako un important atout
ecologique, économique et esthétique, n'a malheureusement pas fait
jusque là l'objet d'attention ni aupres des autorités, ni de la
part des populations. Ainsi laissés pour compte, ces cours d'eau
notamment les marigots ont franchi le seuil critique de
dégradation. Soumis a d'autres facteurs naturels et humains , ce
réseau hydrographique, représente actuellement un cas de
préoccupation majeur dans le cadre de l'assainissement et de la
protection de l'environnement à Bamako.
On peut structurer l'ensemble du réseau en réseau secondaire
constitué par les marigots et un réseau principal que représente le
fleuve Niger. Si la dégradation du réseau hydrographique paraft une
évidence, il reste cependant intéressant de présenter les
différents cours d'eau, leurs espaces respectifs de drainage et les
activités de pollution et de dégradation auxquels ils sont
directement ou indirectement soumis par les populations urbaines.
A) Les mariuots
a) identification
Il s'agit de nombreux marigots qui coulent tous dans le fleuve
Niger en saison pluvieuse.
1) sur la rive droite
. marigot limitant le District de Bamako au sud Ouest, passe entre
Bacodjicoroni et Kalabancoro. 11 s'appelle Kalabanco et est long de
5,s km.
. le sogoniko et ses embranchements (Kofladjé, Flabougouko et
Niamakoroko). Le sogoniko se divise en 4 "brastl dont l'un est
actuellement occupé par des constructions diverses. Les autres
passent par Kalanbancoura (kofladjie, Niamakoro (Niamakoroko) et
Flabougou (le Flabougouko). Le sogoniko et ses branches non
obstruées totalisent une longueur de 18 km. Seul sogoniko mene au
fleuve.
Le babla : marigot situé à l'Est de Magnambougou, passe à côté de
Sokorodji (un spontané) et se jette au Niger sur 4 km.
. le Koumanko : marigot situé à l'Est de Missabougou (Est de
Bamako).11 est long d'environ 7 km et se jette dans le Niger.
- 24 -
Nous avons un petit marigot enclava gui va de Gouana a
Kalabancoro et S#&ire sur 3 km.

2) Sur
. Le Diafaranako : il prend sa source dans le nlassa-kouloun ou
colline de Lassa. 11 se jette dans le Niger au niveau de la cite
ministérielle. Il est long de 3,5 km. Pour son franchissement dans
les quartiers qu'il traverse, 5 ponts ont &t& amdnag8s sur son
cours.
. Le Woyowayanko : il coule du Nord au Sud à l'Ouest de Djicoroni-
para. Il prend sa source dans les hauteurs de Monts Mandings. Long
de 4 km, son franchissement entre Sébenikoro et le reste de la
ville a Mcessit6 la construction d'un pont.
Le Bankoni : il prend sa source dans les reliefs du Point. G,
traverse Sikoroni (un spontane) le quartier Bankoni (le plus grand
et le plus peupli spontanh de Bamako) arrose la zone industrielle
h l'Est et se jette dans le Niger après un parcours de 6,2 km.
le Molobalini : marigot situé entre Djelibougou et Korofina. Il
ie jette au fleuve sur une distance de 5,7 km.
. Le Farakoba : marigot limitant le District de Bamako au nord-Est,
il passe entre Titibougou kassoumbougou. Il est long de 7 km.
. un marigot passe entre Bankoni et Korofina et se jette dans le
Bankoni au niveau de l'ITEMA. Il serait long de 6,5 km.
En outre, on peut observer l'ensemble de ces cours d'eau sur
la figure no 2.
b) Fonctions et évolution des marigots urbains
Ces cours d'eau qui communiquent tous avec le fleuve et
auxquels est raccordée la plupart des réseaux de drainage
existants, ne sont pas pour autant des cours permanents. Au
contraire, beaucoup ne coulent gue pendant l'hivernage et restent
secs pendant toute la période sèche. D'autre peuvent conserver
quelques points d'eau dans leurs lits mineurs pendant toute la
saison sèche. Parmi ces marigots, on peut citer le Woyowayanko, le
Diafaranako, le Farako et le Sogoniko.
- Ces marigots ont très rapidement pris les fonctions de poubelle
d'ordures ménageres et de déversoir des eaux usées aussi bien
domestiques qu'industrielles. Ainsi nous pouvions observer pendant
la saison seche d'innombrables tas d'immondices disposés çà et la
dans les lits majeurs et m@me mineurs de ces marigots, des
deversements fréquents d'eaux usées auxquels s8 a joutent des
écoulements directs d'eau polluées des concessions situées le long
des rives et dont ils représentent aujourd'hui les principales
fosses sanitaires.
- 26 -
Au cours de nos enqudtes, nous avons eu a remarquer que les
abords immédiats de ces marigots voire leurs lits majeurs sont les
sites privilégUs pour les garages de raparation auto qui y
evacuent les huiles rasiduaires de graissage, et y jettent
plusieurs types de ferrailles en grandes quantiths. Les
teinturières de vatements et les fabriques de savon local ou
artisanal les prefèrent egalement a tout autre endroit, car disent-
elles @@on ne g&ne personne et ne salit ni maison ni voie publique".
C'est aussi sur ces berges presque humides toute l'anMe, que
s'effectuent les activft6s de maralchage et de confection de
briques grdce a l'eau gratuite. Par ailleurs,nous remarquons que
les lits majeurs voire mineurs de certains marigots (le taliko)
ass&zhés depuis des années sous l'effet des perturbations
climatiques, sont litt~ralementoccup~s et parfois sur autorisation
de la municipalit8, par l'habitat humain. Outre le Taliko (au pied
de la colline de Lassa, & proximite de Lafiabougou) il y a le
Bankoni et le Kalaban, etc qui sont occupés et où les inondations
surviennent à la suite de chaque pluie importante.
- Par le biais des eaux usées, les marigots sont extremement
pollu& au point de perdre toutes les caract&istiques Ecologiques
d'un milieu aquatique. Les composantes toxiques des eaux us8es ont
d&truit toute existence de vie aquatique, inanimé entièrement le
milieu en rendant impossible la remonUe des poissons et
grenouilles a partir du Niger. Ainsi contrairement aux anMes 1960
jusqu'en 1975, ces marigots ne donnent plus lieu aux petites
activités de p&che et de baignade qui s'y déroulaient entre les
mois de juillet et février. Par contre, ces marigots sont devenus
lesplus importantes sources de prolifération de moustiques vecteurs
de maladies telles que le paludisme, et de nuisances.
Par les activit(ss agricoles (marafchage) qui s'y déroulent ,
la confection des briques, les dépôts de ferrailles et d'ordures
ménageres importantes, beaucoup de ces marigots sont en voie
d'obstruction. En conséquence, les lits se révelent de plus
incapables de drainer convenablement l'eau de ruissellement,
provoquant en effet des inondations et des degdts matériels
considérables voire des pertes de vies humaines les cas de
l

Djafaranako et du Bankoni en septembre 1986 ou 2 Personnes ont


perdu la vie par noyade, sont suffisamment evocateurs.
Par ailleurs , le problème du franchissement de ces marigots
dans les quartiers et entre eux pendant les hautes eaux, représente
un autre aspect préoccupant de l'écologie urbaine de Bamako.
En effet, les infrastructures édifiées sur les marigots pour
résoudre ce problème, ne sont ni suffisantes ni fiables dans
certains cas.
- 27 -
Dans la plupart des cas, excepte ceux du centre-ville, les
ponts sont soit très btroits donc dépasses par l'bvolution urbaine,
soit trop bas donc facilement submersibles pendant les p&riodes de
hautes eaux, soit vGtustes, fragiles d'ail susceptibles de
s'effondrer a tout moment comme ce fut le cas du pont "Richard"
reliant Hamdallaye au Badjalan en 1975 faisant des morts. Cette
situation entrasne de serieuses nuisances pour les populations
notamment les mdnagères, vendeuses ambulantes gui franchissent
plusieurs fois par jour ces marigots a la recherche du quotidien.
A defaut de pont, de gros cailloux alignes, ces femmes baignent ces
eaux polluées a hauts risques (voire la planche n"2).
En realit6, la gravit6 des dangers li(ss a la pollution de ces
marigots reside, _ dans le fait qu'ils communiquent tous avec le
fleuve. En effet, ils drainent et deversent une importante partie
de leurs indesirables charges de déchets solides et liquides dans
le fleuve Niger. Le fleuve, gui est la principale source
d'alimentation en eau de la capitale est de facto, devenu le
dépotoir terminal. Ainsi, l'ampleur des problèmes soulign6s et
l'imminence d'une catastrophe ecologigue irremadiable, reguiarent
de tous une large et profonde réflexion pour trouver une solution
dans un meilleur dOlai.
A ce titre, on s'aperçoit que la meilleure solution passe par
une prise de conscience collective, un investissement financier et
matériel important pour la cr6ation et la renovation
d'infrastructures socio-sanitaires. Il faudrait également que les
autorites urbaines puissent en toute indépendance appliquer de
façon intégrale et intelligente les textes réglementaires en
vigueur.
Les marigots doivent être absolument soumis au contr8le
effectif des brigades de l'environnement pour mettre fin aux dép6ts
d'ordures et b l'évacuation des eaux Us&es d'origine diverse. Il
convient d'aménager correctement les marigots et d'y interdire
toutes les activités economigues polluantes, afin de leur restituer
l'importance hzologique qui était la leur.
Il s'avere nécessaire de construire davantage de ponts sur les
marigots pour faciliter en toute saison la communication entre les
quartiers concernés. Une fois ces objectifs atteints, les sources
de pollution du fleuve Niger seront considérablement limitees et ce
dernier pourrait satisfaire aux exigences écologiques nécessaires.
B) Le fleuve Niaey
Appel6 dans la langue vernaculaire le mDjoliban, le Niger
traverse l'agglomération bamakoise sur une distance estimée
actuellement h 6,5 km d'Ouest en Est. Il fait en effet de Bamako
deux villes riveraines opposées de part et d'autre du Nord au Sud.
- 29 -
Il a une pente de 0,00009° d'apras 1'IGN (*), 1'Bcart entre
les niveaux des hautes eaux et des basses eaux se situe normalement
entre 3 et 4 m. Les niveaux extr&nes enregistres entre 1925 et 1990
sont les suivants :
Maximum : 321,25 m IGN
Minimum : 316,36 m IGN
Difference : 4,86 m IGN
Ici, il s'agit des moyennes de maximum et de minimum observees
pendant la dite periode. Le niveau d'eau maximum fut enregistrd en
1925 avec un debit estim8 a 9 000 m3/s et le niveau minimal en 1973
avec un debit estfm4 a 7 m3/s (3). Lorsque le niveau est tris haut,
certaines terres basses a Niarela, Bozola, N'golonina,
Badalabougou, Djicoroni-Para etc peuvent &tre inondées.
Depuis 1982 avec la mise en service du barrage de selingu6 (')
les étiages ne sont plus naturels et les valeurs minimales
observhes sont de l'ordre de 80m3/s. Il abrite sur ses deux rives
tout au long de sa traversée urbaine des quartiers de types varies
et des sites d'activités diverses dont la zone industrielle
implantde a l'Est de Bamako sur la rive gauche.
Les modes d'usage, les pratiques diverses dont le fleuve fait
l'objet, son influence sur l'identité du site de la ville, sur la
n&essité et la determination de nombreux travaux d'aménagement
urbain, conferent au Djoliba une place prépondérante dans l'analyse
et l'explication de l'évolution des facteurs écologiques de Bamako.
a) be Niger est un atout nrecieux nour la ville de BâH\BkP
Ils sont nombreux les étrangers, les touristes, les chercheurs
d'horizons différents qui admirent le magnifique site fluvial de
Bamako, naturellement cl6turé par une chaSne de collines laissant
h la circulation des courants d'air de larges exutoires a l'Est, au
Sud et au Sud - Ouest. En outre le fleuve Niger est une importante
source d'approvisionnement en eau. Il favorise l'esthétique du site
et joue un r8le important dans la régulation des facteurs micro-
climatiques de l'agglomération. Donc l'intérêt touristique est
également très grand.

2
: Institut Géographique National. Rapport annuel 1980, cité
par la Direction Nationale de 1'Hydraulique.

3
: D'après le service de l'hydraulique National, Bamako

4
: Village du cercle de Yanfoliba, arrondissement de Kangaré
h 160 km au Sud de Bamako.
- 30 -
Pour toutes ces raisons, il est ndcessaire que le rhseau
fluvial fasse l'objet d'attention particulière de la part des
autorites pour y op#rer les amhnagements pertinents ; de respect et
de pr6servation de la part des communaut6s urbaines pour l'opargner
de la pollution.
Le Niger donne lieu sur ses abords a d'importantes activitds
de maralchage et de confection de briques de construction. Le
fleuve est également le lieu d'une importante activitb de pache
artisanale et semi-moderne durant toute l'anMe. 11 fournit &
Bamako une partie non négligeable de son approvisionnement en
poisson frais.
Par conséquent, le Niger doit etre considW4 comme un "don"
naturel qui doit (Itre rationnellement exploit6 et soigneusement
entretenu. Cependant le constat est amer et le spectacle désolant.
En effet, à voir Iletat physique de l'environnement imm6diat du
fleuve et a analyser les systèmes d'assainissement de la ville, on
constate l'ampleur de la pollution du fleuve ainsi que les graves
menaces ecologiques et sanitaires que cela engendre au préjudice
des populations urbaines.
W ta Dollutlon. .
du fleuve Nmer h Baerakn
Laissa pour compte a l'image des marigots ci-dessus BtudiBs,
le fleuve Niger, contrairement a la bonne logique, parart
aujourd'hui la victime d'une indifférence collective tant de la
part des populations que de celle des autorités urbaines. En effet,
au regard du syst&me d'assainissement actuel de Bamako le fleuve
constitue tr& évidemment nl'étang naturel" pour tout le reseau de
drainage de la ville et un dépotoir d'ordures ménagères. Les
marigots pollués, les grands collecteurs, les caniveaux primaires
et secondaires drainent tous leurs charges d'ordures et d'eaux
usiles dans le fleuve. Certains citadins installés aux abords du
Djoliba y déversent directement leurs eaux usées et d8chets de
vidange de fosses sanitaires. Ce processus de pollution du Niger
atteint des seuils de plus en plus intol&rables lorsque l'on sait
qu'aucune unité industrielle de l'agglomération sur la
cinquantaine, ne dispose ni d'étang aménagé, ni d'installation de
traitement des eaux résiduaires.
C'est ainsi que toutes ces unités industrielles déversent par
le biais des caniveaux, collecteurs et marigots leurs eaux usées
dans le fleuve avec toutes les conséquences sanitaires et
écologiques qui s'en suivent. Ce péril est d'autant plus réel que
les populations riveraines démunies consomment l'eau du fleuve sans
aucune forme de précaution. Cette menace sanitaire est réelle pour
tous les quartiers urbains et semi-urbains situés sur le fleuve en
aval de ces grandes sources de pollution chimique et
bactériologique.
- 32 -
,- *.--- -ry -0. ,*; ip jr -?-.h-* .xp+’
-c- A..
Au nombre des unités industrielles l:"in
pharmaceutique, l'usine céramique, les unit68 de produits chimiques
et d'intronts agricoles, l'industrie des allumettes et tabac,
l'usine de vinaigre, de plastique, celles de cuir, de savon,
l'abattoir frigorifique, les unites de textiles etc.
Cette pollution compromet aujourd'hui, a n'en pas douter, le
développement de la faune aquatique du fleuve jadis bien appr6cUe
des consommateurs. Nos investigations aupraa d'un 4chantillon de 32
pecheurs (entre le 22 mars et le 02 avril 1992) exploitant
traditionnellement le fleuve Niger de gdnbration en g8nWation
entre Bamako et Koulikoro soit sur une distance de 60 km, montrent
que plusieurs esp&ces de poissons seraient consid8rablement
touch0es par la pollution de leur cadre de vie. D'apr&s, les m&mes
pecheurs, la population faunistique a remarquablement diminué, des
espèces très appr8ciées des consommateurs disparaissent et les gros
poissons bconomiquement rentables se font très rares au niveau de
cette partie du cours d'eau.L'essentiel de leurs prises
s'op&eraient maintenant plus loin en aval de Koulikoro a l'Est, et
plus haut en amont de toutes les sources de pollution urbaines 4k
l'Ouest de l'agglomération. Ils ont ajout6 que cette situation de
dépeuplement faunistique est moins accentMe pendant les periodes
de crue du fleuve.
11 nous para% logique d'établir un lien étroit entre ce
phénomène constaté par les pecheurs depuis plus d'une dizaine
d'années et l'importance de la pollution du fleuve. Cette mise en
relation a amené des expatriés résidant a Bamako h ne plus
consommer les poissons frais p&chés entre Bamako et Koulikoro.
Par ailleurs, les abords immédiats du Niger, censés Btre des
lieux de détente et abriter des infrastructures touristiques, ne
peuvent aucunement r6pondre à cet idéal. Au contraire, ils sont
soumis aux dép6ts anarchiques d'ordures, ménageres, aux flaques
d'eaux usées, aux activités mWag&res de lessive et de vaisselle,
aux cultures marafchères aux activités de production de sable, de
graviers, de confection de briques, aux constructions illicites et
h toutes choses rendant leur fréquentation désagréable et risquée.
L'ensemble de toutes ces questions constitue des impératifs et des
urgences auxquels autorités et populations doivent incessamment
reagir si l'on veut gagner au pari "la santé pour tous d'ici l'an
2000" pour les habitants de Bamako. Si l'on aspire réellement h
donner h Bamako une image de capitale moderne, propre, belle et
agréable h vivre et a visiter, il faut entreprendre les actions
suivantes :
- revoir et réorganiser tout le système d'assainissement urbain;
- redéfinir le r8le du fleuve dans ses dimensions diverses;
- consacrer un texte spécial h sa protection et h son usage;
- aménager sur tous les longs de ses rives urbaines des
infrastructures touristiques, de loisir et de détente;
- 33 -
- informer, sensibiliser les populations sur les sujets relatifs
aux enjeux que represente le fleuve.
Cependant, l'ampleur de ces problèmes ne doit pas occulter les
grandes contraintes d'ordre naturel Etroitement liaes a la prasence
du fleuve.
11 s'agit notamment des contraintes liees aux inondations
fluviales et au franchissement du fleuve entre Bamako Nord et
Bamako sud.
cl Us %?xd&ims fluviales : nhwe mabur de l'&~looig
ede Bm
Le fleuve Niger a un lit variable dans la ville de Bamako (').
En amont et en aval, il est parfois large de 800 a 1100 m. Au
niveau de l'ancien pont ou "pont des Martyrs" il fait exactement
875m.
Au regard des modes d'occupation dont les berges du fleuve ont
fait l'objet, des types de quartiers démunis et non amgnagés qui
s'y trouvent, de la brutalité des crues du Niger pendant
l'hivernage (en septembre et octobre) et de la nature des pentes du
lit majeur, on peut conclure que les inondations sont inevitables
pendant les hautes eaux du fleuve.
En effet, les zones inondables sont détermin&es par la c6te
maximale des crues du fleuve (soit 382,6 mIGN). Les inondations a
des degres variés touchent tous les quartiers limitrophes du fleuve
comme nous l'indique la figure n02. Parmi ces zones inondables, les
secteurs Bozola, Niarela et assimilés méritent une attention
particuliere. Ce secteur souffre frequemment des inondations pour
la simple raison qu'il est presque entièrement situe dans le lit
majeur du fleuve. C'est une zone marécageuse dans ses parties Sud
et Sud-Est, une zone tr&s ancienne et saturée (ce sont les premiers
quartiers indigènes de la ville). Le secteur connaft d'énormes
problèmes d'environnement engendrés par plusieurs facteurs dont :
- l'existence de plusieurs bras du fleuve qui favorisent la
pénétration des eaux fluviales surtout en période de crue.

5
: IGN (Institut Géographique National)
- 34 -
Les côtes d'eau du fleuve enregistrées pendant les deux années
de plus grandes crues (1967 et 1969) et au cours de deux années
récentes (1989 et 1990) se présentent comme suit :
Tableau no 11 : Les côtes d'eau du fleuve en 1967. 1969, 1989 et
1990 (en ml

I%7 67.64 4s.3s 18.25 2.46 14.8 30.43 130.03 274.8 367.4 448 245.9 131.9
7

1969 66.06 34.6 16.8 8.76 3.2 51.3 190.4 291.9 413.06 367.4 300.66 141.6

1989 20.9 17.78 10.8 36 44.3 26.5 58.16 145.5 221.4 2u4 101.5 56.4
8

1W 23 9.2x x.32 18.4 32.3 67.7 103.6 184.5 242 210.9 119.3 71.4
6 2

Source : Direction nationale de l'hydraulique


- la pente tres douce des berges facilitent le débordement des
eaux.
- l'absence totale de digue de protection ne permet pas de
maintenir les eaux dans leur lit.
L'ensemble de ces facteurs fait du secteur, la zone la plus
insalubre de la ville de Bamako. Cette insalubrité devient plus
déplorable dans les parties Sud-Est et dans les bandes frontales
avec une mention spéciale pour la bande frontale Est du boulevard
du peuple.
Dans ces zones, les flaques d'eau fluviale et celles des eaux
usées drainées jusque la par des collecteurs et caniveaux très mal
entretenus, constituent de véritables gîtes à vecteurs (mouches,
moustiques et larves). Ces eaux souillées ruissellent ou stagnent
aux abords des concessions. Cela est du a la quasi absence
d'exutoire de drainage ou à l'obstruction des caniveaux existants.
Dans ce secteur, nous avons constaté une insuffisance notoire
de réseau de drainage. Ces problèmes devenus de plus en plus graves
et inquiétants, suscitent actuellement de sérieuses préoccupations
qui appellent à des solutions aussi bien urgentes qu'adéquates.
Ainsi face à de telles nuisances périodiques et parfois
permanentes, il faut nécessairement développer des initiatives et
réaliser des actions.
- 35 -
Eu Egard aux grands risques 4cologiques et sanitaires
qu'encourent ces zones, aux moyens limites des habitants, la
solution pourrait r6sider dans une franche collaboration de 1'Etat
avec les populations concernées pour 6difier des digues fiables de
protection et combler, s'il le faut, les bras du fleuve qui
traversent le secteur.
A court terme, il faudrait sensibiliser les populations des
dites zones contre l'usage sous quelque forme que ce soit de ces
eaux qui sont extr&nement pollu&es aussi bien par les ordures
ménag&res que par les eaux vannes des concessions. L'urgence de
cette action est d'autant plus nacessaire que selon nos enquates
r8alis&es sur un Echantillon de 67 menagares, certaines femmes
(22,5 % des sujets interroges) ignorent ou minimisent les risques
li&s a l'utilisation de ces eaux. En effet ces derniares les
utilisent pour la vaisselle, la lessive, voire la toilette et
laissent dans l'indifference totale des enfants s'y baigner a tout
moment .
Une autre alternative économiquement et socialement couteuse
mais definitive, est d'operer un transfert total des populations
concernées et d'affecter la dite zone a l'Etat, aux organismes et
a d'autres particuliers ayant les moyens nécessaires de réaliser
les aménagements souhaités.
Au delh de ces objectifs, un autre but est de reduire les
difficultes et autres nuisances libes a la traversée du fleuve
Niger. Ce problème nous semble d'autant plus important qu'il peut
influencer tous les secteurs vitaux de la vie urbaine en ce sens
qu'il conditionne presque entièrement la circulation des biens et
des personnes entre les deux grands sous-espaces Nord et Sud de
l'agglomération.
.
dl. Les conditions . de f=fm&[Link]
. du fleuve Nlaer et lewa
+mnacts sur la vie urbaine
Le fleuve Niger qui ne portait qu'un seul pont depuis 1950 est
depuis avril 1992 doté d'un second pont moderne h 1000m en amont de
l'ancien. C'est ainsi que les conditions de franchissement du
fleuve doivent être analysées suivant deux periodes distinctes : la
période d'avant le second pont et celle d'après la mise en service
du second ou pont FAHD. Et enfin nous ferons des projections dans
l'avenir b la lumi6re des réalit&.
1) L'analyse de la situation d'avant le wPont FAHD"
L'unique pont de Bamako avant avril 1992, aujourd'hui baptisé
"pont des MARTYRS", etait devenu incapable de drainer le flux de
circulation entre les deux rives du fleuve. La capacité dudit pont
était en effet dépassée.
- 36 -
En 1971, la pointe horaire sur le pont serait de 863 vehicules
par heure. , 2500 en 1974 depassant de beaucoup la capacitb de 1400
véhicules par heure prevue par les calculs du HC!M (High-Way
Capacity Manuel) pour ce pont (6).
Aujourd'hui, suivant une enqudte que nous avons r&alisee en
mi-mars, le flux de véhicules avait atteint le chiffre de 3315/h.
Ces donMes sont assez Eloquentes pour dérmontrer que l'ancien pont
ne pouvait plus jouer convenablement son rble de liaison des deux
rives. Et parallUement, la ville continue son accroissement
vertigineux sur la rive droite tout en amplifiant les probl&mes de
traversee Btant donna que la rive gauche abrite tous les centres
vitaux d'activités secondaires et tertiaires de l'agglom&ration.
Ce desequilibre frappant, oblige les populations de la rive
droite à se rendre quotidiennement en rive gauche, soit pour aller
au grand marche central, soit pour aller au service ou pour se
rendre dans les grands milieux d'affaires pour régler differents
probl&mes. Ainsi l'entre deux rives est devenu le thédtre d'un
important mouvement pendulaire qui donne lieu a une intense et
encombrante circulation alimentée par les automobiles, les
cyclomoteurs, les bicyclettes, les charrettes d'dnes, de chevaux,
les pousse-pousse et un grand nombre de piétons. Toute cette sc&ne
se deroulait sur le "Pont des MARTYRS" étant donné que la chaussée
submersible situee a 1,5 km en aval du "pont des martyrs" ne joue
pratiquement aucun r61e dans le franchissement du fleuve.
Cette situation avait fini par éprouver sérieusement les
usagers. 11 etait quotidien et habituel de constater ou de subir
les embouteillages aux heures de pointe sur le pont et sur toutes
les principales voies d'accès.
Outre les retards considérables qu'accusaient quotidiennement
les usagers dont plusieurs fonctionnaires de services vitaux de
l'Etat, on dénombrait chaque jour en moyenne deux accidents sur le
pont ou dans son entourage immédiat.
Consciente8 de la gravité de ce phénomene, les autorités
publiques ont entrepris la construction du nouveau pont avec l'aide
de l'Arabie Saoudite. Ce pont est aujourd'hui une réalité urbaine
de Bamako et il est baptisé au nom du Roi FARD. Il est fonctionnel
depuis début avril 1992.

6
l Schéma Directeur d'Aménagement urbain de Bamako, rapport
d'étude 1979. P44
- 38 -
1) L8ana..lvse de la situation . actuem
Depuis la mise en service du Pont FAHD, m&me avec la
suspension du premier pont pour des travaux de refection
(aujourd'hui termines), il etait facile de constater le
d6congestionnementde la circulation dans les environs immbdiats du
fleuve.
Avec deux echangeurs modernes édifies aux extr&nitds du pont,
un syst&me sophistiqu6 de voies multiples aux points d8acc&s, le
"Pont FAHDN semble monentanement avoir mis les usagers a l'abri des
embouteillages.
Cependant le problème: ne semble pas resolu definitivement si
l'on se refère aux résultats des enquetes que nous avons effectuees
auprès des habitants des quartiers sis h proximite de *l'avenue de
l'OUA", et aupr&s des voyageurs venant de l'intdrieur du pays sur
la rive droite du Niger. Sur un echantillon de 421 personnes
interrogées sur la question du franchissement du fleuve, 374
préfèrent se rendre en ville Nord par l'ancien pont , car disent-
elles, le trafic par le pont FAHD rallonge leurs parcours et cause
des pertes en temps et en carburant. C'est à ce titre qu'on perçoit
aisement le risque de voir Woluer le "pont des MARTYRS" vers la
situation qu'il connaissait avant le "pont FARD" et ce dernier
d'&tre réduit a sa simple valeur architecturale sans pouvoir
pleinement jouer le r61e que ses concepteurs lui avaient assigné.
Cette situation peut s'expliquer d'une part par la situation
geographique du "pont des MARTYRS" très h proximit6 du centre ville
et de ces voies pénetrantes qui mènent directement aux grandes
zones d'activités de la capitale et d'autre part par l'bloignement
relatif du nouveau pont des zones d'intéret de la population, ne
reliant en l'occurrence que de simples zones d'habitation. Par
conséquent, les problèmes de traversée du fleuve risquent de
demeurer si de pertinentes dispositions ne sont pas des maintenant
envisagées par les pouvoirs publics. Face h cela, il faut agir dans
le meilleur délai.
Dans l'hypothèse de parer aux éventualités déconcertantes et
fort probables, il convient tout d'abord de reéquilibrer le
développement de la ville sur tous les plans en faveur de la rive
droite. La création de nombreux centres d'intérêt aux environs du
nouveau pont s'avère une nécessité.
La solution définitive des probl&mes de franchissement passe
nécessairement par la construction d'autres ponts comme si bien
indiqué dans le schéma Directeur d'Am&nagement urbain de Bamako.
- 41 -
A ce sujet, nous approuvons les hypoth&ses suivantes Etablies
dans le SDAU :
- la construction d'un pont entre le "pont des MARTYRSn et la
chaussée submersible. Un tel pont aurait l'avantage :
d'assurer la liaison entre les centres 6conomigues
importants que repr&sentent l'actuelle zone industrielle,
l'aeroport de Bamako-Senou, la gare routiere de sogoniko et la
zone d'activite pr&ue dans le m&ne quartier par le SDAU.
de décongestionner la circulation du centre-ville en faisant
Passer une bonne partie du trafic des quartiers de l'Est et de
Koulikoro directement sur la rive droite vers l'aéroport de
BamakoGenou, les villes de l'intérieur en passant par les
nouvelles zones d'activités prévues b sogoniko et FaladjO.
de lier la rive gauche aux zones d'habitat de Magnambougou
ét de sogoniko.
enfin, le developpement de Bamako étant très probable vers
ie sud-Est et l'Ouest sur la rive droite avec la possibilit6
de creation non seulement de zone d'habitat, mais d'une autre
zone industrielle, l'utilite du pont en question et l'interet
de la localisation proposée ne sont plus à, démontrer.
- Le réam&agement de la chaussée submersible. Un tel projet serait
souhaitable dans l'immédiat pour le trafic des vohicules gros-
porteurs desservant la zone industrielle et d'autres centres
économiques de l'Est de Bamako qu'il pourrait lier aux autres
villes de l'ext&rieur du pays sans passer par le "pont des MARTYRS"
et le centre-ville déja saturé.
Atteindre ces objectifs, serait un pas important dans la
ma$trise des déséquilibres urbains de Bamako, gui sont à leur tour,
etroitement liés aux contraintes naturelles. Cependant, d'autres
facteurs de contraintes et de déséquilibres écologiques d'ordre
naturel et humain continueront a dégrader la grande agglom8ration
et la rendre désagréable & vivre : il s'agit des facteurs
climatiques déja étudiés et des questions relatives a la végetation
de l'environnement urbain, une végétation pressée de toute part
sous l'effet de l'urbanisation rapide, et façonné par l'homme.
- 42 -

CHAPITRE 2 : UNE VEGEI’ATION TRANSFORMEE PAR L’HOMME


Si l'on en croit aux t&nofns de l'histoire dont nous avons eu
a interroger quelques uns , Bamako 6tait encore il y un peu plus
d'un demi-siècle, une ville dont la végétation périphérique otait
luxuriante. Rn effet, elle Btait tr8s dense, peuplae d'esp&es
Vari&es et d'une faune tr&s riche. Sur la quasi-totalitd des zones
d'aujourd'hui Urbanis&es de la rive droite et de celles des
nouveaux quartiers de la rive gauche, coexistaient des forets,
buissons, plantations fruitières, champs de cultures cér&ali&es et
pdturages. Les sommets des chafnes de collines qui entourent la
ville étaient avec les versants, entiarement couverts de
v&gétation. Les bordures du fleuve Niger Qtaient par endroits de
verftables' forets galeries. A l'intérieur de la ville existaient
plusieurs essences d'arbres et des vergers.
1 - &A SITUATION ACTUELLE DU "GRAND DOHAINE BORESTIRR PERI-WR-
PB BAUAKO"
Ce qu'on appelle le "grand domaine forestier peri-urbain" de
Bamako est le domaine &cologique qui entoure l'agglomération de
Bamako et dont les limites géographiques se situent a des rayons
allant de 60 h 100 km voire 120.
Cela dit, tout visiteur attentif et curieux, quelque soit
l'acch qui le m&ne en ville, est plus ou moins frapp6 a plus de 60
km h l'entrée par l'amenuisement du couvert veg&tal, son
irregularite, la rareté remarquable: des grands arbres
caractérisant la savane boisée (excepte le Karité et le NBr&
resk ie:t&s pour leur rentabilité économique et alimentaire),
l'existence de vastes domaines de plantations et de cultures
céréalières et des petits hameaux dispersés ça\et lh a la recherche
de terres cultivables.
Ce déboisement, en enlevant b la terre ou au sol sa couverture
de protection contre les intempéries, 1'exposeMz a une dégradation
dangereuse liée h l'érosion hydrique et éolienne.
Cette situation a entraIné une forte réduction de la
production agricole péri urbaine au niveau des hameaux pauvres et
sous équipes et des conditions pénibles d'approvisionnement en bois
dont le circuit devient de plus en plus long.
Sur ces terres dénudé@, les vents soufflent b une vitesse plus
élevée.
- 43 -
Cette augmentation de la vitesse des vents balayant la ville,
d'une moyenne de 2,90m/s en 1963 (') à 3,78m/s en 1991, peut être
liée h la disparition de grands arbres qui étaient des écrans de
protection de la ville contre la violence des vents. L'état de
dégradation inquiétante du grand domaine forestier peri-urbain de
Bamako est le fait d'une urbanisation galopante, d'une pression
démographique exceptionnelle et de la croissance des besoins d'une
population à l'écrasante majorité pauvre et qui repose
essentiellement sur la nature. C'est ainsi que l'essentiel ou
presque toute sa consommation énergétique, tous ses objets d'arts
et plusieurs activités de l'artisanat sont uniquement basés sur
l'exploitation du bois.
A) Les facteurs Probables du nhénomene
Tableau no111 : Données statistiaues d'ensuête sur la consommation
énersétique à Bamako

mirrrge blmchisrcur

-BOi# 63 16
-OU 0 1
-Boiac<gu -t
7 0
- couluu ckcuique 0 3
70 20

70 20

Source : enquête par questionnaire-avril 1992


Le tableau ci-dessus met en évidence l'importance du bois dans
la consommation énergétique d'une part, d'autre part l'étroite
relation entre le niveau de vie d'une population et ses besoins
tirés de la nature.
Au regard du tableau, nous notons que 164 ménages sur 210
enquêtés consomment uniquement le bois ou le charbon de bois et
qu'un seul de ces ménages se trouve en zone de villas soit 0,60 %.
Le reste, 163 ménages dans les quartiers résidentiels pauvres soit
99,40 %. L'enquête révèle également que 100 % des blanchisseurs
professionnels qui travaillent dans les mêmes types de quartiers,
utilisent le charbon de bois.

7
: D'après les services de la météorologie, ASECNA Bamako (le
responsable de la surveillance météorologique).
- 44 *
Une mention speciale doit etre faite pour les spontanes où 100
Z des consommateurs d'energie n'utilisent que le bois ou son
charbon. En effet sur les 210 familles enqu&t&es et les 85
blanchisseurs interroges, il ressort que 78,09 % consomment
uniquement le bois ou le charbon de bois, 14,76 % uniquement le gaz
et 7,4 % utilisent conjointement gaz et bois pour ce qui concerne
les mhnages.
S'agissant des blanchisseurs, on note 68,32 8 qui utilisent
uniquement le charbon, 2,35 % le gaz et 27,052 le courant
Blectrique.
Outre les menages et les blanchisseurs, nous avons eu
180ccasion de causer avec un echantillon d'une quarantaine
d'artisans d'objets en bois et des ouvriers de trois boulangeries
de type traditionnel.
Au niveau des artisans, nous avons constate que le bois est la
matiare première pour tous leurs travaux en ce sens que c'est du
bois qu'ils fabriquent leurs articles et c'est le charbon qui
reprgsente l'unique source d'énergie pour l'atelier.
Ces artisans consomment donc d'importante quantite de bois par
jour avec une préférence pour les gros troncs d'arbres qui selon
eux, servent a fabriquer des articles résistants. Ils produisent
notamment des mortiers, des pilons, des table bancs, des tables,
des lits en bois, des chaises, tabourets, des dabas, couteaux, tam-
tams, des charpentes pour les toitures et les hangars de marche et
de maison etc. Les mêmes remarques sont valables pour les 3
boulangeries visitées. Elles consomment excessivement de charbon de
bois et de bois (soit en moyenne 100 kg/jour et par boulangerie) et
appartiennent aussi au secteur dit informel.
L'ensemble de ces besoins de plus en plus croissants et tr&s
varies déterminent l'importance du tonnage des produits forestiers
que l'agglomération sollicite de son environnement naturel comme
l'indiqumtin partie les tableaux n"IV et V ci-dessous.
On estime h 470 000 st&res le volume de bois consommé
annuellement S Bamako. Lorsque on transpose ce chiffre en terme de
superficie déboisée sur la base d'une moyenne de 26 m3 de bois que
peut porter un ha de terre dans les régions situées entre les 11°9
et 12O6N, on aboutit à une moyenne de 18076 ha de terre deboisés
par an aux alentours de Bamako dans un rayon de 60 a 100 km. A
cette allure, d'ici l'an 2000 l'environnement de l'agglomération de
Bamako subira de profondes mutations morpho-climatiques.
- 45 -
Tableau no IV : les woduits forestiers enresistrés au cours de
l'année 1991 Dar les Dortes d'entrée de Bamako en 199%

SaUnI

YilWdio 45 958.8 23 III.% I 750 I 350 6 339 7766 25ooiuu.46


&uukA 4317

BadabkA- 15 805 2 938.29 53 100 161

!ùfo 10 II5 t 158.04

Lido 33 in 3 37x.10 150 2 no 900 25 42 &SU~


230 bois dc pcrrkr d’écome
mchis 25oboir
d’ibtncr

scbankm 3 102 988 2 180 1030


pmkr

CFM 8 578 I 067 150 9205 266uism


d’oiuuu

Kaubuh 205 4 026.26 150 42 nxkaux


d’6cace de
npphire
sIabbaa : 4317

rotaux 144 233.8 41202.44 14 003 34 800 230 19 519 250 a 011
b&sdcmchir bch d’cbhe

Source : DREF (Direction Régionale des Eaux et Forêts) Bamako -


rapports annuels 1990 - 1991.
Lors des événements de mars 1991, les documents du poste de
Sebenikoro ont été brûlés. De ce fait, les produits enregistrés en
mars n'ont pas pu &tre pris en compte.
- 46 -
Tableau No V : Comoaraison des résultats enreaistrés des
produits forestiers nour 1990 - 1991

Produits enregistres 1990 1991 en % en 8


- Bois de chauffe 251 277 st 144 233,80 st 42

- Charbon de bois 68 105 qt 41 202,44 qt 39

- Bois d’oeuvre ttadriere 23 965 14 003 41

-Bambou 29 385 34 800 15

- Perches 28 321 19 579

- Grumes 1 190 8 011 85

- colis de poissons 152

- Poissons 10 500 kgs 2 000 kgs 80

- Caisse d'oiseaux 800 266 66

- Rouleau de tamis 123 42R+6t de


rachis
- Statuette 1 620 97

- Manches de daba 46 46

Source : DREF (idem)


A ces chiffres, il faut ajouter la quantité importante de ces
produits qui passent soit dans la clandestinité et ne sont pas
enregistrés, soit en petite quantité domestique qui ne fait non
plus l'objet d'enregistrement. Cela est évalué à plus de 200 000
stères de bois et 80 000 qt de charbon par an.
Face à une telle tendance de destruction de la nature, les
autorités, par le biais des services des Eaux et Forêts,
manifestent leur préoccupation et tentent de réagir sur tous les
fronts de la dite menace écologique. Au nombre de ces réactions
plus ou mois timides, on peut noter la politique de vulgarisation
des foyers améliorés. Dans ce contexte, les résultats sont
satisfaisants. Sur 126 familles qui n'utilisent que le bois, nous
en avons trouvées 111 qui possèdent les foyers améliorés (soit
88,09 %). Les autorités ont également tenté d'encourager l'usage du
gaz, mais faute de mesure d'accompagnement sur le prix de ce
produit, et de large information, cette entreprise a presque échoué
(revoir Tableau nov).
- 47 -
Par ailleurs, elles ont élabore une politique de reboisement
qui demeure en vigueur et de fermes mesures de protection de
l'arbre dont les résultats sont encourageants en ville et decevants
en campagne et dans le domaine peri-urbain constamment soumis a des
exploitations frauduleuses et anarchiques, a des feux de brousse
dont 33 cas ont 6tB enregistrés au cours des annees 1990-1991 (*)
et a une agriculture itinérante sur brQlis ainsi qu'aux al&as
climatiques.
Cependant les eaux et forets et de nombreuses ONG
(Organisation Non Gouvernementales) conjuguent aujourd'hui leurs
efforts pour arrater le recul combien rapide des limites de la
v&gdtation par rapport au District. Cette action s'est traduite par
la cr6ation depuis des decennies de grandes reserves naturelles en
vue de rationaliser l'exploitation des produits forestiers. Ces
réserves sont localisées globalement tout autour du District de
Bamako et dont la gestion relève... de la compétence de serviWdes
eaux et forets du District et de la region de Koulikoro. D'autres
sont gerbes par de projets nationaux ou étrangers. En effet,
l'ouverture des champs de cultures, la coupe de bois,
l'exploitation de paturage h bétail, les feux de brousse, la chasse
et la peche sont soumis a un contr8le rigoureux.
D'autre part, les services des eaux et forets, les ONG, les
particuliers effectuent annuellement des campagnes de distribution
et de plantation de plants d'arbre en vue de régénérer une
végétation péri-urbaine en agonie. Le Tableau No VI ci-dessous en
donne quelques indications significatives.

a : Direction régionale des eaux et forêts, rapport annuel 1991


Bamako. P8 - 13.
- 48 -

Tableau No VI : Résultats de 1990-1991 des campaqnes de


reboisement.
<
1990 1991 * %

Pro4ucti dc PIanIs 70 oal 61 500 12

Distrihutiaa de dm<r

- Hmcs vives 235 2n5

Source : DREF (Direction Régionale des Eaux et Forêts) Bamako


Il convient de souligner que ces opérations indiquées dans le
Tableau No VI ont concerné aussi bien le domaine péri-urbain que
celui urbain proprement dit. Par ailleurs, l'une des actions
déterminantes et appropriées a été la création des reserves
naturelles qui caractérisent essentiellement aujourd'hui la
végétation du "Grand Domaine ForestiertU péri-urbain de Bamako au
vrai sens du mot.
B) Les réserves naturelles péri-urbaines de Bamako
Presque tout autour de Bamako, dans des rayons allant de 60 à
120 Km, la création des réserves de bois a été successivement
initiée par les autorités coloniales et les autorités nationales
pour lutter contre la désertification péri-urbaine.
Ces réserves sont les suivantes :
- Bamako Est : sur la rive droite du Niger.
La forêt classée domaniale de Fava : Elle est située à 50 Km
du District et traversée par la RN6 (Route Nationale No6 qui mène
a Ségou) . Elle couvre une superficie de 80 000 ha.
La forêt classée de Soussan : Elle abrite le village de
Toubabougou et est arrosée par le fleuve Bafing à son extrémité
sud, par le fleuve Baoulé à l'est.
- 49 -
Elle se situe a 100 Km de Bamako au sud-est et s'Btend sur une
superficie de 40 000 ha (9). La foret de Soussan est une foret
"f8tichen et menac8e perp&uellement par l'acharnement des paysans
a y ouvrir des champs. Elle produit beaucoup de bois et Bamako
serait son client principal. Cependant sa gestion souffre
énormdment de l'incompr&hension entre les populations riveraines et
les agents forestiers.
- Bamako Est : sur la rive gauche.
Ici, il y a essentiellement la foret classée de Tiw Elle
se situe a 30 Km de Bamako. Traversde par la RN14 menant a
Koulfkoro, et limitee au nord par le village de Tienfala, elle
occupe une superficie d'environ 15 000 ha. La gestion souffre moins
de problème.
- Bamako Ouest
La foret classée des Monts winqg : Elle se localise sur les
hauteurs du Bin-Koulou, Biendougou-Koulou, Kouloutiè et de
plusieurs collines moyennes. Elle est limitée h l'Est par Samanko-
plantation et traversee du nord-est au sud-ouest par la RN5 menant
a Sibi en direction de la République de GuinBe. Située a 25 Km de
la ville de Bamako, elle s'&end sur 15 000 ha.
re de nrote tion de Tabakorq : elle se situe a 20 Km
de Bamako et abrite le ce:re de formation pratique forestier.
A ces réserves principales, s'ajoutent d'autres petites
réserves dispersées ça et 18 de part et d'autre des rails au nord-
ouest de Bamako. Il s'agit de la foret Class&e de Fali-Kourou, de
la réserve de Nafadji, de celle de Negala (h 60 Km de Bamako), des
forêts protégees de Bassofala de Djinina de Féna et la réserve de
faune de Kéniebaoulé.
Maigre la presence d'un si grand nombre de réserves naturelles
qui fournissent aujourd'hui une importante partie de la
consommation urbaine de bois, la menace écologique demeure.
Les besoins en bois de chauffe, charbon de bois ou bois
d'oeuvre s'accroissent parallèlement b la croissance damographique
urbaine. A l'état actuel des choses l'on peut affirmer que les
réactions sont moins vigoureuses, les feux de brousse, les coupes
abusives frauduleuses continuent et les régénérations s'op&rent
tr&s lentement ou ne se produisent même pas.

9
: D'après 1'OPAEF (Opération de Protection, d'Aménagement des
Eaux et Forêts) chargée de gérer la dite réserve, suite h une série
de questions posées au chef de la division lwAménagement des
foréts".
- 50 -
Face a ce ph&nomene tres préoccupant, des actions concrètes,
adequates sont plus que jamais nécessaires.
- De vigoureuses campagnes d'Éducation, d'information de
sensibilisation sur la menace et les dangers Ecologiques, et cela
a travers la radio, la t&lWision, les journaux, les siminaires,
les Hunions et assemblhes de toute nature, l'enseignement a tous
les niveaux et des actions de masse variees soutenues par des
:%n environnement vert = un environnement
"Arr&tons le suicide" et "un arbre coup6 bquivaut a une
pluie p&due et a 100 ma de terre désertifiés@@.
- Une Mritable d&mocratisation de la gestion des Mg&aux en
responsabilisantde façon participative les populations concernees.
- Une application stricte et sans complaisance aucune des
textes et règlements établis sur le sujet.
- Une exhortation massive des populations h la consommation
des énergies nouvelles suivie de mesures d'accompagnement fiscales
sur ces dernières.
- L'élaboration et l'application d'une politique efficace de
la demographie urbaine pouvant amortir le poids démographique.
En réalisant ces objectifs parmi tant d'autres, Bamako aura
plus ou moins gagné l'une des batailles de son combat quotidien;
mais il s'agira pour la ville de trouver simultanément une solution
urgente aux questions actuellement délicates des espaces verts
aménagés sur le territoire urbain proprement dit. Cela est d'autant
plus souhaitable que les espaces verts de toute catagorie de la
ville sont soumis constamment h des transgressions, presque passées
dans 1'indiffGrence; ils présentent un État de dégradation de plus
en plus accentuée.
II I &ES ESPACES VERTS : u# DOMAINE PREOCCUP~
La situation des espaces verts h Bamako se traduit
essentiellement par leur insuffisance, leur dégradation notoire et
l'indifférence quasi-totale que la population et les autorites
urbaines d'avant Mars 1991 affichaient a leur endroit.
En dépit de leur survivance dans nombreux quartiers tramés, et
de la nouvelle politique d'espaces verts initiée par les nouvelles
autorités transitoires et republicaines, la question demeure
brûlante et pr&occupante.
- 51 -
Si-on actuelle des esnaces vertg
De la foret classée de Koulouba aux micro-espaces verts
aménagh dans les contrees communales, la situation des espaces
verts de la ville est encore loin de repondre aux normes, aux
attentes et aux besoins réguliarement croissants d'une urbanisation
rapide.
En effet, autant les plans d’amhagement d’espaces verts
contenus dans le SDAU sont complaisamment violés, autant les
espaces verts existants s'atrophient sous l'effet des
transgressions quotidiennes d'origine humaine et animale. Par
cons&quent, ils connaissent tous un 6tat de délabrement majeur; en
foi de quoi ils ne peuvent aucunement accomplir leurs fonctions
originales.
D'une maniare génerale, les problèmes relatifs aux espaces
verts du district se situent h deux niveaux :
- sylvicole
- biotique
a) Problèmes sylvicoles.
Notre enqudte nous a permis d'apercevoir un certain nombre de
défaillances h ce niveau. On peut raisonnablement citer :
- le manoue d'élaaaae : ceci s'observe surtout au niveau des
vieux callcedrats qui font d'ailleurs de nombreux Chablis en
hivernage, causant aussi de nombreux dégdts : coupure,
d8rangement de cgbles hlectriques, téléphoniques et
effondrement de toitures.
. aae d'entretien
- le Pansue de ta111 : il se traduit par des
houppiers mal for-m& ou des tiges fortement branchues depuis
la base.
- le mancrue de désherbaae : il a effacé pour la plupart des
espaces verts l'aspect
. beauté et loisir.
pas de reaussas : cela est remarquable au niveau de la
plupart des espaces verts.
b) ProblGmes biotiques.
L'impact de l'homme et ses compagnons sur les espaces verts de
Bamako est remarqué par : les entailles, arrachage des plantes, les
attaques d'animaux,...
- les entaille8 : il n'est pas rare de remarquer des entailles
sur les caïlcédrats et ceci pour des fins pharmaceutiques.
Parfois, certains s'attaquent au syst&ne racinaire.
- 52 -

- srachaae des olants : cette pratique peut etre li6e soit a


l'ignorance du role protecteur de l'arbre de la part des
populations, soit par simple distraction désinvolte de jeunes
délinquants.
- les animaux : ils sont la cause de rabougrissement ou de
malformation de nombreuses tiges.
En plus des al6as caus6s par l'homme et ses biens, il est
aujourd'hui regrettable de constater que les zones vertes sont
investies de dép6ts d'ordures m&nag&res, d'eaux Us&es domestiques
et de cadavres d'animaux divers.
En effet, par ignorance ou par mipris, les citadins confondent
très souvent les espaces verts aux zones d'6vacuation des dechets
humains et animaux. Toutefois, un bref inventaire des espaces verts
de l'espace urbain de Bamako permettra d'appréhender de façon
specifique les contraintes de chaque zone verte et son importance
proportionnelle dans l'ensemble du domaine vert de la capitale.
B) Inventaire des esnaces verts de Baz&q
a) La foret classée de Koulouba
- Situation geographique du domaine.
Au nord-ouest de Bamako se trouve une barriare rocheuse, un
vaste plateau gréseux, le prolongement des Monts-Mandings. Un des
ruisseaux descendants, le Ballassoko non permanenta ouvert dans le
rocher une large vallée qui permet la communication de Bamako avec
les deux quartiers : Koulouba et Point lcGn.
Dans cette vallée à droite en montant vers Koulouba, se trouve
le Parc Biologique de la forêt classée de Koulouba.
Il se divise en deux parties :
* Le Parc Zoologique avec une superficie de 13 ha;
* Le Parc Botanique avec 17 ha.
Le Parc Zoologique se trouve h la partie supérieure et Parc
Botanique b la partie inférieure.
- Historique
La vallée aux abords tri% accus& était presque compl&tement
déboisée. La pluviométrie (entre 1200 et 1500 mm) assez mal
repartie (fin juin-juillet et aout-septembre) la violence des
pluies et la puissance de frappe de ces précipitations avaient
provoqué une érosion presque complète. Les rochers mis a nu par
l'érosion créaient un micro-climat extrêmement ingrat pour le
reboisement naturel.
- 53 -
La violence des courants de ruissellement pendant les mois de
juillet 2k septembre menaçait chaque ann0e le quartier infbrieur de
Medina-Coura. Le professeur Monod, de passage h Bamako en 1943, et
le botaniste Fauque projetèrent de creer un arboratum dans la
partie infarieure de la valMe ('O).
Dans l'ex&cution de ce projet, ils furent aidés par le service
des eaux et forets et l'IFAN (l'Institut Fondamental d'Afrique
Noire).
Mais ce commencement atait stirement tras difficile, car nous
lisons dans un ancien rapport : "... Il n'est pas besoin de
souligner les difficultés de début, 1'indiffWence et le
scepticisme quasi genaral, l'hostilite d'une partie de la
population a qui l'on interdisait le passage du bétail, les feux de
brousse, les coupes de bois,... enfin le manque de personnel
utilement spécialis& et de moyens 'appropri8s...n
La situation Woluera favorablement a partir de 1947 au temps
du Gouverneur Louveau. La partie basse de la valMe a et& reboisée,
quelques barrages permettaient d'avoir une certaine influence sur
le courant du marigot. Dans la partie haute, qui était mise en
défense absolue, se crhait une vegétation arbustive, qui avait
naturellement son influence sur le micro-climat et qui freinait
considérablement l'drosion de la vallée si bien qu'aujourd'hui ce
terrain est devenu un des plus pittoresques sites de la vallee de
Bamako.
Avec l'indépendance de la République du Mali, les services des
Eaux et For&ts ont pris en charge le Parc biologique pour le
confier ensuite b une opération de gestion forestiare.
- R6les assianés au Parc
Dans l'entourage immédiat de Bamako, sinon dans l'intérieur
proprement dit de la ville, se situe le parc biologique. Il reflate
la vie et le milieu naturel des zones soudaniennes. Par sa position
geographique et son étendue, le Parc impose lui-marne a la ville son
utilisation. Les r8les de ce parc sont les suivants :
social : il est le lieu de repos par excellence et de
détente pour la jeunesse et les familles aisées puisque
certains habitants de la ville estiment qu'il est souvent
nécessaire de se retirer de la ville pour mieux se reposer ou
réfléchir.

10
: DIARRA (R) 1986 contribution à l'étude des possibilités de
réhabilitation du parc biologique de Bamako, rapport de fin
d'étude. P.7
- 54 -
la faune et la flore d'Afrique sont d'un
Gk25F%Fint Pour cela un Parc biologique oil l'on peut
observer les animaux sauvagk en semi liberte dans leur milieu
naturel, devient sans doute un site d'agrement.
- scientifique : le parc biologique constitue un lieu de
recherche en botanique et en faune. C'est le lieu où, les
B18ves et les 6tudiants en plus de la theorie, peuvent
observer les réalites sur le terrain.
- Bcologique : autrefois, cette valMe aux abords très
degrades, Btait presque compl8tement d&bois&e. L'Brosion y
avait gagne du terrain. Mais grdce a la crdation du Parc, la
dégradation fut arr8t8e et l'oquilibre initial fut retrouve.
Le Parc biologique nous a alors permis de sauver une partie et
de la conserver.
Cependant, a l'instar des autres zones du District, le Parc
Biologique traverse une conjoncture préoccupante, lui enlevant son
efficacité et contrariant ses objectifs.
Parc Zooloai~
Il représente aux yeux de beaucoup de gens la partie la plus
intéressante mais aussi la plus critiquée. Les problèmes sont
essentiellement d'ordre administratif : la vieillesse du personnel
d'entretien et de gardiennage et la faiblesse de son effectif
posent des problèmes d'organisation. Il est souhaitable que les
autorités comp8tentes effectuent de nouveaux recrutements de gens
plus qualifiés et la réorganisation adéquate du peu de manoeuvres
disponibles.
.
Sur le dan fmanciec
L'institution de la taxe d'entrée au zoo a dkourag& un public
important pour la visite. Toutefois, le principe reste a maintenir
car non seulement c'est une source de recette, mais cela a aussi un
r81e éducatif. En effet, la population finira par prendre
conscience de tous les sacrifices consentis par 1'Etat pour son
Éducation et ses loisirs par le moyen d'un Parc Zoo a sa portée. Il
est souhaitable qu'on augmente le taux de prime de capture, ne
serait-ce que d'une manike sélective. Cela réduirait le taux de
vente aux touristes plus offrants.
- Sur le nlan de l'infrastructure
La situation actuelle des enclos répartis dans ce domaine,
montre qu'il reste beaucoup h faire. Un Parc Zoo d'une telle
importance, ne devrait pas être une simple "ménagerie" qui expose
une collection de bêtes dans des cages plus ou moins grandes.(")

*' DIARRA (R) : idem P.14


- 55 -
Ainsi, il convient de mener les actions suivantes :
- répartition des barrières de skurit6 et renouvellement des
grillages ab1m6s;
- multiplication des cages pour eviter la competition chez les
animaux;
- cr&ation d'un nouveau parc;
- apport de nouvelles especes d'animaux pour l'occupation des
enclos presque vides;
- reboisement des parcelles déboisées du parc;
- rénovation de la buvette actuellement non fonctionnelle. Cela
soulagerait les visiteurs assoiffhs.
- installation de bancs de repos pour les visiteurs fatigues.
D'autre part, constatant qu'il y a plus de morts que de
naissances en faune (voir Tableau NO VII) il convient de renforcer
l'assistance vétérinaire.
Le Parc Botanh?us
Ici les problèmes sont d'ordre organisationnel et
d'infrastructure. C'est ainsi que les actions de rehabilitation
doivent comporter entre autres :
- le reboisement des blocs IV et V avec apport de nouvelles espaces
floristiques;
- l'entretien rogulier des pistes et leur désherbage notamment
pendant l'hivernage;
- la construction d'une clôture et l'institution d'un gardiennage
strict ou d'une patrouille pour la protection du domaine;*
- il faut enfin électrifier les lieux.
Outre les problèmes d'ordre technique et organisationnel, la
forêt classée de Koulouba, sur son immense superficie de 2 010 ha,
drastiquement limitée par des zones d'habitation et abritant m&me
certains villages (au nombre de 3) subit d'autre part des
exploitations anarchiques.
- 56 -

Tableau VIX l Tableaux analyticfues Dour la Déride du Ier janvier


au 30 octobre 1986

DATE3 EiPECE? SI?X3 NOMBRE

NAISSANCES

2Wo2/86
27/02/86
23M/a6
lai05186
wwu6
1 mw36

05/oI:a6 PWC+C dc I
11~01~X6 chcd mile 1
[L(IO.?,‘X6 CMd mac 1
04103/$6 LACCrU mik 1
M/O3/86 L#cacuux mikr CI fanelkr 2
Mm/R6 Lhcuu fcmcik I
23/01186 aacd aùk i
M/O1116 ouib mik 1
[Link].5186 Baboh mac 1
36/05/86 cnnrd casqud mi* I
IWO5186 Ccphrbpbcdcg~ fcmelk 1
14tOwa6 Aigk pkkur 1
mnla6 Auwck mik 1
xKn/a6 oudk h fral1 roux mik 1
16mla6 DcdraiDc 1
I1107/86 oie 1
13l07/86 Dcadr<rioc 1
17mla6 Rrroquct mac 1
wm86 CcpW~ 1
17/10/R6 CcpWh 1
!77/10/86 oumdc I
aim/a6 Dcodrocioc I
Totd:23

Source : DIARRA (RI : contribution à l'étude des


possibilités de réhabilitation du parc biologique
de Bamako.
Ce sont les coupes frauduleuses de bois, l'ouverture extensive
des champs et les feux de brousse généralement provoqués par les
malades mentaux.
Face à une telle situation, des mesures de protection plus
efficaces sont nécessaires. La méthode de gestion participative
doit en être un maillon principal. Il s'agit d'associer les
populations riveraines de la réserve à sa protection et à sa
gestion de l'amont à l'aval.
Le Tableau No XXXXII rend compte de la richesse en diversité
floristique du Parc Botanique.
- 57 -
b) Les autres espaces verts
Tableau No VIIT : Inventaire des esDaces verts de la ville

Tableau VIII : EsDaces verts (suite)


-
7

Ao&

1986

6olm

55 lu

Frc macI Ih 1988

Pépuüre de 28 hr
lAfübamcu

AuJirrhu mdicx “C~l 1968 PoutihIm cl


exudlraldc
rtvekbq
dcr ri5gcr

SXS
19M

Source : SDAU (Schéma Directeur d'Aménagement Urbain) 1986,


Bamako
- 58 -
Cl L’homme l’arbre h Bana.&
L'État actuel des espaces verts décrit ci-dessus illustre a
bien des egards les considérations que l'homme de la ville de
Bamako porte sur l'arbre.
A cet effet, il convient de pr&ciser que pour le citadin
bamakois, espaces verts et arbre ne peuvent Btra rassemblhs sous un
meme concept encore moins l'arbre de l'espace public et l'arbre
familial. Par consdquent la population ne leur affecte pas les
m&mes objectifs Bcologiques et ne leur accorde pas le meme
traitement. S'il est rare de constater les citadins admirer les
zones vertes par des sorties de dhtente, il est cependant fr@uent
et meme genéral de voir les personnes regroup6es a l'ombre des
arbres plantés a l'intbrieur ou b la devanture des concessions.
C'est la ou se passe l'essentiel de la vie familiale.
D'autre part, ce rble est davantage sollicité pendant la haute
chaleur durement ressentie dans les pays du Sahel. Les plantations
privées familiales sont presque entrées dans l'bventail de la
culture bamakoise. A peine une parcelle est obtenue, m&me nue, est
sit8t materialisée par deux ou quatre pieds d'arbre a l'intkieur
ou b l'exterieur.
C'est ainsi que les arbres de devanture ou d'ombrage reçoivent
le meilleur entretien et retiennent la plus grande attention de
tous sans exception, pragmatisme oblige. Les concessions abritent
en moyenne 4 pieds d'arbres chacune dans tous les types de
quartiers.
Malheureusement, ce vif intérêt pour l'arbre prive ne depasse
guere les limites de la concession et rares sont les gens qui
aident h la protection de l'arbre d'alignement, d'embellissement,
bref les plantations publiques.
En effet, ces végétaux, chèrement acquis, sont exposas a la
délinquance des enfants, h l'ignorance des adultes et aux attaques
perpétuelles des malades mentaux et des animaux en divagation
permanente. A ceux-la , il faudrait ajouter les émeutiers qui en
1991 jusqu'au 26 mars se sont attaqués b toutes les réalisations
des pouvoirs publics, épreuves dures qui n'ont pas epargne les
éléments vég&taux a Bamako. A cette occasion, plusieurs opérations
de reboisement qu'avait effectuées le service des eaux et forets
ont été r&duites au néant.
Autant dire que les plantations d'arbres publiques ne sont a
l'abri d'aucune désinvolture, d'une population qui ignore presque
tout du role écologique de l'arbre urbain. Elles sont brisées par
les passants, Pi&ons ou véhicules, soit enlevées frauduleusement
a des fins personnelles ou tout simplement leur développement est
handicapé par des atteintes nombreuses et variées.
- 59 -
Dans ces conditions ou la population ignore les relations de
compl&mentarit& entre les plantations publiques et les arbres
prives, il est plus que jamais necessaire et urgent de concilier
les concepts et de sensibiliser la population sur le r61e
Ecologique de l'arbre en gbn&al dans le but de raussir sans trop
d'obstacles la politique actuelle des espaces verts a Bamako.
actuelle des

Par rapport a tous les probl&nes complexes relatifs aux


espaces verts, les autorités transitoires et republicaines ont
decidé de passer a l'action.
Le plan directeur de Bamako a blaboré une strategie s'etendant
sur une période de 21 ans allant de 1989 a 2010. Et sur les 340 Km2
de Bamako, le schéma directeur affecte 1501 ha pour la crbation
d'une armature verte.
Des normes sont privues pour occuper l'espace : 15 PS au
minimum d'espace vert urbain par habitant et 25 ma par habitant
pour les espaces verts suburbains.
Le schéma directeur qui a et& rWis& part d'un certain
nombre- de constats.
- Premierement la proportion d'espace vert par habitant tend a la
baisse de 25 m2 en 1979, elle est passée h 15 ma en 1986 (*').
- Deuxièmement, cette baisse s'explique par le non respect du
programme retenu par le premier schéma de 1981 pour la crdation
d'une armature verte.
- Troisièmement, la diminution des zones vertes a travers la ville
due à l'augmentation de la population du District et a l'extension
de l'habitat spontané.
C'est donc devant cette faillite que le premier schdma
directeur a ét& révis en septembre 1990. C'est ainsi que d'ici
l'An 2010, le schema prévoit des zones vertes h préserver, de zones
vertes b crber, des ceintures vertes et des bcrans verts. Cette
politique est conçue par la Direction nationale de l'urbanisme, les
eaux et forets, les communes, certains centres de recherche
(zootechnique, fruitière)
Les zones vertes à préserver s'étendent sur les 6 communes de
Bamako. En Commune 1, il y a la partie boisée de la réserve de
Sotuba sur 830 ha qui doit Btre maintenue comme espace vert et
reboisée avec de jeunes plantes.

12 l SDAU (Schéma Directeur d'Aménagement et d'Urbanisme) 1986


P.59 l
- 60 -

En Commune 11, il y a les secteurs mararchers dans la zone de


Sotuba et au sud des quartiers de Djelibougou et de
Boulkassoumbougou pour 33 ha. Elles doivent Btre prot&ghes et
Evacuées de toutes les occupations illicites et spontan0es. En
Commune IV, 1'ASECNA est charge de son terrain boise de 60 ha en y
plantant de jeunes pousses pour le renouvellement et en surveillant
en permanence les plants. Outre l'ASECNA, les eaux et for&8 sont
chargées de la pdpiniare de Lafiabougou pour 20 ha et du domaine
compris entre le Motel et le Camp Para sur 55 ha en bloquant toute
construction d'habitat et autre forme d'occupation. En commune VI,
les 92 ha du centre de Bol16 seront reboisds et les arbres proMg&s
par les eaux et forets.
Les zones vertes a creer, concernent bgalement les 6 communes.
Elles doivent occuper 97 ha. Il s'agit notamment de parcs
d'embellissement, de jardins d'agrément, de secteurs bois& aux
flancs des collines, de rideaux d'arbres. Avec l'appui des Eaux et
Forets, les autorités municipales veilleront a leur protection, a
empêcher toute forme d'installation sur ces sites.

Pour ce qui est des ceintures vertes, il en prevoit surtout


aupras des cimetières existants.
Quant aux Ocrans verts, ils serviront de rideau pour la
tranquillité des populations. C'est ainsi qu'en Commune II, un
Écran sera fait aux abords de la zone industrielle. Cela permettra
d'isoler les unités industrielles de l'agglomeration habitée et
servira de tampon pour la tranquillité des populations riveraines.
Sur le domaine de l'aéroport en Commune V et VI, un Écran sera
érigé contre les nuisances acoustigues et meme gazeuses de
l'aéroport. Il en sera créé également en Commune IV entre
l'aérodrome et le quartier de Lafiabougou et egalement pour
l'utilisation de l'ancien cimetigre. Deux zones a boiser sont
prévues en Commune IV et VI pour sauvegarder le site naturel des
lieux.
Ce programme parart ambitieux. Hais moins ambitieux a la
hauteur de la nécessité d'espaces verts. L'un des probl&mes
auxquels cette politique bute, c'est le manque de suivi. Pour le
moment, il n'y a que la DNUC (Direction Nationale de l'urbanisme et
la Construction) qui assure le volet. )1
On souhaite qu'il y ait une Commission interminist&ielle pour
g&rer ce secteur" a affirmé le Directeur général de ce département.
Mais s'il y a des obstacles qui semblent infranchissables, ce
sont l'habitat spontane et le manque de moyens financiers. A cause
de l'habitat spontane et méme parfois de l'habitat planifie, bons
nombres d'espaces verts et de places publiques ont disparu.
Conséquence : diminution des espaces de délassement et de
promenade. Par manque de moyens, beaucoup de points n'ont pu etre
concrétisés.
- 61 -
Quant on sait que l'incidence financiare du sch&na directeur
d'Am6nagement et d'urbanisation de Bamako s'&làve a 2 071milliards
83lmillions de CFA dont1800 milliards 806 millions (soit 86,92 8)
attendus des promoteurs en investissement, on peut se demander si
les 7,8 I pravus pour les espaces verts dans l'espace urbain,
seront bien pris en compte (13), tant les probl&mes de survie sont
dalicats et imposent le respect.
E) Lgs actions. les nroblèmes et les nrooositiom
a) Les actions et les probl&mes.
Au stade actuel, les actions concernent essentiellement la
plantation d'arbres, la distribution des plants a la population et
la protection des zones vertes.
Au titre de la protection, notons que les r&ultats sont
médiocres vu 1'8tat des espaces verts et des plans d'alignement.
Les agents de la DSWA et des Eaux et Forêts, tr&s insuffisants et
sous-équipes, ne peuvent veiller h la sécurite des plantations
publiques dans le contexte actuel.
Cette léthargie est aussi liée aux mentalités Qu'aux mutations
politiques actuelles gui ont considirablement affect6 l'autorit de
1'Etat et paralyse tous les services de réprimande, de sanctions et
de discipline publique. A cette situation s'ajoute le mangue
crucial de moyens financiers et materiels indispensables aux
brigades de surveillance urbaines de protection des véghtaux.
Cependant, ces services aidés d'autres comme la SOTELMA
(Société des Tél&ommunications du Mali), 1'EDH (Energie Du Mali)
et le ministère des travaux publics, accomplissent des actions non
négligeables gui sont à consolider.
Vu l'état de vieillesse des grands arbres (notamment les
caïlcédrats); l'inadaptation de leur emplacement, leur fragilit6
face aux violentes intempéries, l'élagage et le remplacement de ces
gros arbres qu'effectuent les Eaux et forets et la DSWA
constituent à bien d'égards des actions salutaires qu'il convient
d'organiser et de renforcer par l'apport de moyens adéquats.
Au titre du renouvellement des arbres urbains et de
distribution des plantes, les Eaux et Forêts mènent certaines
opérations chaque année. Le Tableau ci-dessous résume l'analyse
faite au titre de l'année 1991.

13
: Revue Jamana, les ECHOS - No 168 : "la politique des
espaces verts pour le District de Bamako". P.5 1992
- 62 -
Tableau IX : Distribution de plants Dar type de plantations

TYP-&P- Nanbn & plmu surface


6565 5 ha 91
3 012 2 h 71
I 542 I b 39
1763 I br5a
1297 1 b 17
285 ObrU
811 0 lu 73

[Link] 1s 275 13 lu 73

Source : DREF, rapport annuel 1991


Ces actions qui sont par excellence encourageantes butent
cependant à des problèmes d'ordre varié auxquels des solutions plus
qu'urgentes doivent être apportées.
b) Les propositions et perspectives d'avenir
Les mesures de solutions aux questions d'espaces verts à
Bamako, dépassent aujourd'hui les limites d'un simple arrêté encore
moins d'une décision de direction. Elles ne résident pas dans les
actions locales ou sectorielles.
Les alternatives fiables doivent de toute évidence s'inscrire
dans un plan général et cohérent de politique écologique intégrée
dans un schéma adapté de planification et de développement urbain
du District de Bamako.
A cet effet, cette politique doit trouver toute son expression
dans le cadre d'une décentralisation souple et ordonnée visant à
responsabiliser tous les acteurs 3 tous les niveaux, notamment du
gouvernorat aux municipalités de quartiers en passant par les
mairies communales dont Bamako compte six.
Autrement dit, chaque commune dotée d'une autonomie de gestion
doit être à mesure de réaliser les objectifs du schéma d'ensemble
dans son espace. Il s'agira de protéger les zones vertes
existantes, de les aménager suivant les besoins d'agrément, de
loisirs, de lecture et de détente et d'en créer autant que possible
en fonction de l'évolution des besoins et de la démographie
urbaine.
Outre ces dispositions législatives et réglementaires,
l'action des autorités publiques doit s'orienter également sur la
sensibilisation des populations pour lesquelles tous les sacrifices
sont destinés.
- 63 -
Il faudrait que cette population comprenne a juste titre le
bien fondé de la restauration de l'armature verte dans une capitale
aussi polluée comme Bamako.
Pour y parvenir, il faut :
- intdgrer le culte de l'arbre et de la verdure dans tous les
programmes d'enseignement et d'alphab&tisation;
assigner aux medias publics et prives la mission de
sensibilisation a 1'0chelle nationale;
- organiser des debats de sensibilisation dans tous les quartiers
et au niveau de toutes les couches sociales avec une mention
speciale pour les jeunes et les femmes;
- susciter la comp&ition dans le domaine de la protection de
l'environnement entre les structures sectorielles de partis
politiques ou d'associations;
- une fois encore, interdire la divagation des animaux sur la base
de mesures Mgislatives et reglementaires radicales qu'il reste a
prendre.
De telles mesures doivent concerner toute l'aire de
l'urbanisation de Bamako envisagee d'ici l'an 2010 (environ 190 000
ha). Elles doivent transcender les cogitations politiques et Wre
a l'abri des luttes et d'intér&ts.
Conclusion :
A la lumière des différentes contraintes écologiques relatives
au milieu physique de Bamako, on s'aperçoit que la ville est
soumise $4 un processus de dégradation de grande ampleur et a un
rythme extremement rapide. Certes, les intempéries d'ordre
naturelles p&sent leurs effets sur les conditions bcologiques de la
ville (notamment les formations du sol, les reliefs, les saisons et
leurs contraintes respectives, les nuisances liées au fleuve et aux
marigots), mais il est indéniable que l'état actuel de degradation
et de pollution de l'espace urbain est largement imputable aux
populations. Leurs comportements divers et leurs modes de vie moins
appropriés au maintien d'un environnement sain, ont fini par
affecter dangereusement le cadre de vie urbain. En effet, le fleuve
Wolue vers une pollution irrémédiable tandis que les marigots ont
déja atteint le seuil critique.
La végetation est partout entamée sur des grandes superficies
de terre. L'arbre artificiel se substitue progressivement a l'arbre
naturel pour le mieux. Dans le cas contraire, le sol est abandonné
à la désertification h cause de l'exploitation excessive du bois de
chauffe pour les besoins m8nagers et économiques.
Les solutions envisagées jusqu'ici sont soit inadéquates, soit
inappliquées. D'oiA des mesures et actions urgentes s'imposent a
tous pour circonscrire et endiguer le processus enclenche dont le
milieu physique ne représente que l'une des multiples victimes.
- 64 -
D'autre part, la crise écologique urbaine est 6troitement liée
a la précarité du paysage de l'habitat, a la pression
demographigue, aux mentalités, et à la non maStrise des activit4s
Bconomigues gui g&n&rent l'importante quantite des d6chets solides
et liquides. Toutes ces réalit& reposent sur un denominateur
commun : le bas niveau de vie des populations gui caractkise
l'ensemble des conditions socio-économiques de l'agglom6ration.
DEUXIEME PARTIE
- 65 -

DEUXIEME PARTIE : DES CONDITIONS SOCIO-


ECONOMIQUES INADEQUATES
cHAPITRE3:uNcoNTExTE SOCIO-DEMOGIUU’HIQUE
DEFAVORABLE
Z - ONLCBITUATIOB 8OCI.?&B DIF?ICU
A) Des
La population urbaine de Bamako, a l'image de toute celle du
pays en gBnera1, vit avec des revenus très limites et mal repartis.
Le PNB du Bali se situe a 222 par habitant (") soit 128 760
FCFA. Or cette donnée statistique masque d'importantes disparitis
dans la répartition des ressources. Ainsi moins de 35 t de la
population jouissent des 70 t du revenu national et 68 8 ne
disposent que de 30 S a peine des ressources du pays (").
Cette situation est egalement caract8ristigue de
l'agglomdration urbaine de Bamako où l'on dénombre deux fois plus
d'indigents et d'humbles gens que de personnes relativement
heureuses sur le plan Economique. En effet 10 S des ménages les
plus aisés disposent de 36 t des revenus, tandis que 36 % des plus
démunis n'ont que 12 t des revenus (16).
Les familles disposant de plus 125 000 FCFA par mois comptent
en moyenne 16 a 20 personnes, tandis que celles dont les revenus
sont inférieurs h 31 000 FCFA/mois sont composées de 4 a 6
personnes (*') .
Les ménages consacrent la plupart de leur revenu aux dépenses
alimentaires (55 5) viennent ensuite les depenses quotidiennes avec
23 0, enfin les dépenses d'habitation réprésentent 22 1. Le taux
d'effort des locataires est égal h 13 0 de leur revenu.

14 : Banque mondiale, rapport annuel 1990

15 : PUM, Programmation décennale d'investissement, 1984 p.63

16 : PUM, Programmation décennale d'investissement, 1984, p.63

17 : PUM, Programmation décennale d'investissement, p. 63


- 66 -
D'une maniere générale, moins de 40 % des fonctionnaires sont
seulement capables d'assurer quasiment leurs charges familiales
fondamentales et plus de 60 % ne peuvent subvenir aux besoins de
leurs familles a cause du bas salaire ('*).
D'autre part, plus de 80 % des commerçants et artisans
travaillent dans le secteur informel très aleatoire. Environ 15 000
chomeurs et compressés de l'ajustement structure1 sont dans la rue
et ne vivent que de la solidarité sociale. Toutefois, les niveaux
moyens et médians du revenu varient d'un type de quartier h un
autre comme nous l'indique le Tableau no X.
Tableau No X : les niveaux de revenus mensuels dans la ville de
Bamako. Revenus moyens et médians par tvne d'habitat en fr anc CFA
(1983).

-7
~ Revawmcdim

- -rd mlciœ.. ................................... 75 ooo 53 oal


-guucicrC- id. ............................. aoom 70 oeil
- Trad t-dc~ ..................................... 63 @XI 42 CC0
-TissuscoI œlmtial .............................. 5ocm 43 m
-Vilh ........................................... 157 aw 11OooO
_ Habitat spmtmt.. ............................... Joux) 31 oal
- Villsgcr.. ....................................... 32 ooa 24 Ooo

Source :PUM, programmation décennale des investissements.


Etude du développement urbain de Bamako.
Dans ces conditions, les conceptions et les opinions sont
encore loin d'être favorables aux questions liées à la protection
de l'environnement urbain. Loin s'en faut. Face aux préoccupations
de survie, des problemes sociaux, un nombre important de citadins
de Bamako, considerent le probleme de l'environnement de superflu,
quand bien même ils admettent l'état critique de délabrement de
leur ville, qu'ils reprochent impitoyablement aux pouvoirs publics.
Au cours de nos enquêtes effectuées dans tous les types de
quartiers de Bamako, nous avons rencontré des avis divergents par
rapport à la préservation de l'environnement urbain. Ainsi, dans
les quartiers de type résidentiel, 100 % des 60 personnes
interrogées dans 20 familles réparties entre 4 zones
résidentielles, dénoncent le laxisme des autorités face aux
problèmes d'insalubrité et sont indignées par l'insensibilité de
l'écrasante majorité des bamakois aux menaces sanitaires et à
l'image déshonorante qui en découlent.

18
: PUM (Projet urbain du Mali), programmation décennale
d'investissement 1984 p.61 - 62
- 67 -
Dans les quartiers tram6s rhcents, les avis sont plut&
partages, mais demeurent tous d4favorables a
l'environnement urbain. En effet 62 Z de%?Grsonnes interrogdes
dans 120 familles reparties entre 3 quartiers de diffkents
horizons de la ville sont impatientes de l'hlaboration des
mesures salutaires et rigoureuses, pour refaire l'image de marque
de leur capitale. Par contre 38 Z de ces personnes demandent a
1'Etat de mettre la politique sociale avant la politique urbaine.
“Nous ne pouvons faire aucune epargne suffisante pour nous
amaliorer tant que nos salaires ne connaitront pas de hausse
significative et que nous continueront a entretenir nos Ir&es et
enfants diplbm& sans emploi@@ nous ont affirm& 11 chefs de manages
fonctionnaires a Hamdallaye, et a Lafiabougou.
Dans les quartiers dits historiques ou traditionnels, 56 8 des
118 personnes rencontrees dans 89 familles reparties entre Dravela,
Niarela, et Bozola, estiment que le problame de l'environnement,
notamment celui de l'insalubrit8, relave exclusivement de la
comphtence des autorit& municipales. "Nous ne pouvons pas gérer
simultanément notre misere sociale et le prestige de la capitale
malienne. Rien ne nous concerne dans cette affaire, nous sommes
toutefois pr8ts a appliquer toutes les mesures de 1'Etat gui
seraient compatibles avec nos moyens et acceptables par la
majorité..." nous ont déclaré différentes personnes. Concernant
l'usage des eaux de puits et d'inondation fluviale, 88 % des 118
personnes affirment utiliser ces eaux par manque de moyen et
demandent aux autorit& d'élargir le réseau d'adduction et
faciliter financiarement les branchements individuels. Par ailleurs
plus de 30 % font un rapprochement entre les fraquentes Bpidemies
de maladies infantiles et l'état d'insalubrita critique de leur
cadre de vie. En tout état de cause, l'ensemble de ces personnes
residant dans les quartiers anciens attendent de 1'Etat les
premiers pas de la lutte pour la sauvegarde de l'environnement.

Dans les quartiers spontanés tels que Djicoroni-Para,


Missabougou, Bakarybougou, Magnambougou, les questions ont failli
Enerver certains chefs de ménages. Ces derniers affirment ignorer
presque tout le contenu législatif de l'hygiène de l'habitat et ne
souhaitent pas pour le moment qu'on le leur enseigne. "C'est au
bout de nos peines de recherche d'habitat autorisé que nous sommes
venus nous installer ici h l'insu des autorités. Nous sommes
condamnés par notre positon sociale et nous aussi ne voulons pas de
leurs conseils techniques tant que nous serons consid&és comme des
provisoires. Par ailleurs nous ne pouvons entretenir un espace
susceptible d'etre rasé par le bull-dozer du jour au lendemain.."
c'est dans ces termes et tant d'autres plus radicalisés que
s'expriment les habitants de ces quartiers spontanes. Selon eux,,
leur situation financière est d'autant plus préoccupante que les 3
repas par jour et les frais d'ordonnance pour les familles sont à
peine assurés.
- 68 -

Dans les spontanes, 97,SO S des 150 personnes rencontr6es dont


des compressés refoules h la peripherie, des ch6meurs dipl8mds et
autres migrants, pensent que les questions de l'environnement
constituent une Wideologie nouvelle@@ importde de l'Europe et
appliquée contre les couches pauvres. Ce sentiment se raffermit
chez bon nombres de gens lorsqu'il s'agit de les ddguerpir de leur
squarters pour des raisons d'assainissement ou de viabilisation.
D'une manière gGnérale, h l'image de ce qu'on a entendu des
uns et des autres, a travers les différentes conditions sociales
qu'ils vivent, il nous est permis et a juste titre d'0tablir de
façon irréfutable un rapport entre le niveau de vie et la
dégradation du cadre de vie. A ce sujet, Indira-Gandhi ddclare que
"le pire ennemi de l'environnement c'est la pauvreUn.
Au total sur les 508 personnes interroghes, plus de 50 %
dédaignent toute publicite folklorique disent les uns,
assourdissante déclarent les autres, sur l'environnement, ou de la
pollution en occultant les racines du mal que sont la pauvret& et
l'ignorance. Beaucoup pensent que chaque famille au niveau de vie
elevQ correspond a une bataille gagnée dans la lutte contre la
protection de l'environnement. Plus loin, ils accusent en général
1°Etat, les industriels et autres privhs puissants comme &tant a
l'origine de la pollution urbaine.
Les resultats de nos enqu&tes achavent de confirmer l'&troite
relation entre les attitudes, les comportements et les opinions
d'une part, la question écologique d'autre part. En effet les
personnes relativement aisées ne perçoivent pas le sujet de la m&me
manière que les déshérités qui vivent au jour le jour. Partout, il
ressort clairement que la satisfaction des besoins alimentaires des
foyers constitue, , les soucis prioritaires. A l'image de la
situation économique nationale, il serait difficile de trouver des
solutions individuelles appropriees pour les 800 000 bamakois.
Toutefois la mise en place des infrastructures primaires publiques
relave Te des devoirs incontournables de 1'Btat.
B) b'analnh betlsme un facteur imnortant de la cria
écolouicue urba& [Link]
A l'image du pays, l'agglomdration urbaine de Bamako a une
population largement analphabète, quand bien meme, elle représente
le plus grand foyer de concentration d'intellectuels du pays. Il
est vrai que le taux de scolarisation de la ville dépasse de loin
le taux national (environ 42 0 contre 18 I), mais le taux
d'analphabetes dans la population représente environ 65 2.
Cette situation prend toute son ampleur dans les quartiers
spontanés ou ne résident que les indigents refoulés ou deguerpis de
quartiers restructurés et de migrants venus généralement sans
emploi stable.
- 69 -
Nos enqu&tes nous ont bien Odifies sur cette hypothase dans
ces quartiers où nous avons obtenu un taux inquietant de 97 %
d'analphabètes sur 150 personnes reparties dans 120 familles de
differents quartiers.
En effet la quasi-totalith des populations des quartiers
spontanés sont analphabètes et pauvres. Par consequent, il leur
manque un esprit critique pour cerner tout le problhe de
l'environnement et ses enjeux. IlSy manifestent une indiff&rence
totale qui frise parfois l'hostilit6 sous l'effet de leur position
sociale et le fardeau de leurs obligations diverses. AccablBs par
la pauvreta, ils ne manifestent aucun intér&t de s'en informer, car
disent-ils , les moyens leur manqueront pour s'y conformer. Ainsi
ils ignorent tous les processus, les imbrications de ph6nom8nes
naturels et humains dans la crise écologique. C'est pourquoi, 88 %
des 120 familles visitées ne possèdent pas d'installations
sanitaires adéquates , hygiéniques et sécurisantes. Aussi, ces
familles se débarassent de leurs ordures ménag&res tout autour de
la concession que les eaux de ruissellement drainent dans les puits
creus6s a proximit6 des fosses d'aisance et démunis de margelle.
Dans ces quartiers ou l'analphabétisme constitue un obstacle
& la santé, et a l'environnement, les concessions voisines ,se
polluent réciproquement par les dispositions inadequates de leurs
fosses sanitaires, de leurs puits de leurs cuisines et des ordures
dans l'aire de la concession. Toutes ces pratiques suicidaires sont
tolérées et entretenues par le mode de fonctionnement du tissu
social.
. ement.
Cl Le tissu social et . son fonctlonn un facteur nog
aeable de la crise urbau
Dans la ville de Bamako, les relations familiales ou
simplement sociales sont solides et influentes. Elles déterminent
les opinions, conditionnent' ; entièrement les attitudes et les
comportements, en affectantmeme la déontologie professionnelle. Il
en résulte la paralysie de l'appareil administratif en conférant a
n'importe qui le droit de braver l'autorit d ' Etat par le jeu de
rapports de force. L'effet de cette situation (aujourd'hui
atténuée) a été regrettable au niveau des autorit6s municipales de
Bamako.
En effet, aucune brigade d'hygi&ne ne pouvait encore
sanctionner un pollueur, un contrevenant aux dispositions
législatives et réglementaires. Aucun technicien de l'urbanisme ne
pouvait empdcher le parent ou le proche d'un tel fonctionnaire
puissant de s'installer illégalement dans un espace ou qu'il soit.
Les campagnes de contrôle étaient devenues impossibles. Toutes les
recommandations de seminaires ou autres colloques étaient "foulées
au pied" tant quelles pouvaient remettre en cause les intérêts de
quelques uns. Toute planification urbaine était devenue un simple
jeu de l'esprit. Le schéma Directeur d'Aménagement urbain a été
violé h 80 % dans ses dispositions.
- 70 -

D'autre part les industriels ne pouvaient se donner aucune


peine d'aménager des otangs d'eaux us8es industrielles encore moins
envisager la construction d'installation de traitement sanitaire,
car ils Btaient sous la haute protection des hommes d#Etat. Bref,
chacun pourvu de puissant soutien direct ou indirect agissait a sa
guise et ne pouvait s'attendre a aucune action de reprimande. C'est
dans ces conditions que Bamako est devenue ce qu'elle est
aujourd'hui. Les conséquences sont nombreuses.
Physiologiquement , l'habitant de Bamako n'est pas pradispos6
a oMir aux lois de la gestion urbaine, il a oublia presque les
notions de salubrita que le premier regime du Mali independant
avait sues cultiver en tous les habitants de la ville.
Ecologiquement, Bamako a atteint le seuil intolerable d'insalubrit8
et d'encombrement. Cette situation a tendance a se compliquer et a
s'aggraver de façon inquietante sous une pression démographique qui
échappe jusqu'ici à toute forme de contr8le.
II - pHB DEnOGRAPEIB GALOpANTg
A) Les caract*res d~moarwbi~es
Estimbe a 2 500 personnes en 1884, la population de Bamako se
situerait entre 6 000 et 8 000 en 1908 pour atteindre 136 000 en
1961 au lendemain de l'indépendance du Mali (19).
Après une relative pause jusqu'en 1968 due pour l'essentiel a
une politique de freinage de l'exode rural, la population s'est
elevée a 419 239 habitants en 1976, h 510 000 en 1981 (") et à 658
275 personnes en 1987 (voire Tableau no XII). Aujourd'hui cette
population est estimée à 817 209 habitants. Bamako évolue a un taux
de croissance de 4,8 t contre 2,76 8 pour le pays. Cette tendance
démographique a accru de façon considgrable le nombre de mdnages
urbains. En effet il en est résult8 36 537 ménages suppl&mentaires
en 1983, 5048 en 1985, 6484 en 1986, 30 443 en 1990 (').

19
Direction Nationale de la Statistique et de
181nforma:tique Bamako : rapport du recensement général de la
population 198; p.17, 72-83.

20
: DNSI idem.

21
: DNSI idem
- 71 -
En l'an 2 000 ce chiffre sera porté à 118 931, en l'an 2010
nous aurons 221 219 ménages supplémentaires avec une population qui
se situera h 3 millions environ.
Cependant il est important de souligner que le taux
d'accroissement n'est pas le même dans toutes les 6 communes de la
ville.
Il varie parfois considérablement et demeure très élevé dans
les communes 1, V, et VI où se trouvent d'importante possibilité
d'extension spatiale. Par contre les communes II, III et IV
évoluent à un taux relativement modéré comme l'indiquent les
tableaux no XIII et no XIV. Cette situation résulte d'une mentalité
arriérée et d'une mortalité en baisse de 30 pour mille. Le nombre
moyen d'enfants par femme est de 6,5 et l'espacement moyen est de
2 ans maximum.
Tableau No XI : Powlation de Bamako 1976

H- F-* Tdd

04 39 903 9.5 38 732 9.2 78 655 la.70


5-9 30497 7.3 32 007 7.6 62 SCM 14.90
1014 non 5.2 2s494 6.1 41521 11.30
1s19 23630 3.7 25 285 6.0 48 971 11.70
M24 22 871 5.5 20635 4.9 43 506 10.40
25-29 16 na 4.0 17 583 4.2 34 261 a.20
3634 13 679 3.3 13 216 3.1 26 895 6.40
35-39 II 513 2.8 10 117 2.4 21 630 3.20
40-u 9046 2.2 7 552 1.7 16 498 3.90
45-49 6 612 1.6 4 730 1.1 Il u2 2.70
SO-54 5 130 1.2 3 755 0.9 a a85 2.10
SS-59 3440 0.a 2 457 0.6 5 937 1.40
ba-64 2494 0.6 2 321 0.6 4 815 1.20
bSa+ 3397 0.8 4 422 1.1 7 a89 1.90

Taul 211lz3 50.5 208276 49.5 419 239 laJ.00

Source : DNSI, recensement national de la population. Bamako


- 72 -
Tableau no XII : powlation du District de BAMAKO en 1987

AF H-r H- TOUUC

00 10 792 10 733 21 525


OI 10 929 10 5001 21 430
02 12 461 12 274 24 535
03 II 339 II 350 22669
04 11 c64 II 146 22 210

oo- 56 585 Yoln 112 589


osa9 47 013 46556 93 539
10-14 37 319 41 412 78 731
15-19 33 061 42 454 76 321
2@24 33 5?l 33 017 66594
25-29 28 491 28 no 57 261
3G3.4 21 621 20663 42 284
35-39 17 WY 15 878 33 787
40-u 14 075 II 927 26 W2
4s-î9 II 101 ‘4 b9X IY 799
5@54 8 536 6 913 15 449
55-59 6 101 4 651 10 753
a64 4 403 4 067 8 410
6S-69 2962 2 542 5504
70-74 1699 1918 3 617
75-79 979 Y97 I 914
8Octphu I 053 1 571 2 624
N.D I 640 1x35 2943

TOTAUX 328 943 329 u3 658 275

Source : DNSI, recensement national de la population - Bamako


- -73-

FIGN.4 POPULATION DE I3AMAKO EN 1976 ET 1987:py~~m~s DSAGES

AGES

1987
m OESEQUILIBRE ENTRE Lt5
AGES
nn TRANCHES OAGE
MAS c u LI NES LT
FEHI NIN ‘ES

SEL FEHHEs
HOb4HES

SouftcE: RECENSEMENT NATIONAL DE LA POPULATION DE 1976 Ell987. DNSI.I~AHAKO.


- 74 -

TABLEAU No XIII : District de Bamako : nosulation oar commune et


Dar sexe

Poprkrioo~~m 1987

C- Nanbndc Nombre dc aes F- -coul


cmuùoor

-c- 1 12% 64 21 490 62 250 60263 122 513

-canmuoc Il 6 107 17 240 53 a55 SI 321 105 176

-C-III 5 326 13 698 46411 48 217 94 a28

-CB Iv 11495 22 001 67 129 68 533 135 662

-c-uoc v II 561 17 015 52 bi9 54068 106 717

-c-w VI 10 326 13 9.42 w mn9 40 378 81 207

-l-*x 57 619 105 3x6 323 383 322 780 646 163

Source : DNSI - Recensement national de la population 1987


N.B. : Le total ne porte que sur les personnes présentes au
moment du recensement
Tableau XIV : Taille moyenne des concessions et des ménases et taux
de croissance démoaraohiaue oar commune

commuoc Txuxdccroixruuc Rncanc p.r dqc Pcr-r pu calccasial Méoxgcs par calccuica

-c-tmc I a.37 I 5.7 9.5 1.7

-canaluoc Il 1.41 41 6.1 17.2 2.8

-c-Mm 0.18 R 6.9 17.8 2.6


-c-uoc Iv 3.67 96 6.2 Ii,8 1.9

-canmuoc v 5.80 m 6.3 9.3 1.5

-canmulK VI a.97 96 5.8 7.9 1.4

Source : DNSI, recensement national de la population 1987


-7.5-

FIG. N-5 -EVOLUTION DE LA POPULATION DE B-O

< Pdsrlode 1916 - Il.987 >

700 000 &aphhque ------------------------


à coordonnées semi-logarithmiques
------- -
600 000
500 000
i
400 oocl !

300 000

1
200 000 /

100 000
90 000
80 000 _
70 000
60 000 _
50 000 -
40 000

30 000 .

20 000 _

1
1916 20 25 30 --3? 4d 45 5'0 55 6b 65 70 79 8b 85 d0

Sources : 1916 à 1960 Démographie comparhe INSEE, ORSTOM, INED


Tome 1 Paris 1967

de 1975 et 1987 Recensement de la population DNSI Bamako


- 76 -
B) Structure démouranhicrue
Les différents caractères démographiques ci-dessus étudiés
conferent b la population de Bamako une véritable allure de
jeunesse (voire figure no 4), d'où une perspective de natalité
extrêmement élevée. Le Tableau XII peut bien confirmer cette
probabilité. En effet plus de 60 % de la population se situent
entre 5 et 30 ans, 70 % ont entre 10 et 40 ans, 89 % sont entre 0
et 45 ans.
Au regard de pareille croissance démographique, on ne peut pas
ne pas Qtre inquiet des problemes d'occupation de l'espace urbain
et surtout de l'aggravation de la crise de l'habitat et du logement
lorsque l'on sait que tout accroissement démographique d'une
celle allure, engendre de milliers de ménages dont chacun aspire à
un logement convenable. Les tableaux XVI et XVII attestent
clairement l'importance des besoins actuels et futurs de l'habitat.
C'est 3 ce titre que la question de l'habitat et du logement revêt
toute son ampleur présente et future.
C) Projection démoaranhiaue urbaine de Bamako
Tableau XV : population de Bamako : effectif et estimation
d'accroissement par commune entre (1976 - 2015)

1976 1987 1992 2anl 2010 2015

-c-une I 51 588 122 513 181 319 344 261 765 706 11422%

-c-mu Il 90 895 105 176 112 747 1?6 011 144 807 15s 231

-canmulK III 93lFT.2 94 828 95 304 96068 97033 97 519

-c-une IV 92 1)67 135 662 161 904 2@3 468 3c4ou7 365200

-c-uoc v 58 60% 106 717 141 469 222099 390 3@l 517 407

- c-uoc 82 189 SI 267 124 466 246 193 3n 504 884 494

TtiUX 419 239 6S8 275 817 209 I 243 100 2 081 361 3 162 147

Source : recensement national de la population 1976, 1987, DSI


Bamako
- 77 -

Tableau No XVI ., Estimation et woiection du nombre de concessions


par rawort aux différentes Droiections démoqraphiques ci-dessus :

1987 1992 Accmil 2olxl Accti 2010 Accroic 2015 Accmù-


salwu ¶aoml œanmt -
% % % *

12 864 18 712 43.4 35 52-l 176 79020 514 117 883 816

-canmuœ 0 6 107 6601 893 7 378 20.81 8 478 38.8 9œa 411.11
-c-m 5 269 5 312 0.8 5 355 1.6 5408 2.6 5 435 3.5

-c-Mc Iv 1 I 495 13 744 19.6 17 697 53.95 259ll 126.1 31 002 169.6

-c-w v II 561 14 970 29.47 23 528 103.5 41 302 2S7.2 z-4 152 373.3

-c-une VI 10 326 15 328 a.4 30 312 193.s 71 121 5ux.7 1œw7 954.8

raIaux d 46 127 74 667 25.29 lu6 207 91.56 231 306 254.56 327 087 394.25
Owry-

Source : DNSI - recensement national de la population 1987


Tableau XVII : Effectif et estimation d'accroissement des ménaqes
à Bamako (1987 - 20151

1987 1992 2orQ 2010 2015

-canmune I 21 493 31 810 60397 134 334 200402

-commmu n 17 240 18 493 20 653 23 739 25448

-cmcn~m 13 698 13 a12 13 923 14 062 14 133

-caBmrec Iv 22001 26 113 33 624 49 336 58 903

-canmulK v 17 OI5 22 45s 25 253 61 953 a2 128

-canmlmc VI 13 942 22 460 42 43- 99 570 125 499

TomJx

Source : recensement national de la population, direction de


la statistique et de l'informatique 1987 - Bamako
- 78 -

Le rythme de production d'espace urbain est largement d&pass&


parla croissance demographique. Cela est a l'origine de l'&tat de
ddlabrement actuel de la ville. En effet la question de l'habitat
est devenue une pr0occupation majeure pour tous les citadins de
Bamako. Comment obtenir un loyer 3 une parcelle d'habitation 3 Ou
loger ? sont autant de questions qui hantent les bamakois et
determinent leurs projets d;activiUs quotidiens. Effectivement,
l'obtention d'une etopw+ete d'habitation est d'autant plus
délicate a Bamako qu'elle est tributaire de multiples crithes que
ne peut remplir l'ecrasante majorith des populations de la
capitale. Ainsi, le paysage de l'habitat ovolue dans une
conjoncture institutionnelle, &zonomique et socio-sanitaire
difficile entrarnant la ville dans un processus d'extension
anarchique spontanée, de densification de quartiers trames et de
dhlabrement g&&ralfs8.
A) Yne forte danaNe de r>lras en dus crohm3a
De 1976 a 1987, l'accroissement démographique a &t& estimd a
239 036 personnes soit environ 35 000 ménages suppl&mentaires dont
14 000 par croissance naturelle de la population Hsidente en 1976
et 21 000 ménages par apport migratoire. Ce nombre de menages
supplémentaires passera a plus de 50 000 d'ici l'an 2 000. Cela
repr6sente un besoin consid&able d'habitat lorsque l'on sait que
le meilleur équilibre signifie autant de menages dans autant de
concessions. Les quartiers du centre, les quartiers tram08 r&cents
et les villas ont absorbe 49 0 de cet exécedent soit 17 150 menages
(=). D'après la meme source, les quartiers spontanes ont accueilli
46 0 au total soit 16 000 ménages. Le reste reprdsente
l'augmentation des populations des villages situes dans le
périm&tre urbain. Par rapport a la période precedente, les
quartiers anciens, les quartiers tramés récents ont pu absorber la
totalite de l'excedent naturel, mais une part de plus en plus
faible de l'excedent migratoire (13 Z contre 50 % de 1905 et 1976
par exemple). Tout le reste de l'excédent migratoire trouve refuge
h la périphérie urbaine dans les quartiers spontanés qui s'etendent
et se densifient de façon démesuree.
Contrairement a la période précédente, une partie de plus en
plus importante de locataires s'est installée dans l'habitat
spontané : 6050 ménages sur 14 850 soit 41 % de la population
excédentaire de locataires. Cela denote la difficulte croissante
pour trouver des logements h louer à des prix compatibles avec les
ressources des ménages dans les quartiers légaux existants.

n : PUM, idem P16 et 19


- 79 -

Autrement dit, l’offre legale de construction5nouvelles depuis


1976 (hors location) est largement inférieure a l'excbdent naturel
de la population résidante et cette tendance va s'empirant.
En effet, si la demande globale d'habitat est estimhe en 1991
h plus de 10 000 logements, l'offre faite par les autorit& reste
infbrieure a 1600 lots par an depuis 1976, sauf en 1992 oil la mise
a disposition de parcelles a port& sur plus de 3 500 lots
d'habitat. Cependant entre 1976 et 1986, 1'Etat avait amorc& la
production de batis-mais cette ophration qui a port& sur moins de
&OO villas en 16 ans n'a profite qu'aux couches ahdes, a des
personnes qui possedaientddjh de nombreuses parcelles r&duisant du
coQt les possibilites d'acc&s pour les plus d&nunis.
B) us conaif;ions d'obtention de l'mitat b Bw
L'accas a un logement pour le citadin moyen se traduit par un
long processus émaille de nombreuses obstacles et soumis & une
multitude de critères plus subjectifs qu'objectifs.
"Construire son logement est un privilage pour quelques unsa
disent les uns "le foncier est aussi prhcieux que le diamant"
affirment d'autres à Bamako. Tous ces sentiments traduisent une
situation complexe difficile et angoissante. En effet les
institutions immobilieres et foncières mises en place et la
législation élaborée h ce sujet, accusent de grosses lacunes dans
leur application.
S'agissant des quelques 400 logements que 23 ans de pouvoir
ont construits, m&me les cadres honnates du pays ne pouvaient y
accéder avec leur pouvoir d'achat moyen mensuel de 55 000 FCFA à
plus forte raison les autres couches humbles de la population,
urbaine. Autrement dit h 16 000 000 FCFA, les villas de Faladie
n'etaient réellement conçues pour repondre aux besoins de logement
de la ville. Elles sont toutes revenues aux hommes d'Etat et gros
commerçants du pays. A 15 000 000 FCFA, les villas SEXA de
Badalabougou, quelque soit la souplesse des conditions d'acc&s,
étaient au dessus des capacités économiques du malien moyen. Par
conséquent, la bourgeoisie nationale s'en est emparée en totalitb
et parfois par procuration à raison de 2 villas par personne.
Etant donne que la politique de l'habitat n'était pas adaptde
aux realités des populations, notamment h travers la construction
de logements par l'Etat, les populations ne pouvaient que reporter
leur espoir sur le foncier où elles pensaient pouvoir ameliorer
progressivement leur cadre de vie.
Mais dans ce domaine, aucune action positive ne pouvait se
réaliser. En effet, la spéculation fonci&re, le renchérissement du
prix des parcelles, la longue procédure complexe, la corruption,
les jeux d'influente étaient autant d'obstacles ne permettant pas
aux populations d'accéder h leur patrimoine foncier.
- 80 -
Les demandes de parcelles s'accumulaient par milliers dans la
municipalité centrale et les municipalités sectorielles, au cercle
de Kati, mais les attributions dépassaient rarement 1 500
parcelles par an.
Parallelement aux différentes autorités chargées de la gestion
du foncier, avait pris corps une oligarchie fonci&re composée de
politiques et de chefs coutumiers fonciers. C'est dans ce contexte
que nous avons assisté d. toutes les formes de spéculation fonciere.
Les parcelles (staient ainsi attribuées et vendues par des
chefs de terre coutumiers qui n'avaient aucune idée de la
planification urbaine donnant par conséquent une promotion sans
précédent aux occupations illicites ou h l'habitat spontané.
C) Le rythme d'extension des occuoations illicites
Dès l'indépendance, Bamako a connu ses premiers quartiers
spontanés sous forme de villages urbains. entre 1960 - 1968 la
tendance fut considérablement ralentie par la politique rurale du
régime d'alors. Mais de 1968 à 1972 le phénomene réapparait avec
une ampleur particuliere. Elle atteint sa vitesse de croisière
entre 1973 et 1979, date a laquelle des mesures plus ou moins
adéquates de "containement" des occupations illicites furent
arrêtées.
Néanmoins, entre 1983 et 1986 l'habitat spontané a connu une
croissance importante que nous pouvons apprécier a travers le
Tableau ci-dessous.
Tableau no XVIII Evolution du spontané à Bamako entre 1983 et 1986

I NOmdUquucicrOUVIbgC A~tjaaalb

C-I 16.5 1.5


198.4 28.4
12 7
430 70
34.8 10.8
a

[Link] - &ryboug~ 18 0
- spcatmé TSF 10 30.4 20.4
- spaltMé sd hyplro 2 2.4 0.4
- spoot cotrc bypa BMCON 8 a 0
- Lkqoutu frc ITEMA 5 5 0

TOtd
43 63.8 20.8 (48.37 II)

Source : (schém directeur d'aménagement urbain (revisé 1986,


Bamako
- 81 -
Tableau n"XVIII : évolution du srsontané à Bamako entre 1983 et 1986

Aymco<uioaah

62.8 42.8

8 25.6 17.6
9 9 0
2

282 124.8
17 7
36.4 16.4
08 38
8 3

249.4 29.4
45 26
SO.2 12.2
16
15 31 28
120 148
8 17 9

388.38 iz1.2
- Niamakao
- spaud UA 200 472 252
- Djmegucla 32 54.8 22.8
- Sckaodji 17 28.3 11.3
-Mirubargou 42 102 62
- uoou-villrgc 8 20.8 12.8
160 390 230

459 1 124.9 665.9 (145.07 %)

Sour 2
.
. SDAU (Schéma Jirecteur d ménagement I: .bain) révis
1986, Bamako
- 82 -
L'insuffisance notoire de l'offre par rapport a la demande
r8guliWement croissante, la croissance continue de la population
urbaine notamment par le flux migratoire, expliquent tr&z justement
une telle promotion d'habitat spontana et la densification de plus
en plus importante des quartiers trames Mcents.
La combinaison logique de ces diffarents facteurs a
considérablement marque l'bcologie urbaine de la ville. Ainsi
toutes les normes universelles de l'habitat et du logement sont
étouff&es soit parce que la densit6 humaine par concession est
excedentaire, soit les exigences hygianigues de l'habitat sont
viol6es voire ignorees. En effet, l'habitat n'a presque pas connu
de modernisation a Bamako sur le plan g6n6ra1, et pire, il se
dégrade inexorablement sous les effets conjug&z des intemp0ries
naturelles et des modes de vie des populations. Cependant la
morphologie urbaine prasente differents cas de figure et se pr&te
clairement a l'hi&archisation, a la classification des sous
espaces de la ville h la lumUre d'une typologie souple des
quartiers urbains.
W Les disParités du wsme urbdn
Bamako est une entitb administrative autonome repartie en 6
communes et comprenant 78 quartiers de standings tras varies voire
contrast8s (voir figure 14, annexe II).
a) Les quartiers tramés anciens : des quartiers surpeupl8s.
Sont reunis sous le vocable de "quartiers anciens", les
quartiers traditionnels trames du centre (Bagadadji, Niarela,
Medina-Coura, Missira, Bamako-coura, Dravela-bolibana, Ouolofo-
bougou, Badjalan, N'Tomikorobougou, Hamdallaye, Darsalam)- Il
constituent en effet après Bozola, les quartiers les plus <Isee
anciennement occupes de la ville et les plus densément peuplés.
D'après les résultats de plusieurs enquetes effectuées dans le
cadre des premiers et seconds projets urbains du Mali, ces
quartiers ont atteint le seuil de saturation par rapport aux normes
d'occupation du sol.
Dans plusieurs concessions des quartiers anciens, des nouveaux
découpages ont ét& faits entre les héritiers d'un m&me
proprMtair8. Cela a entrainé la construction de nouvelles
cuisines, de nouvelles toilettes, le creusement de puits personnels
et, l'aménagement de puisards tr&s souvent externes.
Il en est découlé une surcharge des espaces, la pollution des rues
par les eaux de puits mal positionn&s par rapport aux toilettes ou
puisards des parcelles voisines, et la pollution des rues par les
eaux usées rarement videes par les moyens appropriés.
FlC - "6 L E D I S T R I C T 3E B A M A K O : T Y P E S D'HA131TATS

I
M
Co
I

SOURCE : GOUIERNORAT D U OlSfRlCT DE U A M A U O : S C H E H A Dlf4ECTEUR DAHENAGEUENT URBAIN 1986.

-.
- as -
Les quartiers anciens se caracthrisent tant par la
concentration de l'habitat au sol que l'étroitesse des rues, la
vGtust& de tous les reseaux de drainage et l'absence presque totale
d'espace libre. La chaleur y est constamment QlevBe et la promenade
dans les rues est rendue tr&s risquée par les nombreuses flaques
d'eaux usées de manage constamment rbpandues.
Cependant, de plus en plus, il est difficile de situer la ligne de
d&narcation entre ces quartiers anciens et les quartiers "de la
2&ne gen6ration d'habitat" qu'on appelle les quartiers tram68
rkents.
b) Les quartiers trames recents y compris les villas
Les quartiers trames récents regroupent \\ la deuxUrne
g&nération de quartiers tramés créés a partir des années 1950-1960.
C'est le cas de Lafiabougou, du lotissement de Badalabougou, du
quartier Mali, de Tokorobougou, de Daoudabougou trama, de sogoniko,
de FaladiB etc. L'ensemble de ces quartiers etait habit& par 19 600
personnes en 1965, plus de 90 000 en 1976 (soit un accroissement
annuel de 41,752).
En 1983, leur population a &tB estimée a 150 000 personnes
enregistrant ainsi une croissance totale de 54% en 7 ans.
En 1990 ces memes quartiers abritaient pr&s de 200 000 habitants.
A l'exception des quartiers de villas localisés ça et la parmi les
quartiers trames ordinaires (voir planche nQlO), ces derniers
commencent à ressentir durement le problame de densification
humaine et d'occupation au sol. On compte dans certaines
concessions bdties sur 900 m2 48 personnes avec des maxima de 55
par rapport a une moyenne de 18 habitants par concession.
Cette surcharge démographique est Etroitement li&e a\ la mise en
location de toutes les pièces inoccupées par les proprietaires, et
qui sont dans la plupart des cas, habitees en surnombre par les
locataires dont on ne peut réglementer le nombre. C'est ainsi que
les infrastructures internes externes, Priv&es ou publiques
aménagées dans ces zones, sont en dépassement considerable. Les WC,
toilettes sont quasiment insuffisants danis toutes les familles et
soumettent les usagers à de longues attentes.
Les bornes fontaines sont exploitées à l'excès et les quelques
espaces de loisirs ou de sport ne peuvent encore repondre aux
besoins d'une jeunesse de plus en plus nombreuse et exigeante.
L'une des caractéristiques de ces quartiers se traduit par une
insuffisance notoire voire l'absence de réseaux de drainage. Les
urbanistes se seraient contentés de la pente naturelle du site.
Aujourd'hui cet équilibre est totalement rompu par les occupations
humaines et les quelques rares caniveaux creusés lateralement aux
rues principales sont presque tous obstrués de terre ou d'ordures
ménagères compilées. L'hivernage y est vécu comme un calvaire tant
les eaux stagnantes sont importantes et la boue omniprésente.
- a7 -
Cependant, il convient de noter que ces quartiers sont les
plus modernes et les plus propres de Bamako et n'ont presque rien
en commun avec l'habitat spontane gui les c6toie de toute part.
C) Les quartiers spontanes
On appelle quartiers spontanés, 1SS zones d'habitat
conjoncturellement crUes par des populations urbaines &
l,int&rieur ou a la pdriphdrie de la ville sans l'accord de
l'autorité comp&ente. Ils sont d8pourvus de toute infrastructure
socio-sanitaire Mme primaire et sont g&n&alement en marge de
l'administration urbaine. Ce type de quartier est omniprbent a
Bamako, aussi bien en son sein (comme Bakaribougou) gu'a ses
peripharies (Sebenikoro, Sikoroni, Senou-village,...) (voir figure
N06) Ils ont agrandi démesurement la ville en lui imprimant par
endroits l'allure d'une bourgade. Ils sont habités tr8s
g&Gralement par des personnes aux revenus modestes et des
immigrants en provenance des campagnes. L,hygi&ne n'est pas une
pr6occupation de ces habitants. L'amBnagement des fosses
sanitaires, s'il a lieu, ne s'effectue par rapport a aucune norme.
WC, toilettes, cuisines et puits se disputent souvent un espace
réduit ou sont construits les abris dans le plus grand desordre.
MalgrO les nombreuses opérations de destruction et de
reclassement, l'habitat spontané a connu au cours de ces 20
dernieres années un accroissement demographigue spectaculaire.
En 1965, on dénombrait environ 9 000 personnes essentiellement
localisées sur la rive gauche, dont 800 a Banconi, 4600 a
Djécoroni-Para, 560 b Fadjiguila. Sur la rive droite, seul
Bacodjicoroni etait recens8 avec 1 275 personnes. Pendant la
p&riode intercensitaire (1965-76) l'habitat spontane s'est
multiplié par 10. En 1976, on dénombrait plus de 90 000 habitants
localisés au 2/3 sur la rive gauche soit un accroissement annuel
moyen de 23%. Banconi-Sikoroni regroupait a lui seul 34 % de la
population de cette catégorie. Djicoroni-para atait passa a plus de
14 000 personnes.
Sur la rive droite, un certain nombre de villages sont
consolid& tels que Magnambougou : 7 000 personnes, Sabalibougou
7 500 personnes, tandis gue d'autres groupements d'habitats se
greffaient sur les lotissements existants de Sogoniko, Faladia,
Daoudabougou. Et au total, l'habitat spontané représentait 21 % de
la population de Bamako en 1976.
En 1983, la population en habitat spontané a et6 estimee a
26 000 habitants soit 31 % du total recense. Elle aurait ainsi
connu un accroissement moyen annuel de 12,5 2.
- 88 -
La cité de Banconi-Sikoroni qui voit sa population doubler (60
000 habitants), d'autres quartiers connaissent un gonflement
considérable : Fadjiguila atteindrait 18 000 personnes, Djicoroni-
Para 17 000, Sebenikoro avec 15 000 personnes tend a joindre
Lafiabougou.
Sur la rive droite, Magnambougou bloqué par le nouveau
programme "sites et services**, voit son excédent de population
reporté sur Sokorodji et Djaneguela. Plus au sud, Sabaligougou et
Niamakoro constituent de part et d'autre du lotissement de
Kalabancoura d'énormes quartiers de plus de 28 000 et la 000
habitants.
En conclusion, il apparaît que l'habitat spontané a absorbé 45
% de l'excédent de population de l'ensemble du District de Bamako
et une étendue d'espace d'environ 3 000 ha.
Tableau No XIX : Répartition de l'habitat snontané oar commune en
1986 a Bamako d'arires le SDAU

c-m C-W c-v camnlme VI

99.2 ha 4a22tu 541.2b

Total : 2930 ha
Source : SDAU
Tableau No XX : L'évolution de la population de deux quartiers
snontanés entre 1965-1983

.4idcs
IWS 1976 1983
QuuiKn

- Lljicami-Pua 4600 14 OCCJ 17 oal

-BMCti 800 3oooo 6oorn

Source : Programmation décennale des investissements, Etude du


développement urbain de Bamako
Au vu de toutes ces réalités de l'habitat à Bamako, on est en
droit de s'interroger sur les conditions d'habitation des
populations et la qualité de l'habitat.
E) La aualité de l'habitat
On peut difficilement parler au niveau de Bamako, de
disparités en ce qui concerne les conditions d'habitation des
différentes couches sociales.
- 09 -
En dehors des zones de villas, le niveau d'Équipement en
infrastructure reste tr8s bas; peu de manages disposent de
branchements individuels d'eau et d'&lectricit&, 1'Bvacuation des
sanitaires s'effectue le plus souvent vers un simple trou.
a) Taille des parcelles
Comme vu pr&cedemment, le processus d'urbanisation s'est
effectue essentiellement par densification des quartiers existants
(pr&s de 60 % de l'excedent entre 1976 et 1923). Ce phWom&ne s'est
traduit au niveaude l'occupation parcellaire par un r&tr&cissement
de l'espace moyen occupe par les mOnages, notamment dans les
anciens quartiers parallUement a l'augmentation du coefficient
d'occupation du sol. Il semble par ailleurs, m-8 dans la
conception des lotissements, qu'on s'oriente vers les parcelles
plus petites. Les dernieres des quartiers tramés ont des surfaces
moyennes variant entre 300 et 400 ma tandis que les premieres
avaient entre 700 et 1 200 ma.
Dans les quartiers anciens comme B Bozola ou Niarela oil les
densités de population sont les plus OlevGes, les parcelles
initialement de tr&s grande taille (jusqu'a 1600 ma) ont &t&
d@coup&es par leurs occupants en réponse aux besoins grandissants
des familles cherchant b s'individualiser et surtout pour la
location. Cela est a l'origine du grand nombre de mgnages par
concession variant entre 3 et 8 a Bagadadji, Niarela et Hamdallaye
en passant par les Badiallan 1, II et III.
La taille moyenne des lots varie actuellement de 250 ma & 300
mi. Dans les quartiers tramés récents, les parcelles conçues au
depart avec une taille de 500 ma, ont BvoluO dans certains cas a la
suite de partage vers une moyenne de 250 m2. Dans Les quartiers
spontanés ou les contraintes d'extension jouent peu d les parcelles
ont peu evolué. Elles sont en moyenne de 400 mi. ( )

b) Taille des logements et taux de promiscuitG


La taille des logements a 6th appréhendee à partir du nombre
de pieces habitables par ménage. Les logements les plus vastes se
situent dans les anciens quartiers a Bagadadji, Niarela, Bamako-
coura et Bozola oil l'adjonction de pieces s'est faite au fur et a
mesure de l'augmentation de la famille. Ce qui s'est traduit dans
plusieurs cas, par une occupation de la quasi-totalite de la
surface de la parcelle, réduisant la cour à des passages etroits
entre les concessions.

23
: PUM - 1984 Programmation décennale d'investissement P.14
- 90 -
Ces logements comptent jusqu'h 10 & 15 pieces habitees. Les
logements rdduits a une, deux ou trois pieces se situent dans
l'habitat spontan8.
Le processus de production de logement dans ce cas est partout
le marne. Le menage construit une Premiere piece pour pouvoir
s'installer. WC et cuisine occupent chacun un angle de la parcelle.
L'agrandissement se fait par Btape selon les moyens (Epargne du
manage, aide familiale, travail supplementaire). D'une manière
gdndrale, 47 % des logements ont 3 piéces au moins, 26 * ont de 4
a 5 pièces et 27 Z plus de 5 Pi&es.
Si l'on estime que 3 personnes par pi8ce constituent un seuil
au dela duquel la promiscuité dans le logement devient grave, on
note que plus de 30 % des menages en 1986 ont dGpass& ce seuil. Les
autres varient peu selon les types d'habitat (le minimum releva est
de 1,5 personnes par pike dans les villas et de 3 personnes dans
le quartier commercial (où les logements dépassent rarement 5
pieces).

Les taux de promiscuite concernent surtout les locataires


notamment dans les quartiers tramés comme Bozola où propri&taires
et locataires cohabitent dans près de 75 3 des cas. Le propridtaire
toujours attach6 a une vie de famille élargie, consacre le maximum
d'espace pour lui-meme et donne en location une, deux ou trois
pièces par menage.
c) Le cadre du Mti
Les parcelles sont en géneral sous &quipées : cour en terre
battue, absence d'aménagement autour du point d'eau (s'il y en a),
WC plus ou moins entretenu et tr&s sommaire (trou ou fosse, vid&
une ou deux fois par an) tr&s mauvaise évacuation des eaux Us&es
qui forment de vastes zones d'épandage dans les cours.
Les pieces d'habitat sont construites les unes a c8t8 des
autres sans liaison intérieure. Une véranda couverte est souvent
aménagee devant les pièces d'habitat permettant de s'abriter contre
le soleil. Parfois des habitations évolu&es viennent se superposer
2L la maison traditionnelle; ce type encore rare dans les récents
quartiers est courant dans les quartiers traditionnels. L'ensemble
constitue un habitat de qualité moyenne. La construction est
souvent considérée comme un investissement definitif et l'entretien
est loin d'etre généralise et régulier. Le badiunpn est dans la
plupart des cas défraichi, la lumi&re rare et la ventilation
insuffisante. La faveur est accordée h l'espace collectif, puisque
même pendant la grande chaleur, la vie se passe dans la cour, sous
un abri (le vestibule parfois) où a l'ombre d'un arbre.
- 91 -
d) Matariaux de construction
Près des 2/3 des logements sont construits en banco soit
20,40 % sans renforcement et 43,9 % avec renforcement en ciment,
35,7 Z des maisons ont des murs en parpaing, plus rarement en
briques ou en pierres. Les toitures sont g6Mralement en tbles
(94,s 81, le banco et la paille disparaissent peu a peu. Les
maisons recouvertes de dalles constituent 10 % du parc. 11 s'agit
essentiellement des villas. La maison bgalement en dur, de type
traditionnel Wolu6, sans armature, avec toiture en t61e, fenatres
mdtalligues et sol b6tonn6 (25'6 a). La maison traditionnelle en
banco (parfois stabilise) avec porte en bois et sol naturel
reprhsente 64'3 8 des logements (voir planche NOll, un exemple de
maison traditionnelle).
En rQsum0, nous pouvons affirmer que l'habitat est largement
insuffisant en quantite et en gualite. Son influence sur la crise
6cologique est grandement manifeste et fondamentale. La maitrise
ddpendra en grande partie de 1,amélioration du contexte socio-
demographique.
s es& de solution et les nrongsitions face a la situatu
Socio-d-e et~ de 1,habiu .
Dans le contexte actuel de l'agglomération de Bamako, la crise
de l'environnement r&side dans la situation socio-damographigue.
Toute solution, onéreuse soit-elle, est vouée a l'échec si elle ne
passe pas par l'am&lioration des conditions sociales des
populations. Ainsi face a toutes les contraintes indiquées ci-
dessus, l'action des autorites consistera 8 rborganfser le secteur
konomigue national (pour limiter l'exode rural vers Bamako) et
particulièrement urbain (pour relever le niveau de vie des
citadins).
Il convient a une khelle nationale de promouvoir la relance
konomigue pour améliorer le pouvoir d'achat des citoyens, réduire
considérablement le ch&aage, accroftre le taux de scolarisation
(notamment des filles) et lutter vigoureusement contre toute forme
d'analphabétisme et d'ignorance des masses.
Par rapport h ce dernier point, il ne suffira pas d,accroXtre
le taux de scolarisation ou de vulgariser le programme
d'alphabétisation, mais il sera essentiel et nécessaire d'adapter
les objectifs aux grands probUres du moment et de faire de
i8écologie une discipline obligatoire h tous les niveaux de
l'enseignement et de l'alphabétisation des masses sans jamais
minimiser en un seul instant les questions démographiques.
Pour y parvenir, il serait très souhaitable de mettre largement b
contribution tous les médias dont l'apport a étQ néglige ou peu
sollicité jusque lh dans la préservation de l'environnement.
- 93 -
S'agissant h proprement parler des contraintes d&nographigues
gui semblent Otre au centre de toutes les questions Ocologigues,
les autorites doivent le plus t8t possible engager des actions bien
concertées de grande envergure nationale et particuli&rement
urbaine, pour martriser de façon rationnelle 1'0volution
demographigue. Cela aura sûrement un impact plus important sur la
CriSe urbaine
tiens et nronowns en faveur de l'habitat urbain .
L'insuffisance de l'habitat en quantite et en gualit& avec son
cortage de contraintes, ont constitu8 et constituent encore une
pr4occupation majeure pour tous. Mais depuis 23 ans, rien n'a
chang6 au positif ; au contraire l'bvolution de l'habitat s'est
faite a la dégradation. Pourtant la situation a atteint son seuil
explosif. Toute fois, il serait inthressant de passer en revue les
quelques actions publiques op&ees depuis le 26 mars 1991 et bien
avant.
En réaction aux probl&mes de l'habitat, les autoritds de la
deuxi&me republigue, avaient tout simplement adopta sans pouvoir
l'adapter, le système de production immobiliere ou "logement CM en
main" genéralement appliqu8 dans les pays nantis. A cet effet, une
société immobiliare étatique fut créée dont la gestion fut
lamentablementd&astreuse. Une telle solution, dans son fondement,
ressemble a un snobisme pur et simple au profit d'une couche
minoritaire et au pr&judice du plus grand nombre. Ainsi a la chute
de la 2e république le 26 mars 1991, les autorites de la transition
démocratique ont clairement affiché leur Helle volont& de
changement dans le domaine de l'habitat. Plusieurs initiatives ont
fusé et beaucoup d'experiences ont eté examinees voire initiales.
En effet, dans le souci de libéraliser la politique de
logement, il a été d&cid& de démonopoliser la production
immobilière et d'impliquer tous les partenaires en la matiare.
Ensuite, la création d'une banque de l'habitat encore inconnue des
maliens, a Oté décrétée et enfin la restructuration des spontan&s
a été rendue nécessaire.
Pour réunir les moyens financiers nécessaires aux op&ations
de restructuration et de viabilisation des spontanes nous a confie
le Gouverneur de Bamako, le District en concert avec la mission de
la Banque Mondiale gui s'y trouve, dans le cadre des projets
urbains, a mis 3000 lots viabilisés en vente aux enchares a Boco-
djikoroni (rive droite). L'ensemble de ces actions, quand bien
même, paraft censer améliorer la qualité de l'habitat selon leurs
concepteurs, suscitent cependant B l'analyse plusieurs
interrogations et inquiétudes.
En fait, cette méthode pour résoudre les problames de
l'habitat b Bamako dans son contexte actuel, se r&v&le plus
"mécanique que technique". Elle ne semble pas tenir compte des
réalités socio-économiques du milieu urbain concerné.
- 94 -
C'est pourquoi, a moins des mesures efficaces de suivi,
"d'ajustement " la mdthode en cours ne pourra aucunement endiguer la
segragation sociale dans la repartition du foncier. Certes, l'acc&s
au logement sera nettement am&iord, mais il démeurera toujours une
masse de citadins aux revenus très modestes sans logement.
De toute bvidence il ressort que dans ces conditions, la
majorite des citadins ne peut encore se procurer un logement par la
Mthode de vente aux enchares. Etant donn6 que le minimum du prix
des lots de 250 ik 600 m2 varie de 340 000 F a 5 000 000 FCFA a
payer comptant, on peut comprendre alors les difficultes pour la
majorite d'y acc&der.
La construction des cites nouvelles par l'entreprise Goudiaby
(w) produit des logements dont la procedure et le m&anisme
d'obtention sont essentiellement les conditions de la location-
vente. Les prix varieront entre 600 000 F et 5 000 000 FCFA. A ce
titre, si l'on se refère au niveau de vie moyen des populations, on
peut affirmer sans risque de se tromper qu'elles ichapperont, faute
de moyen et contre toute volonté, h une large part de la population
urbaine.
L'institution d'une banque de l'habitat, est a priori une
mesure salutaire et a 6té, accueillie avec satisfaction par de
nombreux citoyens. Cette mesure ne saurait r+ondre aux attentes
que lorsque les critares d'allocation de cr6dit bancaire ne se
baseraient pas inflexiblement sur des garanties d'ordre materie et
professionnel que plus des 2/3 des intéress&s ne pourront assurer
individuellement a l'institution bancaire. A moins d'une vigilance
assidue et d'une tr&s grande intelligence dans l'application, la
banque risque de fonctionner au service d'une minorite en excluant
encore la majorité gui vit le jour au jour.
En effet, la banque accroîtra les propri&&s immobilibres des
couches aisées, et suscitera une vague spéculation immobilière au
préjudice de ceux gui ne peuvent s'acheter ni parcelle aux
enchères, ni logement construit, encore moins se trouver une
garantie qu'exige la banque : il s'agit la des 4/5 de bamakois.
Chacune de ces eventualités gui entachent les alternatives
actuelles, :&S,t susceptible de nous ramener à la situation
initiale, d'aggraver les disparités socio-dconomigues au titre de
l'habitat.

24 : Il s'agit d'une entreprise d'origine sénégalaise


sollicitée par les autorités de la transition pour construire des
logements h location-vente.
- 95 -
A toutes ces tentatives plus ou moins appropriées, mais tres
sinceres en soi, il convient de joindre, et cela s'avere capital,
la libéralisation du foncier, sa démystification et sa
démocratisation dans le cadre d'une réelle et arande reforme
foncière et agraire qui permette 21 tout citoyen d'accéder tres
facilement au foncier pour se loger. D'autre part, de pertinentes
initiatives et mesures socio-politiques doivent immédiatement
suivre, tellesla baisse ou la subvention des prix des principaux
matériaux de construction, la minimisation des prix de parcelle,
l'adaptation de leur superficie aux tailles des familles
nombreuses, et J'orsanisation effective des communautés urbaines en
coooératives oouvant valablement reorésenter des aaranties morales
auores des banaues de crédit. et renforcer le rôle de la
particioation communautaire dans la sestion urbaine.
Une telle action facilitera l'accès au logement au commun des
bamakois, qui d'année en année, pourra améliorer progressivement
son habitat à la faveur de différentes opportunités socio-
économiques et cela avec les conseils bien appris des techniciens
bien formés et pleinement disponibles.
C'est h ces conditions que l'habitat spontané va
progressivement disparaître du périmetre urbain et que la
densification et la saturation des tramés anciens et récents seront
stoppées et allégées éventuellement.
Enfin l'urbanisation pourra être maîtrisée, planifiée
permettant aux autorités de reporter leurs efforts face 3 un autre
défi dans son genre et de plus en plus inquiétant : il s'agit des
contraintes environnementales liées aux activités économiques
urbaines.
- 96 -

CHAPITRE 4 : LES INCIDENCES ECOLOGIQUES DES Ac3TMTES


ECONOMIQUES URBAINE A iMMAK0
Les secteurs primaire, secondaire et tertiaire sous-tendent
les nombreuses activites de Bamako. Chacune de ces activités est
d'une importance économique vitale pour les populations urbaines.
Mais leur mauvaise gestion contribue de façon spécifique h la
dégradation et b la pollution du cadre urbain
Tableau no XXI : Rénartition nar secteur d'activité des chefs de
ménaues actifs en % (1983).

- MoycMc 13 % 25.66 58.66 2.66 100

Source : Rapport de constat de faisabilité du projet


- - urbain
Bamako
I- LES INDUSTRIES : ACTIVITES ET IMPACTS
A) Des sites industriels mal localisés
L'agglomération de Bamako concentre l'essentiel du secteur
industriel soit plus de 70 % des industries. Ce secteur comprend
des unités variées. Ainsi, aux industries chimiques (colorants,
intrants agricoles) métalliques, pharmaceutiques, fabriques de
cigarettes, d'allumettes, de plastiques, s'ajoutent les unités
industrielles de papier de savon, de vinaigre, de conditionnement
de lait, de fabrication de piles, de textiles, des unités de
brasserie et un abattoir frigorifique.
La plupart de ces industries se situent dans la zone qui leur
est exclusivement réservée selon les textes. Cette zone s'appelle
la zone industrielle. Cependant un nombre non négligeable
d'industries, pour des raisons difficiles à argumenter au regard
des nuisances actuelles qu'elles provoquent, ont été diversement
implantées à travers la ville au coeur ou à proximité des zones
densément peuplées.
- 97 -
Tableau NOXXII : Localisation des unités industrielles

Source : rapport de constat de faisabilité du projet urbain


1981 Bamako
En pourcentage :
- zone industrielle : 51 %
- centre ville : 21 %
- autres zones : 28 %

De toute évidence, il est juste d'affirmer qu'aucun de ces


sites ne répond 3 ce qu'on appelle les normes écologiques et
sanitaires. En fait, implantée* à l'Est de la ville sur la
trajectoire des vents dominants Est-Ouest, la zone industrielle
dégage quotidiennement les fumées de gaz de combustion sur la ville
qui est presque totalement entourée par de grands corridors de
reliefs. Ces hauteurs de reliefs donnent à Bamako l'image d'une
vallée au dessus de laquelle les fumées de gaz industriels ne
peuvent se répandre facilement dans l'atmosphère. C'est ainsi que
la ville est quotidiennement soumise aux composantes toxiques avec
tous les risques sanitaires qui s'en suivent. La suspension de ces
nuages toxiques, chimiques, perturbe à l'évidence, l'équilibre
météorologique, entretient permanemment la chaleur et réduit de
façon considérable en fin de journée la visibilité humaine. A cette
source de pollution atmosphérique, s'ajoutent évidemment d'autres
liées à la consommation du bois de chauffe et de circulation autos
et motos.
- 99 -
Concernant les unités dispersées a travers l'espace urbain,
elles contrastent sur tous les plans avec leur environnement
immédiat, tant par leurs nuisances gazeuses, Hsiduaires,
acoustiques que leurs diverses exigences de mesures de S&urit&.
Ainsi en zone industrielle ou ailleurs , presque toutes ces unit08
industrielles prennent considkablement part a la dégradation de
notre environnement urbain par les formes variees de leur
pollution.
W Lesautress de la odlution industrielle
a) La pollution par les déchets solides
Cette pollution se traduit par l'importante quantite de
papiers, de cartons, de plastiques divers, de metaux, de verres, de
chramique, de tissus et textiles utilises dans la ville et qui
engendrent d'importantes ordures. D'apr&s les services de voiries,
la part des dkhets solides provenant des industries reprbentait
en 1986 10,5 % de l'ensemble des ordures ménagéres de la ville.
b) La pollution en déchets liquides
Elle parait Btre la plus importante et la plus preoccupante
pour l'ensemble des populations urbaines. En effet, tout autour des
industries, a travers la ville et de la zone industrielle, une
importante quantite des eaux Us&es industrielles a la faveur de
l'absence de caniveaux efficaces et de la perméabilit& de certains
sites, s'infiltrent facilement et contaminent indeniablement la
nappe phreatique rendant dangereux l'usage des eaux de puits de ces
secteurs. Autrement elles se constituent en flaques nauseabondes.
D'autre part, ne disposant ni décharge aménagée, ni fosse, ni
installation de traitement chimique d'eaux usdes, la plupart de ces
unit& Evacuent directement leurs eaux dans le fleuve Niger par le
biais des collecteurs, marigots et caniveaux. La figure no9 peut
nous en Edifier davantage.
Les consequences kologiques et sanitaires sont à n'en pas
douter, catastrophiques sur plusieurs plans.
- 100 -
Tableau no XXIII lles industries nrincinales de Bamako et leurs
svstGmes de traitément et d'évacuation des eaux résiduaires

WI SS

-Ab&&
- Tœneric
-U~oCSMhDidO
-Mali-u
--
-Fabrqw&baaeriu
-F&fi+CdCpCiDlWt
- SONATAM
-tl-FMA
- SoMAPtL

- Fabrique & glace


- SOMABCPAL
- L’urmc cénmiguc

Source : Direction générale de l'hygiène publique et de


l'assainissment. 1982 - Bamako
Précisons d'autre part que les installations sanitaires de
traitement dont elles disposent sont loin de répondre aux normes
réglementaires et certaines sont méme abandonnées (celle de l'ITEMA
et de Mali-lait par exemple), et d'autre part que le fleuve Niger
constitue la destination finale de la plupart de ces eaux
résiduaires peu traitées ou non traitées.
Face à un tel ensemble de problèmes aussi variés que
complexes, il incombe d'abord aux autorités urbaines, ensuite aux
industriels des devoirs impératifs dont les suivants :
- de bons textes étant déjà élaborés à ce sujet, il s'agit
maintenant de les appliquer avec rigueur.
- que la manoeuvre des agents d'assainissement ne soit plus
tributaire d'un quelconque rapport de force.
- qu'aucun industriel ne soit plus le protégé de qui que ce soit de
l'appareil d'Etat.
- que les autorités appliquent très urgemment l'expérience
occidentale fondée sur "qui pollue, paie".
- que les industriels prennent conscience du préjudice écologique
et sanitaire qu'ils causent à la cité.
- sans complaisance, que 1'Etat déguerpisse tous les habitants
riverains de la zone industrielle et d'autres industries et reloger
les ayant-droit.
- principalement que les sources d'approvisionnement en eau (le
Niger et la nappe souterraine) soient protégées intégralement
quelqu'en soit le prix.
Dans le même sens, les autorités doivent réglementer désormais
toutes les catégories d'activités économiques de diverses
incidences écologiques néfastes : dont l'agriculture et l'élevage
urbains, l'artisanat et le commerce.
- 101 -
IX - LB COXMBRCB BT L’ARTISANAT t DB8 SOUBCBS DB POLLUTIOBl
L'artisanat et le commerce sont d'une grande importance
4conomigue pour les populations urbaines. Cependant leurs
inconvinients sont multiples.
A) &es [Link]~s artisanales
Secteur mal organfs8 de l'honomie urbaine, l'artisanat a
Bamako s'impose par sa dimension socio-6conomique. En effet, il
emploie plus de 7 000 actifs et fait vivre plus d’un millier de
menages urbains. Hais son caractare anarchique suscite de vives
pr8occupations sur le plan de l'assainissement de la ville.
En dehors de quelques cas de regroupement d'activites dans
certaines zones telles la grande mosguee où se situe la maison des
artisans, l'artisanat paraft quelque peu diffus a travers la ville
de Bamako. Les tisserands que l'on retrouve regroupbs dans certains
quartiers de la ville occupent tout espace libre a leur portae.
C'est ainsi qu'ils s'installent illicitement dans les rues
spacieuses de quartiers, sur des espaces non encore Métis ou le
plus souvent prennent d'assaut certains espaces verts comme on le
constate aupras de l'intendance militaire. Ces artisans constituent
surtout des migrants ruraux venant quelques fois passer la "saison
morte" h Bamako. Les cordonniers, maroquiniers, bien que se
regroupant en nombre plus ou moins important dans les soucks de
l'artisanat, ne sont pas dissociables des tisserands dans leurs
Mthodes d'occupation de l'espace. En effet, on les retrouve
partout, tr8s fréquemment devant les établissements publics, le
long des voies ou artères importantes, autour des terrains de sport
a l'entrée et au coeur des marchés et parfois au bord des
collecteurs et caniveaux a ciel ouvert où ils jettent impunément
leurs déchets solides, contribuant ainsi a l'obstruction de ces
derniers.
Les artisans de metaux, eux, travaillent en diffdrents
endroits. Si d'aucuns se sont installh dans la zone industrielle,
d'autres ont édifib leurs ateliers soit au bord des rues ou a
l'intérieur de concessions en plein coeur de quartiers densement
peuplés. Dans ces conditions, ces ateliers indisposent nombre de
gens de leurs alentours par des bruits de moteurs et des
frottements mécaniques aiguës qu'ils produisent.
Les réparateurs de cycles s'installent tout azimuts sur les
trottoirs de voies publiques, réduisant la largeur de ces dernieres
déja trop étroites et encombrant la voirie de pieces usées.
Quant aux garages automobiles, ils se disseminent au sein de
l'espace urbain et principalement aux bordures des marigots et
collecteurs.
- 102 -
La teinture des Mtements est devenue une activitd Economique
tr&s importante principalement dominae par les femmes. Ces
derniares oparent en petits groupes de 4 a 6 personnes et ont une
preférence pour les abords des collecteurs, caniveaux et des
marigots. A d&faut de ces places de choix, n'ayant ambnag& aucun
lieu pour ce m&tier, les teinturiares effectuent leurs op&rations
a la porte de leur domicile ou elles Wacuent directement les eaux
usées dans la rue ou dans les caniveaux lorsqu'il en existe. Or, au
cours d'une enquate intra-domiciliaire effectuee par les agents
sanitaires a Hamdallaye, il a &t& constat& que des eaux de puits
des concessions voisines de lieux de teintures avaient &t&
contaminées par les eaux Us&es chimiques. Cette pollution s'est
traduite par un changement de gout, de l'odeur des eaux de ces
puits et leur aspect mousseux a la moindre agitation. Ces puits,
immédiatement apr8s le constat, ont été mis hors de tout usage
domestique.
Enfin les artisans de bois d'oeuvre, outre les dommages qu'ils
infligent h la nature en y coupant les gros bois, produisent
d'enormes quantitas de déchets solides qui ne parviennent pas tous
aux depotoirs officiels. Au regard de la degradation croissante de
l'espace urbain par les activitds artisanales en g6nera1, les
mesures suivantes sont souhaitables a appliquer :
- regrouper les activit&s autour des grands centres d'intir8ts
Economiques suivant une repartition coh&ente. Cela permettra une
meilleure coordination et une gestion saine des activit&s
artisanales.
- organiser les artisans en sorte qu'ils puissent gerer eux-memes
leur environnement bcologique afin de faciliter et d'allager le
travail de la voirie. A ce titre l'blaboration de textes sphciaux
pour reglementer le fonctionnement de l'artisanat et la création
d'un haut conseil national des artisans seraient plus que
souhaitables. C'est a ces conditions que les artisans participeront
au processus d'assainissement de la ville. Cependant un artisanat
organise, assaini, ne saurait faire d'impact positif sur
l'environnement aux c8tés d'un commerce désordonn8, sans statut, ni
reglementation qui se deroule dans des conditions ni saines, ni
fiables.
B - Les activités commerciales .. 1 I insalubrite des maa
urbains de Bamako
Ce secteur qui emploie plus de 50 000 personnes aujourd'hui,
selon les statistiques (1990) de la DNSI (Direction Nationale de la
Statistique et de l'Informatique), englobe une gamme Vari&e de
commerçants. Au nombre de ceux-ci il y a les grossistes d'articles
divers, les demi-grossistes, les détaillants boutiquiers,
étalagistes et ambulants. L'essentiel du commerce semble se
dérouler au sein de marchés géographiquement délimités des
habitations.
- 103 -
Ces marches sont compos6s du grand marcha central ou "marchO
rose" excessivement Mtuste, et encombre, les march6s des communes
et ceux propres aux quartiers comme celui de Ouolofobougou (voire
planche 14). C'est justement ces marchds dans lesquels nous avons
effectu8 nos enguhtes et observations attentives, gui constitueront
ici l'ossature de notre Etude sur le commerce urbain.
Excepte le grand march6 central oil se deroulent conjointement
les gros et petits commerces, réglementés en partie, l'enssmbls des
marches communaux et sectoriels sont largement domines par les
vendeuses dataillantes de petits articles locaux ou importas, de
condiments liquides et solides, de fruits et de plats prepar&s.
Exiguës, satures par les usagers et les marchandises, insalubres et
desorganises, les march6s urbains de Bamako constituent des sous-
espaces en proie à la pollution et aux nuisances. ExposBs aux
intempdries, les marchandises sont pendant la saison sache,
recouvertes de poussi&re soulev6e par le vent. Les parties
couvertes sont Mtustes et manquent d'aaration. Cette promiscuit&
est source de transmissions diverses de maladies. Ce fait a Bt&
constat8 plusieurs fois lors des epidemies de varicelle, de
rougeole, de conjonctivite, de toux... Pendant l'hivernage, les
conditions des marches deviennent encore plus d6plorables. En
effet, conçu sans aucune btude, aucun ambnagement geni-sanitaire
préalables, depourvus de bassins d'6vacuation d'eau pluviales, de
caniveaux, suite a chaque grande pluie, ils donnent l'image de
véritables mares avec des pBriph6ries rendues inaccessibles par la
boue que petrissent les pieds des ménagères pour acc6der aux
condiments. A l'intérieur, l'odeur desagreable des denrees en
fermentation gui deviennent de véritables ruches de mouches,
renforce en tout visiteur le sentiment de dégoût et de grands
risques sanitaires. Face aux vents et pluies violents de cette
saison, les hangars montés a la halte avec de mat(sriaux precaires
s'écroulent en grand nombre causant parfois de graves blessures par
les vieilles feuilles de t8les servant de toiture.
Par ailleurs des chapelets de tas d'ordures commerciales
ceinturent les marchés. Des decharges existent au coeur des
marches. C'est principalement le cas du marché central oQ chaque
passage des agents de la voirie, provoque de grands mouvements de
masse succeptibles de dégenérer en altercations violentes et
bagarres d'incompréhension entre ces derniers et les marchandes.
Dans ces conditions, maigre le Me1 dévouement du personnel aux
moyens insuffisants des services de voirie, les résultats demeurent
toujours médiocres et les marches n'en pourraient etre assainis.
Aussi l'insuffisance et la degradation notoire des fosses
d'aisances obligent les gens h defequer et h uriner aux abords des
marches urbains. Signalons tout de méme que cette situation ne
concerne pas tous les marches, encore moins le marché central.
- 106 -
Devant un tel cas, l'indffference n'est pas permise d'ou des
mesures ad&quates et ex8cutoires sont a arrdter. Par consbguent il
convient urgemment d'agir au tour des axes suivants :
- reddfinir le statut de crbation et de fonctionnement des march&s
urbains de Bamako.
- ouvrir dans tous les marches des raseaux de drainage d’eaux
pluviales, des fosses d'eaux Us&es et des latrines publiques bien
entretenues.
- interdire sous quelque forme que ce soit les dépbts de déchets
commerciaux au coeur des marchds et y déposer des caissons de
grande' capacit& (soit 7 m3) a la périphérie et obliger ou
sensibiliser les usagers a s'en servir correctement.
- attribuer a chaque march6 une autonomie de gestion gui serait
Confi&e a un collectif d'hommes et de femmes comp&tents, honnates
et d&mocratiguement 61~s par les populations Concern&es gui
assureront l'assainissement et la modernisation des marches sans
beaucoup attendre de 1'Etat.
- exiger des marchandes et marchands de denr6es alimentaires la
qualit hygiénique h travers des contr8les effectifs et reguliers.
Toutes ces actions seraient vouées b l'échec si une large et
transparente information ou sensibilisation n'est pas opGr&e auprès
des premiers concernés. Cette large information sur la salubritg,
la protection de l'environnement pourrait pdnétrer des couches
d'autres secteurs d'activit6s polluantes : il s'agit notamment des
couches ...+-;, A. des activitis agricoles et d'blevage devenues a
leur tour des caract6ristigues non ndgligeables de l'&cologie de
Bamako.
ZII -/DES ACTIVITES RQ&&BS Etal VILLE t L'AORICULTURB RT L'R&RVAO&
AS, Une aariculture dominée Dar le maralchaa
A Bamako, cette branche d'activité concerne aussi bien le
jardinage, l'exploitation des concessions rurales, l'arboriculture,
le fermage peripherigue, les champs de cultures c6realiWes que le
mararchage. Ces activites apparemment de plus en plus en perte de
vitesse h cause de l'urbanisation galopante de la ville, ont
pourtant leur importance et leur rble dans l'économie bamakoise.
Absorbant 14 Z de la population active de l'agglom&ation,
elles occupent 27 0 des actifs de la rive droite et 12 S de la rive
gauche. C'est surtout le maralchage gui constitue l'activitb
dominante. Cette activité se localise généralement les longs du
fleuve et des marigots et sur un certain nombre d'espaces
facilement exploitables et connus pour leur valeur agronomique.
Elle absorbe une partie de la main d'oeuvre migrante n'ayant trouve
d'autres formes d'emploi. Jadis activité secondaire pendant la
saison sèche pour certains agriculteurs, le mararchage devient de
plus en plus une activité à plein temps pour d'autres personnes.
- 107 -
Les l@umes produites en ville, representent une part
importante de l'approvisionnement des consommateurs urbains.
Difficile a chiffrer avec des pr8cisions irrefutables, le
marafchage couvrait a Bamako en 1984- 85 une superficie de sol
dvaluée 2k 516 ha 346 a 65 ca environ. La production totale en
salade, haricot, choux, tomate, aubergine, poivron, oignon, gombo,
courge, piment, pomme de terre etc... Otait estima8 a 600 t/an au
moins. Le mararchage est g8n8ralement perçu aujourd'hui comme une
assurance chbmage et une solution face a la crise &onomique et aux
rigueurs de l'ajustement structurel. Il donne lui meme lieu a
d'autres activites. Ainsi sur les dbpdts d'ordures de Bamako, des
gens tamisent le compost et vont livrer du terreau par charrettes.
Les cultivateurs possédant de grandes surfaces, n'hasitent pas a
faire venir du terreau par camion entier. Au profit de la m&ne
activité, d'autres personnes font récupérer les déchets d'abattoirs
qui serviront d'engrais, les fumiers des animaux presents dans les
cours de concession.
Au regard de tous ces enjeux relatifs aux mararchage, il
convient donc de protéger les terrains fertiles occup& par ce
secteur de production généralement localisés en zones inondables,
mais qui sont de plus en plus menaces par des occupations
spontanees et la spéculation fonciere. Aucun lotissement ne doit
mettre en cause les cultures marafchares en bordure du fleuve
Niger (zone non aedificandi). L'extension de la zone industrielle
ne doit gu&re affecter les secteurs marafchers de sotuba.
Cependant, le maraichage dans ses formes de pratiques
actuelles, pose des problames de salubrité. En effet, les 16gumes
d'approvisionnement des marchés urbains semblent ne pas obéir aux
normes hygieniques surtout lorsque l'on comprend les conditions de
leur production et de leur traitement avant consommation. Les
marafchers pendant la culture, épandent sans aucune mesure de
précaution, les produits chimiques de toute nature dont certaines
substances toxiques imprègnent des l&gumes. Faisant parfois fi des
ragles hygibniques, certains mararchers, en période d'&tiage des
cours d'eau, font arroser leurs cultures par des eaux pollu8es
récupérées du point de terminus de collecteurs ou de petits
marigots au niveau du fleuve. Cette pratique est d'autant plus
dangereuse sur le plan sanitaire que ces réseaux ne drainent au
fleuve en cette période que des eaux résiduaires domestiques et
industrielles. D'autres marafchers cultivant dans des zones
marécageuses aux bordures très appréciées des garagistes d'auto,
arrosent également les salades avec de l'eau noircie a l'huile de
vidange et remplie de d4chets divers. Ces diverses pratiques
passant sous silence complice, font de ces produits des denr6es a
haut risque pour la consommation.
En marge du marafchage, se déroule accessoirement tant au
coeur de la ville qu'8 la périphérie proche, l'agriculture
céréali&re s&che. En effet, tous les espaces vides de la ville sont
presque tous mis en culture pendant l'hivernage.
- 108 -
Cette activite serait également tr&s vitale pour beaucoup de
ménages urbains. Elle leur procure, d'apr&s les 41 chefs de
mdnages que nous avons rencontres, un revenu additionnel.
Cependant, il convient de faire remarquer que cette agriculture, a
travers ses diffdrentes manifestations, confère a la titi un aspect
rural, contraste sensiblement avec toutes les exigences de la ville
moderne. En effet a la maturitd, les champs de mil et de maXs
deviennent des loges importantes de moustiques, de serpents
venimeux et surtout de malfaiteurs criminels gui s'y dissimulent a
la vue, a la faveur de la densite et de la taille des cultures.
Par ailleurs c'est sous ces cultures où s'effectuent
clandestinement les decharges de d&zhets de vidanges, de d6p6ts
d'ordures et ou l'on jette des cadavres d'animaux domestiques. La
dernière forme d'activite agricole concerne les grands jardins,
champs de culture et de plantation qui se d6roule essentiellement
aux périphbries moyennes et lointaines de l'agglom&ration urbaine.
A ce titre, il faut citer par exemple les grands champs de culture
et de plantation localis6s a l'Est, à l'Ouest et au Sud-Ouest de
Bamako dans des rayons de 35 a 60 km. Ils appartiennent la plupart
aux hauts fonctionnaires et grands commerçants. Ils ont
consid&ablement modifié le système foncier de ces localit&3,
affecte dangereusement les modes de vie Economique des populations,
et condamnent la vegétation naturelle h s'éloigner de plus en plus
de l'agglomération urbaine.
L'ensemble de ces formes de degradation de l'environnement, de
ces hauts risques sanitaires doivent représenter pour tous et
notamment les autorités des signes d'alerte incitant a des mesures
urgentes, adéquates et exécutoires. Face aux risques sanitaires et
h la dégradation ecologique qu'entrainent les differentes activiths
agricoles h Bamako, les actions suivantes doivent Btre engagees :
- réorganiser l'activité de maralchage et assister les maraichers
par des techniciens specialisés.
- soumettre les produits h un contrele rigoureux.
conseiller aux consommateurs par tous les réseaux de
communication disponibles de procéder a la d&sinfection
systématique des 10gumes avant toute consommation.
- interdire syst6matiquement voire sous peine de sanction sW&re,
toute activitg de production céréaliare en ville.
- et contenir sans délai l'extension des champs aux périph6ries
urbaines de Bamako en voie de désertification. Toutes ces actions
doivent etre intégries dans un programme général de protection de
l'environnement qui accorderait également une place de choix a la
réorganisation de l'élevage urbain ou tout simplement a
l'application intégrale des textes elaborés b ce sujet. En effet
cette activité autant que les autres, mais de façon sp4cifique
suscite de nos jours de vives préoccupations pour les acteurs de
l'urbanisation et engendre des nuisances pour les populations
malgré son importance sociale et &conomique.
- 109 -
B) Ls nrésence de l'elevgae dans 18écologie urue de Bamako

L'elevage, autre volet des activités urbaines, ne connart pas


au coeur de la ville, le meme d&veloppement que le maraMhage. Les
nuisances qu'engendre cette activit6 (bruit, salet4, mouches,
moustiques et autres d&gdts) ne sont guère du goQt des autorit4s
municipales. Les brigades d'hygianes et de protection de
l'environnement sont mandatees a ce sujet.
Ne subsistent dans l'agglom6ration que de petites unit&@
d'&levage en dehors des quelques poulets, pintades, canards et
pigeons que chaque famille entretient pour sa propre consommation.
On n'y trouve des poulaillers de petites tailles (100 a 200 poules)
géneralement aux mains de hauts fonctionnaires ou grands
commerçants qui ont un marcha etendu à leur disposition. Le gros
bétail, n'a plus droit de cité dans l'agglom&ation urbaine de
Bamako. L'dlevage des ruminants y a ét& interdit depuis 1982.
Vaches et boeufs devraient a cet effet plus ou moins quitte
l'interieur de la ville pour sa périphérie, mais chèvres, moutons,
dnes et chevaux y devaient rester.
Plus qu'un veritable élevage destine a apporter des revenus
monétaires, les petits ruminants estimés a 30 000 tatas en 1987 &
Bamako de sources v&t&inaires, ont une fonction sociale et jouent
parfois un r61e de caisse d'epargne permettant de faire face aux
dépenses nombreuses. Rares sont les citadins qui en possadent plus
d'une dizaine de tates et qui engraissent les moutons pour les
vendre lors des f&tes de tabaski.
Encore moins bien connu que le jardinage, 1'6levage en ville
ne fait guère l'objet de statistique précise. Les chiffres
disponibles ne sont pas nombreux, mais ils sont toutefois
éloquents. A Bamako on a recensi en 1987, 130 000 volailles, 15 000
bovins, 30 000 petits ruminants et un millier d'dnes et de chevaux.
Les chiens et les chats n'ont jamais été recensh.
En vue de réduire les nuisances que causent ces animaux, le
gouvernorat du District de Bamako a établi des textes contre la
divagation et l'elevage anarchique. Il a en effet crU pour bovins,
ovins et caprins des parcs communaux ofi doivent s0journer les
animaux. Le District en totalise 13.
En marge de ces parcs désignes par les autorit68, existent
aujourd'hui en tout autre endroit, des parcs privés parfois non
clUturés, sans délimitation, ofi les animaux sont regroupés pendant
la nuit. A cause de nombreuses dérogations impunies sous l'oeil
indifférent ou complice des autorités compétentes, ces dlevages
tr& mal organisés dans l'ensemble, compliquent aujourd'hui les
actions de sauvegarde de notre environnement urbain.
- 110 -
Laisses en divagation sur l'espace public ou privé, ces
animaux tr&s souvent en cort&ge (il s'agit des bovins-ovins et
caprins) font frkquemment irruption a longueur de jourMe sur les
voies publiques de circulation dense (voir planche no 17). Ainsi
ils provoquent des accidents graves et un encombrement angoissant
de la circulation en Mme temps. Ils cassent tout sur leur passage
y compris les jeunes plants cherement acquis. Parques en petits
nombres dans l'enceinte des concessions, moutons, ch&res et
parfois boeufs, favorisent par leurs propriét&s diverses la
prolif&ration d'insectes nuisibles qu'ils attirent et rendent
d6sagréables les conditions de vie de ces concessions.
Se nourrissant avec tr8s peu de pdturages qui ont presque
disparu, mais principalement dans les tas d'ordures ménagères, et
rarement soumis a des visites et traitements vétérinaires, ces
animaux expos6s a toutes sortes de maladie sont livrhs à la
consommation familiale et publique. Elle comporte de grands risques
sanitaires pour les consommateurs.
En outre, en y glanant, ils dispersent les dép8ts d'ordures et
rendent difficile leur enl&vement par les agents de la voirie
(voire planche no 18).
Par ailleurs, les chiens et les chats créent d'une part des
nuisances acoustiques par leurs aboiement et miaulements nocturnes
interminables, d'autre part, ils salissent et contaminent les
aliments lorsque ceux-ci font l'objet du moindre oubli. Or, qui
sait que ces animaux se nourrisent egalement dans les tas
d'ordures, peut évaluer le risque sanitaire encouru dans ces
conditions.
Rares sont également chiens et chats qui sont soumis
régulièrement aux visites ou traitements vétkinaires tandis qu'ils
portent tr&s souvent en eux les germes de maladies varMes comme la
maladie du sommeil, la rage, la fi&vre typhoïde qu'ils peuvent
transmettre a l'homme par leurs salives ou autres contacts. Au delh
de cette menace bactériologique, laissés a eux m&me glaner de
maison h maison, dans l'espace public voire de quartier a quartier,
nuit et jour, il arrive parfois que les chiens sanitairement
redoutes, mordent des passants ou les menacent de morsure. Tout ce
catalogue de constats crée en ville, notamment pendant la nuit, une
véritable insécurité pour les personnes, et met en évidence le
contraste ou l'incompatibilité entre de telles pratiques d'élevage
et les nouveaux codes de valeurs de la cité, à condition que de
sérieuse mesures soient mises en oeuvre.
Il faut sans détours appliquer intégralement les textes
relatifs aux différentes formes d'élevage avec des amendements de
rigueur.
- 112 -
Il s'agit entre autres :
- de sensibiliser l'opinion urbaine sur les risques sanitaires
qu'entraine la divagation des animaux.
- de proc&der face aux Mticents, a la confiscation pure et simple
des ovins, caprins, bovins pris en divagation ou de les sanctionner
par une lourde amende de dissuasion. Quant aux autres animaux,
notamment les chiens et chats,
- d'amener par une large sensibilisation leurs propri6taires a les
vacciner r4guliWement sinon des textes doivent Btre Etablis pour
autoriser leur abattage syst&natique par quiconque se sentira en
danger. Toutefois l'adhesion des populations doit pr&ceder et
predisposer toutes les mesures nécessaires pour resoudre les
probl&mes d'environnement dus a l'élevage urbain mal r6glemente.
Conclusion
L'écologie urbaine est fortement dépendante des conditions
socio-Gconomiques des populations. En effet l'ensemble des
problèmes d'environnement sont directement liés aux comportements
des individus et a leur non participation 3 la gestion urbaine.
La population est dans sa majorité pauvre et analphabète. Il
en résulte une croissance dhmographique rapide de 4,8 Z par an, le
dalabrement du cadre de vie, le gonflement de l'habitat spontana,
le ph&nom&ne de taudification et l'exacerbation des probl&mes
d'hygiène et de sante. D'autre part l'activit6 économique est mal
organisée et khappe h tout contrble de rigueur. Les opérations
industrielles, artisanales, commerciales et agricoles se traduisent
par des atteintes inadmissibles aux normes élémentaires de
l'environnement. En fait, tandis que les industries deversent
délib&ément leurs eaux usées dans le fleuve par les marigots, et
les caniveaux, le commerce et l'artisanat continuent a polluer
l'espace urbain par les déchets solides et liquides, au moment ou
l'agriculture et l'elevage jettent dans la ville des animaux en
divagation en faisant de cette derniare un espace semi-rural.
Face h tout cela, les mesures adéquates sont peut Qtre la,
mais elles sont toutes paralysées par le système de vie social, qui
condamne tout le monde dans une passivit& complice. Cependant
aujourd'hui, ces mêmes mesures ne sont plus d'actualité. Xl
convient alors de les adapter au contexte nouveau en privilegeant
la sensibilisation, l'éducation, la formation fonddes toutes sur
une cohésion sociale et une claire volonté politique. Autrement
dit, l'adhésion massive des populations par motivation et
conviction est la condition sine-quanon de tout changement
souhaité.
- 113 -
Ainsi, fortes de la mobilisation de toutes les ressources, les
communaut&s urbaines pourront efficacement faire face a d'autres
facteurs de contraintes majeures notamment 1'accOs a l'eau potable
et l'&vacuation des eaux usées et pluviales, la collecte et
l'élimination des d6chets solides qui constituent de nos jours des
questions Ecologiques particuli&rement sensibles.
PREMIERE PARTIE
- 114 -

TROISIÈME PARTIE : ETUDE DE CAS

Outre la pMc6dente présentation génerale du cadre Ecologique


de Bamako que consacrent la premiare et la deuxiame partie de cette
Etude, la comprehension plus ample et plus pr&cise des
d&@uilibres Ocologigues majeurs de la ville requiert une btude
approfondie d'autres aspects pr6occupants de la question.

Ainsi l'étude de deux cas du genre consacre cette derniare


partie du travail : il s'agit en l'occurrence des problèmes lias a
l'enl&vement des ordures ménageres, a leur manutention, a
l'bvacuation des eaux usaes, pluviales, enfin a la pollution de la
nappe phraatigue alimentant la ville.
Cette @tude, pas plus gue les précédentes, n'a pas Opuis les
questions abordees certes, mais elle contribue a comprendre avec
plus de certitude et de précision (chiffres a l'appui) l'ampleur de
la crise urbaine dans ses aspects écologiques et les déficiences
notoires de moyens appropriés a y faire face. En effet, des ordures
mGnag&res h la pollution des eaux souterraines, en passant par
l'evacuation des eaux usees et pluviales, la crise de
l'environnement urbain de Bamako passe aujourd'hui comme 4tant un
destin fatal de la ville et a tendance a prendre un caractare banal
aux yeux de la population.

La presente &ude décrit les méthodes de ramassage de


manutention des ordures vers les dépôts et la qualit de' ces
derniers.
Ensuite, elle aborde et examine le syst&ne et les
infrastructures d'6vacuation des eaux usées après avoir pr6sent6 la
situation d'approvisionnement de la ville en eau et par types de
quartiers, pour enfin révéler et expliquer les niveaux de pollution
de la nappe, l'etendue des zones pollu4es, les r6percutions
sanitaires et les mesures nécessaires pour y faire face.
- 115 -

PREMIER CAS : LES ORDURES MENAGÈRES À BAMAKO


1 - COLLECTE, MISE EN DEPÔTS ET ELIMINATION DES DECHETS
A) Quantité et comDosition des déchets solides
Sur la base des resultats du recensements général de 1987, et
le taux de croissance annuelle de 4,8 $, on peut estimer la
population de Bamako à plus de 817 000 habitants en 1992-1993. La
production d'ordures ménagères est aussi bien liée à
l'accroissement démographique qu'aux activités socio-économiques
des populations.

Aujourd'hui, la quantité d'ordures produites par habitant et


par jour est estimée à 1,6 l/hab. soit un poids spécifique
d'environ 0,4 Kg/hab. Globalement, la production d'ordures dans le
District est estimée à environ 1 500 m3/jour.
La composition de ces déchets est fonction du type des
quartiers. Ainsi :
- au centre ville (commerces, administrations) : taux élevé de
papiers et de cartons;
- dans les quartiers populaires : tr&s forte proportion de
matériaux inertes (cendre, sable, poussière) et beaucoup de
reste de cuisine;
En fait, il appara1t une certaine homogénéité dans les ordures
de Bamako constituées à 85 % des déchets de type générés dans les
quartiers t'populairest@.

Tableau No XXIV : Pourcentase de différentes comnosantes d'ordures


à Bamako

Typa d’ordurer apoida

- Papiil . CJnm 3.5


- Pmiqucs 2.0
- Mitaux 3.5
_ Vcm. céramique 1.0
- Tissu. tcx%ikr 1.0
. Fcudks, pile. bar 17.5
-chdm 2.0
- Rcstc dc cuisine 17.5
- Cendre. nbk, poussiin 51.0
- AuVcs 1.0

Tdrl 100.0

Source : DSWA, rapport annuel 1991, Bamako


- 116 -
Tableau No XXV : Comnosition des ordures suivant les zones de
production (en % de DOidS en saison seche)

-hpkncJnau
--
- MilJux
_ verre, cénmiquc
- CuNrr. CJadcbaIc
- TcsJikJ
- F~U~&I. ~ailka. bas
--
- Rcacdc cuisine
- Ccmdre. mbk. p.m&u
- AuIres (a. Pikl)

Source : DSUVA (Direction des Services Urbains de Voirie et


d#Assainissement), rapport annuel 1991 Bamako.
La collecte et la mise en dépôts de l'ensemble de ces ordures
s'effectuent suivant des comportements tres divers et avec des
moyens et des méthodes laissant parfois à désirer.
B) Collecte et élimination des ordures a Bamako
a) Dans l'espace familial
Entre la famille et l'espace public, la discrimination dans
l'enlèvement des ordures est nettement en défaveur du second. Dans
la cour familiale, le balayage a lieu presque une fois par jour
voire deux dans plusieurs familles à raison du matin et du soir.
Les ordures collectées sont mises en dépôts dans un vieux seau ou
un demi fut placé soit a l'angle de la cour ou tout simplement à la
porte (a l'intérieur de la cour). Une fois cette poubelle chargée,
les femmes de la cour généralement organisées autour d'un
calendrier établi en commun pour l'évacuation des ordures sur un
dépôt de transit le plus proche, se chargent de l'opération de
déchargement de la poubelle.
Si 93 % des 349 familles que nous avons observées dans tous
les types de quartiers existants, sont quasiment et régulièrement
débarrassées de leurs ordures, il est cependant regrettable de
constater que certaines familles évacuent leurs ordures dans les
rues. Sur les dépôts de transit, beaucoup parmi les femmes
n'obéissent pas aux règles de dépôts d'ordures, et déchargent leurs
poubelles aux alentours du dépôt contribuant ainsi a son extension
étant donné qu'il n'est pas clôturé dans la majorité des cas.
- 117 -
Par ailleurs, d'autres catégories de ménageres n'ayant dispose
aucune forme de poubelle pour leurs familles transforment
impunément caniveaux, collecteurs et marigots en décharges
publiques créant ainsi des situations aux conséquences diversement
redoutables pour l'ensemble de l'espace urbain.
b) Dans l'espace public
La gestion ou l'enlevement des déchets sur l'espace public
urbain relevait de la seule compétence des pouvoirs publics. A ce
titre, un service spécial de gestion des ordures a été créé et
rattaché au gouvernorat du District chargé de la gestion de tous
les problèmes urbains.
1 - Svstèmes de ramassacre et d'évacuation des ordures ménaaères Dar
les autorités nubliaues
Afin de mieux cerner les problèmes d'ordures du District de
Bamako, la ville a été divisée en 4 secteurs d'assainissement par le
gouvernorat et dont chacun est dirigé par un cadre moyen ou
supérieur.
- Secteur No1 (zone Est regroupant les communes 1 et II)
- Secteur No2 (zone du Centre ville)
- Secteur No3 (zone Ouest regroupant les communes III et IV)
- Secteur No4 (zone Sud regroupant les communes V et VI)
L'efficacité de cette organisation dépend des moyens
disponibles du service de l'assainissement, car pour rendre Bamako
Propre, il faut la nettoyer, ramasser les produits de nettoyage et
les évacuer vers les décharges appropriées. C'est ainsi que les
opérations se caractérisent comme suit :
2 - Nettoiement
Le nettoiement des principales artères du centre ville du
grand marché central, de la place de la république, de la grande
mosquée et de la cathédrale de Bamako est assuré par les manoeuvres
balayeurs équipés de balais, de brouettes, en certains points
précis des fQts vides placés à cet effet.
Les travaux de nettoiement s'effectuent généralement à des
heures moins mouvementées (5h30 - 6hOO) pour la sécurité des
agents.
- 118 -
3 - ucte oar c-s bennes de 35 m3
Ces camions travaillent essentiellement dans le secteur du
centre ville pour la collecte des produits de nettoyage et celle
des ddpbts au sol et des poubelles individuelles de Medina-coura,
du quartier du fleuve, du marche de Xedina-coura et des rues 14 et
Dakar. Les camions ont chacun a leur bord 3 manoeuvres charges de
les remplir.

Prdsentement, ce systame de collecte se fait avec 28 caissons


de 7 m3 d8poses dans differents dép8ts et qui sont enlev&s
reguliirement par 2 camions multibennes.
Avant le 31 mars 1990, 7 camions multibennes Btaient charges
d'évacuer 87 caissons a travers toutes les communes du District. Le
mauvais rendement des ces camions suite aux nombreuses pannes
qu'ils subissaient h cause de leur vétuste, a oblig8 les services
urbains de voirie et d'assainissement (DSWA) a arrêter la majorite
des camions et h faire rentrer les caissons qui, pour la plupart,
sont en mauvais Btat en attendant l'acquisition de nouveaux camions
par le gouvernorat.
Le non respect aux ragles des caissons est a deplorer au c6t&
des populations qui se permettent de déverser les ordures au pied
des caissons vides obligeant la DSWA h employer des gardiens de
caissons pour arranger les ordures dispersees.
5 - Collecte des aros tas d'ordwe au sol
Les moyens materiels de la DSWA ne permettent pas de couvrir
quotidiennement l'ensemble du territoire du District de Bamako,
loin s'en faut. Trois équipes de pelles chargeuses (pelles +
camions) travaillent dans les zones Est, Ouest et Sud pour
1'Bvacuation de 120 depbts, officiellement implantbs dans les 6
communes du District a raison de 20 dép8ts par commune. Chaque
commune benéficie d'une pelle chargeuse 3 jours par semaine.
Pendant ces 3 jours, le Gouvernorat met un camion doté de carburant
h la disposition de la commune. Chaque commune a de droit la
possibilit& de louer jusqu'h 5 camions par jour dont le District
assure le carburant.
Les equipes de pelles chargeuses procedent au ramassage des
gros tas d'ordures suivant les priorites établies par les Mairies
en relation avec les délégués de l'assainissement et les chefs de
service.
Le programme de rotation des pelles entre les communes est
établi mensuellement par la DSWA et communiqué au gouverneur du
District et b toutes les mairies des communes.
- 119 -
6 - mème de-cuvi&ella
Ce syst&me de collecte est utilise par la DSWA pour ramasser
les ordures du quartier populaire de Bamako-coura. Dans ce syst&ae,
les ordures sont collect8es dans des poubelles individuelles
(moiti8 ou 1/3 de fut, seaux, vieilles baignoires, . ..) devant les
portes des concessions. Le camion de 3,5 m3 est OguipO de 2 ou 3
manoeuvres chargés d'y vider les poubelles individuelles pendant
les operations de ramassage.

Au prime abord, il faut souligner que les décharges ou d6p8ts


de Bamako sont de deux ordres. D'une part, nous avons les d8p8ts
autoris8s dont chacune des 6 communes de la ville compte une
vingtaine, et d'autre part, il existe des dép6ts fll8gaux spontan0s
dont le nombre est en train de surpasser celui des dépbts 18gaux.
Dans l'un ou dans l'autre cas, la situation es loin d'8tre bonne au
point de vue écologique.
Lh oil existe le caisson, les camions d'enlèvement passent a
une freguence lente entrafnant un debordement du caisson dont tous
les alentours deviennent de fait insalubres et inutilisables.
Autoris&eo ou illicites, la plupart de ces ddp8ts sont
dispos8s a l'air ambiant, sans cMture, sans gardien dans certains
cas et du coup exposés a toute sorte de dispersement du aux
animaux. A proximit8 de ces d8p6ts ou pullulent cadavres d'animaux
et reste d'aliments fermentes, la respiration est presque
impossible. Cette situation est d'autant plus contraignante [Link]
dépbts restent longtemps sans être enlevés.
La particularité des dép8ts clandestins ou illicites résulte
de leur mauvais emplacement et du fait qu'ils echappent b la vue
des agents d'assainissement de la ville. Ainsi ne gissent-ils pas
pendant des mois ou l'année, dans les rues, les abords immédiats
des concessions et attendent l'hivernage pour Otre 8vacuGs par les
eaux de ruissellement h toute destination possible.
- 121 -
Tableau No XXVI : Béoartition des dén6ts d'ordures et systeme
d'évacuation dans un échantillon de auartiers

Source : Brigade d'hygiène de la commune II, rapport annuel


d'activité 1991, Bamako.
Les dénombrements effectués en 1992 font état de l'existence
d'une moyenne de 21 dépôts illicites par commune (contre 20
autorisés). Autant dire qu'il reste beaucoup a faire dans ce
domaine pour limiter les conséquences écologiques et sanitaires
inhérentes aux ordures ménageres surtout lorsqu'elles sont h peine
gérées.
S'agissant de décharges publiques urbaines, Bamako en possede
une seule : c'est la dépression de Djiblemba. Elle est située au
Nord-Est de la ville dans le quartier de Sikoroni (voir figure
n07). Au demeurant, cette décharge était en dehors de la ville,
loin des habitations. Mais aujourd'hui, elle est engloutie par les
occupations humaines licites et illicites et se trouve localisée
maintenant a moins de 150 m de certains habitats humains.
Techniquement la fosse est convenable à une décharge grâce aux
hautes berges empêchant toute dispersion des ordures.
Géographiquement elle est très mal située par rapport à l'ensemble
de la ville à cause de longue distance et des graves problemes de
transport. Du point de vue écologique et sanitaire, l'existence de
cette décharge est devenue inadmissible et intolérable quant on
sait la longue liste des sinistres et contraintes qu'elle engendre
aux populations riveraines.
Ces populations affirment être elles aussi des éléments de la
grande poubelle du District l en ce sens qu'elles sont
continuellement soumises sans défénse à l'invasion de toutes les
gammes d'insectes et de bêtes nuisibles propres aux pays tropicaux,
notamment les serpents venimeux, les crapauds et les mouches.
- 123 -
Les rk!auzs [Link] et 4~s aux dh&ts SO-

Les dachets solides, s'ils sont mal g&és ou mal 6limin6s


posent des problames de sant6 très préoccupants et attentent
dangereusement a l'équilibre écologique.
L'État actuel du ramassage et de 1'0limination des ordures
menagares a Bamako est susceptible a forte probabilite d'engendrer
un certain nombre de probl&mes : a savoir la prolif&ation de gites
h vecteurs (insectes et rongeurs) la pollution de la nappe
phreatique, l'encombrement et les nuisances diverses. Les d6p6ts
non contr816s de d&chets solides disposes a ciel ouvert ou dans les
marigots secs, sont a l'origine de la formation de grtes larvaires.
Les rongeurs prolifarent très rapidement dans les décharges non
contr616es qui constituent leur principale source d'alimentation.
A Bamako, ce ph&nom&ne frappe tous les quartiers a l'exception de
quelques zones d'habitats de haut standing.
En effet, les rats s'accroissent de façon inquiétante et sont
meme aujourd'hui des %onvives@~ de l'homme bamakois. Ces rongeurs
passent de decharge en decharge, de ces dernières aux installations
sanitaires, pénatrent dans les chambres et cuisines gù i&
ent aucwe partie de la chafne untaire de l'how
Cet état de fait est d'autant plus dangereux que ces rongeurs
sont porteurs de maladies redoutables. En effet, le rat transmet la
peste, le typhys-murin, la leptospirose, l'histoplasme, le sodoku
ou la CiWre de rat, le salmonellose, la tularémie, la trichimose
et bien d'autres (=).
Les eaux de pluie qui traversent une décharge solide en
fermentation, en sortent sous forme d'un lixivat qui contient une
proportion très Elevée de matières organiques (%). Il peut certes
arriver que des organismes pathogènes soient transport6s a une
certaine distance, mais diverses études ont démontré que dans les
sols a perméabilit6 normale, la pén6tration bactérienne ne depasse
pas une douzaine de m&tres. Mais étant donné que nos puits varient
entre 5 et 10 m de profondeur, le risque de péril est omniprasent.
Si des depbts se trouvent sur des roches fissurées, des
collections d'eaux éloignées ou une grande partie de la nappe
phreatique voire profonde risque d'etre contaminee.

25
: OMS (Organisation Mondiale de la Santé) 1971 : rbduction
traitement et élimination des déchets. Rapport d'un comite
d'experts. P.8

26
: OMS idem P.9
- 124 -
Il est donc nkessaire, avant d'autoriser le dep8t de d6chets
solides en un lieu donne, de proceder a une enguete g6ologigue et
hydrogeologigue du milieu. Lorsque les déchets solides sont d6pos6s
dans des mares, Etangs... reposant sur un sol impermaable, les
risques sont de nature différente. Ils resultent dans ce cas de
l'action d'organismes reducteurs, des sulf ites gui peuvent
provoquer la fermentation et le dégagement d'odeurs naus6abondes
sur une vaste superficie (n).
Il a &t& d0montr6 dgalement que les substances toxiques des
dhchets solides peuvent se concentrer dans la nature chez certains
organismes gui interviennent dans la charne alimentaires (a). Les
légumes a Bamako confirment tr&s probablement cette hypothase.
III - m DISPOSI~ONS ACTUB&&BS POUR LA QESTION DBS ORMgga
A - Etude des STD (Services Tecuaues du District)
Les services techniques du District de Bamako, responsables de
la collecte des ordures ménagères de l'agglomération, rendent un
service d#ficient. Les raisons principales sont de caractare
organisationnel et technique : la DSTD (Direction des Services
Techniques du District) ne dispose pas d'autonomie financiare et
administrative totale. Elle est trop faible pour s'imposer au
gouvernorat du District, la gestion, y inclus le contrble des
chauffeurs, est insuffisante et impuissante. L'équipement des STD
est incomplet, mal entretenu, mal reparé et engage en collecte des
ordures ménageres sans que le facteur économique soit pris en
compte. Seules 40 Z h 50 3 des ordures ménagères de Bamako sont
collectees. Les systèmes de collecte sont ceux des poubelles
individuelles (avec SU~C&S) de caissons de 7 et 2,5 m3 (pas toujours
accepté par la population) et de dépUts simples ou aménagés. Il
existe déjh un syst&me et une structure de récupération des objets
et du materie de valeur des ordures menagères gui inclut le triage
des objets en acier et t&les, des boftes en aluminium, des
plastiques et des bois et le tamisage des cendres, sables et
poussière, gui constituent une terre fertile utilis6e avec succ&3
par les marafchers.

n : OMS idem P.8

a : OMS idem P.9 - P.10


- 125 -
a) Les objectifs et le fonctionnement
La DSTD est plac4e sous l'autorité du gouverneur du District.
Les tâches principales sont outre la collecte des ordures
menagères, l'entretien et le curage des caniveaux de drainage des
eaux pluviales, la vidange des latrines, puits perdus et fosses
septiques, le transport et la disposition finale des eaux
résiduaires et excréta, l'entretien et le nettoyage des voies
publiques.
L'organisation de la DSTD est fonction de sa disponibilité en
personnel et moyens matériels et financiers.
Tableau No XXVIT : Comnosition du nersonnel de la DSTD

-1 cadre I R-l ccmvmrmrUim Il

Source : DSWA 1992

Tableau No XXVIII : Rénartition du personnel et des movens


matériels Dar activité

R-l
1s 2 1
- Cbcfs d’équipes, porntcun 50 3 2
- ctuuffcun 110 21 10
- -nr SI
- Gdcs cairums
216 29 13
TOUI

3 1
3 2
6
13
Il
2

Source : DSWA : rapport annuel 1992, Bamako


Outre la DSTD, il existe aussi quatre entrepreneurs privés,
qui disposent de 4 camions citernes, dont 2 de 10 m3 et 2 de 6m3 et
qui demandent aux particuliers des prix de 25 % plus élevés que
pour les STD.
- 126 -
La rémunération de la DSTD est assez faible comme de reqle au
secteur public. La fluctuation du personnel est quand même très
basse du fait que le secteur privé n'offre aucune stabilité et
sécurité et que l'emploi par la DSTD rend possible des revenus non
officiels.
Notons que la DSTD fonctionne a travers une méthode qui
concorde avec ses moyens.
b) Les moyens et methodes de la DSTD
1) 9ualité du matériel de collecte et de nettovaqe
Tableau No XXIX : nombre et durée d'usage des matériels

S'agissant des moyens humains, ils sont contenus dans le


tableau précédent.
2) Méthode de collecte et d'élimination des Ordures Ménaqères
Avec le parc de véhicules disponibles et en état de service,
la DSTD collecte environ 40 à 50 % des ordures ménagères et ceci à
l'aide des matériels ci-dessus signalés et de :
- 75 caissons de 7 m3
- 125 caissons de 2,5 m3
- poubelles individuelles
- dépôts partiellement aménagés et contrôlés (au niveau du sol).
- rejets incontrôlés.
Les camions bennes de 5 m3 sont chargés par des chargeuses
mécaniques, les camions bennes de 3,5 m3 à la main. Le système de
caissons n'est pas bien accepté dans certains quartiers, pour les
petits enfants qui très souvent sont chargés d'évacuer les ordures,
il est difficile de vider les poubelles par dessus des bordures
trop élevées. C'est une des raisons outre l'indiscipline et le
manque de notion de salubrité pour que les ordures soient jetées
souvent aux alentours des caissons, même en présence d'un garde-
caisson.
La fréquence de ramassage des ordures ménagères correspond
plutôt à la planification qu'à la réalité.
- 127 -
Des raisons diverses (non disponibilit6 de v6hicules, absence
de personnel) rbduisent consid&ablement la capacit6 des STD et
certains quartiers sont désservis tr&s irrégulièrement, souvent
avec des interruptions de plusieurs semaines.
Les véhicules de la DSTD dechargent les ordures soit sur la
dkharge officielle de Djiblemba (d4charge incontr614e) soit
directement sur les espaces verts vacants a l'intdrieur de la ville
ou surtout sur les terrains agricoles aux alentours de Bamako.
En effet, depuis quelques annhes, il s'est Etabli un syst0me
de revenus compl6mentaires qui fonctionne de la maniare suivante :
certains fonctionnaires d'État, en particulier ais&, ont achet6
des terrains agricoles suburbains ayant des superficies qui varient
entre 2 et 5 ha. Les proprietaires rachètent aux chauffeurs des
DSTD pour 1000 a 1500 FCFA par charge, des ordures menagères, qui
sont dechargees directement sur leurs champs. Ce systame est
d'usage de novembre a juin.
Les ordures d6charg688su.r les champs sont étalees par les
ouvriers agricoles qui trient seulement les grands bl8ments
métalliques et plastiques. Ainsi, les ordures polluent de maniare
permanente l'environnement. Des systemes de primes initiés entre
temps par la DSTD pour limiter voire arreter ce type de revenus
compMmentaires, n'ont eu aucun effet. L'élimination des ordures
bute alors a des probl&mes de fraude et d'inconscience
professionnelle qui doivent etre rigoureusement combattus pour
atténuer les difficult8s de fonctionnement de la DSTD.
3) Les argnaes deficiences de fonctionnement de la DSTD (Direction
des Services Te&&ues du District1.
C'est d'abord l'absence d'autonomie : la DSTD fait partie du
Gouvernorat et est soumise a l'autorité du gouverneur. Pour cette
raison, elle dapend toujours des conditions politiques. Elle ne
peut disposer d'un budget autonome malgré les dispositions pr6vues
h l'arreté no 0255 du 30 juin 1981 portant sa craation et
organisation, mais doit se contenter des prévisions reservees dans
le cadre du budget global du District.
Au second plan, il y a la faiblesse de la gestion des services
techniques du District. En effet, jusqu'à présent, la direction a
4té incapable d'assurer les tdches dont elle est chargée selon
l'arr&té de création des STD. En ce qui concerne l'autonomie
financière du point de vue recrutement de personnel et acquisition
du matériel, tout matériel de bureau, pieces détachées, etc...
doivent Wre demandés au District, tout personnel, y inclus les
manoeuvres, est recrute sur demande par le District. Cela raduit
sensiblement l'efficacité des services b rendre. Le contr6le et la
surveillance du personnel ne sont pas assurés de façon
satisfaisante (des chauffeurs rendent services aux propribtaires de
terrains agricoles en déchargeant les ordures dans leurs champs
dans la clandestinité et moyennant un prix forfaitaire negocie).
- 128 -
Le mangue de planification-programme représente un défaut
majeur.
L'intervention et les circuits des camions ne sont pas
adaptes. Le plan des routes, une fois Etabli est conserve aussi
longtemps que possible, causant des ddficiences consid&ables aux
services de collecte des ordures m&ag&res. Les camions doivent
prendre du gaz-oil tous les matins a une station service sur la
rive gauche pouvant entrafner des pertes de temps.
Enfin, il faut ajouter un deficit d'équipement des ateliers de
reparation oil le materie indispensable manque pour assurer un
entretien et des r6parations Hguli9res.
Les insuffisances notoires des STD ont nhcessit6 1'Bmergence
d'associations et d'ONG sur les chantiers de l'assainissement
urbain de Bamako.
B) Igs associations ou arounements de ieunes di,pJem@
L'ampleur et la complexité de la question d'assainissement de
Bamako dépassent les capacités des services techniques du District
tel qu'on vient de le voir. C'est ainsi que la possibilit6 a Bt6
offerte aux organisations non gouvernementales d'intervenir sur le
terrain dans le cadre d'une politique salutaire de privatisation de
la collecte des ordures et de l'assainissement urbain de façon
g0n6rale.
Ces diffdrentes dispositions législatives et réglementaires
prises par les autorit& urbaines, ont permis aux jeunes dipl8m6s
et aux femmes de s'associer dans des groupements ou coop&ratives
sous forme d'ONG en vue d'opérer dans le sensible domaine du
ramassage des ordures y compris l'éducation sanitaire des
collectivités urbaines.
A ce titre, un certain nombre d'ONG maliennes ont vu le jour
h Bamako. Il s'agit de :
- La COFESFA (coopérative des femmes pour l'Education, la
Santé familiale et l'Assainissement). Elle est créée en 1989
et a Oté opirationnelle en 1990. Elle est constitu6e par 13
femmes dipl6mées des hautes écoles nationales.
- Le GAE (Groupe d'Assainissement de Missira). Il s'occupe du
ramassage des ordures et du curage des caniveaux de ce
quartier.
- L'AJMA (Association des Jeunes pour l'Assainissement de
Missira). Elle partage les mêmes objectifs avec le groupement
précedent.
- L'OMAS (Oeuvre Malienne d'Aide au Sahel)
- GRAT (Groupe de Recherche et d'Application Technique) Il
subventionne le GAE.
- L'AGETIPE. 11 semble être le cadre technique et financier
gén6ral au service de toutes les ONG urbaines opérant dans le
domaine de l'assainissement.
- 129 -
- BESEYA (emprunté à la langue vernaculaire), cette
appellation signifie npropret&n. L'association de jeunes qui
s'appelle ainsi, Evolue a Hamdalaye, Lafiabougou et Djicoroni
partageant le terrain et la competence avec la COFESFA.
a) Les objectifs de leur intervention
Ces associations sont autorisdes et encouragees pour palier
aux insuffisances des services publics comp6tents sur le terrain.
A l'instar de la DSTD, elles ont globalement comme objectifs
l'assainissement, l'Éducation, la sensibilisation,... D'autres vont
plus loin en incluant dans leurs objectifs la planification
familiale, la sant6 de la m&re et de l'enfant. La COFESFA en est
l'illustration Eloquente. La creation d'emplois, la g&n&ration des
ressources financikes l'auto-gestion de leur environnement
figurent également commé des ambitions des concepteurs et des
acteurs.
Au regard de toutes ces ambitions, on ne peut guke exclure
l'hypothese de grands obstacles d'ordre materiel, financier et
humain que ces ONG devront surmonter dans le temps et dans
l'espace. Une telle hypothèse est d'autant plus plausible que nos
populations largementanalphab&tes opposent plusieurs obstacles aux
normes hygiéniques, que ces ONG disposent des moyens tr&s modestes
et les méthodes en cours ne sont qu'h l'état d'experimentation a
l'endroit d'une communauté qui reste à être très sensibilisée.
b) Les moyens disponibles et les méthodes
Les moyens et les methodes varient tr&s peu d'un cas a un
autre certes, mais chacune des associations comporte ses
particularités. Nous avons choisi la COFESFA comme l'btude de cas.
D'une maniare générale, excepté cette coopérative feminine qui
possède 2 camions, toutes les autres travaillent avec des charettes
h traction animale (dne généralement) et les pousse-pousse. C'est
sur la base des enquetes d'abord, puis des accords passes avec les
populations des secteurs d'intervention que les ONG operent dans
les limites des principes bien établis avec les populations cibles.
Ainsi un quota mensuel de 800 Francs en moyenne est fixé,, a chaque
concession benéficiaire. En foi de quoi leurs ordures pour
lesquelles des poubelles plus adaptées leu sont offertes, sont
quotidiennement enlevées.
S'agissant de la COFESFA proprement dite, elle dispose de 2
camions et 15 charettes. Avant le debut des operations, elle a du
equiper l'ensemble de son secteur d'intervention par des poubelles
fermées. Elle op&e a Médina-Koura pour l'enl&vement des ordures et
dans le cadre du volet "santé familiale" déja financé par le FNUAP.
Elle est egalement présente a Djicoroni où elle a employ6 quelques
50 manoeuvres contre 2 h Medina-Coura. La COFESFA dans son cas
précis est rémunér&e par le Gouvernorat en fonction du volume
d'ordures enlevées.
- 130 -
A Djicoroni, où il n'y a pas eu d'etude prbalable avant
l'intervention, la coop&ative rencontre des réticences de
certaines personnes qui refusent de livrer les ordures a elle au
profit des cultures de saisons pluvieuses.
Dans l'ensemble affirment les femmes de la COFESFA, tout
semble bien aller pour leur ONG. Il est vrai que toutes ces ONG ont
d4ja lais98 sur le terrain la marque de leur importance et donn&
aux populations le sentiment de leur efficacita, ce qui du reste
justifie le soutien constant des bailleurs de fonds Etrangers a
leurs actions.
CI L’imD~dese~eenvironnement I de la ville de BQggqkp
Les ONG évoluent encore sur des espaces restreints certes,
mais il est indeniable qu'elles augurent aujourd'hui de bonnes
perspectives pour la protection de l'environnement urbain.
En effet, l'impact est évident - Medina-Coura, Hamdallaye,
Lafiabougou, Faladi& SEMA, les installations sanitaires de Sogoniko
(par la COFESFA) sont autant de resultats encourageants a l'actif
des ONG. Les témoignages faits par certaines personnes de ces
quartiers rendent compte d'un réel sentiment de satisfaction de
bénéficiaires. Ainsi, la rareté a vue des tas d'ordures anarchiques
et des poubelles engorgees a la devanture des concessions dans ces
quartiers est une autre ividence qui confirme l'efficacitd des ONG.
L'interet de plus en plus croissant que les populations
commencent a preter aux actions de gestion des ordures en est un
impact très interessant. Mais la marque qui nous a davantage
impressionné, c'est la compréhension et l'acceptation par les
populations de ces quartiers test de s'impliquer, de prendre en
charge leur salubrite et de ne plus compter vaguement sur les
autorités publiques.
L'action des associations ou ONG a contribu a la
revalorisation de la fonction de ramassage et collecte des ordures
dont la perception pejorative avait dangereusement marqua les
mentalites et la psychologie populaire. L'intervention des jeunes
femmes et garçons éminemment instruits semble avoir réhabilite les
actions d'assainissement et bâtu en br&che les caduques
considérations sociales. A cette allure, 1'Etat se desen brrgera
progressivement et jouera le r8le de superviseur général ( 51[
).
Cependant, des problèmes demeurent à tous les niveaux et au
sujet desquels des dispositions sont nécessaires pour assurer les
perspectives d'avenir de l'enlèvement des ordures dans la capitale
malienne.

29
: Affirmation du gouverneur du District de Bamako au cours
d'un entretien, 6 mai 1992
- 131 -
s nersnectives et les recwdations dgns le-e de

a) Poursuivre et encourager la privatisation de la collecte des


déchets.
Dans le contexte actuel de l'urbanisation de Bamako avec un
accroissement spatial et demographique tr&s rapide, la
densification des anciens quartiers, la DSTD m&ue davantage pourvue
de moyens mat&riels, financiers et humains substantiels, n'est plus
en mesure de rendre le service attendu par les citadins. De plus en
plus, elle est d&ordae et depass&e par l'ampleur des problames.
Par consdquent, ce serait mal concevoir que de laisser garder
le monopole du ramassage des ordures par les STD. L'implication des
jeunes dipl8més qui commence a faire ses preuves doit Btre soutenue
pour les raisons suivantes :
- Ces associations s'opèrent très ghneralement dans les
quartiers de résidence de leurs membres. A cet effet,
l'information, la sensibilisation passent tras facilement
grdce aux fortes affinités qui lient les uns aux autres et les
relations dignes de respect et de consideration mutuelle qui
les unissent quotidiennement h la population.
- Dans le contexte actuel de chdmage, le secteur des ordures
repr0sente un chantier d'emploi potentiel et de ressources
importantes.
- Enfin, la réduction des charges du pouvoir public qui pourra
s'investir dans d'autres domaines d'intGr&t public.
On peut donc considérer viable et prometteuse l'idée de
confier a des entreprises privées le ramassage des ordures
ménagères dans les quartiers actuellement non desservis et
m&me desservis par la STD, cela sur la base de contrats
renouvelables avant la restructuration et la redéfinition des
attributions effectives da la DSTD.
b Associer les compétences des STD, de la BUPE (m) et de la DNHPA
(')1 dans un cadre décentralis au profit des 6 communes.
Conformement projet de politique nationale de
décentralisation, l?STD la BUPE et la DNHPA doivent Btre
dissoutes en tant que directions régionales et services fixes
centralises.

30 : Brigade Urbaine pour la Protection de l'Environnement

31
Direction Nationale de 1'Hygiène Publique et de
l'Assainissement
- 132 -
En revanche, 6 directions communales d'assainissement public
devraient Otre crUes au niveau des 6 communes du District. Mais
chaque direction communale doit regrouper les conpdtences des
services dissous dont les agents, au besoin, devraient Btre
repartis entre les nouvelles directions, ci-possible suivant la
residence des uns et des autres. Enfin, les compdtences des
nouvelles structures seront redhf inies de façon Pr&ise en terme de
compl6mentarit8 dans le cadre de l'unique action de protection de
l'environnement et de l'amelioration du cadre de vie des
populations.
Cependant, une cellule directrice commune de coordination
serait Mcessaire auprb du Gouverneur du District. Ses
attributions entre autres consisteront h superviser et& coordonner
les activités des services communaux et des ONG ophrant eur le
territoire du District.
D'autre, part, les attributions et prerogatives devant dtre
conférées a l'ensemble de ces structures nouvelles seront definies
dans un texte de création conforme aux realites de l'espace urbain
et non h la logique administrative laxiste et moins operante.
c) Renforcement institutionnel et optimisation de la collecte des
ordures ménagères.
L'agglomération de Bamako a un taux de croissance de 4,8 t en
moyenne; avec ce taux elle atteindra plus d'un million d'habitants
en l'an 2 000. Pour que le ramassage et l'élimination des ordures
solides puissent s'adapter aux conditions bvolutives, il est
nécessaire de disposer de structures légères, bien equipees et
dotées de personnel qualifie et suffisant dont la tache unique sera
de veiller exclusivement h ce que la ville soit propre, habitable
et r&guli&rement desservie.
Pour ameliorer le rendement de la collecte des ordures
ménageres, tous les cadres et acteurs experimentes de
l'assainissement et de l'environnement devraient etre interpeles.
Il s'agit de convoquer un grand forum national ou d6bats
généraux sur l'assainissement des villes où. des sp6cialistes
(ingénieurs sanitaires, sociologues, geo-urbanistes et ingénieurs
urbanistes) devront établir dans une parfaite harmonie, un plan
d'optimisation de l'application des différents systémes de
ramassage des ordures de la ville, l'optimisation des endroits de
stationnement et l'aménagement des dep8ts ainsi que l'élaboration
d'un nouveau plan de routes des véhicules adaptés aux conditions
locales actuelles. Toute assistance technique b l'optimisation
(nationale ou étrangère) devrait Mre assuréepar un spécialiste des
questions urbaines.
- 133 -

dl Recrutement et formation de personnel pluridisciplinaire


qualifie au profit des nouvelles structures.
Aux nombreux problèmes d&ja signales, s’ajoute bvidemment la
quasi-absence d'un personnel qualifie en matike de
l'environnement. De toute bvidence, cette situation entrave la
gestion des ordures qui ne cesse de se compliquer. En effet,
l'intelligentsia qui opdrera sur le terrain des ordures devra
n&zessairement comprendre des cadres sp6cialis6s suivants : des
urbanistes planificateurs, des géographes-urbanistes pouvant
r&fl&hir avec pertinence sur tous les aspects de la crise urbaine
dans sa dimension dialectique.
Cela aura l'avantage non seulement de planifier la gestion
urbaine h long terme, mais de riduire la charge en personnel,
d'innover le fonctionnement des services d'ordures et d'adapter le
système de ramassage des déchets aux réalités diverses du terrain.
Le reste du personnel doit reguli&rement subir des stages de
formation sous cet angle, notre mot d'ordre sera : "le renforcement
de la technocratiew pour la salubrite urbaine.
e) Eduquer, sensibiliser et impliquer les populations
On pourrait sp&uler indéfiniment sur les probl&mes de
salubrite a Bamako et dans les autres centres urbains du Mali sans
qu'aucune solution adéquate ne soit trouvée. Si le citadin ne prend
pas au serieux ou minimise le mal qui le ronge et hypothaque le
bien-atre des gGn4rations futures, il a donc besoin d'8tre OduquB,
sensibilise car depuis un certain temps, la rigueur sur la
salubrita de l'environnement a disparu d'abord sous l'effet du
népotisme et de la complaisance, ensuite par l'affaiblissement de
l'autorite de IlEtat depuis le 26 Mars 1991 (").
Il est &Vident que tout programme qui n'a pas l'adhésion des
populations est ~OU& a l'echec. Des campagnes d'information, de
sensibilisation, d'Éducation des populations a travers les
associations damocratiques, comité de salubrite,... et a renfort
des médias (radio nationale, Priv&e, télWision, journaux prives)
doivent &tre entreprises dans tous les centres urbains.
Les journees de salubrité ou semaines de salubrite
caract&risées par des slogans, des discours et des pancartes ne
suffisent plus. Le pragmatisme doit avoir raison des folklores. Il
faut instituer la salubrite tous les jours et pour toujours à telle
enseigne qu'elle puisse imprégner les mentalités et conditionne
favorablement les comportements des collectivités.

32
: Cette date marque la fin de la 2e république et le d8but
de la transition démocratique suite b l'arrestation du Chef de
1'Etat
FIG No 8 BAMAKO T A U X DE DESSERTE EN E A U POTABLE
FIG. "13 BAMAKO DE 1918 A 1960

l HoSQUEE
LE FLEUVE
BIBLIOGRAPHIE

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