COMPORTEMENT
MÉCANIQUE
ET
DURCISSEMENT
DES MÉTAUX
39
Essais mécaniques
• Les propriétés mécaniques des métaux et alliages sont
d’un grand intérêt puisqu’elles conditionnent les problèmes
de mise en forme et le comportement en service dans des
applications industrielles extrêmement diversifiées.
• Le choix du matériau d’une pièce industrielle dépend des
propriétés mécaniques: résistance mécanique, dureté,
ductilité ...etc. Il est donc nécessaire de mesurer ces
grandeurs physiques par des essais mécaniques.
• Trois principaux essais mécaniques:
Essai de traction
-
Essais de dureté
-
Essais de résilience
- 40
Définitions préliminaires
41
Définitions préliminaires
42
Définitions préliminaires
43
Essai de traction
Principe
• L’essai de traction détermine l’aptitude d’un matériau à se
déformer, soumis à un effort variable. Ce type d’essai est
nécessaire pour prévoir le comportement du matériau dans
des conditions réelles d’utilisation.
• Il consiste à imposer un allongement Dl à une éprouvette
normalisée du matériau et à mesurer l’effort F
correspondant, ou inversement.
Courbe de traction nominale ou conventionnelle : s = f (e)
e = (l-lo) / lo
0 Déformation
Contrainte nominale
nominale Section initiale de l’éprouvette 44
longueur initiale de l’éprouvette
Essai de traction
45
Essai de traction
46
Essai de traction
Avantage : Donne toute la courbe de traction et permet
de déterminer plusieurs caractéristiques
mécaniques du matériau.
Inconvénient: essai destructif, cher et non local 47
Essai de dureté
Principe
• L’essai de dureté quantifie la résistance d’un matériau à la
pénétration, sous une certaine charge F, d’un indenteur de
forme variable : Une charge constante est appliquée sur un
pénétrateur indéformable sphérique, conique ou pyramidal,
l’effort appliqué (F) déforme le métal à l’endroit du contact.
La dureté s’exprime par le rapport :
S (empreinte)
Les principaux essais de dureté sont:
- L’essai Brinell
- L’essai Vickers
48
- L’essai Rockwell
49
On en déduit la dureté Brinell:
HB = 0.065 F
50
51
Essai de dureté
Les essais de dureté sont des essais comparatifs
Avantages: Essais non destructifs, rapides, peu chers.
Mesures locales (micro-dureté ; nano-dureté)
Inconvénients: Intègrent, à la fois, la déformation élastique
et plastique.
Ne donnent pas toute la courbe de
déformation
52
Essais de résilience (résistance au choc )
Principe :
● On mesure l’énergie absorbée lors de la rupture par choc en
flexion ou en traction.
Principe de l’essai:
● Rompre par choc une éprouvette entaillée.
● Mesure de l’énergie nécessaire à la rupture par section droite
2
de l’entaille K (J/cm )
● Il y’a plusieurs types d’essais dépendamment des conditions
de choc.
53
1
54
comportement mécanique des métaux
Contrainte nominale en traction
s = F/S0
Striction
N B
Rupture
C
A
A%
O ep ee Ar% Déformation e = (L-L0)/L0
Domaine de la déformation élastique (Zone OA) :
Dans ce domaine la contrainte varie linéairement avec la
déformation. La déformation est réversible: si l'on cesse la
charge, l'éprouvette retrouve ses dimensions initiales. La
contrainte est reliée à la déformation par la loi de Hooke :
s=Ee
55
Module d’Young
La cohésion d'un matériau cristallin étant assurée par les
liaisons interatomiques, leur raideur permet théoriquement de
calculer les modules élastiques du matériau à condition de
prendre en compte la structure cristalline qui va définir les
directions des liaisons par rapport à l'effort appliqué, d'où un
comportement généralement anisotrope.
Modèles théoriques qui permettent de
passer de la raideur microscopique
(liaison) à la raideur macroscopique
(module d'Young) du matériau.
Pour un métal, le domaine de la déformation élastique se situe,
généralement, à des déformations inférieures à 0.1%. 56
Domaine de la déformation plastique homogène (Zone AB) :
La déformation n'est plus complètement réversible. Si l’on
cesse la charge, l’éprouvette ne recouvre pas complètement
ses dimensions initiales; elle recouvre uniquement la
déformation élastique ee et présente une déformation
permanente ep.
Les allongements croissent plus vite que les charges.
L'allongement a lieu avec une diminution régulière de la section
tout au long de l'éprouvette (déformation homogène).
Dans ce domaine, la déformation totale est donc la somme
d’une déformation élastique réversible et d’une déformation
plastique permanente:
e = ee + ep
s = E ee Lois empiriques s = f (ep )
57
• Il existe plusieurs lois empiriques qui relient la contrainte
d’écoulement (vraie) à la déformation plastique (vraie),
comme par exemple:
loi de Hollomon ( loi de puissance):
Ko et n sont des paramètres ajustables
n est appelé coefficient d’écrouissage, défini par:
loi de Ludwik
e
Cette loi présente l’avantage de donner des renseignements
sur la limite d’élasticité se (vraie).
NB : n ne correspond pas ici au coefficient d’écrouissage
défini par la loi de Hollomon 58
Du point de vue microscopique:
La déformation plastique a pour origine le déplacement des
dislocations et glissement progressif des plans
cristallographiques sous l’effet du champs de contrainte. le
glissement s'amorce dans les grains possédant les plans de
glissement d'orientation la plus favorable par rapport au
cisaillement imposé.
Les dislocations permettent de rompre une ou deux liaisons
interatomiques seulement, aussi il n’est pas nécessaire de
rompre simultanément l’ensemble des liaisons du plan de
glissement pour obtenir le déplacement du plan d’une distance
interatomique. 59
Formation de marches à la surface d’un métal
Déformation plastique par glissement suite à une déformation plastique par
dans un monocristal de zinc glissement simple de plans cristallographiques
dislocations dans un alliage de Titane observées
par Microscopie Électronique à Transmission
(MET) 60
Domaine de la déformation plastique non homogène
( Zone BC)
A partir du point B, la contraction de la section cesse d'être
homogène et devient de plus en plus importante en un seul
endroit. On parle du phénomène de striction; les allongements
croissent avec une diminution de la charge. C’est une zone
d’instabilité plastique
Au point C on aboutit à la rupture. Elle s’opère par
déchirement ductile: Dans la zone plastifiée, la déformation
se produit autour des inclusions, conduisant à la formation
de cavités allongées. Au fur et à mesure que la déformation
plastique se poursuit, ces cavités se relient les unes aux
autres et la fissure progresse par déchirement ductile.
Fissures en surface du matériau avant rupture
61
• En première approche, les métaux sont des matériaux
élasto-plastiques
• Or, la déformation plastique de la plupart des métaux
dépend de la vitesse de déformation : Pour un taux de
déformation donné, plus la vitesse de déformation est
élevée, plus la contrainte est élevée.
Les métaux sont des matériaux visco-plastiques
Influence de la vitesse de déformation
sur la courbe de traction d’un métal 62
La courbe nominale de traction permet de déterminer des
grandeurs caractéristiques qui sont importantes, en
particulier, dans la conception des pièces métalliques et dans
la mise en forme:
• Le module d’Young correspond à la pente de la droite
linéaire qui correspond à la zone élastique OA
• Le point A est la limite d'élasticité (résistance élastique à
la traction) :
En pratique, on détermine une limite d’élasticité
conventionnelle Re0.2 (contrainte à 0,2 % de déformation)
63
• Le point B correspond à la charge maximale ; il est appelé
résistance à la traction ou résistance à la rupture (bien
qu'il n'y ait pas encore rupture):
• L’allongement relatif total de l'éprouvette à la rupture Ar%
qui caractérise la ductilité du matériau:
r
r
Lru : longueur de l'éprouvette après
rupture
• Le coefficient de striction Z% correspond à la réduction
maximale de la section de l’éprouvette et caractérise
l’aptitude à la déformation à froid du métal:
64
• L’aire sous la courbe de traction correspond à l’énergie de
rupture de l’éprouvette:
W = ∫s de
• L’énergie de déformation élastique We:
e e
e -e p
65
Courbe rationnelle de traction
● Courbe rationnelle de traction :
: contrainte vraie
s = f (e)
de = dl/l e = ln (l/l0): déformation vraie
● Les données de la courbe rationnelle peuvent être déduites
à partir des données de la courbe conventionnelle en
supposant la conservation du volume de l’éprouvette, même
lors de la déformation plastique ( S l= S0 l0) :
e = ln (1+ e )
nom
s = snom (1 + enom)
66
Courbe rationnelle de traction
C
67
Résumé du mécanismes de déformation dans un métal
Déformation élastique à l’échelle des
• s < Re liaisons atomiques. Mouvement réversible
des dislocations
Déformation plastique par déplacement des
dislocations.
Augmentation de la densité des
dislocations dans le métal.
68
Différents types de courbes de traction des métaux
69
Ecrouissage et durcissement des métaux
L’écrouissage
• La plupart des métaux durcissent au cours de la
déformation dans le domaine plastique: si on supprime la
charge avant d’atteindre Rm alors la courbe revient
parallèlement au domaine élastique, l’éprouvette s’étant
allongée de ep résiduel ( déformation permanente). Si on
soumet de nouveau cette éprouvette à un essai de traction on
constate que Re a augmenté:
L’écrouissage:
C’est l’évolution des propriétés et de la
microstructure d’un métal suite à une
déformation plastique homogène
(Work-hardening) 70
s1 R
R
Durcissement par écrouissage
Lors de la déformation plastique, la densité des dislocations
augmente forte interaction entre les dislocations qui
s’enchevêtrent et se bloquent ralentissement du
mouvement des dislocations résistance à la déformation
plastique. Pour remettre en mouvement les dislocations au
cours d’une remise en charge, il faut appliquer une contrainte
égale à celle qui était appliquée au moment de la charge
La nouvelle limite d’élasticité Re1 = s1. augmentation de la
limite élastique durcissement par écrouissage appelé
également consolidation. 71
• L’effet d’une déformations plastiques modérées sur le
métal:
• Durcissement (écrouissage)
• Diminution de la ductilité
• Pas de modification de la rigidité.
• Le glissement des dislocations et des plans
cristallographiques se fait en mode de cisaillement. La
limite d’élasticité en cisaillement ty est reliée à la densité
des dislocations r D par la relation de Franck-Read:
72
Vecteur de burger caractéristique de la dislocation
t y = ti + 1/4 < a < 1/3
Limite élastique initiale en cisaillement Module de cisaillement
résistance interne de frottement du réseau: résistance
liée au processus de rupture et reformation des liaisons
atomiques au cours du déplacement d’une dislocation =
contrainte de cisaillement nécessaire pour initier le
mouvement des dislocations dans le réseau parfait.
● En terme de contrainte de traction, une relation similaire est
proposée pour relier la contrainte de déformation à la densité
des dislocations:
Re = si +k
Limite élastique initiale en traction 73
• Pour de nombreuses applications, on cherche à augmenter
les caractéristiques mécaniques des métaux, notamment, la
limite élastique et la résistance à la traction: Plus elles sont
élevées plus le métal résiste à des contraintes élevées sans
se déformer ou se rompre et on a besoin de moins de
matière. Le durcissement des métaux est un moyen pour
augmenter la limite élastique, la résistance mécanique et
diminuer la plasticité.
• La limite d’élasticité et la résistance mécanique d’un métal
augmentent avec la dureté et vis et versa. Généralement, il
existe une relation linéaire entre la dureté et Re ou Rm, de
type: Acier haute résistance
Y = aH + b
Rm ,Re (ou Rp) HB, HR ou HV
74
augmentation de la résistance à un
Durcissement écoulement irréversible, i.e, à une
déformation plastique.
Comment durcir un gêner le mouvement
métal? des dislocations
• Ecrouissage: augmentation de
la densité des dislocations
. Comment gêner le • Obstacles ponctuels: solution
mouvement des solide
dislocations ? •Obstacles 2D : joints de grains
• Obstacles 3D : secondes
phases dispersées (précipités,
inclusions) 75
Durcissement par la taille des grains
• Le joint de grain est un défaut 2D à l’interface des grains qui
gêne le mouvement des dislocations: Celles-ci doivent avoir
l’énergie nécessaire pour traverser un joint de grain.
• Si on considère l’empilement de n dislocations dans un grain,
la contrainte en tête d’empilement est proportionnelle à n: Si
la taille du grain diminue n diminue contrainte faible sur
le joint de grain franchissement difficile du joint de grain
par la dislocation résistance à la déformation plastique
augmentation de la limite élastique et de la dureté: c’est
l’effet Hall-Petch
76
• Loi macroscopique de Hall-Petch :
limite d’élasticité en cisaillement constante qui dépend du métal
limite d’élasticité en cisaillement Dimension moyenne des grains
du réseau parfait (monocristal)
• La même loi est admise pour la limite d’élasticité en traction:
limite d’élasticité en traction
e
Limite d’élasticité en traction du réseau parfait.
NB: Des lois similaires sont également admises pour la
résistance mécanique Rm
77
Variation de la limite d’élasticité de plusieurs métaux et
alliages en fonction de la taille moyenne des grains.
78
Durcissement par solution solide
• Une solution solide est un alliage métallique monophasé,
formé par l’addition ,au métal, d’atomes d’autres composés
métalliques ou non.
• Cette addition de nouveaux atomes peut s’effectuer soit en
substitution soit en insertion dans le réseau métallique.
• Obstacles ponctuels additionnels répartis continument dans le
matériaux qui modifient localement l’environnement des
dislocations (distorsion du réseau métallique).
• Augmentation du frottement des plans de glissement au
voisinage des nouveaux atomes (augmentation de la friction du
réseau) .
• Résistance à la déformation plastique.
• Augmentation de la limite d’élasticité et de la dureté du métal 79
• EX: Durcissement en solutions solides
des alliages de Fera : Durcissement / %
On remarque que le durcissement
augmente avec la concentration
des éléments d’alliage.
Durcissement par une seconde phase
●Lorsqu’une dislocation rencontre sur son parcours une particule
de seconde phase (ex: une phase précipitée), pour franchir
l’obstacle elle doit :
cisailler la particule
contourner la particule
Ralentissement des mouvements
des dislocations
80
Durcissement du métal
• Lorsque plusieurs mécanismes de durcissement entrent en
jeux, le durcissement global sera la somme des contributions
des différents facteurs de durcissement:
Re = s o +
so = s1 + s 2 + s3
Constante caractéristique du Durcissement par Durcissement par
métal pur monocristal solution solide seconde phase
Augmenter la dureté d’un métal n’est pas un objectif
toujours recherché. EX: Dans les procédés de mise en
œuvre on cherche à augmenter la plasticité du métal
pour le rendre facilement déformable par l’outillage.
Il y’a un compromis à faire entre
dureté et ductilité du métal 81
ALLIAGES
METALLIQUES
-
ACIERS ET FONTES
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