Amira Dib
Amira Dib
Les maladies provoquées par les aliments et les zoonoses sont généralement reconnues
comme étant un problème important de santé publique et une cause majeure de baisse de la
productivité économique tant dans les pays développés que dans les pays en développement.
De même, la transmission de facteurs de risques pour la santé animale par le biais de la chaîne
alimentaire et des sous-produits associés peut occasionner dans les cheptels des pertes
économiques énormes. L’inspection des animaux à l’abattoir peut également contribuer
utilement à la surveillance de maladies qui ont une importance pour la santé animale. Par
conséquent, la maîtrise et/ou la réduction des risques pour la santé publique et la santé
animale par l’inspection ante-mortem et post-mortem des viandes est une responsabilité
essentielle des services vétérinaires de l’état.
Ce manuel des bonnes pratiques d’hygiène et de l’inspection des lésions est un support
pédagogique qui permet d’aider les étudiants à mieux connaitre les conditions d’hygiène à
l’abattoir, à identifier les lésions les plus souvent rencontrées et les différentes conduites à
tenir vis-à-vis de ces dernières. Ce document est la synthèse de plusieurs ouvrages de
référence et est appuyé par des photos de diverses lésions rencontrées au niveau de l’abattoir
de Constantine. Ainsi, il sera régulièrement mis à jour et corrigé afin de garantir son utilité et
d’y incorporer tout changement ou toute information récente.
2
SOMMAIRE
I. Différents dangers rencontrés à l’abattoir
I.1.Dangers biologiques……………………………………………………………………7
I.1.1.Dangers biologiques provenant de l’animal vivant………………………………...7
I.1.1.1.Dangers parasitaires……………………………………………………………..8
I.1.1.2.Dangers bactériens………………………………………………………………9
I.1.1.3.Dangers viraux..…………………………………………………………… 10
I.1.1.4. Autres dangers biologiques………………………………………………. 10
I.1.2.Dangers biologiques introduits à l’abattoir, à la découpe et à la distribution… 10
I.1.2.1.Staphylococcus aureus………………………………………………………. 11
I.1.2.2.Salmonelles………………………………………………………………… 11
I.1.2.3.Escherichia coli…………………………………………………………..... 12
I.2. Dangers chimiques……………………………………………………………... 12
I.2.1.Dangers chimiques présents à l’arrivée à l’abattoir…………………………… 12
I.2.1.1. Médicaments vétérinaires………………………………………………… 12
I.2.1.2. Pesticides.…………………………………………………………………. 12
I.2.1.3. Mycotoxines……………………………………………………………… 12
I.2.1.4. Métaux lourds……………………………………………………………… 13
I.2.1.5.Arsenic inorganique………………………………………………………… 13
I.2.1.6.Dioxines…………………………………………………………………… 13
I.2.2.Dangers chimiques introduits à l’abattoir ou en découpe ou à la distribution… 14
I.3.Dangers physiques…………………………………………………………………. 14
3
III. Inspection à l’abattoir
III.1. Objectif de l’inspection à l’abattoir……………………………………………… 24
III.2.Inspection ante-mortem……………………………………………………………...24
III.3. Inspection post- mortem………………………………………………………… 25
III.3.1. Lieu de l’inspection………………………………………………………… 25
III.3.2. Horaire d’inspection……………………………………………………… 26
III.3.3.Procédures d’inspection classiques et évaluations……………………… 26
III.3.3.1.Bovins âgés de six semaines ou plus………………………………… 27
III.3.3.2.Bovins âgés de moins de six semaines…………………………………... 28
III.3.3.3.Moutons et chèvres………………………………………………………... 28
III.3.4.Jugement de la carcasse……………………………………………………... 29
III.3.4.1. Formes localisées ou généralisées………………………………………….29
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Liste des figures
5
Figure 51 : Trajets de migration des larves, avec des nodules fibreux (Espèce ovine)…………… 68
Figure 52 : Cholangite hépatique avec magma jaunâtre (Espèce bovine)………………………… 69
Figure 53 : Fasciola hepatica (aplatie sous forme de feuille) chez l’espèce bovine……………… 70
Figure 54 : Dilatation des voies biliaires (Espèce bovine)…………………………………………. 70
Figure 55 : Dicrocoelium lanceolatum (fusiforme, longiligne, aplatie) (Espèce bovine)………… 71
Figure 56 : Kyste hydatique (espèce bovine)…………………………………………………… 71
Figure 57 : Kyste hydatique (espèce bovine)……………………………………………………… 72
Figure 58: Kyste hydatique sous forme de panier d’œuf (espèce bovine)………………………… 72
Figure 59: Tuberculose diffuse, hépatique (présence de caséum) (Espèce bovine)……………… 73
Figure 60: Tuberculose diffuse, hépatique (présence de caséum) (Espèce bovine)……………… 74
Figure 61: Tuberculose diffuse, hépatique (présence de caséum) (Espèce bovine)………………. 74
Figure 62 : Péricardite (Espèce ovine)………………………………………………………………. 75
Figure 63 : Péricardite (Espèce ovine)………………………………………………………………. 76
Figure 64 : Péricardite (Espèce bovine)…………………………………………………………… 76
Figure 65: Péricardite (Espèce bovine)…………………………………………………………… 77
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I. Les différents dangers rencontrés à l’abattoir
I.1.Dangers biologiques
I.1.1.Dangers biologiques provenant de l’animal vivant
Les viandes et abats issus d’animaux malades sont souvent contaminés par les agents
pathogènes responsables de la maladie. La transmission à l’homme se fait par ingestion, par
contact de cette viande ou de ces abats. Ces agents pathogènes peuvent être des parasites, des
bactéries ou des virus et ont une importance et une gravité variables chez l’animal et chez
l’homme.
Les inspections ante et post-mortem, quand elles sont correctement pratiquées permettent très
souvent de pallier à ce danger en différant l’abattage de l’animal malade ou en saisissant la
viande ou les abats contaminés.
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I.1.1.1.Dangers parasitaires
- La Cryptosporidiose : c’est une maladie parasitaire affectant les bovins et les petits
ruminants. Elle est due à Cryptosporidium spp. Le portage est souvent asymptomatique
mais la maladie peut provoquer des diarrhées chez le veau. Aux abattoirs, il n’existe pas
de lésions caractéristiques sur les carcasses et viscères. L’homme peut être atteint après
une période d’incubation de sept jours en moyenne. La maladie peut provoquer une
diarrhée aqueuse profuse accompagnée de douleurs abdominales et de perte de poids,
dans certains cas de nausées et vomissements.
- La Toxoplasmose : c’est une zoonose parasitaire qui se manifeste par des avortements
chez la brebis. L’homme s’infeste en ingérant de la viande contenant des kystes. La durée
d’incubation est de 10 à 23 jours. Les signes cliniques sont les avortements chez les
femmes enceintes infestées. Le parasite est inactivé par cuisson à 56°C pendant 15mn, ou
à 66°C pendant 10 mn, ou encore par surgélation à -18°C pendant 24h ou à -5°C pendant
2 jours.
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I.1.1.2.Dangers bactériens
De façon générale, tous les dangers bactériens sont susceptibles d’être introduits et de se
multiplier à plusieurs étapes du processus. La majorité de ces bactéries étant potentiellement
présentes dans le tube digestif des bovins et des petits ruminants, l’importance de ces
bactéries dans les viandes crues est principalement liée à la maîtrise des opérations d’abattage
touchant à l’intégrité du système gastro-intestinal et dans une moindre mesure à la maîtrise
des contaminations croisées aux étapes ultérieures telles que la découpe et la distribution.
- Le Charbon bactéridien : c’est une maladie aiguë mortelle causée par une bactérie
sporulée, le Bacillus anthracis. Cette maladie se manifeste sporadiquement. La
transmission peut se faire par voie cutanée à travers les contacts avec les tissus d’animaux
infectés, par voie aérienne à la suite de l’inhalation de spores provenant de régions où le
sol est contaminé, par voie digestive par ingestion de viande contaminée insuffisamment
cuite et renfermant des spores. Malheureusement, la méconnaissance du mécanisme de
transmission de cette maladie est souvent la cause de sa recrudescence en milieu rural.
- Les Salmonelloses : ce sont des maladies causées par les entérobactéries du genre
Salmonella spp. La transmission se fait par ingestion de viandes contaminées directement
ou indirectement et par transmission fécale-orale d’une personne à une autre. Dans les
formes aiguës, les germes envahissent les muscles et la transmission à l’homme par
ingestion de viande est très fréquente.
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I.1.1.3.Dangers viraux
Les virus ne peuvent se multiplier dans les denrées alimentaires, mais transmis par des
personnes infectées, ils peuvent rester longtemps présents à la surface des aliments car ils sont
plus résistants (chaleur, pH, désinfectants) que la plupart des bactéries végétatives.
A ce jour, seul le virus de la fièvre de la vallée du Rift, présent en Afrique, est transmissible à
l’homme par contact avec des espèces sensibles (bovins, ovins). La transmission par ingestion
des viandes reste théorique.
Le danger viral lié à la consommation de viande rouge reste donc, à l’état actuel des
connaissances, hypothétique. Néanmoins, dans la mesure où la contamination la plus probable
est liée au personnel qui manipule les denrées alimentaires, le respect des bonnes pratiques
d’hygiène et en particulier l’hygiène du personnel est essentielle.
Les amines biogènes sont issues de la dégradation d’acides aminés libres par des
bactéries appartenant à de nombreuses espèces différentes. Les acides aminés étant eux-
mêmes produits par la dégradation de protéines lors de proliférations bactériennes non
maîtrisées.
Elles ne peuvent apparaître que dans le cas de putréfaction de la viande, ou de fermentation
non maîtrisée.
Les amines biogènes n’apparaissent pas comme un danger significatif pour l’homme lors de la
contamination de viande fraîche.
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Certains micro-organismes peuvent être présents dans l’environnement, mais si les
conditions ne sont pas favorables à leur développement, ils ne se multiplient pas. Lorsqu’ils se
trouvent dans des conditions favorables de température (entre 25 et 40°C), de pH et nutrition,
les micro-organismes se multiplient rapidement. C’est alors que survient le danger. A
l’inverse, une basse température (+7°C à cœur), température recommandée pour la
conservation des viandes et produits carnés) est moins propice au développement des micro-
organismes.
Outre les bactéries pathogènes citées, la réglementation impose la surveillance de trois
groupes de micro-organismes en matière de sécurité sanitaire des aliments : Staphylococcus
aureus, Salmonella, Escherischia coli.
I.1.2.1.Staphylococcus aureus
Staphylococcus aureus est présente chez l’homme, particulièrement dans les plaies,
gerçures, crevasses, panaris et dans le cas d’infections respiratoires. Chez les ruminants, ces
infections se traduisent par des mammites sub-cliniques et parfois cliniques. La source de
contamination de la viande sont les animaux atteints des mammites cliniques et sub-cliniques,
les mains des ouvriers des abattoirs ou des bouchers.
Dans les conditions favorables, certaines souches peuvent produire des toxines, qui seules
sont susceptibles d’être dangereuses pour la santé humaine. Le produit alimentaire ne change
ni de goût, ni d’odeur et conserve ses caractéristiques d’origine. Une bonne cuisson ne permet
pas de détruire les toxines produites par les bactéries.
I.1.2.2.Salmonelles
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I.1.2.3.Escherichia coli
Administrés aux animaux, ils peuvent se retrouver dans les viandes et produits carnés
(antibiotiques, anti-inflammatoires, antiparasitaires), si les délais d’attente ne sont pas
respectés; ces délais d’attente sont toujours définis dans les autorisations de mise sur le
marché.
La réglementation définit les seuils admissibles pour ces substances présentes sous forme de
résidus.
I.2.1.2.Pesticides
I.2.1.3.Mycotoxines
Elles ne sont pas à proprement parler des dangers chimiques puisque ce sont des
métabolites secondaires produits par des agents biologiques, les moisissures. Néanmoins, en
raison de leurs caractéristiques et leur problématique, elles ont été rattachées aux dangers
chimiques.
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Les mycotoxines sont produites par les moisissures appartenant principalement aux
genres Aspergillus, Penicillium et Fusarium. Ces moisissures peuvent se développer sur les
grains des céréales et dans les fourrages pendant la culture au cham, la récolte et/ou le
stockage.
Le respect des bonnes pratiques d’hygiène définies pour les productions végétales destinées à
l’alimentation animale permet de limiter l’apparition de ce type de danger.
Après ingestion par les animaux, leur métabolisme est complexe et certaines toxines ou leurs
métabolites peuvent être fixés dans les tissus. La toxicité se manifeste généralement sous
forme de troubles chroniques difficiles à identifier, mais très rarement par la mort de l’animal.
La présence de résidus, potentiellement toxiques, dans les produits animaux destinés à la
consommation humaine n’est pas impossible, mais elle est aujourd’hui très mal connue. Les
mycotoxines pouvant être présentes dans les viandes et produits carnées sont les Aflatoxines,
Ochratoxine A, Patuline Trichothécènes et Acide Fusarique.
I.2.1.4.Métaux lourds
Ils ont des effets qui ne peuvent être observés qu’après de longues expositions, allant
de plusieurs mois (plomb, mercure) à plusieurs années (cadmium). Leur présence,
accidentelle ou chronique, dans l’environnement (eau, sol) est généralement liée à des
activités industrielles (métallurgie, incinération). Ils peuvent se retrouver dans ou sur les
végétaux destinés à l’alimentation animale.
I.2.1.5.Arsenic inorganique
I.2.1.6.Dioxines
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I.2.2.Dangers chimiques introduits à l’abattoir ou en découpe ou à la
distribution
I.3.Dangers physiques
Les dangers physiques viennent pour l’essentiel de corps étrangers apportés par
l’animal lui-même (corps étrangers ingérés, aiguilles) ou introduits pendant le processus de
préparation et de distribution notamment la main d’œuvre (bijoux, papiers bonbons,
médicaments, chewing-gum). Ils peuvent provenir aussi du matériel de travail (bois, morceau
de plastique, de métal), des méthodes de travail (boulons, pièces de soudure), de la matière
(os, aiguilles) et du milieu (verres et nuisibles, insectes).
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II. Application des bonnes pratiques d’hygiène à l’abattoir
II.1.Locaux
Les abords d’un établissement doivent être entretenus de façon à prévenir toute
situation qui pourrait entraîner la création de conditions insalubres et l’altération des produits.
Les bâtiments de l’établissement, y compris leurs structures, locaux et compartiments
doivent être de construction solide, biens entretenus.
Les bâtiments d’abattage, de découpe et de stockage et/ou de distribution, doivent être
suffisamment éloignés des dépôts d’ordures, des débris et des déchets ou de toute autre source
de contamination.
Les murs, sols et plafonds au sein des établissements doivent être faits de matériaux
résistants, imperméables à l’humidité et être nettoyés et désinfectés autant que nécessaire,
pour empêcher l’altération des produits ou la création de conditions insalubres.
Toutes les ouvertures vers l’extérieur doivent être construites et entretenues de façon à
empêcher l’entrée d’animaux nuisibles comme les insectes, les rongeurs et les oiseaux.
Les locaux doivent disposer d’éclairages de bonne qualité et d’intensité suffisante
ainsi que d’une ventilation appropriée pour contrôler suffisamment les odeurs, les vapeurs et
la condensation afin d’empêcher l’altération des produits et la création de conditions
insalubres.
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Les vestiaires et les toilettes doivent être en nombre suffisant, de bonne taille, situés de
façon pratique et maintenus à tout moment dans des conditions d’hygiène et d’entretien
satisfaisantes pour assurer la propreté de toutes les personnes manipulant les produits. Ils
doivent être séparés des locaux dans lesquels les produits sont manipulés et stockés. L’emploi
d’un sèche- mains à pulsion d’air est à éviter dans les locaux où se trouvent des viandes non
protégées.
II.1.1. Respect de la marche en avant
Normes d’installation :
- Local ou emplacement pour la réception des animaux et pour leur inspection avant
l’abattage
- Nombre suffisant de locaux appropriés aux opérations à mener
- Séparation dans l’espace ou dans le temps des opérations suivantes, si elles effectuées
dans l’abattoir :
1. Saignée
2. Habillage (parfente, dépouillement, éviscération, fente, ressuage)
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II.1.2.Nettoyage et désinfection
Il est nécessaire :
- D’élaborer et de respecter un plan de nettoyage et de désinfection des locaux et du
matériel comprenant l’affectation des locaux et du matériel, la fréquence de nettoyage
(opérations périodiques), la méthode, les responsables et les produits autorisés pour le
nettoyage et la désinfection et les résultats des contrôles visuels et des tests de surface
- D’enlever régulièrement des locaux les écarts de tri, les déchets, les produits abîmés et
pourris
- De respecter la nature des produits de nettoyage et de désinfection utilisés ainsi que le
temps de contact
- De stocker les produits de nettoyage et de désinfection loin de zone où les denrées
alimentaires sont manipulées
- De lutter contre les nuisibles
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II.2. Personnel
Les personnes qui entrent en contact avec les viandes peuvent les souiller ou les
contaminer de plusieurs façons. L’homme est porteur de micro-organismes dont certains
provoquent des maladies contagieuses et peuvent être transmis à d’autres personnes par la
chaîne alimentaire. C’est pour cette raison que l’hygiène corporelle et vestimentaire ainsi
l’état de santé des personnes qui travaillent sur les viandes sont importants.
II.2.2.Vêtements
La tenue de travail doit être propre, complète, recouvrir la totalité des vêtements
personnels et ne doit pas avoir de poches apparentes. Elle doit être adaptée à l’atelier.
Le personnel doit disposer de vestiaires pour lui permettre de se changer sur son lieu
de travail. Il pourra y déposer sa tenue et ses affaires personnelles.
Une tenue spécifique doit être définie pour le personnel de maintenance (tenue et
chaussures propres) et tout intervenant extérieur.
Les tenues doivent être entretenues pour éliminer les contaminations. Les tenues
propres ne doivent pas être contaminées par des tenues sales.
II.2.3.Tête et mains
Afin de garder une bonne hygiène, certaines règles sont à respecter par le personnel en
général.
Les cheveux doivent être recouverts dans tous les locaux de fabrication et d’emballage
où il y a présence de produits nus pour éviter les contaminations dues à la chute de cheveux.
A chaque début de poste et au retour des pauses, le personnel doit se laver les mains.
Le personnel doit également se laver les mains de façon efficace : à chaque reprise du
travail, en sortant des toilettes et à chaque fois qu’il touche un objet sale.
Le port de gants est éventuellement recommandé. S’ils ne sont pas jetables, ces
derniers doivent également être lavés à chaque prise de poste, ou de retour de pause.
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Le port de chaussants réservé au travail des viandes est également obligatoire pour
éviter l’apport de microbes venant de l’extérieur.
Le port de bijoux, montres, pièces de monnaie ou tout autre objet non nécessaire au
travail des opérateurs dans les locaux d’abattage est à proscrire à l’exception des alliances qui
restent tolérées.
II.2.4. Formation à l’hygiène
Le personnel ne doit pas occasionner de contamination des denrées qu’il manipule par
des germes dont il serait porteur.
L’aptitude au travail des denrées alimentaires de toute nouvelle personne embauchée
doit être validée au cours d’une visite médicale. Celle- ci doit être renouvelée chaque année
dans le cadre du planning défini par la médecine du travail et après tout arrêt de travail.
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Aucune personne porteuse d’une maladie susceptible de contaminer les aliments ou
souffrant de plaies infectées non protégées, d’infections ou lésions cutanées ne doit être
autorisée à manipuler les denrées alimentaires nues. Toute personne atteinte d’une telle
affection doit informer immédiatement son responsable de sa maladie ou des symptômes et, si
possible, de leurs causes avant toute prise de poste.
Par leur nature mais également suite à un manque d’entretien, les équipements et
matériels de transformation des viandes peuvent provoquer des dangers notamment sur le plan
physique et biologique.
Il est nécessaire que :
- Les couteaux utilisés doivent être bien aiguisés. Les crochets doivent être en acier
inoxydable. Les scies à os doivent être préférées aux haches
- Les planches à découpe doivent être en matière synthétique de préférence
- Le matériel et équipement utilisés doivent être résistants, imputrescibles, non absorbants,
faciles à nettoyer et à désinfecter (inox) ;
Le matériel et l’équipement doivent être entretenus.
Les matières premières de la boucherie sont la viande, l’eau, la glace et les ingrédients.
Ces produits peuvent engendrer des dangers chimiques, biologiques et physiques.
Il faut :
- Exiger de ses fournisseurs un laissez- passer, un certificat d’origine et de salubrité
- Exiger l’estampille vétérinaire sur les carcasses reçues
- Si possible, exiger des fournisseurs des conditions hygiéniques de livraison des produits
- Faire attention à la qualité de l’eau
- Isoler le local des déchets
- Utiliser des poubelles étanches et bien entretenues
- Définir et appliquer des mesures de gestion des déchets (inventaire, tri, stockage,
réutilisation, recyclage ou élimination)
- Eliminer les déchets en respectant les normes environnementales
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II.5. Méthode de travail (par opération)
II.5.1. Abattage
Dans un abattoir, les opérations varient selon le type d’animaux à abattre. La différence
est liée aux différences de physiologie et de taille des animaux.
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II.5.1.2.Stabulation
II.5.1.3.Saignée
II.5.1.4.Habillage, éviscération
22
Les mains doivent être bien lavées, et les couteaux doivent être nettoyés et désinfectés
systématiquement après le travail sur chaque carcasse ;
La scie doit être démontée, nettoyée et désinfectée après chaque journée de travail ;
Le personnel doit être formé et surveillé sur les pratiques d’habillage.
II.5.1.5.Transport
II.5.1.6.Réfrigération
Les viandes doivent être réfrigérées afin de freiner la croissance des micro-
organismes. Pour réduire la température interne à moins de 7°C, elles sont réfrigérées par lots
dans des chambres froides dont la température est comprise entre 0°C et 4°C. En règle
générale, la réfrigération prend 24 à 48 heures pour les flancs de bœuf, 12 heures pour les
agneaux.
23
III. Inspection à l’abattoir
III.1. Objectif de l’inspection à l’abattoir
Les principaux objectifs des contrôles exercés à l’abattoir sont de vérifier la santé des
animaux et la salubrité des opérations. Les viandes sont ensuite marquées de l’estampille pour
être identifiables dans le réseau de distribution.
Le contrôle de la santé des animaux s’exerce par leur inspection avant l’abattage (ante
mortem) et l’inspection de leurs différentes parties après l’abattage (post mortem). Au besoin,
ces inspections sont complétées par prélèvements et des analyses de laboratoire.
III.2.Inspection ante-mortem
L’idéal serait que l’inspection ante-mortem soit effectuée au moment de l’arrivée des
animaux à l’abattoir. Il faut alors qu’il y ait une lumière suffisante, naturelle ou artificielle,
permettant l’observation des animaux en mouvement et au repos. A l’arrivée, les conditions
du véhicule de transport peuvent aussi être évaluées et si un animal a été blessé pendant le
transport, des mesures peuvent être prises pour éviter que cela ne se reproduise.
S’il n’est pas possible d’effectuer l’inspection au moment de l’arrivée des animaux, elle
devrait avoir lieu dans les 24 heures après l’arrivée, à nouveau pour éviter que les animaux ne
souffrent davantage en cas de problèmes de bien-être.
L’inspection ante-mortem devrait aussi être réalisée dans les 24 heures avant l’abattage, des
signes de maladie pouvant se déclarer avec le temps. Lorsque les animaux restent en
stabulation plus longtemps, ils doivent être inspectés plusieurs fois.
Ainsi, les systèmes d’inspection ante-mortem requis par l’autorité compétente devraient
inclure les éléments suivants:
- La prise en compte régulière de toutes les informations pertinentes en provenance de la
production primaire, telles que les déclarations des producteurs primaires quant à
l’utilisation des médicaments vétérinaires et les informations issues des programmes
officiels de maîtrise des dangers
- L’identification des animaux considérés comme étant dangereux ou impropres à la
consommation humaine et leur mise à l’écart des animaux normaux
- La remise des résultats de l’inspection ante-mortem à la personne compétente responsable
de l’inspection post-mortem, avant qu’il soit procédé à celle-ci, afin d’améliorer le
24
jugement final. Cela est particulièrement important lorsqu’une personne compétente
responsable de l’inspection ante-mortem juge qu’un animal suspect peut être abattu dans
des conditions spéciales d’hygiène
- La détention, en cas de doute, dans des installations spéciales d’un animal (ou d’un lot)
pour une inspection, des tests de diagnostic et/ou des traitements plus poussés si cela est
jugé nécessaire par la personne compétente responsable de l’inspection ante-mortem
- L’identification immédiate d’animaux jugés dangereux ou impropres à la consommation
humaine et leur traitement approprié pour éviter une contamination croisée de risques
alimentaires sur d’autres animaux
- L’enregistrement des motifs de saisies et l’exécution de tests de laboratoire pour
confirmation si nécessaire. Ces informations devraient être communiquées au producteur
primaire.
-
III.3. Inspection post- mortem
L’inspection post- mortem devrait être réalisée dès que l’habillage de la carcasse est
achevé.
Certaines lésions peuvent disparaître avec le temps. Inversement, il devrait être possible de
mettre de côté les carcasses suspectes pour une autre inspection différée car certaines lésions
se développeront avec le temps.
Mis à part la peau, aucune partie de l’animal ne doit être retirée des locaux jusqu’à ce que
l’inspection post-mortem n’ait été effectuée et que tous les prélèvements requis pour des
examens complémentaires n’aient été recueillis.
Il est fondamental de conserver le lien entre une carcasse et ses abats jusqu’à la fin de
l’inspection car le résultat de l’inspection de la carcasse ou des abats aura des conséquences
sur les mesures à prendre pour l’autre partie. Un système d’étiquetage efficace est donc
nécessaire pour les carcasses et leurs abats.
Dans la quasi-totalité des cas, l’inspection post-mortem des animaux sacrifiés a lieu à
l’abattoir même soit dans le hall d’abattage, soit dans le hall de réfrigération, soit encore, s’il
s’agit d’un abattage d’urgence, dans une salle spécialement prévue à cet effet. L’éclairage est
une condition importante d’efficacité. Chaque fois que possible, l’examen doit être effectué à
25
la lumière du jour. On ne saurait trop insister sur ce point, qui présente un intérêt particulier
dans les cas où l’on a des raisons de penser que l’animal a été imparfaitement saigné ou qu’il
était atteint d’ictère au moment où il a été abattu; l’expérience a souvent montré qu’il est
difficile de déceler à la lumière artificielle les teintes verdâtres qui peuvent apparaître dans les
muscles, le tissu adipeux ou le tissu conjonctif. Dans les abattoirs qui sont pourvus d’un
nombre insuffisant de fenêtres et au cours des après-midi d’hiver, l’examen post-mortem doit
nécessairement être pratiqué à la lumière artificielle ; en pareil cas, il faut installer des
ampoules électriques émettant une lumière blanche. Un éclairage spécial est parfois
nécessaire.
L’inspection post-mortem fera appel aux capacités sensorielles, telle que la vue,
l’odorat et le toucher. L’incision des organes et des ganglions lymphatiques permettra une
inspection plus détaillée de ces parties. Tout d’abord, il faudrait procéder à une inspection
visuelle globale de la carcasse, des abats et, s’il y a lieu, du sang afin de détecter les
contusions, les œdèmes, les arthrites, l’état du péritoine et de la plèvre et tout gonflement ou
anomalie. Les autres procédures dépendent de l’espèce et/ou de l’âge.
26
III.3.3.1.Bovins âgés de six semaines ou plus
- Tête : Un examen détaillé par l’incision des ganglions lymphatiques est nécessaire, les
ganglions rétro pharyngiens et les parotidiens. Les muscles des joues sont inspectés grâce à de
profondes incisions : deux incisions parallèles sont réalisées dans le masséter et une seule
incision longitudinale est réalisée dans le ptérygoïde. La bouche et la langue sont inspectées
visuellement et la langue est aussi palpée.
- Cœur et péricarde : Après l’examen visuel du cœur et du péricarde, le premier est incisé
vers le bas dans l’axe de la longueur en découpant le septum interventriculaire pour découvrir
l’intérieur des ventricules.
- Rein : Examen visuel et détaillé des ganglions lymphatiques rénaux s’il y a lieu.
27
- Mamelle : Si elle est destinée à la consommation humaine, chaque moitié est incisée par
une entaille profonde jusqu’aux sinus lactifères et les ganglions lymphatiques sont incisés.
Sinon, inspection visuelle et examen des ganglions par palpation.
Comme pour les autres bovins, à part les inspections suivantes qui ne sont pas
nécessaires :
- Tête : Ganglions sous maxillaires et parotidiens, muscles masséters
III.3.3.3.Moutons et chèvres
L’inspection des petits ruminants est moins détaillée que celle des bovins. En général,
les procédures suivantes sont requises :
- Tête : si elle est destinée à la consommation humaine, la gorge, la bouche, la langue, les
ganglions rétro pharyngiens et parotidiens sont examinés
28
III.3.4.Jugement de la carcasse
Il est important de faire la différence entre une forme localisée et une forme
généralisée lors du jugement de la carcasse d’un animal. Dans une forme localisée, la lésion
est limitée à une certaine zone ou à un organe grâce aux mécanismes de défense de l’animal.
Des modifications généralisées peuvent aussi avoir lieu avec une forme localisée.
Dans une forme généralisée, les mécanismes de défense de l’animal sont incapables de
stopper la progression du processus pathologique par les systèmes circulatoire et lymphatique.
Si les lésions pathologiques sont généralisées, il faudrait examiner les ganglions lymphatiques
de la carcasse.
Les signes d’une maladie généralisée sont les suivants :
- Inflammation généralisée des ganglions lymphatiques, y compris les ganglions de la tête,
des viscères et/ou de la carcasse
- Inflammation des articulations
- Lésions touchant plusieurs organes y compris le fois, la rate, les reins et le cœur
- Présence de nombreux abcès dans différentes parties de la carcasse, y compris la colonne
vertébrale des ruminants
En général, les lésions généralisées nécessitent un jugement plus sévère que les lésions
localisées.
29
IV. Lésions rencontrées à l’abattoir de Constantine
IV.1. Lésions observées au niveau des carcasses
IV.1.1. Carcasse de coloration Jaune
© A.L.DIB
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IV.1.1.1. Diagnostic différentiel
1. Adipoxanthose
2. Ictère
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3. Hématurie essentielle
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4. Coloration médicamenteuse
Conduites conseillées
- Adipoxanthose
ll n’y a aucune saisie sauf dans de rares cas particuliers chez les ovins et surtout chez
les agneaux : saisie totale lorsque la coloration est trop perceptible pour coloration anormale.
- Ictère
Ictère d’étiologie dangereuse : saisie totale pour ictère en précisant l’origine si possible
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En l’absence de danger :
Si la coloration est marquée : saisie totale pour ictère
Si la coloration est limitée : mise en consigne de 24h. Au contact de l’air, la bilirubine
s’oxyde en biliverdine donnant des reflets verdâtres à la carcasse. Si ces reflets sont bien
visibles, saisie totale pour ictère sinon estampillage.
- Hématurie essentielle
Saisie totale pour cachexie
- Colorations médicamenteuses
Coloration généralisée : saisie totale pour coloration anormale
Coloration localisée : saisie partielle large de la région pour coloration anormale
Il existe deux types généraux d’œdèmes : les œdèmes vrais, localisés et les œdèmes
généralisés.
IV.1.2.1.Œdèmes vrais
Liquide séro-hémorragique dans les tissus superficiels de la carcasse mais aussi dans
la cavité pelvienne et dans les muscles avoisinants (tissus et muscles).
Ce n’est pas un œdème au sens réel mais une inflammation exsudative : on parle d’œdème
actif ou inflammatoire (figure 4, figure 5, figure 6).
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IV.1.2.2.Œdèmes Généralisés
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Conduites conseillées
- Œdème vrai d’étiologie traumatique : simple parage ou saisie partielle pour infiltration
séreuse ou hémorragique.
- Œdème vrai d’étiologie pathologique : en absence de danger lié à la cause de l’œdème :
saisie partielle pour infiltration séreuse.
- Œdèmes généralisés : saisie totale pour viande œdémateuse. En cas de doute, mettre la
carcasse en consigne pendant 24h ou 48h avant de décider de la sanction.
IV.1.3.Viande fiévreuse
Il s’agit d’une viande acide ou viande à pH anormalement bas. Ce sont des myopathies
à forme dégénérative.
Les lésions peuvent s’observer dès l’inspection post-mortem sur la carcasse chaude, mais le
plus souvent elles sont peut marquées et ne se développent que dans les heures qui suivent. Il
faudra donc revoir la carcasse soit en fin de matinée, soit la mettre en consigne et la revoir le
lendemain.
La rigidité cadavérique s’installe mais est très éphémère. Le lendemain, les différentes masses
musculaires sont flasques, elles manquent de tenue : les muscles abdominaux s’affaissent dans
la cavité. Sur les antérieurs, les segments sont mobiles les uns par rapport aux autres. C’est le
signe de « la poignée de main de l’inspecteur » : il est dans ce cas fortement positif.
Les muscles paraissent très clairs, décolorés, gris rosé. A la coupe, l’aspect fasciculé est
estompé : il y a homogénéisation de la surface. D’autre part, cette surface musculaire est très
humide. Une sérosité rose ambrée s’écoule parfois (figure 7, figure 8).
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Conduite conseillée
Si l’étiologie est dangereuse (maladie) : saisie totale
Mise en observation pendant 24h,
Sinon saisie des zones musculaires atteintes, le motif est viande à évolution anormale.
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IV.2. Lésions observées au niveau du Cinquième quartier
IV.2.1. Le cuir
IV.2.1.1. Hypodermose bovine
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Conduite conseillée
- Saisie du cuir pour dermite parasitaire : hypodermose
- Saisie large de la masse commune pour abcès ou phlegmon
- Parage superficiel pour infiltration séreuse
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Conduite conseillée
Saisie des poumons pour tiquetage pulmonaire
Possibilité de l’élimination d’un lobe si le phénomène est très localisé
IV.2.2.2. Pneumonie
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Diagnostic différentiel
La pneumonie avec hépatisation est à différencier de l’aillotage ou tiquetage.
A l’incision du poumon, il y a écoulement de sang ou de caillots de sang lors d’aillotage ou
tiquetage (figure 23). Par ailleurs, il n y a pas d’écoulement de sang lors d’une hépatisation.
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Conduite conseillée
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Les lésions purulentes des poumons correspondent essentiellement à des broncho-
pneumonies purulentes qui se traduisent par une atteinte bronchique plus marquée que pour
les pneumonies et la présence d’un muco-pus dans les bronches. D’autre part, les lésions sont
hétérogènes avec des foyers plus ou moins confluents pouvant présenter de stades évolutifs
différents. Ces caractères anatomo-pathologiques différents résultent d’une diffusion des
germes par voie bronchique plus lente que la diffusion tissulaire essentiellement lymphatique
observée lors des pneumonies. En revanche la conduite à tenir est similaire : toutefois la
présence de pus dans le parenchyme pulmonaire entraîne la saisie minimale des poumons et
du cœur, même en présence de lésions stabilisées, étant donné la communauté de drainage
lymphatique pour ces deux organes (figure 26, figure 27, figure 28, figure 29, figure 30,
figure 31).
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Diagnostic différentiel
Les adhérences au niveau de la cage thoracique sont à différencier des adhérences dues
à une pleurésie (inflammation de plèvre) ou à une tuberculose.
Conduite conseillée
En l’absence de signes de généralisation, saisie des poumons et du cœur lors de broncho-
pneumonie purulente aiguë ou fibreuse pour broncho-pneumonie muco-purulente.
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Conduite conseillée
Saisie du poumon pour aspect répugnant
Très fréquente dans toutes les espèces d’animaux de boucherie, mais les lésions
diffèrent selon les espèces.
Chez les bovins : « bronchite vermineuse » avec trois observations possibles.
- Les strongles sont visibles à l’ouverture de la trachée et des bronches souches, surtout
chez les bovins (Dictyocaules) ;
- Une multitude de petits foyers bronchite voir de broncho-pneumonie au stade subaigu ou
chronique disséminés dans le parenchyme pulmonaire ou des petits foyers d’atélectasie
lorsque l’affection est plus évoluée
- De l’emphysème interstitiel (figure 34, figure 35).
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Chez les petits ruminants, il y a des lésions caractéristiques de pneumonie strongylienne
directement visibles sur les poumons, sans ouverture ni incision. Sur les bords dorsaux des
poumons, on a deux types de lésions possibles liées à l’espèce parasitaire en cause :
- Forme nodulaire : petits nodules de 1-2mm de diamètre, ressemblant à des grains de
plomb. Initialement, à l’infestation, cela a l’aspect d’un point hémorragique. Puis on a
formation d’un nodule qui devient gris jaunâtre. On observe une éosinophilie plus
importante chez les sujets jeunes car ils sont moins immunisés. C’est la pneumonie
strongylienne nodulaire surtout liée aux strongles du genre Muellerius.
- Forme insulaire : lésion par plage de couleur jaune grisâtre sur les bords dorsaux des
poumons, de quelques mm à 2-3cm. Elles ont des limites nettes et sont en relief par
rapport à la surface du poumon. La consistance est caoutchouteuse. Au début, on a aussi
un point hémorragique. C’est la pneumonie strongylienne insulaire surtout liée aux
strongles du genre Protostrongylus (figure 36).
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Conduite conseillée
Saisie des poumons pour lésion de strongylose pulmonaire
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IV.2.2.5. Kyste hydatique pulmonaire
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Conduite conseillée
Saisie systématique du foie et des poumons (même si l’un des deux organes n’est pas touché)
pour lésion d’échinococcose.
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Conduite conseillée
Saisie partielle pour lésions fortement évocatrices de tuberculose
- Localisation unique
Noeuds lymphatiques de la tête , noeuds lymphatiques trachéo-bronchiques et /ou
médiastinaux, noeux gastriques et / ou mésentériques
- Etendue de la saisie
Tête entière avec langue, poumons et cœur, estomac et intestins
Saisiee totale dans tous les autres (lésions à localisations multiples, lésions caractéristiques de
forme généralisation).
On observe des pétéchies sur et dans le poumon et parfois sur le thymus chez les
jeunes animaux. Elles sont liées à un phénomène septicémique. On peut avoir aussi des
hémorragies en nappe qui sont sous les séreuses à la surface du poumon ou dans le poumon et
qui signent une étiologie toxique : intoxication aux anticoagulants (figure 45).
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Conduite conseillée
Saisie totale pour congestion généralisée : septicémie
IV.2.3. Le foie
IV.2.3.1.La cysticercose
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migrations des larves dans le tissu hépatique. En phase d’infestation, les trajets ne sont pas
blancs mais hémorragiques (figure 50, figure 51).
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Conduite conseillée
Parage de la boule d’eau, quand les lésions sont étendues, saisie du foie pour
cysticercose hépato-péritonéale
IV.2.3.2.Distomatoses hépato-biliaires
La fasciolose
Due à Fasciola hepatica (grande douve du foie). C’est une zoonose non transmissible
directement des mammifères à l’homme. L’homme s’infeste par l’ingestion de végétaux
contaminés par des larves métacercaires. Elle est à l’origine de troubles hépatiques et
vésiculaires.
Ce sont les bovins et les ovins qui sont les plus touchés. Chez les bovins, on observe d’abord
une cholangite (dilatation et épaississement des canaux biliaires), puis une fibrose péri-
canaliculaire, une hépatite fibreuse et une calcification secondaire de la paroi des voies
biliaires. En phase terminale, il y a déformation du foie par sclérose.
Chez les ovins, les lésions initiales sont une dilatation des voies biliaires et une sclérose du
parenchyme hépatique. La cholangite est faible : la paroi des voies biliaires est peu épaissie,
blanchâtre, translucide (figure 52, figure 53).
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Conduite conseillée
Saisie du foie pour lésion de distomatose
Dicrocoeliose
Due à Dicrocoelium lanceolatum (petite douve du foie). On la trouve surtout chez les
petits ruminants, elle est plus rare chez les bovins.
Chez les ovins, on a uniquement une sclérose hépatique et une dilatation des voies biliaires
(pas du tout de cholangite) avec parfois aussi une hépatite traumatique hémorragique
nécrosante.
Chez les bovins, on a les mêmes lésions que lors de la fasciolose avec une cholangite moins
marquée. Il n’y a jamais de lésions pulmonaire ou péritonéale (figure 54, figure 55).
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Conduite conseillée
Saisie du foie pour lésions de distomatose
Les figures 56, 57, 58 représentent les différentes lésions hépatiques dues à
Echinococcus granulosus
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Figure 58: Kyste hydatique sous forme de panier d’œuf (espèce bovine)
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Conduite conseillée
Saisie systématique du foie et des poumons.
Formes diffuses
- Infiltration : elle concerne les parenchymes de nombreux organes ou tissus. Elle traduit
généralement une baisse importante des défenses immunitaires de l’organisme qui est
submergé par le bacille tuberculeux, il y a donc évolution en nappe des lésions
tuberculeuses dans l’organisme (figure 59, figure 60, figure 61).
- Exsudative, séro-hémorragique ou fibrineuse très rarement observée seule chez les
animaux de boucherie.
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Conduite conseillée
Saisie de l’organe.
Saisie totale lors de lésions à localisation multiple, il faut notamment effectuer une saisie
totale dès l’association de lésion (organe et/ou nœud lymphatique) sur le poumon et la tête,
sur le poumon et le foie, sur le poumon et la plèvre pariétale.
IV.2.4. Le cœur
IV.2.4.1. Péricardite
Les lésions chroniques des séreuses vont se traduire par la présence d’un tissu fibreux
épais, blanc avec éventuellement des adhérences avec les organes cavitaires. On a en plus une
congestion localisée mécanique due aux frottements des deux feuillets et aux tiraillements sur
les brides qui entraîne une coloration rosée (figure 62, figure 63, figure 64, figure 65).
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Figure 62 : Péricardite
(Espèce ovine)
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Figure 63 : Péricardite
(Espèce ovine)
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Figure 64 : Péricardite
(Espèce bovine)
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