Corrigé DNB 2023
I Compétences d’interprétation
1) Le pronom « nous » désigne l’auteur, narrateur, personnage George
Sand et ses compagnons de jeu, Hippolyte, son demi-frère et Ursule, la
fille d’une servante. Il s’agit d’un texte autobiographique.
2) La scène se passe dans une grande chambre, la rivière est fictive, elle est
le fruit de l’imagination des enfants « un jeu qui passionnait nos
imaginations », « la rivière était dessinée sur le carreau » ce qui permet
de matérialiser le décor, il s’agit d’aider à voir la rivière. L’auteur souligne
qu’il s’agit « d’une fiction scénique »
3) L’illusion gagne rapidement les enfants pour qui le carreau se transforme
en rivière et devient une épreuve à affronter, « la rivière faisait mille
détours ». Leur imagination débordante facilite la mise en scène. Le
procédé d’accumulation met en évidence l’illusion qui les saisit
véritablement « un drame, une fiction, un roman, un poème, un
voyage ». Pour l’auteur quelques minutes suffisent à l’emporter dans le
jeu comme un tourbillon « il ne me fallait pas cinq minutes pour m’y
plonger », « je perdais la notion de la réalité », celle de la vaste pièce qui
accueille leur jeu. La réalité de la nature s’impose à eux dans les
moindres détails.
4) Tout au long du texte, le jeu des enfants est comparé à une fiction
scénique. Nous pouvons relever un champ lexical dominant « un
drame », « mimodrames », « personnages », « dialogues »,
« dénouement dramatique », « la toile tomba ». Le jeu est présenté
comme une représentation dans laquelle ils sont acteurs, spécialistes de
l’improvisation.
5) Ce récit inspire à la narratrice de doux souvenirs « cela nous sembla
délirant » et « rires, cris ». Pour elle, l’enfance est une période de magie,
d’insouciance où tout est possible « qu’ils miment et rêvent durant des
heures entières » à tel point qu’ils ne voient pas le temps passer. Les
enfants ont la faculté de transformer le carreau en rivière, de voir des
arbres et des rochers dans une vaste pièce de la maison, « je perdais la
notion de la réalité » dit la narratrice ou encore « le froid du carreau me
fit l’effet de l’eau véritable ». Elle met en avant également la créativité
engendrée par l’imagination des enfants, « ils ont même des dialogues
très vrais », « pour ajouter à l’illusion générale », « imitant un torrent de
cascade », « en certains endroits, la rivière était fort profonde ».
6) La photo de Robert Doisneau, La ronde des pompons, datant de 1955,
semble parfaitement illustrer le texte de George Sand par le titre et la
représentation de la ronde enfantine, montrant des enfants se donnant
la main pour tourner autour d’un bateau virtuel, matérialisé au sol par
un dessin à la craie, l’embarcation est accompagnée de l’ondulation des
vagues. Les enfants sont tous coiffés d’un bachi, béret de marin,
surmonté d’un pompon.
En lien avec le texte, on retrouve donc le dessin à la craie, point de
départ du jeu des enfants « la rivière était dessinée sur le carreau avec
de la craie et faisait mille détours », ainsi que l’identification des enfants
au rôle qu’ils jouent, aidés par leur attribut, le chapeau « dans quel vaste
espace les enfants croient agir ». Cette photo pourrait être l’illustration
de l’insouciance, décrite plus haut, et de l’imagination créative des
enfants « pour ajouter à l’illusion générale, Hippolyte imagina de prendre
le pot à eau ». La phrase du texte « l’illusion les gagne et les saisit
véritablement » pourrait, à l’inverse, illustrer la photo.
II) Compétences linguistique
7) a) « En de certains endroits » a pour fonction complément circonstanciel
de lieu du verbe « être »
« fort profonde » a pour fonction attribut du sujet « elle »
b) pour identifier la fonction cc lieu, on peut supprimer ce groupe
nominal ou le changer de place dans la phrase, il n’est pas essentiel, il
apporte une précision sur l’endroit de la profondeur : le lieu.
8) a) « Si nous rencontrons des écrevisses », elles nous mangeront les
pieds.
b) Cette proposition subordonnée conjonctive a pour fonction :
complément circonstanciel de condition du verbe « manger »
(hypothèse).
9) a) « Dénouement »
Formation du mot
dé : préfixe / noue : radical / ment : suffixe
Il s’agit d’un nom commun.
b) Le préfixe apporte un sens opposé à « nouer », nouer/dénouer
Ce mot signifie dans le texte une solution, une issue, une fin.
Le dénouement de la représentation des enfants fut imprévu car
l’intervention des adultes ramène à la réalité et la fin fut malheureuse
pour eux, sanction et larmes.
10) Réécriture :
« Ils s’étaient déjà noyés plusieurs fois, nous les aidions à se retirer des
grands trous où ils tombaient toujours, car ils faisaient le rôle du
maladroit ou de l’homme ivre, et ils nageaient à sec sur le carreau en se
débattant et en se lamentant. »