Concours National Commun – Session 2017 – Filière MP
L’énoncé de cette épreuve, particulière aux candidats de la filière MP,
comporte 4 pages.
L’usage de tout matériel électronique, y compris la calculatrice, est interdit
Les candidats sont informés que la qualité de la rédaction et de la présentation, la clarté
et la précision des raisonnements constitueront des éléments importants pour l’appréciation des
copies. Il convient en particulier de rappeler avec précision les références des questions abordées.
Si, au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé,
il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il
est amené à prendre.
Le sujet de cette épreuve est composé d’un exercice et de deux problèmes indépendants
entre eux.
Durée : 4 heures
Exercice
P 1
Calcul de la somme de la série de Riemann n2
n≥1
R π ³ x2 ´
1. Montrer que pour tout k ∈ N∗ , 0 2π − x cos(kx)dx = k12 .
2. Soit x ∈]0, π].
inx sin( nx ) i (n+1)x
a) Montrer que pour tout n ∈ N∗ , eix 1−e
1−eix
= sin( x2 ) e
2 2 .
P
n sin( nx ) cos
(n+1)x
b) En déduire que pour tout n ∈ N∗ , cos(kx) = 2
sin( x2 )
2
.
k=1
3. Soit ψ une fonction réelle de classe C 1 sur [0, π]. Montrer à l’aide d’une integration par parties
Rπ
que lim 0 ψ(x) sin(mx)dx = 0.
m→+∞
x2
−x
g(x) = 2 2π
sin( x2 ) si x ∈]0, π]
4. Soit g la fonction réelle définie sur [0, π] par .
g(0) = −1
Montrer que g est de classe C 1 sur [0, π].
Pn
1 π2
Rπ (2n+1)
5. a) Montrer que pour tout n ∈ N∗ , k 2 = 6 + 0 g(x) sin( 2 x)dx.
k=1
P 1 P
+∞
1 π2
b) Justifier la convergence de la série n2
et montrer que n2
= 6 .
n≥1 n=1
P
+∞
x
6. Pour tout réel x > 0, on pose ϕ(x) = n(1+2nx) .
n=1
a) Montrer que pour tout réel x > 0, ϕ(x) est bien définie.
b) Justifier l’existence de la limite, quand x tend vers +∞, de ϕ(x) et déterminer sa valeur.
Problème 1
On désigne par R+ l’ensemble des réels positifs et par R∗+ l’ensemble des réels strictement positifs.
Dans tout le problème, on note L l’ensemble des fonctions f : R+ → R, continues, telles que, pour
tout entier n > 0, pour tout réel x > 0, la fonction t 7→ f (t)e−nxt soit intégrable sur R+ . Pour tout
entier n > 0 et pour tout f dans L , on note Nn (f ), la ∗+
Z fonction définie sur R par:
+∞
∀x ∈ R∗+ , Nn (f )(x) = f (t)e−nxt dt
0
Soit k un entier naturel non nul et soit f une fonction k fois dérivable sur R+ , on note f (0) = f et
f (k) = (f (k−1) )0 désigne la dérivée k ème de f . Dans toute la suite, n désigne un entier naturel non nul.
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Concours National Commun – Session 2017 – Filière MP
Partie I
Exemples
1. Soit α un réel positif, on considère la fonction ϕα : R+ → R, telle que pour tout t ∈ R+ ,
ϕα (t) = e−αt . Démontrer que ϕα est un élément de L et déterminer Nn (ϕα ).
2. Soit ω un réel positif, on considère les deux fonctions C et S, telles que pour tout réel t positif,
C(t) = cos(ωt) et S(t) = sin(ωt).
a) Démontrer que C est un élément de L et déterminer Nn (C).
b) Démontrer que S est un élément de L et déterminer Nn (S).
Partie II
Comportements asymptotiques
Dans cette partie, f désigne un élément de L .
1. On suppose que f est une fonction bornée sur R+ .
a) Déterminer la limite de Nn (f )(x) quand x tend vers +∞.
b) Montrer que, si de plus f est de classe C 1 sur R+ et f 0 est bornée sur R+ , alors
lim xNn (f )(x) = f (0)
n .
x→+∞
2. On suppose que lim f (t) = ` où ` est un réel.
t→+∞
a) Montrer que f est une fonction bornée sur R+ .
R +∞
b) i) Montrer que pour tout x ∈ R∗+ , xNn (f )(x) = 0 f ( xt )e−nt dt.
ii) En déduire lim xNn (f )(x).
x→0+
3. On suppose que f est integrable sur R+ et on considère la suite (gn )n>0 définie comme suit:
1
∀n ∈ N∗ , gn = Nn (f )( n+1 ). Déterminer la limite de la suite (gn )n>0 .
Partie III
Quelques propriétés de Nn
1. Soient f un élément de L et m un entier naturel, on considère la fonction gm définie sur R+ par
∀t ∈ R+ , gm (t) = tm f (t).
nxt
a) Pour x > 0, justifier qu’il existe B > 0 tel que pour tout t ≥ B, tm e−nxt ≤ e− 2 .
b) En déduire que gm est un élément de L .
2. a) Démontrer que pour tout élément f de L , la fonction Nn (f ) est de classe C 1 sur R∗+ et
que l’on a (Nn (f ))0 = −nNn (g1 ) où g1 est la fonction définie dans la Partie III question 1.
b) Plus généralement, démontrer que pour tout élément f de L , la fonction Nn (f ) est de
classe C ∞ sur R∗+ et déterminer pour tout k ∈ N (Nn (f ))(k) en fonction de Nn (gk ), où gk
est la fonction définie dans la Partie III question 1.
3. Soit f une fonction de classe C 1 et bornée sur R+ telle que f 0 soit dans L .
a) Montrer que pour tout x ∈ R∗+ ,
Nn (f 0 )(x) = nxNn (f )(x) − f (0)
b) Montrer que si de plus, f est de classe C 2 sur R+ et f 0 est bornée sur R+ et f 00 est un
élément de L , alors pour tout x ∈ R∗+ ,
Nn (f 00 )(x) = (nx)2 Nn (f )(x) − nxf (0) − f 0 (0)
4. Montrer que pour tout k ∈ N∗ , si f est de classe C k sur R+ et pour tout j ∈ N, 0 ≤ j ≤ k − 1,
f (j) est bornée sur R+ et f (k) est un élément de L , alors pour tout x ∈ R∗+ ,
k
X
Nn (f (k) )(x) = (nx)k Nn (f )(x) − (nx)i−1 f (k−i) (0)
i=1
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Partie IV
Injectivité de Nn
R1
1. Soit h une fonction réelle continue sur [0, 1] telle que, pour tout m ∈ N, 0 tm h(t)dt = 0.
R1
a) Montrer que pour tout polynôme P à coefficients réels, 0 P (t)h(t)dt = 0.
b) En déduire que h est la fonction nulle.
Rt
2. Soit f un élément de L , on pose pour tout t ≥ 0, hn (t) = 0 e−nu f (u)du.
a) Montrer que pour tout entier k > 0, Nn (f )(1 + k) = nkNn (hn )(k).
b) On suppose que pour tout entier k > 0, Nn (f )(1 + k) = 0.
R1
i) Montrer que pour tout entier k ≥ 0, 0 uk hn (− lnnu )du converge et vaut 0.
ii) En déduire que hn est la fonction nulle.
3. Montrer que l’application Nn définie sur L est injective.
Partie V
Application au calcul de l’intégrale de Dirichlet
Soit w un réel strictement positif, on considère la fonction g définie par g(0) = w et pour tout t > 0,
Rx
g(t) = sintwt et soit G la fonction définie sur R+ par G(x) = 0 g(t)dt.
1. Montrer que G admet une limite réelle ` en +∞.
2. a) Montrer que pour tout x ∈ R∗+ , Nn (g)(x) = π2 − arctan(( w n
)x), (vous pouvez utiliser les
questions de la Partie III, 2. a) et de la Partie II, 1. a).
b) i) Montrer que pour tout x ∈ R∗+ , Nn (g)(x) = nxNn (G)(x).
R +∞ sin wt
ii) En déduire la valeur de 0 t dt.
Partie VI
Application à la résolution des équations différentielles
Soit m un entier naturel non nul, on considère l’équation différentielle linéaire d’ordre m, à coefficients
constants :
(E) a0 y (m) + a1 y (m−1) + . . . + am y = f (t),
avec les conditions initiales: y(0) = y0 , y 0 (0) = y1 , . . ., y (m−1) (0) = ym−1 ,
avec (a0 , a1 , . . . , am ) ∈ Rm+1 , a0 6= 0, (y0 , y1 , . . . , ym−1 ) ∈ Rm et f ∈ L . On voudrait trouver la
solution y = y(t) pour t ≥ 0 de (E).
1. Montrer que si y est une solution de (E) alors y vérifie une équation algébrique de la forme:
ψ (x)
Nn (y)(x) = ϕn,m−1
n,m (x)
+ Nϕnn,m
(f )(x)
(x) , où ϕn,m est un polynôme à coefficients réels de degré m et
ψn,m−1 est un polynôme à coefficients réels de degré inférieur ou égal à m − 1.
−3
t
2. Résoudre, en utilisant N1 , l’équation différentielle y 00 + 3y 0 + 2y = 2e 2 , avec les conditions
initiales suivantes: y(0) = 1 et y 0 (0) = 2.
3. Résoudre, en utilisant N2 , l’équation différentielle y 00 +4y 0 +3y = sin t, avec les conditions initiales
suivantes: y(0) = 1 et y 0 (0) = −3.
0 0 −3t
y1 + y2 − y1 + y2 = −4e
4. Résoudre le système différentiel suivant: (S) y10 + 2y20 + 3y1 + y2 = 5 cos t
y (0) = 2, y (0) = 0
1 2
Problème 2
Soit (Ω, A, P ) un espace probabilisé, on appelle fonction génératrice d’une variable aléatoire réelle X
P k
+∞
à valeurs dans N, lorsqu’elle existe, la fonction GX définie par: GX (t) = E(tX ) = t P (X = k).
k=0
Partie I
Quelques propriétés de la fonction génératrice et quelques exemples
1. Montrer que la fonction génératrice GX est au moins définie sur l’intervalle [-1,1].
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(k)
2. Montrer que pour tout k ∈ N, GX (0) = k!P (X = k).
3. Donner l’expression de GX , en précisant le domaine de définition, dans chaque cas suivant:
a) X suit la loi de Bernoulli de paramètre p, notée B(p), où p ∈ [0, 1].
b) X suit la loi binomiale de paramètre n, p, notée B(n, p), où n ∈ N∗ , p ∈ [0, 1].
c) X suit la loi géométrique de paramètre p, notée G(p), où p ∈]0, 1[.
4. Montrer que la variable aléatoire X admet une espérance si, et seulement si, GX est dérivable en
1 et dans ce cas G0X (1) = E(X).
5. Montrer que la variable aléatoire X admet un moment d’ordre 2 si, et seulement si, GX est deux
fois dérivable en 1 et dans ce cas V (X) = G00X (1) + G0X (1) − (G0X (1))2 .
6. En déduire l’espérance et la variance d’une variable aléatoire qui suit la loi géométrique G(p) de
paramètre p, où p ∈]0, 1[.
Partie II
La fonction génératrice d’une somme de variables aléatoires
Soient n un entier naturel non nul et N une variable aléatoire telle que N (Ω) = J1, nK = {1, . . . , n}.
On suppose que pour tout k de J1, nK, P (N = k) est non nul. On considère n variables aléatoires
indépendantes (Xi )1≤i≤n , toutes de même loi qu’une variable aléatoire X, telle que X(Ω) = J1, mK,
PN
avec m un entier naturel non nul. On pose S = Xi , (en particulier, sachant que l’événement (N = h)
P
h i=1
est réalisé, h ∈ J1, nK, alors S = Xi ).
i=1
1. Montrer que pour tout k ∈ J1, nK, GX1 +...+Xk = GkX .
2. a) Soit Y une variable aléatoire réelle qui prend un nombre fini de valeurs dans Y (Ω), montrer
P
n
que E(Y ) = P (N = k)E(Y |[N = k]), où ∀k ∈ J1, nK,
k=1 P
E(Y |[N = k]) = yP ((Y = y)|[N = k]) désigne l’espérance de Y sachant l’événement
y∈Y (Ω)
[N = k] et P ((Y = y)|[N = k]) désigne la probabilité de (Y = y) sachant l’événement
[N = k].
b) Montrer que pour tout k ∈ J1, nK et pour tout réel t, E(tS |[N = k]) = GkX (t).
P
n
c) En déduire que pour tout réel t, GS (t) = P (N = k)GkX (t).
k=1
d) Montrer que GS = GN ◦ GX .
3. En déduire que E(S) = E(N )E(X).
Partie III
Application
On dispose d’un jeton non truqué à deux faces numérotées 1 et 2 et d’un dé tétraédrique (famille des
pyramides composés de quatre faces triangulaires), équilibré, dont les faces sont numérotées de 1 à 4.
On lance le jeton et on note N le numéro obtenu, puis on lance N fois le dé et pour chaque lancer, on
note le numéro de la face d’appui du dé. Soit S la somme des numéros obtenus lors de ces N lancers,
(si N = 1, le dé est lancé une seule fois et S est le numéro lu sur la face d’appui du dé).
1. a) Déterminer la loi de N .
b) Donner la loi conditionnelle de S sachant [N = k], pour k = 1, puis pour k = 2.
c) En déduire la loi de S, puis son espérance et sa variance.
PN
2. a) Identifier la variable aléatoire X telle que S = Xi , où X1 et X2 sont deux variables
i=1
aléatoires indépendantes de même loi que X.
b) Déterminer les fonctions génératrices GN et GX et en déduire la fonction génératrice GS .
c) Retrouver, en utilisant la fonction génératrice GS , la loi, l’espérance et la variance de S.
FIN DE L’ÉPREUVE
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