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Modèle Keynésien : Critiques et Hypothèses

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Jean Stéphane N’gou
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MACROÉCONOMIE

ChapitreIII :Le modèle Keynésien

Dr GAPKA Lewis

Ecole Nationale Supérieure de la


Statistique et de l’Economie
Appliquée
16 juillet 2022
Plan de l’exposé

ˆ Introduction
ˆ Critique de la théorie Classique
ˆ Les hypothèses fondamentales du modèles Keynésien
ˆ Les composantes de la demande globale
ˆ La détermination du revenu disponible
ˆ Les politiques économiques
ˆ Le marché de l’emploi et de la monnaie dans le modèle
Keynésien
Introduction

Dans ce chapitre, l’objectif est de montrer que l’intervention


de l’État est essentielle pour régler les problèmes économiques
à travers la mise en place de politiques économiques qui
permettent d’atténuer le taux de chômage et la promotion de
l’investissement.
Critique de la théorie Classique

ˆ Critique de la théorie Classique


ˆ Le rejet de la loi des débouchés de Jean Baptiste Say
ˆ Le niveau de la production dépend de la demande
ˆ Le rejet de la théorie quantitative de la monnaie
Critique de la théorie Classique
Dans la théorie générale de l’emploi , de l’intérêt de la
monnaie, en 1936, Keynes critique de façon radicale le
modèle classique. Keynes va montrer à la suite de la grande
crise de 1929 que le fonctionnement spontané des économies
classiques n’est pas harmonieux. Contrairement à la pensée
classique, il existe bel et bien des crises de surproduction et de
sous-production. Pour Keynes, le modèle classique est
incapable d’expliquer la persistance du chômage. Ce qui le
rend inapte à proposer des remèdes efficaces. Le chômage
involontaire peut être l’état d’équilibre d’un système
économique qui ne parvient pas à assurer le plein emploi des
facteurs de production. Or l’absence de plein emploi ne
s’explique pas par un dysfonctionnement du marché du travail
mais par une insuffisance de la demande effective et en
particulier de l’investissement.
Critique de la théorie Classique

Pour Keynes, la monnaie n’est pas neutre et les offreurs ne


sont toujours pas sûrs de vendre leurs productions. Ni la loi
des débouchés de Jean Baptiste Say ni la loi quantitative de
la monnaie ne sont vérifiés. John Maynard Keynes propose
alors une vision différente des autres en privilégiant une
démarche macroéconomique dont les fondements ne sont pas
micro économiques.
Le rejet de la loi des débouchés de Jean
Baptiste Say

L’existence d’un chômage involontaire s’explique par un niveau


de production insuffisant pour assurer le plein emploi. Les
entrepreneurs ne sont pas sûrs d’écouler leurs productions
contrairement à la loi des débouchés de Jean Baptiste Say qui
dépend plutôt des anticipations sur la demande. Le chômage
involontaire peut donc exister même lorsque le salaire réel est
supérieur au salaire de réservation c’est-à-dire le salaire en
dessous duquel les ménages refusent de travailler.
Contrairement à ce qu’avancent les analyses classiques, le
chômage ne s’explique pas par un dysfonctionnement sur le
marché du travail comme ce qui serait provoqué par un salaire
minimum supérieur au salaire d’équilibre.
Le rejet de la loi des débouchés de Jean
Baptiste Say

Pour les classiques, l’équilibre sur le marché du travail permet


de déterminer le salaire réel. Ce qui va agir sur le niveau
d’emploi et le niveau de production. Keynes propose une
autre logique : la demande anticipée ou effective agit sur le
niveau sur le niveau de production qui agit sur le salaire réel et
le niveau d’emploi.
Dans le modèle Keynésien, la demande de travail est une
fonction décroissante du salaire réel et Keynes ne remet pas
en cause le comportement des entrepreneurs souhaitant
maximiser leur profit. L’offre de travail n’influence pas le
niveau d’emploi qui résulte des seules décisions des
entrepreneurs.
Le rejet de la loi des débouchés de Jean
Baptiste Say

Il s’agit d’une attaque contre la loi des débouchés de Jean


Baptiste Say. En effet, les entrepreneurs ne sont pas certains
de leurs débouchés et ne peuvent donc décider de leur niveau
de production. Ils doivent faire des anticipations sur leurs
recettes futures. C’est le niveau de la demande effective qui va
décider du niveau de production et de l’emploi.
Le niveau de la production dépend de la
demande
Pour décider des niveaux de production et d’emploi, les
entrepreneurs font des anticipations sur leurs débouchés
futures. Ils comparent les recettes attendues et les coûts qui
résultent de la mise en œuvre d’un volume d’emploi. Les
recettes attendues sont égales aux recettes de l’investissement
et de la consommation. Les recettes de l’investissement sont
certaines puisque les biens de production achetés par les
entrepreneurs sont produits et vendus par d’autres
entrepreneurs. Celles de la consommation dépendent des
salaires versés aux ménages et de la loi psychologique de
Keynes selon laquelle l’augmentation du revenu entraine une
augmentation des dépenses de consommation mais dans des
proportions moindres.
Le niveau de la production dépend de la
demande

La demande effective correspond au niveau de production qui


assure l’équilibre entre l’offre et la demande, entre le prix de
l’offre globale, les coûts nécessaires pour mettre en œuvre la
production et le prix de la demande globale (les recettes
attendues)
Le rejet de la théorie quantitative de la
monnaie

Contrairement aux classiques, pour Keynes la monnaie n’est


pas neutre. La monnaie peut être demandée pour d’autres
motifs que la transaction. Elle peut être désirée pour
elle-même car elle procure une sécurité pour palier aux
imprévus. Il existe une préférence pour la liquidité. Dans ces
conditions, l’épargne des ménages peut être thésaurisée, ou
détenue sous forme liquide ou placée sur les marchés financiers
. Si l’épargne est thésaurisée, conservée sous forme d’encaisse
oisive, la demande globale est inférieure à l’offre globale et
l’équilibre sur le marché des biens et services n’est plus assuré.
Pour accroitre l’épargne, il faut convaincre les ménages de la
placer sur le marché financier.
Le rejet de la théorie quantitative de la
monnaie

Le taux d’intérêt n’est plus comme chez les classiques, le prix


de la renonciation à la consommation mais le prix de la
renonciation à la liquidité. Le taux d’intérêt se forme dans la
sphère monétaire en fonction de l’offre et de la demande de
monnaie et non sur le marché des capitaux en fonction de
l’investissement et de l’épargne. Cette analyse est une critique
de la dichotomie classique. La sphère réelle et la sphère
monétaire ne sont plus séparées mais intimement liées. Le taux
d’intérêt est une variable monétaire qui influence la sphère
réelle par son impact sur l’investissement.
Le rejet de la théorie quantitative de la
monnaie

Pour John Maynard Keynes, l’investissement ne dépend pas de


la productivité marginale du capital mais plutôt de l’efficacité
marginale du capital qui prend en compte les recettes
monétaires escomptées. Keynes compare le rendement anticipé
de l’investissement avec le taux d’intérêt, cela devrait orienter
les décisions des entrepreneurs en termes d’investissement.La
remise en cause des fondements du modèle classique emmène
Keynes à légitimer l’intervention de l’État.
Les hypothèses fondamentales du modèle
keynésien
H1 :Le raisonnement du modèle keynésien est de courte durée
c’est à dire que l’horizon temporel considéré ne dépasse pas
quelques trimestres et au plus quelques années.

H2 :Le marché ne peut pas assurer la bonne régulation de la


situation de l’économie.L’intervention de l’Etat est donc
primordiale pour combler l’insuffisance des mécanismes du
marché.

H3 :Selon Keynes il n’existe pas une situation de concurrence


et qu’au niveau du marché il n’existe pas une information
parfaite.

H4 :Keynes stipule que le niveau général des prix est considéré


comme constant.
Les hypothèses fondamentales du modèle
keynésien
Cette stabilité repose sur l’hypothèse que les taux de salaire
nominaux sont fixés par contrat et que les taux d’intérêt ont
atteint un plancher. Selon Keynes l’économie est donc
caractérisée par une rigidité des prix et du taux de salaire.

H5 :En cas de déséquilibre macroéconomique, le retour à


l’équilibre se fait par des ajustements des quantités plutôt que
des prix.

H6 :Le niveau de production d’équilibre est un niveau de


sous-emploi.

Pour Keynes un équilibre sur le marché des biens et services et


de la monnaie est compatible avec un niveau de chômage.
Les hypothèses fondamentales du modèle
keynésien

Pour comprendre cette situation, il est possible dans un


premier temps de négliger le rôle de la monnaie et de
n’envisager que le seul marche des biens et services.
Le modèle keynésien simplifié, qualifié de modèle
revenu-dépense permet de comprendre par quel mécanisme le
marché des biens atteint l’équilibre sans que le plein-emploi
soit réalisé et comment il est possible d’obtenir simultanément
un équilibre sur le marché des biens et celui du travail.
L’équilibre sur le marché des biens et
services

ˆ La demande effective

ˆ L’équilibre de sous-emploi et la droite à 45° de Paul


Samuelson
La demande effective

Pour Keynes ,dans une économie ou les décisions sont


décentralisées et l’avenir incertain, les anticipations des
entrepreneurs sur leurs débouchés futurs sont décisives.
Pour mettre en œuvre leur plan de décision, les entrepreneurs
comparent les couts qu’ils vont engager (offre globale) aux
recettes espérées. Leur profit est maximal lorsque l’offre
globale est égale a la demande globale. C’est ce que John
Maynard Keynes appelle la demande effective. C’est en
fonction de cette demande effective que les entrepreneurs vont
décider du montant de leur production et du niveau d’emploi.
La demande effective

Cependant, les entrepreneurs peuvent se tromper et les


dépenses de consommation et d’investissement ne sont pas
nécessairement égales aux recettes escomptées.
La consommation dépend de la production et de la propension
marginale à consommer. L’investissement résulte de la
comparaison entre le taux d’intérêt et l’efficacité marginale du
capital (TRI). Si la demande globale est supérieure à l’offre
globale, les entrepreneurs vont augmenter dans la période
suivante leur volume de production jusqu’à ce que par
ajustements successifs la demande globale soit égale à l’offre
globale.
La demande effective

A chaque niveau de production est associé un niveau d’emploi.


Il est fort possible de parvenir à un équilibre entre l’offre et le
demande globale sans que pour autant le niveau de l’emploi
corresponde au niveau de la population active.
Le chômage est donc involontaire et provient d’une demande
effective insuffisante pour embaucher la totalité des actifs.
L’équilibre de sous-emploi et la droite à 45°
de Paul Samuelson

Samuelson propose une représentation graphique de


l’équilibre keynésien sur le marché des biens et services avec
l’offre globale en abscisse et la demande globale en ordonnée.
L’équilibre de sous-emploi et la droite à 45°
de Paul Samuelson
Demande globale

DG3 = 765
DG2 = 680
DG1 = 600
200
I0 = 100
O Offre globale
L’équilibre de sous-emploi et la droite à 45°
de Paul Samuelson

Sur la bissectrice à 45°, l’offre globale est égale à la demande


globale.
En économie fermée la demande globale est égale à la
consommation plus l’investissement.
Sur le schéma, seul un niveau de production égale à Ye=1000
permet un équilibre entre l’offre globale et la demande globale.
Au point A, la demande effective est telle que les prévisions
des entreprises sur les recettes attendues correspondent aux
recettes réalisées. Si la production est supérieure à 1000, la
demande globale est supérieure à l’offre globale.
L’équilibre de sous-emploi et la droite à 45°
de Paul Samuelson

Supposons qu’à l’époque 1, la production soit inférieure à


1000 (ex : Y1 = 500), la demande globale égale à 600. Les
entrepreneurs vont augmenter leurs productions de 100 pour
satisfaire la demande. A l’époque 2, Y2 = 600 et DG2 = 680.
DG2 > Y2 et les entrepreneurs augmentent leurs productions
jusqu’à la production soit égale 1000, point d’équilibre entre
offre et demande. L’équilibre sur le marché des biens et
services est donc atteint par tâtonnement ou ajustement
successifs sur les quantités et non par variation des prix comme
dans le modèle classique. Cependant l’équilibre sur le marché
des biens ne garantit pas le plein emploi de la main d’œuvre.
L’équilibre de sous-emploi et la droite à 45°
de Paul Samuelson

Le niveau d’emploi pour un revenu national de l’équilibre n’a


aucune raison d’être égale au volume de la population active.
Il s’agit donc d’un équilibre de sous-emploi.
Composante de la demande globale

En économie fermée les principales composantes de la


demande globale sont : la consommation (C), l’investissement
(I), la dépense publique (G).
Les dépenses publiques constituent une composante
importante de la demande globale. Les dépenses publiques et
les taxes sont dites variables exogènes car leurs niveaux sont
contrôlés par les décideurs politique. En tant que telles ces
composantes ne dépendent pas directement du revenu.
La détermination du revenu d’équilibre

Rappel :
ˆ La fonction de consommation selon Keynes est
C = cYd + C0 avec
Yd = Y − T ; T : Taxes et Y : Revenu
ˆ La fonction d’investissements est I = I0 ; I = Jy + I0 ;
I = αi + Jy + I0

Dans un système avec la présence du gouvernement l’équilibre


macroéconomique est donné par :
Y = C + I + G = cYd + C0 + αi + Jy + I0 + G
La détermination du revenu d’équilibre

(1 − C − J)Y = C0 − cT + I0 + G + αi
1
Y = (1−C −J)
(C0 − cT + I0 + G + αi)
Y = K (C0 − cT + I0 + G + αi)
K est le multiplicateur Keynésien qui permet de capter la
sensibilité du revenu d’équilibre à la variation de l’une des
composantes de la demande globale. En l’absence de politique
visant à stabiliser l’économie, l’équation d’équilibre montre que
le revenu global sera imputable à celui de l’investissement.
La détermination du revenu d’équilibre

L’on peut également remarquer que par des modifications


appropriées des dépenses publiques et les taxes, le
gouvernement peut neutraliser les effets des variations de
l’investissement. Cela constitue la trame de réflexion en termes
de politiques interventionnistes.
Les politiques économiques

Les décideurs politiques peuvent utiliser les instruments de


politiques fiscales et budgétaires pour stabiliser l’économie qui
pourra ainsi équilibrer l’économie. Mais si l’investissement est
instable ; supposons une économie en situation de plein emploi
et en équilibre avec une demande globale
Y ∗ = DG = C + I0 + G0 .
Supposons ensuite qu’à partir de ce point d’équilibre le niveau
d’investissement baisse de I0 à I1 . Dans une telle situation, en
l’absence d’une intervention de l’Etat, la demande globale va
baisser de DG ∗ à DG1 . On note que le revenu d’équilibre va
diminuer (augmenter les dépenses publiques ou réduire les
taxes).
Les politiques économiques

Une réponse appropriée de la politique fiscale sera d’augmenter


la dépense publique de telle sorte que le niveau de la demande
globale soit restauré.En outre une réduction des taxes peut
être utilisée pour restaurer le niveau initial de la demande
globale. Ce modèle Keynésien simple illustre bien le rôle de la
demande globale dans la détermination du revenu globale,
illustre également le rôle de la politique de stabilisation
budgétaire et fiscale dans la gestion de la demande globale.
Le marché de la monnaie et de l’emploi
dans le modèle Keynésien

ˆ Le marché de l’emploi

ˆ Le marché de la monnaie
Le marché de l’emploi

ˆ L’offre de travail

ˆ La demande de travail
L’offre de travail

Keynes contexte que l’offre de travail est une fonction


croissante du salaire réel. En effet à court terme les travailleurs
ne disposent que d’informations sur le salaire nominal
effectivement négocié avec l’employeur. Keynes ajoute que les
individus évaluent généralement leurs salaires en les comparant
à la rémunération actuellement offerte pour les des niveaux de
qualifications et d’expérience comparable. Ce salaire relatif ne
peut être apprécié qu’en terme nominal car on ne peut pas
avoir d’information pertinente sur le pouvoir d’achat à court
terme. Selon Keynes l’offre de travail est fonction croissante
du salaire nominal.
La demande de travail

Keynes ne contexte pas que la demande de travail est une


fonction décroissante du taux de salaire réel et qu’à l’équilibre,
le salaire réel doit être égale à la productivité marginale. Il
affirme la nécessité pour l’employeur d’égaliser le salaire réel à
la productivité mais que la diminution du salaire n’est pas la
situation pour rétablir l’équilibre sur le marché du travail
Le marché de la monnaie

La plupart des modèles et des théories économiques insiste sur


l’aspect exogène de la création monétaire.
L’offre de la monnaie est donc le fait du système bancaire et
est exogène.
Pour Keynes, il existe trois motifs de détention de la monnaie :
} Transaction(qui est fonction du revenu)
} Précaution
} Spéculation (dépend du niveau du taux d’intérêts)
Synthèses des théories classiques et keynésienne

Analyse classique et Analyse keynésienne


néoclassique
Prix Les prix sont flexibles,
ils influencent l’épargne Fixes à court terme
et la consommation
par effet de Pigou
Le rôle de C’est une vertu Néfaste à l’économie.
l’épargne car elle permet de Plus la proportion
financer l’investissement à épargner est forte,
plus le multiplicateur est
faible et plus l’effet
de relance est atténué
Synthèses des théories classiques et keynésienne

L’excès de l’épargne
est un vice relatif
qui explique la faiblesse
de la croissance et
la dépression des
années 1930
Consommation Pour les classiques, Dépend du revenu
les ménages affectent courant et de la
d’abord leurs propension marginale
revenus à l’épargne à consommer
Synthèses des théories classiques et keynésienne

Investissement La hausse de La hausse de


l’épargne entraine une l’investissement entraine
hausse de une hausse du revenu et
l’investissement de l’épargne.

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