These Doctorat
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N° d’ordre : 28
THESE DE DOCOTRAT
Présentée à
L’UNIVERSITE DE GABES
ECOLE NATIONALE D’INGENIEURS DE GABES
Par
ZINA GHILOUFI
En vue de l’obtention du titre de:
DOCTEUR EN GENIE CHIMIQUE-PROCEDES
Directeur de la Thèse:
Pr. KHIR Tahar
ENIG-RUE IBN EL KHATTAB 6029 GABES Tel : 75392100/380 Fax : 75392190 Email contact @ enig.rnu.tn
Dédicaces
sans oublié mes très chers neveux : Ahmad yassine, Amin, Ritaj et
Aman
L’étude développée dans le cadre de cette thèse a été réalisée à l’Unité de Recherche
Modélisation Mécanique, Energie et Matériaux M2EM UR17ES47 à l’Ecole Nationale
d’Ingénieurs de Gabès.
GHILOUFI Zina
Table des matières
RESUME
Liste des figures
Listes de tableaux
NOMENCLATURE
INTRODUCTION GENERALE ............................................................................................ 1
I.1.1 Réfrigération.................................................................................................................. 6
GHILOUFI Zina
I.6 Conclusion ......................................................................................................................... 37
GHILOUFI Zina
III.2.1 Méthode des volumes finis ....................................................................................... 56
GHILOUFI Zina
IV.1.2.4 Distribution de la température ............................................................................ 91
IV.2 Comparaison thermo-économique du refroidissement dans les chambres froides avec les
deux géometries des déflecteurs ............................................................................................... 93
GHILOUFI Zina
RESUME
L’étude porte sur l’optimisation énergétique et économique d’une chambre froide destinée
pour la conservation de 11 tonnes de dattes. L’objectif de ce travail est d’analyser le
comportement aérodynamique et thermique de l’air de refroidissement ainsi que les modes de
transfert thermique au niveau des produits stockés à l’intérieur de la chambre. Ce qui permet
de définir les conditions optimales de refroidissement. Les équations régissant l’écoulement
d’air et les transferts thermiques entre le produit et l’air froid sont établies. L’évolution du
taux de refroidissement du produit en fonction de temps est définie. Des améliorations
concernant la géométrie de la chambre froide sont proposées en vue d’optimiser les
conditions de refroidissement. Une modélisation numérique est développée pour déterminer
les distributions des vitesses de l’air et de la température dans l’espace refroidi en utilisant
logiciel FLUENT. Les résultats de cette simulation ont permis d’apporter des modifications
sur la géométrie de la chambre froide par l’ajout des déflecteurs d’air afin d’homogénéiser le
refroidissement des produits stockés. Dans le but de réduire le coût de fonctionnement de la
chambre froide, une station photovoltaïque fournissant l’énergie électrique nécessaire est
prévue.
Mots clés: Optimisation énergétique; chambre froide ; Dattes ; Pré-refroidissement ;
Simulation-Fluent, Ecoulement d’air ; transfert thermique ; taux de refroidissement ;
Déflecteurs d’air ; station photovoltaïque.
ABSTRACT
The study deals with an energy and economic optimization of a cold store room used for the
conservation of 11 tones of dates. The main objective of this work is to analyze the
aerodynamic and thermal behavior of the cooling air as well as the heat transfer modes around
the products stored inside the room. This permits to define the optimal cooling conditions.
Equations governing air flow and heat transfer between product and cold air are established.
The product cooling rate evolution is defined. Improvements concerning the geometry of the
cold room are proposed in order to optimize the cooling conditions. A numerical modeling is
developed to determine the air velocity and temperature distributions in the cooled space
using FLUENT software. The simulation results are taken into consideration to modify the
geometry of the cold room by adding air deflectors in the purpose to homogenize the stored
products cooling. In order to reduce the cold room operating cost, a photovoltaic station
providing the necessary electrical energy is provided.
Key Words :Energy Optimization; Cold room ; Dates ; Pre-cooling ; Simulation-Fluent, Air
flow ; Heat transfer ; Cooling Rate ; Air deflectors ; Photovoltaic Station.
GHILOUFI Zina
Listes des figures
GHILOUFI Zina
Listes des figures
GHILOUFI Zina
Listes des figures
Figure IV.3-b : Distribution de la température dans une chambre avec un déflecteur cubique à
L=1.9 m
Figure IV. 4 : Chambres avec différentes géométries des déflecteurs
Figure IV.5 : Répartition de température après 25 heures de refroidissement
Figure IV.6 : Trois déflecteurs avec profils lissés
Figure IV.7: Emplacement des trois déflecteurs dans la chambre froide
Figure IV. 8: Distribution de l’air froid à l’intérieur de la chambre avec trois déflecteurs
placés dans trois différentes positions
Figure IV.9 : Répartition de température dans trois plans à l’intérieur de la chambre avec
déflecteurs à L= 1.16 m
Figure IV.10 : Répartition de température dans les trois plans à l’intérieur de la chambre avec
déflecteurs à L= 2 m
Figure IV.11 : Répartition de température dans trois plans à l’intérieur de la chambre avec
déflecteurs à L= 3.07 m
Figure IV. 12 : Taux de refroidissement moyen
Figure IV.13 : Coût d’un kWh de refroidissement pour les trois configurations de la chambre
froide
Figure IV.14 : Production électrique de l’installation PV
GHILOUFI Zina
Liste des tableaux
GHILOUFI Zina
Nomenclature
Nomenclature
BP Basse pression
ch Chambre
cp Chaleur spécifique massique J.kg-1.K-1
cr Crête
Cs Coefficient swiriling
D Diffusion massique m2 s−1
div Divergence
dg Dégivrage
E Est
Eel Energie électrique kWh
e Epaisseur m
eff Effectif
emb Emballage
ext Extérieur
f Fluide
H Enthalpie kJ kg-1
h Coefficient transfert par convection W m-2 K-1
HR Humidité relative
HP Haute pression
IS Irradiation Solaire
i Intérieur
L Chaleur latente kJ kg-1
m Masse g
mach Machine
max Maximum
ṁ Débit massique g s-1
N Nord
n Nombre
Nu Nombre de Nusselt
P Pression Pa
GHILOUFI Zina
Nomenclature
pd Produit
Pr Nombre de Prandtl
PV Système Photovoltaïque
Ṗ Puissance W
Q Quantité de chaleur J
qv Débit volumique m3 s-1
RA Renouvellement d’air
Re Reynolds
ref Fluide réfrigérant
Ré Résistance m2 K W-1
Rmax Rayon de ventilateur m
r Rayon m
S Sud
s Surface m2
T Température K
t Temps s
tot Total
U Coefficient de transmission W m-2K-1
thermique surfacique
u Vitesse m s-1
V Volume m3
ve’’ Volume massique spécifique m3 kg-1
W Ouest
Y Taux de refroidissement
Lettre grecques
ρ Masse volumique kg. m−3
λ Conductivité thermique W. m−1. K−1
µ Viscosité dynamique kg. m-1. s-1
β Coefficient de dilatation isobare
ф Dissipation du frottement visqueux
Ω Vitesse angulaire rad s-1
∇ Gradient
ΔT Différence de température k
∑ Somme
GHILOUFI Zina
Introduction Générale
INTRODUCTION GENERALE
GHILOUFI Zina
Introduction Générale
Introduction générale
La conservation des produits tels que les légumes ou les fruits doivent être réalisés en
limitant la perte en eau du produit afin de ne pas altérer la qualité. Des enveloppes spécifiques
contrôlées en température et en humidité sont conçus pour cette finalité. La cinétique de
refroidissement au cours de conservation dépend essentiellement de la vitesse de l’air, des
échanges thermiques aux interfaces (air/produit), aux propriétés thermo physiques des
produits et au type de l’emballage utilisé. Une bonne maîtrise de ce type de procédé nécessite
des études d’optimisation portant sur les produits conservés, les conditions de réfrigération et
les machines frigorifiques utilisées.
Les études menées durant cette thèse sont focalisées sur le refroidissement par convection
forcée des dattes. Ce fruit présente une grande importance alimentaire pour la Tunisie, surtout
durant le mois de « Ramadan », d’un part, et une source économique appréciable liée à
l’exportation d’autre part. En effet l’exportation des dattes a reconnu une évolution
significative pendant les dernières années. Elle a augmenté de 18068,5 tonnes en 1997 à
50490 tonnes pendant la saison 2003-2004.
GHILOUFI Zina 2
Introduction Générale
Par ailleurs, selon le ministère du Commerce, les prix d’exportation des dattes ont
enregistré, en 2018, une progression de 40% par rapport à 2017, et que les recettes des
exportations ont atteint 700 millions de dinars (MDT).
La Tunisie compte 60.000 agriculteurs exerçant dans la filière des dattes. La superficie
réservée aux palmeraies dépasse les 50.000 hectares, soit environ 6 millions palmiers.
Le volume de la production annuelle s’élève à 300.000 tonnes, dont la moitié est destinée à
l’exportation.
Cette quantité peut être améliorée par la maîtrise adéquate des différentes opérations de
traitement et de préservation des dattes.
Plusieurs entrepôts de stockage sont construits dans différentes régions du pays pour
répondre aux besoins du marché dans les différentes saisons. Cependant l’aménagement de
ces entrepôts est généralement effectué de façon artisanale voir même anarchique sans respect
des conditions de refroidissement et de stockage définies selon les normes en vigueur. Ce qui
entraine des pertes parfois considérable sur le plan quantité et surtout qualité des produits
stockés.
De ce fait on mène dans le cadre de cette thèse, une étude thermodynamique sur
l’optimisation des conditions de pré-refroidissement de chambre froide destinée à la
préservation des dattes et fonctionne sous les conditions environnementales du sud Tunisien.
L’objectif principal de cette étude est d’analyser l’influence des différents paramètres
intervenant dans le processus de pré-refroidissement des dattes afin de définir les conditions
optimales de leur aménagement et de leur préservation.
Par ailleurs l’opportunité d’utiliser une source hybride pour produire les besoins
énergétique de la chambre sera traitée en vue de réduire les factures liées aux dépenses
énergétiques.
Le rapport de cette thèse comporte quatre chapitres.
Dans le premier chapitre, on développe une étude bibliographique sur les techniques de
refroidissement utilisées ainsi que sur les problèmes qui peuvent être rencontrés durant la
période de stockage des fruits et légumes. Une étude détaillée sera établie sur la conception
GHILOUFI Zina 3
Introduction Générale
Dans le troisième chapitre, une modélisation numérique à l’aide de CFD sera établie suite à
laquelle une analyse aérodynamique et thermique sera effectuée en vue de prédire le
déroulement de pré-refroidissement dans une chambre froide. La distribution de la vitesse et
de la température de l’air dans l’espace refroidi sera définie. Le taux de refroidissement
moyen au niveau de chaque rangée de produit sera déterminé.
Les résultats obtenus dans le troisième chapitre serviront comme bas pour entreprendre une
étude d’amélioration des performances thermiques et énergétique de la chambre froide. Ce qui
fera l’objet du quatrième chapitre. L’intégration de déflecteurs d’air dans la chambre froide
sera étudiée. Plusieurs fromes des déflecteurs seront proposés. Les résultats obtenus suite à
ces modifications concernant la distribution de la vitesse et de la température de l’air de
refroidissement seront présentés et interprétés. La configuration optimale des déflecteurs
conduisant aux meilleures performances sera identifiée. Les évolutions des taux de
refroidissement durant la période de réfrigération seront établies. La consommation
énergétique de la chambre froide sera déterminée.
Dans la dernière partie du quatrième chapitre, et dans le but de réduire les dépenses
énergétique, on se propose d’utiliser une installation photovoltaïque comme source d’énergie
supplémentaire. Le dimensionnement de cette installation ainsi que le gain énergétique qu’elle
offre seront présentés.
GHILOUFI Zina 4
Chapitre I : Etude bibliographique
Chapitre I
Etude bibliographique
GHILOUFI Zina
Chapitre I : Etude bibliographique
I.1.1 Réfrigération
La conservation froide est un procédé polyvalent, qui connaît un grand sucés dans le domaine
de l’agriculture. La baisse de température permet de diminuer le taux de respiration et limite
le phénomène microbien qui se déclenche juste après la récolte des fruits et des légumes. Les
méthodes de conservation froide sont diverses et leurs efficacités sont variées suivants
plusieurs facteurs. Généralement les produits agricoles destinés à la préservation doivent
perdre leurs chaleurs rapidement dès la récolte durant l’étape appelée pré-réfrigération
effectuée dans une chambre froide spécifique. Une fois la chaleur est extraite et la température
devient proche ou égale à température de conservation, les produits sont déplacés vers la
chambre de préservation longue durée ; cette étape est dite réfrigération.
Cette technique consiste à produire une circulation d’air très rapide dans des chambres ou à
l’intérieur de tunnels spécialement conçus à cette fin, les produits y sont empilés de manière à
exposer la plus grande superficie possible à l’air [2]. Le refroidissement par air forcé peut
provoquer une perte d'eau des produits frais [3]. Ainsi des apports d’eau en surface peuvent
GHILOUFI Zina 6
Chapitre I : Etude bibliographique
être réalisés par brumisation pendant le refroidissement [4]. Ce qui nécessite que l’air de
refroidissement soit très humide pour éviter le risque de dessécher les denrées.
Les procédés de réfrigération à l’air froid sont les moins rapides, mais ils sont polyvalents
et donc mieux adaptés pour des stations ayant souvent des produits divers à traiter. Ils sont les
moins coûteux et leur emploi tend à se généraliser [2].
Chambre froide
Elle consiste à introduire les produits chauds dans une chambre dans laquelle une circulation
d’air est imposée à l’aide de ventilateurs comme elle est indiquée sur la Figure I.1.
Selon les conditions de stockage, deux types des chambres froides sont utilisés :
Chambre froide positive : dans laquelle règne une température située au-dessus de 0°C. Bien
que la température de référence pour ce type de chambre froide soit de 3°C, elle peut
néanmoins varier en fonction de la nature des aliments qui y sont stockés. Ce type de chambre
froide est particulièrement adapté aux fruits et aux légumes, c'est à dire à des aliments prêts à
l'emploi nécessitant une réfrigération (et non une congélation) : une douceur fraîche (entre 0
et 4°C) et une forte humidité (entre 85 et 95%) sont conseillées si on souhaite conserver toutes
les qualités gustatives et nutritionnelles de ces produits [5].
Chambre froide négative : dans ce type de chambre la température est inférieure à 0°C. Elle
est statuée à environ -18°C. Mais la chambre froide peut être conçue pour des températures
encore plus froides. Le froid négatif entraîne la solidification de l'eau contenue dans les
aliments et la formation de cristaux de glace ne détériorant pas les cellules de l'aliment. Ce
type de chambre froide convient donc aux aliments nécessitant une congélation pour une plus
longue durée de conservation [5].
GHILOUFI Zina 7
Chapitre I : Etude bibliographique
Les tunnels de réfrigération sont des procédés efficaces de refroidissement des produits. Ils
permettent un refroidissement rapide des produits agricoles. Une humidification de l’air de
refroidissement est souvent nécessaire compte tenu des vitesses d’air élevées au niveau du
produit. La puissance frigorifique installée ainsi que le système de ventilation doivent être
plus conséquents que celles les chambres de refroidissement pour pouvoir traiter des produits
périssables. L’efficacité du dispositif dépend fortement de l’agencement des palettes, de
l’adaptation des contenants et de la qualité de l’étanchéité aux flux d’air parasites [6]. Le
tunnel avec différents directions d’écoulement d’air froid est présenté par la Figure I. 2.
Figure I.2 : Tunnels de refroidissement avec les trois types d’évacuation d’air : horizontal,
verticale et les deux au même temps [7]
Cette méthode est efficace pour extraire la chaleur des denrées horticoles. Elle consiste à
utiliser l’eau froide pour enlever la chaleur. Ils existent plusieurs modes de refroidissement ;
la douche, la pulvérisation ou l’immersion [2].
Le procédé est très rapide (30 minutes en général) et n'entraîne pas de problèmes de
dessiccations ; par contre, il ne convient pas à certains produits sensibles aux moisissures. La
qualité de l'eau doit être irréprochable pour éviter les contaminations éventuelles. Si le produit
est conditionné, il faut que ce soit avec un emballage qui supporte l'humidité [2].
Cette méthode est peu adaptée aux produits qui nécessitent un lavage avant leur
commercialisation (les produits à feuilles). Elle est très utilisée dans la phase de transport des
denrées.
GHILOUFI Zina 8
Chapitre I : Etude bibliographique
Cette méthode consiste à évaporer sous vide une petite partie de l’eau contenue dans le
produit qui entraine l’évacuation de la chaleur sous forme vapeur. Le produit est placé dans
un caisson étanche sous vide assez poussé (4 à 5 mm Hg), de sorte que 3 à 4% de son eau de
constitution s’évapore permettant de diminuer sa masse. La chaleur d’évaporation (environ
600kcal /kg) provoque le refroidissement désiré de produit [2]. Cette méthode est conçue pour
les produits de grande surface par rapport à leur volume (laitue, légumes-feuilles).
La pression est seul facteur qui fait varier la rapidité et l’homogénéité de refroidissement, elle
est aussi liée à la facilité de contrôle de température finale. C’est une méthode est
performante mais son usage est limité au agroalimentaire, telles que les salades et les
champignons [8, 9].
Les coûts d'investissement du matériel pour le refroidissement sous vide étant élevés, ce
procédé convient mieux aux exploitations de grande taille. Le coût d’exploitation est par
contre favorable à cette technique [10].
I.1. 2 Congélation
La congélation est un terme désignant le changement d’état d’eau liquide en glace, et consiste
à abaisser la température du produit à une température négative et à la maintenir de façon à
congeler l’eau. La congélation combine la diminution de la température et la diminution de la
de l’eau « libre » des aliments servant à la croissance des micro-organismes. En effet une
partie de l’eau est sous forme cristallisée. La vitesse de congélation ainsi que la température
finale de conservation sont des points critiques du procédé de congélation. La vitesse de
congélation affecte la qualité du produit conservé. Si le produit congelé présente des cristaux
d’eau de petites tailles ils n’endommagent pas les cellules des produits conservées. Plusieurs
procédés sont utilisés pour congeler des produits.
Ce procédé dit « Sharp Freezing » consiste à une congélation dans des chambres froides
négatives entre -15°C à - 29°C. C’est une méthode généralement un peu lente pour laquelle le
GHILOUFI Zina 9
Chapitre I : Etude bibliographique
produit conservé peut prendre des heures, même plusieurs jours pour atteindre une
solidification complète [11].
Au cours de ce type de congélation, les produits sont placés sur des plateaux en vrac ou bien
dans des emballages. Ces plateaux sont placés sur des serpentins de congélation avec l’air
froid soufflant sur le produit. L’air froid est soit distribué à l’aide des grands ventilateurs soit
soufflé par des serpentins réfrigérés situé dans l’espace de congélation qui est la méthode la
plus utilisé. La température de l’air est entre -18°C et -34°C [11, 12]. Un schéma typique d’un
congélateur à air pulsé est présenté sur la Figure I.3.
C’est une modification de « Air Blast Freezing » pour laquelle les particules solides du
produit conservé sont rangées selon leurs tailles : par exemple les fraises et les pois peuvent
être fluidisés par formation d’un lit de 1 à 5 in. Il est présenté sur la Figure I.4. Les avantages
de cette méthode sont :
- Minimiser la déshydratation du produit et réduire dégivrage de l’équipement.
- Transfert de chaleur plus efficace et taux de congélation plus rapide.
- Temps de congélation courte dû à la faible perte d’humidité [11,12].
GHILOUFI Zina 10
Chapitre I : Etude bibliographique
Cette méthode consiste à stocker les produits sur des plaques verticalement ou
horizontalement entre lesquels circule un réfrigérant de température -40°C. Les plaques sont
parallèles les unes aux autres. L’espace entre les plaques est variable et dépend du produit à
congeler. Les plaques sont en contact avec l’emballage ou bien avec le produit dans le cas où
le produit à congeler est non emballé. Le congélateur à plaque double est couramment utilisé.
Les avantages de ce type d’équipement comprennent : une bonne gestion de l’espace, des
coûts d’exploitation réduits comparés à d’autres méthodes, une faible déshydratation du
produit et des taux élevés de transfert de chaleur [11].
La congélation cryogénique permet une congélation très rapide pour les produits
alimentaires, finement emballé ou non. Dans un réfrigérant « cryogène » tous les liquides
cryogéniques sont extrêmement froids. Les points d'ébullition des liquides cryogéniques sont
inférieurs à -150 °C. La méthode cryogénique la plus répandue utilise comme produits de
congélation l’azote bouillant et le dioxyde de carbone bouillant ou sublimé. L'azote liquide
est utilisé dans de nombreux congélateurs cryogéniques. La vitesse de congélation obtenue
GHILOUFI Zina 11
Chapitre I : Etude bibliographique
avec les méthodes cryogéniques est plus grande que celle obtenue avec le jet d’air ou la
congélation sur plaque. Mais elle n’est que modérément supérieure à celle obtenue avec un
lit fluidisé ou par immersion liquide. Les avantages de ce type de congélation sont :
Plusieurs règles doivent être respectées lors de construction d’une nouvelle chambre froide.
Les règles générales avant la construction concernent le choix de localisation. En effet elle
doit être près aux grands axes routiers ou prêts des ports maritimes. Leur emplacement doit
être choisi convenablement afin d’assurer les sources d’énergie nécessaires. L’aménagement
territorial indispensable doit être effectué. De plus l’emplacement doit être facilement
accessible aux agriculteurs qui fournissent les fruits et les légumes [14].
La chambre froide est généralement placée dans un grand entrepôt comme le montre la Figure
I.5, pour minimiser leur exposition à l’irradiation solaire et augmenter leur isolation
thermique. L’entrepôt ayant une grande surface, est constitué des chambres de per-
refroidissement et des chambres de refroidissement. De même une grande espace est
préservée pour le chargement et le déchargement des produits. Par ailleurs à l’entrée de
l’entrepôt, on trouve une zone de triage ; seulement les produits qui sont matures et de bonne
qualité seront stockés. Les produits d’emballage utilisés au cours de stockages des produits
(cageots, caisses, palettes,..) doivent avoir une espace spécifique dans l’entrepôt [14].
GHILOUFI Zina 12
Chapitre I : Etude bibliographique
Zone de stockage
d’emballage
Chambre de Chambre de Chambre de
Refroidissement
Charges et décharges
Refroidissement Refroidissement
Porte et quai
Zone de triage
Chambre de Chambre de Chambre de
Murs double : C’est une méthode utilisé dans la construction de maisons et aussi de chambre
froides industrielles. Elle consiste à doubler le mur : à l’extérieur le mur est constitué de
brique ou blocs béton apparents. A l’intérieur, on utilise des petits éléments de maçonnerie ou
en béton banché. Entre les deux murs, un vide est préservé, dans lequel est interposé le
matériau d’isolation thermique. Trois types d’isolation sont adoptés comme le montre la
Figure I.6 [20].
a b c
Figure I.6 : Types isolation ; a : isolation par remplissage de lame d’air, b : isolation
extérieur, c : isolation intérieur
GHILOUFI Zina 13
Chapitre I : Etude bibliographique
Sur le plan architectural, deux possibilités sont utilisées pour isoler une paroi :
- L’isolation par l’intérieur qui consiste à isoler un bâtiment de l’intérieur en apposant un
isolant derrière une cloison maçonnée ou une ossature. Ce procédé est le plus utilisé par
les constructeurs à cause de sa facilité de mise en œuvre. Son inconvénient est qu’il
annule l’inertie thermique de la paroi isolée et n’évite pas les ponts thermiques sur la
maçonnerie.
- L’isolation par l’extérieur qui consiste à installer l’isolant sur la surface extérieure du mur.
C’est souvent la solution la plus couteuse mais aussi la plus performante. Elle constitue la
meilleure isolation pour le confort d’été et d’hiver, car elle permet de conserver l’inertie
thermique forte des murs intérieurs et supprime les ponts thermiques.
I.2.3 Isolation
L’isolation thermique fait une importante étape lors de construction d’une chambre, la
chambre doit être calorifugée des toutes charges thermiques pour optimiser le coût de
frigories. Actuellement, sont apparus les panneaux sandwich qui sont plus pratiques comme le
montre la Figure I.7.
Les isolants ont des origines diverses : minérales, végétales et synthétiques. Leur choix se fait
en se basent sur certains critères tels que [15] :
Critère thermique : Il est généralement décrit par des notions telles que la
conductibilité thermique (W m-²K-1). l’effusivité thermique (la racine carrée du produit
de la masse volumique, de la conductivité thermique et de la chaleur spécifique du
matériau). Elle représente la vitesse à laquelle la température de surface d’un matériau
varie, et donc sa capacité à accumuler et restituer de la chaleur (inertie thermique).
GHILOUFI Zina 14
Chapitre I : Etude bibliographique
GHILOUFI Zina 15
Chapitre I : Etude bibliographique
La chambre froide est un domaine fermé dans lequel les produits agricoles continuent à
respirer durant période de conservation et dégagent du gaz de CO. Ce qui nécessite l’arrêt des
ventilateurs pour quelque minute par jour pour l’aération de la chambre.
I.2.6 Humidité
L’un de problème majeur lors de refroidissement est la perte d’eau du produit. Pour réduire ce
problème la majorité des systèmes frigorifiques sont équipés d’un brumisateur. La
brumisation est l’humidification d’air à l’entrée par l’ajout de fines gouttelettes d’eau. Elle
consiste à fabriquer de la brume en suspension dans l’air constituée d’une multitude de
microgouttelettes d’eau dont la taille est inférieure de 10 𝜇m [3]. L’humidification n'a aucun
effet significatif sur la température des produits [18]. Plusieurs types d’humidificateurs sont
utilisés dans le froid industriel [19] :
GHILOUFI Zina 16
Chapitre I : Etude bibliographique
Qf
Evaporateur
Compresseur
Détendeur
W comp
Condenseur
Q cond
Figure I.8 : Cycle de refroidissement à compression
Evaporateur
L’évaporateur est le composant placé à l’intérieur de la chambre. Son rôle consiste à fournir
un flux d’air froid à l’intérieur de la chambre à l’aide des ventilateurs afin d’extraire la
chaleur de la chambre. L’évaporateur est constitué d’un échangeur thermique entre le fluide
frigorifique et l’air du milieu intérieur de la chambre froide.
Généralement, le type d’évaporateur utilisé dans les chambres froides est l’évaporateur à air
[20]. L’évaporateur est constitué de tubes à ailettes et est muni d’un (ou plusieurs)
ventilateur(s) pour assurer la circulation de l’air à travers les surfaces d’échanges.
Les tubes comportent des ailettes de forme rectangulaire, ils sont disposés en série formant
une nappe et les différentes nappes sont associées en parallèle.
Deux configurations sont utilisées :
GHILOUFI Zina 17
Chapitre I : Etude bibliographique
Les nappes sont assemblées en parallèle aussi bien à l’entrée qu’à la sortie, le
collecteur d’entrée est alors alimenté par le détendeur.
Les nappes sont assemblées en parallèle seulement à la sortie, chaque entrée de nappe
reçoit une fraction du fluide frigorifique injectée par l’intermédiaire du distributeur de
liquide et d’un tube capillaire d’alimentation [20].
Evaporateurs à plaques
Figure I.9 : Modèle des évaporateurs utilisés dans les chambres froides
Compresseur :
GHILOUFI Zina 18
Chapitre I : Etude bibliographique
compresseur ouvert
Figure I.10 : Types des compresseurs utilisés dans les installations de réfrigérations
industrielles
Condenseur
Le condenseur permet d’éjecter la chaleur du fluide frigorifique vers l’extérieur sous forme
latente. Le condenseur est un échangeur thermique à travers lequel le fluide frigorifique
gazeux rejette sa chaleur pour se transformer à l’état liquide. Trois procédés thermiques se
produisent dans le condenseur : la désurchauffe, la condensation et le sous refroidissement.
Selon la capacité frigorifique mise en jeu, deux types de condenseur sont utilisés : le
condenseur refroidi à l’air et celui refroidi à l’eau.
Le condenseur refroidi à l’air est constitué d’un échangeur à tubes à ailettes comportant
plusieurs ventilateurs actionnés selon la température environnementale comme indiqué sur la
Figure I.11.
GHILOUFI Zina 19
Chapitre I : Etude bibliographique
Le condenseur refroidi à l’eau est constitué d’un échangeur à faisceau tubulaire et calendre
pour lequel le fluide frigorigène est généralement condensé en film tombante sur la surface
externe des tubes, alors que l’eau circule à l’intérieur des tubes comme le montre la Figure
II.12.
Avantages Inconvénients
- Disponibilité d’une source d’eau
Condenseur à -Coefficients globaux d’échange
à température convenable
eau thermique plus élevés
- Nécessité de mise en place d’un
GHILOUFI Zina 20
Chapitre I : Etude bibliographique
système de refroidissement de
-Plus compacts et moins encombrants
l’eau
à puissance égale
- Coûts d’investissement et
-Températures de condensation stables
d’entretien élevés
et de bas niveau
Détendeur
Les détendeurs utilisés dans les systèmes de réfrigération industriels sont généralement des
détendeurs thermostatiques permettant de contrôler le débit du réfrigérant injecté dans
l’évaporateur selon la capacité frigorifique requise. Ce type de détendeur comporte un bulbe
chargé d’un gaz convenablement plaqué sur le tube à la sortie de l’évaporateur pour le
contrôle de la surchauffe du fluide frigorigène. En cas d’augmentation de la surchauffe le gaz
se détend et agit sur la membrane pour augmenter l’ouverture du siège du détenteur. Ce qui
augmente le débit du réfrigérant comme l’illustre la Figure I.13.
GHILOUFI Zina 21
Chapitre I : Etude bibliographique
Tube capillaire
chargé
Régulation
Ressort
Vers
l’évaporateur
Bulbe
Corps
Clapet
Filtre
Venant du
condenseur
La Figure I.14 montre un exemple d’un système de réfrigération à compression utilisé pour
une chambre froide.
Figure I.14 : Schéma représentatif d’une chambre froide avec le système de réfrigération
Fluide frigorigène
Le fluide frigorigène est le fluide qui il permet les échanges de chaleur dans une machine
frigorifique. Le choix d’un fluide se fait en fonction de ses propriétés thermo-physiques, mais
également en fonction d’autres critères tels que des critères technologiques, des critères de
coût, de sécurité et notamment son impact sur l’homme, et sur l’environnement. Le choix
GHILOUFI Zina 22
Chapitre I : Etude bibliographique
d’un fluide frigorigène influe directement sur les performances, le coût de conception d’une
installation frigorifique [21].
Tableau I.2 : Fluides frigorigènes utilisés dans les chambres froides
Fluide frigorigène Formule
Dioxyde de carbone, R744
Ammoniac R717
Les familles de PFC R218, R290, R600, R602
Les familles de HFC R404A, R32, R410A, R407A
I.2.8 Dégivrage
Le fonctionnement à des températures faibles et avec une grande humidité cause plusieurs
problèmes. L’un de ces problèmes est le givrage de l’évaporateur qui et le plus rencontré.
L’air froid avec une grande humidité à l’interface avec surface de l’évaporateur forme de
givre qui augmente la résistance de transfert thermique et par suite diminue le rendement de
l’évaporateur [22].
- Les givres formées sur les tubes à ailettes d’évaporateur présentent un isolant thermique
ce qui entraine la diminution d’échange thermique entre l’évaporateur et la chambre
froide comme le montre la Figure I.15.
GHILOUFI Zina 23
Chapitre I : Etude bibliographique
Dégivrage par résistances électriques : cette méthode consiste à installer des résistances
électriques au niveau des ailettes de l’évaporateur. Ces résistances sont alimentées par une
horloge programmée (Timer) qui sépare le cycle de fonctionnement de l’installation
frigorifique en deux périodes : période de réfrigération et période de dégivrage comme le
montre la Figure I.16.
GHILOUFI Zina 24
Chapitre I : Etude bibliographique
Dégivrage par inversion de cycle : cette méthode permet d’utiliser le condenseur comme
source de chaleur pour le cycle de dégivrage. Un inverseur de cycle est alors utilisé.
L’’évaporateur devient alors condenseur pendant la durée du dégivrage. La chaleur due à la
condensation provoque le dégivrage. Ce procédé présente l’avantage d’être rapide et
économique.
Dégivrage par gaz chauds : Cette méthode consiste à injecter dans l’évaporateur les gaz
chauds prélevés au refoulement du compresseur via une électrovanne de dégivrage. Si
plusieurs évaporateurs sont utilisés dans une chambre froide, il est possible de dégivrer un
évaporateur à la fois par injection de gaz chaud et maintenir les autres évaporateurs en
fonctionnement normal.
Notons par ailleurs que plusieurs organes de contrôle et de régulation sont additionnés au
cycle de base de réfrigération industriel dans le but d’assurer une meilleur souplesse de
fonctionnement et d’optimiser les performances de l’installation.
GHILOUFI Zina 25
Chapitre I : Etude bibliographique
mais peut aussi engendrer une dégradation accélérée des produits due à un déséquilibre des
réactions biochimiques [23].
Le choix de l’humidité relative a aussi un rôle important pour la conservation des légumes Sa
valeur doit être maintenue aussi élevée que possible afin de minimiser le phénomène de
transpiration qui est engendré par la différence de pression entre l’air ambiant et la surface du
produit.
Tableau I.3: condition de conservation au froid pour quelque légume et fruit [23]
GHILOUFI Zina 26
Chapitre I : Etude bibliographique
La variation de température et de la teneur en eau, peuvent être déterminée par résolution des
équations suivantes [24]
Tpd
ρ pd c ppd (λ pd Tpd ) Q resp (I.1)
t
Ye
(Deff Ye ) (I.2)
t
ρpd, cppd, λ𝑝d désignent respectivement la masse volumique en kgm−3, la capacité calorifique à
pression constante en J kg−1K−1 et la conductivité thermique du produit en W m−1K−1
GHILOUFI Zina 27
Chapitre I : Etude bibliographique
GHILOUFI Zina 28
Chapitre I : Etude bibliographique
Température
produit
t1/2
t7/8 Temps
Les fruits et légumes frais ayant une grande capacité thermique et une conductivité thermique
relativement faible libèrent difficilement leurs chaleurs ; ce qui augmente la période pré-
refroidissement. Les propriétés thermo-physiques de quelques produits agricoles sont
données dans le tableau I.4
GHILOUFI Zina 29
Chapitre I : Etude bibliographique
production est répartie entre les pays du Moyen Orient (52%), les pays du Maghreb (31%),
l’Asie 11.5% et l’Afrique 4.6 % [28].
L’Egypte est le plus grand producteur mondial de dattes avec plus de 1.1 millions de
tonnes/an ; ce qui représente 25% de la production mondiale. Le deuxième pays est l’Iran
avec environ 875.000 tonnes/an ; cette quantité a connu une diminution suite aux dernières
guerres. Ensuite on trouve l’Arabie Saoudite avec 830.00 tonnes/an et les Emirats Arabes
Unis par 760.000 tonnes/an.
Notons par ailleurs que les dattes produites par ces pays sont du type «communes » et se
vendent à bas prix; surtout elles ne sont pas comparables à la variété « Deglet Nour « produit
au Maghreb Arabe.
La Tunisie est le leader au niveau de la valeur des exportations de dattes « Deglet Nour ». Elle
détient 31% de la valeur des exportations mondiales et elle est dans la meilleure position
possible en matière de valeur exportée des dattes. La France grand ré-exportateur, a une
position relativement stable, avec cependant un important recul de prix dû à la pression
concurrentielle de la Tunisie, de l’Algérie et des autres ré- exportateurs européens.
La production de dattes ayant une valeur très importante ; soit pour la consommation
intérieure, surtout durant le mois de Ramadan, soit pour l’exportation. Elle constitue par
conséquent un facteur économique non négligeable pour le pays. Sur le tableau I.5 on donne
la répartition des exportations Tunisiennes des dattes en tonnes vers les différents pays.
Tableau I.5 : Répartition des exportations Tunisiennes des dattes (2003/2004) [28]
Quantité en tonnes
Pays
France 12.500 (30% des exportations)
Italie 5.500
Maroc 5.400
Espagne 4.200
Allemagne 4.000
Angleterre 1.500
Suisse 0.850
GHILOUFI Zina 30
Chapitre I : Etude bibliographique
Belgique 0.800
Mauritanie 0.500
Dans la mesure où la Tunisie est le premier exportateur vers l’U.E elle doit faire face à la
concurrence de l’Algérie et des USA pour conserver cette position. Par conséquent l’industrie
de conditionnement et de conservation de dattes au Tunisie doit être effectuée conformément
aux normes en vigueur et ne doit surtout pas être laissée à des pratiques anarchiques non
contrôlées.
De ce fait une étude est conduite dans le cadre de cette thèse sur l’optimisation thermo-
économique d’une chambre froide destinée à la préservation des dattes. L’objectif principal de
cette étude est de définir les conditions optimales de stockage permettant de réduire les pertes
du produit et de minimiser l’énergie consommée par les chambres froides.
GHILOUFI Zina 31
Chapitre I : Etude bibliographique
Modélisation simplifiée
Parmi les travaux réalisés pour l’analyse du refroidissement rapide des produits de forme
sphérique et cylindrique, on peut citer ceux de Dincer [33- 35] effectués en adoptant une
solution analytique de l’équation de la chaleur pour déterminer la température au centre du
produit. Ces études qui sont validées expérimentalement mettent en évidence l’influence des
échanges par rayonnement et les phénomènes d’évaporation en surface sur les cinétiques de
refroidissement.
On peut citer aussi les travaux conduits par Alvarez [36-38], sur le refroidissement de
l’ensemble de sphères en gel-PVC polychlorure de vinyle disposées dans des bacs de
diamètre 75 mm comme le montre la Figure I.20.
En exploitant des modèles aux différences finies et des corrélations de la littérature, l’auteur a
réalisé des études numériques sur le comportement thermique et aérodynamique du flux d’air
entre les caisses d’emballage. Ces études sont validées expérimentalement. Les résultats
obtenus ont montré l’hétérogénéité du refroidissement des produits. A partir de ce modèle,
l’auteur a également établi une méthode de contrôle-commande d’une installation afin de
minimiser la consommation d’énergie. L’idée était d’ajuster la consigne de la température de
l’air de refroidissement afin de réduire le temps de traitement. Une modélisation plus détaillée
GHILOUFI Zina 32
Chapitre I : Etude bibliographique
Modélisation avancée
Dans ces dernières années et avec le développement des logiciels de simulation numérique, on
trouve plusieurs études utilisant le logiciel CFD basé sur la résolution des équations de
Navier-Stokes par volume finis.
Dans ce contexte, on peut citer les travaux de Martins et al [40] qui ont établi un modèle
adimensionnel 2D pour étudier le refroidissement de deux pommes placées successivement.
La simulation montre qui la chaleur dégagée par la première pomme permet de retarder le
refroidissement de la suivante.
Nahor et al. [41] ont construit un modèle 3D pour prévoir le flux turbulent et pour prédire le
transfert thermique et massique des poires dans une chambre froide.
Xu et Burfoot [42] ont établi un modèle transitoire en 3D pour analyser les transferts de
masse et d’énergie des pommes de terre en vrac assimilées à un milieu poreux. Ce modèle est
validé par des résultats expérimentaux.
Dans toutes les études présentées, les produits sont modélisés comme étant un milieu poreux,
Hoang et al. [43] ont fait une comparaison à l’aide de modèle 3D CFD de deux approches :
l’une considère les palettes de pommes comme un milieu poreux et l’autre les assimile à des
blocs solides comme indiqué sur la Figure I.21. Les résultats obtenus par ces deux approches
sont validés par des valeurs expérimentales issues de littérature. Cette simulation montre qui
l’approche de blocs solides permet de mieux prédire la température de produit.
GHILOUFI Zina 33
Chapitre I : Etude bibliographique
Figure I.21 : Palettes de pommes et chambre froide avec blocs solides [43]
Zou et al [44, 45] ont établi un modèle CFD pour l’étude thermique et dynamique des deux
types de conditionnement en vrac et par couche de pommes. Les résultats obtenus sont validés
à l’aide de données expérimentales tirées de la littérature.
Par ailleurs, plusieurs travaux ont été établis dans le but d’optimiser les conditions de
conservation froide. Dans ce contexte on peut citer l’amélioration d’emballage utilisée au
cours de la conservation des produits agricoles. Plusieurs matériaux et modèles sont utilisés
pour l’emballage comme illustré sur la Figure I.22.
Figure I.22 : Matériaux et modèle d’emballages pour différents produits agricoles [46]
GHILOUFI Zina 34
Chapitre I : Etude bibliographique
Thijs Defraeye et al. [47] ont testé l’effet de type d’emballage sur la variation de la cinétique
de refroidissement. Ils ont fait varier la géométrie de caisse d’emballage comme elle est
présentée sur la Figure I.23. Les auteurs ont constaté que le coefficient de transfert thermique
dépend de type de caisse d’emballage. Le type « supervent » donne le plus faible coefficient
de transfert mais dans le même temps, il assure une cinétique de refroidissement uniforme du
produit.
Ecopack
D’autre part, plusieurs travaux ont été réalisés pour optimiser le refroidissement des produits.
M. A. Delele et al [48] sont testé l’efficacité de l’emballage avec trou de ventilation sur
l’uniformité de la vitesse de l’air et température du produit à l’intérieur de caisse. Ils ont
trouvé que l’aire des trous de ventilation a un grand effet sur le refroidissement. Pour cela ils
ont varié l’aire de ventilation de 1% à 100% comme présenté sur la Figure I. 24. On constate
que le temps de refroidissement s’accélère avec l’augmentation de l’aire de ventilation.
GHILOUFI Zina 35
Chapitre I : Etude bibliographique
Figure I.24 : Taux moyen de refroidissement en fonction de temps et l’aire de ventilation [48]
De même ils ont trouvé que la forme des trous de ventilation n’a pas d’effet sur le
refroidissement. Dehghannya et al. [49] ont montré, à l’aide d’une modélisation
mathématique validée expérimentalement, que l’hétérogénéité de refroidissement entre les
produits dans la même caisse peut être diminuée en augmentant le nombre des vents d’air
comme le montre la Figure I.25.
Les auteurs ont conduit des études thermiques et aérodynamiques sur le refroidissement par
convection forcée de sphères en polymère empilées selon trois configurations. Ils ont montré
GHILOUFI Zina 36
Chapitre I : Etude bibliographique
l’intérêt d’augmenter les sections de passage de l’air de refroidissement afin d’obtenir une
distribution plus uniforme ; Ce qui diminue l’indice de l’hétérogénéité.
Larissa et al. [50] ont travaillé sur l’optimisation de l’aire de ventilation de l’emballage pour
une sphère de diamètre 0.8 mm. Ils ont affirmé que 14% de la surface de la caisse, réservés à
l’aire de ventilation, est une valeur optimale pour le taux d’uniformité de refroidissement ainsi
que pour le coût énergétique.
I.6 Conclusion
Dans ce chapitre, les technologies utilisées pour le refroidissement des produits agricoles
destinés au stockage à court et à long termes sont présentées. Par la suite conditions de
stockage ainsi que les propriétés thermo-physiques des produits agricoles les plus
consommées sont données.
Les règles de conception des chambres froides et les techniques d’isolement thermiques des
murs sont indiquées.
Les composants des cycles frigorifiques, utilisés pour les chambres froides, sont présentés
avec leurs modes de fonctionnement.
La production mondiale des dattes ainsi que sont importance pour l’économie du pays est
soulignés.
Cette étude bibliographique servira comme base pour le dimensionnement d’une chambre
froide destinée à la conservation d’une quantité d’environ 11 tonnes de dattes et installée
dans le sud Tunisien. Les détails de cette conception ainsi que la détermination du système
frigorifique seront présentés dans le deuxième chapitre.
GHILOUFI Zina 37
Chapitre II : Dimensionnement d’une chambre froide
Chapitre II
Dimensionnement d’une chambre froide
GHILOUFI Zina
Chapitre II : Dimensionnement d’une chambre froide
Q p U S ΔT (II.1)
1 1 1 (II.2)
U
Ré total Ré e Ré 1 e
1
si s ext
λ hi λ h ext
e : Epaisseur de l’isolant en m
GHILOUFI Zina 39
Chapitre II : Dimensionnement d’une chambre froide
L’apport thermique à travers les murs est fixé pour chaque type de refroidissement
frigorifique ; Pour un refroidissement positif (chambre froide positive T ≥ 0) l’apport
thermique surfacique à travers le mur ne doit pas dépasser 8 W m-2. Pour la congélation (une
chambre froide négative T< 0) cet apport thermique doit rester inferieur à 10W m-2.
V n ΔH
Q ch (II.4)
RA ve ' '
kJ kg-1
- Ventilation mécanique
GHILOUFI Zina 40
Chapitre II : Dimensionnement d’une chambre froide
q t ΔH
Q v (II.5)
RA ve ' '
Qper n P t (II.6)
Q écl n P t (II.8)
Ou
GHILOUFI Zina 41
Chapitre II : Dimensionnement d’une chambre froide
t
Q dg P (II.9)
Avec
Ṗ : Puissance du système de dégivrage en W
t : Temps de fonctionnement du système de dégivrage en seconde
GHILOUFI Zina 42
Chapitre II : Dimensionnement d’une chambre froide
denrées en K
Qcong est la chaleur latente de congélation des denrées, elle est déterminée en utilisant
l’équation suivante :
Q2 est la chaleur dégagée après la congélation de produit conservé, elle est calculée à l’aide de
l’équation suivante :
Q2 m cpcong ΔT (II.14)
Avec cpcong : Capacité calorifique des denrées après la congélation en kJ kg-1 k-1
La modification physico-chimique des tissus d’un produit après la récolte, sous l'action des
liquides biologiques, est un processus connu en biologie par le terme « fermentation » [23]. Il
provoque un dégagement thermique. Cette quantité de la chaleur dégagée est calculée à l’aide
de l’équation suivante:
Qfer m cfer (II.16)
GHILOUFI Zina 43
Chapitre II : Dimensionnement d’une chambre froide
Q tot
P nec (II. 18)
t
Avec Q tot : Somme totale des apports thermiques de la chambre froide en kJ.
t :Temps de fonctionnement de la machine frigorifique (pour une chambre froide
positive t de 14 à 16h).
On majore la puissance frigorifique obtenue Ṗnec de 5% à 10% pour tenir compte des apports
non calculables.
Les conditions climatiques de base pour le dimensionnement d’une installation froide dans
cette région sont fournies par l’agence nationale de météorologie [52]. La température de base
et l’humidité relative recommandées pour dimensionner l’installation froide dans la région
de Gabès sont égales à 38°C et 38% respectivement.
GHILOUFI Zina 44
Chapitre II : Dimensionnement d’une chambre froide
Notons par ailleurs que la température de base est définie par l’ASHRAE. La méthode de
détermination de cette température est basée sur les courbes des fréquences cumulées des
températures horaires sur toute la période de la saison de refroidissement durant les quinze
années prises en considération.
Espace de triage
Extérieur
Entrepôt frigorifique
T=38°C
T=36°C, HR=38%
HR =38%
GHILOUFI Zina 45
Chapitre II : Dimensionnement d’une chambre froide
Pour calculer l’apport thermique des murs, on utilise la composition de chaque mur pour
déterminer l’épaisseur de l’isolation et le coefficient global de transfert thermique U de
chaque mur à l’aide de l’équation (II.2).
En considérant l’orientation de la chambre froide dans l’entrepôt (murs Sud et Ouest exposés
au milieu extérieur) l’épaisseur de l’isolation thermique prévue pour chaque mur est donnée
dans le Tableau II.3.
Tableau II.3: Epaisseur d’isolation
Murs Epaisseur (m)
Ouest et Sud 0.105
Nord, West et Plafond 0.134
Plancher 0.069
GHILOUFI Zina 46
Chapitre II : Dimensionnement d’une chambre froide
2.361 m
0.643 m
1.3m
0.64m 0.62m
En considérant des dimensions de la chambre et en se basant sur les équations des charges
thermiques déjà établies, on détermine la puissance frigorifique nécessaire de la chambre
froide à l’aide de l’équation (II.18).
Les calculs sont effectués pour les valeurs suivantes des températures internes et externes :
GHILOUFI Zina 47
Chapitre II : Dimensionnement d’une chambre froide
La durée de fonctionnement de l’évaporateur est prise égale à 16 heures par jours. Les
résultats obtenus montrent que la charge thermique des denrées représente 76% des charges
thermiques totales. La charge thermique induite par les murs représente 19% des apports
totaux. Les 5% qui restent sont dus aux autres sources thermiques. Les différents apports
thermiques sont présentés dans le Tableau II.5. En considérant une surestimation de 15 %, la
puissance frigorifique nécessaire de la chambre est évaluée à environ Ṗnec = 24 kW.
Le réfrigérant le plus utilisé dans les chambre froide commercialisée dans le marché locale est
le R404A. Ce réfrigérant sera considérant comme fluide de travail le cycle frigorifique
considéré.
GHILOUFI Zina 48
Chapitre II : Dimensionnement d’une chambre froide
P Condensation
Sous refroidissement
Désurchauffe
3' 3 2 2'
HP
ΔT conp= 13K
BP
4 +36-3062.
Température 1 1'
13°K
vaporisation
H3=H4 H1 H2 H
Surchauffe
II.3.1 Evaporateur
L’évaporateur est le composant le plus important du fait qu’il fournit le flux d’air froid
nécessaire au refroidissement du produit et l’élimination des charges thermiques. Il est installé
à l’intérieur de la chambre à une hauteur plus élevée que l’empilement du produit. En
considérant une efficacité de transfert entre le flux d’air et l’environnement interne de la
chambre froide de l’ordre de 90 %, la puissance nécessaire de l’évaporateur est déterminé
comme suit :
P
P évap nec (II. 19)
ηenv
GHILOUFI Zina 49
Chapitre II : Dimensionnement d’une chambre froide
Pnec
air
m
ηenv cpair ΔTair (II.20)
Cette puissance est obtenue en considérant le débit du réfrigérant dans le cycle ainsi que
l’efficacité de l’évaporateur lui-même estimée à 80 %, soit :
ref L vap
m
Pévap (II. 21)
0.8
Ces résultats ont permis de choisir l’évaporateur convenable à partir des catalogues des
fournisseurs. L’évaporateur approprié pour cette chambre est un évaporateur cubique
comportant trois ventilateurs axiaux de diamètre d = 0,45 m. Les dimensions globales de cet
évaporateur sont indiquées sur la Figure II.6 [53]. Les caractéristiques de cet évaporateur
sont :
GHILOUFI Zina 50
Chapitre II : Dimensionnement d’une chambre froide
II.3.2 Compresseur
Le choix de compresseur est basé sur la puissance que doit fournir pour assurer la
compression du fluide frigorigène de la basse pression (BP) à la haute pression (HP). Le
rendement isentropique du compresseur est estimé à 85 %. Ce qui donne :
ref ΔHcomp
m
Pcomp (II. 21)
0.85
II.3.3 Condenseur
La puissance du condenseur est déterminée à l’aide de l’équation II. 22.
Qcond m
ref Lcond (II. 22)
GHILOUFI Zina 51
Chapitre II : Dimensionnement d’une chambre froide
II.4 Conclusion
Les bilans thermiques externes et internes de la chambre froide sont établis. L’épaisseur de
l’isolation thermique nécessaire de chaque mur est déterminée. L’aménagement du produit à
l’intérieur de la chambre est défini. La puissance de réfrigération requise est calculée en
tenant compte des différentes charges thermiques.
Les puissances des composants du circuit frigorifique sont par la suite déterminées. Ce qui a
permis de choisir les modèles standards disponibles dans le marché local.
GHILOUFI Zina 52
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
Chapitre III :
Modélisation aérodynamique et thermique d’une
chambre froide
GHILOUFI Zina
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
P : Champ de pression en Pa
GHILOUFI Zina 54
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
p
(ρ c pT) ΔT Pdis βT μΦ (III.4)
t T
Avec
: Variation totale d’énergie (par accumulation et conservation).
(ρ c p T)
i
βT
p : Variation d’énergie due à la compressibilité.
T
cP : Capacité calorifique
λ : Conductivité thermique
β : Coefficient de dilatation isobare du fluide.
GHILOUFI Zina 55
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
élémentaires. Ils sont appelés volume de contrôle. Chacun de ces derniers englobe un nœud
dit nœud principal comme indiqué sur la Figure III.1. La technique des volumes de contrôle
consiste à l’intégration des équations aux dérivées partielles sur chaque volume de contrôle
pour obtenir les équations discrétisées qui conservent toutes les grandeurs physiques sur un
volume de contrôle. Les étapes de résolution par la méthode des volumes finis sont :
- La discrétisation du domaine considéré en volume de contrôle;
- La formulation intégrale des équations différentielles aux dérivées partielles;
- Ecriture des équations algébriques aux nœuds du maillage ;
- Résolution du système algébrique linéaire obtenu.
Le volume de contrôle est présenté sur la Figure III.1 pour un nœud principal P. Les points E
et W (Est et Ouest) sont des voisins dans la direction x, tandis que N et S (Nord et Sud) sont
ceux dans la direction y. Le volume de contrôle entourant P est montré par les lignes
discontinues. Les faces de volume de contrôle sont localisées aux points e et w dans la
direction x, n et s dans la direction y.
III.2.2 Maillage
Le maillage est la subdivision du domaine d’étude en grilles longitudinales et transversales
dont l’intersection représente un nœud, où l’on trouve la variable P et les composantes u et v
du vecteur de la vitesse qui se trouve au milieu des segments reliant deux nœuds adjacents. La
discrétisation du domaine est obtenue par un maillage constitué d’un réseau des points
GHILOUFI Zina 56
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
(nœuds). Ainsi, un élément de volume de contrôle est défini autour de chaque nœud. Les
grandeurs scalaires pression et température sont stockées dans le nœud P de maillage (Figure
III. 2), tandis que les grandeurs vectorielles u et v sont stockés aux milieux des segments
reliant les nœuds. L’équation générale de transport est intégrée sur le volume de contrôle
associé aux variables scalaires et les équations de la conservation de quantité de mouvement
sont intégrées sur le volume de contrôle associé aux composantes de vitesse.
GHILOUFI Zina 57
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
ui
0
x i (III.5)
u u j 2
ρ f u i' u 'j μ t ( i ) ρ f kδij
x j x i 3 (III.7)
GHILOUFI Zina 58
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
λeff est la conductivité thermique effective. Elle est déterminée à l’aide de l’équation suivante :
cpf μ t
λ eff λ f
Prt
(III.9)
Pr : Nombre de Prandlt
III.2.4.1 Géométrie et maillage
III.2.4.1.1 Géométrie
A l’aide de logiciel « CFD design modeler », on construit le modèle géométrique de la
chambre froide. Ce modèle est présenté sur la Figure III.3-a. Les cageots (caisses)
d’emballage utilisés sont assimilés à des blocs solides. Les caisses sont rangées en colonnes
constituées d’un empilement de deux cageots juxtaposés comme le montre la Figure III.3-b.
Les colonnes sont réparties à l’intérieur de la chambre froide en respectant ses dimensions
internes déjà définies dans le chapitre précédent.
1.8m
0.64m 0.62m
(a) (b)
Figure III.3 : Modèle de la chambre froide
III.2.4.1.2 Maillage
A l’aide de logiciel CFD ANSYS Mesher, un maillage non structuré hybride de l’espace
interne de la chambre est établi comme il est présenté par la Figure III. 4. Le domaine de la
chambre est divisé en 16 millions cellules. Une subdivision très finies est également adoptée
au niveau de l’interface air- produit.
GHILOUFI Zina 59
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
III.2.4.2 Algorithme
Plusieurs algorithmes de couplage sont offerts par « CFD ». Pour cette étude l’algorithme de
couplage vitesse-pression utilisé est le Semi-Implicit Method for Pressure-Linked Equations
(SIMPLE), instauré par Patankar et Spalding (1972) [54].
Cet algorithme permet de résoudre les équations de la mécanique de fluide et d’énergétique
selon les étapes présentées sur la Figure III. 5.
GHILOUFI Zina 60
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
III.2.4.3 Convergence
Le critère de convergence de la résolution numérique des équations est calculé par
l’intermédiaire des résidus normalisés comme la somme sur tous les volumes de contrôles.
Pour l’étude numérique du pré-refroidissement des dattes, on a fixé le critère de la
convergence pour le résidu de la vitesse et la pression à 10-3 alors que un résidu inférieur ou
égal à 10-6 pour la résolution de l’équation de l’énergie.
GHILOUFI Zina 61
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
discrétisation des équations gérant l'écoulement. La modélisation par "FLUENT" passe par les
étapes suivantes :
- Division du domaine en volumes de contrôle discrets en utilisant une grille (maillage) de
calcul.
- Intégration des équations gouvernant les volumes de contrôle individuels, afin de
construire les équations algébriques pour les variables inconnues discrètes dépendantes telles
que les vitesses, les pressions et les températures.
- Linéarisation des équations discrétisées et résolution du système d’équations linéaires
résultant.
Pour tenir compte des effets turbulents, le logiciel de calcul offre la possibilité de choisir un
des modèles de turbulence suivants :
- Le modèle à une équation de Spalart Allmaras;
- Le modèle à deux équations k –ε ;
- Le modèle à deux équations k – ω ;
- Modèle de contrainte de Reynolds (Reynolds stress model).
Le choix entre ces modèles dépend des résultats obtenus par chacun des modèles indiqués, des
conditions aux limites prédéfinies et aussi de la nature de l’écoulement étudié. Delele et al.
[55] ont testés les modèles à deux équations k-ε et k-ω (standard k-ε, RNG k-ε, réalisable k-ε,
standard k-ε et Shear Stress Transport k-ω SST) lors de l’étude de l’écoulement de l’air et le
transfert thermique dans les entrepôts frigorifiques. Ils ont trouvé que le modèle à deux
équations k-ω SST est le plus convenable pour décrire la vitesse de l’air et le transfert
thermique à l’intérieur de la chambre. Ce modèle donne des résultats plus proches aux valeurs
expérimentales. Ceci est dû au fait que ce modèle est une combinaison entre le modèle k-ω et
k-ε. Le modèle k-ω est activé au bord du mur et aux interfaces alors que le modèle k-ε est
activé au cœur de l’écoulement.
GHILOUFI Zina 62
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
GHILOUFI Zina 63
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
Entrée
y
Sortie
Murs
x z
L’air froid est évacué par les ventilateurs. L’un des défis rencontré lors de l’étude des
entrepôts frigorifiques, est la modélisation du mouvement des ailettes des ventilateurs. Dans
cette étude, on a décrit le mouvement des ailettes comme une sortie variable de l’air froid du
ventilateur ; qui présente au même temps une entrée de l’air de réfrigération pour l’espace
interne de la chambre. Ceci est défini par la fonction suivante :
Vitesse axiale :
u max
ua r (III. 10)
R
GHILOUFI Zina 64
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
R : Rayon du ventilateur en m
Vitesse tangentiel :
u t cs r Ω (III. 11)
cs : Coefficient « swirling »
Pour une entrée variable, FLUENT dispose d’une option permettant de compiler des
fonctions au modèle établi. Cette fonction doit être formulée avec le logiciel C++. C’est ce
qu’on a utilisé pour définir le profil de l’air à la sortie de l’évaporateur.
Par ailleurs, la résolution de l’équation RANS de l’énergie nécessite les données suivantes :
- Température de l’air froid : 0°C
- Température de stockage des dattes : 3°C
- Température initiale des dattes : 36°C
Au cours de la résolution numérique on utilise les propriétés thermo-physiques des dattes et
de l’air qui sont présentées dans le Tableau III. 2.
GHILOUFI Zina 65
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
La modélisation se fait en deux étapes. La première étape consiste à résoudre les équations de
continuité et de mouvement pour déterminer le régime d’écoulement. Une fois le régime
d’écoulement est établi, on résout l’équation de l’énergie pour chaque caisse dans le but de
déterminer numériquement le coefficient du transfert thermique par convection. Cette
méthode est dite « Convective Heat Transfer Coefficient CHTC » ; elle a été définie par
Krokida et al (2002) [57], Kondjoyan (2006) [58] et Datta 2007 a, b [59, 60]. Cette méthode
consiste à fixer la température de la caisse étudiée à la température chaude (36°C) et la
température de la chambre et les autres caisses à la température froide (3°C). Ceci présente
une grande performance pour la détermination du flux thermique surfacique normal à la caisse
du produit stocké qui conduit au coefficient du transfert. Cette méthode a été utilisée et
validée expérimentalement dans plusieurs travaux [47, 61].
Le coefficient de transfert thermique par convection peut être calculé en fonction du flux
thermique surfacique, transféré normalement à la caisse, à l’aide de l’équation suivante :
Qsurf
h (III.12)
ΔT
La chaleur dégagée par respiration n’est pas considérée au cours de la modélisation du pré-
refroidissement. Le phénomène de transfert par convection est le phénomène de transfert
thermique le plus important au cours de pré-refroidissement. La quantité de la chaleur libérée
par respiration et transpiration est pratiquement négligeable devant celle libérée par
convection [62, 63].
Le transfert de matière n’influe pas sur le transfert thermique. Il est aussi négligeable durant la
période pré-refroidissement. Soulignons que Nahor et al. ont constaté, durant leurs études sur
la conservation du poire, que la perte de masse moyenne après 38 jours de stockage ne
représente qu’environ 1.89 ±12% de la masse initiale [41].
GHILOUFI Zina 66
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
numérique et à comparer ses résultats avec un autre modèle validé expérimentalement pour
des investigations conduites dans des conditions semblables.
Pour cela on a considéré les résultats d’une étude numérique développée par Hoang et al. [43].
Ces auteurs ont conduit une analyse numérique sur la distribution de la vitesse et de la
température de l’air dans une chambre froide destinée à la conservation d’environ 2.5 tonnes
de pommes et de dimensions de cette chambre sont L x ł x h = 3.4 x 3.4 x 2.5 m. Dans cette
chambre, quatre palettes (A, B, C et D) sont utilisées pour le rangement des produits. Sur
chaque palette sont empilées 64 caisses de pommes comme le montre la Figure III. 7. La
chambre est occupée d’un évaporateur comportant deux ventilateurs axiaux de diamètre
0.3 m.
Figure III.7 : Dimensions de la chambre froide étudiée par Hoang et al. [43]
La simulation est établie avec les mêmes conditions aux limites indiquées dans le Tableau
III.3. Les composantes de la vitesse de l’air, à la sortie de l’évaporateur, est décrite par une
fonction définie par Hoang et al. [43]. Seule la condition aux limites de la température de l’air
à la sortie de l’évaporateur n’est pas la même pour la modélisation actuelle et celle établie par
Hoang et al. [43]. En effet les auteurs ont déterminé la température de l’air issu du ventilateur
avec une fonction spécifique. Alors que pour l’étude actuelle, cette température considérée
pour la validation du modèle, est prise constante égale à 2°C.
GHILOUFI Zina 67
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
Tableau III.2 : Conditions aux limites de la chambre froide considérée pour la validation du
modèle
GHILOUFI Zina 68
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
On constate que profil de vitesses obtenu avec le modèle actuel est pratiquement semblable
que celui établi par le modèle de Hoang et al. [43] déjà validé expérimentalement.
B4
Les courbes présentées sur la Figure III.10 illustrent la cinétique de refroidissement dans les
différents points mentionnés définie par le modèle actuel et par le modèle de Hoang et al [44].
GHILOUFI Zina 69
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
Hong et al Hong et al
B1 actual
B2 actual
20 20
18 18
16 16
Temperature (°C)
Temperature(°C)
14 14
12 12
10 10
8 8
6 6
4 4
2 2
0 0
0 10 20 30 0 10 20 30
Time(h) Time(h)
Hong et al Hong et al
B3 actual B4 actual
20
20
18
18
16 16
Temperature(°C)
Temperature(°C)
14 14
12 12
10 10
8 8
6 6
4
4
2
2 0
0
0 10 20 30
0 10 20 30
Time(h)
Time(h)
Figure III.10 : Variation de la température au niveau des différents points dans la chambre
On constate que l’écart entre les deux modèles varie entre 3 et 5 %. Ce faible décalage peut
être expliqué par le fait que la température de l’air à la sortie des ventilateurs n’est pas définie
de la même façon pour les deux modèles comme déjà mentionné.
Tous ces résultats confirment la validité de notre modèle pour l’analyse aérodynamique et
énergétique du comportement de la chambre lors de pré-refroidissement.
GHILOUFI Zina 70
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
m s-1
GHILOUFI Zina 71
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
m s-1
Zone 3 Zone 1
Zone 2
1
Figure III. 12 : Profil de vitesses dans un plan entre les rangées
Le profil de l’air entre les caisses du produit est présenté sur la Figure III.13. La vitesse de
l’air entre les caisses est très faible (inférieure à 0.1 m s-1) ; ce qui va retarder le processus de
refroidissement du produit. Le coefficient de transfert par convection est proportionnel à la
vitesse de l’air et la surface de contact (air-produit). Wakao et Kaguei (1982) [64] proposent
la corrélation suivante pour déterminer ce coefficient de transfert.
hD
Nu 2 1.1Re0.6Pr1/3 (III.11)
λf
La Figure III.13 montre la répartition de l’air froid au niveau des caisses du produit. L’air
parcourt le milieu de la chambre froide jusqu’au fond. Des zones de recirculation d’air
apparaissent au-dessus des rangées les plus hautes des cageots. Ces zones permettent
d’augmenter le temps de séjours de l’air froid à l’interface caisses-produit. Le flux thermique
échangé entre l’air et le produit dans ces endroits devient plus important. Ce qui permet
d’accélérer le refroidissement.
m s-1
Figure III. 13: Profil de vitesses dans plan au milieu des rangées
GHILOUFI Zina 72
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
Plan 2 Plan 3
Plan 1
La répartition de la température de l’air, au niveau des trois plans, est représentée sur la
Figure III.15. On constate qu’après quatre heures de ventilation d’air froid, la distribution de
température de l’air reste hétérogène. En effet la température du produit demeure supérieure à
celle de stockage. Le plan 1 présente une distribution de la température de l’air plus
homogène que les deux autres plans 2 et 3.
Par ailleurs, la température de l’air est minimale (température de stockage 3°C) à arrière des
rangées, et elle est maximale (16°C) près des ventilateurs. Cette répartition de la température
est liée au profil d’air. L’air froid soufflé par ventilateurs arrive direct à l’arrière des rangées
avec une température égale à environ 0°C. Puis il est distribué entre rangées des dattes au
fond de la chambre pour les refroidir. A son passage à travers les caisses, l’air gagne une
quantité de chaleur qui permet d’élever progressivement sa température, jusqu’à atteindre une
valeur maximale T max vers l’avant de la chambre. La répartition de la température de l’air la
plus hétérogène est remarquée au milieu de la chambre (plan 2).
En générale, le produit reste chaud, dans les trois plans considérés. La température des dattes
au fond de la chambre atteint 14°C dans les trois plans (zone froide). Cette zone présente le
premier contact entre l’air froid (T=0°C) et les produits chauds.
GHILOUFI Zina 73
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
Zone Zone
Plan 1 froide Plan 2 froide
GHILOUFI Zina 74
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
Plan 1 Plan 2
Plan 3
Figure III. 17 : Distribution de la température dans les trois plans après 25 heures de
refroidissement
GHILOUFI Zina 75
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
T TS (III. 19)
Y
Ti Ts
GHILOUFI Zina 76
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
La diminution la plus lente du taux de refroidissement est constatée pour les produits stockés
au milieu des colonnes des cageots (Point P4). En effet pour cette localisation plus de 25
heures sont nécessaires pour atteindre un taux de refroidissement Y = 0.125.
Plan1
* P3
P1 * * P2
P4
P1 P2
11 1
0,8
0.8 0,8
0.8
0.6
0,6 0.6
0,6
Y
Y
0,4
0.4 0.4
0,4
0,2
0.2 0.2
0,2
Y = 0.125 Y = 0.125
0 0
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
Temps (h) Temps (h)
P3 P4
11 11
0,8
0.8 0,8
0.8
0,6
0.6 0.6
0,6
Y
0,4
0.4 0.4
0,4
0,2
0.2 0.2
0,2
Y = 0.125 Y = 0.125
0 0
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
Temps (h) Temps (h)
Figure III. 18 : Taux de refroidissement des produits dans différentes positions du plan 1
GHILOUFI Zina 77
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
Les mêmes constatations sont obtenues pour les produits stockés dans les dernières colonnes
des caisses placées dans les deux plans (Plan2 et Plan3). Ceci est expliqué par le fait que ces
colonnes sont directement exposées au retour flux d’air froid après son contact avec le mur
du fond de la chambre où sa vitesse est élevée comme c’est illustré sur la Figure III.13.
Par ailleurs pour les produits stockés au milieu des colonnes des cageots dans les plans
(Plan2 et Plan3), le refroidissement est très lent comme le montre les Figures III.19 et 20. En
effet au niveau des points (P5, Plan 2) et (P6, Plan 3) le taux de refroidissement diminue
lentement. Le demi-refroidissement (Y=0.5) est atteint après 8 heures. De même il faut plus
de 25 heures de refroidissement pour abaisser la température jusqu’à 10°C pour les produits
stockés au niveau du point P5 (Plan2) et jusqu’à 7 °C pour les produits stockés au niveau du
point P6 (Plan3).
P5
11
Plan2
0,8
0.8
0,6
0.6
Y
0,4
0.4
0,2
0.2 Y = 0.125
*
0
0 5 10 15 20 25
Temps (h)
P5
Figure III. 19 : Taux de refroidissement au milieu du Plan 2
Plan3
P6
11
0,8
0.8
0,6
0.6
Y
0,4
0.4
* 0,2
0.2 Y = 0.125
0
0 5 10 15 20 25
Temps (h)
P6
Figure III.20 : Taux de refroidissement au milieu du Plan 3
GHILOUFI Zina 78
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
D’autre part, comme nous l’avons souligné, la cinétique de refroidissement n’est pas
homogène à l’intérieur de la même caisse remplie de dattes. En effet c’est le produit au milieu
qui se refroidie le plus lentement. Pour cela on déterminé le taux de refroidissement Yc au
milieu de chaque caisse. Pour une rangée totale des cageots, le taux de refroidissement moyen
Ymoy est défini comme le moyenne des valeurs obtenues pour chaque caisse, soit :
n
Ymoy Yc (III. 20)
i
11
1 ère 1er rangée
rangée
2 ème2rangée
éme rangée
0,8 3 ème rangée
0.8 3 éme rangée
0.6
0,6
Ymoy = 0.5
Ymoy
0,4
0.4
0,2
0.2
Ymoy = 0.125
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60
Time (h)
On constate que pour les deux rangées extrêmes (à droite et à gauche) le refroidissement
s’effectue plus rapidement que pour la rangée du milieu. En effet pour les deux premières
rangées le demi-temps de refroidissement (Y=0.5) est atteint après environ 13 h. Alors que
pour la rangée du milieu il est atteint après 15 h.
GHILOUFI Zina 79
Chapitre III : Modélisation aérodynamique et thermique d’une chambre froide
Par ailleurs on constate que le décalage entre les courbes de refroidissement au niveau des
rangées augmente dans la deuxième partie de la période de pré-refroidissement pour atteindre
environ 66%.
III.4 Conclusion
Une modélisation numérique de la chambre froide est établie selon la méthode des volumes
finis. Une simulation du comportement thermique et aérodynamique de la chambre froide est
effectuée en utilisant le code de calcul CFD. Pour cela les équations de Navier Stokes sont
établies et résolues. Les profils des vitesses de l’air de refroidissement dans l’espace refroidie
sont définis. La répartition de la température de l’air et du produit est analysée.
Les résultats obtenus montrent que le pré-refroidissement n’est pas homogène à l’intérieur de
la chambre froide. Les produits stockés au fond de la chambre subissent le refroidissement le
plus rapide suivis par les produits stockés dans les premières colonnes des cageots. Le
refroidissement le plus lent est constaté pour les produits stockés dans la rangée du milieu.
Cette hétérogénéité de distribution de température et de la vitesse de l’air à l’intérieur de la
chambre froide influe sensiblement sur la période de pré-refroidissement et par conséquent
sur le coût énergétique nécessaire pour faire fonctionner le système de réfrigération.
GHILOUFI Zina 80
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
Chapitre IV :
GHILOUFI Zina
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
Les déflecteurs d’air sont placés parallèlement à l’évaporateur dans la partie haute de
l’espace interne de la chambre. Plusieurs géométries et positions sont testées afin de définir la
configuration optimale.
GHILOUFI Zina 82
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
On remarque, pour les deux chambres avec déflecteur, une augmentation nette de la vitesse
de l’air dans le sens horizontal. Alors qu’une légère élévation est observée dans le sens
vertical entre les caisses.
GHILOUFI Zina 83
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
m s-1
Dans la chambre avec déflecteur situé au milieu, la vitesse de l’air froid augmente entre les
caisses des colonnes au milieu. Elle devient supèrieur à 1.1m s-1. Elle augmente également à
l’interface avec toutes les caisses en haut de la rangée. ce qui n’est pas le cas dans la chambre
avec deflecteur placé plus en avant.
10°C. Par contre hétérogénéité persiste au niveau des produits situés dans la troisième rangée
(Plan 3). Les produits en avant et en arrière sont refroidis jusqu’à environ 8°C ; alors que les
produits au milieu de la rangée (Zone chaude), leur température moyenne reste à environ
16°C. 1.3 m
Plan 1 Plan 2
Zone
chaude
T >16°C
Plan 3
Figure IV.3-a : Distribution de la température dans une chambre avec un déflecteur cubique
à L=1.3 m
1.9 m
Plan1 Plan 2
Plan 3
Figure IV.3-b : Distribution de la température dans une chambre avec un déflecteur cubique à
L=1.9 m
GHILOUFI Zina 85
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
refroidis à une température moyenne entre 10 et 12 °C. Le refroidissement plus rapide est
détecté au niveau de la troisième rangée (plan 3) pour laquelle la majorité des produits est
refroidie jusqu’à 6°C à l’exception de quelques caisses qui restent relativement chaudes à une
température moyenne supérieur à 12°C.
Les Figures IV.3-a et b montrent que l’intégration d’un déflecteur permet d’améliorer la
distribution de température à l’intérieur de la chambre. De même l’emplacement du déflecteur
par rapport à l’évaporateur influe sur la cinétique de refroidissement. La chambre froide avec
un déflecteur cubique placé à L= 1.9 m par rapport à l’évaporateur présente un meilleur
comportement thermique.
1.68 m
0.75 m
0.45 m
GHILOUFI Zina 86
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
0.75 m
0.45 m
1.1 m
GHILOUFI Zina 87
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
Une meilleure distribution de température dans les trois plans est obtenue avec les déflecteurs
à géométrie spécifique, pour lesquels la température moyenne de la chambre atteint 7°C.
Ces résultats montrent que les déflecteurs avec une géométrie spécifique à profil lissé
permettent d’obtenir un refroidissement plus uniforme avec un temps de pré-refroidissement
plus court. Pour cela ce type de déflecteur sera utilisé dans les parties suivantes afin de
déterminer leur emplacement le plus adéquat.
GHILOUFI Zina 88
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
L = 1.16 m
GHILOUFI Zina 89
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
L= 3.07 m
Chambre avec déflecteurs à L= 3.07 m
GHILOUFI Zina 90
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
Figure IV. 8: Distribution de l’air froid à l’intérieur de la chambre avec trois déflecteurs
placés dans trois différentes positions
La distribution de l’air froid dans la chambre avec des déflecteurs placés le plus loin de
l’évaporateur est différente à celle déjà obtenue pour la chambre avec déflecteurs en avant. La
vitesse de l’air supérieure à 1 m s-1 est localisée entre quelques caisses au milieu de la rangée.
Une légère augmentation de la vitesse est détectée entre les caisses situées en bas.
La bonne distribution de la vitesse de l’air est obtenue pour la chambre avec des déflecteurs
placés au milieu. La vitesse de l’air froid entre les colonnes devient supérieure à 1.2 m s-1. La
vitesse entre les deux dernières colonnes reste inférieure à 0.83m s-1.
Les distributions de température dans les trois chambres avec déflecteurs et après 25 heures
de refroidissement, sont présentées sur les Figures IV.9, IV.10 et IV.11.
Pour la première chambre avec les déflecteurs les plus proches de l’évaporateur, la diminution
de la température des produits n’est pas homogène comme le montre la Figure IV.9. Pour les
GHILOUFI Zina 91
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
caisses placées au niveau des plans (plan 1, plan 2) la température de la plus part du produit
est refroidie jusqu’à atteindre environ 7°C. Le produit libère le sept-huitième de sa quantité de
chaleur sensible pour devenir très proche de la température de stockage. Mais pour les caisses
situées au niveau du plan 3 la température des colonnes au milieu, reste supérieure à 10°C.
Pour quelques caisses la température demeure supérieure à 16°C.
Plan 1 Plan 2
Plan 3
Figure IV.9 : Répartition de température dans trois plans à l’intérieur de la chambre avec
déflecteurs à L= 1.16 m
La distribution de température du produit obtenue dans la chambre avec des déflecteurs placés
au milieu est représentée sur la Figure IV.10. Le refroidissement est plus uniforme. Au niveau
des trois rangées (plan 1, plan 2 et plan 3) les caisses de produit sont refroidies jusqu’à une
température inférieure à 7°C.
Plan 1 Plan 2
Plan 3
Figure IV.10 : Répartition de température dans les trois plans à l’intérieur de la chambre avec
déflecteurs à L= 2 m
GHILOUFI Zina 92
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
La répartition de température dans la chambre avec des déflecteurs placés plus en arrière est
représentée sur la Figure IV.11. On constate que la température des produits reste hétérogène.
Au niveau de chaque plan, on a une distribution de température différente à l’autre. Le produit
de première rangée (plan 1) atteint une température moyenne inférieure à 9°C. Alors qu’au
niveau du plan 3 la température du produit reste légèrement supérieure à 10°C. Pour les deux
rangées on atteint le sept-huitième de refroidissement. Le refroidissement le plus long est
observé au milieu de la chambre (plan 2) où la température moyenne du produit reste
supérieure à 11°C.
Plan 1 Plan 2
Plan 3
Figure IV.11 : Répartition de température dans trois plans à l’intérieur de la chambre avec
déflecteurs à L= 3.07 m
GHILOUFI Zina 93
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
11
1 ère 1er
rangée
rangée
2 ème2éme rangée
rangée
0,8
0.8 3 ème3éme rangée
rangée
0,6
0.6
Ymoy
Ymoy = 0.5
0,4
0.4
0,2
0.2
Ymoy = 0.125
0
0 10 20 30 40 50
Temps (h)
11
1 ère1er
rangée
rangée
2 ème2éme
rangée
rangée
0.8 3 ème3éme
rangée
rangée
0,8
Ymoy
0,6
0.6
Ymoy = 0.5
0.4
0,4
0,2
0.2
Ymoy = 0.125
0
0 10 20 30 40
Temps(h)
GHILOUFI Zina 94
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
Pour la chambre avec trois déflecteurs à profil lissés, les courbes de taux de refroidissement
au niveau des trois rangées sont confondues. Les produits se refroidissent avec la même
cinétique dans toute la chambre. Ce qui confirme l’efficacité de cette configuration des
déflecteurs pour assurer une répartition uniforme de l’air de refroidissement dans l’espace de
la chambre. Le produit au niveau des trois rangées atteint le 7/8 de refroidissement après 25
heures. La période de pré- refroidissement diminue d’environ 10 heures par rapport à une
chambre normale. Après cette période le produit libère la plus grande partie de sa chaleur et
peut être déplacé vers une autre chambre froide destinée à la conservation à long terme.
Tous ces résultats montrent que la chambre froide équipée de trois déflecteurs de géométrie
aérodynamique spécifique permet de garantir des conditions optimales de pré-refroidissement
des dattes.
GHILOUFI Zina 95
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
Sur l’histogramme Figure IV.13 on montre les coûts d’extraction de 1 kW de chaleur à partir
des produits stockés dans les différentes chambres. Ce coût est d’environ 20 Dinars pour une
chambre froide normale. Alors qu’il est d’environ 8 dinars seulement pour une chambre
froide avec trois déflecteurs de profils aérodynamiques.
La conception proposée pour une chambre froide avec trois déflecteurs de géométries
spécifiques permet de diminuer sensiblement le coût de refroidissement d’environ 58% par
rapport à une chambre normale. Ce qui représente un gain économique important.
25
Cout de de refroidissement
20
DT/kW
15
10
0
chambre sans chambre avec chambre avec
optimisation deflecteur cubique deflecteur
aérodynamique
Figure IV.13 : Coût d’un kW de refroidissement pour les trois configurations de la chambre
froide
GHILOUFI Zina 96
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
déflecteurs. De même la fabrication des déflecteurs doit être la moins chère possible pour ne
pas ajouter des coûts supplémentaires à la construction de la chambre froide. La matière
plastique peut être un bon choix pour construire les déflecteurs. Elle n’est pas chère et
n’absorbe pas d’humidité et peut être facilement installée sans charges supplémentaires.
GHILOUFI Zina 97
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
E
kWcr
IS PR
(IV. 1)
Tableau IV.2: Puissance crête pour les deux périodes de stockage de datte
Le pré-refroidissement est une courte période, il persiste seulement durant les premiers jours
(maximum 3 jours) après la récolte. C’est la puissance électrique nécessaire pour alimenter
une chambre froide durant la période de refroidissement à longue durée qui sera utilisée pour
dimensionner l’installation photovoltaïque.
GHILOUFI Zina 98
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
kWh
125
100
75
excès
50 besoin
25
0
automne hiver printemps été
GHILOUFI Zina 99
Chapitre IV : Optimisation thermo-énergétique d’une chambre froide
Le calcul ainsi effectué montre que l’installation PV produit un important excès d’électricité
durant trois saisons de l’année. Cette quantité d’énergie électrique sera injectée dans le réseau
public. Par conséquent l’installation PV constitue une source de gain économique.
IV.5 Conclusion
Des chambres froides avec différentes formes et configurations de déflecteurs d’air sont
étudiées numériquement. Une simulation du comportement thermique et cinétique de ces
chambres est conduite en considérant plusieurs formes de déflecteurs d’air placés dans trois
localisations par rapport à l’évaporateur. L’objectif recherché est d’obtenir un refroidissement
rapide et uniforme des produits stockés.
Une conception des déflecteurs avec des profils aérodynamiques a permis d’obtenir la
répartition la plus uniforme de l’air de réfrigération et la période de refroidissement la plus
courte. L’effet de cette configuration sur le taux et le coût de pré-refroidissement est analysé.
CONCLUSION GENERALE ET
PERSPECTIVES
GHILOUFI Zina
Conclusion Générale et Perspectives
L’étude menée dans le cadre de cette thèse porte sur l’optimisation des conditions de
fonctionnement d’une chambre froide destinée à la préservation d’environ 11 tonnes de dattes
sous les conditions environnementales du sud Tunisien. L’objectif principal de cette étude et
de définir les conditions optimales conduisant aux meilleures performances de la chambre
froide et au minimum coût énergétique.
Pour bien comprendre les solutions adoptées pour la préservation des produits agricoles, une
étude bibliographique est conduite sur les techniques de conservation par le froid ainsi que sur
les caractéristiques technologiques des systèmes de réfrigération à compression de vapeur
généralement utilisés pour les chambres froides. Cette étude bibliographie est également
complétée par des visites des entrepôts de froid installés dans la région de Gabès et destinés à
la conservation des produits agricoles à moyennes et longues durées.
Les travaux antérieurs effectués sur la modélisation thermique et dynamique des chambres
froides sont rappelés.
Les charges thermiques internes et externes pouvant existé dans les chambres froides sont
énumérées. Un bilan thermique global est établi au niveau de l’espace interne d’une chambre
froide. Ce qui a permis de dimensionner une chambre froide destinée au pré-refroidissement
d’environ 11 tonnes de dattes à partir des conditions de la récolte jusqu’à les conditions de
stockage. Les dimensions internes et externes de cette chambre sont définies. Les matériaux
de construction des parois ainsi que les matériaux d’isolation thermique sont choisis. Les
caractéristiques techniques du système de réfrigération permettant de fournir la capacité
frigorifique requise sont calculées. Les composants standards de ce système sont choisis
d’après les catalogues des constructeurs.
Une modélisation numériquement de la chambre froide dimensionnée est par la suite établie à
l’aide du logiciel « Fluent » dans le but de prédire la distribution de la vitesse et de la
température de l’air dans l’espace refroidi de la chambre.
Les premiers résultats ont montré une grande hétérogénéité de refroidissement et une
réparation non uniforme de la température du produit stocké dans les différentes zones de la
chambre froide.
Pour cela des modifications sont apportées à l’espace interne de la chambre froide par
l’intégration des déflecteurs d’air. Plusieurs géométries et localisations de ces déflecteurs sont
testées et modélisées à l’aide du logiciel Fluent. La solution optimale conduisant aux
meilleures performances thermique et énergétique de la chambre froide est obtenue avec
l’intégration de trois déflecteurs de géométries spécifiques avec des profils aérodynamiques.
Cette solution a permis d’obtenir une répartition uniforme de la vitesse et de la température de
l’air de refroidissement dans les différentes zones de la chambre. Ce qui a conduit à des taux
de refroidissement homogènes et à une diminution significative de la période de
refroidissement et par conséquent à un gain énergétique non négligeable. Les déflecteurs d’air
proposés sont de fabrication et d’installation facile ; ce qui n’engendre pas des charges
supplémentaires pour les coûts d’investissement et de fonctionnement de la chambre froide.
Dans le but de réduire d’avantage les dépenses énergétiques requises pour le fonctionnement
de la chambre froide, on a procédé à la conception et au dimensionnement d’une installation
photovoltaïque permettant de fournir l’énergie électrique nécessaire pour le fonctionnement
du système de réfrigération. Cette installation sera connectée au réseau national de la STEG
pour mieux gérer les excès et les manques de la production de l’électricité.
Les résultats obtenus dans le cadre de cette étude serviront comme base pour mieux
entreprendre la conception des chambres froides et réduire la facture relative aux dépenses
énergétiques.
Des améliorations pourront être apportées sur la modélisation de la géométrie des caisses
d’emballage et l’aménagement des produits à l’intérieur de la chambre. Ce qui fera l’objet de
nos futures investigations. Par ailleurs une étude expérimentale s’avère indispensable pour
mieux valoriser les résultats obtenus numériquement. Ce qui nécessitera l’acquisition et
l’installation d’une chambre froide pilote sur laquelle seront conduites les différentes mesures.
ANNEXE
Compresseur
Nombre de cylindres 2
Tension 400 / 3 / 50
Dimensions
(longueur x largeur x hauteur) 470 x 330 x 385mm
Poids 84kg
Condenseur à air
Réfrigérant R-404A
Nombre = 1
Ventilateur
Φ = 500 mm
Surface 26 m2
Tension 400V / 3 / 50
Poids 40 kg
Références bibliographiques
GHILOUFI Zina
Références bibliographiques
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