Module Mip
Module Mip
OBJECTIFS SPECIFIQUES :
DEFINITION :
C’est une toxi-infection contagieuse due aux salmonelles (salmonella
typhi ou bacille d’Eberth et Salmonella paratyphi A,B,C)
MODES DE CONTAMINATION :
La transmission peut se faire soit directement soit indirectement.
La transmission directe :
Elle se fait par l’intermédiaire des malades éliminant les salmonelles
dans leurs selles aux moyens de leurs mains infectées, accessoirement
leurs vomissements et leurs urines.
A travers les porteurs chroniques apparemment guéris de leur typhoïde
mais hébergeant dans leur vésicule des salmonelles pendant des mois
ou des années et porteurs apparemment sains dont le rôle
épidémiologique est particulièrement important s’ils manipulent des
aliments .
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La transmission indirecte :
Elle se fait par ingestion d’eau de boisson ou d’aliments (fruits, légumes,
lait etc…) souillés par les déjections des sujets infectés.
Les mouches peuvent également jouer un rôle très important dans la
contamination.
SYMPTOMATOLOGIE :
L’incubation est silencieuse, elle dure 12 à 14 jours. Elle peut être
marquée par une diarrhée banale.
La phase d’invasion ou 1er septénaire est classiquement marquée par
l’installation progressive de : Céphalées, insomnie, vertiges, épistaxis,
température en ‘’dents de scie’’ qu’on groupe sous le vocable de CIVET.
A ces signes s’ajoutent des troubles digestifs : anorexie, constipation et
langue saburrale. L’examen clinique a ce stade peut déceler quelques
signes évocateurs : splénomégalie discrète et sensible, bradycardie
relative, gargouillement de la fosse iliaque droite ( FID) , une ébauche de
dissociation du pouls et de la température.
A ce stade la NFS montre une leucopénie avec neutropénie.
L’hémoculture et la coproculture effectuées avant toute antibiothérapie
apportent une certitude diagnostic par l’isolement du germe.
A la période d’état ou 2ème septénaire la symptomatologie est
suffisamment riche pour rendre le diagnostic évident : on se trouve
devant une fièvre au long cours et en ‘‘plateau ‘’ à 40°c qui a souvent
résisté aux antipaludéens. Plusieurs signes mais le plus souvent
inconstants sont annoncés : l’état général est modérément altéré, le
malade est asthénique, prostré, dans un état de tuphos ( indifférence).
Le pouls est dissocié et dicrote ; les troubles digestifs sont dominés par
une diarrhée abondante, fétide, de couleur ocre ( jus de melon) ; la
langue est très saburrale, l’abdomen est ballonné, sa palpation est
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FORMES CLINIQUES
- Le début de la maladie peut être brusque avec une fièvre
d’emblée élevée ou bien être marqué par la prédominance des
manifestations intestinales, méningées, pleuro- pulmonaires ou
articulaires.
- Au cours de la période d’état aucun symptôme n’est constant :
les tâches rosées, l’angine de Duguet, la splénomégalie
peuvent manquer. Les formes atténuées sont fréquentes .
- Les formes malignes sont marquées parfois par la
prédominance d’une symptomatologie nerveuse ou
hémorragique.
- Chez le nourrisson elle peut se révéler par une gastro - entérite
ou une hyperthermie isolée.
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COMPLICATIONS
Complications digestives : Elles sont les plus fréquentes et constituent
une urgence médicale ou chirurgicale : hémorragie intestinale, anémie,
perforation intestinale, complication hépatobiliaire
( abcès foie et pancréas ).
Complications cardio-vasculaires : collapsus cardio-vasculaire se
traduisant par l’effondrement tensionnel brutal avec tachycardie,
hypothermie, extrémités froides.
Autres complications : insuffisance rénale, complications ostéo
articulaires et respiratoires.
EVOLUTION
Un traitement bien conduit ramène l’apyrexie en quelques jours mais une
surveillance attentive est indispensable pour dépister éventuellement les
complications.
Sans traitement l’évolution peut se faire vers des complications le plus
souvent mortelles.
Les rechutes sont possibles une (1) à deux (2) semaines après arrêt du
traitement.
EXAMENS COMPLEMENTAIRES ET DIAGNOSTIC
Le diagnostic clinique est le plus souvent difficile car à différencier avec
le paludisme, la tuberculose pulmonaire, le sida et les septicémies
pyogènes.
Le diagnostic bactériologique repose sur : l’hémogramme qui révèle une
leucopénie avec neutropénie et une VS normale ou peu élevée sauf
dans les formes sévères. L ‘hémoculture demandée avant toute
antibiothérapie est positive jusqu’au 10ème – 12ème jour parfois plus
tardivement. La coproculture est positive dès le 1er septénaire.
Le sérodiagnostic de Widal est le recours diagnostic des formes vues
tardivement ( positif à partir du 8ème – 10ème jour).
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TRAITEMENT
Le cotrimoxazole (bactrim) donne de très bon résultats : il est prescrit
chez l’adulte à la dose de 2 comprimés matin et soir pendant au moins
deux (2) semaines et chez l’enfant à la posologie de 40 mg/kg/jour pour
une même durée.
Le chloramphénicol ( typhomycine) ou son dérivé, le thiamphenicol
(thiophenicol) par voie orale sont également utilisés ; cependant leur
utilisation doit être faite à doses croissantes et sous surveillance de la
N.FS.
La ciprofloxacine per-os est utilisée à la posologie de 500mg matin et
soir pendant 10 jours chez l’adulte.
L’ampicilline (Totapen, Pénicline, Rosampline) est également efficace.
Per-os on préconise des doses progressives pouvant atteindre 4 à 6g
chez l’adulte selon l’intensité du tableau clinique.
Retenez qu’en règle générale l’antibiothérapie est poursuivie deux (2)
semaines après l’apyrexie. Au cours du traitement il faut surveiller
l’abdomen, l’état de conscience, la tension artérielle, le pouls, la
température, l’aspect des selles.
Une chute de la TA, un trouble de la conscience, une cassure brutale de
la courbe thermique, un ballonnement du ventre commandent la
réduction ou l’arrêt temporaire de l’antibiothérapie.
Les mesures adjuvantes sont : repos au lit pendant toute la durée de
l’antibiothérapie, régime alimentaire évitant les féculents et aliments
favorisant la stase et la fermentation gastrique. La corticothérapie peut
être utilisée dans les cas graves : choc endotoxinique, forme
encéphalitiques graves.
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MESURES PROPHYLACTIQUES
Prophylaxie individuelle : en plus des règles d’hygiène à observer,
elle repose essentiellement sur la vaccination ( vaccin TAB), la nécessité
de trois (3) injections en sous- cutanée (s/c) ( 4 injections chez l’enfant à
partir de deux (2) ans d’âge ) à quinze (15) jours d’intervalle, rappel un
(1) an puis tous les cinq (5) ans constitue un obstacle à l’utilisation à
grande échelle de cette vaccination dans les pays en voie de
développement.
Prophylaxie collective : isoler et traiter les malades, désinfecter leurs
effets et leurs déjections, dépister et traiter les porteurs
asymptomatiques des germes.
La prévention de la fièvre typhoïde est surtout une affaire
d’assainissement et d’éducation sanitaire (l’épuration des eaux de
boisson, la surveillance des produits alimentaires, l’utilisation des latrines
et l’observation d’une hygiène fécale rigoureuse) .
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OBJECTIFS SPECIFIQUES
- Définir le tétanos
- Expliquer les modes de contamination
- Décrire la symptomatologie
- Citer les différentes formes cliniques
- Décrire l’évolution
- Etablir le traitement
- Expliquer les mesures prophylactiques
DEFINITION
C’est une toxi-infection grave due à l’intoxication du système
neuromusculaire par l’exotoxine du bacille tétanique ou bacille de
Nicolaïer.
MODES DE CONTAMINATION :
C’est toujours une plaie si minime soit–elle qui représente la porte
d’entrée du bacille dans l’organisme. Certaines pratiques ou actes
favorisent la contamination, il s’agit de :
- Pratiques traditionnelles ou rituelles : les circoncisions des
garçons, l’excision des jeunes filles, les cicatrices ethniques, les
percées d’oreilles, les tatouages, soins ombilicaux traditionnels
chez le nouveau -né.
- Actes médico - chirurgicaux :
L’avortement, la section du cordon ombilical selon les coutumes,
les interventions chirurgicales particulièrement les fractures
ouvertes.
- D’autres causes méritent également d’être soulignées :
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SYMPTOMATOLOGIE
- L’incubation est silencieuse allant de 4 à 15 jours.
- L’invasion n’est pas ou très peu fébrile au début. Elle est
Marquée
par deux signes : le trismus, les cervicalgies. Au début le trismus n’est
qu’une gêne à la mastication évoluant ensuite vers une contracture
permanente, douloureuse, invincible et toute tentative pour la réduire
l’exagère encore. Ceci permet de mettre en évidence l’abaisse langue
captif.
Période d’état : le diagnostic est évident à ce stade car en dehors du
trismus, on va observer la généralisation des contractures et des crises
paroxystiques (des muscles masticateurs au pharynx, face, cou, tronc,
membres supérieurs et inférieurs ).
Les contractures généralisées réalisant un ventre de bois.
La contracture des muscles para vertébraux va souder le rachis en
hyperflexion avec la tête rejetée en arrière et une impossibilité pour le
malade de fléchir ses membres. Le rachis dorso lombaire est creusé, la
main passe facilement entre le plan du lit et celui du malade ; c’est la
position en opisthotonos.
Les crises paroxystiques : elles sont marquées généralement par le
renforcement des contractures généralisées provoquées par les
excitations sensorielles, les examens cliniques , les soins, lumière et
bruits, rien parfois.
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EVOLUTION :
Sans traitement précoce et bien conduit, la mort est évidente suite à des
complications respiratoires ou infectieuses. Par contre si le diagnostic a
été posé précocement et le traitement bien conduit, l’évolution peut être
favorable.
TRAITEMENT :
Chez l’adulte administrer :
- SAT 1500 UI associé à 50mg d’hydrocortisone en intra -
thécale.
- Pénicilline G en perfusion : 10 à 20 millions par jour.
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MESURES PROPHYLACTIQUES :
L’éducation sanitaire doit enseigner sur le danger de certaines pratiques
traditionnelles, l’intérêt du port des chaussures, de la vaccination et de la
désinfection des plaies.
Il faut faire une sérothérapie et une vaccination devant toutes les plaies,
surtout chez un sujet non vacciné.
Procéder à la vaccination des mères pendant la grossesse : 1 injection
au 1er trimestre, ensuite une 2ème au 3ème trimestre. Effectuer un rappel un
(1) an après, ensuite un rappel à chaque grossesse jusqu’à un total de 5
doses.
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OBJECTIFS SPECIFIQUES :
DEFINITION :
Ce sont des infections intestinales aiguës, contagieuses, endémo-
épidémiques dues à des entérobactéries genres shigelles (bacilles
gram-) dont on distingue plusieurs sous- groupes.
MODES DE CONTAMINATION :
Les deux modes existent :
- la transmission directe se fait à partir des malades qui éliminent
les bacilles dans leurs selles.
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SYMPTOMATOLOGIE :
Après une incubation de 4 à 6 jours, le début est brutal (fièvre, douleur
abdominale et diarrhée) et en quelques heures le syndrome
caractéristique est au complet. Ce tableau associe un syndrome
dysentérique et des signes généraux.
le syndrome dysentérique : il comporte des douleurs coliques, des
épreintes, du ténesme anal (et même vésical) et surtout l’émission de
selles fréquentes et abondantes. Elles sont afécales (non fétides,
d’odeur fade, ‘’spermatiques’’) faites de mucus, plus ou moins teintées
de sang (selles ‘’muco-sanglantes’’). On note parfois des nausées, des
vomissements
Les signes généraux : ils sont sévères surtout avec le bacille S Shiga :
fièvre élevée à 39- 40°, céphalées, altération de l’état général,
adynamie, déshydratation, arthralgies, myalgies, tachycardie, polypnée.
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EVOLUTION :
- Spontanément la dysenterie bacillaire guérit souvent en
quelques jours.
- L’évolution spontanée peut également être mortelle soit en
raison de l’abondance des pertes hydroélectrolytiques, soit du
fait des complications intestinales (perforations, hémorragies) ou
septicémique.
- Grâce aux antibiotiques et à la réhydratation on obtient une
guérison rapide et sans séquelles.
TRAITEMENT :
1. Antibiothérapie : il est préférable de choisir les antibiotiques qui
ont une bonne pénétration tissulaire en particulier l’ampicilline,
sulfaméthoxazole triméthoprime ( bactrim), le chloramphénicol et
les tétracyclines.
2. Traitement symptomatique : correction des désordres
hydroélectrolytiques, antipyrétiques, repos au lit, reprise
progressive de l’alimentation.
MESURES PROPHYLACTIQUES :
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OBJECTIFS SPECIFIQUES
- Définir la diphtérie
- Expliquer les modes de contamination
- Décrire la symptomatologie
- Citer les différentes formes cliniques
- Décrire l’évolution
- Identifier les examens complémentaires et poser le diagnostic
- Etablir le traitement
- Expliquer les mesures prophylactiques
DEFINITION
C’est une toxi-infection dont la localisation est amygdalienne, très
contagieuse, endémo – épidémique, peu immunisante, due au bacille de
Klebs- Loeffler ou corynebactérium diphteriae.
MODES DE CONTAMINATION :
La contamination est essentiellement directe, interhumaine, par
l’intermédiaire des gouttelettes de Flügge.
SYMPTOMATOLOGIE
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FORMES CLINIQUES
Il s’agit de :
- l’angine diphtérique maligne
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TRAITEMENT
Il comporte plusieurs mesures :
Le repos absolu au lit est indispensable.
La sérothérapie obligatoire au moindre doute, doit être précoce et
administrée à doses suffisantes ; on injecte par voie sous-cutanée, selon
la technique de BesredKa, 30 000 à 40 000 unités de sérum
antidiphtérique chez l’enfant , 60 000 à 100 000 unités chez l’adulte.
L’antibiothérapie utilise soit la pénicilline (100 000 U/kg chez l’enfant, 1
à 4 millions chez l’adulte pendant 4 à 6 jours), soit l’érythromycine
(0,05g / kg/ jour chez l’enfant, 2 g par jour chez l’adulte). Mais les
complications sont souvent au delà de toute ressource thérapeutique,
en dehors d’un centre de réanimation.
MESURES PROPHYLACTIQUES
Elles reposent sur :
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OBJECTIFS SPECIFIQUES
MODES DE CONTAMINATION :
L’infection est le plus souvent consécutive à l’inhalation d’un
microorganisme infectant (bactérie ou virus), dans d’autres cas l’agent
microbien paraît être un saprophyte habituel (exemple streptocoque)
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SYMPTOMATOLOGIE
L’examen du malade se fait sous un bon éclairage. Il précisera les
caractères de l’inflammation ( uni ou bilatérale, extensive ou non) et sera
local, régional et général.
Local : il précise le siège uni ou bilatéral ainsi que le degré d’extension.
Régional : il recherche une adénopathie cervicale ou régionale.
Général : il recherche d’autres localisations ganglionnaires avec ou sans
splénomégalie. Les signes cliniques se caractérisent par :
La dysphagie : il s’agit d’une douleur localisée au niveau
du pharynx, elle est augmentée par la déglutition. Elle est présente dans
toutes les formes d’angine et fait évoquer le diagnostic.
L’otalgie : les signes généraux : asthénie, céphalées,
hyperthermie, myalgie.
FORMES CLINIQUES
Elles sont nombreuses et dépendent du germe en cause. C’est ainsi qu’
on a :
Les angines rouges ou érythémateuses : elles sont très contagieuses
et sont le plus souvent d’origine virale. Elles se traduisent par un
syndrome grippal avec myalgie.
Les angines blanches ou érythémato – pultacées : elles sont le
plus souvent d’origine bactérienne (streptocoque, pneumocoque en
général). Elles se caractérisent par une hypertrophie amygdalienne
accompagnée d’adénopathie sous maxillaire.
Les angines ulcéreuses ou angines de Vincent : Elles se traduisent
par l’apparition d’une ulcération au niveau de l’amygdale.
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TRAITEMENT
Le plus souvent c’est un traitement d’angine streptococcique.
Il comporte un traitement local et général :
Traitement local : il vise à soulager le malade contre la douleur et la
dysphagie : gargarisme d’eau tiède salée ou de produit antiseptique.
Collutoire à base d’antiseptique, d’antalgique, anti-inflammatoire et
antibiotique (collublanche, collunovar).
surinfectées.
Anti-inflammatoire (Nifluril) ou antalgiques (aspirine, paracétamol).
Faire un traitement étiologique (exemple diphtérie).
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OBJECTIFS SPECIFIQUES
- Définir le R.A.A.
- Expliquer les modes de contamination
- Décrire la symptomatologie
- Décrire l’évolution
- Identifier les examens complémentaire et poser le diagnostic
- Etablir le traitement
- Expliquer les mesures prophylactiques
DEFINITION
Le R.A.A est une maladie inflammatoire atteignant avec prédilection les
articulations, le cœur et les séreuses. Elle est la manifestation principale
de la maladie post-streptococcique (essentiellement streptocoque du
groupe A ) et elle atteint surtout les enfants et les adolescents(4 à 20 ans).
MODES DE CONTAMINATION :
Dans l’apparition de cette affection on a mis en cause tous les types de
streptocoques du groupe A. la porte d’entrée est le rhinopharynx. Le plus
souvent on observe la maladie au décours d’une angine pas ou mal
traitée, d’où la nécessité de traiter systématiquement et rigoureusement
toute angine à fortiori les angines streptococciques chaque fois qu’on a
les preuves.
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SYMPTOMATOLOGIE
La maladie suivent traditionnellement 2 à 4 semaines après une angine
streptococcique. Il existe plusieurs manifestations :
Les manifestations articulaires : dans les cas typiques il s’agit d’une
polyarthrite aiguë asymétrique, d’évolution migrative guérissant sans
séquelles (pas de suppuration ni d’ankylose).
Ces arthrites s’accompagnent chaque fois de fièvre et touchent
électivement les grosses articulations (genou, épaule etc) qui deviennent
rouges, chaudes, douloureuses et tuméfiées .
Les manifestations cardiaques : Elles sont très fréquentes et font toute
la gravité de la maladie (la cardite rhumatismale) pouvant toucher à la
fois ou séparément chacune des trois tuniques du cœur . cette atteinte
cardiaque peut être annoncée par la dyspnée, des crises de
palpitations mais elle se décèle à l’auscultation : assourdissement des
bruits du cœur, apparition de souffles et d’un bruit de galop.
Autres manifestations : nombreuses mais rares, elles peuvent être
cutanées (érythèmes, nodules sous-cutanés peri- articulaires),
pulmonaires (pleurésies, pleurites, etc)
EVOLUTION
Sans traitement l’évolution de la crise de R.A.A se fait vers la sédation
en quelques semaines.
Sous l’effet du traitement, le facteur inflammatoire s’éteint la péricardite,
la myocardite rentrent dans l’ordre, les lésions valvulaires se stabilisent,
mais celles – ci ont pu laisser derrière elles des séquelles cardiaques
définitives.
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MESURES PROPHYLACTIQUES
Elles reposent sur le traitement systématique et énergique de toute
angine à streptocoque (certaine ou présumée)par la pénicilline ou
l’érythromycine surtout chez les sujets âgés de 4 à 20 ans.
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OBJECTIFS SPECIFIQUES
- Définir le choléra
- Expliquer les modes de contamination
- Décrire la symptomatologie
- Citer les différentes formes cliniques
- Décrire l’évolution
- Identifier les examens complémentaires et poser le diagnostic
- Etablir le traitement
- Expliquer les mesures prophylactiques
DEFINITION
C’est une toxi-infection intestinale strictement humaine, hautement
contagieuse, due aux vibrions cholériques.
MODES DE CONTAMINATION :
La contamination se fait par contact direct avec les malades (mains,
linges, cadavres) ou les porteurs sains, et de façon indirecte par
ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par les selles ou les
vomissements des malades.
SYMPTOMATOLOGIE
Après une incubation très courte, parfois 6 à 24 heures, mais toujours
inférieure à 5 jours, le début est brutal marqué par des selles
franchement aqueuses, incolores, classiquement riziformes. (contenant
des grumeaux) d’odeur fade, afécales ; d’abord impérieuses en jet, elles
coulent ensuite à travers le sphincter relâché du malade épuisé.
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FORMES CLINIQUES
- Les formes cliniques sont fréquentes et se résument à un
tableau de gastro-intérite aiguë non fébrile ou une diarrhée
banale, de diagnostic difficile.
- Les formes trompeuses : la diarrhée peut être sanguinolente à
la longue, mais non d’emblée, les vomissements moins
abondants.
- Le choléra ‘’sec’’ entraîne la mort subite par collapsus avant la
déshydratation ou après l’épisode diarrhéique précurseur.
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EVOLUTION
- sans traitement la mort survient en 24 à 48 heures dans un
tableau de collapsus cardio - vascualire.
- Avec une bonne réhydratation commencée très tôt et
l’antibiothérapie, le malade récupère de façon spectaculaire et
sans séquelles.
TRAITEMENT
La réhydratation est la clé du traitement :
- Déshydratation modérée : administrer du SRO par voie orale en
raison de 75ml/kg, quantité à faire passer dans les 4 premières
heures. A renouveler si pas d’amélioration.
- Déshydratation sévère : réhydratation par voie I.V avec du
Ringer au lactate de préférence.
Pour un malade âgé d’un an ou plus :100ml/kg pendant 3 heures
soit 30ml/kg en 30 minutes et le reste en 2 heures 30 minutes ;
Pour un malade âgé de moins d’un an : 100ml/kg en 6 heures,
soit 30ml/kg pendant la 1ère heure et le reste pendant les 5 heures.
A renouveler si pas d’amélioration.
Les antibiotiques oraux sont : Doxycycline ou tétracycline ou
cotrimoxazole pour les adultes ; tétracycline, cotrimoxazole ou
furazolidone pour les enfants.
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MESURES PROPHYLACTIQUES
- Prophylaxie individuelle : hygiène des mains, des aliments et
l’eau de boisson par la désinfection avec du savon de marseille,
l’eau de javel ou du permanganate.
Faire la vaccination ou la chimioprophylaxie avec des gélules de
tétracycline pendant 3 à 4 jours.
- Mesure d’hygiène générale :
Elles sont essentielles dans la lutte contre le choléra : le bouclage
strict des zones atteintes, l’isolement des malades, l’enterrement
surveillé des morts, sans oublier les précautions indispensables
pour le personnel soignant (port obligatoire de blouses, bottes,
masques, gants et les désinfecter après).
Désinfection des véhicules ou charrettes ayant servi au transport
des malades ou des morts.
Désinfection ou destruction des objets ayant servi aux malades ou
aux morts.
Enfin tous ceux qui ont participé à l’enterrement des morts doivent
soigneusement laver et désinfecter leurs mains
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OBJECTIFS SPECIFIQUES
- Définir la méningite
- Expliquer les modes de contamination
- Décrire l’épidémiologie
- Décrire la symptomatologie
- Citer les différentes formes cliniques
- Décrire l’évolution
- Identifier les examens complémentaires et poser le diagnostic
- Etablir le traitement
- Expliquer les mesures prophylactiques
DEFINITION
C’est une maladie épidémique due à l’inflammation des méninges
le plus souvent d’origine infectieuse.
MODES DE CONTAMINATION :
Le méningocoque se transmet par l’intermédiaire des gouttelettes
de flügge.
- Le germe peut gagner les espaces sous-arachnoïdiens par voie
sanguine, lymphatique ou en suivant les filets nerveux olfactifs.
- On peut avoir une introduction directe du germe : par
traumatisme du crâne, par rachicentèse ou suite à une
intervention neuro-chirurgicale.
- Propagation par continuité d’une suppuration de voisinage :
Otite, Sinusite .
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EPIDEMIOLOGIE :
Le méningocoque est un agent de pharyngite. L’homme est le réservoir
du germe qui se transmet d’homme à homme.
L’agent causal est le méningocoque dont on distingue trois (3) principaux
sero-groupes : A, B, C. Le méningocoque A est le principal responsable
des épidémies Africaines et Brésiliennes, le B est le plus répandu
en Europe et le C aux USA et en Europe. Les éro-groupes x, y et w
existent mais sont rares. Il en existe d’autres plus rares z, Bo, 29 E. . La
remarquable périodicité des épidémies sahéliennes s’explique de
plusieurs manières :
La sécheresse, les vents de sable irritent les muqueuses rhino-
pharyngées qui perdent leur capacité de défense contre l’infection ; la
fraîcheur des nuits oblige les humains à s’entasser à l’intérieur des
tentes ou des cases, promiscuité qui favorise la transmission.
Le niveau d’immunité de la collectivité joue un rôle important, expliquant
en particulier la survenue d’épidémies meurtrières sous les 5 à 10 ans.
SYMPTOMATOLOGIE
Dans cette partie nous étudierons la méningite cérébro-spinale (MCS)
d’autant plus qu’elle est la plus fréquente en Afrique sahélienne.
La MCS est la méningite due au méningocoque de Weichselbaum
(Neisseria méningitidis).
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TRAITEMENT
- l’antibiotique de choix est le chloramphénicol huileux aux
posologies ci-dessous :
- 0 – 11 mois………………………….. 0,5 g
- 1 – 2 ans…………………………….. 1 g
- 3 – 6 ans…………………………….. 1,5 g
- 7 – 10 ans…………………………… 2 g
- 11 – 14 ans…………………………. 2,5 g
- 15 ans et plus………………………… 3 g
A faire en I.M et en dose unique, avec 2ème injection à la même
posologie 48 heures après si la fièvre persiste.
Pour les malades agités ou inconscients, administrer Ampicilline ou
Amoxicilline en IVD à raison de 50 mg/kg.
- comme traitement adjuvant on a :
la corticothérapie (soludécadron, hydrocortisone) diminue
l’inflammation des méninges et la fréquence des
séquelles.
Les anticonvulsivants : diazépam ou phénobarbital
Les antalgiques antipyrétiques : Paracétamol
MESURES PROPHYLACTIQUES
Il s’agit essentiellement de la vaccination qui protège contre les
méningocoques A et C. Elle assure une protection de 3 à 5 ans chez les
personnes âgées de 4 ans et plus et de moindre durée chez les enfants
de moins de 4 ans. Elle peut être administrée aux femmes enceintes.
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OBJECTIFS SPECIFIQUES
- Définir la coqueluche
- Expliquer les modes de contamination
- Décrire la symptomatologie
- Citer les différentes formes cliniques
- Décrire l’évolution
- Identifier les examens complémentaires et poser le diagnostic
- Etablir le traitement
- Expliquer les mesures prophylactiques
DEFINITION
C’est une toxi-infection, endémo - épidémique, immunisante due
au bacille de Bordet et Gengou (Bordetella pertusis) qui est un bacille
gram dont l’homme est l’hôte exclusif. C’est une maladie longue et
épouvantable, sévère non seulement chez le nourrisson, mais aussi chez
le grand enfant.
MODES DE CONTAMINATION :
Le réservoir de virus est l‘homme malade, il n’ y a pas de porteur
sain. La contamination se fait exclusivement par voie directe par
l’intermédiaire des gouttelettes de flügge.
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SYMPTOMATOLOGIE
Après une période d’incubation de 10 à 15 jours, le début de la maladie
est progressif et se présente comme une rhino- bronchite avec une
température normale, une toux sèche sans caractère spécifique avec
des râles (signes respiratoires ronflants et sibilants) à l’auscultation des
2 champs pulmonaires. A ce stade on doit cependant être alerté par
certains faits : la survenue d’un vomissement après la toux, le caractère
spasmodique et la prédominance nocturne de celle-ci. Il faut déjà songer
à isoler le malade car c’est la phase la plus contagieuse.
Le passage à la phase des quintes se fait très progressivement, en
général une dizaine de jours.
Ces quintes sont faites d’une série de secousses expiratoires très
courtes, de plus en plus rapprochées au cours desquelles l’enfant
devient cyanosé, les conjonctives s‘injectent ( les yeux deviennent
rouges) et la langue projetée en avant. Après une pause très brève en
expiration survient une inspiration bruyante, sifflante, prolongée : le
classique chant du coq donnant son nom à la maladie : coqueluche.
Au départ le nombre de quintes peut dépasser une dizaine /jour avant de
décroître progressivement.
Enfin la quinte se termine par le rejet d’une expectoration faite de
mucosité ( liquide gluant) et de glaire filante (salive), collante, difficile à
expulser. Souvent il se produit un vomissement.
L’examen clinique est pauvre, on peut noter dans les formes les plus
sévères un peu de fièvre (38°), un peu de dyspnée et un peu de râles
pulmonaires diffus. La répétition des vomissements peut entraîner
surtout chez le nourrisson déshydratation et dénutrition, ce qui a fait dire
que la coqueluche est une des grandes avenues qui mènent au
Kwashiorkor et marasme.
MIP, ASB1 35
36
FORMES CLINIQUES
1. les formes frustes ou atypiques
2. les formes communes
3. les formes compliquées.
LES COMPLICATIONS :
elles peuvent être classées en 3 groupes :
- les complications mécaniques
- les complications dues au bacille coquelucheux lui-même
- les complications dues à des germes de sur-infection
MIP, ASB1 36
37
TRAITEMENT
Le traitement d’une coqueluche non compliquée ne réclame d’autres
mesures que :
- l’isolement du malade
- l’administration des antihistaminiques, sédatifs : prométhazine
(phénergan) par exemple.
- Une alimentation suffisante : à fractionner et à administrer juste
après les quintes si celles-ci sont émétisantes.
- Une surveillance continue : aider l’enfant à supporter sa toux en
désobstruant le pharynx des glaires qui l’encombrent à l’issue
d’une quinte, pratiquer quelques mouvements de respiration
artificielle si nécessaire .
- L’antibiothérapie n’a d’intérêt que dans le traitement des
complications de surinfection : ampicilline, tétracycline peuvent
être utilisés.
MIP, ASB1 37
38
MESURES PROPHYLACTIQUES
1°) Prophylaxie immédiate : elle est réalisée par les
gammaglobulines spécifiques chez l’enfant qui a été en contact
avec un coquelucheux
( prévention ou atténuation de la maladie). L’immunité passive ainsi
transmise protège pendant 2 à 3 semaines
MIP, ASB1 38
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CHAPITRE X. LEPRE
OBJECTIFS SPECIFIQUES
- Définir la lèpre
- Expliquer les modes de contamination
- Décrire la symptomatologie
- Identifier les examens complémentaires et poser le diagnostic
- Décrire l’évolution
- Etablir le traitement
- Expliquer les mesures prophylactiques
DEFINITION
La lèpre est une maladie infectieuse, endémique, faiblement
contagieuse, strictement humaine due au bacille de Hansen (BH) ou
mycobactérium leprœ qui est un bacille acido-alcoolo résistant (BAAR).
MODES DE CONTAMINATION :
L’homme malade constitue l’unique réservoir de virus et seuls les sujets
atteints d’une forme lépromateuse ou borderline sont contagieux.
Le mode de transmission est mal connu, il se ferait le plus souvent
directement par le contacte d’homme à homme ( passage du BH par
voie cutanée en se fixant sur les terminaisons nerveuses de la peau),
parfois indirectement par l’intermédiaire d’objets souillés. Les
contaminations digestives ou respiratoires ne sont cependant pas
exclues.
La plus part des malades se contamineraient dans l’enfance bien que la
MIP, ASB1 39
40
MIP, ASB1 40
41
EVOLUTION
- Sans traitement la maladie peut :
* Soit guérir
* Soit s’aggraver et provoquer des infirmités, plus tard la mort.
- Avec le traitement la maladie se guérit dans 100% des cas.
Mais les infirmités constituées resteront. Elles pourront même
s’aggraver sans que la maladie reprenne.
TRAITEMENT
C’est la poly chimiothérapie ( PCT) qui est recommandée dans la
conduite du traitement de la lèpre. Les produits utilisés sont : la
Rifampycine ( Rifadine, Rimactan ), la Dapsone (DDS), la Clofazimine
(clo ou lamprene) , l’Ofloxacine ( oflocet) et la Minocycline.
Ces produits sont pris en association et la durée du traitement est
fonction de la forme de la lèpre. Ainsi le traitement de la lèpre multi –
bacillaire ( MB) dure 12 à 18 mois et celui de la lèpre pauci – bacillaire
(PB) dure 6 à 9 mois.
MESURES PROPHYLACTIQUES
La lutte contre la lèpre repose actuellement sur le dépistage
précoce et le traitement énergique de toutes les personnes
atteintes.
MIP, ASB1 43
44
OBJECTIFS SPECIFIQUES
- Définir la tuberculose
- Expliquer les modes de contamination
- Décrire la symptomatologie
- Décrire l’évolution
- Identifier les examens complémentaires et poser le diagnostic
- Etablir le traitement
- Expliquer les mesures prophylactiques
DEFINITION
C’est une maladie contagieuse due à une mycobactérie communément
appelée bacille tuberculeux dont la variété la plus répandue est
représentée par le bacille de type humain : mycobactérium tuberculosis
ou bacille de Koch (B.K) c’est un bacille acido-alcoolo- résistant (BAAR),
strictement aérobie dont la localisation la plus fréquente est pulmonaire
( tuberculose pulmonaire).
MODES DE CONTAMINATION :
Trois (3) variétés peuvent contaminer l’homme : le bacille humain, le
bacille bovin, le bacille africain. Le bacille humain est responsable de
l’immense majorité des contaminations. Le bacille bovin est de plus en
plus rarement en cause. La contamination par le bacille humain est
directe, aérienne : à partir d’un malade atteint de tuberculose pulmonaire
ouverte dans les bronches (expectoration contenant des BK), par les
gouttelettes émises par les malades en toussant, éternuant ou
simplement en parlant à haute voix.
La contamination par le bacille bovin est directe, digestive : à partir
de lait en provenance d’une vache tuberculeuse .
MIP, ASB1 44
45
SYMPTOMATOLOGIE
La contamination tuberculeuse est généralement respiratoire. Les
bacilles pénètrent dans les poumons , s ‘y multiplient et gagnent (par
voie lymphatique) les ganglions lymphatiques du hile ou par voie
sanguine , à distance, gagnent différents organes. Cette multiplication
des bacilles ainsi que leur diffusion sont limitées par le développement
d’une immunité qui s’acquiert en quelques semaines et se traduit par la
positivité des réactions à la tuberculine (protéine provenant d’un milieu
de culture de BK). On est alors en présence d’une primo-Infection qui
désigne l’ensemble des manifestations anatomiques et biologiques
(éventuellement cliniques) provoquées par la contamination tuberculeuse
(c’est à dire le premier contact infectant du BK) : tuberculose primaire ou
tuberculose initiale
La primo-infection tuberculeuse est habituellement silencieuse
cliniquement. Elle peut cependant être marquée par quelques signes
discrets (anorexie, asthénie, léger amaigrissement) ou être évoquée par
la typho-bacillose de Landouzy, l’érythème noueux, la kérato-
conjonctivite phlycténulaire, des arthralgies etc .
Pour un petit nombre de sujets uniquement, elle peut mener à la
tuberculose maladie.
- La tuberculose pulmonaire :
Elle est marquée par :
une toux productive prolongée (plus de 15 jours)
douleurs thoraciques
anorexie, amaigrissement, asthénie
fièvre vespérale, transpiration nocturne
MIP, ASB1 45
46
EVOLUTION
En l’absence de traitement la mort survenait dans plus de 75 %. Après la
seconde guerre mondiale, l’antibiothérapie a bouleversé l’évolution de la
maladie, et actuellement 80 à 90 % des tuberculeux guérissent. Les
MIP, ASB1 46
47
échecs thérapeutiques sont rares : il s’agit soit d’une résistance, soit d’un
traitement mal suivi ou interrompu trop tôt.
TRAITEMENT
En matière de chimiothérapie il existe aujourd’hui de nombreux schémas
thérapeutiques efficaces. Les médicaments anti-tuberculeux doivent être
donnés en associations (2,3 ou 4 médicaments) à des doses
convenables, régulièrement (soit quotidiennement soit en intermittence)
et suffisamment longtemps.
La durée du traitement est fonction des médicaments utilisés. Elle
dépasse aujourd’hui rarement 8 mois. Pendant la période initiale du
traitement (1 à 3 mois) les médicaments sont en général donnés
quotidiennement ; le traitement peut être ensuite intermittent au rythme
de trois fois par semaine jusqu’à la fin.
Le principal obstacle au traitement est la durée, ensuite interviennent les
effets secondaires des médicaments. Le contrôle de l’efficacité du
traitement se fait par l’examen bactériologique de l’expectoration. La
négativation est obtenue entre le 3ème et le 6ème mois du traitement. Si
MIP, ASB1 47
48
MESURES PROPHYLACTIQUES
Comme pour beaucoup d’autres maladies l’élévation du niveau de vie,
liée au développement économique est le premier moyen de faire reculer
voire faire disparaître l’endémie tuberculeuse. Pour freiner directement la
transmission du bacille il faut d’une part améliorer et développer la
détection et le traitement des sources de contamination (malades BK+ ),
d’autre part protéger les sujets non infectés par la vaccination. Il s’agit du
MIP, ASB1 48
49
OBJECTIFS SPECIFIQUES
- Définir le SIDA
- Expliquer les modes de contamination
- Décrire la symptomatologie
- Identifier les examens complémentaires et poser le diagnostic
- Etablir le traitement
- Expliquer les mesures prophylactiques
DEFINITION
Le mot Sida est en fait composé de 4 lettres initiales :
Le S pour Syndrome, c’est un ensemble de signes ou de symptômes
comme dans la méningite (fièvre , céphalées, raideur , vomissement).
Le I pour Immuno, ce qui se rapporte à l’immunité , c’est à dire au
système de défense de l’organisme.
Le D pour Déficient , c’est ce qui n’est plus efficace, un moteur ou une
pompe peuvent être dits déficients s’ils ne fonctionnent plus.
Le A pour Acquise, on parle d’acquis au contraire par exemple
d’héréditaire.
Il s’agit donc du Système d’Immuno Déficience Acquise qui est du à un
virus qui détruit le système de défense de l’organisme. Ce virus s’appelle
V.I.H :
V pour virus
I pour immuno déficience
MIP, ASB1 49
50
SYMPTOMATOLOGIE
L’apparition d’anticorps anti -VIH survient après une primo-infection et
seuls 20 à 30 % des sujets séropositifs vont évoluer vers un sida avéré.
La plupart resteront asymptomatiques.
Les signes évocateurs de cette maladie sont :
- Une fièvre persistante qui ne s’arrête pas lorsque l’on prend des
médicaments classiques.
- Une diarrhée persistante et abondante ; une toux qui ressemble
à celle de la tuberculose, mais sans retrouver le bacille de la
tuberculose dans les crachats.
MIP, ASB1 50
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TRAITEMENT
Il existe à l’heure actuelle deux phases de traitement :
- le traitement du sida : il existe des médicaments qui
permettent de réduire la progression du virus dans l’organisme,
mais ces traitements coûtent très chers et doivent se faire à vie.
MIP, ASB1 51
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MESURES PROPHYLACTIQUES :
- la fidélité et l’utilisation des préservatifs lors des rapports
sexuels occasionnels sont des mesures très efficaces mais
difficiles à faire respecter
- prévenir les cas post-transfusionnels par la limitation de la
transfusion sanguine et le dépistage des donneurs dangereux
grâce au sérodiagnostic VIH systématique.
En milieu hospitalier la personne doit :
- se protéger par le port des gants chaque fois qu’elle rentre en
contact avec du sang ou un liquide biologique
- privilégier les seringues à usage unique
- stériliser et décontaminer le matériel.
Les antiseptiques actifs sur le virus sont : l’alcool à 25° , l’eau du
javel au 1/10, le glutaraldéhyde. Il est inactivé par la chaleur ( 30
minutes à 56 °c )
Enfin entreprendre des campagnes de sensibilisation et de
formation à l’endroit des barbiers, des coiffeurs etc en vue de
décontaminer et stériliser le matériel avant emploi.
MIP, ASB1 52
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OBJECTIFS SPECIFIQUES
- Définir la rougeole
- Expliquer les modes de contamination
- Décrire la symptomatologie
- Identifier les complications
- Décrire l’évolution
- Poser le diagnostic
- Etablir le traitement
- Expliquer les mesures prophylactiques
DEFINITION
Fièvre éruptive endémo - épidermique, d’origine virale, la rougeole est
une maladie très contagieuse qui survient surtout dans la seconde
enfance (elle ne se voit pratiquement pas avant l’âge de 6 mois, mais
très fréquente à partir d’un an).
MODES DE CONTAMINATION :
L’homme malade est le seul réservoir de virus. Il n’est contagieux que
pendant quelques jours (période d’invasion et début de la phase
éruptive). La transmission est directe par l’intermédiaire des gouttelettes
de flügge émises par le malade. La porte d’entrée est habituellement
représentée par les muqueuses aériennes supérieures plus rarement
par les conjonctives.
MIP, ASB1 53
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SYMPTOMATOLOGIE
Après une incubation silencieuse de 10 jours la maladie débute par la
phase d’invasion. Celle-ci associe de la fièvre, un larmoiement et une
rhinite (catarrhe oculo-nasal) une toux sèche, des vomissements et
parfois diarrhée. A ce moment, seul le signe de Koplick
(pathognomonique) fait le diagnostic : c’est un semis de petits points
blanchâtres sur la face interne des joues.
A la période d’état, soit quatorze (14) jours après le contage, l’éruption
apparaît, débutant à la tête, derrière les oreilles, autour du cuir chevelu,
puis s’étend les jours suivants à l’abdomen et aux membres , pour se
généraliser au 4ème jour. C’est un exanthème maculo - papuleux laissant
un intervalle de peau saine entre les tâches .
Toute la phase éruptive, comme la phase pré-éruptive est fébrile (38-
40°c). au 5ème jour de l’éruption commence la desquamation qui se
déroule également de haut en bas et s’achève en 3 jours. La peau
devient alors squameuse, tachetée (peau tigrée) ; la fièvre et tout le
cortège clinique disparaissent, cependant l’enfant demeure asthénique
et anorexique pendant plusieurs jours.
La surveillance devra se poursuivre au cours des semaines suivantes
pendant lesquelles des complications peuvent se voir. Celles - ci sont
annoncées par une reprise thermique.
COMPLICATIONS
Elles sont nombreuse et dues en général par le virus de la rougeole lui-
même ou par une surinfection d’origine bactérienne.
Complications dues au virus de la rougeole.
- Kératite ( atteinte de la cornée de l’œil )
- Laryngite dyspneisante
MIP, ASB1 54
55
EVOLUTION
MIP, ASB1 55
56
MESURES PROPHYLACTIQUES :
- la vaccination : elle est capable d’assurer une prophylaxie
immédiate. En effet la protection apparaît en 7 à 10 jours après
administration ( dans un délai inférieur à la durée de l’incubation
de la maladie) et elle dure au moins 10 ans, probablement toute
la vie. Elle s’administre à 9 mois d’âge, mais en cas d’épidémie,
peut être faite à 6 mois d’âge et à renouveler à l’âge de 9 mois.
MIP, ASB1 56
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OBJECTIFS SPECIFIQUES
- Définir la varicelle
- Expliquer les modes de contamination
- Décrire la symptomatologie
- Citer les complications
- Poser le diagnostic
- Etablir le traitement
- Expliquer les mesures prophylactiques
DEFINITION
La varicelle est une infection virale causée par ‘’ l’herpès virus –
varicellae’’. C’est une fièvre éruptive bénigne, très contagieuse frappant
essentiellement l’enfant et conférant une immunité.
MODES DE CONTAMINATION :
La période la plus contagieuse est la phase pré - éruptive. La
transmission est directe à travers les gouttelettes de salive émises par le
malade.
SYMPTOMATOLOGIE
Dans la forme commune, l’éruption débute après une incubation de
deux semaines et une période de fièvre de 24 à 48 heures.
Les éléments cutanés apparaissent à la face et au thorax, ils peuvent
s’étendre à tout le tégument, y compris le cuir chevelu. Ce sont d’abord
MIP, ASB1 57
58
COMPLICATIONS
Les complications sont rares, la surinfection des pustules est due
souvent au grattage, l’encéphalite est rarissime.
En cas de survenue de la maladie chez des enfants traités par les
Corticoïdes, des varicelles malignes sont toutefois possibles.
DIAGNOSTIC
Il est exceptionnel en pratique que l’on doive recourir à l’isolement du
virus. Il est posé devant l’aspect caractéristique des éruptions :
- apparaissent par poussées successives
- elles sont superficielles, purement épidermiques, jamais
enchâssées dans le derme.
MIP, ASB1 58
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TRAITEMENT
Pour les varicelles couramment observées, le traitement se limite à
l’isolement du malade et à son éviction scolaire pendant 15 jours.
Les désinfectants locaux (la solution d’éosine, le permanganate de
potassium) sont utiles en cas de surinfection cutanée. Si celle –ci est plus
menaçante, on adjoint la prescription d’un antibiotique (pénicilline,
érythromycine) .
Il faut également atténuer le prurit par des sédatifs.
MESURES PROPHYLACTIQUES :
Le plus important est d’éviter tout contage de varicelle. Si celui-ci a eu lieu
malgré les précautions, il est alors conseillé l’injection d’immunoglobulines
spécifiques.
MIP, ASB1 59
60
OBJECTIFS SPECIFIQUES
DEFINITION
Les oreillons représentent une infection virale contagieuse et
immunisante due à paramyxovirus parotidis, lequel a un tropisme pour
les glandes salivaires, le testicule et le système nerveux . elle frappe
surtout l’enfant d’âge scolaire, mais aussi l’adolescent et l’adulte jeune.
MODES DE CONTAMINATION :
La contamination est directe par l’émission des gouttelettes salivaires de
flügge.
SYMPTOMATOLOGIE
La parotidite ourlienne :
Elle est la plus commune
- l’incubation est de 21 jours
- l’invasion est brève, marquée par une ascension thermique
modérée, une sensation de malaise
- la période d’état débute 12 à 36 heures plus tard. Elle est
annoncée
MIP, ASB1 60
61
MIP, ASB1 61
62
EVOLUTION
Au cours d’une parotidite ourlienne, la tuméfaction parotidienne atteint
son maximum en 2 à 4 jours, puis les signes s’amendent progressivement
et la guérison survient vers le 10ème jour. La convalescence est courte. Il n’
y a pas de séquelles.
TRAITEMENT
Il est symptomatique
- Repos au lit
- Prescription d’antalgiques ou anti-inflammatoires.
MESURES PROPHYLACTIQUES :
Elles sont essentiellement basées sur l’isolement et l’éviction scolaire
pendant 21 jours dès la constatation de la maladie. Une séroprophylaxie
spécifique ( immunoglobulines par voie IM) peut, en cas de contage, être
conseillée à une femme enceinte afin d’éviter la survenue des oreillons
et le risque d’avortement dû à la fièvre qui en résulte.
MIP, ASB1 62
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OBJECTIFS SPECIFIQUES
- Définir la rage
- Expliquer les modes de contamination
- Décrire la symptomatologie
- Décrire l’évolution
- Identifier les examens complémentaires et poser le diagnostic
- Etablir le traitement
- Expliquer les mesures prophylactiques
DEFINITION
La rage est une méningoencéphalite virale, constamment mortelle pour
l’homme, transmise par la morsure d’animaux atteints de la maladie ou
excréteurs du virus. Ce dernier appartient au groupe des rhabdovirus.
MODES DE CONTAMINATION :
C’est toujours l’animal qui contamine l’homme. Le chien est le plus
souvent en cause ( il peut s’agir aussi de chat, chameau etc). Il devient
contagieux pendant l’incubation, cliniquement silencieuse (de 3
semaines à 3 mois)
Ces contaminations sont surtout dues à des morsures. Toutefois, le virus
peut pénétrer dans l’organisme à la faveur d’une griffure, d’une
excoriation cutanée ou du léchage d’une plaie ouverte.
Les contaminations conjonctivale, respiratoire et de laboratoire sont
possibles mais rares.
MIP, ASB1 63
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SYMPTOMATOLOGIE
1°) La rage animale : elle revêt le plus souvent une forme furieuse.
Après une incubation de 2 mois environ, l’animal entre dans la période
d’état et va présenter des crises d’excitations agressives pendant
lesquelles il cherche à mordre, à avaler tout ce qui l’entoure et fait des
fugues. Puis des troubles respiratoires apparaissent et la mort survient
en 3 à 5 jours.
La rage paralytique ( rage muette), plus inhabituelle, comporte la même
évolution fatale ; l’animal est moins dangereux que le précédent sauf par
léchage.
EVOLUTION
La rage une fois déclarée est fatale chez l’homme et chez l’animal.
TRAITEMENT :
Il n’existe aucun traitement curatif de la rage déclarée. Ainsi chez tout
cas suspect, le principe du traitement antirabique consiste à mettre à
profit l’incubation prolongée de la maladie pour établir l’immunité chez le
sujet supposé contaminé avant que l’infection n’éclate. Le traitement
peut être arrêté à tout moment, si la notion de rage est définitivement
écartée.
Le traitement vaccinal simple est indiqué pour les contaminations
bénignes.
Le traitement mixte associant sérum et vaccin est préconisé en cas de
contamination grave (morsure à la face, etc). le vaccin rabique le plus
MIP, ASB1 65
66
MESURES PROPHYLACTIQUES :
Elle associe l’élimination des animaux errants et la Vaccination des
animaux domestiques. Il ne faut à aucun prix abattre un animal
suspect, mais l’isoler pour le surveiller et confirmer éventuellement
le diagnostic.
MIP, ASB1 66
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OBJECTIFS SPECIFIQUES
DEFINITION
La P.F.A est une affection virale spécifique endémo –épidémique
comprenant une immunité. L’agent causal est un entérovirus (le
poliovirus), virus neurotrope dont il existe trois types : I, II, III. Elle
s’observe surtout chez l’enfant ( d’où son nom : ‘’paralysie infantile’’)
mais également chez l’adolescent et l’adulte jeune.
MODES DE CONTAMINATION :
La transmission est indirecte, s’effectue par voie bucco-pharyngée ou
digestive, à partir de l’eau ou des aliments souillés par les fèces de
porteurs sains ou des sujets malades. Le virus gagne le système
nerveux selon des modalités qui restent l’objet de discussion. Son
élimination est essentiellement fécale.
MIP, ASB1 67
68
SYMPTOMATOLOGIE
Dans la majorité des cas l’infection est asymptomatique et permet
l’acquisition de l’immunité. Parfois elle se traduit par un syndrome
grippal, une diarrhée fébrile ou une méningite aiguë lymphocytaire
d’évolution favorable.
- Incubation : elle a une durée variable de 6 à 20 jours, en
moyenne 10 jours
- Phase d’invasion : pré paralytique, elle débute brutalement et
donne lieu à un tableau fébrile et douloureux :
Température variable : 38 à 40°c
Douleurs diffuses : rachialgies lombaires ou dorso - lombaires,
myalgies, arthralgies.
Il existe souvent des signes douloureux objectifs tel qu’une douleur
à l’élongation du nerf sciatique (signe de lasègue).
D’autres signes peuvent être rencontrés :
Digestifs : anorexie, diarrhée ou constipation, vomissements.
Signes rhino-pharyngés
Signes neuro- méningés : syndrome méningé, rétention d’urine.
Cette phase d’invasion dure 2 à 6 jours
- Phase paralytique : elle fait suite à la phase d’invasion. Les
paralysies apparaissent soudainement chez un malade présentant
un tel tableau clinique. Il peut arriver quoique rarement que les
paralysies surviennent chez un sujet en pleine santé, n’ayant
présenté aucune des manifestations de la période d’invasion. : le
tableau réalisé est celui de la paralysie du ‘’ matin ‘’ de West plus
fréquente chez le nourrisson. Si non, après la phase d’invasion,
l’installation des paralysies est brutale et tous les muscles qui
seront paralysés vont l’être en un temps très court, simultanément
MIP, ASB1 68
69
TRAITEMENT :
On ne dispose d’aucune chimiothérapie pendant la phase fébrile
d’installation des paralysies, le repos doit être strict en évitant les
attitudes vicieuses, les mobilisations intempestives et les injections I.M.
Prescription d’antalgiques. La ventilation assistée, selon les possibilités
locales, est le seul recours dans les formes respiratoires. Ultérieurement,
le problème est celui d’une rééducation active.
MIP, ASB1 69
70
MESURES PROPHYLACTIQUES :
- Isoler le malade et désinfecter ses selles
- Eviction scolaire pendant 15 jours
- La vaccination constitue la mesure rationnelle. On dispose de 2
types de vaccins : vaccins à germes tués injectables par voie
S.C. et les vaccins à germes vivants atténués administrés par
voie orale. Tous deux s’administrent dès 6 semaines d’âge en 3
fois à 1 mois d’intervalle et nécessitent un rappel l’année
suivante puis tous les 5 ans. Ils peuvent s’associer aux vaccins
contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche. Il est à noter que
le vaccin Polio zéro (o) s’administre dès la naissance par voie
orale.
MIP, ASB1 70
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OBJECTIFS SPECIFIQUES :
- Définir les hépatites ;
- Expliquer les modes de contamination ;
- Décrire la symptomatologie ;
- Décrire l’évolution ;
- Identifier les examens complémentaires et poser le diagnostic ;
- Etablir le traitement ;
- Expliquer les mesures prophylactiques.
DEFINITION :
Le terme hépatite signifie inflammation du foie.
Les hépatites ont pour cause soit des virus (hépatite virale) ou encore
des bactéries ou des parasites (hépatites infectieuses).
MODES DE CONTAMINATION :
La transmission du virus de l’hépatite A se fait par voie féco-orale. Elle
s’effectue de personne à personne (directe) ou par l’intermédiaire
d’aliments et de boissons souillés . La transmission parentérale est
possible mais elle serait exceptionnelle.
La transmission du virus de l’hépatite B est classiquement parentérale à
la faveur de transfusions de sang ou de plasma contaminé, d’injections,
de gestes chirurgicaux ou traditionnels (circoncision, scarification etc.)
faits sans asepsie. Les arthropodes hématophages (moustiques)
pourraient jouer le rôle d’agents vecteurs. La place de la transmission
féco-orale est discutée. Le rôle de la transmission sexuelle est sans
doute limité dans les zones d’hyper endémie où l’infection survient le
MIP, ASB1 71
72
SYMPTOMATOLOGIE :
La forme commune débute par des nausées, de la fièvre, une asthénie,
parfois associées à des arthralgies, des céphalées, une urticaire. Après
cette phase pré-ictérique qui dure quelques jours, l’élévation des
transaminases permet d’établir le diagnostic. En fait, le plus souvent, il
est posé à l’apparition de l’ictère dont l’intensité est généralement
modérée. L’hypochondre droit est souvent sensible, le foie parfois
augmenté de volume. Il existe une oligurie. Les tests para-cliniques
révèlent une augmentation importante des transaminases et une
cholestase modérée sans insuffisance hépato cellulaire. Dans cette
forme commune, après environ trois semaines d’évolution, la guérison
est annoncée par une crise polyurique. Les signes cliniques
disparaissent et les tests biologiques se normalisent plus lentement.
Toutefois, la persistance de l’asthénie est prolongée.
L’EVOLUTION :
L’évolution se fait généralement vers la guérison en quelques semaines.
Cependant une fatigue importante peut persister longtemps, de même
qu’une intolérance digestive, qui impose un régime sévère et prolongé. Il
existe aussi des formes très graves, heureusement rares, où l’évolution
est rapidement mortelle.
Il arrive aussi que l’hépatite se prolonge anormalement ou qu’elle
rechute constamment évoluant ainsi vers l’hépatite chronique. Cette
forme est grave et évolue soit vers l’atrophie, soit vers la cirrhose du foie.
MIP, ASB1 72
73
TRAITEMENT :
Le traitement de l’hépatite virale comprend le repos complet et un
régime sans corps gras ni boissons alcoolisées, mais avec un apport
protéique suffisant (viandes rouges grillées ou rôties). Certains auteurs
préconisent la corticothérapie dans les formes graves, mais c’est un
traitement qui comporte des risques en lui-même.
MESURES PROPHYLACTIQUES :
Amélioration des conditions d’hygiène :
La lutte contre le péril fécal constitue le mode de prévention fondamental
de l’hépatite A. L’asepsie lors des soins, l’utilisation des seringues à
usage unique, le dépistage des porteurs d’HBs Ag parmi les donneurs
de sang constituent théoriquement des mesures importantes contre
l’hépatite B.
Immunoprophylaxie :
Les gammaglobulines standards, injectées tous les six (6) mois, sont
efficaces contre l’hépatite A.
DEFINITION :
La fièvre jaune est une maladie infectieuse aiguë due au virus amaril
(Arbovirus du groupe B) transmis par la piqûre d’un moustique. C’est une
maladie à déclaration obligatoire.
MODES DE CONTAMINATION :
La transmission du virus s’effectue par la piqûre du moustique (Aedes
Aegypti, quelque fois Aedes Simpsoni) . Celui-ci s’infecte en prenant
son repas sanguin sur un homme ou un animal ( le plus souvent le
singe) infecté ; 4 à 10 jours plus tard, il devient infestant.
SYMPPTOMATOLOGIE :
Après une incubation silencieuse de 3 à 6 jours, le début est brusque,
marqué par des céphalées frontales violentes et des courbatures
généralisées. La fièvre s’élève rapidement à 395 – 40°, accompagnée de
frissons, vomissements et d’une altération rapide de l’état général.
Atteinte en quelques heures, la période d’état se décompose
schématiquement en deux phases évolutives, séparées par une brève
rémission n’excédant pas 24 heures :
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EVOLUTION :
Elle est redoutable . La mort peut survenir du 4ème au 11ème jour dans un
tableau de choc( hémorragique ou non), de coma hépatique ou de coma
urémique, d’un état de choc de type endotoxinique.
Dans les cas mortels, le diagnostic peut se faire par Biopsie du foie.
TRAITEMENT :
Il est symptomatique et très souvent décevant. Il consiste en :
- une rééquilibration hydroélectrolytique
- une transfusion de sang iso groupe, iso rhésus.
- Une vitaminothérapie (vitK pour arrêter les hémorragies)
- Une administration d’antipyrétique - antalgique
EPIDEMIOLOGIE PROPHYLAXIE :
L’apparition de la Fièvre jaune dans une collectivité doit faire instituer
plusieurs mesures d’urgence : isolement du malade et des sujets en
contact sous moustiquaire ; déclaration obligatoire immédiate, enquête
épidémiologique destinée à préciser l’origine de la contamination,
désinsectisation, enfin campagne de vaccination systématique de la
population.
MIP, ASB1 76
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CHAPITRE XX PALUDISME
OBJECTIFS SPECIFIQUES
- Définir le paludisme
- Expliquer les modes de contamination
- Décrire la symptomatologie
- Identifier les examens complémentaires et poser le diagnostic
- Etablir le traitement
- Expliquer les mesures prophylactiques
DEFINITION
Maladie parasitaire la plus répandue dans le monde, le paludisme sévit
de façon endémique.
Le parasite, qui envahit les hématies, est un protozoaire ; quatre
espèces sont pathogènes pour l’homme : le plasmodium ovale, le P.
malariae, le P. Vivax et le P. Falciparum. Ce dernier est le plus répandu
au Niger et le plus dangereux car responsable des accès pernicieux
palustres.
MODES DE CONTAMINATION :
La transmission est indirecte et se fait par l’intermédiaire de l’anophèle
femelle infestée, la quelle transmet la maladie à l’homme par piqûre lors
de son repas sanguin.
SYMPTOMATOLOGIE
Nous avons deux (2) formes de clinique. L’accès palustre simple et
l’accès pernicieux palustre.
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TRAITEMENT
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MESURES PROPHYLACTIQUES
En attendant la mise en place d’un vaccin contre le paludisme, la
prophylaxie repose sur l’utilisation rationnelle des médicaments et la lutte
antivectorielle. La chimioprophylaxie par la chloroquine en plus de ses
effets néfastes sur l’immunité favorise l’émergence des souches de
plasmodium résistants aux médicaments. De ce fait on ne recommande
plus la chimioprophylaxie systématique de masse. Elle est réservée
uniquement pour la femme enceinte en raison de 300 mg de chloroquine
par semaine dès que la grossesse est diagnostiquée jusqu’à 40 jours
après l’accouchement. La chimioprophylaxie des jeunes enfants doit
être appréciée selon le contexte. Chez un sujet non immun (Européen
par exemple) la chimioprophylaxie est obligatoire pour tout séjour en
pays d’endémicité ; elle commence dès le 1er jour de l’arrivée, elle est
continuée régulièrement et poursuivie six à huit semaines après le
retour. La lutte anti vectorielle doit être organisée par les services
compétents.
Signalons enfin l’importance de l’utilisation des moustiquaires
imprégnées, de l’insecticide et l’assainissement de l’environnement
(désherbage autour des habitations, éviction des points d’eau surtout
stagnante, épandage d’huile morte sur les eaux stagnantes).
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CHAPITRE XX I: AMIBIASE :
OBJECTIFS SPECIFIQUES :
- Définir l’amibiase
- Expliquer les modes de contamination
- Décrire la symptomatologie
- Décrire les autres localisations
- Décrire l’évolution
- Identifier les examens complémentaires et poser le diagnostic
- Etablir le traitement
- Expliquer les mesures prophylactiques
DEFINITION :
L’amibiase est une protozoaire due à Entamoeba histolytica.
Primitivement intestinale, elle peut migrer secondairement dans divers
organes notamment le foie.
MODES DE CONTAMINATION :
La transmission peut être :
Directe, d’homme à homme par l’intermédiaire des mains sales d’un
porteur de kystes d’entamoeba.
Indirecte à partir de l’eau ou des aliments souillés par des matières
fécales.
MIP, ASB1 82
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SYMPTOMATOLOGIE :
Le début est généralement assez brusque, parfois annoncé par une
diarrhée d’apparence banale et des douleurs abdominales. On retrouve
souvent un facteur déclenchant : surmenage, modification du régime
alimentaire, changement de climat etc.
Le syndrome dysentérique : il associe des douleurs abdominales, du
ténesme et des selles anormales. Les douleurs abdominales sont
variables en siège comme en intensité ; parfois modérées, à types de
pesanteur ou d’endolorissement, elles sont souvent vives à type de
crises coliques ; les épreintes réalisent une colique violente se terminant
par une envie impérieuse d’aller aux selles ; le ténesme est une
contracture douloureuse du sphincter anal. Il s’accompagne souvent de
faux besoins. Les selles sont nombreuses, 5 à 15 émissions par jour ;
typiquement elles sont afécales, faites de glaires mucopurulentes et de
sang : ce sont les classiques crachats dysentériques. En fait souvent les
selles contiennent des matières pâteuses ou liquides mêlées aux glaires
et au sang ou bien l’émission des glaires caractéristiques alterne avec
des selles diarrhéiques.
L’état général est le plus souvent conservé. Il peut exister de façon
modérée une asthénie, un amaigrissement et une déshydratation. Il n’y a
pas de fièvre, sauf parfois chez l’enfant ; toute élévation thermique doit
faire craindre une atteinte hépatique.
AUTRES LOCALISATIONS
L’amibiase hépatique constitue la principale localisation extra -
intestinale de l’amibiase. Elle peut accompagner les manifestations
intestinales ou leur succéder, mais elle apparaît parfois cliniquement
primitive, lorsque l’atteinte colique est restée inapparente.
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EVOLUTION
Correctement traitée, l’amibiase intestinale aiguë guérit rapidement et
définitivement sans séquelles.
Non ou mal traitée, l’amibiase intestinale aiguë évolue presque toujours
défavorablement. Après une rémission plus ou moins longue, la rechute
est inéluctable. Des complications peuvent survenir localement
(hémorragies intestinales abondantes, perforations) et à distance
(amibiase hépatique). Surtout la répétition des poussées aiguës aboutit à
la constitution de séquelles coliques chroniques.
MIP, ASB1 84
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TRAITEMENT
- Le métronidazole (flagyl) est actuellement le traitement de choix.
Il se donne par voie orale à la dose de 6 à 8 comprimes par jour
en 3 prises (au cours des repas) chez l’adulte pendant 7 à 10
jours. Chez l’enfant 40 à 50 mg/kg/24 heures pour une même
durée.
- Secnidazole (flagentyl) : prise unique de 4 comprimés chez
l’adulte au début d’un repas ; chez l’enfant 30 mg/kg en prise
unique.
- Tinidazole (fasigyne) : 4 comprimes par jour pendant 3 jours,
forme réservée uniquement aux adultes.
Pour les formes asymptomatiques (kystiques) on prescrit des
amoebicides ‘’de contact’’ : direxiode, intétrix etc mais souvent le
traitement est inefficace.
La chirurgie le révèle nécessaire dans quelques cas (perforations
intestinales, abcès du foie).
MESURES PROPHYLACTIQUES
La prophylaxie individuelle : les règles d’hygiène sont ici
essentielles :propreté des mains, filtration ou ébullition des eaux de
boisson, nettoyage soigneux des fruits et légumes.
Prophylaxie collective : elle comporte plusieurs mesures :
Dépister et traiter précocement les porteurs sains des kystes d’amibe en
particulier dans les collectivités d’enfants (écoles, jardins d’enfants) et
parmi les personnes manipulant des aliments (hôteliers, les travailleurs
des restaurants et pâtisseries, les vendeurs ou vendeuses).
Attirer l’attention des populations sur l’importance de l’hygiène fécale et
alimentaire.
Construction et utilisation rationnelle des latrines et enfin lutte contre les
mouches.
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OBJECTIFS SPECIFIQUES
DEFINITION
Les cestodoses sont des parasitoses causées par les cestodes ou ténias
dont il existe plusieurs sortes : Taenia Saginata, Taenia Solium,
Hymenolepis nana, etc.
MODES DE CONTAMINATION :
Teniase à T.Saginata : l’homme se contamine en mangeant de la viande
de bovin crue ou mal cuite. Il ingère ainsi une larve qui donne en deux à
trois mois un ténia adulte.
Teniase à T. Solium : l’homme se contamine en ingérant de la viande de
porc crue ou mal cuite. La Teniase à T. Solium est moins fréquente que la
teniase àT. Saginata
Teniase à H. Nana : H. nana est un petit ténia d’environ 15 mm de long.
Plusieurs centaines d’adultes peuvent cohabiter dans l’intestin de
l’homme. Son cycle évolutif s’individualise par le fait que larves et adultes
évoluent chez l’homme. Les anneaux murs se détachent de la chaîne et
sont éliminés dans les selles. Souvent ils sont partiellement détruits dans
le tube digestif et les œufs embryonnés infestants se trouvent dans les
fèces. La transmission d’homme à homme est assurée par l’ingestion des
MIP, ASB1 86
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SYMPTOMATOLOGIE
La teniase à T. Saginata est souvent latente. Le diagnostic est affirmé
lorsque le malade découvre des anneaux dans ses sous-vêtements ou sa
literie.
Parfois des troubles digestifs surviennent : anorexie élective, douleurs
abdominales pseudoulcéreuses, pseudopancréatiques, de l’hypocondre
droit, simulant une colique hépatique ; plus rarement, nausées,
vomissements, éructations, alternance de diarrhée et constipation.
Les autres troubles de la teniase sont plus rares. Ils seraient plus
fréquents chez l’enfant : céphalées, troubles du caractère et du sommeil,
crises convulsives, troubles de la vue (diplopie, baisse de l’acuité visuelle),
de l’audition, de l’équilibre ; manifestations allergiques (dyspnée
asthmatiforme, toux spasmodique, prurit etc).
TRAITEMENT :
La miclosamide (Trédémine) est le meilleur ténicide actuel. Elle est
présentée en comprimés à 0,50g. chez l’adulte on prescrit quatre
comprimés à mâcher lentement, deux le matin à jeun et deux une heure
plus tard ; le malade ne déjeune que trois heures après la seconde prise.
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MESURES PROPHYLACTIQUES :
La prophylaxie collective, difficile, repose essentiellement sur le contrôle
sanitaire des viandes de boucherie, mais les larves de T. Saginata,
petites et peu nombreuses, passent facilement inaperçues, si le contrôle
n’est pas attentif. C’est dire l’importance de la prophylaxie individuelle qui
consiste à cuire suffisamment la viande de bœuf et de porc.
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OBJECTIFS SPECIFIQUES
- Définir l’ Ascaridiose ;
- Expliquer les modes de contamination ;
- Décrire la symptomatologie ;
- Identifier les examens complémentaires et poser le diagnostic ;
- Etablir le traitement ;
- Expliquer les mesures prophylactiques.
DEFINITION
L’ascaridiose est une parasitose due à la présence et au développement
chez l’homme d’un ver rond, l’ascaris. Un individu sur quatre héberge ce
parasite.
MODES DE CONTAMINATION :
L’homme s’infeste en ingérant des œufs embryonnés avec des aliments
souillés crus ou de l’eau sale. La coque de l’œuf est dissoute par le suc
gastrique et une substance secrétée par l’embryon. La larve, libérée,
traverse la paroi intestinale et gagne le foie, ensuite le cœur droit, l’artère
pulmonaire et les capillaires pulmonaires qu’elle atteint le 3ème jour. En
quittant les alvéoles, elle remonte les bronchioles, les bronches et la
trachée pour parvenir au carrefour aérodigestif. A la faveur d’un
mouvement de déglutition, elle bascule dans le tube digestif : œsophage,
estomac puis intestin grêle où, après une dernière mue, elle devient
adulte. Ces différentes migrations sont à la base des différentes
manifestations cliniques observées.
MIP, ASB1 89
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SYMPTOMATOLOGIE
L’ascaridiose est souvent muette et n’est alors reconnue qu’à l’occasion
d’un examen de selles systématique ou lors du rejet spontané d’ascaris
adultes dans les déjections. Lorsqu’il existe des symptômes cliniques,ils
sont médicaux ou chirurgicaux. Aux deux phases larvaire et adulte du
cycle correspondent deux groupes de signes : pulmonaires à la période
d’invasion, digestifs à la phase d’état.
La période d’invasion : la traversée hépatique des larves est
habituellement asymptomatique. Par contre, au cours de leur passage
pulmonaire, les larves provoquent des lésions mécaniques de la paroi
alvéolaire et des réactions allergiques locales, responsable de
l’apparition d’un syndrome de Loeffler. C’est un infiltrat pulmonaire labile
avec hyperéosinophilie. Cliniquement, il est asymptomatique ou marqué
par une discrète fébricule, une toux sèche ou ramenant une
expectoration muqueuse, exceptionnellement hémoptoïque.
Radiologiquement, le poumon présente une ou plusieurs opacités
mal systématisées, floues, pommelées, nodulaires ou miliaires. Ces
images, souvent pseudo – tuberculeuses, sont fugaces et disparaissent
en quelques jours ou semaines.
La période d’état : à ce stade, la parasitose peut déterminer chez
l’enfant, des troubles sévères, médicaux ou chirurgicaux.
Les signes généraux : il s’agit de toux coqueluchoïde, sialorrhée
nocturne, faciès sale et triste, regard éclatant, fébricule. Des
manifestations allergiques allant du prurit à l’œdème de Quincke ont été
signalées.
Les troubles neuroméningés :de réalité discutée il peut s’agir de
modification du comportement, de convulsions et de « méningisme ».
Les troubles digestifs : la présence des vers adultes dans l’intestin grêle
détermine souvent des douleurs abdominales qui peuvent prendre un
MIP, ASB1 90
91
MESURES PROPHYLACTIQUES :
La promotion de l’hygiène individuelle, qui relève de l’éducation sanitaire
est fondamentale pour améliorer l’hygiène fécale et alimentaire.
Collectivement cela consiste à traiter systématiquement les populations
infestées ou suspectées de l’être ; aménager les latrines pour éviter la
dissémination des œufs autour des villages et des cases, là où sont
entretenues de petites cultures vivrières ; assainir les eaux de boisson.
MIP, ASB1 92
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OBJECTIFS SPECIFIQUES
- Définir l’oxyurose ;
- Expliquer les modes de contamination ;
- Décrire la symptomatologie ;
- Identifier les examens complémentaires et poser le diagnostic ;
- Etablir le traitement ;
- Expliquer les mesures prophylactiques.
DEFINITION :
L’oxyurose est une parasitose cosmopolite, particulièrement fréquente
chez l’enfant. Elle est due à un ver rond de 5 à 10 mm : oxyure ou
Enterobius vermicularis, qui vit dans le colon et surtout dans la région
coeco-appendiculaire. Les femelles pondent dans la région anale.
MODES DE CONTAMINATION :
La contamination est interhumaine, due à une mauvaise hygiène ; plus
rarement, il s’agit d’inhalation de poussières contenant des œufs. Après
ingestion, l’oeuf se transforme en ver adulte en 20 jours, provoquant
l’oxyurose. Par défaut d’hygiène, le grattage de l’anus provoque
l’autoréinfestation.
SYMPTOMATOLOGIE :
L’adulte tolère souvent très bien l’oxyurose, seulement gêné par des
démangeaisons anales. L’enfant, du fait des réinfestations massives, est
beaucoup plus touché. Il existe alors un prurit anal intense, à
recrudescence vespérale et nocturne, avec lésions de grattage, parfois
des troubles du sommeil et de l’irritabilité, des troubles digestifs à type de
douleurs vagues, troubles du transit, anorexie. Une appendicite aiguë
MIP, ASB1 93
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OBJECTIFS SPECIFIQUES :
- Définir l’ankylostomiase ;
- Expliquer les modes de contamination ;
- Décrire la symptomatologie ;
- Décrire l’évolution ;
- Identifier les examens complémentaires et poser le diagnostic ;
- Etablir le traitement ;
- Expliquer les mesures prophylactiques.
DEFINITION :
L’ankylostomiase est une helminthiase due à deux vers ronds :
Ankylostoma duodénale et Necator Americanus. Elle est fréquente et
grave par l’anémie qu’elle détermine chez l’enfant ou l’individu carencé.
Elle atteint environ le quart de l’humanité.
MODES DE CONTAMINATION :
MIP, ASB1 95
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SYMPTOMATOLOGIE :
EVOLUTION :
Le pronostic de l’anémie ankylostomienne grave est réservé chez le petit
enfant ; elle retentit sur sa croissance et son développement
psychomoteur ; elle conduit parfois à la mort.
Chez l’adulte, l’ankylostomiase est mieux tolérée. Les anémies sévères
sont rares. Toutefois, chez la femme enceinte déjà anémique, une
ankylostomiase peut provoquer une déglobulisation majeure,
responsable d’avortement ou d’accouchement prématuré.
MIP, ASB1 97
98
TRAITEMENT :
Le Mebendazole (Vermox) et le Flubendazole (Fluvermal), à la posologie
de 0,200 g (2 comprimés/ 24 heures, pendant 3 jours consécutifs), sont
bien tolérés et actifs ;
Le Pamoate de Pyrantel (Combantrin) utilisé à la posologie de 0,020 g/
kg/ jour, pendant 2 à 3 jours consécutifs est d’une efficacité satisfaisante.
L’Albendazol (Zentel) est efficace en prise unique de 0,40 g.
Le Tiabendazole (Mintezol) est partiellement efficace sur l’ankylostome à
la posologie de 50 mg/ kg de poids, en une seule prise.
Les traitements associés : le traitement antihelminthique suffit dans les
formes mineures. Les formes graves du nourrisson, de la femme
enceinte, impliquent en outre l’administration de fer per os (0,5 à 1g de
sulfate ou de fumarate ferreux) ; les transfusions de sang s’imposent
parfois ; dans tous les cas il est nécessaire de corriger d’éventuels
désordres hydroélectrolytiques et de traiter les affections associées.
MESURES PROPHYLACTIQUES :
L’éducation sanitaire, dispensée notamment dans les écoles, peut aider
à la lutte contre l’ankylostomiase en enseignant l’importance de l’hygiène
fécale, du port de chaussures et l’utilisation des latrines.
L’assainissement des sols suppose la construction de latrines et la
réglementation de l’utilisation agricole de l’engrais humain.
MIP, ASB1 98
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OBJECTIFS SPECIFIQUES :
- Définir la Dracunculose ;
- Expliquer les modes de contamination ;
- Décrire la symptomatologie ;
- Identifier les examens complémentaires et poser le diagnostic ;
- Etablir le traitement ;
- Expliquer les mesures prophylactiques.
DEFINITION :
La dracunculose ou dracontiase est une Helminthiase afro asiatique,
due à un nématode dracunculus médinensis, encore appelé
comportement « filaire » de médine, ver de guinée, ou dragonneau.
MODES DE CONTAMINATION :
SYMPTOMATOLOGIE :
L’évaluation de la dracunculose est habituellement asymptématique
jusqu’à l’arrivée du ver femelle adulte sous la peau. La sortie du ver est
marquée par la formation d’une phlyctène. Auparavant il existe souvent
un prurit local et parfois des accidents allergiques : fièvre, dyspnée
asthmatiforme, crise urticarienne. A ce stade, le ver peut être palpé sous
la peau sous forme d’un long cordon ou d’une masse pelotonnée, à
moins qu’il ne soit masqué par une réaction inflammatoire oedémateuse.
MIP, ASB1 99
100
TRAITEMENT :
Médicaments antiparasitaires : ils paraissent globalement inefficaces .
leur emploi a donné lieu à des polémiques. Ces médicaments sont le
niridazole ou Ambilhar (25mg/kg/jour pendant 10 jours ), le tiabendazole
ou mintézol (50mg/kg/jour pendant 3 jours ) et le métronidazole ou flagyl
(500mg/jour pour un adulte pendant 10 jours). Méthode d’extraction
traditionnelle : l’extraction par enroulement du ver autour d’un bâtonnet
conserve toute sa valeur. Elle présente cependant des inconvénients
MIP, ASB1 100
101
MESURES PROPHYLACTIQUES :
Au Niger existe un programme qui a pour mission l’éradication de la
dracunculose. Aujourd’hui on peut affirmer qu’il a pratiquement gagné
son pari.
La prophylaxie individuelle est facile et efficace : le filtrage à travers un
simple morceau d’étoffe ou ébullition de l’eau de boisson élimine les
cyclops et par conséquent tout risque d’infestation.
Prophylaxie collective : à côté des actions éducatives, il existe des
moyens techniques efficaces à savoir l’amélioration de
l’approvisionnement en eau de boisson et la lutte chimique contre les
cyclops.
OBJECTIFS SPECIFIQUES :
- Définir les bilharzioses ;
- Expliquer les modes de contamination ;
- Décrire la symptomatologie ;
- Décrire l’évolution ;
- Identifier les examens complémentaires et poser le diagnostic ;
- Etablir le traitement ;
- Expliquer les mesures prophylactiques.
DEFINITION :
Les Bilharzioses sont des affections parasitaires dues à des vers plats,
les Bilharzies ou Schistosomes, Hématophages, vivant dans le système
circulatoire.
MODES DE CONTAMINATION :
L’infestation de l’homme s’effectue lors des bains dans des eaux douces
contaminées par des mollusques (hôtes intermédiaires qui diffèrent selon
l’espèce de bilharzie) les furcocercaires (larves circulant dans l’eau et
s’échappant des mollusques) se fixent sur l’épiderme grâce à leur
ventouse antérieure munie d’épines (transmission transcutanée).
La pénétration se traduit parfois par une sensation de purit, une rougeur
locale passagère. Les vers gagnent le cœur droit puis la grande
circulation et enfin leur territoire veineux électif.
SYMPTOMATOLOGIE :
La phase de pénétration (initiale) correspond à la pénétration
transcutanée des furcocercaires et se manifeste par un prurit, une
rougeur locale qui passent parfois inaperçus. La phase d’invasion
correspond à la migration des parasites dans l’organisme (débutant une
quinzaine de jours après la pénétration cercarienne) et se traduit par :
fièvre, sueur, arthralgies, myalgies, asthénie, prurit, toux, dyspnée,
diarrhée, épigastralgie. Il peut exister une légère hépatosplénomégalie.
La NFS si elle est demandée montre une hyperleucotose avec
hyperéosinophilie.
A la période d’état la Bilharziose à Schistosoma haematobium se traduit
par des manifestations uro-génitales. L’atteinte vésicale la plus fréquente
mais aussi l’une des plus graves se manifeste par : la dysurie, la
pollakiurie ( diurne et nocturne), douleurs sus-pubiennes exacerbées par
la miction, obligeant parfois le malade à se courber en deux. Les
hématuries, typiquement terminales sont quasi-constantes ; elles sont
parfois abondantes et alors totales, ou au contraire minimes. La
radiographie sans préparation peut montrer une calcification vésicale
pathognomonique. Les localisations génitales chez l’homme peuvent
MIP, ASB1 103
104
EVOLUTION :
Sous traitement bien conduit l’évolution est favorable.
Sans traitement l’évolution est émaillée de complications aussi bien chez
la femme que chez l’homme : cancer vésical, rétrécissement
urétral, néphrite, épididymite pouvant entraîner une stérilité, salpingite,
endométrite etc.
TRAITEMENT :
Le Praziquantel (Biltricide) est le médicament de choix. Il est actif sur les
cinq (5) espèces de schistosomes. Il s’administre en une seule dose de
40mg/kg sans dépasser 4 comprimés dosés à 600mg chez l’adulte.
D’autres médicaments : Ambilhar, Oltipraz, Métriphonate peuvent
également être utilisés.
MESURES PROPHYLACTIQUES :
Individuellement cela consiste à éviter l’immersion en eau douce dans
les régions d’endémie.
Collectivement ces mesures associent la lutte antimollusques,
l’éducation sanitaire et surtout l’hygiène fécale et urinaire.
OBJECTIFS SPECIFIQUES :
- Définir l’onchocercose ;
- Expliquer les modes de contamination ;
- Décrire la symptomatologie ;
- Identifier les examens complémentaires et poser le diagnostic ;
- Etablir le traitement ;
- Expliquer les mesures prophylactiques.
DEFINITION :
L’onchocercose est une filariose cutanéo dermique due à onchocerca
valvulus. Elle est grave par ses complications cécitantes et constitue,
surtout en Afrique noire, un obstacle important au développement des
zones rurales fertiles.
MODES DE CONTAMINATION :
La transmission est indirecte et se fait à travers un moustique vecteur, la
simulie. La femelle seule est hématophage entraînant une nuisance
intolérable, elle s’infeste en prélevant des microfilaires dans le derme
d’un malade et contamine un sujet sain en laissant s’échapper de sa
trompe des larves infestantes qui traversent activement l’épiderme au
niveau du point de piqûre.
SYMPTOMATOLOGIE :
L’onchocercose souvent cliniquement muette s’exprime surtout par trois
syndromes : le syndrome cutané, le syndrome kystique et le syndrome
oculaire.
Le syndrome cutané :
Le prurit peut être isolé, provoquer d’intenses lésions de grattage,
s’associer à d’autres lésions cutanées.
En Afrique, les lésions cutanées prédominent au niveau de la partie
basse du tronc, des fesses, des cuisses, des régions prétibiales. Au
début, ce sont des zones hyper pigmentées difficiles à voir chez les
noirs. La gale filavienne, très prurigineuse se caractérise par des
papules, variables en taille comme en nombre, parfois surmontées d’une
vésicule ou d’une pustule. Certains patients présentent des zones
cutanées épaisses, sèches, squameuses, lichénifiées évoquant une
"peau de lézard". A un stade tardif, ou constate souvent des zones
dépigmentées au niveau des membres inférieurs, des organes génitaux,
réalisant l'aspect de la "peau de léopard". Enfin la peau peut devenir
atrophique, sèche, fragile, ridée, sans élasticité.
Le syndrome kystique :
Les onchocercomes (synonyme : nodules ou kystes onchocerquiens)
traduisent l'enkystement de certaines filaires adultes. Ils sont en nombre
favorables, de 1 à 100, en moyenne 1 à 10 par malade. On les palpe
aisément là où les plans osseux sont superficiels, surtout en regard des
trochanters, du coccyx, de la crête iliaque et du grille costal. Ils ne
suppurent jamais et se calcifient rarement. Il est facile de les extraire.
Le syndrome oculaire :
Les lésions oculaires de l'onchocercose ou "cécité des rivières"
dépendent de la durée et de l'intensité de l'infection. Elles sont
probablement dues à la mort des microfilaires dans l'œil et aux réactions
du tissu hôte.
TRAITEMENT :
Dans une bonne partie de l'Afrique de l'ouest, la transmission
d'onchocerca a notablement diminué à la suite des activités du
programme de lutte contre l'onchocercose (OCP).
Ce programme utilise l'ivermectine, un microfilaricide pour traiter les
onchocerquiens et arrêter la progression de la maladie.
MESURES PROPHYLACTIQUES :
Dépister et traiter les onchocerquienrs. La lutte anti-vectorienne repose
sur la destruction systématique des larves de simulies dans leurs gîtes.
La limitation des piqûres de moustiques (utilisation des moustiquaires,
d'insecticides) peut aussi contribuer à diminuer la transmission dans les
secteurs d'endémie.
Enfin l'assainissement du milieu urbain peut contribuer à la diminution du
risque d'infestation.
BIBLIOGRAPHIE
Glossaire
Lipides : Graisses
Prurit : Démangeaison