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Perception de l'enseignement des langues au Cameroun

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UNIVERSITÉ DE YAOUNDÉ I THE UNIVERSITY OF YAOUNDE I

********** **********
HIGHER TEACHER TRAINING
ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE
N COLLEGE
********** **********
DÉPARTEMENT DE FRANÇAIS DEPARTMENT OF FRENCH
E S

PERCEPTION DE L’ENSEIGNEMENT DES


LANGUES CAMEROUNAISES AU SECONDAIRE :
CAS DU LYCÉE DE NKOLBISSON

Mémoire présenté en vue de l’obtention du Diplôme de Professeur de l’Enseignement


secondaire deuxième grade (Di.P.E.S. II)

par

Marie Laure MBOCKA NKAKE

Licenciée ès Lettres bilingues

sous la direction de
Pr. Clédor NSEME

Maître de Conférences

Année académique 2014-2015

1
DÉDICACE

mon feu père Léon MBOCKA NKAKE

Et

ma chère mère Christine ENGOLA KOUNOU

i
REMERCIEMENTS

Comme le dit un adage africain : « il faut plusieurs mains pour faire un nœud, une
seule main ne peut faire un nœud. » Aussi, ce travail a été réalisé par la grâce de Dieu et avec
la contribution des efforts et sacrifices conjugués de plusieurs personnes de bonne volonté à
qui, je tiens à témoigner de ma reconnaissance et gratitude.

Tout d‟abord, je tiens solennellement et fermement à remercier Professeur Clédor


NSEME qui, de part sa double autorité scientifique et paternelle, et en dépit de ses
nombreuses occupations sans oublier son état de santé, a patiemment et judicieusement guidé
mon travail.

Toute la communauté éducative du Lycée de Nkolbisson qui m‟a chaleureusement


accueilli et m‟a permis par la suite de collecter les données auprès leurs élèves.

Mes frères et sœurs et à toute la famille pour leur affection, soutien matériel et
encouragements divers, je dis un sincère merci.

Tous mes amis, notamment Pascaline JATSA TINDO, Prudence OBILA, Solange
Corine NDETTE, sans oublier Nicaise AMBASSA et Jean noël ZOGO ZOGO pour leur
soutien moral et incessants encouragements accompagnés de leurs remarques et critiques
inconditionnelles qui ont contribué à l‟amélioration de la qualité scientifique de ce travail, je
dis un sincère merci.

Gustave ITEM, j‟exprime toute ma reconnaissance pour tout son soutien moral,
matériel et financier consacré dans les épreuves les plus difficiles que j‟ai rencontrée lors de
la confection de ce travail.

De même, à tous ceux qui ont contribué d‟une quelconque manière de près ou de loin à
la construction de cet édifice, je dis un grand merci.

ii
SIGLES ET ABBRÉVIATIONS

AEF : Afrique Équatoriale Française

LCC : Langues et cultures camerounaises

LM : Langue maternelle

LN : Langue nationale

LO1 : Première langue officielle ou langue officielle 1

LO2 : Deuxième langue officielle ou langue officielle 2

MINESEC : Ministère de l‟Enseignement Secondaire

MINESUP : Ministère de l‟Enseignement supérieur

PROPELCA : Projet de Recherche Opérationnelle pour l‟Enseignement des Langues au


Cameroun

SIL : Summer Institute of Linguistics (Société Internationale de Linguistique)

Tle : Terminale

iii
LISTE DES GRAPHIQUES

Graphique 1 : Répartition des élèves selon le niveau d’étude ............................................... 33

Graphique 2: Répartition des élèves selon le sexe ................................................................ 35

Graphique 3: Répartition des élèves selon la région de naissance ......................................... 36

Graphique 4: Répartition des élèves selon la région d‟origine .............................................. 37

Graphique 5: Répartition des parents d‟élèves selon l‟âge du ménage ..................................38

Graphique 6: Répartition des parents d‟élèves selon le sexe ................................................. 38

Graphique 7: Répartition des parents d‟élèves par secteur d‟activité .................................... 39

Graphique 8: La discipline des enseignants ......................................................................... 41

Graphique 9: Niveau de langue maternelle de l’élève ........................................................... 50

Graphique 10:Niveau oral des élèves en français ................................................................. 50

Q-7b III Graphique 11: Niveau oral des élèves en anglais ................................................... 51

Q-9a III Graphique 12: Niveau écrit en français des élèves ................................................. 52

Q-9b III Graphique 13: Niveau écrit en anglais des élèves ................................................... 53

Q-10 III Graphique 14: La langue la mieux parlée (LM, LO1, LO2) .................................... 54

Q-7a II Graphique 15: Niveau de connaissance orale des parents d’élèves en français ........ 55

Q-7b II: Graphique 16 : Niveau de connaissance orale des parents d’élèves en anglais ....... 56

Q-7c II Graphique 17: Niveau de connaissance orale des parents d’élèves en langue
maternelle ............................................................................................................................ 57

Q-8a II Graphique 18: Niveau de connaissance écrite des parents d’élèves en français ....... 58

Q-8b II Graphique 19: Niveau de connaissance écrite des parents d’élèves en anglais ........ 59

Q-8c IIGraphique 20: Niveau de connaissance écrite des parents d’élèves en langue
maternelle ............................................................................................................................ 60

Graphique 21: La langue la plus importante selon les membres de l‟administration ............. 61

Graphique 22: Classement des langues parlées par ordre d’importance .............................. 62

Q-11 IV Graphique 23: La langue première des élèves ........................................................ 63

Q-12a IV Graphique 24: Langue parlée avec le père ........................................................... 64

Q-12b IV Graphique 25: Langue parlée avec la mère .......................................................... 65

iv
Q-12c IV Graphique 26: Langue parlée avec les frères et les sœurs .....................................66

Q-12f IV Graphique 27: Langue utilisée pour communiquer avec les professeurs ................ 67

Q-11 III Graphique 28: Langue utilisée pour communiquer avec le conjoint ........................ 68

Q-12 III Graphique 29: Langue utilisée pour communiquer avec les enfants ........................ 68

Graphique 30: L’évaluation de la pratique linguistique actuelle des enfants par le personnel
administratif ......................................................................................................................... 69

Graphique 31: Un enfant qui apprend d’abord à parler sa langue maternelle, apprend plus
facilement les autres langues : avis du personnel administratif ............................................. 70

Q-14V Graphique 32: La langue la plus appréciée par les élèves......................................... 71

Q-15V Graphique 33: La langue la moins appréciée par les élèves ...................................... 72

Q-16 V Graphique 34: La langue utilisée par les élèves pour insulter ou pour s’exclamer ...73

Q-17V Graphique 35: Sentiment des élèves à l’écoute de leurs langues maternelles ............ 73

Q-18 V Graphique 36: Répondre en langue maternelle ........................................................ 74

Q-19 V Graphique 37: Aimer parler sa langue maternelle ................................................... 75

Q-20 V Graphique 38: L’idée que se font les élèves de ceux qui parlent constamment leur
langue maternelle ................................................................................................................. 75

Q-13 IV Graphique 39: Affection pour la langue maternelle ................................................ 76

Q-14 IV Graphique 40: La langue la mieux parlée par les parents d’élèves ......................... 77

Q-15 IV Graphique 41: Sentiments des parents à l’écoute de leurs langues maternelles ....... 78

Q-16 IV Graphique 42: La langue préférée des parents d‟élèves .......................................... 78

Q-21 VI Graphique 43: Appréciation du cours de langues et cultures camerounaises .......... 81

Q-22 VI Graphique 44: L’ambiance pendant le cours de langues et cultures camerounaises 81

Q-23 VI Graphique 45: L’attitude des élèves pendant le cours de langues et cultures
camerounaises ...................................................................................................................... 82

Q-24 VI Graphique 46: Le cours de LCC : initiative à encourager....................................... 83

Q-20 V Graphique 47: Appréciation de l’enseignement des langues camerounaises par les
parents d’élèves .................................................................................................................... 84

Q-21 V Graphique 48: Changement d’attitude des élèves vis-à-vis des langues camerounaises
............................................................................................................................................. 85

v
Q-23 V Graphique 49: Le choix de la seconde langue après l’anglais ..................................85

Q-24 V Graphique 50: La LM est un frein à l’apprentissage des langues officielles ............. 86

Q-c II Graphique 51: Avez-vous observé un changement de comportement depuis l’insertion


du cours de LCC ? ................................................................................................................ 87

vi
LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1: Répartition des élèves selon l’âge ....................................................................... 34

Tableau 2: Répartition des parents d’élèves selon leur situation matrimoniale...................... 40

vii
RÉSUMÉ

Dans ce mémoire, nous présentons la perception de l‟enseignement des langues et


cultures camerounaises par les acteurs de la communauté éducative du Lycée de Nkolbisson
de Yaoundé. A cet effet, nous avons d‟abord étudié, à travers un questionnaire, le niveau de
compétence ainsi que les pratiques linguistiques de chacun de ces acteurs en leur langue
maternelle. Ensuite, il s‟est agi pour nous de déterminer leurs représentations et leurs attitudes
linguistiques vis-à-vis de l‟insertion des langues et cultures camerounaises dans les
programmes scolaires. Les résultats auxquels nous avons abouti, nous permettent d‟affirmer
que d‟une manière générale, les élèves, leurs parents, leurs enseignants mais, aussi la
hiérarchie du Lycée de Nkolbisson ont une perception positive de l‟enseignement des langues
et cultures camerounaises à l‟école.

Mots clés : Perception, enseignement, langues et cultures camerounaises, niveau de


compétence linguistique, pratiques linguistiques, attitudes et représentations linguistiques.

ABSTRACT

This dissertation presents the perception of the teaching of Cameroon languages by


actors of education of Lycée de Nkolbisson in Yaounde. Through the use of a questionnaire,
we studied the level of competence and also the linguistic attitudes of each actor in mother
tongues. In addition, we determined their linguistic representations and attitudes towards the
introduction of Cameroon languages and cultures in the school curricula. From the results
obtained, we could confirm that our informants (students, teachers, the administration and
even parents) have a positive perception as to what concerns the teaching of mother tongues
in school.

Key words: Perception, teaching, Cameroon languages and cultures, level of


linguistic competence, linguistic practices, linguistic attitudes and representations.

viii
INTRODUCTION GÉNÉRALE

1
Le multilinguisme qui caractérise au plus au haut point le Cameroun a entre autres
raisons, favorisé pendant l‟absence, de manière officielle et permanente, des langues
nationales dans le système éducatif camerounais. En effet, la décision prise par le
gouvernement camerounais d‟introduire les langues camerounaises dans l‟éducation formelle
est la concrétisation et l‟aboutissement d‟un très long processus. La dite décision a suscité
diverses réactions de la part de nombreux camerounais. Ainsi, les chercheurs tels que
Chumbow (1980), Tadadjeu (1980), et plus tard Tabi Manga (2000), Asoumou (2008),
Messina (2010) et Ndibnu-Messina (2012) ont œuvré à proposer et à expérimenter les
modèles d‟aménagement linguistique des langues nationales au Cameroun. Pays de la méga
diversité culturelle, le Cameroun compte aujourd‟hui 248 langues nationales d‟après Grimes
B. (1996), et aucune langue véhiculaire d‟envergure nationale n‟a pu émerger jusqu‟à ce jour.
De plus aujourd‟hui, la complexité de la situation linguistique du Cameroun s‟aggrave ces
dernières années avec le phénomène de l‟exode des populations rurales vers les grandes villes
à la recherche de l‟emploi et le déplacement de certaines populations des régions sahéliennes
et arides vers les régions où les terres sont fertiles. Le brassage des populations d‟origine
culturelle différente qui en découle renforce la complexité linguistique Mba (2008). Ceci
laisse un aperçu selon lequel le multilinguisme serait un véritable handicap à l‟insertion des
langues maternelles à l‟école. Le sujet que nous nous proposons de traiter dans le cadre de
cette recherche est : Perception de l’enseignement des langues camerounaises au secondaire :
cas du Lycée de Nkolbisson. En effet, il s‟agit de la place que les Camerounais accordent aux
langues nationales. Cette étude est une investigation sur les attitudes des Camerounais à
l‟égard de leurs langues maternelles en général et de l‟enseignement de ces dernières en
particulier. Car, au moment où les langues camerounaises sont officiellement insérées dans les
programmes d‟enseignement du secondaire, il est judicieux d‟analyser la réception à elle
réservée par les élèves, leurs parents, le personnel administratif et les enseignants du Lycée de
Nkolbisson afin de mieux prendre en compte leurs attentes et encourager une bonne synergie
entre ces différents acteurs dans le processus enseignement/apprentissage des langues
camerounaises.

1. Définition du sujet

L‟étude que nous menons dans ce mémoire a pour thème : La perception de


l’enseignement des langues camerounaises au secondaire : cas du Lycée Classique de
Nkolbisson. Ainsi, elle s‟inscrit dans la problématique générale de l‟imaginaire linguistique
des Camerounais au sujet de l‟enseignement des langues camerounaises. Il faut rappeler que

2
l‟imaginaire linguistique résulte du rapport qu‟entretient le sujet avec sa langue. Houbedine
(1970, 1982, 1983), partage ce point de vue car selon lui, l‟imaginaire linguistique est le
rapport qu‟un sujet a d‟une langue donnée et ce dernier est connu par les différents
commentaires évaluatifs portés par le locuteur sur la langue en question. La politique
linguistique appliquée au Cameroun peut être un moteur principal dans la stimulation des
différentes attitudes et représentations des Camerounais vis-à-vis des langues en général et de
la langue maternelle en particulier. Le français et l‟anglais ayant bénéficié d‟un statut officiel,
occupent ainsi des fonctions dans l‟éducation, l‟administration et la politique. A travers ces
fonctions, les langues officielles ont du prestige et inspirent aussi la réussite
socioprofessionnelle. Par contre, les langues locales, qui n‟assurent pas encore une promotion
sociale, ont moins d‟importance et restent moins utilisées par la population. Heureusement, la
tendance est en train de s‟inverser et la politique linguistique en vigueur au Cameroun prône
la promotion des langues camerounaises et leur insertion dans les programmes scolaires. Les
lois en conformité avec cette application sont les suivantes :

- La constitution de la République du Cameroun du 18 janvier 1996 qui précise que


la République du Cameroun œuvre pour la protection et la promotion des langues
nationales ;
- La loi no 98/04 du 14 avril1998 portant sur l‟orientation de l‟éducation au
Cameroun qui prévoit l‟introduction des langues camerounaises dans le système
éducatif formel ;
- Le décret 2002/04 du 04 janvier 2002, réorganisant le MINESEC et créant au
niveau régional des inspections pédagogiques parmi lesquelles celles des langues
camerounaises.

La politique linguistique mise en place dans le territoire camerounais influence


l‟appréciation des locuteurs au sujet des langues camerounaise présentes sur ledit territoire.
Ainsi, les langues d‟enseignement sont en effet celles reconnues comme officielles par la
politique linguistique d‟un pays. Raison pour laquelle la politique linguistique d‟un pays
devrait se confondre à sa politique éducative. D‟ailleurs, Lecointre et Nicolau(1996) cités par
Bitjaa (2004 : 239) soutiennent que la politique linguistique d‟un Etat se constitue le plus
souvent à partir des réformes concrètes sur la langue d‟enseignement. C‟est ainsi qu‟ils
affirment que :

Il n‟existe pas de politique linguistique qui n‟ait d‟immédiats retombées sur


la politique éducative d‟un État, à telle enseigne qu‟on est parfois amené à

3
les confondre. Souvent, c‟est même à partir des reformes concrètes portant
sur les langues d‟enseignement que se constitue la politique linguistique.

2. Motivation

Ce travail de recherche est assorti d'une motivation indéniable à un triple niveau :


D‟abord sur le plan personnel et scientifique, l‟enseignement des langues a toujours
suscité en nous un réel intérêt, plus précisément pour les questions portant sur l‟apprentissage,
la pratique et la connaissance des langues en présence dans une société. L‟introduction des
langues camerounaises dans les lycées, longtemps préconisé, devrait imposer forcément un
changement dans les perceptions et les attitudes des élèves, des parents d‟élèves, des membres
du personnel administratif et des enseignants à l‟égard des langues en général et les langues
camerounaises en particulier. Ainsi, nous sommes motivée à évaluer le microcosme
linguistique et culturel de la communauté éducative. Dans la transmission des connaissances,
il est important de prendre en compte les représentations des différents acteurs pour atteindre
les objectifs fixés. Il a été trouvé fondamental d‟évaluer et d‟analyser les perceptions de la
communauté éducative à l‟égard des langues camerounaises et surtout de leur enseignement.

Ensuite, ce choix a été motivé par l‟arrêté No 08/223/MINESUP/DDES du 03


septembre 2008 en réponse à la demande No 285/08/MINESEC/IGE/IP/LALE du Ministère
des Enseignements Secondaires portant création du Département des Langues et Cultures
Camerounaises à l‟École normale supérieure de Yaoundé. L‟année 2011 marque la sortie de
la première promotion des enseignants des Langues et cultures camerounaises. Ainsi,
l‟introduction du patrimoine linguistique et culturel camerounais dans le programme des
collèges et lycées d‟enseignement secondaire est effective. Cette importante décision
s‟accompagne de l‟ouverture de sept établissements publics pilotes repartis à travers
l‟ensemble du territoire national. Il s‟agit du Lycée Général Leclerc de Yaoundé, du Lycée
d‟Akwa de Douala, du Lycée Classique de Maroua, du Lycée Classique de Bafang, du Lycée
de Njiinikom dans le Nord-Ouest, du Lycée d‟Ebolowa et du Lycée de Ngaoundéré qui sont
ainsi les premiers champs d‟expérimentation de l‟enseignement/apprentissage des langues et
cultures camerounaises. Les nouveaux enseignements dans ces établissements marquent un
tournant décisif pour l‟insertion des langues camerounaises. Aujourd‟hui plus qu‟hier, les
responsables de l‟enseignement se rendent compte de l‟impérieuse nécessité d‟insérer les
langues camerounaises dans le système éducatif formel. À l‟état actuel des choses,
l‟enseignement des langues camerounaises dans les lycées en est encore à sa phase pilote. Les
langues camerounaises ne sont pas encore enseignées dans tous les lycées et collèges.
4
Enfin, au plan didactique, l‟importance de l‟enseignement/apprentissage des langues
camerounaises n‟est plus à démontrer. Les langues maternelles sont des moyens par lesquels
l‟enfant construit lui-même son savoir et les représentations constituent un facteur motivant
ou démotivant dans l‟acquisition d‟une langue. Cela est soutenu par Tadadjeu et al
(1991) : « en commençant l’éducation par la langue que l’enfant connaît déjà, on augmente
la capacité qu’il a d’acquérir les connaissances et d’apprendre une autre langue. » Par
ailleurs, en linguistique de l‟acquisition, les représentations constituent un élément structurant
dans le processus de l‟acquisition d‟une langue. Cette idée est soutenue par Dabene cité par
Castelloti et Moore (2002 :7), qui croient qu‟en général, les représentations que les locuteurs
se font des langues, de leurs normes, de leurs caractéristiques ou de leurs statuts au regard
d‟autres langues, influencent les procédures et les stratégies qu‟ils mettent en œuvre pour les
apprendre et les utiliser.

3. Cadre pragmatique

La situation géolinguistique du Cameroun ainsi que celle de Yaoundé, permet de


cerner le terrain d‟enquête et les différents facteurs susceptibles d‟influer sur les
représentations et les attitudes linguistiques de la communauté éducative. La problématique
soulève l‟ensemble des questions relatives à l‟impact des perceptions sur
l‟enseignement/apprentissage des langues camerounaises. L‟objectif, les intérêts socio-
pédagogique et culturel achèvent la présentation du cadre pragmatique.

3.1. Situation géolinguistique du Cameroun

Le Cameroun est situé en Afrique Centrale. Le Cameroun compte une population de


près de 25 millions d‟habitants reparties dans 10 Régions dont 8 francophones et 2
anglophones. Les Régions francophones sont : Centre, Est, Ouest, Sud, Nord, Adamaoua,
Extrême Nord et Littoral. Les Régions anglophones sont : Sud-Ouest et Nord-Ouest. Le pays
couvre la superficie de 475 442 km2 et est limité au Nord par le Tchad, à l‟Ouest par le
Nigéria, au Sud-Ouest par la Guinée Équatoriale, au Sud-Est par le Congo et à l‟Est par la
République Centrafricaine.

Le Cameroun, Afrique en miniature de part la diversité de ses paysages et de


l‟hétérogénéité des peuples qui y vivent, regroupe trois des quatre phylums linguistiques
présents dans l‟ensemble du continent africain à savoir les phylums Niger- Congo, Nilo-

5
Saharien et Afro-asiatique. Ce dernier phylum est le plus représenté au Cameroun et plus
particulièrement à Yaoundé, ville cosmopolite d‟une riche diversité linguistique et culturelle.
L‟usage du français et de l‟anglais comme langues officielles fait du Cameroun un pays
bilingue. A côté de ces deux langues officielles coexistent 248 langues locales. (Bitjaa :
2003). Le portrait des variétés linguistiques présentes au Cameroun serait incomplet sans
l‟évocation des deux « langues hybrides » (Essono, 2001 : 69) que sont le pidgin english et le
camfranglais. Les langues véhiculaires du Cameroun sont de ce fait le fulfulde, le beti-fang, le
duala, le mungaka, le bassaa, l‟arabe-choa, le wandala, le medumba, le haussa et le pidgin-
english. Breton (1991). Des langues étrangères telles que l‟arabe, l‟allemand, l‟espagnol, le
chinois et l‟italien sont enseignées dans les établissements secondaires et universitaires du
Cameroun.

La situation linguistique du Cameroun ainsi présentée convoque la notion de conflit


interpellant celle de diglossie. Chacune de ces notions renvoie forcément à l‟idée de
dominance d‟une langue A sur une langue B. Rappelons que le contact de langues implique
forcément la dominance, la compétition, la concurrence et par conséquent le conflit. Mais
encore selon la thèse diglossique rappelée par Bitjaa (2004 : 67), la coexistence des langues
sur le territoire n‟est jamais parfaitement égalitaire ou pacifique : elle se caractérise par une
répartition des fonctions sociales où la langue forte s‟arroge et se voit confiée les fonctions les
plus prestigieuses. Cette situation de cohabitation manifeste toujours un rapport dans lequel la
langue dominante voue la langue dominée à la disparition. C‟est le cas des langues nationales
dans les zones urbaines du Cameroun, qui tendent progressivement à être exclues voire à une
extinction possible des circuits vitaux de la vie quotidienne du locuteur. « Les stéréotypes sur
les langues en général conditionnent les comportements de la vie publique comme dans la vie
privée. » Mbassi (2002 : 98).

Le Cameroun s‟apparente donc à un milieu multilingue dont la diversité culturelle est


établie et où les langues locales et les langues officielles se côtoient au quotidien dans les
villages et surtout dans les villes à l‟instar de Yaoundé.

3.2. Situation géolinguistique de la ville de Yaoundé

Yaoundé, surnommée « ville aux sept collines », est la capitale politique du


Cameroun. Peuplée de 2 440 462 habitants (en 2011), elle est après Douala, la seconde ville
de cet État de l‟Afrique Centrale. La ville de Yaoundé est l‟exemple type de l‟existence d‟une

6
multiplicité de langues au Cameroun. La majorité des langues camerounaises sont présentes à
Yaoundé y compris les langues étrangères. Ces langues trainent derrière elles leurs locuteurs
qui s‟établissent dans divers quartiers de la ville. L‟étude des représentations et des attitudes
des populations au sujet des langues est non seulement l‟étude de la coexistence mais bien
plus celle de la gestion de leur coexistence dans le milieu plurilingue tel que Yaoundé. Bitjaa
Kody (2005 : 10) ne dit-il pas que :

que ce soit lors de leurs déplacements ou après leur sédentarisation, les


populations se sont brassées, les peuples se sont confrontés aux peuples, les
cultures se sont frottées aux cultures et les langues se sont frottées aux
langues.

Le contact entre langues et cultures résulte du contact entre les populations se côtoyant
dans les villes en occurrence la ville de Yaoundé. Ils viennent d‟horizons ethnico-linguistique
divers et partagent le même environnement. Ainsi, la ville de Yaoundé est un cadre propice
pour évaluer les perceptions et représentations en milieu multilingue et pluriculturaliste. Dans
la ville, les locuteurs peuvent être amenés à porter un regard négatif ou positif sur les langues
de leur environnement. Les élèves du Lycée de Nkolbisson sont en contact permanent avec
plusieurs langues au quotidien. Ainsi, peuvent-ils avoir des préférences, des appréhensions et
des attitudes particulières faces aux langues en présence ? Lorsqu‟il existe un contact et une
cohabitation des langues, il est toujours intéressant de réfléchir sur les représentations et les
attitudes linguistiques des populations ; car les attitudes des populations face aux langues
déterminent aussi leur transmission aux générations futures.

L‟héritage linguistique et culturel que charrient les populations des villages vers les
villes a forcément un impact sur les perceptions linguistiques que ces derniers auront vis-à-vis
de leurs langues et de celles qu‟ils trouveront dans la ville. Car la ville de Yaoundé est un
véritable laboratoire linguistique dans lequel les langues se côtoient au quotidien et
entretiennent entre elles de multiples rapports et sont appréhendées différemment par les
populations. (Messina : 2010) déclare que :

Yaoundé est une ville au carrefour des cultures. Yaoundé est d‟une riche
diversité linguistique et culturelle. Les élèves sont en contact au quotidien
avec l‟anglais, le français, l‟ewondo, le bassaa, le fulfulde le féfée, l‟arabe et
le pidgin-english pour ne citer que ces dernières.

La Région du Centre compte sept Départements que sont la Mefou et Afamba, la


Lekié, le Nyong et So‟o, le Nyong et Kelle, le Mbam et Kim et Inoubou et le Mfoundi où se

7
situe la ville de Yaoundé. Le Mfoundi est subdivisé en sept arrondissements à savoir :
Yaoundé I, II, III, IV, V, VI et VII. Le Lycée de Nkolbisson est situé dans le septième
arrondissement. Le Mfoundi, petit département au cœur de l‟aire Beti-fang est précisément le
centre du dialecte ewondo. Le beti-fang est classé A70, classification qui découle de celle de
Guthrie (1948) est constitué du beti-fang c‟est-à-dire ewondo, bulu, fan, eton, menguissa,
ntumu et fang.

3.3. Lycée de Nkolbisson

Le lycée de Nkolbisson est un collège général d‟ordre public à cycle complet (premier
et second cycle) qui comprend seulement la section francophone. Pour la bonne marche de cet
établissement, se trouve à sa tête un proviseur assisté par plusieurs censeurs et surveillants
généraux.

Le lycée prépare les élèves aux examens du sous-système francophone BEPC,


Probatoire et Baccalauréat Général. Il s‟agit d‟un établissement géant d‟environ 3000 élèves
encadrés par 180 personnels. Il compte 31 salles de classes donc 4 sixièmes, 4 cinquièmes, 5
quatrièmes, 5 troisièmes, 4 secondes, 5 premières et 4 terminales. La particularité du Lycée de
Nkolbisson réside au niveau de ses 5 quatrièmes car, on y retrouve 2 quatrièmes espagnoles, 2
quatrièmes allemandes et une quatrième chinoise qui a été ouverte en septembre 2015.

Situé dans le septième arrondissement, le quartier Nkolbisson où se trouve le Lycée est


l‟un des quartiers les plus populeux de la capitale politique. Il est limitrophe au quartier
Oyomabang qui compte aussi une très grande population. Le lycée de Nkolbisson fait partie
des établissements publics pilotes raison pour laquelle il a été retenu dans le cadre de notre
recherche. C‟est un établissement qui contient un seul système d‟éducation et il revêt un
caractère cosmopolite indéniable du fait du brassage ethnico-linguistique et culturel. Cela
nous permet de mieux apprécier les perceptions la communauté éducative de Yaoundé à
l‟égard de l‟enseignement des langues camerounaises.

4. Questions de recherche

La colonisation a joué un rôle dans la prise de décision des différentes politiques


linguistiques mises en place au Cameroun. A cela s‟ajoute le phénomène de la mondialisation.
Ces deux principaux facteurs ont largement favorisé l‟expansion des langues coloniales qui
ont actuellement un statut de langues officielles de la nation. Il s‟agit bel et bien du français et

8
de l‟anglais. Ce sont les langues de l'administration, de la justice, des médias audiovisuels, de
la publicité, de l'enseignement, de la littérature et de la presse écrite. Leur utilisation est
obligatoire dans toutes les situations où l'État est représenté.

Au regard de ce qui précède, nous pouvons nous poser les questions suivantes :

1- Quel regard les Camerounais portent-ils à leurs langues nationales ? En d‟autres


termes, quelles attitudes et représentations ont-ils à l‟égard des langues en général et
particulièrement de la langue maternelle et de son insertion à l‟école ?

2- Quelle perception la communauté éducative a-t-elle de l‟introduction des langues


maternelles à l‟école ?

Ces différentes questions trouveront des solutions à travers l‟étude des facteurs
sociaux et linguistiques qui influencent directement ou indirectement l‟appréciation de la
population interrogée. En clair, nous étudierons les manifestations directes et indirectes des
informateurs ou encore leurs attitudes et leurs représentations à l‟égard du projet de
l‟introduction des langues camerounaises dans le programme éducatif du secondaire. Des
enquêtes ont été menées auprès des élèves, des parents d‟élèves, du personnel administratif,
des enseignants en général et des enseignants des langues camerounaises du Lycée de
Nkolbisson afin de donner des réponses concrètes et réalistes à notre préoccupation. Dans la
mesure où ces cinq catégories d‟acteurs forment l‟ossature de la communauté éducative
nationale, et étant donné que le Lycée de Nkolbisson est l‟un des établissements pilotes au
sein desquels l‟enseignement des langues camerounaises est expérimenté, la présente étude
peut servir de baromètre miniature permettant d‟évaluer la perception générale de la
communauté éducative vis-à-vis de l‟enseignement des langues camerounaises.

5. Objectifs et intérêt de l’étude


Toute réflexion scientifique se propose un objectif et revêt un certain intérêt. Ainsi,
cette étude poursuit un objet précis. L‟objectif ci- dessous est de cerner la place des langues
camerounaises dans les représentations et attitudes de la communauté éducative du Lycée
de Nkolbisson.

9
5.1. Objectifs

Notre étude, portant sur la perception de l‟enseignement des langues camerounaises au


secondaire, se propose comme objectif principal d‟étudier les attitudes et les représentations
linguistiques de la communauté éducative du Lycée de Nkolbisson pouvant influencer leur
appréciation à l‟égard de l‟introduction des langues maternelle au secondaire. Les attitudes et
les représentations sont connues pour avoir un lien direct avec les comportements sociaux. A
partir des attitudes et des représentations, nous pouvons connaître si le jugement porté à
l‟égard d‟une certaine chose, d‟une certaine personne ou d‟une certaine langue donnée est
favorable ou non. En effet, les attitudes ne sont pas directement observables, elles sont
généralement associées et évaluées à partir d‟observation spécifique sur le plan du
comportement et du discours. Les représentations quant à elles, sont considérées comme
l‟ensemble de ce qui renferme les attitudes, qui sont évaluatives et pouvant générer des
pratiques. Les représentations structurent la perception ou le point de vue qui peut être adopté
par un individu ou plusieurs personnes à l‟égard d‟une chose. Afin de mieux cerner la
perception que les informateurs se font de cette insertion, nous allons tour à tour :

étudier les attitudes et les représentations des élèves des classes expérimentales du
Lycée de Nkolbisson notamment, celles de 6 ème, 5ème et 4èmeà l‟égard des langues en
général et de la langue maternelle en particulier ;
étudier les attitudes et représentations des personnes qui interviennent dans l‟éducation
des apprenants à savoir leurs parents, le personnel administratif du lycée, les
enseignants en général et ceux des langues en particuliers au sujet de l‟introduction
des langues camerounaises dans le système éducatif ;
identifier les facteurs dépendants et indépendants relatifs aux attitudes des apprenants,
à l‟exemple de la pratique linguistique et le milieu social pouvant influencer
l‟appréciation que se font les informateurs au sujet des langues camerounaises au
secondaire.

5.2. Intérêts socio-pédagogiques et culturels

Sur le plan socioculturel, cette étude permet de sensibiliser les élèves en général sur
l‟impérieuse nécessité d‟apprendre les langues camerounaises, et de susciter leur
enthousiasme à le faire. La revalorisation et la promotion des valeurs culturelles passent
nécessairement par une bonne maîtrise des langues nationales. Ainsi, cette étude permet ainsi

10
aux parents d‟élèves d‟adhérer et d‟accompagner le projet d‟enseignement des langues
camerounaises. Les parents commencent la pratique des langues camerounaises à la maison
que les enseignants consolident à l‟école. La culture est un vaste réservoir de valeurs
identitaires que seule l‟école ne peut explorer ; d‟où une nécessaire adhésion et collaboration
de tous les partenaires à l‟éducation. La survie et la pérennisation d‟une langue donnée dans le
monde passe inévitablement par l‟enseignement de cette langue à l‟école. (Sadembouo et
Tadadjeu : 2002)

En outre, la maîtrise de la langue maternelle et celles des autres entraine une


cohabitation pacifique des cultures et une harmonie sociales. Une bonne réceptivité vis-à-vis
de l‟enseignement des langues camerounaises encourage et consolide l‟intégration nationale
et la construction d‟une mémoire culturelle nationale. D‟où l‟urgence d‟enseigner les langues
nationales pour juguler la crise identitaire et briser les barrières culturelles érigées par la
mondialisation actuelle. Nseme (2011) :

Apprendre une langue, qu‟elle soit locale ou étrangère, c‟est s‟ouvrir non
seulement à cette langue, mais aussi à la culture de la communauté
linguistique et à ses mœurs. L‟apprentissage de plusieurs langues […] est
donc à percevoir comme un facteur d‟intégration nationale, une opération
qui appelle la minorisation des différences des barrières afin que les uns et
les autres, au-delà de leurs différences s‟acceptent, se comprennent. Aussi,
ils pourront cohabiter sans arrières pensées, sans suspicion liée à la
particularité linguistique et culturelle et, ce faisant, apprendre à regarder
dans la même direction.

Le dialogue des cultures est donc l‟enjeu socioculturel que revêt la présente étude. Car
les élèves ayant une attitude d‟ouverture au sujet de l‟enseignement/apprentissage des langues
et cultures camerounaises seraient plus ouverts et disposés à aller vers les autres et à échanger
avec ces derniers sans préjugés liés à leurs particularités linguistiques et culturelles. En
prenant en compte les attitudes et représentations linguistiques des apprenants dans la
préparation et la conduite de leurs leçons, les enseignants veilleraient mieux à la construction
d‟attitudes positives à l‟égard des langues camerounaises, et à l‟égard de leurs locuteurs et des
cultures qu‟elles reflètent et expriment.

Sur le plan pédagogique, la présente étude montre l‟impacte des perceptions sur le
processus enseignement/apprentissage des langues camerounaises. Elle permet aux
enseignants en amont d‟accorder une plus grande importance à leurs perceptions et à celles
des élèves afin de faciliter les enseignements des langues camerounaises en aval. En effet, les

11
acteurs de la scène éducative sauront également que les représentations varient dans le temps
et dans l‟espace, et par conséquent, nécessitent d‟être perpétuellement investiguées afin de
réajuster les méthodes pédagogiques et les contenus didactiques en vigueur. En outre, notre
étude vise à suggérer des pistes de solutions pour l‟amélioration de l‟enseignement des
langues camerounaises, car la langue maternelle est perçue comme un puissant vecteur de
transmission des connaissances chez l‟enfant. Tatadjeu et al, (1991) le prouvent en affirmant
qu‟ « en commençant l’éducation par la langue que l’enfant connait déjà, on augmente la
capacité qu’il a d’acquérir les connaissances et d’apprendre une autre langue ». Cette
assertion renvoie au fait que l‟apprentissage de la première langue de l‟enfant, différente de la
langue officielle, est essentiel à son développement intellectuel. En clair, l‟insertion des
langues camerounaises dans le programme d‟enseignement secondaire exige une analyse des
représentations et attitudes des populations, pour en évaluer non seulement la pertinence
scientifique mais aussi l‟impact de ces représentations sur le processus
enseignement/apprentissage des langues camerounaises.

6. Hypothèses de recherche

L‟hypothèse est généralement présentée comme une réponse anticipée à une question
posée. Elle est donc une réponse à priori qui devra être vérifiée au terme de l‟analyse des
données recueillies. D‟après Grawitz (1990 : 443), l‟hypothèse peut être définie comme étant :

(…) une proposition de réponse à une question. Elle tend à formuler une
relation entre les faits significatifs. Même si plus ou moins précise, elle aide
à sélectionner les faits observés (…) L‟hypothèse suggère donc les
procédures de recherche.

Dans le cadre de notre recherche, les hypothèses sont formulées comme suit :

Hypothèse no1 : Les Camerounais auront tendance à afficher un sentiment


d‟attachement à l‟égard de leurs langues maternelles.

Hypothèse no2 : Le niveau de connaissance des élèves et des parents d‟élèves en


langues officielles agirait positivement sur leur appréciation à propos de l‟enseignement des
langues camerounaises ç l‟école.

12
Hypothèse no3 : La pratique linguistique des informateurs centrée sur l‟usage
permanent du français, agirait négativement sur leur appréciation vis-à-vis de l‟insertion des
langues camerounaises à l‟école.

Hypothèse no 4 : Le fait d‟afficher une attitude positive ou négative face aux langues
influencerait les élèves et les parents d‟élèves à propos de leur appréciation générale au sujet
de l‟enseignement des langues camerounaises à l‟école.

7. La revue de la littérature

La revue de la littérature porte sur l‟ensemble des travaux qui ont été réalisés sur un
thème et pouvant servir de point de départ à de nouvelles recherches. Elle porte aussi sur les
ouvrages généraux ou spécifiques ayant un rapport direct ou nouveau avec la recherche.

Pour O. AKTOUF (1987 :213), la revue est :

L‟état de connaissance sur un sujet. C‟est en fait un inventaire des


principaux travaux effectués sur un thème, c‟est une étape qui permet à partir
des travaux étudiés d‟envisager de nouvelles orientations .

De ce fait, cette de la littérature sans toutefois prétendre être exhaustivité se limitera à


présenter le résultat de notre recherche documentaire constituée d‟un ensemble d‟articles et
d‟ouvrages. Les différents résumés nous donnerons un aperçu du traitement de notre sujet.

Il serait prétentieux et même malhonnête de considérer comme nouveau un sujet


comme le notre. En effet, au Cameroun, les recherches sur la perception des locuteurs au sujet
des langues camerounaises ou officielles ont fait l‟objet de plusieurs études pouvant inspirer
la présente réflexion. Ces ouvrages sont classés selon un ordre chronologique.

Bitjaa Kody (2000) dans « Attitudes et représentations linguistiques à Yaoundé » et


dans « Vitalité des langues à Yaoundé : le choix inconscient » in Calvet et Moussirou
Mouyoma, Le plurilinguisme urbain, décrit et analyse la gestion des LM par les personnes
issues des ménages endogamiques. Il ressort de cette étude que les langues camerounaises
sont en perte de vitesse au profit des langues officielles dans la ville de Yaoundé. Il s‟agit
notamment du français qui s‟impose progressivement comme langue de communication
intrafamiliale. Pour l‟auteur, les langues camerounaises sont victimes d‟une panne de

13
transmission intergénérationnelle, car 32% les jeunes issus des ménages sus évoqués ont pour
unique langue de communication le français.

Bitjaa Kody (2004 : 139 : 143) donne un avis par rapport aux langues camerounaises
et officielles. De ce fait, il pense que la raison pour laquelle les camerounais affichent une
attitude de rejet des langues locales ou d‟adhésion aux langues officielles est due au fait que
l‟exclusion de ces dernières des circuits vitaux de la communication nationales aurait entrainé
les locuteurs à les délaisser progressivement au profit des langues officielles, langues
exclusives de l‟administration, de l‟éducation, la justice et les médias. Ici, l‟auteur démontre
que l‟attitude des camerounais à l‟égard d‟une langue qu‟elle soit officielle ou locale, dépend
de l‟intérêt et du rôle social qui sont les siens.

Biloa et Fonkoua (2009) enquêtent au sujet des représentations du français et des


langues identitaires au Cameroun. Dans cette étude, l‟objectif est de montrer comment dans
un contexte multilingue avec les langues locales moins puissantes et les langues officielles
dont la notoriété n‟est plus à démontrer, les locuteurs camerounais perçoivent la cohabitation
linguistique. Il ressort de la présente étude que les jeunes camerounais vivant dans les zones
urbaines abandonnent progressivement les LM au profit du français qui finit par devenir leur
L1.

Diboma (2009) démontre comment l‟enseignement des langues nationales à l‟école est
suffisamment influencé par le regard et la perception qu‟ont les enfants des langues dans leur
environnement. Elle suggère la valorisation et la prise en compte des langues d‟origine des
apprenants afin qu‟ils soient plus motivés à les apprendre. Pour l‟auteur, la cellule familiale
est le vecteur essentiel dans la transmission des attitudes linguistiques aux apprenants.

Ndjapndounke (2011) évalue les perceptions des élèves du Lycée d‟Akwa à Douala à
l‟égard de l‟enseignement des langues nationales dans les établissements d‟enseignement
secondaire. Allant dans le même ordre d‟idée que Diboma, elle note que les perceptions des
élèves à l‟égard des langues locales sont tributaires des représentations et attitudes
développées au sein des familles à l‟égard de ces dernières. Il est par conséquent nécessaire
que les parents fournissent des efforts considérables afin d‟inciter les enfants à avoir une
image positive de leurs langues. Mais à cela, devrait s‟ajouter la volonté et la disponibilité des
élèves à valoriser les langues nationales à travers leur usage et leur pratique constante au sein
de la cellule familiale.

14
8. Organisation du travail

Dans ce mémoire, il s‟agit pour nous de sculpter la communauté éducative du Lycée


de Nkolbisson de Yaoundé afin de voir comment cette communauté perçoit l‟enseignement
des langues et cultures camerounaises. De plus, ce mémoire s‟articule autour de quatre
chapitres.

De prime abord, l‟introduction générale présente la définition du sujet, les motivations


qui jalonnent l‟étude. Puis, sont présentés les questions de recherche, les objectifs de l‟étude,
ses intérêts, les hypothèses de recherche, le terrain d‟enquête, un bref aperçu sur les études
antérieurement menées sur les représentations et les attitudes linguistiques des populations de
la ville de Yaoundé et enfin la méthodologie.

Le premier chapitre « Concepts et théories relatives aux langues camerounaises » traite


de la définition et explication des concepts tel que : « perception », « enseignement et
enseignant », « apprentissage et apprenant », « langue », « langue maternelle », « langue
nationale », « langue véhiculaire et langue officielles». Dans le même chapitre, se trouvent
l‟historique des langues au Cameroun, des propositions d‟aménagement linguistique en
contexte camerounais et les théories explicatives du sujet.

Le deuxième chapitre intitulé « Approche méthodologique et enquête préliminaire »


quant à lui, s‟attardera sur la population de l‟étude et l‟échantillonnage, et les informations
générales sur les informateurs. Ce chapitre présente également les méthodes, les techniques et
les instruments utilisés pour mener l‟enquête et le déroulement de l‟enquête.

« Étapes de l‟analyse des données », tel est le troisième chapitre. Dans ce chapitre,
chaque rubrique du questionnaire correspond à un sous-chapitre. Ainsi, le présent chapitre est
subdivisé en sous-titres tels que : les compétences linguistiques, les pratiques linguistiques,
les représentations et les attitudes des informateurs à l‟égard de langues camerounaises et de
l‟enseignement/apprentissage de ces dernières.

Le quatrième chapitre se chargera de la vérification des hypothèses de recherche et de


faire une interprétation des résultats.

Enfin, nous terminerons notre travail par une conclusion générale qui quant à elle
consistera à présenter des recommandations relatives à l‟amélioration des perceptions de la
communauté éducative du Lycée de Nkolbisson à l‟égard de l‟insertion des langues nationales
à l‟école et aussi, les apports et les limites de cette recherche.

15
CHAPITRE I : CONCEPTS ET THÉORIES RELATIVES AUX
LANGUES CAMEROUNAISES

16
Dans ce chapitre inaugural, il sera question de définir et d‟expliquer de prime abord les
notions de perceptions, enseignement/enseignant, apprentissage/apprenant, langue, langue
maternelle, langue nationale, langue véhiculaire et langues officielles. Ensuite, nous
évoluerons avec l‟histoire des langues au Cameroun partant de la période précoloniale aux
années de l‟indépendance du pays. A la fin de ce chapitre, un pan sera jeté sur le programme
d‟enseignement des langues camerounaises.

1.1. DÉFINITION ET EXPLICATION DES CONCEPTS

Le sens et l'orientation d'un terme sont généralement déterminés par le contexte dans
lequel il est utilisé. Afin d'éviter toute confusion ou ambiguïté, il est souhaitable de nous
arrêter un instant sur la définition et l‟explication des termes essentiels employés dans la
présente étude.

1.1.1. Explication de la notion de perception

La perception est une faculté biophysique ou le phénomène physio-psychologique et


culturel qui relie l'action du vivant aux mondes et à l'environnement par l'intermédiaire des
sens physiologiques et des idéologies individuelles ou collectives. En d‟autres termes, c‟est
l‟ensemble d'opérations psychologiques qui codent et coordonnent les diverses sensations
liées à la présence d'un objet extérieur, leur donnent une signification et permettent une prise
de connaissance.

1.1.2. Explication des notions d’enseignement, enseignant, apprentissage et


apprenant

Pour mieux appréhender ces notions, il est important de les regrouper en paire, c‟est-à-
dire en groupe de deux.

[Link]. Enseignement et enseignant

Selon Gage (1963 :96), l‟enseignement se définit comme toute forme d‟influence
interpersonnelle ayant pour but de changer les manières dont d‟autres personnes peuvent ou
pourront se comprendre.

Pour Legendre (1993 : 567),

17
l‟enseignement est un processus de communication en vue de susciter
l‟apprentissage ; un ensemble d‟actes de communication et de prises de
décisions mis en œuvre intentionnellement par une personne ou un groupe de
personnes qui interagissent en tant qu‟agent dans une situation pédagogique.

L‟enseignant de manière générale est un pédagogue qui pratique l‟enseignement


scolaire, scientifique, technique, sportif, religieux, culturel auprès d‟enfants, d‟adolescents ou
d‟adultes. De plus, la figure de l‟enseignant a souvent été associée à la transmission de savoirs
écrits, mais l‟enseignant est celui qui apprend à créer et à apprendre, et qui transmet des
savoir-faire et des éléments de la culture de son temps.

[Link]. Apprentissage et apprenant

L‟apprentissage est l‟acquisition de savoir-faire, c‟est-à-dire le processus d‟acquisition


de pratiques, de connaissances, de compétences, d‟attitudes ou de valeurs culturelles, par
l‟observation, l‟imitation, l‟essai, la répétition, la présentation.

S‟agissant de l‟apprenant, celui-ci est un sujet qui apprend, en étant acteur de son
apprentissage.

[Link]. Définition des concepts de langue, langue maternelle, langue nationale,


langue véhiculaire, langue vernaculaire et langues officielles

Le Petit Larousse, (2002 : 586) définit la langue comme un « système de signes


verbaux propre à une communauté d'individus qui l'utilise pour s'exprimer et communiquer
entre eux. » On a par exemple, le duala, l'ewondo, le fulfuldé ou le français comme langues.

Une langue est un instrument de communication selon lequel l‟expérience s‟analyse


différemment dans chaque communauté en unités douées d‟un contenu sémantique et d‟une
expression phonique, les mémoires. Cette expression phonique s‟articule à son tour en unités
distinctes et successives, les phonèmes en nombre déterminé dans chaque langue dont la
nature et les rapports mutuels diffèrent eux aussi d‟une langue à une autre.

Pour Saussure (Dubois et al, 2007 : 267), « la langue est un produit social en ce sens
que « l‟individu l‟enregistre passivement » ; Cette partie sociale du langage est « extérieure à
l‟individu » qui ne peut ni la créer, ni la modifier. Elle est un contrat collectif auquel tous les
membres de la communauté doivent se soumettre en bloc s‟ils veulent communiquer. Dans le
vocabulaire Saussurien, la langue est un trésor déposé par la pratique de la parole dans les

18
sujets appartenant à une même communauté, une somme d‟empreintes déposées dans chaque
cerveau, la somme des images verbales emmagasinées chez tous les individus ». Ainsi, la
langue est la partie du langage qui existe dans la conscience de tous les membres de la
communauté linguistique, la somme des empreintes déposées par la pratique sociale
d‟innombrables actes concrets de parole.

Une langue maternelle peut se définir comme la langue de la première socialisation


d'un enfant. C'est la langue qui est acquise, à en croire Bresse (1987, cité par Baker, 1996 :
13), « dès le plus jeune âge par simple interaction avec la mère et plus largement avec
l'environnement familial, langue qui est supposée être mieux maîtrisée que toute autre
acquise ou apprise ultérieurement »

On a ainsi l'habitude de dire que la langue parlée la première, celle de la première


enfance, est naturellement la langue maternelle. Or, s'il est vrai que cet apprentissage est un
phénomène émotionnel résultant de l'imitation inconsciente de personnes de l'entourage de
l'enfant avec lesquelles il entretient une relation affective intense, ce rôle n'est pas toujours
assumé par la mère et l'enfant peut avoir autour de lui plusieurs langues différentes.

Dans le présent travail, nous entendons par langue maternelle non pas la langue de la
mère, mais celle qui appartient à la culture spécifique au sujet. Nous nous représentons ainsi
schématiquement le sujet comme parlant la langue de ses parents dans ses classes parentales
de référence.

Les langues nationales quant à elles sont les langues de la nation ou du peuple, c'est-à-
dire reconnues comme langues nationale, par les Etat, mais aussi dans certains cas par les
autorités ou représentants de communautés s‟estimant colonisés par d‟autres nations. Les
langues nationales ont pour vocation par leur utilisation hégémonique dans le pays de souder
l‟unité nationale ou par l‟extension de leur utilisation parmi ceux qui sont considérés comme
les membres de la nation (et qui ont la volonté d‟en être) de participer à souder l‟unité
nationale. Elles en sont ainsi l‟élément primordial constitutif de l‟identité nationale.

Concernant la langue véhiculaire, Cette expression est utilisée pour désigner toute
langue servant de base de communication entre membres de communautés linguistiques
différentes. Le français, l'anglais ou le pidgin-english ont ce statut au Cameroun.

19
Par opposition à langue véhiculaire et à la langue nationale, la langue vernaculaire
désigne une langue parlée seulement à l'intérieur d'une communauté. L'UNESCO en 1953 a
défini le vernaculaire comme la langue d'un groupe politiquement dominé par un autre groupe
qui parle une autre langue (Bitjaa Kody, 2000). La vernacularisation est le processus qui
consiste à enlever toutes les fonctions sociales importantes à une langue dominée pour les
confier à la langue dominante.

Une langue officielle est une langue qui est spécifiquement désignée comme telle,
dans la Constitution ou les textes de loi d'un pays, d'un État ou d'une organisation quelconque.
Elle s'impose à tous les services officiels de l'État (organes de gouvernement, administrations,
tribunaux, registres publics, documents administratifs, etc.), ainsi qu'à tous les établissements
privés qui s'adressent au public. Dans le cas des pays d‟Afrique en général et le Cameroun en
particulier, elle peut également se définir comme la langue apportée par le colonisateur et qui
est parlée et écrite seulement par une élite intellectuelle et politique du pays, utilisée pour les
actes officiels du pays et l‟enseignement surtout supérieur, à cause de la multiplicité des
langues vernaculaires utilisées dans le pays.

1.2. HISTORIQUE DES POLITIQUES LINGUISTIQUES AU CAMEROUN

La politique linguistique d'un pays est la manière dont l'État gère l'utilisation des
langues présentes dans tous les secteurs de la vie nationale conformément à l'idéal
gouvernemental et aux objectifs socio-économiques et culturels à atteindre.

Pour Ngalasso (1981: 281),

avoir une politique linguistique, c'est d'abord prendre conscience que la


langue est un fait de culture et un facteur de développement économique et
social tout à fait primordial, c'est ensuite chercher à harmoniser les objectifs
de communication et d'éducation en langues nationales avec le projet général
de développement.

Le Cameroun représente au niveau linguistique un cas atypique en Afrique. On y


retrouve à peu près 250 langues qui sont parlées. La colonisation a été un facteur important
dans la mise en place de la politique linguistique du Cameroun qui a d‟ailleurs connu
plusieurs réformes. En réalité, avant son indépendance, le Cameroun a connu une présence
successive des puissances coloniales allant des Allemands aux Français en passant par les
Britanniques. Ainsi, le passage de chacune de ces puissances a été marqué par une politique

20
linguistique appropriée aux aspirations de la force administrative en place. L‟évolution de la
politique linguistique du Cameroun va de la période précoloniale au Cameroun indépendant.

1.2.1 Cameroun précolonial

Avant l‟arrivée des Colonisateurs au Cameroun, les commerçants et les missionnaires


avaient déjà réussi à faciliter l‟usage de certaines langues locales qui ne disparaîtront pas
facilement. Les missionnaires ont exercé une influence considérable à l‟usage des langues, et
pas toujours au détriment des langues indigènes. En fait, ils ont renforcé l‟usage des langues
locales parce que leur but a été simplement d‟évangéliser la population, et pas de leur faire
parler une certaine langue. C‟est ainsi qu‟ils ont traduit les textes religieux en les langues
comprises par la majorité de la population locale. Suite à cela, des versions qui étaient
exclusivement orales. Mais, la vie linguistique du Cameroun sera modifiée par les
colonisateurs chacun à son tour voudra imposer sa civilisation, sa culture, sa langue.

1.2.2 Cameroun colonial

Le Cameroun a connu de 1884 à 1960, l‟administration de trois puissances et chaque


puissance mettait en place des stratégies pour l‟expansion et l‟imposition de sa langue. Dans
cette promotion linguistique, le domaine de l‟enseignement était le plus touché. Les
Allemands, les Anglais et les Français vont donc solidifier l‟enseignement afin de promouvoir
leurs langues. A ce niveau, un éclairage sera fait à partir du Cameroun sous protectorat
allemand jusqu‟au Cameroun sous mandat français en passant par le même Cameroun sous
mandat britannique.

[Link]. Sous protectorat allemand (1884-1916)

Cette époque d‟occupation a commencé en 1884, quand les allemands ont annexé le
Cameroun avec un grand nombre des autres territoires en Afrique de l‟Ouest. La conférence
de Berlin qui se tient de novembre 1884 à février 1885, marque le début de la conquête
allemande au « Kamerun ». C‟est ainsi s‟appelait le territoire confié à l‟Allemagne à l‟issue
de cette conférence. Sous le règne allemand, la langue allemande est devenue la langue
principale pour toutes les affaires officielles. La situation de l‟allemand comme langue
d‟instruction des écoles ne se présentait pas d‟une manière uniforme. Car, tandis que la
mission catholique des Pallotins offrait l‟enseignement en allemand, la Mission protestante de
Bâle préférait donner les cours en langue douala. Ainsi, les Pallotins entretenaient des

21
relations amicales avec les autorités coloniales, ce qui n‟était pas le cas pour les Bâlois dans la
même mesure. Après l‟intervention de l‟administration coloniale, les missionnaires Bâlois se
contentaient de donner la doctrine religieuse en langue vernaculaire. Toutes les autres
matières étaient dorénavant données en langue allemande. Finalement, il existait pendant
toute cette période allemande un problème crucial. Il s‟agit notamment du Pidgin English
utilisé en tant que langue de communication sur la cote camerounaise. C‟est un phénomène
qui existe jusqu‟à nos jours. Mais très peu de camerounais apprirent à parler et écrire
l‟allemand avant la Première Guerre mondiale. La politique linguistique allemande ne fut pas
très lisible, à cause d‟intérêts divergents des forces en présence.

[Link]. Sous mandat français (1916-1959)

Lorsque les français arrivent au Cameroun, ce pays n‟a pas encore de politique
linguistique précise. Les français à qui le Cameroun oriental vient d‟être confié par la Société
Des Nations (SDN) sur la base du Traité de Versailles du 28 juin 1919, va mettre sur pied une
politique linguistique de francisation sans équivoque du Cameroun, contre une
marginalisation sans exclusive des langues nationales camerounaises. En même temps
l‟administration française voulait effacer toute trace de la langue allemande.

L‟administration coloniale française va mettre des moyens financiers et humains à


suffisance pour l‟enseignement dans ses colonies. Le gouverneur général de l‟A.E.F, par
l‟arrêté du 15 août 1921organise l‟enseignement du français autour de trois axes majeurs. Le
premier niveau est l‟école du village où l‟accent est mis sur les leçons d‟hygiène et
d‟agriculture. Le deuxième niveau est celui de la région où l‟enseignement est mieux élaboré
et mieux structuré avec les manuels didactiques. Et enfin le troisième niveau qui consiste à
initier les camerounais adultes à lire et à écrire la langue française. Aussi, on mettre sur pied
les cours de français pour les adultes. Les français emploieront des méthodes plus ou moins
souples dans l‟implantation du français. Ils vont octroyer des crédits exclusivement aux écoles
qui enseignent en langue française, en asphyxiant de ce fait les écoles privées qui enseignaient
et évangélisaient dans les langues camerounaises.

Ainsi, face à l‟extension du pidgin-english et au système d‟enseignement en langues


camerounaises pratiqués par les missionnaires, l‟administration coloniale va durcir le ton.
C‟est à travers l‟arrêté du 28 décembre 1920 que le gouverneur général de l‟A.E.F, V.
AUGAGNEUR, décide que : « aucune école ne sera autorisée si l’enseignement n’y est

22
donné en français. L’enseignement de toute autre langue est interdit ». Cité par TABI-
MANGA (2000 : 42)

Convaincus que l‟administration du Cameroun passe nécessairement par l‟assimilation


des camerounais à la culture française, les français vont explicitement le faire savoir dans
l‟arrêté du 08 décembre 1921 signé par Jules CADRE, Haut Commissaire français qui stipule
que : «nulle école ne peut fonctionner si l’enseignement n’y est donné en français. Cette
disposition n’a pas besoin de justification. Entre les indigènes et nous, n’existera un lien
solide que par l’initiation des indigènes à notre langue.» Cité par TABI-MANGA (2000 : 43)

Il apparaît donc clairement que la politique linguistique coloniale française au


Cameroun à participé au génocide des langues camerounaises. Ladite politique linguistique a
été calquée sur le modèle occidental : à savoir à une nation correspond un territoire, un
peuple, une langue, une culture. Cette situation a ainsi mis les langues camerounaises dans
une position qui les prédisposait à la disparition, du fait de leur absence dans les circuits
vitaux de la communication dans la société.

[Link]. Sous mandat britannique (1916-1959)

À la suite du partage du Cameroun en deux parties le 06 mars 1916 (MVENG 1976 :


193), le Cameroun oriental revient à la France tandis que le Cameroun occidental revient à la
Grande Bretagne. La partie accordée à la Grande Bretagne est constituée des provinces du
Nord-ouest et du Sud-ouest.

Au Cameroun administré par les Britanniques, le système d‟organisation était le


principe d‟„„indirect rule‟‟, incluant les chefs traditionnels dans l‟administration coloniale. La
politique linguistique favorisait les langues locales et l‟anglais était tout d‟abord enseigné
seulement comme matière. Par la suite, les autorités britanniques s‟appuyèrent sur les
missionnaires dans la mise en œuvre de leur politique éducative. Ainsi les pères de la mission
catholique de St Joseph de Mill Hill qui ont remplacé les pères pallotins, vont mettre sur pied
un système d‟enseignement où l‟anglais est la seule langue d‟instruction, et ce, contrairement
aux écoles de brousse qui avaient été aménagées par les missionnaires protestants bâlois et qui
offraient des enseignements exclusivement dans les langues duala et mungaka.

L‟enracinement et l‟expansion du Duala et du Mungaka, langues d‟instruction et


d‟évangélisation, provoquèrent l‟irritation des autorités britanniques pour deux raisons : la

23
première est que les anglais ne s‟entendaient pas avec le chief GAREGA, le fon de Bali.
Deuxièmement parce que la langue Duala faisait partie du Cameroun français. Le compromis
fut trouvé et s‟articulera autour du pidgin-english qui devient la langue d‟évangélisation dans
les zones „urbaines‟ de l‟époque.

Vers la fin de la période de la tutelle, l‟administration britannique n‟accordait de


subvention qu‟aux écoles qui enseignaient uniquement en Anglais. Et ce, en dépit du refus des
missionnaires bâlois de convertir leurs écoles à l‟enseignement de l‟anglais.

La réunion du „Board of education‟ eut lieu en 1956 à Buéa. Elle décida de


l‟interdiction du pidgin-english dans les salles de classe (T. MANGA 2000 : 64). Les langues
duala et mungaka ne doivent être enseignées dans les salles de classe que si elles sont parlées
chacune par le 2/3 des élèves. Au cas contraire, l‟anglais demeure la seule langue
d‟instruction.

La volonté de faire de l‟anglais la seule langue d‟instruction est déjà visible dans
l‟approche de la gestion des questions linguistiques par les autorités britanniques. Il fallut
attendre 1958 pour que l‟enseignement des langues locales soit officiellement interdit par le
„Director of education‟ du premier gouvernement autonome du West Cameroon.

Lorsque le Cameroun méridional accède à l‟indépendance en octobre 1960, la seule


langue utilisée est la langue anglaise, aussi bien dans l‟enseignement que dans la vie
administrative. Cette situation reléguait ainsi les langues locales, Duala et Mungaka
notamment à un usage grégaire exclusivement.

Si les débuts de la période coloniale ont été favorables aux langues locales
camerounaises, la fin de cette période a plutôt été très sombre et pleine de frustrations et
d‟amertumes. Les langues camerounaises ont goûté, juste un laps de temps au plaisir
prestigieux et éphémère de langue d‟instruction. La fin de l‟entreprise coloniale au Cameroun
marque donc le début du règne sans partage des langues européennes contre une minoration
suicidaire des langues locales camerounaises.

De 1884 à 1959, le Cameroun a été sous la gouvernance de trois puissances étrangères.


Les allemands, les français et les anglais ont chacun mis sur pied un arsenal juridique qui
règlemente l‟usage des langues dans les toutes les activités en général, dans l‟éducation en
particulier. Le point de similitude que l‟on peut relever entre les politiques linguistiques de

24
ces trois puissances, c‟est intolérance manifeste à l‟égard des langues camerounaises,
lesquelles étaient réduites à un usage familier. Mais il faut retenir que le bannissement de ces
langues du secteur éducatif a été encouragé par les parents qui ont souhaité que leurs enfants
soient enseignés en la langue du colonisateur. Ancrée dans les mémoires, cette politique
linguistique éducative qui favorise unilatéralement les langues officielles est transposée dans
le Cameroun indépendant.

1.2.3. Le Cameroun indépendant

L‟accession du Cameroun à l‟indépendance n‟a pas coïncidé avec le début de la


valorisation de langue identitaire. Cela voudrait dire que la politique linguistique éducative
appliquée à cette période n‟était que la pâle copie et la perpétuation de celle de l‟époque
coloniale. Cela est aussi observé pendant la réunification des deux Cameroun en un Etat
fédéral le 1er octobre 1961, car au terme de l‟article premier de la Constitution de 1961 on
peut y lire : « Les langues officielles de la République fédérale du Cameroun sont : le français
et l’anglais. »

En portant le choix sur le français et l‟anglais comme langues officielles du Cameroun


fédéral, les premiers dirigeants camerounais entérinaient ainsi une situation, bien que
préjudiciable aux langues locales.

La politique linguistique du Cameroun ainsi choisie est de la ‘bilinguisme’. Plusieurs


mesures allant dans le sens de l‟implantation et du renforcement du bilinguisme officiel seront
prises à travers des décrets, des arrêtés, et des décisions. Car la politique linguistique d‟un
pays est l‟ensemble des textes officiels qui régissent l‟usage des langues présentes sur son
territoire.

Le premier acte d‟envergure a été la création de l‟Université Fédérale du Cameroun en


1962. Avec sa vocation bilingue, notamment son programme de „formation bilingue‟ qui
consiste à donner des cours d‟anglais aux étudiants francophones et las cours de français aux
étudiants anglophones. L‟institution de la Licence d‟études bilingues en 1964 rentre dans le
cadre de la volonté des autorités camerounaises de former les citoyens parlant les deux
langues officielles.

L‟Unification viendra accentuer en 1972 la politique du bilinguisme qui devait briser


les barrières linguistiques du pays. Comme le dit VIGNER (1991 : 111)

25
… Le passage du statut de république fédérale à celui de république unie en 1972, ainsi que
l‟unification du ministère de l‟éducation nationale, qui allait se traduire par
l‟institutionnalisation de ce bilinguisme et notamment de le faire entrer dans le système
éducatif. L‟école apparaît comme un moyen privilégié pour rendre les camerounais bilingues.
Ainsi, en 1973, le premier contingent des maitres anglophones est affecté dans les zones
francophones afin de former les jeunes camerounais capables de parler les deux langues
officielles. Ce n‟est qu‟en 1975 que le français fera son entrée dans la région anglophone du
Cameroun, à l‟issue du séminaire de Yaoundé sur la réforme de l‟enseignement primaire.
Ledit séminaire s‟achève sur la resolution suivante:

“the teaching of the second official language in primary school should take
its place within the general curriculum, which aim at producing well-
balanced citizens capable of playing an effective part in national
development.”

(ZE AMVELA, 1981: 53), cite par George ECHU (1999: 10)

En 1985, l‟École Supérieure des Traducteurs et d‟Interprètes (ASTI) de Buéa voit le


jour. Cette école assure la formation des traducteurs et des interprètes dans les deux langues
officielles ; le décret présidentiel no 85/1200 du 30 août 1985 crée le Centre d‟Enseignement
de l‟anglais aux fonctionnaires et agents de l‟État dans le but de les rendre plus opérationnels
dans les deux langues officielles. Le décret no 90/1196 du 03 août 1990 portant création du
programme de formation linguistique bilingue relevant de la Présidence de la République
rentre, tout comme les autres décrets et arrêtés, dans le renforcement d‟une identité nationale
bilingue.

Comme nous l‟avons dit plus haut, la politique linguistique définie dans les textes qui
régissent l‟usage des langues au Cameroun n‟est que qu‟une simple continuation des
politiques linguistiques coloniales. En adoptant le français et l‟anglais comme langues
officielles d‟égale valeur, les décideurs camerounais ont ainsi confirmé leur conviction et leur
détermination de faire de ces langues des instruments de développement, car à chaque langue
correspond une technique, des savoirs. Or, de tout temps et en tout lieu le combat pour le
développement a toujours été une lutte qui se gagne avec des moyens endogènes. La langue
maternelle par exemple, avec tout ce qu‟elle comporte comme savoirs et savoir faire, parce
qu‟elle est celle qui décrit et exprime le mieux le milieu dans lequel ces populations vivent.

26
1.3. PROGRAMME D’ENSEIGNEMENT DES LANGUES CAMEROUNAISES

L‟enseignement des langues camerounaises a été à l‟origine stimulé par l‟initiative des
projets non gouvernementaux qui ont en effet servi dans la mise en place d‟une politique
éducative prenant en compte les langues identitaires. Pour Tadadjeu (1980), l‟enseignement
des langues nationales s‟avère nécessaire car, il est important de maitriser aussi bien les
langues officielles que les langues nationales. Il qualifie ainsi le Cameroun-type des temps
futurs comme celui capable de communiquer en 3 langues : la langue maternelle, la langue
officielle 1 (LO1) et la langue officielle 2 (LO2). Le problème de non transmission
intergénérationnelle de la langue maternelle que connait le Cameroun est causé par le fait que
progressivement, les langues officielles remplacent les langues maternelles comme langue de
communication au sein même des familles (Bitjaa, 2004). Dans le but de valoriser et
d‟encourager l‟enseignement des langues camerounaises, plusieurs initiatives non
gouvernementales à l‟exemple du PROPELCA ont vu le jour. Le PROPELCA, une initiative
portant sur la question de l‟enseignement des langues camerounaises, est l‟ouvre des
chercheurs de l‟université de Yaoundé en collaboration avec les chercheurs de la SIL (Société
Internationale de Linguistique) Cameroun. Le PROPELCA a vu le jour en 1978 lorsque le
Ministère de l‟Éducation Nationale décide de créer une commission de l‟enseignement de
l‟art et de la culture camerounaise. Grâce au PROPELCA, des modèles d‟enseignement
généralisé de langues nationales au primaire et au secondaire sont expérimentés. Il s‟agit :

- du bilinguisme identitaire concernant l‟enseignement des langues maternelles comme


L1 dès les premières années du primaire avec une transition progressive vers la
première langue officielle des apprenants. Ce modèle fut expérimenté en 1981 ;
- du modèle expérimenté en 1985 et consistant en l‟enseignement des langues
maternelles au secondaire ;
- du modèle expérimenté en 1989, consistant en l‟enseignement des langues maternelles
à la maternelle.

Les objectifs visés par ces modèles sont les suivants :

- Établissement d‟un bilinguisme équilibré langue officielle / langue maternelle chez


l‟enfant pendant les trois premières années de sa scolarisation ;
- Proposition d‟un programme scolaire adapté aux réalités socioculturelles de l‟enfant ;

27
- Insertion de l‟enfant dans un système de communication écrite dans la langue de sa
communauté.

Cependant, la validité du PROPELCA a été testée à travers une phase


d‟expérimentation de l‟enseignement des langues camerounaises dans les écoles publiques.

Le programme de l‟enseignement des langues camerounaises est axé sur


l‟apprentissage de la phonétique appliquée et sur l‟enseignement d‟une langue d‟ouverture
culturelle pendant les deux premières années de secondaire (classe de 6ème et de 5ème) et celui
de la langue maternelle à partir de la classe de 4ème jusqu‟en Tle. Le programme possède un
statut de discipline obligatoire avec une charge horaire2 heures par semaine et au totale, 144
heures de cours pour les deux premières années du secondaire. Comme contenu,
l‟enseignement des langues nationales en tant que première partie du programme est reparti en
8 modules. Le tableau suivant nous permettra de le résumer clairement tel qu‟il est rendu dans
le programme élaboré par le MINESEC.

Cycle Classe Niveau Titre des modules Statut Durée

La diversité linguistique obligatoire 20 heures

Les productions segmentales obligatoire 24 heures

1 Les productions obligatoire 20 heures


er
1 suprasegmentales
6ème
cycle Le mot obligatoire 20 heures
et
Le syntagme nominal obligatoire 20 heures
5ème
2 Le syntagme verbal obligatoire 20 heures

La phrase obligatoire 20 heures

Le texte obligatoire 20 Heures

28
1) Dans le module 3, il est question de présenter l‟ensemble du système tonal des
langues nationales. Le but visé étant d‟éveiller les élèves de 6 ème et 5ème à
l‟existence des tons des langues nationales.

L‟objectif principal visé à travers l‟élaboration de ce programme est celui de


l‟enracinement des apprenants dans leurs cultures et la fierté d‟apprendre leurs langues
maternelles qui sont avant tout les langues familiales. Grâce à cette discipline scolaire, la
politique linguistique en cours de gestation se met en place progressivement.

2) Le huitième module est consacré à l‟étude textuelle et à la production du discours.


Permettant ainsi la production des petits textes exploitables dans tous les domaines
de la vie.
3) Le module 4 est consacré à la représentation des mots des langues nationales
provenant du répertoire linguistique de la classe.
4) Le module 5 se focalise sur la présentation du syntagme nominal des différentes
langues répertoriées dans la classe. Grâce à cela, l‟apprenant mettra par écrit les
notions et concepts utilisés dans la quasi-totalité des domaines de vie rattachés au
curriculum des classes de 6ème et 5ème.
5) Le module 6 quant à lui, permettra de présenter le syntagme verbal et des éléments
de conjugaison de verbes dans les langues nationales. Il contribuera davantage à
l‟approfondissement des notions en langues nationales.
6) Le module 7 consistera à la présentation de la phrase dans les langues nationales. Il
permettra d‟éveiller les élèves à la syntaxe particulière des langues nationale
différente de celle du français et de l‟anglais.
7) Le premier module intitulé la diversité linguistique permet l‟introduction de la
diversité des langues camerounaises chez les élèves. Par-dessus tout, d‟aider dans
la définition des concepts de base relatifs à la diversité linguistique du Cameroun.
Mais de présenter les familles et groupes linguistiques du Cameroun.

Point par point, nous essayerons d‟expliquer l‟importance et l‟objectif visé à travers
l‟enseignement des ces modules.

8) Quant au deuxième module, il permet d‟introduire chez l‟apprenant, la


connaissance phonétique ceci à travers l‟apprentissage du système de production
des sons des langues camerounaises en passant par la présentation de l‟appareil
phonatoire, des différents points et modes d‟articulations, sans oublier les tableaux
phonétiques, les graphèmes et les caractéristiques des segments.

29
CHAPITRE II: APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE ET
ENQUÊTE PRÉLIMINAIRE

30
Ce chapitre présentera la démarche globale qui a sous-tendu l‟enquête que nous avons
menée pour la réalisation de ce travail. L‟érection de ces indications méthodologiques en un
chapitre autonome tient à la densité de la grille méthodologique que nous avons adoptée. Sans
doute, nous souhaitons pour des besoins de lisibilité fournir des informations nécessaires sur
toutes les étapes de cette enquête ainsi que les circonstances dans lesquelles elle s‟est
déroulée. Ainsi, nous pensons avec M. Grawitz (2001 : 564) qu‟ « il paraît essentiel que le
chercheur ne se contente pas d‟indiquer les résultats obtenus, mais rende compte de la
démarche qui fut la sienne, de la façon dont il a obtenu les données qu‟il fournit. » La
présentation de cette méthodologie se décline en quatre points essentiels. De prime abord, la
composition de notre population et échantillonnage seront au centre de l‟analyse. Par la suite,
nous accorderons un intérêt particulier aux méthodes mises en œuvre, lesquelles se
constitueront en passerelles pour l‟évocation des techniques manipulés et instruments
d‟enquête qui nous permettrons d‟emboiter le pas sur l‟analyse et l‟étape de traitement des
données.

2.1. POPULATION ET ÉCHANTILLONNAGE

Muchielli cité par Etonde C. F. (2012 : 32) définit la population comme « l‟ensemble
des groupes humains concernés par les objectifs de l‟enquête. » On peut encore l‟appeler
population cible de l‟enquête.

Encore appelée population cible, elle désigne l‟ensemble des individus sur lesquels le
chercheur voudrait effectuer sa recherche. En ce qui concerne notre étude, la population cible
est l‟ensemble des élèves du Lycée de Nkolbisson. Le dénombrement de cette population a été
fait uniquement des classes ayant un module, Langue et Culture Camerounaise, dans lesquels
les langues camerounaises sont enseignées. Ce qui porte notre intérêt à une portion
représentative de cette population appelée l‟échantillon représentatif.

L‟échantillonnage est une technique de sondage utilisée particulièrement en Sciences


sociales qui regroupe un ensemble d‟opérations servant à sélectionner un échantillon à partir
d‟une population donnée sur laquelle s‟appuieront les tests empiriques. Ainsi, elle consiste
donc à établir des mesures statistiques sur un échantillon de la population étudiée et à étendre
l‟interprétation à la population entière.

On distingue plusieurs types d‟échantillon : échantillon aléatoire, par grappes, stratifié,


systématique, accidentel et par quotas. Celui qui est approprié à cette recherche est

31
l‟échantillon accidentel. Il est formé de sujets qui sont instables, mais facilement accessibles
et présents à des endroits déterminés, à des moments précis. L‟un des avantages de cet
échantillonnage est qu‟il est moins coûteux, et l‟enquêteur travaille avec les enquêtés qu‟il
trouve. Selon la disponibilité des élèves, des parents d‟élèves, du personnel administratif et
des enseignants, ceux-ci ont été sélectionnés : c‟est l‟échantillon de type accidentel.

Étant donné que l‟enseignement des langues camerounaises au Lycée de Nkolbisson


se passe seulement à trois niveaux, c'est-à-dire, en classes de 6ème, 5ème et 4ème, nous avons
constitué une partie de notre échantillon des élèves des classes précédentes. L‟autre partie de
notre échantillon quant à elle, est constituée des parents d‟élèves, le personnel administratif et
des enseignants du même lycée. La consultation de cette communauté éducative
particulièrement dense, commande nécessairement non seulement des choix à opérer ; mais,
elle nécessite la réduction de cette population à une dimension réaliste et présentant des
caractéristiques variées. Aussi, l‟échantillon met en relief le nombre d‟enquêtés au Lycée de
Nkolbisson répartis comme suit : 112 élèves, 64 parents d‟élèves, 4 membres du personnel
administratif et 7 enseignants parmi lesquels 4 enseignants d‟autres disciplines et 3
enseignants de Langues et cultures camerounaise.

2.1.1. Informations générales des informateurs

Cette section fournit des informations relatives aux différentes personnes qui ont
répondu aux différents questionnaires. Nous avons recueilli des données à l‟aides des items 1,
2, 3, 4 de notre questionnaire. Ces données sont relatives à l‟âge, au sexe, au niveau d‟étude et
le lieu de naissance. Elles permettent de décrire l‟échantillon des répondants que nous avons
pu constituer.

[Link]. Informations générales des élèves

La description des élèves ayant participés à notre enquête se fera mieux à travers à
l‟âge, le sexe, le niveau d‟étude et le lieu de naissance. Les tableaux et les graphiques qui
suivent contiennent des informations précises sur le pourcentage des sujets et selon les critères
précédemment cités.

32
Graphique 1 : Répartition des élèves selon le niveau d’étude

À travers le graphique ci-dessus, nous voyons que sur les 112 sujets interrogés, 47
élèves font la classe de 6 ème, 42élèves font celle de 5ème tandis que 23 font le classe de 4ème.
Cet écart remarquable entre ces trois classes peut se traduire par le fait que l‟on retrouve
généralement plusieurs élèves en classe de 6ème par rapport aux autres classes du 1 er cycle
secondaire. Ceci est dû au fait que la classe de 6ème est le début du cycle secondaire qui
introduit de nouveaux apprenants venant du primaire. A chaque niveau d‟étude correspond
très souvent une tranche d‟âge. Cependant, quelles tranches d‟âge retrouve t- on chez les
élèves qui constituent notre échantillon ?

33
Tableau 1: Répartition des élèves selon l’âge

Classe de l’élève Classe d’âge Effectif

[10 12[ 28

6ème [12 14[ 16

[14 16[ 3

[16 18[ 0

Total 6ème 47

[10 12[ 8

[12 14[ 24
5ème

[14 16[ 10

[16 18[ 0

Total 5ème 42

[10 12[ 1

4ème [12 14[ 5

[14 16[ 15

[16 18[ 2

Total 4ème 23

Total 112

34
Nous pouvons lire sur le tableau ci-dessus la répartition des élèves par tranche d‟âge.
Les différentes tranches d‟âge sont : la tranche [10-12[ans comprend les élèves âgés de 10 à11
ans. Celle de [12-14[ans correspond à ceux des élèves âgés de 12 à 13ans. La tranche d‟âge de
[14-16[ans représente les élèves âgés de 14 à 15 ans par contre celle de [16-18[ans indique
ceux des élèves âgés de 16 ans, 17 ans et 18 ans. S‟agissant de la classe de 6ème, l‟intervalle
[10-12[ans représente les 28 élèves de tous les sujets de ce groupe ; celui de [12-14[ans
représente 16 élèves. L‟intervalle [14-16[ans représente 3 élèves de tous les sujets de ce
groupe tandis que l‟intervalle [16-18[ans n‟enregistre aucun élève. La classe de 5ème quant à
elle, est constituée des intervalles suivants : l‟intervalle [10-12[ans qui enregistre 8 élèves de
tous les sujets de ce groupe ; celui de [12-14[ans enregistre 24 élèves tandis que celui de [14-
16[ans totalise 10 élèves. Pour finir, tout comme en 6 ème, l‟intervalle [16-18[ans n‟enregistre
aucun élèves. Enfin, en ce qui concerne la représentativité des élèves selon les intervalles, la
classe de 4ème enregistre ce qui suit : l‟intervalle [10-12[ans représente juste 1 élève des sujets
de ce groupe ; l‟intervalle [12-14[ans représente au total 5 élèves ; celui de [14-16[ans compte
15 élèves tandis que l‟intervalle [16-18[ans représente 2 élèves de tous les sujets de ce groupe.
Au vue de ce qui précède, nous constatons que de tous les quatre tranches d‟âge, celle de [16-
18[ans est faiblement représentée par rapport aux autres.

Graphique 2: Répartition des élèves selon le sexe

35
Le graphique ci-dessus fait montre des données selon le sexe des sujets interrogés. Ces
dernières sont claires et directement accessibles. Au total, nous avons 29 garçons soit environ
26% et 83 filles soit 74% ont répondu à notre questionnaire. A travers ces données, nous
constatons que les garçons sont moins représentés que les filles dans notre échantillon.

Graphique 3: Répartition des élèves selon la région de naissance

Au regard du graphique ci-dessus, nous constatons que la majorité de nos enquêtés


(soit 77 élèves) déclare être née à Yaoundé. Tandis que 5 élèves disent être nés au Littoral. En
suite, 21 élèves déclarent être nés à l‟0uest, 1 au Sud, 3 à l‟Est, 2 au Nord, 1 à l‟Extrême Nord
et 2 dans l‟Adamaoua. Ces résultats pourraient expliquer la mauvaise maîtrise de langue par la
grande majorité.

36
Graphique 4: Répartition des élèves selon la région d’origine

Nous pouvons lire sur le graphique ci-dessus la répartition des élèves selon leurs
régions d‟origines respectives. Sur les 112 élèves interrogés dans le cadre de notre travail,
41,96% disent appartenir à la région du Centre, 6,25% à la région du Littoral tandis que
43,75% des élèves sont de la région de l‟Ouest. Les régions telles que le Sud, l‟Est et
l‟Extrême Nord enregistrent chacune 0,89% des élèves. Plus loin, 3,57% des élèves ont pour
région d‟origine l‟Adamaoua alors que 1,79% sont issus de la région du Nord.

[Link]. Les informations générales des parents d’élèves

Les parents d‟élèves représentent le deuxième groupe d‟informateurs issus de notre


population cible. Nous ferons leur répartition selon les items 1, 2, 3, 4 de notre questionnaire.
Ces données sont relatives à l‟âge du ménage, au sexe, à la profession et à la situation de
couple. Grâce à ces données, nous pouvons décrire quantitativement les individus de ce
groupe. Ce faisant, les graphiques et les tableaux qui suivent contiennent des informations
précises sur le pourcentage de ces sujets et selon la répartition précédemment citée.

37
Graphique 5: Répartition des parents d’élèves selon l’âge du ménage

Le graphique ci-dessus présente les pourcentages des parents d‟élèves selon l‟âge du
ménage. Il y a au total 5 tranches d‟âge. La tranche [0-5[ans qui représente 4,69% soit 3
parents. Celle de [5-10[ans qui représente 32,81% de la population cible soit 21 parents. La
tranche [10-15[ans quant à elle, représente les 25% de la population cible soit 16 parents. La
tranche d‟âge [15-20[ans qui représente 14,06% soit 9 parents et enfin la tranche [20ans et
plus [représente les 23,44% de la population cible soit un nombre de 15 parents.

Graphique 6: Répartition des parents d’élèves selon le sexe

À partir du tableau ci-dessus, nous pouvons constater que, 23% des enquêtés soit 15 au
total sont de sexe masculin. Alors que, 77% soit 49 parents sont de sexe féminin. Ceci indique
le sexe féminin est le plus représenté dans notre échantillon. Cette répartition qui accorde une

38
plus-value aux femmes n‟est que le reflet de la population camerounaise qui est composée,
selon les estimations de 2010, de près de 51% des femmes (INS 2010).

Dans une enquête quantitative comme la nôtre, certains critères sont d‟ordre personnel
et physique comme l‟âge et le sexe. D‟autres sont d‟ordre social et professionnel comme c‟est
le cas avec la profession et la situation matrimoniale. Toutefois, ces critères ont le mérite de
repartir et de qualifier quantitativement les différents sujets intervenants dans notre enquête.
Étant donné la diversité professionnelle de nos répondants, il nous semble nécessaire de les
repartir en trois secteurs d‟activité à savoir :

secteur primaire: constitué de l‟agriculture, la chasse, la pêche, la cueillette etc. ;


Secteur secondaire: constitué des PME (Petites et Moyennes Entreprises) et PMI
(Petites et Moyennes Industries), les entreprises/ transformations, Bâtiments et
Travaux Publics (BTP) etc. ;
Secteur tertiaire: constitué des services c‟est-à-dire, du commerce, du transport, de
l‟enseignement, de l‟hôtellerie etc.

Le graphique qui suit nous présente en pourcentages les résultats de la répartition des
parents par secteur d‟activité.

Graphique 7: Répartition des parents d’élèves par secteur d’activité

La répartition ci-dessus montre que les parents interrogés sont à 71,88% appartenant au
secteur tertiaire. Ce secteur est le plus représenté de tous, car c‟est là où on retrouve toutes les

39
professions à savoir : commerce, transport, enseignement, hôtellerie, ménagère, etc. Il est
d‟ailleurs normal que ce secteur soit le plus représenté par rapport aux autres étant donné que
le milieu social dans lequel l‟enquête s‟est déroulée et au regard de la situation économique
actuelle du pays. Juste 7,81% des répondants appartiennent au secteur primaire et 20, 31% au
secteur secondaire. Ces résultats reflètent la réalité des faits sociaux.

Le tableau qui suit nous donne des informations concernant la situation matrimoniale de
nos informateurs.

Tableau 2: Répartition des parents d’élèves selon leur situation matrimoniale

Effectifs pourcentage

Oui 38 59,0

Non 26 41,0

Total 64 100,0

Nous pouvons lire dans ce tableau que, des 64 parents interrogés, 38 soit 59% sont en
couple alors que 26 parents soit 41% ne sont pas en couple. Ceci indique la majorité des
parents d‟élèves ayant été interrogés ne sont pas seuls. Cela représente un atout considérable
dans l‟éducation familiale des enfants et l‟apprentissage de la langue maternelle chez ces
derniers dans le cas où leurs parents parleraient la même langue.

[Link]. Informations générales sur le personnel administratif

Le personnel administratif représente le troisième groupe des enquêtés issus de notre


échantillon. Ce groupe est constitué des censeurs et surveillants généraux. Mais, il faut noter
que les censeurs ont été les seuls à participer à cette enquête. Par la suite, 4censeurs au total
ont été interrogés. Parmi eux, on dénombre deux hommes et deux femmes.

40
[Link]. Informations générales sur les enseignants

Pour l‟enrichissement de notre travail, il nous a paru nécessaire d‟interroger les


enseignants en général et ceux de langues et cultures nationales en particulier du Lycée de
Nkolbisson. Il s‟agit de 4 professeurs en général et 3 professeurs de langue et culture
camerounaise. Ainsi, le graphique qui suit apporte plus d‟éclairages sur les informations

Graphique 8: La discipline des enseignants

Le graphique ci-dessus montre que 42,86% des enseignants enquêtés sont des
enseignants de langues et cultures camerounaises. Les autres enseignants dispensant le cours
de français (14,29%), anglais (14,29%), mathématiques ou physique-chimie (14,29%) et
éducation physique (14,29%).

2.2. MÉTHODES, TECHNIQUES ET INSTRUMENTS D’ENQUÊTE

La sociolinguistique en tant que science de terrain, utilise les méthodes de recherche


reconnues en sciences sociales et humaines. Dans le cas présent, il peut y avoir deux types
d‟approches heuristiques à savoir : L’approche empirique qui consiste en l‟observation d‟un
fait réel pour se mettre en rapport avec le sujet. Et de l’approche déductive qui consiste qui
consiste à émettre des hypothèses de travail, pour enfin essayer de faire es vérifications
analytiques et interprétatives de la situation expérimentale du travail. En sociolinguistique,
l‟interview et le questionnaire semblent être couramment utilisés dans beaucoup de cas
d‟enquête.

41
2.2.1. Méthode de collecte de données

Dans le cadre de notre travail de recherche, nous avons choisi d‟employer uniquement
la méthode quantitative pour l‟analyse des données recueillies à partir d‟un questionnaire.
Cette méthode quantitative consiste en la présentation d‟une grande quantité de données
statistiques descriptives ainsi que les techniques employées pour sa collecte. Elle consiste à
interroger toute la population concernée dans l‟étude.

2.2.2. Technique d’enquête

Dans le domaine de la psychologie sociale, l'enquête est l'une des méthodes les plus
utilisées. En fait, dans le langage courant, le mot « enquête » signifie: quête d'informations,
collecte de témoignages, recherche pour savoir quelque chose. De façon générale, en sciences
humaines, l'enquête vise à obtenir des renseignements sur des individus ou sur une population
donnée à propos de leurs opinions, de leurs croyances ou de leurs comportements (Jones,
2000, cité par Zouali, 2004 :145). Selon le type d'information que le chercheur souhaite
collecter, la précision des réponses désirées, le nombre de personnes concernées, le chercheur
est appelé à choisir entre plusieurs alternatives : l'observation, l'entretien ou le questionnaire
(Krosnick, 1999).

Dans notre étude, nous avons opté pour le questionnaire comme outil nécessaire pour
effectuer notre enquête. Car cet instrument permet de recueillir un maximum de données par
le biais de questions, mobilise le moins de personnes possibles et le moins de temps possible,
permet ainsi un retour rapide des informations, il peut être adapté en fonction de la population
à l'étude et en fonction de l'objet de la recherche, et finalement, il est facile d'en vérifier la
validité (Krosnick, [Link].).

2.2.3. Instruments d’enquête

Sillamy (2004 :219) définit le questionnaire comme « une série de questions


standardisées, orales ou écrites posées en vue d‟une enquête.» Le questionnaire est en effet un
instrument de collecte données qui consiste en une série de questions prédéfinies sur un thème
particulier, auprès d‟un échantillon représentatif donné. Il est élaboré dans le but de confronter
avec les données empiriques, la pertinence des questions que le chercheur se propose
d‟élucider et de confirmer la validité des hypothèses postulées dans la phase préliminaire de la
recherche.

42
Il existe plusieurs types de questions, selon qu‟elles sont relatives au contenu des
questions (les questions de fait et les questions d‟opinion), et à la forme des questions et des
réponses (les questions fermées, semi-fermées et ouvertes). Dans notre enquête, par
questionnaire, nous n‟avions fait appelle qu‟à des questions fermées et des questions semi-
fermées pour les raisons suivantes :

- Les questions fermées sont utilisées pour obtenir des caractéristiques objectives en
fixant des réponses à l‟avance. Ce qui était nécessaire pour connaître les différents
niveaux linguistiques des apprenants. Tandis que les questions semi-fermées sont des
questions où le choix et la liberté d‟expression de l‟enquêté sont réduits. Les réponses
peuvent être préétablies et suggérées aux répondants. Ce qui à permis d‟avoir un
aperçu de la qualité de l‟environnement socioculturel des apprenants.

[Link]. Description du questionnaire

Nous avons élaboré un questionnaire d‟enquête sociolinguistique que nous avons


distribué aux individus de notre échantillon représentatif. Notre objectif en distillant ce
questionnaire c‟était d‟établir le profil linguistique des classes de notre échantillon et au
niveau individuel de chaque élève et parent d‟élève. Autrement dit, connaître les pratiques
langagières des élèves et de leurs environnements, ainsi que leur perception au sujet de
l‟introduction des langues camerounaises dans le programme scolaire et leurs prédispositions
à apprendre les langues camerounaises. En effet, cette méthode nous a permis d‟avoir une vue
assez pertinente sur le contexte linguistique et socioculturel des apprenants afin d‟analyser la
logique des parents d‟élèves, du personnel administratif et des enseignants. Étant donné que
l‟objectif principal de notre étude est de connaître la perception des élèves, des parents
d‟élèves, du personnel administratif et des enseignants au sujet de l‟insertion des langues
maternelles à l‟école, nous avions élaboré quatre questionnaires différents (cf. annexes)
chacun destiné au groupe d‟informateurs respectif. Le premier destiné aux élèves, le second
aux parents d‟élèves, le troisième au personnel administratif et le quatrième aux enseignants.
Les deux premiers questionnaires ont été structurés autour de 5 principaux points à savoir : 1)
l‟information personnelle du répondant, 2) la compétence linguistique du répondant, 3) la
pratique linguistique du répondant, 4) les représentations linguistiques du répondant et enfin,
5) les attitudes linguistiques du répondant. Le questionnaire destiné aux élèves a été élaboré
en 24 questions et celui des parents d‟élèves en 25 questions au total. C‟est autour de trois

43
objectifs que tournaient les deux premiers questionnaires qui nous ont servi de base de
collecte de données. On peut les citer comme suit :

- Le niveau de compétence linguistique des informateurs ;


- Les représentations des informateurs à l‟égard des langues (français, anglais, langue
maternelle) ;
- Les attitudes des informateurs au sujet de l‟insertion des langues camerounaises à
l‟école.

En ce qui concerne le questionnaire destiné au personnel administratif, il a été structuré en


8 questions au total et celui des enseignants en 10 questions.

[Link]. Pré-enquête

Concernant cette partie, il était important de faire une pré-enquête de notre


questionnaire afin de réduire les erreurs ou les sources d‟erreurs susceptibles de provoquer
une proportion importante de variations dans nos données. Krosnick ([Link].) parle de
l'importance de la validité d'un instrument de mesure comme étant une nécessité qui donne un
minimum de confiance et de crédibilité scientifique à la recherche. «Les instruments de
mesure choisis doivent permettre d'appréhender le mieux possible le phénomène que l'on
cherche à mesurer» (Krosnick, [Link]. : 4).

À cet effet, une étude pilote s'est avérée aussi nécessaire dans le cadre de notre
recherche. Un total de 10 sujets a complété les six parties du questionnaire. Nous leur avions
demandé de lire le questionnaire, de le remplir et enfin de donner une rétroaction relative aux
problèmes de compréhension, aux erreurs typographiques et à la présentation.

Le premier objectif de cette étude pilote était de vérifier la clarté et la compréhension


de l'ensemble des parties du questionnaire. Le deuxième objectif était d'une part d'évaluer le
temps requis pour l'administration du questionnaire et, d'autre part, de noter les réponses des
élèves afin d'en tenir compte dans la mise au point finale du questionnaire.

Le résultat de cette pré-enquête a été d'une grande utilité dans la mesure où il nous a
permis de reformuler certaines questions. En plus, nous avons eu une idée plus précise du
temps requis pour l‟administration de ce questionnaire qui était d'environ 30à 40 minutes.

44
[Link]. Administration du questionnaire

L‟enquête s‟est déroulée le mardi 10 au vendredi 13 mars 2015. Durant cette période,
nous sommes allée au Lycée de Nkolbisson pour rencontrer les enseignants de Langue et
Culture Camerounaise afin d‟assister à leurs cours et distribuer le questionnaire aux élèves.
Cela n‟a pas été très difficile, car après présentation de l‟attestation de recherche, les autorités
de l‟établissement nous ont donné l‟autorisation d‟enquêter. Nous avons profité des heures de
cours de langues pour la distribution des questionnaires qui nous ont été remis le lendemain
après remplissage.

Nous nous sommes heurtée à des cas de manque de sérieux et d‟indiscipline de la part
de certains élèves. En effet, les certains élèves ne nous ont pas remis leurs questionnaires et
ceux de leurs parents. Aussi, certains questionnaires destinés aux parents ont été remplis par
les élèves. Par conséquent, le retour des questionnaires n‟a pas toujours été proportionnel au
nombre total d‟élèves dans les salles de classe d‟une part, et d‟autres parts, certains
questionnaires ont être cotés nuls, c‟est-à-dire non exploitables.

2.2.4. Analyse et étapes de traitement des données

Suite à notre enquête, nous avons recueilli nos données d‟une seule façon, c‟est-à-dire,
par questionnaire. L‟enquête issue des questionnaires passés à 112 élèves, 64 parents d‟élèves,
4 membres du personnel administratif et 7 enseignants, a été analysée quantitativement à
l‟aide d‟un logiciel de traitement statistique. Ceci dans le but de pouvoir faciliter le
dépouillement et le traitement d‟un aussi grand nombre de questionnaires. Cependant, le
logiciel que nous avons utilisé représente l‟outil performant souvent utilisé pour les
recherches en sciences sociales. Pour une meilleure compréhension de la méthode d‟analyse
employée pour nos données, nous devons savoir de quel logiciel statistique il s‟agit, et surtout
comprendre son mode de fonctionnement.

Un logiciel de traitement statistique nommé SPSS nous a servi de matériel d‟usage


pour le dépouillement et l‟analyse de nos données. Le logiciel SPSS (Statistical Package for
Social Sciences) est un logiciel spécialement conçu pour le traitement statistique des données.
Les fonctions de ce logiciel dans un travail comme le nôtre peuvent être regroupées en 4
points.

45
1. SPSS peut gérer les bases de données : cette gestion consiste à importer ou
exporter des bases de données sur SPSS afin de pouvoir être manipulées.
2. SPSS sert à traiter les informations ou données recueillies. Souvent il s‟agit de
gérer des données manquantes ou alors de faire un recodage des variables.
Exemple, la variable d‟âge peut être recodée en tranche d‟âge.
3. SPSS aide également à analyser les données. Il s‟agit tout d‟abord de faire une
analyse uni-variée qui consiste à l‟étude de la distribution d‟une ou de plusieurs
variables. Par la suite, de faire une analyse bi-variée, consistant elle à étudier le
degré de liaison ou de corrélation entre deux variables.

Enfin l‟analyse multi-variée où il est question de rechercher les liens entre plusieurs
variables. Elle permet de faire une analyse causale entre plusieurs variables. Exemple,
rechercher des facteurs d‟influence dans l‟appréciation de la langue maternelle ou de son
enseignement à l‟école. Mais, dans le cadre de notre travail, nous n‟avons fait usage de
l‟analyse uni-variée, bi-variée et encore moins l‟analyse multi-variée étant donné que nous
nous essentiellement basée sur l‟analyse descriptive.

Grâce à SPSS, les résultats sortis après le traitement des données peuvent être
présentés sous forme de graphiques à l‟exemple des histogrammes, des courbes, et des
camemberts. A la fin, tous les résultats obtenus après l‟analyse descriptive doivent être
vérifiés. Pour cela, nous avons à notre disposition des tests paramétriques et non
paramétriques qu‟on retrouve en analyse inférentielle (pour confirmer ou infirmer un résultat
descriptif.

En ce qui concerne les étapes de traitement des données, nous les avons de prime
abord codée c‟est-à-dire, leur donner de nouvelles valeurs chiffrées qui seront utilisées
comme informations à rentrer dans une base de données ou masque de saisie précédemment
créée grâce au logiciel statistique SPSS (Statistical Package for Social Sciences)pour être
gérées, traitées et analysées. Pour cela, il a fallu prendre en compte toutes nos attentes dans
cette enquête. Nos objectifs et nos hypothèses de recherche ont ainsi été très centraux dans
l‟analyse des données. A la fin de l‟analyse, les données qui ressortent du SPSS étaient sous
forme de tableaux et de graphiques enfin exploitables et prêtes à être interprétées.

Avant la clôture de ce chapitre, il est nécessaire de faire un rappel de ce qui a été dit.
Nous avons parlé de la méthodologie employée dans la recherche. Pour une meilleure

46
compréhension ce chapitre du travail, nous avons premièrement fait une présentation de la
population et l‟échantillonnage de notre étude à base de certaines variables que nous avons
sélectionnées. Ensuite, nous avons présenté quelques méthodes et techniques de recherche
employées en sociolinguistique. Puis, nous avons aussi fait une brève présentation des
techniques et moyens méthodologiques utilisés pour la présente étude dans le cadre de notre
recherche scientifique. A la fin de ce chapitre, nous avons présenté les démarches et
techniques statistiques adoptées dans l‟analyse quantitative des données. L‟analyse des
données dans la partie suivante, ainsi que les interprétations des résultats qui en sortent nous
permettrons de donner la tendance appréciative des informateurs. De plus, ces analyses nous
feront connaître les attitudes et les représentations linguistiques de la communauté éducative
du Lycée de Nkolbisson. En bref, nous saurons quel jugement la communauté éducative a au
sujet de l‟insertion des langues camerounaises dans le programme éducatif du secondaire.

47
CHAPITRE III : ÉTAPES DE L’ANALYSE DES DONNÉES

48
Il est question dans le présent chapitre de procéder à l‟étape de l‟analyse des données
recueillies lors de notre enquête afin de dire si nos hypothèses sont valides ou non. Ce qui va
conduire par la suite à des suggestions. Mais, avant de procéder à l‟analyse des données, il
convient de rappeler que seul le questionnaire a été l‟instrument qui nous a servi de collecte
des données dans cette recherche. De même, les objectifs qui ont permis d‟élaborer les
questions de recherche et par ricochets les hypothèses étaient constitués d‟un objectif
principal de recherche qui était de connaître l‟opinion des élèves, parents d‟élèves, du
personnel administratif et enseignants au sujet de l‟enseignement des langues maternelles à
l‟école. Le développement de ce chapitre suivra quatre principaux axes à savoir, les
compétences linguistiques, les pratiques linguistiques, les représentations et les attitudes des
informateurs vis-à-vis des langues en général et la langue maternelle en particulier.

3.1. COMPÉTENCES LINGUISTIQUES DES INFORMATEURS

Nous entendons ici par compétences linguistiques les niveaux de connaissance et de


pratique générale des informateurs aussi en bien en langue maternelle qu‟en langues
officielles. A ce niveau, nous faire l‟auto-évaluation des compétences linguistiques des élèves,
des parents d‟élèves, des membres du personnel administratif en présentant les résultats issus
de l‟analyse des données.

3.1.1. Auto-évaluation des compétences linguistiques des élèves

Dans cette partie, il est question de présenter les résultats de l‟analyse des
compétences linguistiques des élèves. De ce fait, les questions 6, 7, 9 et 10 du questionnaire
destiné aux élèves seront prises en compte.

49
Graphique 9: Niveau de langue maternelle de l’élève

Ce graphique montre que pour un total de 112 élèves, 42 soit 37,50% des élèves
interrogés, estiment bien connaître leur langue maternelle ; 19 soit 16,96 pensent assez bien
connaître leur langue. Une grande partie des élèves c‟est-à-dire 46 soit 41,07% affirment
toutefois avoir un niveau passable en langue maternelle ; 5 soit 4,46% déclarent être mauvais
dans la pratique de leur langue maternelle. Au vu de tous ces résultats, nous pouvons conclure
que nos répondants ont une bonne estime de leurs langues maternelles. Ces résultats
traduisent par conséquent l‟attitude positive que les élèves manifestent à l‟égard de leurs
langues d‟origine.

Graphique 10:Niveau oral des élèves en français

50
Nous pouvons lire sur ce graphique que le niveau oral des élèves en français va de
passable à 70%. Des 112 élèves, 11 soit 9,82% de la population estime passablement parler le
français, 23 soit 20,54% d‟entre eux disent assez bien français tandis que 78 soit 69,64% des
élèves qualifient leur niveau oral en français de bon. A partir de cette auto-évaluation, on
constate cette fois ci qu‟un grand nombre d‟élève ont une préférence pour le français par
rapport à la langue maternelle. Étant donné que Yaoundé est une zone urbaine située dans
l‟une des régions francophones du pays, le niveau de français des élèves interrogés se justifie
par le statut véhiculaire de la langue française. Cette dernière est la langue officielle numéro 1
des informateurs, tous les élèves du Lycée de Nkolbisson, un lycée pratiquant le système
éducatif francophone. Elle demeure également la principale langue de l‟administration et des
échanges formels en milieux francophone. D‟ailleurs, Calvet (1999 : 12), affirme que : « plus
une langue sert, plus elle est valorisée ». Peut-on espérer que nos informateurs parlent aussi
bien l‟anglais ?

Q-7b III Graphique 11: Niveau oral des élèves en anglais

Il peut se lire sur le graphique ci-dessus que, les élèves interrogés dans le cadre de
notre enquête estiment mal parler anglais à 34,82% ; passable à 50% ; assez bien à 14,29% et
bien à 0,89%.Contrairement au niveau moyen de connaissance orale en français qui est bien,
les élèves interrogés ont plutôt un niveau passable en connaissance orale de l‟anglais. En
effet, ce niveau médiocre des élèves en anglais est une tendance générale au niveau des
individus au Cameroun. Mais, il est important de rappeler que l‟environnement dans lequel

51
s‟est déroulée l‟enquête est essentiellement francophone. Nous pouvons dire sans risque de
nous tromper que, pour ces élèves, l‟usage de la langue anglaise se fait uniquement dans la
cadre scolaire. Cela s‟explique entre autre par le fait que l‟apprentissage de l‟anglais
commence souvent un peu tard pour les enfants qui naissent hors des deux régions
anglophones du pays, et confirme une fois de plus le difficile bilinguisme au Cameroun.

Q-9a III Graphique 12: Niveau écrit en français des élèves

La lecture que nous pouvons faire du graphique ci-dessus est la suivante. Parmi les
112 élèves interrogés, 14 soit 12,50% écrivent passablement le français ; 24 soit 21,43%
estiment l‟écrire assez bien tandis que ceux qui écrivent bien le français sont fortement
représentés (74 soit 66,07%). A travers ces résultats, nous voyons que le niveau écrit des
élèves en français de façon générale est bon. Cela se justifie par le fait que nous nous trouvons
dans un contexte francophone, par conséquent les élèves devraient avoir un bon niveau en
français aussi bien oralement qu‟écrit. S‟agissant du niveau écrit en anglais, peut-on
s‟attendre à de meilleurs estimations ?

52
Q-9b III Graphique 13: Niveau écrit en anglais des élèves

Nous lisons ci-dessus que 27 soit 24,11% des élèves interrogés estiment mal écrire
l‟anglais ; 60 soit 53,57% pensent passablement l‟écrire ; 23 soit 20,54% estiment l‟écrire
assez bien et enfin 2 soit 1,79% estiment bien écrire l‟anglais. Ceux qui écrivent bien l‟anglais
sont faiblement représentés (seulement 1,79%). Alors que ceux qui pensent l‟écrire à un
niveau passable sont majoritairement représentés soit 53,57% de la population interrogée.
Comparés à ceux du français, les résultats du niveau écrit des élèves du Lycée de Nkolbisson
en anglais semblent moins bons. Ces résultats témoignent une fois de plus après ceux du
niveau de connaissance orale que les élèves sont en majorité moyens en anglais. En bref, nous
pouvons dire que les résultats issus de l‟analyse du niveau de connaissance orale et écrite des
élèves en langues maternelles et officielles (français et anglais) semblent considérables dans
ce sens que dans chacun des cas d‟analyse précédente, les élèves avaient en majorité un
niveau de connaissance orale et écrite moyen, que ce soit en langues maternelles qu‟en
français et en anglais. L‟hypothèse de Tadadjeu (1980) selon laquelle, le camerounais-type
des temps futurs sera celui qui aura la capacité de communiquer en trois langues au moins,
notamment : la langue maternelle, la langue officielle 1 et langue officielle 2 semble se
confirmer. Mais, nous devons rappeler le manque d‟objectivité qui peut surgir de cette auto-
évaluation. Pour finir, nous constatons que les élèves estiment dans l‟ensemble avoir une
meilleure compétence en français par rapport aux autres langues. Cette opinion peut être
vérifiée grâce à l‟analyse de la question suivante.

53
Q-10 III Graphique 14: La langue la mieux parlée (LM, LO1, LO2)

À travers le graphique ci-dessus, nous pouvons lire les jugements des élèves au sujet
de la langue qu‟ils pensent mieux parler par rapport aux autres langues avec lesquelles ils sont
en contact. A l‟issue de notre analyse, nous obtenons les pourcentages suivants : 95 soit
84,82% des élèves interrogés disent mieux s‟exprimer en français. 16 soit 14,29% estiment
mieux s‟exprimer en langue maternelle tandis que 1 soit 0,89% pensent mieux s‟exprimer
dans d‟autres langues camerounaises. De façon générale, nous constatons que malgré le fait
que les jeunes informateurs disent avoir des autres langues, ils estiment dans leur grande
majorité soit à 84,82%, mieux connaître le français que les autres langues. Ainsi, nous
pouvons dire que les élèves expriment mieux leurs pensées dans les langues officielles que
dans leur langue maternelle.

3.1.2. Auto-évaluation des compétences linguistiques des parents d’élèves

En ce qui concerne l‟auto-évaluation des compétences linguistiques des parents


d‟élèves, nous allons présenter les résultats sous forme de graphiques. Mais, il est judicieux de
préciser que ces graphiques seront présentés en fonction des questions7 et 9 (cf. annexe 2).

54
Q-7a II Graphique 15: Niveau de connaissance orale des parents d’élèves en
français

Sur le graphique ci-dessus, nous lisons que : 5 soit 7,81% des parents d‟élèves
interrogés pensent passablement parler le français, 6 soit 9,38% de la population interrogée
estiment assez bien connaître oralement le français. 18 soit 28,13% des parents interrogés
quant à eux pensent bien connaître oralement le français et enfin, 35 soit 54,69% des parents
d‟élèves estiment avoir un très bon niveau oral en français. Au regard des résultats ci-dessus,
nous remarquons que la plus grande proportion de la population qui représente les 54,69% des
parents interrogés, estiment très bien parler français tandis que la minorité ou la plus petite
proportion de la population interrogée qui est de 7,81% estime être passable en français en ce
qui concerne le niveau oral. Cela s‟explique par le fait que ces parents d‟élèves habitent tous
Yaoundé, zone urbaine où le français est non seulement langue de travail pour ces derniers,
mais aussi une langue d‟intégration sociale. Lorsque nous comparons ces résultats à ceux des
élèves, nous comprenons que les parents s‟estiment très bon en français oral par rapport à
leurs enfants qui eux, estiment avoir un bon niveau. Qu‟en est-il de leur niveau de
connaissance orale en anglais ?

55
Q-7b II: Graphique 16 : Niveau de connaissance orale des parents d’élèves en anglais

Nous observons sur le graphique ci-dessus que les parents disent à 21 soit 32,81%
avoir un mauvais niveau de connaissance orale en anglais ; à 31 soit 48,44% ils déclarent
avoir un niveau passable en anglais oral ; à 6 soit 9,38% pensent assez bien parler en anglais ;
à 3 soit 4,69% estiment bien parler l‟anglais et enfin, à 3 soit 4,69% ils disent avoir très bien
comme niveau de connaissance orale en anglais. Bref, ces résultats montrent que les parents
n‟ont pas un très bon niveau de connaissance orale en anglais. Mais, nous pouvons aussi voir
que ces derniers s‟estiment moyennement bons en anglais, ce qui permet pour nous de
confirmer avec une marge de réserve l‟intérêt particulier que les camerounais portent à la
connaissance de leur deuxième langue officielle qui est dans ce contexte l‟anglais. Nous
devons rappeler que les résultats donnés par les parents d‟élèves ne sont peut être que le reflet
de leurs représentations au sujet de l‟anglais. Car, n‟ayant pas passé un test de langue reconnu
pouvant certifier de leur niveau de connaissance effective ou non de la langue anglaise, ils ont
donné des appréciations qui qualifieraient leur niveau de connaissance selon leurs estimations.
Quelles estimations ont-ils de la connaissance orale de leurs langues maternelles ?

56
Q-7c II Graphique 17: Niveau de connaissance orale des parents d’élèves en langue
maternelle

Sur le graphique ci-dessus, nous lisons que 7 soit 10,94% des parents d‟élèves disent
avoir un niveau passable de connaissance orale en langue maternelle, 3 soit 4,69% pensent
assez bien parler leurs langues maternelles, 13 soit 20,31% estiment bien parler leurs langues
maternelles et enfin, 41 soit 64,06% déclarent très bien parler leurs langues maternelles. Au
regard de ces résultats, nous constatons que la grande majorité des parents d‟élèves soit
64,06% qualifient leur niveau en langue maternelle de très bien. Après le niveau oral, quelles
estimations ont-ils de leurs connaissances écrites en français, en anglais et en langue
maternelle ?

57
Q-8a II Graphique 18: Niveau de connaissance écrite des parents d’élèves en français

Sur le graphique ci-dessus, nous lisons que 7 soit 10,94% de parents d‟élèves
interrogés disent passablement écrire le français, 14 soit 21,88% disent assez bien l‟écrire, 18
soit 28,13% disent bien l‟écrire ; 25 soit 39,06% quant à eux disent très bien écrire le français.
Nous constatons ainsi que la majorité des parents ayant répondus aux questions soit les
39,06% estiment très bien écrire le français alors que la minorité qui représente juste 10,94%
de la population enquêtée dit écrire passablement le français. Cela s‟explique par
l‟environnement dans lequel ces derniers vivent. Car, Yaoundé, plus particulièrement le
quartier Nkolbisson est une zone francophone. Bref, tout comme leurs enfants, ils écrivent
très bien le français.

58
Q-8b II Graphique 19: Niveau de connaissance écrite des parents d’élèves en anglais

Il peut se lire ci-dessus que le niveau de connaissance écrite des parents en anglais est
compris entre mal et très bien. La frange de la population qui pense mal écrire l‟anglais est de
21 soit 32,81% ; la frange qui pense passablement l‟écrire est de 31 soit 48,44% ; ceux qui
pensent assez bien l‟écrire font 8 soit 12,50% ; le pourcentage de ceux qui pensent bien écrire
l‟anglais est de 3,13% soit 2 parents et enfin, la frange qui pense très bien écrire l‟anglais est
de 2 soit 3,13%. Les résultats de ce niveau de connaissance écrite en anglais des parents et
selon leurs estimations, montrent que la mise en place de la politique du bilinguisme officiel
par le gouvernement tarde encore à prendre son envol.

59
Q-8c II Graphique 20: Niveau de connaissance écrite des parents d’élèves en langue
maternelle

Le graphique ci-dessus nous présente les résultats du niveau de connaissance écrite des
parents en langue maternelle. Nous pouvons ainsi lire que, 27 soit 42,19% des parents
estiment mal écrire leur langue maternelle ; 13 soit 20,31% des parents disent avoir une
connaissance écrite passable de leur langue maternelle ; 8 soit 12,50% de leur coté disent
assez bien écrire leur langue maternelle ; 11 soit 17,19% disent bien écrire leur langue
maternelle contre 5 soit 7,81% qui affirment très bien écrire leur langue maternelle. Au vue de
ce qui précède, nous observons que les parents d‟élèves estiment tous avoir un niveau de
connaissance écrite en langue maternelle, quoique toutes les langues ne soient pas
standardisées. D‟une façon générale, nous pouvons dire que les parents interrogés ont un très
bon niveau de connaissance orale dans leur langue maternelle. Mais, s‟agissant du niveau de
connaissance écrite en langue maternelle, la majorité des parents ont estimé n‟avoir pas un
assez bon niveau.

3.1.3. Auto-évaluation des compétences du personnel administratif

Nous devons rappeler que les membres du personnel administratif du Lycée de


Nkolbisson qui ont répondu au questionnaire dans le cadre de notre enquête étaient 4 au total.
Le questionnaire qui a été soumis à ces derniers est joint à l‟annexe 3 de notre travail. Il a été
question durant l‟administration de ce questionnaire de connaître l‟avis des membres du

60
personnel administratif concernant l‟importance des langues en générale et de la langue
maternelle en particulier.

Précisons d‟entrée que le personnel administratif pense que les langues officielles et
les langues maternelles sont importantes. Cependant, lorsqu‟on leur demande de choisir entre
les deux groupes, la langue maternelle arrive en première position. Le graphique qui suit
présente en pourcentages la langue la plus importante selon les estimations des membres du
personnel administratif.

Graphique 21: La langue la plus importante selon les membres de l’administration

Le graphique ci-dessus vient en effet confirmer ce que nous avons dit précédemment.
Nous pouvons lire que selon les estimations de l‟administration, le français qui enregistre
25% est important que la langue maternelle qui elle, enregistre 75%.

3.1.4. Auto-évaluation des compétences linguistiques des enseignants

Tout comme chez les membres du personnel administratif, nous voulons aussi avoir
l‟opinion des enseignants au sujet de l‟importance des langues en générale et de la langue
maternelle en particulier. Il sera question ici d‟évaluer la langue qui occupe une place
prépondérante dans la vie quotidienne des enseignants. Bref, de classer ces langues par ordre
d‟importance. Ainsi les questions a et b du questionnaire soumis aux enseignants (cf. annexe

61
4) seront prises en compte dans la présentation des résultats d‟analyse. Le graphique suivant
montre le classement par ordre d‟importance des langues parlées par les enseignants.

Graphique 22: Classement des langues parlées par ordre d’importance

Il peut se lire sur ce graphique que 71,43% des enseignants pensent que la langue
maternelle est plus importante que les autres langues tandis que (28,57%) disent que le
français est la langue la plus importante.

3.2. PRATIQUES LINGUISTIQUES DES INFORMATEURS

Ce thème regroupe les questions qui permettent d‟évaluer les interactions verbales
dans l‟environnement immédiat des répondants. Bref, nous entendons ici par pratique
linguistique tout ce qui a trait aux usages linguistiques effectifs des informateurs. Il peut par
exemple s‟agir des interlocuteurs avec qui l‟échange verbal se produit et aussi
l‟environnement social dans lequel cet échange se produit. Dans le cadre de notre étude, les
trois langues aves lesquelles nos informateurs sont en contact restent plus utilisées dans
certains cadres que dans d‟autres et plus souvent employées pour communiquer avec certaines
personnes que d‟autres. Cependant, nous présenterons les résultats des pratiques linguistiques
des élèves, des parents d‟élèves, du personnel administratif et des enseignants issus de
l‟analyse des données.

62
3.2.1. Pratiques linguistiques des élèves

La pratique linguistique se fait toujours dans un contexte particulier et cela dépend des
personnes avec qui la langue est pratiquée. Il s‟agit ici d‟analyser la quatrième partie du
questionnaire destiné aux élèves. Ceci se fera à l‟aide des questions 11 et 12 de l‟annexe 1 et
les résultats seront donnés sous forme de graphiques.

Q-11 IV Graphique 23: La langue première des élèves

Ce graphique montre qu‟en ce qui concerne la première langue apprise par ces élèves,
le français occupe la première position. En effet, 85 élèves affirment qu‟ils ont appris le
français en premier soit 76%, tandis que 24% affirment avoir appris leur langue maternelle en
premier. Précisons qu‟aucun de ces élèves n‟a dit avoir appris l‟anglais en premier. De ce fait,
quelles langues utilisent-ils pour échanger avec leurs pères ?

63
Q-12a IV Graphique 24: Langue parlée avec le père

Nous constatons d‟après le graphique ci-dessus que 49 soit 43,75% des élèves utilisent
uniquement le français pour communiquer avec leurs pères ; 23 soit 20,54% préfèrent utiliser
exclusivement la langue maternelle avec leurs pères ; 1 soit 0,89% disent employer à la fois le
français et l‟anglais pour communiquer avec leurs pères et enfin 39 soit 34,82% utilisent le
français et la langue maternelle pour discuter avec leurs pères. Nous pouvons dire à la suite de
ces résultats que la majorité des élèves interrogés soit 43,75%, utilisent uniquement le français
pour communiquer avec leurs pères. Cela prouve que le français à une fonction véhiculaire
attestée dans la ville de Yaoundé et aussi dans le cadre familial, Bitjaa (2001, 2004). Quelles
langues utilisent-ils pour communiquer avec leurs mères ?

64
Q-12b IV Graphique 25: Langue parlée avec la mère

D‟après le graphique ci-dessus, 54 soit 48,21% des élèves parlent à la fois le français
et la langue maternelle avec leurs mères ; 30 soit 26,79% utilisent exclusivement la langue
maternelle et 28 soit 25% disent employer le français uniquement. Nous pouvons dire suite à
ces résultats que la majorité des élèves interrogés soit 48,21%, utilisent à la fois le français et
la langue maternelle pour communiquer avec leurs mères. Cela explique de ce fait l‟effort des
mères à initier leurs enfants à parler la langue maternelle, malgré le fait qu‟ils vivent en milieu
urbain où la principale langue d‟intégration et d‟échange sociale est le français. Cependant,
lorsque nous comparons l‟usage exclusif du français à celui de la langue maternelle, il se
dégage de cette comparaison que la langue maternelle est la langue la plus utilisée par les
élèves pour communiquer avec leurs mères. Quelles langues emploient-ils pour communiquer
avec leurs frères et leurs sœurs ?

65
Q-12c IV Graphique 26: Langue parlée avec les frères et les sœurs

D‟après le graphique ci-dessus, 69 soit 61,61% des élèves utilisent le français pour
communiquer avec leurs frères et sœurs ; 5 soit 4,46% préfèrent utiliser exclusivement la
langue maternelle avec leurs frères sœurs ; 2 soit 1,79% disent à la fois employer le français et
l‟anglais pour communiquer avec leurs frères et sœurs et enfin, 36 soit 32,14% utilisent à la
fois le français et la langue maternelle. Nos résultats présentent le français comme principale
langue d‟échange entre les élèves et leurs frères. De plus, en ce qui concerne la langue utilisée
pour communiquer avec leurs amis sans oublier leurs voisins au quartier, le français brille
aussi par sa présence remarquable. Quelles langues les élèves utilisent-ils pour communiquer
avec leurs professeurs pendant les cours ?

66
Q-12f IV Graphique 27: Langue utilisée pour communiquer avec les professeurs

D‟après l‟observation du graphique ci-dessus, nous constatons que 97 soit 86,61% des
élèves interrogés utilisent exclusivement le français pour s‟adresser à leurs professeurs alors
que 15 soit 13,39% disent employer à la fois le français et l‟anglais. Il est nécessaire de
mentionner ici qu‟aucun élève n‟a déclaré utiliser la langue maternelle pendant un quelconque
échange avec leurs enseignants. Les résultats que présente ce graphique sont une preuve de
plus que le français est l‟une des langues par excellence pour l‟éducation au Cameroun. De
plus, cela prouve que, même pendant le cours de langues et cultures camerounaises, les élèves
communiquent avec leurs enseignants en français.

3.2.2. Pratiques linguistiques des parents d’élèves

Il est nécessaire de rappeler que dans les contextes professionnels et plus formels, la
langue la plus utilisée peut être le français ou l‟anglais à cause de leur statut comme langues
officielles du Cameroun. La pratique linguistique faite par les parents d‟élèves peut être axée
sur une langue spécifique. Mais dans le contexte informel et familial, la langue maternelle
s‟avère plus présente et plus utilisée par les locuteurs. Par la suite, il sera question de

67
présenter sous forme de graphiques les résultats de l‟analyse des questions 11 et 12 du
questionnaire soumis aux parents d‟élèves (cf. annexe 2).

Q-11 III Graphique 28: Langue utilisée pour communiquer avec le conjoint

Il peut se lire ci-dessus, les parents disent employer le français à 23 soit 35,94% pour
communiquer avec leurs conjoints par contre, 40 soit 62,50% qui déclarent utiliser la langue
maternelle lors des échanges avec leurs conjoints. Cependant, qu‟en est-il de la
communication avec les enfants ?

Q-12 III Graphique 29: Langue utilisée pour communiquer avec les enfants

68
Nous constatons d‟après le graphique ci-dessus que les parents font usage du français
à 64,06% pour communiquer avec leurs enfants. De l‟autre côté, ils utilisent la langue
maternelle à 35,94% pour converser avec leurs enfants. Ces résultats démontrent que les
parents communiquent beaucoup plus en français qu‟en langue maternelle et cela ne facilite
pas la transmission intergénétionnelle.

3.2.3. Pratiques linguistiques du personnel administratif

Nous allons évaluer ici les avis du personnel administratif concernant les pratiques
linguistiques actuelles des enfants. Ainsi, les questions c et d du questionnaire soumis aux
membres du personnel administratif (cf. annexe 3) nous ont permis d‟analyser ces pratiques
linguistique et les résultats de cette analyse seront présentés sous formes de graphiques.

Graphique 30: L’évaluation de la pratique linguistique actuelle des enfants par le personnel
administratif

Le graphique ci-dessus permet de confirmer le résultat précédent selon lequel, la


langue maternelle occupe une place importante sinon même la plus importante parmi les
différentes langues parlées par le personnel administratif. En effet, à la question d de la partie
I du questionnaire (cf. annexe 3), tout le personnel administratif a répondu à 100%. Cela
montre bien que la langue maternelle occupe une place importante dans leur quotidien. Aussi,
le personnel administratif pense que lorsqu‟un enfant apprend d‟abord à parler sa langue

69
maternelle, il apprend plus facilement les autres. En effet, toutes (100%) les personnes de
l‟administration enquêtées pensent que cette affirmation est vraie. De ce fait, le graphique
suivant présente les données statistiques qui justifient ce qui précède.

Graphique 31: Un enfant qui apprend d’abord à parler sa langue maternelle, apprend plus
facilement les autres langues : avis du personnel administratif

3.2.4. Pratiques linguistiques des enseignants

Tout comme le personnel administratif, les enseignants pensent que, le fait que les
enfants parlent de moins en moins la langue maternelle au profit des langues officielles n‟est
pas une bonne initiative. En effet, tous pensent que lorsqu‟un enfant apprend d‟abord sa
langue maternelle, il apprend mieux les langues officielles. Ainsi, tous sont favorables au fait
que leur lycée ait été choisi comme l‟un des sept lycées pour l‟introduction du cours de
langues et cultures camerounaises à l‟école.

3.3. REPRÉSENTATIONS LINGUISTIQUES DES INFORMATEURS VIS-À-


VIS DES LANGUES CAMEROUNAISES

Les représentations linguistiques renvoient aux images ou alors à toutes les opinions
que peuvent se faire les locuteurs des langues qu‟ils parlent ou alors des langues avec
lesquelles ils sont en contact. Gueunier (1997 :32) définit les représentations linguistiques
comme étant, des formes de connaissances usuelles dont se sert une communauté linguistique
pour exprimer une réalité. Habituellement, les représentations linguistiques relèvent du
70
domaine des idéologies sociales se reposant elles même sur les des préjugés et des
stéréotypes. En effet, tous les enquêtés ayant répondus à nos questions ont pu nous montrer
les valeurs qu‟ils accordaient aux langues camerounaises aves lesquelles ils sont en contact
permanent. Cependant, quelles images les élèves, les parents d‟élèves, les enseignants et les
membres du personnel administratif associent-ils à leurs langues maternelles ? En d‟autres
termes, quelles représentations nos informateurs ont-ils à l‟égard de leurs langues
maternelles ?

3.3.1. Représentations linguistiques des élèves vis-à-vis des langues


camerounaises

Comme l‟avons dit précédemment, les représentations linguistiques sont


principalement basées sur des a priori et des jugements subjectifs des locuteurs ou des non
locuteurs d‟une langue donnée. Il est question ici de parler des représentations des élèves vis-
à-vis de leurs langues maternelles. Comment apprécient-ils leurs langues maternelles par
rapport aux autres langues ? Les questions 14, 15, 16, 17, 18, 19 et 20 de l‟annexe 1 nous
servirons de guides pour faire ressortir les représentations que élèves se font au sujet des
langues camerounaises.

Q-14V Graphique 32: La langue la plus appréciée par les élèves

Le graphique ci-dessus montre que 53 soit 47,32% des élèves interrogés apprécient
plus leurs langues maternelles par rapport aux autres langues. Le français occupe la deuxième
position avec 49 soit 43,75% et l‟anglais, la troisième position avec 9 soi 8,04%. En ce qui

71
concerne d‟autres langues africaines, nous lisons qu‟un élève soit 0,89% parle une autre
langue africaine. Cependant, quelles sont les langues que les élèves apprécient le moins ?

Q-15V Graphique 33: La langue la moins appréciée par les élèves

D‟après le graphique ci-dessus, 74 soit 66,07% des élèves disent moins apprécier
l‟anglais ; 15 soit 13,39% disent moins apprécier le français ; 13 soit 11,61% disent moins
apprécier les autres langues africaines et 10 soit 8,93% disent moins apprécier la langue
maternelle. Ces résultats montrent que la langue officielle no 2 de nos répondants c‟est-à-dire
l‟anglais, est moins appréciée que la langue maternelle et que le français, comme l‟anglais, est
moins aimé que la langue maternelle. Cela est une preuve que la politique du bilinguisme
officiel n‟est pas toujours très bien assumée par les Camerounais malgré le fait que les
résultats sur le niveau des compétences linguistiques nous ont démontré que les élèves
s‟estimaient passables en anglais. Nous pouvons donc dire que les élèves qui sont dans leur
totalité francophones, n‟accordent pas une grande valeur à l‟anglais qui est leur langue
officielle no2. Mais avec 8,93% de score seulement, nous pouvons dire que la langue
maternelle est la moins estimée par les élèves après l‟anglais.

72
Q-16 V Graphique 34: La langue utilisée par les élèves pour insulter ou pour s’exclamer

Il peut se lire sur le graphique ci-dessus que la majorité des élèves soit 72,32% déclare
faire usage du français pour insulter ou pour s‟exclamer tandis que 31 soit 27,68% disent
utiliser la langue maternelle pour le faire. D‟après ces résultats, nous constatons que le
français est la langue la plus utilisée par les élèves pour insulter ou pour s‟exclamer. De ce
fait, quels sentiments ont-ils à l‟écoute de leurs langues maternelles ?

Q-17V Graphique 35: Sentiment des élèves à l’écoute de leurs langues maternelles

73
Le graphique soumis à notre observation nous montre que, même si la langue la plus
utilisée pour insulter ou pour s‟exclamer reste le français, la majorité des élèves sont heureux
soit 44,64%lorsqu‟ils entendent parler leurs langues maternelles autour d‟eux, et seul 10%
affirment être gêné lorsqu‟on parle leurs langues maternelles autour d‟eux. Ensuite, 28 soit
25% se sentent très heureux et 24 soit 21,43% pensent que c‟est normal lorsqu‟ils entendent
parler leurs langues maternelle autour d‟eux. De ce fait, répondent-ils en langue maternelle
lorsqu‟on la leur parle ?

Q-18 V Graphique 36: Répondre en langue maternelle

Même si le graphique précédent montre que 8,93% des élèves sont gênés lorsqu‟on
parle leurs langues maternelles autour d‟eux, le graphique ci-dessus montre que le
pourcentage des élèves qui affirment ne jamais répondre en langue maternelle lorsqu‟on la
leur parle est faible, soit 5,36%. En effet, 58,04% d‟entre eux disent répondre souvent en
langue maternelle lorsqu‟on la leur parle, 14% répondent toujours et 25% disent répondre
rarement en langue maternelle. Cependant, quelle affection ont-ils de leurs langues
maternelles ?

74
Q-19 V Graphique 37: Aimer parler sa langue maternelle

Nous pouvons lire sur le graphique ci-dessus que les élèves déclarent à 94,64% aimer
parler leur langue maternelle. Tandis que 0,89% soit 1 élève déclare ne pas aimer parler sa
langue maternelle et enfin, 4,46% soit 5 élèves ne disent ni aimer, ni ne pas aimer parler leur
langue maternelle. Ces résultats témoignent d‟un certain attachement et d‟une certaine valeur
affective et sentimentale qu‟accordent les élèves à leur langue maternelle. En fait, les
précédents résultats démontrent une attitude plutôt favorable des élèves à l‟égard de leur
langue maternelle. Alors, quelle idée ont-ils de ceux qui parlent constamment leur langue
maternelle ?

Q-20 V Graphique 38: L’idée que se font les élèves de ceux qui parlent constamment leur
langue maternelle

75
Le graphique ci-dessus montre à la suite du précédent que les élèves aiment bien leur
langue maternelle. En effet, 79 soit 70,54% d‟entre eux pensent que ceux qui aiment
constamment parler leur langue maternelle ne sont pas des villageois, mais plutôt des
traditionnalistes. Ensuite, 18 soit 16,07% des élèves les estiment villageois et enfin, 15 soit
13,39% des élèves ne considèrent ces personnes ni de traditionnalistes, ni de villageois.

3.3.2. Représentations linguistiques des parents d’élèves vis-à-vis des langues


camerounaises

Dans cette partie, il est question de parler des représentations des parents d‟élèves vis-
à-vis de leur langue maternelle. Les représentations linguistiques renvoient à toutes les images
ou toutes les opinions que peuvent se faire les locuteurs des langues qu‟ils parlent ou alors des
langues avec lesquelles ils sont en contact. Dans le cadre de notre enquête, les parents
d‟élèves classent leurs langues par rapport aux autres à travers des représentations et des
images parfois positives ou négatives qu‟ils leur attribuent. De ce fait, les questions13, 14, 15
et 16 de l‟annexe 2 nous aiderons dans les analyses des représentations de nos locuteurs vis-à-
vis des langues camerounaises.

Q-13 IV Graphique 39: Affection pour la langue maternelle

76
Le graphique ci-dessus nous permet de lire que 60 soit 93,75% des parents d‟élèves
interrogés disent aimer parler leur langue maternelle alors que seulement 4 soit 6,25% de ces
parents interrogés disent ne pas aimer parler leur langue maternelle. Les résultats de cette
analyse témoignent en fait de l‟attachement que les parents d‟élèves affichent à l‟égard de leur
propre langue maternelle. Bien que les Camerounais utilisent le français ou l‟anglais dans la
plupart de leur communication quotidienne, ils restent tout de même attachés à leur langue
maternelle, principal véhicule de leur identité culturelle. Grace à la langue maternelle, les
Camerounais peuvent s‟identifier, s‟associer à un groupe ethnique et aussi connaître leurs
origines. Lorsque nous essayons de comparer les résultats de cette analyse à ceux des élèves,
nous comprenons que tout comme leurs enfants, les parents aiment dans la grande majorité
parler leurs langues maternelles. Cependant, de toutes les langues, quelles langues parlent-ils
le mieux ?

Q-14 IV Graphique 40: La langue la mieux parlée par les parents d’élèves

Le graphique soumis à notre observation nous révèle que, 35 soit 54,69% des parents
d‟élèves pensent mieux s‟exprimer en français alors que, 29 soit 45,31% estiment mieux
s‟exprimer en langue maternelle. Toutefois, il faut noter qu‟aucun parent n‟a fait mention de
l‟anglais en ce qui concerne la langue la mieux parlée. Alors, quels sentiments ont-ils à
l‟écoute de leurs langues maternelles ?

77
Q-15 IV Graphique 41: Sentiments des parents à l’écoute de leurs langues maternelles

Le graphique ci-dessus nous laisse lire que, 45 soit 70,31% des parents d‟élèves
interrogés se sentent heureux à l‟écoute de leurs langues maternelles tandis que 19 soit
29,69% pensent que c‟est normal lorsqu‟ils entendent parler leurs langues maternelles.
Cependant, d‟après les parents d‟élèves, quelle est la langue la plus importante ?

Q-16 IV Graphique 42: La langue préférée des parents d’élèves

78
Le graphique ci-dessus montre que les parents d‟élèves interrogés ont une préférence
plus avérée pour leurs langues maternelles. En effet, 60,94% des parents classent la langue
maternelle devant le français (36%) et l‟anglais arrive en troisième position avec juste 3% de
parents. Aussi, relevons que 89% des parents pensent que la langue maternelle a une influence
positive dans l‟éducation de leurs enfants.

3.3.3. Représentations linguistiques du personnel administratif vis-à-vis des


langues camerounaises

Il nous revient de rappeler que les représentations linguistiques renvoient aux


reproductions mentales que se font les locuteurs au sujet des langues qu‟ils parlent ou de
celles qui sont parlées dans leur environnement. Dans cette partie, il s‟agira de donner les
différentes opinions du personnel administratif vis-à-vis des langues camerounaises.

De prime abord, les membres du personnel administratif ayant été soumis à notre
questionnaire étaient 4 au total. En effet, tous pensent que le fait que le choix du
gouvernement soit porté sur le Lycée de Nkolbisson est une bonne chose. Ensuite, tous
pensent également que c‟est un projet à encourager car, nos langues sont restées longtemps
endormies et il est temps pour nous de leur redonner une importance aussi bien dans les
cadres formels qu‟informels de notre vie quotidienne. Pour finir, tous pensent que, si l‟on peut
sauver tout le monde de la dérive, leurs enfants en bénéficieront.

3.3.4. Représentations linguistiques des enseignants vis-à-vis des langues


camerounaises

Il est important de rappeler que, dans notre enquête, nous avons interrogé 7
enseignants au total. Parmi ces enseignants, on a enregistré 3 enseignants de Langes et
cultures camerounaises et 4 enseignants qui n‟ont rien à voir avec cette discipline. Dans cette
partie de notre travail, nous allons donner le point de vue de ces 7 enseignants à l‟égard des
langues camerounaises.

Tout comme le personnel administratif, les enseignants eux aussi pensent que le fait
que le choix du gouvernement soit porté sur le Lycée de Nkolbisson est une bonne chose.
Aussi, tous pensent que cette initiative mérite d‟être encouragée parce que, déjà sur le plan

79
développemental, aucun pays ne s‟est développé au monde avec langue d‟autrui. Mieux
encore, l‟insertion de cette discipline dans le programme scolaire vient ressusciter nos langues
déjà dans les décombres au profit des langues étrangères.

3.4. ATTITUDES DES INFORMATEURS VIS-À-VIS L’INTRODUCTION


DES LANGUES CAMEROUNAISES À L’ÉCOLE

Selon Encarta 2009, le terme attitude pris à part se définit comme étant l‟opinion
adoptée par une personne ou un groupe de personnes et déterminant une certaine façon d‟agir.
En d‟autres termes, l‟attitude renvoie à un comportement ou une façon de se tenir ou de réagir
à l‟égard de quelque chose, de quelqu‟un ou alors d‟une situation. Ce comportement est très
souvent influencé par les idées reçues et les préjugés. Les attitudes linguistiques quant à elles,
renvoient au jugement que l‟on fait par rapport à l‟usage d‟une langue. Par ailleurs, Calvet,
Canut (1996 : 46) définit l‟attitude comme «l’ensemble des manifestations subjectives vis-à-
vis des langues des pratiques langagières, représentations, mimiques, intonation,
gestuelles…». En effet, les questionnaires soumis à nos informateurs, c‟est-à-dire, les élèves,
les parents d‟élèves, le personnel administratif et les enseignants nous permettrons d‟analyser
les différentes attitudes qu‟affichent ces derniers à l‟égard des langues camerounaises.

3.4.1. Attitudes des élèves vis-à-vis de l’enseignement des langues camerounaises

Les attitudes renvoient, comme nous l‟avons fait savoir pus haut dans notre travail,
aux comportements affichés par les individus à propos de leurs propres langues ou alors des
autres langues avec lesquelles ils sont en contact. Dans le cadre de notre étude, il sera
question d‟analyser les attitudes du personnel administratif vis-à-vis de l‟enseignement des
langues camerounaises à l‟école.

80
Q-21 VI Graphique 43: Appréciation du cours de langues et cultures camerounaises

Le graphique ci-dessus nous permet de lire ce qui suit : 2,68% des élèves ayant été
interrogés pensent que le cours de langues et cultures camerounaises n‟est pas intéressant
tandis que 52,68% des élèves trouvent ce cours intéressant. Aussi, 13,39% des élèves
affirment que le cours de langues et cultures camerounaises est bien et enfin, 31,25% trouvent
le dit cours très intéressant. De ce fait, comment est l‟ambiance pendant le cours de langues et
cultures camerounaises ?

Q-22 VI Graphique 44: L’ambiance pendant le cours de langues et cultures camerounaises

81
Les statistiques ci-dessus dévoilent que 41 soit 36,61% des élèves trouvent l‟ambiance
du cours de langues et cultures camerounaises plaisante ; 33 soit 29,46% des élèves interrogés
la trouve amusante ; 33 soit 29,46% de ces élèves jugent cette ambiance de parfaite. Pour
finir, 4 soit 3,57% des élèves trouvent cette ambiance ennuyeuse et enfin, 1 soit 0,89%
qualifie cette ambiance de médiocre.
Au regard de ces résultats, nous pouvons dire que la grande majorité des élèves soit
95,53% donnent une appréciation plutôt positive à l‟ambiance du cours de langues et cultures
camerounaises tandis que la minorité soit 4,46% des élèves donnent une appréciation négative
en ce qui concerne cette ambiance. Plus loin, nous voyons que les élèves sont conscients et
favorables en ce qui concerne l‟enseignement des langues camerounaises à l‟école. De ce fait,
comment sont les élèves pendant le cours de langues et cultures camerounaises?

Q-23 VI Graphique 45: L’attitude des élèves pendant le cours de langues et cultures
camerounaises

Nous observons ci-dessus que, 62 soit 55,36% des élèves ayant répondu à notre
questionnaire, estiment que leurs camarades sont attentifs pendant le cours de langues et
cultures camerounaises; 34 soit 30,36% trouvent leurs camarades bruyants pendant le cours
de langues et cultures camerounaises et enfin, 16 soit 14,29% qualifient ce cours de pas

82
intéressant. Les résultats de l‟analyse précédente nous permet de voir que la majorité soit
55,36% des élèves sont attentifs pendant ledit cours. Cela est une preuve de plus pour
confirmer que les élèves sont favorables à recevoir cette enseignement. Cependant, sont-ils
d‟accord que leurs enfants apprennent une langue camerounaise à l‟école?

Q-24 VI Graphique 46: Le cours de LCC : initiative à encourager

La grande majorité de nos informateurs soit 97,32% des élèves sont favorables à ce
que leurs enfants aussi apprennent une langue camerounaise à l‟école. Les autres élèves, c‟est-
à-dire, la minorité soit 2,68% ne manifestent pas une attitude positive par rapport à cette
initiative. Nous pouvons noter que la grande proportion de la population interrogée soit
97,32% est d‟accord pour l‟émergence de cette initiative.

3.4.2. Attitudes des parents d’élèves vis-à-vis de l’enseignement des langues


camerounaises

Comme il a été précédemment dit, les attitudes renvoient à une tendance relativement
stable à répondre à quelqu'un ou à quelque chose de manière qui reflète une évaluation
(positive ou négative) de cette personne ou chose. Ce sont des tendances à évaluer une entité
avec un certain degré de faveur ou de défaveur, habituellement exprimées dans des réponses
cognitives, affectives et comportementales. Dans le cadre de notre étude, nous allons évaluer
les attitudes linguistique des parents d‟élèves vis-à-vis l‟introduction des langues
camerounaises dans le système éducatif. Ainsi, les questions 20, 21, 23 et 24d de l‟annexe 2
nous aiderons dans cette analyse.

83
Q-20 V Graphique 47: Appréciation de l’enseignement des langues camerounaises par les
parents d’élèves

Il est nécessaire de mentionner d‟abord que la majorité des parents d‟élèves trouvent
important l‟introduction des langues et cultures camerounaises dans le programme scolaire de
leurs enfants. Cependant, le graphique ci-dessus nous permet de lire que, 26 soit 40,63% des
parents d‟élèves soumis à notre questionnaire trouvent très important l‟enseignement des
langues nationales à l‟école ; 22 soit 34,38% d‟entre eux le trouvent bon ; 14 soit 21,88% des
parents d‟élèves trouvent cet enseignement passable tandis que 2 soit 3,13% qualifient cet
enseignement de pas bon. Alors, ces élèves ont-ils changé d‟attitude depuis qu‟ils suivent ce
cours?

84
Q-21 V Graphique 48: Changement d’attitude des élèves vis-à-vis des langues
camerounaises

D‟après le graphique ci-dessus, nous lisons que 46 soit 71,88% des parents d‟élèves
déclarent avoir observé un changement d‟attitude à l‟égard des langues en général depuis que
leurs enfants suivent le cours de langues et cultures camerounaises tandis que 18 soit 28,13%
des parents d‟élèves disent n‟avoir observé aucun changement d‟attitude de leurs enfants en
ce qui concerne le cours de langues et cultures camerounaises.

Q-23 V Graphique 49: Le choix de la seconde langue après l’anglais

Le graphique soumis à notre observation montre que, 45 soit 70,31% des parents
d‟élèves choisissent langue maternelle comme seconde langue après l‟anglais, 11 soit 17,19%
des parents d‟élèves préfèrent de loin l‟allemand comme seconde langue tandis que 8 soit
12,50% d‟entre eux optent pour l‟espagnol comme seconde langue après l‟anglais. Ces

85
résultats montrent que les camerounais en grande majorité ont un réel attachement à leurs
valeurs culturelles car la langue maternelle est un constituant essentielle de l‟identité
culturelle d‟un individu ou d‟un groupe d‟individus.

Q-24 V Graphique 50: La LM est un frein à l’apprentissage des langues officielles

Le graphique ci-dessus nous laisse lire que de toutes les personnes interrogée, 61 soit
95,31% des parents d‟élèves disent être absolument pas d‟accord sur le fait que la LM soit un
frein à l‟apprentissage des langues officielles. 3 soit 4,69% de ces répondants disent être
d‟accord sur le fait que la LM soit un frein à l‟apprentissage des langues officielles. Précisons
également que, 87% des parents pensent que la langue maternelle a toute sa place dans le
monde moderne. Par conséquent, la LM peut cohabiter avec les langues officielles sans
toutefois influencer négativement l‟apprentissage d‟une quelconque langue. Ces résultats
permettent une fois de plus après les précédents d‟identifier une attitude plutôt positive de la
part des parents d‟élèves en ce qui concerne le fait que la LM ne soit pas un frein à
l‟apprentissage du français et de l‟anglais.

86
3.4.3. Attitudes du personnel administratif vis-à-vis de l’enseignement des
langues camerounaises

Thurstone (1931, cité par Dufresne, 1992: 8) définit l'attitude de la façon suivante:
«L'attitude est la disposition pour ou contre un objet psychologique. La disposition dans sa
forme primitive est décrite comme une attirance ou une aversion. L'attirance est la forme
positive de la disposition, laquelle dans plusieurs situations compliquées apparaît comme
aimant l'objet psychologique, le justifiant, le préférant de différentes façons. L'aversion est la
forme négative de la disposition, laquelle est décrite comme détestant l'objet psychologique,
le dénigrant, le détruisant, ou par ailleurs réagissant contre lui.»

Dans ce sens, l'attitude ainsi décrite par Thurstone se définit avant tout par la
perception positive ou négative à l'égard d'un objet psychologique. Être favorable ou
défavorable, être pour ou contre. Elle serait donc constituée selon lui de la somme des
sensations, des idées, des convictions, des sentiments relatifs à un objet déterminé. Dans cette
partie, il sera question d‟évaluer les attitudes que se font les membres du personnel
administratif vis-à-vis des langues camerounaises. Ainsi, les questions c et d de la partie II de
l‟annexe 3 nous éclaireront dans le cadre de cette analyse statistique.

Q-c II Graphique 51: Avez-vous observé un changement de comportement depuis l’insertion


du cours de LCC ?

87
Nous pouvons voir ci-dessus que 3 soit 75% des membres du personnel administratif
disent avoir observé chez leurs enfants un changement de comportement à l‟égard des langues
en général et de la langue maternelle en particulier. 1 soit 25% dit n‟avoir observé chez son
enfant aucun changement de comportement en ce qui concerne les langues en général et la
langue maternelle en particulier. La grande proportion du personnel administratif soit 75%
déclarent que leurs enfants affichent un comportement plutôt positif dans la mesure où, ils
manifestent de plus en plus un grand intérêt à vouloir s‟exprimer aussi bien en langues
officielles qu‟en langue maternelle. Alors, que faut-il faire pour renforcer ce projet ?

Q-d II : En tant qu’enseignant, que pouvez-vous suggérer pour le renforcement de ce projet


d’enseignement de langues nationales ?

D‟après la question ci-dessus, tout le personnel administratif a suggéré qu‟il faut que
les décideurs politiques commencent à implanter ce projet à la base c‟est-à-dire, la maternelle
et dans chaque région, ils devraient promouvoir une langue dans laquelle les enfants pourront
apprendre afin de s‟intégrer. Car, d‟après les recherches sociologiques, la bonne acquisition
des langues se fait entre 2 et 6ans. Ensuite, ils ont aussi proposé la formation massive et
surtout bonne des enseignants de langues maternelles à l‟École normale supérieure.

3.4.4. Attitudes des enseignants vis-à-vis de l’enseignement des langues


camerounaises

Il faut tout de même préciser que nous avons 7 enseignants au total. Tous ces
enseignants ont répondu à 100% avoir observé chez les enfants un changement de
comportement à l‟égard des langues en général et de la langue maternelle en particulier car,
ces derniers s‟intéressent de pus en plus aux langues maternelles. Alors quelles méthodes les
enseignants de langues et cultures camerounaises utilisent-ils pour enseigner ?

En ce qui concerne les méthodes d‟enseignement des langues camerounaises, les


enseignants de ladite matière disent tous employer les jeux de rôle, les techniques
d‟articulation des sons dans les langues camerounaises. A quelles difficultés font-ils face dans
l‟enseignement de langues et cultures camerounaises ?

D‟après les enseignants de langues et cultures camerounaises, la première difficulté est


la préparation des cours faute de la documentation, la seconde difficulté est la dispensation car
c‟est une nouvelle discipline et l‟enseignant se doit de trouver des orientations aux leçons. De
ce fait, quelles suggestions proposent-ils par rapport au renforcement du projet
d‟enseignement de langues camerounaises à l‟école ?

88
Pour le renforcement du projet d‟enseignement de langues camerounaises, tous les
enseignants proposent la sensibilisation des parents d‟élèves qui ne sont pas au courant de ce
programme et pour ceux qui le sont, ils devraient commencer l‟enseignement à la maison.
Ceci faciliterait la tâche aux enseignants dans le processus enseignement/apprentissage. En
plus, l‟enseignement de cette matière devrait être instauré dès la maternelle.

Parvenue à la fin de ce chapitre, nous devons rappeler qu‟il a été question de faire des
analyses liées aux compétences et pratiques linguistiques, aux représentations linguistiques et
enfin aux attitudes linguistiques. Ainsi, nous avons impliqué les élèves, les parents d‟élèves,
le personnel administratif et les enseignants dans le cadre de cette analyse. Pour les élèves, il
ressort que les analyses sont plutôt positives vu les chiffres et les pourcentages obtenus. La
grande proportion de toute la population interrogée a déclarée avoir un bon niveau de
connaissance et de pratique linguistique, ceux qui avaient des représentations linguistiques
positives à l‟égard des langues camerounaises enseignées à l‟école, étaient encore plus
nombreux. Et enfin, la majorité des élèves interrogés trouvait intéressant le cours de langues
et cultures camerounaises enseigné à l‟école. Ces attitudes démontrent clairement que les
élèves ont une perception positive à propos de l‟enseignement des langues camerounaises à
l‟école. En ce qui concerne les parents d‟élèves, les données recueillies prouvent tout d‟abord
un sentiment d‟attachement à leur langue maternelle, ensuite au français et enfin, à l‟anglais.
Dans leur grande majorité, les parents se sont estimés bons aussi bien en connaissance écrite
qu‟orale. Pour ce qui est de la pratique linguistique, ils ont déclaré faire usage du français
dans leur quotidien car, c‟est la langue d‟intégration sociale dans la zone urbaine de Yaoundé.
Mais pour ce qui est de leur langue préférée, la langue maternelle a occupé la principale place
chez la grande majorité des parents d‟élèves. Par la suite, nous avons observé que les parents
d‟élèves manifestent dans leur grand ensemble une représentation favorable suivie d‟une
attitude positive au sujet de l‟enseignement des langues camerounaises à l‟école. Du côté du
personnel administratif et des enseignants, tous trouvent très important les langues en général
et la langue maternelle en particulier. Ils disent aussi avoir un sentiment d‟attachement à leur
propre langue maternelle lorsqu‟il s‟agit de leur usage. Pour cela, ils voient un changement de
comportement depuis que leurs élèves suivent le cours de langues et cultures camerounaises.
Mais, pour l‟amélioration de ce projet d‟enseignement des langues camerounaises, ils invitent
les parents à s‟impliquer davantage en encourageant leurs progénitures au sujet de leurs
langues maternelles. Bref, tous les élèves, les parents d‟élèves, le personnel administratif du
Lycée de Nkolbisson semblent favorables à l‟enseignement des langues camerounaises à
l‟école.

89
CHAPITRE IV: VÉRIFICATIONS DES HYPOTHÈSES ET
INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS

90
Ce chapitre porte sur la vérification des hypothèses émises dans le cadre de notre
travail, puis sur l‟interprétation des résultats de l‟analyse faite dans le chapitre précédent
Comme nous l‟avons précédemment rappelé, notre objectif principal de recherche étant de
connaître l‟opinion des élèves, des parents d‟élèves, du personnel administratif et des
enseignants au sujet de l‟enseignement des langues camerounaises à l‟école, nous procèderons
tout au long du présent chapitre à la vérification des hypothèses et tout comme dans le
chapitre précédent, l‟interprétation des résultats d‟analyse se construira autour de quatre
principaux axes à savoir : les compétences linguistiques, les pratiques linguistiques, les
représentations linguistiques et les attitudes de nos informateurs vis-à-vis l‟insertion des
langues camerounaises dans le programme éducatif.

4.1. VÉRIFICATION DES HYPOTHÈSES

Quatre hypothèses de recherche ont été formulées autour de l‟objectif principal (cf.
section 5.1). Il s‟agira de voir si les camerounais sont favorables ou défavorables ou encore
s‟ils ont des attitudes positives ou négatives en ce qui concerne l‟enseignement des langues
camerounaises à l‟école. La vérification des résultats se fera l‟aide de l‟analyse quantitative
car, nous nous sommes uniquement servis de l‟analyse statistique comme instrument de
traitement des données.

- Hypothèse no1 : Les Camerounais auront tendance à afficher un sentiment d’attachement à


l’égard de leurs langues maternelles.

Les résultats de l‟analyse nous amènent à faire des constations suivantes :

Les élèves et les parents d‟élèves dans leur grande majorité ont une bonne
connaissance de leur langue d‟origine. Malgré le fait que ces derniers utilisent plus le français
dans leurs communications quotidiennes, ils ont quand un regard positif à l‟égard de la langue
maternelle, support de la culture et véhicule de l‟identité culturelle d‟un peuple. Ainsi, les
graphiques 9 et 17nous permettent de confirmer l‟hypothèse 1.

- Hypothèse no2 : Le niveau de connaissance des élèves et des parents d’élèves en langues
officielles agirait positivement sur leur appréciation à propos de l’enseignement des langues
camerounaises à l’école.

Ce que nous pouvons constater des résultats l‟analyse des donné est :

91
Le niveau de connaissance des élèves et des parents d‟élèves en langues officielles agit
positivement sur leur appréciation à propos de l‟enseignement des langues camerounaises.
Cela se justifie par le fait que, les élèves et les parents d‟élèves sont favorables dans leurs plus
grandes proportions à l‟enseignement des langues camerounaises à l‟école malgré le fait que
les langues officielles soient les plus utilisées. Les graphiques 43 et 47 justifient cette
hypothèse.

- Hypothèse no3 : La pratique linguistique des informateurs centrée sur l’usage permanent
du français, agirait négativement sur leur appréciation vis-à-vis de l’insertion des langues
camerounaises à l’école.

La pratique linguistique des informateurs centrée sur l‟usage permanent du français


n‟agit pas négativement sur leur appréciation vis-à-vis de l‟insertion des langues
camerounaises à l‟école car, nos informateurs dans leur plus grande majorité sont positifs en
ce qui concerne le projet de l‟enseignement des langues camerounaises à l‟école. L‟hypothèse
ci-dessus est donc considérée comme nulle.

- Hypothèse no4 : Le fait d’afficher une attitude positive ou négative face aux langues
influencerait les élèves et les parents d’élèves à propos de leur appréciation générale au sujet
de l’enseignement des langues camerounaises à l’école.

L‟hypothèse ci-dessus se vérifie aussi à l‟aide des graphiques 43 et 47 car, vu les


résultats de l‟analyse, nous voyons que le fait d‟afficher une attitude positive face aux langues
influencent les élèves et les parents d‟élèves dans leur appréciation générale au sujet de
l‟enseignement des langues camerounaises à l‟école. Par exemple, ceux qui ont une attitude
positive à l‟égard des langues sont favorables à l‟enseignement des langues camerounaises à
l‟école. Par contre, ceux qui ont une attitude négative face aux langues ne le sont pas. C‟est ce
qui a été démontré tout au long de notre analyse à travers les différents graphiques partant des
compétences linguistiques aux attitudes.

4.2. INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS

Tout comme à l‟étape de l‟analyse des données, l‟interprétation des résultats se fera
suivant quatre principaux axes à savoir : les compétences linguistiques, les pratiques
linguistiques, les représentations linguistiques et les attitudes linguistiques.

92
Les résultats de l‟analyse révèlent que la grande majorité des élèves et parents d‟élèves
estime avoir un bon niveau de connaissance linguistique aussi bien en langue maternelle
qu‟en langues officielles. L‟hypothèse de Tadadjeu (1980) selon laquelle, le camerounais-
type des temps futurs sera celui qui aura la capacité de communiquer en trois langues au
moins, notamment : la langue maternelle, la langue officielle 1 et langue officielle 2 semble se
confirmer. Le personnel administratif et les enseignants de leur côté, déclarent que toutes les
langues en général et la langue maternelle en particulier sont importantes. Eux aussi évaluent
positivement leurs connaissances linguistiques et affirment également bien connaître leurs
langues maternelles respectives. Ce qui traduit un sentiment d‟attachement vis-à-vis de la
langue maternelle, support de la culture et principal véhicule de la culture d‟un peuple.

Les pourcentages sur les représentions linguistiques montrent que la plus grande
proportion des élèves et parents d‟élèves avaient des images très positives à l‟égard de leurs
différentes langues maternelles. Enfin, un grand nombre d‟élèves trouvaient intéressant le
cours de langues et cultures camerounaises enseigné à l‟école et les parents par ricochet, n‟y
voyaient aucun inconvénient en ce qui concerne ce cours car, ils le trouvaient plutôt important
pour leurs enfants. De ce fait, ces attitudes démontrent clairement que les élèves et les parents
d‟élèves ont une perception positive à propos de l‟enseignement des langues camerounaises à
l‟école. Le personnel administratif et les enseignants quant à eux, sont favorables en ce qui
concerne l‟insertion des langues camerounaises à l‟école et remarquent par conséquent un
changement d‟attitudes de leurs élèves au sujet des langues depuis qu‟ils suivent ce cours.
Dans le cadre de l‟amélioration du projet d‟enseignement des langues camerounaises à
l‟école, ces derniers proposent la sensibilisation des parents à ce sujet.

Au terme de ce chapitre, il a été question de la vérification des hypothèses de


recherches et de l‟interprétation des résultats d‟analyse. Il ressort que, parmi les quatre
hypothèses émises, certaines ont été confirmées. En ce qui concerne l‟interprétation des
résultats, nos informateurs ont estimé dans la grande majorité avoir un bon niveau de
connaissance en langue maternelle malgré le fait que le français occupe une place principale
dans tous les circuits vitaux de leur vie quotidienne. Aussi, les compétences, les pratiques et
les représentations de nos informateurs ont conduit à des attitudes positives au sujet de
l‟insertion des langues camerounaises à l‟école.

93
Recommandations

Nous avons émis des suggestions à l‟intention des acteurs de l‟éducation, à savoir les
parents, les enseignants et le gouvernement concernant l‟intégration de la famille dans les
activités pédagogiques, ainsi qu‟une politique de sensibilisation sur l‟usage des langues
camerounaises dans un environnement urbain. D‟abord aux parents, nous leur recommandons
d'assurer la transmission de la langue maternelle à leurs enfants. Bref, la cadre familial doit
retrouver son rôle de conservateur et de sauvegarde de l‟usage de la langue maternelle. Aussi,
serait-il bénéfique que les parents permettent à leurs enfants de passer régulièrement les
vacances au village en compagnie des grands-parents, cadre idéal, où la langue maternelle ne
rencontre pas de rival. Cette sensibilisation pourra également passer par la formation de plus
d‟enseignants pour assurer ainsi la représentativité de la plupart des langues camerounaises.
Le gouvernement quant à lui, devrait mettre gratuitement le matériel didactique nécessaire à
la disposition des apprenants. Il devrait également mettre sur pied une politique
d'enseignement des langues locales qui doit donc s'intégrer dans un projet destiné à faire des
langues locales de véritables outils de développement économique et culturel permettant à
leurs détenteurs de participer effectivement à la construction nationale. Afin que la future
politique linguistique du Cameroun soit couronnée de succès, elle doit être soutenue par
l'aménagement d'un cadre de promotion sociale dans les langues camerounaises. Et, une
campagne nationale de sensibilisation organisée et financée par le gouvernement devra
ensuite expliquer aux populations les nouvelles fonctions sociolinguistiques confiées à leurs
langues maternelles dans l'optique de l'amélioration de leurs conditions de vie. Enfin, il
revient aux décideurs politiques étendre la promotion des langues camerounaises à travers les
programmes diffusés par les médias et de commencer l‟insertion des langues camerounaises
dès le bas âge car, d‟après les recherche en sociologie, la bonne acquisition des langues se fait
entre 2 et 6 ans.

94
CONCLUSION GÉNÉRALE

95
Au terme de cette étude, il convient de rappeler notre thème. Quels axes de réflexion
nous ont permis de traiter notre sujet et à quels résultats sommes nous parvenus ? Cette étude
portait sur la Perception de l‟enseignement des langues camerounaises au secondaire : cas du
Lycée de Nkolbisson. L‟objectif principal était de connaître l‟opinion des élèves, des parents
d‟élèves, du personnel administratif à propos de l‟enseignement des langues camerounaises à
l‟école. Pour atteindre cet objectif, nous avons procédé à différents types d‟enquêtes : la
recherche documentaire, les enquêtés par questionnaires sociolinguistiques. A la suite de la
recherche documentaire effectuée, nous avons présenté les différents concepts clés de notre
étude et la revue de la littérature. Le but étant d‟avoir une idée claire de notre thème d‟étude,
afin qu‟aucun élément ne puisse échapper à notre compréhension pour l‟émission et
l‟interprétation des hypothèses de recherche. Par le biais des différents questionnaires, une
enquête a été réalisée au sein du Lycée de Nkolbisson. Ainsi, nous avons collecté des données
auprès d‟un échantillon constitué des élèves, des parents d‟élèves, du personnel administratif
et des enseignants. Pour le traitement des données, nous avons fait uniquement une analyse
quantitative à l‟aide du logiciel SPSS (Statistical Package for Social Sciences).Après
traitement de ces données, à l‟aide de l‟analyse statistique, les résultats ont conduit à la
confirmation de certaines hypothèses. Les résultats auxquels nous sommes parvenus sont les
suivants :

Étant donné que les compétences linguistiques renvoient aux niveaux de connaissance
linguistique, les élèves et les parents d‟élèves dans leur grande majorité estiment avoir une
bonne connaissance de leurs langues maternelles respectives. Le personnel administratif et les
enseignants quant à eux, affirment également bien connaître leurs langues maternelles. Nos
informateurs en leur grand nombre ont une valeur affective à l‟égard de leur langue d‟origine.
Cela prouve que les camerounais valorisent leurs cultures à un certain niveau. Concernant le
niveau de connaissance en langues officielles, une grande proportion des informateurs a
estimé bien connaître le français et connaître passablement l‟anglais aussi bien à l‟oral qu‟à
l‟écrit. Le statut qu‟occupent les langues dans la vie quotidienne des camerounais justifie leur
connaissance dans ces langues. Les différents résultats sur les compétences linguistiques
traduisent l‟estime que les élèves et les parents d‟élèves ont de leur propre langue et des
langues officielles. Aussi, nos informateurs disent dans leur plus grande majorité mieux
connaître le français que l‟anglais. Cela se justifie par le fait que, à Yaoundé, le français est la
principale langue d‟intégration et de communication aussi bien dans le cadre familial que dans
le cadre formel. La pratique linguistique de son côté, renvoie à l‟usage effectif de la langue. A

96
ce niveau, la grande majorité des élèves et parents d‟élèves ont affirmé mieux s‟exprimer en
français et l‟utiliser comme principale langue de communication avec leurs parents, frères,
voisins et professeurs.

En ce qui concerne les représentations linguistiques, nos informateurs ont tous une
image très positive à l‟égard de leurs différentes langues maternelles. Cela traduit également
une attitude positive de nos sujets pour ce qui est de l‟insertion des langues maternelles à
l‟école.

Pour ce qui est de l‟insertion des langues camerounaises à l‟école proprement dit, elle
est perçue par nos informateurs comme étant une chose très importante dans la mesure où elle
encourage la promotion et la valorisation des langues maternelles. D‟après les résultats
obtenus, les élèves en grande majorité trouvent le cours de langues et cultures intéressant.
Aussi, l‟ambiance qui règne pendant ce cours selon les estimations de la plus grande
proportion est plaisante et la majorité de ces élèves trouvent leurs camarades attentifs pendant
le cours de langues camerounaises. De ce fait, ils sont majoritairement favorables à
l‟évolution de ce projet d‟enseignement des langues car, cette même majorité aimerait que
leurs enfants aussi apprennent une langue camerounaise. Les parents de leurs cotés, trouvent
majoritairement très bon l‟enseignement des langues maternelles à l‟école. Selon leurs avis,
leurs enfants ont des comportements plutôt favorables vis-à-vis de la langue maternelle. Pour
le grand nombre des parents, la langue maternelle ne serait être un frein à l‟apprentissage des
langues officielles. A la suite de cela, les enseignants recommandent aux parents de
s‟impliquer davantage en encourager leurs enfants dans l‟apprentissage de leur langue
maternelle.

Apports et limites de recherche

La présente étude permet de contribuer à la recherche, mais comme toute œuvre


scientifique, elle comporte des limites.

Apports

Cette étude permet d‟envisager l‟évaluation sous un angle nouveau. En effet, il s‟agit
d‟évaluer la perception des camerounais sur un plan général à propos de l‟insertion des
langues camerounaises dans le système éducatif. Pour évaluer les pratiques et les compétences
linguistiques de nos informateurs, nous avons fait usage d‟un logiciel statistique important à

97
savoir : SPSS (Statistical Package for Social Sciences) dans le traitement des données. Par
ailleurs, la lecture des résultats de notre analyse permet de faire ressortir des attitudes plutôt
positives vis-à-vis des langues camerounaises et de leur insertion à l‟école. Notre étude
permet également de rappeler la richesse linguistique du Cameroun et de montrer
l‟importance de l‟enseignement des langues maternelles aux jeunes. Ce qui les aidera à
comprendre que la particularité du Cameroun est dans sa diversité qui est incontestablement
sa principale richesse. En fait, nous pouvons être différents tout en restant unis. Enseigner les
langues maternelles à l‟école est un meilleur moyen de rappeler aux jeunes la multiethnicité
qui qualifie l‟espace géographique du Cameroun.

Limites

Notre recherche est largement tributaire de divers éléments dont l‟influence sur les
résultats nous invite à en cerner les limites.

Une des limites de notre étude se rapporte à la procédure d‟enquête que nous avons
choisie : le questionnaire. En effet, il nous est difficile de déterminer si les réponses obtenues
correspondent bien aux réalités concernant les niveaux linguistiques. Il ressort des résultats
que plusieurs apprenants ayant déclaré avoir une bonne connaissance d‟une langue nationale
ont aussi affirmé que le français est la langue dans laquelle ils expriment le mieux leurs idées.
Ce qui ramènerait à la baisse le pourcentage de jeunes qui ont une bonne connaissance orale
de leurs LM. Bien que cela n‟ait eu d‟incidence sur l‟orientation des résultats, nous
considérons que ces derniers doivent être pris avec une certaine prudence.

98
BIBLIOGRAPHIE

99
I- Livres et ouvrages scientifiques

 BITYAA KODY, Zachée Denis, 2003, Annuaire des langues nationales du


Cameroun, Yaoundé Éditions du CERDOTOLA.

 BLANCHET, Philippe (2000) : La Linguistique du terrain : méthode et théorie –


Une approche Ethno sociolinguistique, Rennes, PUR.

 BOYER, Henri, 1991, Langues en Conflit, Paris : Éditions l‟Harmattan

 BRETON, Roland. et BIKIA FOHTUNG, 1991, Atlas administratif des langues


nationales du Cameroun ; Paris et Yaoundé, CERDOTOLA, ACCT, MESIRES,
Programme DYLAN. 142 p.

 CALVET, Louis-Jean, 1996, La Sociolinguistique, Paris : Presse Universitaire de


France. Collection- Que sais-je ? ; 127 P.

 CASTELLOTTI, Véronique et MOORE, Danièle, (2002), Représentations sociales


des langues et enseignements : Etude de références Conseil de l‟Europe.

 DUMONT, Pierre et MAURER, Bruno 1995, Sociolinguistique du Français en


Afrique francophone : gestion d’un héritage, devenir d’une Sciences ; Vanves :
EDICEF, Collection Universités Francophones, AUPELF- UREF ; 224p

 GRAWITZ, Madeleine, (1990), Méthodes des Sciences Sociales, DALLOZ, Paris


1 pp 140.

 JODELET, Denise, (1989) (éd.). Les représentations sociales, Paris, PUF

 LAFONTAINE, Dominique, 1997, Attitudes Linguistiques, in Marie-Louise Moreau,


(éd.), Sociolinguistique : Concepts de base ; Liège : Mardaga ; pp.56-60.

 LABOX, William, 1976, Sociolinguistique, Paris, Éditions de minuit.

 MOREAU, Marie-Louise, (éd.), 1997, Sociolinguistique : concepts de base ; Liège :


Mardaga.

 MOSCOVICI, Serge, (1984), Psychologie Sociale, Paris, Presses Universitaires de


France.

100
 NTEBE BOMBA, Gilles, (1991), L’Étudiant, le chercheur, l’enseignant face à la
rédaction des travaux académiques, Yaoundé, CUSP.

 TABI MANGA Jean, (2000), Les politiques linguistiques du Cameroun : essai


d’aménagement linguistique ; Paris, Karthala ; 237p.

 TADADJEU, Maurice, (1980), A model for functional trilingual education planning


in Africa, Paris, UNESCO.

II- Mémoire et Thèses

 AMBIANA MUYENGA, Jacqueline Laure, (2013), Éducation de la pratique


Enseignante des langues nationales au secondaire dans un environnement urbain
multilingue : Cas de la langue Duala, Mémoire de Master en Linguistique Appliquée
sous la direction de MBA Gabriel, Université de Yaoundé I, 136p.

 BITJAA KODY, Zachée Denis, (2004), La dynamique des langues camerounaises en


contact avec le français : Approche macro-sociolinguistique, Thèse de Doctorat d‟État,
Université de Yaoundé I. 630 p.

 DIBOMA, Marie-Louise, (2009), Enseignement de langues nationales à Yaoundé :


une étude de l‟impact des attitudes et des représentations des élèves du secondaire,
Mémoire de DEA, sous la direction de BITJAA KODY Zachée Denis, Université de
Yaoundé I, 139p.

 NJAPNDOUNKE, Fatima Nastainou (2012), Perception de la communauté


éducative au sujet de l‟insertion des langues nationales à l‟école : cas du Lycée
d‟Akwa de Douala, Mémoire de Master en Linguistique Générale et Théorique sous la
direction de Ndongo Semengue, M. A, Université de Yaoundé I, 168 p.

III- Articles

 Aroga BESSONG, (1997) « Le bilinguisme officiel (français-anglais) au Cameroun :


un problème d‟aménagement efficace » dans TTR : Traduction, Terminologie,
Rédaction, vol 10, no 1 P. 219-244.

101
 BILOA, Edmond, et ECHU, Georges, (2008), « Bilinguisme officiel, identité
nationale et nationalisme au Cameroun » in Annales de la faculté des arts, lettres et
sciences humaines, vol 1 no 8 Université de Yaoundé I, PP 17-32.

 BILOA, Edmond, et FONKOUA, Paul, (2009), « Imaginaires linguistiques ou


Représentations du français et ces langues identitaires autochtones au Cameroun » in
Le français en Afrique (Revue du Réseau des observatoires du Français Contemporain
en Afrique), no 25. Nice, Institut de linguistique française- CNRS, PP 309-323.

 BITJAA KODY, Zachée Denis, (2000a), «Attitudes linguistiques et intégration


socio-économique des Africains francophones à Montréal », in African Journal of
Applied Linguistics ; PP 58-82.

 BITJAA KODY, Zachée Denis, (2000c), « Attitudes et représentations linguistiques


à Yaoundé » in African Journal of Applied Linguistics No 002, NACALCO, Center for
Applied Linguistics in Yaounde, PP. 100-116.

 BITYAA KODY, Zachée Denis., (2001), « Impact des politiques linguistiques au


Cameroun ». Dans Dumont Pet Santadomingo C (éds 2001) : La coexistence des
langues dans l’espace francophone. Paris : AUF, 105-115.

 BIYOUHA ASSOMO, Le Français dans le système éducatif anglophone au


Cameroun (extrait du mémoire DEA soutenu à l‟UYI)

 DA CRUZ, Maxime, 2007, « Langues nationales et décentralisation », Université


d‟Abomey-calaxi (Rep. Du Bénin), AJAL no 6 PP. 155-168.

 MBA, Gabriel, /CHIATOH, B., (2000), “Current trends and perspectives in Mother
Tongue Education in Cameroon”, in African Journal in Applied Linguistics (AJAL),
No 1 PP. 1-21.

 NSEME, Clédor, (2007), Quelle politique linguistique pour un partenariat durable et


constructif langues africaines/langues européennes dans l‟éducation et la science en
Afrique. Communication donnée au colloque Dialogue des peuples et cultures,
AfricAvenir, Berlin 17-22 novembre 2007

 NSEME, Clédor, (2010), Enseignement des langues nationales au DLAL de


l‟Université de Yaoundé 1 in Universités francophones et diversité linguistique, Actes

102
du Colloque international sur le thème : Universités francophones et diversité
linguistique (Université de Yaoundé 1 : 27-29 juin 2008), l‟Harmattan pp 281-290)

IV-Dictionnaires

 Petit Larousse 2002

V- Quelques textes de la législation linguistique

 Constitution de la République du Cameroun, 1972.

 Constitution de la République du Cameroun du 18 janvier 1996 ; Presse de


l‟imprimerie nationale, Yaoundé, 45p.

 Décret 2002/004 du 4 janvier 2002 portant organisation du Ministère de l‟Éducation


Nationale.

 Loi No 98/004 du 14 avril 1998 d‟Orientation de l‟Éducation au Cameroun ; Cameroon


Tribune, No 2869 du vendredi 17 avril 1998.

103
ANNEXES

104
Annexe 1

Questionnaire destiné aux élèves du Lycée de Nkolbisson au sujet de l’introduction des


langues camerounaises à l’école

I-Informations personnelles du répondant

Age : Lieu de naissance :

Sexe : F M

Classe : 5ème Autres

Quartier : ……………………………………………………………………………

II-Origine et environnement proche du répondant

1-Quel est votre région d‟origine ?

………………………………………………………………………………………

2-Quelle langue maternelle parlez-vous ?

……………………………………………………………………………………...

3-Vos parents parlent-ils la même langue ?

Oui Non

4-Avec qui vivez-vous ? Veuillez choisir la case correspondant à votre choix.

Vos parents Vos grands parents Votre tante Votre oncle Autre
membre de la famille

5-Allez-vous souvent au village ? Choisissez votre réponse.

Souvent Très souvent Rarement Très rarement Jamais

105
III-Compétences linguistiques

6-Comment évaluerais-tu ton niveau en langue maternelle ? Fais une croix devant la réponse
correspondant à ton choix.

Bien Très bien Assez bien Passable Mauvais

Très mauvais

7-Comment évaluerais-tu ton niveau oral en langues officielles du Cameroun ? Fais une croix
dans la case qui correspond à ta réponse.

Bien Très bien Assez bien Passable Mauvais Très


mauvais

Français

Anglais

8-Parles-tu une autre langue camerounaise ou africaine ? Si oui laquelle ?

……………………………………………………………………………………………

9-Comment évaluerais-tu ton niveau de connaissance écrite en langues officielles du


Cameroun ? Fais une croix dans la case correspondant à ta réponse.

Très bien Bien Assez bien Passable Mal

Français

Anglais

106
10-Quelle langue parles-tu le mieux ? Mets la croix dans la case correspondante.

Français

Anglais

Langue maternelle

Autre langue camerounaise

IV-Pratiques linguistiques

11-Quelle est la première langue que tu as appris à parler ? Coche la case qui correspond à ta
réponse.

Français Anglais Langue maternelle Autre langue

12-Quelles langues utilises-tu généralement quand tu t‟adresses aux personnes suivantes : fais
une croix dans la case qui correspond à ta réponse.

Fçais = Français ; Angl = Anglais ; LM = Langue maternelle

Fçais Angl Fçais /Angl LM Fçais / LM

Père

Mère

Frères / sœurs

Amis à l‟école

Amis au quartier

Voisins

Professeurs

Autres membres de la famille

107
13-Quelle(s) langue(s) utilisent tes parents pour communiquer entre eux ?

…………………………………………………………………………………………………...

V-Représentations linguistiques

14-Des langues que tu parles, laquelle apprécies-tu le plus ? Coche la réponse qui te convient.

Français Anglais Langue Maternelle Autre langue africaine

Pourquoi ?………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………….

15-Laquelle des langues que tu parles apprécies-tu le moins ? Choisis la réponse qui te
convient.

Français Anglais Langue Maternelle Autre langue africaine

16-Quelles langues utilises-tu pour insulter ou pour t‟exclamer ?

……………………………………………………………………………………………….......

17-Comment réagis-tu entend parler ta langue maternelle autour de toi ? Choisis la réponse
qui te convient.

Normal(e) Heureux (se) Un peu gêné(e) Très heureux (se)

18-Réponds- tu en langue maternelle quand on s‟adresse à toi en la parlant ? Choisis la


réponse qui te convient.

Toujours Souvent Rarement Très souvent Très rarement


Jamais

19-Aimes-tu parler ta langue maternelle ?

Oui Non Autre réponse

Pourquoi ? ………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………..

20-Quelle idée as-tu de ceux qui parlent leur langue maternelle tout le temps ? Choisis la
réponse qui te convient.

108
Villageois Pas éduqués Traditionnalistes Autre

Pourquoi ?.....................................................................................................................................
......................................................................................................................................................

VI-Attitudes vis-à-vis de l’introduction de langue camerounaise au programme de


l’enseignement

21-Comment trouves-tu le cours de langues et cultures camerounaises qu‟on vous dispense ?


Choisis une réponse.

Bien Très bien Intéressant Pas intéressant Difficile Facile

22-Comment juges-tu l‟ambiance générale du cours ? Choisis l‟une des réponses suivantes.

Plaisante Ennuyeuse Amusante Médiocre Parfaite

23-Comment trouves-tu tes camarades pendant le cours de langues et cultures et


camerounaises ? Choisis la case correspondant à ta réponse.

Attentifs Très attentifs Bruyants Très bruyants Pas intéressés

24-Aimerais-tu que tes enfants apprennent une langue camerounaise à l‟école ? Pourquoi ?

…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………

109
Annexe 2

Questionnaire destiné aux parents d’élèves au sujet de l’introduction des langues


camerounaises à l’école.

I-Informations personnelles

Sexe : Profession :
Age : En couple oui non
Langue officielle parlée :………………….

II-Informations sur le ménage

1-Age du ménage :

0-5 5-10 10-15 15-20 Plus de 20 ans

2-Nom de votre langue maternelle

…………………………………………………………………………………………………

3-Nom de langue maternelle de votre conjoint(e)

………………………………………………………………………………………………....

4-Profession de votre conjoint(e)

…………………………………………………………………………………………………

5-Ville d‟implantation du ménage

………………………………………………………………………………………………....

6-Quartier

…………………………………………………………………………………………………

II-Compétences linguistiques

7-A quel niveau parlez-vous les langues suivantes ? Donnez-vous une appréciation en mettant
une croix dans la case correspondant à votre réponse.

110
Très bien Bien Assez bien Passable Mal Très mal
Langue
maternelle
Français
Anglais

8-Parlez-vous une autre langue camerounaise ou africaine ?

Oui Non

Si oui la quelle ?

…………………………………………………………………………………………………..

9-A quel niveau écrivez-vous les langues suivantes ? Faites une croix dans la case
correspondante.

Très bien Bien Assez bien Passable Mal Très mal


Français
Anglais
Langue maternelle
Autre langue

III-Pratiques linguistiques

10-a) Y a-t-il d‟autres adultes chez vous ?

Oui Non

b) Si oui quelle(s) langue(s) utilisez-vous pour communiquer avec eux au quotidien ?

………………………………………………………………………………………………

11-Quelle(s) langue(s) utilisez-vous régulièrement pour communiquer avec votre conjoint(e) ?

……………………………………………………………………………………………….

12-Avec vos enfants quelle(s) langue(s) utilisez-vous pour communiquer à la maison ?

111
…………………………………………………………………………………………………..

IV-Représentations linguistiques

13-a) Aimez-vous parler votre langue maternelle ?

Oui Non

b) Quelque soit votre réponse donnez nous vos raisons.


…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
14-De toutes les langues que vous parlez, laquelle vous permet de mieux vous exprimer ?

………………………………………………………………………………………………….

15-Lorsque vous entendez parler votre langue maternelle quels sentiments avez-vous ?

Normal(e) Heureux (se) Gêné(e) Très heureux (se) Très gêné(e)

16-Si vous devriez classer les langues que vous parlez, laquelle occuperait la première ou l
dernière place ? Faites le rangement par ordre d‟importance.

1…………………………………………………………………………………………………
2…………………………………………………………………………………………………
3…………………………………………………………………………………………………
4…………………………………………………………………………………………………

17-Pensez-vous que la langue maternelle puisse influencer positivement ou négativement sur


l‟éducation des enfants ?

Influence positive Influence négative

Pourquoi ?

…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………

V-Attitudes des parents vis-à-vis de l’introduction de langues et cultures camerounaises


dans l’enseignement

112
18-Pour vous, l‟introduction des langues et cultures camerounaise dans l‟enseignement est :

Important Peu important Mauvais Nécessaire

19-Croyez-vous qu‟il y ait une langue camerounaise spéciale qu‟on devrait enseigner ? Si oui
laquelle et pourquoi ?

…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………….

20-En tant que parents, comment trouvez-vous les enseignements de langues nationales
donnés à vos enfants au lycée ? Donnez-leur une appréciation.

Bon Très bon Passable Pas bon Médiocre

21-Avez-vous observé un changement d‟attitude de votre enfant à l‟égard des langues en


général depuis qu‟il suit le cours de langues et cultures camerounaises ?

Oui Non

Si oui, est-ce une attitude positive ou négative ?

…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………

22-Voici quelques raisons sur l‟introduction de langue set cultures camerounaises dans
l‟enseignement. Veuillez donnez votre avis en mettant la croix dans la case correspondante.

Très D‟accord Pas d‟accord Absolument pas


d‟accord d‟accord
Promouvoir les langues
camerounaises
Développer le pays
Donner plus de chance aux
enfants du village d‟aller à
l‟école
Pouvoir communiquer avec
toutes les couches sociales
Réduire les divisions ethniques
Faire la politique

113
23-S‟il fallait faire un choix entre l‟Allemand, l‟Espagnole et la Langue Maternelle comme
deuxième langue après l‟Anglais au secondaire, quelle serait votre réponse ? Pourquoi ?

…………………………………………………………………………………………………
……………………………………………................................................................................

24-Donnez votre avis sur les affirmations suivantes en mettant la croix dans la case
correspondante.

LM : Langue maternelle

Très D‟accord Pas Absolument


d‟accord d‟accord pas d‟accord
L‟apprentissage de la LM se fait mieux à
la maison.
Les LM sont utiles pour écouter la radio
locale.
Parler la LM est plus utile aux parents
qu‟aux enfants.
Les LM c‟est un frein à l‟apprentissage
du français et de l‟anglais.
La LM n‟a pas de place dans le monde
moderne.
Connaitre le Français et l‟Anglais c‟est
suffisant pour tout camerounais.

25-En tant que parent, que pouvez-vous suggérer pour un enseignement plus efficace des
langues nationales aux enfants ?

…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………

114
Annexe 3

Questionnaire destiné au personnel administratif

I-Généralités sur les langues et la langue maternelle en particulier

a) Que pouvez-vous dire de l‟importance des langues en général et de la langue maternelle en


particulier ?

b) Si vous deviez classer les langues que vous parlez par ordre d‟importance, laquelle serait à
la tête ?

c) Que pouvez-vous du fait que de nos jours, les enfants parlent de moins en moins leur
langue maternelle au profit du Français ou de l‟Anglais ?

d) Que pensez-vous de cette assertion ? « Un enfant qui apprend d‟abord à parler sa langue
maternelle, apprend plus facilement les autres langues ».

II-Au sujet de l’introduction de langues maternelles à l’école.

a) Le Lycée de Nkolbisson a été choisi comme l‟un des 7 lycées expérimentaux pour tester le
programme d‟enseignement de langues maternelles au Cameroun. Que pouvez-vous dire de
cela ?

b) Que pensez-vous de ce projet d‟introduction des langues nationales à l‟école ? Risqué,


illusoire ou à encourager ? Pourquoi ?

c) Avez-vous observé chez vos enfants un changement de comportement à l‟égard des langues
en général et de la langue maternelle en particulier.

d) En tant qu‟enseignant, que pouvez-vous suggérer pour le renforcement de ce projet


d‟enseignement de langues nationales à l‟école ?

115
Annexe 4

Questionnaire destiné aux enseignants du Lycée de Nkolbisson.

I-Information personnelle

Quelle matière enseignez-vous ?

II-Généralités sur les langues et la langue maternelle en particulier

a) Que pouvez-vous dire de l‟importance des langues en général et de la langue maternelle en


particulier ?

b) Si vous deviez classer les langues que vous parlez par ordre d‟importance, laquelle serait à
la tête ?

c) Que pouvez-vous du fait que de nos jours, les enfants parlent de moins en moins leur
langue maternelle au profit du Français ou de l‟Anglais ?

d) Que pensez-vous de cette assertion ? « Un enfant qui apprend d‟abord à parler sa langue
maternelle, apprend plus facilement les autres langues ».

III-Au sujet de l’introduction de langues maternelles à l’école.

a) Le Lycée de Nkolbisson a été choisi comme l‟un des 7 lycées expérimentaux pour tester le
programme d‟enseignement de langues maternelles au Cameroun. Que pouvez-vous dire de
cela ?

b) Que pensez-vous de ce projet d‟introduction des langues nationales à l‟école ? Risqué,


illusoire ou à encourager ? Pourquoi ?

c) Avez-vous observé chez vos enfants un changement de comportement à l‟égard des langues
en général et de la langue maternelle en particulier.

d) Quelles sont les méthodes que vous employez pour l‟enseignement des langues nationales ?

e) A quels genres de difficultés faites-vous face dans l‟enseignement de langues et cultures


camerounaises ? La préparation, la dispensation ou l‟attention des élèves ?

f) En tant qu‟enseignant de langues et cultures camerounaises, que pouvez-vous suggérer pour


le renforcement de ce projet d‟enseignement de langues nationales à l‟école ?

116
TABLE DES MATIÈRES

DÉDICACE .......................................................................................................................... i

REMERCIEMENTS ........................................................................................................... ii

SIGLES ET ABBRÉVIATIONS ........................................................................................ iii

LISTE DES GRAPHIQUES .............................................................................................. iv

LISTE DES TABLEAUX .................................................................................................. vii

RÉSUMÉ .......................................................................................................................... viii

ABSTRACT ...................................................................................................................... viii

INTRODUCTION GÉNÉRALE..........................................................................................1

CHAPITRE I : CONCEPTS ET THÉORIES RELATIVES AUX LANGUES


CAMEROUNAISES ........................................................................................................... 16

1.1. DÉFINITION ET EXPLICATION DES CONCEPTS................................................ 17

1.1.1. Explication de la notion de perception .....................................................................17

1.1.2. Explication des notions d‟enseignement, enseignant, apprentissage et apprenant .....17

[Link]. Enseignement et enseignant .............................................................................. 17

[Link]. Apprentissage et apprenant ............................................................................... 18

[Link]. Définition des concepts de langue, langue maternelle, langue nationale, langue
véhiculaire, langue vernaculaire et langues officielles .................................................... 18

1.2. HISTORIQUE DES POLITIQUES LINGUISTIQUES AU CAMEROUN ................ 20

1.2.1 Cameroun précolonial ............................................................................................. 21

1.2.2 Cameroun colonial ...................................................................................................21

[Link]. Sous protectorat allemand (1884-1916) ............................................................. 21

[Link]. Sous mandat français (1916-1959) .................................................................... 22

[Link]. Sous mandat britannique (1916-1959) ............................................................... 23

1.2.3. Le Cameroun indépendant ....................................................................................... 25

117
1.3. PROGRAMME D‟ENSEIGNEMENT DES LANGUES CAMEROUNAISES .......... 27

CHAPITRE II: APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE ET ENQUÊTE PRÉLIMINAIRE


............................................................................................................................................. 30

2.1. POPULATION ET ÉCHANTILLONNAGE..................................................................31

2.1.1. Informations générales des informateurs ..................................................................32

[Link]. Informations générales des élèves .....................................................................32

[Link]. Les informations générales des parents d‟élèves ................................................ 37

[Link]. Informations générales sur le personnel administratif ........................................ 40

[Link]. Informations générales sur les enseignants ........................................................ 41

2.2. MÉTHODES, TECHNIQUES ET INSTRUMENTS D‟ENQUÊTE ............................... 41

2.2.1. Méthode de collecte de données .............................................................................. 42

2.2.2. Technique d‟enquête ............................................................................................... 42

2.2.3. Instruments d‟enquête ............................................................................................. 42

[Link]. Description du questionnaire ............................................................................. 43

[Link]. Pré-enquête ....................................................................................................... 44

[Link]. Administration du questionnaire........................................................................ 45

2.2.4. Analyse et étapes de traitement des données ............................................................ 45

CHAPITRE III : ÉTAPES DE L’ANALYSE DES DONNÉES ....................................... 48

3.1. COMPÉTENCES LINGUISTIQUES DES INFORMATEURS .....................................49

3.1.1. Auto-évaluation des compétences linguistiques des élèves....................................... 49

3.1.2. Auto-évaluation des compétences linguistiques des parents d‟élèves ....................... 54

3.1.3. Auto-évaluation des compétences du personnel administratif ..................................60

3.1.4. Auto-évaluation des compétences linguistiques des enseignants .............................. 61

3.2. PRATIQUES LINGUISTIQUES DES INFORMATEURS ........................................ 62

3.2.1. Pratiques linguistiques des élèves ............................................................................ 63

118
3.2.2. Pratiques linguistiques des parents d‟élèves ............................................................ 67

3.2.3. Pratiques linguistiques du personnel administratif ................................................... 69

3.2.4. Pratiques linguistiques des enseignants ...................................................................70

3.3. REPRÉSENTATIONS LINGUISTIQUES DES INFORMATEURS VIS-À-VIS DES


LANGUES CAMEROUNAISES ......................................................................................... 70

3.3.1. Représentations linguistiques des élèves vis-à-vis des langues camerounaises ......... 71

3.3.2. Représentations linguistiques des parents d‟élèves vis-à-vis des langues


camerounaises ................................................................................................................... 76

3.3.3. Représentations linguistiques du personnel administratif vis-à-vis des langues


camerounaises ................................................................................................................... 79

3.3.4. Représentations linguistiques des enseignants vis-à-vis des langues camerounaises 79

3.4. ATTITUDES DES INFORMATEURS VIS-À-VIS L‟INTRODUCTION DES


LANGUES CAMEROUNAISES À L‟ÉCOLE.....................................................................80

3.4.1. Attitudes des élèves vis-à-vis de l‟enseignement des langues camerounaises ........... 80

3.4.4. Attitudes des enseignants vis-à-vis de l‟enseignement des langues camerounaises...88

CHAPITRE IV: VÉRIFICATIONS DES HYPOTHÈSES ET INTERPRÉTATION DES


RÉSULTATS ...................................................................................................................... 90

4.1. VÉRIFICATION DES HYPOTHÈSES ......................................................................... 91

4.2. INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS ...................................................................... 92

CONCLUSION GÉNÉRALE ............................................................................................ 95

BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................................. 99

ANNEXES ........................................................................................................................ 104

119

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