Session 3 : Le contrat du marché public
Le marché public est défini par la loi 23-12 (art 2) et le DMP (art 2) qui le
qualifient comme étant un contrat écrit en vue de la réalisation d’une prestation
pour les besoins d’une entité publique.
La définition du contrat par le code civil algérien en son article 54 est « la
convention sur laquelle une ou plusieurs personnes s’engagent envers une ou
plusieurs autres à faire ou ne pas faire quelque chose ».
La signification du mot « convention » est générale et s’applique à tout accord
entre deux ou plusieurs parties sur un fait ou un engagement, soit un accord de
volonté pour créer, modifier ou éteindre des obligations.
Le mot contrat désigne seulement une catégorie de convention : celle qui
créent des obligations et en ce sens il est loisible de dire que le contrat est un
accord entre les parties portant sur des engagements réciproques, générateurs
de droits et obligations.
Compte tenu que dans le contrat du marché public, l’entité contractante est
une personne morale de droit public, le contrat du marché public fait donc
partie du système des contrats administratifs.
Et dans sa définition le contrat administratif est un contrat conclu par une
personne publique ou pour le compte d’une personne publique et répondant à
un but d’intérêt général.
A ce titre, le contrat du marché public est régi par le droit public (droit
administratif) et relève du juge administratif.
Il se distingue du contrat de droit privé par:
- le respect de la concurrence (sauf exceptions légales),
- l’égalité des candidats face à la commande publique,
- la préservation de l’équilibre des deux parties (concilier et sauvegarder à la
fois, les intérêts de la collectivité publique et ceux des partenaires
cocontractants qui constituent une garantie dans la réalisation dans l’intérêt
général).
- l’adhésion des partenaires cocontractant à des clauses préalablement et
unilatéralement établies.
-la compétence des tribunaux administratifs (et non pas de l’ordre judiciaire).
-la mutabilité du contrat (Le marché public est soumis à un formalisme
particulier et toute modification de ses clauses est admise sauf qu’elle doit être
encadrée par des règles et des actes contractuels qui la déterminent tels les
avenants et dans certains cas les ordres de service administratifs.
3-1Mentions obligatoires du contrat
Tout marché public doit viser la législation et la règlementation en vigueur et
doit dans le cadre du DMP (art 95) contenir les principales mentions
suivantes :
-L’identification précise des parties contractantes ;
-l’identité et la qualité des personnes dûment habilitées à signer le marché ;
-l’objet du marché définit et décrit avec précision ;
-le montant (TTC) en dinars ou décomposé en dinars et en devises ;
-les conditions de règlement ;
-le délai d’exécution du marché (global ou partiel) ;
-la banque domiciliataire (du partenaire cocontractant) ;
-les conditions de résiliation du marché ;
-la date et le lieu de signature du marché (par les deux parties) ;
-le mode de passation du marché ;
-la référence aux cahiers des clauses administratives générales et aux cahiers
des prescriptions techniques communes applicables aux marchés et qui en font
partie intégrante ;
-les conditions d’intervention des sous-traitants ;
-la clause d’actualisation et de révision des prix ;
-le taux des pénalités financières, les modalités de leur calcul et les conditions
de leur application ou de leur exemption ;
-les modalités de mise en œuvre des cas de force majeure ;
-les conditions de mise en vigueur du marché ;
-l’indication pour les contrats d’assistance technique des profils des postes de
travail des personnels ;
-les conditions de réception des marchés ;
-la loi applicable et la clause de règlement des litiges ;
-les clauses de secret et confidentialité ;
-la clause d’assurances ;
-les clauses de travail garantissant le respect de la législation du travail ;
-les clauses relatives à la protection et l’environnement durable ;les conditions
relatives à l’utilisation de la main d’œuvre locale, à l’insertion professionnelle
des personnes exclues du marché du travail et des handicapés.
L’objet et la forme des marchés publics Les marchés portent sur la
réalisation de travaux, l’acquisition de fournitures, la réalisation d’études et la
prestation de services et sont définis par la loi 23-12 (arts 25 à 28) comme
suit :
-Le Marché de travaux : a pour objet la réalisation d’un ouvrage ou des
travaux de bâtiment ou de génie civil, de réseaux divers. Il englobe la
construction, la rénovation, l’entretien, la réhabilitation, l’aménagement, la
restauration, la réparation, le confortement ou la démolition d’un ouvrage.
Si des prestations de services, d’études et/ou de fournitures sont prévues dans
le marché public et que son objet principal porte sur les travaux, le marché est
de travaux.
- Le marché de fournitures a pour objet l’acquisition, la location ou la
location-vente, avec ou sans option d’achat de matériels ou de produits.
Si la location est accompagnée d’une prestation de services, le marché est de
services.
Si des travaux de pose et d’installation de fournitures sont intégrées au marché
public et que leurs montants sont inférieurs à la valeur de la fourniture, le
marché est de fournitures.
-Le marché public d’études a pour objet de réaliser des prestations
intellectuelles.
- Le marché public services est considéré ainsi lorsque son objet ne porte pas
sur des prestations de travaux, de fournitures ou d’études.
Les différentes catégories de marchés publics
- Le marché public (simple) : détermine la réalisation du marché en une
seule tranche sur des prestations quantifiées et valorisées fixées dans le
marché (quantités et montants arrêtés).
- Le marché public à commandes (art 34 DMP) détermine la réalisation du
marché par des prestations qui comportent l’indication en quantité et /ou en
valeur avec des limites minimales et maximales de la commande objet du
marché. L’exécution du marché à commandes intervient par la notification
de commandes partielles sans dépasser le montant maximal ou la quantité
maximale.
Le marché porte sur une année renouvelable par décision du service
contractant et ne peut excéder cinq (5) ans.
Il doit être renouvelé dans les mêmes conditions du marché initial.
-Le marché à tranche ferme et une ou plusieurs tranche(s)
conditionnelle(s) (art 30 DMP) est passé en raison de conditions financières
ou économiques justifiées. Chaque tranche doit constituer un projet
fonctionnel. La réalisation de la tranche ferme est obligatoire et les
tranches conditionnelles se réalisent au fur et à mesure de la disponibilité
financière.
-Le marché de régularisation :
Selon l’art 3 DMP « les marchés publics sont conclus avant tout
commencement d’exécution des prestations ».
En ce sens tout commencement d’exécution du marché public doit être
précédé d’un acte contractuel mais dans certains cas le commencement de
travaux peut être autorisé par l’entité publique avant la conclusion du
marché public à savoir :
-Urgence impérieuse : (art12 DMP)
« En cas d’urgence impérieuse modifiée par un danger imminent que court
un bien ou un investissement déjà matérialisé sur le terrain, ou un péril
menaçant un investissement, un bien du service contractant ou l’ordre public,
qui ne peut s’accommoder des délais des procédures de passation des
marchés publics, à condition que les circonstances à l’origine de cette
urgence n’aient pu être prévues par le service contractant et n’aient pas été le
résultat de manœuvres dilatoires de sa part… »
Le service contractant, par décision motivée autorise le commencement de
travaux qui doivent être strictement limités à ce qui est indispensable aux
travaux d’urgence (la décision est transmise à la Cour des comptes et le
ministre des finances).
L’accord des deux parties est confirmé par un échange de lettres.
Le marché de régularisation doit être conclu dans la limite de 06 mois à
compter de la date de la signature de la décision.
-Promptitude de décision : (art 23 DMP) : A l’exemple des importations de
certains produits soumis à des fluctuations rapides de prix et dont la liste doit
être fixée par arrêté conjoint du ministre chargé des finances, du ministre du
commerce et du ministre concerné.
Le recours à cette procédure est encadré par l’intervention d’une commission
Ad’Hoc interministérielle sur décision du ministre concerné. Elle est présidée
par le représentant du service contractant chargé de la négociation et du choix
du partenaire.
Le marché de régularisation est conclu et soumis dans un délai de 03 mois
à compter du commencement d’exécution des prestations et soumis à
l’organe compétent de contrôle externe.
Les marchés publics relatifs aux charges : eau, gaz, électricité, téléphone et
internet (art 24 DMP).
Les marchés publics les concernant sont passés dans le cadre des marchés à
commandes.
Les commandes relatives aux marchés publics précités peuvent faire l’objet,
à titre exceptionnel, de régularisation, dès la mise en place des crédits (la
conclusion du marché de régularisation est liée par la dotation budgétaire
obtenue).
-Dispositif applicable dans le cadre de la prévention et de lutte contre la
propagation de l’épidémie du coronavirus (Covid 19) : Ce dispositif
particulier a été pris par le Décret Présidentiel n°20-237 du 31/08/2020) pour
pallier un vide juridique et permettre de réaliser les prestations liées à la prise
en charge de la crise sanitaire.
Ce dispositif a autorisé le commencement des prestations (limitées au strict
nécessaire) après décision établie par le service contractant (à transmettre à
la Cour des comptes et le ministre des finances).
L’accord entre les deux parties est confirmé par un échange de lettres.
Le marché de régularisation est conclu dans un délai limité à 10 mois à
compter de la date de signature de ladite décision et soumis à l’organe
compétent de contrôle externe.
Le mode de passation de gré à gré simple a été admis et la négociation faite
en fonction des prix pratiqués sur le marché.
Le règlement financier avant la passation du marché de régularisation, a
été admis, après uniquement le « service fait » certifié par l’ordonnateur.
Dispositif de la loi 23-12 : La loi a introduit ce dernier cas de figure dans le
chapitre portant « Des autres procédures spécifiques » (arts 21 à 23).
Dans les marchés de régularisation, la loi a intégré les cas « d’une situation
d’urgence de crise sanitaire, ou de circonstances de catastrophes
technologiques ou naturelles déclarées par les autorités compétentes » parmi
les cas d’urgence impérieuses.
3-2 Les acteurs intervenant dans les marchés publics et leurs obligations
1- Le maître d’ouvrage (service contractant):
Il est celui par lequel il y a naissance de la dépense. Il représente l’entité
publique soumise aux marchés publics à l’effet d’engager une action menant
à la réalisation d’une infrastructure, l’acquisition de biens, de services ou
d’études. Il est tenu de :
-Afficher le programme prévisionnel des projets à lancer durant l’exercice
considéré, qui pourrait être modifié, le cas échéant, au cours du même
exercice, à l’exception des marchés revêtant un caractère spécifique (art 185/2
DMP).
-Déterminer correctement et avec précision ses besoins, préalablement avant
tout lancement de toute procédure d’un marché public (art 27 DMP) et arrêter
une estimation administrative (financière) raisonnable.
-Procéder à la maturation du projet pour permettre sa réalisation.
-Procéder à l’inscription de l’opération à réaliser auprès du Ministère des
finances (Direction générale du budget) qui doit servir de justification de la
couverture financière auprès de l’organe compétent de contrôle externe.
-Choisir le mode de passation le plus adéquat et l’offre économiquement la
plus avantageuse.
2- Le partenaire cocontractant
On entend par partenaire, l’opérateur économique (entreprise de réalisation
retenue après les procédures d’usage).
Les partenaires cocontractants interviennent dans les marchés publics, dans le
cadre des procédures d’appel concurrentielles (appel d’offres) ou non
concurrentielles (gré à gré). Dans tous les cas, ils peuvent être une ou plusieurs
personne (s) physique (s) ou morale (s), s’engageant au titre du marché soit
individuellement, soit en groupement momentané d’entreprises.
Les partenaires cocontractants, peuvent être des entreprises de droit algérien,
et/ou des entreprises de droit étranger (art 37 DMP).
Personne physique : possède un registre de commerce portant
l’immatriculation de la lettre A et est qualifiée de commerçant ou
d’entrepreneur. Les qualifications sur lesquelles la personne est évaluée
s’appuient sur les activités mentionnées sur le registre de commerce. Son
patrimoine propre n’est pas séparé de celui de l’entreprise (fonds de
roulement) et peut être engagé si celui de l’entreprise ne suffit pas en cas de
dédommagement à l’endroit du service contractant.
Peuvent aussi participer aux marchés publics, des personnes physiques, qui ne
sont pas soumises à immatriculation au registre du commerce, à l’exemple des
avocats, des consultants occasionnels, des notaires, des artisans….
Personne morale : est une société unipersonnelle (une seule personne) ou en
association (plusieurs personnes). Elle est immatriculée au registre de
commerce selon les statuts notariés. Les qualifications sont déterminées dans
les statuts et les moyens financiers par son capital social.
La personne morale peut avoir un caractère commercial selon les formes
prévues par le code de commerce (SARL, SPA .…) ou civil (sociétés
d’architectes ou d’avocats).
Entreprise de droit algérien
Elle est considérée ainsi, dès lors qu’elle est constituée en Algérie, en vertu de
la législation algérienne en la matière et que le principal centre d’activités
économiques se trouve en Algérie.
Elle est créée par des nationaux résidents ou non-résidents ou par des étrangers
(ex filiale algérienne d’une entreprise étrangère basée à l’étranger).
Entreprise de droit étranger
Elle est créée à l’étranger, en vertu de la législation du pays concerné où se
trouve son principal centre d’activités économiques. Elle s’installe
temporairement en Algérie à l’occasion d’une activité à exercer dans le cadre
d’un contrat de prestations de services.
Le groupement momentané d’entreprises (art 81DMP)
Le groupement momentané d’entreprises (GME) est constitué par
l’association de plusieurs entreprises à l’occasion d’une participation à un
marché public. Le GME est créé dans le cadre d’un protocole d’accord où les
tâches de chaque membre sont mentionnées et que la désignation d’un
mandataire est précisée.
Le GME est solidaire lorsque chacun des membres du groupement est engagé
pour la totalité du marché.
Le GME est conjoint lorsque chacun des membres s’engage à exécuter les
prestations à sa charge.
Le mandataire du GME, quel que soit la forme, est obligatoirement solidaire,
pour l’exécution du marché de chacun des membres du groupement pour leurs
obligations contractuelles à l’égard du service contractant.
Les obligations communes des partenaires cocontractants
Tout partenaire cocontractant est tenu en vertu de sa relation contractuelle de
l’exécution de l’ensemble des obligations qui lui incombent prévues par les
clauses contractuelles et toutes autres exigences du service contractant,
insérées dans un cadre règlementaire (documents à présenter, exécution des
prestations, ….).
Le partenaire cocontractant est aussi tenu de souscrire des assurances dans le
cadre du marché public, dites assurances de « dommages » qui peuvent
intervenir au cours de son exécution.
La législation applicable impose aux intervenants professionnels la
souscription d’un certain nombre d’assurances obligatoires, qui sont des
garanties couvrant la responsabilité civile générale. Elles englobent
- La responsabilité civile professionnelle : Elle couvre les dommages causés
par le partenaire cocontractant aux tiers. Elle incombe à l’ensemble des
intervenants (architecte, entrepreneur, contrôleur technique..)
- La responsabilité civile produits (s’il y a lieu).
- La responsabilité décennale (s’il y a lieu). Elle couvre les réparations des
dommages résultant d’un effondrement total ou partiel de l’ouvrage, résultant
d’erreur de conception, de sol ou de mauvaise exécution.
-L’engagement d’investir par le soumissionnaire étranger est matérialisé par
la remise d’un acte d’engagement, dont le modèle est annexé dans l’arrêté
interministériel du 27 novembre 2013 fixant les modalités d’application de
l’engagement d’investir pour les opérateurs économiques étrangers.
L’engagement d’investir doit être couvert par une garantie pour couvrir le
risque de non réalisation par le partenaire cocontractant de l’obligation
d’investir dans le cadre d’un partenariat.
Dans le cadre d’un projet d’investissement (art 84 DMP), prévoit que la
relation avec le partenaire cocontractant étranger obéit aux mêmes conditions
d’exécution que le marché public. Le partenaire cocontractant s’expose aux
mêmes sanctions si le service contractant constate que l’investissement n’est
pas réalisé conformément au planning et la méthodologie du cahier des
charges.
3- Le Maitre d’œuvre :
Le maître d’œuvre intervient dans le marché public pour assister le service
contractant dans différentes études dans des domaines très variés, tels que le
bâtiment, le génie civil, l’industrie, l’environnement, l’informatique et autres,
et aussi dans l’élaboration du cahier des charges et la détermination des
critères d’éligibilité et d’évaluation.
Pour la réalisation des missions qui lui sont assignées, le maitre d’œuvre
intervient en qualité de partenaire cocontractant, en vertu d’un marché public
conclu dans le cadre du processus règlementaire de passation des marchés
publics.
Le maitre d’œuvre, selon la nature du projet peut être notamment un architecte
ou un bureau d’études spécialisé ou pluridisciplinaire, agréé conformément à
la règlementation en vigueur (peut agir en personne physique ou morale seule
ou en groupement).
En matière de bâtiment, le maitre d’œuvre intervient dans la phase d’exécution
dans le cadre du marché de contrôle et de suivi en accompagnant le maître
d’ouvrage dans l’étape de réalisation c’est-à-dire pendant toute la durée du
marché de réalisation jusqu’à la réception définitive du projet.
La maitrise d’œuvre est règlementée par l’arrêté interministériel du 15 mai
1988, portant modalités d’exercice et de rémunération de la maitrise d’œuvre
en bâtiment et le décret exécutif n° 16-224 du 22 août 2016, fixant les
modalités de rémunération de la maitrise d’œuvre en bâtiment.
Le maître d’œuvre intervient aussi dans la phase amont dans le cadre des
études de conception et de faisabilité du projet.
Il peut lui être confié une ou plusieurs missions, sauf les missions
incompatibles (les études de projet avec le contrôle et suivi en même temps).
Conformément à l’article 554 du code civil, le maître d’œuvre de suivi est
responsable solidairement avec l’entrepreneur pendant une durée de dix (10)
ans, à compter de la date de la réception définitive du projet, concernant
l’ensemble des défauts de construction provenant des vices de sol ou de la
superstructure.
Le contrôle technique de la construction (CTC) est un organisme national qui
intervient pour le compte de l’Etat et des collectivités locales, dans le cadre
d’une mission de contrôle et d’expertise, à savoir une mission de normalisation
des risques de construction et la prévention des aléas techniques susceptibles
d’être rencontrés dans la réalisation des bâtiments et des ouvrages. Il
n’intervient pas dans un marché public comme partenaire du service
contractant.
4- Le sous-traitant
La sous-traitance, est l’acte par lequel, un partenaire cocontractant confie à un
sous-traitant l’exécution d’une partie du marché considéré, dans le cadre d’un
contrat de sous-traitance, dans les conditions prévues dans les articles 140 à
144 du DMP.
En tout état de cause, le montant de la sous-traitance ne peut dépasser, 40% du
montant total du marché (quel qu’en soit le nombre).
Le choix du sous-traitant et ses conditions de paiement sont obligatoirement
et préalablement approuvés par le service contractant par écrit après avoir
vérifié ses capacités techniques et financières.
Le sous- traitant peut être déclaré dans l’offre (soit lors de la soumission ou
pendant l’exécution du marché).
Le partenaire cocontractant est seul responsable, vis-à-vis du service
contractant, de l’exécution de la partie sous-traitée. Les prestations à la charge
du sous-traitant, doivent être mentionnées dans le marché et ne peuvent
constituer des tâches principales.
Le changement d’un sous-traitant, doit se faire par la voie d’un avenant soumis
à la Commission des marchés compétente.
Le service contractant s’oblige envers le partenaire cocontractant du paiement
en contrepartie de la réalisation effective des prestations objet du marché et de
leur validation. Le règlement financier s’exécute selon les modalités de
paiement prévues dans les clauses contractuelles.
Quant au paiement du sous-traitant, le DMP prévoit en son art 143 al.2, que le
sous- traitant (agrée par le service contractant) est payé directement, au titre
des prestations du marché dont il assure l’exécution. Aucune autre modalité
n’est formulée, alors que le sous-traitant est lié par un contrat civil avec le
partenaire cocontractant (titulaire du marché public).
Toutefois, le cahier des clauses administratives générales applicables aux
marchés publics de travaux (Décret exécutif n°21-219 du 20 mai 2021) en son
art 78, oblige le service contractant à s’assurer par tout moyen que le sous-
traitant est régulièrement payé par le titulaire du marché public considéré,
lorsque les prestations réglées pour son compte comportent des travaux sous-
traités.
Le sous- traitant lésé est en droit de saisir le service contractant pour tout
défaut de paiement de la part du titulaire du marché public, et doit informer le
partenaire cocontractant.
Le défaut de paiement du sous- traitant expose le titulaire du marché public
(cocontractant) à toute sanction de la part du service contractant.
La notion de paiement direct est expliquée par le fait que le service contractant
peut payer directement le sous-traitant selon une procédure déterminée.
3-3 L’avis d’attribution provisoire du marché (art 65 DMP) intervient après
la phase de l’évaluation des soumissionnaires et le choix retenu.
L’avis est inséré dans les organes de presse qui ont assuré la publication de
l’avis d’appel d’offres. Il doit préciser les informations concernant le
soumissionnaire retenu, notamment le montant de son offre , le délai de
réalisation proposé, les notes attribuées et son classement.
L’avis d’attribution provisoire doit mentionner que tout candidat ou
soumissionnaire dispose du droit d’obtenir auprès du service contractant et par
écrit, les résultats détaillés de son évaluation dans un délai de trois (3) jours à
compter du premier jour de la publication de l’avis d’attribution provisoire.
Il doit également préciser les modalités de recours dans un délai de dix (10)
jours à compter de la première publication de l’avis d’attribution provisoire et
préciser quelle est la commission des marchés compétente pour examiner le
recours.
3- 4 Les cautions (caution bancaire de garantie)
La caution de soumission (art 125 DMP)
La caution de soumission qui est une caution émise par une banque agréée est
constituée par le soumissionnaire et fait partie de l’offre financière.
C’est une garantie qui permet d’indemniser l’acheteur public au cas où
l’attributaire du marché refuserait d’accuser réception de la notification du
marché public.
Elle est exigée pour les marchés de travaux et de fournitures lorsque leurs
montants dépassent respectivement 1000.000.000 DA et 300.000.000DA. Elle
doit être supérieure à 1% du montant de l’offre en TTC et doit être prévue dans
le cahier des charges de l’appel à la concurrence.
La caution du soumissionnaire non retenu et qui n’introduit pas de recours, est
restituée un jour après l’expiration du délai de recours. En cas de recours, elle
est restituée, à la notification de la décision de rejet du recours par la
Commission.
La caution de l’attributaire du marché qui devient cocontractant dans le
marché est libérée après la mise en place de la caution de bonne exécution.
La caution ou retenue de bonne exécution
La caution de bonne exécution est l’acte délivré par la banque ou
l’établissement financier, au partenaire cocontractant en contrepartie de
moyens financiers servant à couvrir éventuellement les dommages qu’il a
causés au service contractant.
La retenue de bonne exécution se fait par prélèvement sur les situations de
paiements dus au partenaire cocontractant et non pas libérée par la banque.
La caution est transformée à la réception provisoire en caution ou en retenue
de garantie (si un délai de garantie est prévu dans le marché).
La caution de bonne exécution est constituée au plus tard à la date à laquelle
le cocontractant remet la première demande d’acompte.
Les artisans d’art et les micro-entreprises titulaires de marchés publics de
restauration, de biens culturels, sont dispensés de plein droit de la caution de
bonne exécution (art133 al.4 DMP).
Le service contractant peut dispenser le cocontractant de la caution de bonne
exécution pour les:
-marchés d’études (à l’exception des marchés de maitrise d’œuvre de travaux).
-marchés de services pour lesquels le service contractant peut vérifier la bonne
exécution (ex marchés de formation, de catering, de transport..).
-marchés dont le délai est moins de 03 mois.
-marchés de gré à gré simple.
Le montant de la caution de bonne exécution est fixé entre 5% et 10% du
montant du marché, selon la nature et la complexité du projet. Elle est fixée
entre 1% et 5% pour les marchés dont le montant est égal ou inférieur à un
milliard de dinars 1.000.000.000DA pour les marchés de travaux et de
300.000.000DA pour les fournitures.
Dans les cas de marchés de travaux qui n’atteignent pas le montant précité, le
service contractant peut consentir la substitution de la caution de bonne
exécution de 5%, par une retenue de bonne exécution. Elle doit être prévue
dans le cahier des charges et le marché.
La caution ou la retenue de bonne exécution se transforme en caution ou
retenue de garantie à la réception provisoire et est libérée un (01) mois à
compter de la date de la réception définitive de la totalité des prestations
(même dans le cas de réceptions partielles).
La caution de restitution d’avances :
Le décret conditionne l’octroi des avances forfaitaires et sur
approvisionnements, à la présentation par le cocontractant d’une garantie
bancaire appropriée ;
La caution de restitution d’avances doit être constituée pour toute demande
d’avance. Elle est remise au service contractant au plus tard à la date de remise
par le partenaire cocontractant de la facture représentant l’avance consentie.
Le montant de la caution de restitution d’avance doit être d’un montant d’égale
valeur au montant de l’avance en TTC.
Dans le cadre d’un groupement solidaire, elle est émise par le mandataire ou
par le groupement s’il est doté de la personne morale. Et pour le groupement
conjoint, par chacun des membres du groupement si les paiements ont lieu
séparément dans le compte bancaire de chacun des membres, sauf stipulation
contraire dans la convention de groupement.
La caution de restitution d’avances est libérée à l’issue du remboursement
intégral de l’avance (entre 35% et 80% du montant du marché). Le service
contractant peut prévoir des libérations partielles de la caution,
proportionnellement au remboursement de l’avance perçue.