Arrêté du ministre de la santé n° 1693-00 du 5 chaabane 1421
(2 novembre 2000) fixant les normes techniques des
cliniques.
Le Ministre de la Santé,
Vu la loi n° 10-94 relative à l'exercice de la médecine, promulguée par le dahir du 5 rabii II 1417
(21 août 1996), notamment ses articles 21 et 22 ;
Vu le décret du 25 joumada Il 1418 (28 octobre 1997) pris pour l'application de la loi n° 10-94
susvisée, notamment son article 16 ;
Après avis du conseil national de l'Ordre national des médecins,
Arrête :
Chapitre Premier : Normes de construction, d'installation et de sécurité
Article Premier : La clinique doit, autant que possible, être implantée sur un site indépendant qui
doit être d'accès et d'évacuation faciles.
Elle doit être située à l'écart des sources de pollution, de bruit et de toutes sortes de nuisances. A
défaut, toutes les précautions doivent être prises en vue de la prévention contre ces nuisances.
« Article 2. -
La clinique ..................................................................d'habitation ou abritant des activités
commerciales ou de services.
Elle peut être située dans le même bâtiment qu'une ou plusieurs autres cliniques ou établissements
assimilés, pourvu que les plans d'architecture et de construction soient respectés. »
« Article 2 bis. -
En cas de mise en commun des moyens par des médecins pour la création et l'exploitation d'une
ou de plusieurs cliniques et/ou établissements assimilés situés dans le même immeuble, les
médecins concernés sont tenus de respecter la législation et la réglementation en vigueur ainsi que
les normes techniques spécifiques à chaque type d'établissement, sous réserve des dispositions ci-
après.
Les modalités d'exploitation et de mise en commun des installations, des équipements, des locaux
et des moyens matériels et humains ainsi que les obligations réciproques des parties et les
responsabilités qui en découlent doivent faire l'objet d'un contrat visé par le président du conseil
national de l'Ordre national des médecins conformément aux dispositions de l'article 50 de la loi
n° 10-94 relative à l'exercice de la médecine.
Ce contrat doit être établi suivant le modèle de contrat-type élaboré par le conseil national de
l'Ordre national des médecins.
En tout état de cause, la responsabilité propre du médecin directeur de chaque établissement
demeure engagée en ce qui concerne la gestion dudit établissement à l'égard de l'administration,
des tiers et des patients le cas échéant, de manière solidaire avec les établissements partenaires.
Tout changement dans les clauses du contrat visé au présent article doit être notifié dans les 60
jours qui suivent au secrétaire général du gouvernement, au ministre de la santé et au président du
conseil national de l'Ordre national des médecins.
Article 3 : La construction de la clinique doit permettre un entretien facile contre l'humidité et les
infiltrations.
Le sol, les murs et les cloisons des locaux doivent être réalisés avec des matériaux résistants et
revêtus de produits permettant un lavage fréquent à grand eau et aux désinfectants usuels.
Article 4 : La clinique doit être branchée au réseau public d'approvisionnement en eau potable. A
défaut, le programme de réalisation de la clinique doit prévoir un système individuel
d'approvisionnement en eau potable conforme aux normes sanitaires.
Article 5 : La clinique doit être branchée au réseau d'égoûts publics. A défaut, elle doit disposer
de son propre système d'évacuation et de traitement des eaux usées conforme aux normes
d'hygiène en vigueur.
« Article 6. -
Toute clinique ....................................................... « Silence hôpital ».
Lorsque plusieurs cliniques ou établissements assimilés occupent les mêmes lieux, une signalétique unifiée doit
permettre l'orientation aisée des usagers vers chacun des établissements ainsi que leurs parties communes.
L'information ainsi présentée au public doit être conforme aux stipulations du contrat de mise en commun des
moyens prévue à l'article 2 bis ci-dessous. »
Article 7 : Toute clinique doit comporter des unités distinctes en vue de répondre aux quatre
fonctions essentielles suivantes :
* L'hébergement ;
* Le bloc médico-technique ;
* Les services généraux ;
* La consultation.
Article 8 : Outre les unités définies à l'article 7 ci-dessus, toute clinique doit disposer de
structures d'accueil et d'administration.
Article 9 : La clinique doit répondre aux normes fixées par les règlements relatifs à la lutte contre
l'incendie. A ce titre, elle doit disposer notamment :
* de postes d'eaux accessibles ;
* d'un nombre suffisant d'extincteurs appropriés installés dans les emplacements requis et
périodiquement contrôlés.
Article 10 : Outre les mesures de sécurité prévues à l'article 9 ci-dessus, la clinique doit prévoir
un groupe électrogène d'une puissance capable d'assurer, en cas de coupure de courant,
l'alimentation en énergie au moins, des " centres vitaux î : le ou les blocs opératoires, la
réanimation et les soins intensifs ainsi que les appareils et installations de soins fonctionnant à
l'énergie électrique y compris l'ascenseur (monte malade).
Article 11 : Toute clinique doit disposer obligatoirement des locaux suivants :
* une chambre mortuaire avec possibilité de conservation de cadavres ;
* un local d'entreposage des poubelles à ordures qui doit être aéré, clos et facilement nettoyable et
accessible au personnel de collecte ;
* un local conçu pour le stockage des produits d'hygiène et de matériel de nettoyage.
Article 12 : Les prestations fournies par les services généraux, notamment l'alimentation, le
nettoyage du linge, l'entretien et le traitement des déchêts hospitaliers peuvent être sous traitées
avec des entreprises de services spécialisées. Dans ce cas, la clinique doit prévoir :
* pour l'alimentation, un local de distribution ;
* pour la lingerie, un local de stockage de linge ;
* pour les déchêts hospitaliers, des moyens appropriés de conditionnement pour leur transport.
Article 13 : Lorsque la clinique assure tous ses services généraux, elle doit disposer
obligatoirement, outre des locaux visés à l'article 11 ci-dessus, des locaux suivants :
* une cuisine qui assure toutes les fonctions et dont l'importance et la dimension doivent être
proportionnelles à la capacité litière et au nombre de repas à préparer ;
* des magasins de stockage des produits et matériels ;
* une buanderie dont la dimension et l'équipement sont fonction du type et du poids du linge à
nettoyer quotidiennement ;
* un incinérateur.
Article 14 : La cuisine doit être composée des unités ci-après :
* un espace réservé à la réception des denrées alimentaires ;
* un local de stockage des denrées non périssables qui doit être conçu de manière à assurer une
bonne aération, un nettoyage facile ainsi que la protection des aliments contres les insectes ;
* une installation réfrigérante avec un système de contrôle de la température, pour la conservation
des produits alimentaires périssables. Cette installation doit être munie d'étagères pour éviter
l'entassement des denrées et permettre une bonne ventilation et un nettoyage aisé ;
* un local pour la préparation des repas ;
* un équipement approprié pour la conservation des aliments cuits ;
* un équipement adéquat pour le lavage et la désinfection du matériel et ustensile.
Chapitre Il : Normes se Rapportant aux Unités D'Hospitalisation
Article 15 : L'hospitalisation doit permettre l'hébergement des malades dans des conditions de
confort convenables en vue de leur administrer des soins au lit.
A cet effet, les locaux d'hospitalisation doivent répondre aux conditions et normes prévues aux
articles ci-dessous.
Article 16 : L'hébergement des malades doit se faire soit dans des chambres individuelles, soit
dans des chambres à deux lits.
Article 17 : Toute clinique doit disposer d'une chambre individuelle par fraction de dix (10) lits
permettant d'isoler les malades contagieux.
Article 18 : Les chambres doivent être disposées de telle sorte qu'elles reçoivent une luminosité
naturelle suffisante.
Elles doivent être éclairées par des fenêtres dont la surface ouvrante est suffisante.
Article 19 : Chaque chambre doit répondre aux spécificités suivantes :
* posséder une aération permanente conçue de manière à fonctionner en toute saison sans
occasionner de gêne aux malades ;
* être équipée du chauffage central ou, à défaut, de tout système de chauffage ne comportant pas
de risque pour le malade ;
* être dotée de l'éclairage électrique, avec possibilité de mise en veilleuse pendant la nuit ;
* comporter au moins un lavabo, avec eau courante potable froide et chaude, installé soit dans la
chambre, soit dans le cabinet de toilette attenant à la chambre ;
* être équipée d'un système permettant d'alerter le personnel soignant et de service à partir de
chaque lit.
Article 20 : Chaque chambre doit être munie d'une literie complète, placée parallèlement aux
façades. Pour les chambres de deux lits, l'écart entre les lits ne doit pas être inférieur à un mètre.
Article 21 : Aucune chambre destinée à l'hospitalisation de malades ou à la maternité, ne peut être
installée dans un sous-sol ou un demi sous-sol.
« Article 22. -
Chaque fois................................................................ un malade alité.
Toutefois lorsque les activités de consultation, d'hébergement, de diagnostic et de soins sont assurées
exclusivement au niveau du rez de chaussée, la clinique peut être dispensée du monte malade.
En outre, lorsqu'il s'agit de cliniques implantées dans un même immeuble, le monte malade peut être destiné à
l'usage commun desdites cliniques. »
Article 23 : Les couloirs et les portes doivent être d'une largeur qui permet le libre passage d'un
malade transporté sur un lit, chariot roulant ou un brancard à porteur.
Article 24 : Il est nécessaire de prévoir au moins, pour 10 lits :
* une douche ou une salle de bain ;
* une salle de soins, un office pour l'alimentation, un local de débarras et une lingerie.
Chapitre III : Normes se Rapportant à L'unité de Consultation
Article 25 : L'unité de consultation et de soins externes est chargée d'assurer à des jours et heures
fixes pour chaque discipline concernée et selon une périodicité régulière, rendue publique, des
soins ambulatoires et des consultations.
L'unité de consultation doit comporter au moins une salle pour chacune des fonctions suivantes :
* la réception ;
* l'attente ;
* l'examen médical et les soins.
L'unité de consultation doit être dotée d'un box sanitaire (W.C - lavabos).
L'accès à l'unité de consultation doit être clairement identifié. Il doit permettre des liaisons rapides
et simples avec les unités médico-techniques.
Chapitre IV : Normes D'équipement des Unités Médico-Techniques
Article 26 : Quelles que soient les activités qu'elle assure, la clinique doit être équipée, au moins,
d'une salle pour soins, pansements et plâtres.
Article 27 : Dans tous les cas et quelle que soit la capacité de la clinique, le bloc opératoire doit
être obligatoirement équipé d'un monitoring cardiaque avec défibrillateur.
Article 28 : L'équipement de chaque salle d'opération doit comprendre :
* une table d'opération ;
* un éclairage par scialytique et un éclairage de secours ;
* un équipement d'anesthésie comprenant une table d'anesthésie, un respirateur et le nécessaire
pour une respiration assistée ;
* un bistouri électrique ;
* un dispositif d'aspiration ;
* des tables ou des chariots métalliques permettant de disposer les instruments et le matériel
opératoire ;
* des lavabos disposés en dehors de la salle d'opération, donnant une eau stérile pour lavage des
mains ;
* une alimentation en gaz médicaux à partir d'une installation présentant toute sécurité avec une
deuxième sortie d'oxygène et d'air comprimé.
Article 29 : La salle de stérilisation doit être équipée :
* d'un dispositif qui permet la stérilisation des fournitures opératoires, du linge opératoire et des
instruments. Ce dispositif comprend une étuve sèche, un autoclave et des boites spécialement
conçues pour les instruments à stériliser ;
* d'une source d'eau ;
* d'armoires pour conserver les instruments et les objets de pansement ;
* d'un évier, d'une paillasse et d'un vidoir.
Article 30 : La salle de réveil doit disposer d'un système d'alimentation en oxygène, vide et
aspiration et d'un scope.
Article 31 : L'unité fonctionnelle de réanimation assure la prise en charge des malades dont l'état
exige de façon continue et simultannée la surveillance et la suppléance d'une ou plusieurs
fonctions vitales. A cet effet, il est nécessaire de prévoir :
* une alimentation en oxygène et aspiration ;
* un oxymètre ;
* un électrocardiographe ou électrocardioscope ;
* un défibrillateur ;
* une seringue électrique "auto-pulseuse ".
Article 32 : Le bloc opératoire doit comprendre :
* au moins deux salles d'opération avec un sas avant l'accès à chaque bloc ;
* une salle de réveil ;
* une unité de stérilisation.
Chaque salle d'opération doit :
* avoir une hauteur sous plafond égale ou supérieure à trois mètres et une surface minimale utile
et suffisante pour la pratique de la spécialité qui y est exercée ;
* être dépourvue de rideaux et de tentures ;
* être éclairée de façon à pouvoir y opérer aussi bien de jour que de nuit. Un éclairage de secours
doit être nécessairement installé pour pallier aux pannes d'électricité ;
* avoir une climatisation stérile et être chauffée. Un chauffage de renfort ou de secours doit
permettre d'obtenir rapidement une température d'au moins 22°C ;
* présenter des murs et un plafond recouverts de peinture, d'enduits spéciaux ou de matériaux
lisses et imperméables ainsi qu'un soi antistatique.
Article 33 : L'équipement d'une salle de travail dans le bloc obstétrical doit comprendre au
moins :
* un lit spécial permettant de mettre la parturiente en position gynécologique et en déclive ;
* une table permettant de poser les instruments et le matériel nécessaires ;
* un lavabo pour le lavage des mains des accoucheurs ;
* un dispositif permettant d'administrer de l'oxygène à une femme pendant l'accouchement ;
* un incubateur pour parer aux urgences et y placer un nouveau-né ;
* une table de réanimation néonatale.
Article 34 : Pour les besoins de l'activité obstétricale, la clinique doit avoir notamment en réserve,
enfermés dans des boites métalliques stérilisées, les instruments nécessaires à l'accouchement, à
une suture périnéale et aux soins à la mère et à l'enfant.
Article 35 : Toute clinique doit disposer d'un système de rangement, fermant à clé, destiné aux
produits pharmaceutiques. Une partie de l'installation doit être spécialement aménagée pour les
substances vénéneuses et les stupéfiants.
Chapitre V : Normes Relatives au Personnel
Article 36 : Le médecin directeur de la clinique doit élire domicile professionnel à la clinique et
être présent à plein temps.
Dans le cas d'activités d'anesthésie réanimation, la présence à plein temps, d'au moins un médecin
de cette spécialité est obligatoire.
Article 37 : Le nombre d'infirmiers, de sages-femmes et du personnel auxiliaire doit être fixé en
fonction des spécialités, de la taille de la clinique et de la nature des soins.
Les infirmiers et les sages-femmes doivent être titulaires d'une autorisation d'exercice délivrée
dans les conditions et selon les modalités prévues par la législation et la réglementation en
vigueur.
Article 38 : Une clinique doit disposer, au minimum et à temps complet :
- Pour les soins : d'un (e) infirmier (ère) diplômé (e) d'Etat et d'un (e) infirmier (ère) auxiliaire
pour 10 lits ;
- Pour l'accouchement : d'une sage-femme pour 10 lits
- Pour le bloc opératoire et par salle d'opération d'un (e) infirmier (ère) diplômé (e) d'Etat (panseur
ou panseuse), et d'un (e) infirmier (ère) diplômé (e) d'Etat (aide opératoire) et, à défaut de
médecin anesthésiste, d'un (e) infirmier (ère) diplômé (e) d'Etat (anesthésiste) ;
- Pour la réanimation : un (e) infirmier (ère) diplômé (e) d'Etat pour quatre malades, et par tranche
d'horaire.
Chapitre VI : Dispositions Diverses
Article 39 : Lorsqu'une clinique envisage d'intégrer une activité de radiologie ou de biologie
médicale, elle est tenue de se conformer aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur
en la matière.
Article 40 : Les cliniques qui fonctionnent à la date de publication du présent arrêté au "Bulletin
officiel ", disposent d'un délai de deux ans à compter de ladite date afin de se conformer à ses
dispositions.
Toutefois, les dispositions de l'article 2 du présent arrêté ne s'appliquent qu'aux projets de
cliniques autorisés à compter de la publication du présent arrêté au "Bulletin officiel ".
Article 41 : Le présent arrêté sera publié au Bulletin officiel.
Rabat, le 5 chaabane 1421 (2 novembre 2000).
Thami El Khyari.